Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 mai 1904, mai
BULLETIN J) K S RK( 'll K R('H KS 111 ST< > HI QU ES VOL.10 MAI 1904 No 5 L’A RUÉ PIERRE 11T ET DE LA VAL IN 1ÈRE 1732-1704 Parmi les documents que noie-, avons fait copier, il V il quelques années, aux Archives île la Manne, a l’a ri s, je reuiarqiie une intéressante requete signée LuLL.' .le la Valinibre.11 s’y prodigue "es doges, vante ,l avoir délivré un prêtre, prisonnier des ILstonnais.attaque Mgr Bnand, raconte «es aventu-.t • ’e des faveurs au gouvernement ti.m- ,.,i‘ Pi,,ué par une curiosité que je crois légitime, désireux surtout ,1c venge; au besoin la nien.o.re ,1e révoque de Québec, j’ai lait des recherches sut L e ,1, ,,,[ ah hé, et voici à peu près tout ce que .) ai pu nouver.de .ite 1 ai d’ahord le document en questn.n, O,lis je tacherai de suivre M.de la Vahmere dans le» îlithi lit, s étapes de sa cambre originale et mouvementée, ¦ A Son Excellence M.de Castries, secrétaire d'Etat au département de la Marine, o Voue Excellence excusera,s'il lui plaît, un ancien missionnaire du Canada, qui, de retour en F rance depuis lient mois, a été oblige de garder un sileiue ,.n-il „e cesse de se reprocher comme pouvant et.c préjudiciable à l'Etat.Voici le tait.5642 — 130 — V mgt-six années «le séjour en Canada, surtout «Un.-, le temps le plus critique, tant sons le rè««-ne ,le 1 rance que d Angleterre, ont dû donner quelques connaissance* a un homme chargé successivement d’une mission sauvage et de 10 ou°ll paroisses aux deux xtremites du dit pays L’envie de se rendre utile à l'icu etau Roi lui ht apprendre la Jaunie anglaise l’ v, dif‘"'Tnr,,""t'hl mUrqUis ar une de ses lettres adressée à Mgr Briand — le 0 mai 1777 — qu’il n’était pas sans appréhension et qu’il ne paraissait pas avoir la conscience tranquille.“ J’ai appris aujourd’hui, dit-il, une chose qui ne fait pas d’honneur à ma paroisse, et comme le démon mon ennemi a tiré de tout temps avantage de tout contre moi, j’ai sujet de craindre encore aujourd’hui la même chose.Je croyais cette paroisse une des plus zélées pour le service du Roi,comme Votre Grandeur elle même et ces messieurs du Séminaire m’avaient fait l’honneur de me le dire.Pin conséquence, je me suis contenté de les louer dans mes conversations et d’encourager ou féliciter ceux dont les enfants ont été blessés ou sont encore prisonniers chez les Bostonnais pour le service du Roi, ou même ont été tués, car plusieurs sont de ce nombre.Mais je croyais superflu de faire ce que je vais faire à présent, c’est-à-dire de prêcher souvent l’obéissance due au Roi.Toutefois, je viens d’apprendre que presque tous ceux qu’on a commandés ont désobéi.Quel avantage mon ennemi ne tirera-t-il pas de ma prétendue négligence ! “ Je me trouve ici dans un état de misère que l’on ne peut guère se représenter, à moins que l’on y passe.une église naissante, un presbytère tombé en ruine depuis bien des années, une terre abandonnée, — 140 — dénuée de clôture et de tout, sans vache qu’on a pas honte de me faire jusqu’à cent cinquante francs.ne trouvant ni beurre à acheter ni chose quelconque pour la vie, mais seulement quelque peu par charité ; car je puis dire à la louange de ces pauvres gens, qu’ils m’ont donné et non pas vendu ce dont j’ai vécu jusqu’à présent.” L’évêque lui répondit qu'il ne fallait pas s’affliger outre mesure.