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Titre :
Le Canada musical : revue artistique et littéraire
Canada musical rapporte des nouvelles du domaine de la musique en provenance du Canada et de la France. Elle met particulièrement en valeur la carrière de jeunes musiciens tels Emma Albani, Frantz Jehin-Prume, François Boucher et Oscar Martel.
Éditeur :
  • Montréal :A.J. Boucher,1866-1881
Contenu spécifique :
mardi 1 juin 1875
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Boucher et Pratte's musical journal
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Le Canada musical : revue artistique et littéraire, 1875-06, Collections de BAnQ.

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.nn^iM ;(¦ "¦•h'-H'iii ifil ,'[Hi: i.iWiHnii fjttMfc-tX?If'l 11 i ’ crew's' CANADA MUSICAL Revue Artistique et Littéraire PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS.Un Morceau tic Musique accompagne chaque Numéro.2e Année.Nouvelle Série.No.2.A.J.BOUCHER Editeur-Proprietaire No.252, Rue Notre-Dame MONTREAL.n,.|;V:li|' i;'l|'.!•',; fl’ ••.rür'l'.pil^rj^gfej i l"iM'il|.!:i|j.¦i'üt.i: '.iiü p: .'j.i -I .if j¦¦].’Il'-j.,i • 'i11 >: i~ w uyu wvv wvn.n.,TiKrw \ïiHiVll H l'i1 i ; ir‘i r" uv^ •~ ' • ¦ ji 'h : liil’imm™ nm mn ïïnim lïïnfnoiiufflrfniïïi ni hi mnaffinpiiiinniüt imïni i M.uw^OOi.m 1er Juin 1875.SODVCn^Æ^-IïaE : Choix de Chants Sacrés pour les Dimanches et les principales Fêtes des mois de Juin et do Juillet.Notice biographique sur l'eu Messire Barbarin.Portraitde l'eu Messire Barbarin.Cantique [noté] au Sacré Cœur.Biographie do Mademoiselle Emma Albani Lajounesse, [suite].Musique : Le Drapeau de Carillon, Romance dramatique par Ch.W.Sabatier.Visite à la manufacture des Orgues-J lurmo-niums-Alexandre, à Ivry-sur Seine, [suite].Concours de l’Académie do Musique de Québec.Echos do partout.Plaisanteries.A nos abonnés.Notes artistiques du mois.Adresses.Bulletin mensuel do publications nouvelles.Variétés musicales.Mariages.Déménagements.A la presse.Calendrier et Guide des Organistes et Directeurs de Choeurs, pour lo mois de Juin.Pianos Hazelton et Orgues-Harmoniums Alexandre.II! I i » M •itiiiuil«i;iaiMii.i.iiiii.liiln 'il1 ' Un superbe portrait lithographie de feu Messire Barbarin accompagne te present Numéro, 02^25088^832^176990834^4 ^971400823 18 LE CANADA MUSICAL, CHOIX DE CHANTS SACRES FOUI?l&fê BilËftlOSlii @t IBM PplxiMp®i'©ii WB%BM DES MOIS DE JÏÏI1 ET JUILLET .(Notre Catalogue complet comprend près de 500 Motets différents.) Motets ail St.Sacrement et pour Fetes spéciales.[Pour l'Octave du St.Sacrement.] AYE VERUM.Barili Solo de T.ou S., ,50cts AVE VERUM.Klein Trio S.T.et B., .COets ECCE P AXIS.Cherubini Solo de Soprano, ,40cts JESU DEI VIVI.Verd Trio pour S.T.et B., ,30cls JESUM OMNES AGXOSÜITE.Bidder Canon à 4 voix, ,50cts LAUDA SION.Lambillotte Choeur, ,50cts O SALUTARIS IIOSTIA.Xeukomm Duo pour deux Dessus ,50cts 0 SALUTARIS IIOSTIA.l’nnofka Solo de Mezzo-Soprano, ,35cts O SALUTARIS IIOSTIA.Zimmerman Solo de Soprano et Choeur, .SOcts, [Pour la Fêle du Sacré Coeur.] O COR AMORIS.Lambillotte Solo et Choeur, .SOets O COR AMORTS.Rondinella Duo pour S.et A., ,40cts QUID RETR1BUAM.Lambillotte Solo et Choeur.,70cts [Pour la File de St ¦ Jean-Baptiste.] JUSTUS UT PALMA.Lambillotte Duo pour T.et B., .GOcts [Four la Fêle de St.Pierre.] TU ES PETRUS.Desvignes