Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 septembre 1930, septembre
LE BULLETIN DES ~ is Historiques vol" XXXVI LEVIS - SEPTEMBRE 1930 No 9 MADAM E I ) E C H A N T E R E N N E Le nom de madame de Chanterenne appartient a 1 histoire depuis le séjour qu’elle fit avec la fille de Louis X\ I plus tard la duchesse d’Angoulême — dans la prison du Temple.Trois jours après la mort du petit roi Louis X\ II, le Comité de Sûreté Générale avait décidé (25 prairial an 1 11, 15 ou 13 juin 1795) “ i° qu’il serait placé auprès de la fille de Louis Capet une femme pour lui servir de compagne; 2 que la commission administrative de police lui présenterait trois femmes recommandables par leurs vertus morales et républicaines pour être par le Comité désigné 1 une d elles, 3 enfin, qu’après cette désignation, les commissaires attachés à la gai -de du Temple recevraient cette citoyenne dans la dite maison et lui procureraient un libre et entier accès auprès de la fille de Louis Capet”.Il dût y avoir bon nombre de demandes pour obtenir la place offerte auprès de Madame Royale mais nous ne connaissons que cinq noms de postulantes : madame Hue, la femme du valet de chambre de Louis XVI, madame de L rémin-ville, ancienne femme de chambre de Marie-Antoinette, madame de MacKau, ancienne gouvernante de la jeune princesse, madame de Soucy et enfin madame de Chanterenne, celle-là même qui obtint la charge.291871 La demande de madame de Chanterenne n'a pas été conservée mais nous avons l’arrêté du Comité de Sûreté Générale en réponse à cette sollicitation : “Du j messidor, an IL de la République française une et indivisible ( 20 juin 1795), le Comité de Sûreté Générale, vu les renseignements qui lui ont été fournis par la commission administrative de la police arrête: que la citoyenne Madeleine- Klisabeth-Renéc Miliaire la Rochette, femme du ci-toven Bocquet Chanterenne, demeurant à Paris, rue des Rosiers, no jq.section des Droits de l'homme, est nommée pour servir de compagne à la fille de Louis Capet.11 lui sera fourni la nourriture et le logement et il sera pourvu à son indemnité par un arrêté du Comité de Sûreté Générale; elle ne sortira du Temple que pour affaires indispensables ”, Le 15 juin 1795, madame de Chanterenne entrait au Temple pour v commencer son oeuvre de dévouement auprès de la fille de Louis XYL Elle resta avec elle jusqu’au départ de la princesse royale pour l’Autriche, le 18 décembre 1795, Le directoire avait refusé à madame de Chanterenne la permission d’accompagner Madame Royale en Autriche.Ce qui fut une grande affliction pour la princesse et madame de Chanterenne elle-même.Quelques minutes avant de quitter la prison du Temple, madame Royale remit le billet suivant à sa bonne amie, madame de Chanterenne, qu'elle appelait familièrement Rénète.On voit qu'elle veut adoucir la douleur de la séparation : "Ma chère petite bonne Rénète, ne vous affligez pas tant, vous augmentez mon chagrin par le vôtre; pouvez-vous croire que je changerai pour vous, non jamais ; je me ressouviendrai toujours avec plaisir de ma petite Rénète, et j’espère pouvoir vous revoir, rien n’est impossible.'Quant à ce moment-ci, je vous prie de rester tranquille, et surtout de votis moins chagriner et de ne pas tomber malade, vous êtes philosophe, eh bien ! soyez-le en ce moment.La journée de demain est bien triste pour vous, mais, ma Rériète,.tâchez de vous occuper, soyez au bonheur de revoir vôtre 'famille, il est si doux d être avec ses parents et amis.Ne songez pas beaucoup a moi puisque cela vous afflige, j’aurai bien sôin des personnes que vous me recommanderez et je songerai souvent à vous et à votre respectable famille.Je vous remercie, ma Ré- nète, de tout ce que vous avez fait pour moi de bon et d'obligeant, pendant les six mois que nous avons été ensemble, je n’oublierai jamais ce temps-là.Je finis, ma Rénète, car j’ai la tête brouillée.Adieu, belle, bonne, douce, simple, gaie, compatissante, franche, charmante Rénète”.Cette lettre prouve que madame de Chanterenne avait conquis la princesse de France.Aussi, plus tard sous les règnes de Louis X\ 111 et de Charles X.la duchesse d Angou-léme, devenue toute puissante, n’oublia pas sa bonne amie des mauvais jours.Dès son retour en France, elle fit assurer à madame de Chanterenne sur la cassette du roi une pension de 3oœ francs et une pareille somme à son fils qu’elle fit entrer, en outre, dans les gardes du corps puis dans la garde royale.La duchesse d’Angoulême témoigna pendant plus de quarante ans à madame de Chanterenne et à ses enfants affection et faveurs.Même après son exil en Angleterre, par suite de la Révolution de juillet 1830, elle continua à la protéger et elle lui paya de sa propre bourse la pension qu’elle tenait du roi et qui fut abolie par le nouveau régime.Madame de Chanterenne, qui avait eu tant d’épreuves et de vicissitudes, s’éteignit à Grenoble en 1838, à l’age de 76 ans.Le comte de Chambord, fidèle à la mémoire de son auguste tante la duchesse d’Angoulême, continua à payer au fils de madame de Chanterenne, jusqu’en 1864, une pension de cinq cents francs par année.