Le Canada musical : revue artistique et littéraire, 1 novembre 1875, lundi 1 novembre 1875
l!ll! |llll'IH|||'!|H|'IHI"t!il'l|rtl , l'HiMt* ¦ IMUltlUM l'IM |;ii - • = l ! v: I ¦ lr smeca s_ LE CANADA MUSICAL Rsyus Artistique et Littéraire PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS.Un Morceau de Musique accompagne chaque Numéro.2e Année.Nouvelle Série.No.7.1er Novembre 1875.é t -a r ;i M ^ à - A.J.BOUCHER Editeur-Proprietaire No.252, Rue Notre-Dame lb MONTREAL., fer i •: .C.nîi ! Huila.m q| T: : i : .* I : ,Vf iivcllcs.Compositions favorites, pour Piano e Les Musiciens du temps de l'Empire, pur Léoi SOUSÆHVC AIRE : Leçons de Violon, de Chant et de Piano, lloninnces nouvelles.Chant, de M.Solomon Mnzurelte.Poésie : A M.Ch.Gounod.Les .Musiciens au temps ae l’Empire, pi Kscudier, [Suite.J Leçons de Piano et de Solfège.Les Requiem célèbres, par Josjpli D'Ortigue.(liasse du Soir.L'Académie de Musique de Québec.Musique: VUrphHine, Romance, paroles de M.-l’Abbé Van Dennesi musique de II.Cartol.Concerts du mois dernier.Musique nouvelle reçue.Votes sur les Conservatoires d'Italie, par Albert De Lnssalle.Annonces.Nos artistes favoris.Décès.Réparation de pianos, Variétés Musicales.Inc Romance nouvelle.Pianos Hazelton.Musée Le Chevallier.Calendrier et Guide des Organistes et Directeurs de Chœurs, pour le mois de Novembre-Décembre.Art et Charité : raille d’un Piano de $G30.0U, au bénéfice des RR.Sœurs de la Miséricorde,—Billets $1.00.A SJ ; MUBI® —'U'** Abonnement : $1.00 par an, payable cV avance.lOcts.le numéro séparé.Imprimé par J.B.Laplanïe, 43, Ruo St.Gabriel, Montréal. 98 LE CANADA MUSICAL.Leçons do Violon Violoniste de Sa Majesté le Roi des Belges, RECEVRA DES ELEVES AU No.4L COTE DU BEAVER HALL.MADAME P.JEHIH PRUME Eleve de M.Ch.Wicart, Tenor du Grand Opera de Bruxelles et de M.Vercken, professeur au Conservatoire de Liege, RECEVRA DES ELEVES DE CHANT, AU Xo.41, COTE DIT BEATER HAIL.M.CALIXA LAVALLEE (Elève de MM.Marmontel et Boiëldieu, de Paris) RECEVRA DES ELEVES DD PIANO AU No.41, COTE DU BEAVEE HALL.Conditions des Professeurs ci-dessus LA LEÇON .$1.00 UN MOIS, (deux leçons par semaine,) 8.00 Romances Nouvelles B L’AMITIE .Canivet : 25 Cts Le VIEILLARD et l’ORMEAU Boissière : 25 “ PIGEON VOLE .Van Lamjieren : 35 « Le COUSIN CHARLES .Nadaud: 40 •' Le PORTRAIT .Boissière : 30 “ La POUPÉE MALADE .Battman .35 “ Cotte dernière—chansonnotto enfantine, avec ou sans parlé (ad libitum)—interprétée par nos jeunes cantatrices, est destinée à avoir un très grand succès dans nos salons.Nous expédions toutes ces Romances, ainsi que toute autre musique, franc de port, on en recevant le prix marqué.POUR DE M.Salomon Mazurette.ILÆTTSIQ/TTIE DIB PIANTO.Home sweet home, (avec imitation du mugissement Prix: des vagues,) - SI.50 Danse rustique, Morceau do concert.- - - 1.00 L’Orient, Galop do concert, - - - - 1.00 L’Avenir, Marche do concert en octaves.- - 1.00 Le Papillon, Caprice de concert - 1.00 Barcarolle brillante, - Elle repose, Méditation, .L'Etoile Mazurka, Caprice de concert, L’Oisoau au vol, Galop do concert, Le Murmure des rois, Morceau caractéristique, Première Valse-Caprice, Star of hope, Valse do concert -La Tourterelle, Scherzo-Valse, - .00 1.00 1.00 1.00 1.00 .75 1.00 •75 Le Presto, Morceau de genre, - - - - 1.25 Une Pensée, Nocturne, - - - .40 CHANT.The light of homo, Concert song composed for Miss Clara Kellogg, .i.oo 0 give mo hack my native hills, composed expressly for Miss Albani, - - - - .05 There’s a language speaketh, Song and Chorus, - .50 Autumn leaves are falling, Song and Chorus, - .65 Ave Maria, Chant sacré, - - - - .50 Come whore the fairies are calling, Vocal waltz composed for Miss Albani, - - - - 1.00 Le dernier rendez-vous, Paroles françaises ot anglaises .35 When I shall be far away, Ballad, - - - .30 To tho city do not go, Song and Chorus - - .35 Forgot me not, Song and Chorus, - - - .35 The Sunburst of gold, Song and Chorus, inscribed to tho memory of Daniel O’Connell, - - .40 Mother, take yon oasy chair, Concert song - - .70 1 havo no Mother now, - - - - .75 I wait for thee, Reverie - - - - .30 Le Canada Musical.VOL.2.] MONTREAL, 1er NOVEMBRE 1875.[No.7.A.M.CH.GOUNOD Honneur à ces artistes ! leur dévouement et leur abnégation sont un de leurs plus beaux titres aux sympathies do la Salut à toi, maître de la musique, Tu rajeunis le langage des dieux, Tes doux accords réreillent le classique.Par toi, Molière est descendu des cieux : La poésie est sœur de ton génie, Elle te doit sa grâce, sa beauté.Quand tu la pares de ton harmonie, Elle a des droits à l'immortalité.Il t’a fallu bien des jours et des veilles.Mais ton travail a vu son lendemain.De tout Paris il charme les oreilles, Gloire à ton Faust! il règne en souverain.Marteau en main, frappant sur son enclume, Le grand Vulcain pour sa force est cité, Toi, ton chef-d'œuvre est sorti de la'plume, Ton cœur guidé par la Divinité.Ce chant guerrier, Marseillaise nouvelle, Peut-être un jour guidera nos soldats.Tes mélodies plairont à chaque belle, Tes airs iront des salons aux combats.Ton nom déjà devenu populaire, De jour en jour gagne en célébrité.CHARLES GOUNOD, ta musique exemplaire Marque ta place à la postérité.A.Quinchaz.Les Musiciens du temps de l’Empire.SUITE.III lin trait inédit de la vie de I.csuour.— Curieux détails sur la Vculalc.Je ne voudrais pas passer pour un do ces consoui'3 moroses qui sont toujours prêts à dénigrer le présent et à fairo l’apologio du passé.Cependant, il est des vérités que je no saurais tairo sans faillir à ma mission do chroniqueur impartial et d’historien consciencieux.—Je le dis donc à regret, —la noblesse des sentiments, l’élévation du caractère, la délicatesse des procédés, deviennent do plus on plus rares dans le monde des arts.Los calculs do l’industrialisme, les jalousies mesquines et les passions vulgaires ont pénétré jusquo dans les sphères rayonnantes qu’habite la divino poésie.—En présence de cet abaissement moral, notre esprit se reporte avec un vif intérêt aux premières années doco siècle, à cotte époque où les mœurs so retrempaient, où toutos les grandes traditions rotrouvaiont leur prestige sous l’influonco d’un puissant génie ; alors les artistes ne~ songaiont point à mettre en pratique la désolante maxime du chacun pour soi, chacun chez soi, cette hideuso formule do l’égoïsme qui tend à détruire toutes les relations, à étouffer toutos les sympathies.Alors, il n’était pas rare de voir les hommes supérieurs tondre loyalomont une main paternelle aux nouveaux venus et diriger leurs premiers pas dans la carrièro.Us étaient, généreux, parce qu’ils avaient la conscience de leur forco.postérité.Lesueur fut un do ces hommes d'élito.Il fut grand à la fois par l’intolligencc et par le cœur ; chez lui dos principes éminemment religieux s’alliaient à un caractère d’une élévation et d’une simplicité antiques.11 faut l’avoir vu dans son intérieur et dans ses rapports avec ses nombreux amis pour se faire une idéo do son obligeance et do son inépuisable bonté.J’aurai souvent l’occasion, dans la suite de co récit, de citer des traits et dos anecdotes qui mettront en relief los éminentes qualités do cet illustre compositour.Je mo bornerai aujourd’hui à signaler le fait suivant, qui est complètement inédit.C’était en 1806 ; d’éclatants succès, notamment la sublime partition intitulée : Ossian ou les Bardes, avaient placé Lesueur au premier rang do nos compositeurs dramatiques.Pour se livrer avec plus do calmo à ses importants travaux, il était allé so fixer à Passy.Quelques amis venaient de temps en temps égayer sa solitude.Spontini était un dos plus assidus.Un matin, le maestro italien vient demander à déjeuner à Lesueur ; mais co n’est pas tout, il a à lui communiquer une œuvro considérable, qu'il destine il l’Académie impériales do Musique.La Vestale, tel est le titro do l'opéra nouveau.Lesueur est impatient do connaître col ouvrage ; Spontini se rond à ses désirs, et exécute do son mieux la partition tout ontièro ; puis, jetant sur son ami un regard pénétrant : “ Eh bion, maître, dit-il, quoi ost votre avis ?