Chœur, ,70cts Motets a la Ste- Vierge, pour Saluts, Etc.Collections de Chants Sacres, Recueils d’accompagnement de Plain-Chant, Etc.LA MESSE ROYALE.Dumont Ilarmoniséc d'après Novello, par A.J.Bouclier 20 cts.l'exemplaire ou $2.00 la douzaine, (plus.12 cents pour envoi par la poste.) LA MESSE DU SECOND TON.Harmonisée îi 4 voix, .1 Acts SUPERBE PORTRAIT LlTHOCrRAP1IIÊ DE FEU MESSIRE BARBARIN, Sur pnpicr-lnxc, grand format, prix 25 cents, net.AVE MARIA.Cherubini Solo, 35 cts AVE MARIA.De Doos Solo de S.ou T., 0 30cts AVE MARIA.Lambillotte Duo, 40ets AIE MARIA.Lejeal Duo, 35cts AVE MARIA.Millard Solo, GOcts AVE MARIA.Miné Solo de Tenor et Chœur, 75cts AVE MARIA.Owen Canon, S.A.et T.COcts AVE MARIA.(Inst.Smith Solo de Soprano ou Tenor, 40cts JE MARIA.Wallace Duo, 35cts AVE MARIS STELLA.Proch Solo, 50cts BEXEDICTA MARIA.Lambillotte Solo de Baryton et Chœur, 90cts EGO MATER.Xeukomm Solo et Chœur, $1.00 MEMORARE.Lambillotte 5010 et Chœur, 60cts MOXSTRA TE.Lambillotte Quatuor, 50cts O GLORIOSA DOMINA.Lambillotte Chœur, 60cts SALVE REGINA.Davis Solo, 50cts SALVE REGINA.Millard 5011 et Chœur, GOcts SUB TUUM.Danjou Solo de Basse et Chœur, GOcts TOTA PULCIIRA ES.Lambillotte Solo de Basse et Chœur, 75cts CHANTS A MARIE.Lambillotte Les trois parties réunies, avec accompagnement pour l’Orgue, l vol.grand in-8, relié, $G.OO Morceaux détachés des GRANDS SALUTS de Lambillotte : Ire et 2e Collections ; de 30 cts.h $1.25 La collection des PETITS SALUTS de Lambillotte comprenant les 20 morceaux suivants : Ire Livraison : O Salutaris [Do] Duo, Inviolata[Zlo] Duo, Ave Verum [Nofl Duo ou Solo, Omni die [Sol] Duo, 2e Livraison : O Salutaris [Mi-bémol] Duo, Ave maris Stella [Do] Chœur, In illo tempore [Si-bémol] Chœur, O cor amoris [Do tnincur] Solo, 3e'Livrnison : Eccequam bonum IMi-bémol] Chœur Alma Redemptoris [Sol] Solo, Ave Maria [Si-bémol] Solo, Tantum ergo [Mi-bémol] S.et Chœur 4e Livraison : O Salutaris [Do] Duo, Ave Maria [Sol] Solo, Justus ut palma [Mi-bémol] Duo, Tantum ergo (Si-bémol) S.et Choeur 5e Livraison : Ecce panis (Si-bémol) Solo, Salve Regina (Do-mineur) Solo, Motet pour St.J.-Bte.(Si-bémol) Duo Tantum ergo (Sol) Solo et Choeur.La Collection complète,.net, $7.75 Ces livraisons ne se vendent pas séparément.LE REPERTOIRE DE L'ORGANISTE.Labelle Recueil de Chant Grégorien, net $8.00 LES CHANTS DE L’EGLISE.Lngacé Harmonisés pour l’Orgue.net 512.00 LE MEMORARE.Werner Collection de Messes, Antiennes, etc., net 52.75 LYRA CATHOLICA.Wilcox Recueil de Motets, Messes, etc.net S2.50 HYMNS AND HARMONIES, for Catholic Schools and Homes.—Choix de Cantiques nouveaux paroles anglaises, 35cts CHANTS LITURGIQUES, extraits du Graduel, du Vespéral et du Processional ; in-18.GOcts On expédiera les morceaux mentionnés ci-dessus,—franc déport,—à touto adresso en Canada ou aux Etats-Unis, sur réception du prix marqué.En commandant des Cahiers reliés cependant, on devra ajouter le prix du port.On trouvera constamment chez A.J.BOUCHER, La Petite Chapelle, (1er Vol.83.00, 2o Vol.83.50), Le Trésor des Organistes, (2 Vols : 83.00, chacun), Le Service des Chapelles, (1 Vol ; 82.50), ainsi qu’un choix varié de Musique d’OitarE, Méthodes d’Orgue et d’IIarmonium, etc., etc. "§Â ¦ Z'ü-'tKl-i MMM '¦ t«5e5KK‘-‘7\-N"™“ tviWflVfr cx-t.JU/.f £riA,é ' Tfi Ai- ? > rv .n .