La Quête : journal de la rue, 1 septembre 2008, Septembre
No 105, septembre 2008 rue de Québec Le magazine de S V.P., n’achetez qu’au camelot portant une'carte d identification Prix 2$, 1S va au camelot.V V V V v v v ^ ‘ ^ ' v V V V V V vWWVVVVV V » * * ‘ % * PER Q-ISO CON •• •• • •• • •• •• • •• • •• •• • •• • •• •• • •• • •• • •• • •• • •• • •• • •• •• • •• • ••••.• • •• • •• • ••••• Desjardins Caisse populaire de Québec Saint-Jean-Baptiste.Vieux-Québec Depuis 1908, la Caisse populaire Desjardins de Québec joue un rôle important dans le développement économique, culturel et social du Faubourg Saint-Jean-Baptiste et du Vieux-Québec.Devenir membre, c'est contribuer à changer les choses dans notre milieu.Deux adresses, une seule Caisse : 550, rue St-Jean T : 418.522.6806 19, rue des Jardins F : 418.522.2365 www.desjardins.com/caissedequebec iommalre Mot de l’éditeur Textes demandés Pierre Maltais Éditorial L’été du 4001' Jacques T.Damais Dossier : Un avant-inOt dos tins L’île de nos rêves Martine Corrivault Des marées et des saisons Pascal Huot Celle qui dort Jacques T.Dumais ?* L’île du bout du monde Régis Tremblay Une belle race d’insulaires Robert Veillette Une beauté sauvage Jacques Samson La fois où j’ai eu l’air fou! Jacques Samson Trop de belles choses à Québec Alcide Labrecque -i L’oasis bien gardée Aude Brassard Une île loin d’être déserte Karine Limoges Mais où sont les Irlandais ?Laurie Grenier Un sculteur populaire Pascal Huot Mathieu Tremblay Chraalaao Un homme, une île, une bulle Robert Maltais Là Que Le réalise l'espoir Septembre 2008 3 votre opinion etvostOXtOS S.V.P.Magazine La Quête Mot de Véditem HLü>- ;v Chers lecteurs, j’espère que vous avez quand même passé un bel été malgré toute cette flotte.Qu’il est bon de décrocher du travail et de penser à autre chose quand on en a l’occasion! Ce que nous souhaitons à tous.A la faveur de la rentrée, nous désirons remercier tous ceux et celles qui ont répondu à notre invitation et qui nous ont envoyé des textes.Nous réitérons de nouveau cette invitation à tous nos lecteurs.Envoyez-nous vos textes! Qu’il s’agisse d’un texte d’opinion, d’un poème, d’une fiction, d’une critique, etc.Comme vous pourrez le constater dans ce numéro, nous avons réservé un espace, dans les premières pages de notre magazine, à l’intention de nos lecteurs et lectrices qui désirent donner leur opinion sur un sujet de leur choix (l’Opinion du lecteur).Profitez-en, nous aimerions vous publier! Une précision cependant : nous n’acceptons pas les textes de politique partisane, ceux ayant un caractère haineux ou raciste, les textes où l’on retrouve du sexe de façon implicite ou explicite ou encore des textes qui incitent à la violence ou à la consommation de drogues.Nous vous rappelons que vous devez être les auteurs de ces textes et que ceux-ci Quiconque souhaite voir ses textes publiés dans La Quête n’a qu’à nous les faire parvenir (500 mots maximum) avec photos ou dessins avant le 15 du mois en cours pour parution le mois suivant.Pour octobre 2008, nous parlerons du transport en commun à Québec.doivent être clairement identifiés par votre nom au complet.Vous devez nous fournir aussi votre numéro de téléphone qui demeurera confidentiel, mais qui nous permettra de vous rejoindre si besoin est.Votre texte ne doit pas comprendre plus de 500 mots.Tous les textes doivent nous parvenir avant le 15 du mois précédant la prochaine édition.La Quête traite d’un nouveau thème chaque mois, mais vous n’êtes pas tenus d’écrire là-dessus.Tout autre sujet peut nous intéresser.Vous pouvez nous faire parvenir vos textes par courriel à : laquetejoumal@yahoo.ca ou par télécopieur au : 418-649-7770 ou par la poste à : Journal La Quête, 190 rue St-Joseph Est, G1K3A7 ou encore venir les porter en main propre à nos bureaux.Dans un tout autre ordre d’idées, le thème de notre édition de septembre s’intitule : Un avant-goût des îles.Pourquoi un avant-goût?Eh bien, parce qu’il y a beaucoup trop de choses à dire