* * * Madame de Chanterenne n’était pas canadienne, mais son père, Robert-Alexandre Hillaire de la Rochette, avait été trésorier intérimaire de la marine a Québec de 1755 a '759- Les Hillaire ou d’Flillaire de la Rochette étaient originaires du Poitou, de Laigne, dans la Haute-Vienne.Ils portaient d’azur à cinq tours d’or ajourées de sable.Pendant son séjour dans la Nouvelle-France, M.de la Rochette avait épousé (21 septembre 1760), Marie-Anne Levasseur, fille de René-Nicolas Levasseur, chef des constructions des vaisseaux du roi, et de Angélique Just.De ce mariage étaient nés cinq enfants, quatre filles, dont Renée-Elisabeth-Madeleine, la future madame de Chan- terenne, était la deuxième.Elle naquit à Ondres, village du département des Landes, le 19 avril 1762, peu après le retour de son père et de sa mère en France.M.de la Rochette, après son séjour au Canada, se livra au commerce et fit une grande fortune.Il possédait plusieurs vaisseaux.En 1775.il céda la plupart de ses vaisseaux au bailli de Suffren, qui en avait besoin pour la guerre des Indes.Plusieurs de ces navires périrent, et M.de la Rochette se trouva ruiné.C’est à Paris, le 6 décembre 1794, que mademoiselle de la Rochette devint la femme de Joseph-Louis Bocquet de Chanterenne, président en l’élection de Meaux.LES FEMMES CHEZ LES SAUVAGES S’amuser, manger, boire, s’abandonner à tous les bas instincts, vivre en un mot de la vie des sens, affranchis de toute règle, tel est l'idéal des peuples sauvages.Le principal obstacle à leur conversion sera leur répugnance à observer les commandements de Dieu, surtout le sixième.La polygamie simultanée est la pratique du plus grand nombre.Si elle est moins en honneur chez les tribus huronnes, maris et femmes s’y séparent à l’amiable pour former d’autres unions.D’ailleurs les femmes sont des servantes, de “vrais mulets de charge”.Aux hommes la chasse, la pêche, la guerre et la traite; ils fabriquent les objets qui s’y rapportent, les armes, les traîneaux, les canots, les raquettes.Les femmes ont non seulement le soin du ménage, mais les plus rudes travaux : elles vont chercher l’eau et le bois, préparent les conserves de viande et de poissons, confectionnent les vêtements, fabriquent les filets des pêcheurs, les nattes qui serviront de toits aux cabanes ou de matelas.Ce sont elles, sauf chez les Hurons, qui sèment et qui moissonnent; en marche, elles portent de très lourds fardeaux (R.P.Fouqueray, Martyrs du Canada). CHARLATANS NOTOIRES C’est entre 1880 et 1885, ce me semble, que Montréal reçut une visite inattendue, mais qui fit l’agrément des crois-en-tout.Un jour, au son des cuivres, flûtes, tambours et cymbales, pénétra sur le Champ de Mars, suivie de badauds, une voiture bizarre dont l’arrière-partie avait la forme d’un omnibus.Sur l’impériale étaient juchés des musiciens costumés, bien payés, qui soufflaient et tapaient en conscience.L’avant du véhicule ressemblait à un cabriolet.Il y avait un siège spacieux, une table couverte d’instruments de dentisterie et des bouteilles.Près du meuble, se profilait majestueuse, une femme blonde, vêtue d’un costume antique de soie verte, ouvragée d’or.A ses côtés, se tenait un monsieur en habit noir, de haute stature, l’air distingué.C’était le bonimenteur.Lorsque le “tapage musical” avait réuni assez de populo, le Monsieur annonçait aux quatre vents que la célèbre madame Eno, de mondiale renommée, allait, pendant quinze minutes et avec une habileté exceptionnelle, extraire gratuitement et sans douleur, les dents avariées de tous ceux qui se présenteraient.Puis la séance commençait.On montait par un côté du véhicule, l’opératrice jetait un coup d’oeil dans la bouche béante, choisissait un instrument et enlevait molaires, canines, palettes en un tour de main.Alors, le patient était gentiment poussé hors de la voiture par le monsieur a 1 habit noir, cependant qu’un autre lui succédait, et la scène allait ainsi se répétant.Le quart d’heure expiré, le bonimenteur informait modestement la foule que sa compagne et lui faisaient le tour du globe dans le but de soulager l’humanité souffrante.Tandis que madame Eno débarrassait les bouches des dents cariées, lui offrait au public un remède à tous maux, résultat de toute une vie de patientes expériences.Une simple bouteille de son élixir rendait l’ouie aux sourds, la vue aux aveugles, l’usage de leurs membres aux impotents.Rien ne résistait à la toute puissance de son médicament et il voulait bien le prouver en demandant de lui produire un sourd, un paralytique, un