—Mon ami, recevez mes.félicitations, votre ouvrage est fortement conçu ; il ronformo dos boautés do premier ordre, dos chants larges et expressifs, dos mélodies inspirées, dos chœurs admirablos.Jo n’y trouve qu’un seul défaut.—Lequel ?s’écria Spontini lo cœur palpitant.—Votro opéra ost beaucoup trop long.” Lesueur aimait les partitions courtes et substantielles, et lo public, à cctto époque, partageait son opinion.On n'avait point encore inventé ces œuvres colossales ot interminables qui fatiguent également l’esprit et los oroillos des spectateurs.Lesueur poursuivit ainsi : “ Dos modifications, des coupures mo paraissent indispensables ; réduits à do justes proportions, la musique ot lo drame offriront un véritable intérêt, ot la piôco doit vous fairo honneur.—Maître ! s’écria Spontini, sorioz-vous assez bon pour rovoir mon travail ?votro génio viondra-t-il au secours do mon inoxpérioneo ?—Jo m’occupo en co moment d’un nouvel opéra, la Mort d’Adam, qui doit être monté prochainement à l’Académio impérialo do Musiquo.Il mo serait donc impossible do vous satisfaire; mais jo vais vous adros-or à Porsuis, chef des chœursà l’Opéra.C’est un do mes élèvos les plus distingués ; il joint à un goût exquis uno profonde connaissance tie la scène.Votro partition ne sortira doses mains que parfaitement revue et corrigée.” Spontini accuoillit avec empressement cotte offre bienveillante.Il alla trouver Persuis.La Vestale fut bientôt mise on état de paraître sur la scène, ot elle fut reçue sans la moindre opposition ; mais un obstacle sérieux s’opposait à sa représentation immédiate.On répétait activement la Mort d’Adam do Lesueur ; il fallait attendre , co qui no so conciliait pas du tout avec lo caractère impatient du maestro italien.Spontini connaissait l’Impératrice, qui, dans plusieurs circonstances, lui avait témoigné un vif intérêt.Il profita do ses bonnes dispositions pour demander que la Vestale passât avant la Mort d'Adam.Losuour y consentirait sans doute.— 100 LE CANADA MUSICAL.L’Impératrico fit appolor co dornior, et, aux promiers mots | que Sa Majesté prononça, il n’hésita point à donner son ad- | Jiésion à l’arrangomont proposé.Il fit suspendre immédia- j toment los répétitions de son ouvrago, pour qu’on s’occupât exclusivement de l’œuvre do Spontini.C’était là.sans contredit, un immense sacrifice ; c’était ; rejeter à une époquo éloignée la représentation de la .1 :ort d'Adam.En offot, cet opéra ne fut joué qu’en 1809.c’est-à-dire deux ans après la Vestale.IY.Organisation de la chapelle impériale.—Musique particulière do Napoléon.—Traité secret entre l’Empereur et la cour de 8axe.—Zingarclli refuse de composer un Te JJcuiii pour le roi de Rome.—Lays, ses succès, son dévouement.— Gluck et Marie-Antoinette.—Mlle.^Duthé, Pou do temps après son avènement au pouvoir, Napoléon s’occupa de la réorganisation de la chapelle-musique, cotte grande institution qui avait croulé sous lo marteau dos démolisseurs révolutionnaires, après avoir jeté un vif éclat pendant les diverses périodes de la monarchie.On ne lira pas sans intérêt quelques détails sur cette restoration artistique, une des plus importantes qui aient marqué lo commencement de ce siècle.Les soirés musicales, los petits concerts de famille qui avaient lieu à la Malmaison et aux Tuileries pendant les premières années du consulat, amenèrent peu à peu le rétablissement de la chapelle-musique ; huit chanteurs et vingt-sept symphonistes, sous la direction do Paisiello, formaient co corps do musiciens, suffisant pour les lieux où se faisait le service.La chapelle des Tuileries avait été détruite, on célébrait l’office divin dans la salle du Conseil d’Etat, où les chanteurs et le piano seulement pouvait être placés.Rangés sur doux files derrière les chanteurs, les violons jouaient dans une petite galerie en face do l'autel ; les basses et les instruments à vent étaient relégués dans la pièce voisine.Les musiciens avaient boaucoup de peine à manœuvrer sur un terrain si désavantageux.Paisiello, à qui la direction do la chapelle avait été d’abord confiée, fut quelque temps après remplacé par Losueur.Les circonstances do cette mutation ont été généralement rapportées avec beaucoup d’inexactitude.Il importe de rétablir los faits.A cet égard, je m’appuierai sur lo témoignage d’un écrivain très-compétent, M.Castil-Blaze (1).Paisiello voulut retourner en Italie.Le climat do Paris no convenait point à la santé de sa femme.Napoléon avait déjà consulté ce célèbre compositeur au sujet do la personne qui devait lui succéder dans la direction do la chapelle, lorsque lo Journal de Paris annonça lo prochain départ do Paisiello, en ajoutant que Méhul serait probablement désigné pour lo remplacer.Lo premier Consul out à peine le tomps do jeter les yeux sur cet article, qu’il dit à JJuroc d’écriro sur-le-champ à Losueur pour lui faire part do sa nomination.Quelques heures après, Paisiello présenta son successeur au premier Consul, qui lui dit : —J’espère quo vous resterez encore quoique temps ; on attendant, monsiour Losueur voudra bien so contenter do la socondo place.^-Général, répondit Losueur, c’est déjà remplir la première que do marcher immédiatement après un maître tel que Paisiello.Co mot plut beaucoup au premier Consul, et lo nouveau directeur jouit dès ce moment de toute la faveur qu’il a conservée sous l’Empire.Voilà les faits.Quant à Méhul, il ne joua aucun rôle dans cette affaire.Or.a dit cependant quo cet illustre compositeur avait refusé la direction de la chapelle, parce qu’il s’en ostimait moins digne quo Cherubini.C’est là une pure invention.Napoléon, devenu Empereur, fit construire sur l’emplacement do la sallode la Convention, qui était dans lo palais dos Tuileries, une chapello et une salle do spoctaclo par ses (1) Voir la Chapelle-musique des Pois île France.In-18, 1832, qui nous a fourni des faits intéressants.architoctcs Fonlaino ot Percior.La chapello fut inaugurée par uno mosso solonnolie, chantée le 2 février 1S06.Les musiciens titulaires, n’étant point assez nombrotix pour exécuter do grandos compositions dans uncjcneeinte plus vaste, on eut rocours d’abord à dos artistes choisis parmi los célébrités do lit capitale.Une nouvelle organisation complètalc chant ot la symphonie.La chapollo impériale comptait les plus belles voix de l’époque, Nourrit, Holland, Lays, Martin, Dérivis, et mesdames Branchu, Armand, Dtirot.On y remarquait également Kreutzer ot Bai Ilot, deux violonistes d’un ordre supérieur, Ch.Duvornoy et Dacosta, les éminents clarinettistes, et Dalvimare, qui tirait de la harpe des sons si expressifs, si ravissants.L s compositions de Paisiello, de Zingarclli.de Ilaydn, do Lesueur, de Martini, formaient prosquo tout le répertoire de la chapelle, sous lo règne de Napoléon.Disons maintenant quelques mots de la musique particulière do l’Empereur.Napoléon , on conçut le projot à Dresde, en lSOI!,ot l’exécuta sur-le-champ, après avoir entendu les chanteurs réunis dans cette ville pour l’ébattement de la cour de Saxe.