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Titre :
Le Canada musical : revue artistique et littéraire
Canada musical rapporte des nouvelles du domaine de la musique en provenance du Canada et de la France. Elle met particulièrement en valeur la carrière de jeunes musiciens tels Emma Albani, Frantz Jehin-Prume, François Boucher et Oscar Martel.
Éditeur :
  • Montréal :A.J. Boucher,1866-1881
Contenu spécifique :
samedi 1 décembre 1866
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Boucher et Pratte's musical journal
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Références

Le Canada musical : revue artistique et littéraire, 1866-12, Collections de BAnQ.

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LE NAD* MUSIC BEVUE ARTISTIQUE ET LITTÉRAIRE PARAISSANT LE 1er DE CHAQUE MOIS.Vol.I.MONTREAL, lor.DÉCEMbA^, 1860.No.4, LE CANADA MUSICAL, Publié le 1er de chaque mois Par ADELARD J.BOUCHER, Editeur Propriétaire.Bureau, à Montréal, Rue Notre, Dame, No.260.ABONNEMENT, avec PRIME, $1.00 par année, Rigoureusement payable d’avance.10 centins le Numéro.PRIME EXCÈPTIONELLE présentée aux Abonnés du CiLKTADA MTJSIOAXj,' Chaque abonné, en acquittant le montant de son abonnement, ($1.00 par année,) aura droit de reprendre,en morceaux de musique désignés ci-dessous, ;i son choix-,—pour la valeur d’une piastre,—montant inner de son abonnement.-o- Morceaux offerts au choix des abonnés.La Mascarade Quadrille .Dorémus .50 c|s.Jacques Cartier Quadrille.De Terlac .50 “ Hippocrate Quadrille.Valade .50 « Les Acadiens Quadrille.Desjardins .50 “ Les Canotiers du St.Laurent.Boucher .50 “ La Confédération Quadrille .Cnsorti 60 « Platon Polichinelle Quadrille Legendre .50 “ I oberval Quadrille.De i eriac .50 “ Russian Carriage Song Galop Relié .50 “ La Couronne de lauriers ., .Lavallée.75 < Souvenir de Sabatier, Valses.Boucher .50 “ L’oiseau-monche.• Laval léo.50 “ The Bonnie Blue Flag.Southern .-50 “ Laetitia—Caprice de Salon.Casorti .35 •' Notre Religion, (Chant nationaljOlivier.30 « II me l’avait promis, Romance.Henrion .30 “ Dieu, mon enfant,.Robillard .30 “ Jolly dogs Galop.Bouoher.30 “ Rosée amère, Romance.Abt.*15.« Le Dr.Grégoire, Chansonnette.Nadaud .25 “ Petite Alouette, Romance.Peltier.25 « Grande Marche Canadienne.Sabatier.25 “ Mazurka des Etudiants.Mignault.15 « -°- Les abonnés de la campagne devront inclure un timbre de poste de .05 centins, pour payer, le port dçs morceaux, qu’ils choisiront et' qùi' leur seront vXpédii», jnw h -Moor dt U malt*.SOMMAIRE.—Des beaux-arts en Canada, (suite et fin), par Octave Pelletier.—Les infortunes nocturnes d’un violoncelliste: souvenirs, par P.Selig-mann.La jeunesse d’Haydn, (suite et fut), par Adolphe Adam.—Fête musicale et littéraire au Couvent du St.Nom de Marie, à Hochélaga.— Avis divers.—Variélos.— Noël et ses cantiques.— Noël, en vers farcis, par Saboly.—De l’enseigne-j ment du piano, (suite) : de l’étude du mécanisme : j de l’emploi des études : conseils divers, par Félix Le Couppey.— Le question du jour.—Liste d’abon-; nés au Canada Musical, (continuée).—Célébration ! de la fête de Ste.Cécile a Québec.—Conseils aux | jeunes musiciens.—Calendrier.—Annonces.: - I VDES BEAUX-ARTS EN CANADA.{Suite et fin.) I (Architecture, Sculpture et Musique.) Comme il appartient aux architectes de faire l'histoire ou la description au point de vue de l'art, de tous les édifices teligieux ou civils érigés en cette province, je ne ferai que mentionner en particulier ceux qui offr nt le plus d’intérêt dans cette ville.Dans cette colonie éminemment catholique, le temple du Seigneur fut toujours considéré comme le plus important de tous les édifices publics, celui où l'architecte déploya le pfus les resources de son art.et quoique nos temples n’aient, rien de comparable aux cathédrales du vieux monde, il n’est pas de hameau si humble et si petit qu’il soit que ne dominent pas deux tourelles élégantes ou un clocher aerien.Après la chapelle de Bonsecours—l’un des premiers monuments religieux de cette ville—je citerai l'Eglise Paroissiale, Cet édifice majes-teux réunit heureusement le style gothique à celui de la lenaissance ; niais l’intérieur dépourvu de tout ornement, çt en outre surchargé d'un double jubé de l'effet le plus mesquin, est loin de répondre à l’extérieur et surtout à la façade surmontée de deux tours massive') de l’aspect le plus imposant, et ornée de trois statues colossales on ciment—ouvrage de M.Baceerini.L’église St.Pierre, vue du jardin des RR.PP.Oblats, offrejjun coup d’œil des plus satisfaisants aux amateurs d’architecture gothique, par les apps-boutants qui, à l’instar de Notre-Dame dé Party «frntfnt Ma paré?