teigneux, un poitrinaire, un cardiaque, un rhumatisant, qui encore ?Aussitôt des individus fendaient la masse des curieux et montaient le véhicule.Prestement, le bonimenteur appliquait sa panacée, faisait quelques passes et prononçait le malade guéri.Après quelques cures stupéfiantes, le guérisseur déclarait être prêt à faire bénéficier tout le monde de sa découverte incomparable et il mettait son élixir en vente, à un dollar la bouteille.Emerveillés, persuadés qu’ils avaient devant eux un thaumaturge authentique, les gens se bousculaient pour atteindre la voiture et échanger leurs piastres pour des bouteilles de liquide coloré.Dès que le débit fléchissait, sur un signe du monsieur à l’habit noir, la musique reprenait, ainsi que l’arrachage et un nouvel encaissage.Cela dura quelques jours, devant des affluences de plus en plus convaincues accourant même des campagnes éloignées.La dextérité de la dame, avec les outils peu perfectionnés de l'époque, fut généralement admise.Quant à l’efficacité de l’élixir, inutile d’appuyer.Les acheteurs ne furent soulagés que de leurs dollars.Ce que le couple Eno emporta d’espèces sonnantes, nul ne le sut, mais il est permis d’imaginer que la belle Dame et le grand Monsieur conservèrent un souvenir reconnaissant du Champ de Mars de Montréal.E.-Z.Massicottr SAINT-MAGLOIRE DE BELLECHASSE Saint-Magloire est située dans le comté de Bellechasse, sur le versant sud des Alleghanys.La paroisse de Saint-Philémon est bornée au nord par Saint-Philémon, à l’est par Saint-Fabien de Panet, au sud-est par Saint-Just de Breton nières, au sud par Saint-Camille, au sud-ouest par Sainte-Sabine et à l’ouest par Saint-Luc.Saint-Magloire comprend la plus grande partie des cantons Roux et Bellechasse et une petite partie des cantons Rolette et Panet.L’histoire de Saint-Magloire de Bellechasse a été publiée en 19.25, par le curé de cette paroisse, M.l’abbé Wilfrid Roy. 5'9 — LES TERRAINS BONSECOURS Jusqu’à environ trois quarts de siècle passés, on appelait terrains Bonseeours, dans le vieux Montréal, le quadrilatère renfermant les immeubles entre les rues S.-Paul, la Friponne (aujourd’hui rue Bonneau), S.-Victor et des Commissaires (autrefois les Fortifications).C’est une partie de Montréal moderne, au milieu du bruit et du vacarme du havre, où régnent de nos jours le recueillement, le dévoument et la charité, mais qui fut témoin de grandes activités au temps du vieux Montréal.Il s’en faut de beaucoup que nous énumérions tous les noms de ceux qui v ont possédé ou occupé un emplacement, et encore moins tous leurs agissements; ni les limites exactes de leurs emplacements, ni le temps de leur occupation.Nous nous contenterons de mentionner seulement quelques faits des plus saillants.L’immeuble le plus important est et fut toujours la chapelle de N.-D.de Bonseeours.Son origine, due au zèle de la vénérable Marguerite Bourgeois, remonte en 1657, encore au temps ou les Jésuites desservaient la colonie de Montréal; et le projet fut abandonné dans la suite.En 1672, quand la Soeur Bourgeois apporta de France une statue de Notre-Dame de Montaigu, et quand le terrain Bonseeours, jusqu’alors isolé, fut relié à la Place Royale par l’ouverture de la rue S.-Paul, on reprit le projet.En 1673, l’évêque de Québec permit de continuer la construction de la chapelle, et en 1675, 0,1 en bénit la pierre angulaire.En 1678,: le 6 novembre, la chapelle étant à peine terminée, la Soeur Marguerite Bourgeois la transportait à l’église Notre-Dame, qui devait l’administrer pendant deux siècles.Raséç par l’incendie en 1.754, la chapelle de Bonseeours fut l’objet des regrets des citoyens de Montréal et de tous les navigateurs qui visitaient le port.Ce n’est que le 16 juin 1771, que Messieurs Etienne de Montgolfier, supérieur de S.Sulpice, et Louis Jollivet, curé, déclarèrent aux fabriciens, réunis en assemblée,' qu’il .était “nécessaire de reconstruire Bonseeours”. — S20 — Le 23 suivant, il était résolu de recueillir des souscriptions à cet effet, et le 29, avait lieu la cérémonie de la pose des pierres angulaires.Les terrains Bonsecours, du côté du fleuve, étaient bornés par les fortifications.Vers l’an 1800.ces murs d’un autre âge, étaient voués à la démolition.Le commissariat, chargé de leur démolition, offrait en vente aux propriétaires limitrophes le terrain occupé par le chemin de ceinture, intérieur aux murs, et le terrain aussi occupé par ces murs.Le 12 juin 1805, Louis Chaboillez adressait à Etienne St.