—Madame Paër, vous chantez à ravir.Quels sont vos appointements ?—Sire, quinze mille francs.—Vous en recevrez trente.— Monsieur Brizzi, vous me suivrez aux mêmes conditions.—Mais nous sommes engagés.Avec moi.vous le voyez, l’affaire est terminée ; Talleyrand se charge de la partie diplomatique.Napoléon avait vu représenter, à 1 rosde, Achille, opéra nouveau do Paër.Cet ouvrage séduisit l’Empereur, qui îé-solut de lui confier la direction do sa musiquo particulière.Mais le maestro était lié par la reconnaissance, plus encore que par le contrat à vie, avec le roi do Saxo.Le général Clarke dit qu’il connaissait un moyen de trancher la difficulté ; co moyen, tout à fait militaire, consistait à livrer Paër à des gendarmes qui le mèneraient, do brigade on brigade, à la suite do l’Empereur.Mais il fut inutile de recourir à cet expédient.Un matin lo roi de Saxe signifia, par un message spécial au directeur do sa chapelle, qu’il fallait suivre Napoléon, ou quitter Dresde sur-le-champ.Paër avait été cédé par un traité secret.Comme on lo voit, l’Empereur usait quelquefois de singuliers stratagèmes pour attirer en Franco les artistes supérieurs que leurs opinions politiques éloignaient do lui.Voici encore commont il s’y prit à l’égard do Zingarclli, un de ses plus fanatiques adversaires.En 1811, un Te Dcum solennel fut chanté dans toutes les églises do l’Empire français, à l'occasion do la naissance du fils do’Napoléon.L’ordre parti des Tuilorics arriva jusqu’à Homo, alors lo chef-lieu d’un do nos départmonts, et convoqua los fidèles de la cité sainte.L’églisodo Saint-Prorro était parée, et lo peuple romain venait au rendez-vous pour entendre lo Te Deinn.Au moment do commencer, on s’aperçoit que los chanteurs et les symphonistes manquent à l’appel.Il no sont point à leur post9, pas même lo maître de chapello Zingarolli.Zingarclli no reconnaît pas lo fils de Napoléon pour son souvorain, il renie lo nouveau roi de Home.Napoléon n’entendait pas raillerie en matière do Te Peum ; sur-le-champ un mossago secret proscrit au préfet do Home do faire arrêter Zingarelli, et de lo conduire à Paris do brigade on brigade.Mais lo préfet adoucit la rigueur de l’ordre impérial, ot, sur la parolo du musicien, il lo laissa partir par la diligonco avoc promesse do no pas s’égaror on chemin.Arrivé à Paris, Zingarelli se logo sur lo boulovard des Italiens, et fait savoir à l’Empereur qu’il attond ses ordres.Huit jours s’écoulent, et point do nouvelles.Enfin, un jour on sonne à sa porto, c’était un envoyé du cardinal Fcsch.Il aborde lo maestro avoc la politesse la plus affectueuse, le comblo d’éloge ot finit son discours en lui présentant mille écus do la part do Napoléon, pour les LE CANADA MUSICAL.- 101 frais cl’un voyage entrepris par son ordre.— Pondant plus de deux mois Zingarolli ne reçut pas d’autre visite, et il se croyait oublié, quand un jour on lui commanda une messe solennello avec chœur et symphonie.— Une messe, dit-il, va pour là messe ; mais qu’il ne touche pas la corde du Te De-um pour son prétendu roi do Borne : cetto corde sonnerait mal.—La messe fut composée on huit jours, chantée et trou- 1 véo digne do son auteur.Le maestro reçut cinq mille francs.Il fut chargé, bientôt après, do mettre en musiquo cinq versets choisis dans le Stabat.Va pour le titubât.Je reste en paix avec ma concienco.— Le titubât fut exécuté au palais do l'Elysée par Crescentini.Lays, Nourrit père, et mesdames Brancha et Armand ; il produisit un effet mervoil- j leux, et l’Empereur en fut ravi.Après ce nouveau succès, j aucune requête de la cour ne vint plus mettre à contribution j le génie du maestro.Ce silence durait depuis un mois, quand I Zingarolli fit annoncer au cardinal Fescli que les obligations i de sa place de maître de chapelle de l'église de Saint-Pierre exigeaient sa présence à Borne, et qu’il désirait savoir quand il lui serait permis do partir.Demain, aujourd’hui même, répondit on ; monsieur Zingarolli est parfaitement libre.Son séjour à Paris est une bonno fortune pour nous, il est vrai, mais Sa Majesté serait fâchée qu’il lui fît négliger ses affaires.Zingarilli retourna à Borne, et ce n’est pas sans plaisir qu’il disait do temps en temps sur sa route ; •< Je n’ai pourtant pas fait chanter de Te Dcum pour notre prétendu roi.” Indépendamment des artistes que nous venons do nommer, Crescentini, Brizzi, Barolli, Tacchinardi, et madame Grassini, étaient attachés à la musique particulière do l'Empereur.Nous avons prononcé tout à l’heure le nom de Lays.Voici quelques détails sur le caractère et lo talent de cet artiste célèbre.Lays se destinait à l’état ecclésiastique.A dix-sept ans il commença l’étudo de la théologie ; il étudiait alors lo Traité do la Grâce ; mais, s'apercevant qu’il n'avait ni la grâce efficace ni la grâce suffisante, il se détermina a étudier en droit à Toulouse.Il n’y resta qu'un an.Son talent comme chanteur ïivait fait beaucoup do bruit, lorsqu’il vint à Paris.Six semaines après son arrivée, il débutai l’Académie do musique.A cette époque, les sujets ne faisaient pus leur noviciat par des rôles, on cherchait d'abord à connaître la puissance de leurs moyens.Le public était seul j> ré,et l’on était digne de paraître dans un rôle, quand il avait dit : roi-tà une belle voix.Le premier rôle créé par La's fut celui du seigneur b i enfuis nt Depuis, il se distingua dans les opé ras do Guide, Sacchini, etc.notamment on jouant lo rôle d’Oreste, dans Iphigénie en Tau ride, avec la célèbre madame Saint-Hubert!.C’est avec la mémo cantatrice qu’il chanta plusieurs fois, au concert spirituel, des morcoauxoù l’expression fut portée au plus haut degré.A la puissance de talent, Lays joignait une excellente méthode.Il n’a jamais pris la manière pour do la grâce, la mignardise et l’afféterie pour do l’expression, et les convulsions pour de l’énergie.Quelques biographes ont accusé Lays d’avoir pris part aux excès révolutionnaires.C’est là uno calomnie ; Lays était, le meilleur des hommes.Je n’ai point connu de père do famille plus tendre, plus dévoué ; dans son intérieur tout respirait le calme et lo bonheur.11 possédait â Ville d’Avray une charmante maison de campagne, où il venait souvent se délasser do ses travaux.Il y tenait constamment table ouverte, et tous les visiteurs y recevaient l’accueil lo plus cordial, C’ost dans cette délicieuse retraite do Ville-d’Avray que je vis Lays en 1808.Sa conversation était pleine de charme II racontait avec infiniment do vorvo et d’originalité des détails intéressants suides personnages depuis longtemps disparus do la scène.Voici ce qu’il racontait un soir à Baour-Lormian, de qui nous tenons tous ces détails, sur l’arrivée de Gluclc à Paris et sur ses relations avec Mario-Antoinette : “ ATarie-Antoinette, jeuno, poétique, organisée musicalement, élèvo :lo Gluck, ne trouvait dans nos opéras qu’un recueil d’ariettes plus ou moins gracieuses.En voyant représenter les tragédies do Bacino, elle oui l'idée d’envoyer Iphigénie en Aulide à son maître, et do l’inviter à vorser les flots liarmonioux do sa musique sur les vers harmonieux do Bacino.Au bout de six mois la musique l’ut faite, et Gluck apporta lui-même sa partition â Paris.“ Uno fois arrivé, il devint le favori do la Dauphine, et eut ses entrées à toutes heures dans les petits appartements.