Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 septembre 1902, septembre
BÜLLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.8 SEPTEMBRE 1902 No 9 LA MAISON MONTCALM SUR LES REMPARTS, À QUÉBEC (Suite et tin) Cependant lu Ml nation do Descheneaux n'était pas en ce moment tort enviable ni sûre.Après la reddition de Montréal et lu conquête du pays, tout restait en suspens, en attendant le sort qui en définitive serait tait au Canada, lequel n'allait être tixé qu'en février 1798 par le traité de paix.Descheneaux inquiet se tenait prudemment retiré à l'écart dans la colonie pour mettre sa personne* & l’abri de la sentence infamante qu'il pressentait et ne tarda pas à lui être infligée.Etant accusé dans le procès Bigot, il fut condamné, par contumace, suivant la susdite sentence du Chiitelet.qui j,osait sur lui pour les 80 livres d'amende et 300.000 livres etc restitution.Ce qu’il avait à craindre le plus en ce pays était la confiscation de ses biens si la France allait redevenir maîtresse de la Colonie.Dans cette appréhension il crut prudent de mettre ses biens à l’abri autant que possible.Il disposa, dès 1701, de sa maison des Remparts en la mettant au nom de son allié ou beau-frère, Germain Le Roux.Voici un résumé de cet acte de prétendue vente, qui va à identifier i état de la maison telle qu’elle était du temps de Montcalm et les occupants deux ans après, comme aussi les propriétaires nouveaux. — 25S — Pur acte authentique passé devant Mtro Panet, notaire royal, ^ Québec, le 31 août 1761, Sieur Joseph Brassard-üescheneaux, ci-devant secrétaire de Monsieur l'Intendant et Daine Magdelaine Vallée, son épouse, vendent au Sieur Germain Le .Roux, négociant, demeurant à l’Assomption, prés Montréal, de présent en cotte ville, acquéreur tant pour lui que pour Dame Catherine Valléo, son épouse, moyennant le prix de 600 livres do rente constituée au principal de 12.000 lbs, savoir : Un emplacement et maison bâtie en pierre sur les Remparts, la dite maison contenant cent vingt pieds ou environ de front, sur trente ou quarante de profondeur, la moitié de laquelle est actuellement occupée par des officiers anglais avec un terrain clos au sud-ouest (1) do la dite muisou d environ quarante pieds quarrés ; les dits emplacement et maison joignant par devant au chemin des Remparts, par derrière en profondeur partie au cimetière de la fabrique et l,ill’tie à un autre terrain appartenant au dit vendeur, cy-après désigné (au dit acte), au nord-est à la rue St.Fla-vien et au sud-ouest à un mur do clôture qui sépare le dit terrain avec celui de l’IIôtel-Dieu Cet acte devait être et tut de fait ensuite accompagné d instructions spéciales et pouvoirs sous seing-privé par Descheneaux à son épouse concernant Le Roux.Us sont dates du 1er août 1766 devant les témoins Jean Dessaulles A Houdin, (2) et sont mentionnés dans la liste des titres de la propriété taite par lo notaire J.A.Panet, en marge de 1 acte de vente du 1er août 1775, par les Mess.Grant, acquereurs subséquents, à George AJlsopp, passé devant ce O) Cc.t la partie occupé.- par la maison de M.le notaire Parent.(J) C’est, croyons-nous, Jacques Hédouin, marié A Jeanne Brassard.L'ortho, graphe des noms varie très fréquemment à cette époque. — 259 — mémo notaire.Mais nous ne les avons pas pu trouver.Nous concluons de ces instructions et pouvoirs, ainsi que des circonstances, qno la vente è Le Koux n’était pas parfaite, mais simulée, y étant sujette.Doscheneaux possédait de plus 90 arpents de terre à la porte de la ville, dans Saint-Roch, bornés à Cadet, son voisin, et à la rivière Saint-Charles (Cf.Reg.A.Domination f rançaise, à la suite de p.71.) 11 a dû en disposer do même et en connaissait bien la valeur future.Aussitôt que le traité de paix fut promulgué il se vit assuré, qu’en restant en Canada, il n’avait plus rien à crain-die pour sa personne et ses biens au pays.Il se mil dès 1 >rs à asseoir sa fortune sur des biens-fonds et accapara le.