La Quête : journal de la rue, 1 mai 2008, Mai
PER Q-lSo - CON PLUS DOSSIER SPÉCIAL LAUBERIVIÈRE .- Le magazine de rue de Québec No 102, mai 2008 L* ÈR E DU GADGET •• • •• •• • •• •• • •• • • • • •• • ••••* *•••• • •• • •• • • •• • •• • •• • *•••' ••• •• • • • •• • '•••* Desjardins Caisse populaire de Québec Saint-Jean-Baptiste.Vieux-Québec Depuis 1908, la Caisse populaire Desjardins de Québec joue un rôle important dans le développement économique, culturel et social du Faubourg Saint-Jean-Baptiste et du Vieux-Québec.Devenir membre, c'est contribuer à changer les choses dans notre milieu.Deux adresses, une seule Caisse : 550, rue St-Jean T : 418.522.6806 19, rue des Jardins F : 418.522.2365 www.desjardins.com/caissedequebec Sommaire MOT DE L’ÉDITEUR Pierre Maltais ^üüfe.,' S ÉDITORIAL Jacques T.Dumais DOSSIER :L’ERE DU GADGET QUÉBEC BRANCHÉ Marie-Josée Nantel -gsm DES JEUNES PEUVENT S’EN PASSER Maxime Rioux SE FACEBOOKER PLEIN D’AMIS Karine Limoges LE CYBER AMOUR Julie Morin LES ÉCRIVANTS LA TECHNOLOGIE QUI FAIT PEUR Carole Demers À L’HEURE PHENTEX Manon Marie ANALPHABÈTE DES TEMPS MODERNES Alcide Labrecque COMMENT CHOISIR?Réal Quintin DOSSIER SPECIAL: LAUBERIVIERE I BIEN PLUS QU’UNE SOUPE POPULAIRE Madeleine Laurendeau ET SI C’ÉTAIT VOUS.Marie-Josée Nantel LA VIE À L’INTÉRIEUR Nina Chauveau CES XAVIERS DES RÉSIDENCES Marie-Josée Nantel UNE DG DU CHAUD AU FROID Dominic Faucher CHRONIQUE QUEL SIÈCLE MERVEILLEUX Robert Maltais QUAND LA LÉGENDE ÉMANE DE L’HISTOIRE Martine Corrivault DU PAIN ET DES JEUX?Diane Morin Mai 2008 La Quête - Réalisons l’espoir 3 Magazine La Quête .Mo/ de l'éditeur La signification première de La Quête Chers lecteurs, suite à une lettre d’une lectrice de notre magazine (que vous pourrez lire à la page suivante), j’ai décidé de vous parler de la signification du titre La Quête.11 n’y a pas que cette lettre qui me motive, mais le fait que d’autres personnes en parlent quelquefois à nos camelots.Je tiens donc à faire le point pour le bénéfice de nos lecteurs.Il est vrai que ce nom peut porter à interprétation dans le sens de quêter ou mendier.Mais ce n’est pas le sens profond de La Quête ici.Sinon, il me semble que nous aurions manqué de respect envers nos camelots.Lorsque notre magazine fut créé officiellement en 1995, ce nom fut retenu dans son sens de recherche, plus précisément « à la recherche d’une meilleure situation ou d’un mieux-être ».Vous me direz, pourquoi alors ne pas changer de nom si confusion il y a à l’occasion?La réponse est toute simple.D’abord, dans son sens de recherche d’un mieux-être, ce nom est magnifique parce qu’il correspond à l’essence même de notre mission sociale.Ensuite, saviez-vous que pour se faire un nom auprès du public, ça prend au moins 10 ans?C’est long 10 ans, et nous n’avons pas les moyens financiers de nous lancer dans une telle aventure.Nous risquerions d’y laisser notre chemise et, pire encore, de priver de revenus nos camelots qui trop souvent n ont que cette alternative pour participer à la marche de notre société.Ce sont eux qui sont à la base de notre mission première.Nous devons en prendre grand soin, car ils le méritent.Ceci étant dit, si vous avez des commentaires à propos de cette explication, faites- nous les parvenir, avec plaisir.Nous les accueillerons LE THÈME DU MOIS Passons maintenant au sujet du mois.La bureaucratie et la technologie à l’ère des gadgets.Dans ce numéro, nos journalistes nous entretiennent du service à la clientèle de certaines compagnies québécoises qui se retrouvent en Inde, en Chine ou à l’étranger parce que ça coûte moins cher qu’au Québec.Est-ce que ces choix commerciaux entraînent beaucoup de pertes d’emplois?Nos journalistes abordent aussi la question des systèmes téléphoniques d’un nombre croissant de compagnies avec réponses automatisées, comme : “Votre appel est important pour nous, demeurez en ligne pour garder votre priorité d'appel”.Mais que penser de cette piètre qualité de service quand ça fait 20 ou 30 minutes que tu attends en ligne?Avez-vous remarqué qu’il est devenu presque impossible de nos jours de parler à un être humain au téléphone pour quelque service que ce soit, tant au sein du gouvernement que dans les entreprises en général?Se dirige-t-on vers une déshumanisation des communications, comme l'incarne par exemple le nouveau phénomène de socialisation sur Internet comme les Facebook ou Myspace?Vous connaissez?Dans ce numéro, on vous parle de tous ces sujets et plus encore.N’hésitez pas à réagir à nos articles, écrivez-nous! Bonne lecture à tous, Pierre Maltais Quiconque souhaite voir ses textes publiés dans La Quête n’a qu’à nous les faire parvenir (500 mots maximum) avec photos ou dessins avant le 15 du mois en cours pour parution le mois suivant.Pour juin 2008, nous parlerons des minorités ethniques.Journal La Quête 190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone: 649-9145 Télécopieur: 649-7770 Courriel: laquetejournal@yahoo.ca ÉDITEUR DÉLÉGUÉ Pierre Maltais ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette RÉDACTEUR EN CHEF Jacques T.Dumais CONSEILLERS À L’ÉDITION Martine Corrivault, Robert Maltais RÉVISEURS Jacques Dumais, Pierre Maltais ÉQUIPE DE RÉDACTION Geniviève Blanchet, Marie-Hélène de Cardail-lac, Carole Demers, Laurie Grenier, Pascal Huot, Karine Limoges, Isabelle Morin, Julie Morin, Marie-Josée Nantel, Isabelle Morin.Julie Morin, Maxime Rioux CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Robert Maltais.Diane Morin JOURNALISTES PARRAINS Simon Boivin, Alain Bouchard.Pierre Couture, Robert Fleury.Michèle Lafferière et Isabelle Mathieu CONCEPTION DE LA PAGE COUVERTURE François Laverdière, Pierre Maltais MONTAGE Les Impressions Stampa inc, François Laverdière et Pierre Maltais LES ÉCRIVANTS Manon Alarie, Pascal Huot, Alcide Labrecque, Anne-Marie Lavoie, Réal Quintin et Christiane Voyer JEU DE LA QUÊTE Jacques-Cari Morin L’ESSAI EN QUESTION Pascal Huot PUBLICITÉ Caroline Alain et Pierre Maltais PHOTOS DE LA PAGE COUVERTURE Pierre Maltais PHOTOS Marie-Hélène de Cardaillac, Laurie Grenier, Pascal Huot, Archives Internet, IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA Inc.(418) 681-0284 La Quête est distribuée sur la rue au prix de 2 $.dont 1 $ revient directement au camelot.Dépôt légal 457621 Bibliothèque nationale du Québec Les propos tenus dans les pages de La Quête n'engagent que la responsabilité de leurs auteur-e-s La Quête est membre de la NASNA, l’Association nord-américaine des journaux de me.4 La Quête - Réalisons l’espoir Mai 2008 Courrier du lecteur Bonjour J’ai acheté le journal La Quête il y a quelques jours et je l’ai trouvé très intéressant, tant dans son contenu que dans sa présentation.Les articles sont variés, les points de vue suscitent la réflexion, la mise en page et les illustrations sont attrayantes.Je pense que ce journal est accessible à tous et devrait pouvoir intéresser beaucoup de monde.Pourtant, je vois souvent les camelots passer des journées entières à essayer de vendre leurs copies, et ce, par tous les temps.Peut-être qu’un titre différent serait meilleur vendeur?« La Quête » fait référence à mendier, ce qui appelle à la charité.Or, la charité place celui qui reçoit dans une position d’infériorité par rapport à celui qui donne.Je crois qu’aujourd’hui les gens sont plutôt interpellés par la solidarité.En effet, la solidarité fait appel à la justice sociale parce que tous les hommes sont égaux en droit et en dignité.Dans cet esprit, un titre faisant référence à la solidarité pourrait revaloriser le statut des camelots en prenant conscience qu'ils participent à la création d’un réseau social pour plus d’égalité et de justice.Peut-être que l’attraction de la clientèle, des collaborateurs et des écrivants serait favorisée également.Qu’en pensez-vous?Je vous soumets ma réflexion à titre de suggestion tout simplement Merci de m’avoir lu.Huguette Dugas Réponse de la rédaction : D’abord, merci pour vos commentaires.Peut-être avez-vous raison mais, saviez-vous qu’il faut au moins dix ans pour se faire un nom?En changeant de nom, nous pourrions subir une baisse trop importante de nos ventes et par conséquent une diminution de revenu tant pour nos camelots que pour le journal.Enfin, pour nous La Quête correspond à la recherche du mieux être, dans tous les sens du mot, la recherche d’un mieux être dans la vie.le bonheur au présent Mon nom est Stéphane et je suis votre nouveau camelot pour le coin Saint-Jean et Côte du Palais.Dans ce texte, je vous parlerai du bonheur.Ce fameux bonheur que tout le monde veut vivre.Premièrement, je vous demanderai qu’est-ce qui ferait votre bonheur.Une maison, une automobile, des vêtements, des bijoux.Oui, tout cela ferait votre bonheur, mais tout cela est matériel et vous