Le Canada musical : revue artistique et littéraire, 1 décembre 1878, dimanche 1 décembre 1878
~ niu!ii’j[iimiin!;i.: |lii!l!lllii!lli|l!l'|l!|!li|'l!ll||li|ii!i|l!!l!l'||| nt nhimiii ! ihl'iu* .i-mS - •'.‘, rïPüEEfl wmm& i- ^353SnS" CANADA MUSICAL Revue Artistique et Littéraire PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS Un Morceau de Musique accompagne chaque Numéro.1er.Décembre 1878, 5a.Année, No.8 A.J.BOUCHER Editeur-Proprietaire No.252 Rue Notre-Dame MON T k E A L rfliiiîHRiflilli liiii M|il||||twMiiiiii| «ilMIiillHI» ¦MMHOTIII müill h SOMMAIRE.—Battmuan, Bibliothèque religieuse complete des paroisses, communautés religieuses : musique d’orgue.Etat actuel de la musique en Italie, par, Le Chevalier Van Elcwyck.[Suite.] Nouvelles musicales canadiennes.Musique: Ecume de Mer; caprice Mazurka,, par dis.Kinkel.[/Va] Correspondance Parisienne.Correspondance Belge.Vie anecdotique de Paganini.[Suite.] Calendrier et Guide des Organistes et Directeurs de choeurs pour le mois do Décembre-Janvier.Table des matières du Répertoire de l'Organiste de J.Btc.Lnbclle.IMMI aurora Abonnement: $1.00 par an, payable d’avance.lOcts.le numéro séparé.Imprimé par )• B.I,aplanie 30 Rue, St, Gabriel, Montréal.A/:.^.:::.+:./:^C 0009516801438458^9 17150217438092864160845102 ^0825467406^9453 ^9338578 114 LE CANADA MUSICAL.BIBLIOTHEQUE RELIGIEUSE COMPLETE J1 B BATTBKASriV des Paroisses, Communautés religieuses, Seminairos, Ecoles normales et Communales, Lycées, Collégos, etc.et oiEX^iKrTALTxrTEï.PREMIERE SERIE ORGUE OU HARMONIUM SEUL i î Premier volume, op.330, 25 Entrees et 25 Elevations, - net.$1,00, Deuxieme volume, op.331, 25 Offertoires, - - - net.$1.00.Troisième volume, op.332, 25 Marches-Sorties, - - net.$1.00 Quatrième volume, op.333, lOO Versets on Preludes, dans les différents tons du Plain-Chant, formant 20 Mcifjn iff cats, - net.$1.00.Cinquième volume, op.334, 5 O Airs de Cantiques, les plus populaires, trans- # crits et arrangés pour Orgue ou Harmonium seul, pouvant servir d’Sntress* d’Offertoires* ; delegations et de Sorties.Ils peuvent servir aussi d’accompagnement à ces memes Cantiques, quand on les chantera .net.$1.001» Les Cinq Volumes PBimîs, nst» ^4,50.Voir le Catalogne de la Deuxième Série: C'iaht avee Ary> npafienent d! Orgue ou d’Harmonium.PUBLIÉ lEUAIEL A.J.BOUCHER, EDITEUR-PROPRIETAIRE DU “CANADA MUSICAL.” ' t ‘ > • .No- 262, RUE NOTRE DAME.MONTREAL. Le Canada Musical.VOL 5.] [MONTREAL, 1er DECEMBRE 1S7S.[No.S ETAT ACTUEL DE I.A PAR Le Chevalier Y AN ELEWYCK, Doctf ur de l'Université Catholique de Louvain, Maître de Chapelle de la Collégiale de Saint-Pierre à Louvain, Secrétaire du Congrès international de musique sacrée de Belgique.-:o:- (Suite) Ville de Bologne.-:o:- Si, grûca aux relations qu’a Lion voulu mo crdor, à Gênes, H.le chevalier Gaotano Cabella, consul général do S, AI.le roi des Bolgos, il m’a été facile do mo faire une idée générale du mouvement artistique en cotte ville, j'ai éprouvé plus do difficultés pour Bologne, où la Belgique n’est représentée par aucun agent politique ou commercial.Bologne, cependant, a do grandes affinités sympathiques avec plusieurs villes bolges.Sa célèbro université la signale à l’attention dos savants do nos quatre cités académiques.Ello n’est pas seulement un contre scientifique, mais son Lycée musical, dont la réputation est européenne, son antique Académie philharmonique, sont bien dignes do lui créor dos relations avec nos protosscurs do Conservatoires, nos compositeurs et nos critiquos musicaux.Enfin, l’institution bolgo du collège Jacobs, fondation nationale presque trois fois séculaire et qui ost oncoro aujourd’hui on pleine prospérité, la rattache directement à la population bruxelloise ot mémo à celle de tout le Brabant.Cos considérations mo font dire, Monsieur le Alinistro, qu’un consulat bo'ge, crée à Bologno, rendrait devrais services à notre pays.Je dois des romorciments à don Luigi Zarri, diroctour du collège de Bologno, à M.Boeckman, élève do cotte pédagogie, et à tous les condisciples de colui-ei, pour avoir bion voulu me prêter lour aide dans l’accomplissement do ma mission.Avant do parler du Conservatoire ot do l’Académie philharmonique, tels que ces établissements existont maintenant, je crois utile de résumer quelques points historiques sur l’art musical à Bologno.I.Jusqu'à uno époquo toute réconto, Bologno était soumise au gouvernement direct dos papes, ot los Souverains Pontifes se sont toujours plu ù y développer lo goût do la musique sérieuse.* Lo premier document historiquo certain, sur la musi-quo à Bologno, date du milieu du XVo.siècle.Par bref apostolique du 25 juillet 1450, le pape Nicolas V.qui affectionnait spécialement lu ville, dota son uuivorsité d’uno chaire do musique.Cotte chaire fut occupée dans ce siècle, par un Espagnol, Bartolomeo ltamis Paroia.Ramis fit l’école, mais 60n enseignement fut attaqué, ot uno grande polémique en résulta.Giovanni Spataro, lo promicr que l’on cite I commo directeur do la musique ù San Potronio (1512), prit part ces luttes, et pou à peu naquit uno scuola musicale qui eût bientôt de la réputation.Je ne ferai que citer les discussions survonuos onlro Burzto de Parmoet Gaffdrio do Lodi, également sur les théories do Ramis.Elles sont expliquées dans un remarquablo discours prononcé par AI.lo chevalier Gaotano Gaspari, professeur d’histoire musicale au Lycéo do Bologno.Lo travail de AI.Gaspari a paru, il y a quelques années, dans la Gazetta musicale de Milano.Jo lui omprunto plusieurs des renseignements qui vont suivre.Lo XArIe.siècle fut brillant pour la musique à Bologno.Il est cortain que nos grands maîtres flamands, tant do cette époquo que du siècle précédent, y furent connus.Bientôt après, les principes nouvoaux do Claudio Alon-toverde, lo compositour célèbre qui, par l’emploi direct des accords de mutation, renversait l’unité diatoniquo, donnait naissance à la pluritonie, ot par ello, à l’accont passionné ot à la musiquo do théâtre furent vivomont combaltns-par lo docto chanoino Giammaria Artusi, de Bologno.J e pense no pas mo tromper en affirmant quo lo chanoino Artusi fut la causo promiôro do la réputation d’écolo classique rigoristo que Bologno conserva pondant-trois siècles.Lès 1503, parut on cotte ville un autro grand musicologue, lo chovalior Ercolo Bottrigari, dont los ouvragos sur l’antiquo musiquo dos Grecs sont des plus intéressants pour l’époque.Bottrigari jouit do la plus juste ronomméo dans la première moitié du XVIIo.siècle.J)o la mémo époquo datent aussi les Académies De Fio-ridi, De Filomusi, De Filaschisi, ot onfin cello De Ftlurmo-tiici (1GGG) dont j’aurai à parlor spécialement plus loin (1) La Filomus i fut fondée (1622) par lo maîtro do chapel-lo do San Potronio, Girolamo Giacobbi, dont Banohiori écrivait quo sa maison était un paradis terrostro, tollomont los exécutions symphoniques et chorales s’y faisaient avoc goût, zèle ol talent.Lans lo romarquablo discours do AI.Gaspari so trouvent dos détails du plus vif intérêt sur lo rang musical quo Bologno occupait on ce temps.Giacobbi prit uno part considérable au mouvement dramatique, dont los premiers pas étaient faits.Les Filomusi ot les Filaschisi se fusionnèrent avoc les Filar-monici.L’arrivéo d’un étranger, Alaurizio Cazzati, à la direction do la maîtrise de San Potronio, donna liou ù.do nouvelles polémiquos, mais la nomination do Paolo Colonna (1G74) calma les haines.Bologno eut un maîtro do plus, et d’uno valeur telle quo Corolli fut heureux do recevoir soa leçons ot ses conseils.Les mérites de l'écolo bolonaise au XVIIo.siècle sont encore établis par les œuvres imprimées quo nous en possédons 11 suffira do rappolor los noms dos éditeurs Rossi, Robaldini, Monti, Pisarri, Caldani, Silvani, Alichelotti, Fa-gnani