Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 août 1919, août
bulletin DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL XXV BEAUCEVILLE-AOUT 1919 No 8 La Famille de Jean Amyot JEAN AMYOT Jean Amyot était tils de François Amyot et de Marie -Bobière, de Saint-Pierre, diocèse de Luçon.Il passa dans la Nouvelle-France entre 1740 et 1748.Tout ce que nous savons sur lui, c’est qu’il était “traiteur”.Jean Amyot décéda à Québec le 2 octobre 1802, à l’âge de 78 ans, et fut inhumé au cimetière des Picotés.Jean Amyot avait épousé à Québec,' le 9 septembre 1749, Marie-Louise Chrétien, fille de François Chrétien et de feue Louise Migneron.Madame Amyot décéda à Québec le 5 janvier 1786, à l’âge de 62 ans.Du mariage de Jean Amyot et de Marie-Louise Chrétien étaient nés dix enfants : I J EAN-NICOLAS AMYOT Né à Québec le 27 octobre 1750, Orfèvre. —{226 — Il avait appris son métier d’orfèvre de Joseph Schindler, orfèvre d’une certaine réputation qui s'étalait à Québec au lendemain de la Conquête (1).Décédé à Québec le 16 mars 1821, à l’âge de 71 ans.Il avait épousé à Québec, le 25 août 1777, Marie-Geneviève Robitaille, fille de Pierre Robitaille et de Marie-Geneviève Parent (2).Enfants : I.Jean-Baptiste Amyot Né à Québec le 6 juillet 1778.Probablement décédé en bas âge.II.Pierre Amyot Né à Québec le 6 juillet 1778.Probablement décédé en bas âge.III.Jcan-François-Iicyis Amyot Né à Québec le 16 juin 1779._ Décédé à Québec le 2 septembre 1801.IV.Louis-François Amyot Né à Québec le 10 novembre 1780.Décédé au même endroit le 4 janvier 1784.V.Laurent Amyot Né à Québec le 18 mars 1782.Probablement décédé en bas âge.VI.François-Xavier Amyot Né à Québec le 9 mars 1783.Décédé au même endroit le 20 décembre 1787.VII.Geneviève .1 myot Née à Québec le 8 janvier 1786.(1) Contrat d'apprentissage devant Jean-Claude Louet fils, notaire à Québec, le !) février 17G7.(2) Contrat de mariage devant .Jean-Antoine Panet, notaire à Québec le 21 août 1777. ?*r—» - 227 — Probablement décédée en bas âge.VIII.Jean-Olivier A myot Ne à Québec le 14 janvier 1787.Probablement décédé en bas âge IX.Louise-Luce Amyot Née à Québec le 14 janvier 1787.Décédée a l’Hôpital-Général de Québec ie io mai rodo.X.Rosalie Amyot Née à Québec le 28 février 1788.Mariée a Louis Plamondon, avocat.Décédée à Montréal le 3 mai 1849.XI.Stanislas Amyot Né à Québec le 6 mai 1789.Décédé au même endroit le 17 septembre 1793.XII.Catherine-Sophie Amyot Née à Québec le 13 août 1790.( Mariée à Québec, le 20 août 1813, à Charles-Stanislas Schultz, lieutenant et adjudant au Régiment des Meu-îons, fils de leu Guillaume Schultz et de Barbe Grille, d’Allrich, en Alsace.M.Schultz décéda aux Trois-Rivières le 17 novembre 1821.En secondes noces, à Québec, le 30 mai 1826, Catherine-Sophie Amyot devint la femme de Charles-Denis Planté, notaire.Elle décéda à Québec le 14 mai 1873, à l’âge de 82 ans.XIII.Louise-Julie Amyot Née à Québec le 12 janvier 1792.Décédée en bas âge.XIV.Edouard Amyot Né à Québec le 14 septembre 1795. — 228 — Décédé à Québec le 25 juillet 1796.XY.Marie-Emilie Amyot Née à Québec le 28 février 1797.Décédée à Québec le 12 août 1797.XYI.Jacques-Narcisse Amyot Né à Québec le 17 octobre 1798.Admis à la pratique du droit le 4 mai 1822.XVII.Cyrille Amyot Né à Québec le 7 octobre 1800.Etudiant en médecine.Décédé à Québec le 1er juillet 1820.II LOUIS AMYOT Né à Québec le 28 novembre 1751.Marchand peltier à Québec.Décédé à Québec le 27 février 1797.Il avait épousé à Québec, le 28 juillet 1777, Madeleine Corbin, fille de Louis Corbin et de Marie-Anne Le Vitre (3).Enfants : I.Marie-Madeleine Amyot Née à Québec le 23 mai 1779 (4).Mariée à Québec, le 1er février 1801, à Pierre Dumas, marchand, fils de Libéral Dumas et de Marguerite Cureux Saint- Germain.En secondes noces, à la Rivière-Ouelle, en 1824, elle devint la femme de Vincent Boucher, veuf de Marie Saint-Jorre (5).