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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1929-10, Collections de BAnQ.

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4.Çh mQD.««*»< LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XXXV OCTOBRE 1929 No 10 JEAN DE RIGAUD DE VAU DR EU IL Jean de Rigaud de Vaudreüil était le troisième fds de Philippe de Rigaud de Vaudreuil, qui fut gouverneur de la Nouvelle-France de 1703 à 1725, et de Louise-Elisabeth de Joybert.Il naquit à Québec le 23 janvier 1695.L’acte de son baptême au registre de Notre-Dame de Québec dit: “ Le vingt-quatrième jour du mois de janvier de l’an mil six cent quatre vingt-quinze, a été baptisé par moy hran-çois Dupré, curé de Québec, Jean, né le jour d’hier, fils de messire Philippe de Rigault, chevalier, seigneur de \ au-dreuil, commandant des troupes du Roy en ce pais, et de dame Louise-Elisabeth de Joybert, sa femme; le parrain a été messire Jean Bochart, chevalier, seigneur de Champigny, Noroy et Verneuil, conseiller du Roi en ses Consls, intendant de justice, police et finances en ce dit pais, et la marraine, dame Françoise Chartier, veuve de défunt Pierre de Joybert, .écuyer, seigneur de Joybert et de,Marson, vivant commandant pour le Roy en l’Acadie.” En 1708, le jeune de Vaudreuil obtenait une enseigne dans les troupes du détachement de la marine servant dans la Nouvelle-France.Il entra en 1710 dans les Mousquetaires du Roi, et fit la campagne de 1711 en cette qualité. — 578 — Il fut reçu, lç-'9 janvier 1712, eftseigtne'au Régiment ch Gardes Françaises, fit la campagne de cette année, et > trouva au combat de Denain, aux sièges de Marchienne, (h Douai, du Quesnoy et de Bouchain.Le 23 juillet 1713, M.de Vaudreuil était promu lieutenant au même régiment; le io janvier 1720, sous-lieu tenant de Grenadiers; et, le 8 août 1721, sous-aide-major.Le 15 mai 1728, il obtenait un ordre du roi pour tenii rang de lieutenant dans le Régiment des Gardes Françaises, quoiqu il ne fût que le treizième sous-lieutenant.Reçu lieutenant en pied le 22 mars 1730, et aide-major le 1er juin suivant, il fit en cette qualité la campagne de 1734, se trouva a 1 attaque des lignes d’Ettlingen et au siège de Phi-lippsbourg, , Capitaine aux Gardes Françaises le 6 mai 1738, et nom me par le roi, au mois d’avril 1742, major-général de son aimée en Bohême sous les ordres des maréchaux de Broglie et de Belleisle, il se trouva à la bataille de Sailiy, à la levée du siège de Frawembèrg, au siège de Prague et à la retraite pour rentrer en Prance au commencement de 1743.Le 2 mars 1743- ^I- do \ audreuil obtenait une pension de 2000 livres sur l’Ordre de Saint-Louis.Il fit encore la campagne de cette même année, et se trouva à la bataille (1 Lttlingen après laquelle il fit, le reste de la campagne, les fonctions de major-général au lieu du comte de Çhabannes, tombé malade, et auquel il succéda comme major du Régi ment des Gardes Françaises le 22 mai 1744.Brigadier des armées du roi au mois de juin 1744, il fît a campagne en qualité de major-général de l’armée; se trou-\u aux sièges de Meriin, d "N près et de Fûmes, et conduisit 1 aimée aux ordres du maréchal de Xoailles pour aller au se cours de l’Alsace.Il se t ion va au combat de Richvaux; fut chargé dti dé tail du siège de Pribourg en Brisgau et des châteaux sous es 01 dies du maréchal de Coigny qui prit le commandement de 1 armee sous l’autorité du roi qui était présent.Il fut charge de la capitulation de cette place, et nommé pour porter au 101 les drapeaux de la garnison, de la ville et des châteaux. — 579 — En 1745, Louis XV nommait M.de Vaudreuil major-général de l'armée de Flandres.Le chanoine Hazeur de L’Orme, alors à Paris écrivait à son frère, à Québec, le 17 août 1745: “ Les demoiselles de Vaudreuil se portent fort bien.Le chevalier, leur frère, a été fait major des Gardes Françaises et major général de l’armée de Flandres.Le Roi lui a donné le cordon rouge, et depuis peu il a été fait grand-croix.C’est faire son chemin en peu de temps.Sa place de major des Gardes Françaises lui vaut plus de trente milles livres de rente.Cette nouvelle fera plaisir à sa famille.” En effet, M.de Vaudreuil faisait son chemin en peu de temps, mais disons qu’il le faisait sur les champs de bataille et non dans les salons de Versailles.La même année, en effet, il se trouvait à la bataille de Fontenoy et au siège de Tournay, ef, fut chargé de la capitulation de cette place.Il servit de plus au siège d'Üudenarde et à la prise de Gand.M.de Vaudreuil avait été fait chevalier de Saint-Louis en 172O.Au mois de février 1745, il fut promu commandeur du même ordre, puis, le ter mai de la même année, maréchal de camp, et, enfin, au mois de juin, grand-croix de l’Ordre de Saint-Louis.M.de Vaudreuil fit les campagnes de 1746 et (le T747 cn la même qualité de major-général sou?les ordres du maréchal de Saxe, et se trouva aux batailles de Raucoux et de Lanfeld.Lieutenant-général des armées du Roi le io mai 1748- >1 fit la campagne de cette année encore sous le maréchal de Saxe.11 fit le siège de Maestrick, et fut chargé de la capitulation de cette place.A partir de 1748, M.de Vaudreuil reprit son service de major du Régiment des Gardes Françaises.C’est en cette qualité quil fut chargé de l’arrestation du prétendant Charles-Edouard.Les Mémoires de Luynes le mentionnent plusieurs fois à ce sujet.Le 11 novembre 1755, Louis XV nommait M.de Vaudreuil gouverneur de Gravelines.Il 1 en fit aussi grand bailli ainsi que de la viUe de Bourbourg, en Flandres.M.de Vaudreuil décéda à Paris en 1780. — 580 — Notons ici que dans sa jeunesse M.de Vaudreuil fut plutôt connu sous le qualificatif de chevalier de Vaudreuil.Plus tard, il prit le titre de vicomte de Vaudreuil (i).Le vicomte de Vaudreuil avait épousé, à Paris, le 4 janvier 1759, Louise-Thérèse, fille de haut et puissant seigneur messire Charles-Henri Le Clerc de Fleurigny, chevalier, sei-gneui d Erainville, et de dame Marie-Louise Barré.Ils eurent un fils: r _ /ean-Loms de Rigaud de Vaudreuil Né le 14 février 