-Di-zicr.marguillier de Notre-Dame, la lettre suivante : “Il m'est ordonné par les Commissaires pour enlever les anciens murs et fortifications de Montréal, de vous informer qu’ils sont prêts à Passer Titres suivant la loi de cette Partie du Terrain des fortifications en la Possesson de la Fabrique, occupée Par l’églse de Bonsecours & dépendances, tel qu’évalué par les Jurés.En conséquence l’on désire la réponse des Marguilliers par écrit, soit pour acceptation ou refus de Titres.J’ai l’honneur d’être Monsieur votre Très humble et Très ob.serviteur’’.Le terrain évalué, couvrant une superficie de 31 toises et tiers, était estimé à 30 chelins la toise, soit 47 louis.Les fabriciens de N.-D.en assemblée, le premier décembre suivant, acceptaient l’offre des commissaires, et augmentaient de ces 31 toises leur terrain de Bonsecours, lequel devenait en bordure de la future rue des Commissaires.Au commencement du siècle dernier, les émigrés irlandais semblèrent se grouper autour de la chapelle de N.-D.de Bonsecours; et tellement que le temple leur fût presqu’exclu-siveuent réservé (1817).A la desserte de la population civile, s’ajoutait encore celle de la garnison, dont les casernes voisinaient la chapelle (rJ- , .En 1805, il se fit un mouvement dans le but d’ériger la chapelle en paroisse, afin de décongestionner la paroisse mère.Semblable tentative avait lieu en 1816 (Arch.N.-D., 31 Juil.).Dans les deux cas, ces démarches demeurèrent infructueuses.(1) Deux fonncs, nos.49 et 50, étalent réservés aux officiers catholiques ^nllou nous ont affirmé que c’était hiou lu même statue, déposée dans la chapelle primitive par In vénérable Marguerite Bourgeois, sauvée de l'incendie en 1754.et déposée de nouveau dans la chapelle actuelle eu 1771.(2) Pendant un gland nombre d’années, dame Hyacinthe Hrisset (Julie Pumas) tint lin comptoir sous les murs de Bonsecours.Monsieur X.-A.Troie, p.s.s., nous a raconté que, pendant son enfance, tpiund ses parents de S.-Ilémi remmenaient en ville.Il ne manquait île visiter la dame Hrisset.Plus tard, étant Interne un Collège de Montréal, il remarquait encore la même dame A son poste.Cette dernière, par le débit de rafraîchissements et objets d'industrie domestique, économisa assez de sous pour procurer une éducation supérieure A sort fils, lequel fut l'abbé Hyacinthe Hrisset.décédé le 1-1 avril 1!>24, curé de S.-Paul de Montréal.Il était né A Berlhier le 17 mai 1851. — S22 — ]I \ a quelques soixante ans, on diiait qu un \cnt néfaste a soufflé sur des esprits étroits et les a poussé à sacrifier le beau idéal au progrès matériel.Nos voyers municipaux, le 6 mai 1863 (Arch.N.-D.) tentèrent d’exproprier tous les terrains de Bonsecouts et laser la chapelle, dans le but de prolonger la rue S.-Denis jusqu’au fleuve.Pareille tentative se répète le 7 février 18O7 (Arch.N.- D.).( )n revint à la rescousse le 18 juin 1870 (Arch.N.-D.).* En 1885, la Cie du Pacifique Canadien ne voulut-elle pas acheter et raser Bonsecours et les inuneubles voisins pour agrandir la gare \ iger P'nfin.tout récemment encore, ceux qui veillent a la conservation de nos monuments historiques ont eu la frousse de voir disparaitre celui-là.I,e 8 septembre 1869 (Not.La fleur ) la Fabrique Notre-Dame se désistait de tous ses droits sur la chapelle de N.-D.de la on secours en faveur du Séminaire S.-Sulpice.Comme, en 1078.la fondatrice des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame.avait expressément manifesté le désir que la chapelle de N.-D.de Bonsecours fût toujours sous la tutelle de l’église de N.-D., il était d’une délicate opportunité de faire agréer cette mutation par les successeurs de Soeur Bourgeois.Et, le 18 juin 1870 (Not.Lafleur), la révérende Soeur S.-Ursule, supérieure, déclara avoir pour agréable l'acte de transaction.Passons aux choses plus profanes.Presque tous les terrains de Bonsecours, primitivement concédés à Urbain Baudreau dit Graveline, en 1687, furent possédés par Jacques lestard de Montigny et ses héritiers.Le 19 octobre 1722 (Not.Adhémar), Marie-Anne de Laporte de Louvigny, autorisée par son époux Jacques de Montigny, à cette époque commandant au poste de la Baie-des-Puants, vendait à Antoine Pécaudy de Contrecoeur “une maison de pierre et emplacement scis au Cartier de Bon secours, au bout d’en bas de cette ville”. 523 Kst-ce bien cette longue et étroite construction que les cartographes du vieux Montréal placent à l’est de la chapelle, voisine et parallèle des fortifications ?Le 26 janvier 1759 (Terr, de Mont.), Louis Pénisseau, sous-traitant, acquérait de Pécaudy cette maison et tous les autres emplacements des héritiers de Montigny.Joseph Cadet, munitionnaire général, et André Grasset de Saint-Sauveur, secrétaire du gouverneur de Vaudreuil, s'y succédèrent immédiatement.Ces trois accapareurs de presque toutes les denrées du pays, sous l’administration Bigot, devaient devenir millionnaires, et mériter les cachots de la Bastille à leur retour en France.Leur succéda Joseph Fleury Deschambault, "agent principal de la Compagnie clés Indes”.En entassant dans ses entrepôts des ballots de fourrure, il fit aussi fortune.En 17(13.présentant ses billets d’ordonnance, qu’avait émis Bigot pour soutenir la campagne de 1759, Deschambault présentait un bordereau de 239,515 lbs.