-> seigneuries de ses complices, les Péan et de Meloises.l’ian écroué à la Bastille et condamné à (iOO.OOÜ livres de restitution en pouvait faire plus que de ramasser au mieux les débris de sa fortune dans la colonie.C est ainsi que les seigneuries de Neuville ou Pointe aux-Trembles, de Saint-.Michel, lavandière,et Saint-Klienne de Beaumont passèrent aux mains de Doscheneaux et à son décès le 15 septembre 1799, dans celles de son fils aîné, le cure Brassard tie 1 Ancienne-Loretle.Avant la vente finale de sa mai on des remparts en 17ti,s que nous allons bientôt mentionner, il s était installe pour sa vie durant, dès 17Ü7, dans une grande et belle maison qu'il lit construire à grand frais dans la rue des Pauvres (du Palais).C'est aujourd’hui la maison de bains vis-à-vis et dépendante do l llôtel Victoria, surmontée depuis d'un second étage et mansardes.Un peut dire que c’est vers cette époque que remonte la construction des trois maisons actuelles à deux étages do la rue des Remparts, à la place de celle occupée par Montcalm.A-t-elle été faite par Doscheneaux lui-même du Umps •le Le Roux, ou pur Le Roux, ou bien pur l'acquéreur subsequent Alexandre McKenzie, cost ce que le lecteur vu déterminer lui-même pur le.s documents qui suivent.Lo 5 mui 1768, Le Roux pur contrat pusse à Montréal, devunt Mire Pierre Punet, notaire, vendit à Alexundre McKenzie, marchund de cette ville, sujet uux instructions ci-dessus mentionnées, I ensemble de l'immeuble que Des-cheneuux lui uvuit transmis, à lu réserve de lu lisière de terre sur lu rue St-Flavien, qui se termine en pointe de chemise et ci-devant décrite.(Jet ucte ni les instructions ne se trouvent pus duns les minutes du notaire Punet, quoique de minutieuses recherches y aient été laites.Cependant il n y u pus de doute sur 1 existence de ce contrat, car il est mentionnée dans les actes subséquents, translatifs de lu propriété, comme un des titres des auteurs.Il se peut qu’il ait été ]»ussé sous la forme anglaise devant témoins et pi épure par ce nota.re, car I acte subséquent qui en est fait est une vente sous celte forme.En etfet ce même McKenzie vendit aux Mess, tirant, marchands associés do Québec, pour le prix de douze cents louis, sa récente acquisition, comme ou lu voit par les documents suivants sous seing-privé et devant témoins, en langue anglaise comprenant ce que les punies appellent The ][/nte,ihn ///use: I.A deed of option ov promesse Je vente by A.McKenzie dated the 23 rd January 176:t.-• Reed of sale persuant to the above, dated the 24th January 176:1, 3.Peed of furtbur assurance of conveyance dated the 16th February 176.).O est A cette dernière date et dans cet acte qu’il est fait mention, po tr la première fois, de la nouvelle m,tison bâtie en pierre, c’est-à-dire les trois A doux étages qui se voient aujourd'hui. — 2G1 — Est-co «ne construction do M.A.McKenzie on do son autour ?Il importe peu pour notre objet de savoir par ipii elle u été bâtie, pourvu qu’il soit bien constaté qu'en 1701 elle n’était pas encore érigée à deux étages sur celle qui U va it été habitée par Montcalm, et n'a dû l'être que vers 17t»8, ce qui serait d’accord avec le prix de vente de 84.800.A-t-elle été rebâtie à cause des dégâts cans's par le siège ?Car ce n’est certainement pas pour cause de vétusté qu elle a du l'être ; elle c’avait tout au plus qu’une trentaine d’années d’existence alors.Le lieux, au loin, et portant un nom (l’emprunt, ne semble pas intéressé û rebâtir.Mclv.cn-zie, marchand à Montréal, est il celui qui a rebâti dans l'unique saison de 1708 ?Le prix de vente 8 4.800 qu i' en retire indique une augmentation de valeur ; Le Houx u avait payé que 12.000 lbs, égales à 82.000, et McKenzie lui-même avait donné 83000 pour son acquisition de Le Roux.A défaut de ce document introuvable on peut rétablir ce prix, et confirmer l’existence de cette vente par le paiement des lots-et-ventes (un douzième du prix) fait au séminaire de Québec le 20 janvier 1700, par M.Lyinburner à l’acquit de McKenzie, au montant de 1200 livres (de France) égales i 8200, le surplus remis,c’est-à-dire le quart suivant l’usage de ces seigneurs—Nous devons à l’obligeance do M.l'abbé Gagnon, procureur du Séminaire, ce détail opportun.Nous