“ Il faut s’habituer à tout, et surtout au grandiose.La musique de Gluck no fit pas à son apparition tout l’effetqu'-ello devait Cairo.Aux cœurs vides, aux âmes fatiguées, il ne faut pas la pensée, le bruit suffit ; la pensée est une fatigue, le bruit est une distraction.” Lays caractérisait ainsi doux illustrations du vieil Opéra, Sophie Arnoult et Duthé : “Parmi les célébrités do l’ancienne Académie de Musique se trouvait d’abord, par importance et par lettre alphabétique, mademoiselle Arnoult, pour Iaquollo le comte do Lauraguais avait fait tant do folies.Figure longue et maigre, vilaine bouche, donts larges et déchaussées, peau noire et huileuse, mais doux boaux youx, pou do voix, mais beaucoup d’âme, un jugement charmant, do l’esprit conimo un démon, lançant avec un à-propos merveilleux les réparties les plus piquantes.“ Quant à mademoiselle Duthé, c'était une fort bollo personne ; mais, comme danseuse, elle manquait do vio et d’expression.Au reste, ses prétensions aristocratiques étaient, excessives.Gâtée par les flatteries et les hommages dont ello était l’objet, ello voulut marcher l'égalo des princesses du sang.En 1782, ollo so présenta à Longohamps avec un carrosse à six chevaux.Le public avait été tellement révolté do cetto impudence, que non-seulement il avait lfué la célèbre danseuse, mais il avait encore empêché lo carosso do prendre la file.” J’ai dit quo Lays avait un caractère élové et un noblo cœur.En voici quelques preuves.—C’est à lui quo Gré try dut le succès do son opéra do Pnnurge.Lo jour même do la première représentation, deux individus menacèrent Lays de le rouer île coups de bâton, s’il avait, l’audace (l’articuler une parole du rôle de Panurge.Le soir, il cut lo courage do chanter ; il lut sifflé à chaque mot, et parvint faire aller la pièce jusqu’à la fin, en alliant la dignité qu’il devait au public avec l'amitié qu’il avait pour l’autour do la musiquo.Lo succès de T nui ge l ut décidé à la deuxième représentation, et cetto pièce fut jouée six cents-fois.Peu do temps après, Lays donna un témoignago d’amitié à Vogol, autour Uu Démophon.On représentait cet opéra chez une duehosso, et la cabale so prononçait déjà avec violence.La duehosso eho-mêmo demanda à Lays : — Est ce que vous trouvez cela beau '! - Jo suis obligé de m'y connaître, répondit-il.Léon Kscujheh.(A Continuer.) Leçons de Piano et de Soif ce je.Mademoiselle Fhilomene Boucher Becovra chez elle, No.484, RUE LAGAUCHETIERE, SIX ELEVES POUR PIANO OU POUR SOLFEGE.CoïKlilioiis : &I.OO par mois. 102 LE CANADA MUSICAL.LES REQUIEM CE LE BLES.Les messes des Morts les plus connues aujourd’hui ont eu pour autours Palestrina.Jomelli, Mozart, Cherubini qui en a fait deux, et enfin M.Berlioz.Le Requiem de Palestrina.Nous n’enregistivrons que pour mémoire la J lissa pro defunctis do Palestrina.Il est visible quo ce grand homme n’a pas rattaché cet ouvrage à l’idée d’uno solennité particulière et qu’il l’a écrite dans le seul but do compléter lo service des chanteurs dont il avait la direction, aux offices de commémoration des morts, dans la chapelle Sixtine.Cette œuvre, du reste, no conf ient ni ni Vintroit ni la prose.Sous le rapport do l’étonduo, ollo a donc moins d’importance que les messes ordinaires du même maître, et, sauf l'offertoire, morceau réollomentdigno de lui, les fragments qui en ont été oxécutés nous ont montré qu’ello leur était l'oit inférieure.Le Requiem de Joîieli.i.Après Palestrina, la messe do Jomelli, intitulée également Missa pro defunctis, a joui longtemps d’une grande célébrité.Nous no saurions fixer l’époque précise à laquelle cet ouvrage fut composé.L’autour était né on 1714, année do la naissance do Gluck, et, commo Gluck, il commença d’écrire fort tard.Il est à croire que cette messe de Requiem vit le jour pondant les vingt ans que Jomelli passa à Stuttgard en qualité do maître do chapelle du prince de Wurtemberg.Au point de vue liturgique, cette messe est plus complète qu’aucune do celles du même genre dues aux autres compositeurs, car outre Vintroit et la prose, elle contient encore \o Libera qui,commenous l’avons dit, se chante à l’absoute.Nous sommes ici en pleine musique moderne.Une révolution fondamentale s’est opérée depuis un siècle et demi dans l’art musical.A l’harmonie eonsonnante du prince de l’école romaine a été substitué le système d’harmonie basé sur la dissonance.Mais lo style pittoresque n’existe pas encore.Ni Jomelli, ni Pcrgolèse, dans son Stabat, ne songent à demander à l’orchestre l’éclat de scs images et do ses couleurs ; un simple quatuor d’instruments à cordes leur suffit pour accompagner les voix et soutenir l’harmonie.Le P.Martini blâmait Pergolèso do n’avoir fait aucune différence entre le stylo du Stabat et celui de ses ouvrages dramatiques.Si jamais reproche ne fut plus fondé, jamais il n’en lut de plus inutile.Il s’adresse avec xine égalo justesse à Jomelli, à Haydn, à Mozart, à Cherubini.Ce n’est pus lu faute des compositeurs, mais celle du système qui a triomphé.Mais ce qui surprendra bien des personnes aujourd’hui, c’est que la messe des Morts de Jomelli est écrite d’un bout à l’autre en ton majeur.Ceci est remarquable, et prouve qu’avec des idées de convenance bien arrêtées, les compositeurs d’une certaine époque n’attachaient pas la même importance quo nous à des choses qui nous paraissent rigoureuses.Quoi qu’il en soit, l’œuvre de Jomelli, no contînt-elle qu’un morceau do la force de Vintroit, serait digno do sa réputation.Ce début est grand et majestueux ; le motif est dessiné avec calme et lenteur par les instruments pendant les quatre premières mesures,et dès la cinquième, les voix entrent doucement sur les mots Requiem œternam.C’est bien là lo repos éternel, cetto paix sans fin que l’Eglise demande pour ceux qui ont combattu pendant leur vie terroslrc.Lo Dies irai n’est pas sur ce ton.Ainsi que nous venons de le faire entendre, pour apprécier un morceau de cetto étenduo, il faudrait se désintéresser des préjugés habituels relatifs à notro art, s'isoler îles circonstances actuelles, faire la part des formes reçues à une époque déjà loin de nous, et se rendre compte de certaines convenances dont la raison nous échappe.Citons pourtant, entre autres fragments, lo Fie Jesu, et lo retour du liequicm nans le Libéra, morceaux d’un grand stylo, d’uno belle et louchanto expression, qui montre qu’a-près tout le f énio sait, à scs instants, élargir le cercle des théories contemporaines, s’élever au-dessus do son temps, et plier les formes do convention à dos inspirations dignes do l’art qui no meurt point.Le Requiem de Mozart.La circonstance à laquelle on doit lo Requiem de Mozart est trop eonnuo pour que nous nous croyions obligé do la rappeler.Cet ouvrago fut lo dernier do l’autour do Don Juan, et, bion quo resté inachevé et qu’il ait été terminé par uno main habilo et discrète, qui sut déguiser sa touche sous celle du maître, il pout être-considéré commo un des chefs-d’œuvre les plus originaux sortis do la plumo do ce génie créateur et fécond.Cetto tristesso intime, cetto suavo mélancolie dont toutes les productions do Mozart, mémos les plus légères, sont empreintes, il les exhala dans cette œuvre suprême qui, ainsi qu’il se l’était dit à lui-mêmo, averti par un pressentiment trop sûr, devait être chantée autour de son cercouil.Ici encore une nouvelle révolution s’est accomplie, due presque en totalité à Mozart lui-même ; une révolution partielle dans certaines formes do style ; une révolution complète dans l’insirumentation.La musiquo pittoresque est créée.Les diverses sonorités des instruments habilement mélangées et groupées, ou savamment ojiposées entro elles, les timbres variés de l’orchestro vont fournir au compositeur des couleurs au moyen desquelles il reproduira les images du texte liturgique.Mais quelle sobriété