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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1899-06, Collections de BAnQ.

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^anripj) iHTTmTm -Jl ft 'ftfSrBfc-ÀjjjBÿPE^yS wm%M> mm.mm 01ËSÜ! u^aKPÉsg^iilii ¦r'ZÆZïï iArl'J.3 lüijjjümttitttr t.w.-: Eglise he Saint-Joseph hk Lanuraik 99 BULLETIN bus RECHERCHES HISTORIQUES VOL.5 JUIN 1899 Xo.fi SAINT-JOSEPH DE LAN OR AIE Lu seigneurie de Lanoraie lut concédée en 1637 nu sieur .lejm Bourdon.Son nuijini'iitnlinn, A ut ray, fut concédée au même seigneur, en 1647.En lfiHS, la seigneurie de Lanoraie lut cédée à, M.de La Noraye.L origine de la paroi-se e-t enveloppée d'une obscurité impenetrable qui résulte de ce qu'à cette époque i n ne se préoc* t tijiu.it nullement de laisser des archives.Aussi ne peut-on un im préciser a quelle date Lanoraie n eu «a première église.Lu deuxième éedise de f.nnoraie fut construite en 1744.-M roisiôme egli-e— 1 église actuelle—fut construite d'nnrès T P ans et sous la direction du curé Loranger.l.a première Pierre fut bénite le L! août 1862 par .Mgr Fabre, alors simple clianoine.^ L’église fut livrée au ou'te le 2fi octobre 1864, alors qu'o'le fut consacrée ' a>' Mgr Ignace Bourget.\ oici les noms des mis-ionnaires, desservants et curés qui se sont succédés à Lanoraie.à partir de 1782 : MM.J.-A .Mercier.1732-1784 : L.Chevalier.1734 1735 ; J.-B.Gosselin.1736-1737 ; P.-B.ResOie, 1787-1742 : H Du-nière, 1742-1717 ; B.Pepin.1747-1749; J.F.Youville delà Découverte, 1749-1750 : B.Pepin, 1750-1759; J.-A.Gaillard.17.>9-1771 ; B.Pepin 1771-1774 : (Fr.Lemaire de St-Ger-main, l ( ( 3-1 * 19 ; .1.B.- N.Pou get, 1779-1785 : O, Perrault.1785-1792 ; C.-.L Lefebvre Duehonquet,1792-1793: L.Lamothe, 1793 -1799: ('.-A.Boucher de la Broquerie.1799-1804 : ,L-1>.Larose.1801-7818 : .1.B.Paquin, 1813-1816: G.-H.Be-serer.1816-1820 ; YL ( '.lV/ean.1820-1828 : P.-/.Gaenon, 1828-1833 ; .T.-.I.Raizenne.1813-1838; A.-Brais.1838-1839 ; C.-L.Y inet de Souligny, 1839 : L.-M.Quintal, 1840-1850 ; M.-J.-M.Balthazar.1850-1852 : J.-O.Giroux.1852-1859 ; C.-A.Loranger, 1859-1884 ; .T.-N.Lussier.1884 : F.- Corbeil 1884-1887; L.-A.Pe(|uoy, 1887-1894; T.-F.Kavanagh, 18841897 ; F.Mondor, curé actuel.R, — 104 — MÈRE ESTHER WHEELWRIGHT DE L’ENFANT JÉSUS (1) Dans' ' xièmo édition de Les Ursulines deQuébec, vol» 2, p.86.sous le titre suivant : Une fille d’Albion devient fille de sainte Ursule, on trouve l’histoire do la capture et de la jeunesse d’Esther Wheelwright.L'auteur de Glimpses of the Monastery (histoire abrégée des Ursulines de Québec), dont la seconde édition a paru en 181)7.consacre deux chapitres à ’ cette remarquable et intéressante figure.La même année, à Cambridge, Mu»s.voyait le jour une collection do monographies,sous le titre J rue stones of à\ew Lnyland Captives, dues à 1a plume érudite et élégante de mademoisel.e Alice-C.Baker.Cet ouvrage, dédié “aux prêtres et aux religieuses qui donnèrent asile et protection à nos captifs au Canada,” n'est pas néanmoins exempt d'appréciations qui sentent le préjugé, mais ne doivent pas étonner élisez une héritière des traditions puritaines et anti-françaises delà Nouvelle-Angleterre.Tout tie même, l'écrivain se rappelle quelle est alliée par le sang à notre illustre évêque Plessis, petit tils de Martha French, elle aussi une captive des Abénaquis, et la note dominante de son travail, comme su dédicace, est une note d’admiration et do reconnaissance.M’inspirant à ces sources diverses, je veux satisfaire brièvement la légitime curiosité du correspondant Amer des Recherches Historiqtics.Esther Wheelwright descendait de ces puritains d’Angleterre qui, pour avoir refusé do se conformer à l'Eglise “établie de par la loi,” émigrèrent en ' ' ' _ 3 durant la première partie du dix-septième siècle.Son bisaïeul, le