Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 décembre 1929, décembre
LE BULLETIN DES Recherches IIistorhhjes VOL.XXXV DECEMBRE 1929 No 12 COMMENT ON RECEVAIT LES CHEVALIERS DE SAINT-LOUIS Disons d’abord que le roi, par une lettre signée de sa main, informait le récipiendaire de l'honneur qu’il lui faisait en l’admettant dans l’ordre militaire de Saint-Louis.Ces lettres avaient presque toujours la même forme.Nous avons sous les yeux la lettre écrite par Louis XV, le 12 février 1760, à un brave officier du Canada, M.Boschatel de La Martinie.Il disait : “ M.Jean-Baptiste Boschatel de la Martinie.“ La satisfaction que j’ai de vos services m’ayant convié à vous associer a l’ordre militaire de Saint-Louis, je vous écris cette lettre pour vous dire que j’ai commis le sieur chevalier de Lévis, maréchal de camp en mes armées et chevalier du dit ordre, pour, en mon nom, vous recevoir et admettre à la dignité de chevalier de Saint-Louis, et mon intention est que vous vous adressiez à lui pour prêter en ses mains le serment que vous êtes tenu de faire en la dite qualité de chevalier du dit ordre et recevoir de lui l’accolade et la croix que vous devez dorénavant porter sur l’estomac, attaché d un petit ruban couleur de feu, voulant .qu’après cette réception faite, vous teniez rang entre les’autres chevaliers du dit ordre et jouissiez des honneurs qui y sont attachés.Et la pré- — 706 — sente n’étant pour autre fin, je prie Dieu qu’il vous ait, M.Jean-Baptiste Boschâtel de la Martinie, en sa sainte garde.Ecrit à Versailles, le 12 février 1760.Louis ” L’Ordre de Saint-Louis n’était composé que de catholiques.Les protestants n’y étaient pas admis.Avant leur réception, les chevaliers devaient même faire la preuve de leur catholicité.Cette preuve, d’ordinaire, consistait en un billet de confession.Voici le billet de confession de M.de Saint-Vincent fait chevalier de Saint-Louis en 1730 : “ Nous soussigné, curé de Québec, certifions que monsieur Pierre de Saint-Vincent, fils de monsieur Philibert de Saint-V incent, baron de Narcy, capitaine d’une compagnie du détachement de la marine, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis, est catholique et s’est acquitté de ses devoirs.“ Fait au dit Québec le dix-septième août mil sept cent trente.Boullard ” Nous donnons ici le cérémonial qu’on suivait pour la réception d’un chevalier de Saint-Louis.Celui qui avait mandat du roi pour recevoir le nouveau chevalier se tenait debout et couvert.Le chevalier à genoux et découvert, les mains jointes, devait répéter la formule suivante à haute voix : “ Vous jurez sur la foi que vous devez à Dieu, votre créateur, que vous vivrez et mourrez dans la religion catholique, apostolique et romaine ; “ Que vous serez fidèles au Roi, et ne vous départirez jamais de l’obéissance qui lui est due, et à ceux qui commandent sous ses ordres ; “ Que vous garderez, défendrez et soutiendrez de tout votre pouvoir, l’honneur, l’autorité et les droits de Sa Majesté et ceux de sa couronne envers et contre tous ; “ Que vous ne quitterez jamais son service pour entrer dans celui d’un prince étranger sans la permission et agrément par écrit signé de Sa Majesté ; — 707 “ Que vous lui révélerez tout ce qui viendra à votre connaissance contre sa personne et contre son état, et garderez exactement les statuts et règlements de l’ordre de Saint-Louis, auquel Sa Majesté vous a agrégé et vous a honoré d’une place de chevalier en icelui ; “ Que vous vous comporterez en tout comme un bon, sage, vertueux et vaillant chevalier est obligé de faire, ainsi que vous le jurez et promettez.” Le serment lu, le nouveau chevalier promettait de garder et observer ce qui y était contenu, puis le représentant du roi tirait son épée du fourreau, lui en donnait un coup sur chaque épaule, et l’embrassant lui disait : “ Au nom de Sa Majesté et suivant le pouvoir qu’elle m’en a donné, de par saint Louis, je vous fais chevalier.” Et à l’instant il lui remettait la croix avec le ruban couleur de feu.La croix, à la mort du chevalier de Saint-Louis, ne pouvait rester à sa famille.On devait la retourner au roi.P.-G.R.ACTE DE SEPULTURE DE LEMOYNE DE STE-HELENE Le quatriesme iour du mois de Décembre de l’an mil six cent quatre-vingt-dix a esté inhumé au cimetière de l’hostel dieu de Quebec le Sr Jacques lemoine dit St he-laine ayant esté blessé par les anglois contre lesquels il alloit en guerre après avoir reçeu les sacrements de pénitence, viatique et extreme onction en présence de toussaint du baus et Joseph pinguet qui ont signé.françois Dupré (1) QUESTION Quels sont ces deux Français qui furent massacrés par des Algonquins en 1618?Champlain crut plus prudent de n’exigier aucune satisfaction pour ces deux meurtres.X X (1) Registres de Notre-Dame de Québec. — 708 — LA PUBLICITE AUTREFOIS : LE BAN ET LA CRIEE A LA TROMPETTE, AU TAMBOUR A LA CLOCHE Au temps où il n’y avait pas d’imprimerie en Canada et conséquemment pas de gazette, comment faisait-on savoir qu il était permis ou défendu de faire certaine chose ; qu’une vente aurait lieu ; que la guerre était déclarée ou finie ; enfin comment transmettait-on aux gens ces nouvelles, ou ces faits divers, que de nos jours ‘ l’on apprend par le journal ou le radio ?A Montréal, aux Trois-Rivières, à Québec, il y avait des sergents royaux, des huissiers, des archers de la maréchaussée qui se chargeaient des publications, aux principaux carrefours, aux portes des églises, sur les places d armes ou sur les places de marché.En plus, on affichait souvent le texte de la nouvelle sur des poteaux, ou sur des portes, aux endroits où le crieur se faisait entendre.Dans les campagnes, c’était les capitaines de milice ou de la côte qui assumaient la besogne.