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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1918-10, Collections de BAnQ.

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BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES vol.XXIV liEilCfVII.I.E - OCTOBRE 1018 No 10 Le projet de conquête de la Nouvelle=York de M.de Callières en 1689 Nos historiens n’ont guère insisté sur le projet de conquête de la Nouvelle-York conçu en 1689, par M.de Callières, gouverneur de Montréal, et approuvé par Louis XIV.Garneau en parle ainsi : “ La déclaration d’Andros et la conduite des Iroquois, (pii avaient lâché de nouveau leurs bandes sur le Canada, inspirèrent un de ces projets énergiques qu’adopte un peuple dans une situation désespérée : c’était de se jeter sur les provinces anglaises.Le chevalier de Callières, après avoir communiqué au gouverneur un plan pour la conquête de la Nouvelle-York, alla en France le proposer à Louis XIV comme l’unique moyen de prévenir l’entière destruction de la colonie.“Il exposa au monarque que les Anglais, qui pouvaient donner en troc leurs marchandises à près de moitié meilleur marché que les Canadiens, s attache.!aient à — 290 — la fin les sauvages tout en ruinant le Canada, et qu’ils pourraient ensuite, réunis à ces barbares, brûler tous les etablissements épars sur les deux rives (lu Saint-Laurent jusqu a Québec ; que la Nouvelle-York soutiendrait toujours les pretentions (les cantons, avec lesquels il n’y aurait jamais de paix solide à faire tant qu’ils auraient cet appui ; que le seul moyen de conserver le Canada et de provenir tous ces malheurs, était de s’emparer de la Nouvelle- York ’ ’.Qu ’on me donne, ajouta-t-il, quatorze cents soldats et six cents Canadiens d’élite, j’y pénétrerai par a rivière Richelieu et le lac Champlain.Orange (Albany) n’a qu’une enceinte de pieux non terrassée, et un petit fort a quatre bastions où il n’y a que cent cinquante soldats.^ Cette ville contient trois cents habitants.Man- ,!n!ieiiN!vT"o °'l k) erî a.(illi,tre c.ents> divisés en huit compagnies, moitié cavalerie et moitié infanterie; elle a un • tort de pierre avec du canon.Sa conquête rendrait le roi maître de l’un des plus beaux ports de l’Amérique ouvert en toutes saisons, et d’un pays fertile sous un climat doux.Le roi approuva d’abord ce projet, puis l’ajourna, préférant une bonne paix si elle était possible, ensuite y revint et voulut en confier l’exécution à un autre capitaine que le marquis de Denonville, que sa campagne contre les Tsounontouaus avait fait juger, et que à L-auite d ailleurs venait de faire révoquer” (1) L ’abbe Ferlant! nous donne un peu plus de détails sur le projet de conquête de la Nouvelle-York de M.de Calliè-i es « ‘ ‘ fdes dangers menaçaient alors le Canada, écrit-il, et il était important que tous ses enfants se réunissent poui eloigner ces périls et pour ramener le bonheur dans il) HISTOIRE DU CANADA, tome 1er, p, 2S0. 291 — son sein.Mais ce que le gouverneur recommandait par dessus tout, c’était que Louis XIV se rendit maître de la Nouvelle-York, par traite, par achat, ou par la force ; il déclarait que tant (pie les Anglais seraient en possession de cette province, par jalousie, ils susciteraient continuellement de nouveaux embarras a la colonie française.Il faisait remarquer au ministre que cet esprit de rivalité engageait même les marchands de Manhatte à soudoyer les Iroquois pour désoler la Virginie et ruiner son commerce.Avec de tels voisins, qui ne ménageaient pas même leurs compatriotes, l’on n’avait rien à espérer pour la tranquillité de la Nouvelle-France.“Cette suggestion lui paraissait si importante qu’il fit passer en France M.de Callières pour la soutenir auprès des autorités.Celui-ci présenta à la Cour un mémoire pour prouver que le seul moyen de se soutenir au Canada était de s’emparer de la Nouvelle-York ; il proposait les moyens qui lui paraissaient les plus propres à réussir dans cette entreprise.