¦ , —W- t==|r: -s-i Du flot im - monde, O Dieu vainqueur I Sau- —i * i .ivzr-rd vez Rome cl le monde.Par vo-tre Sn-cré Cœur, Sau r.fcis Ml m- * * m- zj-jt:did*- rt=£=r£ =g) — vezRomect le monde, Par votre Sa-cré Cœur.2me.Cjüi’I.f.t.—Pitié, mon Dieu ! sur un nouveau Calvaire Gémit le chef de votre Eglise en pleurs.Glorifiez lo successeur de Pierre, Par un triomphe égal à ses douleurs.Du flot.:!me.Cour: et.—Pitié, min Dieu ! pour tant d'hommes fragil s Vous outrageant sans savoir ce qu'ils font, Faites renaître, en trails indél-biles, Le sceau du Christ imprimé sur leur front.Du flot.! 4>t".Couri.ET.— Pitié, mon Dieu ! votre Cœur adorable A nos soupirs ne sera pas fermé.Il nous convie au mystère ineffable Q.ii ravissait l’apôtre bi n-aimé.¦* Du flot.« 5me.Couri.ET.—Pitié, mon Dieu ! la Vierge lmmacuFe N'a pas, (n vain, fait entendre sâTvoix.Sur cette t -rre ingrate et désolée Les fleurs du ciel croîtront comme autrefois.Du fl t.On peut se procurer ce cantique noté on feuillet, en s’adressant chez A.J.Boucher, Editeur do Musiquo, 252, Rue Notre-Damé, Montréal.Prix : 25 cts.la douzaine.par ta Napoléon Legendre.(Suite) Une des choses sur lesquelles M.Lajounosso insistait beaucoup, dans los leçons qu’il donnait à sa fille, c’était la lecture à prcmiôro vuo.Il lui faisait déchiffrer toute la musique qui lui tombait sous la main : uno ouverturo classique ou uno polka de salon, une sonate ou uno partition d’opéra réduito pour le piano.Elle avait pour ce travail une aptitudo extraordinaire.Emma Lajounosso avait cola do commun avec notro puanisto distingué, Calixa Lavallée: elle jouait un morceau par intuition ; ollo dovinait plutôt qu’elle ne lisait.M.Lajounesse était extraordinairement fier do co talent ; mais il y avait uno chose surtout qui lo transportait d’aise.—Je lui mets sous los yeux, disait-il, uno sonate do Beethoven, puis, lorsqu’elle en a déchiffré la moitié, je ferme lo livre ; ollo continue alors à improvisor dans lo mémo style d’une manière étonnante.Sa mémoire musicalo était prodigieuse.Souvont, on faisant sa promonado, ollo entendait jouer, par la musiquo militairo, un morceau qui la frappait.Ello l’écoutait tout on causant, puis, rovonuo chez elle, ollo écrivait la pièco d’un bout à l’aiilro pour lo piano ou la harpe, et la jouait sur son instrument.M.Lajounosso, lorsque sa fillo eut acquis uno cortaino habileté, allait, do temps à autre, avec elle, dans los princ-paux villages dos environs do Montréal, donner des concerts.Ello chantait, jouait lo piano, la harpo et l'harmonium ; lui so chargeait do la partie do violon.Sur tous ses programmes, il y avait uno noto qui invitait lo public fl, présenter entro la promièro et la secondo partie, un morceau ou doux que la jeune pianisto devait lire à promièro vuo.Ello s’est toujours tirée avec honneur do co pas périlleux.A co propos, il nous revient un fait qui s’est passé, croyons-nous, dans lo villago do Boauharnois.La première partie du concert avait été donnée avec beaucoup do succès.L’intormèdo arrivé, M.Lajounosso attend que quoiqu’un apporto le morceau do riguour.Un certain temps so passe ; personne no se présente.L’im-pressario jette un regard dans la salle : rien no bougo.Il s’avance sur la scène, ot attire l’attention du public sur la note qui lait partie du programme.On applaudit beaucoup ; mais lo morceau demandé n’est pas apporté.Lo fait est que personne n’avait songé à, cette potito formalité.M.Lajeunosso attend encore quelques instants, puis l’impatience commence il le saisir : il arpente fiévreusement l’arrière-scène.