\ oici deux exemples de publication sous le régime français : Le 17 septembre 1705, 1 intendant Raudot donne un avis au public relativement à la traite des fourrures.Et 1 huissiei du Conseil Supérieur, Le Pallieur, fait rapport, que h document qu’on lui a remis a été “ lu, publié et affiché le 27 septembre 1705, a la porte de l’église paroissiale et en la place royale, après un ban, par un tambour de la garnison.” Le -2 février 1740, un autre huissier déclare ce qui suit .Me suis tiansporté au-devant de l’église paroissiale au-devant de la principale porte d’entrée et j’ai lu et publie a haute et intelligible voix et affiché contre la poite de 1 eglise, à la porte de l’audience (tribunal) et à la porte de la maison à être vendue et au poteau public du marche de cette ville.” Sous le îégirne anglais, malgré l’avènement des journaux, on continua pendant longtemps à recourir aux 709 bons offices des crieurs publics.Seulement, la trompette, ou le tambour, était remplacé par une cloche, et Benjamin Suite nous a dit comment on procédait vers 1860.Cette page de souvenirs du vieil historien disparu est à retenir : “ A Sorel, aux Trois-Rivières, le cri public existe encore.Seulement depuis plus d'un siècle que les troupes françaises sont parties, le tambour et la trompette sont remplacés par une cloche à la main que le crieur sonne à tour de bras, au coin des rues, sur les places, devant les hôtels et généralement dans tous les lieux fréquentés.“ Dès qu'il a battu son ban (le mot est ancien, correct et pittoresque), le silence s’établit aussi loin que l’on suppose que puissent s'entendre ses paroles.En même temps apparaissent par les portes et les fenêtres du voisinage les figures de tous les habitants.Il n’en manque aucun.C’est un coup de baguette magique, un changement de décors à vue, comme au théâtre.On va apprendre la nouvelle du jour.Si elle offre quelque intérêt, on en causera jusqu’au lendemain.Si elle est sans valeur, si c’est un lieu commun, on en médira au moins deux heures durant, et, en ce cas, malheur à celui ou celle qui en est l’objet.l’auteur ou le bénéficiaire.“ Le crieur sait placer un intervalle entre le son de sa cloche et l’instant où s’élève sa voix.C’est le monsieur de la mise en scène.Il promène autour de lui un oeil exercé, pour juger l’auditoire.Parfois, son regard va jusqu’à imposer silence aux groupes lointains peu soucieux de ses faits et gestes.Puis si l’annonce ou la criée doit être un tant soit peu longue, il déroule avec mesure un papier sur lequel est couchée la prose officielle.“J’ai connu un crieui qui profitait du moment so' *n-nel où tous les yeux étaient fixés sur lui pour sortir avec majesté son mouchoir à carreaux et faire entendre dans le silence dont il avait été l’invocateur, une série de détonations nasales fort réjouissantes.Quelques gamins riaient invariablement à cet endroit du cérémonial.Nombre d’auditeurs maugréaient de leur côté, mais lorsque 710 — ceux-ci manifestaient par trop ouvertement leur mauvaise humeur, notre homme remplaçait le mouchoir par la tabatière.Ht il fallait le voir priser ! On ne prise plus comme cela de nos jours.C’était la tradition du grand siècle, au temps des jabots de dentelle et des chiquenaudes savantes.Un priseur royal, quoi ! Tout y était : la tête en arrière, un peu penchée à droite ; la canne, (je veux dire la cloche) sous le bras gauche dont la main tenait la boîte aromatique entrebâillée ; la main droite relevée avec une grâce parfaite à la hauteur de la joue ; le coude droit carrément rejeté en dehors, au-dessus du niveau de l’épaule ; et la jambe ! comme il savait l’art difficile de l’arrondir en l’avançant ! Une femme de mon quartier, qui devait l’avoir vu plusieurs centaines de fois accomplir cette grande action, n’en paraissait point blasée.Que de fois ne l’ai-je pas entendu rentrer chez elle riant aux éclats et s’exclamant : “ Le drôle de corps, comme il est toujours amusant ! ” T’ai connu un autre crieur qui ne savait pas lire, mais qui se gardait bien de l’avouer aux gens.Il ne manquait jamais de déployer un papier, que les malins reconnaissaient pour être souvent le même, sur lequel il lisait, ou plutôt chantait en forme de récitatif bien scandé : “ M.Jérémie Laloupe fait savoir à quiconque il appartiendra qu’il a emprisonné une vache rouge qui fréquentait ses choux et ses rabioles.Le propriétaire pourra la ravoir en payant les dommages et les frais du ban.” Un unique et dernier coup de cloche suivait pour annoncer que tout était fini.Prix du ban, trente sous, quelquefois un écu selon la tournée qu’exigeait la partie intéressée.” * • « Plus tard j’ai vu à Montréal des commerçants ambulants sonner de la cloche et s’arrêter ça et là pour faire leur boniment, mais de nos jours on n’utilise plus guère la cloche que pour annoncer l’arrêt du service de l’eau., r ¦ , E.-Z.Massicotte — 711 — L’ABBE DOMINIQUE DE VOBLE Voici encore un ancien missionnaire du Canada que les Répertoires du Clergé ont fait mourir bien avant sa dernière heure.Un petit mot de biographie de ce digne prêtre ; nous y apprendrons où et quand, à peu près du moins, il est décédé.Dominique de Voble (il signait devoble), était originaire de Franche-Comté.11 ne vint pas au Canada en 1741, comme l’a prétendu Noiseux dans sa Liste du Clergé, et les Répertoires après lui, mais en 1740.Cette année-là, en effet, les MM.du Séminaire des Missions Etrangères de Paris écrivaient à leurs confrères de Québec : “ nous envoyons cette année M.de Voble que nous destinons pour le Mississi-pi.” (.’