“Soumis au roi, ce plan reçut son approbation ainsi • que celle du ministre.” Puis M.l’abbé Ferland énumère les circonstances favorables pour la mise à exécution du plan de M.de Callières dont la principale était la cliûte du roi Jacques II et l’avènement de Guillaume d’Orange.Plus loin, M.l’abbé Ferland continue : “M.de Callières, qui était revenu à Montréal pendant l’été (de 1689), continuait toujours à presser le ministre d’envoyer de France une expédition pour s emparer de la Nouvelle-York.“Si on prend cette ville, écrivait-il, on réduit les Iroquois à demander la paix et à se 292 — soumettre aux conditions qu’on voudra leur imposer ; parce qu’on sera au milieu de leur pays, en état d les exterminer s’ils ne se soumettaient, et ils seront privés de munitions et des choses nécessaires pour leur dé crise et leur subsistance qu’ils tirent de cette colonie angl ,ise.” “ Pour 0P«rer cette conquête, il recommandât deux plans ; le plus sûr, selon lui, était de faire attaquer Man-hatte par mer avec six vaisseaux montés de dei x cents hommes de débarquement, qui suffisaient pour ei lever le fort de pierre, pendant que les troupes du Canada attaque-in ienl par terre la ville et le fort d’Orange, d’où \ ne partie pourrait ensuite descendre à Manhatte, pour r rester en garnison ; un autre moyen consistait à faire garder la colonie par environ trois cents miliciens et trois c nts soldats, tandis qu’environ quinze cents hommes choisis places sur des bateaux et des canots remonteraient la rivière , Richelieu jusqu’au lac Saint-Sacrement, et apres avoir pris Orange, descendraient par la rivière Hudson ius-qu’à Manhatte., “Pour soutenir ce dernier plan, dès la fin de mars de 1690, deux frégates devaient être envoyées à Port-Royal pour protéger ce point, menacé par les Anglais de Boston, * et en même temps attendre des ordres de Québec.“Des instructions furent adressées à M.de Frontenac, lui recommandant d’envoyer M.de Callières, pour preparer les voies à cette expédition.Pendant que celui-ci, a la tête de seize cents hommes, se serait avancé vers Manhatte, M.de Vaudi euil restait dans la eoloi ie, avec un nombre d’hommes suffisant pour défendre les femmes et les enfants contre les Iroquois.“M.Bégon reçut ordre de préparer les munitions nécessaires a l’expédition, et d’armer, dans le port de Ro- — 293 — chefort, deux frégates qui devaient être placées sous le commandement du sieur de la Caffunère.C elui-ci, arrivé sur la côte de l’Acadie, y laissait les objets dont il était chargé, et allait ensuite dans la baie de Manhatte, où il aiderait M.de Callières.“En rendant compte de son administration, au commencement de l’année 1690, M.de Denonville recommandait fortement le même projet ; il ajoutait que les frégates employées à la prise de Manhatte pourraient ensuite ravager les côtes de la Nouvelle-Angleterre et attaquer Boston, et il recommandait comme très capable de conduire les vaisseaux français les sieurs de Villebon et La-mothe-Cadillac, venus depuis peu de l’Acadie à Larochel- le.“A toutes ces représentations le ministre n’avait qu’une seule réponse ; "Les affaires considérables que Sa Majesté doit soutenir à présent 11e lui permettent pas d’envoyer au Canada de nouveaux secours de troupes, ni de penser à l’entreprise qui avait été proposée l’année dernière sur la Nouvelle-York.Sa Majesté estime qu une vigoureuse défensive est plus convenable présentement à son service et à la sûreté de la colonie” (2).Nous croyons avoir réuni ici tous les mémoires présentés au roi par M.de Callières sur son projet d attaque contre la Nouvelle-York de même que les lettres des gouverneurs sur le même sujet et les réponses des ministres de Louis XIV.On pourra ainsi étudier cette expédition projetée dans les pièces officielles.Quelques-uns de ces documents ont ete traduits et publies dans le giand ou m roiTRS D'HISTOIRE DIT CANADA, vol.11, i p.180, 192.Le Cère de Rochemonteix, dans Les Jésuites de la Nouvelle-France au XVIle siécîr (tome troisième, pp 234 et seq.).traite assez longuement du projet de conquête de la Nouvelle-York de M.de Callières. — 294 — vrage de M.E.B.O’Callaghan, DOCUMENTS RELATIVE TO THE HISTORY OF THE STATE OF NEW- YORK, mais nous croyons qu’ils n’ont jamais été publiés dans leur texte original.P.G.R.MEMOIRE DU SIEUR DE CALLIERES POUR MGR LE MARQUIS DE SEIGNELAY TOU( HANT LES USURPATIONS DES ANGLAIS SUR L !S COLONIES FRANÇAISES DE L’AMERIQUE f >5 FEVRIER 1685).