dans l’emploi de ces moyens ! Mozart se garde bien de faire un tableau; il se contente d’esquisser le principal trait; l'imagination fait lo reste, ot comme le musicien évito de borner l’action de cetto faculté chez son auditeur, l’impression que celui-ci perçoit est toujours à la hauteur du sujet.Ainsi, le Quantus tremor est futurus est peint par un vigoureux tremolo de doux mesures ; ainsi, uno phrase do trombone de trois mesures signale lo Tub i mirum ; ainsi dans l’offertoire, la figuro De ore leonis est indiquée par un saut brusque des violons de l’octave aiguë à l’octavo inférieure.Voilà pour la partie poétique.Dans la partie consacrée à la prière, à la supplication, aux gémissements, fauteur emploio un tout autro procédé.Les images, les couleurs disparaissent et font placo à l’accent du cœur, au cri do l’âme.Ce sont, tantôt des sanglots entrecoupés, commo coux que l’on entend sur les vers cum vix justits s it securus ; tantôt un trait d’orchostro menaçant ot terrible commo celui qui accompagne lo verset Re.v tremendai majestatis, o' qui, tout en concervant sa forme et son dessin, change tout à coup do caractère et d’expression sur les paroles : Salva me ; tantôt le triple élan sur lequel s’élèvent les trois.vcrs do la strophe Ingemisco tanqikim reus ; tantôt l’accord déchiraiff qui opère la résolution des deux périodes suivantes : Qui Mariam absolvisti.et tatronem redemisti ; tantôt comme dans lo Voca me cum benedictis, les placides accents des élus opposés aux imprécations des réprouvés; tantôt la triple période enharmonique et le triple crescendo do VOro supplex, qui peignent si merveilleusement lo pécheur demandant grâce, prosterné le front dans la poussièro, la poitrino gonfléo do soupirs ; tantôt enfin, cette mélodie pleine d’angoisso du L* -crymosa, où toutes les voix réunies s’élèvent, sc prolongent ot montent sans fin, et retombent ensuito épuisées pour s'é teindre dans lo silenco.Le Requiem de Cherubini.La messe des Morts do Cherubini (cello qu’il écrivit pour les fnnéraillcs du duc do Berry, car nous n’avons pas dessein de parler de son Requiem pour voix d'hommes, ouvrago do lavieillosso de l’auteur, ot qui, malgré d’incontestables beautés, n’en est pas moins fort loin du premier dont il reproduit fidèlement lo calque) la messe des Morts do Cherubini, disons-nous, est sinon composée d’après un Rystêmo, du moins d’après un point do vue différent do celui de Mozart.Mozart avait conçu son œuvre sous uno forme analogue à celle do l'oratorio ; il avait divisé sa prose on plusieurs morceaux do divers caractères, co qui lui avait permis d’y intercaler dos soli, des quat uors, des ensembles ot des chœurs.Après avoir ménagé los forces do son orchestro dans deux mouvements que lui a inspirés lo Requiem œternam, tous les doux admirables de noblesse et d’onction funèbre, Cherubini prend la prose on bloc ; il on fait un grand chœur, uno action dramatique où tout se suit sans interruption.Il faut reconnaître que ce plan est plus conforme à l’idée d\\ Diesirœ.La rapidité do cette marche est peu compatible, il est vrai, avec cetto recherche de détails, cette curiosité de travail ot ces finessos d’intentions LE CANADA MUSICAL.103 auxquelles Mozart s’est laissé aller si complaisamment.Mais jamais le tumulte, lo désordre, la confusion que nous nous figurons devoir précéder la scène du jugement dernier no furent retracés sous des traits plus vigoureux et d’aussi sombres couleurs ; l’on croit voir l’ange do la colère céleste chassant lo glaive en main, la foule tremblante dos mortels et los poussant pêle-mêle au pied du trône du juge inexorable.Lo Mors stupebit qui dans Mozart passe inaperçu, ici vous remplit d’ott'roi.Si lo Requiem de Mozart se distinguo surtout par une expression tendre et pathétique, c’est par la peinture do la terreur que celui de Cherubini est remarquable.Il est pourtant deux morceaux, le Pie Jesu et VAgnus Dei, véritables chefs-d’œuvredans ce chef-d’œuvre qui, pour l’oxpression poétique et profondément élégiaque, pour- I raient lo disputer à Mozart : lo caractère do VAgnus surtout, | lugubre dans lo début, par degrés s’adoucit et s’éclaire com- l me d’un rayon séraphique ; on sent que la prière est exaucée | aux cioux avant qu’elle ne soit achevée sur la terre.Le Requiem de Berlioz.On conçoit aisément qu'avec son instinct des grands effets, M.Berlioz ait essayé de s’inspirer du génie do Michel Ange et do roproduiroon musique la page gigantesque du jugement dernior.Chargé, on 1837, de composer une inosso do Requiem, pour un service funèbre on l’honneur des victimes de Juillet, M.Berlioz écrivit l’ouvrage que nous connaissons ; toutefois, la cérémonie projetée n’eut pas lieu, et la nouvelle partition fut exécutée dans l’église des Invalides aux obsèques du général Dam-rémont.Dans l’un et l’autre cas, on mettait à la disposition do l’auteur un local vaste et sonoro, ainsi quo toutes les ressources dont il pouvait avoir besoin.M.Berlioz en profita largement ; il s’entoura d’un porsonnol et d’un matériel énormes.La prose fut conçue dans les proportions do la musique do festival.L'effet répondit à, tant d’efforts.A cette grande phrase de plain-chant articuléo d’abord par los bases, à ces accents timides dos soprani, à ces deux motifs marchant onsomblo, à ces mouvements impétueux do l’orchestre aussitôt comprimés, il cctto fanfare des cuivres qui éelato sur lo Tuba mirum et semble so répercuter aux quatre coins du monde, à ces syncopes terribles, à ces convulsions do l’univers qui s’abîme dans le néant, à ces voix menaçantes qui s’élèvent sur lo roulement profond des timbales, à toutes ces images présentées avec une si effrayante réalité, on éprouve un frémissement involontaire et l’on so sont dominé par un génio puissant qui se jouo au milieu des plus grands offets.L'Introït, lo Quœrens vie, le Lacrymosa, lo Sanctus, l’offertoire (fuguo instrumentale qui so déroule sur un chœur vocal do doux notes), sont dos morceaux ploins do beautés originales et grandioses.Mais quand nous assistons à l’exécution do certaines œuvres contemporaines, nous no savons pourquoi nous no pouvons nous défendre d’une pensée triste, à, l’idée que ces productions admirées aujourd’hui seront peut-être oubliées dans un certain nombre d’annéçs, soit parce qu’olles auront cessé d’être on rapport avec les moyens d’exécution, soit parce quo l’on no saura plus en pénétrer lo sons et l’esprit.Cette ponséo nous vient surtout il propos do cos compositions que l’on nommo religieuses, parce qu’ollos ont été inspirées i par les textes sacrés.Oui sans doute, ces messes do Requi-em, ces Te Deum, sont bien beaux, bion imposants au point j de vuo do l’art.Notre esprit, néanmoins, on roviont toujours ! malgré nous au plain-chant de l’office des Morts, à ce Dies irœ, il ce De profundis on faux-bourdon quo do simples chantres entonnent auprès do la bièro du pauvre comme autour du catafalque du riche?Ce plain-chant no suffit-il pas à la prière, il la foi, il l’apparoil même do la mort ?l’aut il donc donner lo change à la douleur par cos pompos importunes ?Depuis plus de six conts ans, les fidèles versent des larmes et les ossuiont aux acconts du Dies irœ.Dans six cents ans, la douleur n’aura-t-elle plus besoin d’être consolée, et la mort no scra-t elle plus la même ?Joseph D’Ortiuue.LEÇONS DU SOIR DONNÉES par M.HENRI WESTERLINCK Classes de Français, d’Anglais, de Sténographie et de Piano.Pour plus amples renseignements, voir la circulaire déposée au Magasin do Musique do M.Boucher, 252, Hue Notre-Dame.L’Academie de Musique de