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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1898-05, Collections de BAnQ.

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SIR GEORGE PREVOST BULLETIN DES Recherches Historiques Vol.4 MAI 1898 No 5 SAINTE-ANNE DE VAIIENNES Le territoire de la paroisse actuelle de Sainte-Aune de Varennes a été concédé au début en quatre fiefs : lo Fiefs Noire-Dame ou de la Trinité et Cap Saint-Michel, contenant une lieue de front à Jacques Letnoy-ne, frère de Charles de Longueuil, et à Michel Messier, son beau-frère ; 2o Fief du Cap de Varennes, une lieue et plus de front, à Réué Grauthier, plus tard gouverneur des Trois-Rivières ; 3o Trente arpents à Laurent Borry, sieur de Grand-maison ; 4o L’ile Sainte-Thérèse, à Sidrao Dugué, sieur de Boisbriant.Varennes a d’abord été desservie pir les curés de Boucherville jusqu’en 1692, alors qu’elle a été érigée canoniquement.L’érectiou civile a eu lieu en même temps que les autres paroisses le 3 mars 1722.Jusqu’à l’érection d’une chapelle, on se servit pour le service religieux de la maison du seigneur de Varennes.On a bâti eu 1885 la troisième église.Depuis son érection canonique, Sainte-Anne de Varennes a eu pour curés et desservants : MM.Volant de Saint-Claude, 1692-1719; Poulain de Courval, 1719-1725; Ulric, 1725-1749; Petit-Maison-basse, 1749-1750; Lecoudray, 1750-1700; Moraud, 17601773 ; Féré-Duburou ; 1773-1801 ; Lamédèque-Félix, 1801-1802; Lemaire Saint-Germain, 1802-1804; Ché-net, 1804-1805 ; Déguisé, 1805-1833; Grenier, 18331834; Priraeau, 1834-1855; Mgr Desautels, 18551881 ; comme desservants, F.X.Bourbonnais, J.Coal-lier et L.Lorion ; J.-S.Théberge, curé actuel.Matthieu-A.Bernard — 130 - LES CAVEAUX DE LA BASILIQUE DE NOTRE-DAME DE QUÉBEC III De l’année 1654 à l’année 1700 il y eut donc cinquante inhumations dans les caveaux de l’église paroissiale, non compris quelques enfants en très bas âge qu’il importe peu de faire connaître.Le siècle suivant a vu notablement grossir la liste de ces inhumations.En dix ans, c’est-à-dire de 1700 à 1710, j’ai fait un relevé de 51 autres, dont 5 en 1700, 1 en 1701,14 en 1702, 11 en 1703, 5 en 1705, 5 en 1706, 2 en 1707, 4 en 1708, et 4 en 1709.Je me contenterai d’en donner la liste sans y ajouter de commentaires.1700 : 29 novembre, Jean Picard, 66 ans ; 5 décembre, Gervais Beaudoin ; 7 décembre, Louis R.de Villerai, 71 ans ; 11 décembre, Timothé Roussel ; 14 décembre, Denise Sevestre 1701 : 18 novembre, M.Madeleiue Chartier, 21 ans.1702: 5 juin, François Provost, 64 ans ; 12 juillet, Paul Dupuis, 13 ans ; 28 novembre, Le Sr de Mon-diou, 38 ans ; 1 décembre, Anne Nepveu, 38 ans ; 13 décembre, Louise Fauvelle, 35 ans ; 15 décembre, Jacques du Guay, 35 ans ; 18 décembre, Claude de Saintes, 80 ans ; 21 décembre, Sœur Ste-Gertrude, 25 ans ; 21 décembre, Jacques Pachot, 15 ans ; 22 décembre, Sœur St-Gabriel ; 24 décembre, Marie Mi-lot, 25 ans ; 24 décembre, Marie Mailhot, 24 ans ; - 131 - 28 décembre, Marie-Aune Fortin, 40 ans ; 30 décembre, Alexandre Pouvret, 38 ans.1703 : 2jauvier, Charles Bécart, 27 ans ; 2 janvier, M.Anne Lévrard, 30 ans ; 4 janvier, M.Anne Hazeur, 40 ans ; 4 janvier, M.Jeanne Babie ; 8 janvier, Jean-Marie Lalande, 12 ans ; 11 janvier, Alexandre Berthier, 26 ans; 16 janvier, Pierre-Jacques de Joybert, 25 ans ; 17 janvier, Olivier Morel du Hous-say, 28 ans ; 20 janvier, Geneviève Niel, 27 ans ; 26 janvier, Nicolas Volant, 35 ans ; 12 février, Suzanne Dupuis ; 28 mai, le gouverneur de Callières, inhumé chez les Récollets, revient à la paroisse en même temps que Frontenac ; 11 juillet, Jean Jobin, 57 ans.1705 : 20 avril, Marguerite Conillard, 79 ans ; 26 juin, Catherine Proulx, 79 ans ; 2 juillet, M.Aune Duboeq, 13 ans ; 3 août, Jacques de Chamillé, 16 ans ; 9 octobre, Claire Ruetce d’Auteuil, 20 ans.1706 : 8-jauvier, Jean Sébille, 50 ans ; 25 mars, Jean Desmoulins, 46 ans ; 11 mai, Geneviève Després, 67 ans ; 22 juin, Marguerite Barbe, (1) 24 ans.1707 : 20 mai, Lucien Bouteville, 73 ans ; 16 septembre, Jeanne Gaudais, 73 ans.1708 : 2 mai, Hector Rigaud de Vaudreuil, 8 ans ; 6 mai, Pierre Bécart de Graudville, 69 ans ; 9 mai, Mgr de Laval, dont le corps l'ut transporté eu 1877, dans la chapelle du Séminaire ; 30 juin, François Hazeur, 70 ans.(1) M.Barbe était religieuse de la Congrégation.Six religieuses de la même Congrégation reposent dans la basilique.Ce sont les sœurs Sainte-Gertrude, Saint-Gabriel, de l'Enfant-Jésus, Sainte-Apolline, Marie des Anges. — 132 1709: 4 juin, Louis Petit, prêtre, 80 ans ; 4 juin, L.René Chartier, 67 ans ; 20 septembre, Denis Roberge, 82 ans ; 7 octobre, Sr Françoise Dandouneau, 35 ans.Te m’arrête ici, car cette nomenclature deviendrait fastidieuse.L’épidémie qui sévit à Québec durant l’hiver de 1702-1703, avait accru le nombre des mortalités.D’où il suit qu’il ne faut pas croire que le chiffre normal des inhumations fut à cette époque, de cinquante pour chaque période décennale.Plus tard, lorsque la population devint plus considérable, la proportion augmenta.Je crois que nous pouvous établir comme règle générale une proportion de cent inhumations par quart de siècle ; ce qui porterait, comme nous l’avons dit, le nombre des hôtes de l’église paroissiale à neuf cents, dans l’espace de 225 ans.IV Les voûtes de la basilique renferment encore une foule de personnages distingués par leur naissance, par leur position sociale et par leurs vertus.Je cite de mémoire : Claude de Ramezay, gouverneur de Montréal, inhumé le 2 avril 1724 ; Paul Dupuis, lieutenant-général de la Piévôté : Georges Regnard du Plessis, trésorier de la marine ; Charles-Gaspard Piot, sieur de l’Augloiserie, lieutenant du Roi ; Nicolas Dupont, seigneur de Neuville ; Louis Chambalon, notaire royal ; — 133 - Charles de Monseiguat, conseiller et secrétaire du roi, greffier en son conseil et contrôleur de la marine ; Claude de Bermen, conseiller au Conseil Supérieur ; • F.M.Ruette d’Auteuil, conseiller et procureur général ; Guillaume Gaillard, conseiller et seigneur de Plie et comté de Saint-Laurent ; Toutes ces belles et nombreuses familles qui ont nom de Yerneuil, des Meloises, de la Chenaye, de Lotbinière, de Repentigny, Amiot, Langevin, Huot, dont on retrouve si souvent les noms dans les registres mortuaires de notre vieille basilique.N’oublions pas, non plus, de mentionner ces prélats vénérables qui, après avoir illustré leur règne, sont allés dormir leur dernier sommeil dans ce temple qui avait été l’écbo de leurs voix et le témoin de leurs vertus : Mgr de Laval, Mgr de l’Auberivière, Mgr de Pontbriand, Mgr Briand, Mgr d’Esgly, Mgr Hubert, Mgr Plessis, Mgr Panet, Mgr Siguay, Mgr Turgeon et Mgr Baillargeon.