< est un usage étably et un droit reconnu chevi toutes les nations Clirestiennes que les premiers qui déc >uvrent une terre inconnue et non habitée par d’autres Européens, et qui y arborent les armes de leur prince, la prop -iété en appartient à ce Prince au nom duquel ils en ont pris possession.Sur ce principe il est aisé de prouver que les Anglais non contents des anciennes usurpations qu’ils on faittes sui L1.-' français dans la Nouvelle-France sont mal fondés dans les injustes extentions qu’ils en veulent fai] 3 particulièrement depuis l’année passée.• Les prétentions des Anglais dont il s’agist p résentement consistent en trois chefs.La première es! (pie le Colonel Dongan, Gouverneur de la Nelle-lork, autrefois appellée la Nouvelle Hollande, profitant de la conjoncture de la guerre que M.de la Barre déclara i ’année passée aux Iroquois a député vers ces Sauvages pour leur déclarer qu’il les prenoit sous sa protection leur a envoyé les armes du Roi d’Angleterre pour les arborer dans leurs Villages s’en prendre°posses- — 295 — sion en son nom comme dépendance de son Gouvernement quoi que M.de la Barre l’eut fait prier de se point mesler de cette guerre que ce gouverneur anglais ne puisse ignorer que le pays des Iroquois a toujours fait partie de la Nelle France comme on le prouvera ci-après.Cependant au lieu de répondre comme il le devait à la civilité de M.de la Barre il eut la témérité de dire à son député que non seulement le pays des Iroquois estoit de son Gouvernement de la Nelle-York, mais mesme que toute la rivière St-Lau-rent et celles des Outawas et les Lacs de Frontenac, de Champlain et autres voisins qui contiennent presque toute la Nouvelle-France appartenaient aux Anglais.Le deuxe c’est que le Sr Dongan escrit du dernier may 1684 au Sr de St Cast in commandant au Fort de Pen-tagouet en Acadie et dans les autres postes occupes par les Français jusque à la rivière de Quinibéqui qui fait la séparation de l’Acadie d’avec la Nelle-Angleterre et que ce gouverneur Anglais prétend par cette lettre que son Gouvernement s’estend jusques à la rivière de Ste-Croix qui est quarante lieues plus avant dans l’Acadie a enjoint au Sr de St Cast in et aux Français qui habitent cette étendue de 40 à 50 lieues de pays entre ces deux rivières le meilleur de toute l’Acadie, d’en sortir incessament avec menaces de les faire enlever en cas de repis à moins qu’ils ne veuillent prester serment de fidélité au Roy d’Angleterre entre ses mains, auquel cas il fait des offres avantageuses au dit Sr de St-Castin et aux autres Français qui le voudront recognoître sans vouloir rien changer a la Religion, le dit Gouverneur Anglais estant catholique ayant un Jésuite et des Prêtres auprès de luy ce qui rend ses instances beaucoup plus dangereuses.La troisième prétention des Anglais est de chasser — 296 les Français de la Bay de Hudson dont ils prétendent que toutes les terres leur doivent appartenir et en conséquen-ee de cette prétention ils ont envoyé l’année passée des vaisseaux dans cette Baye qui y ont enlevé plusieurs Français lesquels y estaient establis en un lieu appelé la Rivière1 de Bourbon au nom d’une compagnie formée à Québec et h ont conduit à Londres avec la valeur de près de deux cent mille livres de Castors et autres pelleteries, appartenant à la dite compagnie Française.Avant que d’examiner en détail ces trois prétentions nouvelles dos Anglais il est nécessaire d’expliquer par un abrégé historique de nos découvertes comme nous sommes en possession incontestable