Quebec.Les amis du progrès artistique on Canada apprendront avec un sonsiblo plaisir quo l'Académio do Musique do Québec,—qui, depuis son organisation, a grandement servi lo développement du goût musical et des études sériouscs en ce pays, — se proposo d’étendre davantage la sphère do sos opérations utiles.Comprenant l’opportunité de généraliser lo plus possiblo l’action bienfaisanto d’une association dont l’heurouso influence doit s’exercer non seulement dans la cité do Québec, où elle a pris naissance, mais dans toute la Province do Québec, lo Conseil do l’Académie députa à Montréal, lo 9 Octobro dernier, doux do sos membres — MM.J.A.Dofoy et Gustavo Gagnon—pour y roncontror les membres do l’A-cadéinie résidant il Montréal, afin d’aviser onseinblo à l’adoption des moyens lc^ plus propres à favoriser l’action do la Société dans cotte cité.A cet effet, Dimanche soir lo 10 Octobro dernior, une réunion dos délégués do Québec et dos membres do l'Académie résidant à Montréal, eut liéu à.l'Hôtel du Canada.On y proposa plusieurs altérations importantes à la constitution actuelle : nous les forons connaître dès qu’elles auront reçu l’approbation du Conseil.L’entente la plus cordialo régna ontro la députation do Québec ot los membres do Montréal pendant l'harmonieuse discussion que provoqua la suggestion do cos importantes modifications; d’où nous inférons que los démarches si conciliantes du Bureau de Direction do Québec seront couronnées d’un plein succès.En dehors dos amendements projetés ù.la constitution, plusieurs mesures d'une utilité incontostablo furent proposées.Nous signalerons, entre autros, la présentation d’uno requête priant l’Académio do favorisor, par tous les moyens en son pouvoir, l’introduction générale do l’étudo du Solfège dans nos écoles ot autres établissements d’éducation,— l'établissement do concours de musique sacrée et profane pour chœurs d’église, chœurs d’école, et orphéons,—ainsi que de concours pour musiques militaires.Dans l’impossibilité où se trouvent les membres de Montréal do participer à la célébration do la Fêle patronalo do Ste.Cécile, qui aura lieu ù Québec lo 22 Novembro prochain, il fut résolu de célébrer ici cetto fête par un Banquet auquel seront conviés les membres résidant à Montréal ot leurs amis-musiciens. loi LE CANADA MUSICAL.fM* J^AROLES DE JA.U y^BBE Yy^j'î ppJ'JJ'îppX' JA.usiquE DE ji.pfr.JK.'j ne, l’a guste et tu e-f.o cres.pressez un peu.jileu - vante vante au ma - ter a—o- 4 ! LE CANADA MUSICAL.105 la voce e rii je me • — 1—0- ne des Cieux et promis pi tends la plainte a !—it colla voce 2e couplet, doive H « ¦F—p—F- v—h—v- -V-T-,^-S »*7 î=i£ La nuit est soin- l>re et.l’hi -ver est bien ni - de; Lovent gô- mit le long du grand ehe-inin.Lu vain ma voix 6-=rT — rit.dim.serrez.-P-—9 • 0 —1 N S —izarrf: zj-t 1 7 LA VF- 9 * V ¦/- 9 V*v : Be :i: É s - meut la so-li- tu - de.Pas d’homme a - mi qui me ten-de la main.O Vierge suinte é -conte ma pri - è - re ; Dans ma don -rit.D a tempo.—rit.j) a tempo.:±S: 9 0 0 g AT r I ^ ir; i —V —?A .¦ :•—L_|—>_U-H—U- ¦ J leur je me tour-ne vers toi, D’une or - plie-li-ne en-tends la plainte a - mfe - re, llei-ne des cieux et prends pi-tié de moi.3e couplet, doive.S 2-‘X S EÈ=S *0* ri—N- -V- -N—Nr N- N-S Sr ~» r i— N— ^r—i-f .l’ai tout per-du sur cet - te tris-te ter-rc, • Mais 11 me reste un eou-sn-lant os-poir, Si je n’ai pins, lié-—_ rit.dim.serrez.r .M.-=mMé— £=*=*- B=U=9 ff ±qf=f = : j ' ' ' q=p-_ -L«CTÿ_?$ v .A -!-U—U- - las, ma bonne niè-re 11 vient le jour où j’i - rai la re - voir.O Vierge saiu-te é-cou-te ma pri-é - re ; Dans ma don - rit.—N—N a tempo i-mm rit.* - 0 - leur je me tour - ne vers toi, D’une or - plie-li-ne en- tends la plainte a-mit -re, Kei - ne des eionx et prends pi -lié de moi. 106 LE CANADA MUSICAL.Concerts du mois dernier- Plusieurs soirées musicales sont enfin venues rompre la monotonio do nos longues veillées d'automno.Nous no reviendrons pas sur l’agréable lete donnée par 54 dos membres du Clueur et do l’Orchostro du Gésu, à Trois-Iüvières, samedi le 25 Septembre dernier, — les journaux quotidiens en ayant suffisamment rendu compte.Nous aimons cependant à rappeler quo le succès qui a couronné cette charmante soirée, est, en grande partie dû à l’oxcellento organisation du comité Trifluvien, présidé par A.Balcor, Ecr.Le dévouement ot la courtoisie du Secrétaire, P.A.Olivier, Ecr., ont aussi largement contribué à mener l'affaire à bonne fin.Nos musiciens de .Montréal furent, de plus, habilement secondés par Mil.A.Lavigne, N.LoYasseur, J.A.Defoy, J.Lavallée et P.Plamondon de Québoc.La réunion du Chœur du Gésu à Trois-Pivicrcs donna lieu à un incident intéressant—la présentation d’une adresso accompagnée d’un témoignage d’estime à il.John Finn, à l’occasion de son récent mariage.Cette fête de famille eut lieu dans le salon de l’hôtel Lufresne.M.John Finn invité à s’y rendre, y trouva le Chœur entier réuni.A son entrée l'Orchestre exécuta la Marche du Mariage de Mendolssdhn, puis il.Bouclier, au nom du Chœur, donna lecture do l’adresse exprimant les félicitations des membres à l’houreuse occasion du mariage de il.Finn et leur vive reconnaissance inspirée par le souvenir do ses aimables services artistiques it l’Eglise du Gésu.Bien que pris à l’improviste, il.Finn fut très heureux dans l’expression de ses romorciments.Melle lîobort ot il.Drolet rendirent onsuite avoc effet ot à-propos le charmant duo “Aimer, c’est vivre,” de G'ampana ; puis la fête so termina par .un toast porté avec enthousiasme à la santé des heureux époux.Lo retour du Chœur à Montréal,à bord du vapeur “Trois-JRivières” fut très agréable.Les citoyens hospitaliers do Trois-ltivièrcs accourus au débarcadèro, saluèrent lo départ des exeursionisles par trois vigoureux hourrahs qui trouvèrent un bruyant écho chez nos musiciens enchantés de l’aimable récopi ion qui leur avait été préparéo.La courtoisie de il.lo Capitaino Duval ot l’amabilité de son promier commis il.Octave Bouclier ne contribuèrent pas pou à l’agrément du retour.Pendant, la veillée le Chœur exécuta, avec accompagnement d’orchestre, le Gloria et VAgnus de la deuxième Messe do Haydn.Quelques chœurs orphéoniques, un solo de violon par M.B.Shea et plusieurs jolies romances complétèrent ce programme improvisé.Lo30 Septembre, lo Chœur ot l’Orchestre du Gésu revenait à la charge et répétait, à pou do chose près, le programme do Trois-Jtivièros, à la Sabo dos Artisans, à Montréal, au bénéfice do l’un do lours membres.Cotto séance (donnée, soit dit on passant, le lendemain d’une campagne fatigante) a été très diversement appréciéo par l’auditoire assez nombreux qui l’honorait do sa présence.Toutefois, loin do nous la pensée de venir troubler les opinions si bien arrêtées de nos aimables patrons.Nous ne relèverons même pas ce qu’il y a de déplacé-—-pour ne pas employer un termo plus exact— chez certain grave censeur qui, dans son zèlo do fustiger quand même, (qui béni omat (amai /), béni, semper et ubique cjstigat) se pusse la fantaisie do critiquer vertement une soiréo à laquelle il n’a même pas assisté.Eeconnaissons tout do même que—présent ou absout—il se fût trouvé dans des conditions également favorablos à l’expression d’une opinion sur une question à laquelle il n’entend ni A ni B.C’est pourquoi, “ comme organe do la plus saine opinion pu-“ bliquo, nous sommes forcé, quoique bion à regret, de dire “ même à nos amis ce que nous pensons de leur défauts,” en leur déclarant carrément quo mieux vaudrait, à l’avenir, que leurs jugements si hasardés “ restassent dans la fa-millo.” Nous