1763.Fc loi lui accorda dès sa naissance une pension de 1000 ivres et la survivance de la charge de grand bailli de Bour-bourg et de Gravelines.A quinze ans, il entra au service dans le régiment de Dragons-Dauphin, que commandait son cousin, le comte Joseph-Hyacinthe-François de Paule de Rigaud de Vaudreuil.Le jeune oil icier partit avec les troupes françaises envoyées au secours des colonies anglo-américaines luttant contic la métropole pour obtenir leur indépendance.Il servit en qualité d'aide de champ du chevalier de Chastéllux.J1 prit part a bon nombre d’engagements importants, et se distingua plusieurs fois.Il fut décoré de l’ordre de Cincinnatus à l’issue de la campagne.I eu de temps après son retour en France, il fut nommé colonel (1785).Il n avait que vingt-trois ans.II émigia en Allemagne dès le commencement de la Revolution.En 1792, il fut un de ceux qui envahirent la France à la suite des Prussiens.Il agit en qualité d'aide de champ du comte d Artois.Le vicomte de Vaudreuil avait eu l’intention de prendre Qlllberon’ en *795.et dans ce but il rSmS?7°rld-A fmag”e en An"leterre, accompagné du gi eut de Choiseul, mais le gouvernement anglais s’opposa a leur depart, et le coup de foudre qui mit brusquement bn a 1 expedition rendit inutile autant qu’impossible tout mouvement ultérieur.(1) Nos renseignements sur M.(le Vaudreuil sont nom- i„ ni., part empruntes a l'Armonial général de France dè d’Ho/!ler — 581 — En 1800, M.de Vaudreuil fut envoyé à Saint-Peters-bourg en qualité d’agent de Louis X\ 111 auprès de l’empereur de Russie.Lorsque Louis XVIII se retira en Ecosse.M.de Vaudreuil l’y suivit avec plusieurs des membres de sa famille.A la Restauration, il rentra enfin dans sa patrie.Louis XVIII récompensa son dévouement et sa fidélité en lui accordant le grade de lieutenant-général.Atteint depuis plusieurs années d’une cruelle maladie, qui affaiblissait ses forces morales en même temps que sa vigueur physique, il mourut à Paris le 20 avril 1816.Le vicomte de Vaudreuil avait épousé, en 178r, \ ictoi-re-Pauline, fille de Victor-Maurice de Riquet, comte de Cara-man, lieutenant-général et commandant en Provence.Elle décéda à Paris le 7 décembre 1834, à l’âge de 69 ans.On peut voir les épitaphes du vicomte et de la vicomtesse de Vaudreuil dans le cimetière du Calvaire, ancien cimetière paroissial de Montmartre, à Paris.Elles disent: “ Bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur, leurs actes les suivent.” Ici repose Jean-Louis de Rigaud Vicomte de Vaudreuil Lieutenant-général des armées du Roi Décédé le 20 avril 1816 A l’âge de 54 ans Il eut le bonheur de terminer ca carrière Fidèle à Dieu et à son roi.Ici repose Victoire Riquet de Garaman Victomtesse de Vaudreuil Décédée le 7 décembre 1834 A l’âge de 69 ans et ro mois Munie des sacrements De notre mère la sainte Eglise.Miséricordieux Jésus Donnez-leur le repos éternel. 582 — MOUCHOIRS DE COL ET DE POCHE Nous nous figurons difficilement pouvoir nous passer de mouchoir.Pourtant, un collaborateur de Comedia nous miorme qu il n y a guère plus de trois cents ans que l'usage du mouchoir est passé dans les moeurs”., *c6 ^ Montréal, le mouchoir apparait dans les inventaires a partir de 16()0, mais il convient d’ajouter qu’il y avait deux sortes de mouchoirs, les uns se portaient autour du cou et on les nommait “mouchoir de col”, les autres s’appelaient mouchoir à moucher et mouchoir de poche.Cette dernière expression était encore fréquemment employée, il y a quelques années, si même elle ne l’est pas encore.En tout cas, voici le relevé que j’ai fait, ici et là, dans quelques inventaires.17 janvier.— Doc.judiciaire: t mouchoir de col et passement estimé à 4 livres, 10 sols; 5 mouchoirs garnis de Razes a 2 livres, 6 sols pièce.1062, 8 février.— Inventaire des biens de feu Lambert Clos se par Basset : 1 mouchoir de col de toile de batiste; 1 mouchoir de taffetas noir petit; 1 mouchoir de col, uni et 22 mouchoirs de toile fine à moucher et à col.il6ro "TiU?!et- ~ Inventaire des biens de feu Jean Ter-me_de 1 ,1e d Orleans, reproduit dans le Bulletin de 1927, p.M/>' 6 mouchoirs de poches, tout usés.16/3 19 juin.— Inventaire des biens de Jeanne Mance üasset : 22 mouchoirs de toile fine, tant à moucher qu’à 12 juillet — Doc.judiciaire.: Jean Milot tour à tour taillandier , marchand, seigneur, accuse Pierre Verrier de lui avoir vole, entre autres choses, un mouchoir à moucher.' _ 1678, 7 juillet.— Inventaire de feu Fillastreau : 24 mouchoirs et cravates.9 août.— Inventaire Letard par le notaire Maugue : 7 mouchoirs et cravates., f 16/,9’xt et 8 Jüil,let- ~ Inventaire des biens de L.-M.Go-N°rmanv,11e par Adhémar : 6 mouchoirs carrés de oilt blanche a 3 livres et 6 mouchoirs de poche, à 2 livres.par col. 583 — 1693, 22 décembre.— Inventaire des biens de fen Garrigue, par Basset : 5 mouchoirs de poche et 2 mouchoirs de toile de coton à 3 sols pièce.1697, 20 octobre.— Inventaire par le notaire Adhémar : 4 mouchoirs à femme, de col, en toile blanche, a 10 livres, 11 mouchoirs à moucher de toile blanche, à 8 livres, 5 sols.1717, 13 octobre.— Inventaire des biens des Frères Charon : Plusieurs mouchoirs rayés et 40 mouches de soie.1741.— Dans le recensement fait par les employés de la Compagnie des Indes, des tissus qui étaient entrés à Montréal, sans payer d’impôt, ( 1 ) on trouve mention de plusieurs mouchoirs “servant à couvrir des fauteuils ou des cadres .I741’ .1756, 8 janvier.— Inventaire des biens de lofticier, Pierre-François de Sarrobert : 24 mouchoirs de coton; a 6 sols pièce; 1 mouchoir de toile Cholet à 6 sols.(Cholet était renommée pour ses toiles de lin, ses mouchoirs, etc).11 décembre.— Doc.Judiciaires : Mouchoirs rouges à carreaux, à 12 livres, ,15 sois la doz; moucohirs bleus, à 10 livres, 10 sols, la doz; mouchoirs moins fins, à 5 livres la dozj mouchoirs Chaulette (Cholet) à 16 livres la doz; mouchoirs à la Capucine, à 35 sols la doz; mouchoirs en soie taffetas à 8 livres, 15 sols, la doz.1757, 17 novembre.