** I*t4r'»le*r 50 LE CANADA MUSICAL.L'église St.Jacques présente à l’intérieur l'apparence des vieilles cathédrales du moyen-âge.Tout concourt à lui donner oet aspect : les parties latérales séparées île la nef par des colonnes élancées, l’effet magique de la lumière-qu'interceptent des vitraux coloriés et qui semble allonger la perspective de la nef, enfin la simplicité et la sobriété des ornements.La chapelle du Mont Ste.Famille ne présente rien de remarquable que son dôme élégant et élancé qui rappelle celui de 1’Hotel des Invalides à Paris.Le Gésu tout entier du style moderne, affecte la forme d’une croix.Son extérieur, à part de la façade qui n'est pas encore terminée, n’offre rien de remarquable.C’est à l’intérieur surtout que la peinture a déployé tout le luxe et l’harmonie des décors ; les proportions y sont admirables et lu lumière habilement distribuée dans toutes les parties de l’édifice, permet à la vue de se reposer avec recueillement sur les scènes les plus variées et les plus touchantes de l’ancien et du nouveau Testament, et sur de pieux emblèmes.L’idée d’embellir l’intérieur des temples de préférence à l’extérieur me paraît la plus rationclle.Le culte et la vraie piété étant tout intt :.o ne laissent le plus souvent paraître au dehors qu’une austère simplicité.Qu’importe au passant froid et indiffèrent l’extérieur pompeux et mondain d'un temple magnifique, si une humble croix suffit à l'indiquer au fidèle ?La cathédrale Anglaise (Christ Church) est ce que l’on pourrait appeler à l’extérieur, un joli bijou.Quelle profusion de dentelles artistemeut sculptées et de ligures grotesques etdiaboliques qui, tournées en dehors, semblent être l’emblème de l’esprit d’erreur et de mensonge chassé du sanctuaire par la droiture et la vérité.Ses dimensions exiguea et peu élevées, ses dépendances aux toits pointus et à girouettes lui donnent l’aspect de quelque chapelle dépendant d’une abbaye ou du caveau de quelque noble famille Anglaise.Sot» clocher élégant et élevé surmonté d’une croix, indique seul sa destination.Après les monuments religieux, ie mieux proportionné et le plus imposant de tous' les- édifices publics est sans contredit la Banque de Montréal.Son portique avec ses colonnes surmontées de chapitaux corinthiens—artistement sculptés pâlies i’réres Larseneur—lui donnent l'aspect de quelque temple de l’ancienne Grèce, et si l’on avait conservé son dôme massif et imposant)—de quelque temple romain érigé sans doute, comme celui-ci, au culte de Plutus.Viennent ensuite la Banque de la Cité, la nouvelle Banque Molson, le marché Bonscc'oürs et le Palais de Justice dont les vastes dimensions, les proportions régulières ou la richesse des sculptures réunissent tous les suffrages.Lés récente- améliorations opérées dans cette ville ont donné lieu â de rapides embellissements, et la rue Notre-Dame, par la variété et la somptuosité do ses édifices peut rivaliser avantageusement avec les plus belles avenue de New-York.La scûlpturo, en Canada, peut être confondu avec l’art du tailleur ’de'pierVe appliqiïé'uùx édifi- ces.N’oublions pas de mentionner cependant la splendide chaire en bois de l’église St.Jacques, due au ciseau de M.Dauphin,—et parmi les ouvrages de moindre dimension, une crosse de fusil représentant une scène de chasse, finement découpée en bois, par M.A.Parthenais, habile jeune sculpteur Canadien enlevé trop tôt aux beaux-arts,—aussi divers groupes eu bois, entre autres une Cène que l’on peut voir à la chapelle du Petit Séminaire à la montagne, et qui sont dus au talent de M.Ménard.Quant à l’art du statuaire il peut être considéré comme à peu près nul en Canada et à part les .-tallies colossales en ciment qui ornent la façade de l’Eglise Paroissiale et quelques- autres ouvrages qui n’appartiennent pas â l’art plastique proprement dit, on ne compte, en Canada, rien de remarquable en ce genre.Un célèbre critique a dit: l’arcliitecture est la forme solide et la musique la forme /Initie.— tellement sont intimes les rapports quiexistent entre ces deux arts dont la réunion est tout ce qu’on peut désirer de plus accompli en fait de beau idéal.Aussi un édifice de proportions harmonieuses nous fa;t-il désirer d’y entendre une belle symphonie.' L’éloquence s’adresse â l’entend' ment et aux sentiments tout ensemble ; la pocsie unit quelquefois le bon sens à la rime et est par conséquent susceptible de s’adresser à la raison en même temps qu’à l’imagination : la peinture, par des objets déterminés, nous fournit la vive représentation de la nature et établit un rapport entre notre entendement, notre imagination et nos sentiments.Seules, l’architecture et la musique ne parlent qu’aux sentiments, de même qu'ils en sont la plus idéale expression.C’est à cause de cette union intime et mystérieuse que nous désirerions entendre à la nouvelle église du Gésu une harmonie digne d'un tempi" aussi magnifique.Malheureusement la iplisiqne religieuse est la plus négligée en Canada; il est étonnant qu’avec tant de moyens on ne réussisse, dans la plupart de nos temples, qu’à blesser l’ouïe des fidèles ou à ne leur plaire que par des chants légers et d’un caractère fort peu religieux, ou par des airs lascifs.Q) En revanche la musique profane marche iusi lisiblement vers le progrès.Des chœurs d’orphéonistes, aussi bien organisés que dirigés, concourent par leur répertoire choisi, à l’éclat de nos concerts.