ot Péri.Ce qu’il y a do romarquablo c’ost quo Bologno rosto toujours, commo au sièclo précédent, la ville classique par excellence, la plus ardonto promotrico du contrepoint ccclésia-tiquo, l’onnomi des progrès aventureux même on matière do mutiquo profane.Nous voici au XVlIIo.sièclo.Faut-il citer lo père Alartini, Giacomo Antonio l’crti, lo pèro Alattoi, maître do Rossini et do Lonizetti, Alorlacchi et lo savant Pi- (1) A ces Académies de musique et de beaux- arts, il convient d’ajouter celles Dc.gli Armonici uniti, Di Cun.ordi et La Polin-vi tca, fondées un siècle plus tard. 116 LE CANADA MUSICAL.lotti?Il n’cst pas do musico'.oguo qui no connaisse los noms do cos maîtres et qui ne proclame le Pad.ro Martini la plus brillante figure do lascionco musicale au milieu de ses contemporains.Pendant près de cinquante ans, Bologno a vu accourir à l’cnsoignemcnt do ce religious los plus illustres musiciens du monde.Mozart a subi ses éprouves devant lui; Grogorio Ballabeno et cent autres lui doivent la consécration do lour talent et do Jour savoir.Sa bibliothèque, au couvent des Mineurs Comontuols, était cé-lèbro partout et, bâtons-nous de le diro, ollo n’a pas été dispersée, Bologno la possède encore.On pout affirmer quo l’écolo do l’autour du Baggio fondamentale pratico di con-trappunto et de la Sto/iu della Mvsica a été la fortoresso inexpugnable du contre-point ecclésiastique et que, grâce à elle, cotte branche si importante de notre art a été continué jusqu’à nos jours.Crr, aujourd’hui encore les principes du père Martini et do ses élèves Pilotti et le père Mattéi, sont classiques à Bologno et forment la base do l’oxpositioD théorique.Bologno a été, do tout temps aussi, la ville des maîtres pratiques do l’art.Do memo quo Guido Boni, et Francia et los Carracho enseignaient dans leurs maisons et initiaiont, peu à pou, leurs élèves aux secrets do leur pinceau, do même los eompositours bolonais appelaient les jeunes musiciens chez eux, les faisaient s’essayer dans do potits mor-cea> SEp >ur leur chapelle et les chargeaient do compléter les pr.iti;s les moins importantes do leurs propres partitious.lîien n’égale la valeur do cotte méthode concrète, Bossini lui-mêmo m’a fait l’honneur de me diro un jour, à Bassv, qu’il lui attribuait la grande rapidité do sos premiers pas dans l’art d’écrire J 'ai déjà dit qu’au XVIIe.siècle, les systèmes do composition théâtrale n’ont jamais été perdu de vue à Bologne.Il en fut de mémo au XVIIIo.Le père Martini fut main-to fois consulté duns la célèbre lutte dos Gluckistos et des Piccinn'stes, sous lo règne de Louis XVI, à Paris.Avec sa sagosso habituelle il trouva, après mûr examen, qu’il y avilit du bon dans les doux écoles, et la vérité était pour lui la postérité lui a donné raison.Gluck, du reste, faisait grand cas de Bologno.Il mit en musique, pour lo théâtre de cotto ville, Il Tr ionto di Glelia.(1) Faut il s’étonner, Monsieur lo M inidre, après les détails très courts dans lesquels je suis outré sur l’histoire de la musiquo à Bologne, que cette ville possède uno des plus belles bibliothèques du monde?Sous lo rapport do la quantité et de la qualité dos ouvragos, do théorie surtout, ello n’a sa rivalo dans aucun pays.A une époque très rapprochée do nous, son célèbre archiviste, M.Gaspari a encore considérablement augmenté scs préciouses collections.C’est évidemment par Bologne que nos lauréats bolges du prix do Bomo doivent commencer lours pérégrinations artistiques.II.Lo Conservatoiro (Liceo musicale) a subi une grande transformation en 1S04.11 s’est appolé Liceo Filarmonico depuis 1S05, puis Liceo Rossini, enfin Liceo Communale.Bossini y fit sos études sous le pèro Mattéi et plus tard (do 1839 à 1848) il on fut le Directeur honoraire.(2) Lo Lycéo se trouve actuellement sous lo régimo du rô- (1 ) Les strands compositeurs de l’époque actuelle soumettraient-ils aujourd’hui encore, avec la môme confiance, leurs nouvelles partitions au jugement du public bolonais.J’cn doute.La manière dont j’ai entendu interpréter, eh janvier dernier, un opéra de Bellini au théâtre Brunetti, ne me porterait guère à le croire.(2) Dans son testament, Bossini laisse, par dérision, à la ville de Bologne, une somme de cent francs pour l’hospice des pauvres et uno autre, également de cent francs, à l’établissement Della Vita.jl avait quitté Bologne en 1848, à cause des avanies que les révolutionnaires lui y avaient faites, parce qu’ils le savaient être partisan Je Pie IX, en l’honneur de qui il avait écrit une composition.glomont promulgué* par l’administration municipale on 18G0.Il no constitue pas, à proprement parler, un Conservatoire royal, d’où résulto'quo SOn organisation n’a pas dû être approuvée par l’état.Son but est l’enseignement gratuit do la musiquo.qui y est divisé on dix-huit classes distinctes.Tous les instruments, los cuivres, los bois, les cordes, lo piano (sauf l’orgue,) lo solfégo, Jo chant, lo chant choral, l’harmonie, lo contro-point, la composition, l’analyse des partitions tant anciennes quo modernes, enfin l’histoiro et la philosophie de l’art, toi est lo programme détaillé des études musicales à Bologno.La direction est confiée, soit à un seul artiste, soit, comme c’est lo cas actuellement, à un conseil do trois professeurs, présidés par l’assessour, désigné par la Junte communale.L’étude du contre-point comporte six années au moins ; pondant les doux dernières années, les élèves ont l’obligation do suivre los cours d’histoire ot d’analyse musicale.L’écolo du chant choral (dont lo cours dure trois an-néos) n’a d’autro but que de préparer los jounos gens des doux soxos au chant d’ensomblo du théâtre.En conséquence, los chœurs do musique roligiouso ou ceux dos sociétés d’amatours pour les concerts profanes, dans lo genre do cellos quo notre Belgique possède en si grand nombre sont perdus do vue au Conservatoire do Bologne.L’élève qui veut obtenir un diplôme do maître do com-p»sition (Maestro) doit prouver, dans son examen final, qu’il connait le plain-chant, lo contrepoint d’ég'ise les différentes formes do stylo lié pour l’orgue ; mais ces branches ne sont pas enseignées au Lycée.Un ecclésiastique du nom de Don Francesco Gréchi, mansionario di San retronio ed Academicofilarmonico, est l’autour d’un traité do plain-chant quo consultent les élèves do la classe do composition ot dont on suit les principes au grand séminairo do Bologne.J’ai oxaminé cet ouvrage.Il me paraît écrit uniquoment au point do vue pratique et pout avoir son utilité pour le diocèse do Bologne.Le nombre dos élèves n’est p:is illimité dans los classes.Do même qu’au Conservatoire royal do Florence, il y a des oxamens d’admissions au cours, do confirmation d’admission (confirma), do passage d’une classo inférieure à une classe supérieure, ot onfin do Maestria dans la branche que l’étudiant a spécialement cultivéo.La délibération ot los votes du jury pour les examens finaux s’établissent par un certain nombro de points réglementairement déterminés par matièro d’étude.Le Conservatoire tond à réaliser, autant quo possiblo, l’unité ot la systématisation dans los méthodes.Collos-ci sont adoptés aprÔB uno discussion approfondie au sein do la réunion académique des professeurs.Le maître do la classo inférieure est complètement assujetti à celui de la classo supérieure.Do même, lo Maestrino (chef de file dans uno classe) est subordonné à son professeur ot n’a sur ses condisciples, que l’autorité qu’on lui délèguo momontané-mont.Il y a des exercices d’ensemble pour les instruments à cor’d es ot des exercices à grand orchestre, où los élèves compositeurs sont appelés à produire leurs essais.Lo nombro total des élèves du Consorvatoiro do Bologno est actuellement d’environ cent cinquante.Ils sont tous