La Quête : journal de la rue, 1 février 2008, Février
No 99, février 2008 Le magazine de rue de Québec LA GUERRE, OUI OU NON ?'i mém r&*- ïPii k‘ :j3hàbi S.V.P., n'achetez qu’au camelot portant une carte d’identification Prix 2$, 1$ va au camelot. I ••• ••• • •• • •• • •• ••• ••• • •• • •• • •• ••• • •• ••• •• ' ¦ Desjardins Caisse populaire de Québec t Saint-Jean-Baptiste.Vieux-Québec Depuis 1908, la Caisse populaire Desjardins de Québec joue un rôle important dans le développement économique, culturel et social du Faubourg Saint-Jean-Baptiste et du Vieux-Québec.Devenir membre, c'est contribuer à changer les choses dans notre milieu.Deux adresses, une seule Caisse : 550, rue St-Jean T : 418.522.6806 19, rue des Jardins F : 418.522.2365 www.desjardins.com/caissedequebec sommaire ma MOT DE LA RÉDACTION 4 Pierre Maltais ÉDITORIAL Jacques T.Dumais DOSSIER : LA GUERRE, OUI OU NON ?QUE FAIRE EN TEMPS DE PAIX Julie Morin LA PASSION D’UN GUERRIER Laurie Grenier C’EST TOUJOURS SALE (LA GUERRE) Laurie Grenier L’AMOUR EN GUERRE Caroline Alain SOLDAT PAR GOÛT ET PAR CHOIX Jacques T.Dumais J’EN MANGE DU MILITAIRE Manon Alarie LES ÉCRIVANTS NON À L’ARMÉE QUI DÉTRUIT Alcide Labrecque MON PÈRE Christiane Voyer LA GUERRE EN BLEU Marie Nassif CHRONIQUE LES ADOS ET LES LIMBES Robert Maltais L’AUTRE LITTÉRATURE Martine Corrivault LA SAINT-VALENTIN EST KITSCH À MORT Diane Morin La Quête - Réalisons l’espoir Février 2008 3 La Quête JMot de Véditeur Le Canada en Afghanistan UNE GUERRE l)lï PLUS OU DE MOINS ?Dans notre précédent numéro, nous vous avons entretenu des indomptables fumeurs versus les hostiles non-fumeurs.Nous avions promis à cette occasion de vous donner le résultat du camp qui remporterait la victoire populaire.Eh bien oui, d’après notre sondage maison, un gagnant s’est profilé et il s’agit, vous vous en doutiez, du camp des non-fumeurs.Le débat est donc clos pour le moment.Et, parlant de camp et de victoire, la guerre et les soldats constituent le thème principal de l’édition de février.Il est triste de constater que de plus en plus de soldats québécois se font tuer en Afghanistan.Dans un tel contexte, nous sommes en droit de nous questionner sur la présence des troupes canadiennes là-bas.S’y trouvent-elles pour maintenir la paix?S’y trouvent-elles pour reconstruite un pays?Nos gars sont bien obligés de se défendre me direz-vous.Mais alors, c’est la guerre! Et une guerre basée sur quoi?La politique, le territoire, les richesses naturelles, le pouvoir ou tout simplement la religion?Nous croyons que la plupart des Québécois ne sont pas pour la guerre.C’est d’ailleurs très sam d’être contre.Mais comment se fait-il que la majorité des soldats soit favorables à la guerre?En plus, on dirait qu’ils aiment ça et que d’aucuns en redemandent.Même certains civils se disent en faveur.Pourquoi?Et vous, l’êtes-vous?Posez la question autour de vous.Questionnez-vous.Mais pourquoi parler de guerre ailleurs alors que nous sommes en paix chez nous?Mais parce que ce sont les nôtres qui se font tuer là-bas.Ces « nôtres », ce sont nos fils, nos frères, nos sœurs, nos pères ou nos mères.Une guerre de plus ou de moins, pensez-vous?Avec toutes les guerres qui se déroulent à l’échelle internationale, c’est bientôt toute la planète qui risque de s’embraser! Espérons que non.Y pouvons-nous quelque chose?Nos journalistes ont interrogé des gens à ce sujet.Ce que vous allez lire à ce propos est, à notre avis, vraiment étonnant.N’hésitez pas à nous faire parvenir vos commentaires.Par courriel.laqueteiournal@vahoo.ca ou par télécopieur au 418-649-7770, ou encore par courrier au 190 St-Joseph Est, Québec (Québec) G1K3A7 Bonne lecture à tous Pierre Maltais Quiconque souhaite voir ses textes publiés dans La Quête n’a qu’à nous les faire parvenir (500 mots maximum) avec photos ou dessins avant le 15 du mois en cours pour parution le mois suivant.Pour mars 2008, notre dossier s’ouvrira sur le phénomène du suicide chez les gens âgés.Journal La Quête 190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone: 649-9145 Télécopieur: 649-7770 Courriel: laquetejournal@yahoo.ca ÉDITEUR Pierre Maltais ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette RÉDACTEUR EN CHEF Jacques T.Dumais CONSEILLERS À L’ÉDITION Martine Corrivault, Robert Maltais RÉVISEURS Jacques Dumais, Pierre Maltais ÉQUIPE DE RÉDACTION Caroline Alain.Laurie Grenier, Julie Morin CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Robert Maltais, Diane Morin JOURNALISTES PARRAINS Simon Boivin, Alain Bouchard, Pierre Couture.Robert Fleury, Michèle Lafferière et Isabelle Mathieu CONCEPTION DE LA PAGE COUVERTURE François Laverdière.Pierre Maltais MONTAGE Les Impressions Stampa inc.François Laverdière et Pierre Maltais LES ÉCRIVANTS Manon Alarie, Pascal Huot, Alcide Labrecque, Marie Nassif, Christiane Voyer.JEU DE LA QUÊTE Jacques-Carl Morin JEU SUR LA POÉSIE Pascal Huot PUBLICITÉ Caroline Alain et Pierre Maltais PHOTOS DE LA PAGE COUVERTURE Gracieuseté de l'Armée Canadienne PHOTOS L'Armée Canadienne, Caporal Chef Patrick Clément, Pascal Huot, Major Richard Moffet, La Quête IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA Inc.