(1) Leurs ossements reposent dans une voûte en pierre de treize pieds de longueur sur six de hauteur.Ce sépulcre particulier à l’épiscopat occupe la moitié du sanctuaire du côté nord.N’oublions pas de mentionner les curés de Québec inhumés dans le sanctuaire : M.de Bernières, Ango des Maizerets, Pocquet, Thiboult, Boullard, Plaute, Dosque, Hubert et Auclair.Combien d'autres prê- (1) Depuis que ceci est écrit ou a déposé dans la même voûte le corps de Son Eminence le cardinal Taschereau. — 134 — très remarquables reposent dans ces voûtes deux fois séculaires?Germain Morin etCharles-Amador Martin, les deux premiers prêtres canadiens, Dudouyt, dont le cœur fut apporté de France, J.Séré de la Coloinbière, Thaumur de la Source, F.-E.Val lier, A.Gaulin, missionnaire apostolique, Eustache Chartier de Lotbinière, G.de Tonuancourt, J.-B.Ferland, les jésuites Cazot, Point, Menet, Haunipaux, le récollet Félix de Berey, Mgr Légaré, Mgr Bolduc.La liste est longue des hommes marquants, religieux et laïcs, religieuses et femmes du monde, qui reposeut à l’abri de cette vieille église que tout Canadien doit vénérer comme la mère des églises catholiques du contiuent américain.N.-E.Dionne UNE ANCIENNE COUTUME AMÉRICAINE Nos cousins, les Américains, ont toujours été gens fort pratiques.Témoin cette coutume établie dans le Maryland bien avant la Révolution américaine.Une veuve trop pauvre pour payer les dettes laissées par son mari à son décès avait le droit de se remarier, mais à la condition de ne porter pour robe de noces que sa chemise.La dame s’étant dépouillée de tout, même de ses hardes, les créanciers du défunt n’avaient plus rien à réclamer.Le savant suédois, Pierre Kahn, qui passa par le Maryland avant de venir dans la Nouvelle-France en 1749, y assista À une scène assez cocasse.“ Une veuve, dit-il, sortit un matin de sa maison pour se rendre à l’église.Elle n’avait que sa chemise pour tout vêtement.Elle avait à peine mis le pied dans la rue que son fiancé, qui l’attendait, lui jeta une belle robe tout neuve sur les épaules en prenant les curieux présents à témoin qu’il faisait un prêt de cette robe à sa future et non un cadeau.Après quoi, le couple se rendit à l’Eglise, sans avoir à redouter l’avidité des créanciers du premier mari.P.G.R. - 135Jj— LE PILOTE JEAN ALFONSE On a prétendu que Jean Alfonse n’était pas Français.D’après le père Charlevoix (1), il serait originaire de Galice, peut-être de Santona : mais les ouvrages qui nous restent de lui portent tous la désignation suivante: “ faict par Jan Alfouse Xaincton-geois, né an pays de Xainctonge, près la ville de Cognac.” Nous avons donc le droit de le revendiquer comme notre compatriote.Il est vrai qu’à l’exemple de plusieurs marins il navigua plus souvent à bord des navires étrangers que sur les vaisseaux français, et que dans ses longues navigations, Ayant suivi plus de vingt et vingt ans, Par mille et mille mers, l’un et l’autre Neptune, (2) il fut la plupart du temps au service du Portugal, spécialement sur un navire commandé par Duarte de Paz : mais il n’indiqua jamais sa nationalité.Ün le désignait dans la marine portugaise sous le surnom de il Francez.On a même conservé des lettres royales de sauf-conduit en faveur de Johannis Al-fonsi Francez, qui erat expertus in viagiis ad Brasi-liarias insulas (3) : Par ces lettres on lui promettait, au cas où il renoncerait à servir le Portugal, de ne pas le rechercher en vertu des lois contre les marins qui prenaient du service à l’étranger, ou naviguaient sans autorisation aux possessions por- (1) Charlevoix, Histoire et description de la Nouvelle-France, t.I, p.21.(2) Vers de Mellin doSaint-Gelays dans son édition des Voyages Avantureuz de Jan Alfonse.(3) Varnhngen, Ifistoria genii île Brazil, t.I, p.46. — 126 tugaises d’Amérique.Il semble donc que notre marin ait tenu à honneur de réserver tous ses droits, et que les Portugais, par une faveur bien rare, aient voulu en quelque sorte rendre hommage, et à ses talents, et à sou caractère, en lui accordant des privilèges spéciaux.Aussi bien Jean Alfonse allait, à la lin de sa carrière, revenir dans son pays natal, et lui apporter le concours de son expérience nautique.En 1541, lorsque Jacques Cartier organisa son troisième voyage au Canada, et que Jean de la Roque, seigneur de Roberval, fut nommé par François 1er commandant en chef de l’expédition et vice-roi des terres découvertes et à découvrir, Jean Alfonse fut désigné pour servir de pilote principal.Non seulement il s’acquitta de ces délicates fonctions à la satisfaction générale, mais encore fut envoyé par Roberval “ vers le Labrador, afin de trouver un passage vers les Indes orientales : n’ayant pu réussir dans son dessein à cause de la glace, il fut obligé de retourner avec le seul avantage d avoir découvert le passage qui est entre Plie de Terre-Neuve et la grande terre, du nord.” (1) Jean Alfonse composa ce qu’on appelait alors le Routier du voyage.Cette œuvre a été en partie conservée par Hakluyt.Elle porte le titre suivant : An excellent Rattier shewing the Course from Bette isle, Carpunt, and the grant Bay up the river of Canada for the space of 230 leagues, observed by John Alphonse of Xainctoigne chiefe Pilote to monsieur (1) Hakluyt, The principal navigations, triages and discoveries of the English nation, made by sea and over land, t.Ill nn.237240. — m — Roberval, 1542.Notre marin n’attachait qu’une médiocre importance à cet ouvrage Ce n’était sans doute qu’un de ces journaux de bord comme il en avait rédigé à chacun de ses voyages.Il s’intéressait bien davantage à une Cosmographie générale, à laquelle il travaillait depuis plusieurs années, et où il se proposait de consigner le trésor de ses observations et de l’expérience de ses contemporains.A peine revenu du Canada il se rendit à la Rochelle avec son ami et secrétaire, un capitaine de Honfleur, nommé Paulin Secalar, et les deux marins travaillèrent de concert au livre qui devait assurer leur réputation.Il est difficile d’établir leur part de collaboration.Peut-être Secalar se contentait-il de rechercher dans les ouvrages nautiques diverses observations qu’il ajoutait aux notes personnelles de Jean Alfouse.Le manuscrit commencé en 1544 fut achevé le 24 novembre 1545.Il est intitulé “ Cosmographie avec espère et régime du soleil et du nord, en nostre langue française, en laquelle amplement est traicté comment et par quel moyen les mariniers se peuvent et doibvent gouverner, conduire en l'art marine, etc.” Jean Alfonse n’eut pas le plaisir de se voir imprimé.Il eut le malheur d’encourir la disgrâce du roi et fut emprisonné à Poitiers (1) pour avoir fait la course contre les Espagnols.Fortune lors, qui ses faits valeureux (2) Avoit conduit au temps de sa ieunesse (1) Thevet, Cosmographie universelle, t.II, p.1021.