oxtornos.Voici los noms du corps onsoignant : Contropoint et Composition :—M.Alossandro Busi.Harmonie théorique ot pratique M.Fodcrico Parisini.Chant perfectionné ;—M.Federico Dallari.Solfégo :—M.Alossandro Trombotti.Chant choral :—M.Alessandro Moroschi.Ecolo prirnniro do piano :—M.Gustavo Tofuno.Douxiômo écolo de piano M.Giovanni Pop pi. LE CANADA MUSICAL.HT Ecolo do violon et d’alto :—II.Carlo Yerardi.Ecole do violoncello :—M.Erancosco Serato.Ecole do controbasso :—M.Eustacchio Pinotti.Ecole de flûte : - M.Filippo Savini.Hautbois et cor anglais :— iM.Eaffaclo Parma.Clarinotte M.Franc.G.JBiancani.Basson :—H.Nazzarono Gatti.Cor, trompette ot trombono :—M.Enrico Cristani.Bibliothécairo ot professour d’bistoiro :—M.lo Chevalior Gaotano Gaspard.L'absence du consul bolgo à, Bologne m'a mis dans Pim» possibilité, M.lo Ministre, de solliciter une présentation officielle à, MM.les Membres du corps enseignant.Jo no doute pas, du reste, que j’y n’eusse reçu un accueil bienveillant.Mais la certitude où j’étais que je dovais visiter bientôt dos établissements plus importants ot dont l’influonco est déterminante sur lo mouvement musical actuel on Italie, m’a décidé à ne pas recourir à l’obligoanco do la commission directrice.L’un dos professeurs do Bologne est un musicien européen.C’est M.lo chovalier Gaotano Gaspn-i.Jo n'ai pas l’honneur do lo connaître personnellement, mais jo possède ses compositions et ses publications scientifiques, ot j’aurai l'occasion, dans lo courant do ce rapport, de revenir sur cet artiste éminent.III.Bologno possède aussi une Académie philharmonique, véritable société savante, dont l’histoire mériterait do faire l’objet d’un travail spécial.Elle date do lGüff, selon d’autres do 1CG8, et a pour principal fondateur un noblo bolonais.Vinconzo Maria Carati.Elle jouit aujourd’hui oncoro, dos prérogatives do la personnalité civilo.Les académiciens sont divisés on doux classes : los N limera ri ot les Unorari.A cetto dernièro sont associés los savants ot les compositeurs illustres do l’étranger.L’artiste qui désire obtenir le grade de Maestro compositore numerario doit fournir une fugue à cinq parties réelles, écritos sur un thômo désigné par lo sort, un motet religieux composé sur une baso do plain chant développée on quatro parties d’imitation ot, onfin, uno composition dans lo stylo fleuri avec accompagnement d’orchostro.Los conditions sont moins difficiles à remplir pour celui qui aspire à devenir Micstro compositore onoi-ario.Il suffit do présenter uno fuguo à cinq partios réollos ot do communiquer doux partitions l’uno purement symphoniquo, ot l’autre pour voix avec accompa-gnoinont d’orchostro.11 faut, on plus, uno déclaration d’un maîtro connu do l'Académie, certifiant quo les œuvres sont bien réellement composées par l’aspirant au grade d’académicien honoraire.L’Académie, on sa qualité do porsonno civilo, a à sa tête : un Eeprésentant du Fondateur, un President, un V'ice-Pi’ésidont, un Directeur ecclésiastiquo, doux Conservateurs, trois Conseillers pour los affairos d’art, doux pour los affaires d’administration, trois Avocats consultants, un Secrétaire, un Sous-Secrétaire, un Caissior, un Archiviste, un Econome, un Contrôleur, un Notaire, un Procureur, un Médecin et un Chirurgien I On lo voit, cotte Académie constitue uno véritable famille domusicions, groupés parles lions do la plus intime confraternité.Indépondammont dos séancos littéraires et musicologi-ques qu’ollo tient, elle organiso dos exercices publics pour l’interprétation dos œuvres composées par les académiciens ou pour eux.En exécution du testament do son Fondateur, la félo de Saint Antoine do Padouo doit être solomniséo par une messe ot dos vêpres en musique.Les membres ont entre eux une association picuso pour les, services religieux en cas de mort.Us ont aussi uno caisse de prévoyauco on favour do ceux qui pourraient so trouver dans la nécessité d’y ro-courir.L’Académie philharmonique do Bologno jouit d’une réputation oupopéenno.Elle a rendu d’incontestables services à notro art Los plus grands artistes eomino los plus savants musicologues so sont toujours trouvés honorés d’en faire partie.Kilo a eu ses vicissitudes ot ses tiraillomonts.Ses polémiques avec lo Liceo communale sont connues en Italio, mais des quorellos do ce genre sont inévitables dans uno ville où la rivalité n’oxistc qu’ontrodoux établis-omonts.Du rosto,en supprimant les points d’aigreur personnelle qui s’y sont souvent trouvés mêlés, on peut dire de cotte lutto quo du choc des intelligences est souvent néo la lumière.Voici, Monsiour lo Ministre, les noms des dignitaires actuels do l’Académie : lieprésentant du Fondateur -Lo comte commandour Gaotano Zucchini.Président :—lo maestro dottor Filippo Brunotti.Vice-Président:—le maestro Filippo Vamluzzi.Directeur ecclésiastiquo :—lo docteur don Vinconzo Natali.Conservateurs :—MM.los professeurs Liverani et I’ari-sini.Consulteurs:—MM.Sassoli, avocat Stagni, avocat Maz-zoni.Conseillers d’art :—lo maestro professeur chovalier Gaotano Gaspari, lo maestro Iloncagli, lo maostro professour Busi.Conseillers d’administration :—lo professeur Vorardi, ot lo professour Parma.Secrétaire :—l’avocat C.Mazzoni, Sous-Secrétaire:—lo professeur Troinbotti.Dépositaires :—MM.Ferri frères.Archiviste :—le docteur Fratti.Econome:—M.Lorenzo Eichctti.Caissior :—M.E.Monti.Notaire :—lo docteur Stagni.Procureur :—l’avocat Ambrosini.Médecin :—le docteur Bonetti.Chirurgien :—lo professour l’edrazi.Bcvisori ;—les professeurs Cristani et Biancani.Examinateurs pour les récipiendaires du grade de ma est ro-compositore : — les professeurs Fabri et Parisini, maestri.Ccnsori pour les chanteurs:—MM.Gamboriniot i'orlotti, maestri.Ccnsori pour lo piano, l’orgue ot tous les instruments da tocca :—MM.Golinclli et Corticclli, maestri, plus uno vacatuio.Consori pour les instruments à cordes :—los professeurs \ o-rardi ot Parisini.Consori pour les instruments à vent: — les professeurs Liverani et Cristani.Procutoro dol suffragio :—le docteur Natali.Doputati del suffragio :—MM.Capanna et Monti.Visitours des malades .—MM.Monti et Mattouzzi.Deputati dei sussidi :—Vacaturo.Je joins à mon rapport.Monsieur le Ministre, aux Annexes Nos.2 et 3, lo règlement du Conservatoire do Bologne et les Statuts de l'Académie philharmonique.IV.La Basiliquo do San Pctronio à Bologno possède uno maîtriso do chapcllo remarquable, dont le directeur est M. IIS LE CANADA MUSICAL.le chevalier Gaetano Gaspari.Cet artiste n’est pas seulement nrchéologuo, bibliophile, esthéticien, mais il est aussi bon compositeur.Son Miserere à cinq voix, écrit on 1S4G, est connu do toute l’Europe musicalo.Je l’ai fait exécuter plusieurs fois avec grand succès à Louvain.31.Fétis, père, dit do cette œuvre qu’ollo réduisit les onvioux au silence, 31.Gaspari est membre do l’Institut do Franco et d’uno foule d’académies do beaux-arts.Voici les proportions vocales et.instrumentales do la maîtriso do San Potronio : Un organiste, quinzo chanteurs (ténors et basses), onze violons (six premiers, cinq seconds), doux altos, deux violoncelles, quatro controbassos, une flûte, deux hautbois, doux clarinettes, un basson, doux cors, une trompette et un trombone.Ce sont à peu près les proportions des maîtrises do Bavièro et do la Basse-Autriche.Co sont aussi colles de plusieurs villes flamandes do Belgique.Les membres de la maîtrise reçoivent des appointements mensuels et ont droit à une pension do la part do la Fabrique.Je n'ai qu’un reproche à adresser à cotto organisation, c’est qu’ollo perd de vue l’éducation des enfants.Sans l’emploi d’enfants dans une maîtriso, il est impossible do créer des traditions.Porti, Mattéi, Pilotti, ontété maîtres de chapelle do San Petronio, et, nous l’avons vu plus haut, Bologno a toujours eu, pendant les siècles précédents, des artistes do valeur à la têto do sa maîtriso.Cette ville possède, à l’hcuro qu’il est, plusieurs compositeurs très-remarquables en matière do musique sacrée.Co sont des amateurs, mais ils portent à l’art lo dévouoment et l’intelligence do meilleurs musiciens do profession.Jo citerai sans avoir l’honneur do los connaître: 31.Aria, autour du Dies iras chanté à Bologno lors des funérailles do Kossini ; 31.Albii i, autour do la musiquo qui fut exécutée à l’occasion du ccntonairo do Saint Thomas.M.Albini a écrit aussi plusieurs opéras ; M.Tabollini, actuellement directeur à.Sinigaglia,auteur d’une des messes du Triduum on l’honnour do Saint Thomas; Enfin,, 31.Tadolini, qui fut autrefois directeur du théâtro italien Uo Paris, né également à Bologno.Sa famille possède encoro do lui un Ave Maria manuscrit, pour voix ot grand orchcstro, qu’on m’a dit êtro d’une certaine valeur.A continuer.