(Arch.Qué., 1924, p.3d0)- Les magasins de Bonsecours étaient recherchés par les grands munitionnaires.Vers 1774, Pierre Du Calvct, vendu a la cause américaine, en fit l’acquisition; et de 1775 à [77K, il fournit de provisions de bouche et de munitions les armées de Washington (Suite, Mel.7, 79).Mais le trésor devenant cà sec.les paiements cessèrent.Le 28 février 1787.tous les biens de Du Calvct étaient saisis, à la demande et poursuite de Catherine Trottier De-sauniers, veuve de François Levesque, ancien conseiller législatif.Le 15 février 1790, le shérif Edward William Gray adjugeait par enchère à la Fabrique de Notre-Dame, pour la somme de 44Ô îbs.sterlings, la propriété de Du Cal-vet.D’après l’arpentâgé de Frs.Papineau (28 noV.1784), le terrain couvrait une superficie clé 563 toisés,'borné au nord par la rue S.'-Paul, à Test par la rué Friponne, au sud par les fortifications, et à l’ouest par le terrain de l’église de Bon secours, et sur duquel-est sise une maison de pierre de 1.16 pieds dé longueur par 27’G.pieds de largeur, et plusieurs autres bâtisses, sur le niveau des rues S.-Paul et Friponne (Arch, de Mont.). — 524 — Le terrain de Bonsecours fut-il le berceau de 1 aqueduc de Montréal ?., La compagnie des propriétaires de 1 aqueduc, incorporée en 1801, n’ayant pas eu de succès, fut achetée en 1815 Par une antre compagnie sous la gérance de John 1 homas l’orteous.Jos.-Cléophas Lamothe, dans son Histoire de la Corporation de Montréal, ne mentionne pas le local où la première compagnie devait installer ses pompes._ La deuxième compagnie devait obtenir quelques succès, au moins temporaires.Restreinte dans un étroit local, elle conçut le projet d’agrandir le champ de ses opérations.De fait, les ateliers de l’aqueduc devaient être peu considérables.Tout le terrain de Bonsecours, en exceptant la chapelle, mesurait moins de (100 toises.Lt pourtant a cette époque, la Fabrique louait à son profit une maison, communément appelée "La Friponne , dans laquelle opérèrent une boulangerie William Logan (1812), John Catanach ( 181 f>) et Thomas Rainie ( 1817); le "clos de Bonsecours , loué à Michel Vincent ( 1818) et à John Molson ( 1819) ; une résidence à Louis Demers, notaire, de Laprairie ( 1820) ; puis un local était réservé au sacristain de la chapelle, et une autre maison était réservée à une école (1).^ Alors Porteous adressa la lettre suivante à François La-perrière, marguillier de Notre-Dame; To Laperrier Esq.mardié ( sic) en charge de L’Eglise de Notre Dame Montreal Montreal 20th Oct.1816 Sir, Having with others lately purchased the Montreal Waterworks, with an intention of establishing them (though at a very great expense) upon the most permanent & approved plan.But an insurmountable obstacle to our doing so having occurred, for which we have no means of which, but from you & the other wardens of Notre Dame Church, I beg leave to state to you & them, our difficulties & the relief we require.- / (1) Un plan des terrains Bonsecours (Arcli.N.-O.) note nue Georire Proud, meunier, occupait en 1835, un petit cnrrenu de terre, qu’il louait de la M.W.W., et sur lequel 11 opérait un moulin (grist). Experience having proved that a constant supply of water cannot at all seasons be procured from the Springs upon the mountain we must he under the necessity of raising the water from the St.Lawrence by means of a steam Engine & forcing Pumps and convey it in Iron Conducts to a Reservoir upon the Citadel & from thence through the different Streets of the City & Suburbs.Xow the only place where the Engine & other necessary apparatus can he erected so as to answer the purpose intended is the ground along the little street leading to what is commonly called Logan Bakehouse, belonging to the Fabrique of Notre Dante de bon Secours, and unless we can be permitted to occupy about forty feet in front bv the whole depth of said ground, the undertaking must be abandoned, our Capital advanced lost and the Citv debarred from a supply of water so essential to the comfort of its inhabitants as well as a security to their property from the ravages of fire.All which consideration we humbly submit in full confidence that you will be inclined to grant us the relief wanted if in your power so to do.1 have the honor to be with due respect, Sir voit most obt.Sert.J.F.Porteous.Le terrain, dont Porteous désirait faire l'acquisition à l’est de la rue Friponne, n’appartenait pas à la Fabrique, mais à la Couronne.Porteous utilisa ledit terrain, y introduisit des tuyaux en fonte de quatre pouces, et parvint à refouler l’eau du St.Laurent jusqu’à 97 pieds audessus de son niveau.A la mort de Porteous, l’aqueduc tomba dans de nouvelles difficultés.En 1832, l’aqueduc fut acquis par une autre compagnie sous le nom de Moses Judas Hays & Cie (Lamothe, Corp.de Mont.).La nouvelle “Compagnie des Eaux” continua d’approvisionner d’eau la population de Montréal.Puis elle songea aussi à agrandir son local.A sa demande, les fabri-ciens, de N.