sommes portés â croire, sur ces données, que les reconstructions remontent à Deschcneaux lui-même.Les acquéreurs Grant firent onrégistrer leurs titres ci-dessus dans les Archives du bureau du Secrétaire de la province (Registre 2.p.4'J1, 4'!4.et 4 U)) afin de les faire confirmer par une tonne authentique et permanente, \ u l’état d incertitude dont le peuple des deux origines envisageait chacun le droit privé de cette époque. — 262 — Mais pour mioux préciser la nouvelle construction, citons la description du terrain et de lu maison à la date du 2+ janvier 1769, extraite des Archives du Secrétariat à Ottawa, que nous devons à l’obligeance du sous-secrétaire d’Ktat M.Pope.* l*'at *ot °* ground situated, lying and being on or near the Remparts of the Upper Town of Quebec aforesaid together with a new stone building thero on erected, divided into three several houses, or messuages, “each consisting of several appartments, cellars and garrets, the whole building containing one hundred and twenty feet in front or thereabout, french measure, by thirty to forty lfeet in depth, like measure, together with a piece of land, situated on the south-west ofthe aforesaid stone building lot (alors vacant où se trouve érigée en triangle la maison de M.le Notaire Parant) of about forty feet square, like french measure ; which said building and premises are bounded in front by the road leading along the said Remparts, and behind in depth partly by the burying ground belonging to the Priests of the Fabrique and partly by a lot of land belonging to M.Germain Le R>ux, lately proprietor of the above mentioned premises, on the north east by St.Flavien Street, and on the south west by a wall of an inclosure which separates the said premises from the land of the Nuns of the IIotel-Diou." Pans cos divers titres la maison (c’est-à-dire le corps de logis de trois logements), ainsi que dans les titres sub> -quents, est désignée comme maison de Montcalm, Montcalm Mouse'avec plu» ou moins do vérité, suivant ce que I on entend soit par le site, soit par la première maison.Un examinant attentivement le plan figuratif que l oi.peut refaire et que nous donnons des pièces et croisées de la maison Lanouilher, d’après ies données de l'architecte La- - 263 — l’alrae dont le plan est adiré, on peut se convaincre que les portes et ouvertures en front d'aujourd’hui no correspondent pas avec les ouvertures de l’ancienne maison; et que les murs de façade des trois maisons actuelles on dû être démolis et refaits ; de plus que la maison du côté a été bâtie en mémo temps à deux étages mais un peu plus élevée du quarré.On voit par les mêmes Archives à Ottawa, que le colonel McBean avait occupé une partie de la maison dite de Montcalm à deux étages, commit l’allègue le propriétaire Allsopp dans sa requête on indemnité du 3 septembre 1790.Cette partie consistait en “cinq appartements et la cuisine sur le rez de-chaussée au 1er étage, premier grenier, second grenier, cave, écurie, remises et cour.” C'est là la maison à l’est des héritiers Mcfîio avec ses dépendances, laquelle maison n’existait pas ainsi du temps de Montcalm, mais seulement les écuries et remises, qui sont en état de grande vétusté maintenant.Nous avons visité en septembre dernier, eu compagnie de M.leju parle pas beaucoup.Durant la première période de son administration il fit bien tout son possible pour se conformer aux instructions qu'il avait reçu de son auguste maître, le roi, et particulièrement de vivre en lionne intelligence avec le gouverneur et le clergé, mais ce n’était pas chose facile et il fut sujet à réprimande et censure à ce titre, comme son prédéces-*3ur.Mais, par exemple, on lui avait donné pour gouverneur du pays, un officier, impossible à plaire; un homme qui dans tous les emplois publics où il avait passé, souleva une juste indignation à cause de sa conduite ; en un mot il s’était acquis la haine générale (1).Et après l’avoir essayé, un peu partout, on l’envoya au Canada.Nous reparlerons de cet homme, qui eut nom : Antoine Lefebvre de La-Barre.Lu nomination du M.de Meulies au poste d’intendant de la Nouvelle-h rance, fut datée do St-Cloud, le 1er mai 1682, t't enrégistive à Québec, le 9 octobre suivant.Jacques de Meulies s’intitulait : Chovalier, Seigneur de la Source, et grand bailli d'Orléam.Sa femme, une demoiselle Bégon, était la sœur de Michel Bégon, intendant a Rochefort, père de Michel Bégon, notre intendant.Cette union le faisait cousin de la femme du ministre Colbert Hile de Charon du Ménars et de Mario Bégon.