était entendu que les missionnaires choisis pour ces missions lointaines passeraient par Québec et y feraient un séjour plus ou moins long, au séminaire, pour se préparer au ministère qui les attendait là-bas.M.de Voble n’alla cependant pas au Mississipi.Pourquoi ?C’est ce que nous ne pouvons dire.Avait-on trop besoin de prêtres ici?Faute d’évêque, pas un seul n’avait été ordonné depuis le 6 mai 1735.On espérait que Mgr de l’Au-berivière qui arrivait cette même année, 1740, ordonnerait sans retard ceux qui attendaient depuis plusieurs années, mais il mourut douze jours après son débarquement à Québec.Quoiqu’il en soit, on ne laissa pas partir M.de Voble pour le Mississipi.La paroisse de Ste-Anne de Beaupré allait perdre son curé par le départ de M.Navières, en novembre 1740.M.de Voble fut nommé pour le remplacer.Son premier acte est du 4 octobre.Il desservit cette paroisse jusqu’au mois d’octobre 1749 qu’il passa à l’Ange-Gardien pour porter secours à l’abbé Dufournel, déjà âgé et un peu cassé par ses cinquante-cinq années de ministère.L’ancien curé de Ste-Anne devenu vicaire remplit ses fonctions de missionnaire à l’Ange-Gardien environ deux ans.Son premier acte est du 6 octobre 1749, le dernier du 17 août 1751.On prétend qu’il prit la cure de Verchères dès cette année.C’est possible, mais Jacques Viger, dans son Historique des cures de Montréal, met son premier acte au 1er mars 1752.M.de Voble quitta cette paroisse au premier octobre 1758 pour aller pren- — 712 — dre celle de St-Jean, île d’Orléans, où il ne devait pas mourir, mais pas du tout, en octobre 1765, comme les Répertoires se sont plu à le répéter, après Noiseux bien entendu.On serait fort embarrassé de trouver son acte de sépulture à St-Jean, à Québec, ou quelque part que ce soit au Canada.Nous l’allons voir.A la date de sa prétendue mort, M.de Voble était loin de son ancienne paroisse qu’il avait quittée à l’automne de 1764.Le 3 janvier 1765, de la maison paternelle, à St-Amour, en Franche-Comté, il écrivait à M.de Villars, du séminaire des Missions Etrangères de Paris, qu’il avait bien connu au Canada: “Je suis enfin arrivé dans ma famille, en assez bonne santé, mais beaucoup fatigué après bien des traverses et des peines.Toute la famille m’a reçu avec des transports de joie la plus vive, toute la ville en agit de même.” Après quelques semaines d’un repos bien mérité, l’ancien curé de St-Jean aurait été prêt à reprendre l’ouvrage d’autant plus qu’il n’avait pas pensé à s’enrichir en Canada, pas plus que ses confrères.Il fallait pourtant trouver un moyen de vivre en France où les postes libres étaient rares.Il en rencontra un, heureusement, dans la petite collégiale de cette ville.On lui offrit une stalle de chanoine devenue vacante par la mort du titulaire.Avec la permission de l’évêque de St-Claude, dont dépendait la collégiale de St-Amour, M.de Voble accepta, mais sans enthousiasme.Il écrivait à l’abbé de Villars, le 28 mars 1765: “ J’ai pris possession du canoni-cat aux jours gras, qualité de chanoine que j’estime infiniment moins que celle de missionnaire.” Et quelques semaines plus tard: “ Il est vrai que je suis chanoine, mais qu’est-ce que c’est que 200 livres ! Et ies messes sont rares ici.” A la fin de l’année 1765 il est déjà fatigué, sinon ennuyé, de son poste.Il s’informe auprès de M.de Villars si le séminaire des Missions Etrangères ne consentirait pas à le recevoir chez lui pour y passer le reste de ses jours.Il se plaint d’avoir la vue basse, d’avoir perdu un oeil, d’être à moitié aveugle, etc.A l’entendre, on l’aurait pris pour un vieillard.Tout de même, il dépassait de très peu la cinquantaine étant né — c’est lui qui nous l’apprend — le 9 octobre 1714. — 713 M.de Villars répond à toutes ces doléances par des encouragements, de douces paroles, de bons conseils, aussi.“ surtout ”, lui écrit-il, “ n’allez pas quitter votre canonicat avant que vous ne soyez fixé ailleurs.” Pour lui montrer son bon vouloir, il cherche un emploi à Paris.L’année 1766 se passa ainsi sans changement ni amélioration dans l’état de M.de Voble qui n’était pas heureux à St-Amour.Son mince revenu suffisait à peine à sa subsistance.En novembre, il n’avait pas encore trouvé mieux.Mais le mois suivant, il est rendu dans le diocèse de Lyon dont celui de St-Claude était sufifragant.Le 22 décembre, il informait son ami M.de Villars de son changement: “ Je suis à Charnot, annexe de Meximieu, en Bresse, écrivait-il.J’ai 39 familles, 80 communiants, bonnes gens, les maisons au-?ou" de l’église, mais M.le doyen de Meximieu, en même temps curé de l’annexe, ne me donne que deux cents francs pour tout et les messes sont rares ici.” C’était bien la même chose qu’à St-Amour.Comment le pauvre homme pourra-t-il vivre avec si maigre pitance?Au commencement de 1767, M.de Villars lui écrit que l’archevêque de Paris est prêt à lui donner un poste dans son diocèse et même dans sa ville épiscopale.Il était trop tard, malheureusement.Il répond tristement le 8 avril: “Je suis tout chagrin de ne pouvoir accepter; je suis endetté et n’ai pas le temps de faire d’arrangements.” Et ce bon prêtre, qui avait connu de meilleurs jours au Canada, dut se contenter du vicariat de Meximieu avec la desserte de Charnot.Le 12 mars 1772, il fit son testament à Lyon.La dernière lettre que nous avons de lui, adressée à M.de Villars, est de janvier 1774.Il était toujours à Meximieu, dans une maison qu’il avait louée.Il ne dit pas s’il est encore vicaire ou non ; il est certain qu’il n’était pas curé.Il vécut encore quelques années.Dans une lettre du 4 mars 1781, M.de Villars informait le supérieur du séminaire de Québec que M.de Voble était mort il y avait “ environ dix-huit mois ”, c’est-à-dire à la fin de 1779.On saura maintenant pourquoi M.de Voble n’est pas mort à St-Jean, île d’Orléans, en octobre 1765.Amédée Gosselin, ptre — 714 LA FAMILLE MARIAUCHEAU Le partage du 11 novembre 1654 de la succession d’Antoine Mariaucheau, procureur au présidial de Poitiers, et de Renée Le Cam eut lieu entre trois de leurs enfants qui sont : Pierre, procureur au parlement de Paris ; Toussaint, avocat du roi à Poitiers ; Marie, femme de François des Nouhes, procureur au présidial de Poitiers.Je vais ajouter les noms des autres enfants et d’autres notes recueillies sur la famille depuis l’arbre généalogique dressé par moi il y a environ deux ans.I.N .Mariaucheau eut : 1 Antoine, qui suit ; 2 Jean, qui eut une fille dont le nom est inconnu.Elle avait une maison dont son oncle Antoine hérita d’après le partage du 11 novembre 1654.Jean et sa fille étaient alors décédés.II.Antoine Mariaucheau, procureur