Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 août 1904, août
BULLETIN PRS R ECU E RC H ILS 11T ST O RT QU E S VOL.10 AOUT 1004 No 8 PRÊT II ES SAVOYARDS ENVOYÉS AU CANADA, EN 1781 Duns eon Journal d’un voyo'jc en Europe, Mgr Plessis piii'li' avec grands «’loges des prêtres Savoyards cju il eut l’occasion de rencontrer.11 ajoute : “ On frémissait autrefois en Canada du projet qu avait un gouverneur feu Sir Frédéric Ilaldimand) d’y introduire des prêtres Savoyards.Mais certes, s ils étaient alors aussi Dieu formés qu’aujourd’hui, l’acquisition n’eut pas été mauvaise.” ., .Voici que dans les copies que 1 on ni envoie d Ottawa.(1) se trouvent les trois lettres suivantes qui donnent sur ce sujet les détails les plus intéressants.Lettre de l’évêque de Genève au Cardinal Préfet, de la Propagande.“ Monseigneur, • I J’ai reçu,par la voie de M.1 Arehcvequc de T ni in, lettre dont Votn Eminence m’a honore, avec celle qui ist adressée à M .1 Evcqin de Quebec, au sujet des prêt res de mon diocèse qui sont destines pour le ( anada.J’ai d’abord écrit à ce piélat pour lui donner la liste de lis prêtres dont il trouvera d’ailleurs lesimms désignés dans la Patente à'En at que je leur ai fait (1 l.e dneuiiu lits originaux île eel te collect ion .-ont a la lu I âgai de, a liome, et c’est Mgr Taschereau qui les lit e.,pi, r en 1884.à la denuimle «la gouvernement. expédier en due forme ; et pour satisfaire â ce que \ .E.a demandé, je joins encore ici la liste de iuh.missionnaires avec une |>etite indication de leurs qualités.-Comme ils doivent partir île Genève dès ce mois, je compte qu'ils pourront arriver à Londres les premiers jours du mois prochain.” Annecy, le 7 août 1781.t .1.P.Evêque de Genève.” “ Liste des Prêtres envoyés au Canada |>ar l’Evêque de Genève, en suite de la demande qu’eu a été faite par la Cour de Londres.1° Noble Joseph-François DuCli« qui est dans sa treizième année de prêtrise et qui a continuellement exercé 1 es fonctions du saint ministère dans des punisses où il s’est également distingué par sa capacité, ses talents, et 1 honnêteté de ses manières.C’est celui qui a été désigné pour chef et supérieur de la bande des missionnaires.2U Joseph Masson, qui a quatorze ans de prêtrise, pendant lesquels il a toujours tait les fonctions de vicaire dans une des principales paroisses du diocèse, avec un succès qui a répondu à son mérite et à ses talents particulier; il a aussi été quelquefois dans des missions ou il a donné des preuves non équivoques de son zèle.'} dean-Pierre Besson, prêtre depuis sept ans, qui a egalement viearié dans quelques unes des principales paroisses du diocèse,ou il a toujours rempli ses devoirs d une manière à s’attirer l’estime et les éloges du publie.° 4° Joseph-Vincent Bosson, qui n’est prêtre que depuis deux ans, pendant lesquels il a aussi fait les fonctions de vicaire dans une paroisse, mais qui joint à.I esprit de son état une capacité bien suffisante et la. — 227 maturité qu’il a acquise en servant, pendant onze an?, dans le Régiment de Savoie, où il a toujours édifié par la régularité de sa conduite et qui par là même a paru plus propre à l’oeuvre sainte à laquelle il s’est dévoué par une suite du zèle dont il est animé.” Le 22 décembre 1782, M.de Villnrs, vicaire général, à Paris, de Mgr Briand, écrit an cardinal : “ Votre Eminence eut la bonté «le m’apprendre par sa lettre du 23 mars 1782 qu’il était parti pour Québec quatre bons prêtres, sujets du Roi de Sardaigne, autorisés de la Sacrée Congrégation, à la réquisition du gouvernement britannique.Je crois, Monseigneur, devoir avoir l’honneur de vous informer aujourd’hui que j’apprends par une lettre de M.Gravé, procureur du Séminaire de Québec, du 21 octobre dernier, que les ijuntre prêtres Savoyards demandés par M.le gouttr-nmr général du Canada ont été pris, eu g allant, et ramenés en France.Si cela est bien vrai, c’est une nouvelle très fâcheuse.Autre lettre du même au même, le 10 février 1783 : “ Je crois devoir informer Votre Eminence que deux des prêtres du diocèse d’Annecy, envoyés par la Sacrée Congrégation à Québec, sont arrivés, depuis un temps assez considérable, à Bordeaux.