-=o:- NOUVELLES MUSICALES CANADIENNES.-O- —Le second concert de la Société Philharmonique aura lieu & la salle de l’Institut des Artisans, vers Noël.—Sii'3 John A.3Iacdonald a accepté la Présidence de *• l’Union 3Iusicalc” récemment établie à Ottawa.— Hull possède maintenant deux clubs dramatiques eu pleine activité et un orchestre remarquable, dirigé par 31.P.Duroclicr.—Nous publions dans la piésentc livraison la lin du charmant 31uzurka de Kinkcl, Ecume de Mer, commencé dans celle du 1er Novembre.—Un 31.Davenport Kerrison vient d'établir A Toronto un nouveau collège de musique sous le nom de Conservatoire Royal Canadien de Musique.—31.U.E.Archambault, récemment élu Président de " l’Or-Pl.éon Canadien ” do cette ville, est attendu d’Europe dans les premiers jours de Décembre.—A.II.Pense, l’auteur populaire de la célèbre 3Iarche “Delta Kappa,” visitait 3Iontréul dernièrement en qualité do pianiste de la troupo 3Iaric Rozc-3Iaplc?on.—La fête du Révd.Messire Baillargcou, curé do Stanfold, a été dignement célébrée, dimanche lo 11 Novembre dernier, par une intéressante soirée musicale et dramatique donnée par les amateurs de l’endroit.—Le chœur de la Cathédrale a chanté, le jour de la Toussaint, la messe, à.quatre voix égales, de Juvin.A l’église paroissiale de Notre-Dame, le même jour, le chœur a chanté la messe du Vie ton, harmonisée par 31.G.Couture.—Ont été récemment élus officiers du club musical Gernnnia Gesangvcrein de Montréal, 3IM.0.Dalmar,Président,—31.Woiff, Vice-Président,— M.Kochn, Secrétaire,— W.Neumann, Archiviste, et M.Warncke, Directeur-musical.—-31.Alfred Desève a donné un grand concert vocal et instrumental, à Québec, lundi le 18 Novembre dernier, avec le concours de 3Illes.Levasseur et Daignault, de 3131.G.Lavallée, T.Trudel, P.Laurent, N.Crépault, et d’un septuor choisi.—M.et 3Iadame 0.Martel, assistés de 3111c.Hortense Leduc, annoncent l’établissement, sous leur direction, d’un institut musical.Ils y enseigneront le Solfège, l’Harmonie théorique et pratique, le Chant, le Piano, le Violon, l’Alto, le Violoncelle, l’Accompagnement, etc, —L’Orgue de chœur du Gésu est maiolenant touché par 3131.Cotter, Kiefferdorf, Clerk et Labelle à tour de rôle.Nos jeunes amis, tous quatre élèves au collège Stc.Marie, s’acquittent fort bien de leur tâche artistique et font honneur à leur professeur 31.J.A.Fowler, —La société chorale allemande Einfracht, de cette ville, a fait ces jours derniers, ses élections annuelles: en voici le résultat,— Président, M.J.G.Strohmayr,—Vice-Président, M.E.Voclkel,— Secrétaire, M.W.Studer,—Trésorier, 31.J.Busch, et Directeur-musical, M.G.Brandt.—A la fête de la Toussaint, lo chœur du Gésu a exécuté la charmante 3Iesse en sol, de Weber, et, le Dimanche, 2-1 Novembre, à l’occasion de la fête de Ste.Cécile, patronne des musiciens,'la messe non moins brillante de Kalliwoda, en la, toutes deux avec accompagnement d’instruments à cordes.—La Gazette de 3Iontréal nous apprend que l’excellente soprano, 3Iadamo N.P.Leach, l’une des meilleurs élèves de 3Iadamc Petipas—a été favorisée, pendant le mois de Novembre, de plusieurs engagements importants.Le 15 de ce mois, elle chantait à Bakersfield, Vt., —le 19, à Sherbrooke,—et, le 21, à Swantco, Vt.—Le dimanche 10 Novembre, le chœur du Gésu a été favorisé de la visite de 31.J.Egan, basso distingué do Hamilton, Ont., et de 31.Ilamsphire, excellent ténor de Kingston.A l’office anglais du soir, 31.Egan a fort bien chanté un motet remarquable de Clifton, et Al.Hampshire a aussi très-bien interprété le Gu jus du Stabat de Rossini. LE CANADA MUSICAL.119 —Les musiciens de la fanfare du Collège de Sorel ont dignement fêté leur patronne, Stc.Cécile.Ils oat passé la journée dans le vieux collège, heureux de secouer pendant quelques heures l’inexorablo discipline collégiale.Le soir, iis reprenaient le chemin.du devoir, en exécutant de magnifiques airs de musique, que l’écho reportait dans toutes les directions de la ville.—Une appréciation, quelque peu hasardée, du “ Spectator'' de ce'.te ville, touchant le dernier concert de la Société philharmonique, a provoqué, de la part de M.G.Couture et du Dr, Maclagan, une série de correspondances, que ceux de nos lecteurs friands de discussions musicales pourront lire, in extenso, dans la plupart des numéros du Star et de la Gazette du mois de Novembre.—Les amateurs de musique de violon trouveront, chez A.J.Boucher, deux publications nouvelles et intéressantes, pour cet instrument, par M.[Oscar Martel,— Vive la Canadienne, (§1.25) et une fantaisie sur d’autres airs canadiens, (§1.75.) Ces deux œuvres nationales ont été admirablement, éditées par la maison Gevaert de Liège, et ont figuré avantageusement à l’Exposition Universelle de l’aris.—La population Indienne de Hamilton, Ont., a donné un concert en cette ville, le 4 Novembre dernier.On aimera à lire les noms euphoniques des principaux artistes qui ont fuit les frais de cette intéressante soirée.La soprano était Mlle.Sehguhgehwa,— les altos.Madame Thayendeneagea et Mille.Kuhbakezhegoke,— les ténors, MM.Ojejahkooncc et Natanwansung,—et la basse, M.Mahkoonce.—Le succès de la seconde édition au .Répertoire de l’Organiste, par M.J.B.Labelle, est des plus encourageants.Nos jeunes organistes—ceux de la campagne surtout—ne sont pas lents à apprécier les avantages d’un recueil coutonant l'accompagnement de tous les Credo, ainsi que des Introït dos principales fêtes.Ces additions importantes, jointes à la réducti m très-considérable du • prix, font de la présente édition un ouvrage aussi indispensable que populaire.—Une soirée musicalo a été donnée à l’Université Laval, mardi soir, 19 Novembre, au bénéfice de M.C.Lavigueur.Presque tout le corps universitaire était présent.On remarquait dans l’auditoire plusieurs professeurs de l’Université et un grand nombre de prêtres du Séminaire.M.M.C.Lavallée, T.Trudcl, L.Lefebvre, et M, Belleau, ainsi qu’un quatuor du Cercle Musical, prêtaient leurs concours à la soirée, qui a été une véritable fête musicale: La recette a dû produire une somme assez ronde.—Les répétitions de “l’Orphéon Canadien” n’ont jamais été mieux suivies que pendant le mois de Novembre écoulé.L’assistance moyenne a été de 50 membres: Les morceaux étudiés sont les Chants lyriques de Saul, le Chœur des Buveurs, Avant la butaille, le chœur du Toreador de Carmen et celui de “ la Promenade sur l’océan,” tirée des Poèmes de la Mer de Wekcrlin.MM.Robillard, Gagnon, Cbarbonneau et Gucnette, ténors, et M.Bérubé, basse, sont venus, dans le cours du mois, augmenter les rangs de cette florissante association.