Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 juillet 1916, juillet
1 «'LIÆTIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XXII BEAUCEVILLE—JUILLET 1416 No VII La Famille Glackemeyer Le premier Glackemeyer qui vint au Canada, Frederick Glackemeyer originaire de la ville de Hanovre, en Allemagne - fils de William Glackemeyer et de Louise Querne, — était un musicien, il était chef de musique ou, comme on dit de nos jours, maître de bande d’un des régiments e long do la rivière Ris- MM.de Vaudrsuil et Raudot déclarent dans leur acte qu'ils ont nommé la concession qu'ils accordent à Charles Morin “Clorldan’’, à la demande même de Morin.,Le.2° ma,! 17"8' dans lacte (le confirmation du Roi, il est de nouveau de “C1 oridtm’ & C°nCeSSi0” accorilée à Morin sera connue sous le nom Nous sommes donc fixés sur l’orthographe du nom Cloridorme actuel cLhiln1 PaS C1°rld0rme’ n‘ CI°rld0n qU'0n devralt écrire '"«is bien Maintenant quel personnage Morin voulait-il honorer en faisant don-n.r a sa concession le nom de Clorldan ?Il est dit dans l'acte de concession que cette étendue de terre a été donnée à Charles Morin “en considération des services que le dit Charles .Morin a rendus en ce pays dans les guerres précédentes”.Nous ne voyons nulle part mention des services rendus par Charles Morin pendant les guerres du Canada, il ne faisait pas partie de l’armée.Il a pu cependant rendre des services comme interprète, fournisseur etc.Le prénom Clorldan était assez en vogue à cette époque en France Morm n aurait-il pas, en nommant ainsi sa seigneurie, voulu honorer quelque personnage qui lui aurait rendu de bons offices auprès du gouvernement français ?P.-G.R.LES LEMOINE DES PINS Deux familles LeMoine ou Le.Moyne ont joué des rêles Importants au Canada, les LeMoyne de Longueull et les LeMoine des Pins.D'où vient le surnom de “des Pins” de la famille LeMoine ?Le premier LeMoine venu ici, Jean LeMoine, était originaire de Notre-Dame de Pitre sur Ardelle, évêché de Rouen, en Normandie 11 s’établit au Cap de la Madeleine.Le 3 Janvier 1669, le gouverneur de Courcelles donnait le billet de concession suivant à Jean LeMoine : "J’ai accordé au sieur LeMoine, habitant du Cap de la Madeleine, la terre qui est entre la concession des Pères — Jésuites — et la rivière Fain e-Anne, le long du fleuve Saint-Laurent, et en cas qu’il n’y eut que % de lieue dans le dit espace de terre et % lieue dans la rivière Saints-Anne, en montant, avec ‘Tile des Pins”, qui se trouve vis-à-vis de la dite concession.” Voilà, croyons-nous, l’origine du surnom de "des Pins" adopté par les LeMoine. —214— Un mémoire de LeRoy de la Potherie sur la Nouvelle-France adresse à M.de Pontchartram, 1701-1/02 LE CANADA Un controlleur de la marine doit être entièrement attaché à son ministre, il faut qu’il ayt un esprit tout-à-fait désintéressé pour lui rendre compte de tout ce qui concerne le Service du Koy.Je croy qu’ayant été dans un pays aussi éloigné du commerce de la Cour qu’est le Canada, je dois être encore plus judicieux et plus circonspect pour lui développer avec équité et sans passion ce qui le regarde.DU GOUVERNEMENT GENERAL Une colonie est à plaindre quand son gouvernement général est dur et insensible à ce qui regarde le particulier.On rappelle tous les jours la mémoire de M.le Cte de Frontenac qui faisait du bien à tout le monde.Pour dire les choses comme elles sont il n’y a pas quatre personnes dans tout le Canada dont M.de Callières se soit attiré l’estime.Il ne se rend nullement agréable à la bourgeoisie ny aux officiers.11 n’esi entêté que de Langloiserie, Major de Québec, et de la Chassaigne, capitaine.qui sont ses bras droits et qui l’applaudissent avec une complaisance affectée dans tout ce qu'il fait.La plupart des capitaines ne vont chez lui que parce qu’ils sont obligés d’v paraître et ne savent souvent s’ils sont bien ou mal dans son esprit.Très peu mangent chez lui.Lors même que toutes les troupes sont assemblées les étés à Montréal il n’y a que le capitaine qui monte la garde chez lui qu’il oblige d’y manger.Quoique le Roy lui paye une compagnie de dix-huit gardas il n’en a que six, un capitaine, sous-lieutenant et cornete.Tout aurait été perdit si dans l’état de la dépense que j’arrêtais tous les ans je n’eusse voulu lui passer que les effectifs.M.de Frontenac qui avait d’autres dépenses à soutenir que lui, avait presque toute sa compagnie.Encore M.de Callières fait-il mettre ces six gardes sur les rolles des soldats oit ils en tirent une paye tous les mois.Le Canada est heureux que les Iroquois se tiennent présentement tranquilles car les habitants et les soldats n’auraient pas la consolation d’avoir à leur tête leur général parce qu’il est au lit toute l’année accablé de goûte et d'un autre incommodité qui l’empêcha de s’assoir.DE L’INTENDANCE Je ne vous parlerai point de l'Intendance.Rien ne conviendrait mieux au servies du Roy qu'une personne qui a été élevée dans la marine, il ne tremblerait point quand il faudrait avoir une discussion d'affaire avec un gouverneur général qui tâche de le dominer et de l'humilier en toutes choses.11 faut qu’il décide