révérend John Wheelwright, débarqua ;t Boston, le 26 mai 1636.Date (i) V, IV, 609.0 7987 — 1G5 mémorable dans les annales de la Nouvelle-Angleterre.L’Américain ne connaît pas de titre do noblesse supérieur à celui qui le rattache à la lignée des “ Pilgrim Fathers.” Aussi, incalculable est le nombre de ceux qui, sans lettres patentes, revendiquent cctto illustre origine.Banni de Boston pour avoir enseigné des erreurs contraires aux doctrines puritaines, John Wheelwright fonda successivement, avec un groupe d’adhérents, les deux villes d’Exeter, dans le Ncw-Jlumpshire, et de Wells, dans le Maine.C'est à Wells qu’Esthcr, tille do John Wheelwright (petit-fils du précédent), et de Mary Snoll, naquit au commencement de 1696.La paix qui avait suivi le traité de Uyswick ayant été rompue, la France et l’Angleterre se trouvaient aux prises de nouveau, et les colonies tic la Nouvelle-Angleterre eurent à souffrir des incursions des tribus sauvages alliées des Français.La fusillade commença sur la frontière américaine, le 10 août 1708, à Wells, qui avait victorieusement repoussé une attaque précédente, en 1692.L’assaut du village, commencé à 9 heures de l’avant-midi, se termina par la mort ou l’enlèvement de trente-neuf do ses habitants.Parmi les captifs se trouvait Esther, alors âgée de sept ans.Deux ans plus tard, des lettres autographes et des informations fournies par le captif Samuel Hill, député sur parole à Dudley, gouverneur do Boston, par de Vaudreuil, pour négocier l’échange des prisonniers, rassurèrent quelques-uns des habitants de Wells sur le sort de leurs parents enlevés.Mais d'Esther Wheelwright, pas de nouvelles.Où pouvait-elle donc se trouver '! Dans les profondeurs de la forêt, vers les sources de la rivière lvennebec.l'n guorricr abenaquis avait emporté la captive et l'avait adoptée pour son entant.Elle devait y vivre cinq années do la vie sauvage.C'est vers la fin do cello période que le père jésuite Bigot la découvrit durant une de scs missions.A son visage pâle, à ses vête- — IGG — monts, il diseorna une enfant île race étrangère.Il lui adresse la parole on anglais.I,'enfant ne sait répondre : elle a oublié la langue de sa mère.Le sauvage qui l'a adoptée révèle au missionnaire l'origine et la parenté d'Ksther.‘-La rose anglaise penche sur sa tige, lui dit le père, la vie dos bois lui est trop pénible.Je veux la transplanterait Catiuda, où elle croîtra nreux sous les so:ns des vierges delà prière." “ lai petite fleur blanche ne doit pas être arrachée du sol, réplique le chef, qu'elle croisse parmi les pins de la forêt, pour orner un jour le icii/wnin de quelquo jeune brave.” A chaque visite nouvelle, le jésuite réitère en vain ses instan es auprès du sauvage obstiné.Il profite de ces rencontres pour instruire la jeune captive, qui bientôt a appris son t'ra/o et les éléments du catéchisme en français aussi bi n ' ' naquis.Le père Bigot informe le marquis de Vaudreuil de sa découverte, et bientôt la bonne nouvelle est communiquée à la famille désolée.Après cinq nnnéis de séjour dans la forêt, I stlier,rachetée par le dévoué missionnaire, ¦ st conduite à Quel.cc.où le gouverneur et sa iènime l'accueillent avic bonté et la traitent comme leur enfant.-Madame la marquis • ayant été appe'ée en Franc ¦ comma sous g.u oi liante des enfants royaux, elle confia Hsther aux soin-des I rstilines.La : Ile du gouverneur, boni c de VaU-dreud, devait être sa c mipagae de peu donnai.C’est le 18 janvier 17u!) que les deux i oms fuient inscrits sur les registre- du couvent.Bientôt l'.-tlie" y ti: sa première i ommiinion, avec une dorvour aogclique Aimée de ses maitre-ses et licureuse ¦dans s 1 nouvelle ta mil e, elle a u rail voulu s y lix» r irrevoca-hlem ni ' ans letat parfait, mais le marquis d • Vaudreuil, “qui s'était engagé à la ren Ire à .