(ipT’ai souvent entendu des organistes (?) exécuter ! sur l'orgue de la musique de piano et des motifs ! d'opéra et, dans quelques villages, les contredanses j du ménétrier de l’endroit, soit par ignorance, soit I afin de se concilier la faveur des marguilhers que J cette musique jette dans le ravissement.On compte, ! dans le villes surtout, d’heureuses exceptions: à .Québec, les frères Gagnon semblent avoir pris au sérieux l’art des Bach et des Mendelsohnn.A Montréal, MM.Labelle et Meilleur savent unir dans leur jeu le sévère à l’agréable, obligés qu'ils sont de ménager un peu le mauvais goût du plus grand nombre : M.Bouclier est un excellent maître (le chapelle et le chœur qu’il dirige à l’église St.Jacques, est l’un des mieux exercés da cètté ville. LE CANADA MUSICAL.51 Des voix pures et pleines de fraîcheur, dont je lie Dominerai pas les belle> propriétaires, font les délices de nos salons.2 Quant û la musique instrumentale et quant à la musique de piano surtout le mauvais goût a introduit dans nos salons un genre à la mode qui contribue d donner à cet instrument un role très secondaire.Une jeune demoiselle peut avoir parcouru au couvent tout le cercle des connaissances humaines,— lu métaphysique, la chimie, etc., voir même la cuisine bourgeoise, si elle lie joue pas le quadrille en vogue, son instruction est considérée comme incomplète.De là ce déluge de fantaisies caprices (par trop capricieuses) d’airs de danse, de variations sur des thèmes connus et inconnus le tout écrit à la vapeur et interprété de même.Tin habile professeur de piano—M.Paul Leton-dal—a tenté de rendre à cet instrument son prestige d’autrefois; de nombreux élèves.—parmi lesquels je mentionnerai Mdlle.Marie Regnaud actuellement à New-York, Mdlle Rose de Lima Heroine, MM.Ducliarme et Panneton actuellement à Paris, et MM.Saucier, Fowler et Mazurette,— ont acquis, sous sa direction, un développement extraordinaire de leurs aptitudes naturelles et une exécution méthodique.On compte aussi des violonistes distingués, entre autres, à Montréal.MM.Lavigne, Torringlon et Hénéeal, et, à Québec, M.Lavigueur.Un autre excellent violoniste, M.Jules llone, élève du Conservatoire du Bruxelles, et qui s'est établi depuis peu dans cette ville, a déjà réussi à former des élèves remarquées, entre un ies MM.Martel et kacc tle.Dans tous les arts à !• urs débuts, on imite généralement avant (II- , rosi compte-t-on en Canada plus lYintnp ¦ , l'esprit îles autres que d’écrivains; plus de .ju's/es en fait de peintures que d’inventeurs ; plu- virtuoses ou d’exécutnnts que de compositeurs.Or, de l’imitation à l'invention il n’y a sou*, ci.t qu’un pas.Espérons qu’un jour des écoles de d.t ts- !•> établies dans ce pays inviteront ceux qui inn iprêe-iil.eu imitent si bien.'à créer à leur tour, en i ¦¦ nssujétissau! aux règles et en dirigeant lem > elV.u'is.*m l’édilice n'est pas encore élevé, les matériaux ne manquent pas et n’attendent plus que l’architecte et d'habiles ouvriers.Octave Pelletier.2 Quelques unes doivent à la direction des Déliés.De Angelis une voix souple et de la méthode.LES INFORTUNES NOCTURNES D’UN VIOLONCELLISTE.SOUVENIRS.Wiesbaden.Août, 1S59.Nous faisions l’envie et le désespoir de la table d’hôte.On nous entendait rire d’un bout à l’autre de 1 immense fer à cheval de Nassauerhof, eteesgraves figures en étaient à se demander comment nous ' faisions pour trouver tant de gaîté devant une table ! d’Iiote allemande.Wicniawski venait de nous raconter avec une verve étincelante une foule d’aventures de ses récents voyages ; chacun de nous apporta son contingent de souvenirs, et il y en aurait long ù vous raconter; mais.)loin* aujourd'hui, je me résumerai ’ en vous parlant seulement des voyages de Piatti 1 en Angleterre.Piatti a le violon en horreur, et le violonistes en exécration.I Or, écoutez, jugez et ne le condamnez pas.Ce fut avec Molicpie, le célèbre violoniste alle-j inand, qu’il lit son premier voyage dans les provin-.ces anglaises.! Moliquc avait sa chambre contiguë à celle de Piatti.Le voisinage était charmant tant que la Ijournée durait; mais dès que la nuit arrivait, et i aussiôt que l‘iatti s’était enfermé dans ses rideaux, | Moliquc se mettait à fumer.S’il s’était eoutenté ! do fumer, ce n’eût pas été un mal, le tabac engourdit ies sens et provoque au sommeil; mais il marchait en fumant, et en fumant et en marchant il empêchait le pauvre Piatti de dormir.C’est en vain qu’il pria, qu'il supplia Molique do cesser de marcher.