Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 octobre 1916, octobre
BULLETIN DKS RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XXII BEAIJCEVILLE—OCTOBRE 1916 N,7x Jacques Bizard, major de Montréal J acqres Bizard était né à Neufchàtel, en Suisse, en 1^2, du mariage de David Bizard et de Guillemette Robert.^on père était ministre de la religion réformée dans cette ville.IJizard entra en qualité d’officier dans le régiment de Maron (o 1 Mettron)._ Dans la campagne de Candie, le comte de Frontenac le prit comme son aide-de-camp et eut le bonheur de le convertir au catholicisme.Après la campagne de Candie, probablement par l'influence de M.de Frontenac, Bizard obtint une enseigne dans une des compagnies franches que le roi de France leva en Suisse.Lorsque M.de, Frontenac vint prendre possession du gouvernement de la Nouvelle-France en 1672 il amena avec lui Bizard en qualité de lieutenant de ses gardes.Dans l’automne de 1673, M.Perrot, gouverneur de .Montréal, ayant maltraité un officier de justice qui voulait arrêter deux coureurs de bois chez M.de Carion, le gouverneur de Frontenac, pour faire un exemple, dépêcha à Montréal trois de ses gardes, avec leur lieutenant, M.Bizard, pour arrêter M.de Carion et le conduire à Québec.Bizard arrêta, en effet, le sieur de Carion, puis se retira chez M.Jacques LeBer, en attendant son départ pour Québec.Informé de l’arrestation de Carion, M.Perrot se rendit chez M.LeBer avec trois ou quatre soldats et un sergent.Là, transporté dé coléré, il dit à M.Bizard : — Qui vous a rendu si hardi, que de venir arrêter ainsi, sans ma permission, un officier de mon gouvernement ?Bizard lui présenta alors une lettre de M.de Frontenac à son adresse.Perrot la lui jeta au visage, en disant : — Rapportez-là à votre maître et avertissez-le de vous mieux apprendre une autre fois votre métier.En attendant, je vous fais prisonnier et vous laisse une sentinelle pour vous empêcher de sortir.Bizard lui répondit qu'il n’avait de compte à rendre q .'à son maître.Perrot le fit ensuite conduire en prison.Le lendemain, revenu à ses sens, il le remit en liberté, mais, par contre, fit arrêter M.LeBer qui avait reçu Bizard chez lui.Bizard prit sa revanche quelques semaines plus tard.Perrot ayant été attiré à Québec sous un prétexte quelconque, parles ordres de M.de Frontenac, Bizard l’arrêta à son tour et le fit enfermer au château Saint-Louis.Il ne sortit de là que pour être conduit en Prance où il fut enfermé à la Bastille.( i ) En 1674, M.de Frontenac proposait au ministre de remplacer le major de Montréal, vieux et malade, par le sieur de Lanouguère (Lanaudière) ou par M.Bizard.Le 14 novembre 167', il écrivait an ministre : “ Je vous ai déjà mandé que le major qui est à Montréal est si vieux qu’il est hors d’état de pouvoir servir et il se trouve même si mal d’une chute qu’il a faite, que je ne crois pas qu’il passe l’hiver.Si vous aviez agréable d’en gratifier le sieur Lanouguère ( Lanaudière) lorsque vous le retirerez du commandement de Montréal et que les affaires de M.Perrot seront terminées personne 11e s'en acquitterait mieux (pie lui ; sinon, je vous proposerais le lieutenant de mes gardes qui a une inclination de se marier et de s’habituer en ce pays.11 est fils du ministre de Neufchâtel et je le convertis en Candis où il servit auprès de moi d’aide-de-camp (1) M.l’abbé Faillon (Histoire de la Colonie française au Canada, vol.III.pp.475 et seq) et Parkman (Frontenac and New-France, pp.30 et seq) racontent cet incident, avec force détails. jVec beaucoup de valeur et d’expérience.Je l'avais trouvé dans le regiment de Maron (Meuron ?) et le pris parce qu’il Vaa lori entendu a.\ mines.Depuis il a eu une enseigne .ans une des compagnies franches que le Roi leva en Suisse, il y a quatre ou cinq ans et ne l’a quittée que pour me suivre au Canada.” (2) Le ministre, estimant qu’on devait au moins attendre la mort du major de Montréal, (pii était un brave soldat, avant de pourvoir à son remplacement, refusa de se rendre a la demande de Al.de Frontenac.AI.Zachuiie Dupuy.major de Alontréal, mourut un peu moins de deux ans plus tard, le 1er juillet 1676.Al.de brontenac renouvela alors sa demande pour son protégé et, k ici mai 1 dp/,1e roi accordait a AI.Bizard la charge de majoi cie Alontréal par les provisions suivantes : Louis par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre a nostre amé et leal le Sieur Bizard, salut, estant necessaire de pourvoir a la charge de Major de Alontréal en nostre pays de la Nouvelle france vaccante par la mort du Sieui Dupin, et mettant en considération les services que vous nous ayes rendus dans la charge d’Enseigne d’une compagnie franche de suisses entretenue pour nostre service et les marques de vostre affection et fidélité à nostre service, prudence, valeur et experience au fait des armes
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.