—Est-ce qu’on craindrait, se dit-il, quo ma fille ne fût pas à la hauteur do la tâche ?Finalement, il n’y peut plus tenir.Il sort do la cou-lisso ot déclare au public que si l’on no se conforme pas au LE CANADA MUSICAL.00 mJ programme on produisant lo morceau requis, il vasuspcn-dro lo concert et remettre l’argent.L’auditoire chuchote pendant quelque temps ; mais lorsqu’on s’aperçoit quo l’incident monaeo do se terminer jd’une manière sérieuse, quelqu’un de bonne volonté estdé-pêché dans uno maison 'du voisinage et revient avec un morceau qu’il s’empresse d’offrir.La jounc pianiste le joue sans hésitation : lo sourire renaît sur lo front soucioux du père ; le public applaudit, ot lo concert, qui avait failli so scindor d’une manière abrupte, se termine avec un entrain extraordinaire et au milieu dos applaudissements les mieux mérités d’ailleurs.Emma Lajounessc avaitdébuté à Montréal, à l'âge de huit ans.“ Elle recueille des couronnes sur nos théâtres, disait un journal du temps, comme elle cueillerait des fleurs dans les champs, plutôt pour s’en parer que pour en tirer un sujet do gloire.Elle ignore son talent et chante par instinct, par besoin, et rien ne l’étonne plus que l’enthousiasme qu’elle fait naître.Encore dans la première enfance, ello échangerait volontiers son cerclo d’admirateurs contro les amusements de sa poupée.” Nous assistions, quelques années plus tard à un concert qu’elle donnait au Mechanics' Hall, avoc son père et un chanteur anglais dont le nom nous échappo.A trois qu’ils étaiont, ils avaient à remplir tout le programmo qui, grâce au talent do la jeune virtuose, était encore assez varié.Emma Lajeunesso avait joué plusieurs morceaux do piano et un morceau de harpe.Elle avait en outre chanté, en s’accompagnant do sa harpe, lo Salut à la France do La Fille du Régiment.Nous nous rappelons quo ce morcoau fut accueilli avec beaucoup do faveur.Mais on était encore loin, alors, de deviner, sous la timide jeune fille, l’éminente cantatrice d’aujourd’hui.Le 12 septembre 1862, la jeune artiste se faisait cncoro entendre au même endroit, aidée, cotte fois, do sa jeune sœur Cornélio.Lo concert était sous lo patronage do Sir Fenwick Williams ot do son état-major, du lieutenant-colonel Coursol et du mairo do Montréal, l'hon.C.S.Nodier.Emma Lajeunesso y remporta un véritable triomphe.Les applaudissements les plus vifs l’accuoilliront chaque fois qu’elle parut sur l’estrade ; mais l’enthousiasme fut réel lorsqu’elle exécuta, à premièro vue et d’une manière tout-à-fait remarquable, les Murmures Eoliens de Gottschalk Nous ne pouvons résister au désir de citor ici quelques lignes d’un article écrit à ce sujet par M.A N.Montpetit.On verra que les prévisions de l’écrivain se sont réalisées : “.Nous pourrons constater les progrès passés de la jeune ar- tiste et nous prendrons un point de dé| art pour juger de ses progrès à venir.Car si elle se rend à Paris, ce n'est que pour arriver à une plus grande perfection dans son art.Elle nous reviendra quelque jour avec un nom célébré, nous avons du moins raison de l'espérer.Nous souhaitons du succès à notre jeune compatriote, parce que sa gloire sera la nôtre, parce qu’elle mérite de voir