“ En MSI, Colbert envoya dans toutes les provinces des commissaires choisis parmi les conseillers maîtres des requè- brl,L^?Lr.^C°rre POnd"nCe d'C°lbfrt * M“lri" " .a lettre Sa ,6 oc.o- — 2(î9 — tes.11 voulait connaîtie l’état du pays, ses forces, ses ressources, ses besoins, etc.Charles Colbert, le frère (lu ministre eut à visiter pour sa part la généralité do Tours, dont l’Anjou faisait partie, etc.Il visita l’Anjou en LGtî-A.” Parce rapport Colbert, le ministre, devenait plus intime avec les affaires de son cousin.Dans sou Mémoire sur la noblesse du Poitou, cot éminent ministre en herbe, disait : “ En la paroisse de Cerizay, eslection de Thouars, il y a le sieur François de Meules seigneur de la forest de Mont-pensier, qui réside eu sa maison de la Roeho-Cerizay, qui vaut quatre milles livres de rente ; il a servi quelque temps en qualité de volontaire.C'est un homme docte et qui s’applique à écrire.” ( 1 ) Ce François de Meulies fut le père de Jacques, notre intendant.Il y eut en France, une certaine zône, ou plutôt, un coin du pays qui, plus que nul autre, a fourni des fonctionnaires éminents et des officiers de mérite, à la Nouvelle-France, ayant pour foyer: Tours, et, Orléans comme extrême périmètre : les Lusignan, de Lantaguac, Alogny de la Croie, de Meulles, Bégon, Duchesneau, etc., etc.J’ai trouvé que vers 1400, Pierre Flory ou Fleury, chevalier, Seigneur de Bouillé-Saint-Paul, près Tkouurs, avait |K>ur femme : Françoise de Meulles, de Fraigne Chabot.Ce Flory ou Fleury avait trois sœurs, et l'une d'elle Jeanne, épousa Régnault de Meulles.(2) Ceci nous fait voir un i>eu l'antiquité de la maison des De Meulles.L'alliance de Jacques de Meulles, à mademoiselle Bégon, qui le rapprochait de Colbert est la plus importante qu'il (i) •• Revue Historique de U Noblesse," Vol.II, p.It9 (a) D'iiozier, " Armorial de France," VIII, p.666. Wi'aélé donné do relever duns mes recherches généalogiques sur cette noble famille, Elle en vaut beaucoup d'autres.Les de Meulles, blasonnaient : D’argent a trois tourteaux de sable, accompagnés de sept ••roix, ancrées de gueule, trois en chef, un.deux, un.Pour terminer cette courte monographie, mentionnons le mémoire do de Meulles au roi, sur le Canada et l’Acadie, du flti août, 1683, où il dit :—“ Le nom mémo de Canada a fait voir que le pays a été d'abord considéré comme valant peu de chose, puisque l-Acanada, en espagnol veut dire : Rien iei ! Les Espagnols n’avaient vu que l'entrée du fleuve, bordée de hautes montagnes couvertes de neige.Un peut assurément trouver dans la Franco septentrionale des climats aussi variés qu'en Europe avec plus de belles terres.Il n’en tient qu’à Votre Majesté de jeter ici les fondements do la plus grande monarchie qui soit au monde.” Combien vrai ! Le 31 mai 1686, le ministre informait de Meulles que M.Hochait de Champigny était nommé pour le remplacer.Hochard arriva à Québec en juillet 1686 et de Meulles en partit en la première semaine d’octobre pour retourner en France, où depuis, je le perds do vue.Régis Rov AIMES DE DE MEULLES — 271 — CLAUDE DENECHAUD Claude Dénéchaud était le plus jeune des tils de Jacques-Denis Dénéchaud, chirurgien et apothicaire de la ville do Québec.Claude Dénéchaud fit sa marque dans son pays et dans l’histoire par les hautes charges qu'il occupa.Il fut citoyen intègre et distingué.Si quelques écrivains contemporains ont quelquefois tenté de ternir sa mémoire c’est que l’amour de la vérité n’était pus le seul mobile do leurs écrits.S'ils avaient fait taire leurs ressentiments politiques, et cherché à mieux connaître cet homme, ils l’auraient mieux jugé.On lui garde rancune