“ Mgr Encras, prêtre du diocèse de Grenoble, m a assuré les y avoir vus et leur avoir parlé lui-meme.‘•Ils lui ont dit qu’étant partis d Angleterre,ils turent pris par un corsaire français, dans la Manche, et menés en France, où on leur permit d’allofou ils voudraient ; qu’ils se rendirent à Londres, et se rembarquèrent pour le Canada, et qu’en y allant, ils furent pris pour la seconde fois, mais par un corsaire américain qui les débarqua à Bordeaux.“ Le même Mgr Focras m’a ajouté que ces deux 228 ___ ecclésiastiques Savoyards lui avaient dit que les Anglais leur donnaient cent louis d'or de pension, et qu’on leur avait promis à cluteim d’eux dos cires en Canada, du revenu de deux cents louis d’or chacune, et que, après avoir demeure dix ans ou environ, ils comptaient retourner en Savoie.Ce meme hruit s’est répandu à Québec,comme Mgr l’évoque me l'a écrit,en m’ajoutant que si ces deux prêtres sont partis d’Angleterre avec ces prétentions, ils seraient fort trom|K*s dans leurs espérances jii’y ayant guère ou point du tout des cures dont le revenu soit de deux cents louis, miii* beaucoup ( ù il en faut deux pour pouvoir faire vivre un seul curé.” Il ist toi tain, que ces prêtres Savovards ne se reu* dirent jamais au Canada et que 1 ou n eisava pu d’en introduire d’autre.-.Mou II.Tôtu CRA X DS-VO Y K lis DT DISTRICT DE- TROIS-RIVIÈRES (1) Antrolnis, John.i [ j„jn qyyg.Antrolms, Edmuml-William-Roraer.i8 janvier 1820 Bostwick, Augustus-David.17 avril 1822 I anet, 1 ierre-Louis .2ü novembre 1820 Heney, Hughes.7 décembre 1832.F.-J.Audkt LE NATERAGE DE “ CHAMEAU” Le R.R.Rodolphe de La German lière, de la Province de France, fut un des trois jésuites .pii périrent dans le naufrage du Chameau.(I) X.Vf.100(1.A, E.J. UN PROCÈS CRIMINEL AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE (Suite et tin) L’an mil six cent quatre vingt seize le quatorzième jour de juin., Nous avons fait tirer des prisons les dits keim et Anne Edmond lesquels étant eu presence 1 un del untie nous leur avons fait prêter serinent de dire vérité Interpellé de leur connaissance, le lit lieue Edmond a dit bien connaître la dite Anne pour être su soeur, l’habit (l'homme dans lequel elle est ne 1 empêchant pas de la connaître, quoiqu’il dut bien la désavouer apres ce «iu’elle a fait.Comme aussi la dite Anne E Inland a .lit bien connaître le dit René pourêtre son frère.Après quoi nous avons fait faire lecture à la dite Aune Edmond des articles de son interrogatoire par elle subi devant nous ce jourd’hui, qui concernent le dit lieue Edmond et notamment l'entrevue qu’elle a dit au dit interrogatoire avoir été entre eux derrière 1 église de Saint-François dans les tiv loche, en presence de Joseph Gauliu et Jean Luviolette et soimneo la dite Anne Edmond de déclarer si le dit article est veritable, la dite Aune Edmond a dit que le dit article est \ei liable et le dit René Edmond a lit que sa dite sœur peut dire ce qu’elle voudra mais qu’elle m le peut pas dire eu conscience et qu’il était ce jour-la a lu hulule i nmille disant eu ces termes : *¦ 11 u’v a pas manque de mon- de oui tu’y ont vu.” Sur quoi nous avons somme la dite Anne Edmond de dire vérité lui donnant a entendre que si elle l’a dit dans sou interrogatoire elle le doit soutenir mais que si elle im 1 avait pas du elle dm maintenant se désavouer ell ‘,U René i! " (lit priant à a d is fi?' ' < ••0US " .avons qu’une âme à sauver tu 5; t T’ f.u T'8 bie» f|U0 je n’ai point été A four de fa Pentecôte ” A ^ de niaiau l i dim \ APre8 i nous avons fait lire h .dt e Anne I article par lequel il lui est demandé T’iv. 244 — FORMULETTE Grace aux indications d’un distingué magistrat, ju«e 4c la cour d’appel, et à l’heureuse mémoire d'un lettré , en conmi, membre du barreau de Québec, je puis donner aujourd’hui la “ formulette écrite ” à laquelle .1 ai tait allusion dans les Recherches Historiques du mois de juillet 1899, et que j’ai signalée comme étant men connue des anciens élèves de nos collèges canadiens.