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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1923-08, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN b ES Recherches Historiques VOL.XXIX X I».DE LEVIS—AOUT Xo 8 UC BOURGEOIS SOUS LE REGIME ERA NC Al S Dans les remontrances faites au roi de France sur l’article premier de l’Ordonnance d'Orléans, le Parlement dit que “sous le nom de bourgeois, sont compris bons citoyens, habitants des villes, soit officiers du Roi, marchands, gens vivant de leurs rentes et autres.” Cette définition du bourgeois est un peu large En tous cas.elle ne laisse pas connaître les conditions nécessaires pour acquérir le droit de bourgeoisie.Dans une récente livraison de Y Intermédiaire des chercheurs et curieux, nous trouvons une notice assez complète sur le droit de bourgeoisie.Nous en extrayons les lignes suivantes : “L’institution de la bourgeoisie fut pour le roi de France un des moyens les plus efficaces pour étendre son autorité et son pouvoir.“A un moment où tout en France était devenu fief, les successeurs de Hugues Capet imaginèrent d’affranchir les serfs puis de créer des bourgeois.C’était l’apparition d’une classe nouvelle et libre (pii tenait l’intermédiaire entre les nobles et les vilains."On conçoit aisément le succès de cette nouveauté.Les bourgeois se multiplièrent considérablement.On ne pouvait de serf devenir bourgeois mais pour l'en rendre capable on commençait par lui donner des lettres d’affranchissement.“Sans exempter les bourgeois de toutes les servitudes féodales, les chartes et ordonnances en opéraient la fixation.On évitait ainsi les abus d’un arbitraire souvent scandaleux, voulait, par exemple, qu’une veuve ne put se remarier, un père ne put marier ses enfants, les particuliers en gé-il disposer de leurs meubles et immeubles in vita paritcr morte sans en acheter d'abord la permission de leur sei- qu qtt néj et ni gneur.“L institution de la bourgeoisie connut une triple étape.A l’origine, le droit de l'accorder était non de souveraineté mais purement féodal.Aussi le seigneur dans son fief pouvait-il créer des bourgeois comme le roi dans son domaine.Plus tard, l’idée de suzeraineté s’étant combinée avec celle de souveraineté les rois créèrent des bourgeois dans les fiefs des seigneurs.Us leurs donnèrent le nom de bourgeois du roi.Ceux-ci échappaient ainsi au moins quant à la personne à la juridiction seigneuriale et pouvaient cependant conserver leur domicile sur la terre du seigneur.Par un artifice on leur donnait un domicile fictif en leur accordant la bourgeoisie.Pour ceux-là le seigneur ne pouvait plus les réclamer alors qu’au contraire, en vertu de sa suzeraineté, le roi pouvait réclamer ceux des seigneurs.“Les formalités avaient été fixées par l’ordonnance de Philippe le P>el de U87 : “Quand aucun veut entrer en aucune bourgeoisie, il doit aller au lieu dont il requiert être bourgeois et doit venir au prévôt du lieu ou à son lieutenant ou au maire des lieux qui reçoivent des bourgeois sans prévôt et dire à cet officier: Sire, je vous requiers la bourgeoisie de cette ville et suis appareille de joire ce que je dois.Alors le prévôt, ou le maire, ou le lieutenant, en la présence de deux ou de trois bourgeois de la ville, du nom desquels les lettres doivent faire mention, recevra sûreté de 1 entrée de la bourgeoisie, et que le récipiendaire fera ou achètera, pour raison de la bourgeoisie, une maison dans 1 an et jour, de la valeur de 60 sous parisis au moins.Cela fait et enregistré le prévôt ou le maire doit donner à l'impétrant un sergent pour aller avec lui par de- — 227 — vers le seigineur sous lequel il est départi, ou devant son lieutenant, pour lui faire savoir que l’impétrant est entré en la bourgeoisie de telle ville, à tel jour et en tel an, ainsi qu’il sera contenu dans les lettres de bourgeoisie.b.ntin, dans une troisième époque le roi s’attribue seul le pouvoir de créer des bourgeois a l’exclusion des seigneurs.L ne instruction de Charles V rédigée en 1372 à l’occasion de la