Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 octobre 1897, octobre
I,i: COMTE DE I’DISAVE ¦¦¦0é>à : y. Bulletin DES F^eghei^ghbs Historiques 3ème volume OCTOBRE 1897 IOème livraison SAINT-MARTIN DE LA RIVIÈRE-AU-RENARD .Sur une carte géographique de la Nouvelle-France laite en 1741 il est déjà fait mention de la Grande rivière au Renard et de la Petite rivière au Renard., .k.n lTOO, Pierre Proulx, époux do Louise Laflamme, résidait à la Rivière-au-Renard.On peut le considérer comme le premier habitant de cet endroit.Ce n’est qu’en 1814 que nous voyons d’autres habitants à la Rivière-au-Renard.La Rivière-au-Renard a été mise sous le patronage de saint Martin en 1 honneur de Martin Samuel, un de ses premiers habitants.Samuel eut souvent l’occasion de loger le premier missionnaire, de l’accompagner tant sur mer que sur terre, et de prêter sa maison pour faire les exercices de la mission.Lorsque, en 1836, M.Ferland visita la Gaspésie, il y avait une chapelle à la Rivière-au-Renard.Elle était, rapporte-t-on, à peine plus grande que la cabine d’une goélette.On la remplaça quelques années plus tard par une chapelle un peu plus convenable.Enfin, en 1864, les habitants de la Rivière-au-Renard se construisirent, non plus une chapelle, mais une jolie église de quatre-vingt-seize sur quarante-six pieds avec une sacristie de trente-six sur quarante pieds.Saint-Martin de la Rivière-au-Renard a eu comme missionnaires et curés : MM.F.-A.Oliva, 1855-1858 ; J.-B.Blouin, 1858-1864; L.Blais, 1864-1867; F.-X.Bossé, 1867-1872; T.Thivierge, 1873-1874; L.Arpin, 18741875 ; P.Fortier, 1875-1876 ; T.Duret, 1876-1887 ; E.Morris, curé actuel.Pierre-Georges Roy — 146 — LE COMTE JOSEPH DE PITISAYE En 1798, il so fit une tentative pour fonder une colonie d’émigrés français dans le Haut-Canada, sous les auspices du gouvernement anglais.Le comte Joseph de Puisaye fut l’initiateur de ce mouvement.Cet émigré représentait la noblesse du Perche aux Etats généraux où il se fit remarquer par ses idées libérales.Cependant, lorsqu’il vit la tournure que prenaient les choses, il voulut sauver le roi.Commandant à Evreux en 1793, il essaya de lever une armée pour accomplir son projet.Battu à Vernon, il passa en Bretagne où il succéda à La Rouarie.Ayant remporté quelques succès il entra en négociations avec l’Angleterre, mais la défaite de Quiberon mit fin à son influence.11 passa alors en Angleterre et il proposa aux autorités anglaises daller s établir au Canada avec ses partisans.L offre parait avoir été .acceptée avec empressement, car il fut vivement recommandé aux autorités canadiennes., De Puisaye débarqua à Québec dans l’été de 1798.Il était accompagné de quarante personnes en tout et non de 480 comme le prétend l’auteur des Aventures.Il n’y avait que deux femmes ; les hommes étaient presque tous anciens officiers.Les émigrés furent très bien reçus par le gouverneur et par le clergé catholique.Ils se rendirent dans le Haut-Canada durant l’automne et hivernèrent à Kingston.L accueil qui leur fut fait par les Haut-Canadiens lut moins chaleureux qu’ils n’avaient droit de s’y attendre.I lusieurs membres du Conseil de cette province prétendirent quil ne serait pas prudent d’accorder trop de privilèges à ces étrangers et surtout de leur mettre des armes dans les mains.Cependant le Conseil, sur la recommandation du lieutenant-gouverneur, concéda ou plutôt réserva pour les nouveaux venus une étendue — 147 — considérable de terre au nord de York, ainsi qu’on appelait alors la ville de Toronto, et sur les bords du lac Simcoe.Cette concession comprenait les townships d’Ux-bridge et de Gwillimbury, un township au nord de Whitby, et les terres non concédées du township de White-church.De Puisaye obtenait 5,000 acres de terres pour lui-même, et toutes les concessions devaient se faire par son entremise._ Russell, qui était alors lieutenant-gouverneur, fondait de grandes espérances sur la future colonie.Il devait nommer de Puisaye, chef d’un corps de milice et juge de paix, afin qu’il eut la direction civile et militaire.Comme, on s’attendait à une forte immigration, il se proposait de distribuer deux cents émigrés dans les garnisons de Kingston, York, Fort Georges, Chippewa, fort Erié, Amherstburg et St-Josepli.Il voulait encore les employer dans le génie et à la construction des routes dans la province.Ces beaux projets ne devaient pas se réaliser.Aussitôt le printemps venu, on commença la construction d’un village à Windham, près de York.Une vingtaine de Canadiens-français furent employés pour la construction des maisons et à défricher.Le gouvernement