au présidial de Poitiers, épousa Renée Le Cam.Il est dit praticien et parrain le 30 janvier 1608 à St-Porchaire et passa différents actes dont les originaux recueillis par M.Filleau se trouvent entre les mains de mon frère.Il fit acquêt le 17 septembre 1625, parait le 14 mars 1626, le 20 août 1633 et le 18 novembre 1645.Il habitait alors Poitiers, paroisse St-Porchaire.Lui et sa femme étaient décédés avant le partage de leurs biens le 11 novembre 1654.Ces biens étaient situés entre autres dans les paroisses de Vendeu-vre, Vouillé, Béruges, à la Torchaise et autres localités dans le département de la Vienne.Renée Le Cam (alias Le Cant) possédait la Billotière en Bas Poitou et ils eurent : 1° Pierre, qui suit ; ¦ 2 Jean, baptisé à St-Porchaire de Poitiers, le 7 juin 1622.Il a pour parrain Jean Mariaucheau, marchand, et pour marraine Anne de Lauzon.3° Marie, baptisée dans la même paroisse le 8 décembre 1623, femme de François des Nouhes. — 715 — 4° Toussaint, baptisé le 3 mars 1625, avocat au présidial de Poitiers.Il mourut le 22 juillet 1665, à St-Por-chaire et avait épousé Marguerite Maxias.Supplément des cérémonies du baptême d’un fils d’Antoine ondoyé le 3 mars à la maison.5° Marguerite, baptisée le 20 août 1625 à St-Por-chaire.6° Marie, baptisée le 3 août 1632 à Vouillé.Elle a pour par.et mar.Pierre Guilloteau, écolier, et Marie Le Cant.7° Bonaventure, baptisé le 28 janvier 1634 à St-Por-chaire.III—Pierre Mariaucheau, baptisé le 1er novembre 1620 à St-Porchaire de Poitiers, procureur au parlement de Paris, partageait le 11 novembre 1654 avec Toussaint, avocat du roi à Poitiers et Marie, femme de François des Nouhes, procureur au présidial de Poitiers, ses frère et soeur, les biens de leur père et mère.Il avait eu en héritage une maison appartenant à sa nièce, fille de son frère Jean, tous les deux alors décédés.A la B.Nat.: fonds franc.32828 Reg.St-André des Arts, j’ai trouvé le 22 nov.1685 : convoi, service et enterrement de Mr Mariaucheau, ancien procureur de la Cour, référendaire en icelle, demeurant au cloître St-Be-noît, qui se fit à 11 h.du matin en l’église St-Benoît, sa paroisse où il fut inhumé.Je trouve également dans la paroisse de St-André des Arts de Paris, fonds franç.32826, la sépulture de Marie-Thérèse Mariaucheau, femme de Mr Seron, Cr médecin ordinaire du roi et de la Chancellerie en l’église St-Benoît, sa paroisse.Ce Pierre est le Pierre Mariaucheau d’Esgly, avocat en parlement, époux d’Elisabeth Groyn (Groën), de St-Benoît, archevêché de Paris, 1er degré de la généalogie qui m’a été envoyée du Canada.Il eut pour enfants : 1° François, qui suit ; 2° Marie-Madeleine, qui épousa Henry Filleau, notre ancêtre, écuyer, seigneur de la Boucheterie, fils de Jean Filleau, chev.de l’ordre du roi, son Cr et ancien — 716 avocat en la sénéchaussée et présidial de Poitiers et de Jeanne Morault.Le contrat fut passé cà Poitiers, le 12 avril 1681 en présence de Mr Mariaucheau, seigneur de la Forge.Marie-Madeleine mourut le 24 octobre 1729 et fut inhumée dans l’église des Carmes de Poitiers le 25 (Reg.St-Etienne de Poitiers).3° Antoine-Germain, avocat en parlement de Paris, qui épousa Marie-Jeanne Chevalier, marraine en 1698 de Jean-François-Rémy Filleau, fils d’Henri et de Marie-Madeleine Ma riaucheau.Germain fut parrain, le 18 novembre 1687, de Germain billeau, tils des précédents.Il était procur.de Pierre-Louis Legier dans un compte de 1693-1695.I\ — François Mariaucheau d’Esgly est donc le père ^^81 Mariaucheau.Il avait épousé Louise-Philippe Chartier dont il eut 7 enfants.Louis billeau, bis d Henri et de Marie-Madeleine Mariaucheau, écrit de Québec le 17 novembre vers 1720 qu il a été teçu pat son oncle Air d Lsgly et sa femme avec toute sorte d’honnêteté et qu’il l’a présenté à tous les officiers et au gouverneur Mr de Vaudreuil.Mr d’Es-gl\ 1 a fait cadet dans sa compagnie ( Reg.Filleau p 1715)._ Hans les Archives des Deux Sèvres, K Supplément L 754.on trouve la mention d’une vente par Yalentin-Pierre-Claude Mariaucheau de Bonnemort, Cr des fermes au grand bureau de la Rochelle à Jacques Ogeard, officier de la maison de Mgr l’évêque de cette ville,"dune habitation, sise à la Rochelle.Communication du R.P.Beauchet-Filleau.abbaye Sainte-Marie de Paris.' ¦ QUESTION Où et quand était né Michel Clouet nui fut dénoté du comté de Québec de 1822 à 1833?Où est-il mort?A-t-il laissé des descendants?G.C. 717 — LA COMPLAINTE DES NOUVEAUX MARIES Dans le superbe volume sur Uile d’Orléans, publié par la Commission des Monuments Historiques de la province de Québec et compilé par M.P.-G.Roy, comme aussi dans Y Histoire de Hic d'Orléans de L.-P.Turcotte, se trouve une version de la fameuse complainte d’une noce qui, au dix-huitième siècle, se termina de tragique façon.Résumons les principaux faits : le 15 octobre 1787, Louis Beaudoin, de Pile d’Orléans, épousait à Saint-Joachim, sur la rive nord du Saint-Laurent, une detnoLtüe Agnès Paré.Le lendemain de la noce, quinze de?! : -> toyeurs s’embarquaient à Saint-Joachim pour aller cc: ; nuer la fête à Pile d’Orléans, chez les parents du marié.Malheureusement, “ l’embarcation pesamment chargée ” chavira alors “ qu’on touchait presque au terme de la traversée ” et treize personnes se noyèrent.Une telle catastrophe exigeait un chant et un poète populaire, nommé Veilleux, se chargea de transmettre à la postérité le récit du douloureux événement.D’après l’historien Turcotte, la complainte aurait eu vingt couplets à l’origine, cependant, il n’a pu en repêcher que treize.J’ai entendu chanter cette complainte à Montréal en 1922, par un bon vieux chanteur, J.-A.Richard ( 1) qui la tenait de son père, originaire du Cap Saint-Ignace.Le père Richard se rappelait également de treize couplets, mais il en avait un qui n’est pas dans la version Turcotte, tandis que ce dernier en avait un inconnu de Richard.Les autres couplets se ressemblent, cependant il exi«' te entre les deux textes assez de divergences pour m’autoriser cà publier la version que je possède quand ce ne serait que pour intéresser les curieux et les folkloristes.