de ce qu’ils veulent nous disputer mal à propos Les Normands et les Bretons ont esté les premiers qui ont commencé à naviguer vers ces pays et firent en 1504 la découverte de 1 ’Isle de Terre-Neuve ensuite celle des côtes de la Nouvelle-France, le Roy François 1er en ayant este informé et excité par les heureuses découvertes des Espagnoles dans l’Amérique Septentrionale depuis le d4e jusques au 50e degré de latitude, c’est-à-dire depuis la partie de la Floride qui confine la Virginie jusque à l’embouchure du fleuve St-Laurent mit pied à terre en plusieurs des principaux endroits de ces eostes, traitta avec les Sauvages qui n’ayant jamais veu de vaisseaux n’y Européens furent fort étonnés de cette nouveauté et prit possession de ces terres au nom du Roi François 1er, revint par l’Ile de Terre-Neuve et arriva en France au mois de juillet de l’année 1524.Ce qui se justifie par les lettres du dit Verragans es-crites au Roy et rapportées par Jean de Lact.Ensuite le mesme Roy à la Sollicitation de Philippe — 297 — Chabot admiral de France envoya Jacques Cartier, Breton de la ville de St-Malo, pour découvrir de nouvelles terres, lequel fit deux voyages, l’un en 1534, l’autre en 1535, ce fut le premier européen qui entra avec deux grands vaisseaux du Roy de 800 tonneaux chacun dans la riviere St-Laurent et remonta ce fleuve 120 lieues jusques à l’Isle d’Orléans près du lieu où est présentement Québeck et alla hiverner et establit la première Colonie Française à dix lieues plus haut et un lieu qu’il nomma Ste-Croix, et monta ensuite encore 00 lieues plus avant le long du fleuve jusque au Sault St-Louis.En 1540, le Roy François 1er nomme le Sr de Roberval en la qualité de Vice Roy de la Nelle France lequel y alla en 1542 et y bastit une forteresse qu’il nomma France Roy à quatre lieues audessus de l’isle d’Orléans y demeura plusieurs années et y fit plusieurs voyages dans le pays le long des rivières, cette possession fut entretenue par les commissions que le Roy Henry 4e donna en 1598 au Marquis de la Roche en 1599 au Sieur Chauvin, capitaine de vaisseau et en 1602 au Commandeur de Chaste, Gouverneur de Dieppe, pour aller commander en la Nelle France et elle fut renouvelé eu 1603 par la commission donnée a Pierre du Qua, Marquis de Mous, de Vice Roy de toutes les provinces de la Nelle France et cette possession a esté continuée depuis sans interruption.En 1562, sous le règne de Charles 9, l’admirai de Chas-tillon équipa deux vaisseaux sous la conduite de Jean Ri-baus qui establit une Colonie française à la coste de la Floride dans une rivière qu’il appella la rivière de Maq où il bastit un fort qu’il nomma le Fort < harles.En 1564 le capitaine Laudonnière mena d’autres vaisseaux pour fortifier cette colonie et le fort Charles duquel le pays fut ap- 298 — pelc la, C aroline du nom do Charles 9o que oc pays garde encore jusqu’à aujourd’hui.hn 1565 les Français on furent (‘liasses par les Espagnols et on 1567 le < 'hevalier de Gourgues les y rétablit et lit aux Espagnols les mêmes traitements qu’ils avaient faits aux prisonniers français.Cette belle ( ’olonie et si bien située au 82e degré de latitude a la sortie du Canal de Bahama par où il faut que toutes les flottes d’Espagnes venant des Indes passent pour retourner en Europe nous a esté usurpée pendant les guerres civiles par les Anglais qui la tiennent encore au-jourd’huy contre toutes sortes de droits.Ils ne sont pas mieux fondés en la possession de la Nouvelle-Angleterre qui a fait partie de la Nile France puisqu’il est constant que ce pays a esté découvert par les français qui en ont pris possession en divers U nis au nom de nos Hoys avant que les Anglais aient songe a \ aller et parmi les autres le Sr de Mons en vertu de sa commission de Vice Boy de toutes les Provinces de la Nouvelle F rance qui lui fut donné par le Roy Henry 4e en 1603 accompagné des Sieurs de Potrincourt et de Champlain qui s établirent en l’Acadie laquelle s’estendait alors jusques