cession de la baronie de Montpellier au roi de Navarre en échange de quelques villes porte qu’il se réserve tous les droits de souveraineté, lesquels sont rs appartenant au ioi seul et pour le tout et en particulier celui de bourgeoisie._ ü y avait alors deux moyens de parvenir à la bourgeoisie : soit en vertu d’une concession générale accordée à tous les habitants d un lieu ; elle était dite réelle parce que attachée au territoire, se transmettant aux héritiers par la naissance et se communiquant par le mariage ; soit en vertu d'une concession particulière, elle était dite personnelle et s obtenait par 1 agrégation formelle d’une personne à un corps de bourgeoisie.Les nobles ne pouvaient jamais devenir bourgeois, non plus que les ecclésiastiques.Chaque bourgeoisie avait d’ailleurs ses coutumes particulières : A Lille, on excluait tout ennemi du roi ou de la ville ; à Paris, il fallait prouver une résidence d’au moins un an et un jour ; à Lyon, on exigeait une inscription sur les registres de la ville, une déclaration des biens et une résidence consécutive de dix ans à raison au moins de sept mois par an : à Calais, outre un certificat de bonnes vie et moeurs, le candidat devait justifier qu il n’était pas issu d'une famille de lépreux.“Quant aux privilèges ils variaient d’une cité à l’autre et il serait impossible ici d’en fournir le détail.” Ceux qui voudraient connaître les privilèges des bourgeois dans les différentes villes de France peuvent consulter avec profit le Traité des .seigneuries de Loyseau où ce sujet est traité au long.Sous le régime français, avons-nous eu à Québec et à Montréal des bourgeois comme il en existait en France ?¥ 64 Plusieurs habitants de Québec et de Montréal sous l'ancien régime, se qualifiaient de bourgeois.Combien parmi eux avaient réellement droit a ce titre ?Quelques-uns seulement.Au registre de la Prévôté de Québec, à la date du 7 novembre 1670, nous trouvons les lettres de bourgeoisie accordées par ce tribunal a Simon Mars, qui devint un des citoyens importants de la capitale.Nous citons : “Est comparu par devant nous Simon Mars leql.avant fait résolution de s habituer en ce pavs et à cette fin avant mandé Anne de Foy sa femme à présent à la Rochelle fin-ayant jusqu à présent demeuré comme bourge de la d.ville ainsy que ses enfants au nombre de sept, nom a requis de luy donner acte comme il prétend demeurer en cette ville en qualité de marchand et bourgeois d’icelle pour jouir par fin- et par les siens du privilège de bourgeoisie et d’habitant de cette ville, pourquoy ( )u\ le procureur du Roy qui a joint son réquisitoire à la demande du d.sieur Mars et requis que le d.sieur Mars Puisse jouir et les siens du d.privilège, serment par luy préalablement fait comme il aurait sa famille pour habituer en celte ville, nous faisant droit sur la requeste du d.sr.Mars et requête du procureur du Roy après serment par luy à nous lait faire et ses enfants pour habituer en cette ville lequel.ils seraient desjà venus et arrivés sans la ma- ladie pourquoy elle a esté restenue en France, veu .qu’il v a trois ans que le d.sr Mars est résidant en cette ville, ^t9u.s;.llue le d.s.Mars à l’advenir a jouir des privilèges des bourgeois de cette ville, et defifendons à toutes personnes de le troubler aux commerces, et traffiqs qui sont et appartiennent aux habitans et bourgeois d’icelle.Dont acte pour servir et valloir au s.Mars ce que de raison et a le d.sieur Mars, le procureur du Rov et nous signé.Boulduc—Simon Mars—L.-T.Chartier.” D’autres particuliers ont pu obtenir le droit de bourgeoisie dans la Nouvelle-France, mais les lettres de bourgeoisie accordées a Simon Mars sont les seules que nous avons trouvées dans les registres de la Prévôté de Québec.P.