à ce sujet et pas assez d’espace pour en faire le tour.Pas plus que nous ne sommes en mesure de parler de toutes les îles que compte le Québec.Nous avons donc fait un choix que nous vous présentons avec un grand plaisir.Bonne lecture à tous! Pierre Maltais Journal La Quête 190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone: 649-9145 Télécopieur: 649-7770 Courriel: laquetejournal@yahoo.ca ÉDITEUR Pierre Maltais ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette RÉDACTEUR EN CHEF Jacques T.Dumais CONSEILLERS À L'ÉDITION Martine Corrivault, Robert Maltais RÉVISEURS Jacques Dumais, Pierre Maltais ÉQUIPE DE RÉDACTION Aude Brassard, Martine Corrivault, Jacques T Dumais, Laurie Grenier, Pascal Huot, Karine Limoges, Jacques Samson, Régis Tremblay CHRONIQUEUR Robert Maltais JOURNALISTES PARRAINS Simon Boivin, Alain Bouchard, Pierre Couture, Robert Fleury.Michèle Lafferière et Isabelle Mathieu ÉCRIVANTS Manon Alarie, Oliviette Bélanger, Anne Dupéré, Rachel Élie, Pascal Huot, Mario et Hélène Lafortune, Marie Nassif, Jacques Pruneau et Robert Veillette CONCEPTION DE LA PAGE COUVERTURE François Laverdière.Pierre Maltais MONTAGE Les Impressions Stampa inc.Julie Duplanty LA CHANSON EN QUESTION Pascal Huot PUBLICITÉ Pierre Maltais PHOTOS DE LA PAGE COUVERTURE Pascal Huot PHOTOS Pascal Huot.Coll.IREPI, Huot-Tremblay, Pierre Maltais, Jacques Samson.IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA Inc.(418) 681-0284 La Quête est distribuée sur la rue au prix de 2 $, dont 1 $ revient directement au camelot.Dépôt légal 457621 Bibliothèque nationale du Québec Les propos tenus dans les pages de La Quête n'engagent que la responsabilité de leurs auteur-e-s La Quête est membre de la NASNA, l’Association nord-américaine des journaux de rue.Aagr/mentée AVDA lUEït _ x Tfa La Quête réalise l'espoir Septembre 2008 COURRIER DU IICTIÜB Les cloches Le son des clochers m’agresse.Serait-il possible de placer dans la conscience collective la non nécessité de faire sonner les clochers des églises?La pollution par le bruit dans les villes est infernale.Il me semble que le temps est venu pour les clochers d’être silencieux.N’ayez crainte de perdre un patrimoine essentiel.Le bruit du calme charmera vos oreilles.Dehors les professionnels! Dehors les professionnels et laissez-nous notre journal La quête! Vous, les ex-joumalistes du Soleil, n’avez pas le droit de nous voler notre droit de parole à NOUS, les DÉMUNIS.La Quête n’est plus le journal pour tous ceux qui ne trouvent pas ailleurs une place pour faire entendre leur voix.Toute bonne chose a une fin.Mario et Hélène Lafortune Réponse de l’éditeur.Olivette Bélanger La maison de Lauberivière La maison de Lauverivière célèbre cette année son 25e anniversaire d’existence.Il est de mon devoir en tant que cliente à la Soupe populaire de dire MERCI à toute l’équipe de Lauberivière qui m’accueille avec beaucoup de générosité et d’hospitalité.Merci au personnel Merci aux bénévoles Merci à la sécurité Et surtout un Gros Merci À nos bons Cuisiniers qui eux nous cuisinent de Bons Plats 365 jours par année! Je vous Aime Gros Comme Ça ! Souriez la Vie est un Party à la maison de Lauberivière.Marie Nassif h 049 3ième Avenue^ Québec, Limoilou, V 529.38291 Si vous lisez ceci présentement, c’est que le journal est encore pour ceux qui veulent faire entendre leur voix.D'ailleurs, c’est la première fois que vous nous écrivez.Continuez, on attend vos textes et ou vos opinions.Les professionnels (journalistes parrains) que vous mentionnez n’écrivent pas dans La Quête.Ils ne font que superviser ceux qui y écrivent.Toutefois, seul le rédacteur en chef qui est professionnel bénévole ainsi que 2 de nos chroniqueurs tout aussi bénévoles et professionnels écrivent régulièrement.La Le utile Enchantée Librairie du mieux-êtr 770 rué latjjfcjg» Mlp - '‘ W ê- WWïïÈfi | .7 Q Jpvj T '1 I Notre Mission La Quête est un magazine de rue.Il donne la parole aux démunis et à ceux qui veulent se faire entendre.La Quête