(1) VoIP le II.It.II., vol.XXVII, p.30. — 718 — Peuple chrétien écoutez la complainte D’un honnête homme qui veut se marier Par un dimanche, veille de son mariage, A la grand’messe, il s’en va communier.— 2 — Après la messe, il va voir son monde, Les jeunes gens qu’il avait invités.% Son frère aîné arrivant à sa porte, Le coeur gonflé, il se met à pleurer.— 3 — Ce cher Louison qui s’en va pour le voir : “ — Qu’a vous mon frère 1 qu’avez-vous à pleurer?“ — Ah ! si je pleure, je déplore votre sort, “ Que le malheur vous arrive comme à moi.— 4 — “ Tu sais mon frère, j’ai onze ans de mariage, “ Chez moi la paix n’y a jamais régné, “ Laissez, mon frère, laissez ce mariage, “Je vais payer les dépenses qui sont faites.— 5 — “ Tenez, mon frère, voilà deux portugaises, “ Ne pensez plus à votre fiancée, “—Gardez, mon frère, gardez vos portugaises, “ Vous êtes l’aîné, vous m’accompagnerez.” — 6 — Fallut partir la veille de ses noces, Pour marier sa jeune fiancée, En priant Dieu qui préserve du naufrage, Les voilà tous à bon port arrivés.— 7 — Le lundi vient faut aller à l’église, Pour marier les jeunes fiancés, Sont revenus à la maison des noces, Se divertir et prendre du plaisir.— 8 — Le lendemain, le lendemain des noces, Ah 1 triste jour, quel fatal retour, Quinze embarquèrent avec grande allégresse, Treize ont péri, dans la chaloupe à Louis. — 719 — — 9 — Ce cher Louison, par trop de complaisance, Laisse gouverner par un novicier, En dédoublant la pointe pour mettre à l’anse, Mal gouvernée, la chaloupe a viré.— 10 — Une orpheline qui était dans 'a barque “ Mon Dieu, faut-il périr ! “ Faut-il périr à la fleur de son âge ! “ Faut-il périr si près de ses amis.” — Il — Treize ont péri sur la mer en colère, Treize ont péri dans la mer engloutis, De tous côtés on voit venir du monde, Gens de Beaupré, qui les voient traverser.— 12 — On a trouvé le mari et la femme, Et l'orpheline qu’était à leurs côtés, Ah ! que la grève était mouillée de larmes, Lorsque chacun reconnaissait les siens.— 13 — Joseph Paré vint ramasser sa femme, Deux de ses soeurs, trois de ses chers enfants, “ Hélas, dit-il, faut-il que cette alliance, “ Nous ait causé tant de mortalités.” « * * Tl me paraît que M.Turcotte a remanié quelque peu les vers qu’il a recueillis, ce pourquoi je n’oserai le blâmer.Et si j’en fais la remarque c’est surtout pour ne pas diminuer le souvenir du défunt père Richard qui était minutieux et tenait à dire les choses comme il les avait entendues ou comprises.E.-Z.Massicotte QUESTION Madame de Champlain fut-elle la première française qui passa dans la Nouvelle-France?Arch. — 720 — L’ABBE ALEXANDRE DOUCET Il fut le premier curé en titre de Charlesbourg et comme tel il mérite une autre biographie que celle dont les Repertoires l’on gratifié.L’abbé Charles Trudelle dans son Histoire de Charlesbourg en a parlé, mais nous pouvons y ajouter et même corriger.Nous avons déjà fourni en 1905 la plupart des notes qui seront utilisées ici; elles proviennent des archives du Séminaire et nous prenons notre bien là où il se trouve.Alexandre Doucet était fils de Jacques Doucet et de Marie Pinet.Il était originaire de la ville de Paris.Sans en avoir la preuve, nous croyons qu’il arriva au Canada en 1680 en même temps que Mgr de Laval qui revenait de France.En tous les cas, il était au petit séminaire de Québec en 1681.Le recensement de cette année-là le mentionne comme élève et le dit âgé de 18 ans.Il devait être avancé dans ses études puisqu’il commença sa théologie en 1684 ou 1685.Le 1er août 1688, Mgr de St-Vallier arrivait à Québec.Le 22 du même mois il conférait la tonsure et les ordres mineurs à quelques séminaristes parmi lesquels se trouvait Alexandre Doucet.Après avoir reçu le sous-diaconat le 30 novembre et le diaconat le 18 décembre, il fut enfin ordonné prêtre à l’Hô-tel-Dieu de Québec, le 5 mars 1689.Les prêtres étaient rares à cette époque.Les nouveaux étaient employés sans retard.Aussi bien, peu après son ordination, M.Doucet dut partir pour le ministère, nous ne savons où.Dans le Livre de raison, 28 avril 1689, on lit l’entrée suivante, sous le nom de Mgr de Québec : “Pour mar- chandises fournies à Monsieur Doucet pour aller en mission, la somme de 302 livres et trois sols”.A l’automne de cette même année, l’abbé Doucet fut envoyé à Sorel pour aider M.Duplein malade.Le ou après le 19 septembre, date de son dernier acte, M.Duplein quitta sa mission pour aller mourir, le 3 octobre, chez les Messieurs de St-Sulpice qui le traitèrent comme l’un des leurs.M.Claude Volant de St-Claude fut aussitôt nommé pour remplacer M.Duplein à Sorel et autres lieux.Son premier acte est du 13 décembre.M.Doucet revint à Québec.L’an- — 721 — née suivante, 1690, il remplaça l’abbé DuBos, missionnaire à Charlesbourg, revenant au séminaire pour cause de santé.Quoi qu’en dise l'abbé Trudelle, les desservants de cette mission n’attendirent pas la construction d’un presbytère pour y avoir leur résidence.Dans les dernières années du moins, ils logeaient chez un habitant.L’abbé DuBos eut son domicile chez Charles Gautreau, depuis novembre 1688, au plus tard.L’entrée suivante au Livre de raison en fait foi : “ pour la pension du missionnaire qui dessert la cure de Charlesbourg qui est échue à la Toussaint dernier, 1689.Et le 16 janvier 1691 : “ compté avec Gautreau l’année de pension du missionnaire que je lui ai payée pour la dite année 1690.” Signé du procureur Vallet.L’abbé Doucet fit comme son prédécesseur, il logea chez Gautreau, mais en septembre 1691 le procureur paye à celui-ci le reste de la pension de M.Doucet.Pourquoi à cette date?Probablement parce que ce jour-là le missionnaire entrait dans le presbytère qu’il venait de faire construire.L’abbé Trudelle a cru que M.Doucet n’avait quitté définitivement le séminaire que le 5 juillet 1696 parce que, dit-il, à cette date il cessa