(418) 681-0284 La Quête est distribuée sur la rue au prix de 2 $.dont 1 $ revient directement au camelot.Dépôt légal 457621 Bibliothèque nationale du Québec Les propos tenus dans les pages de La Quête n’engagent que la responsabilité de leurs auteur-e-s.La Quête est membre de la NASNA, l’Association nord-américaine des journaux de me.4 La Quête - Réalisons l'espoir Février 2008 Encouragez nos camelots sur les rues de la ville de Québec Sur la rue Cartier Sur la rue St-Jean Sur la rue St-Joseph Dans Saint-Sacrement Traverse de Lévis La Quête est un magazine de rue.Il donne la parole aux démunis et à ceux qui veulent se faire entendre.La Quête veut aussi être de tous les débats sociaux, en particulier ceux qui touchent les personnes les moins favorisés de la société.Notre Mission Payez-vous des extras et plus en devenant camelot pour le journal La Quête.Nous sommes à la recherche de camelots pour couvrir plusieurs secteurs de la grande ville de Québec.Pour informations, veuillez nous appeler au 649-9145 CAMELOTS DEMANDÉS Photos gracieuseté Forces Canadiennes Et ces enfants, qu’ont-ils fait pour mériter cette guerre ?Février 2008 La Quête - Réalisons l’espoir 5 Magazine La Quête Éditorial LA GUERRE, NO SIR ! Des torrents de larmes s’écoulent autour de Valcartier.Depuis l'automne dernier, les dépouilles de plusieurs Québécois, ainsi que des blessés reviennent de l'Afghanistan, semaine après semaine.Des suicides frappent au même moment.On pense aux familles, aux enfants et on se dit qu’on aurait pu leur éviter ces deuilsdéchirants.Le problème, c’est la guerre.Quand des militaires, garçons et filles, s’enrôlent, ils savent ce qui leur pend au bout du nez.Pendant une guerre, on tue ou on se fait tuer! L’histoire du monde est ainsi faite.Et les soldats assistent quotidiennement à des horreurs.Ames sensibles, s’abstenir.Pendant moins de 50 ans de guerre froide entre les capitalistes et les communistes, les Casques bleus des Nations unies ont fait croire que des soldats pacificateurs instaureraient enfin un nouvel ordre mondial.Or la guerre des Balkans des années 90 a plutôt prouvé que les parties belligérantes se moquaient des « bleus ».Les plus stupéfiantes limites des Casques bleus, le général Roméo Dallaire les a éprouvées au Rwanda au début du génocide des Hutus contre les Tutsis, en 1994.Incapable d’y défendre la veuve et l’orphelin sauvagement pourchassés à la machette, l’officier canadien a mis des années s’en remettre, entrecoupées de tentatives de suicide.Pour gagner une vraie guerre avec l’OTAN, il faut entre-temps en définir clairement les objectifs.S’agit-il, par exemple, d’éliminer Al-Qaida et les Talibans en Afghanistan et (ou) d’y instaurer la démocratie, d’octroyer des droits aux femmes et aux enfants qui en sont démunis.À bien y penser, tout cela baigne encore, sept ans plus tard, dans une confusion extrême.S’il n’y avait eu ces attentats monstrueux du groupe d’Oussama ben Laden aux États- Unis, en 2001 (plus de 3000 morts d’innocents), nos soldats ne se feraient probablement pas tuer dans ce pays clanique.Washington voulait seulement qu’on l’aide à y exterminer un nid international de terroristes déments.Les Afghans, tout le monde s’en foutait ou les laissait aux bons soins parfois révolutionnaires des organismes non gouvernementaux (ONG).LA POUDRIÈRE ISRAÉLO-ARABE Afin d’attenter au terrorisme musulman, les leaders occidentaux auraient été mieux avisés de guerroyer plutôt contre le chômage endémique qui sévit au Moyen-Orient, en particulier à Gaza et en Cisjordanie.Dès lors, une paix relative se serait imposée d’elle-même peu à peu, là-bas et tout autour.Est-ce normal que le chef actuel de l’Occident judéo-chrétien.George W.Bush, n’ait mis le pied en Israël et en Palestine que le mois dernier, après sept ans de pouvoir?Ces deux entités bien connues sont pourtant LA poudrière mondiale depuis 1948, à l’époque de la naissance de l’État hébreu.Le même Bush était-il justifié de se défouler sur l’Irak pétrolier de Saddam Hussein, en 2003, sachant qu’il n’y avait là pas la moindre arme de destruction massive (ADM) et que la guerre en Afghanistan n’était toujours pas gagnée?Et nous dans tout cela?En 2005, un très provisoire premier ministre libéral, Paul Martin, nomme à l’état-major des Forces armées Canadiennes, le Spartiate général terre-neuvien Rick Hillier.Celui-ci, très près de ses