-es j areat-, dit l'AnndislO des I'rsnünes.ne voulut pus consentir à -e- projets et la rappela, avec-a fil e Louise, au château." 2914 Les deux amides qu’Esther vécut dans lo monde furent pour elle des années d’ennui.A cette époque, on négociait l’échange des prisonniers entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre.La jeune captive accompagna à Mont-tréal le marquis, son père adoptif, dans un voyage qu'il y fit en vue des négociations entre les doux pays.A Trois- Rivières, elle logea chez les Ursulines, et à Montréal, à l’IIôtol-Dicu.Le 3 octobre 1711, dans celte dernière ville, elle fut marraine do Dorothée de Xoyon, fille d’Abigaïl Stobbins, une captive de Deerfield, Mass.Le parrain fut Nicolas, fils de Charles LeMoyno, baron de Longueuil.Le gouverneur, cédant enfin aux instances de Mlle Wheelwright, lui permit de retourner auprès de ses mères l'rsu-lines.Elle devait bientôt y réaliser son vteu le plus ardent : assurer la conservation de sa loi et le salut de son âme, en embrassant la vie religieuse.Le21 octobre 1712,fête de sainte Ursule, patronne de l'Ordre, elle commença son noviciat, et le 3 janvier suivant, elle prenait le voile blanc.Lajoie du père Bigot, en voyant sa protégée revêtue des livrées de l'épouse uu Christ, ne connut pas de bornes.Il prêcha un sermon des plus pathétiques sur celte parole du l’saliniste : “ Ta main me conduira et ta droite me soutiendra.’ il compara a l’élévation d'Esther épousant Assuérus ses fiançailles avec le Roi des rois.Il rappela en termes émus les souvenirs de sa captivité et de son séjour parmi les enfants do la forêt.11 la félicita de ce que, parvenue à 1 âge requis, elle était protégée par la loi contre toute opposition à sa vocation.Profitant des négociations entamées pour l'échange des prisonniers, les parents d'Esthcr lui adressèrent à cette épo-quo des lettres pressantes pour l'engager à retourner auprès d’oux.C’est la première fois quel histoire mentionne pareille correspondance.La grâce parla plus fort que la nature au cœur do la novice.Elle persista dans sa vocation.Pour pré- — 108 — venir toute nouvelle tentative, on crut Ion d'abréger quelque peu le terme de son noviciat, et on fixa au 12 avril 1714, le jour de sa profession religieuse.Le marquis de Vaudreuil, avec une suite brillante, et l'édite de Québec, assista à la touchante cérémonie.La nouvelle professe, “ sous l’autorité et en présence de l’évêque, voua et promit à Dieu pauvreté, chasteté, obédience, et de s’employer à l’instruction des petites tilles, selon la règle do notre bienheureux père saint Augustin.” La supérieure la revêtit du manteau de chœur et du voile noir de sainte Ursule, et la jeune captive anglaise, adoptant définitivement le nom de sœur Esther-Marie-Joseph de l’Enfant Jésus, dit un éternel adieu à sa famille et an monde.Deux autres captives.Mary-Anne Davis, née à Salem, Mass., délivrée par le p\re Ruslo, et Dorothea geryau (ou Gordan), rachetée par le père Atihéry.suivirent bientôt l’exemple d'Esther Wheelwright, et tirent, profession chez les Ursulines de Québec.Xous les retrouvons tontes trois, en 1730, à la célébration du premier centenaire de l’arrivée de la vénérable Mère Marie do l’Incarnation.Mère Wheelwright de l’Enfant Jésus était alors professe depuis vingt-cinq ans.Daprs l’historien de la ville de "Wells, Esther écrivit à son père, lui manifestant son intention de rester au Canada.Celui-ci.ignorant sans doute la nature irrévocable des vœux de religion et espérant toujours qu’elle reviendrait, lui légua, à la seule condition de son retour au pays natal, lu cinquième partie de ses biens.Le capitaine John Wheelwright mourut le 13 août 1745.Sa femme, qui lui survécut de dix ans, ava t confirmé les dispositions de son testament.En janvier 1754, un jeune gentilhomme do Boston, le major Nathaniel Wheelwright, frappai la porte