de se dire dans les actes: prêtre du séminaire de Québec.Les comptes de la maison prouvent surabondamment que depuis 1690, il ne demeurait plus au Séminaire mais que celui-ci continua à lui fournir tout ce dont il avait besoin, comme aux autres missionnaires de son corps, et cela pendant plusieurs années.Que M.Doucet se soit inscrit dans les actes comme “curé de cette paroisse”, c’était bien son droit à partir du 26 septembre 1693 qu’il fut nommé curé en titre par Mgr de St-Vallier.L’Evêque donna commission à M.DuBos d’aller installer son confrère.Cette installation et prise de possession eurent lieu le 1T octobre 1693.L’acte que nous avons sous les yeux ressemble en tous points à ceux que nous avons vus pour d’autres.Il porte les signatures de Guillaume Renaut, Thomas Pajot, Germain Langlois, J.Boismé et Duhault, tesmoins, Alexandre Doucet prestre, N.duBos prestre.Jusque-là, Charlesbourg avait dû se contenter d’une humble et pauvre chapelle dont l’abbé Trudelle nous a laissé l’histoire.La construction d’une église en pierre était dé- — 722 — cidée depuis longtemps.La pose de la première pierre n’eut lieu qu’en 1695, d’après nos archives.Pour encourager le bon curé et ses paroissiens, Mgr de St-Vallier.alors en h rance, leur fit savoir qu’il leur accordait mille livres pour la bâtisse de leur église.Cette somme était prise sur les suppléments.L’église était logeable en [697 ou 1698.croyons-nous, mais elle n’était.pas terminée, pas même blanchie à l’intérieur.ht pourtant M.Doucet ne restait pas inactif.Il complétait son oeuvre peu à peu, à Charlesbourg bien entendu, car il 11 était pas à Port-Royal.Pour dire vrai, il dut etie question de lv envoyer.L’abbé Tremblay écrivait à M.DesMaizerets le 27 avril 1700 : “Vous n’avez pas fait attention à ce que j'avais mandé l’an passé de M.Guay.Il n’était nullement propre à aller aux Mines et vous deviez plutôt le mettre à Charlesbourg et envoyer M.Doucet aux Mines .11 était trop tard.M.Guay était rendu à son pos- te et y demeura une couple d’années.Quant à M.Doucet il n’alla jamais aux Mines, pas plus qu’à Port-Royal.L’abbé h udelle a pourtant cru a ce voyage et nous donne sa ver-smn “Toujours malade et souffrant depuis quelques années, écrit-il, il laissa Charlesbourg en décembre 1700.Il alla chercher la santé dans un autre climat.Il y mourut le 26 mars 1701 et non 1700, comme dit Tanguay.' Il avait 44 ans ce qui mettrait sa naissance en 16=57”.lout cela est bien beau, mais pas exact.Où l’auteur a-t-il vu par exemple (pie M.Doucet était toujours malade et souillant .Rien dans nos archives n’indique pareille fai> esse de santé.Le fait que l’on pensa à l’envover aux Mines en 1699 prouve plutôt le contraire.On choisissait pour ces missions lointaine des hommes robustes.Que M.Doucet ait laissé Charlesbourg en décembre 1700.c est vrai, pas pour Port-Royal, mais pour le grand voyage de 1 éternité, en passant par l’Hùtel-Dieu II ne mourut pas non plus en 1701 mais en 1700 comme l’avait écrit languay Celui-ci s’est trompé sur la date du mois et sur 1 age.Celui-la a fait de même.: Le 8 décembre 1700, M.Doucet était encore à Charlesbourg incapable toutefois de faire son ministère.Ce jour-la, un enfant né en cette paroisse fut porté à l’Ancienne-Lo- — 723 — rette pour y être baptisé.Le Père Michel, récollet, y faisant les fonctions curiales, écrivit clans l’acte : “ annuente parocho Domino Douçet qui propter valetudinem suam bap-tizare non potuit.“En d’autres termes : avec la permis- sion de M.Doucet qui, pour cause de santé, n'a pu baptiser.Les io, il et 13 de décembre, le Père Juconde Drue inscrit des actes au registre.M.Doucet était rendu à l’Hôtel-Dieu.Le registre des malades indique un M.Rousset, mort le 10 décembre.Il s’agit pourtant du curé de Charlesbourg ; seulement, le nom est estropié et la date fautive, le tout par distraction.Un ancien nécrologue de quelques-uns de ses prêtres et de ses élèves est conservé au séminaire de Québec.En peu de mots, il va nous renseigner sur la mort de ce prêtre.“Messire Alexandre Doucet, de Paris, curé de Charles-bourg, âgé de 37 ans, ayant dix ans de sacerdoce, décédé le 17 décembre 1700, fut transporté à sa paroisse où il est inhumé”.Et dans un ancien bréviaire du temps oïl a érit a la marge : “ mort de Doucet le 18 décembre ", ce qui veut dire la sépulture probablement.M.Doucet fut inhumé dans sa paroisse, nous dit le nécrologue cité plus haut.L’acte de sépulture n'a pas été trouvé ni à Charlesbourg ni à la cathédrale, mais il est certain que M.Doucet eut son service à la cathédrale.Le procureur du séminaire écrit dans ses livres au commencement de 1701 : “payé à Jean DuBreuil (il était bedeau) pour la sonnerie des funérailles de M.Doucet : 5 vres ”., En voilà assez pour démontrer que ce curé de Charlesbourg n’est pas allé mourir à Port-Royal.Une note, dans le vieux manuscrit que nous avons cité plus haut, nous apprend que M.Doucet est “ mort des suites d’une chute qu’il fit de la voûte de son église lorsqu’on la blanchissait.” A la nouvelle de sa mort, l’abbé Tremblay écrivait de Paris au Séminaire de Québec : “ J’ai été vraiment affligé de la mort de M.Doucet.C’était un bon ouvrier qui a rendu service à l’église.” L’oraison funèbre est courte, mais elle est juste.1 Atnédée Gosselin, ptre — 724 ORNEMENTS POUR L’EGLISE DE MONTREAL Jay soubgné prestre Curé de Montréal faisant pour la communauté de St-Sulpice Confesse auoir ce jourdhuy achetté aud.nom une Caisse d’ornemens de Monsieur Canellier pour le prix et somme de cinq cens Livres mon-noye de france Paiable dans deux ans a la datte des pntes.fait a Quebec le XIXe octobre gbi.soixante huict signé G.Perot (avec paraphe).Collionné a loriginal en papier ce faict rendu aud.Sr Jean Canelier ptre cy nommé par les Notaires royaux a rouen soubznés.ce vingt neufe.Mars gbj soixante et dix.Jean Canelier, Chrestien noe.Royal.Jean Canelier, Chrestien noe.Roval, Maubert, nore.royal.Pardevant Lesd.notaires royaux a rouen soubzsi-gnés