anglais faisait servir des rations et les graines de semence.De Puisaye lui-même ne se fixa pas dans le nouveau village de Windham.Il s’établit avec cinq ou six compagnons près de Niagara, et entra en négociations avec Brant, le chef des Missisaugés pour l’acquisition d’une vaste étendue de terres appartenant à cette tribu.Les autorités anglaises, qui accusaient Brant de vouloir former une confédération des tribus sauvages, virent d'un mauvais œil les relations de de Puisaye avec ce chef.II s’en suivit un refroidissement.D’abord le gouvernement refusa d’acheter les terres convoitées par les émigrés, et de Puisaye fut prié de mettre un terme à ses négociations — 148 — Celui-ci n’avait pas dédaigné de demander le privilège de tenir une taverne, ou plutôt une sorte de poste de traite à la tête du lac Ontario.Cela lui fut également refusé.Puis on commença à soulever la question de savoir si les émigrés avaient bien le droit d’avoir des titres à leurs terres avant d’être devenus sujets britanniques.Les officiers en loi auxquels la question fut soumise retardèrent leur réponse.Enfin, en décembre 1799, le Conseil décida de supprimer les rations qui avaient jusqu’alors été accordées aux colons français.Ces misères, ajoutées aux déboires que les colons inexpérimentés rencontrent généralement dans un pays nouveau, suffirent pour décourager la plupart de nos royalistes.Un petit nombre d’entre eux repassèrent en Angleterre dès l’automne de 1799.L’année suivante, de Puisaye eut des difficultés avec Angus McDonnell, secrétaire de l’Assemblée, au sujet des rations qui avaient été livrées aux émigrés.Il obtint gain de cause devant le Conseil ; mais l’effet de ces chicanes était toujours préjudiciable à la petite colonie qui finit par disparaître complètement comme établissement distinct.De Puisaye retourna en Angleterre après la paix d’Amiens.Il mourut dans la pauvreté près de Londres en 1827.La correspondance entre Londres et les autorités du Haut-Canada au sujet de cette tentative de colonisation a été copiée et elle se trouve aux archives à Ottawa.Le portrait du comte de Puisaye que les Recherches Historiques offrent à leurs lecteurs, a été fait d’après une estampe en la possession de M.Philéas Gagnon, bibliophile bien connu de Québec.Telesphore Saint-Pierre — 149 — L’ANCRE DU VAISSEAU AMIRAL DE PHIPPS DEVANT QUÉBEC EN l(i90 Ce qui suit est extrait des registres de la Prévôté de Québec, à la date du 30 juillet 1891 : “ Sur ce qui nous a été représenté par le Procureur du Roy commis en cette Prévosté et Amirauté, qu’il a avis que le nommé Jean Gué, habitant de la Pointe-de-Lévy, ayant pêché et tiré hors le fond de l’eau un ancre avec son cable, que l’amiral anglais aurait été obligé de filer et abandonner, à cause de l’incommodité qu’il "recevait du canon de la ville, et qu’il a transporté en cette ville dans son canot par ordre de Monseigneur le Gouverneur et l’Intendant, pour le remettre en cette Amirauté, nous ayant requis le Procureur du Roy commis nous transporter au lieu où est le dit ancre et cable, et d’entendre sur ce le dit Jean Gué ; où étant, le dit Jean Gué nous a dit que l’an passé il vit filer et abandonner le dit cable par le dit amiral anglais, lequel, après la retraite des ennemis, il tira du fond de l’eau avec beaucoup de frais et peine, y ayant employé huit hommes avec lui et deux barques dont l’une lui appartenait, et a payé pour 1 autre quarante francs, outre la nourriture des personnes qui étaient dans y travailler, et demande que la valeur lui en soit payée, si on en a besoin pour le service du Roy.Sur quoi le dit Procureur du Roy nous a représenté que par le règlement du Conseil Souverain du 21e juin dernier, il a été ordonné que lorsqu’il serait tiré quelques choses hors du fond de l’eau, qui ne seront pas réclamées par les propriétaires dans deux mois, vente en serait faite à l’encan et le prix distribué, savoir : un tiers à ceux qui auront trouvé, tire et sauvé, un tiers à Monseigneur l’Amiral et l’autre tiers à Sa Majesté, les frais de justice préalablement pris.Pourquoi le dit Jean Gué n'est pas bien fondé à prétendre le tout, et requis que l’estimation en soit faite, pour en être payé seulement le tiers au dit Jean Gué. 150 — Sur quoi nous avons ordonné et ordonnons que l’estimation sera faite des dits cable et ancre par gens à ce connaissants, pour en être le tiers de la valeur payé au dit Jean Gué, sur le pied de l’estimation par ceux qui auront le pouvoir de le prendre, et adjugé un tiers à Monseigneur l’Amiral et l’autre tiers à Sa Majesté, les frais de justice préalablement pris.Et avons