Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 juillet 1898, juillet
s&nK1 iTv ,18*4** ¦ -••'•¦ \ • i'.'îPô ‘Mümëi fwÊ&v'A- ?>' ' LH DUC DE RICHMOND BULLETIN DES ^Recherches Historiques Vol.4 JUILLET 1898 No 7 SAINTE-TRINITE DE CONTRECŒUR Contrecœur était du nombre des douze seigneuries concédées aux officiers du régiment de Cariguan.Ce fief fut accordé à François-Antoine.Pécaudy, sieur de Contrecœur, qui avait épousé à Québec, en 1667, Barbe Denys de la Trinité, et c’est probablement le nom de cette dernière qui a été cause que Contrecœur fût érigée sous le vocable de la Sainte-Trinité.La maison seigneuriale servit de chapelle jusqu’en 1711.M.L-F.de la Fayey bâtit une chapelle en bois.En 1726, M.de Miniac remplaça la chapelle par une église en pierre de 80 pieds de long sur 40 de large, avec deux chapelles en croix.La troisième église date de 1812.Elle fut détruite par le feu en 1863 et remplacée par l’église actuelle.Les missionnaires, desservants et les curés furent : B.-P.Duplein, 1681-1685 ; P.Sennemaud, 1685; P.Permehaud, 1G85-1697 ; M.Bruslé, 1702-1703 ; L.F.de laFaye, 1703-1724 ; J.P.de Miniac, 1724-1731 ; A.Joriau, 1731-1736; L Chazdau, 1736-1744; C.Beaudoin, 1744-1751 ; F.Petit, 1751-1761; J.J.Rai-zeune, 1761-1764 ; J.-B.Curatteau de la Blaiserie, 1764-1765; M.G-ervaise, 1765-1766; J.N.Martel, 1767-1772; M.G-ervaise, 1772-1775 ; J.Martel, 1*75-1782 ; T.Kimber, 1782-1786 ; J.M.Jean, 1788-1792 ; L.Aubry, 1796-1808; G.L.Arsenault, 1808-1817; R.O.Bruneau, 1817 ; E.L.L’Heureux, 1834-1864 ; J.E.Cheviguy, 1864-1873; T.Dajenais, 1873-1882; P.E.Lussier, 1882-1887 ; J.Dequoy, curé actuel.Matthieu-A.Bernard — 194 — LE CHATEAU BIGOT La correspondance de M.l’abbé H.-II.Casgrain publiée dans L'Evénement du 30 septembre dernier, m’a valu de nombreuses demandes de personnes désirant obtenir des notes au sujet de ce château légendaire, Si cette propriété a été quelquefois le théâtre des exploits de notre trop célèbre intendant, je crois pouvoir établir qu’il n’en a jamais été le propriétaire, et que ce n’était qu’avec la permission de ses acolytes, Estèbe et De Vienne, propriétaires successifs du château depuis le 12 octobre 1753 au 8 septembre 1764.Je me permettrai de fournir, le plus brièvement possible, les quelques notes suivantes à l’appui demon assertion.Il est à la connaissance générale que la seigneurie Notre-Dame des Anges fut primitivement concédée aux Ml.PF.Jésuites par le duc de Ventadour, le 10 mars 1626.Le 28 avril 1659, devant Audouard, notaire, le Père Ragueneau, agissant en sa qualité de procureur des RR.PP.Jésuites, concéda à Françoise Duquet, alors épouse de Jeau Madry, la propriété décrite dans l’acte de vente du 28 octobre 1718 (L’acte de 1659 manque au greffe).Le 28 octobre 1718, Françoise Duquet, alors veuve en secondes noces d’Olivier Morel, seigneur de la Durantaye, conseiller du Roy au Conseil Supérieur, vendit, par acte passé devant Mtre de la Cetière, après une possession de près de soixante ans, l’immeuble qu’elle avait acquis des RR.PP.Jésuites par l’acte de 1659, à Guillaume Gaillard, seigneur — 195 — de l’île et comté de Saint-Laurent, lequel, par mie déclaratiou faite le même jour, recommit que la dite acquisition a été faite pour “ Mtre Michel Bégou, chevalier, seigneur de la Picardière, Murhelin et autres lieux, conseiller du Roy en ses conseils et au Parlement de Metz, intendant de Justice, Police et Finance en toute la Nouvelle-France, etc.Vu l’importance de cet acte, j’en citerai la plus grande partie : — Laquelle de son bon gré a vendu, etc.Le fief servant relevant des reverends peres Jesuistes du Collège de cette ville de Quebecq appelé Grand pré d* La redoutte size a la canardière de sept arpends et demy de terre de frond ou environ sur quatre lieues de prolfondeur y compris un arpend et demy aussi de frond sur la d.proffondeur qui est en roture a ce que crois la Vanderesse joignant d’un costé a la terre et habitation de Lagrois du costé du nord est, et au suroist celle de paul Chalifoux d’un bout le fleuve St lament et de l’autre