(3) Contrat de mariage devant J.A.l’anet, notaire il Quéhec, le 24 juillet 1777.(4) Elle fut baptisée sous les prénoms de Marie-Louise mais fut connue sous les prénoms Marie-Madeleine.(6) L/abbé Michaud, Familles de la Ftivière-Ouelle.p.3. — 229 - IL Louis Amyot Né à Québec le 7 août 1780.Admis à la profession de notaire le 5 avril 1817.Il pratiqua sa profession a Saint-André de Kamou-raska de 1717 à 1822 et à la Rivière-du-Loup (en bas) de 1822 à 1825.’ Le notaire Amyot décéda à la Rivière-du-Loup (en bas) le 7 mai 1825.Il ne s’était pas marié.III.Marie-Elisabeth Amyot Née à Québec le 19 mai 1782.Mariée à Québec le 28 novembre 1799, à Jacques-Bernard Dubergès, notaire à Kamouraska, tils de feu Jean-Bernard Dubergès et de Cécile Pouliot (6).En secondes noces, «à Kamouraska, le 30 janvier 1815, Maiie-Elisabetli Amyot devint l’épouse de Anselme Mouton, capitaine de goélette (7).IV.Julie Amyot Née à Québec le 21 juin 1783.Décédée à Québec le 26 février 1784.* V.Antoine Amyot Né à Québec le 6 janvier 1785.Il vivait encore en mars 1797.VI.Joseph Amyot Né à Québec le 15 janvier 1787.Notaire le 15 décembre 1811.Il pratiqua à Saint-André de Kamouraska de 1811 à 1816.(6) Leur fille Elisabeth mariée au notaire Pierre Gauvrcau fut la mère de feu Mgr Gauvreau.,(7> Contrat de mariage devant Jean-Baptlste Taché notaire a Kamouras- ka, le 29 janvier 1816. — 230 — M.Amyot décéda à Saint-André le 17 niai 1816.Il avait à peine 30 ans.M.Amyot avait épousé à la Rivière-du-Loup (en bas) le 16 janvier 1815, Marguerite Fraser, tille de Alexandre Fraser, seigneur de la Rivière-du-Loup, et de Angélique Meadows (8).Marguerite Fraser devint en secondes noces, en septembre 1828, l’épouse de Thomas Jones, marchand à la Rivière-du-Loup (en bas) (9).Elle décéda à la Rivière-du-Loup (en bas) le 4 janvier 1861.Du mariage de Joseph Amyot et de Marguerite Fraser était née : Angélique Amyot née à Saint-André de Kamouraska le 6 mai 1816.Mariée à la Rivière-du-Loup (en bas) le 25 juillet 1843, à Jean-Baptiste Cliamberland, notaire, fils de Jean-Baptiste Cliamberland et de Marie-Anne Drolet (10).Décédée à la Rivière-du-Loup (en bas) le 10 janvier 1851.VII.Pierre-Elie Amyot Né à Québec le 17 juin 1789.Décédé à Québec le 17 janvier 1791.VIII.Félix-Elie Amyot Née à Québec le 23 juillet 1791.Il vivait encore en mars 1797.IX.Marie-Angèle Amyot Née à.le.(8) Contrat de mariage devant Jean-Baptiste Taché, notaire à Kamouras- kil’ '(9)° Contrat de1 mariage devant A.N.Parant, notaire à Québec, le 20 sep- (10) Contrat de mariage devant Jean-Baptiste Pouliot, notaire à la Riviè-re-du-Loup, le 24 juillet 1843. 231 Mariée a Saint-And ré, le 30 janvier 1816, à Michel laniard, navigateur, fills de feu Jean-Baptiste Chamard et de Josephte Dancause.III FIIAN ( 'OIS-JOS LT K AM YOT Ne a Quebec le 10 mars 1753.Décédé à Charlesbourg le 27 mars 1753.IV Fil A N C OI S-J E A N A M Y OT Né à Québec le 2 juin 1754.Décédé à Saint-Augustin le 23 janvier 1755 (11).V LOUIS-THOMAS AMYOT Né a Quebec le 1er octobre 1755.Décédé à Charlesbourg le 2 octobre 1756.VI MARIE-LO UISE A M YOT Née à Québec le 29 août 1757.Mariée A Québec le 22 juillet 1783, à Antoine Parant, marchand à Québec, fils de feu Jacques Parant et de Marie-Madeleine Giroux, de Beauport.M.Parant fut nommé le 9 août 1788 sergent d’armes de la Chambre d’Assemblée en remplacement de Huffh Mackay.b Madame Parant décéda à Québec le 17 novembre 1822.M.1 arant la suivit dans la tombe trois ans plus tard le 16 janvier 1823.Ul) L'acte de sépulture ne donne pas le