l’aurez dans le futur.A cela, j’ai une question pour vous : qu’est-ce que vous faites du moment présent?Oui, car vous avez beau penser que quand vous aurez ceci ou cela vous filerez le parfait bonheur, mais, entre maintenant et l’arrivée de votre ceci ou cela, vous ferez quoi?Vous vivrez dans l’attente, vous serez malheureux ou vous vous efforcerez de faire passer ce temps le plus vite possible en travaillant ou à faire l’autruche de ces choses qui vous entourent.Moi je vous répondrai que ces choses qui feront votre bonheur, elles le feront quand le temps sera arrivé.Mais pour le moment, c’est le présent qui prime parce que chaque minute qui passe autour de vous, il y a plein de belles choses, comme la nature.Regardez ces arbres, ces oiseaux ou tous ces animaux qu’on peut voir dans la nature.Eux vivent seulement dans le moment présent, ils ont ça dans leur programme mental.Si je peux me permettre de dire, c’est pour cela qu’on a l’impression qu’ils sont en harmonie, mais vous aussi vous pouvez faire comme eux en alternant le programme que vous avez dans votre cerveau.J’AI CHOISI L’ÊTRE Si je peux me permettre de dire, et je me le permets, car l’être humain se promène souvent entre deux espaces-temps.Son cerveau, que nous nommerons « conscient », et son être, le conscient, vit toujours dans le passé ou le futur et l’être, dans le présent.Quand on est du côté du conscient, on repense aux bonnes ou mauvaises choses qu’on a vécues ou aux choses qu’ont veut faire pour pouvoir vivre le bonheur, contrairement à l’être qui, lui, est toujours dans le présent et dans l’harmonie.C’est pour cela que quand on est dans nos pensées, on se sent ailleurs ou pas là.Et ce temps qu’on est ailleurs, il est perdu.Car tout ce qui a pu se passer autour de nous, nous l’avons perdu comme peut-être la femme de notre vie, qui vient peut-être de passer et nous ne l’avons pas vue.Tandis que si vous vous concentrez toujours dans le moment présent, cela n’est pas une chose facile, mais avec la pratique vous y arriverez.Et tous ces instants de bonheur que vous laissiez passer, vous les vivrez.Vous serez plus heureux et plus harmonieux, en plus du bonheur que vous vivrez quand vous aurez ceci ou cela.Alors que choisissez-vous, le conscient ou l’être?Moi j’ai choisi l’être.Je sais que ça sera un gros travail à faire sur moi.Mais peu importe, c’est dans le présent que je veux vivre et vous?Et qui sait en étant dans le présent, j’aurai peut-être le plaisir et le bonheur de vous parler ou de vous rencontrer.Stéphane Marcotte Mai 2008 La Quête - Réalisons l’espoir 5 Magazine La Quête Éditorial »WÜ tmjL IA CIVILISATION DU PITON Nous nous faisons bouffer par la bureaucratie et aspirer par la technocratie.Plus qu’hier, moins que demain, nous vivons dans un monde de bébelles.Et nous aimons cela comme des fous.La civilisation du piton, voilà où nous nous en sommes : télé à écran plat, antenne parabolique, GPS, lecteur de ci ou de ça, iPod, imprimante, phototéléphone, livre électronique, ordinateur jouet, microondes, sans-fil, répondeur, cadrans multiples, ordinateur personnel (PC), fixe ou portatif, avec leurs caprices et ratés.Désormais, tout ce qui n’est pas numérique sent le soufre! Dans la me, au bureau, il faut aussi s’excuser de déranger un collègue perdu, qui souffre de la surdité moderne avec ses écouteurs encastrés sur la tête.L’avenir de l'humanité se bâtit dans les bulles individuelles.La techno-bureaucratie submerge, régente, charme, agresse ou apeure.Un malaise certain marque ce mode de vie.Nous n’avons nul besoin de tant d’expédients achetés à fort ou à vil prix pour que roule l’économie et se donner l’illusion du bonheur.UN BONHEUR ARTIFICIEL Certes, l’ordinateur a ses vertus.Il permet à quiconque de communiquer dans l’immédiat avec son voisin d’ici et d’ailleurs.Il simule le village planétaire, constitue une encyclopédie universelle de la vie actuelle, passée et future.Un outil incontournable pour chaque citoyen du monde.Mais à l'instar des lotenes ludiques qui génèrent trop de joueurs compulsifs, le PC a également ses incurables.Ils gaspillent des journées entières devant l’écran, souvent à se vautrer dans des niaiseries, plutôt que d’échanger avec conjoint (es) et enfants.Bon nombre de mordus de la Toile, au vrai, ne communiquent qu’avec eux-mêmes, par la machine.Le guichet électronique apparaît tout aussi merveilleux.On y glisse quelques dollars et chèques, défraye ses factures, retire des liasses de 20 $, vide un compte bancaire dans le temps de le due.Adieu l’épargne, bonjour l’endettement! Ne vous avisez surtout plus de déranger la caissière, ne serait-ce que pour sauver son emploi, car il vous en coûtera davantage.Mieux vaut, semble-t-il, dialoguer avec la calculatrice en boîte métallique qu’avec un être humain.Et ce, même si files et attentes persistent à cause d’une pénurie de guichets, à l’instar des pannes multiples qui vous laisseront pantois et démunis.L'avenir de l'humanité se bâtit dans les bulles individuelles Sur l’appareil de Graham Bell, d’autre part, le télémarketing de vive voix ou préenregistré s’avère grossièrement harce-leur.Tenter de joindre un service public ou privé de taille obligera à composer des sonates de numéros cul-de-sac, sans réponses à peu près compréhensibles et humaines.On ne s’étomiera guère, au surplus, d’entendre tel quidam se parler tout seul : il gueule alors comme un putois, le cellulaire soudé à l’oreille.Comme pour se faire remarquer.À bord d’un bus, vous apprenez ainsi à quelle heure bonhomme ou bobonne va enfin rentrer à la maison, l’état de son chagrin d’amour, de ses achats du jour, quand ce n’est pas des aléas d’un travail de bureau ou d’études téléguidées de son siège ou debout.Depuis une quinzaine d’années, la vieille société industrielle cède peu à peu le pas à celle du savoir, au moyen des techniques de l’information.Tout, y compris le commerce de détail, devra transiter par Internet.L’AVENIR DANS LE SAVOIR Après l’alphabet, l’imprimerie, la télévision, vive l’Internet! Ce machin est devenu, mine de rien, la pierre angulaire du capitalisme > à pitons : toujours plus vite et un peu n’importe comment.Et ça va s’amplifier d’ici 2019 quand les ordinateurs auront, selon les experts, la puissance de calcul du cerveau humain.Notre industrie manufacturière, dit-on, est foutue parce qu’elle coûte plus cher (la fermeture de Crocs) que dans les pays asiatiques.L’économie tertiaire des services atteint ses limites.Ne reste que celle du savoir où l’Occident, notamment la ville de Québec, détient une longueur d’avance.Mais pour combien de temps encore et à quel prix?Chinois et Indiens aussi avancent à grands pas en ce domaine.Comme la Toile, arguent les pessimistes, instaurera un individualisme à outrance, les riches risquent de s’enrichir et les pauvres de s’appauvrir bien davantage, au gré d’autres crises alimentaires et pétrolières, d’augmentations effrénées du coût de la vie?Serons-nous donc, dans le futur, plus heureux qu’aujourd’hui?Non, Internet n’a pas encore inventé le paradis! Jacques T.-Dumais 6 La Quête - Réalisons l’espoir Mai 2008 QUEBEC BRANCHE Consulter la météo, payer une facture d’électricité ou même rencontrer l’âme soeur.De nos jours, tout, ou presque, peut se faire par Internet.Au Québec, 68 % des citoyens sont des as du clavier.Et ce ne sont pas les accès qui manquent dans la ville de Québec.au grand dam d’une population vieillissante.C’est connu : l’utilisation d’Internet diminue proportionnellement avec l’âge.Selon Louis Frémont, responsable des services aux usagers à la Bibliothèque Gabrielle-Roy, « certaines personnes se sentent exclues, car on réfère continuellement à Internet.Elles sentent donc qu’elles n’ont pas le choix de s’y mettre ».En 2007, une dame de 80 ans s’est inscrite à un des 63 cours d’introduction à Internet offerts par la Ville, afin d’apprendre à « chatter » avec sa fille vivant en Afrique.Pour cette dame, c’était aussi une façon économique d’être en contact avec sa fille.« Internet a révolutionné sa vie » selon M.Frémont qui la revoit régulièrement à la bibliothèque.En effet, les 25 bibliothèques d’arrondissement de la Ville offrent une heure d'Internet gratuite par jour à tous leurs membres.Quant à la Bibliothèque Gabrielle-Roy, elle en offre deux.D’autre part, la Capitale compte aussi 10 cafés Internet où il est possible de consulter le Web sur un des postes disponibles, moyennant une somme de 3 $ à 7,10 $ l’heure.