bout la d".proffondeur a la de.dame appartenant a cause du tittrede concession qui en a esté f'aitte par le R'1 père Ragueneau Jesuiste lors procureur du College de cette ville a la charge de la foy et homage au principal manoir de leur Seigneurie de notre dame des anges et le Revenu dune année pr droit de rachapt a chaque mutation de prop0 suivant LeVexin françois enclavé de la coutume de Taris plus ou moins que le contenu au d.tittre sans reserve de fief ni routure Le d.Titre passé par audouard uor° le 28 avril 1659.pour et moyennant le pris de six mil deux cent trente sept Livres dix sols monnoye de franco ; Reduction faitte du prix de cartes suivant — 196 — larrest de Sa Majesté qui aurait esté seize rail cinq cens livres sur le pied quelles sont escrites.avec les rentes dues par les habitans tenanciers de terre sur le d.fief.” Par cette description, il appert qu’il n’y avait pas de château ou manoir seigneurial alors de construit sur c ¦ fief.Cette propriété resta en la possession de l’intendant Bégou jusqu’au 1er mai 1748, et entre les mains de sa succession jusqu’au 12 octobre 1763, date de la vente consentie par Frs Foucault, agissant en sa qualité de procureur de la succession bénéficiaire de feu Michel Bégon, à Guillaume Estèbe, aussi conseiller du roy en ce pays et sou garde-magasin à Québec.La description de l’immeuble à cette époque, 12 octobre 1753, et celle du 8 septembre 1757, sont extraites de la correspondance de M.l’abbé II.-R.Casgrain du 30 septembre dernier—voici cette description du 12 octobre 1753 : (Saillant ,notaire) “ Une autre maison sise sur le dit arrière-fief au lien appelé la Montagne de la paroisse de Charlesbourg, bâtie pareillement en pierre à deux étages et en mansarde de cinquante pieds de front sur trente de profondeur ou environ, consistant en une cuisine ou il y a une potence de fer à la cheminée, un four à côté ceinturé d’une barre de fer et un mauvais bluteau en une salle, cabinets, greniers et caves, le tout garni de chassis et de portes fermant à clefs : derrière la maison est un petit jardin potager, et plus loin un grand verger planté de plusieurs arbres fruitiers» entouré de picquets.Item au coté sud-ouest de la dite maison est une grange de cinquante pieds de front 197 — sur trente de profondeur ou environ et une étable de pareille grandeur, le tout bâti sur solage de pierre.’’ Cette maison étant décrite dans ce dernier acte, il faut nécessairement conclure qu’elle a été construite entre les années 1718 et 1753.Le témoignage qui ferait remonter la construction du château Bigot jusqu’à l'époque de l’intendant Talon ne reposant que sur le fait que le recensement de 1667 dit : qu’il y avait alors dans la paroisse de Charlesbourg “une habitation appartenant à M.Talon, ’’ ne peut être maintenu avec certitude à cause du mot “ habitation ; car ceux qui s’occupent de recherches pour des actes de concessions de cette époque, rencontrent assez souvent dans un acte de concession d’une terre en bois debout, dans sa description, les mots suivants: une terre ou habitation non désertée contenant.etc., à condition de déserter (défricher) tant d’arpents et s’y construire, etc., cela ne veut pas dire qu’il s’y trouvait une maison.Le 8 septembre 1757, devant Saillant, notaire, Guillaume Estèbe vend à François Joseph DeVienne, garde-magasin du Roi, à Québec, l’immeuble ci-dessous décrit : “ Une autre maison sise sur le dit fief au lieu appelé de la Montagne de la paroisse de Charlesbourg, bâtie pareillement en pierre à deux étages de cinquante pieds de front sur trente de profondeur ou environ, consistant en une cuisine, salle, plusieurs chambres, cabinets, caves et greniers, le tout garni de chassis et de portes fermant à clefs, en un petit jardin potager, un grand verger complauté de plusieurs arbres fruitiers entouré de piquets, en — 198 — une grange de cinquante'pieds de front sur trente de profondeur ou environ, et une étable de pareille grandeur, le tout bâti sur solage de pierre.” DeVienne ne suivit pas Bigot en Europe immédiatement après la cession du pays, et nomma, avant son départ pour 'l'ancienne France, pour son procureur, un prêtre du séminaire de Québec, M.Sébastien C.Pressart, par acte de procuration, passé devant J.C.Panet, le 1er octobre 1764.Il résidait probablement à Beauport, car je trouve dans les registres de cette paroisse l’acte de sépulture de sou fils, Thomas, à la date du 25 juillet 1763.