couronner ses longs travaux, et surtout parce qu’elle a une dette de reconnaissance à payer à son père, homme de sacrifices qui depuis quatorze uns, surveille avec la plus grande sollicitude l’éclosion de ce beau tahnt." En dehors do son talent do chantouso, on entrevoyait on ollo nno pianiste do renom ; ot lorsqu’elle réduisit poulie piano touto la partition do la grande cantate composée on l’honneur du prince do Galles, par le regretté Sabatier, ce pianisto éminent fit lui-mêmo lo plus grand éloge du talent de la jeune fille, et lui prédit un brillant avenir.Sabatier no s’est pas trompé, seulement la jeune artiste a changé d’instrument.Le public de Montréal avait ou plusieurs fois l’occasion d’entendre Emma Lajeunesso et d’applaudir à ses succès, lorsque, on 1862, elle rentra (1) au couvent du Sacré-Cœur, auSault-au-lîécoIlet, pour continuer son éducation littéraire, quelque pou négligée jusqu’alors.La musiquo, toutefois, no dovait pas ôtro reléguée au second plan.Emma Lajounessc avait, à cotte époque, manifesté déjà lo désir d’entrer dans la vio religieuse.Etait-ce Çno vocation réelle, ou n’était-ce pas plutôt uno de ces vagues aspirations, ou cette soif mystique d’un dévouement indéfini quis’emparo du cœur des jeunes filles à un certain moment de leur existence ?Nous croyons que cette dernière hypothèse est la plus probable ; car, avec lo grand fonds de véritable piété que possédait la jeune pensionnaire, si ello eût été réellement destinée à l’état religieux, nous ne doutons pas qu’olle n’eût suivi la voix qui l’appelait.Elle avait d’ailleurs pour supérieure ot directrice la re.grottéo madame Trincano, dont la science profonde et la vortu éclairée sont encore si présentes au souvenir de la ville do Montréal.Cette fommo distinguée n’aura pas manqué de saisir le fond du cœur do sa jeune élève, et ses conseils ont dû la guider dans lo choix qu’olle a fait.Au couvont, Mllo.Lajeunesso menait une vio simple, peu bruyante, et réservée.Quoique sérieuse d’habitude, ello avait, cependant, ce talent d’entraîner, à un moment donné, toutes ses compagnos do classe dans un irrépressible éclat do rire.Impossible, alors, de lavoir et l’entendre sans prendre part à l’hilarité devenue contagieuse.Sous ce rapport, elle a changé depuis lors ; scs voyages et ses fortes études ont imprimé à son caractèro un sons sérieux et réfléchi, et il lui arrive rarement, maintenant, de se laisser aller à un franc éclat do rire.Uno chose qu’elle n’a pas perdue, néanmoins, c’est son aimablo simplicité.Les grands succès no l’ont point ren-duo vaine ; son cœur est de ceux que la gloiro élève sans les gonfler.A part les explosions do cotte espièglerie qui se faisait jour do temps à autre, c’était uno timide jeune fille qui glissait silencieuse par les longs corridors, ou rêvait seule dans un coin aux heures do la récréation.Toujours vêtue modostomont, avec une cortaine négligence même, ollo faisait preuve de la plus parfaite indifférence pour cotte apparonee extérieure que les jeunes filles ont coutume de priser si haut.Sa magnifique chevelure était nouée sans soin et sans prétention ; lo hasard étaitsou-vent son unique coiffeur.Cotte simplicité no laissait pas que d’être assoz remarquable, au milieu d’une pépinière do jeunes filles dont un grand nombre, venuos du pays voisin, faisaient assoz volontiers parado do