-D., en assemblée le 10 avril 1842, consentaient à vendre, à la compagnie, pour la somme de 500 louis, une li- — 5^6 — sière de terre d’environ 50 pieds de largeur (de la rue St.Paul à la rue des Commissaires) sur le niveau de la rue bri-ponne, de 108 pieds de profondeur.Cette troisième compagnie devait opérer sur le terrain Bonsecours jusqu’en 1856.A cette date, la corporation de la Cité de Montréal, qui avait fait déjà l’acquisition de la Montreal Water Works, construisit l'aqueduc actuel, de La-chine à la Pointe S.-Charles.K11 1859, l’honorable Louis Renaud faisait 1 acquisition de tout le terrain de l’ancien aqueduc, pour devenir, en 1869, la propriété du Séminaire de S.-Sulpice.L’hospice S.-Antoine l'occupe aujourd’hui dans toute sa totalité; et le nom de la vieille rue Friponne a été remplacé par celui de rue Bonneau, du nom de la dévouée directrice de l’hospice.licolc Bonsecours.— Si le quartier Bonsecours est assez populeux pour qu’on ait tenté de 1 ériger en paroisse, la gent enfantine doit être assez nombreuse pour avoir son école.Le dévouement à l’instruction de la jeunesse poussa \ ic-toire Papineau à ouvrir la première école de Bonsecours; et s( n zèle fut secondé par les autorités de l’Eglise.( 1 ) C est d’elle qu’il est dit dans la délibération du 28 août 1808 ; "Dame Papineau se propose de tenir école dans la maison ( presbvtérale) de Bonsecours.Il est résolu (pie le ma/guilder emploira 750 11>s.pour réparer la maison aux frais de la Fabrique".I, institutrice eut des succès, grace a son dévouement, et par le nombre des enfants qu elle réunit autour (telle; puisque, le 18 mars 1810 (Arch.N.-D.) "il est résolu que pour ayder Melle.Papineau dans la Tenue de l’école .qu’elle fait dans le presbytère de Bonsecours, & des grands biens que cette école produit, il luy sera alloué pour cette année six cent livres de vingts coppes".• > Le presbytère est devenu trop étroit.En cette année i8'ro, il est décidé d’agrandir' pour répondre au nombre des •enfants, et ou affecte à cette fin deux chambres ¦ du logeaient - ~ .1 ¦ ‘ ./j.fv- : , (It, Vi(;t(iin,‘,,l‘ii]itm,!iiu no :1 ^lon trf.al ,l«* 7 _ jtepiltre • 1758, qUo.Uo Jo-si-pli PâpiiH’iiu-MnnUciiy et he il art**-JowpfKè1 ftoiiuiiry.déc-Mée fi» il février 1821. - 527 — du sacristain, Claude '1 hibault, qui proteste vainement contre la réduction de son logis.Nous apercevons que \ ictoire Papineau est subventionnée par la babrique N.-D.jusqu a l'année 1815, et nous ignorons ses successeurs jusqu'à l’année 1828.A cette dernière date (Arch.S.-Sulpice) les demoiselles Burroughs et Sheer tenaient, dans la maison de Bonsecours, une école française et anglaise pour garçons et filles.Demoiselle Burroughs était encore à l'oeuvre en 1835.B une de ses classes était voisine de la meunerie de George Proud."En 1838, l’école lut confiée aux Soeurs de la Congrégation Notre-Dame, qui y enseignèrent jusqu’au départ du régiment en 184(1.Elles reprirent en 1849 la direction de rétablissement qui fut restauré complètement en 1893”.( Sulpitiana, p.199).Les mêmes religieuses ont continué depuis à faire l’école aux filles du quartier Bonsecours, dans un local qui a front sur rue des Commissaires; les Soeurs (irises, depuis 1902, dans “l’Ecole St.Antoine” sur rue S.-Paul, se dévouent à l’éducation des petits garçons.O.Lapauck LES DISPARUS Narcissc-Eutrope Dionne — Né à Saint-Denis de la Bouteillerie le 18 mai 1848, du mariage de Narcisse Dionne et de M.Elisabeth Bouchard.Admis à la pratique de la médecine, il exerça sa profession à Stanfold et à Québec.En 1880, il devenait rédacteur du Courrier du Canada.En 1892, il était nommé bibliothécaire de la législature de Québec.Il conserva cette charge jusqu’en 1914.Décédé à Québec, le 30 mars 1917.Membre de la Société Royale du Canada, professeur d’archéologie canadienne à l’université Laval et officier de l’Instruction publique de France.La liste des ouvrages de M.Dionne a été publiée dans le Bulletin des Recherches Historiques, vol.XNIII, p.213. I A FAMILLE JUCHEREAU DE BEAUMARCHAIS " ‘ ' ET DE SAINT-DENIS Rn réponse à un correspondant de la Louisiane nous demandant quels sont les documents concernant la fanulle Ju-chereau qui sont conservés dans les archives de Montreal, nous soumettons la liste suivante, qui comprend tous les actes que nous avons relevés jusqu’à date, sans y inclure toutefois les pièces judiciaires dans lesquelles le sieur Jucheieau n’apparait qu’en sa qualité de président du tribunal.On remarquera que Charles Juchereau pi end d abord le nom territorial de Beaumarchais, qu’il remplace ensuite par celui de Saint-Denis.1692, 20 avril, (Adhémar) Contrat de mariage entre Charles Juchereau de Beaumarchais, fils de Nicolas Juche-reau de Saint-Denis et de Marie-Thérèse Giffard, et Thérèse Migeon de Branssat.