nom de la mère. — 232 - VII DENIS AMYOT* Né à Québec le 9 octobre 1758.Décédé au même endroit le 29 décembre 1758.VIII LOUIS-VICTOR AMYOT Né à Québec le 4 septembre 1762.Probablement décédé en bas âge.XI LAURENT AMYOT Né à Québec le 10 août 1764.Le jeune Amyot qui voulait apprendre dans tous ses secrets le métier d’orfèvre se mit en apprentissage cliez le célèbre Ranvoyzé, l’orfèvre à la mode du temps.Le père Amyot ne mit pas de temps à se rendre compte que Ranvoysé ne livrait qu’une partie de son art difficile à son fils.Comme il avait de la fortune, il se décida à l’envoyer en Europe pour faire son apprentissage chez les maîtres de l’art.Le jeune Amyot fit la traversée en 1782 avec l’abbé Germain Dudevant, prêtre du séminaire de Québec, qui retournait en France.Laurent Amyot revint au pays en 1784.Il établit sa boutique dans la cote du Palais, a Québec, où il ne taida pas à attirer la clientèle de tous les connaisseurs et de tous les gens riches non seulement du district de Québec mais de tout le Bas-Canada.On trouve encore dans bien des églises et des communautés les vases sacrés fabriqués par Amyot.Ces ouvrages se distinguent par leur fini, leur délicatesse et leur solidité. — 233- Laurent Amyot décéda à Québec le 3 juin 1839, et fut inhume dans la chapelle Sainte-Anne de la cathédrale.Il avait épousé à Québec, le 9 avril 1793, Marguerite Levasseur Borgia, tille de Louis Levasseur Borgia et de Marie-Anne Trudelle.Madame Amyot était décédée quelques années avant lui.Enfants : I.Laurent Amyot Née a Québec le 25 décembre 1793.Ordonné prêtre à Québec, le 13 février 1820.Vicaire à Saint-Gervais.De 1821 à 1830, M.Amyot fut missionnaire des Abé-naquis et desservant de Saint-François du Lac.En 1831, M.Amyot était nommé curé de Saint-Cy-pi’ien, comté de Napierville.En 1842, M.1 abbé Amyot, fatigué, malade, obtenait la permission de son évêque de passer en Europe afin de visiter les Lieux Saints.Il décéda à Vienne, en Autriche, le 10 octobre 1845, à son retour de la Terre-Sainte.Par son testament, il avait fait le séminaire de Québec héritier de ses biens.II.Louis-Stanislas Amyot Né à Québec le 26 janvier 1795.Notaire le 14 octobre 1828.M.Amyot pratiqua sa profession à Saint-Isidore, comté de Dorchester.U décéda dans cette paroisse le 2 novembre 1862 (12).(12) Le gTpffe du notaire Saint-Joseph de Beauce.Amyot est déposé aux Archives Judiciaires de — 234 — Il avait épousé Luce Simoneau.Madame Amyot succomba au choléra, a Saint-lsido re, le 14 juillet 1854, à l’âge de 37 ans.III.Ma rguerite-Hennette A m yot Née à Québec le 26 mars 1797._ _ Décédée à Cliarlesbourg le 4 avril 1797.IV.Marie-Marguerite Amyot Née à Québec le 15 août 1799.Décédée au même endroit le 24 janvier 1811.V.Octave-Paul Amyot Né à Québec le 25 juillet 1800.Décédé à Beauport le 5 août 1800 (13).X EUSTACHE AMYOT Né à Québec le 19 septembre 1766.Décédé a Québec le 28 juillet 1768.P.G.E.Une lettre de Mgr de Saint-Vallier A Monsieur Dubreull, Notaire Royal, Te vousàescrfsbce petit mot Monsieur, pour vous dire que vous me ferez plaisir de paraître demain .au Conseil pour moy sur une signification qui ma été faite pour une somme do mil francs que l'on voeut Que je paye Ppur feu Mon sieur de la Durantaye, il n'y aura rien à dire sinon que je sere prtt à la paye durant le cours de l'anné mil sept cent v,ngt et un qui est le terme porté pou fulrp mes navemcnts (le la terre de la.durantayt* que jay acheté .Au reste Tous m'avez promis de venir chez moy pour faire trois actes de procurations, je vous atandray mardi ou mercredi matin sur les neuf heures e vous me pourrez rendre conte pour lors de larret qui sera intervenu au conseil sur les mil francs que lequel me demande dont je vous envoyé la signiflcati qu'il m'a fait faire Je finis en vous assurant de laffection avec laquelle Je continue detre dans lamour de N.S.Tout a vous.Jean évéque de Québec.De chap gen.rapportez moy la signification afin que je la puisse joindre à larrest qui interviendra (1).