parce qa’il devint 1 appui du parti, des bureaucrates dont il défendit les droits ; on le raille d’être considéré comme le coryphée des chouayons canadiens ; on lui fait un crime de ce qui ne fut chez lui autre chose que de la fidélité et de la loyauté envers l’Angleterre, mais les Canadiens-français d’alors voyaient d'un mauvais œil ceux de leurs compatriotes qui s attiraient la consideration et les faveurs des Anglais.Ou conçoit que 1 on cria plus haut encore lorsqu'il fut choisi par le duc de Kent, père de la reine Victoria, et tout l’élément anglais, pour être le grand maître des loges maçonniques de la puissance du Canada.Sa vie nous dira assez que cette erreur fut la seule faute sérieuse qu'on puisse lui reprocher.L exemple fut mauvais sans doute venant d un catholiquode son >ang , mais nous verrons qu'il revint avant do mourir à la foi de son enfance.Il représenta la ville de Québec à la Chambre d'Assemblée pendant plus do trente années, fit parti du conseil du gouverneur en 1807, et se rallia au parti du gouverneur.“ Claude Dénéchaud occupa une position importante dans la milice du pays : il fut nommé major du premier bataillon organisé de la milice de Québec, le 10 avril 1826, par le gouverneur-général lord Dalhousie, et promu par le même gouverneur au grade de lieutenant-colonel du Génie bataillon de milice du faubourg Saint-Roch, le 9 septembre 1828.Après la cession du Canada à l'Angleterre, il se fit un commerce considérable d’exportation de blé en Angleterre.Claude Dénéchaud y prit part avec un grand succès et sa fortune s'éleva rapidement.On le reconnut bientôt pour l’homme le plus riche du Bas-Canada.Cependant il ne se rit pas une idole de son or ; il le prodigua à tous et pour le bien de tous ; il se fit presque pauvre sur les dernières années de sa vie pour obliger des amis, qui, soit dit en passant, refusèrent plus tard de reconnaître leur parole donnée et no remboursèrent jamais à sa famille des sommes considérables suffisantes à assurer aux siens les avantages de la fortune.A l’époque de sa prospérité il acheta la seigneurie de Berthier-en-bas et y vécut avec sa famille de la vie seigneuriale.Le soigneur Dénéchaud jwussa la pratique de la charité jusqu’à 1 héroïsme.Que de bienfaits prodigués en secret! que de misères secourues et que de pleurs n’a-t-il pas souvent séchés discrètement ?Que de fois il lui arriva de revenir au manoir sans habit ou sans coiffure ! On devinait tout de suite alors qu’il avait rencontré un pauvre sur sa route et 1 avait vêtu.Lui, il s'en revenait au manoir un mouchoir sur la tète, prendre un chapeau et passer un nouvel habit Entre autres laits remarquables, qu’il me soit permis de citer un cas que plusieurs connaissent dans sa famille.11 fit instruire le fils du meunier, enfant qui annonçait alors nu réel talent ; cet enfant devint l’un des juges les plus éclairés de la Cour Suprême du Canada.(1) (i) T> honorable T«4esphore Fournier. '273 — L'inauguration du monument do Wolfe et Montcalm 'duns le jardin du Fort, à Québec, fut faite le 15 novembre >' ' -.5&i& M» f -ftv ^flfR ' à i';'.' .i'sm- MiSWUrt hcKTaIS ' V. — 276 — CUBÉS EN TlTJtE DE QUÉBEC I.Henri de Dernière».François Dupré.•5.Pierre Pocquet.4.Thomas Thibault.5.Etienne Boulhml.i».Louis-Bertrand de Latour.KiO'4 1687 1707 1711 1724 «.Jean Lyon de Saint-Fdréo].8.Dartiyues J».Charles Plante lü.Del bois (1) 11.Jean-Félix Bêcher 12.1».Bernard-Sylvestre Dosque (2; Auguste-Daviti Hubert .14.Joseph-Octave Plessis (3).15.André Doucet .16.Joseph Signay 17.Charles-hrançois Baillargeon 18.Louis-Proulx.19.Joseph Aucluir 20.François Faguy (titulaire actuel) BaIIUÉ A.-H.( rOSSE LIN *'« 5°"< «>ômej„n«i, venus su Canada.’ de“* d""‘e's (i M.Dosque, originaire du diocèse d’ Virt* vint î u „ capitulation de Loutsbounr Iti^fl " Quibec e" 17581 aP is U les trois antres étaient 14\1* G'nr i aupil.rav*nt ''•» d«* d-trc missionnaires- aaa?5*»» la) MM.Plessis, Signay et Bailargeondevjnren évêques üe Qué lec. — 277 - RÉPONSES Ou est mort Louis -loilift.(VI11, VU, 884.)