À Québec, il existe aussi l’organisme à but non lucratif Zone d’accès public Québec (ZAP Québec), qui offre un service d’Internet sans fil gratuit dans 84 points de la ville comme les arénas, les restos, les cafés, etc.Le service est gratuit pour les usagers, à condition de posséder un ordinateur portable, comme c’est le cas pour 22,2 % des Québécois.Mais ces deux types d’endroit sont surtout fréquentés par des jeunes.UNE QUESTION D'IDENTITÉ Mario Asselin, porte-parole de ZAP Québec, a même révélé à La Quête que l’organisme négocie actuellement avec le Réseau de transport de la Capitale (RTC) pour rendre Internet accessible gratuitement dans tous les autobus de la Ville.« L’utilisation d’Internet est une question d’identité.J’existe parce que je peux être rejoint par Internet », a-t-il expliqué.Un tel raisonnement explique donc pourquoi, depuis 1996, l’Université du Troisième âge de Québec (UTAQ) n’a pas hésité à accueillir les 50 ans et plus souhaitant s’initier à Internet.Selon Johanne L’Heureux, coordonnatrice de l’UTAQ, loin de vouloir former des experts, « il faut développer la confiance de ces personnes envers les nouvelles technologies, puisqu’elles prennent leur retraite de plus en plus jeune ».D’autant plus que même si ces gens avaient été mis en contact avec Internet comme employés, pas plus de la moitié des adultes québécois utilisaient Internet en 2006 sur leur lieu de travail.Selon Statistiques Canada, les baby-boo-mers qui prendront leur retraite massive- Photo Marie-Josée Nantel ment en 2011 représenteront 30 % de la population canadienne.Il risque d’y avoir à ce moment un fort bassin de citoyens qui ne sauront pas utiliser Internet.En 2005, les des adultes québécois possédaient un ordinateur à la maison et près 66,6 % des ménages avaient accès à Internet.Toutefois, au-delà du manque d’accès à un ordinateur ou à Internet (30 %) et du manque de compétences ou de formation (14 %), le coût (26 %) demeure aussi un obstacle qui rebute les Canadiens âgés non initiés à Internet, selon la plus récente étude sur les personnes âgées et Internet qui date de 2001.Heureusement, il n’y a que le service de recrutement qui ne soit disponible que par Internet à la Ville de Québec, selon Pierre Gignac, directeur des communications à la Ville.Ainsi, pour une personne âgée, il est encore possible de parler à quelqu’un au téléphone ou de recevoir des dépliants par la poste.Mais pour combien de temps encore?Marie-Josée Nantel ‘Toutes les données proviennent des études du Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO) La réalisation de ce magazine est (|3| Desjardins /-t Ji*i rendue possible grâce à : 25££,laire Mai 2008 - La Quête - Réalisons l’espoir Centralde Québec et Chaudière-Appalaches 7 i ¦ v m lmp'' Photo Pascal Huot Malgré l’emprise de la technologie dans la vie de tous les jours, certaines personnes au début de la vingtaine confirment que la technologie n’est pas indispensable.Non seulement plusieurs affirment qu’elles l’utilisent minimalement ou à des fins pratiques, mais la majorité possède un accès à Internet et des objets technologiques comme un IPOD et un téléphone cellulaire.Pas indispensable, mais i_____,i ,, .: „ i Pour Marlène Dubois, une étudiante de 22 ans de l’Université Laval, la technologie n’est pas indispensable dans sa vie.Elle ne possède pas de téléphone cellulaire ni d’ordinateur portable, mais elle dispose d’une connexion de base à Internet.Elle trouve la technologie coûteuse et encombrante.Elle n’est pas contre la technologie, mais elle parle de son côté malsain.« Même si la technologie nous permet d’être partout en même temps, nous ne sommes pas toujours présents avec les gens à côté de nous », a-t-elle expliqué.NOUI AU CELLULAIRE De nos jours, il n’est pas rare de voir quelqu’un parler au téléphone cellulaire.Cette réalité touche autant les adultes que les adolescents.Qu’en est-il pour les adultes dans la vingtaine?La miniaturisation des cellulaires de même que leur multifonctionnalité avec message texte, lecteur mp3 intégré, attire les consommateurs.Le téléphone cellulaire n’est pas essentiel à leur vie pour certains.Louis-Philippe Brown ne possède pas de cellulaire.« Qand je ne suis pas chez nous, je ne suis pas chez nous » a-t-il confirmé.Marlène Dubois, n’a pas de cellulaire et n’en veut pas.Cependant, « j’apprécie pouvoir utiliser celui de mes amis en cas de besoin », a-t-elle précisé.« Je ne veux pas toujours être accompagnée de ça, je ne veux pas me sentir dépendante de la technologie », a-t-elle ajouté.Pour sa part, Marc-André Pelletier, étudiant universitaire de 21 ans, précise qu’il s’est procuré un téléphone cellulaire en cas de pépin, car il fait beaucoup de routes.« C’est une sécurité pour moi, mais dans l’ensemble c’est plus pour dépanner », a-t-il.SANS ÊTRE MORDUS Au sujet des lecteurs MP3 et IPOD, la majorité des étudiants mentionnés plus haut en possèdent un.Marlène Dubois en fait usage uniquement pour rendre le trajet plus agréable dans l’autobus.Marc-André Pelletier est à l’écoute dans l’autobus et « c’est une volonté de solitude », a-t-il précisé.La présence de sites de conversation comme MSN et l’émergence de sites comme Facebook accapare une bonne partie du temps des usagers d’Internet.Anne-Emilie Jalbert, une étudiante universitaire de 25 ans, précise que l’accès à Internet facilite le contact avec la stupidité ou la culture de bas étage et elle ajoute que l’on tombe facilement dans les futilités.En revanche, pour plusieurs, l’usage d’Internet est un incontournable dans le cadre de leurs études ou pour se mettre à jour dans l’actualité tant locale qu’internationale.Cet usage n’est toutefois pas essentiel dans leur vie.Marc-André Pelletier considère Internet comme un outil de travail, « Internet accapare beaucoup de mon temps, mais c’est pour la recherche dans mes études » a-t-il affirmé.Internet semble être essentiellement utilisé à des fins pratiques pour les étudiants, mais le même verdict s’applique aussi aux personnes qui ne vont pas à l’école.Louis Philippe Brown assure qu’il consulte le Web uniquement pour des choses utiles comme se renseigner sur les nouvelles, mais il ne passe pas beaucoup de temps devant son ordinateur.Ces produits technologiques sont censés nous rendre la vie plus facile, mais ils ne sont pas indispensables au quotidien selon ces jeunes adultes.Maxime Rioux 8 La Quête - Réalisons l’espoir Mai 2008 SE FACEBOOKER PLEIN D’AMIS De tous les âges, de toutes les époques, les gens ont eu besoin de créer des liens et de s’affilier avec un groupe ayant des intérêts communs.Les sites Internet de socialisation tels Facebook et MySpace ne sont que l’avènement logique d’une société qui roule en mode numérique.Combinons à cela les mentalités occidentales du « je vois, je veux, j’achète » et du « beau, bon, pas cher ».La recette gagnante! J L’appartenance permet de combler certains besoins, affirment les psychologues sociaux.Tout d'abord, le besoin de sécurité : nous confier à quelqu’un, sentir une présence rassurante.Ensuite, les besoins d’affection et d’attention.Se regrouper permet de se définir, de se construire une identité propre.Les utilisateurs répondent qu’ils aiment Facebook et MySpace parce que c’est facile, « tu peux vite trouver des gens avec qui partager, être au courant des party’s impliquant des personnes qui te ressemblent.» Par exemple, la communauté gaie de Montréal se regroupe de cette façon.Le mot se passe, et on est ainsi rapidement au courant des événements à ne pas manquer.Faites appel à votre créativité, collectionnez les « amis », renouez avec vos anciens collègues de classe ou créez des liens avec des gens qui partagent vos passions.Ce ne sont que quelques-unes des possibilités qu’offrent Facebook ou MySpace Ce dernier s'adresse toutefois davantage aux adeptes de musique.Son avantage?Vous n’avez pas besoin de vous ouvrir un compte pour naviguer sur la plateforme, contrairement à Facebook.L'HUMAIN PAR UN CLIC Outre cela, vous avez facilement accès à une ressource presque infinie de gens à contacter et à connaître.L’inconvénient?Un pas de plus vers la limitation de contact humain; les émotions passent désormais par un clic de souris.Dans un monde virtuel où la convivialité règne, des histoires prennent vie et les détails intimes du vécu des gens deviennent du domaine public.Des couples se créent, mais le retour au célibat peut être brutal.Dès que l'on modifie son profil, un avertissement est envoyé automatiquement à vos « amis », du coup, tout le monde est au fait de votre rupture et de la peine d’amour qui l'accompagne.