veut aussi être de tous les débats sociaux, en particulier ceux qui touchent les personnes les moins favorisés de la société.Encouragez nos camelots sur les rues de la ville de Québec Sur la rue Cartier, la rue St-Jean.la rue St-Joseph, dans Saint-Sacrement et la traverse de Lévis CAMELOTS DEMANDÉS Payez-vous des extras et plus en devenant camelot pour le journal La Quête.Nous sommes à la recherche de camelots pour couvrir plusieurs secteurs de ta grande ville de Québec.Pour informations, veuillez nous appeler au 649-9145 Septembre 2008 La Qjlê[fi réalise l'espoir 5 Magazine La Quête Éditorial y V 'y: y- ESTRARDIHAIRE L’année du 400’ anniversaire de la ville de Québec n’est pas terminée, mais d’ores et déjà elle marque les annales de notre gros village.Des fêtes à profusion, chaque jour, particulièrement depuis le 3 juillet, ébranlent la léthargie urbaine.Les gens sont heureux, fiers, satisfaits de ce qu’ils voient et entendent.Ils n’ont que des superlatifs à accoler à tout ce qu’on leur présente, ainsi qu’aux parrains et aux organisateurs de l’événement.Les citadins de Québec méritent ce qui leur arrive.Ils ont été tellement humiliés en 1984 lors des fêtes du 450e anniversaire de la traversée de l’Atlantique par Jacques Cartier.On leur avait alors promis mer et monde.Ils n’ont eu droit qu’à un Vieux-Port, à quelques voiliers.Pour le reste, ce fut l’échec de ces fêtes d’amateurs à fort prix.A la veille du dernier Jour de l’an, une réédition de cette trahison était à craindre.Un grand spectacle erratique faisait suite à quelques années d’incurie et d’incompétence de la part de la Société d’organisation des fêtes du 400e.Des nominations politiques et une petite élite locale s’étaient de nouveau emparées d’un gros party.Des gens qui, comme d’habitude, connaissaient trop peu de choses dans la gestion des arts et des spectacles.Fraîchement élu depuis moins de deux mois, le premier magistrat Régis Labeaume voyait bien que 2008 s’acheminait vers un autre Québec 84.Alors, il recrute un allié d’hier, le directeur du Festival d’été international de Québec, Daniel Gélinas, pour sauver le 400e.Congédiements et démissions suivent pendant les semaines ultérieures.Le leadership, une coordination et une cohérence naissent enfin.Et cela donne des résultats tant au Carnaval qu’au tournoi international de hockey, et ce, jusqu’au jour thématique de juillet.Depuis lors, l’euphorie apparaît au menu quotidien.Le public a même l’impression qu’il y en a trop, parce qu’il ne veut rien rater.Les autobus généralement à moitié vides sont archibondés.Malgré plusieurs engorgements encore, la Vieille capitale, cet entonnoir, donne l’illusion qu’elle se convertit comme par nécessité au transport en commun.QUE DES SOURIRES! Parmi les foules indisciplinées qui dévalent la ville, on ne voit que des sourires, on n’entend que des commentaires élogieux.Soirée parfaite ici, prestation prodigieuse là, la Cité de Champlain, même les pieds dans la flotte, se donnent des airs paradisiaques.Le 400e a jusqu’à maintenant un effet thérapeutique certain sur les citadins.Mais cela ne doit pas atténuer leur sens critique.La perfection n’est pas de ce monde.Pensons au délire de qualificatifs plus-que-parfait des vétérans Richard Gameau et Alain Goldberg, lors du spectacle d’inauguration des Jeux olympiques de Pékin.Il s’agissait, au vrai, de trucages au pays de la contrefaçon.Dans une seule phrase chez nous, la diva Céline Dion énonçait trois fois le superlatif « extraordinaire » pour racoler son public.Ce dernier vibrait au même paroxysme devant la chanteuse.Est-ce à dire que l’achèvement est acquis, que l’amélioration n’a plus voix au chapitre à Québec?Le directeur général Gélinas devient un dieu.On oublie même qu’il a jeté aux orties / Opéra urbain, une pièce majeure du répertoire du 400e.Sans compter que 2009 pourrait réserver des surprises à propos de la présumée gratuité totale de ce Festival d’été d’une durée de 365 jours.Quant au maire Labeaume, le 400e