• t n r (13) L’acte de sépulture dit : "Marie Amiot fille de Laurent Amiot et de Marguerite Borgia," mais il s'agit, sans doute possible, de Octave-Paul.(1) Archives Judiciaires de Québec. — 235- LE SHERIF FRANÇOIS-ROCH DE SAINT-OURS L on n’ignore pas que le shérif de Montréal durant la rébellion de tut un ( anadien-français, deseendant d’une de nos familles nobles et qu’il se nommait François Roch de Saint-Ours ?Il est même le premier de nos compatriotes a (pii l’on ait confié cette charge et l’on s’est demande, parfois, si cette nomination fut le résultat d’un calcul de la .matie ou simplement un effet du hasard ! M.de Saint-Ours reçut sa commission le R avril 183Î et, quelques jours après, on lui faisait prêter un serment d élut en français, puis un serment d’office en anglais.( es deux pièces étant restées aux archives du ' s de Justice de Montréal, il peut y avoir intérêt à en confier le texte intégral au Bulletin : “SERMENT D’ETAT “Moi, l’honorable lloeh de Saint-Ours promets sincèrement et affir-“me par serment que je serai fidèle et que je porterai vraie foi et fidélité “a Sa Majesté le Roi Ouillaume, que je le défendrai de tout mon pouvoir “et tout ce qui dépendra de moi contre toutes perfides conspirations et “tous attentats _ ' _ s qui seront entrepris contre sa personne, sa “couronne et sa dignité.El que je ferai tous mes efforts pour découvrir et “donner connaissance a Sa Majesté, ses Héritiers et successeurs de tou-“tes trahisons, perfides conspirations, et de tous attentats que je pourrai “apprendre à se tramer contre lui ou aucun d’eux.Et je fais serment “de toutes ces choses, sans aucun équivoque, subterfuge mental et restriction secrète, renonçant, pour m’en relever, à tous pardons et dispenses d’aucun pouvoir et personnes quelconques.“Ainsi, Dieu me soit en aide.” (Signé) R.DE ST.OURS.1 22 ^84446 — 236 — “Affirmé pardevant moi à Montréal, ce septième jour d’avril, mil “huit cent trente sept.“Par dedims.Potestm (sic) “K.L.MORROGH.OATH OF OFFICE “I, the Honorable Itoch de Saint Ours do swear that I will at all “times according to the best of my skill and abilities faithfully' execute “the Duty and office of Sheriff in and for the District of Montreal, in “the Province of Lower Canada.“So help me God “R.de St Ours.“Sworn at Montreal this Seventh day of April one thousand eight “hundred and thirty seven .Before me By Dedims.Protestm (sic) “R.L.Morrogh.XXX Celui qui dut remplir des fonctions particulièrement pénibles au cours de la période la plus sombre de notre histoire était né au manoir de Saint Ours, le 18 septembre 1800.Elu député du comté de Richelieu le 28 août 1824 et réélu le 26 octobre 1830 il abandonnait son mandat le 4 juillet 1832 probablement parce qu’il était devenu membre du Conseil législatif depuis le 1er janvier 1832.Au mois d’avril 1837, il acceptait la charge de shérif de Montréal qu’il conserva jusqu’à son décès arrivé en 1839, le 10 septembre, et non le 10 novembre ainsi qu’on l’a déjà écrit (1).E.Z.MASSICOTTE (1) M.Aegidlus Fauteux qui nous fournit cette correction a trouvé la date exacte dans le Canadien du 11 septembre 1830. —J237 - LETTRE DE MONSIEUR DE MEZY A MONSIEUR DE TRACY A Kébecq, ce 26 Avril 1765.Monseigneur, J aurois eu une consolation très grande si vostre arrivée en ce pays avoit précédé ma mort d’autant qu’elle m’auroit fourny avec joy les moyens de rendre toute l’obéissance que je doits à l’authorité