soldats, décide qu’ils sont mûrs pour les tueries d’« ordures » (sic) à Kandahar, le fief des Talibans, au lieu de vacher dans la moins violente capitale afghane,Kaboul.Nombre de pays européens résistent à cette invite de l’OTAN parce que tout le sud de l’Afghanistan constitue un mouroir incontestable.Un autre très provisoire premier ministre conservateur, Stephen Harper — les Canadiens n’élisent que des gouvernements d’occasion par les temps qui courent —, donne le feu vert à cette mission.Ce, même si les Canadiens, les Québécois surtout (66 %), sont absolument contre,la disent vouée à l’échec! LE LIBRE CHOIX DES SOLDATS Il est vrai que nos soldats, eux, se meurent d’envie d’aller en jouer une vraie en Afghanistan, histoire de mettre en application ce qu’ils ont appris sur l’art de la guerre.Il s’agit donc pour eux d’un libre choix total, la conscription n’existant pas.Alors pour quelles raisons les pleurons-nous?Pourquoi s’épancher sur leurs états d’âme pendant qu’on se tait à propos des policiers, des pompiers, qui risquent aussi leur vie tous les jours?Ou encore des ambulanciers, des infirmières, des travailleurs sociaux qui affrontent des réalités souvent atroces sur le plan humain et qui doivent itou dormir dessus?L’armée des Harper-Hillier serait plus populaire si elle intervenait au Darfour, cette province du Soudan africain qui fait face, dans une indifférence égale à celle du Rwanda d'hier, à un génocide gouvernemental.À l’instar d’une majorité de Québécois, nous croyons que les nôtres ont mieux à faire que de voler vers l’abattoir afghan.Au surplus, si Washington juge que les Canadiens et les Européens sont incompétents dans cette guerre de contre-insurrection des Talibans, qu’il y délègue donc ses propres warriors et n’en parlons plus! Jacques T.-Dumais 6 La Quête - Réalisons l'espoir Février 2008 k, .¦¦SS^*T sfrÉSiSï* ;4ï'*; ï;?&&gg M V"".1 ''• ?wfeÿj 'w ?j — DE PAIX ?Soldat des Forces Canadiennes dépêchés sur les lieux d’une inondation QUE FAIRE EN TEMPS \ À quoi peut bien ressembler la vie dans les Forces armées canadiennes lorsqu’aucun pays n’est en guerre où l’on requiert le professionnalisme et la rigueur de nos soldats?La réponse est assez facile : nos guerriers se préparent au combat, ils doivent en tout temps être prêts à défendre leur pays, le Canada.Il existe plus de 400 emplois disponibles au sein des Forces armées divisés en deux catégories, les métiers d’infanterie et ceux de l’administration.Peu importe l’emploi occupé, les recrues sont d’abord et avant tout des SOLDATS.Ce qui veut dire que si une guerre est déclarée, tous les membres de l’armée peuvent être appelés au combat, que ce soit le boulanger, le mécanicien ou le secrétaire.En temps de paix, tous ces gens s’affairent à bien se préparer à une éventuelle guerre.Pour ce faire, ils doivent entretenir de façon méticuleuse les garnisons, les champs de tir et les secteurs d’entraînement.Il est intéressant de souligner que pour la majorité des militaires, une heure à une heure et demie d’exercice physique est obligatoire chaque jour, histoire de garder prêt ce corps de guerrier! Il serait faux de penser que nos vaillants soldats ne font que se préparer à la guerre quotidiennement.Pensonsb aux missions de paix en Bosnie, à Haïti, et plus récemment en Afghanistan.Ils doi- vent reconstruire des pays dévastés, aider des gens à garder espoir en la vie.Lors de ces interventions, les horreurs constatées par nos militaires sont à peine soutenables, mais combien explicatives de leurs raisons de demeurer dans l’armée.Bien entendu, ces grands coeurs veulent continuer à aider des gens dans la misère, ces gens qui n’ont aucunement mérité d’y être.LES CATASTROPHES NATURELLES Plus près de chez nous, rappelons la crise du verglas en 1998 qui a frappé le centre du Québec et une partie de l’Ontario.Les Forces armées ont été très présentes lors de ces malheureux événements.Plus de 11 000 soldats furent déployés pour venir en aide autant aux sinistrés, qu’aux forces de l’ordre ou aux employés d’Hy-dro-Québec.Avec toute leur expérience, les soldats ont secouru des gens qui étaient piégés dans leur maison devenue bloc de glace.Ils ont fait du porte-à-porte afin d’évacuer des gens en situation de danger pour les envoyer dans des centres d’hébergement.Ils ont surveillé les secteurs dévastés, évacué des malades, ramassé des fils et poteaux électriques gisant un peu partout.Ils ont abrité et nourri les sinistrés en leur fournissant, entrer autres, des lits de camps.Nul ne peut affirmer le contraire, l’ai-dede l’armée a été précieuse et grandement appréciée de la part des sinistrés et des organisations sur place.Voici donc une autre tâche de l’armée: fournir l’aide aux autorités provinciales et territoriales en cas de