-G.R. NOS CROIX DE CHEMINS III Entre les croix anciennes dont il reste un souvenir, nous pouvons signaler celle qui fut érigée à la mémoire du R.P.Récollet Nicolas Yiel, premier martyr canadien Citons ce qu’en dit l'historien du Sault-au-Récollet : "De tout temps une croix a été entretenue sur la partie la plus élevée de Pile de la Visitation.Les missionnaires de la Nouvelle-Lorette, tous les curés, d’accord avec leurs paroissiens, ont eu à coeur de la renouveler, de la conserver.Elle s’élève en face du saut réellement le dernier de la rivière des Prairies.Aucune raison ordinaire ne peut y expliquer sa présence.Ce n’était pas la croix sur le bord du chemin ; de tout temps, elle dominait une île inhabitée.Si vous demandez aux anciens pourquoi cette croix a été plantée, ils vous répondent qu'ils ont entendu dire dans leur jeune âge qu'autre fois un religieux a été enterré là."Je recueille cette tradition avec un profond respect, personne ne m’accusera de témérité en m’appuyant sur elle pour dire (pie le vaillant martyr a bien pu dormir son premier sommeil de mort sur cette plage, là où la croix s'élève, et que l’on a entretenue avec tant de fidélité."L’effroyable attentat une fois commis, les voyageurs ayant descendu le dernier saut, ont entendu les cris farouches des sauvages sur la rive.Ils ont vu "les affiquets” flottant sous la brise ; certainement quelque chose d’étrange se passait.“Ils sont accourus, puisque le Père Le Clercq atteste qu’ils ont sauvé ht chapelle, le calice, comme nous l’avons vu plus liant.Des recherches immédiates ont été faites.Une fois le corps retrouvé, peut-être plusieurs jours après la mort, comment pouvait-on le transporter à Québec ?Ne puis-je pas supposer qu’on l’a enterré à cet endroit, et qu’on est venu le chercher plus tard dans une embarcation plus propre à son transport ?Je ne vois que cette manière d’expliquer la présence de cette croix, comme aussi la tradition (pii s’y rattache. — 230 — "J'aime ces souvenirs du passé, et je cherche à garder, belles et pures, les traditions des aïeux, h,lies sont comme incrustées aux flancs des frêles embarcations d’antan, aux rochers escarpés de nos montagnes comme aussi elles plongent dans le fond des eaux en furie, pour déposer sur les gazons vierges de nos plages, les restes de nos plus grands héros.“Qu'elles soient vraies ou douteuses, ces traditions, elles accusent quand même chez nous un souvenir qui ne meurt Pas, une pensée de reconnaissance qui passe d’un coeur à 1 autre, \iai culte des patriotiques exploits, des immenses sacrifices, des morts de héros, trame mystérieuse et sacrée de gloiie, se perpétuant saine et vivace au sein de nos campagnes.La c i oix abi îte toutes ces saintes choses, consacre pour toujours d'aussi glorieux souvenirs.Aussi, jeunes ou vieux, tous saluent ce signe de vraie conquête, de garde tutélaire.Qu ils vénèrent toujours à son ombre, la mémoire de cet homme du plus pur et du plus généreux dévouement.Quand vous piomènerez vos pas sur cette rive par une belle soiree, que le soleil dorera la cime des escores.plongé dans les doux charmes de la nature, arrêtez vos regards sur cette onde, et demandez-lui de vous dire quelque chose des courages et des immolations du passé, afin d’animer votre vie du souille des nobles aspirations.” ( i ) Hélas, le temps n’a pas respecté cette croix historique et un coup de vent 1 a un jour précipitée sur le sol.Ce que voyant, la section locale de la société Saint-Jean-Baptiste l’a remplacée par une nouvelle.Mais cette fois, on a abandonne le site pittoresque de l’ile de la Visitation.On a nréféré, pour raisons valables, sans doute, la planter dans Tile de Montréal, à côté de l’ancien fort Lorette, tout près du boulerai d Ciouin.Deux inscriptions nous fournissent, à son sujet, les renseignements ci-dessus : Première inscription, au coin du boulevard : “Salut à la croix érigée en 1696 et renouvelée en 1922.en mémoire du Père Nicolas Viel, martyrisé au printemps (1) l.’abbf .SS. — -31 de M>_î5.Kt salut aux restes du Fort de la Nouvelle-Lorette.bâtie en i par M.Yachon de Belmont." Deuxième inscription, sur la croix même : • "A la gloire du Père Nicolas Yiel, récollet, premier martyr du Canada, 1625.Société St-Jean-Baptiste, section du Sault-au-Récollet, le 25 juin t
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