constitue certes une invitation à sa réélection, l’an prochain.Le prétendant aura toutefois pris des risques inouïs pendant plusieurs mois en provoquant systématiquement et inutilement les employés de la Ville.Ce n’est pas en négociant devant les tribunaux ou sur la place publique, haut lieu de toutes les démagogies, que notre premier magistrat obtiendra la productivité et l’innovation ainsi que des gains de la part des serviteurs de l'agglomération de Québec.L’année 2008 est exceptionnelle, mais méfions-nous des contes de fées! Il y a des lendemains qui déchantent.Et gardons en mémoire les monologues de feu Marc Favreau, dit Sol, qui pastichent allègrement notre mode de vie estrardinaire\ Jacques T.-Dumais La réalisation de ce magazine est KSI Desjardins rendue possible grâce à : Ksi Caisse populaire de Québec 6 Canada Centralde Québec et Chaudière-Appalaches La Quête réalise Tespoir Septembre 2008 111! BE NOS RIVES ¦'W ^pfv -1 T?yfTiy fi |k < %** jl ¦ Ci" ML L'île d’Orléans représente toujours ce coin de terre mythique qu'on cultive dans sa tête, un pays isolé, au milieu des eaux, où trouver la paix, le calme, le bonheur tranquille.Pour le Québécois moderne, c’est l'image nostalgique d’un monde menacé : comme tout ce qui vient des rêves, elle peut à la fois séduire et charmer tout autant que décevoir.Il faut du temps pour aimer au-delà du coup de foudre.Avouons-le, la réalité insulaire a bien changé depuis le jour où Félix (Leclerc) y a pris pied la première fois.Le poète qui cherchait alors un coin de nature où respirer et écrire a fini par apprendre que l’île rêvée se trouve toujours dans un coin de la tête de celui qui la cherche.Et il a bâti maison entre la route et le fleuve, du côté qui regarde les montagnes d’où il était venu.Il y avait une ferme, des champs, des arbres, une côte vers les battures, le rivage et l’eau avec, parfois le matin, une petite brume flottant entre ciel et mer.Et assez de place pour s’isoler et trouver sa paix, avec des chèvres, un chien et une famille.Le père du Fou de l’île a pris le large il y a 20 ans déjà et ceux qui sont nés cette année-là connaissent désormais mieux les bruyantes « chansons » américano-anglaises dont les médias nous bombardent les oreilles que les poèmes en musique de celui que tous appellent encore simplement Félix.Pour supporter le difficile et l’inutile, y’a l’tour de l’île, 42 mille de choses tranquilles.Pour oublier grandes blessures dessous l’armure, été hiver, y’a l’tour de l’île, l’île d’Orléans.(Félix Leclerc) Mais tous les raps et les slams d’aujourd’hui ne pourront jamais apporter à ceux qui les entendent, la paix que notre Félix savait offrir à ceux qui l’écoutaient parce que ses œuvres venaient d’un sol fertile où il avait su les récolter.C’était une autre époque.Déjà.Non, impossible de parler de l’île d’Orléans sans évoquer le poète qui l’a décrite en racontant son rêve réalisé, mais, ceux qui y habitent savent désormais que ses 42 milles de choses tranquilles appartiennent à un autre temps.Celui de la nostalgie des beaux étés, ceux évoqués par Marie Laberge dans Gabnelle.La mutation a peut-être commencé quand on a construit, au début des années 1930, le pont, cette gracieuse horreur (!!!) qui enjambe le fleuve et arrive au pied de la chute Montmorency.Ce progrès-là a laissé entrer sur l’île des autos qui ont exigé une vraie route, avec des ponceaux pour enjamber les ruisseaux de l’ancien chemin qui faisait le tour de l’île.LE PONT TASCHEREAU Après la guerre, on a construit des ponts, fermé les écoles de rang qu’on a remplacées par des bâtisses plus modernes où des autobus jaunes conduisent les enfants cueillis au bout des montées.Puis, les vieux quais ont progressivement été abandonnés, comme les commerces locaux et les artisans qui approvisionnaient insulaires et les vacanciers.Les sentiers qui descendaient vers le fleuve sont devenus des rues et l’on a tracé des lots sur lesquels de nouvelles maisons qui poussent plus vite que les récoltes de fraises, de pommes et de maïs.Suite à la page 8 Septembre 2008 Ld QjJfiÏB réalise l'espoir 7 Pas de musée de la nostalgie L’île c’est comme Chartres, c’est rond c'est propre, avec des nefs, avec des arcs, des corridors et des falaises.Maisons de bois, maisons de pierres, clochers pointus, et dans les fonds des pâturages de silence.