— Le dix-septième siècle achevait de disparaître dans la nuit dupasse; Frontenac était mort à Québec le 28 novembre ltiU8, plein de jours et de gloire, laissant les actes de sa vie à 1a dispute des hommes.Jolliet, lui aussi, disparut de la scène du monde avant la tin du siècle qui avait vu naître, puis s’organiser notre Canada à l'image de la France.Il mourut entre le 4 mai 1700, date d’un acte des registres paroissiaux do Québec où apparaît sa signature, et le 18 octobre de la même année, date d’une lettre do MM.deCallières et de Champigny où il est fait mention de son décès.Voici l’extrait de cette lettre du 18 octobre 1700 auquel nous faisons allusion : “ Le sieur Jolliet, qui enseignait l’hydrographie à Québec, étant mort, et les Pères Jésuites s’offrant d’en tenir une classe, nous supplions Votre Majesté de leur en faciliter les moyens on leur accordant les quatre cent livres par an dont le sieur Jolliet jouissait.Cette instruction serait très utile à la colonie.” “ Nos registres, dit l’abbé Ferland ne présentent aucun acte qui puisse faire connaître la date et le lieu de la s •pui- ture de Louis Jolliet.Il est probable qu’il sera décédé dans son île d’Anticosti, où il se rendait chaque année pour la traite et la pêche du loup marin.” M.Faribault a aussi exprimé la même opinion; mais ni lui, ni l’abbé Ferland, ni Sir Hippolytc Lafontaine, qui a aussi fait des recherches à ce sujet, a ont pu découvrir de documents conduisant a une certitude absolue.M.Margry, dans un écrit qui a été reproduit par la Reçue Canadienne, eu 1872, s’exprime ainsi : “ Feu mon honorable ami M.l’abbé Ferland supposait qu'il (Louis Jolliet) était décédé dans son île d’Auticosti. Un document me permet de dire qu’il fut inhumé dans une des îles Mingan, celle qui est siiin'e devant le Gros 3féca-tina." Quel est ce document ?Pourquoi M.Margry ne l’a-t-il pus fait connaître?31.l’abbé Ferland, nous le savons,estimait que 31.Margry était beaucoup trop réticent à l’endroit des archives dont il avait la garde; la manie cachottière du fonctionnaire parisien dura jusqu’à la fin de sa vie.L’affirmation de M.Margry pourrait suffire, à la rigueur, s il nous avait accoutumé à reconnaître en lui un esprit judicieux, doué de cette faculté de discernement qui.d'après La Bruyère, est plus raro que les diamants et les perles ; mais 31.3Iargry.écrivain dénué du sens historique,si nous pouvons ainsi parler, ne vaut guère que par ce qu'il cite, lorsque ce qu’il cite a de la valeur.Le Gros 31écatina est à plus de cent milles à l'est des îles de 31ingan ; toutefois nous croyons que Jolliet avait établi une station de pêche dans file qui fait lace à cette montagne de la Côte Nord, et nous savons que— abusément, sans doute,— ses héritiers considéraient cette île comme faisant partie des îles et îlets de Mingan.Jolliet eut-il auprès de lui un prêtre pour l’assister à ses derniers moments ?.Dans ses grands voyages hiito- riqties.il avait toujours été accompagné d'un missionnaire! au Mississipi c’était le Père .Marquette, à la Haie d'Hudson c’était le Père Silvy, au Labrador c’était un Père récollet, ot lorsqu’il se décida à aller séjourner dans l’île d’Anticosti pour la première fois, d amena avec lui un religieux franciscain, peut-être le même que celui qui l’accompagna au Labrador.Le document dont parle M, Margry fait-il connaître les circonstances qui ont accompagné l’événement qu’il rapporte ?Quoi qu il en puisse être, il est certain que Louis Jolliet est mort à une date inconnue do la dernière année du dix- septième siècle - entre le 4 mai et le 18 octobre,—et U est do toute vraisemblance que l'illustre découvreur repose dans celle région du golfe Saint-Laurent où tant de fois il conduisait sa nef aventureuse, sur une de ces îles, si belles de leur sauvage beauté, que les brunes enveloppent parfois d'un blanc ïinceuil, et dont les rives répercutent sans cesse le cri monotone des goélands mCdé à la plainte harmonieuse îles vagues de la mer.Er.NKST (rAONON La Compagnie îles Habitants.