« Lundi matin, m’a raconté un ami, tout le monde a interrogé une collègue qui s’était faite larguée la veille.» De véritables réseaux sociaux émergent, mais la non-interactivité fait qu’on y entretient de multiples relations de façon superficielle.Aucun des besoins sociaux n’est réellement comblé.La paranoïa des gens est entretenue par la crainte de divulgation d'informations personnelles et aucune marque d’affection n’y est prodiguée.Vous y racontez l’épisode de la journée dans votre vie, et les gens commentent.La communication non verbale est-elle en voie de disparition?Un sourire évocateur, un regard complice, le contact physique accidentel ou non sont tous des éléments qui lient les êtres humains entre eux et les rapprochent.Sommes-nous prêts à faire une croix là-dessus?D’HIER À AUJOURD'HUI Facebook démarre d’une chambre de Harvard en février 2004, son concepteur est un étudiant en informatique.L’origine du nom de la plate-forme émane de l'album photo traditionnel des finissants.Au départ, le site doit servir aux étudiants afin qu'ils communiquent entre eux.En mai 2007, le site est ouvert à tous.Selon ComScore, spécialiste de la mesure d’audience internaute, le nombre d’usagers actifs, à ce jour, est de plus de 67 millions.C’est le cinquième site web le plus fréquenté au monde.Il arrive premier au palmarès pour le partage de photographies en ligne : environ 14 millions de photos y sont échangées par jour! Cette popularité lui vaut même le privilège d'intégrer la grammaire.Le dictionnaire Collins, dans l’édition 2008, promulgue « facebook » au statut de nom ainsi que de verbe.Nous pouvons maintenant utiliser le mot comme nom commun dans une phrase ou encore le conjuguer à notre gré, au mode, au temps et à la personne voulus.« Le facebook te permet de facebooker tes anciens amis du temps de l’école, tu nous facebookeras lorsque tu en auras l’occasion, et nous facebookerons tes amis à notre tour.» Karine Limoges Correspondante pour La Quête à Montréal r ¥¦ •r>7 Archives Internet ________________ Mai 2008 La Quête - Réalisons l’espoir 9 Photo Pascal Huot r Quelle est la meilleure façon de rencontrer l’âme sœur?Existe-t-il vraiment une bonne réponse?Depuis quelques années, nous avons vu l’apparition de divers sites internet de rencontre (Réseau Contact par exemple).Est-ce vraiment sécuritaire et efficace?Les opinions sont assez partagées, car les histoires s’y rattachant sont multiples.Moi, je trouve cette pratique dangereuse et voici pourquoi.Voilà quelques années, j’ai décidé de déménager à Montréal pour vivre de nouvelles expériences professionnelles.Je me trouve donc un emploi et je déménage dans la grande métropole.Rendue sur place, mon réseau de contacts était assez mince voir inexistant et je commençais à trouver les soirées et les fins de semaines longues.En naviguant sur le Web, je découvre le site de rencontre Réseau Contact, qui spécifie que ce n’est pas seulement pour des rencontres amoureuses, mais bien amicales.Je m’y inscris timidement et me raisonne en me disant que ce n’est pas à l’épicerie que je me ferai de nouveaux amis (es).Les premiers messages que je reçois sont à caractère sexuel.Je m’y attendais, même si ma fiche indiquait que je voulais me faire de nouveaux amis (es).Je rentre en contact via le « chat » avec quelques personnes qui semblent avoir les mêmes intérêts que moi et les conversations vont bon train.Un gars avec qui je discute depuis un moment m’invite à manger pour faire plus ample connaissance et j’accepte, car il est très correct.On va au restaurant ensemble et effectivement il n’est là que pour l’amitié, car il quitte le pays quelques semaines après notre rencontre.Il comprend très bien ma situation et me suggère d’entrer en contact avec un de ses amis qui sort beaucoup et connaît bien des gens.Je vois cette option comme la solution à mon problème de solitude.Je rencontre cet ami qui semble, au premier abord, très gentil et fiable.Nous faisons quelques activités ensemble et nous avons beaucoup de plaisir jusqu’au jour où il m’annonce qu’il est amoureux de moi.Rapidement, je lui fais comprendre que ce sentiment n’est pas réciproque et je lui réitère les raisons de mon inscription à ce site.Il comprend et respecte ma décision.Quelques semaines plus tard, je vais souper avec lui et il m’apprend qu’il a maintenant une copine et qu’il est super heureux! Merveilleux!!! APPELLE-MOI.Les jours, les semaines passent et je n’ai pas de nouvelles de lui, mais je n’en fais pas de cas.De mon côté, je rencontre un ami, non pas via Réseau Contact, qui devient petit à petit mon copain.Une nuit, nous sommes couchés et le téléphone sonne.Je réponds et un homme que je ne connais pas est au bout de la ligne et me dit : « Salut Julie tu m’a dit de t’appeler ».Je ne comprends pas du tout ce qu’il veut dire et, devant mon interrogation, il devine que ce n’est pas moi qui aie fait cette demande.Il m’explique donc qu’il était sur un site de rencontre dans une section de messa- gerie instantanée (Chat) et que mon numéro apparaissait avec mon nom et qu’il était inscrit : Appelle-moi je suis une cochonne! J’ouvre mon ordinateur et me rends sur le site en question et je vois mon numéro copié au moins 50 fois.La panique s’empare de moi.Je réussis à échanger avec la personne qui se fait passer pour moi et lui demande des explications.Je sens dans ses réponses qu’il est très fâché contre moi.mais je ne sais pas c’est qui.Il quitte le site et j’explique aux gens présents que c’est une erreur.Après mûres réflexions, j’ai compris que c’était ce type si gentil qui voulait me faire rencontrer des gens.Mais étant donné que je n’avais aucune preuve contre lui, je ne pouvais rien faire.J’ai par contre changé de numéros de téléphone pour ne pas me faire achaler encore, car cette petite aventure est arrivée au moins trois fois.La morale, de cette histoire : faites attention à qui vous donnez votre numéro ou vos renseignements personnels.Il est vrai qu’il y a de bonnes personnes sur ces sites de rencontres, mais on ne sait jamais sur qui l’on peut tomber.Je dirais donc que la meilleure façon de rencontrer est encore au moyen d’amis.Pas évident vous me direz.Mais combien sécuritaire! Julie Morin W La Quête - Réalisons l'espoir Mai 2008 La technologie qui fait peur Les aînés ne profitent pas encore de tous les avantages de la technologie, mais plus ils en découvriront les nombreuses possibilités, plus ils verront l’utilité d'être branchés.Depuis une vingtaine d'années, la technologie a envahi toutes les sphères de notre vie : de la musique qu’on télécharge sur notre cellulaire aux achats par Internet, difficile d’imaginer notre quotidien autrement.Nos aînés ont pourtant vécu la majeure partie de leur vie sans tous les outils et gadgets technologiques que nous considérons aujourd’hui comme indispensables.ÇA RIME AVEC AUTONOMIE Il est indéniable que la technologie peut faciliter la vie des personnes âgées.Elle leur permet, en outre, une plus grande autonomie.Par exemple, les transactions bancaires par Internet évitent des déplacements parfois pénibles, alors que le courriel permet de garder contact avec la famille éloignée.Selon l’Agence de santé publique du Canada, 52 % des personnes de plus de 55 ans ont déjà utilisé un guichet automatique.Mais bien que les aînés utilisent parfois les guichets automatiques, bon nombre privilégient plutôt le contact humain qu’on retrouve en allant au comptoir.Selon une étude effectuée en 2006 pour le compte de l’Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS), le taux de pénétration du cellulaire a doublé chez les personnes âgées de 55 et plus, passant de 24 % à 48 % entre 2000 et 2006.C’est aussi chez les consommateurs âgés que les ventes d’ordinateurs et de services Internet ont enregistré la plus forte croissance.Cependant, selon Statistiques Canada, en 2003, le pourcentage des personnes âgées de 65 ans et plus ayant un accès à Internet à la maison était seulement de 22,7 %, soit moins du quart des aînés.Pourquoi une telle réticence?Les coûts peuvent bien sûr représenter un obstacle, mais il y a d’autres facteurs.UTILES OU FUTILES?Nos aînés ne voient pas toujours l’utilité de quelque chose dont ils se sont passé toute leur vie.Mais le plus souvent, c’est la peur qui les arrête : la peur de la nouveauté, la peur du bouton qui fait exploser quelque chose, et même la peur de ne plus avoir le temps de s’adonner à ses loisirs préférés.Farfelu?Pas si l’on se fie aux résultats d’une enquête de Statistiques Canada de 2003 : 25 % des utilisateurs d’Internet ont déclaré avoir passé moins de temps devant leur téléviseur, 15 % moins de temps à lire et 10 % moins de temps à dormir, à s’adonner à d'autres loisirs et à taire des tâches ménagères.Cette peur est partagée par Huguette Thomas, âgée de 79 ans, de Thetford Mines.Mme Thomas, en effet, ne pourrait plus se passer d Internet pour payer ses factures ou pour communiquer avec sa famille, mais c’est son mari qui fait toutes ses transactions et lui transmet ses courriels.