de vostre charge et au mérite particulier d’une personne que j’onore infiniment comme vous : la cognoissance que j’avois que nia vie ne seroit pas longue pour les accidents qui sont arrivez à ma maladie, me faisoit souhetter u tour avec empressement pour vous entretenir avant mourir ds affaires princ.palles de ce pays de Canada, dont j’en ai faict congnoistre au Roy es plus grandes particularités tant pour ce qui touche la gloire de Dieu les intlierestz de Sa Majesté que ceux du Publicq ; mais Dieu ayant disposé de mes jours pour m’appeler à luy, m’a faict prier avant ma mort Monsieur de Tilly, conseiller du Roy, de vous donner les lumières avec les escnptz de ce que j’ay faict sçavoir au Roy l’anné dernière, et de ce qui s est passé ensuitte entre Monsieur l’Evesque de Pétrée, les Pères Jé-/uittes et moy.Vostre arrivée esseurement en ce pays m’a donné beaucoup de joye avant ma mort puisque vous esclaircirez bien mieux que moy les choses que j’aurois peu faire sçavoir au Roy touchant leur conduite dans les affaires temporelles, je ne scay néanmoins s(y je ne me serois point trompé en me laissant un peu trop légèrement persuader au rapport qu’on m’en avoit faict, je remets toutefois à vostre prudence et aux bons examens que vous en ferez la diffinition de cette affaire .Pour quoy Monseigneur, si vous trouvez dans mon procédé quelque manque dans le général je vous conjure de le faire congnoistre à Sa Majesté affin que ma conscience ne puisse estre chargée avec le particulier mon intention selon mon advis n’ayant jamais esté que de servir fidelle-ment le Roy et maintenir l’authorité de la charge dont il m’afaict l’hon-iieur de m’honorer en ce pays icy ; je prendray la liberté, Monseigneur de vous faire une très humble prière qui est de me faire la grâce de voul-lmr estre l’exécuteur de mon testament en ce pays, et que s’il y a quelque chose qui soit contre les formes comme ne sachant pas bien les affaires, do le vouloir néanmoins faire exécuter comme l’ayant faict selon ma conscience, ma bonne foy et mon honneur, je vous priré aussy, .le consi-ilérer les personnes que j’ay reeognues attachées au Service du Roy dont les principaux sont employé/, au Conseil Souverain et entr’autres la per-smne de Monsieur d’Arpentigny.Je vous priray aussy d’avoir en considération la personne du sieur d’Angoville Major de la Garnison que j’ay emeiné de France pour y estre placé et lequel a toujours bien servy le lîoy, et qui obéira fidellement à tous ses ordres.Vous aurez aussy pour agréable un petit présent que je vous faiets qui est une petite baric-qUe de vin d’Espagne que le Sieur d’Angoville est chargé de vous présenter de ma part et de vous asseurer que je vous suis, Monseigneur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.Signé “MEZY” Et sur le dos est eseript : “Monseigneur, Monseigneur de Prou-ville Tracv, Lieutenant Général pour le lîoy, en toute l’Amérique.ENGAGEMENT DE CHARLES PRIEUR, CHIRURGIEN, AU SIEUR LOUIS PRAT, POUR S’EMBARQUER SUR LE BATEAU NORMAND (RIVET, 21 AVRIL 1716) Pardevant le nore Royal en la prévosté de Quebec y résidant soussigné, furent présents le sieur Rouis l'rat capitaine de port en cette ville, d'une part ; et Charles Prieur demeurant en cette ville d'autre part lesquels ont fait les marché et conventions qui ensuivent c’est à sçavoir que le d, Prieur promet et s oblige de s’embarquer sur le batteau NORMAND du d.sieur Prat en qualité de chirurgien, et ce incessamment pour aller faire la pesche au Cap Breton a laquelle pesche il travaillera de son pouvojr, duquel lieu le d.sr Prat s’oblige de le prendre après la d.pesche et de le faire embarquer sur le navire qu’il fait construire pour faire la campagne