(2) Mellin de Saint-Gelays—ut supra— Alfonse est mort avant le 7 mars 1547, date du permis d'imprimer des Voyages Avantu reux qui contiennent ces vers de Mellin. 138 — L’abandonna et en lieu malheureux Le rend captif en sa foyble viellesse.Il semble avoir été tué daus un combat naval : La mort aussi (1) n’a point craint son efl'roy, Ses gros canons, scs darts, son feu, sa fouldre, Mais l’assaillant l’a mis en tel desroy Que rien de luy ne reste plus que pouldro.L’œuvre de Jean Alfonse, dont la grosseur effraya les imprimeurs, et la mauvaise écriture rebuta les lecteurs, n’a jamais obtenu les honneurs de la publicité : mais, comme le bruit s’était répandu qu’il avait composé un ouvrage de longue haleine sur la navigation, un libraire de Poitiers; Jean de Marnef, crut pouvoir extraire du manuscrit, qui lui avait été confié, une sorte de résumé qu’il intitula : “ Les Voyages Avantureux du capitaine Jan Alfonse sainctongeois." Le poète Mellin de Saint-G-elays avait été chargé par lui de la confection de ce résumé11 à la requeste de Vincent Aymard, marchant du pays de Piedmont, escrivant pour luy Maugis Vumenot, marchant d’Honfleur mais il s’acquitta si mal de sa mission que la réputation de Jean Alfonse (2) en fut ébranlée.* Marc Lescarbot, l’auteur de l'Histoire de la Nouvelle-France, n’écrira-t-il pas, quelques années plus tard, et non sans raison, que “ si les voiages de Jean Alfonse avoient pu estre advautureux pour quelqu’un, ce n’avoit certes pas esté pour le marin.” Pourtant telle est la force du fait accompli ou plutôt l’empire de 1 habitude que, malgré ses imperfections et ses er- (1) Id.id.(2) Thevet lui-même, malgré sa crédulité, signale et réfute diverses ^erreurs de Jean Alfonse.Cf.Cosmographie universelle, — 139 - reurs, les Voyages Avanturevx furent encore réimprimés, en 1559, à Poitiers, chez le même Jean de Mar-nef, en 1578, à Rouen, chez Thomas Mallard ; en 1598 à Paris, et en 1605 à la Rochelle, chez les héritiers de Jérôme Haultin.Quant au manuscrit original, qui contient tant d’observations nouvelles, et constitue à vrai dire comme l’Encyclopédie maritime du XYIe siècle, il fut oublié.Il serait aujourd’hui encore complètement inconnu sans M.Pierre Margry, le savant archiviste du ministère de la marine, qui le découvrit pour ainsi dire à la Bibliothèque nationale et en donna une intéressante analyse accompagnée de nombreux extraits.Paul Gaffarel SIR L.-H.LAFONTAINE Sir L.-H.Lafontaine était une désincarnations les plus parfaites du type napoléonnien.Cette ressemblance frappait tout le monde ; il était loin de la dédaigner lui-même et cherchait il la rendre plus sensible encore par une petite touffe de cheveux qu’il laissait tomber avec complaisance sur son large front.Etant allé dans son voyage en France, visiter l’Hôtel des Invalides, les vieux soldats de la grande armée se pressèrent autour de lui, pleins d’émotion, et s’écriaient avec transport : “ Bon Dieu ! monsieur, que vous ressemblez à notre empereur ! ” La première fois que lady Bagot l’aperçut, elle ne put s’empêcher de pousser un cri de surprise et de dire il son mari : “ Si je n’étais pas certaine qu’il est mort, je dirais que c’est lui.” Elle parlait de Napoléon 1er, qu’elle avait vu à Paris.L.-O.David 140 — LE QUATRIEME VOYAGE DE CARTIER (1) Personne n’ignore que M.de Roverval, après avoir obtenu de François 1er une commission qui lui conférait le titre de vice-roi et de lieutenant-général de toutes les possessions françaises en Amérique, quitta le port de LaRoehelle, au printemps de 1542, avec trois vaisseaux montés par environ deux cents personnes, tant hommes que femmes, et vint poser les bases d’un établissement à l’embouchure de la petite rivière du Cap-Rouge ; puis qu’après avoir eu à lutter contre la rigueur de la saison d’hiver, l’indiscipline de ses gens, la famine et la maladie, il se vit bientôt obligé, faute de secours, de retourner en France avec tout son monde.La plupart des écrivains qui se sont occupés de notre histoire s’accordent à dire que c’est Jacques Cartier que le roi de France chargea de rapatrier M.de Roberval.Voici ce que dit à ce sujet notre historien national, M.Garneau : “ Au lieu de lui envoyer les secours qu’il demandait, le roi, suivant Lescarbot, chargea Cartier, en 1543, de ramener Roberval en France, où sa valeur et son influence sur les populations de la Picardie, qui allait devenir le théâtre des hostilités, pouvaient lui être utiles.” M.l’abbé Ferland, dans son Cours, cCldstoire du Canada, après avoir relaté cet incident à peu près de la même façon, termine en disant : (1 )— HI, XI, 383. - 141 j— “ Des pièces officielles nous apprennent que ce voyage dura huit mois Puis il ajoute eu note : “ Parti dans l’automne de 1543, pour son quatrième voyage, Cartier aurait hiverné au Canada et l’aurait quitté à la fin d’avril ou au commencement de mai 1544.” Enfin, je lis dans l'Histoire des Canadiens-Français de M.Suite: “Mais comme Roberval ne revenait pas, le roi donna commission à Cartier d’aller le prendre avec sa colonie et de le ramener en France.Le découvreur partit donc vers l’automne de 1543, et retourna le printemps suivant avec les débris de la bande de France-Roy.” Yu l’unanimité des historiens à cet égard, le quatrième voyage de Jacques Cartier semble un fait acquis sans conteste à l’histoire.Mais je ne partage pas l’opinion de MM.Ferlaud et Suite, lorsqu’ils avancent qu’il a eu lieu de l’automne de 1543 au printemps de 1544.Et voici sur quoi je base mon assertion sinon mes preuves : Dans le règlement de compte entre Cartier et Roberval, arrêté le 21 juin 1544 par Mtre Robert Le Goupil, document découvert dans les archives de la ville de Saint-Malo par M.Charles Cunat, et dont M.Desmazières de Séchellos envoya une copie, en 1861, au président de la Société