(Félix Leclerc) Quand Félix est arrivé, ces changements étaient bien amorcés, mais en relisant le texte du portrait qu’il esquisse dans Le tour de File, on comprend qu'il ne voyait pas d’un bon œil cette supposée évolution exigée par le développement.Les maisons de pierres sont encore là et d’autres en bois, en briques et en clins de bois ou de vinyle ont poussé.Au début des années 1980, certains ont obtenu que les Affaires culturelles tentent de freiner la dégradation des paysages en imposant des contraintes pour au moins discipliner les initiatives de modernisation.À cette époque, Félix et d’autres avec lui, ont voulu réveiller la fierté de leur petite patrie.Les 6000 habitants d’alors ont peu à peu apprivoisé le progrès en apprenant ses règles.Certains sont partis, mais d’autres sont venus avec leurs rêves.Des projets ont pris forme puis sont morts, d’autres ont été lancés qui durent encore.Demandez à Paul Hébert, à Pierre Jobin; parlez-en surtout aux van Veen, aux Bilodeau, aux Gosselin, Plante, Rousseau, Paquet, Chabot et aux autres descendants des fondateurs qui aujourd'hui témoignent de l’attachement de leur génération à leur île en y exerçant des versions modernisées des occupations de leurs ancêtres.Car aucun d’entre eux n’a envie de transformer son paysage en musée de la nostalgie.D’autres arrivent encore et remplacent ceux qui partent, mais avec l’espoir de revenir un jour.finir leurs jours à l’ombre du clocher du village.Le choc entre le modernisme et les efforts parfois tatillons de conservation soulève toujours l’émotion, mais les nouveaux arrivés y sont souvent plus sensibles que les anciens.On rêve de la campagne en ville mais les citadins ne comprennent pas toujours les différences de rythme de vie.Demandez aux cyclistes qui se risquent à tenter le tour de l’île dans le mauvais sens (mais, quel est le bon?) à travers Imaginons l’île d’Orléans, un dépotoir, un cimetière, parc à vidanges, boites à déchets, US parking.On veut la mettre en mini-jupe et speak english.Faire ça à elle, notre île d’Orléans, notre fleur de lyse.(Félix Leclerc) la circulation d’un samedi ou d’un dimanche après-midi du temps des fraises, des pommes ou des grands bateaux! Et pensez à ceux qui habitent à l’île et doivent quand même circuler sur La route ces jours-là.Les clochers pointus sont encore dans le paysage, mais servent de moins en moins, faute de prêtres.et de fidèles! Les six églises deviemient les jalons d’un voyage dans l’histoire, comme ces plaques commémoratives de certaines des 350 familles souches, plantées ici et là, le long de la route.LE PORT MÉTHANIER La modernité n’a pas dit son dernier mot.Voilà que pour réparer le vieux pont des 8 années 1930, au lieu d’imaginer une autre solution pour relier l’île au continent, on va modifier le quai de la marina du village, aux abords de l’église de Saint-Laurent, pour embarquer des autos.Déjà que pour protéger l’environnement des dégâts causés par les grandes cultures, on a labouré les rues des villages afin d’installer les systèmes d’égouts, en enfouissant parfois aussi les fils électriques! Mais les pylônes d’Hydro-Québec dont l’installation au début des années 1950, devait être temporaire restent là.Comme pour défier cet autre affront aux paysages bucoliques que sera demain, en face, sur l’autre rive, le port méthanier qui traitera le gaz des Russes pour le vendre aux Américains! Anything else for sale?Moi qui ai passé plus de trois décennies dans l’île, j’ai, comme chante Daniel Lavoie, quitté mon île.l’ai quittée tranquille, sans chanter ou pleurer.Ou si peu.Parce que là j’ai moi aussi appris que les plus belles îles vivent dans