— Doc.judiciaires.Mouchoirs en coton à carreaux.Voilà notre cueillette actuelle pour le régime français.Si l’on en croit une revue anglaise, le mouchoir en b rance, fut d’abord rond, puis oblong.Ce serait Louis X\ I et par ordonnance, datée à \ ersailles, le 23 septembre 1784, qui aurait décrété que le mouchoir serait carré, c est-à-dire aussi long que large.Nous entretenons quelque doute sur cette assertion puisque nous voyons, à la date des 5 et 8 juillet 1679, ci-dessus, la mention de mouchoirs carrés.Ce ne devait pas être les seuls.E.-Z.Massicotte (1) E.-Z.Mnssicotto.Un recensement inédit de Montréal en — 584 — A PROPOS DU SIEGE DE QUEBEC EN 1629 Sommation de David Kertk à M.de Champlain de lui remettre le Canada Messieurs, je vous advise comme j’ay obtenu commission du Roy de la grande Bretagne, mon très-honoré Seigneur & Maistre, de prendre possession de ce pais sça\ oir Canada & 1 Acadie, & pour cet effect nous sommes partis dix huict navires, dont chacun a pris sa route selon 1 ordre de.sa Majesté, pour moy je me suis desja saisy de la maison de Miscou, & de toutes les pinaces & chalouppes de cette coste, comme aussi de celles d’icy de I adoussac où je suis à présent à l’ancre, vous serez aussi advertis comme entre les navires que j’ay pris il y en a un appartenant a la Nouvelle Compagnie, qui vous venait ti cuver avec vivres & rafraîchissements, & quelque marchandise pour la traitte, dans lequel commandoit un nommé Norot : le sieur de la Tour estoit aussi dedans, qui vous venoit treuvçr, lequel j’ay abordé de mon navi-ie .je, m estois préparé pour vous aller treuver, mais i’ay treuvé meilleur seulement d’envoyer une patache & deux chalouppes, pour destruire & se saisir du bestial qui est au Cap de Tourmente, car je sçay que quand vous serez incommodé Me viyres, j’obtiendray plus facilement ce qiu je desiie, qui est d avoir 1 habitation : Se pour empesai161 que nul navire ne vienne je résous de demeurer icy, jusqu à ce que la saison soit passée, afin que nul navire ne v ienne pour vous avictuailler : c’est pourquoy voyez ce que desirez faire, si me desirez rendre l’habitation ou non, car Dieu aydant tost ou tard il faut que je l’ave je < esirerois pour vous que ce fut plustost de courtoisie que de force, a cette fin d’esviter le sang qui pourra estre respandu des deux costez, & la rendant de courtoisie vous vous pouvez asseurer de toute sorte de contentement, tant pour vos personnes que pour vos biens, lesquels sur la foy que je prétends en Paradis je conser’veray comme les miens propres, sans qu’il vous en soit diminue la moindre partie du monde.Ces Basques que je vous envoyé sont des hommes des navires que j’ay pris — 585 lesquels vous pourront dire comme les affaires de la France & l’Angleterre vont, & mesme comme toutes les affaires se passent en France touchant la compagnie nouvelle de ces pays ; mandez-moy ce que désirés faire, & si désirés traitter avec moy pour cette affaire, envoyés moy un homme pour cet effect, lequel, ft vous asseure de chérir comme moy-mesme avec toute sorte de contentement, & d’octroyer toutes demandes raisonnables que désire-rés, vous resoudant à me rendre l’habitation.Attendant vostre responce & vous resoudant ce faire ce que dessus je demeureray, Messieurs, & plus bas vostre affectionné serviteur David Quer, Du bord de la Yicaille ce 18 Juillet 1628.Stille vieux, ce 8 de Juillet stille nouveau.Et desseus la missive estoit escrit, à Monsieur de Champlain, commandant à Québec (Champlain, partie II, p.175).Réponse du sieur de Champlain à la lettre de David Kcrtk, qui le sommoit de lui remettre le Canada Monsieur, nous ne doutons point des commissions qu’avez obtenues du Roi de la Grande-Bretagne ; les grands Princes font toujours élection des braves & généreux courages, au nombre desquels il a élu votre personne pour S’acquitter de la charge en laquelle il vous a commis pour exécuter ses commandemens, nous faisant cette faveur, de Nous les particulariser, entre autre celle de la prise de Norot & du sieur de la Tour, qui apportoit nos commodités, la vérité que plus il* y a de vivres en une place de guerre, mieux elle se maintient contre les orages du temps; mais aussi ne laisse de se maintenir avec la médiocrité quand l’ordre y est maintenu.C/est pourquoi ayant encore des grains, blés d’Inde, pois, fèves, sans ce que le pays fournit, dont les soldats de ce lieu se passent aussi-bien que s’ils avoient les meilleures farines du monde; & sachant très-bien que rendre un fort & habitation en l’état que nous sommes maintenant, nous ne serions pas dignes de paroître hommes devant notre Roi, que nous ne fussions répréhensibles, & mériter un châtiment rigoureux devant Dieu & les hommes, la mort, combatant, nous sera honorable ; c'est pourquoi que je sai que vous estimerez plus — 586 — notre courage en attendant de pied ferme votre personne avec vos forces, que si lâchement nous abandonnions une chose qui nous est si chère, sans premier voir l’essai de vos canons, approches, retranchement & batterie, contre une place que je m assure que, la voyant & reconnoissant, vous ne la jugerez de si facile acc^s, comme l’on vous auroit pû donner à entendre, ni des personnes lâches de courage à la maintenir, qui ont éprouvé en plusieurs lieux les hasards de la fortune; que si elle vous est favorable, vous aurez plus de sujet, en nous vainquant, de nous départir les offres de votre courtoisie, que si nous vous rendions possesseurs d’une chose qui nous est si recommandée par toute sorte de devoir que l’on sauroit s imaginer.Pour ce qui est de l’exécution du cap de T ourmente, brûlement du bétail ; c’est une petite chaumière, avec quatre a cinq personnes qui étoient pour la garde d’ice-lui, qui ont été pris sans verd par le moyen des Sauvages; ce sont bêtes mortes qui ne diminuent en rien ce qui est de notre vie, que si vous fussiez venu un jour plus tard, il n’y avoit lien à faire pour vous, que nous attendons d'heure à autre P0111" vous recevoir, & empêcher, si nous pouvons, les prétentions qu avez eu sur ces lieux, hors desquels je demeurerai, Monsieur.Et plus^ bas, votre affectionné serviteur, Champlain.Et dessus, à Monsieur.Monsieur le Général Kertk.des vaisseaux Anglois (Champlain, partie II, p.158).Lettre de Louis & Thomas Kertk au sieur de Champlain, pour le sommer de leur remettre la ville de Québec Monsieur, en suite de ce que mon Frère vous manda 1 année passée, que tôt ou tard il auroit Québec; n’étant se-coiuu, il nous a chargé de vous assurer de son amitié, comme nous vous faisons de la nôtre; & sachant très-bien les nécessités exti crues de toutes choses auxquelles vous etes, que vous aiez à lui remettre le fort & l’habitation entre nos mains, vous assurant toutes sortes de courtoisies pour vous & pour lis \ôties, comme dune composition honnête & raisonnable, telle que vous sautiez désirer; attendant votre réponse, nous demeurons, Monsieur, vos très-affectionnés serviteurs.' Louis & Thomas Kertk Du bord du Elibot, ce 19 juillet 1629 (Champlain, partie I L p.