historique et littéraire de Québec, je lis ce qui suit : “ Et en ce qui est du tiers navire—celui qui fit partie du troisième voyage avec la Grande Hermine et YEmeritlon, mettre pour dix-sept mois qu’il a resté — 142 — au diet volage du diet Cartier, et pour huit mois qu'il a esté à retourner quérir le diet Roberval au diet Canada, au péri) du uauléaige que les autres deux, ce seront deux mil cinq cents livres, etc.” M’appuyant sur ce document, je soutiens que si Jacques Cartier avait fait son quatrième voyage de l’automne de 1513 au printemps de 1544, il n’aurait pas été de retour à temps pour obtenir cet arrêté de compte du 21 juin 1544, si l’on considère surtout que le règlement de ses difficultés avec Roberval eût lieu en vertu d’une ordonnance royale.Car, connaissant le pays pour y avoir déjà passé deux hivers, il n’est pas probable que Jacques Cartier, qui avait mis près de trois mois à faire chacune des traversées précédentes, eût commis l’imprudence de s’embarquer après le 1er septembre pour le Canada d’où il ne pouvait guère repartir avant le 1er mai.En admettant qu’il ait eu à sou retour une traversée exceptionnellement belle, c’est tout au plus s’il eût pu être de retour à Saint-Malo dans la dernière quinzaine de juin, c’est à-dire vers l’époque où le règlement de compte concernant ce voyage était arrêté à Rouen.Ainsi ce quatrième voyage de Cartier, qui, d’après un document dont l’authenticité ne peut être mise en doute, n’a été que de “ huit mois ”, en aurait duré alors de neuf à dix.D un autre côté, le fait que nos historiens, qui paraissent bien renseignés sur les pas et démarches de M.de Roberval au Canada jusque vers le mois — 143 — de juin 1543, semblent avoir perdu complètement ses traces après cette époque, fournit en faveur de ma thèse un argument qui a bien sa valeur.M.Grumeau semble appuyer cette dernière conjecture, quaud il dit : “ le gouverneur (M.de Ro-berval) partit dans le mois de juin avec soixante-dix hommes, pour voir s'il ne serait pas plus heureux que Cartier, et s’il ne pourrait pas atteindre le pays où les sauvages disaient que l’on trouvait des pierres fines et des métaux précieux.Mais il paraît qu’il n’alla pas loin, si on en juge par le silence qui règne à ce sujet ; car, malgré la perte d’une partie de ses relations, si Roberval eût fait quelque découverte importante, il en serait venu sans doute quelque bruit jusqu’à nous.” Sans rendre mon argumentation complètement inattaquable, toutes ces concordances historiques sur lesquelles j’ai tenté de l’étayer, me semblent suffisantes pour me permettre d’exprimer l’opinion que ce quatrième voyage de Jacques Cartier a dû avoir lieu du printemps à l’automne de l’année 1543.Paul de Cazes LES DEUX GOUVERNEURS HEAD Il y a eu au Canada deux personnages du nom de Head.Le premier, sir Francis-Bond Head, a été lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, de 1835 à 1838.Après son terme d’otftce, il s’en retourna en Angleterre, et se livra à la carrière littéraire.L’autre, sir Edmund-Walker Head, fut gouverneur-général du Canada, de 1854 à 1861.Il avait été lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick.C’est le portrait de sir Francis-Bond Head, lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, que le Bulletin des Recherches Historiques a publié dans sa livraison de février dernier.P.G.R. — 144 RÉPONSES L’exécution de McLane.(II, XII, 263.)—En 1797, je fus téinoiu d’un spectacle sanglant qui impressionna cruellement toute la cité de Québec.Il s’agissait de David McLane, condamné à mort pour haute trahison.Le gouvernement, peu confiant dans la loyauté dont les Canadiens-Français avaient fait preuve pendant la guerre de 1775 voulut frapper le peuple de stupeur par les apprêts du supplice.On entendit dès le matin le bruit des pièces d’artillerie que l’on transportait sur la place de l’exécution en dehors de la porte Saint-Jean, et de forts détachements de soldats armés parcoururent les rues.C’était bien une parodie du supplice de l’infortuné Louis XVI, faite eu pure perte.J’ai vu couduire McLane sur la place de l’exécution : il était assis le dos tourné au cheval sur une traîne dont les lisses grinçaient sur la terre et les cailloux.Une hache et un billot étaient sur le devant de la voiture II regardait les spectateurs d’un air calme et assuré, mais sans forfanterie.C’était un homme d’une haute stature et d’une beauté remarquable.J’entendais les femmes du peuple s’écrier en déplorant son sort : — “ Ah ! si c’était comme du temps passé, ce bel homme ne mourrait pas ! il ne manquerait pas de filles qui consentiraient à l’épouser pour lui sauver la vie ! ” Et, plusieurs jours après le supplice, elles tenaient le même langage.Cette croyance, répandue alors parmi le bas peuple, venait, je suppose, de ce que des prisonniers français, condamnés au bûcher par les sauvages, avaient dû la vie à des femmes indiennes qui les avaient épousés. - 145 — La sentence de McLane ne fut pourtant pas exécutée dans toute son horreur.T’ai tout vu, de mes yeux vu : un grand écolier, nommé Boudrault, me soulevait de temps à autre dans ses bras, afin que je ne perdisse rien de cette dégoûtante boucherie.Le vieux Dr Duvert était près de nous ; il tira sa montre aussitôt que Ward, le bourreau, renversa l’échelle sur laquelle McLane, la corde au cou et attaché au haut de la potence, était étendu sur le dos ; le corps lancé de côté par cette brusque action, frappa un des poteaux de la potence, et demeura ensuite stationnaire, après quelques faibles oscillations.— “ Il est bien mort, ’’ dit le Dr Duvert, lorsque le bourreau coupa la corde à l’expiration de vingt-cinq minutes; “ il est bien mort : il ne sentira pas toutes les cruautés qu’on va lui faire maintenant ! ” Chacun était sous l'impression que la sentence allait être exécutée dans toute sa rigueur; que la viclime éventrée vivante verrait brûler ses entrailles ! Mais non : le malheureux était bien mort quand Ward lui ouvrit le ventre, en tira le cœur et h>s entrailles qu’il brûla sur un réchaud, et qn’il lui coupa la tête pour la montrer toute sanglante au peuple.Les spectateurs les plus près de la potence rapportèrent que le bourreau refusa de pousser outre après la pendaison alléguant “ qu’il était bourreau, mais qu’il n’était pas boucher ”, et que ce ne fut qu’à grands renforts de guinées que le shérif réussit à lui faire exécuter toute la sentence ; qu’à chaque nouvel acte de ce drame sanglant, il devenait de plus en plus exigeant.Toujours est-il que le sieur Ward devint après cela un personnage très important : il ne sortait dans les rues qu’en bas de soie, coiffé d’un chapeau tricorne et l’épée au côté.Deux montres, l’une dans le gousset de sa culotte, et l’autre, pendue à son cou avec une chaîne d’argent, complétaient sa toilette.Aubert de Gaspé — 146 — Où a eu lieu le combat de Dollard ?