net des affaires et qu'il soit terme, en un mot que celui qui ira soit un i omme de tête qui ne soit pas obligé de s’en rapporter au tiers et au quart.DU CONTROLLE DE LA MARINE Un contrôleur qui n’a jamais servi dans un port de France est capable do faire tous les jours quantité de bévues en ce pays, car pour peu qu'un Intendant ayme le bien il peut lui faire accroire tout ce qu’il voudra et le lui faire faire absolument.M.Noël, mon prédécesseur, n'est jamais venu à bout de prendre aucune connaissance des affaires des magasins.Pour moi qui ne faisait aucun commerce en Canada, j'avais moins besoin d'un Intendant que lui ; mais quand j’ai voulu entrer dans le moindre détail on me regardait comme un homme Incommode et qui était à charge.Il m’a été impossible de pouvoir jamais faire un recensement des effets du Roy.Fi vous me permettez.Monseigneur, de dire mon sentiment sur Me de Monseignat, il laissera courir l'eau avec tranquillité parce que ses veues de commerce sont grandes, ce qui ne convient guère à un controlleur.DU COMMISSARIAT M.de la Touche cy-devant commissaire à Montréal est un homme irréprochable.Sa conduite a été très judicieuse.Il a eu souvent des discussions avec M.de Callières ; mais quand on a de la droitesse on est ouelquefois exposé au caprice de ses supérieurs.Je trouve que le commissaire devrait avoir aussi des clefs des magasins de Montréal, qu’il devrait faire une fois l’année conjointement avec le controlleur un recensement de tous les effets qui y sont et ne pas s’en rapporter h un garde-magasin.Ils devraient ensemble prévoir ce qui serait nécessaire que l’on fit venir de France : car un garde-magasin qui sçait le fort et le faible de toutes les marchandises que j’ay mis en recette je peux connaître celle qu’il me faudrait aehepter de surcroît selon les occasions extraordinaires qui surviennent, car Je ne donne point d’idées h un Intendant de ces sortes de choses, j’ay la précaution en même temps de les faire venir de France et lorsqu’il faut de nécessité les aehepter pour le service du Roy.c’est donc moy qui les fourni sous des noms de marchande et les dépenses augmentent pour lors de beaucoup.Il ne faudrait donc pas que le garde-magasin fasse jamais aucun achât pour le Roy, il faudrait que le Commissaire s’en mesla uniquement après qu’on lui en aura donné l’ordre ; mais il arrive que c’est le garde-magasin qui le reçoit et qu’il agit d’après lui seul. —216 - DU SEJOUR DES VAISSEAUX DU ROI QUI SONT EN LA RADE DE QUEBEC Le voyage du Canada est accompagné de beaucoup de dangers, n ais les capitaines qui y vont ne laissent pas d'v faire assez bien leurs affaires Ceci serait d'une très très grande discussion.Ln Capitaine de Port serait fort nécessaire.Il y a un nommé M.de ] Espinay qui du vivant de M.de Frontenac était pourvu d'un - orovision de capiteinss et de maîtres de por- pour le bien des vaisseaux marchands.Pour peu d’apointement comme de cent écus que Sa Majesté voulut lui accorder, je ne connais guèrea d'homme qui avent plus de probité et plus de scavoir que luy pour ces sortes de détails, il est b?au-pere de M.de Vincelot qui a eu l’honneur de vous apporter en 1699 la nouvelle de In mort de M.de Frontenac.On fait un très grand pillage dans las “vaux” (sic ?vaisseaux) du Hoy en la rade de Québec : cordages, maneuvres, coulage d.« vin fai* exprès, vente des effets du Roy.Tout cela h son mérite et l’oeuvre trouve b en le debit.Tin capitaine de port faisait profit au Roy tous les ans de plus de mille écus.ARTILLERIE I,’artillerie est le soutien du Canada, celle qui y est pourrait estre très bonne si elle n’estait pas dans un désordre et dans un état pitoyable.M.Gaillard a beau prendre tous les soins possibles et a beau crier ce sont toutes paroles perdues.Evrard, le maître cnnonfer.est un petit maître qui est brigadier de M.de Callières et frère d’Hautevilie son secrétaire, fl ne sçalt ny A.ny B.dans son métier 11 n’y a pas moyen de lui faire faire la moindre chose pour ce qui regarde sa fonction ; car si un commissaire veut toucher cette corde, il s’attire l’inimitié d’Hau'e-ville qui a le secret de mettre mal tout le monde dans l’esprit de son maître.On n’est pas même bien aise de se faire donner des soufflts dans la salle des Gardes ; ceci est encore une affaire qui n’est point de mon ministère.La compagnie des oanoniers est un assemblage de cuisiniers, jardiniers, chartiers du général et de l’Intendant.Ce sont donc des pensionnaires.