-239). — 587 — Réponse du sieur de Champlain à Louis âr Thomas Kertk, pour la capitulation de Québec Messieurs, la vérité est que les négligences ou contrariétés du mauvais temps, & les risques de la mer ont empêché le secours que nous espérions en-nos souffrances, & nous ont ôté le pouvoir d'empêcher votre dessein, comme avions fait l’année passée, sans vous donner lieu de faire réussir vos prétentions, qui ne seront, s’il vous plait maintenant, qu’en effectuant les offres que vous nous faites d'une composition, laquelle on vous fera savoir en peu de temps, après nous y être résolus; ce qu’attendant, il vous plaira ne faire approcher vos vaisseaux à la portée du canon, ni entreprendre de mettre pied à terre que tout ne soit résolu entre nous, qui sera pour demain: ce qu’attendant, je demeurerai.Messieurs, votre affectionné serviteur.Champlain Ce uj juillet 162g (Champlain, partie II, p.239).Capitulation de Québec : articles demandés par les sieurs de Champlain & du Pont, le 19 juillet 1629 Que le sieur Kertk nous fera voir la commission du Roi de la Grande-Bretagne, en vertu de quoi il se Veut saisir de cette place; si c’est en effet par une guerre légitime que la France ait avec l’Angleterre, & s’il a procuration du sieur Kertk son frère.Général de la Hotte Angloise, pour traiter avec nous, il la montrera.Il nous sera donné un vaisseau pour repasser en France tous nos compagnons, & ceux qui ont été pris par le sieur Général, allant trouver passage en France, & aussi tous les Religieux, tant les Pères Jésuites que Récollets, que deux Sauvagesses qui m’ont été données, il y a deux ans, par les Sauvages, lesquelles je pourrai emmener, sans qu'on me les puisse retenir, ni donner empêchement en quelque manière que ce soit.Que l’on nous permettra sortir avec armes & bagages, & toutes sortes d’autres commodités de meubles que chacun peut avoir, tant Religieux qu’autres, ne permettant ou’il nous soit fait aucun empêchement en quelque manière & façon que ce soit. — 588 — Que l’on nous donnera des vivres à suffisance pour nous repasser en France, en change de pelleteries, sans que par violence ou autre manière que ce soit, on empêche chacun en particulier d’emporter ce peu qui se trouvera entre les soldats & compagnons de ces lieux.Que l’on usera envers nous de traitement le plus favorable qu’il se pourra, sans que l’on fasse aucune violence à qui que ce soit, tant aux Religieux & autres de nos compagnons, qu’à ceux qui sont en ces lieux, à ceux (pii ont été pris, entre lesquels est mon beau-frère Boullé, qui étoit pour commander à tous ceux de la barque partie d’ici, pour aller trouver passage pour repasser en France.Le vaisseau où nous devrons passer, nous sera remis trois jours après notre arrivée à Tadoussac entre les mains; & d’ici nous sera donné Une barque ou vaisseau pour charger nos commodités, pour aller audit Tadoussac prendre possession du vaisseau que ledit sieur Kertk nous donnera pour repasser en France, près de cent personnes que nous sommes, tant ceux qui ont été pris, comme ceux qui sont de présent en ces lieux.Ce qu’étant accordé & signé d’une part & d’autre par le dit sieur Kertk, qui est à Tadoussac Général de l’armée An-gloise & son conseil, nous mettrons le fort, l’habitation & maisons entre les mains dudit sieur Kertk, op autre qui aura pouvoir pour cet effet de lui.Signé Champlain & Du Pont Articles accordés aux sieurs Champlain & Du Pont Pour le fait de la commission de Sa Majesté de la Grande-Bretagne le Roi mon maître, je ne l’ai point ici, mais mon frère la iera voir quand ils seront à Tadoussac.J’ai tout pouvoir de traiter avec M.de Champlain, comme je vous le ferai voir.Pour le fait de donner un vaisseau, je ne le puis faire; mais vous vous pouvez assurer du passage en Angleterre, & d Angleterre en b rance; ce qui vous gardera de retomber entre les mains des Anglois, auquel danger pourriez tomber.Ht pour le fait des Sauvagesses, je ne les puis accorder pour raisons (pie je vous ferai savoir si j’ai l’honneur de vous — 589 — voir; que pour le fait de sortir armes & bagages & pelleteries, j’accorde que ces messieurs sortiront avec leurs armes, habits & pelleteries à eux appartenans; & pour les soldats leurs habits chacun, avec une robe de castor sans autre chose; & pour le fait des Pères, ils se contenteront de leurs robes & livres.Ce que nous promettons faire ratifier par mon frère Général pour la flotte pour Sa Majesté de la Grande-Bretagne.Signé L.Kertk.Et plus bas, Thomas Kertk.Et plus bas est écrit : Les susdits articles accordés avec les sieurs de Champlain & du Pont, tant par les frères Louis & Thomas Kertk, je les accepte & ratifie, & promets qu'ils seront effectués de point en point.Fait à Tadoussac, ce 19 août, style neuf, 1829.Signe David Kertk, avec un paraphe (Champlain, partie II, p.242).SAINT-MICHEL DE BELLKCHASSE Le 29 octobre 1672, Olivier Morel de la Durantaye recevait de l’intendant Talon la concession d’une seigneurie de deux lieues de front sur autant de profondeur à prendre sur le fleuve Saint-Laurent, tenant d’un côté à un demi-arpent au-delà du sault qui se trouve sur la terre du sieur des I lets (Beaumont) et de l’autre à l’anse