suivant la destination qui en sera faite en la d.qualité de chirurgien, et de le ramener en cette ville, ce marché fait moyennant que le d, sjeur Prat promet et s’oblige payer au d.Prieur la somme de vingt cinq livres monnaye de Prance de gages par mois qui commanceront ft couiir du jour du départ de cette ville du d.batteau NORMAND pour la d.pesche sur lesquels gages le d.Prieur reconnajst avoir rcceu du d.sieur Prat par avances la somme de soixante deux livres dix sols de France.Dont.etc.quittant, etc, et Ih surplus de ses gages luy seront payés en France.Car ainsy, etc,, promettant et sous l'obligation et renonçant etc.[.'ait et passé au d.Québec en la maison du d.sieur Prat.avant midy le vingt-une avril mil sept cent seize en présence des sieurs Jean Gastin St-Jean et Joseph l’agé témoins demeurants au dit Quebec quj ont avec les d.parties et nore signé.L.PRAT, CHARGES PRIEUR, J.GASTIN, J.PAGE, RIVET (1).(1) Insinuations du Conseil Souverain, Cahier A, p.21.(1) Archives Judiciaires do Québec. -1239 — DENONYILLE Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville, gouverneur du Canada de 1685 à 1689, remplaça celui qui a été le plus piètre, le plus incapable des gouverneurs sous le régime français (1).Mais l’effet de ce changement ne soulagea pas beaucoup le pays, car le nouveau titulaire n’était certainement pas l’homme qu’il nous fallait en ces temps critiques.Les auteurs d’histoires de la Nouvelle-France ou du Canada ont tour à tour proclamé M.de Denonville : honnête vertueux et brave 1 II pouvait être paré de ces dons fort estimables et cependant manquer en points essentiels pour être bon administrateur, surtout d’un jeune pays comme le nôtre, en butte alors à toutes sortes de misères, d’obstacles dangereux, même périlleux, pour sou développement.Où a-t-on trouvé ces qualificatifs flatteurs?Qui les a exprimés le premier?Etaient-ils bien vrais ?Il faut parcourir plus d’un mémoire ou journal intime, tracé au jour le jour parfois, par des gens d’épée, île robe, d’église ou de quelque grande dame de la cour, pour faire la glanure d’incidents, de menus laits, sans importance, isolés, mais qui, groupes, mettent en lumière des Choses qu’on ne pourrait jamais débrouiller autrement.Ce hi’est qu’ainsi que l’on peut connaître au juste le caractère de M.de Brisay, notre gouverneur.Ce gentilhomme était colonel de dragons.C’est probablement à ce titre qu’on lui a attribué la bravoure.Qui porte l’épée, doit être un vaillant ! Le colonel mérita-t-il cette appellation par quelque action d’éclat sur les champs de bataille ou à la suite d’une carrière bien remplie?Cela, il est impossible de le dire.Les mémorialistes de jadis n’en soufflent pas un mot.Nous n’avons pas eu la bonne fortune de rencontrer le nom du sieur de Denonville attaché à un fait d’arme, glorieux ou brillant, dans toutes nos lectures de livres anciens.Il était colonel des dragons du régiment de la Reine.Cette troupe lui appartenait tout en relevant du roi.Après sa nomination au gouvernement du Canada, le monarque lui paya 20,000 écus pour ce régiment, et il en fit cadeau immédiatement au cadet des Mursés, neveu de Mde fl) Bull.Rech.Hlst.Lévis, 1914, p 46. — 240 de Maintenon.Ces charges, comme bien d’autres, s’achetaient ; il n y avait qu’à y mettre le prix.Le caractère de M.de Denonville, dans ses points faibles, péchait pur indécision.Il manquait du tact et de l’énergie très nécessaires au rang eu’il venait occuper.S’il arrêtait un plan, fixait un parti, il s’attardait dans leur exécution, et, les délais préjudiciables qui s’ensuivaient rendaient ses projets presque sans résultats pratiques.Il perdait tout le fruit qu’une entreprise bien menée lui aurait donné.Si, comme