— Je ne puis fumer sans marcher, disait-il, et j’aime mieux mourir que de ne pas fumer.Plus tard, l’intti voyagea avec Sainton.Celui-ci ne piétinait pas.la nuit; mais il a la manie du jeu de dominos ; il y est d’uuc force presque égale à celle do Jules Janiu, et il passait une partie des ,,uits à jouer avec un de scs amis.Piatti qui a, comme Napoleon, le privilège de ne dormir qu’un quart d’heure, quand il n’a qu’un quart d'heure pour dormir, Piatti dormait pendant que les deux amis jouaient ; mais il était immanquablement réveillé chaque lois qu'on tournait les dés, car, chaque lois aussi Sainton, ne manquait pas de s’écrier en frappant à la fois du poing sur la table et du pied sur le parquet: ••Coquin de double-six, je l’aurai donc toujours.” Alors Piatti, ne pouvant trouver le sommeil, n'avait rien de mieux à faire que d’aller se mettre en troisième dans lu partie de dominos.Il n’y trouvait pas grand plaisir ; mais il fallait bien tuer .le sommeil.Ses mécomptes avec les violonistes ne devaient pas s’arrêter là.Bëide lui proposa une tournée avec Ernst.A la bonne heure, se dit tout d'abord Piatti, Ernst a une santé très-délicate; il ne doit pas fumer la nuit, il dort, il faut qu’il dorme ; je lui ferai ordonner de dormir par son médecin, et moi je dormirai aussi.II ne jouera pas aux dominos, je ne l’ai jamais vu jouer qu’aux échecs ; les échecs, un jeu d’imagination, cela ne fait pas de bruit, ets'iljoue la nuit, eh bien ! cela ne m’empêchera pas de dormir.Enchanté des bonnes raisons qu’il s’était doublées, Piatü se mit en voyage avec Ernst.Us arrivèrent, la nuit, dans une auberge, et tous deux couchèrent dans la même chambre.-* Piatti dormait déjà profondément, lorsqu'il fut réveillé tout LE CANADA MÜSICAL.r>2 à coup par ccs mots prononcés par Ernst : Perfide, tu mourras I Piatti entra sa tête sous sa couverture.Puis, il entendit un mélange confus de paroles, des plaintes, des lamentations, puis enfin: Eh bien I oui, je te pardonne.” Sur ces mots Piatti rassuré, initie nez hors la couverture ; mais il passa le reste de la nuit à réfléchir mélancoliquement sur sa destinée.1 Je n’ai pas de chance avec les violonistes, se disait-il: celui-ci a le cauchemar., il rêve tout haut, mais ce n’est pas sa faute, et je ne puis lui en vouloir.Piatti avait oublié ses mésaventures, ses nuits d’insomnie, lorsque l’année dernière, il fît une tournée avec Sivori, Il venait de sc coucher, et Sivori de son côté était entré dans sa chambre tout à côté de celle de Piatti.Comme je vais bien dormir, se dit Piatti, en sentant pisser sous ses paupières cette espèce d’engourdissement qui pie cède le sommeil ; mais à peine avait-il eteint sa bougie qu’il entend ou croit entendre une sorte de bruit dont il ne pouvait avoir l’explication : c'était comme un clapottement de petits marteaux.— Ce sont des souris, dit-il, et il se retourne dans son lit; mais au clapottement vient se joindre un bruit qui rappelle celui qu’on entend si souvent dans le midi de la France et en Italie cet te espèce de frôlement produit parles moustiques.Ce u'ist pas possible ! dit Piatti, il fait un froid de loup, ce n’est pas la saison des moustiques.C’est une illusion de la pdiie: je ut suis pourtant pas h Bergame, et je ne rêve pas.Il sonne, il appelle, on vient, on lui assure qu’il n’y a ni souris dans l'hôtel, ni moustiques dans l’air; cependant il continua d’entendre ces cla-pottements mêlés de légers sifflements.Enfin, s’approchant peu a peu de l'endroit d’où ces bruits paraissent venir, il arrive a la chambre île Sivori.et le trouve en chemise, mais sans lumière, faisant claquer ses doigts sur un violon, et frôlant île son archet détendu les cordes démontées.C’est ce genre do travail, auquel se livre Sivori la nuit.qui avait produit ce bruit inexplicable et empêché Piatti de dormir.— Ecoute, lui dit-il, j'ai vécu en Espagne, où les sérénos vous réveillent à toute heure de la nuit pour vous dire le temps qu'il fait ; j’ai séjourné en Hollande, où des hommes sont payés tout exprès pour vous réveiller, enjouant.de la crécelle, pour vous dire l’heure qu'il est.et pour vous sou-Imiter une bonne nuit; j’ai dormi même à Anvers malgré le carillon qui joue toutes les heures, les vart liions du Cnniuvnl de Venise, et, toutes les demi-heures, l’air du tambour major dans le Caïd: tu vols que je suis pourtant bien constitué sous le rapport du sommeil- Eh bien ! je n’ai jamais pu m’habituer à dormir avec des souris et des mous tiques ; et tout ce qui peut me rappeler la souris qui gratte ou.le- moustique qui pique, m'est souverainement odieux.Ainsi, mon ami, promets moi de ne pins- me faire cette imitation, ou.bien quit-tnns-uous.Ils se quittèrent.D’ailleurs,- Bcal venait d’engager Ilerman pour plusieurs concerts avec Piatti.- — Un instant, dit-il, fumei-vous la nuit?— Jamais.— Jouez-vous aux dominos la nuit ?— Rarement.Etudiez-vous votre violon la nuit?— La nuit, je dors, Enfin êtes-vous somnambule ?—'Point que je sache.— Cette réponse ne me satisfait pas pleinement, n’importé, je me risquerai encore cette fois, mais ce sera bien j.i dernière.Avez vous suupé ?dit-il à Herman.— Non.et j’accepterai volontiers.— Eh bien! soupons ensemble et causons.—Depuis ceseruelles insomnies, Piatti prenait chaque soir une sorte de pilule dans son thé.Ccs pilules, qui avaient ia vertu de faire un peu dormir ceux (jui ne donnent pas du tout, devaient inévitablement jeter dans un sommeil léthargique ' ceux qui d’ordin.iire don eut a*s«z bien.Voilà mon affaire, se dit Piatti, regrettant amèrement de n'avoir pas pense plus tôt a ce moyen si simple de faire dormir ses malencontreux compel ginitis do Voyage.I.e 1 ndemain.ce fut loi qui alla réveiller Hcr-! man, lequel ronflait comme une toupie d’Allemagne.— Avez vous bien dormi, lui-dit-il ?