du monastère.Il se fit annoncer comme neveu de la mère Esther de l'Enfant Jésus et demanda à voir sa bien-aimée tanto, permission qui lui fut gracieusement accordéo.L'entrevue fut des plus cordiales, si l'on en juge par les présents que fit le neveu avant son départ.A sa tante, il donna le portrait de sa mère en miniature et richement encadré, et à la communauté, une coupe et un concert en argent, y compris du linge fin.Ces précieux souvenirs sont gardés avec soin dans le monastère.Le portrait de Mmo Wheelwright, retouché par une main pieuse, (ne serait-ce pas celle d'Esther obéissant à un vivu lilial ?) a été converti en madone.Ces transformations ne sont pas inconnues dans l'Eglise qui a changé on temples du vrai Dieu les palais des patriciens romains, sans parler d'autres pieuses métamorphoses.*** Mais le glas de la Nouvelle-France va bientôt sonner.Le siège de Québec commence le 12 juillet 1759.La canonnade força les Ursulinos de quitter le monastère pour aller se réfugier avec les religieuses de l ilôtel-lMeu à l’ilôpital-Général, hors du.la portée des projectiles do l’ennemi.Huit religieuses restèrent au couvent pour en être les gardiennes.Il est plus que probable que la Mère Wheelwright, héritière du courage do ses belliqueux ancêtres, fut du nombre des privilégiées.Quand Montcalm, succombant à ses blessures nu lendemain île la bataille des plaines d'Abraham.fut enterré â.9 heures du soir, dans la crypte do ht chapelle, Esther Wheelwright avec ses compagnes,prièrent, avec les prêtres présents pour le repos éternel du vaillant guerrier.Leur âme était triste, car il leur semblait, dit l'Annaliste qu’on venait d’ensevelir le dernier espoir de la colonie.” Le 8 septembre 17tiU,tut signée la capitulation de Montréal garantissant aux catholiques le libre exercice de leur culte, et aux communautés do lèmmcs le maintien de leur constitution et privilèges. — 170 — Le 15 décembre suivant, la Mère de l’Enfant Jésus fut élue supérieure.Coïncidence remarquable : à l’époque où le Canada passait sous le drapeau britannique, le monastère de Mario do l’Incarnation élisait pour la première fois une supérieure d’origine anglaise.Ce fait ne s’est pas répété dans l’histoire du couvent.Pourtant l’aine d'Estlier Wheelwright était devenue aussi française que catholique.Ecrivant en 17(11 ù la communauté de Paris.de l’obédience de laquelle relevaient les Umtlincs do Québec, la supérieure anglaise disait : “ On vient de nous annoncer que la paix a été conclue et que ce pauvre pays est rendu il la France ; j’espère que cette nouvello est vraie.” Cette même année, la deuxième de son terme d'office, un de ses neveux.Joshua Moody, fils de Mary Wheelwright, vint la visiter.Une des petites nièces de cette même soeur avait été nommée Est lier en souvenir de sa grand’-tante : La supérieure, par l'entremise de Joshua, envoya des cadeaux à sa petite-nièce, et exprima le désir de l'avoir au couvent pour surveiller son éducation.Ce désir ne fut pas réalisé.Entre autres présents qu’elle envoya à sa famille, se trouvait son portrait peint à l'huile.Cet original unique, qui n’a jamais été copié, et qui jusqu’il ces dernières années,était totalement inconnu au vieux monastère,” est encore précieusement conservé dans la famille Wheelwright, à Boston, où l’on a également perpétué de génération en génération le nom d Esther en souvenir de la captive.Mère AV hechvright,figée de soixante-trois ans è l'époque do son élection, allait bientôt célébrer le cinquantième anniversaire de ses épousailles mystiques avec Jésus.Il y eut grande liesse au Monastère et dans la chapelle aux premiers jours d'avril 1704.La cérémonie se termina par un Te Deum chanté aux accords de la tinte et du violon, et le soir, tambours et fifres firent à la jubilaire uno sérénade toute militaire.X’était-co pas l'accompagnement