de Bellechasse (Berthier), icelle non comprise.C’est sur la seigneurie concédée au sieur Morel de la Durantaye que s’élèvent aujourd’hui les deux belles paroisses de Saint-Michel de la Durantaye ou de Bellechasse et de Saint-Vallier.Saint-Michel de Bellechasse a célébré en juillet 1929 le dcux-cent-cinquantième anniversaire de son érection canonique et le cinquantième anniversaire de la fondation de sa chapelle de Notre-Dame de Lourdes.C’est à cette occasion qu’un des fils de Saint-Michel de Bellechasse, le R.P.Marie-Antoine Roy, O.F.M., a publié Saint-Michel de la Durantaye, notes et souvenirs, 1678-1929.Ce volume donne l’histoire delà seigneurie de Saint-Michel, détachée de la seigneurie de la Durantaye, et celle de la paroisse de Saint-Michel de Bellechasse. — 590 L’INTREPIDE VAUQUELIN M.Léon Ville, dans son roman historique sur Vauque# lin, (Tolra, Paris, gd.in-8) a chanté les exploits du héros, aux sièges de Louisbourg et de Québec.Au siège de cette première ville, l’auteur a bien signalé l’intrépidité de Vauquelin, qui, par une manoeuvre des plus habiles, se fraya un passage à travers la flotte ennemie.Mais ce coup d’audace couronnait des actes de bravoure et d’adresse consommées, dont fit preuve notre fameux marin, pendant l’attaque de Louisbourg par la puissante flotte anglaise.On ne lira pas sans intérêts les lettres suivantes, lesquelles nous apprennent que Vauquelin, en 1758, à Louisbourg, sur sa frégate YArcthuse, fut aussi grand héros qu'à Québec en 1760, sur YAtalante.¦ Lettre de M.Prévost, à Louisbourg, le 7 juillet 1758 : Monseigneur, La destination de l’Entrepreneur et du Célèbre ayant changée sur des représentations dont j’auray l’honneur de vous rendre compte dans la suitte, je joins ici la lettre qui devait passer par ces vaisseaux.Quoique les ennemis ne soient principalement occupés de faire leurs approches et de se fortiffier par différentes redoutes depuis le jour de la descente, ils ont néantmoins élevés plusieurs batteries de gros canons et de mortiers dont ils font usage contre les vaisseaux et contre la ville, mais ces batteries sont encore trop éloignées pour battre en brèche, ils en forment tous les jours de nouvelles et ils avancent leurs travaux, je les ai jugés ce matin a trois cent cinquante toises environ du chemin couvert.On ignore où se fera la véritable attaque, parce que les ennemis se présentent depuis le Cap Noir jusques derrière la Batterie Royalle en contournant toutte la ville, on doit cependant présumer que les Bastions Dauphin, de la Reyne et Princesse seront les principaux points. — 591 — L’Islot a été vigoureusement chauffée jusqu’à présent, les bombes et les boulets pleuvent sur la ville, nous y avons jusqu’à ce jour dix huit officiers de blessés dont Monsieur de Chassin, enseigne de la colonie, est seul qui le soit dangereusement, quatre-vingt soldats et douze habitans avec quelques morts des deux derniers états.Les retranchemens du quay sont finis, nous formons des traverses partout et on s’occupe à réparer ce que l’artillerie dégrade.Une bombe a causé de fascheux accidens la nuit dernière à l’hôpital du Roy, deux Religieux en sont mortellement blessés et le chirurgien du bataillon des Volontaires y a perdu la vie, cela me laisse, Monseigneur dans une fascheuse position pour le service de cette maison, j’ay pris d’ailleurs des arran-gemens pour le traittement des officiers.C’est par la frégatte l’Aréthusc que j'ay 1 honneur de vous faire passer cette dépesche, Messieurs de Drucour et Desgouttes ont jugé à propos de la renvoier, Monsieur de Vauquelin son brave capitaine, est un sujet qui méritte vos bontés, toutte la colonie l'a veu se comporter en vray héros au milieu de deux batteries de canons et de dix huit mortiers qui l’assommaient depuis plusieurs jours, se battre et continuellement cancnner les retranchemens des ennemis auxquels il a fait beaucoup de mal, suivant les rapports qui nous ont été faits par six dézerteurs.Je ne dois pas vous cacher que les bonnes opérations militaires par mer ont roulées ici sur cet officier, bien capable de rendre encore de plus grands services au Roy, quelques récompenses que vous luy accordiés, Monseigneur, elles ne peuvent être ni trop prématurées, ni trop honorables, tout le monde vous en rendra les comptes les plus favorables.On vous en doit encore d’aussy juste du zélé et de la bravoure du chevalier de Queue, ci-devant armé en second sur le vaisseau l’Âpoîlo'u, il commande nos batteries de la pointe à Rochefort, où il continué de servir avec distinction, il est le protecteur de l’Islot, il le couvre de son feu et il a déjà éteint plusieurs fois celuy des ennemys; j'ay l’honneur de vous demander pour luy, en commun avec Monsieur le chevalier de Drrr ur le brevet d’enseigne de vaisseau auquel il aspire. 592 Les cinq vaisseaux du Roy sont évacués depuis deux jours, ils l’eussent été beaucoup plus tôt, sans mes vives représentations, ils n’ont cependant encore perdus que trois hommes et un mousse par le feu des anglois, indépendament des trois officiers tués sur le Bienfaisant.Monsieur Desgouttes et tous les capitaines vous rendront sans doute compte des motifs qu’ils ont eus et vous juge-rés, Monseigneur, si on a bien ou mal fait, j’avoue seulement et je le dois à la confiance dont vous m’honorés, que les vaisseaux ont tirés plus de secours jusqu’ici de la place qu'ils n’y en ont jettes, quoiqu’ils nous ont fournis cent soldats et environ cent cinquante pilotins ou tristes matelots avant l’évacuation pour le service intérieur et pour celuy de la pointe à Rochefort et de l’Islot, Monsieur de Courville et le chevalier de Courserac ont à la vérité montré du zèle et au moins de secours d’hommes et de bons ordres de leur chef, on en eut tiré un party avantageux.Je suis avec un très profond respect, Monseigneur, Votre très humble et très obéissant serviteur, Prévost ( i ) Lettre de M.de la Houlicre, à Louisbourg, le 7 juillet 1758 : Monseigneur, A la faveur d’une brume fort épaisse qui vient de s’élever, Messieurs de Drucour et Desgouttes prennent le party