(Ill, IX, 353.) —Est-ce au pied du Long-Sault ou au pied des Chaudières que Dollard soutint sou fameux combat ?_ Les incursions des Iroquois sur l’Outaouais se faisaient généralement par la rivière de la Petite-Nation au sud et sur le Saint-Laurent par le Richelieu.L’embouchure de la Petite-Nation est de 54 milles plus bas que les Chaudières (cité de Hull), et 50 milles plus haut que le pied du Long-Sault (Cushing-village) : on portageait anciennement au nord de la rivière au Long-Sault et aux Chaudières ; le Long-Sault et la chute à Blondeau ne faisaient qu’un seul et même rapide, puisqu’ils ne sont séparés que par un remou.La distance des îles du Richelieu au Long-Sault est de 10Q milles, et 200 milles des Chaudières.Ces distauces me semblent nécessaires pour établir le lieu du combat d’après la description qu’on en fait.La Relation /les Jisuites de 1660 (Y.III, pp.11 et suivantes) mentionne le combat, ainsi que M.l’abbé Casgrain dans son Histoire de Marie de l'Incarnation (pp.56 et suivantes), et l’abbé Ferlaud dans sou Histoire da Canada (V.I., p.455), au dessous des Chaudières.M.l’abbé Paillon (Histoire de la colonie française en Canada, Y.II, pp.397 et suivantes) décrit le combat comme ayant eu lieu au pied du Loug-Sault.Garneau (Histoire du Canada, 3e édition, Y.I, p.39) est du même avis que M.l’abbé Paillon.Le Père Charlevoix ne mentionne pas ce fait d’armes.Un coteau existe à Cashing-village, au pied du Long-Sault ; il longe la rivière un mille de longueur à trois ou quatre arpents du rivage ; il ne se trouve pas de coteau au pied des Chaudières.Les Iroquois descendaient la rivière lorsqu’ils ont 147 — surpris les Français ; s’ils out traversé, suivant leur coutume, la Petite-Natiou pour entrer dans l’üu-taouais, comment pouvaient-ils se trouver au pied de la Chaudière ?quels motifs les auraient portés à prendre les Rideaux, le Mississipi ou toute autre rivière eu haut des Chaudières pour attaquer Montréal, Trois-Rivières et Québec ?Les Iroquois prenant le chenal de la rivière des Prairies pour faire leurs attaques sur Montréal ou dans ses environs, ont dû descendre cette petite rivière pour avertir leurs amis aux lies du Richelieu ; cette course fut faite eu cinq jours, le combat a commencé vers le 21 mai ; à cette saison de l’année, l’eau est très rapide sur l’Outaouais et le St-Lau-rent ; un voyage au pied du Loug-Sault par la rivière des Prairies en cinq jours est une route assez longue à parcourir, puisqu’ils avaient à refouler le courant, tirer les canots à la cordelle ou les portager dans les rapides de la rivière des Prairies, les Grandes-Ecores, le (Jros-Sault, le Cheval-Blanc et les Petites-Éco-res (rapide de Carillon).Couséquemeut, malgré l’opinion émise par quelques écrivains, je suis porté à croire que le combat de Dollard et ses compagnons a plutôt eu lieu au pied du Loug-Sault qu’au-dessous des Chaudières.OUTAOUAIS La presse pédagogique dans la province de Québec- (Ill, XI, 875.)—On aimera peut-être à connaître l’origine et la nature des publications pédagogiques parues jusqu’à ce jour dans la province de Québec.Eu 1857, l’honorable P.-J.-O.Chauveau, alors surintendant de l’Instruction Publique, fit paraître, aux frais du gouvernement, 1 e Journal del'Instruction Publique, qui coûtait annuellement au pays plus de quatre mille piastres.11 en fut le premier rédac- 148 — teur.Plus tard, M.Chauveau confia la rédaction du Journal à d’autres littérateurs distingués, tels que les Béchard, les Dunn, les Marinette, etc.En 1864, MM.C.-J.-L.Lafrance, Norbert Thibault et Joseph Létourneau entreprirent de fonder un journal en rapport avec les besoins des instituteurs.Ce nouveau journal, qui avait pour titre La Semaine, plus conforme aux besoins des instituteurs, parce qu’il était rédigé par des hommes du métier, fut très bien accueilli, mais le manque de moyens de ceux qui l’encourageaient obligea l’imprimeur d’en discontinuer l’impression après une année de publication.Le Journal de /’Instruction Publique continua à suivre sa route.En 1878, le gouvernement Joly, comprenant que ce journal, qui coûtait si cher, ne remplissait pas le but qu’on était endroit d’en attendre, lui retrancha le subside.11 tomba.Les événements politiques amenèrent alors l’ho-îiorable M.Chapleau au pouvoir.M.J.-B.Rolland, qui jouissait d’une grande influence auprès du nouveau gouvernement, obtint de celui-ci la promesse d’un octroi de cinq cents piastres par année pour un nouveau journal d’éducation.Avec cette promesse et les abonnés qu’il put recruter, M.J.-B.Rolland publia le Journal d'Education dont il confia la rédaction à M.Oscar Dunn.Les instituteurs, tout en appréciant le mérite des distingués écrivains qui avaient toujours rédigé le Journal' de l Instruction Publique, sentaient bien qu’aucun n’avait encore su toucher la note vraie.Ils comprenaient que tant qu’un homme du métier ne se mettrait pas à la tète d’une revue pédagogique, personne ne leur fournirait les aliments dont ils avaient besoin.Plusieurs de mes amis, à la tête desquels se trouvait le révérend M.Lagacé, principal de 1 Ecole normale, me conseillèrent fortement 149 — de tenter 1’entreprise.C’est dans ces circonstances que je publiai, le 1er janvier 1880, le premier numéro de l'Ecole Primaire.Au bout d’un an, certaines difficultés avec mon imprimeur m’obligèrent à changer le titre en celui de Y Enseignement Primaire, titre que le journal porte encore aujourd’hui.Le Journal d'Éducation de M.Rolland, après quelques années d’existence, tomba, et Montréal resta plus d’une année sans avoir de journal pédagogique îrançias.En 1889, M.U.