(1) Enfin, le 8 septembre de l'année suivante, devant le même notaire, DeVienne vend à 'Win.Grant, négociant de cette ville, l'immeuble ainsi décrit : “ Item une autre maison située sur le dit arrière fief au lieu appelé De la Montagne de la Paroisse de Charlesbourg bâtie pareillement en pierre à deux étages de cinquante pieds de front sur trente de profondeur ou environ consitante en une cuisine, salle, plusieurs chambres, cabinets, cave et grenier le tout garni eu l’Etat qu’il est, un petit jardin potager un grand verger complanté de plusieurs arbres fruitiers entouré de Piquets, en une grange de cinquante pieds de front sur trente pieds de profondeur ou environ et une étable de pareille grandeur, le tout bâti sur solage de pierre et tous les animaux et instruments d’agriculture qui s’y trouvent.” DeVienne paya 17,000 livres à Estèbe pour cette (1) Voir Montcalm et Lévis, vol.Il, p.240. — 199 - propriété et la revendit à Grant, sept ans plus tard, pour la somme de 30,000 livres,monnaie de France (1) Ce n’est pas sans difficulté que j’ai pu découvrir comment Françoise Duquet était rentrée eu possession de l’arrière-fief enclavé dans l’acte de cession accordé à Talon.T’étais complètement dérouté dans mes recherches, en constatant que deux propriétaires possédaient en même temps des titres au sol sur lequel existent les ruines du château : Frse Duquet, avec son titre de 1659, et Talon, avec celui de 1666.La découverte d’un acte de transaction entre les RR.PP.Jésuites et la dite Françoise Duquet, assistée de son mari.Olivier Morel de la Durantaye, passé à Québec devant Mtre Genaple, notaire, le 4 mai 1699, mit fin à mon anxiété à ce sujet.J’anticipe sur les événements.Mgr de Saint-Vallier par acte passé au Chastelet de Paris, le 10 mars 1696, devant Mtres Bonhomme et Dufort, notaires, déclare qu’il a acquis de l’héritier Talon, pour le profit et avantage de l’Hôpital-Général “ la terre Seigneurie, et Comté d'Orsainville cy-devant appelée la terre, fief, seigneurie et Baronnie des Islets avec les terres qui peuvent y avoir estées jointes et unies et autres appartenances et dépendances.” Cette déclaration portant donation est confirmée par un nou- (1) Lors du siège de Québec par l’armée américaine, M.Raphael Gray, négociant de cette ville, était le propriétaire du château depuis le 25 août 1774, en vertu d’un acte de vente consenti par Win.Grant devant le notaire J.C.Panet.M.Charles Stewart, à son tour, en devint acquéreur devant J.-A.Panet, notaire, le 6 février (1779) et le revendit devant le même notaire à MM.Jean Lees Jr., Simon Fraser et Wm.Wilson, le 26 juin de l’année suivante (1780). — 200 - vel acte de donation du dit fief, par le même évêque au même Hôpital, ruais cette fois-ci, Tacts est passé à Québec, devant Mtre Chamballon, notaire, le 4 janvier 1098.Le 24 mars 1698, par acte d’accord et transaction passé devant Mtre C.Rageot, notaire.Mgr de Saint-Yallier, Mgr le comte de Frontenac, Mgr de C'ham-pigny et autres de la direction de THôpital-Général de Québec, et les RR.PP.Jésuites d’autre part, firent les conventions suivantes : “ Lesquelles par-tyes Pour Evitter de part et dautre Les Contestations et procès dans lesquels le d.hôpital général seroit obligé d’entrer avec les d R.P.Jesuittes en conséquence de la donnation faitte au d.hôpital Par mon d.Seigneur L’Evesque .le d hôpital Général prétendant qu’en vertu de la d.donnation et de l'acquisition faitte par mon d.Seigneur L’Eves-que de la d.terre Seigneurie et comté que les terrains du Bourg Royal et du bourg la Reine qui ont cy-devant esté retranchés de la terre et seigneurie de notre dame d
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