de faire partie pour France la frégatte l'Arétuse, le moment dont il faut profiter ne laisse pas le temps d’entrer dans aucun détail, nous ne pouvons Monseigneur, que vous mander que notre attention à tenir toujours nos volontaires en dehors de la place, a retardé jusqu’icy les approches de l’ennemy qui ne s est occupé qu’a faire beaucoup de batteries, nous en sommes entouré de toute part, tant du coté de la terre que du coté de la rade.La disposition des Anglois et leurs premiers efforts sur l isle de l’entrée qu’ils ont battu sans relâche pendant plus de (1) Archives du Canada. — 593 — huit jours nous annonçait que leur intention était de tenter à forcer le Port, mais depuis qu’on a fait couler six vaisseaux dans la passe ce qui l’a fort reserré; il paroit que les ennemis ont abandonné cette idée pour porter toute leur attention du côté de terre.Cette tentative de leur part leur a toujours fait perdre une quinzaine de jours depuis ce temps'ils ont porté leurs travaux du coté de la terre, ils ont enveloppé par des redoutes et des communications les hauteurs qui dominent la place, établissant dessus beaucoup de batteries, ils se trouvent aujourd'hui)’ à l’éloignement où l’on a coutume d’ouvrir la tranchée, ce qu’ils fuiront peut être demain, les voilà donc par conséquent à portée des sorties.J’ay eu l’honneur de vous rendre compte des fortifications de l’état de la place, vous en êtes suffisamment informé, ainsy je ne vous en dis plus rien, nous réparons tout ce que nous pouvons pour nous mettre dans le meilleur état de def-fense possible.Nous avions placé la frégatte l'Àrétusc au fond du Port entre la porte Dauphine et le fauxbourg dit le Barachoa d’où elle incommodoit infiniment les ennemis, mais elle a été obligé de s’en retirer hier au soir étant accablée par la quantité de bombes et de boulets on ne peut vous rendre un témoignage trop avantageux de la valeur et du zèle de Monsieur Vauque-lein, capitaine de la ditte frégatte, je ne doute pas que Messieurs de Drucour et Desgouttes ne sollicitent pour luy les grâces du Roy.Les fatigues excessives que le service exige dans cette proximité de l’ennemy et les travaux continuels dont la garnison est occupée depuis un mois pour réparer toutes choses commence à nous causer des maladies, nous avons déjà eu dix neuf officiers blessés, et environ cent soldats tués et blessés.Je suis avec le plus profond respect, Monseigneur, La Houlicrc (i) (1) Archives du Canada. Lettre de MM.de Drucour et Prévost, à Louisbourg, le 7 juillet 1758 : ' Monseigneur, Nous devons les meilleurs témoignages au zèle et à la bravoure de Messieurs de Vauquelin.capitaine de la frégate VArcthuae, et de Monsieur le chevalier de Queue, ci-devant armé en second sur le vaisseau l’Appollon.Le premier a servi avec la plus grande distinction sur la frégatte et le second aux batteries de la pointe à Rochefort qu il commande encore, le feu continuel que ces officiers ont faits, a beaucoup incommodé les ennemis qu’ils ont retardés en oppérations ou fait taire dans les parties que chacun d'eux a battus, si toutte la colonie pouvoit vous demander vos bontés pour eux, elle le feroit certainement, mais nous devons vous prévenir particulièrement de leur très bonne conduitte et vous supplier à l’avance de les récompenser.Monsieur de Vauquelin méritte un avancement qui le mette à portée de devenir encore plus utile au service qu’il aim et qu il fait au mieux, et Monsieur le chevalier de Queue dé-siie dy entrer en qualité d’enseigne, nous espérons que vous voudrés bien vous ressouvenir de ces deux excellens sujets.Nous avons l’honneur d’être avec un très profond respect, Monsieur, \ os très humbles et très obéissants serviteurs.Le C hevalicr de Drucour.Prévost ( i ) O.L.QUESTION Le io août J 759- pendant le siège de Québec, les Français envoyèrent une batterie flottante contre la flotte anglaise.Une chaloupe anglaise fut envoyée pour reconnaître cette batterie et juste au moment ou les marins anglais l’abordaient, 1 explosion eut lieu.Un oLficier de marine et quatre matelots furent tués.Qui avait préparé cette batterie?AIL (1) Archives du Canada. — 59 5 LA LEGENDE DU CULTIVATEUR INHOSPITALIER La légende qui va suivre m’a été racontée par M.Auguste Prudhomme, employé aux archives judiciaires de Montréal.La mère de cet employé, dame veuve Elie Prudhomme (née Vitaline Moisan, ancienne maîtresse d’école, à Saint-Sulpice), raconta le fait à plusieurs reprises à son fils vers 1895.Elle le tenait du maître de chapelle de l’endroit, M.Edouard Prudhomme, qui fut chantre de sa paroisse pendant près de quarante ans.Comme c’est l’habitude dans divers villages le maître chantre allait souvent veiller chez son curé et ce fut au cours d'une de ces veillées que M.le curé lui-même lui lut cette histoire qu’il prétendait avoir trouvée rédigée dans les archives de la fabrique.M.Auguste Prudhomme non plus que sa mère n’ont pu me dire quel était alors le prêtre desservant, car le vieux chantre officia sous divers curés, cependant on croit que ce devait être M.E.Birs, sinon J.-F.Arnault.J’ai fait faire des recherches pour retrouver le texte exact, mais n’ayant pu réussir, je vous livre ce qui m’a été fourni.