“ Les jeunes gens commandés n’ont pas obéi ; quoiqu’il se soit trouvé plusieurs royalistes en Saint-Roch, il ne laissait pas cependant que d’y avoir une certaine quantité de Boatonnais, ce sont sans doute ceux-là qui ont été commandés.Il n’e»t pas surprenant qu’ils n’aient pas obéi.” “ Ne me parlez pas, mon cher patriote, de misère ; vous ne me persuaderez pas.Je crois bien tout ce que vous me marquez de la situation de votre paroisse, des travaux à faire, et de la cherté des choses, mais vous croire réduit à l’indigence et à la mendicité, c’est ce que je ne puis me persuader.Vous me dispenserez de vous eu détailler les raisons.” (1) Mais l’abbé de la Valinièrc ne se contenta pas de ces difficultés il s’en créa bientôt une autre au sujet d’une annexion d’une partie de sa paroisse à celle de Saint-Jean Port-Joly, annexion déjà décrétée par l’évêque en 1775, et voici ce qu’il en écrit à celui-ci : “ Pour ce qui concerne Saint-Jean, ou la demi- ( 1 ) Mgr Briand se permettait de ne pas croire à la pauvreté dont se plaignait M.de la \ alinièrc, parce qu’il connaissait ses ressources p •euniaires.Quelques années après, M.(rravé écrivait: “ M.de la Valinière est venu à Québec .je soupçonne qu’il est venu demander aux héritiers < ,'uguot 12,000 francs dont le dét'uut était censé sou débiteur." 141 lieue «les héritiers D’Autcuil, je n’ai pas vu M.Por-lier (1) depuis qu’un mot extrait de celle de Votre Grandeur nous a été notifié par un envoyé de M.Hin-»aii (i).J’ose espérer qu’il sera aussi docile que moi et très soumis à votre défense, d’autant plus que nous serons déchargés de quelques petites importunités de la part de ces pauvres gens.Toutefois je me crois obligé de dire à Votre Grandeur que la subtilité normande l'a toujours emporté sur la franchise bretonne (3).Pour ec qui regarde ces pauvres gens.quelqu’iu-justice qu’on leur fasse, je les crois dans les meilleures dispositions du monde pour obéir aux ordres de Votre Grandeur.” M.de la Valinière se trompait.Quelques uns do ces habitants se plaignirent amèrement, l’évêque fut obligé de sévir contre eux et les difficultés duraient encore en 1780.Mais le curé de Saiut-Roch lui-merae, qui se disait si soumis, ne laissa pas de lutter contre l’autorité épiscopale, et, le 17 novembre 1777, il écrit au prélat : “ Quoique ma liberté ait déjà trop sou vent irrite Votre Grandeur, j’ai cru, en vous envoyant le mémoire de ce que j’ai déjà fait à Saiut-Roch, etre obligé de vous prévenir d’une procédure que je vais intenter au Séminaire de Montréal et à Votre Grandeur en même temps.Je demande réparation de mon bon near,de mes biens et de ma santé qu’on m’a ravie ; je veux en outre ma part des biens du Séminaire ou lo (1) Curé de Sainte-Anne la l’ocatiire.(2) Curé de Saint-Jean Port-Joly.(3) Mgr Briand était breton ! Contrairement à ce que pensait M.de la Valinière, ce breton gagnait toujours,mêm* contre les Normands, il avait le cœur bon et la tête solide - 142 — salai re de 25 ans, proportionné à la qualité d’un prêtre et d’un gentilhomme.” Mgr Briand lui répondit par une lettre admirable de douceur et de bon sens, qui parut toucher un instant le curé de Saint-Koch,car il devint de meilleure humeur ; seulement il veut continuer la lutte et se compare “ aux saints qui persécutes pour la justice auraient regardé comme un crime, s’ils eussent abandonné les droits de-leur église.Mais oh ! pauvre saint Koch, tu as tout quitte pendant la vie et il faut encore qu’on te dépouille après ta mort.” Le 16 juin 1778, l’abbé de la Valinière écrit à l’évg-que : qu’il n’a “ ni la jeunesse, ni la vertu, ni la science, quoiqu’il ait 1 innocence de Joseph dans les prisons de l’Egypte ” ettermine sa lettre en demandant, a cure de son voisin, M.Porlier, curé de Sainte-Anne la 1 oeatiere.Il aimerait mieux cependant retourner ‘‘daim le district de Montréal où le climat est plus oux .Mgr Briand exauça en partie ses prières et le nomma curé de Sainte-Anne.