(V I H, ' 111,888.) __On a cru pendant longtemps que les Habitants qui formaient cette compagnie, c'étaient les vrais habitants du pays, les cultivateurs, en général, qui s’étalent empares du sol”, en exploitaient les ressources et préparaient 1 avenir du Canada.C’est une grave erreur.Ces habitants, c était un petit nombre de négociants établis au Canada, les Uopenti-,r„v les de Tilly, les LoNcuf, les Codefroy, eic., qui no s occupaient que do la traite et du commerce.Us avaient des seigneuries ; mais elles étaient généralement restées eu bois debout.La compagnie des Co.it-Associés leur abandon.,a,en 1045.à certaines conditions, le privilège de la traite des castors.Ce fut un événement dans le pays : il excita naturellement certaines préoccupations.Le 1 tre Cslement nous raconte assez ingénuemeiit celles des Jésuites : •• Le 15 novembre,le bruit, était qn '*i s en allait ici (a boclpublier la défense qui avait été publiée auxTrow- Ri vieres , JL un n eût à traiter avec les Sauvages, le P.Vunont demanda à M.des Châtelets, commis général, si nous serions do pires cou lirions sous eux que sous MAL de la Compagnie.La conclusion fut que non, et que cela irait pour nous a l’ordinaire, mais que nous le niions doucement Le .Vimmt lui ajouta qu’on en donnerait avisant.Butoux, — 280 — «l M.des Châtelets lu trouva bon.” (,Journal des Jésuites V¦ 13).Los Sauvages donnaient des peaux de castors à leurs missionnaires, et ceux-ci se procuraient avec cotte monnaie les objets dont ils avaient besoin.Mais ce n était pas tou jours sans inconvénient qu’on acceptait ces présents.Le même P.Lalcment raconte, sous le titre - présents acceptes nuisent ”, ce qui arriva un jour au P.LeJeune.Une famille lui apporta quelques peaux de castors qu'elle avait reçues, suivant la coutume sauvage, comme compensation pour la perte d’un parent qui avait été tué.Le Père accepta sans défiance.Or, les peaux de castors représentaient |e •Sauvage enlevé à lu famille qu'il faisait vivre.Le Père Lejeune fut accablé par ces gens de toute espèce de demandes, et obligé de les loger et de les nourrir durant tout l'hiver (Ibid).L auiiê A.-IL Gosselin Le «Inline Chabot.(Ill, I, 27L)-U est assez curieux qu on n ait pu identifier encore le capitaine Chabot qui, dans la nuit du 31 décembre 1775 au 1er janvier 177(5 commandait la batterie de Près-de- Ville qui foudroya le general Montgomery, son état-major et le peloton d'avant-:;ardu de son armée, (fuels étaient ses prénoms ?Etait-il du Québec ?Où ust-il mort V Ce sont là dus questions auxquelles on n a pas répondu.Pendant la campagne de 1775-7(1 nous voyons lu nom d'un capitaine Chabot mentionné deux fois, iist-ee celui nui.um-intéresse '! A ht date du 1,s octobre 1775, le notaire liadeaux, de 1 lois-Kivières.écrit dans son Journal : Aujourd hui est arrivé à Québec 2 bateaux chargés de lusds et de munition pour Sorel.Ce même jour est aussi jui>se le sieur Chabot, armé en corsa ire, pour -aller à ¦Sorol.'1 Dans lu Mémoire de Amable Bcrthulot nous lisons: Le gouverneur Carluton dans le dessein de secourir le fort Saint-Jean, qui .tait la barrière qui arrêtait l'ennemi, ordonna au colonel McClean de rassembler au.aut de monde qu'il pourrait et du su rendre à Sorel, où lui-même irait 4e rejoindre avec toutes les forces qu’il pourrait rassembler.Le colonel McClean ayant assemblé Ma U Canadiens se mit en marche et le 14 octobre arriva aux.Trois-Rivières avec ses troupes, qu'il renforça de miliciens de cet endroit, et le lendemain les lit partir pour Sorel sous le commandement de M.Godefroy Tounanuottr.Pour lui il partit avec M.de Lanuudièru, .M.le chevalierTonnnueour et quelques-unsde •scs soldats .migrants et traversa à Nicolet, où il lit tout en son pouvoir pour engager des miliciens à le suivre.De là il se rendit à Sorel avec le reste de son parti.Dans lu même temps le capitaine Chabot, avec sa goélette armée et deux bateaux chargés do fusils et de munitions, se rendait au même uudroit.” Le premier journal français publie aux Etats-Unis.(Ill, XII , M75.)