fait faire la dite visite et estimation en notre présence par Permaton de Lavander, bourgeois du navire Notre-Dame du Rosaire, Dolbec, capitaine commandant le navire le St-Nicolas, et Frériort, capitaine de la caiche de Mr Pachot.Taxé pour nous 3 livres les dépens pour les procédures et autant pour le Procureur du Roy.” L’abbé Anselme Rhéaume LES FRÈRES DÉSAULNIERS M.Isaac Désaulniers, le célèbre professeur de philosophie au séminaire de Saint-Hyacinthe, aimait beaucoup la discussion, la controverse.Il avait un frère, doué comme lui de talents remarquables, et qui fut l’une des gloires du collège de Nicolet.Un soir, vers le soleil couchant, Mme Désaulniers, leur mère, regardant par une fenêtre de la maison qui donnait sur la rivière, aperçut vaguement à travers le feuillage deux formes humaines qui s’agitaient, et crut entendre des voix qui se parlaient avec vivacité.—Va donc voir ce que c’est, dit-elle û.son mari.M.Désaulniers partit et reconnut ses deux fils qui, armés chacun d’un bâton, traçaient sur le sable du rivage des figures géométriques et se démenaient furieusement pour trouver la preuve de la thèse qu’ils soutenaient l’un contre l’autre.M.Isaac Désaulniers étant venu de Saint-Hyacinthe faire visite il son frère qui enseignait la philosophie à, Nicolet, ils s’étaient entendus pour aller ensemble passer une journée dans leur famille.Ils venaient de traverser la rivière et de tirer leur canot sur la grève, lorsque l’un d'eux se mit il tracer sur le sable un problème qui le préoccupait.L’autre ayant eu le malheur de dire en le regardant faire (pie ce n’était pas cela, une discussion s’était engagée.Lorsque leur mère les aperçut, il discutaient depuis le midi.L.-O.David — 151 - RÉPONSES §e «œQ,«K;r“ lT„tex*s!;'So.E"° "“ ™“ * l*“““i»' P.G.R., Robert Dpp°nl.(III, I, 282.)-Robert Dupont, auteur de French genders taught in six fables, quoique portant un nom français était un anglais protestant, qui tenait une école à Québec (probablement d’institution royale) vers 1825.Philéas Gagnon Les Lu.ire.Ulde* (III, II, 28G.)-C’est Garneau, notre historien national, qui a donné le joli nom de Laurentides à la chaîne de montagnes qui longe le Saint-Laurent.Il nous en donne la raison dans son Histoire du Canada (I, p.89) : "Cette chaîne n ayant pas de nom propre et reconnu, nous lui donnons celui de Laurentides, qui nous parait bien adapté àlasituationde ces montagnes, qui suivent une direction parallèle au Saint-Laurent Un nom propre est nécessaire afin d’éviter les périphrases toujours si fatigantes et souvent insuffisantes pour indiquer une localité un fleuve, une montagne, etc.Quanta l’euphonie, nous espérons que le nom que nous avons choisi satisfera l’oreille la plus délicate, et formera une rime a-sez riche pour le poète qui célébrera les beautés naturelles de notre pays.” Racine I>oit-ou dfro eu Canada ou au Canada J (III, III, 305.)—La règle, dit-on, est simple et générale.On dit au devant mi nom (de pays) masculin, et en devant un nom (de pays) féminin.Donc il faudrait dire “ au Cana la.” Il y a lieu do distinguer.La règle en question n’existe, d’une manière absolue, que pour les noms léminins ; pour les noms masculins, c’est l’usage qui lait loi.On dit en Dauphiné, en Angoumois, en Artois, en Blésois, noms masculins.On dit aussi en Poitou, ou dans le Poitou, en Aunis, ou dans l’Aunis. — 152 — Il est une règle, que l’on a cherché à établir,d’après laquelle, si l’on habite un pays île nom masculin, on fait précéder ce nom du mot en, et si l’on n’habite pas ce pays, on fait précéder ce nom du mot au.Ainsi l’on écrira de Québec : “ voilà comment nous faisons en Canada : ” et l’on écrira de Paris : “ voilà comment les gens font au Canada.” D’après cette même règle, on dirait : “ en Danemark,—en Portugal, ” si l’on habitait ces pays, et “au Danemark,—au Portugal, ” si l’on se trouvait à l’extérieur.Cette règle ne serait pas sans exceptions.Au 17ième et au 18ième siècles, on disait toujours “en Canada” même dans les documents officiels émanés de Paris ou de Versailles.Depuis cinquante ans, et peut-être davantage, les Français do France se sont mis à écrire “au Canada”, mais les Francs-Canadiens ont, pour la plupart, conservé l’ancienne manière de dire et d’écrire.J’ai lu dernièrement “en Canada” dans un ouvrage français publié à Paris.Si on allait y revenir ! En tout cas, j’estime que les gens qui disent “en Canada”, comme on disait sous Louis XIV, ne sont pas de grands coupables,—pas plus que ceux qui disent “piastre” au lieu de dollar.Philologue I,c portrait
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