catastrophes naturelles telles qu’un tremblement de terre, des inondations, des tempêtes ou encore des incendies de forêt.Peut-on considérer le Sommet des Amériques de 2001 comme une catastrophe naturelle?Nos soldats ne sont pas que de simples personnes engagées à défendre leur pays en temps de guerre, mais bien des hommes et des femmes, pères et mères de famille qui désirent également la paix sur la terre et le bien-être de tous.Julie Morin La réalisation de ce magazine est rendue possible grâce à : Desjardins Caisse populaire de Québec Canada Centralde Québec et Chaudière-Appalaches Février 2008 La Quête - Réalisons l’espoir 7 Le Major Richard Moffet sur le terrain LA PASSION dun GUERRIER Une femme, deux enfants et six missions à son crédit.Après les horreurs de la Bosnie et la violence de Cité-Soleil à Haïti, il vit depuis cinq mois la réalité de la guerre contre les Talibans en Afghanistan.Le major Richard Moffet est passionné par son métier et cela transparaît dans chacune de ses paroles.À l’Université, Moffet se cherche.Il change de domaine chaque année, il ne se sent à sa place nulle part.Etudiant plus ou moins sérieux, les études sont loin de l’allumer.Il a 19 ans et n’a pas la moindre idée du métier qui pourrait lui attacher l’esprit.Un épisode anodin changera le cours de sa vie.« Après une partie de hockey, un de mes chums sort de la douche avec une serviette vert-kaki, raconte M.Moffet.Je lui demande en blaguant : « Veux-tu bien me dire où ta mère achète ses serviettes, elles sont vraiment affreuses! » Le gars répond qu’il est dans les Forces canadiennes et que sa serviette vient de là.« Mon ami saisit l’occasion et m’invite à venir voir ce qui se passe là-bas.Il ajoute que l’armée c’est comme lorsque petit on jouait aux soldats, mais que là, tu es payé pour jouer.Le gars n’a pas eu à me convaincre davantage, explique le major Moffet.Quelques jours plus tard, j’étais réserviste à temps partiel à Valcartier.» Il poursuivra ses études quatre ans encore tout en étant réserviste.Les années passent et il prend conscience qu’il retire plus de plaisir dans son emploi à temps partiel que dans ses études.En 1991, Richard Moffet quitte l’Université Laval pour s’adonner à temps complet à ce qui le fait vibrer, l’armée.Richard Moffet est commandant adjoint du groupement tactique depuis 2005.Avant cette date, il sera commandant de compagnie d’infanterie avec sous sa responsabilité une centaine d’hommes.Ce qui le mènera à poursuivre sa carrière à Ottawa, dans des fonctions d’état-major.À Ottawa, des tâches administratives l’attendaient.Mais le major est un homme de terrain.Il sera ravi de revenir à Québec, à la base de Valcartier, pour faire ce qu’il aime.UN HOMME DE TERRAIN Il a aujourd’hui 39 ans.Habitué aux traditionnelles missions de paix des Casques bleus, il avoue vivre une expérience totalement différente en Afghanistan.A Haïti, c’était le chaos, décrit M.Moffet.C’était aussi l’extrême pauvreté et la violence pure et dure, renchérit-il.En Bosnie et en Croatie, c’était la guerre comme on se l’imagine, avec toutes ses atrocités, raconte-t-il.Dans ces missions, les parties souhaitaient rétablir l’ordre et notre présence était réclamée des deux côtés.En Afghanistan, la situation est tout à fait autre.« Les Talibans ne veulent nen savoir de nous, explique le major.Nous sommes là pour reconstruire un pays dévasté, mais nous devons nous battre pour y arriver.Les Talibans nous mettent des bâtons dans les roues et ce n’est pas simple de faire notre travail dans de telles conditions, raconte-t-il.» Malgré le stress, les émotions et l’éloignement, le major Moffet se réalise pleinement lorsqu’il est en mission.Dans l’armée, la retraite est envisageable après 20 ans de service.Malgré la possibilité pour lui de bénéficier d’un congé bien mérité, il préfère poursuivre sa carrière.Et ce, pour de longues années encore.Laurie Grenier 8 La Quête - Réalisons l’espoir Février 2008 « C’EST TOUJOURS SALE » Le Major Richard Moffet Pour certains soldats, la guerre ne se termine à leur départ d’Afghanistan.Plus que jamais les vétérans combattent la maladie mentale.Quelque 17.1 % des soldats ayant été déployés en Afghanistan sont atteints de problèmes de santé mentale.Environ 5 % souffrent du syndrome de stress post-traumatique.Selon le Centre d'étude de politiques étrangères et de sécurité, l’Afghanistan est la mission qui serait la plus éprouvante pour les soldats depuis des décennies.