— Comme une niai motte, — Voulez-vous encore souper avec moi ce soir?— Comment !.niais j’y comptais bien.— Nous ne savez pas le plaisir que vous me: faites en acceptant; si vous m’aviez refusé» je n’aurais pas dormi.— Vous êtes vraiment trop aimable.” Et chaque soir c'etaient do nouvelles pilules jetées adroit»ment dans la tas«e de thé préparée devant Herman.Et chaque matin c’était Piatti ! qui était obligé d'tuler le réveiller.— Comme je dors d ms ce pays ! — Ce sont les brouillards de la Tamise, répétait Piatti.— Quel sommeil délicieux ! - (."est l'effet de l’atmosphère épaisse de l’An-glelerrc.- Je crois que je dors trop.— Laissez donc.le sommeil.c'est la mort.de chaque jour.il ne faut penser qu’au lendemain.Dernièrement, Piatti voyageait avec Wieniawski dans les villes d’eaux des bords du llhin.Lorsque Wieniawski lui fit la proposition de ce voyage, il vit un frisson passer sur la figure de Piatti.— Qu’avez-vous, lui dit-il ?— Rien, lui répondit Piatti.d’amers souvenirs presque effacés maintenant.Et sur les instances de Wieniawski, Piatti lui fît la narration doses voyages avec Molique, Sainton, Ernst.Sivori, jusqu’à l’aventure de Ilerman.- Rassurez-vous, mon ami.lui dit Wieniawski ; je ne fume qu’après diner, je ne joue aux dominos; qu’après avoir famé, at j« a« rêve qu’en silenee. Li5 CANADA MUSICAL.S3 D’ailleurs, jeVais Mte marier, et pour commencer à! courage, et déplorait une telle misère.Haydn me ranger, je m'habitue à bien dormir.comprenait pas qu’on s’apitoyât sur sa position.- -je ^ .— Alors, dit Piatti j accepte; voyageons,jouons, fumons, poétisons, rêvons ; mais, la nuit, de grâce, dormons.Les deux amis partirent; seulement Wieniawski en écbauge de sa promesse de ne pas troubier le sommeil de Piatti, lui lit promettre, de son côté.Je ne rien jouter à la tasse de thé qu’il preud chaque noir.Assis à mon clavecin rongé par les vers, dit-il plus tard, je n’enviais pas le sort des monarques.Cependant la misère augmentait chaque jour : les dépenses de Spangler avaient été doublées, et ses revenus étaient restés les mêmes.C’est au bon Keller que nos deux amis durent de voir améliorer un peu leur existence.Il n’y a pas de protection à dédaigner, et celle d’un perruquier peut être très-efficace.Keller avait toutes les vertus de sa Voilà six semaiucs queja convention a été con due, et elle est fidèlement exécutée pir les parties ! profession, aussi ne manquait-il pas de causer et contractantes.—Lu Gazette artistique.de causer longuement avec ses pratiques : il parla P.''ELIUMANN.LA JE0NSSS3 D’HAYDN, (Suite et fin.) Le violon accordé, nos deux artistes commencèrent la sonate.Sp mglor n’était pas un musicien do premierj>rdre ; c ipend mt il avait assez de sentiment de son art pour u être pas insensible à ses beautés, et, dès les premières mesures, il lut surpris de la clarté, de la régularité du plan, de la fraîcheur d’idées et de la nouveauté de la musique qu il exécutait.L’andintc lui révéla encore d autres beautés, et à la lin du rondo final il était transporté de plaisir et d'admiration.— Ah çà! mon cher maître, dit-il à Haydn, je vous dois une réparation: j’ai parlé uo peu cavalièrement de votre musique avant de la connaître : mais, maintenant, je dais changer do ton Mais c’est que c’est très-bien, très-original ! Je ne sais pas du tout ce que valent les manuscrits, n étant en rapport avec aucun marchand de musique ; mais je suis à présent convaincu que vous pourrez tre— bien tirer pirti de votre talent de compositeur.Haydn fut enchanté de ces éloges non par amour-propre, mais pirco qu’il» lui taisaient concevoir l'espér iucc de ne pis être longtemps à la charge do son oui, A date de ce moment, les efforts furent employés en commun à vaincre la misère.[In seeottt’s efficace leur fut encore donné par uu voisin, un bravo perruquier, nommé Keller.Oct honnête artisan avait souvent entendu clian encore sa belle voix de soprano, et il s était pris j (jU(J b 'urra(le.\ ht fin.cependant, tant de per-d’enthousiasme pour le jeune virtuose : le récit dej sgv^rance ej d’abnémitiou, et peut-être aussi scs scs malheurs ne fit qu’augmenter l'intérêt qu il lui j rares j;ÿp0Sitj0ns musicales, finirent par triompher portait.Spangler était dehors presque toute la1 - - , .*—1-/ J— —!— -* journée, occupé à donner des leçons ou à des répétitions pour ses bals ou scs concerts: pendant ce temps, Joseph restait seul, cloué devant son clavecin, jouant et rejouant sans cesse les six premières sonates d’Emmanuel Bach, qui lui étaient tombées sous la main, et pour lesquelles il conçut et conserva toujours une admiration profonde.Il composait aussi, écrivant toutes les idées qui bouillonnaient dans sa tête.Keller venait souvent l’écoatar ; il admirait tant da talent at de tant et tant de son jeune protégé, qu’il finit par J intéresser quelques personnes à son sort.Grâce à lui et à ses bavardages, Haydn obtint une place do premier violon à l’orchestre du couvent des révérends pères de la Miséricorde; puis, de temps i en temps, et aux grandes fêtes, il obtenait un ! congé et allait jouer l’orgue dans