« Si je commence ça, je n’aurai plus le temps de coudre, de lire et de tricoter! » Lorsque les aînés utilisent Internet ou le cellulaire, c’est plus souvent par obligation que par plaisir.Selon l’étude de TACTS, seulement 4 % des personnes âgées de 55 ans et plus téléchargent de la musique sur leur cellulaire, comparativement à 18 % chez les 18-54.Et la technologie « de loisir », comme les téléviseurs à haute définition (HD), semble peu utilisée -voire peu connue - des aînés.Sur une quarantaine de personnes interrogées, une seule avait un téléviseur HD, mais sans diffusion HD! En conclusion, plus les aînés comprendront comment la technologie peut leur faciliter la vie, plus ils auront le goût d’en profiter.Au risque de devenir dépendants! Carole Demers Mai 2008 La Quête - Réalisons l'espoir 11 Archives Internet «&&***»?WM «§s A l'heare PHENTEX Bien que nous soyons en 2008, j’ai parfois le sentiment d’appartenir à un autre siècle.Celui des ombrelles et des dentelles.Je n’aime pas particulièrement tous les machins trucs que la nouvelle technologie nous offre, mais je peux dire que j’en utilise un peu.Tout a commencé lorsqu’au travail, dans les années 80, les télécopieurs sont arrivés.Avant, nous avions le bon vieux courrier où nous recevions les demandes pour la journée.S’il y avait urgence, le client utilisait un service de messagerie.Lorsque le télécopieur est apparu, les demandes arrivaient jusqu’à 17h.Puis, s’impose l’ordinateur personnel à deux disquettes, l’une pour le programme et l’autre pour les données.Ça prenait un expert en Dos ou MS dos, le dernier ne courant pas les rues.Aujourd’hui, j’utilise un Mac, un cadeau de mon fils.Nous ne nous parlons presque plus au téléphone.Nous utilisons le logiciel Skype pour le faire.Nous nous parlons et nous nous voyons en direct.C’est comme si la distance n’existait plus.J’ai hâte de pouvoir parler à mes petits enfants à distance; ils sauront qui je suis.J’utilise encore un vieux cellulaire, car il m’est bien utile.J’ai eu des pannes de voiture en pleine nuit et j’ai ainsi pu obtenir de l’aide.J’ai même eu un lecteur de DVD, il y a quatre ans.Afin de Tutiliser, je cherchais des DVD français ou anglais comme les vidéos pour me faire dire que tout était sur le même DVD.En bonne Québécoise, je me suis sentie un peu nounoune.Comme je ne regarde pratiquement jamais la télé, j’ai une 12 pouces et j’y tiens.À l’occasion d’une fête, à l’époque, j’ai vu sur un mur un gros cadre noir et j’ai demandé ce que c’était?À ma grande surprise, je me demandais qui entrait dans le téléviseur.J’entends même parler de HD, ai je bien compris.On parle encore de haute-fidélité comme mon grand-père le faisait autrefois.J’ai un four micro-ondes.Ah ça je ne m’en passerais pas! Là encore, je me sers que du même bouton, le reste étant trop compliqué ou alors je n’ai pas le temps de l’apprendre.Il n’est pas question que je change d’ou-vre-boites, c’est toujours le manuel.LE NÉCESSAIRE DOSAGE Suis-je obligée d’avoir une voiture qui n’aura que des vitres électriques?Moi, j’aime le plaisir de monter ou de descendre la vitre de ma portière.Je m’ennuie même de petites vitres en triangle que nous pouvions ouvrir avant la grande vitre.La radio de ma voiture me fâche souvent, car lorsque je pèse sur le mauvais bouton, je perds mon poste préféré et je dois tout reprogrammer.Quelle merde! Les mennonites vivent et réussissent tr ès bien leur vie et dans la vie sans la technologie.La technologie nous a permis d’améliorer nos vies et même de les prolonger.Mais il faut savoir doser toute bonne chose.Le jour où je pourrai aller visiter mes petits enfants sur la Lune où ils se seront installés avec leur progéniture, je ne priverai pas de la technologie.J’irai même les voir jusqu’à Pluton où je leur tricoterai des pantoufles.En laine Phentex, bien sûr.Manon Alarie 12 La Quête ¦ Réalisons l’espoir Mai 2008 -¦ - -ifWir r Photo Pascal ANALPHABÈTE DES TEMPS MODERNES Je suis devenu analphabète ou presque.Pourtant, j’ai un bon degré de scolarité.De plus, j’ai travaillé en éducation pendant 39 ans.J’ai enseigné 21 ans.J’ai pratiqué le métier d’éducateur spécialisé pendant quatre ans tout en suivant le cours qui menait au diplôme.J’ai occupé le poste de directeur des études et des loisirs pendant huit ans au Patro St-Joseph Artisan d’Amos où logeaient 200 étudiants qui fréquentaient l’école de métiers.Je pourrais citer aussi mes études de 1965 à 1980 presque à plein temps.En quoi suis-je devenu analphabète?Dans les nouvelles technologies et les moyens utilisés aujourd’hui.On ne parle que de site Web, d’Internet, de courrier électronique ou de courriel.Je ne connais rien de ces nouveaux moyens de communication.Je sais qu’ils ne disparaîtront pas de notre société actuelle.Au contraire, ils vont se développer.Heureusement, les jeunes dans les écoles, même au niveau de la maternelle, apprennent à se servir des ordinateurs.Bravo.J’ai vécu une expérience qui aurait pu être traumatisante au niveau des premières années du primaire.A la retraite, j’ai servi de bénévole à l’école où j’avais enseigné pendant 16 ans.Il s’agissait de leur faire faire des exercices à l’ordinateur.J’ai préparé mes exercices.Je ne pouvais pas leur dire quoi faire, comment ouvrir les ordinateurs.J’ai choisi quatre élèves brillants dans le domaine.Je leur ai dit qu’ils étaient mes aides-professeurs.Ils ont été flattés, même Pascale qui a pleuré.Pourquoi?En aidant les autres, elle manquait de temps pour elle.Je lui ai diminué sa tâche.Les larmes ont été séchées assez vite.Je suis inquiet, mais pas pour moi, car j’ai une experte en mon épouse, deux experts en mon fils et en un ami.Les concours, les informations, allez voir le site Web, Internet.Voilà la limite pour moi et certainement pour d’autres personnes aussi.J’ai de l’aide.Mais je viens de faire une expérience désagréable : j’avais à commander un appareil au téléphone.Non pas à une personne humaine, mais à un appareil qui enregistre notre commande.Presque deux heures et sans succès.Blocage à une question répétée une dizaine de fois.Cela ne fonctionne pas.C’est un ami qui m’a réglé le problème.Merci à Georges.Alcide Labrecque André Premont Jacques OPTICIEN 460, rue St-Joseph est, Québec (Québec) G1K7Y1 (418)529-9351 Lunettes ¦ Verres de contact • Examen de la vue par optométriste Mai 2008 La Quête ¦ Réalisons l'espoir 13 Robert Maltais CLuefsiècle merveiffeuyt l Le XXIe siècle.Que voilà un siècle merveilleux n’est-ce pas?Une époque dorée où l’être humain peut enfin se reposer, en bénéficiant d’outils technologiques qui lui facilitent grande ment, en principe, l’existence.Des êtres humains qui peuvent aussi compter sur une bureaucratie, de plus en plus bureaucratisée il est vrai, mais néanmoins au service du bien commun, jour et nuit, nous assure-t-on.——-¦— -mm N’est-ce pas fantastique en effet, que nous ayons maintenant accès à la planète entière du bout des doigts, à partir de notre ordinateur?Il suffit d’un petit clic sur le clavier pour vivre, virtuellement, d’informations et d’images qui nous parviennent de par le vaste monde.Un voyage planétaire assuré, sans qu’on ait besoin d’avancer d’un seul pas ou de bouger même le gros orteil, bien assis confortablement dans notre chaise.Chose impensable il y a à peine quelques années, nous pouvons même, à partir de ce génial ordinateur, effectuer des transactions financières, comme payer nos comptes par exemple, bien que certains jours on s’en passerait volontiers.Et ce n’est là qu’un des aspects des bienfaits de la technologie moderne.Microondes, téléphonie cellulaire, cinéma maison, autos hybrides, IPod, CD, jeux vidéo, walkman, films en 3D, téléenseignement, télétravail et j’en passe.La science n’est pas en reste non plus : cœur artificiel, bébés éprouvette, station spatiale internationale.L’explosion technologique est tellement présente dans nos vies de petits terriens qu’on dirait que l'homme d’aujourd’hui - et bien sûr la femme - sont branchés de partout, des kilomètres de fils émergeant de leur cerveau.Conséquences : nous vivons de plus en plus isolés physiquement les uns des autres, enfermés dans nos petits cocons et dans nos têtes.L’amour, le sexe et la danse en ligne sont en train de devenir seulement virtuels, c’est-à-dire désincarnés.CES PETITS CAUCHEMARS Nous sommes aussi en mesure, sans même sortir de chez soi, de joindre quelques bons offices de notre gouvernement pour bénéficier de l’assistance de l’un de ses dignes ministères.C’est justement là que le plaisir commence.Comme la vie n’est pas toute peinte en rose, les avancées technologiques et bureaucratiques de l’humanité ont parfois des dimensions cauchemardesques.Je présume que vous avez déjà eu un jour le déplaisir, tout comme moi, d’avoir affaire à notre charmante bureaucratie.Tout a sans doute commencé avec un simple formulaire de ceci ou de cela à remplir, ou des renseignements à de- mander à quelque jovial employé de notre dévouée fonction publique.C’est à partir de ce moment