(1 ne faut pas parler de faire faire le service à ces messieurs ; ainsi ils sont de la compagnie des canoniers “ad honores”, qui se contentent d’en tirer la paye.Qui sont les autres canoniers, c’est le rebut, la crasse de toutes les troupes.L’occasion était si belle et si avantageuse d’en faire une bonne compagnie à l’arrivée de ces nouveaux soldats de l’année passé mais on a pris tout ce qu’il y avait de plus mauvais pour la composer.Le salut du Pays dépend en partie de cette compagnie.N’é*ait-ce pas une chose étrange nue, lorsoue le Général Phips vinct atta-ouer Quebec avec toutes les fo-ces de la Nouvelle Angleterre il n’v avait ras une finie pour tirer sur les vaisseaux anglais que l’on avait coulé fi fond.11 n’y eut qua M.de Mines qui est lieutenant de vaisseau en - 217 — France uni sçavait pointer !e canon et qui eut l'a-dre3se de couper le pavillon de l’Admiral.l?n habile maître-canonier serait d'un grand secours, il tiendrait uii3 dcoie pour ses gens cy et à mesure qu'ils seraient instruits ou en reprendraient des autres compagnies.Ne serait-il pas encore avantageux d’avoir des gens qui gaussent tirer des bombes.Comment Evrard s'y prendrait-il puisqu’à peine sçalt il la porté d’un mousquet.Je regarde les canons et les mortiers du Canada comme des corps sans âmes.Cet article cy est.Monseigneur, de la d'entière conséquence.DES TROUPES ITn commissaire est bien gesné dans ses revues, j’en fis une à Montréal l'année passée à Québec et à Montréal tant bien que mal, mais on tire d’un mauvais payeur ce que l’on peut.Beaucoup de soldats passent l'hyver a des trente à quarante lieues de leurs compagnies, ou d’autres sont valets toute une année dans des couvents, chez qui ils n'apprennent assurément pas la discipline militaire; le Gouverneur Général donnant des certificats pour les passer présents.Je ne vous parle .point du caractère des officiers.On vous en a déjà parlé plusieurs fois, je croy, Monseigneur, que vous pourriez prendre le contre pied de tout ce qui vous en a été dit parce qu'il y a de mauvais esprits que n'ont agi, la plupart des tems que par passion et pour intérêt.Soubercasse, major des troupes seroit assez bon officier s'il étoit homme de tête.Kaire entrer une compagnie à Montréal et la vouloir faire loger sans en donner avis au commandant qui étoit à Galifet, c’est une bagatelle pour luy.La pluspart de tous vos officiers subalternes sont de bons sujets accoutumés à cette guerre des Iroquois qui est cruelle et pénible.Iis sont presque tous Canadiens leurs pères étant ou ayant été dans le services de ce pays.Je n’oserai vous représenter qu'ils ne peuvent plus espérer aucun avancement de votre pure générosité quand ils voyent des François venir remplacer les postes vacants.Il y a de si belle jeunesse de qualité qui porte le mousquet dans les compagnies, elle mériterait bien que vous prissiez soin de sa fortune.Vous êtes le protecteur et le père du Canada ; les Canadiens sont donc vos enfants.M.de St-Ours qui est capitaine depuis trente sept ans et à la tête des troupes depuis quatorze ans est bien malheureux de ne pouvoir obtenir l’avancement de ses en fans.Je vous avois supplié d'accorder un brevêt de Garde Marine pour un qui auroit bien voulu servir en France, mais je ne croy pas qu'il soit jamais assez heureux pour cela.Vous avez perdu un très bon officier qui est M.de la Durantaye.11 est homme de qualité et d’un mérite distingué.Il a été contraint de vous démander à sortir des troupes par tous les chagrins que lui a causé M.de Callières depuis qu’il a dit son sentiment sur le salut de la pique et de battre aux champs qu'il exigea de M.de Vaudreuil et de tous les —218— officiers a une reveue que l'on fit dans le temps qu’il n'étoit que commandant à la mort de M.de Frontenac.M.de la Durantayes a mieux aimé une pension que d’être obligé de devenir sa victime.Il a trois grands enfans qui ne respireraient que d être fait officiers dans les t:o,.-pes du pays.DU GOUVERNEMENT DES TROIS-RIVIERES Ou vous a donné, Monseigneur, mille bénédictions, quand vous avez donné à M.Provot le gouvernement des Trois Rivières.C’est un honi e généreux, il est aimé de toute la ville, il ne cherche que les moments de faire plaisir à un chacun, il ne se mesle point dans le commerce des pelleteries des Bourgeois nui auroient volontiers chanté le Te Deuru en action de grâces quand vous leur avez esté M.de Ramesay.Les peuples des Colonies demandent à être mené par la douceur, il les chagrinerait cependant dans leur traite de pelletieries avec les sauvages enlevant aux marchands avec un?autorité fatigante tout ce qu'il pouvait trouver de meilleur.Les sauvages qui veulent avoir la liberté de commercer à leur fantaisie ne s’accommodoient guères de toutes ses manières.GOUVERNEMENT DE MONTREAL M.de Vaudreuil est un très galant homme, il es; aimé généralement de tout le Canada.11 sçait aussi se faire honneur des bienfaits du Roy.S’il s’agissoit d’un coup d’état contre la nation des Iroouols.c’est un homme capable de porter le fer et le feu dans cette cruelle nation avec tout ce qu’il y a d’élite de troupes, d’habitans et de sauvages au moindre mouvement qu’il leur feroit faire parce qu’il a le coeur du peuple et qu’il serolt en état de payer de sa personne.DU COUVENT DES HOSPITALIERES DE QUEBEC Vous avez fait du bien ft ces religieuses, elles ne peuvent s’en revan-cher, Monseigneur.ou’en faisant, tous les tours, dans une salle des malades une prière publique pour votre conservation et celle da Monseigneur le Chancelier.DE L’ETAT DU PAYS Nous avons eu une cruelle famine par tout le Canada en 1700 et 1701.J’ai connu des habitants qui en sont morts.Ceux des campagnes ont vaicû longtemps de racines de terre ; les plus aisés se sont trouvés fort heureux de ne vivre que de viande seule.Cett?calamité pub.inné