aux costes que les Anglais ont depuis appelles du nom de Nelle Angleterre et dont le dit sr de Chain-plain a fait une exacte description de tous les ports qu’il y a découverts desquels il prit possession au nom de Sa Majesté en 1605 au lieu que les Anglais n’ont commencé à s y qu’en 1620, qu’il partit de Pleymout (Viz • Plymouth) un nombre de Puritains lesquels ayant abordé cette coste près du Cap Cod y firent une habitation composée de 19 families qu ils nomment la Nelle Angleterre à l’endroit la Nouvelle Pleymout.Laquelle fut ensuite augmentée par d’autres Puritains et non conformistes et — 299 — particulièrement depuis la mort de Cromwell que la crainte des Chastimens fit passer plusieurs rebelles pirates et forbans dans cette Nouvelle colonie qui n’est pas encore fort soumise aux ordres de la Cour d’Angleterre forme une espèce de République.Cependant, les Anglais non contents de ce qu’on les laisse jouir paisiblement des pays qu’ils ont usurpé sur nous veulent encore étendre leurs limites sur des terres qu’ils n’ont jamais prétendues jusques à présent.A l’égard de leur première prétention sur le pays des Iroquois elle est insoutenable, les Français sont non-seulement les premiers qui ont découvert ce pays, mais encore les seuls Européens qui l’ayent pénétré.Après la prise de possession du Fleuve St-Laurent et des autres rivières qui s’y jettent en 1535 par Jacques Cartier et continué par les autres commandants français le sieur de Champlain pénétrant plus avant les terres descouvrit celle des Iroquois qui sont aux environs d’un lac qui porte encore le nom du Lac Champlain et soubmis par les armes cette nation en 1609 et les années suivantes en diverses expéditions qu’il fit.contre eux depuis lequel temps ils ont toujours recognu l’autorité de tous les autres gouverneurs de la Nouvelle France jusques en 1665 et 1666 que s’étant souslevés.le sr de Tracy gouverneur général acheva de les réduire, sans que les Anglais y ayent jamais rien prétendus, les seuls français y tiennent des missionaires pour les instruire et lorsqu’ils leur est arrivé des demeslés avec d’autres nations, ils ont toujours eu recours au Gouverneur General de la Nelle France qu’ils appellent leur Père et l’ont reconnu jusques à présent pour leur seul protecteur.La seconde prétention des Anglais d’estendre les limites de leur terre jusques à la rivière S te Croix dans l’A- .300 — cadie n’est pas mieux fondée que la première, il est vray qu’ils s’emparèrent de Port Royal prineipalle ha ut at ion de l’Acadie et.de tout ce qui est en delà de la co; e de la Nelle Angleterre pendant la dernière guerre que nous eûmes contre eux en 1665, mais comme nous avons tris sur eux durant la même guerre la moitié de 1 ’Isle St Christophe qui leur appartenoit il fut conclu par le traité de Bré-da en 1667 que nous leur appartenoit tout ce qu’ils avoient pris sur nous en l’Acadie en L’exécution de ce iraité le Chevr Temple fit rendre aux Français tout ce que les An-glois y avaient occupé jusques à la rivière de Quinobéqui y compris le fort de Pentagouet et les autres post< s qu’ils prétendent présentement sans raison et sans que les sujets du Roy y ayent esté troublés depuis l’exécution du traité de Bréda.Quant a la Baye de Hudson les Français s’y établirent en l’année 1656 en vertu d’un arrest du Conseil Souverain de Québec qui permit au Sr Bourdon procureur général du d.Conseil d’en faire la découverte lequel alla au N ord de la dite Baye et en | »rit possession au nom de Sa Majesté.En 1661 le Père Dablon jésuite eut ordre du sr d’Ar-genson alors gouverneur du Canada d’aller en la dite Baye et s’y achemina et les Sauvages qui vinrent alors de ce pays à Québeck déclarèrent qu’ils n’y avoient jamais vu d’Européens.En 1663 le sr d’Avaugour gouverneur de Canada envoya le sr Couture Sénéchal de la Coste de Beaupré au Nord de la dite Baye de Hudson accompagné de plusieurs Sauvages de ce pays avec lesquels il en alla prendre possession et y arbora les