( ette fois, l’abbé n avait qu’un pas à faire pour changer de paroisse Il ne s’éjourna qu’un an à Sainte-Anne, de septembre 1(78 à ^octobre 1779.Son dernier acte est du 9 octobre 1779 ; on reconnaît la signature De lu Vivier' et voilà tout ce que l’on peut déchif-trer.(1) Le chagrin l’avait suivi là comme ailleurs.Dans la reddition de comptesqu’il fit avant de partir, après avoir énuméré divers articles dont il faisait present a la fabrique, il ajoute : “ desquels articles il ne demande aucun paiement et il en eut fait ou ferait (1) Aotes Historiques sur la paroisse et Sainte-Anne de la Pov*titre.les cures de Men.d’autres, si on n’eût pas commencé et ai on ne continuait a le payer d ingratitude.” Dans son iiutolriograjrliie» M.delà \ alinière affirme -/>l tea lion de lu chimie à la médecine.Le 8 juillet 180), il recevait sa licence de médecin et chirurgien, et s’établissait définitivement à Québec comme médecin pratiquant.Le 23 novembre 1809, son comté natal (Hertford) l’clisait pour le représenter à la Chambre d’Assemblée.11 siégea jusqu’au 29 février 1810.Réélu le 0 avril 1818, il représenta Hertford jusqu’à sa mort.M.Blanchet fut, en 18Gt> l’un des fondateurs du G'avadirn, avec MM.Pierre Bédard, Joseph Levasseur-Borgia, Louis Bourdages Joseph Planté et Jean-Thomas Taschereau.le 14 juin 1808, le gourverneur Craig le démettait de son grade de chirurgien de la milice de Québec, “ parce qu’il était l’un des propriétaires d’une publication libelleuse et séditieuse, répandue par de grands efforts, dans la province, et qui est expressément destinée à vilipender le gouvernement de Sa Majesté, et de créer un esprit de mécontentement parmi ses sujets, aussi bien que la désunion et l'animosité entre les deux partis qui composent la population.” Le lit mars 1810, le docteur Blanchet ('tait arrêté en même temps que Bédard et J T.Taschereau II était accusé de pratiques traîtresses* Il ne tuf libéré qu’en juin. FRANTOIS BLANCIIET 147 Pendant hi guerre fie 1812, le gniiverneur Prévost luit le docteur Blanehet à la tête de l'état-major rnéilical de la province.Il fut toujours l’ami sincère de l'éducation du peuple.Ce fut lui 'pii en 1814, proposa la première loi à ce sujet.Kn 18.0, il ressuscita le Canadien.Eu 1824, il publia une brochure " ' (pii fit sensation : Appel, an Pur!émeut ImperiaI et an.r habitants des at tonies anglaises île I Aniériigie du Atoril sue les prétentions exorbitantes du Gouvernement Exécutif et du Conseil Législatif du Bas-Canada, parmi membre de 1 Assemblée Législative.Le docteur Blanehet décéda à Québec le 24 juin 1880, et fut inhumé dans l’église de Saint - Pierre de la Rivière-du-Sud.Un de ceux (pii avaient siégé avec lui dans la Chambre (l'Assemblée et (pii par conséquent avait pu le connaître intimement écrivait dans la Minerve du -8 juin 1830 : “Le décès de M Blanehet prive la Chambre d’Assemblée d un membre zélé et laborieux ; le district de Québec en particulier y perd un homme utile dont 1 activité et les conseils en fait d'affaires publiques, no lui manquèrent jamais.11 était au nombre des plus anciens membres de la Chambre représentative, et pendant sa longue carrière il s’occupa de beaucoup de mesures dont la tendance était, en général, favorable à l'amélioration de la condition du peuple, sous les rapports de l'éducation, des communications intérieures, et de l’établissement des Canadiens sur les terres de la couronne.“ Parmi les mesures dont il avait continué de sc 7406 — 148 — charger, étaient lois de lit dernière session le bill des écoles, celui des allocations pour ouvertures de chemins, et aussi celui pour la nomination d’agents pro vinciaux en Angleterre.