la chapelle du i comte de Hangwitz ; pendant la semaine il donnait quelques leçons de clavecin et de chant, toujours obtenues par l’importunité ou à la recommandation de Keller.L’amuassadeur de la république de Venise à ; Vienne avait une amie qui raffolait de musique; le vieux mâitrc de chapelle l’orpora était commensal go l’ambassadeur et avait trouvé une espèce de retraite dans son hôtel.Haydn fut introduit auprès de la belle U ilhelminc, l’amie de l'ambassadeur, ou qualité de claveciniste accompagnateur.Elle proposa au jeune musicien de la suivre aux bains do Manensdorf où ede allait passer quelque temps.Haydn accepta avec d’autant plus d’oui-pressomeiii.que Porpora était du voyage, et qu il brûlait du désir de recevoir quelques leçons de cet homme célèbre qui avait été l’heureux rival de Handel.Porpora était un veillard quinteux et morose, peu tien veillant de sa nature; il ne se souciait guère de perdre son temps à donner des leçons qu’on ne lui paierait qu’en reconnaissance.Haydn parvint cependant a en obtenir quelques bons conseils ; mais que ne dut-il pas faire pour captiver 1rs bonnes grâces du professeur récalcitrunt ! Levé avant le jour, il brossait soigneusement scs ti.ihir» .-iiovait ses souliers, préparait sa perruque habits, nettoyait ses souliers, préparait sa perruque honnête artisan avait souvent entendu clian-, f;[ ^ regardait comme très-heureux lorsque scs Haydn a Sainl-.'jtèphan, alors qu'il possédait j j journaliers n’étaient pas accueillis par quel- ___ î U _______‘ 1 , ____n» I oVif.nt nno i _ * .1 .1 de lii résistance de l’orpora j touche des soins et des attentions respectueuses de ce domestique volontaire, il consentit à lui donner quelques leçons.Haydn en profita si bien, qu’à sou retour à Vienne, l’ambassadeur, étonné de ses progrès en l’entendant accompagner son amie chantant une des cantates si difficiles do Porpora, fit à notro jeune homme une pension de six sequins par mois.Haydn fut alors le plus heureux des hommes : il put largement acquitter sa part des’dépensée de f>4 LE CANADA MUSICAL.lu communauté, et n’eu mit quo plus d’ardeur à' rechercher en ville des levons dont, le produit augmentât le bien-être de leur ménage d’artistes II ne cessait de composer des morceaux qu’il Faisait jouer à ses élèves ; mais il y attachait si peu d’importance, qu’il les leur laissait et ne s'en occupait plus, une fois qu'ils étaient composés.Quelques-uns de ces morceaux furent entendus par'dosai: prédateurs dignes de les comprendre ; plusieurs fuient gravés sans le consentement et à l’insu d'Haydn, qui ne se doutait môuie pas qu’il pût tirer le moindre profit de son talent de cotuposi- j teur, et sa réputation commençait déjà à se répandre à Vienne et chez les éditeurs sans que, daus son aimable naïveté, il se crût autre chose qu’un pauvre musicien gagnant péniblement sa vie à donner des leçons et à jouer dans quelques orchestres.Un jour, il fut appelé pour accorder un clavecin chez la comtesse de Than.Il lut introduit; par un laquais, dans un splendide salon et laisse seul devant un superbe clavecin pour s'y acquitter de, si besogne.Quand le clavecin fut accordé, j Haydn compara ce magnifique instrument a la ! chétive épiuette sur laquelle il travaillait si assidu-, meut.Ce n’étaient pas les riches peinture.- dont était orné le.clavecin et sa forme élégante qui le séduisaient; c’étaient ses trois claviers, s élèves, de leur côte, en étudiant un maître à l’exclusion de tout autre, reçoivent, pour ainsi dire, un reflet de son individualité, s’identifient avec sa manière, et deviennent, par cette raison même, hors d'état de comprendre les œuvres d’un caractère différent.Ne rencontre-t-on pas des enfants ! qui, n’ayant jamais joué d’autre musique que les études de Dertinj, sont incapables, sortis de là, d'interpréter convenablement la plus simple phrase d un autre auteur?Je crois donc essentiel d’introduire quelque variété dans le choix des ouvrages qui servent à l’enseignement.Par cette méthode, le sentiment, l’intelligence musicale se développent d’une manière plus heureuse, et l’on évite la monotonie, qui engendre si souvent l’ennui et le dégoût de l’étude.Certains professeurs ont pour principe de faire jouer des études d’un degré de difficulté supérieure à la force de leurs élèves.Ils pensent sans doute obtenir des progrès plus rapides en proposant un but plqs éloigné, qu’on ne peut atteindre sans redoubler d'efforts.Je ne partage pqs leur opinion.Jaïqqis talent ne sera pur et correct si, dès les premières leçons, le maître n’a pas su inspirer le goût de la perfection.Loin de rechercher la perfection, l’élève, qui étudie de la musique »u-dessm» "T""— LE CANADA MUSICAL.til de ses forces, se contente d'un à peu pris toujours funeste dans les questions d’art.Peu à peu il perd le sentiment du vrai, le sentiment du beau, et finit par accepter le médiocre comme dernier terme de son ambition.Il est, je le répète, de la plus liante importance de proportionner à la force de l’élève la musique employée pour l'enseignement ; mais, si peu difficile que soit cette