colonel, il connaissait l’art de la guerre à la façon européenne, il ignorait celui de conduire une campagne contre les Iroquois, et, il 11e voulut pas profiter des sages avis que des Canadiens renseignes lui of-irirent, quand il décida de porter le glaive et la torche dans le pays des Tsonnontouans.Il rompit avec ces farouches guerriers une paix que nous avions avantage à conserver, et la guerre qu’il leur fit n’était pas nécessaire.Il fit saisir des chefs sauvages (pii se regardaient comme protégés par les lois de l’hospitalité, et couronna ce méfait en les envoyant aux galères en France.Cette façon d’agir fut désapprouvée en haut lieu, et les pauvres peaux-rouges ainsi mal traités furent renvoyés au Canada.Ce traitement indigne indisposa contre nous ces races rancunières et prépara le désastre de Lachine de 11189 ! Ayant décidé la guerre contre les Iroquois, Denonville fit des préparatifs sur une grande échelle pour envahir leur pays.11 demanda des soldats à la France, construisit des bateaux plats pour traverser le lac Ontario, et s’employa pendant sept ou huit mois dans l’organisation de son effectif.Après cette préparation soignée il entra en campagne.Dès le premier choc l’ennemi prit la fuite, et, au lieu de le poursuivre et de l’anéantir, Denonville se contenta de détruire leurs quatre bourgades et de brûler leurs blés qu’il chiffre à un nombre exagéré: 400,000 minots.Au retour de son expédition il bâtit un fort au Niagara pour arrêter les sauvages, mais cette barrière était insuffisante et pendant qu’il approvisionnait cette place les ennemis se répandaient partout dans la colonie ef y semaient la terreur.Le gouverneur dut abandonner ce fort sans établir aucune condition de paix avec scs antagonistes.Charlevoix qui a visité le Canada en 170.5 rapporte dans son Histoire de la Nouvelle France (livre NI) “que dans plusieurs occasions — 241 — Denon ville manqua de déployer l’activité et la vigueur nécessaires pour inverser les plans des ennemis.Son influence personnelle sur les surnages fut a peu près nulle, car il ne put jamais surmonter une aversion naturelle qu il ressentait pour eux.” Les Deiionville ayant influence en cour l’historien se hâte d’ajouter en guise de palliatif : —“Dans les grandes circonstances il savait néanmoins surmonter ses sentiments et traiter convenablement avec ces bar-rares quand 1 occasion le requérait.” Quand ?Rappelé en h rance, il fut nommé sous-gouverneur des enfants du Dauphin.Cela lui convenait mieux.Cette nouvelle fonction lui donnait ses entrées chez le roi, chose qui flattait sa vanité, car il était vain et pompeux.St-Simon en parle dans ses Mémoires.11 commence par des louanges et termine en termes injurieux, méprisants.Il annonce le décès de Deiionville en 1710 :-“Denonville mourut aussi, brave et vertueux gentil-homme qui avait été gouverneur général de Canada, où il avait les nen servi, s était fait aimer et avait acquis la confiance de tous les sauvages.” Le sarcastique St Simon ! où a-t-il trouvé ce qu’il met dans les deux dernieres lignes.Il ajoute : A la cour ou M.de Beauvilliers le fit sous-gouverneur des enfants de Monscgneurs, rien de si plat.Il ne fut heureux en femme ni en entants.(Mémoires de St-Simon, tome VIII, 106.) Au bas d une page du journal du marquis de Dangeau (Vol XIII P 251 ) courtisan de Louis XIV, St Simon a glissé une griffe méchante,’ a la suite de 1 annonce du décès de Deiionville “Ce Deiionville était un brave brigadier de dragons et qui avait fait merveille en Canada où il avait.été gouverneur général.” ( Voici le coup de dent :) • • -C’était une espèce d’imbécile, bien dévot et bien incapable
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