obligato de la fête — 171 d’une héroïne qui avait respiré encore jeune la fumée des Combats, et qui avait su résister à des ennemis de plus d’une espèce pour tenir haut et ferme le drapeau de la vocation à la foi et à la perfection ?La jubilaire devait passer encore près d une vingtaine d’années dans la fidélité à ses vœux de profession et l’observance exacte de la règle monastique.Kilo y brilla constamment par la pratique des vertus de son état.Elle sut commander comme elle avait su obéir.Femme forte, elle montra une constance inébranlable dans les rudes et émouvantes phases de notre histoire nationale, dont le contrecoup se répétait si fortement cl.,ns le cloître.Institutrice habile et expérimentée, elle sut adapter l’instruction aux ex gemmes imposées par la transition du pays à sa nouvelle allégeance.Distinguée de manières, elle sut conquérir l’affection de ses sœurs et de scs élèves, l’estime dosv; s du pays.En 170'ti, ne pouvant être réélue supérieure pour un troisième terme, elle fut relevée de sa charge, mais pom-la reprendre aux élections de 17'J.Elle avait alors soixante douze ans, mais son esprit et suu cœur u avaient pas vieilli.Une indisposition prolongée lit craindre qu elle ne vivrait pas jusqu’aux élections suivantes.-Mais cette crainte ne lut pas ré Usée.Le 15 décembre 177-, on lui donna, pour la soulager, la charge d’assistanto-supérieure, et six ans plus tard, clic fut nommée zélatrice.Mais le terme de son long pèlerinage arrivait enfin.Le 2(î octobre 17811, Esther Wheelwright expirait à l'âge de quatre-vingt quatre ans et huit mois.“Elle mourut, dit l’Annaliste du monastère, comme elle avait vécu,adressant au ciel de continuelles aspirations et répétant incessamment quelques versets des Psaumes.” “ Ses ancêtres, étaient nobles, continuent les annales, mais son cœur plus noble eucorc, et lo souvenir de scs vertus sera toujours cher à cette maison.” 0108 — 172 — Los armoiries des Wheelwright portent : hermine à la fasce d’or chargé de trois disques azur, trois têtes de loup au naturel en chef et on pointe.Esther,qui dessinait ;l laperfeotion,avaitenvoyé à sa mère par son neveu Joshua Moody l’écusson de la famille peint sur soie.Ces armoiries se voient encore gravées sur la cuillère et la fourchette d’argent quo le major Nathaniel Wheel" wright donna à la communauté en lTô-1.le ne puis mieux terminer cette trop longue notice qu’en citant la dernière pensée de la conclusion de mademoiselle Baker : “ Puisse cette histoire, dit en suhstanco l'écrivain de Cambridge, être lue à quelque heure do loisir aux novices par la mère zélatrice, qui, admise il y a cinquante ans dans la communauté, y trouva une religieuse (1) qui avait dans son enfance assisté avec son père aux funérailles de Montcalm et vécu plus tard dans le cloître durant les sept dernières années do la vie d'Esther Wheelwright.” Cette pensée révèle admirablement la continuité et la fidélité des traditions monastiques.Le “ vieux monastère ” de Québec, à partir de la première fondation en lffiîü, comptait en 188'.) cinq périodes de cinquante années chacune, en tout 250 ans.Or, dans chacune do ces périodes, il y a eu des religieuses jubilaires qui ont connu celles des périodes précédentes.Il suffit donc de cinq générations de jubilaires pour former la chaîne do la tradition orale depuis l’arrivée de la vénérable Marie (fuyard do l'Incarnation jusqu’aux temps actuels, depuis le chevalier de Montmagny jusqu’à lord Stanley,à travers toutes les phases si tourmentées, si glorieuses, si variées de l’histoire du Canada.N’est co pas que la tradition même orale est une source sûre ot authentique do vérité historique ?L'abbé L.St-G.Lindsay (i) MèreDubéde Saint-Ignace qui mourut en 1839 a lage de quatre* vingt-huit ans. JACAU DE FIEDMOND (1) Le hasard—ce grand maître—nous a.tout récemment,fait