-E.Archambault, si bien connu pour la grande part qu’il a toujours prise à tout ce qui a rapport à l’éducation, ressuscita le journal de M.Rolland en lui donnant le titre d $ Journal de l'Instruction Publique qu’il porte encore aujourd’hui.Vers 1887, le Courrier du Canada publia, une fois par semaine, des articles sur l’éducation qu’il intitulait, Le Journal d'Education, et, en 1888, les MM.Brousseau publiaient sous le même titre un journal de seize pages, qui expira d’inanition après une année de pénible existence.Les protestants ont aussi un journal pédagogique intitulé : The Educational Record.Cette revue est très intéressante et bien rédigée.Voilà, en résumé, l’historique des différents journaux pédagogiques qui ont été publiés dans la province de Québec, et dont trois vivent encore, pleins de force et de vigueur.J.-B Cloutier Les nègres à Québec sous le régime français.(Ill, XII, 390.)—S’il y a une ville dans le Dominiou que les nègres n’ont jamais habitée en nombre, c’est bien Québec.Mais toutefois, il y en a eu de tout temps sous le régime français et même tout-à-fait dans les premiers temps de la colonie.Ainsi nous — 150 — voyons dans les papiers Faribault, qu’un nègre de la côte de Guinée, nommé “ Ollivier, ” résidait à Québec, en 1038 ; on y trouve un jugement du 20 août de cette année rendu par Achille Delisle, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, lieutenant de M.de Montmagny, occupant ici la position de juge ou enquêteur, par lequel jugement le dit nègre est condamné à être vingt-quatre heures à la chaîne, pour avoir répandu une calomnie sur le compte de Nicolas Marsolet, l’accusant d’avoirétéen correspondance avec un nommé Lebaillif, français de nation, réfugié en Angleterre, que l’on dit commander “ ung navire sur le costé duquel l’on doubte.” Le père LeJeune, dans sa Relation de 1633, parle d’un jeune nègre de Madagascar qui fut vendu cinquante écus par l’un des frères Kirke au nommé le Bailly, qui lui-même en fit présent à la famille Hébert, lors du départ des Anglais de Québec, en 1632.En 1688, MM.de Denonville et de Champigny écrivirent au Secrétaire d’Etat en France, que les gens de travail et les domestiques sont d’une rareté et d’une cherté si extraordinaire au Canada, qu’ils ruinent tous ceux qui font quelque entreprise.On croit que le meilleur moyen de remédier à cela serait d’avoir des esclaves nègres Le Ministre ayant répondu l’année suivante, queSa Majesté trouvait bon que les habitauts du Canada y fassent venir des nègres, on en vit arriver de temps en temps, dans la suite, jusqu’après la conquête et même jusque vers l’année 1800, que cessa complètement l’esclavage au Canada.Piiiléas Gagnon Versailles.(IV.I, 405.)—Dans l’article sur l’incendie de Londres (Bulletin, IV, p.92.) j’ai commis une boulette dont je me moque ordinairement lorsque les autres se font prendre à de pareils malentendus — 151 — ou lapsus.Figurez-vous un homme qui dirait : “ Le parlement venait d’ouvrir ses séances à Ottawa en 1844 lorsque.” Moi, j’ai écrit que, en 1670, les agissements de Chouart préoccupaient le cabinet de Versailles—et pourtant le roi ne s’établit à Versailles que onze ans plus tard ! A cause de Louis XIV, qui a fait de Versailles un terme synouime de “ résidence de la royauté,” les écrivains ne se gênent pas de considérer cet endroit comme le siège de l’administration française durant une bonne moitié du XVII siècle, tandis que, avant 1681, cela était impossible.Voyons un peu les choses : Louis XIV avait vingt-deux ans lorsque, en 1661, il prit goût à cette localité assez mal servie par la nature, car c’était une petite ville sans beauté, au milieu d’une campagne insignifiante.On y voyait un château quelconque, propriété royale qui ne disait rien à personne.Le roi y fit commencer des embellissements et visitait l’endroit par distraction, lorsqu’il voulait s’éloigner un peu de Saint-Germain où se tenait la cour.Taris ne le voyait que dans les cas de nécessité.Pour peu que Ton sorte de Saint-Germain du côté de l’ouest—opposé à Paris—on est bientôt à Versailles.Le premier usage public que le prince fit du château restauré et agrandi d’une salle de danse ou de théâtre, fut le 14 octobre 1663, et Molière y joua Y Impromptu de Versailles devant un auditoire d’élite.C’est en ce moment que mademoiselle de la Vallière se signala comme favorite.Le roi retournait à Versailles donner des fêtes, de 1663 à 1666, mais ses ministres, la cour et lui-même habitaient Saint-Germain.Par récréation, on allait à Saint-Cloud, à Fontainebleau, délicieuses maisons de campagne, mais qui rappelaient les souvenirs des anciens rois, et Louis XIV, se croyant unique au monde, rêvait de créer un lieu rempli de merveilles 152 — où rien no parlât (l’un autre que lui.Il était pauvre alors Colbert travaillait à mettre des richesses dans ses coffres, ne songeant guère que, vingt ans plus tard, il dirait : “ Si j’eusse accompli pour Dieu ce que j’ai fait pour mon prince, quelle place j’aurais au royaume éternel ! ” En 1663-65, c’est de Paris que le roi date ses dépêches au sujet du Canada.A Versailles, en 1666, il signe des actes concernant la Nouvelle-France, mais cela n’a lieu qu’en passant car les séjours à Versailles n’étaient jamais prolongés.En 1666-68, il écrit de Saint-Germain, où se tient toujours l’administration.Mansard commença le grand palais de Versailles en 1670.Cet architecte n’était âgé que de vingt-quatre ans.Etait-ce faute d’avoir eu sous la main un artiste de cette valeur que le roi n’avait pas plus tôt exécuté son dessein?Les historiens croient que l’état des finances était le seul motif du retardement.Quoiqu’il en soit, dès 1672, le roi demeura assez souvent à Versailles—où nous le voyons expédier les affaires de Québec—pour que la cour commençât à penser que l’heure viendrait où elle serait logée mieux qu’à Saint-Germain dans les somptueux bâtiments de Mansard.Les dépêches du Canada sout reçues à Paris en 1675 ; c’est de là que partent les réponses, cependant, de 1675 à 1676, puis en 167870 elles sont datées aussi de Saint-Germain.La dernière écrite en ce lieu est de janvier 1681.Déjà la cour occupait une partie de Versailles.Le premier acte du roi eu ce dernier lieu est du mois de mars 1681, au sujet du Canada.A partir de cette date, la France et notre colonie furent gouvernées de Versailles parce que les ministères y étaient installés.Les trente-quatre ans qui suivirent nous montrent souvent des pièces datées de diverses villes de France, de l’Alsace, des Flandres où le roi se trouvait de 153 — passage, mais en somme le gouvernement était à Versailles.Il u’est donc pas exact de dire que, en 1663, M.Pierre Boucher vit le roi à Versailles, que, en 1670, ou fut étonné à Versailles des entreprises de Chouart, que, en 1675, Cavelier de la Salle fut anobli à Versailles, &c.Avant l’année 1681, il faut tout rapporter à Saint-Germaiu-eu-Laye, seul foyer de l’administration.Les plans de Mansard se sont développés au-delà de ce que devait comporter le premier projet et, après 1675, l'architecte se lança dans le gigantesque, de telle sorte que les historiens se demandent d’où provenait l’argent.Nous avons peut-être la solution du problème : En 1673 et 1674, le roi abolit toutes les sociétés commerciales qui exploitaient les colonies et se réserva la vente de ces privilèges.C’est ainsi qu’il arrangea la traite de l’ouest, du Mississipi et celle de Cavelier de la Salle, enlevant aux colons toute ingérence et tout bénéfice dans ce trafic si productif.Alors, le palais du roi-soleil aurait été construit par les castors du Canada.Benjamin Sulte Le castor, symbole canadien.