« On entre dans les Forces canadiennes pour faire du terrain, pour être dans l'action », déclare le major Richard Moffet.Avec la réalité du terrain vient la réalité moins reluisante de la guerre, la vraie.Cette guerre où les soldats sont témoins d’événements atroces, de tueries, de massacres, de visions d’horreur.Les soldats reviennent de missions accablés par toutes ces images lugubres.Certains préjugés ont la vie dure autant dans l’armée que dans la population civile.Notamment, toute la gamme des idées préconçues reliées à la maladie mentale.Le major Moffet certifie que dans les Forces canadiennes les choses ont beaucoup évolué.« Les jeunes soldats de 20 ans ont beaucoup plus de préjugés sur ces questions que les soldats plus âgés, annonce-t-il.Ils considèrent les choses avec des yeux de jeunes adultes de 20 ans.» M.Moffet atteste que les supérieurs sont compréhensifs devant les troubles que les soldats peuvent vivre.Le militaire Moffet assure que l’armée fournit un soutien psychologique soutenu à ses vétérans.Pour lui, les programmes en place sont excellents.Par contre, le major rappelle qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.« Les soldats en mission trempent dans des conditions difficiles et malheureusement certains reviendront plus atteints que d’autres », confie-t-il.À compétences égales, certains soldats sont incapables d’encaisser les chocs et d’autres accumulent les coups les uns après les autres sans broncher.Le major est un de ceux-là.Il affirme ne pas ressentir d’émotions à la vue de l’inhumanité.« Je ne prends pas sur mes épaules la misère des autres.Je suis là pour faire mon travail et non pour m’apitoyer sur le sort des populations », avoue l’homme de guerre.JOUER A LA VICTIME L’armée offre aux vétérans et leur famille un service de soutien psychologique qui, d’après le major, est excellent.Selon le soldat, certains vétérans ont tendance à profiter de ce système mis en place par les Forces armées.« Il y a des profiteurs dans toutes les sphères de la société et l’armée ne fait pas exception.Certains vétérans jouent la carte de la victime, alors qu’ils n’en sont pas, pour bénéficier d’un traitement de faveur, extrapole M.Moffet.Les statistiques sont gonflées à cause de ces gens-là.Bien entendu, il y a des soldats qui sont réellement atteints de ces troubles.Mais s’ils vont chercher l’aide nécessaire, il y a de fortes chances pour que ces personnes s’en sortent très bien.» « Une guerre ce n’est jamais propre, c’est toujours sale », déclare le combattant.Aussi longtemps que la guerre fera des victimes, des soldats reviendront marqués à vie par les atrocités des affrontements.L.G photo Pascal Huot Février 2008 La Quête ¦ Réalisons l’espoir 9 &¦ >?*V“ ¦i - *|.— CONTINUEZ À FAIRE CE QUE VOUS AIMEZ LES OBLIGATIONS À TAUX PROGRESSIF DU QUÉBEC BONI DE 1% la première année pour les nouveaux fonds REER + Taux avantageux garantis pour 10 ans.+ Remboursables sans pénalité, chaque année, à leur date anniversaire.+ Aucuns frais de gestion et d’administration.r EPARGNE PLACEMENTS QUEBEC VOTRE REER GARANTI À100% 1 800 463-5229 I www.epq.gouv.qc.ca Épargne Placements Québec ci ci caca 10 La Quête - Réalisons l’espoir Février 2008 EN GUERRE Je suis une fille très fière.Je suis débrouillarde, organisée, indépendante.Je regarde droit devant et je fonce, m’arrêtant au passage aux gens qui dégagent la simplicité et l’authenticité.J’ai quelques préjugés qui m’habitent, comme tout le monde, je crois.Un jour, l’un d’eux s’est envolé lorsque j’ai rencontré l'amour.L'amour inattendu, avec quelqu'un de tout aussi inattendu.De l'admiration, de la passion et de la tendresse sont apparus pour un militaire.Sam (nom fictif) de son prénom, est militaire par conviction.C’est un choix qu’il a fait, c’est un métier qu’il a choisi.Je nourrissais un préjugé que plusieurs ont à propos des militaires : « C’est juste une gang de machos sans éducation qui sont entrés dans l’armée parce qu’ils ne savaient pas quoi faire de leur vie.» Après tout, les médias entretiennent largement une perception négative de l’armée, qu’en dites-vous?Cependant, cet homme à l’allure plutôt réservée, bien mis, mystérieux, attira mon attention.Sa façon de parler et son opinion n’étaient pas sans idées.Son sens de l’humour était bien développé.« Mignon! » Voilà ce que je pensais de lui.Il était différent.Surtout pas fidèle à l’image négative que l'on nous dicte d’un militaire.Ce fut le coup de cœur; non pas un coup de foudre.L’amour est arrivé comme ça.Nos valeurs se rejoignaient : la nature, la famille, le respect, l’honnêteté et l’amitié.Ce châtain aux yeux verts, si homme dans sa démarche, fier, travaillant; ça ne pouvait qu’être l’homme de ma vie! Nous avons mis cartes sur table dès le départ.Nous nous sommes lancés dans cette aventure qu’est « aimer ».Au début, c’était la vie en rose.Puis, quelques mois après notre rencontre, Sam dut partir à l’étranger.C’est là que l’aventure a vraiment commencé.Ce fut difficile de vivre l’éloignement aussi rapidement dans notre couple.Cette mission n’était pas un danger, mais l’inquiétude était tout de même au rendez-vous.L’ennui s’installe, la confiance s’estompe.Il est difficile de bien communiquer.La fatigue est également de la partie.Malgré tout, nous avons passé à travers.ET UN FILS EST NÉ.Malheureusement, ce ne fut pas sans conséquence.Sam est revenu assez triste, frustré même, de ne pas avoir pu exercer son travail parfaitement.Il eut besoin de solitude.