“Cher monsieur Massicotte, Connaissant l’intérêt que vous portez pour tout ce qui concerne les vieilles histoires ou légendes de chez nous, je prends la liberté de vous écrire au sujet d’un fait qui serait arrivé dans la paroisse de Saint-Sulpice, comté de l’Assomption.Je le tiens de ma mère qui, elle-même l’avait appris du maître-chantre de l’endroit qui allait souvent veiller avec le curé de la paroisse.Or dans une de ces visites, le curé en feuilletant les anciennes archives de Saint-Sulpice aurait trouvé consigné, ce fait assez extraordinaire : Voici cette histoire, bien abrégée, car j’étais très jeune alors.Elle n’est peut-être pas nouvelle, mais elle est certai- — 596 — nement écrite dans les registres de cette petite paroisse et, à ce titre, elle mérite, une place dans les archives du folklore.Donc, il y a de cela bien longtemps, un voyageur, passait une nuit d’hiver par Saint-Sulpice, en route pour LaValterie.Il faisait une terrible tempête et après avoir lutté longtemps contre la neige et le froid, le voyageur se décida à demander 1 hospitalité pour la nuit.Il alla frapper à une vieille maison de pierre qui existerait encore, mais le propriétaire lui refusa le logis pour la nuit et notre voyageur dut continuer sa route par le froid terrible, si bien, que le lendemain, on le trouva gelé à mort sur la voie publique.Quelques mois plus tard, le propriétaire si inhumain mourut et la vieille maison fut fermée.Bien des années après ce pénible événemnt, un autre voyageur se trouva incapable de continuer sa route à cause d’une tempête semblable; il alla frapper à la même maison.Ne recevant pas de réponse il poussa la porte qui n’était pas fermée à clef.Dans l’âtre un bon feu flambait.Notre voyageur après s être réchauffé, pût reprendre sa marche.Entre temps, la tempête s’était appaisée.Un peu plus loin, il s’arrêta chez un habitant de Saint-Sulpice, et conta son histoire et surtout sa surprise de n’avoir trouvé personne dans cette maison qu’il décrivit avec soin.Son auditeur encore plus étonné lui déclara que cette maison était fermée depuis très longtemps.S’il v(;us plaisait, M.l’archiviste, de publier cette légen-ge, je crois que vous intéresseriez certainement les folkloristes, les gens de Saint-Sulpice, ainsi que ceux qui sont nés dans cette vieille paroisse et qui, maintenant nombreux dans la métropole, n’oublient pas leur joli petit village, si près de Montréal, et pourtant assez ignoré.Avec mes remerciements anticipés, etc”.XXX Se trouvera-t-il parmi les lecteurs du Bulletin quelques amateurs des choses d’autrefois pour nous dire s’ils ont déjà entendu parler de cette légende qui ne manque pas d’attrait ?E.-Z.Massicotte — 597 — NOTES ET DOCUMENTS SUR LE PALAIS DE L’INTENDANCE, A QUEBEC Dans sa lettre au ministre du 12 novembre 1682, l'intendant de Meulles lui donnait un état des maisons que l’intendant Talon, retourné en France en 1672, possédait encore à Québec.11 mentionnait : 1 un magasin à la basse-ville de quatre-vingts pieds sur vingt-quatre qu'il estimait mille écus, monnaie du Canada ; 2' une maison entre la haute et la basse-ville (dans la côte La Montagne) ; 3° une grande maison appelée la Brasserie qu’il estimait deux mille écus, monnaie du Canada » 4 une petite maison qu’il estimait quatre ou cinq cents livres ; 5° le comté d’Orsainville ; 6° la ferme Saint-Charles.De la maison de la côte La Montagne, M.de Meulles disait : “ Entre la haute et la basse-ville, une maison où monsieur Duchesneau a demeuré, consistant simplement en un petit pavillon de pierre où il n’y a point de cave, et dont les planchers et la couverture ne valent rien, et à la gauche une aile de charpente toute pourrie et ouverte de toutes parts et prête à tomber.La place est belle et grande, et peut valoir deux mil écus de Canada, estimée quatre mil cinq cents livres monnaie de France.” Plus loin, M.de Meulles disait encore : “ La maison où a demeuré Monsieur Duchesneau est fort propre à loger un intendant, étant entre la haute et la basse ville ; j’espère que par le bon ménage que j’y apporterais que moyennant dix mil livres de France, je ferais bâtir un logis fort commode pour tous les intendants avec une salle pour le Conseil, une antichambre pour les parties, et un cabinet qui serait fort nécessaire ; au lieu que le Conseil est obligé présentement de s’assembler dans l’antichambre du gouverneur, et de souffrir qu’il soit interrompu incessamment par ses domestiques qui ont affaire dans la chambre où il couche, et de souffrir le bruit et le tumulte que ses gardes font perpétuellement.C’est une incommodité pour Monsieur le 598 — gouverneur n'étant pas libre de son logis dans ce temps là, et encore plus grande et indécente pour le Conseil.” Entin, avant de fermer sa lettre, M.de Meulles écrivait : | Je vous dirai.Monseigneur, avec votre permission, que nous avons su par l'arrivée du dernier vaisseau que Monsieur Talon avait vendu la maison où demeurait Monsieur Duchesneau au major de cette ville nommé Provost près de six mil livres monnaie de ce pays ; il est d une extrême conséquence d’empêcher que la dite vente n ait lieu d’autant qu il n'y a que cette seule place qui convienne pour bâtir une maison à l’intendant, la dite place étant située entre la haute et la basse ville comme j’ai eu l’honneur de vous le marquer cy-dessus ; je me suis trouvé obligé a cause de l’incendie de me loger fort loin de la haute ville et encore davantage de la basse par conséquent, ce qui fatigue extrêmement tous ceux tpii ont affaire a moi étant obligé de monter et de descendre de très rudes montagnes pour me venir trouver principalement dans ce pays où la terre est couverte six mois de neige et de glaces.Il faut que je fasse autant de chemin pour aller a la messe, au Conseil et à toutes mes autres affaires, de plus je ne suis nullement en sûreté de ma personne étant éloigné de toutes habitations et facile aux Iroquois dans la pensée de la moindre guerre de ni assassiner d un coup de fusil, et puis s’enfuir par les bois qui sont devant mon logis, c’est ce qui m’avait obligé de prier Monsieur de la Barre, notre gouverneur, de me faire garder par des soldats, tant que la nécessité m’obligera de demeurer dans ce lieu, à quoi il m’a répondu que la garnison était faible” fl).xxx Lettre du roi à l’intendant de Meulles (5 août 1683) : “ Examinez en quel endroit la séance du Conseil Souverain de Québec pourrait être établie afin que l’on ne soit plus obligé de la tenir, ainsi que vous me l’écrivez, dans l’antichambre du sieur de la Barre” fl).(1) Archives i ecédent, muni des sacremens, âgé de cinquante ans.Etoient présens, Jean Vallée, Guillaume Taphorin et plusieurs autres.Vizien, vicaire , (^e iuin mil sept cent cinquante-six, a été inhu- me dans le cimetière de cette paroisse, Nicolas Pierre Cri mard, natif de Dieppe, matelot sur le vaisseau du Rov le Leopard, décédé le jour précédent, muni des sacremens : — 617 étoient présens, Jean Vallée, Guillaume Taphorin et plusieurs autres.Vizien, vicaire Le neuf de juin mil sept cent cinquante-six, par nous vicaire soussigné a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse, le sieur Etienne Dufour, natif de Brest, chirurgien-major du vaisseau du Roy le Léopard, décédé le jour précédent, muni des Sacrements, .