leurs toilettes et do leurs bijoux, aux heures, du moins, où il lour était permis do se départir de la froide-sévérité do l’uniforme réglementaire.Il y avait, néanmoins, un moment où, malgré sa modestie, elle brillait nécessairement entre sos compagnos qt les effaçait même complètement.C’était lorsque sa voix pure s’élevait dans lo silence do la chapollo, ot, pour l’oreille de Dieu soul, trouvait de cos accents angéliques qui lui ont ouvert plus tard les portes du temple de la célébrité.Ou bien encore, lorsquo sous ses doigts inspirés l’orguo du couvont faisait planer sur la foule recueillie, de cos suaves mélodies, (x) Elle avait déjà suivi les cours de cette institution quelques années auparavant. LE CANADA MUSICAL.23 do ces harmonies saisissantes qui ne peuvent être que l'écho d’une âme à laquelle le Créateur a donné ce mens divinior qui fait chanter les poètes, Ce n’était plus la modeste jeune fille, c’était l’artiste qui se révélait.On le sentait, on le comprenait de cotte vague perception qui emprunte do sos réticences mêmes je no sais quel charme mystérieux.Emma Lajeunosso était déjà, à cotte époque, d’une force remarquable sur le piano.Elle commençait maintenant à comprendre la portée do ses travaux, et elle s’appliquait à l’étudo do son instrument avec autant do zèle quo d'intolli-gence.Elle se livrait même au travail do la composition, et ses compagnes se rappollcnt encore certaines “ Variations ” sur le Home, sweet home, que leurs jeunes imaginations mettaient bien ari-dessus de celles do l’immortel Thal-berg.M.Lajounesse était un des professeurs de la maison.Il partagoait cette tâcho aven M.Gustave Smith, un do nos musiciens les plus érudits.Il nourrissait dès lors le projet de passer en Europe avec sa fille, pour lui faire entendre les œuvres des maîtres et la mettre sous la direction d’un professeur do renom.Il avait même été question, à Montréal, d’une souscription organisée dans'lo but de subvenir aux frais do voyago ot d’études do la jouno musicienne sur le eontinont européen.On considérait la choso au point de vue do l’honneur national.Nous ne saurions trop dire pourquoi ce projot n’a pas eu de suite.Il nous semble, cependant, que ceux qui l’avaient formé n’étaiont pas dans le tort ; l’événement, du moins, leur a donné raison.Quoi qu’il en soit, ot comme dans toutos les choses humaines, d'ailleurs, les avis étaient partagés.On argumentait de part et d’autre.La discussion devint mémo publique et ee fit jour dans les feuilles do la ville, notamment dans l'Ordre, si nos souvenirs ne nous trompent pas.Notre intention n’est pas do ramonor devant nos loc-teurs un sujot qui a déjà donné lieu dans le temps à trop d’explications acrimoniouses ; mais nous no pouvons nous empêcher de faire remarquer combien, souvent, il est imprudent de venir, pour dos motifs honnêtes sans douto, mais certainement indiscrets, so jeter on travers d’un bon mouvement, ou enrayer un projet qui, pour no pas donnor la certitude immédiato du résultat attendu, no peut copondant faire tort à porsonno.Dans le douto, il vaut mieux s’abstenir, c’est la maxime do la Sagesse.M.Lajounesse fut probablement découragé par ces difficultés, ot crut qu’il perdrait à les vaincre un temps précieux.