rencontrer un document qui jette quelque lumière sur la destinée ultérieure d’un des héros qui luttèrent vainement avec Montcalm pour essayer de conserver à la France une colonie qu’on abandonnait.Fiedmond, dont grâce à sa valeur seule, le Canada a conservé pieusement la mémoire fut, comme son chef de l’Tlo Loyale, M.Le Courtois de Surlaville, un simple officier do fortune que ses talents militaires firent parvenir au grade d’officier général.C’est grâce â cette qualité, que le juge d'armes de Franco lui délivra en 178(i le brevet d’armoiries qui fait l'objet de cette notice et dont nous avons retrouvé la minute au département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale (nouveau d’ILozier, volume 102).indépendamment de l’orthographe exacte du nom de Fiedmond, ce document indique les différentes étapes de sa carrière militaire depuis la porte du Canada et prouve, une fois de plus, que, si les officiers de fortune valaient ceux de naissance, ils pouvaient, tout comme les seconds, bien qu’avec plus de difficulté, gravir tous les échelons de la hiérarchie militaire.M.de Fiedmond figure, pour la dernière fois, comme maréchal de camp, sur l’almanach royal de 1702.Il est probable qu'il émigra, mais lé s’arrêtent les renseignements que nous avons pu recueillir sur son _ .(i.nu Boscq dk Beaumont (i) Québec, 27 avril, 1899.M.J.-Edmond Roy, Lévis.Mon cher Monsieur, , , Je vous transmets en même temps (pie ces quelques lignes une pièce médité sur M.de Fiedmond, le célèbre officier oui a immortalisé son nom lors du siège de Quebec en 1759.Cette pièce nra été lemise cet hiver à Paris par M.de Beaumont, un amateur d’antiquités qui vous est connu.Te crois que vous aimerez à la publier dans le Bulletin des Recherches Historiques.Bien à vous, II.-R.Cas'IRAIN, Ptre.45 — 174 — Antoine-Marie d'Uozier de Sérigny.chevalier, juge d’armes do la noblesse de l'rance, chevalier grand croix honoraire de 1 ordre royal des Saints Maurice et Lazare de Sardaigne.Sur la réquisition qui nous a été faite par Louis-Thomas .lacau de J'icdmond.écuyer, maréchal des catnj s et armées du roi, ancien gouverneur de Cayenne et delà lluyiiue Française, de lui régler des armoiries timbrées.\ u en original le brevet de maréchal de camp donné par le roy à Versailles le 1er mars 17.SU, au d.t Louis-Thomas .lacau de Fiedmond.briga lier d'infanterie,signé Louis et plus bas le lJce de Montbacy, nous, on vertu du pouvoir à nous attribue par l’arrêt du conseil du 9 de mars 170(1, en notre qualité de Juge d armes de la noblesse de France qui nous donne l’inspection e( ordonnance sur le port des armoiries, avons réglé pour armes au dit Louis-Thomas .lacau de Fied-mond un éeu d argent à une étoile d'azur naissante du chef, coupé de sinople, et sur le tout, un serpent lové, c’est-it-dirô entortillé, de 1 un dans l'autre : le dit éeu casque do profil orné de ses lambrequins d'azur, d'argent et de sinople.Supports : deux chiens ü’argent umit celui de irauche est COUClie ! ht atin que le présent brevet dérèglement d’armoiries que nous avons compris dans nos registres puisse lui servir et \ ses entants et postérité, male et feuiehe.nés et à naître en legitime manage, tant qu’ils vivront noblement et ne feront aucun acte de dérogeance, nous 1 avons signé et fait contresigne par notre seerétaue qui y a apposé lu sceau de nos urines.A Paris le mercredi cinquième jour du mois d’avril de 1 an mil sept cent quatre vingt six.(Signé), n iloziKii de Séuiuny Lour minute.Au dos de cette minute se trouve un dossier des armoiries et leui explication, le tout de l écriture de M.de Fiedmond qui paraît les avoir composées lui-même.L'Jlozior avec ses souvenirs do la Guyane, a oub.iéde lui donner dans le brevet sa qualité de chevalier do Saint-Louis.s.(IY.V, 450.’)