n’est venue que parce que l’on a souffert qu’un Bourgaois de Québec enleva tous les bleds de l’Isle d’Orléans et des environs, son beau-frère qui demeurait dans ces quartiers se faisoit paver en bled de la vente de Fes marchandises.L’annép paraissant devoir être mauvaise ils achen-lèrent de toutes parts les bleds en donnant plus que ce que d’autres en offraient : ainsi ils épuisèrent le Gouvernement de Québec.Il n’y avoît — 219 — plus que ce bourgeois qui devint la resource d’un chacun ; qui tenoit bon et se faisott môme prier.11 envoya en 17P0 une barque à Montréal pour en trouver encore plus d'argsnt.Les vents contraires l’arrêtèrent en chemin et il perdit plus de quatre cents minots de bleds qui s'échauffèrent.Un pays est pour lors à plaindre quand il est la victime d’un gouverneur général et d’un Intendant qui voudroient se ronger chacun le coeur.On apporta quelque remède dans la suite en distribuant les bleds du Roy ; mais il valoit mieux arrêter au prime abord ce torrent qui a duré deux uns.Les habitants qui la pluspart ont de grandes familles se sont trouvés extrêmement accablés de ce contretemps ayant vendu tout ce qu’l o.t pu pour achepter du bled.C’est une chose pitoyable que le père, la mère, filles et garçons couchant tous ensemble sous une même couverture.Le P.Laurent, Récollet, qui a été gardien de Versailles a été témoin plus que qui ce soit de toutes ces misères.Je ne sçay si cette proposition vous seroit agréable, Monseigneur, qui saroit d’envoyer cette année en Canada, pour douze à quinze mille francs de marchandises propres pour ce pays que l’on vendrolt tant soit peu plus chère que ce qu’elles auroient coûté en France, si le Roy ne vouloir pas leur faire la grâce de les donner au même prix.Il convien-droit que .Mgr i’Evêque de Québec en son absence le Supérieur du Séminaire conjointement avec le Procureur général eussent la conduite de cette distribution.DU DETROIT DES DEUX LACS Je touche icy une corde bien délicate, mais un homme qui a été ton-trolleur en Canada ne doit point garder des mesures avec qui que ce soit puisqu’il doit être entièrement attaché à son ministère.On disait à Québec l’année passée que quoique vous eussiez donné des ordre à M.de la Mothe pour faire l’établissement du dehors vous en aviez cependant laissé le résultât à M.de Cal'.ières et de Champigny, selon l’occurrence des affaires de ce pays.L’on tient, Monseigneur, que M.de Callières fit naître à M.de la Mothe pour cette entreprise afin qu’il lui demanda M.de Conti ; mais le plus probable est que Monsieur de la Mothe le prévint sur cet article.Tous les apprêts du voyage se firent à Montréal, vous en avez vu les états de dépenses sans d’autres qui ont été faites à ce sujet que j’ay signés et quel ’on n’a pas voulu faire connaître de peur que la dépense ne parut trop grande, ce que je n'ai sçu qu’à la suite du temps après plusie-us réflexions.Il y eût à Montréal du trouble parmi les marchands qui étolent au désespoir de cet établissement.Mantet, officier, frère de Courtemanche, capitaine des Gardes de M de Callières, M.LeBert, le plus riche négociant du pays et la Dlle Paquot crièrent contre ce départ.On fit des requêtes.C’étoit à qui leur donneroit bon tour.L’Atalante arriva dans ce temps à Québec qui donna avis que le Neptune devait arriver dans — 220 — peu.Comme l’on n’avait r;çu aucune nouvelle particulière par ce premier vaisseau touchant le résultat de la nouvelle terme du Castor MJ1.de Ca.iières et Champigny appréhendèrent que ce dernier vaisseau n’apporta quelques lettre de votre part ils firent partir M.de la Mo.he en di.igence.doutes ces personnes qui avoient donc eu à coeur ce eépait voulurent la faire surceoir.En un mot quant il fallut présenter ct-ue belle requête à M.de Callières qui avoit donné la permission u.qu.ucuuque voudrait ia .ui donner chacun seigna du nez.Je ne sçay par que.nazard il m’en est tombé une copie, mais la voicy : A Monseigneur le Gouverneur Général.Supplient humblement les intéressés dans les fermes royaies de la Nouvelle France soussignés après votre pernnss.ou verbale, Monse.gneui, lesquels vous remontrent que Messieurs les anciens intéressés dans les mêmes termes voyant its surcharges de Castors qui piovenoient de ce pays desquels iis ne pouvoient avoir le débit auraient représentés à Sa Majesté qu'ils se sentoiant obligés d’abandonner le parti s’il ne lui plaisait empêcher les grands et fréquents équipements qui se fesoient pour le commerce des castors chez les nations éloignées par le nombre de François qui obtenoient des permissions pour cet effet.A quov Sa Majesté aurait eu égard y ayant pourvu par un édit qui faisoit inhibition et défense à leu Monseigneur de Frontenac de délivrer plus de vingt cinq congés au pays ordonnant que les dits congés seraient visés de Monseigneur l’Intendant et enrégistrés sur le dit régistre et du controlleur qui serait établi par la compagnie afin que la Cour eut avis du nombre d’hommes et de la quantité de marchandises qui seraient transportées pour les pays éloignés, lequel édit n'ayant été exécuté les dits sieurs intéressés auraient de nouveau présenté leurs