armes du Roy.En la meme année 166.1 le si* Duquel, Procureur du — 301 — Roy de la prévost é de Québeck, et Jean Langlois, habitant de Canada, y allèrent encore par ordre du dit sr d’Argen-SOn et renouvellèrent cette prise de possession en y mettant encore les armes de Sa Majesté qui se justifie par 1’arrest du dit Conseil Souverain de Québec et par les ordres par escrit des dits Sieurs Dargenson et d’Avaugour.Les Anglais allèguent que la coste du Nord de la Baye de Hudson ou les Français se sont établis a esté découvert par le Chevalier Button, Anglais, dès l’année 1621.Mais on respond qu’il n’y fit aucun acte de prise de possession et qu’ils n’y ont eu aucune habitation avant l’année 1667, que les nommés Des Grosseliers et Radisson, Français, y conduisirent les Anglais en un lieu qu’ils appelleront la rivière de Nelson et en 1676 les dits Desgroszeliers et Radisson estant revenus d’Angleterre et ayant obtenu le pardon de leur défection il se forma une compagnie à Québec qui les renvoya à la Baye d’Hudson où ils établiient une habitation au Nord de la dite Baye en la rivière de Bourbon qui est celle que les Anglais ont enlevé l’année passée par une nouvelle défection du dit Radisson qui estant rentré à leur service les y a conduits.Cependant la Compagnie formée à Québeck envoya l’année passée deux vaisseaux dans la dite Baye croyant qu’ils y trouveraient leurs gens avec quantité de Pelleteries dans l’habitation de la rivière de Bourbon ou cette compagnie est en droit et en estât de se maintenu sy elle est protégée par Sa Majesté.Ces entreprises et ces usurpations des Anglais sont d’autant plus dangereuses qu’elles causeraient dans la suite la ruyne de nos Colonies de la Nelle France qu ils pressent par trois diférents endroits pour destruire sy on — 302 — ny rémedie en s’opposant avec vigueur à leurs prétentions malfondées.Il faut pour cela îles troupes en Canada pour y garder les postes advances pour y eliastier et réduire :es Iroquois que les Anglais soutiennent contre nous (3). Manuscrits de lu Nouvelle-France conservés aux Archives I ;.>vinciales de Québec, 1ère série, cahier III.(à suivre) REPONSE Le dernier greffier du Conseil Supérieur (XXIV, VIII, p.278).Le document suivant nous fait connaître le sieur Lanoullier qui eut l'honneur d’être le dernier greffier du Conseil Supérieur de la Nouvelle-France.C’est la corn-mission qui lui fut donnée le 1 7 décembre 1 759: “Estant nécessaire de nommer a l’office de greffier commis du Conseil Supérieur, attendu l’absence du sr greffier en chef et du greffier commis ordinaire ; vu 1 art de l’arrest du Conseil du vingt-quatre novembre dernier, le billet c!e catholicité du P.Simon Le Bauvais le premier de ce mois, l’ordre de Monsieur r oucaut premier conseiller du six, l’assignation du dix à la requête du procureur general du Roy faite par l’huissier Houllier, Information de vie et moeurs faite le même jour, les conclusions du procureur général du Roy du d.pour et la prestation de serment faite ce jourdhuy au Conseil de Mr.Paul, Antoine-François Lanoullier pour exercer le d.office aux honneurs, droits, prérogatives et émolu-mens y attribues.Fait en la Chambre du Conseil Supérieur ordinairement as-scmblee a Montreal le dix-sept décembre mil sept cent cinquante-neuf.Par le Conseil.” Il a déjà été question de Paul-Antoine-François Lanoullier des Gruges dans le Bulletin.Voyez vol.XII n 21 Dane l„ .• • .ff., ’ p’ L'' Uans le temps, nous ignorions qu il avait ete greffier intérimaire du Conseil Supérieur. - - 303 — Les arpenteurs de Montréal sous le régime français C’est en 1895, année de la fondation du Bulletin des recherches historiques et dans la deuxième livraison de ce précieux recueil, que le regretté J.