—Dimanche, le 27 Octobre dernier, les membres du chœur de l’Eglise do Notre-Dame présentèrent à leur directeur musical, M.F.A.Lavoie, un magnifique pot à l’eau d’argent, accompagné d’une adresse dans laquelle les signataires exprimaient l’estime sincère qu’ils lui portent et formulaient pour sa famille et pour lui-même les souhaits les plus bienveillants.Nous nous associons avec plaisir à ce témoignage de reconnaissance si justement mérité par le zélé directeur du chœur de Notre-Dame.—Nous lisons dans la Gazette de Sorel.“ Ou nous dit que la Fanfare de Sorel, est à.enrichir son repertoire de magnifiques morceaux nouveaux.Une preuve indéniable du progrès de notre fanfare, c’est qu’elle s’attache avec succès, à des compositions musicales exéeutées au Jubilé de Montréal cet été.Bravo I Nous espérons avoir bientôt le plaisir de constater par nous-mômes les immenses progrès qui se sont faits à huit clos depuis plusieurs mois.M.le professeur Patenaudc mérite beaucoup d’éloges pour son intelligente direction.—Lundi, le 1S Novembre, le Rèvd.A.J.Bray, ministre de l’Eglise “Zion,” a donné un entretien sur la vie et les œuvres du célèbre compositeur Hamdel.Cette lecture a été rendue plus attrayante, par l’exécution, sous la direction de M.le Dr.Maclagan, d’un intéressant programme extrait tout entier des principaux oratorios, etc., de Ilœndel, tels que le Messie, Samson, Saul, la Fête d'Alexandre, iutorpré:é par Mlles.Lizzie Scott et Cowan, et MM.Dcla-hunt, Armitage, Brandt et le chœur; le Dr.Maclagau remplissant le triple rôle d’organiste, de chanteur et de conducteur.—Nous accusons réception, avec remerciements bien sincères, de trois compositions nouvelles—le Drapeau du Zouave Pontifical, solo,—Au Calvaire, chœur,—et l'Hymne de la nuit, cantato, qu’a bien voulu nous adrosscr de Liège le savant, auteur, le Itévd.Père Adolphe de Doss.S.J., Directeur de musique au Collège do St.Servais.Ces œuvres nouvelles, comme, du reste, toutes celles de l’illustre compositeur, sont empreintes du caractère spécial qui leur est propre, et, tout en accusant un style facile, clics n’en décèlent pas moins, sous les formes les plus gracieuses, les profondes connaissances esthétiques du vénérable auteur.—Nous devons informer nos pratiques que nous avons reçu du propriétaire de la seconde édition du Repertoire de l’Organiste des instructions formelles d’exiger invariablement le paiement comptant de ce magnifique recueil.Si les acheteurs veulent bien tenir compte du coût excessif de cet ouvrage, (qui a déjà nécessité prés de §1,400 de déboursés,) puis de l’énorme réduction do 50 pour cent sur le prix de la première édition, ils reconnaîtront la parfaite justice de cet arrangement, auquel nous ne pouvons faire d’exception pour personue.Nous notifions donc nos correspondants que les commandes qui ne renfermeraient pas le prix do l’ouvrago (SG.00 nef pour la vilie,— 83.16 nef, pour la campagne,) no recevront aucune attention.—Les membres du Corps de musique de Lt la Réforme," de cette ville, désirant témoigner à M.le Dr.Ed.Mount leur sincôro reconnaissance pour les services dévoués qu’il leur prodigue, depuis nombre d'années, en qualité d’instructeur musical, profitèrent de l'occasion récente de sa fète—la St.Edmond—le 20 Novembre dernier, pour lui offrir l’expression de leur gratitude et leurs meilleurs souhaits, accompagnée du cadeau d’une magnifique canne à pommeau d'argent.M.le Dr.Mount qui ne se laisse pas facilement surprendre en générosité, a pourvu à scs intéressants élèves-musiciens les moyens de célébrer dignement, à leur tour, leur patronne, Stc.Cécile, en leur commandant, pour ce jour, une somptueuse collation.—La fète patronale des musiciens a été dignement cé.ébréc par la Société Ste.Cécile des Trois-Rivières.Cette jeune association fondée par l'organiste de la Cathédrale, M.N.Marchand, a cxécu- 120 L'Ê CANADA MÜSiCAL, 4 -0-0—: :t—i 0—i . Heureux habitants do Munich ! Us viennent d’avoir la première représentation du Got-terdammervng (lo Crépuscule des dieux) do Wagner. 124 LE CANADA MUSICAL.L'exécution de cet opéra a duré do six heuros à minuit : toutefois, pour ménager les forces dos spectateurs, on a eu la bonne précaution do leur accorder deux entr’actes de trois quarts d’houro, Que seraient-ils devenus sans cela, mon Diou ! Mmo.Mario Ivozo charme on co moment les baignours do Saratoga, une dos villes d’eau les plus fréquentées pendant la belle saison aux Etats-Unis.Elle a donné un concert dans la grande sallo du United States Hotel, et disent les journaux do la localité, bien qu'il fit un temps affreux, la salle était comble, et composée de la société la plus élégante et la plus fashionable qu’on ait jamais vue à un concort.Qu’on dise après cela que les Yankees n’aiment pas la musique ?Doux opéras français ont passé l’Atlantique ot vont faire partie du répertoire do la troupe Strakosch à l’Opéra do New-York.Ce sont Carmen, du regretté Bizot, ot Paul et Virginie, quisora représenté pour la premièx-e fois en Amérique cet hiver.Nous avons déjà entendu cette année les musiciens de l’Estudiantina, les fantoches de la Société des Mon era beau, les ténors hurleurs du Maroc et de la Tunisie, les tziganes avec leur étrange tympanum, Il est écrit qu’aucun des instruments connus no nous manquera.Yoici qu’il nous arrive do .Naples un mandolinistc célèbre, M.Joseph Silvostri, qui annonce un concort pour dimanche prochain, à deux houros, dans la sallo dos Conférences du Trocadéro.C’est encore une nouveauté ; mais, pour ma part, jo ne serai content que quand j’aurai entendu un concert do gongs indiens.6 D’après un journal polonais, le Kouvier Codzienen, M.Gounod aurait promis do se rendre prochainement à Varsovie pour y donner une série do concerts.Le directeur du Conservatoire do Varsovie, Apollinaire de Kontski, lui aurait assuré un fixe do 20,000 francs.L.JIoonen.—-:o:- CORRESPONDANCE BELGE.(Spéciale au Canada Musical.) -:o:- XX.Likqe, cc G Novembre, 1878.Bruxeu.es.—Une grande partie du répertoiro courant a déjà défilé devant les habitués do la Monnaie, sans que pour la causo on ait ou rien do réellement sérieux à remarquer.Des efforts, boaucoup d’efforts sans doute, do la part do la direction et des artistes et pom-étro mauvais vouloir do la part dos alxmnés; voilà co qui ressort dos comptes- rendus dos journaux.Ce n’est certes pas satisfaisant ni pour l’un ni pour l’autre.Il y a quelques jours, Mlle.Vaillant—qui semble ainsi quo M.Nodier, fatiguée—a néanmoins réussi, sauf quelques restrictions inévitables, dans le Roméo et Juliette do Gounod.Il est fort heuroux que les représentations do la Patti ot do Nicolini—dont los premières ont ou liou lo jeudi 31 et avant hier 4 courant—donnont quolquo répit à la troupe d’opéra-comique qui est déjà toute ossoufléo do sa eourso do deux mois.Je reviendrai sur los six soiréos gala de la Diva ot de son.compagnon.On annonce comme certain, lo Timbre d’argent do C.Saint-Saëns, dont la promiôro aura lieu vraisemblablement vers le milieu de Janvier, ot lo George Dandin de M.Mathieu, complètement remanié et augmenté d'un ballet.Bonne chance et longuo vie à ces doux ouvrages si contestés à leur apparition.Eeprésontés, le premier à Paris, le deuxième à Bruxelles, tous doux l’année dernière et dans dos conditions à pou près idontiquos, leur destinée ne somblo-tolle pas liée?Puisque nous sommes à l’article théâtral, notons on passant lopoudo succès obtenu le 19 octobre à i’Alcazar, par l’opérotte : Le Cabaret du Pot-cassé, dont la musique est do Mdo.Pauline Thys, avantageusement connue pour sos romances, ses chansonnettes ; lo terrain scénique est glissant, Mmo.Thys on a aujourd’hui la cortitude.Lo livret est dépourvu do charme ot la partition pêche par de nombreux vices do formo.11 résulterait d’après les journaux do la capitale, que lo public serait revenu à de meilleures intentions.C'est poi-si-ble, cela s’est vu souvent, très-souvent même, mais n’est-ce pas peut-être pour activor d’avantage encore co “ feu de paille ” ?Cela aussi s’est déjà vu.L’Institut fondé, à Bruxelles, par S.M.Guillaume III do Hollande, vient do remporter un brillant succès à la cour de la Haye, à l’occasion du mariage do S.A.11.le prince Honri dos Pays Bas avec la princesse Mario de Prusse, fille aînée do l'héritier impérial d’Allemagne.Mesdemoiselles do Groot, sœurs, et Anna Born, chargés do roprésontor l’établissement se sont montrées à la hauteur do leur tâcho.Elles ont été fêlées chaleureusement ot oncouragéos royalement.Quant à M.George Cabol, lo directeur intelligent do cotte académie, la médaille d’or pour los arts lui a été remise en grande cérémonie.Do pianiste-compositeur D.Brassin, do retour d’Allemagne, a aussitôt passé la Manche ot s’est fait applaudir lo 7 octobre, aux concerts du Crystal-Palace, notamment dans lo cinquième concerto do Beethoven et dans une mélodie hongroise de Liszt.Lo Globe, le Morning Post et le I)aily-Hews on font un éloge mérité.Ce concert lui on a valu un autre au Monday-popular.Sa réputation est désormais bien assise chez lo publie londonien.11 partira sous pou pour Vionno.où il sera au début de co mois ot concertera ensuite à Moscou ot à St.Potorsbourg.Son moillour élèvo, formé au Consorvatoiro do Bruxelles, M.Franz Hummed, obtient, de son côté, toutos les sympathies à New-York où il a donné plusieurs séances do piano au Steinway.Hall.Un autre compatriote qui tout jeu-.no.semble déjà las dos honneurs accordés aux virtuoses, le violoncelliste Jules do Swert vient do s’essayer sur le terrain théâtral.Il a fait représenter avec succès, sur lo théâ-tro do la cour à Wiesbaden, un grand opéra en trois actes, les Albigeois.La partition est surtout remarquable par lo coloris ot l’individualité.Ceci n’a rien d’étonnant, car nous possédons do lui doux concortos pour violoncelle ot plusieurs autros pièces do plus ou moins longuo haleine, qui tous possèdent la mémo qualité.Jo lions à no pas torminor l’article placé sous rubrique Bruxollos, sans vous annoncor lo succès obtenu à Londres, par l'oxcellonto musique des Grenadiers-directeur, M.Bonder.—Ello s’ost fait entondro à l’Agricultural-HalJ, au bénélico dos veuves ot orpholins des victimes du charbonnago d’Abereorno, ot lo lendemain à l’Aquarium do Brighton.Gcs messieurs sontrovonus comblés d’honneur et enchantés de leur séjour dans la grande capitale.«• Gand.—L’ouvorturo do la campagno 1878-79 a ou liou LE CANADA MUSICAL.125 le 29 Septembre parla Juive.La troupe est bonne, M.Du-laurons, ténor, ot Milo.L.Lemaire obtiennent tous los suffrages.La direction annonce les reprises cio Othel/o, ,1/o/se et la Vestale ainsi que Lohengrin, la Statue, la Flûte ench aille et le Médecin malgré lui qui sont nouveaux pour la scène gantoise.Teiimonde.—Le lundi 7 Octobre, avait liou en cotte viljo , l’inauguration delà statuo du P.de Sinot, missionnaire.A cet effet, une cantate do circonstance fut exécutée par l’auteur, il.Ed.Tinol.L’œuvre écrito en deux parties est cl’un stylo largo ot puissant.Au diro do quelques-uns, ce serait la meilleure composition du jouno artiste.Liege.—11 no me reste plus beaucoup d’espaco, mais je doute fort que je parvienne à la remplir.Los concorts n’ont pas encoro do vogue, non plus quo le théâtre.Quant à la musiquo religieuse nous n’avons eu l’occasion d’en entendre que le jour do la Toussaint.Ce fut la mosse do JS iodor-meyer, bion exécutée sous la direction do il.Deigner.Bien lût, néanmoins, commenceront les séances do la Société des concerts populaires, do celle de l’Emulation, etc.il.Camille Saint-Saëns, compositeur aussi célèbro qu’il est excellent pianisto ot organisto, a déjà promis son concours pour le premier concert de chacuno des doux sociétés précitéos.En attendant, nous avons ou pondant tout un mois, los représentations do la Fille de Mme.Angot et de la Petite Mariée avoc, comme principaux interprètes la toute charmante Mlle.Jane Hading, Mme.Daltona ot M.Eaoult, tous trois venus do Paris.YIE ANECDOTIQUE DE PAGANINI.-:o:- VI.(Suite.) -:o:- Le drame improvisé par Anne Badgliffe débutait par un assassinat.Un fils rougit ses mains du sang do son pèro pour s'approprier ses trésors.Hais le joune homme a bionlôt dissipé ces bions dans le vice et la débauche.Alors, pour ressaisir les richesses qu’il a perdues autant que pour échapper aux remords qui l’obsèdent, il se lance dans une vio d’agitations, d’aventures ot do périls ; il se fait corsairo.Co métier lui réussit.Au bout do quelques années il a do l’or à profusion.Il rentre dans sa patrio et rachèto le gothiquo château do scs aïeux, qu’il a jadis souillé d’un parricide.Hais les tourelles semblent trembler à son aspect, ses vassaux fuiontà son approche, dos apparitions sinistres, des spoctres hideux l’obsèdent nuit et jour.L’ombro sanglante do son père vient troubler son sommeil.Enfin, après nous avoir fait passer par tous les degrés do la terreur, le romancier nous mon-tro le fils parricide disparaissant au milieu d’une tempête et emporté par un être surnaturel armé d'un glaivo do fou.Sur co sujet lugubio, Paganini improvisa une musique constamment en harmonie avec los diverses situations que nous venons do racont r.A mesuro -que lo romancier nour-suivait son œuvre, le violoniste on traduisait tous los développements avoc son archet merveilleux, Los angoisos du remords, les cris sauvages do l’orgie, les rugissements do la tempête, les agitations de l’âmo, les phénomènos do la nature, tout fut intorprélé avec uno spontanéité d’inspiration ot une verve surprenante.Jamais virtuoso n’avait fait pareil tour do forco.Jamais pout-êtro la musiquo n’avait atteint un tel degré d’expression.Vous sentez quel effet dut produire cotte étrange scèno.L’effroi avait gagné tous les audiieurs et los plus hardis eux-mêmes étaient pâles d’épouvante.Quand aux dames plusieurs d outre elles étaient tombées évanouies pondant cotte improvisation, dans laquelle le talent du romancier ot lo génie du musicien avaient rivalisé de vorvo ot d’originalité.-;o:- VII.Paganini au bal.-:o.- En 1833, Paganini traverse la Manche ot va se roposer à Boulogne sur-Mor de la vio agitée ot laboriouse qu’il a mo-néo on Angleterre.Un jour un sous-lioutonant irlandais on congé do somostro, promenant sur lo pavé do Londres son épée indigente et sa valour inutilo, trouve on rentrant chez lui, marqué au timbre do Boulogne, un potit billot qui com-mençaitpar ces mots : “ Il s'agit d’une affaire d’honneur." Enchanté d’un évènement qui incidontait onfin sa monoto-no oxistonco, notro officier se hâta do dévorer des youx la signature do l’épitre au papier jauno ot griffonné.Qu’on juge de sa surpriso on y déchiffrant co nom électrique, le nom harmonieux : Paganini.¦ —Quoi ! s’écria-t-il, cet artiste inimitable, cot hommo fantastique, co grand ot bizarre enfant, oo paradoxe on action, ce Nicolo Paganini, enfin, vieux à tronto ans, incorrigible à cinquante, quo j’ai vu à Vienne, à Borne, à Paris, à besoin do moi ! Profitant aussitôt de co prétexte d’oxeursion, O’Donog-huo (c’était lo nom du sous lieutenant) quitta Londres, s’embarqua sur un do scs monstres-marins dont la guoulo béanto et dentelée projotto au loin des torrents do fumée épaisse, ot arriva à Boulogne-sur-Mer.Cotte villo, rendez-vous général dos débiteurs rétifs dos trois rovaumos, ot dos dames que la terreur d’une flagrante conversation criminelle forco à passer lo détroit, abonde, sinon on bonne compagnie, du moins on plaisirs faciles.La vio y est douce ot légère.La gaieté bruissante et communicative.Il n'est pas do pays où l’amusement soit de meilleur a'.oi, où l’insouciance, la paresse, lo jeu, la danse ot l’intriguo se croisent et so confondent avec plus d’étrangeté ot d’indul-gonco.Dès son arrivée.,0’DonogImo chorcha Paganini.II no put lo découvrir d’abord; mais il trouva son jouno fils Achille, dont lo pâlo visage, los traitsoxpressifs, la chovoluro noire, les youx brillants, lo front haut ot radieux d’intolligon-ce, exprimaient uno supériorité indéfinissable.O’Donoghuo emmena lo jouno Achille à sou hôtel.A poino venait on d’apporter à cos messieurs uno bouteille do Mâcon, quo Paganini lui-mêmo parut; il était à la recherche do son fils.