plaintes à la Cour, ce qui aurait fuit supprimer les congés par un autre édit de l’année 1697 avec défense à mon dit Seigneur de Frontenac d’en accorder aucun sous prétexte qui se put présenter, en conséquence duquel arrest nos dits Seigneurs de Frontenac, Gouverneur et Champigny, intendant étant informés des desseins de l’Anglois et de l’Iroquois qui se vouloient unir aux nations alliées à la Colonie pour ravir le Commerce par une paix que ces derniers recherchoient avec tant d’affectation auraient représenté en cour qu’il était de la derni.re importance d’établir et entretenir des garnisons françaises à Michilimaklnak, à la Rivière St-Joseph et Katacakouï afin d arrêter et anéantir les propositions qui se pourraient faire entre nos a.liés et les ennemis au préjudice de la Colonie, ce qui aurait été octroyé de Sa Majesté avec défense néantmoins aux commandans des dits postes de commercer directement ny indirectement sous les peines d’être dégradés et aux soldats de la galère avec exclusion aux habitants dans la profondeur des terres sous les mêmes peines ce qui fait voir que Sa Majesté n’a voulu ny entendre que le commerce des castors fut fait dans ls pays éloignés prévoyant que la trop grande quantité de castors ne — 221 — pourroient avoir son débit, et qu'il seroit à un si bas prix que les dits sieurs intéressés ne pouvoient subvenir au party et payer ce qu’ils l’au-rcient achepté ne prétendant pour donner le cours au commerce du castor en France qu excluse entièrement les magasins qui se pourroient établir dans les pays Outaouaks lesquels dits sieurs intéressés avec tout leur précaution se seroient trouvés surchargés et sentis obligés de demander à ia cour quels castor fut mis à un plus bas prix ce qui auroit entièrement esté la subsistance au Canada qui pour se maintenir a été contraint d'accepter le parti sur les conventions du traité qui a été signé des suppliants : et comme le sieur de la Motte-Cadillac sur les nécessités supposées, sauf respect, Monseigneur, a exposé en Cour que l'établissement du Détroit taisoit la barrière pour éteindre entièrement le reste de vengeance que pourroient se proposer les Iroquois et nos alliés qui ne peuvent si tôt perdrele souvenir de leurs morts et que cet établissement empêche soit 1 -s pourparlers de l’Anglois avec nos dits alliés.Le dit Sieur de la Mothe n’ayant eu autre dessein que d’y faire un commerce notable au préjudice de la compagnie et de toute la colonie les suppliants prévoyants qu’ils ne peuvent se maintenir dans le parti qu’ils ont embrassés sur l'assurance de la Cour que tout ce qui se fairait dans le pays seroit réuni et dsmeUreroit en propre à la Compagnie et h la colonie à laquelle Sa Majesté a accordé le commerce pendant le tems qu’elle régneroit et ce il quoi aucun édit n’a dérogé depuis.C’est ce qui a obligé les suppliants d’avoir recours il votre justice sur laquelle ils s'appuyent puisque vous avez été choisi de Sa Majesté pour protéger ses sujets et rendre justice dans ce pays qui seront contraints de se démettfe du parti et de retirer leurs seings et leurs mises s’il n'y est par vous pourvil.Ce considéré, Monseigneur, sur les humbles remontrances que vous font dits tntér->-sés ci se reposent entièrement sur votre protection il vous plaise pour le soutien de leurs intérêts que vous avés toujours pris à coeur, sureroir les dits équipements du Sieur de la Mothe attendu qu'ils sont contraires aux édits de Sa Majesté puisqu’il va pour commercer, et à la bonne fov des suppliants qui ont engagé tout leur bien dans le parti pour le maintien du Canada jusques a ce qu’il vous avt plû Monseigneur, représenter à la Cour le tort que l’établissement du Détroit fait à tout le pays après qu’il vous aura plu ordonner une assemblée générale pour entendre les remontrances d’un chacun.La requête demeura au croc.La Dlle Paquot fournit à ça pour dix mille francs de marchandises, le Sieur le Bert ne souffla plus, on ne sçut d'ou vient, mais celui qui profitât le plus fut un marchand qui vendit lui seul pour plus de trente six milliers d'effets.MM.de la Mothe et Conti partirent après en bref.Comme l'on sçait que le premier n'est pas tout à fait en odeur de sainteté et que l’on sçait qu’il a gagné beaucoup de biens lorsqu’il étoit commandant h Michilimakinak par une traite d’eau de vie qre les missionnaires lui ont reproché, on a jugé (pie ce voyage lît ne lui vaudrait pas moins. — 222 - Je n'ozerois pas tout à fait vous dire mer.sentiment sur ce que l'on pense de cet établissement il faudrait que vous me donnassiez un ordre positif pas fasché contre moy.Je scay que tout le monde cria contre M.de la Mothe quoique vous ayiez depuis accordé .a traite de ce fort à la nouvelle compagnie.Il est bien doux à tous les sauvages de Michllimakinak, du lac Supérieur.des lacs Huron et Islinols d'y aller commercer dorénavant car ils épargnent des trois à quatre cent lieues qu ils seraient obligés de taire pour descendre à Montréal au lieu qu’ils n’en feront que cent.Ils y porteront à profusion la pelleterie.Il y a peu de sauvages qui ne doivent aux Marchands François qui sont obligés de leur faire