devons ce petit règlement do compte non pas à un chœur d'amateurs, comme notre bienveillant censeur daigne à peine lo qualifier, mais au Chœur ot à l’Orchestro du Gésu qui,depuis huit ans, so distinguent outre tous, par l’om-pressomont qu'ils mettent à prêter leur concours à toutes les bonnes œuvres qui leur font assez souvent appel, — disposi-tions-parfaitemont connuos,du rcsto,do M.lo Censeur et qui auraiont dû/imposor silenco au cacoethes scribendi et casti-gamli de ce critique musical improvisé.Nous avons rarement assisté à une séance aussi intéressante ot aussi bien réussie quo colleorganiséo par M.l’Abbé Martineau et les Dames do Charité ot donnée, au bénéfice des pauvres, dans la grande salle de l’Académie Commerciale Catholique, jeudi le 14 Octobre dernier.Il n’y a eu, do toutes parts, qu'une voix pour proclamer lo parfait succès do cotto charmante soiréo qui a laissé non seulement do bion douces émotions dans lo cœur do chacun des spocta-tours, mais encore, dans l’escarcelle du pauvre, do quoi sécher bion dos larmes.Le discours do M.l’Abbé Martineau—la pièco do résistance do la soiréo—a tenu, comme toujours, lo nombreux auditoire suspondu aux lèvres do l’éloquent orateur.Embrasé du feu de la charité, il a su lancer dans le cœur ne ses auditeurs une étincelle bienfaisante dont la douce chaleur ne manquera pas do se faire sentir pendant les rigueurs de l’hiver qui nous inonaco.Quatre tableaux—Notre Damo do Lourdes, les Matelots, la Bienfaisance, et la Chasse—tous habilement conçus et disposés par notro artiste obligeant M.Napoléon Bourassa, ont produit l’effet lo plus charmant.Madlle.E.Coderre a fort bion rondu lo suporbo JS'oël d’Adam, transcrit pour le piano, par Aschor.Le duo “Juive et Chrétienne,” chanté par Mesdlles.M.Sadlier et G.Loprohon eut les honneurs du rappel.Uno touchante romance, rendue avec beaucoup d’expression, révéla la voix fraîche et sympathique do Madlle.Gauthier.“ Lo torrent do la montugno,” de Sidney Smith, oxécuté à quatre mains, par Mesdlles.E.Murphy et G.I.cprohon et deux morceaux d’ouverture, joués par l’orchestre do l’Académie, (composé do douze jeunes instrumentistes,) complétèrent la partie instrumentale du programme.Il nous reste à exprimer la vivo satisfaction quo nous a causée l’exécution do deux chants en parties, par douze membres du Chœur do l’Eglise Notre-Dame, régulièrement organisés en Chœur Montagnard Nous nous sommes cru subitement transporté aux beaux jours dos Montagnards Canadiens, lorsque les Lamothe, les Maillot, los Gravel, les Christin, les Fayette ot tant d’autres oxcollcntes voix, sous l’habile bâton do M.François Benoit, électrisaient par la majesté ot la puissance do leurs chants, la foule qui accourait les ontondro.Nos nouveaux Montagnards, pour n’avoir pas toute la sonorité qui tenait à la forco numériquo des anciens, n’en ont pas moins oxécuté avec beaucoup d’expression et un ensemble parfait les doux jolis chœurs qui leur ont été confiés.Nous avons la faiblc-so d’avouer que l’accent sym-pathiquo avoc loquol ils ont interprété losparolossi touchau-chantcs ; Vers los rives de Franco ”—nous a même profondément ému.M.Joseph Hudon est responsable d’une largo part de la douco émotion produite pur ce chant si beau.Courage ot persévérance, messieurs ! En préparant à vos auditeurs futurs d’aussi agréables surprises, comptez sur los encouragements sympathiques d’un public musical appréciateur.Les nouveaux Montagnards revêtaient un costume simple ot élégant à la fois,—un largo pantalon blanc, uno casquette ot un gilet montagnard d'étoffo violol-foncé, avec parements blancs.Du dernier concert (l’Octobre— celui do .M, Alfred Do-Sève— donné à la Salle des Artisans, mardi loi!» du mois écoulé, nous pouvons dire “ though last not loast.” En effet, le programme, préparé avec grand soin, a tenu fidèlement tout ce qu’il promettait d’oxcellent. LE CANADA MUSICAL.107 Le quatuor à cordes s’est acquitté do sa tâche difficile avec tout le succès qu’il était possible d’attendre sous les circonstances.Madllo.Hortonse Villeneuve est apparue comme un brillant météore et a véritablement ébloui son auditoire par le charme et la fraîcheur clc sa jolie voix.Ello possède, en effet, un timbre fort agréable, une vocalise faci-lo et un diapason égal et d’une grande étendue.Que toutes cos précieuses qualités soient dirigées avec intelligence et nous aurons, dans son temps, une artisto do plus à acclamer.M.Alfred DeSêvo, lo héros do la soirée, nous était déjà, connu depuis quelque temps.Nous avions eu l’occasion d'applaudir à scs heureuses dispositions manifestées en maintes fêtes cio famillo données sur lo théâtre plus modeste de la Halle Académique du Gésu.Mais à ce premier concert public il a su grandir avec l’occasion, et son exécution entraînante du Concerto, Op.Cl de Beethoven, do la Ballade et Polonaise de Viouxtemps et du Souvenir do Moscou de Wioniawski lui a valu un succès tacilo.M.LoSèvo est, pensons-nous, le premier élève-violoniste du pays.La carrière d’artiste lui tend les bras et pour s’y livrer ce jeuno monsieur se propose, nous a-t-on dit, do passer en Europe, afin d’y poursuivre ses études.A propos de cotte rumeur qu’il nous soit permis do soumottro une idée.N’y aurait-il pas.pour nos élèves-amateurs, beaucoup plus d’avantage à profiter de l’expérience Européenne qui se transporto au Canada plutôt que do s’expatrier pour chercher au loin dos avantages bien souvent inférieurs.Oubli-rions-nous donc que nous avons la bonne fortune do posséder au milieu de nous, (et désireux de s’y fixer pour toujours,) il.E.Jehin-Prumo, artiste dont le talent émérite lui a valu, il y a déjà plusieurs années, le titre onviable do Violoniste do Léopold I, Loi des Belges, ainsi que des décorations honorables do la main do l'infortuné Maximilien, exempereur du Mexique ?Croyons nous donc trouver au Conservatoire soit de Paris, do Liège, de Bruxelles, do Milan, ou ailleurs,des professeurs combinant les profondes connaissances théoriques et pratiques et la virtuosité au même degré éminent que M.Prumc, qui, digne successeur do son onelo François Prumo, (l’auteur de la Mélancolie) est parvenu à s’élever par son art transcendant au même niveau que les Joachim, les Viouxtemps, les Ole Bull et les "Wieniawski ?Sachons donc apprécier à sa grande valeur et utiliser à notre propre bénéfice un si précieux avantage : nous aurons ainsi la doublo satisfaction de former ici des artistes dans les meilleurs conditions possibles, sans nous exposer à de grands risques de tous genres, sans encourir do lourdes dépenses inutiles on recourant à l’étranger, moins favorisé aujourd’hui, sous ce rapport, que ne l’est lo Canada, dopuis lo séjour au milieu de nous de M Prumo.Musique nouvelle reçue.Nous avons reçu, cos jours derniers, deM.Boo Stephens (successeur do ’Whittcmoro & Stephens,—éditourdo musique au Détroit ot propriétaire do l’intéressante revue musicalo intitulée YAmphioii) les publications rrtusicales suivantes, pour l’envoi desquelles nous lui offrons nos romcrcimonts : par S.Mazurotte prix 25 cts.*i a 25 11 Bustic Schottischo, Blossom Polka, Brillant Galop - - “ Blooming Mazurka - - “ Loving heart "Waltz, - *• The brook, - - - - “ Hark I tho birds, Song, - “ Ono day, Song, - - “ Tho thoughts you sent to mo, Song Bosebud fair, Song - - - ar la Société Holland do Lattre, de liai (lîelgiquo).Cost a première fois que les orphéons français obtiennent un succès aussi complet dans un concours étranger.