—Soyez lo bionvonu, dit-il à l’officier.—J’ai obéi à votro lettre.—Bah ! ma colère s’est dissipée : lo mépris ot l’oubli, voilà ma vengeance.Vous arrivez à propos.Boulogne no fut jamais si joyeux.Nous possédons, jo crois toute la fleur de votro gontilhommerio déchue, appauvrie ou éclipsée ; tous ces étourdis quo los paris la roulolto.lo whist, los petits soupers, los sérénades ot lo compte du tailleur ont oxilés do lour pays.Théâtres, concerts, bal, club, salons, promenades, toutes les jouissances do la vio, tous los charmes du luxo sont réunis ici ; le bonheur y respire, les visages sont épanouis; pas do créancier au regard sombro, à la voix monaçanto; pas d’huissiers aux poursuites coorcitivcs : pas do parents, pas do tuteurs, do maris insupportables; c’est un Eldorado, c’est l’indépendance, co sont los folies ot la joio. 126 LE CANADA MUSICAL.—Lo tableau est admirable.Toutes les cordes de la poésie vibrent et vous obéissent commo cellos do votro instrument miraculoux.Laissons la musique en repos ; c’est une divinité que j’adore, quo j’invoque, mais dont je parle lo moins possible, do peur do la profaner.Voulez-vous m’accompagner pondant que mon Achille ira se roposer à la maison ?—Partons, vous serez mon guido.La salle brillante dans laquelle nos doux compagnons entrèrent retentissait des sons harmonieux d’une trompette îécemmont inventée, qui dominait l’orchostro et no parais-sait destinéo qu’à faire mouvoir des quadrupèdes.A mesuro que les siècles se succèdent, les sens se blasent, l’oreille se durcit ; il faut aux hommes dos émotions violentes.Au seizième siècle, la guitare suffit à la danse ; la voix n’a d’autre accompagnement qu’une épinette : par degrés les instruments font plus de bruit ; ils finissent par gronder, tonner, foudroyer leurs auditeurs.Paganini ne faisait nullement attention à ce pauvre orchestre, dont le violoncello restait on arrière des autres oxécutants do plus d’un quart do ton ; mais le maestro était réellement amusant par ses curieusos remarques sur la composition do l’assemblée, et par sa verve piquante et satirique dans la conversation.—Je no vois que des éléphants do l'autre côté du détroit, lui dit O’Donoghuc.—Boulogne est uno colonie anglaise, ni plus ni moins, répondit le virtuose.Voyez, cetto lourde galopado ne tra-hit-ollo pas son origine britannique?Co grand et pâle jeune homme, à la démarche insouciante, aux cheveux d’ébène, au nez pointu, à la physionomie byronnionno, est un des types des plus nobles chevaliers d’industrie do Londres.Co n’est pas le sourire malin et l’air délié du mauvais sujet de Franco, c’est l’aplomb et lo calmo des Figaros de la capitale anglaise.—Connaissez-vous tous ces gons-là ?—La vie do chacun d'eux est écrite sur leur visage, sous les orbitros de leurs yeux, dans leurs rides prématurés.Ces personnages en savent pdus que les philosophes sur lo monde et la vio humaino.—Pas un seul Français do Boulogne mêlé aux plaisirs de sa ville natale !.Je u’onreviens pas! —La froideur avec laquelle ils sont reçu los éloigne.En fait do morguo hautaine ot do ndiculo impudenco, vos compatriotes sont passés maîtres.— Per Bacco ! quelle rigueur ! commo vous nous traitez ! — Comme vous lo méritez, parbleu ! —Nous vous avons cependant accueilli avec bienveillance.—Bienveillance !.dites curiosité.Vous êtes lo pouplo lo plus curieux do la terre.Il vous faut dos spectacles ot dos nouveautés.Voas faites eerclo autour do coux qui vous arrachont à votro ennui ; vous les fêtez : voilà on quoi consiste votre bienveillant accueil.—Ah çà ! seigneur Nieolo, avec quelles guinéos je vous prie, avez-vous acquis votro terre do Parmesan ?—Avec les vôtres.—D’où vous vient votro villa prè3 du lac do Cômo ?—Do vous.—Et vos propriétés près de Suze ?—Do vous oncoro.—Notro curiosité, ce mo somblo, n'a pas tourné à votro porto ?—Oui; mais dans lo grand jeu do la vie n'y a-t-il pas toujours quelqu’un qui gagno ?11 y a plus oncoro : les An- glais ont fait do moi l’homme à la modo l’artiste favori ; les notes que mon soi triomphant faisait jaillir l'ont emporté sur la voix rauque du chanoolier, sur l’éloquence criarde des orateurs populaires, sur les harangues mémo d’O’Connoll ; on no parlait que do moi; j'étais affiché, dessiné, sculpté ; l’on m’invituii à toutes les tables ; ma laideur était défiée et ma maigreur éclipsait dans les bals les plus belles épaulos do femme qui aiont jamais brillé sous lo velours , les diamants ot l’or.Mo croyez-vous reconnaissant do tout cola 1 " -a;——.'- Pas du tout; selon vos préjugés, qui no vit ot no raisonno à l’anglaise, est un imbécile ; quiconque n’aime pas votro vin do Porto ost atteint do folie ; qui ne brûle pas du charbon de terre ost un sauvage.C’est une infirmité commune à tous les peuples, qui se nomme patriotisme.Non.Yotro puissance mercantile vous a énivrés.A la vérité, on vous onvironno d’uno grande considération pécuniaire.L’Anglais so f&cho ot maudit en payant.L’attraction do l’or ontouro bientôt le voyageur anglais do la foule nécessiteuse ; il juge les peuples qu’il visite sur ces pitoyables échantillons- C’est sur cotte fausse donnée que le voyageur se rengorge ot écrit d’énormes volumes, empreints de sa morguo ot de son mépris, ot que ses concitoyens s’empressent do liro avec un orgueil bouffon.O’Donoghuo admirait los observations caustiquos do Paganini, si bien on harmonie avec la puissance d'émotion et la nerveuse élasticité du grand artiste.Un ci-devant jeune homme, marchant sur la pointe des pieds, la boutonnière ornée d’un bouton de rose, manchettes et jabot, culotte de soie, habit bléu garni de boutons d’or, cravate do l’ancion régime et gilet chatoyant, vint à passer dovaut los doux causeurs.Son élégance raffinée manquait de cot aplomb qui révèle lo véritable dandy; son sourire aimable n’en obtenait pas moins les suffrages, ot son air gracieux attestait l’habitude du monde etlo souvenir d’une existence do frivolités.Paganini sourit ot Ralua.—Le connaissez-vous ?—Vous devez le connaître aussi.—Je ne l’ai jamais vu ! —C’est une célébrité, le fameux Coates, acteur délicieux, l’amoureux par excellence, le plus innocent ot lo meilleur des hommes.—Vraiment I.—Vous avez aperçu dans le Strand son phaéton garni de rubans aux mille couleurs ?—On on riait beaucoup.—Je lo sais.Le phaéton d’Estorhazy étincelait do diamants, ot personne n’en riait.Mais Coates était acteur, et Estorhazy était prince.On no pardonne pas à l’artiste co qu’on trouvo admirable chez le prir.co.—C’est do Coates que lady Morgan a voulu se moquer dans un do ses romans.—Quand on a autant de ridiculo quo lady Morgan, on peut bien on prêter aux autres.—Signor ! voilà des méchancetés bien spirituelles ! —Je défends mon pauvre Coates, parce qu’il est artiste commo moi.Co cher homme a passé sa.vio sous un ciel couleur do rose ; il a l’étourderie d’un talon rouge do la cour de Louis XVI ; ses péchés sont ceux d’un gentilhomme, do vrais péchés véniels, mignons ; c’est l’onfant du caprice et do la fantaisie Jo lo préfère à vos gontlomon qui cherchent à so ridiculiser, ot qui cachent en vain lour vulgarité sous uno certaine réserve de tons et de manières.—Mon cher philosophe, vous connaissez à merveille los mœurs de mon pays.On ost loin de soupçonner on vous cetto critique judicieuso et amère dont vous vonoz de me donner dos prouves.