des avances et il n’y a pas de ces débiteurs qui n’aillent au Détroit éviter de les venier payer.Quand tous les sauvages viennent en traite à Montréal il y a plus de quatre cent families qui en profitent.La foire se tient le long des palissades bordées de cabanes de sauvages et de l'autre côté sont quant.té de petits marchands qui n’attendent que ce moment favorable pour étaler leurs marchandises.Il n’y a point de marchands dans la ville qui u’ayent pour lors des interprètes dont les uns ont le quart, la moitié des profits, ou une bonne somme pour leurs peines, car ces marchands auraient pour cent mille écus de marchandises qu’lis ne pourraient vendre une livre de tabac sans le secours de leurs interprètes.C’est dans ce temps que tous ces gens là compte à profiter de quelques douceurs pour faire subsister leurs familles le reste de l’année.M.de Callières manda l’année dernière à Téganissovens le grand chef des Iroquois qu’il avoit quelque chose à lui communiquer.Il lui parla du projet qu’il avait eu de faire un établissement au détroit pour l’avantage de la nation qui au milieu de la chasse trouverait un azile à y commercer.Ce chef qui est plus ami des Anglois dissimula ce qu’il en pensoit.mais 11 ne fut pas plutôt hors de Montréal qu’il dit que sa nation avoit entpéché les Anglois de s’y établir.M.Du Unit, capitaine en Canada commandoit pendant les dernières guerres un fort au bout de ce détroit vers le lac Huron.Il tenoit en bride les Anglois qui auraient voulu commercer avec les Outaouaks.Le castor va devenir fort rare.Nos alliés ont dit l’année passée dans les Conseils Généraux, tenus à Montréal, qu’ils avoient mangé la terre, voulant dire qu’il y avoit présentement très peu de castors.Ils demandèrent s'ils pourraient dans la suite traiter les chats sauvages et les loups.On leur répondit qu’ils pouvoient s’attacher dorénavant à la même pelleterie.C’est ce commerce qui roula beaucoup plus avec les petits marchands qui ne la font que pendant la traite.Les sauvages qui auront peu de castors en tairont le plus qu'ils pourront et aimeront mieux les porter au détroit.NOUVELLE COMPAGNIE DE LA NOUVELLE FRANCE Quoique cette Compagnie va obliger tout commerçant à y entrer selon leurs facultés, il y a une très grande quantité d'iiabitans qui ne pourront en être.Ils ne profltoient même que de la descente d:s sauvages à Montréal.A vous dire, Monseigneur, les choses comme elles sont.Les premiers fermiers n’ont pas bien connu leur propre intérêt en demandant au pays le rabais des Castors : mais aussi ce3 derniers ont les reins bien faibles pour pouvoir soutenir un si pesant fardeau.Ils vont s’endebter et je mets en fait qu'ils succomberont tost ou tard.Il y de leurs directeurs qui disent toujouis que c est une bonne entreprise, ils ont raison leurs peines ne sont pas perdues.Vous avez du recevoir les procédures qui ont été faites au sujet de M.Jucbereau, Lieutenant Général à Montréal à qui vous avez donné la permission de faire une tannerie de Boeufs au pays des Illinois.Ou tient qu’il vous avait demandé la grâce de commercer seulement do la nionue pelleterie.Ce n’étoit qu’un petit profit da cinquante mille francs cu’i’ arrolt fait tous les ans.Four ce qui est de ces bceufs Islinois, il n'est pas difficile que les sauvages apportent quelques petits veaux à Montréal d'ont en aura de la race dans la suite.On peut faire à cet égard ce que 1 on a fait quand on a établi le Canad-a, car avec dtux taureaux et deux génisses que .on y apoprta de France le pays en est devenu extrêmement abondant.Quand on dépenserolt huit cents francs pour en avoir deux couples 11 n en faut pas d'avantage.M.de Jucltereau qui est oncle de la femme de M.d’Hyberville a un avantage considérable il peut faire descendre ses peaux de boeufs, par le Mississipy ; mais on a vu une lettre de celul-cy par laquelle il mandait que Iss François, coureurs de bois, qui sont restés chez les Outaouaks n’avolent qu’à leur envoyer leurs pelleteries.DE LA PAIX DES IROQUOIS Je ne sais pas comment le frère de M.de Callières ou ses amis ont pu faire mettre dans la Gazette de Hollande que celul-cy avoit fait la paix avec les Iroquois et qu’aucun gouvernement du Canada n’avoit pu en venir à bout.Il faut que ces Messieurs soient fort affamés de vouloir ravir un honneur qui est dû seul à M.de Frontenac.On vous a abusé quand on vous a mandé, Monseigneur, que nos alliés et nous avions fait véritablement la paix avec les Iroquois.Je vous dirai donc que M.de Callières envoya chez les Outaouaks à la fin de 1700 le Père Anjalran, Jésuite, accompagné de M.deCourte-manclie, son capitaine das Gardes pour engager las peuples d amener généralement tous les prisonniers Iroquois qu'ils avoient faits pendant la guerre les assurant qu'lis trouveroient l’année suivante ceux de leurs nations qu’ils tenoient aussi.Il est vray que les Chefs des aidés crurent quel 'on pouvoit se fier à leur parole quand ils virent arriver de sa part un Jésuite qu’ils connaissaient particulièrement, même accompagné d un Officier., „ Mais Oünanguicé, chef des Poutcoua timids voyant que les Murons et autres peuples étaient dans le dessein d'amener à Montréal les Iroquois leur fit comprendre qu'ils s'avançoient trop de faire une pareille démarche.Ils passèrent outre cependant car chaque nation força même liongré malgré les esclaves de partir avec eux.M.de Callières envoya chez les Iroquois M.de Maricour, capitaine avec le père Bruyas, Jésuite et M.Jonoaire.Maricour étoit chef de cette négociation qui avoit les ordres positifs et le secret de M.de Callières.11 remmena à la vérité nos prisonniers françois, mais sans aucuns de nos alliés. - 224 — Quand plus de huit cents de nos alliés que le Père Anjalran an avait bien ménagé furent arrivés à Montréal et qu iis apprirent que les Iroquois n avaient pas emmené aucun des leurs on ne p;ut é;re plus surpris qu’i s le furent.,V.