mémorable que vous avez été appelé à voyager, bien malgré vous, dans les méandres bureaucratiques, vous promenant d'un préposé, d’un service, et d’un édifice ou qui sait d’une ville à l’autre.Un sidérant voyage commandité par l’Etat.Plus charmant encore, vous avez eu affaire à l'un de nos incontournables ministères du Revenu.pas celui du gouvernement, mais le vôtre.Ici, votre déplaisir se sera vite transformé en chagrin tout court.Vous avez ainsi appris que c’est finalement vous qui aurez à payer l’addition, en correspondance, appels téléphoniques, formulaires et surtout en impôts.Pas de discussion possible, madame, monsieur, vous devrez acquitter tout solde dû dans un court laps de temps, sans égard à son importance, ou ce sera la saisie de votre salaire, de vos biens ou mieux encore de votre peau.Comme quoi, avec l’État, on ne rigole pas.Or, on ne s’étonnera pas si certains d’entre nous rêvent d’exils.D’un pays sans bureaucratie ou d’un retour à la terre -n’ayez crainte nous ne sommes pas fous! — où la vie serait modulée non pas par la haute technologie, mais par les levers et couchers du soleil, le va-et-vient des marées, le temps qui s’écoule lentement et les échanges humains, bien incarnés, avec nos semblables.14 La Quête - Réalisons l’espoir Mai 2008 Lorsque vient le moment où demeurer chez soi est impossible pour une personne agee en perte d’autonomie, les difficultés liées à la bureaucratie ne sont pas toujours les bienvenues.DEPENDRE DE IA BUREAUCRATIE Photo Pascal Huot « Parfois, j’ai eu l’impression que le côté humain était oublié », témoignent Louise et Andrée qui ont toutes deux eu à s’occuper d’un parent hospitalisé.Cette situation est l’une des principales difficultés du système pour le moment.« Il y a presque une centaine de personnes qui sortent du milieu hospitalier chaque jour.Le défi, c’est de réussir à travailler en continuité.La communication entre les différents services et les hôpitaux doit être adéquate », explique Marie Simard, directrice du soutien à domicile pour les Centres de santé et de services sociaux (CSSS) de la Vieille Capitale.À la suite d’une hospitalisation, l’état de la personne âgée est évalué par un ergothérapeute et un travailleur social.Ceux-ci déterminent sa capacité de se déplacer, de réaliser les gestes du quotidien et de prendre soin d’elle-même.Si c’est nécessaire, elle sera dirigée vers un centre de soins de longue durée.« Lorsqu’on travaille avec le privé, généralement il n’y a pas d’attente, on fonctionne avec les chambres qui sont libres.Ça se complique lorsque la personne doit se rendre au privé parce qu’elle est sous curatelle ou n’a pas les moyens de s’établir au privé », explique Louise Bisson, conseillère en hébergement pour les personnes âgées au sein de l’Organisme d’orientation des personnes âgées en hébergement du Québec (OPAHQ).En effet, pour une place dans le système public, l’attente est plus longue et la personne qui fait la demande doit nécessiter plus de deux heures de soins par jour.« Cette règle est là pour réduire la demande.Par contre, même ceux qui ne sont pas éligibles peuvent avoir besoin d’encadrement.De plus, on doit prévoir pour ceux qui ont une maladie dégénérative », ajoute Mme Bisson.Fauteuils roulants et autres Le prêt de matériel peut aussi causer certains problèmes.C’est le parc d’équipement régional d’aide technique qui fournit les chaises ou les lits dont auront besoin les personnes qui se dirigent vers un centre de soin.« Il peut y avoir certains délais lorsqu’on fait une demande au parc.En général, les CLSC sont en mesure de prêter du matériel pour une urgence ou de faire une location ailleurs.C’est assez rapide, mais il faut compter entre 24 et 28 heures », explique Mme Simard du CSSS de la Vieille Capitale.Andrée se souvient d’avoir eu de la difficulté, à la sortie de l’hôpital de son père, pour lui obtenir un fauteuil roulant : « C’était un vendredi, il ne pouvait pas marcher et il était en dialyse.Ça a tout pris pour avoir une chaise au CLSC».À ce sujet, Marie Simard explique que les CLSC sont souvent mal pris, surtout lorsqu’une personne est hospitalisée pour un problème physique.« Nous devons faire des cueillettes d information, tenir compte de l’environnement vers lequel la personne se dirige, de ses problèmes et de ses besoins avant de fournir de l’équipement », ajoute-t-elle.Familles « Je ne comprends pas comment une personne peut arriver à s en sortir dans le système tout seul.Il faut apprendre com- ment ça fonctionne », pense Andrée qui croit que ce n’est pas l'idéal quand, en plus, la personne concernée est désorientée et arrachée de son monde.Pour Louise Bisson, c’est pour prévenir l’angoisse que son lien avec les personnes âgées est plus direct.« Il y a peu de paperasse lorsque je suis rendue auprès d’une famille.Il faut beaucoup de relations d’aide, surtout si la personne qui se rend dans un centre de soins a une maladie dégénérative et n’est plus tout à fait lucide », de répondre Mme Bisson.À ce sujet, Marie Simard confesse qu’au moment de placer un aîné, beaucoup d’informations sont données et souvent à des personnes en état de choc.« Il faut répéter, partout et tout le temps.Les gens sont anxieux, se posent des questions et oublient des choses », conclut-elle.Enfin, quelques erreurs et inconvénients surviennent parfois.« Je comprends que les personnes des CLSC et des CHSLD ont les mêmes horaires que moi et qu’elles doivent me rejoindre au travail.Par contre, je trouve beaucoup moins drôle d’aller déplacer notre parent de l’hôpital pour l’amener vers le centre d’hébergement et, qu’une fois là-bas, on ne soit pas prêt à le recevoir, car on n'a pas le dossier parce qu’il est toujours au CLSC », raconte Louise au sujet de sa mésaventure.« Je n’ai pas ri quand j’ai vu qu’on ne savait quoi faire avec elle, comment s’occuper d’elle dans son état, ni quels étaient ses traitements».Marie-Hélène de Cardaillac La Quête - Réalisons l’espoir Mai 2008 15 - lu-;.- , - - - Photo Marie-Hélène de Cardaillac URGENCE ENTREE AaïTDIMB ûU /'jtjr Ifi rAPTiA-t iki Ê’»l•» «1* crvu* II* J **¦ «g (funfiinifMi Mir* l*w* W Trmr** « *àm If» n 4* ¦¦ iÿ|i www.cnt.gouv.qcca * * .1 " iU MwnleAwl |__ S' A »7rJ 7WI A.iw< h 4jv KJuAlf-*- U«> » 1 êé»à ÎA4.! g j i Quebec » » Mai 2008 La Quête ¦ Réalisons l’espoir 19 AU DIABLE IA PAPERASSE Des gens qui se parlent.Des gens qui s’entraident Dans le milieu communautaire québécois, c’est l’humain qui prime.Loin de l’habituelle paperasse et des messages enregistrés, dans le monde des ressources d’aide, on se parle face-à-face.Les centres d’aide sont un des rares endroits dans la société où on ne se heurte pas à une bureaucratie écrasante.\ « Moi, petit J'ai fait plein de centres d'accueil.Aujourd’hui, j’habite dans une maison de chambre et je travaille à temps partiel à la soupe populaire, confie Yannick Parent un jeune adulte de 22 ans.Je vais devoir être suivi toute ma vie par des intervenants.Je ne pounui jamais travailler dans des emplois comme tout le monde.Mais, je ne me suis jamais senti seul ou abandonné par les intervenants.Il y a toujours eu quelqu'un qui m’a donné les bons outils pour avancer.Je n’ai jamais eu besoin d’aller bien loin pour trouver des conseils ».L'endroit où travaille Yannick c’est le Café Rencontre.Une soupe populaire du quartier Saint-Roeh où l’on ne sert jamais moins de 250 dîneis par jour.Cet organisme accueille des gens défavorisés qui sont à la recherche d’un peu de chaleur humaine et de quoi se remplir la panse.Mais le Café Rencontre est plus qu’une cantine.Les gens qui s’affairent à préparer les repas font partie d’un programme de réintégration sociale.Ils sont suivis par des intervenants et y trouvent le soutien dont ils ont besoin pour retrouver une vie équilibrée.Quatre intervalants sont présents sur les lieux pour jaser ou pour repérer les gens qui sont en situation de crise.UNE OREILLE ATTENTIVE Bien que les clients y viennent pour manger la cuisine de l’ancien chef du Château Frontenac, Georges Galameau, les clients savent qu’une oreille attentive est à leur disposition au cas où ils en auraient besoin.Malgré que tous travaillent fort, les sourires fusent de toute part dans ce grand endroit Les clients donnait l’impression d’apprécier sincèrement les intervenants.La relation semble étroite, intime et chaleureuse.Une tape dans le dos, un sourire, un rire franc et beaucoup de compassion.« Entre les ressources il y a une bonne communication, explique Ghislaine Godin directrice adjointe du Café Rencontre.La plupart des gens qui travaillent pour des organismes d’aide se connaissent ce qui facilite les rapports.Ici, au Café Rencontre, si un des bénéficiaires requiert une aide particulière, il y a toujours quelqu’un pour le dinger et l’accompagner.Ce n’est pas rare qu’un intervenant accompagne un bénéfi ciaire au CLSC, par exemple.