\ oiei cette formulette, qui a orné la première pa«v.nanche de plus d’un dictionnaire latin-français ; = Hic liber, Four de l’argent, Ernptus est, Chez un marchand.•SV quis ilium, Far aventure, lnveniet Sur son chemin, Reili/at mihi La couverture, Qui.V facta est l>e peau de chien.K.G.On demandait en 1859 pour le passage de France à ju-bet, lie francs, indépendamment des provisions.#*# defï marine^] ^ plum'le C0lltrôle”r efla "'aune, les écrivains principaux, ordinaires et autres ; le trésorier ; le garde des magasins ’ (MIA liLKS-M It’ll K I.I'M li U M BKHRV 1>K SA LA BKRJIY i < >;?. RÉPONSES Jean-Paul Godefroy- (X, VII, 1010.)—Messire Jean-Paul, comme on le voit souvent désigné, était fils de Robert Godefroy, conseiller du Roi et trésorier-général de l'extraordinaire des guerres, et de Marie Marteau, de Saint-Nicolas des Champs, de Paris.Robert Godefroy fut un des membres de la Compagnie des Cent Associés.Le désir de voir des pays nouveaux avait poussé le jeune Jean-Paul Godefroy à s’engager comme matelot dans un des vaisseaux de Champlain.Il était déjà dans la Nouvelle-France en 1623.(1) En 1629, lorsque Champlain fut obligé de rendre le •fort de Québec à Louis Kertk, Godefroy retourna en France avec son chef.Il revint avec lui en 1633.En 1636, Godefroy est commis de la traite à Trois-Rivières.(2) Dans l’automne de 1644, Pierre LeGardeur de Re-pentigny et Jean-Paul Godefroy furent délégués en France par les habitants du Canada pour obtenir du roi quelques changements au monopole de la traite des fourrures possédé par la Compagnie de la Nouvelle-France.Il» étaient aussi chargés d’obtenir le retour des Récollets au Canada pour y exercer le ministère paroissial pendant que les Jésuites se dévoueraient à l’évangélisation des Sauvages.Cette dernière demande ne tut pas accordée.Mais ils gagnèrent leur premier point.La Compagnie de la Nouvelle- (1) Voyajcs du sieur de Champlain.Réimpression de 1 abbé Laverdière, tome G, p.5S.(2) Relation de 1G3G—The Jesuit Iteintions and allied documents, vol.IX, pp.33, 57. — 247 — France céda le commerce des fourrures aux habitants de la Nouvelle-France.Ceux-ci, en retour, devaient payer les frais d’administration delà colonie, les garnisons, soutenir les communautés religieuses et payer à la Compagnie de la Nouvelle-France chaque année liJOO livres de peaux de castor comme rente seigneuriale.En 1645, Godefroy commande un vaisseau.(1) Même chose en 11.147.(2) ( Le 5 mars 1648, le roi promulguait un nouveau règlement qui modifiait considérablement le “ règlement pour établir un bon ordre et police en Canada, donne le 27 mars 1647.a Le gouverneur général, à 1 avenir, devait être nommé pour trois ans.L1 pouvait cependant avoir un second terme de trois annéts.Le Conseil jusqu alois composé de trois membres devait comprendre le gouverneur de la colonie, le supérieur ries Jésuites de Québec (en attendant qu’il y eût un évêque), le dernier gouverneur sorti de charge, deux habitants du pays élus de trois ans en trois ans par les gens tenant le Conseil et parles syndics des communautés de Quebec, de Montréal et rie Trois-Rivières.S'il n’y avait point d’ancien gouverneur dans le pays, l’on choisissait le cinquième conseiller parmi les habitants du pays.Les gouverneurs particuliers de Montreal et de Trois-Rivières avaient entrée, séance et voix deliberative, lorsqu’ils se trouvaient a Québec.Les premiers membres du nouveau Conseil de Quebec furent M.d’Ailleboust, gouverneur general, le IL P.Jérôme Lallemant, supérieur des Jésuites, et (1) Journal des Jésuites, Hi45.allied documents, vol.XX \ IL P- (2) Journal des Jésuites.Hiô7.The Jesuit Relations and 87.Idem, vol XXX.p.190, — 248 — les sieurs François ,1e Ohavigny ,1e Berchereau, Jean-I nul Godefroy et Robert Gifla rd.M.de Montmagny, remplacé au eouvernement de Jï ,,ouyeHe-France par M.d’Ailleboust, partit de tyiebcc le 28 septembre 1648 sur le vaisseau amiral.