est Comparu Led.Mre.Jean Canellier ptre.deuant nommé demeurant A Rouen parr.Sainct nicolas Lequel a faict et constitué pour son procur.r gnal.et special Le sieur Charon ( 1) marchand demeurant a Quebec en la nouvelle france Auquel il a donné pouuoir de pour Luy et en son nom receuoir dud.pent, curé de Montréal ou ane.Lad.somme de Cinq cens Livres contenues en son obligaon.dont la coppie Est cy dessue transcripte et en donner quittance et descharge vallable et consentie que loriginal desd.pnce.estre demeuré es mains dud.sieur Canelliei soit et demeure quitte apres Led.paiement et pi omettre de luy rendre Sil Le Desire, et sy besoin Est a Leffet dud.paiement fe.touttes les poursuittes necess.ea et gnallement et promeetant et obligeant etc., etc.faict et passé a Rouen es estude Lan mil six cens soixante dix Le vingt neuf.e jour de mars et a signé Pntre.Louis Bou-î cy etiey et pierre de Colleuille dem.8 a rouen.Jean Canelier Bourey (paraphe) De Colleuille (paraphe) Chrestien not.re royal (paraphe) _________ Maubert no.re royal (paraphe).(1) Nom de baptême en t>lnne.syndic des habitants le 3 août 1664.Doit être Timide Charon, nommé (B.R.H.XXXV, 704). — 725 — Je soubzsigné prestre demeurant présentement au séminaire des Ecclésiastiques de Mont Real en Canada tiens quitte Monsieur perot prestre et Curé du dit Mont Real de la somme de Cinq Cents livres qu’il me deuoit par obligation dont la copie est Insérée au present papier, et declare que si l’obligation susdite paroissoit, elle sera de nulle valeur en ayant esté totalement payée, fait audit Mont Real le dix neufiesme octobre Mil six Cents soixant et quatorze.Canelier O.L.PAS DELIMITE D’AGE A L’HISTORIEN M.Ernest Legouvé, dans l’un des derniers ouvrages qu’il a publié, assigne une limite d’age aux écrivains.“ La force créatrice, dit-il, meurt en nous longtemps avant nous.Qu’est-ce qui peut remplacer l’imagination défaillante ?Le poète doit donc se fixer à lui-même une date, un jour où il se met à la retraite, et, ce jour venu, briser irrévocablement sa plume, éteindre sa lampe de travail.“ S’obstiner, ce serait profaner la muse.Pourquoi continuer une poursuite impuissante, donner à tous le spectacle de sa défaillance ?Si vous ne vous retirez volontairement du temple, malheureux, vous en serez chas' >> se.Comme cela est vrai, mais comme cela est triste.Il n’en est pas de même de l’historien, ajoute Legouvé.“ L’historien tient sa plume d’une main plus ferme à cinquante ans qu’à trente ans, les qualités que réclame l’histoire étant de 1 age mûr ; là, surtout, savoir, c est pouvoir.Il marche dans sa voie d’un pas plus sûr, car tout ce qu’il a acquis, l’aide à acquérir encore, tout ce qu’il sait est un capital qui lui profite et porte intérêt ” (J.-Edmond Roy, Essai sur Charlevoix). — 726 — LA NAVIGATION ÜU FLEUVE SAINT-LAURENT A Crevelt, le 22 février 1759.LETTRE DE M.DUBOIS AU MINISTRE Monsieur, Comme citoyen et serviteur de mon Roi, j’aurais des leproches à me faire si je n’avais l'honneur de vous communiquer, surtout dans les circonstances présentes, le plan et le mémoire ci-joints.Je les envoyai au mois de septembre dernier à M.de Cremilles dont j’ai l’honneur d être connu.Voici copie de sa réponse du 24 octobre 1758 : J a' 1 cçu, Monsieur, la lettre que vous m’avez écrite h / du mois dernier avec le mémoire et le plan que vous y avez joints concernant la navigation du fleuve St-Laurent : on ne peut que vous savoir gré des témoignages de votre zèle pour le service du Roi.Je ferai exami-nei votre projet et s’il est possible d’en faire usage je le produirai volontiers.” Les affaires de M.de Cremilles ne lui ont sans doute pas permis de penser à mon projet, il ne m’a point encore mandé qu’il l’ait fait examiner.Je lui ai fait tenir récemment un mémoire sur les abus qu’il y a dans l’administration des affaires du Roi et de la colonie au Canada., ^ ,en es^ un surtout d une telle importance que s’il n est reformé il est de toute impossibilité que cette colonie devienne jamais florissante, tels soins qu’on apporte d ailleurs pour la relever.Je vous prie, Monsieur, de ne pas croire que mon plan soit pris d apres des cartes.Je montai le fleuve St-Lau-rent dans 1 ete de 1752, nous al Lames à la Prairie et je mis pied a terre à File aux Coudres, pour examiner cette position qui m’avait frappée.Je redescendis le fleuve dans 1 automne de 1753, je débarquai aux Eboulements et J y testai 2 jours en attendant que le vent devint favora- tournais C°ntmUer ma route iusflu’à Louisbourg où je re- 727 — Je pris les informations nécessaires des pilotes de l’île aux Coudres et des Eboulements.Je vis découvrir la batture de l’île, à marée basse, et je jugeai du i>eu d’eau qu'il pouvait y avoir dessus à marée haute.Les pilotes que j’interrogeai l’un après l’autre et en particulier, m'assurèrent tous (ainsi que me l’avaient déjà fait plusieurs marins) que toute la partie du sud du fleuve n'était navigable que pour des chaloupes et de très petits bâtiments par le travers de l’île aux Coudres et jusqu’à l’ile d’Orléans.Je n’avais pas les commodités nécessaires pour le vérifier moi-même par la sonde.J’ose vous avancer, Monsieur, que si on avait pu exécuter il y a 20 ans les projets que j’ai médités pour le bien de la colonie du Canada et le service de mon Roi, Louisbourg et l’île Royale seraient encore en notreposses-sion, et Québec n’éprouverait pas les calamités d'une disette malheureuse qui ne laisse à ses habitants que l’affreuse perspective d’une mort prochaine, forcée et causée par le manque général des vivres nécessaires à leur subsistance.Il ne faut pas croire que cette colonie soit sans ressource : elle en a de grandes.D’autres personnes s’en sont aperçu avant moi et ont pu faire les mêmes réflexions que moi, mais tous les sujets du Roi de France ne sont pas citoyens.Mon désintéressement que je crois pur et le zèle infatigable que vous montrez pour le service du Roi dans la partie dont vous êtes chargé, m’enhardissent à vous parler aussi franchement que je le fais.Mes projets ne roulent pas sur un seul objet.Je pense que j’aurais de l’avantage à vous en entretenir de plus près ; vous me feriez vos objections, je tâcherais de les lever, et je pourrais me servir pour démontrer quelques parties de ce que j’aurais l’honneur de vous proposer des plans et mémoires que M.Franquet, ingénieur du Roi, a envoyés à la Cour depuis 1750, jusqu’à 1753, inclusivement qui sont déposés en liasse et par numéro à votre bureau de la marine à Versailles et qui sont tous faits de ma main.Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien m’honorer d’une réponse et de m’accuser la réception de mon paquet. — 728 — Je suis avec un très profond respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.Signé : Dubois Ingénieur de M.le marquis de Monteynard, maréchal général des logis de l’armée du bas Rhin, au quartier général.MEMOIRE SUR LA NAVIGATION DU FLEUVE ST-LAURENT La prise de Louisbourg en l’île Royale doit faire craindre que les Anglais ne fassent quelques tentatives sur Québec le printemps prochain.On pourrait aisément les empêcher de remonter le fleuve St-Laurent plus haut que 12 lieues de cette ville en établissant une batterie sur le cap au Corbeau.Ce cap est à la côte du nord du fleuve et n’est éloigné de 1 ile aux Coudres cpie d un demi quart de lieue au plus.Il est nécessaire que les vaisseaux qui veulent remonter la rivière passent entre ce cap et File dont la bat-tuie î esserre le passage au point de ne lui laisser qu’en-viron 60 à 80 toises de largeur.Ce passage n’est praticable qu a marée haute et la côte du sud n'est pas navigable dans cette partie à cause du peu d’eau qu’il y a.Le cap Corbeau commande l’île aux Coudres de 50 à 60 pieds.Cette île est couverte de petit bois dans sa plus glande partie et 1 autre est habitée par des pilotes cô-tiei s qui conduisent les bâtiments depuis cet endroit jusqu’à Québec, la navigation étant difficile et dangereuse dans cette partie.On pourrait couper les bois qui restent sur cette île pour que les Anglais qui voudraient y débarquer et s’y établir fussent vus de toutes parts du'cap au Corbeau, ou établir sur cette même île, une batterie dont le feu serait plus rasant que celui du cap, et qui en tirerait néanmoins sa protection au cas que les Anglais voulussent essayer de l’enlever.Les terres du cap sont à pic et il n’y a aucun chemin pour y parvenir qu en montant les Eboulements qui sont un escarpement de plus de 60 à 80 pieds dans lequel les habitants ont pratique parmi le roc quelques sentiers qu il serait aisé de rendre impraticables. 729 — Les bois qui bordent le cap au Corbeau et toute la côte contribueraient beaucoup à rendre ce poste inattaquable ; il faudrait du canon pour le forcer, et il ne pourrait jamais y arriver, il n’y a aucun chemin dans ces bois.La quantité d’arbres pourris et tombés d’ancienneté jointe à des broussailles en rendent la traverse difficile même aux gens de pied.Je joins un petit plan (1) de la partie du fleuve depuis l’ile aux Coudres jusqu’à Québec pour aider à l’intelligence du mémoire.Il y a quatre autres objets principaux qu’il me paraît nécessaire de remplir si l’on veut rendre la colonie du Canada florissante et faire respecter nos possessions dans cette partie de l’Amérique.1° La réforme des abus et quelques changements dans l’administration.2° Peupler à la paix la colonie, encourager la culture des terres ou la rendre indispensable sans rebuter l’habitant.3° Etablir un point intermédiaire entre Québec et l’île Royale pour pouvoir porter des secours plus prompts à Louisbourg.4° L’établissement d’une marine à ce même point intermédiaire afin que nos vaisseaux puissent croiser devant l’île Royale dès le petit printemps et procurer à nos bâtiments marchands la navigation du fleuve.De ces quatre objets remplis il en résulterait l’aisance parmi l’habitant.Des forces suffisantes pour défendre le pays sans qu’on fut obligé d’y envoyer des troupes de France.La sûreté de l’île Royale, point assez important pour qu’on y songe ; le commerce de la morue plus considérable.L’avantage de n’être point obligé d’armer nos vaisseaux de France pour secourir cette colonie et de pouvoir les garder pour le service de nos côtes, la construction de Québec étant suffisante pour fournir au point intermédiaire la quantité de vaisseaux nécessaires.(1) Ce plan ne fleure pas au rfsistre dont est copie.SiRnf (N) — 730 — La tranquillité du ministre de la marine qui ne serait plus obligé de porter toute son attention de ce côté.L’établissement de toute la partie du fleuve depuis Québec jusqu’au point intermédiaire.La jalousie que nous causerions à nos ennemis les Anglais : l’obligation où ils seront de garder leurs côtes avec soin nous sachant en état de les insulter si elles se trouvaient dégarnies et partant l’impossibilité ou au moins la difficulté de tenter quelque chose sur nos possessions.Je donnerai les moyens de remplir ces objets et sans beaucoup de dépense, si on me fait l’honneur de me consulter.Les circonstances présentes ne permettront pas de penser à ces objets, ce n’est pas le temps de les remplir tous, mais la guerre finira et on peut y réfléchir, les discuter, les peser et préparer les moyens de les exécuter à la paix (1).Dubois LES COCHONS A QUEBEC L’article suivant du Règlement de police fait par le Conseil Souverain le 26 janvier 1688 ne mérite-t-il pas d'être encadré : “ Défenses à chaque ménage de la basse-ville (de Québec) d’y nourrir plus d’un cochon lequel ils auront soin de faire nettoyer tous les jours en sorte que les voisins n’en soient incommodés.” QUESTION Combien y eut-il de maisons brûlées à Québec pendant le siège des Anglais en 1759?La Relation du Journal de l’expédition sur le fleuve Saint-Laurent donne un total de 535 maisons brûlées pendant tout le siège.N’y a-t-il pas là un peu d’exagération ?Alf.(1) Archives de lu province
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