(IV, II, 417.)—L’emploi du castor comme symbole du Canada ou de l’élément canadien me parait remonter assez loin.Avant 1830, le commandeur Viger l’avait mis dans les armes de la ville de Montréal : il l’avait aussi dessiné comme support dans un écusson de fantaisie qu’il s’était fait vers 1815.Ou voit le castor dans les vignettes de l'Histoire de la Nouvel le-France de Charlevoix.Sur la médaille que Louis XIV fit frapper pour rappeler la défaite de Phipps devant Québec, en 1690, un castor s’avance timidement vers une femme qui trône avec majesté, sur les trophées enlevés à Tenue- 154 — mi: figure symbolique de la nouvelle et de l'ancienne France.C’est probablement M.de Frontenac qui donna au grand Roi l'idée de représenter ainsi sa colonie naissante.Il écrivait, le 13 octobre 1G73, au ministre des colonies : “ C’est à quoi, Mgr, vous aviserez, s’il vous plaît, comme aussi aux livrées et aux armes que le Roy voudra donner à la ville de Québec.Je croyais que les fleurs de lys sans nombre, au chef d’or, chargé d’un castor de sable, luy conviendraient assez bien avec deux originaux pour supporter, et le bleu et le blanc pour les livrées de la ville.J’attendrai sur cela les ordres de Sa Majesté et les vôtres.” Je ne sais si Québec eut jamais, sous le gouvernement français, des armes particulières ; mais la Nouvelle-France et les autres colonies françaises de l’À-mérique, aussi tard que 1736, portaient comme la mère-patrie trois /leurs de lys d'or.L’abbé IL-A.Verreau Un missionnaire des Bois-Francs.(IV,III,427.) — M.Charles-Edouard Bélanger est mort de froid, de fatigue et d’épuisement, dans la nuit du 23 novembre 1845, dans la savane de Stan fold, à quarante-cinq arpents du village de Princeville, sur le quinzième lot du septième rang Gfore, à neuf arpents du chemin tracé entre le septième et le huitième rang, à dix-neuf arpents du cordon qui sépare le septième rang du sixième, et à deux arpents de la ligne qui divise le quinzième lot du quatorzième.Nous avons, dans le temps où nous fîmes sur l’établissement de la paroisse de Stanfold, devant le club littéraire de Princeville, cinq lectures, visité le lieu du sinistre, en compagnie de trois coureurs des bois.Le cèdre, au pied duquel est mort M.Bélanger, avait été taillé sur la lace qui regarde le chemin, et on y — 155 — avait gravé en sanguine une inscription.Nos hommes enlevèrent la partie de l’arbre où se trouvait l’inscription.Au moyen d’une loupe et à force de patience, nous sommes parvenu à tout défricher.Nous avons en mains les détails les plus circonstanciés sur cette lamentable catastrophe, et nous croyons que quelque beau jour nous nous déciderons à les livrer à la publicité.M Bélanger n’a pas péri dans la savane de Stanfold en allant porter le secours de sou ministère à des malades, mais il se rendait à Saint-Louis de Blandiord pour y régler une affaire d’école.M.Jacques Dion avait donné aux cultivateurs de l’endroit un emplacement sur sa terre pour y construire une maison d’école.Les désignations du terrain avaient été données de vive voix au notaire Olivier Cormier, qui avait rédigé l’acte à Somerset.M.le curé Bélanger découvrit peu après que le terrain désigné à l’acte notarié n’était pas exactement fe même que celui fourni par M.Dion.Les contribuables de Blandford commençaient la construction de leur maison d’école, et M.le curé Bélanger crut qu’il était de son devoir de se rendre immédiatement sur les lieux afin de prévenir toute dilficulté.C'est pour cette raison qu’il quitta Somerset, le 23 novembre, le dimanche après les vêpres.M.le curé Bélanger n’était pas seul ; il avait pour compagnons de route le notaire Olivier Cormier et M.Ambroise Pepin, tous deux de Somerset.Nos trois voyageurs arrivaient à la rivière Blanche, lorsque, eu contournant un marais, ils s’égarèrent dans l’obscurité de la nuit et reprirent le chemin qui les ramenait à Stanfold.Ambroise Pepin tomba le premier à environ cinquante arpents de notre village ; à cinq arpents plus loin ce fut le tour de M.le curé Bélanger, et enfin à une dizaine d’arpents de là, ce fut celui du notaire Cormier. — 156 — Le lendemain matin, MM.Gaudet et Provencher prirent le chemin de la savane pour se rendre à Gen-tilly.La première victime qu’ils rencontrèrent fut le notaire Cormier qu’il trouvèrent à demi-mort et à demi-gelé.L’un d'eux prit soin du notaire et l’autre monta donner l’alarme au village.Une escouade d’hommes s’organisèrent tout de suite et se rendirent sur le lieu du désastre.On constata que M.le curé Bélanger et M.Ambroise Pepin avaient perdu la vie depuis plusieurs heures.M.Cormier, transporté chez M.Pierre Richard, ne recouvra la connaissance que dans la soirée, grâce aux bons soins du Dr Bettez, de Somerset.Ce ne fut qu’au bout de trois mois d’affreuses souffrances, et au physique et au moral, que le notaire Cormier put se remettre entièrement de cet accident.Après avoir, dans une lecture, esquissé la vie de sacrifices, les vertus et la mort héroïque de M.l’abbé Charles-Edouard Bélanger, nous parlâmes, àM.le curé Désaulniers de la possibilité d’élever sur les lieux un monument historique pour commémorer ce fait.La chose agréa à M.le curé de Stanfold, qui même dans le temps nous chargea de l’exécution de ce projet.Le conseil de Princeville, celui de Stanfold et celui de Saint-Louis de Blandford nous firent une généreuse souscription ; celui de Plessisville et celui de Somerset refusèrent toute allocation, sous prétexte que la mesure dépassait leur attribution, mais ils nous promirent de nous venir en aide au moyen d’une large souscription volontaire.Nous nous adressâmes à M.T.