À mon sens, il n’y a pas de bureaucratie dans les centres d’aide.Du moins, pas pour les bénéficiaires.Les gens se parlent face-à-face.Le côté humain est pn-mordial, pour nous et pour eux.» La papaasse c’est pour ceux qui ont le temps.« Quand quelqu’un est en crise ou à des idées suicidaires, ce n’est pas le temps de lui demander de remplir un formulaire, il a besoin de parler à quelqu’un », exprime Vanessa Royer, intervenante à Info-Jeunes.Les multiples centres d’écoute sont présents pour diriger les individus vers les bonnes ressources.Celles qui sont adaptées à leurs besoins.Lamie Grenier J’hoto'taurii Grenier L’équipe du Café Rencontre centre-ville \cvV 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 1 B E A U P O R T R O T T O I R E G I N A 2 A S T R O N A U T E V A N O U I S L A M 3 I N T E N D A N T U L I P E D 1 F 1 C E 4 L O U P O R T R O Y A L A V 1 G U E U R 5 L 1 L A S E M O N C E R 1 N G A N I) H 1 6 A L P H A B E T H O M A S A R R A S I N 7 1 R L A N I) A I S A B B A T R 1 B O R D 8 R E M P A R T S I M O N S O U V L A K | 9 G A R N I S O N U S A I N T P I E R R E 10 E D I T O R I A L O U I S C O R P I O N 20 La Quête - Réalisons l’espoir Mai 2008 Martine Corivault Quand fa téaende émane de f'Histoire L'histoire adopte la couleur de celui qui la raconte.Des humains la vivent et la font, alors l’importance des faits s’impose.Mais à qui se fier quand les sources les plus.sûres comportent leurs propres biais?»J|1" '¦ Qui se soucie des mérites réels de Samuel de Champlain comme fondateur du premier lieu francophone habité en permanence au pays?Les historiens.Vous et moi savons que les fondateurs de notre monde sont ceux qui restés ici et que leur vie a été une aventure exceptionnelle.Prenons cette histoire racontée par l’his-torienne Marjolaine Saint-Pierre dans un ouvrage paru en 1999 chez Septentrion : Saint-Castin, baron français, chef amérindien, 1652-1707.Déjà accoler les quatre mots au nom du personnage intrigue, mais l’homme a bien existé.Issu de la petite noblesse du Béam, pays de Henri IV, il quitte la France adolescent, affecté comme officier porte-drapeau au Régiment de Cari-gnan-Salières.L’historien américain Francis Parkman prétend qu’il reste ensuite en Canada, mais Mme Saint-Pierre croit qu’il retourne en France et re vient, en 1670, avec le Chevalier de Grandfontaine pour réoccuper l’Acadie après le traité de Breda.Les guerres européennes touchent les colonies que se disputent les rois du temps.Notre jeune baron se nomme Jean Vincent d’Abadie.En poste avec M.de Chambly au petit fort français de Pente-goet, en territoire d’Acadie, il échappe à une attaque des Bostonnais qui capturent le commandant du fort.À 15 ans, il dé- couvre la vie libre et dure en forêt et se joint aux Abénakis du grand chef Mado-cawando.Selon ses propres mots, il a succombé à la faiblesse qu’il a pour les femmes, mais, sommé de se ranger pour rentrer en grâce devant les Français, il épouse « devant l’Église » une des deux filles du chef et a une dizaine d’enfants qu’il fait baptiser, inscrivant même un de ses fils au Séminaire de Québec.UN PROTÉGÉ DE FRONTENAC Il récolte prestige et autorité auprès des amérindiens, mais aussi, crainte, haine et jalousie de ceux de sa race, Français, Anglais et Hollandais.La vie de ses enfants sera aussi mouvementée que celle de leur père, pourtant ignoré par l’histoire officielle.Français malgré sa vie amérindienne, Jean-Vincent devient le protégé de Frontenac qui a besoin d’un comparse sur la côte sud-acadienne qui couvre alors une partie du Maine actuel.Le baron sauvage règne sur la forêt et la côte.Il commerce les fourrures, soulève la haine des Anglais jusqu’à Boston et l’envie de ses concurrents jusqu’à Paris.Il veille lui-même à ses intérêts alors que pirates et corsaires sont parfois mandatés par les États pour nuire à leurs voisins.Saint-Castin trouve sa place entre puritains et royalistes anglais, hollandais ou français, huguenots, protestants, catho- liques et les tribus indiennes que tous tentent d’utiliser pour leurs basses œuvres.11 joue, gagne parfois et perd souvent; cible de choix pour les uns et les autres, il reste entêté et fier, mais sait négocier sa liberté.Puis, il part en France voir aux intérêts familiaux dont il avait abandonné la gestion au man de sa sœur.Les choses ont changé et son notaire de beau-frère étire tellement les procédures que le baron, désabusé, rentre en Acadie où il meurt à Port-Royal, en 1707.L’histoire retient son nom en Nouvelle-Angleterre où la petite localité de Castine lui rend hommage.En France, on a oublié les Saint-Castin et au Canada, après la troisième génération, la descendance est assurée par les filles à travers les Saint-Pierre (dont la famille de l’auteur du livre), Robichaud, Deschênes, Bris-set, Thivierge, Bélanger, etc.Aucune relation directe entre le baron de Saint-Castin et le Manoir du Lac Beau-port.Mais la demoiselle de Beaumanoir séquestrée par l’intendant Bigot dans le roman de William Kirby, Le Chien d’or, pourrait être Caroline, la petite-fille de Jean-Vincent d’Abadie, baron de Samt-Castin.Au cœur d’une légende, l’histoire du baron et de sa famille reste une formidable saga d’aventures.Et vous quel livre avez-vous lu qui vous donne envie d'en parler ?Décrivez-nous en quelques lignes votre coup de cœur en insistant sur ce que vous avez surtout aimé chez l'auteur.C'est pour ceux qui lisent que les livres paraissent alors, oubliez les grands critiques et donnez-nous votre opinion à vous.LA QUETE aimerait la publier.Vous nous écrivez par la poste a : Mon ivre a moi, Journal La Quête, 190 Saint-Joseph Est, Québec, G1K 3A7 ou, par Internet à : laqueteiournal@yahoo.ca ou encore par télécopieur au.649-7770 Mai 2008 La Quête ¦ Réalisons l’espoir 21 L’APPEL DEM r Malgré un problème de surdité, il >» entend l’appel de la musique.i Photo Pascal Huot Certaines expériences chavirent l’instant présent et affectent la vision de notre avenir.Au détour du chemin, Pascal Gauthier a plongé dans ce sentier qui l’a mené à composer son premier disque dédié à son amour pour Jésus-Christ.Originaire de Jonquière, Pascal Gauthier est Rimouskois d’adoption.Depuis la naissance, il souffre d’une perte de plus de 50 % de l’audition.Sa surdité constitue une seconde épreuve pour la famille, car sa sœur plus âgée porte le même problème héréditaire.Diagnostiqué vers l’âge de trois ans, il doit porter des appareils auditifs au début de la maternelle.Puis, à l’adolescence, pour ne plus être différent des autres, il cesse de les porter jusqu’au secondaire III où il doit recommencer, car il n’arrive plus à entendre les professeurs et la lecture sur les lèvres ne suffit plus.Angoisse et solitude, cette période fut douloureuse puisqu’il a dû vivre avec les regards et les questions des autres élèves à qui il avait réussi à cacher son secret.Source de réconfort, Pascal Gauthier est initié à la musique dans son enfance.Sa première arme fut peu commune, ayant commencé dès l’âge de quatre ans à jouer de l’accordéon, instrument qui se pratiquait du côté maternel.Vers 13 ans, son père lui fait cadeau d’un orgue et à 17 ans, il reçoit sa première guitare acoustique, instrument qu’il affectionne plus particulièrement pour la composition.À l’âge de 20 ans, un nouveau bouleversement survient dans sa vie : le cancer emporte son père seulement âgé de 49 ans.Pour Pascal Gauthier commence alors une recherche spirituelle : AGAPÈTHÉRAPIE « Moi, avant, je croyais comme tout bon catholique, mais pas plus que ça.Après la mort de mon père, je me suis posé des questions pas mal.Je suis tombé malade aussi.Ça pas vraiment bien été dans ma vie [.] puis à un moment donné [à 27 ans] je suis allé à Cacouna faire une Aga-pèthérapie au Cénacle ».Il résume ainsi l’expérience : « Une Aga-pèthérapie, c’est à peu près six jours de temps, quasiment en silence; c’est des prières.[.] Il y a vraiment des libérations qui se font là, les gens pleurent, puis il y a des guérisons aussi physiques, mais surtout intérieures.