Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 septembre 1897, septembre
«t- a, i.^ryj***:* 's "¦ *& îT1«-• v Sk^Éw*iÉ ; V.' L’ABBE JOSEPH-MARIE MORIN BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES SÈME VOLUME SEPTEMBRE 1897 9ème livraison ST-FRAN ÇOIS DE SALES DE LA FOINTE-AUX-TREMBLES Le 15 décembre 1653, le gouverneur de Liiuzon concédait à Jean Bourdon “ l’estendue cte terre qui se rencontre sur le fleuve Saint-Laurens du costé au nord depuis les bornes de la concession de l’abbé de Lauzon jusques à celles du sieur des Chastelets.” Bourdon donna à sa concession le nom de Dombourg.LevillagodelaPointe-aux-Trembles est situé sur une pointe qui s’avance assez profondément dans le fleuve Saint-Laurent.Cette pointe, à cause des peupliers qui la couvraient, fut nommée Pointc-aux-Trembles, et bientôt ce nom supplanta celui de Neuville qui lui-même avait remplacé celui de Dombourg.On ne connaît pas d’une façon exacte la date delà construction de la première chapelle de la Pointe-aux-Trembles.Elle était couverte en chaume.Cette chapelle fut remplacée en 1697 par une église en pierre.Le temple actuel a été construit en 1845.Lors de sa construction les paroissiens refusèrent de laisser abattre le chœur de la vieille église auquel ils tenaient beaucoup à cause de sa beauté.C’est pour cette raison qu’il fait avec l’église un angle si ostensible.Les curés de la Pointe-aux-Trembles ont été MM.G.Morin, 1679 ; J.Basset, 1680-1681 ; J.l’inguet, 16811685 ; P.Ilazeur de Lome, 1716-1725 ; R.Dumont, 1725-1746 ; E.Chartier de Lotbinière, 1746-1777 ; C.-F.Bailly de Messein, 1777-1704 ; J.-C.Poulin-Cressé de Courval, 1794-1846 ;E.Parant, 1846-1877 ; M.Rousseau, 1877-1890 ; A.Boucher, curé actuel.Pierre-Georges Roy — 130 — DUBUVON ou DUBURON ?Dans sa livraison du 24 juillet, la Semaine Religieuse de Québec donne, à la page 766, le nom d’un père récollet—le I\ Dubuvon—qui aurait été aumônier du fort Jacques-Cartier à l’époque de la conquête.Le rédacteur de la Semaine Religieuse fait remarquer, avec raison, que ce nom n’est pas dans le Répertoire du clergé canadien.Je crois que l’auteur de l’Histoire de la paroisse du Cap-Santé a fait erreur, et qu’il a lu Dubuvon là où il y avait Duburon.Deux frères do ce nom, Etienne-Joseph (1) et François (2), tous deux prêtres, le premier récollet, le second séculier, ont fait partie de notre clergé.Us étaient fils de Jean-Joseph Féré l)u Baron (3), mort lieutenant dans les troupes du roi.Disons tout de suite que François, prêtre vénérable parson humilité, est mort curé de Varennes en 1801, après cinquante et un ans de sacerdoce.Il avait refusé d’être vicaire-général.A cette occasion, le secrétaire de l’évêque do Québec—le jeune abbé Plessis —lui éerivit cette belle lettre que Mgr Tanguay a publiée dans son Répertoire d’après les manuscrits du commandeur Vigor.Quant à Etienne-Joseph, il entra (1) Le Repertoire met Joseph-Etienne, et le Dictionnaire Généalogique, ie volume, article I'kuay, Etienne-Joseph.(•1) Je crois qu’il y a lieu de corriger une erreur du Dictionnaire.Deux frères I)n Huron .•».».1 • • .¦ ' : 4 ’ Les mots statsiel employ*.an tsiuula.