* Dans tous les cas, il avait une fui inébranlable dans l’avenir do sa fille, et il prit un moyen tormo qui trancha la difficulté.En 1864, il partit avec sa famille pour les Etats-Unis ot alla s’établir à Albany, capitale de l’Etat de Now-York.C’était déjà un horizon plus largo et un achominomont vors un théâtre plus proportionné à l’étendue do scs espérances.Les promiors temps furent difficiles sur la terro étrangère, mais Emma Lajounesse avait déjà un mérito qu’il était difficile do no pas remarquer.Ello trouva, d’ailleurs, dans l’évêque d’Albany, Mgr.Conroy, un protocteur plein do bienveillance.Emma L ajeunesso avait également été protégée par M.Olivier Houle, mort à Albany, le 25 février 1875.Il lui fit avoir dos leçons dans le couvent de colto ville ; elle obtint, on outre, par son entremise, une place d’organisto et do premier soprano dans l’église do St.Josoph.Ello no put toutefois garder son orgue que pendant un an.Ce travail trop fatigant pour sa constitution délicate, compromettait sa santé à un tel point qu’ollo dut y rononcer.Mais elle continua à tenir son emploi de premier soprano et, cliaquo dimancho, son chant remarquable attirait à l’é-gliso uno foulo inaccoutumée et ompresséo que la soûle piété n’y aurait probablement pas conduite.Emma Lajounesse se rappelle ces jours parmi les plus heureux do son existence, et les grandes émotions qu’ollo a éprouvées sur les théâtres d’Europe sont encore impuissantes à effacer le souvenir de ces fêtes religieuses dont lo charmo, quoique lointain, vit encore tout-entier dans son cœur.Lo nom qu’ollo a pris, d’ailleurs, dit assoz quelle touchante mémoire ollo garde de cotto première périodo do sa vio d’artiste.Après un séjour do plusieurs années à Albany, M.La-jeunesso, avec scs économies ot colles do sa fille, ot à l’aido d’un concert oà la population do la ville s'affirma avoc uno libéralité enthousiaste, se trouva en moyens de passer on Europe.Emma Lajeunosso avait d’ailleurs rencontré dans madame la baronne do La Fitto une protectrice qui lui fut d’un grand secours dans cotto entreprise difficile.Yoilà donc notre jouno musicienne rendue dans cette grande ville do Paris, borceau des arts, terre promise des chanteurs, foyer resplendissant où convergent tous les talents, et d’où ropartent los réputations établies, comme autant do rayons chauds et lumineux qui vont répandre par le mondo los lueurs ot la flamme du génio.Elle y trouva, dans sa rotraito, Duproz, lo roi des ténors, qui se consolait do la porto de sa voix on consacrant au service du talent novice oncore les fruits do sa glorieuse expérience.Le maîtro vit do suito qu’il avait sous la main tin sujot précioux, uno future étoile, comme on dit on tormos du métier.—Yos nerfs ne sont pas assez solides pour parvenir avec le piano, lui dit-il, surtout avec lo piano comme on lo traito do nos jours.Yous êtos née rossignol, suivez les instincts do votroraco : noblosso obligo.La jeune fille a ou foi dans la parole du grand ténor : qui oserait diro, maintenant qu’elle n’a pas ou raison.Pondant près do doux ans ello suivit avoc zèle les leçons de Duproz ; puisant les .enseignements do ectto bouche même qui avait fait délirer tout Paris.En dehors do son travail réglé, ollo écoutait, ello comparait ; ello butinait partout ot goutte à goutter, los inspirations do l’art sur los pages brillantes des maîtres, comme l’abeille bulino son miel sur les fleurs choisies d’un parterre.C’est là qu’a commencé sa vie véritablo ; c’est à ce contact quo son fimo sympathique a laissé entrevoir l’étinccllo sacrée qu’ollo rocolait.Après-avoir donné à son élève tous les secrets do son art, Duproz comprit qu’il devait l’envoyer à un maîtro spécial pour la perfectionner et la préparer au giand avenir qu’il entrevoyait pour elle.