—Ah I per Dio ! (c’était lo juron habituel do Paganini) porsonno no mo connaît, et co n’est pus à mo faire connaître quo jo perds mon temps.Lo précepteur do mon Achillo ost Anglais ; il mo traduit vos romans nouveaux; Perey Banks ot Pierre Robinson m’expédient par intervalle uno caisse pleine de vos nouveautés littéraires.La lie vue d’Edin-bourg, dont jo n’aime pas la politique, m’arrive gratis, ot jo suis un ancien abonné do la Revue trim'strietle do Lockhart.Jo corresponds régulièrement avec lo romancier Hook, lo plus gros et le plus amusant des mortels.—Kvidommont, vous savez l’Anglotorro par cœur.Regardez.Notre héros, Coates, vient do faire ontror dans un quadrille uno jeune b'.oade qui somblo l’écouter avec attention.A continuer. LE CANADA MUSICAL.127 CALENDRIER MENSUEL Et Guide des Organistes et Directeurs de Choeurs, pour les Offices des DIMANCHES ET FETES.—(Continué) DATES FÊTES RELIGIEUSES.ÉFIIÉMÉRIDES MUSICALES ET NATIONALES.1C M.11 M.12 J.13 V.14 S.Sto.Eulalie de Mérida.St.Damaso.(40 h.Lachine.) St.Corontin.Première représentation de la Dame Blanche, do Boiëldiou, à Paris, IS25.Naissance de Borlioz, à Côto St.André, 1803.Jeûne.Ste.Lucie.(40 h.Asile Nazareth Première représentation do Maître Bathelin, do Bazin, 1850.Début de Madame Catalani à l’Opéra Italien, 1S09.Mort de C.Phil.M.Bach, à Hambourg, 1738.de Montréal.) St.Nicaise 15.D.Ille.de l’Avent.(40 h.St.Félix de Valois.) Semi-double.(17.) Messe de l’Avent, avoc orgue.Vêpres du jour, (73.) Mémoires do l’Octave, Jlodie, 2SG, v.Immaculuta, (2S4, Haut,) —et do St.Eusôbo, Iste Sanctus, v.Gloria, (504.) 16 L.St.Eusôbo.17 M.St.Lazaro.(40 h.Tointe-aux-Trem-bles.) 18 M.Quatre Temps.Expectation de la Ste.Vierge.19 J.St.Némèse.(40 h.St.TéUsphore.) 20 V.Quatre 1 emps.St.Dominique, Ev.Quatre Temps.St.Thomas, Ap.(40 h.Coteau St.Louis.) 21 S.Naissanco do Boieldieu, 1775.Naissance do G.II.llogor, à St.Pénis, 1815.Naissance do Cari Maria Von Weber, 1780.Première représentation du ChCi'.et.d’Adolphe Adam à Bruxelles, 1834.Naissanco do Léopold do Moyer, il Vionno, 1810.Exécution, il Montréal, do Cardinal et Duquetto, 1838.22.D.double l’Antienne O Re.v, (77 ) L.M.Sto.Victoire.(40 h.SI.Antoine, Abbé.) Première représentation de la Juive, d’Halévy, à Bruxelles, 1835.Jeûne.Vigile.Sto.Tarsillo.Naissanco do Sir Jules Benedict, à Stuttgart.180t.25.M.Noel.(40 h.Ecole Formate de Montiéal.) D’obligation.Ire.classe, avoc octave (59 et 32.) nesse Royale, har- monisée, ou Messe de Noel do Mcssiro Perrault.2des.Vêpres du jour, (87.) Mémoire do Ht.Etienne, Stephanas.v.Gloria, (91,) A l’Alma, v.Post partum.Bénédiction.20 J.27 V.2SS.St.Etionne, premier martyr.^Naissance d’Albert Grisai-, à Anvers, 180S.St.Joan, Evang.Ap.(40 h.St.Théo- Premier concert do Liszt il Berlin, 1841.dore de Chertsey.) SS.Innocents.Première représentation do Jlaydée, d'Auber, à Paris, 1847.29.D.St.Thomas de Cant.(40 b.Ste.Mêla me.) Double.(40) Messe des Doubles-Majeurs.2dos.Vêpres do Noël, (87.) Hymne; Deus tuoriim, (50;,) v.Gloria.(504.) A Maya.Iste Sanctus, (504.) Mémoires du Dimanche, ' Puer Jesus, (98,) v.Verbmn, ^9!).)—do Noël, Jlodie, v.Fatum, (90,)— do St.Etienno, Sepeliemnt, v.Stephanas, (92,)—do St Jean, Exiit sermo.v.Vaille, (94.)—et des SS.Innocents, Innocentes v.Sab tlironn, (90.) L.M.Sto.Barbe) [Naissance do Etienno Soubro, à Liégo, 1813.St.Sylvestre.(40 h.Asile St.Joseph Naissanco do Madamo Miolan-Carvalho, à Marseille, 1827.de Montréal.) Consacre a la Ste.Enfance de Jesus.JA,îTVÏSn-lS79.Janvier a été ainsi nommé du nom do Janus/ Ce mois a 31 Jours.1.M.La Circoncision de N.S.J.C.D’Obligation.2de.classo.(44.) Avant, la messe, chant du Veni Creator.Messe du Second Ton, harmonisée, 2do, Vêpres du jour, (102.) Mémoire do St.Etienno, Slephmus, (91,) v.Stepha-nus vidit, (103.) Bénédiction.‘2 J.V.S.St.Adélard.(40 h.Foviciat de St.Vta-teur.) Sto.Geneviève.St.Tito.(40 h.Séminaire de Ste.Thé-lise.) ¦ “ Lo Eantasquo ’’ saisi à Québec, 1838.Naissancodo G.B.Pcrgolè o, 1710.Promièrc représentation do VAima Boleni de Donizetti, à Milan, 1813.5.D.Veille de l’Epiphanie.Semi-double.(42.) Messe des Dimanches de l’annee.1res.Vêpres de l'Epiphanie, (109.) 6.L.L’Epiphanie.(40 L.Berthier.) D’obligation.1 o.elasso, avoc octavo.(45.) Messe Royale, harinoniséo.2dos.YcT pros du jour, ( 113 ) Bénédiction, St.Lucion lo Syrien.Sto.Gudulo.(40 h.St.Sauveur.) St.Julien.Naissance do Sigismond Thalborg, à Genève.1S12.Naissance do Hans do Bulow, à Dresde 1830.Promièro représentation do Joconde, doNicolo.à Bruxelles, 1815.M.M.J. 128 LE CANADA MUSICAL.TABLE DES MATIERES ID TT REPERTOIRE DE I/ORGMISTE, ID IEJ H Mj3H ^ EDITE A, J.BOUCHER^ Rue Notre-Dame.Montréal.ASPERSIOH DE L’EAU BEHITE.Page.Asperges me,.1 Vidi Aquiirn, .3 MESSES.Messe Royale.• .• .• • • .5 Messe du second ton, .14 Messe des Fêtes de seconde classe, .24 Messe des Anges, .37 Messe do la Ste.Vierge, .60 Messe du sixième ton, .62 Messo du temps Pascal, 71 Messe des Dimanches pondant l’année, .77 Messe de l’Avent et du Carême, .90 Messe des morts 183 imoïTs.Pour la Féte-Diou, .“ la Toussaint, .“ la Sainte Famille, , “ Ste.Anne, .“ l’Assomption de la B.V.M., “ l’Asoension do N.S.“ la Pontccote, “ Pâques, .• • “ Nodi, .“ la fiite de St.Joseph.1 les messes de la Sto.Vierge, .PROSES.Victimœ paschali laudos, Lauda Sion, Vcni Sancte Spiritus, .93 94 94 94 , 94 90 98 100 102 104 , 1U6 10S 110 114 Hymnes, Psaumes, Antiennes, Versets, etc.Ad cnenam Agni providi, Adeste tideles, .Ad Jesum accurrite, .Adoro te devote.Ad rogias Agni dapes, Æterne Rex, Alma Redemptori», .A solis ortus, .Aspice ut Verbum, Auctor beate, .Audi, benigno conditor, Ave, maris Stella, Ave Regina, Ave Verum, Bonedioamus Domino, Bone Pastor, .Christo Sanctorum.Cœlestis Agni nuptias, Coelostis urbs Jerusalem, Creator Aline sidcrum, Crudelis Herodes, Custodes huminum, Da pacem.Decora lux, Deus in adjutorium mourn, Deus tuorum militum, .Dios iroc, Dixit Dominus, Domaro cordis imrotus, .175 .178 163 et 174 .142 167 50 et 164 138 .131 150 .140 133 et 134 161 et 164 165 .156 113 .130 127 .132 135 .138 128 170 .146 110 .127 .186 117 .155 Ecce Panis Angelcrum, Egregie Doctor, Exite Sien filioe, Exultet orbis, .Festivis resonent, Fortom virili pectore, Gentis Polonre gloria, Gloriam saorœ, Inviolata, Iste Confessor, Jam sol recodit, Jesu corona virginum, Jesu dulcis momoria, Jesu nostra redemptio, Jesu Rodemptor, Libera me.Domine, Lucis Creator,.Lustra sex, Martyr Dei.Martinoe celebri, .Merentes oouli, Miris modis, Miserere, O filii et filioe, O gloriosa Domina, O lux beata Trinitas, Omni die, • O par ingonito, O quot undis lacrymarum O Roma felix, O Salutaris, O Snnctissima, O vero digna, Pango lingua, .Panis angelicus, .# Pater suporni luminis, Porditi quondam, Plaoare Christe, Prœolora oustos virginum Quicumquo Christum, Regali solis, Regina oœli, # .Regis suporni, Rex gloriose, Rorate crnli, Sacris solemniis, Sæpedum Christi, Salutis roternæ, Salutis humame, Salve Regina, .Salveto flores, Sanotorum ineritis, Stabat Mater, Tantum Ergo, Te deprecanto,.Te Deum, , .To Josoph, .Te lucis ante torminum, le splendor ad virtus, Tibi Christo splendor, Tota pulchraes, Maria, Tristes erant apostoli, Ut queant laxis, .Voni Creator spiritus, Verbum supernum, Vorbum virgines, Vexilla regia prodount, Votis Pater annuit, 170, Page, 113 .143 .140 124 .128 127 .132 130 .169 130 et 131 .144 127 123 123 et 129 lo6 187 122 144 127 et 129 128 123 147 121 176 155 144 171 128 149 .174 167 et 174 176 142 144 168 15L 130 152 152 123 150 162 .127 25 et 126 .179 168 131 152 11* 163 142 128 .153 71 et 172 .152 182 128 123 153 149 166 125 131 143 167 128 141 177 L’unique dépôt du DS XTORGAXTXSTS de J.Bte l’Éditeur A.J.BOUCHER, rue Notre-Dame, Montréal.Prix du R2SF2SRTOXRS complet, et relié, $6.00 net, comptant,—plus les frais de port.Labelleest chez
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