(692, 21 avril.( Registre E.C.) Mariage de Charles Ju-chereau et de Thérèse Migeon de Branssat.^ 1692, 30 avril, (Adhémar) Obligation à Charles Juche-reau par René Legardeur de Beauvais.^ 1692, 21 mai.(Adhémar) Obligation a Charles Juche- reau par Gilles Chauvin, voyageur.^ 1693, 14 janvier.(Adhémar) Obligation a M.Chs.J11- chereau par J.Boyer & Pierre Santon.^ 11xj3, 1 mai, (Adhémar) Obligation par Claude Pinaid.chirurgien et voyageur, à Charles Juchereau.^ 1693.2 mai, (Adhémar) Procuration de Charles d’Ail-lehoust d'Argenteuil à Charles Juchereau.1693, 3 niai, (Adhémar) Obligation à Charles Juche-reau par P.d’Ailleboust d’Argenteuil & Simon Réatime.1(193, 13 sept., ( Adhémar) Obligation a M.Charles Ju-chereau & Mme Migeon de Branssat par Henry de 1 ontv & François de la Forest, capitaine.1693.17 novembre.Dépôt par Charles Juchereau de Saint-Denis des documents relatifs à sa nomination comme juge de Montréal.1693, 10 décembre.( Doc.jud.) Charles Juchereau.écuyer, officier dans les troupes, présente requête à M.le ju- — 5J9 ge Deschambault, au sujet de la tutelle des enfants de Marie Cachet de Bellerive, veuve de J.B.Migeon de Branssat.1694, 15 avril.Confirmation de la nomination de Charles Juchereau à la charge de juge de Montréal, (\oir B.K.//., vol.27, p.181, et Doutre et Lareau, Histoire générale du droit, I, 237).1596, 15 octobre.Il obtient permission de passer en France, pour son projet d’établir une tannerie au Mississipi.On la lui refuse.1698, 27 août, (Doc.jud.) Charles Juchereau est dit sieur de Saint-Denvs et il signe : Juchereau de Saint-Denys.1701 — Charles Juchereau obtient la permission de partir pour le Mississipi et il meurt en 1703, ‘l ^ abash.1716, 23 avril & 29 août, (Doc.jud.) Charlotte Juchereau de Saint-Denis, comtesse de Saint-Laurent, veuve 1 a-chot et femme de F.de la Forest.17^2, 2i février, (Danré de Blanzy) Vente par J.\.Varin de la Marre, procureur de Charles Juchereau de Saint-Denis, à Jacques Le Moine Despins, du fief Branssat.1763, 13 mai, (Panet) Procuration par J.Charles Juchereau de Saint-Denis, alors à Saint-Dominique, a M.Lé-rv, épouse de M.Legardeur de Repentigny pour vendre sa part de biens en Canada.E.-Z.Massicottk LES DISPARUS L’abbc Emile-Berchmans Gauvrcau — Né à L’Ile-Ver-te le 3 septembre 1867, du mariage de Louis Gauvreau et de Louise-Gracieuse Gauvreau.Ordonné prêtre a Lévis le 27 décembre 1891, il fut vicaire à Rimouski, professeur au séminaire de cette ville, vicaire à 1 rois-Pistoles, curé.de Beardsley, aux Etats-Unis, puis procureur du collège Saint-Thomas de Saint-Paul, Minnesota.Décédé le 3 décembre 1908 à Woonsocket.M.Gauvreau avait beaucoup écrit dans les revues américaines et publié quelques brochures, entr autres The Holy Rosary explained to children. 530 — TRAITE DE PAIX AVEC LES IROQUOIS FAIT A QUEBEC LE 13 DECEMBRE itt>5 Articles de la paix demandée par six ambassadeurs iro-(juois, Garakontié, AhonnonhHraton, Gatieunontiés, Notres-ti, Havendaientak, Regannontie, de la nation d’Onnantagué, tant au nom de la dite nation qu’en celui des deux supérieures Goiogsen Isonnontsan, ensemble par Achinnhara de la nation d'Onnetst les intérests de la(|iielle il a stipulé après s'étre joint aux ambassadeurs, et accordée au nom et de la part du Roi très Chrétien par Mrs Alexandre de Prouville, Chevalier, seigneur de Tracy, Conseiller du Roi en ses conseils, lieutenant général des armées de Sa Majesté et dans les lies et Terre ferme de l’Amérique Méridionale Septentrionale tant par mer que par terre, de ce suffisamment authorizé en vertu du pouvoir à lui donné par les lettres patentes de Sa Majesté en date du.en la présence et assisté de Mr Daniel de Cottr-celles, Conseiller du Roi en ses conseils, Lieutenant Général des armées de Sa Majesté et Gouverneur de L’Acadie, Isle de l'erre-Neuve et de Canada, et de M1’ Jean Talon, aussi conseiller de Sa Majesté et Intendant de Justice, police et Finance de la Nouvelle France.Au nom de Dieu, qui a tout fait, soit notoire à tout l’univers, que comme ci-devant les Rois très Chrétiens de glorieuse mémoire auraient souvent avec péril, peine et dépense envoyé leurs sujets à la découverte des pays inconnus et occupés par les nations sauvages, barbares et infidèles, cependant avec si peu de succès que jusqu’au règne de très haut, très excellent et très puissant Prince Louis Quatorzième, par la grâce de Dieu Roi très Chrétien de France et de Navarre, les armes de leurs Majestés ne se seraient portées que jusques à l isle de Montreal, dans le grand fleuve de Saint-Laurent, mais que sous le règne du dit Seigneur