®ici le discours que tint sur ce sujet le Rat, chef des Murons de Alicnhiiriakinak, dans un des Conseils oil js ma tio-uvai.Mon père je viens vous dire icy que je sçay obéir à votre voix.Sou-venes vous que vous nous dites l’automne dernier que vous vouliez absolument que nous vous emmenassions tous les Iroqrois esclaves qui sont parmi nous et parmi les autres nations de vos alliés.Nous vous avons obéi et obéissons puisque nous les ramenons.Vovons en même temps si les Iroquois \ous obéissent et combien ils ramènent de nos naprjux qui ont été pris depuis 1e commencement de la guerre.S’ils les ont amenés c'est une marque de leur sincérité et s'ils ne l’ont pas fait ce sont des fourbes.Je sçay, cependant qu’ils n’en ont amené aucun.Je l’avois bien dit 1 année passée qu’il valoit mieux qu’ils nous amenassent les premiers nos prisonniers.Tu vois présentement ce qui en est et comme ns nous ont trompé.M.de Callières se trouva fort embarrassé à leur répondre juste.II les remercia d’avoir emmené les Iroquois et leur dit qu’il ne les rendroit.pas a leurs chefs qu’ils n’oussent rendu les leurs.• Ils ne se contentèrent nas de cette réponse.Nos affaires se trouvèrent dans un très mauvais état, et si le Rat ne fut mort au bout de quatre jours, c'eut été une désolation cruelle.M.de Callières tint un Conseil laprès dinée oit il n’y avoit que les députés des cinq nations Iroquoises.Teeaneot qui porta la parole de leur part ne fit que rouler son discours que sur l'Impossibilité où Ils avoi-n‘ été d’emmener tous les esclaves françois parce qu’ayant été pris tous pi*tit.' îls n avoient pu se résoudre à s’en retourner.M.de Callières leur demanda où étoi?nt les prisonniers de nos alliés, i.s furent longtemps sans vouloir répondre par un grand sl'ence qu'i's tinrent.Ils s’entreparlèrent tous ensemble assez bas et dirent ù M.Joii-caire qu il ne leur aurait pas plus coûté de nous rendre nos aillés que nos François que M.de Maricour n?leur en avait pas parlé Cependant comme ils les regardolent tous deux comme leurs fils-adoptifs ils avmoient mieux porter le fardeau de tout cecy que de les exposer à quelque disgrâce.Les Iroquois s’entretenant de même M.Joncalre ne put s'empêcher de dire tout haut qu’il ne vouloit pas se faire couper le col.Nous jug i-mes fiii’il y avoit queloue mystère inconnu.M.de Callières lui demanda ce qu’ils venoient ded ire.Celul-cy lui raconta naturellement que les ïroru’f^s disoient eue quand il l’avait envoyé et M.de Maricour chez les Iroquois on ne leur avoit fait aucune mention des alliés, que l’on s'étoit attaché uniquement h demander les Français.Il est vray, Monseigneur, que tous ceux qu) étoient dans ce Conseil furent fort surpris de cet aveus.On ne le fut pas moins quand ce même diet reprit tout haut son discours et dit : Ne voyez vous pas nue depuis quatre ans nous n’avons fait aucun coup sur les alliés, malgré ceux qu’ils ont fait sur nous Nous no”s sommes contentés d’essuyer nos larmes sur la perte de nos morts e* de cmx de nos alliés, si nous n’avons pas eu dessein de vivre dorénavant »n boni" intelligence aurions nous été si tranqulls ?Il n’en fallut pas davantage pour déconcerter tout le mond» et on ne sçnvoit que penser sur tous les incidents qui pmivoient arriver de tous ces reprochas ù cause, des O"t'>0"’,s oui avCent en lieu de se n’qinrii-è extrêmement de notre mauvaise foy par toutes les promesses qu’on leur avoit faites de retirer leurs esclaves conjointement avec les nôtres On __225 — tacha de replâtrer cette mauvaise affaire.M.de Callières dit pour cet effet à M.Joncaire de prendre cet oubli sur son compte pour mettre à couvert Marlcour qui sçavott fort bien ce qu’il faisoit quand il ne réclama pas nos alliés.M.Joncaire se chargea lui seul de cette faute de la part de M.de Callières.Il leur dit que se voyant leurs fils adoptif il sembloit qu’il alloit porter le fardeau de ce contretems les priant de lui donner les moyens de le tirer d’une conjoncture aussi embarrassante que celle-là.La vérité est que M.de Callières ne donna aucun ordre à M.de Mari-cour de reclamer les alliés.Il étoit cependant le mobile de cette négociation et sçavait seul les intentions de M.de Callières.Le père Bruyas ne faisait que l’accompagner pour le decorum.M.de Joncaire de son côté qui avoit été détaché par M.de Marlcour à Tsonnontoiian s’attacha s'attacha uniquement aux ordres qu’il lui avoit