âgé environ de vingt quatr^ans.Etoient présents à l’inhumation le sieur Bergevin, chirurgien de la Marine, et le Sr Moinard et autres soussignés.Arnouy Bergevin Berteau Vizien, vicaire Moinard Le dix juin mil sept cent cinquante six a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse, Nicolas La Guerière, natif de Rouen, décédé le même jour’muni des sacremens, âgé environ de vingt ans, matelot canonier sur le vaisseau du Roy le Léopard.Etoient présens Jean Vallée, Guillaume Taphorin et autres.Vizien, vicaire Le seize juin mil sept cent cinquante six, a été inhume Nicolas Serron, natif de Dieppe, paroisse de St Jacques, aide-canonier du vaisseau du Roy le Léopard, décédé le jour précédent, âgé de quarante un ans, muni des sacrements, étoient présents Jean Vallée, Guillaume Taphorin et plusieurs autres.Vizien, vicaire Le quinze juin mil sept cent cinquante six, a été inhumé Jean Turpin, natif du Maine, chirurgien dans le vaisseau du Roy le Léopard, décédé le jour précédent, muni des Sacremens, âgé de vingt-quatre ans.Etoient présens Jean Vallée, Guillaume Taphorin et autres.Collet, vie.g.Le quinze juin mil sept cent cinquante six, a été inhumé Pierre Duvrac, natif de Rouen, pilotin sur le vaisseau du Roy le Léopard, décédé la nuit précédente, muni des sacre- — 61S — mens, âgé de vingt six ans étoient présens Jean Vallée, Gui! laume Taphorin et autres.Collet, vie.g., Le quinze juin mil sept cent cinquante six, a été inhu me Louis de Lano, natif de Nantes, pilote sur le vaisseau du Roy le Lcopnrd, décédé la nuit précédente muni des sacre mens, âgé de vingt un ans, étoient présens Jean V allée Guillaume Taphorin et autres.Collet, vie.g.Le quinze juin mil sept cent cinquante six a été inhumé I .erre Gousaz, natif de St Vallery en Caux, matelot du \ aisseau du Roy le Leopard, décédé la nuit précédente, â‘>é v v'lnTt (1n pas en chaloupes, mais dans de petits canots qui sont surprenants pour leur structure et pour leur vitesse : ils ne sont pas faits d’écorce comme ceux des Algonquins mais de peaux de loups-marins dont l’abondance est très grande chez eux.Ces canots sont couverts de ces mêmes peaux ; ils laissent au-dessus une ouverture qui donne entrée à celui qui doit naviguer, lequel est toujours seul en cette gondole ; étant assis et placé dans le fond de ce petit bateau de cuir, il ramasse à l’entour de soi la peau qui le couvre et la serre et la lie si bien que l’eau n’y peut entrer.Logé dans cette bourse, il rame de bord et d’autre d’un seul aviron qui a une patte à chaque bout, mais il rame si adroitement et fait marcher si légèrement son bateau qu’il passe les chaloupes qui voguent à la voile ; que si ce canot vient à tourner, il n’y a rien à craindre, car comme il est léger et rempli d’air enfermé dedans avec la moitié du corps du nautonnier, il se redresse aisément et rend son pilote sain et sauf sur l’eau, pourvu qu’il soit bien lié à son petit navire.La nature jointe à la nécessité a de grandes industries.Ces bonnes gens se servent encore de peaux de loups-marins pour bâtir leurs maisons et pour se faire des habits, car ils se couvrent tous de ces peaux très bien passées dont ils se font des robes faites d’une même façon pour les hommes et pour les femmes.Us vivent principalement de cari-boux, c’est une espèce de cerfs, de loutres, de loups-marins et de molues.Il y a peu de castors et peu d’orignaux chez eux.Pendant l’hiver, ils demeurent sous ter- — 622 re, dans de grandes grottes où ils sont si chaudement que nonobstant la rigueur du climat ils n’ont besoin de feu que pour la cuisine.Les neiges y sont fort hautes et tellement endurcies par le froid qu’elles portent comme la glace, sans qu on ait besoin de raquettes pour marcher dessus.Le fer qu’ils trouvent auprès des échafauds de pêcheurs de molue leur sert à faire des fers de flèches et des couteaux et des tranches et pour d’autres ouvrages qu’ils avisent bien eux-mêmes sans forge ni sans- marteaux.Ils sont de petite taille, de couleur olivâtre ; du reste ils sont assez bien faits, ramassés et grandement forts (Relation des Jésuites, 1659-1660).LE PRET DES LIVRES ET DES MANUSCRITS Au dix-septième siècle, les chanoines de Meaux étaient, nous oit le Journal des Débats, pénétrés de cet axiome qu'un livre ou un écrit ne se prête pas, au point qu’ils n’hésitèrent pas à refuser la communication d’un manuscrit à l’aigle de Meaux lui-même, c’est-à-dire à Bossuet.Un registre en fait foi.’’ Le mercredi 12 août 1669, Messieurs du Chapitre étant requis et délibérant à l’ordinaire ; “Sur l’exposé fait que Monseigneur le très illustre et très révérend seigneur messire Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, demande à Messieurs, en son nom personnel, le Cartulaire manuscrit de l’eglise de Meaux, conservé dans la bibliothèque du Chapitre ; Considérant ledit prêt sollicité comme de très périlleuse conséquence, Messieurs décident que ledit manuscrit ne saurait être aucunement prêté, mais qu’il y ait lieu d’accorder qu’il soit plutôt transcrit.% Laquelle résolution sera communiquée en termes très courtois audit seigneur évêque de Meaux.” Et le grand Bossuet n’eut qu’à s’incliner. — 623 — LA PECHE DU “PETIT POISSON™ Feu A.-N.Montpetit a décrit jadis avec enthousiasme la pêche du “ petit poisson " que les gens des 1 rois-Rivières faisaient sous la glace.Cette façon de pêcher avait été empruntée aux Sauvages Algonquins.Le Père Lejeune qui passa l’hiver de 1635 aux Trois-Rivières la décrit ainsi : “ Le vingt-septième du mois de janvier un Sauvage me vint apprendre un secret bien connu des Algonquins mais non pas des Montagnais ; aussi n’est-il pas de ce pays-ci mais de bien avant dans les terres.Il me dit donc
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