le cœur et la tête de ceux qui les rêvent.Mais restent les souvenirs, des images, des odeurs et.la nostalgie d’une vie passée là, sous le vent, face au fleuve.Martine R.Corrivault Lfl QjJBfB réalise l'espoir Septembre 2008 La traversée vers l’île aux Grues, le premier contact du touriste en milieu insulaire -v*,- ¦ .' •% m % & L'extrémité ouest de l'île aux Grues Pour le touriste qui se rend à l’île aux Grues, la rencontre avec ce terroir se fait au moyen du traversier.L’accès maritime estival constitue alors à la fois une coupure avec le continent ainsi qu’une expérience en soi.Le dépaysement est maximisé par l’arrêt du service pendant l’hiver.« Vu qu’il n’y a pas de traversée en bateau l’hiver, bien ça donne un cachet, ça donne une certaine attraction à l’île », explique Jean Gosselin, pilote pour Air Montmagny.Cette aventure contient toutefois un revers.En fait, il appert que le principal problème du tourisme à l’île est lié au transport.Offrant des départs journaliers, le service de traversier pour l’île aux Grues est public et gratuit du printemps à l’automne.Or, s’il ne doit débourser de sous, le touriste doit se conformer à l’horaire du traversier.En effet, celui-ci est assujetti aux marées et le nombre de places disponibles à bord est limité.Amélie Ringuet, superviseure au bureau d’information touristique pour l’Office de tourisme de la Côte-du-Sud, résume ainsi l’expérience de certains touristes : « Une fois que tu as fait le tour, tu as visité les petits musées, tu es allé à la fromagerie, si tu ne couches pas là puis que tu n’as pas un repas là, bien les gens souvent, un trois à quatre heures, ils en ont assez.Mais le traversier lui, il s’en fou du trois à quatre heures.En fait, il s’en fou complètement parce que lui, il n’a pas le choix : c’est la marée qui lui dicte ses départs.Ça fait que des fois, les gens trouvent ça difficile ».Par ailleurs, l’appréciation du séjour est tributaire de l’état d’esprit dans lequel le touriste appréhende l’île.Y sont-ils pour une journée d’aventure ou simplement pour se balader, entre deux marées?« Je te dirais que ceux qui y vont l’été pour passer une journée complète puis qu’ils ne traversent pas avec leurs vélos, souvent, ils ont hâte de ressortir, fait qu’ils sortent en avion [.] ça arrive souvent que l’on va rechercher des touristes à l’île, puis ils disent : «Bien là, on n’avait plus rien à faire là, on ressort.» Ce commentaire-là, y revient » lance Jean Gosselin.L’avion permet ainsi A une évasion pour les piétons.L’automobiliste, contraint au système de traversier, doit alors s’assurer une place pour le retour.En effet, il n’y a pas que les touristes qui voyagent sur le traversier, les insulaires aussi retournent parfois vers Montmagny avec leur véhicule.Ils ont toutefois l’avantage de pouvoir stationner leur voiture à l’avance! « Puis le touriste lui, quand il est en voiture, bien il ne stationne pas nécessairement son auto là deux heures avant le départ du traversier », souligne Amélie Ringuet.Il est possible de concevoir le désoeuvrement des touristes, emprisonnés l’espace d’un jour ou deux sur l’île.Mais peut-être est-ce le seul partage du mode de vie des gens de l’île qu’ils pourront expérimenter au cours de leur séjour touristique.Pascal Huot Septembre 2008 Lü QjJête réalise l'espoir 9 Photo Pascal Huot Éÿ* L'île aux Coudres vue des Eboulements Dès l’arrivée à l’île aux Coudres à bord du traversier régulier Joseph Savard ou du Radisson, c’est la déception.Un hangar industriel démesuré gris et laid du groupe de construction navale Océan écrase la gare fluviale, dont on se demande ce qu’elle fout là plutôt que sur le quai.Pour l’accostage, voilà ce quai à trapèzes où se font bronzer quelques cabanons d’arrière-cour.Plus à l’ouest surgit dans la vase une marina vide ainsi qu’un casse-croûte à l’abandon.Pas un arbre dans le coin pour se mettre à l’abri d’un soleil parfois équatorien.Seulement quelques plantes poussant dans les cailloux, entretenues à la