— Par pur patriotisme et pour lutter contre les efforts du protestant.sine qu'une propagande c If renée du livrets ou traett religieux ren lait de plus en plus dangereux pour la foi dus catholiques, l'abbé Gabriel Richard, curé de Détroit, résolut un jour du fonder un journal.L'idée était certainement très louable, mais la difficulté était de la mettre à exécution.C'était un 180‘J.Il n’y avait encore ni presse ni journal dans tout le Territoire du .Michigan.L’abbé se mit en rapport avec un imprimeur de Baltimore, qui lui acheta une prusso à bras ut les caractères d'imprimerie voulus.Le tout fut emballé et transporté par terre, .1 travers montagnes et vallons, dans des chemins difficiles.L'imprimeur s’appelait James \V.Miller.11 se mil aussitôt a l’œuvre et le 21 août de la même année paraissait l Essai, du Michigan ou Impartial Observer, le premier journal français des Ktats Unis.Le nouveau journal publiait (piatre colonnes par page, et seize pages en tout, dont une colonne et demie en français.Le prix d'abonnement était de $5.00 pour la ville, de 81.00 pour les abonnes du Haut-Canada et du Michigan, et de 84.0(1 pour tous les autres.L Essai du Michigan ne vécut pas longtemps ; les uns disent tpi il n en parut que trois numéros, d'autres huit ou dix.Quoi qu'il en soit, l élan était donné, le Territoire du Michigan avait .-on j.urnal.Dans son premier numéro, le îvdacteur s annonçait ainsi : il Le publie est respectueusement informé que l'Essai sera rédigé avec la plus scrupuleuse impartialité ; il n'épousera la cause d aucun parti politique, mais il donnera toute communication, étrangère, domestique ou locale, qu'il jugera utile de porter à la connaissance du lecteur.Les hommes do talent sont invités à contribuer a notre œuvre par des travaux qu'ils croiront acceptables et utiles, se souvenant toujours que rien n'est admis qui porte le caractère de la controverse ! 1 Dans une autre colonne, 1 imprimeur annonce qu'il a I intention de publier plusieurs ouvrages, entre autres un Manuel d agriculture, une neuvaine au Sacré-Cœur, des cartes particulières û I étude de I histoire, de la géographie, et une Encyclopédie d'anecdotes pour les enfants.(L) Kn 1811, il imprima une Journée du chrétien, et en 1812 (l) I.e premier né de l’imprimerie du Michigan porte le mill mime de 1809 (1er uoût) et est inlitu é : “ Thechilds spelling book, or Michigan instruction." Une autre de la ind ne année, en français, «t un livre de nridres ; c’est ¦’ L'â ne pêne tente, ou nouvelle considération sur es d.ité éternelles", etc, in 16,3 o p ige». les Epîtres et Evangiles pour les dimanches et jours de fetes de l’année, on anglais et on français, ot aussi Les ornements de la mémoire, extraits des poètes français pour servir a l’éducation de la jeunesse.La même presse servit aussi a imprimer le Catéchisme ot plusieurs autres opuscules religieux.Quand les Anglais s’cmpai'ènent de Détroit en 1812,ils (iront imprintjr la procla nati m du général lirock a l’établissement de l’abbé Richard.Lesbureauxde l Essai du Michigan furent longtemps ouverts a Sprmgwells, dans a maison de Jacques Laselle.Une partie de cette maison était consacrée à un atelier de reliure, une autre servait de chapelle, une troisième d écolo.et une quatrième était a l’usage do l imptimeur.(1) _ .L'Essai du Michigan lut le seul journal publié à Detroit jusqu'à la fondation, en 1817, de la Gazette du Detroit, gazette anglaise ."‘Se sous le patronage du gouverneur Cass.Le premier journal purement français parut le .H octobre 1825, à Détroit, sous le titre de La Gazette tran-çaise.Vinrent ensuite par ordre chronologi pue, en 18 t.! l'Ami de la jeunesse, en 1850 Le Citoyen, en I860 L Impartial, en 1871 IL Etoile Canadienne, on 1870 Le tourner, en 1877.le Journal de Détroit.Tous ont eu une existence N.E.Dionnk M.(le (Jalonne.(V, IV, 010)—M Jacques-Ladislas-Joseph de Calonne arriva à l'île Saint Jean ou du 1 rince H.I muni en août 17'.»'.».H avait àcette date vingt-trois ans de prêtrise et environ ein piante-six ans d ago.S m s joui (O Les caractères d'imprimerie qui servirent au premier 1°-"^ £££ Unirent, en passant d'une main A l'autre.par i «venir a P ' ' Ll.fivre ,t Lacroix qui en ,S4|.fondèrent " l'Ami de 1.£/s caractères successeur de Mer Hi
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