[.] C’est là que je me suis converti au Christ.» L’Agapèthérapie, dont le berceau se trouve au Cénacle de Cacouna, se veut une guérison des traumatismes de la vie par l’Amour de Dieu.Cette thérapie l’a menée à ouvrir son cœur : « C’est ça que j’ai appris, à m’ouvrir le cœur [.].Je n’étais pas capable d’aimer, avec la blessure que j’ai eue avec la mort de mon père, puis le rejet que j’ai eu à cause de ma surdité.Cela a fermé mon cœur puis, avec le Cénacle, on dirait que j’ai ouvert mes horizons ».Aujourd’hui, il veut transmettre son expérience d’amour par la musique.Son premier album est composé de chansons de style ballade populaire et country folk, dont le message tire son essence de la chrétienté.Pour en savoir davantage sur l’œuvre musicale de Pascal Gauthier, vous pouvez vous rendre au :http://pqm.net/pas-calgauthier.Pascal Huot LS flMjfll Q49 3ième Avenue?Québec, Limoilou, ïï 529.3829 3 22 La Quête - Réalisons l’espoir Mai 2008 0928 L ’essai en question Par Pascal Huot L’essai québécois est au coeur du mode de diffusion de la réflexion d’un auteur.Ainsi, son champ de publication fait flèche de tout bois, du politique à la culture, en passant par les autochtones et les montés de lait personnel.Voyons un peu si vous savez qui pense quoi et qui fait quoi.1.Qui a écrit le livre Option Québec?a.Jean Lesage b.René Lévesque c.Jacques Parizeau d.Lucien Bouchard 2.Avec quel autre anthropologue Serge Bouchard signe-t-il les ouvrages sur les Lieux communs?a.Claude Bariteau b.Pierre Falardeau c.Bernard Émond d.Bernard Arcand 3.Lequel de ces titres n’est pas de Pierre Vallières?a.Nègres blancs d’Amérique b.L’urgence de choisir c.Pour prendre publiquement congé de quelques salauds d.L’exécution de Pierre Laporte 4.Qui est l’auteure de Pour en finir avec la modestie féminine?a.Nicole Brossard b.Pascale Navarro c.Lori Saint-Martin d.France Théoret 5.À qui doit ton la publication d’une anthologie des Grands textes indépendantistes?a.Andrée Ferretti et Gaston Miron b.Jean Hamelin et Jean Provencher c.Bernard Genest et Camille La-pointe d Jacques Godbout et Richard Martineau 6.Lequel de ces essais sur la littérature québécoise est de Gilles Marcotte?a.Histoire de la littérature québécoise b.Entrée en matière(s) c.Contre-voix d Une littérature qui se fait 7.Quel ethnologue a fait paraître un ouvrage sur Les zouaves de Québec au XXe siècle?a.Diane Audy b.Martine Roberge c.Jean Simard d.Madeleine Pastinelli 8.Qui a publié plusieurs livres issus d’entretiens avec des auteurs contemporains?a.Victor-Lévy Beaulieu b.Pierre Nepveu c.Jean Royer d.Dany Laferrière 9.Quel titre est d’André Laurendeau?a.Raisons communes b.Les insolences du Frère Untel c.Le monde sur le flanc de la truite d.Pour une éthique urbaine 10.Qui est l’auteur de Nous autres icitte à l’île?a.Marius Barbeau b.Luc Lacourcière c.Pierre Perrault d.Serge Gauthier Solutions : 1-b; 2-d; 3-c; 4-b; 5-a; 6-d; 7-a; 8-c; 9-b; 10-c Interprétations : 7-10 : Bravo! Vous avez fait plus qu’essayer, vous avez passé le test au la main! 4-6 : Bon nombre d’essais se publient par année, il n’est pas possible de tout lire, néanmoins vous avez la richesse d’une bonne connaissance de ce qui se fait dans ce genre littéraire.0-3 : C’était un bon essai! Mai 2008 La Quête - Réalisons l’espoir 1 23 GOMMENT CHOISIR S' Dans la vie, on a parfois l'occasion de choisir, mais souvent, très souvent, on n’a pas le choix.On ne choisit pas de naître.On ne choisit pas ses parents, ses frères, ses sœurs.On ne choisit pas la maladie, même si parfois on court après elle.On ne choisit pas le climat, ni les températures qui viennent avec lui.On n’a pas le choix tout le temps, sur tout.Et on ne choisit surtout pas le moment ni la façon de mourir.Mais il y a plusieurs choix qu’on peut faire dans la vie.On peut, par exemple, choisir d’être heureux quoiqu’il arrive.Ce n’est pas en critiquant tout le monde tout le temps et en n’étant jamais content de son sort qu’on y arrivera.On peut choisir de bien vivre le moment présent sans toujours regretter ce qui est passé et mal anticiper ce qui va arriver.On peut choisir de se contenter de ce qu’on a, sans toujours envier les voisins et essayer de concurrencer tout le monde.Ça ne veut pas dire de ne pas avoir d’ambitions.On peut en effet choisir aussi d’améliorer son sort, mais pas à n’importe quel prix ou quelle condition! On choisit sa nourriture à l’épicerie du com, même si ne n’est pas toujours facile à cause du très grand nombre de variétés et de marques de toutes sortes.On doit choisir en fonction des moyens qu’on a de payer ce qu’on achète.C’est vrai pour les vêtements, la voiture, la maison, etc.: on n’a pas toujours tous les choix qu’on voudrait avoir, mais on peut choisir selon ses goûts, ses moyens.On peut choisir ses vacances selon ses préférences et ses capacités tant physiques que financières.On peut choisir un certain nombre de spectacles.Le coût prohibitif de certains d’en rend cependant ce choix très limité.LE LIBRE CHOIX En démocratie, oh peut même choisir de se proposer à un poste de direction au scolaire, au municipal, au provincial, au fédéral ou tout simplement dans un organisme communautaire.Si on ne veut pas s’impliquer soi-même, on a le choix de voter pour les candidats qu’on veut.On peut choisir ses représentants, on peut même choisir de les critiquer quand on n’est pas satisfait des décisions qu’ils prennent.On peut choisir ses loisirs en fonction de sa santé, de ses goûts et de ses moyens financiers.On a beaucoup de choix à faire dans une vie.Chacun le fait à sa façon.Le comment dépend d’une foule de facteurs qui varient d’un individu à l’autre.Il est toujours difficile de critiquer le choix de quelqu’un sans être dans ses souliers.Chacun peut choisir ce qu’il veut, quand il le veut et quand il le peut, et surtout comme il le veut.Réal Quintin 125, Bout.René-Lévesque Ouest I angle Cartier 649*7455 Collectivement pour un monde Centrale des syndicats du Québec @ CSQ www.csq.qc.net MORIN DESROCHERS BEAULIEU Comptables agréés sinc Bernard Morin, CA bmorin@mdbca.ca 706, rue Saint-Joseph Est Bureau 200 Québec (Québec) G1K 3C3 Tél.(418) 692-1077 Téléc.(418) 692-2953 24 La Quête ¦ Réalisons l’espoir Mai 2008 ¦sa m * u IIi| W&M.CArchipel d'Entrafde et le magazine Ca Quête sont fiers de s’associer à Caubertvlère pour ses Z5 ans _ au service de la population de Québec Dossier spécial lauberivière BIEN PIUS QU’UNE SOUPE POPULAIRE!!! ^ La Maison Lauberivière a fait du chemin depuis son ouverture en 1983.Elle célèbre un quart de siècle d’aide à la communauté.Saviez-vous qu’elle est un modèle dans son domaine?Aucun autre organisme communautaire n’offre autant de services aux gens dans le besoin.Elle est aussi la plus importante maison de ce genre dans l’Est du Québec et plus du tiers de sa clientèle provient de l’extérieur de la ville.« La Maison est devenue beaucoup plus qu’une soupe populaire », défend Mme Chantale Dugas, directrice générale.Elle ajoute « qu’à la Maison de Lauberivière, nous ne faisons pas qu’offrir le poisson, nous enseignons comment le pêcher ».En effet, la Maison offre annuellement plus de 154 000 repas à la soupe populaire, 15 800 nuitées d’hébergement, 2700 jours de présence au secteur réinsertion sociale, 2160 admissions au secteur dégrisement, et plusieurs autres services comme le comptoir vestimentaire, le logement assisté et le secteur fiducie.Mme Karine Côté, coordonnatrice aux communications de la Fondation Lauberivière, certifie que « c’est plus de 5 000 personnes qui fréquentent annuellement Lauberivière.» La grande force de la Maison est sa conviction profonde de vouloir aider les gens à s’en sortir.Sa mission est d’offrir des ser- vices qui permettent aux gens dans le besoin de trouver une solution à leur situation et, si possible, de les aider à retrouver leur autonomie.Après la Maison Saint-Joseph Il faut se rappeler que de 1947 à 1977, c’est la Maison Saint-Joseph, dirigée par l’Ordre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu qui répond aux besoins des gens de milieux défavorisés en leur offrant hébergement, nourriture et un endroit pour se laver.Plusieurs expériences sont tentées pour leur venir en aide, mais les solutions s’avèrent difficiles ou temporaires et souvent de courte durée.À la suite de ces événements, un comité provisoire est fonné pour examiner différents scénarios.En 1983, avec l’accord de l’Archevêché, le comité provisoire fait appel à une quarantaine de communautés religieuses de Québec en sollicitant leur participation pour la mise sur pied d’une maison de refuge.Ces communautés ont acheté l’Hôtel Château Champlain et ont investi des fonds pour la transformation de la bâtisse maintenant devenue la Maison Lauberivière en l'honneur du cinquième évêque de Québec, Mgr François-Louis Pourroy de Lauberivière.L’évolution 1983- La Fondation Lauberivière est crée dans le but d’assurer la continuité de la Maison, c’est Sœur Louisette St-Hilaire qui est directrice générale jusqu’en 2000.A l’ouverture officielle, La Maison Lauberivière, offre des services de base, soit se loger et se nourrir, incluant un endroit pour se laver.C’est le Frère Raymond Tremblay qui occupe le poste de directeur général jusqu’en 1997.1985- Mise sur pied d’un service d’intervention en alcoolisme et toxicomanie inspirée de la philosophie des AA.CHATEAU CHAMPLAIN HOTEL QUEBEC CANADA (à • «r 8*8 »! 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