-A Bélanger, marbrier de Québec, qui nous envoya le tracé d’un joli monument.Après uue attente de dix-huit mois pour nous trouver dans des circonstances tout-à-fait favorables, nous allions mettre la main à l’œuvre, lorsqu’on nous informa que M.le curé Désaulniers tenait absolument à ce que le monument fut érigé dans le 157 - cimetière de la paroisse.Avec toute la déférence possible, il nous fut impossible de le suivre sur ce terrain Nous avions promis à tous les souscripteurs que ce monument historique serait élevé sur le grand chemin royal, sur la terre même où l’accident avait eu lieu ; nous leur avions donné l’assurance qu’une croix en fer serait plantée dans l’épaisseur de la forêt à l’endroit où était tombé M.le curé Bélanger.Dans de semblables circonstances, nous crûmes que le parti le plus sage pour nous à adopter était d’abandonner entièrement ce projet ; et c’est ce que nous fîmes sans dire mot.Depuis cette date, plusieurs écrits ont été publiés sur cette question, mais tout est resté sans effet.Il y a sept aus que, dans le silence de notre retraite, nous ne nous sommes pas occupé de cette affaire.Cependant à celui qui voudrait aujourd’hui prendre le mouvement en mains, après s’être au préalable muni de la bienveillante permission de M.le curé de Stanfold, nous souhaitons tout le succès possible.L’abbé C.-F.BàILLARGEON Les frères Récollets.(IV, III, 429.)—Je dois les renseignements suivants à l’obligeance deM.le curé Bérard, de Verchères : “ Après d’inutiles recherches dans les registres de Verchères, j’ai appris d’un ancien de la paroisse que le frère Récollet, qui a enseigné et vécu plusieurs années ici, portait le nom de frère Noël.Il y en eût aussi un à Varennes appelé frère At exit.Les archives ne me disent pas que le frère Noël ait été inhumé à Verchères.” Gustave Ouimet Le pain bénit.(IV, IV 438.)—Il n’y a pas asse longtemps que l’usage du pain bénit a cessé d’exis ter pour qu’il soit déjà oublié et pour qu’on n’en parle — 158 - plus.Non, on en parle souvent et ou en parlera encore longtemps Ou dit quelquefois, par exemple, d’un faux dévot, avec un petit grain de malice, que c’est un mangeur de pain bénit.On en parle encore à propos de politique—et où ne la met-on pas cette tortueuse politique ?—et on dit, en temps d’élection surtout, que tel candidat qui, pour faire mousser sa candidature, ne manque pas d’aller, au su et au vu de toute la paroisse, faire visite au curé et d’entendre la grand’messe, qu'il a mangé du pain bénit.Mais mieux que cela et dans un ordre de choses plus conforme au précepte de la charité envers son prochain, on appelle, dans certaines paroisses, pains bénits, des personnes pauvres, infirmes et sans appuis, qui vivent de la charité publique et qu’on transporte pour un temps plus ou moins long de maison en mai sou pour être soignées et entretenues.On dit de ces pauvres malheureux qu’ils passent en pains bénits.L’abbé Charles Trijdelle Les fondeurs de cuillers.(IV, IV, 448 )—Autrefois, chez le peuple, on se servait beaucoup de la cuiller d’étain qui avait l’avantage de coûter bon n arché, mais qui se brisait avec la plus grande facilité.Quand une cuiller se brisait, on en conservait précieusement les morceaux et, lorsque le fondeur arrivait, il prenait tous les morceaux brisés et, pour quelques sous, il faisait fondre le tout dans un creuset portatif, étalait ses moules et vous faisait de belles cuillers neuves, brillantes comme de l’argent.Le mé tier ne pouvait pas enrichir son homme, mais il le faisait vivre, et c'est déjà quelque chose; sans compter que le fondeur était généralement nourri et logé pour rien, quelquefois avec sa petite famille qu’il traînait sur ses talons.Il joignait aussi à ce petit commerce la vente de menus objets d’étain qui lui rapportait encore uu certain bénéfice.Napoléon Legendre — 159 — QUESTIONS 449— De qui ou (le quoi la paroisse de Howick, daus le comté de Châteauguay, tient-elle son nom ?Chat.450— Les noms des braves voyageurs canadiens qui accompagnèrent sir John Franklin dans ses différentes explorations des mers arctiques ont-ils été conservés ?Ne méritent-ils pas d’être connus, ces héros ?Voy.451— Le Voyage en Angleterre et en France de notre historien national, F.-X Garneau, publié d'abord dans le Journal de Québec puis dans La littérature canadienne de 1850 à 1860, n’a-t-il pas été publié en volume?Comment se fait-il que cet ouvrage soit si rare ?Malgré mes longues recherches je n’ai pu en voir un exemplaire nulle part.Btb.452— Quels sont les ouvrages que le T.jésuite La Brosse a composé en langue montagnaise ?Chicoutimois 453— Il vient de me tomber sous la main une fort curieuse gravure.Elle porte pour titre : “ Mascarade organisée par les Jésuites du collège de Mâcon le lundi-gras 1651.” C’est une immense procession de prêtres, de Jésuites, d’évêques, d’écoliers et de.sauvages.Que vont faire les premiers ha- bitants du Canada dans cette galère, me demanderez-vous.C’est là la question que je me pose.Quelqu'un de vos lecteurs pourrait-il m’éclairer sur cette procession ou mascarade de 1651 ?Curieux 454— En quelle année fut accordé le premier du plôme pour la pratique de la médecine au Canada ?Med. — 160 — 455— A quelle date est mort le Dr Wolfred Nelson et quels ont été les points importants de sa carrière politique ?E.A.456— Vous nous avez appris ce qu’était le Club des douze Apôtres.Dites nous donc également ce qu’étaient le Club des Barons et le Beaver Club?XXX.457— Le député Roebuck qui montra tant de sympathies pour les Canadiens-Français aux Communes d’Angleterre en 1838 n’était-il pas né au Canada?F.R.458— Pouvez-vous me donner quelques renseignements sur le sieur Péré qui fut chargé par l’intendant Talon d’aller reconnaître des mines de cuivre qu’on disait exister près du lac Huron ?Leo.459— Où trouver les archives du Conseil qui précéda le Conseil Souverain créé en 1662?G.G.460—Dans l’opuscule de M.l’abbé Beaudet : Le recensement de Québec en 1716, il est question de la rue Desmeules.Où était cette rue ?D’ou partait-elle et où finissait-elle ?E.R.461— Y avait-il une organisation quelconque contre les incendies, avant la conquête, dans la ville de Québec ?Brig.462— Pour quelles raisons Mgr.Bedini, délégué apostolique au Brésil, vint-il au Canada ?X 463— Le commandant Laplace qui rendit le fort Ticouderoga aux Américains, le 9 mai 1775, était-il Canadien-Français ?Sold.
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