“ M Blanchet fut emprisonné en 1*10, sous le gouverneur Craig, conjointement avec deux autres membres, sous l’accusation vague de pratiques traîtresses : mesure arbitraire, destinée à \ ’ la terreu .et a paralyser l’énergie naissante «lu corps populaire.On ne se hasarda pas à lui taire subir un procès.Nous avons entendu l’honorable défunt, lors de la session dernière, dans un discours où il rappelait cette-epoipie, se féliciter d«* l'immense changement qui avait eu lieu dans le pays : “ Alors, disait-il, ce pays était sans force morale, sans union ; on était, frappé de terreur ; on avait enfin honte «l’être Canadiens Il lit ensuite O comparaison «le l’état tlorissant île la province, de l'accroissement de ses ressources, de son éducation, et de son indépendance Malgré le respect et le décorum dûs aux séances plusieurs spectateurs ne purent s’empêcher de frapper des mains lorsqu’il rappela qu'à la même époque, il y avait vingt- ans, il était en prison.“ h honorable membre en avouant qu’alors le pays était dans l’enfance, que son éducation politique avait •‘té orageuse et pénible, acceptait bien sans doute sa part de ce qu’il y avait pu avoir de faible «le la part «lu pays dans ces temps d’épreuve ; et nous ne croyons pas il ailleurs qu il eut pour habitude , bien au eou-••aire.Elles confirmaient la tara .ms* a.liane* dont les journaux étaient remplis depuis vingt moi-.Le» «mp isiteurs anglais lançaient sur ies théâtres - the r .white and blue " qui désigne esta!entent les cou- leurs de l’Angleterre, j>uis«juo en analysant le drapeau de cette puissance on trouve les mêmes touches.La musique, la poésie, le commerce, la guerre s’en aeeomodaient fort agréablement.Et les réjouissances publiques de se produire, et les chants d’éclater et les Jeux d artifices bleus, blancs et rouges de sillonner l’espace ! Voiei Balaklava et la charge des six cents cavaliers homériques.Ont-ils été assez mis à l’ordre du jour, ces héros du 25 octobre 1854 ! Encore des drapeaux, moitié français, moitié anglais sur nos maisons.L’hiver avait bean arrver tête baissée sur nous, la chaleur des esprits ne diminuait pas.Avant Noël on apprit le triomphe d’Inkeiman, un coup foudroyant dans lequel les deux armées alliées avaient tout balayé comme une poussière.Nous passâmes la saison rigoureuse couchés sur le lit de la gloire.Ce n’était pas tout à fait de même en Crimée, mais à la guerre comme à la guerre, dit le proverbe.Le soleil de 1855 devait activer davantage notre enthousiasme.Lorsque, au mois de juillet, la “ Capricieuse”, frégate française, commandant Belvèse, mouilla dans la rude de Québec*, avec mission de saluer les autorités britanniques, portant à sa corne d’artimon les trois couleurs (pic l’artillerie de la forteresse honorait de salves bruyantes, une effervescence se manifesta jusqu’à Mcntréal et à By town.La frégate arrivait comme un dessert après le dîner.Crémazie voulut chanter ce drapeau qui annonçait “ le retour de nos gens.” Me Belvèse se prêta à une sorte d’apothéose dans laquelle il personnifiait la France légendaire, glorieuse parente éloignée qui se souvenait de nous.On alla jusqu’au lyrisme, aux — 156 — accolades, aux sanglots.Québec, Trois-Rivières, Montréal, Ottawa, s’en donnèrent pour leur argent.Le télégraphe électrique était à peine en usage que déjà nous avions des piles de Volta dans les nerfs et dans les muscles ! Noua ne voyions dans cette visite que le rapprochement de l’Angleterre et de la France.Nos gens emballés par tout ce qui venait d’avoir lieu, ne demandaient qu'à s’envelopper davantage des fleurs d« la rhétorique.Uette situation comparée avec l’att tude calme des Etats-Unis, que l’on prenait pour de la peur, nous inspirait des t'a
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