donné de retirer las François.Je dirai à sa gloire qu’il s'acquitta parfaitement bien de son devoir par les fortes sollicitations qu’il fit chez les Iroquois.M.de Callières se persuadoit que s’il vouloit trop contraindre les Iroquois à lui ramener les prisonniers de nos alliés il ne pourroit réussir dans un pays dont il envisageoit tout l'honneur, et que leur rendant seulement quelques uns des leurs qu’il ne doutoit pas que les alliés n'emmenassent les Iroquois auroient lieu d'être contents de lui.D’ailleurs il ne s’embarrassoit pas si tous les alliés seroient contents ou non de la conduite des Iroquois, parce qu’appaisant seulement quelques nations particulières comme les Hurons et les Oiitaoüaks de Miehilimakinak il croyoit que les suites n’iroient pas plus loin.Marlcour étant arrivé en députation chez les Iroquois ne fit donc aucune mention des alliés selon le propre aveu des Iroquois.Cependant tous nos alliés emmenèrent à Montréal tous les prisonniers Iroquois qu’ils avoient liés et garotés pour les obliger de paraître au Conseil Général sauf à eux de s’eu retourner quand tout y aurait été réglé.Ils étoient bien aise de faire connoître par là aux Iroquois qu’ils vouloient faire la paix tout de bon avec eux.Le Hat chef des Huron de Miehilimakinak vint à mourir dans le tems de toutes ces contestations.Il étoit le meilleur ami des françois mais il fut le plus outré de s’être vû la dupe de M.de Callières à qui il ne put s'empêcher de lui reprocher dans un autre conseil qu’il avoit trouvé le secret de retirer les françois et qu’il voyait bien qu’il avoit sacrifié ses intérêts et ceux de tous ses alliés.Ceux cy ayant perdu le meilleur esprit qui put gouverner les affaires communes remirent entre les mains de M.de Callières tous les prisonniers Iroquois.Les Députés des cinq nations Iroquoises convinrent qu’ils remettraient à M.Joncaire tous les prisonniers des alliés qui s'en retourneraient au fort de M.de la Mothe.Quand M.Joncaire partit derecher pour aller chez les Iroquois ils lui en donnèrent seulement quatre et ne voulurent point contraindre les autres de partir.Voilà donc la paix faite avec les Iroquois.Mais je peux vous assurer, Monseigneur, que nos alliés qui ont de leurs gens chez les Iroquois ne manqueront pas de se venger sur les premiers qu’ils rencontreront dans leurs partis de chasses.La nation Iroquoise voudra avoir droit de représailles.Ce ne seront que coups sur coups, les voisins de nos alliés prendront réciproquement leurs intérêts, ainsi ce sera encore un renversement pis qu’auparavant, et tous les alliés auront remarqué à l'arrivé de leurs députés que nous les avons tous sacrifiés.Quand ils auront été battus nar les Ironuois ils viendront en faire des plaintes, ou il faudra prendre leurs querelles ou il les faudra abandonner.Si nous faisons le premier, nous courons risque de nous brouiller avec les Iroquois qui ne manqueront pas de se joindre aux Anglois s'il y a guerre avec eux ; si nous ne soutenons pas la causa des alliés ce sera un echos et un désordre surprenant parmi tous ces peuples qui sont .e soutien du Canada.Voilà, en un mot, ce qu’a causé M.de Callières faute d'avoir dit à Maricour de reclamer les prisonniers alliés comme nos françois.Je me suis laissé dire que celui-cy vous demandoit une gratification pour avoir été le médiateur auprès des Iroquois.La négociation a été assurément bien ménagée de la part du Maître et des député.C’est M.Joncalre qui de-vroit être récompensé.DES ANGLOIS ET DE LA NOUVELLE FRANCE Les Angloi8 qui se sont trouvés dans les Conseils tenus par les Iroquois lorsque le P.Bruyas et M.de Maricour vinrent chez ceux cy insinuèrent adroitement qu’il fallait garder la neutralité en cas qu’il y eut.guerre entre la France et l’Angleterre.Le Canada n’en serait pas plus mal.C’est une chose de fait que les Iroquois ne manqueront pas de se joindre aux Anglois quand elle sera aeciarée.Ce pays là a besoin de respirer un peu, car il y a bien de la misère.DE LA PECHE DU MARSOUIN M.de Vitré a assez bien commencé, mais en cas que le Koy veuille prendTe les huiles de ces poissons pour les vaisseaux II serolt bon que après qu’elles auront été reposées dans des barlquee on les vide dans d’autres a cause du limon et de la crasse ; autrement il y auroit beaucoup de déchet.LE ROY DE LA POTHERYE Biographies Canadiennes Charles Albanel.—Sur les travaux et les voyages du Père Jés-’te Albanel on peut consulter : "Relations” de 1(T1.1660, 1669, 1670 et 1672 : ’’Relations inédites”, t.I, "Journal du P.de Crépieul”, p.320 ; t.II, pp.4, 5.46 et suiv.; “Lettres historiques”, p.672 ; Charlevoix, “Histoire de la Nouvelle-France”, pp.477 et 478 : Margry, "Découvertes", t.I.p.!‘2 ; "The Jesuit Relations and allied documents”, t.XXXIV.p.246 ; de Ro-ehemonteix, “Les Jésuites et la Nouvelle-France au XVIIe siècle”, t.TI.pp.373 et suiv.Jean-Daniel-Marie Viennay-Pachot.—Il a déjà été question du lieutenant Jean-Daniel-Marie Viennay-Pachot dans le "Bulletin des Recherches Historiques’’, vol.XXI, p.340.Dans les "Mémoires de la Société Royale du Canada”, année 1 ’>
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