musique, elle le sera toujours trop si l’élève ne sait pas étudier.Voilà ce que l’on ! parvient rarement à faire comprendre.L'habitude de travailler trop vite est un défaut contre lequel les professeurs ont sans cesse à lutter; les recommandations a cet égard sont presque toujours infructueuses.Il faut donc recourir à des moyens plus directs, il sera utile, par exemple, de faire répéter à la leçon même, lentement et séparément, tous les passages renfermant une difficulté parliiu-lière.surtout si ces passages demandent une certaine rapidité d'exécution.En un mot, le professeur doit j toujours se préoccuper de la manière dont ses élèves j travaillent en son absence.Il ne saurait trop leur répéter que si les progrès dépendent du nombre d’heures consacrées à l'étude ils dépendent plus encore du soin,- de l’application et du zèle que l'on y apporte.Félix le Coltpet, Professeur au Conservatoire Impérial de musique, (à continuer.) LA QUESTION DU JOUR.La question du jour sera bientôt celle-ci : “ que Fui donnerai-jc pour étrennes?” Question non moins difficile à résoudre que le serait celle de Fapropos d’une confédération universelle,ou de l’extradition d'un Lamirande: question qui plus d’une fois, a plongé dans d’ameres réflexions de sensibles parents, des amis dévoués, mais fort embarrassés de reconcilier ensemble un gousset épuisé et une affection vive et sincère.On nous pardonnera donc une petite suggestion sur le sujet, qui contribuera peut-être à dissiper quelque peu les perplexités de nos aimables abonnés.Constatons donc que ces étrennes qui joignent à l'agrément un enseignement utile et profitable doivement nécessairement l’emporter sur toutes les autres.Les cornets de bonbons, les poupées, les polichinelles, les moutons qui bêlent, ont l'ait leur temps.Les robes de soie, les dentelles, les fourrures, cela est du domaine de la toilette, et tout papa est ipso facto tenu do pourvoir à la garde-robe.Bref, si vous voulez'vous épargner des démarches inutiles et économiser, par un choix judicieux, temps et argent, dirigez vous tout droit chez MM.J.B.Rolland et fils, ou chez MM.Bèauehemin et Valois.Là, vous trouverez en grànde variété, un excellent choix d’ouvrages nouveaux db littérature, d’histoire, de voyages; de biographie et de sciences, ainsi qu’un magnifique assortiment de' livres de piété ot de dévotiouy rkshemeat reliés et «pétille- ment importés, par ces entreprenantes maisons pour les fêtes de Noël et du jour de l’an.Ou bien encore, la personne à laquelle vous destinez un cadeau est-elle tant soit peu musicienne, c’est alors chez l’éditeur de musique que vous devrez vous adresser.Rien, en effet, rie saurait plaire d’avantage à un jeune virtuose que la dernière publication musicale du jour, ou quelque receuil de morceaux choisis, tels que le “ Homo Circle,” le “ Welcome guest,” etc.— ou bien encore, une jolie collection de fraîches romances, ou quelques chants d‘un opéra populaire.Un choix de morceaux d’orgue ou de chants sacrés serait un cadeau très acceptable à présenter à un organiste zélé et fidèle,' — à des chantres assidus et dévoués.Et pourquoi ne pas y ajouter un abonnement au “Canada Musical.Nous commençons, le 1er.Janvier prochain, ia publication de plusieurs articles fort intéressants,-entre autres, une piquante biogra-, phie de llossini ; le moment serait donc bien choisi pour prendre un abonnement qui, de cette date à la lin de l’annee (au 1er.-Septembre, 1867.) n’est que de 75 cents,—encore a-t-on le privilège de reprendre immédiatement en prime, le montant entier de son abonnement en musique, à choisir parmi les vingt et un morceaux désignés sur la première page du journal.Nous nous engageons satisfaire tous ceux qui voudront bien se prévaloir de notre petit conseil et nous faiie visite (au No.260, Rue Notre Dame,) à l’époque des fêtes.Nous apporterons le même soin à l'exécution de toutes commandes que l’on voudra bien nous adresser de la campagne, en y joignant la désignation ou une courte description des morceaux voulus, ainsi que le montant que l'on désire consacrer à cet achat.Toute musique ainsi' coimnadée sera expédiée par nous franc de port, par le retour de la malle.LISTE D’ABONNES AU CANADA MUSICAL QUI ONT ACQUITTE LEUB ABONNEMENT (Suite.') Edouard Marchand .St.Jérome! Mdlle.Valentine Prévost.do Charles Panneton .Jolictle.Les demoiselles du Couvent.St.Aimé.M l’abbé Charlebois.Collège de Ste.Thérèse Timoléon Piché, N.P.St.Paul Abbotigford.Couvent de la Présentation.St.Georges de Hen- ryville.Eugène Brissette .Ste.Elizabeth.Arthur Lavigne*.Montréal.John' L aganiôre.West Meriden.Conn.E.U.M le Dr.Mount .Acton-Vale.Mdlle.Phélanise Cloutier.__-.St.Hyacinthe.M.le Dr.Bondy.Lavaltric.Mdlle.Sophie Dtipont.Yamachiche.