-l.Jean-J aul Godefroy se trouvait sur le même 'aisseau.Mais M.de Montmagny commanda lui-meme.Au voyage de retour, M.Godefrov fut amiral de ™,te’ e!‘ remplacement de M.Pierre LeGardeur do Repentigny.(J) En looO, Jean-Paul Godefrov forme une société Gmîiii' T î* rCt^rusable, cadet : Louis Paul (Sorel) ; Jean-Baptiste Berger (Va-rennos) : Augustin Bonvouloir (Longueuil) ; Joachim Purent (1) (Soulanges) ; Nicholas Milles (LaChine) ; Dueliarme (LaChine) ; Joseph Brown (Montréal) : Albert Ouimet (Mille Iles) ; Joseph Duchâtelet (L’Assomption) ; Joseph Larabel (Longue Pointe).Furent faits prisonniers et envoyés a la Martinique : G ira rdin (Ile Jésus) ; Lavigne (\ arennes) ; Morisseau Bepeiitiguy) ; Trouin (Repentigny) ; Collet (Charles-bourg) ; Homier (Montréal).Fait prisonnier et envoyé en prison à la Virginie : Latbrce.C’est à l’occasion de 1 assassinat de Jumonville que (i : M.K-li.O’Callaghan, dans son important ouvrage Documenta nUxiirt to the colonial history ot the state or Xerc-York, vol.X,p.352, publie une de claration de .Iean-Baptistc Berger et de Joachim Parent dans laquelle ils racontent tous les mauvais traitements qudn leur lit subir pendant leur captivité, lis lurent mis en liberté le 27 septembre 1755. — 252 — l’académicien Thomas écrivit son poème Jumonville.Outre nos grands Historiens, on peut, consulter avec profit sur le guet-apens du 2S mai 1754, les Anciens Canadiens où M.de Gaspé défend avec chaleur et talent la mémoire de M.de Jumonville, qui était son grand-oncle.M.(le Tracy était-il marquis?(X, V, 1013) —M.de Tracy était-il marquis?Tous nos historiens,suivant en cela Charlevoix,lui ont donné ce titre.Cependant, à deux exceptions près, il n’est désigné ainsi dans aucun écrit contemporain.Dans sa commission de lieutenant général, il est appelé “ le sieur de Prouville Tracy ou le sieur Prouville de Tracy.” (Edits et ordonnances, vol.III, p.27).Voici comment il s’intitule lui-même dans le préambule d’une ordonnance rendue par lui à la Martinique: “ Nous, Alexandre de Prouville, Chevalier, Seigneur •les deux Tracy, Conseiller du roi en ses conseils,'Lieutenant général des armées de Sa Majesté et dans le* Isles de la Terre ferme de l’Amérique méridionale et Septentrionale, tant par mer que par terre j ayant reconnu que par concession, Privilège et Coutumes il sc pratiquait ou se devait pratiquer en l’île de la Martinique les choses suivantes,.en vertu du pouvoir à nous donné par Sa Majesté, avons fait les réglement s qui suivent.” (Moreau de Saint-Méry, Lois et Coutumes des colonies françaises, vol.I, p.138).Dans les plumitifs du Conseil Souverain, M.de T racy est appelé “ Meseire Alexandre de Prouville, chevalier, seigneur de Tracy, conseiller du roi en ses conseils, lieutenant général pour Sa Majesté en Amérique Méridionale et septentrionale tant par mer que par terre.“ (,Jugements et Délibérations du Conseil Souverain, vol.I, p.364). — 253 — Lu Mère île l’Incarnation, Tulon, Colbert, Louis XIV, en parlant de lui, disent M.de Tracy ” ou “ le sieur de Tracy.” Cependant Mgr de Laval, dans son Fnformatio île statu ecclesiae Novae Francine, du 21 octobre 1664, l’appelle “ Dominus Marchio de Trac>/ ” Et la Relation de 1665 dit : “ le roi fit choix de Monsieur le Marquis de Tracy.” Charlevoix et l’auteur de Y Histoire
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