À partir de ce moment, il n’a jamais plus été le même.L’amour était là, enfoui, mais toujours là.Je continuais de foncer, la tête bien droite, en espérant que tout s’arrangerait.Je respectais son rythme et mon admiration pour lui grandissait de plus en plus.Un jour, il nourrit le désir d’avoir un enfant.Notre fils est né : l’aboutissement de notre amour, le fruit de nous deux.Bien sûr que notre quotidien a changé.De belles joies nous sont revenues; se découvrir de nouveau.Finalement, il a été difficile pour notre amour de survivre encore bien longtemps.Le besoin de solitude, l’éloignement et le quotidien ont eu raison de nous.Aujourd’hui, je fonce encore et toujours droit devant.Cette aventure de l’amour en guerre me poursuivra toute ma vie.Sam est un père extraordinaire et un militaire exemplaire.Il est présentement en Afghanistan et il sera toujours le père de mon enfant.La place que j’ai dans sa vie n’est plus la même, mais je dois encore gérer beaucoup d’émotions par rapport à lui.En somme, cette situation n’est pas aussi facile que je l’aurais cru.Même s’il ne veut pas l’entendre, j’admire toujours cet homme pour qui l’altruisme a une grande importance.Je m’inquiète donc pour lui en silence.Et la vie continue.Notre fils est né Caroline Alain Février 2008 La Quête - Réalisons l’espoif- 11 SOLDAT PAR GOÛT ET PAR CHOIX L’armée canadienne n’a pas autorisé l’entrevue avec ce caporal chef.Patrick Clément est un Lorettevillois devenu soldat «pour le fun» en 1991, au sortir d’une formation en informatique au CEGEP.Aujourd’hui, il constate avec sérénité que ce choix était le bon.J’ai très, très hâte de retourner en Afgh-nistan! Âgé de 39 ans, célibataire et sans enfants, le soldat adore cette carrière d’aventures qui lui a fait visiter 19 pays différents depuis 1996.Des aventures, vécues quelquefois comme touriste payé par l’armée.Ou plus régulièrement sous l’égide des Casques bleus de l’Organisation des Nations unies (ONU) , de même que sous la férule militariste de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).Un tel dépaysement allant des Canaries à la Côte-d’ivoire, du Portugal à la Hongrie, jusqu’à la richissime Dubaï, notre soldat n’aurait jamais pu se le payer lui-même.QUI EST L’ENNEMI?L’Afghanistan, il compte les jours de 2008 avant d’y remettre les pieds, même si ce déplacement sera la plus périlleuse de ses missions.Il le sait puisqu’il y séjourna pendant sept mois en 2004, avant que les plus de 75 soldats canadiens ne tombent majoritairement sous des explo sifs routiers.Le territoire afghan avec ses clans, ses Talibans et ses kamikazes est carrément imprévisible: on ne sait plus qui et où est l’ennemi.Pire que la Bosnie avec ses massacreurss ethniques bien identifiés qui, 15 ans plus tard, préoccupent encore le Tribunal pénal international (TPI).Le soldat a, du reste, vécu à Sarajevo son «premier choc» humain de militaire devant les dépouilles de 13 enfants d’une cour d’école primaire, lors d’un «attentat raté».Et à la vue de ces villes complètement rasées par les bombes, comme Karlovac.En Afghanistan, il a subi d’autres chocs relatifs aux traitements abusifs faits aux enfants et aux femmes sans droits.Patrick Clément 12 est quand même d’avis que les soldats peuvent, du fait de la chaleur humaine de leurs hôtes, y observer systématiquement les résultats positifs de leur présence.À la fin de son premier séjour, lors de leur retour à l’école, il y a vu des enfants saluer nos troupes et des femmes se dévoiler davantage.Selon lui, les francophones d’ici ont, de par leur caractère constestaire et une formation davantage psycho-sociale, plus d’atômes crochus avec les Afghans et les difficultés du milieu.Les militaires anglophones et même les M, .Le Caporal Chef Patrick Clément Français, eux, respectent les ordres à la lettre, ne discutent pas avec leurs supérieurs du bien-fondé de telle opération pouvant parfois s’avérer téméraire et fatale.