—Transportons-nous A Port-Royal, en Acadie, durant l’hiver de ltïOli à InilT.Depuis bientôt trois ans, un groupe de hardis Français travaille a fonder un établissement dans ce coin de l’Amérique Septentrionale.Kn 1(104, Pierre du Gua, sieur do Yonts, gouvemeur do Pont, nommé lieutenant du roi, a organist' une expedition pour l'Acadie.Accompagné de Pontgravé, de ( hainjilain et de Poutrincourt il a contourné la péninsulo acadienne, a pénétré dans une baie magnifique qu'il a appelé la Paie Française, découvert la Baie de Port Royal, ainsi nommée par ( hamplain.et jeté les premiers fondements d'un établissement sur l’îlo Sainte-Croix, à l’ouest de la Baie Française.Après un premier hiverneinent en cet endroit (1604-1605), do Monts a transféré l'établissement à Port-Royal ; puis il est retourné en France, où Poutrineourt l'avait précédé dès l'automne de Kili-t.Pontgravé et Champlain sont restés à la tête do la petite colonie, y ont hiverné (16051606) ; et, au moment de retourner en France, faute de secours, au commencement de l'été de 1605, ils ont vu arriver avec joie un vaisseau bien équipé, commandé par l’outrin-court, qui est accompagné d'un avocat parisien nommé Marc Lescarbot.À lors l’ont gravé seul s est embarqué pour la mère-patrie.Champlain est demeuré eu Acadie avec Lescarbot et Poutrineourt.Kn compagnie du ce dernier, il a exploré la côte américaine vers le sud, jusqu'au delà du 41ùrao degré de latitude.i)e retour à Port Loyal, où Lescarbot les a accueillis par une fête domestique, poétique et musicale, dont les Muses de il Nouvelle- i'nnii r nous ont conservé la ni •moire, ils se sont livrés tous ensemble à certains travaux de défrichement, de construction, voire même d embellissement.Maintenant 1 hiver, un de nos hiver» américains, est arrivé.Il a jeté sur les plaines, les montagnes, les lacs cl les forêts, un épais et blanc maineau.Au fond do l'habitation do Port-Royal, une poignée du Français se trouve comme perdue au milieu de ses contrées nouvelles, peuplées de tribus sauvages, et séparées de la vieille patrie par des centaines de lieues d’océan.Sans doute, les fronts doivent être souvent assombris parmi les hardis hivernants ?Pénétions dans l'habitation.C'est l’heure du repos, (juo signifie cet air do réjouissance, cette pompe, cet appareil ?Voici Champlain, le vaillant explorateur, Poutrineourt, l’intrépide capitaine, Lescarbot.le doute avocat, Robert (iravé, le digne tils d'un père justement estimé, Louis Hébert, apothicaire et pionnier, et dix autres qui défilent devant nous portant chacun un plat fumant, et suivant professionnellement un chef décoré d un collier, dont la dextre tient un — ISO — bâton d’office.—Salut au premier club du Canada ! Nous Hommes en présence des compagnons de l'Ordre du Bon-Temps.fondé à Port-Boy al, en Acadie, sous le règne de Sa Majesté Henri IY, roi de France et de Navarre, en l’an de grâce 1G0Ï, par Samuel de Champlain, futur fondateur do Québec ! Kn quoi consistait cet Ordre ?Champlain et Lesearbot vont nous l'apprendre par le menu : “ Nous passâmes cet hiver fort joyeusement,” lisons-nous dans la Eolation des Voyages do Champlain (édition Laverdière, tome II T, p.120), et t imes bonne chère, par le moyen de l’Ordre du Bon-Temps que j'y établis, qu’un chacun trouva utile pour sa santé, et plus profitable que toutes sortes do médecines dont on peut user.Cet ordre estoit une chaîne que nous mettions avec quoique ' i cérémonie au col de l’un de nos gens, Juy donnant la charge pour ce jour d’aller chasser ; lo lendemain, on la baillait à un autre, et ainsi consécutivement: tous lesquels s'etfoivaiut â l’envy â qui feroit le mieux et apporteroit la plus 1 elle chasse.Nous ne nous en trouvâmes pas mal, ny les sauvages qui estoient avec nous.” Donnons maintenant la parole à qui est le plus fécond en détails : •• Je dyrai que pour nous tenir joyeusement et nettement