(à continuer.) Loi «bonnéi dont' la'ooms (ont luiris d'un* ont doit ¦ la Primm follva'iiat pti saura i««>ii LE CANADA MUSICAL MESSE DE SAINTE CECILE, A QUÉBEC.Hier a été chantée dans l'église Saint-Jean-Bap-tiste une messe solennelle en l’honneur de Sainte Cécile.C’est la première fois, croyons-nous, que cette Sainte est fêlée à Québec comme la patronne j des musiciens, et nous pouvons dire que cette soleil- : nité ne pouvait être inaugurée sous île plus heureux j auspices.Les amateurs de l’Union Musicale, sous 1 l’habile direction de M.Ernest Gannon, ont exécuté, avec une perfection vraiment étonnante, plusieurs morceaux des maîtres les plus célèbres.Comme l’espace nous manquerait p.utr faire une appréciation détaillée de chacun de ces morceaux, voici l’ordre dans lequel ils ont été exécutés.Entrée.—improvisation sur 'e premier prélude de J.S.Bach et sur le célèbre air d’cglise de Stradella, par M.Ernest Gagnon.Kyrie—Haydr.(2de.messe).Solo par Mlle.Dupré.j^Gloria—Mozart (I2e.messe).Quatuor—(Quoniam) Mlles.Dupré, et Dugai.M M.Plainondon et Legendre—Le Ctun Sanclo Spirilu a été enlevé avec un entrain admirable.Au graduel—Jve Maria sur le premier prélude de Bach.Le motif donné d’abord avec justesse et pureté sur le violon par M.Lavigueur a été répété par Mlle.Dupré avec une ampleur, une puissance d’expression qui ont ravi tout l’auditoire,.Le trait final, dans lequel la voix parcourt plus dé deux octaves, du si aigu au sol grave a été rendu avec une indécible richesse de vocalisation.Credo—Mozart—(12e.messe).Les chœurs ont été chantés avec une ensemble remarquable, et le solo parfaitement rendu par M.Plamondon accompagné avec précision par Mlles.Vézina, Dugai cl par M.Leclerc.Offertoire—Elégie de Ernst pour violon exécuté par M.Lavigueur qui a joué avec un fini d'expression, tout il fait artistique, et qui dans un aussi vaste ! édifice que l’église Saint-Jean a su cependant faire beaucoup d’effet.Sanctus—Weber.Benedictus quatuor rendu délicieusement par Mlles.Rousseau et Gourdeau et par MM, Marmotte et Gingras.Agnus.Haydn (2de.messe).(Soli par Mad.Pichelte, Mlle.Dugai, M.Drolet ef Leclerc.) Ce chef d’œuvre du grand compositeur commence par un adagio délicieux.Le dona ' nobis paeem qu’il développe avec complaisance, a été exécuté avec un ensemble parfait.> Sortie Orgue, Lefébvrc-Wély, par M.Gustave Gagnpn qui était chargé aussi de l’accompagnement des différentes parties de la messe.L’accompagnement est un art plus difficile qu’on ne le croit généralement, et certainement M.Gus- tave Gagnon mérite des éloges pour le goût et l’habileté qu’il a montrés dans le choix et:la combinaison des différents jeux.Jamais peut-être le bel orgue do Saint-Jean n'avait paru avec autant d’avantage.En résumé, nous pouvons dire que tous et chacun des morceaux chantés et exécutés, l'ont été avec un, talent, une perfection qui décelaient plutôt des artistes que dns amateurs.M.Ernest'Gagnon doit être heureux du succès qu'il vient d’obtenir et qui ie dédommage amplement des peines et du travail qml s’est imposés pour fêler dignement la patronne dos musiciens.Nous apprenons avec plaisir que les membres de V Union Musical, pour honorer son mqrite.et lui témoigner leur reconnaissance, lui ont présenté un magnifique bâton-mesure en bois de rose, richement monté en argent et sur lequel est ciselé une lyre d’argent entourée d’un ruban, avec cette inscription : • J M.JCrncsl Gagnon, a l'Occasion du ‘22 Xovmhre IStifi.La quête du jour a été faite au profit des incendiés et nous avons lieu d’espérer qu'elle a été abondante.Le sermon a été prêché par M.l’abbé Lagacé, qui avait pris pour sujet : De l'art musical au point de vue religieux.Nous ivavons que le temps de dire que le discours de M.Lagacé, couronne dignement cette belle solennité.Pour la forme et les idées, c'est un chef d’œuvre digne de figurer à côté des meilleurs discours religieux prononcés sur un pareil sujet.— Le Courier du Canada, 23 Novembre, 1866.CONSEILS DE ROBERT SCHUMANN AUX JEUNES MUSICIENS, TRADUITS PAR I.’AUIÎE FRANCOIS I.ISZT.(Suite.) —Ne vous laissez pas séduire par les applaudissements qu’obtiennent de grands virtuoses; préférez toujours les éloges des artistes à ceux de la multitude.— Tout ce qui vient avec la mode s’en va avec elle, et si vous ne vous appliquez à jouer que ce qui est de mode maintenant, on viellissant vous deviendrez insupportable à tout le monde et no serez estimé de personne.— Beaucoup jouer dans le monde, a plus d’inconvénients que d’avantages ; tenez compte de votre public, mais refusez fermement de jamais jouer une pièce dont vous rougiriez ailleurs.— Ne négligez aucune occasion de faire de la musique avec d’autres personnes, en duos, trios, etc.Ces exercices rendront votre jeu coulant et lui donneront du mouvement, de la couleur.Accompagnez souvent les chanteurs.— Si tous les artistes voulaient être premiers violons, ,on ne pourrait pas organiser un orchestre.Ainsi respectez la position de chaque musicien. LE CANADA MUSICAL.63 Calendrier Mensuel et guide des Organistes et Chantres pour les Offices deà Dimanches et Fetes.Ce mois a 31 jours.Consacre a 11 miiiaculce conception DECEMBRE, de la Sainte Vierge Marie.Décembre, (du latin December), a été ainsi nommé parce qu'il était le 10c mois de l’année Romaine.' • Fêtes Religieuses.t.I'llÉllÉlUDf.S MUSICALES ET NATIONALES.K loi.N'ai' sauce de Lai'ont, 1701.Iw.»S
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