(Ill, III, demande si les Câiiauiens-Françai» font usage de mots emprunté* aux langues des aborigènes du Canada.N’ayant pas étudié ce aujet, je me borne à dresser une liste des expressions que j’ai souvent entendues dans la liouche de nos compatriotes du district des Trois-Rivières, et je la soumets dans l’espoir qu’on la complétera : Ma tac hid.i : Rassades ou broderies ; Micouane : Cuillère de bois ; Mitasse* : Espèce de guêtres ou bas ornementés qui montent jusqu’aux genoux ; Ouragan : Cassot d’écorce ; l'ichon : Un être — 140 laid, difforme ; Picouille : Maigre à l’excès, décharné ; Pavois ¦ Ecorces et feuilles broyées que l’on fume en guise de tabue ; tiacca-comi : Plante de la hauteur du “ petit tabac Les Sauvages la fumaient avant la découverte du pays ; Sacaqua : Faire des huées du vacarme, des cris nombreux; Sagamité : Bouillie de farine de blé d’Inde ; Tabagane : Traîneau sans lisses, fait d’une mince planche de bois recourbée par un bout.Si je ne me trompe, tous ces mots sont algonquins, et ce n’est pas étonnant puisque le district des Trois-Rivières a toujours compté nombre d’Algonquins parmi ses résidents, mais jamais de Huron* ni d’Iroquois.Les Abénakis datent, dans ces endroits de 1 année 1700, et comme ils sont fixés à Bécancouret àSuint-Frnne’ois-du-Lac uniquement, leur influence ne s’est pas fait sentir dans ie langage de la me nord du Saint-Laurent, « pays qui m’a donné le jour .1 invite les gens du sud du fleuve à recueillir les mots abénakis adoptes par les Canadiens-Français, si toutefois il y en a.Benjamin Sui.te I.e Ills'111 gouverneur (le Frontenac.(III, m, 300.)—Nous no pouvons savoir au juste dans quelle occasion le tils du comte de rrontenac perdit la vie.Le duc de Saint-Simon nous dit bien dans ses Mémoires que le hls de I- rontenac avait été tué mais il nous laisse ignorer de quelle façon.° 1 S il fallait en croire M.de La Tour, le jeune de Frontenac aurait ete tue en duel.‘ Le I .Kustache Maupassant, raconte-t-il dans ses Mémoires sur la vie de M.de Laval, était un homme à talents.M.de Laval 1 avait entendu prêcher avec succès à Paris : il crut acquérir en lui un homme de mérite, et l’obtint de ses suné- rieurs.Un le nomma,commissaire (espèce de provincial).M.de Bern lores 1 amena, en 1«73, avec plusieurs ecclésiastiques.Le gouverneur le prit pour son confesseur, et envoya aux Trois-Rivières le 1 .Gabriel, qui l’était auparavant.Le P.Maupassant, homme intrigant, s attira M.de Frontenac, et mit sa faveur a profit.Ayant appris la mort de son fils, jeune officier, tué en France dans un combat singulier (circonstance qu’on ignorait sans doute au Canada), il poussa la flatterie jusqu’à prononcer son oraison funèbre dans un service solennel que son père tit faire pour lui ” D un autre côté, le récollet Olivier Goyer prétend qu’il fut tué a la tue d un regiment qu il commandait au service de l’évêque de Munster, allié de la I- rance.(Oraison funèbre du comte de Fron-16M^pr1"« dit ci, après avoir — 143 — —Depuis trois ans, je viens ici toutes les nuits, pour redire une messe que j’ai dite avec trop de précipitation pendant nia vie ; j’étais condamné à y venir jusqu’à ce que j’eusse trouvé un servant j grâce à vous, ma pénitence est terminée, je vous remercie.Et il disparut.I/uldié VlNCKNT Pl.IXOUET _ I.n mort du pfre Laglcr.(Ill, VII, 335.)—Dans lo mois de février 1874, la neuvaine de Saint-Frnnçois-Xaviei avait lieu à l’isle-Verte.I.e père Lagier, oldat de Marie Immaculée, qui prêcha alors la neuvaine dans la paroisse, possédait le don d’attirer les cœurs et de convertir les âmes.Ces apôtres ont une voix ànulle autres pareilles et leurs accents trouvent jiour ainsi dire tout de suite le chemin qui mène droit au cœur de chacun de nous.Toute lu paroisse suivait donc les exercices de la neuvaine avec dévotion et avec zèle, ne voulant pas perdre une seule de ces paroles tombant des lèvres du révérend père prédicateur.Le 27 février, un vendredi au matin, le père Lagier monta lentement les marches de la chaire de vérité.Il parla comme toujours, avec