À titre de membre du corps des signaleurs, il est de moins en moins éloigné du feu par rapport à ses collègues de l’infanterie.Clément demeure d’abord à la fine pointe des technologies de communications et de l'informatique.Il s’est familiarisé avec l’anglais, de Petawawa à Edmonton.Auparavant, il effectua un stage à l’état-major d’Ottawa pendant lequel, notamment, il prit le thé avec Elizabeth II ou serra la main de Bill Clinton.La Quête - Réalisons l’espoir LE TRAITEMENT DES ANCIENS COMBATTANTS Des réserves, le caporal chef en a à propos de la hiérarchie de l’armée, particulièrement du ministère des Anciens combattants.Elles portent moins sur la gestion du front que sur la responsabilité de l’État à l’égard des revenants blessés ou victimes des séquelles d’une mission particulière.Clément n’a heureusement pas (encore) connu de choc post-traumatique pendant sa carrière.Cependant, il revint de la République centrafricaine, où il était de l’équipe de supervision des élections en 1999, avec une double malaria qui lui ravage aujourd’hui le foie et la rate.Ses sup> érieurs l’ont confiné à la cantine de Valcartier pendant quelque temps, comme s’il avait souffert d’une inhabilité incurable.Dur dur pour le moral une telle réaffectation! Patrick Clément consulte toujours le thérapeute psycho-médical qui lui fait du bien.Il se sent cependant jugé pour cela comme un «lâcheux» par des supérieurs ou collègues qui voient là une sorte de «faiblesse» inacceptable de la part d’un militaire.Il nourrit, par contre, l’espoir d’un changement à cet égard, grâce à la relève des jeunes soldats.Consulte-t-il l’ombudsman de l’armée, ou encore son rapport annuel?Non pas! À Valcartier, dit-il, ce document n’est pas d’actualité.Mais l’armée, c’est l’armée, et il l’aime.Au point où, à moins de cinq ans de la retraite, le caporal chef n’a encore aucune idée de ce qu’il fera d’autre dans sa vie future.J.T.-D.Février 2008 Photos gracieuseté Forces Canadiennes J’IÏN MANGE DU MILITAIRE J’appuie notre intervention en Afghanistan et cela bien au delà de 2009.Nous aidons les Afghans a monter un service policier et aussi un service d’incendie car ils en n’ont pas.C’est vrai que nos militaries doivent patrouiller les villes et cela n’ est pas toujours facile.Oui, je crois sincèrement que nous avons besoins de nos militaries.Notre armee est une armee de paix.Je me souviens d’un incident que mon frere nous a raconte ou lors d’une patrouille a Kaboul, une fourgonnette les portes entreou-vertes s’ est avance vers son véhiculé.Alerte! Alerte! Alors, mon frere ainsi que ses coéquipiers se sont prepares a tirer.Ouf fausse alerte.Qu’auriez-vous fait a leur place.Nous ici en Amérique du Nord ne connaissons pas la guerre mais nos grand-peres et nos grand-oncles eux 1’ ont connu.Les européens ont beaucoup souffert de la guerre mais pour obtenir la liberté dont nous jouissons au-jourd’ hui il a fallu beaucoup de militaries pour se batter pour la liberté.Essayer d’imaginer Hitler, roi et maitre de la planete: ceux qui ne rencontreraient pas ses critères de race parfaite (j’en ai oublien 1’ adjectif) seraient éliminés.Combien de Québécois ne seraient pas de ce monde.Beucoup de soldants ont paye du prix de leur vie pour cette liberté de vie et notre liberté de paroles et d’ idees.Je penses souvent a ces militiares qui ont perdu leur vie, je pense a leur famille et la souffrance de leur Coeur.Je pense aussi a leurs enfants qui ne pourront pas compter sur leur papas, Ces papas ne verront pas leurs beaux enfants grandir de leurs yeux mais je sais que du ciel ils seront tout près d’ eux.Il faut continuer a se battre pour garder notre liberté.Lors des attentats du 11 septembre, j’ étais prete a m’ enroller afin de continuer a garder cette liberté Je le suis encore prete a le faire aujourd’ hui et demain encore afin que toute ma descendance puisse vivre et penser en toute liberté.Plus jeune, j’ ai appliqué pour m’ enroller chez les militaries, ils ne m’ont jamais appelé, leur perte.J’ ai un frere militaire qui a 28 ans de loyaux services.Lors de la guerre du Golf, nous étions sur le qui-vive parce qu’ il devait partir.Mon frere à ce moment était prêt a donner sa vie pour la cause.J’ ai aussi beaucoup d’amis militaries, il y a en 4 qui sont en Afghanistan en ce moment.J’ ai une amie qui est une ex militaire, elle était une adjudant.Je connais un parachutiste de la guerre 39-45, ils étaient 800 a etre parachutes, ils étaient 100 a poser les pieds sur la terre ferme.Cet homme est prêt a recommencer au nom de la liberté.Donc, je peux vous dire que j ’ en mange du militaire.Je les respecte beaucoup.Si je pouvais, je mettrais le service militaire obligatoire pour nos jeunes .gens, garçons et filles.Cela donnerais une discipline a nos jeunes et un sens de fraternité que peu de gens connaisse.Pour certains, cela pourrait etre une carrière enrichissante et valorisante au lieu de travailler au salaire minimum.N’oubliez jamais que nous seuls sur cette planete avons les meilleurs soldats, ils nous manque les meilleurs équipements.Alors appuiez nos soldats car dans les urgences, ils sont toujours prêts a combattre.Manon Alarie mm » g IX L’armée est un mal nécessaire, diront certains.Elle