p’tite semaine.Au fond, se demandent certains touristes, que venons-nous faire ici?De toute évidence, un tour de bateau gratuit et sublime sur ce Saint-Laurent vivace borné par monts et par caps, entre Baie Saint-Paul et les Éboulements d’où le traversier est parti 20 minutes plus tôt.Pour s’affranchir d’un décor de rouille insulaire, vive LA côte! L’escalader à pied ou à vélo et vous êtes déjà qualifiés pour des olympiades.Comme le kiosque d’information touristique se cache dans un vestibule d’école d’en haut, à droite de la côte, Chemin des Coudriers, vous aurez cependant raté quelque chose : le Chemin du Mouillage, en bas à droite du quai, respire la paix totale! Un modeste sentier forestier suit et c’est le plaisir du dépaysement jusqu’à la plage de sable jaune, parsemée de déchets de toutes sortes.Plus loin, le Chemin des Prairies qui boucle le côté nord de cette terre émergée du fleuve.Une oasis pour les oiseaux et une demi-douzaine de chalets riverains en fleurs.Puis on reprend le Chemin des Coudriers par le bas.Au sommet, à la boulangerie, un panorama à couper le souffle, ainsi que vers la pointe rocailleuse de L’Islet avec la vue sur le Massif de Petite-Rivière-St-François.Depuis une décennie, les fermetures s’accroissent dans l’île.Cette année, outre le resto de la marina, il y a le celui de luxe La Mer Veille, à l’ouest, de même que le Centre artisanal sis au sud du chemin de la Traverse et de l’immense tourbière.Sans compter que les kayaks en location n’existent plus, qu’il n’y a toujours pas de terrain de golf et que n’ont pas eu lieu les Marsoumeries, ces fêtes estivales si caractéristiques des insulaires.OÙ EST LE PATRIMOINE?Toujours pas de piste cyclable en bonne et due forme, malgré les promesses.Que des p’tits bouts par-ci par-là sur une route pleine de trous, dangereuse particulièrement au niveau des hôtels de La Baleine au sud-est, très achalandée pendant l’été.Un tour de l’île sinueux, joli, plein de surprises visuelles par delà les fossés de bouteilles de bière et d’alcool vides.Les hôtels sont généralement de bonne tenue.Sauf que le Cap-aux-Pierres dépare le sud avec ses entrepôts aussi repoussants que ceux du groupe Océan au nord, ses supports roulants inesthétiques pour bateaux.Quant à la Roche Pleureuse, cet établissement a laissé pourrir sur ses terres la coque historique du tout premier traversier de l’Isle-aux-Coudres des années 30.A l’ouest, outre les Moulins de la paroisse de Saint-Louis, il ne reste qu une seule et unique goélette-musée, le Mont Saint-Louis.On vient tout juste, par ailleurs, de raser l’unique bâtiment de ferme en bordure de route.Feu le cinéaste-poète Pierre Perrault a très certainement mis l’île aux Coudres sur la carte internationale, dans les années 60.Mais le tourisme qui y afflue depuis ses films a comme extrait les racines profondes des insulaires au profit d’une modernité sans âme.La paroisse de Saint-Bernard, au nord, n’a jamais replanté les peupliers si pittoresques du siècle dernier abattus devant son cimetière, non loin du fastueux verger Pedneault.Et on ne voit quasiment plus de maisons en bardeaux de cèdre qui, jadis, façonnaient l’architecture insulaire.Le tourisme, la principale industrie, ne met pas en valeur un patrimoine qui distinguerait l’île de la ville.Cette même île et ses habitants compensent heureusement par l’hospitalité, la chaleur humaine, une générosité exceptionnelles.Ainsi que par les odeurs d’air salin, de varech, de foin de mer, de plantes et de fruits divers qui ajoutent à la séduction de tout un territoire duquel on ne veut plus se séparer.Mais notre halte du Saint-Laurent demeure, selon les historiens, celle qui dort.Sur le plan de l’aménagement rural, il lui taut d’urgence se réveiller afin de survivre et de faire un legs aux générations futures et aux touristes.Jacques T.-Dumais 10 La Quête réalise l'espoir Septembre 2008 *gœ.’Hëigi -e*^.rlli DU BOIT DU MUNDE 'ïiÿ*'r WÉSL r
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