quant aux vivres, fut établi un ordre en la table du dit sieur I’outrincourt.qui fut nommé l'ORDI'K DK BON-TEMPS, mis premièrement en avant par le sieur Champlain, auquel ceux d’icelle table estoient maître-d’hôtcl.Chacun à son tour, qui estoit en quinze jours une fois.Or, avait-il lo soin que nous fus-ions bien et honorablement traités.Ce qui fut si bien observé, que (quoyque lcsgourmensdedéça nous disent souvent que nous n’avions point là la rue aux Ours do Paris) nous y avons fuit ordinairement aussi bonne chèrequo nous saurions faire en cette rue aux Ours et à moins de frais-Car il n’y avoit celui qui deux jours devant que son tour vinst ne fut soigneux d'aller à la chasse outre à la pêcherie, et 30 — 181 — n’apportnst quelque chose de rare, ou ce qui estoit do notre ordinaire.Si bien que jamais au déjeuner nous n'avons manqué de souspiquets de chair ou do poissons, et au repas do midi et du soir encore moins : car c’estoit le grand festin, là où l’Architriclin, ou Maître-d’hôtel (que les sauvages appellent “ Atoctegic ”), ayant fait préparer toutes choses au cuisinier, marchoit la serviette sur l’épaule, le bâton d'office en main, et le collier de l’Ordre au col, qui valait plus de quatre écus, et tous ceux d'icelui Ordre après lui, portons chacun son plat.Le même estait au dessert, non toutefois avec tant de suite.Et au soir, avant do rendre grâce à Dieu, il résinait (résignait) le collier do l’Ordre avec un verre de vin à son successeur en la charge, et buvaient, l'un à l'autre.J'ay dit ci-devant que nous avions du gibier abondamment, Canards, Outardes, Oyesquises et Chinches.Perdrix, Alouettes et autres oiseaux ; plus des chairs d'Kdlans.de Caribous,de Castors, de Loutres, d’Ours, de Lapins,do Chats-sauvages ou Léopars, de “ Wibuchés" et autres telles que les sauvages prenaient, dont nous faisions chose qui valait bien ce qui est en la rôtisserie de la rue aux < )urs, et plus encore ; car entre toutes les viandes, il n’y a rien de si tendre que la chair d’Ellan, (dont nous faisions aussi de bonne patisserie), ni de si délicieux que la queue de Castor.” Voilà ce que c était quo l’Ordre du Ron-Temps.C’est ainsi que ces vaillants pionniers de la colonisation chrétienne et française trompaient les ennuis de 1 absence et de l’éloignemont du sol natal, écartaient les sombres pensées, et conservaient haut et ferme leur courage au milieu des difficultés et des périls.L’Ordre du Bon-Temps s’éteignit avec le départ de < ’ham-plain.de Poutrincourtet de Lescarli >t, qui furent forcés d a-ban lonner l’Acadie, à'l'automne de 1007, par suite de la révocation du privilège do AI.de Monts.Ionotcs — 182 — i Ij(‘s Acadiens à lleaumont.(IV, VI 1,481.)—Pans l’automue de 17.1 U, los paroissiens de Beau mont virent arriver au milieu d eux plusieurs réfugiés acadiens.Ils accueillirent ces malheureux comme des frères.Mais, épuisés eux-mêmes par des levées incessantes, ruinés par plusieurs années de mauvaises récoltes, ils durent appeler l’aide du gouvernement.I7n habitant de Beaumont, Joseph ILbergc, s'engagea alors envers Joseph < 'adot, pourvoyeur des autorités, à fournir et livrer à chacun dos Acadiens réfugiés dans la paroisse et à Saint-Michel une demie livre de boeuf ou un quarteron de lard de quatre onces de poids par jour p aidant six mois.(Greffe do Jean-Claude Panet.14 novembre ITÔt;), J.-K 1!.L Ordonnance(f font Durham.(V, il.f.84.)— On sait à la suite de quelles circonstances lord Durham fut envoyé en Canada.ugns (Cohoes.K.I .) : Mgr J.-C.Marquis (St-Célestin) ; Mgr Antoine Labelle (St-.lérôme) : Mgr L.-C.-II.Langevin (PimQuski) ; Mgr T.Tanguay (Sherbrooke) ; Mgr Z.Parient (Montréal) ; Mgr L.-Z.Champoux (St-Poly-carpe) ; Mgr Bernard O'Pcilly (New-)ork.L.-l .) ; Mgr C.-E.Poiré çSte-Anue de La Pocatière).P
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