doit protéger contre l’agression d’un autre État.Ce n’est pas d’aujourd’hui que ces brigades existent.Il y a eu beaucoup de guerres qui se sont succédé depuis la création du monde.L’orgueil de certains chefs d’État qui voulaient s’emparer d'un État voisin a été mis à l’épreuve.Si l’on regarde ce qui s’est passé depuis le début du XXe siècle, on parle des guerres 1914-1918 et 1939-1945.Il y a eu celles de la Corée et du Viêtnam.Au Québec, l’armée est intervenue en 1970 et en 1998.Lors du fameux verglas, les soldats furent appréciés par le gouvernement du Québec et la population.femmes aiment y faire carrière.Le goût du cos tume, le goût de l’aventure, le goût de servir son pays, toutes les raisons bonnes pour en faire partie.Deux qualités, je pense, dominent dans l’apprentissage : l’obéissance et la discipline.Ce sont par milliers, par millions, que sont détruites des vies.Toutes les peines encourues par les familles de ces gens disparus.NON A L’ARMÉE OUI DÉTRUIT ! De ce temps-ci, cela se passe en Irak et en Afghanistan.Ces guerres sont toujours à déplorer.Elles détruisent beaucoup.Que dire de tout cet argent qui sert à construire ou à acheter des armements?On pourrait en nourrir du monde.On pourrait en construire de bonnes habitations Le soldat dans tout cela.Des hommes et des J’ai aimé beaucoup le Canada lorsqu’il a proposé l’armée des Casques bleus.Développée pour venir en aide aux pays ravagés par les guerres, cette armée de paix était bien aimée des peuples dans la misère.J’aime l’armée lorsqu’elle protège et aide, mais non quand elle détruit des vies et des biens.Alcide Labrecque La crêpe bretonne traditionnelle à la farine de sarrasin sarrasin Ouvert du mardi au dimanche de il f à 21 h ‘Brunch Ce dimanche de il h à 15 fi © «dlL 526, rue Saint-Jean, Québec - TeC : (418) 524~8341 P I A Z Z E T T A 63, SAINT-PAUL 692.2962 fine bouche fine pizza lapiazzetta.ca Appelez-moi! A TOUS NOS CLIENTS ! Merci d’appuyer La Quête Caroline Alain Votre conseillère publicitaire 649-9145 poste 24 14 -La Quête - Réalisons l’espoir Février 2008 LA SAGESSE DE MON PÈRE Durant le temps des Fêtes, je suis allée visiter mon père à Shawinigan.Il est veuf depuis 2004.Il aura 95 ans, le 1er juillet 2008.Il habite seul dans son appartement et ne s’ennuie pas.La reuîtljej Enchantée’ -jfy Livrés ignaii Victoria ville (819) 758-5150 770 rueSi-Jean (418- Il me disait qu’au fond, nous les humains sur cette terre, sommes tous semblables, malgré nos différences religieuses, culturelles, climatiques ou autres.Et, me lance-t-il, pourquoi ne pourrions-nous apprendre à nous respecter?Je découvrais alors sa sagesse, sa façon de réfléchir, d’observer, de méditer sur les gens et les événements.Mon père, en vieillissant, devient comme un bon vin bien mûri parce que la tendresse, la tolérance et le respect sont les meilleurs ingrédients pour vivre les dernières belles années de sa vie et peut-être même pour contribuer à les prolonger.Je souhaite de tout cœur qu’il puisse être centenaire et le dépasser.Il y a chez lui cette « jeunesse de l’esprit et du cœur » que j’admire tant.Christiane Voyer C’est un loup solitaire.Cependant, les membres de sa famille et ses quelques amis (es) sont très précieux pour lui.Il est très lucide et éveillé, s'intéressant à tout ce qui se passe dans l'actualité en lisant beaucoup les journaux et en regardant la télévision.Il est pour moi un philosophe plein d'humour.Un jour où j’étais seule avec lui, il m’a fait rire en me racontant qu’il s’était créé un « calendrier spécial » sur lequel il a commencé à faire le décompte à rebours en mois, débutant le 1er janvier 2008 jusqu’à ses 100 ans.Vous imaginez son appétit pour la vie et à quel point il désire se rendre à cet âge mémorable! Mon père poursuivit notre conversation, en me relatant qu’un jour, assis dans sa chaise berçante située près de l’immense fenêtre d’où il observe les passants (c’est son endroit préféré pour s’asseoir), il vit des personnes tout emmitouflées.« Il faisait un froid sibérien », leurs visages cachés avec foulards, tuques et capuches.Il ne voyait que leurs yeux, et il eut l’image de personnes musulmanes qui se couvrent ainsi en faisant allusion, par exemple, aux hommes du désert qu’on surnomme les hommes - bleus.En effet, ceux-ci se couvrent entièrement le visage pour se protéger des tempêtes de sable.Librairie du mieux-etr ¦ I : 'fiy- Aj* ms-'r* 3»' £ ç.t'V MORIN DESROCHERS BEAULIEU Comptables agréés sise Bernard Morin, CA bmorin@mdbca.ca 706, rue Saint-Joseph Est Bureau 200 Québec (Québec) G1K 3C3 Tél.(418) 692-1077 Téléc.(418) 692-2953 Février 2008 La Quête - Réalisons l’espek- 15 CflBHGiG *' ¦ seau, te ‘¦¦.i Ensemble pour La Quête Ha %ue \ m mm !U **
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