—Voici quelquos détails sur lo nouvel Opéra anglais.Los travaux préliminaires dos fondations ont été considérables.Ils n’a pas fallu creuser û moins do 10 mètres do profondeur pour trouver uno basse solide.Le nouvel Opéra, dont lo plan ost dû à M.Fowler, aura 68 mètres carrés do plus quo Covont-Gardon.Son étenduo totale sorti supérieure d’un tiers à cello de ce dernier théâtre.11 sorti complètement isolé, sa façade principale serti située sur lo square en face du quai do la Tamise, il ost à cinq minutes souloment do Charing Cross, lo contre de Londres.La Compagnie du chemin de fer métropolitain doit faire construire uno station à proximité du théâtre, afin do permettre aux habitants des quartiers les plus éloignés do la ville do s’y rendre en très peu do temps.La façado du monument s’élèvo sur trois plans successifs, un péristylo, le foyer, uno terrasso flanquéo do doux pavillons.Lo nouvel Opéra n’aura point do rotondos, comme notre Grand-Opéra do Paris, mais il aura doux longs couloirs, on l’orme do portiques, qui s’a- - vancoront do plusi- -, l J ours mètres en avant du monument.Lo systèmo do ventilât i- s on sera réglé par l'in géniour qui a construit eolui do l'Opéra’ do Vienne.Les voitures approcheront du théâtre par un côté, et s’en éloigneront par l’autre.RAV0 p RAVI SS 110 LE CANADA MUSICAL.UNE ROMANCE NOUVELLE.Paroles et musique de Gustave Madaud.WD® Tu viens du pays, cousin Cliarle : Quelles nouvelles ?Parle, parle.J'ai vu ta mrc elle m’a dit : “ Embrasse bien notre petit.“ Pour lui, j’ai brûlé plus d’un cierge.“ Les soldats n’ont pas assez pour.“ Dis-lui, qu'il mette sim son cœur “ Cotte médaillo do la Yierge.’’ Merci, cousin Cliarles, merci.Va, mon métier n’est pas le pire.Le soldat n’a pas un souci.A ceux qui m’aiment tu peux dire .Quo je les aime aussi ! Voici une délicieuse Romance de Salon.On ne lu cliante jamais sans éveiller la plus douce émotion.A la demande d’un grand nombre d’amateurs qui l’ont entendue interpréter de la manière la plus charmante, par M.Wiallard, au Concert des Dames de Charité, il y a quelques mois, nous nous sommes décidés à la publier.Prix : 4:5 cents.Par la poste ; 50 cents.Nous tenons constamment en magasin un assortiment des célèbres mm 7mm Introduits dans les premières familles de Montréal depuis quinze ans, ils ont donné invariablement la plus parfaite satisfaction.Tous ceux que nous avons reçus ont subi l’examen des professeurs les plus compétents et des artistes les plus distingués de cettte cité, qui déchirent à T unanimité, que ces instruments ne sont surpassés par aucuns fabriqués en Amérique.I(a détermination où nous sommes de ne vendre que pour ARGENT-COMPTANT nous autorise à fixer des prix de §100 à §125 au-dessous de ceux demandés par les maisons qui s’accomodent de longs crédits souvent incertains.Nous invitons respectueusement toutes les personnes et les institutions désirant transiger AU COMPTANT il venir visiter ces IISTRUMENTS DES PREMIERE QUALITES et à prendre connaissance de l’extrême modicité de nos prix.“S’INSTRUIRE EN S’AMUSANT.” Est ouvert à l’inspection du public, tous les jours, (les Dimanches et Fêtes exceptés) DE 10 II.A.M.A Ola.I».M., AD No.252 RUE NOTRE-DAME, ^Premier Etage.; ADMISSION .- 15 CENTS. LE CANADA MUSICAL.111 CALENDRIER MENSUEL Et Guide des Organistes et Directeurs de Choeurs, pour les Offices des DIMANCHES ET FETES.RTOTTEj^ESBIZiI—(Continué.) DATES FETES KELIGIEUSES.ÉPÏIÉMÉHIDES MUSICALES ET NATIONALES.10 M.11 J.12 V.13 S.St.André Avellin.(40 h.Ste.Æo-lNaissance de l’apostat Luther: il refusait rigoureusement la charge phie.) j d’instituteur à ceux qui ignoraient la musique, 1483.St.Martin, Ev.C.(Le 14) Naissance de Spontini, 1784.Capitulation de Montréal aux Américains, sous le Général Montgomery, 1775.Clément X érige l’Eglise Paroissiale de Québec on Cathédrale, 1075.St.Martin, P.M.(40 h.St.Stanislas.') St.Stanislas Kostka, S.J.14.D.XXVI apres la Pentecôte, (40 h.Huntingdon.) Semi-Double.Messe des Dimanches de l’annee.1res.Vêpres do Ste.Gertrude, (485).Momoiro du VI.Dimanche après l’Epiphanie, 120).15 L.16 M.17 M.lo J.19 V.20 S Ste.Gertrude.St.Didace.(40 h.Brandon.) St.Grégoire Th.'Mort do Gluck, 1712.iNaissancodo Kuckon, autour du “ Chant du Bivouac,” IS10.! Affaire de Longueuil; arrestation do Démaray et de Davignon.1837.Déd.Bas.de SS.Pierre et Paul.(40 (Le 19) Mort de Gugliolmi, le fondateur do l’Opéra-Bouffe.1804.h.St.Thomas.) Ste.Elizabeth Mort de François Schubert, 1S2S.|St.Félix do Valois.(40 h.//ôteZ-lNaissance do Himmol, 17G5.Dieu.) 21.D.Presentation de la Ste.Virege.Double-Majeur.Messe de la Ste.Vierge.2dos.Vêpres du jour, (480).Mémoire de Ste.Cécile, Est sec return, (487), v.Specie, (48S), et du dernier Dimanche après la Pcnlocôto, Amen, (275).22 IL.23 M.24 M.25 J.26 V.27 S.Ste.Cecile.(40 h TA Epiphanie.) St.Clément.St Jean de la Croix.(40 h.Ste- Béatrice.) Sto.Catherine.St.Pierre d’Alex.{Eglises n'ayant pas eu de 40 heures.St.Vit.Naissance do Kreutzor, 1782.Premier concert de la Société Philharmonique de New-York, 1850.C.Ovide Perrault mourt d’uno blessure reçue pondant l'engagement do St.Denis, 1837.Mort du célèbre violoniste Bode, 1S30.(Le 28) Mort du Comte de Frontenac, Gouverneur du Canada pondant 17 ans, 169S.[Naissance du grand théoriste-musicien A.B.Marx, 1799.28.D.I de l’Avent.(40 h.Ea Cathédrale.) Semi-double.Messe de l’Avent, sans orgue.1ères.Vêpres do St.Iiénée.Mémoires du Dimancho.Ne timeas, (GS^), v.Borate, (07), et do St.Saturnin, Iste Sanctus, v.Gloria, (504.) Antienne Alma Redemptoris.St.Saturnin.|Le dernier vaisseau laisse Québec pour l’Europe, 1841.St.André, Ap.,(40 h.St.Luc.[Massacre de Sinopé, 1853.29L.30 M.Consacre a l’Immaculee Conception de la B.M.Y.DECEMBRE.Ce mois a 31 jours.Décembre (du latin December) a été ainsi nommé parce qu’il était le dixième mois de l’annéo romaine.1 M.2 J.3 V.4 S.St.Eloi.Ste.Bibiane.(40 h.Caughnawaga.) St.François-Xavier, C.S.J.St.Pierro Chr.(40.h.N.D.des Anges.) Naissance do Lafont, 1791.Mort do Simon Meyer, 1845.Début do Duprez, 1835.(Le 5) Mort do Mozart, 1702.Le 5 Décombro 1826, son Requiem est oxé-cuté dans la Cathédralo do Linberg, sous la direction do son iils.5.D.Il de l’Avent.Somi-doublo.Messe de l’Avent, sans orgue.1res.Vêpres de St.Nicolas.(281).Mémoire du Dimanche, Tu es, (71).v.Borate, (67).6 L.St.Nicolas (40 h.St.Liguori.) Naissance do Lablacho, 1794.7 M.St.Ambroise.Naissance do Stephen Glover, 1814.8.M.L’Immaculee Cooception.D’obligation.(40 h.Bointe aux Trembles).2do Classe avec Octave.Messe de la Ste.Vierge.(Offertoire: 1 ota Pulchra).2des.Vêpros du jour, (286).Mémoire do la IV Fério, S ion, (72), v.Borate, (67).9.J.Ste.Léocadio.Premier concert de Jenny Lind à Baltimore : la recette s’élève à 830,000, 1 m —1850.m 112 LE CANADA MUSICAL.ART ET CHARITE ! OT SUPERBE Pour Une Piastre.LES RR.SŒURS DE LA MISERICORDE Informent respectueusement le public musical et les personnes charitables, en général, qu’elles se proposent de Rafler, dans le cours du mois de Décembre Neuf et de p emière qualité.Cet instrument de choix, a été spécialement choisi pour les RR.Sœurs, par un des meilleurs professeurs de cette cité.C’est un piano carré, de 7 octaves, caisse en bois de rose [palissandre] avec moulure, pupitre découpé, pieds et pédale sculptés, et agraffe à la haute.La Valeurdeee Superbe INSTRUMENT avec COUVERTURE en Oaaut-etae EST DE $630.Ainsi que l’atteste le certificat entre les mains des RR.Sœurs.PRIX X>XJ BILLET: - - - $1.00.On peut se procurer des billets au Magasin de A.J.Boucher, 252, Rue Notre Dame, chez les principaux libraires, et à l’Hospice de la Miséricorde, 259 Rue Dorchester.
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