-Edmond Roy commença la publication d’un article intéressant et fort documenté sur La cartographie et l’arpentage sous le régime français.M’aidant de cet excellent travail et puisant dans des sources différentes c’est-à-dire dans les archives de Montréal — je vais essayer de dresser une liste des arpenteurs qui ont pratiqué dans la région montréalaise de 1 648 à 1 760.Cette liste ne sera qu’à peu près complète, sans doute, parce qu il m apparaît que je n’ai pas encore réussi à grouper ensemble tous les documents d arpentage qui doivent exister dans la métropole canadienne.En effet, je constate, par-ci, par-là, que des plans et des procès-verbaux sont restés ensevelis dans des actes notariés et que pour exhumer tout ce qu il y a dans cette masse énorme que forment les études de notaires accumulées depuis plus de deux siècles et demi, il faudrait une recherche longue et systématique que je n’ai pu entreprendre jusqu à présent, d autres travaux plus pressés exigeant mon attention immédiate.Cette explication donnée, je présente ma liste.1648-1663.— Il ne fut concédé des terres, à Ville-Marie, qu'à partir de 1 648 ( 1 ) et la description qui en est faite dans les contrats indique bien qu’on les avait mesurées (2), mais qui faisait la besogne ?Gilbert Barbier en était peut-être alors capable, puisqu’on a la preuve qu’il a pratiqué 1 art de 1 arpentage en 1684 (voir ci-après), cependant, je penche à croire que ce fut plutôt M.de Maisonneuve, car notre fondateur semble avoir eu des connaissances très variées.Il administra la seigneurie, rendit la justice, commanda la garnison, rédigea les contrats, bref, il mit la main à tout dans son gouvernement.Etant officier supérieur, il pouvait avoir des notions de géométrie et d arpentage et dans ce cas, il n’a pas manqué l'occasion de s’en servir.En tout cas, on ne trouve mention d’aucun arpenteur avant Basset qui dut apprendre son art à Montréal.il) Massicotte.Lis premières ri.iuessions île line li llu.lréal.Jlém.(toc.(2) Cela est patent surtout dans le contrat du ! Janvier 1648. — 304 — 1663-1696.— Bénigne Basset n’avait que dix-huit ans lorsqu'il arriva a Montréal, avec les Sulpiciens en 1657.Néanmoins, cette même année, il succéda au notaire Jean de Saint-Père, tué par les Iroquois, au mois d’octobre.Sachant 1 orthographe, ayant une belle écriture, Basset se tira d’affaire.Bn plus, de sa charge de tabellion, il fut greffier du tribunal, secrétaire de la fabrique de Ville-Marie, et arpenteur.On ignore à quelle date il commença à pratiquer son art, mais je vois que e 8 juin 1663, M.de Maisonneuve ordonne qu’il soit planté des bornes, en a presence du gouverneur de l’île et des propriétaires, à toutes les terres non déjà bornées (3).Purs, le I 4 juin I 663, M.de Maisonneuve commanda à Bemgne Basset de mesurer les terres de tous les particuliers et de poser des bornes à chacune (4).Dix ans plus tard, dans un acte du 28 novembre 1673, Basset prend le titre de premier arpenteur de la seigneurie de Montréal”, ce qui signifie peut- etre qu il fut le premier de sa profession officiellement nommé pour la dite sei-gneune.Plus tard encore.Basset a gravi un nouvel échelon et il s’institule “maître arpenteur jure en la Nouvelle-France, résidant à Ville-Marie ” (acte du 27 juillet 1696).Bénigne Basset est mort au mois d’août 1699.I 667-1 672.-/«m Cuÿon du Buisson.Parmi les plus anciens procès verbaux d arpentage conservés à Montréal, sont ceux qui sont signés par Jean Guyon du Buisson les 2 I et 22 juin I 667.Celui-ci se qualifie dès lors arpenteur du ro, en ce pays’.Il existe du même personnage, une autre pièce datee du premier juin 1672.* Ce Guyon du Buisson, né en I 620.marié à Elisabeth Couillard en I 645 mourut au Chateau-Richer en I 694 (Tanguay).H vécut dans la région dti Quebec et ce n est qu occasionnellement qu’il exerça ses fonctions à Montréal.1679 eHI c 1 T narUVe'.à Qué,’eC' qUe 565 P™«-verbaux de 1673 à 1 67; et d conclua.que Guyon n avait aipenté que durant cette période Les archives de Montreal démontrent que le praticien en question Mesurait” m ïfJZt Jean B0Urd0n’ e‘ * * -P'acer cTZL.I 1681.- Louis Boucher.sieur du Buisson.Cet arpenteur n’a laissé au CUn
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