(A continuer.) 24 LE CANADA MUSICAL LE DRAPEAU DE CARILLON.Paroles de OCTAVE CREMAZIE.Musique de CH.AV.SABATIER.O Ca - ril-lon, je LARGEMENT.A zzp 070 'S—9 & ' -62 •ex— - h.La-[Le 25] “ L’Elisée ” do Mendelssohn exécuté par la Société Harmonique valtrie.] j do New-York, 1851.St.Jean-Baptiste, Patron du Canada.Grande célébration nationale fi Montréal : 20 sections, 20 sociétés St.Jean- Baptiste du Canada ot 30 dos Etats-Unis prennent part à la fête, 1874.St.Guillaume, C.[40 h.St.Bock de Jubilé musical Canadien, à l’Uo Ste.Hélène, sous la direction doM.J.-B.l’Achigan].SS.Jean et Paul, MM.Labcllo.Convention nationale au Gésù, 1874.Mort do Ilouget de l’Islo, compositeur do la Marseillaise, 1832.tisto, [378].Mémoires du VI Dimanche après la Pontecôto, [261] ot de St.Léon : Sacerdos, [524, v, Amavit, [523], 28|L.| Vig.Jeûne.St.Léon, P.C.iGrand incondio à Québec, —1315 Lâtissos détruites, 1845.29.M.SS.Pierre et Paul, Ap.[40 h.St.Jacques le Mineur].D’obligation.Ire Classe.Messe Royale.[Oficrtoiro : Tu es Petrus].2dos Vêpres des Apôtros, [49S].Hymne : Decora, [386], v.Annuntiaverunt, [388].A Magn.llodie, [388].30;M.|Com.do St.Paul.Décès de Signor Sapio ; il avait été Professeur do Musique do Mario-Antoinette, de la Duchesse de York, ot de la Princesse de Galles, 1828. LE CANADA MUSICAL.04 figg- Afin do répondre aux nombreuses commandes qui nous sont adressées pour instruments, nous avons résolu d’établir dans notre 1ST O.252 iel tt :s notre [BATISSE DES ER.SS.DE LA CONGREGATION N.-D.] UN DEPOT DE 33:33 ZPZO-EZIVIIIEZH CHOIX.mm, CftlS f£5il mm Nous avons la satisfaction d'informer le public musical que désormais, nous aurons constamment en mains fôg* UN CHOIX VARIE DES CELEBRES ET DES r( ID IE PARIS.) Nous nous abstenons de reproduire ici les innombrables certificats et les témoignages irréfutables qui constatent LES MERITES HORS LIGNE de ces instruments TOUT-A-FAIT SUPÉRIEURS, les seuls noms de IIAZELTON et d'ALEXANDRE étant suffisamment connus et appréciés de tous les dilettanti aussi bien que des virtuoses les plus estimés.Nous offrons ces instruments pour COMPTANT seulement, persuadé que 1103 pratiques, en s’épargnant les lourds intérêts qu’entraînent nécessairement de longs délais accordés, trouveront, tout aussi bien que nous, leur avantage dans les PRIX TRÈS MODÉRÉS que des conditions au comptant nous permettent d'établir pour ces INSTRUMENTS DE PREMIERE QUALITE, que nous serons ainsi en mesure d’offrir à des PRIX MOINS ELEVÉS que ceux demandés souvent pour des instruments de qualité très inférieure.Tout instrument vendu par noies sera pleinement garanti pendant G IRQ ans.Nous attirons particulièrement l’attention des MAISONS D’EDUCATION, des élèves de musique, de tous ceux qui désirent un instrumen durable à bon marché, des familles qui tiennent à conserver leur piano de luxe, au PIANO-ETUDE-ALEXANDRE, (de Paris), DE 7 OCTAVES,—CAISSE EN VIEUX CIIÉNE OU NOYER, $160 EDITEUB "DIE nwETTSK^TTIEL Que nous vendons au prix net de
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