grâce, avec onction, avec chaleur même et termina son sermon par un “ au revoir ” énergique qui plana sur la foule comme un glas funèbre.Descendu de lu chaire, fatigué, le front couvert d’une sueur froide, le père Lagier alla se jeter sur son lit nu presbytère, cherchant dans le sommeil un repos jiour ses douleurs, le calme pour son cœur malade.Hélas! oui, il devait y trouver le repos, mais celui de l’éternité bienheureuse.L’heure du dîner étant venu, on alla réveiller le père.Son corps avait déjà la rigidité du cadavre.Il devait être mort depuis une heure environ.Ou ne se ligure pas l’étonnement du personnel du presbytère et la douleur et la consternation du peuple lorsqu’aux exercices de deux heures le curé Lndrière annonça la mort soudaine et foudroyante du père Lagier.Ce fut comme un long et douloureux sanglot comprimé dans toute la nef.Ou y pleurait â chaudes larmes et sans respect humain, tant la douleur était sincère et vrai.A lTsle-Verte on a toujours conservé le souvenir vivace et jxji-gnant de cette mort subite en pleine retraite, dans un temps de pénitence et de mortification.Bien plus, les fidèles se sont disputé les lambeaux de son humble soutane et plus d’une fumille montre avec orgueil un morceau du vêtement du suint oblat de Marie Immaculée mort au champ d’honneur" alors qu’il faisait la moisson dans la vigne du Seigneur.” Cette mort eut du retentissement et fut la cause d’un bon nombre de conversions dans la paroisse.La mort du juste est un rayonnement.Ciiari.ks-A.Gauvreac — 144 QUESTIONS —Peut-on me donner des renseignements sur Mlle de Saint-Vilmé, pensionnaire à l’IIôpital-Général de Québec en 1808.Etait-elle française ?Est-elle morte à Québec ?A.V.352—On vante la fidélité des Canadiens-Français à l’Angleterre pendant la guerre de la ltévolution américaine, amis n’est-il pas vrai qu’un bataillon canadien-français a combattu sous l’étendard de Washington ?Canad.353— Sait-on au juste en quel endroit Dollard soutint, en 1G00, Ron fameux combat contre les Iroquois ?XXX 354— Lea excentricités qu’on met sur le dos de lord Durham sont-elles toutes prouvées ?Si elles étaient vraies, je serais porté à croire que lorsqu’il partit du Canada la maladie l’avait rendu fou.Fei,.35.5—De quelle paroisse était Joseph Dufour, membre du premier parlement de Québec ?Dépité 356— -Est il prouvé que Napoléon ait songé à s’emparer du Canada ?Vol.ST 357— Cartier avait il été au Brésil avant de venir découvrir le Canada?Je sais que la chose a été atlirmée, mais où sont les preuves écrites que le malouin a lait le voyage du Brésil ?F en.358— Qui peut me dire l’origine du nom de l’anse qu’on appelle Trou Saitil-Palri' ' sur la rive sud de Pile d'Orléans ?N A VG.359— l’ai lu quelque part que pour toute réponse à la femme du patriote condemn ¦ a la potence Cardinal, qui intercédait auprès d'elle pour obtenir la grace de son infortuné mari, lady Colborne lui offrit huit piastres.I.e fait est-il bien établi ?F AT.360— John Lambert qui visita Québec, an commencement du siècle nous parle d’une statue du g méral Wolfe placée dans une niche au coin d’une maison de la rue Saint Jean.“ Cet humble spécimen de lu sculpture canadienne, dit le voyageur anglais, représente le général duns I Uniterme du soldat anglais, avec le fusil, le ceinturon, la boite ii cartouches et la bayonnette.Il a le chapeau tricorne et la longue redingote.” Cette statue serait-elle la même que nous voyons encore aujourd’hui au-dessus de la porte du magasin qui fait le coin des rues Saint-Jean et du Palais?XXX
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