Roi Louis Quatorzième, Dieu, par sa miséricorde, soutenant les pieux desseins de Sa Majesté, fortifiant ses généreuses entreprises, et bénissant ses armes d’ailleurs victorieuses, aurait ouvert aux français, ses sujets, le chemin aux quatre nations Iroquoises supérieures, et introduit en les contrées voisines du lac Ontario les mêmes Français tant pour y établir le nom du Christ que pour y assujettir à la domination française les peuples — 53' — sauvages qui les habitent.Les ambassadeurs ci-devant nommés ne sont pas venus demander une nouvelle paix, ne prétendant pas que la première union des Iroquois avec les Français soit rompue ou blessée, mais seulement supplier que l’on confirme la première en leur accordant la continuation de la même protection qu’ils ont ci-devant reçue des armes de Sa Majesté et de ses sujets qui ont habité Onontagué durant plusieurs années, sur quoi il a été arrêté et convenu ce qui suit.Premièrement : Que puisque les quatre Nations, d’On- nontagué, GoyogSan, Isonnontzan.et Onnetzt supplient très humblement le dit Seigneur Roi d'enterrer avec les Français massacrés, la mémoire de tous leurs torts, excès, injures et violences qu’elles leur ont faits lorsqu’elles étaient en guerre, protestant qu’elles ne cherchaient pas d’employer leurs armes et tourner leurs haches contre eux, même d’être fâchées et avoir un regret sensible de l'avoir fait, quoiqu’elles n’eussent dessein que de détruire les Algonquins et Hurons, leurs mortels ennemis, protégés des armes françaises, Le dit Seigneur Roi penchant beaucoup plus du côté de la clémence que de la punition qu’il devrait à ses justes ressentiments oubli et remet aux dits Iroquois les dits torts, excès, injures et violences, et ceux des Iroquois aussi remettent de leur part tous les échecs et déplaisirs qu’ils ont reçus, soit des Hurons, soit des Algonquins, sujets du dit Seigneur Roi, ou vivant sous sa protection, par infraction des traités de paix autrefois faits avec eux par le massacre de leurs Ambassadeurs ou par la détention de leurs présens sans y répondre par d’autres, de pareille nature.20 Que les Hurons et Algonquins habituées au nord du fleuve de Saint Laurent, depuis les Esquimaux et Bertia-mistes en remontant jusques au Grand Lac des Hurons ou Mer douce, et au Nord du Lac Ontario ne pourront à l’avenir être inquiétés dans leurs chasses par les quatre nations Tro-quoises ou troublés dans leur commerce en descendant pour la traite à Montréal, aux Trois-Rivières, à Québec, ou partout ailleurs soit par terre dans les bois, ou par eau dans leurs canots sous quelque prétexte que ce puisse être.Le dit Seigneur Roi déclarant dès à présent qu’il les tient tous non seulement sous sa protection mais encore comme ses propres su- — S32 que pour \ assujettir à la domination française les peuples sauvages qui les habitent, les ambassadeurs ci-devant nom-jets s'étant une fois donnés à Sa Majesté à titre de subjection et de vasselage.Ainsi au contraire les dites nations Irqouoises seront obligées de les assister en tous leurs besoins soit en chasses et soit en paix, ou en guerre : et que les di- visions et inimitiés qui ont été entre les dits Algonquins et Hurons et entre les Iroquois cessant par le présent traité, il y aura une amitié et un secours mutuels entre toutes les dites nations, qui vivront fraternellement pour leur commune défense sous la commune protection du Seigneur Roi.3" Que les dites nations lroquoises ayant rendu des témoignages du respect et de la forte considération qu’elles avaient pour le nom Français, en la personne du nommé Lemoine.habitant, sujet du dit Seigneur Roi, par elles pris en guerre, qu'elles ont soigneusement conservé et ramené de même sain et entier jusques dans son propre foyer avec un autre Français, leur prisonnier, le dit Seigneur Roi leur remettra une tenime Iroquoise, captive des Algonquins demeurant aux Trois-Rivières, comme dés à présent il fait remettre une femme 1 luronne d'une famille réfugiée à Yonnonteau laquelle se trouve présentement captive dans le Fort des I lurons à Québec.40 Que conformément à leurs désirs, et à leurs instantes prières il leur sera accordé deux robes noirs (c’est-à-dire deux Pères Jésuites) l'un desquels sera successeur des charitables soins que le feu Père Lemoyne a pris de leur instruction qu’aussi les dits Iroquois auront pour les deux robes les mêmes sentimens de reconnaissance qu’ils ont témoignés à la mémoire du dit feu Père, la mort duquel ils ont déclaré avoir apprise passant aux Trois-Rivières avec un sensible déplaisir, ayant fait même un présent pour le resusciter.Pareillement qu’il leur sera envoyé du printems prochain un armurier pour remettre leurs armes rompues en état de service contre leurs ennemis et un chirurgien pour panser leurs malades et leurs blessés ce qu’ils ont ardemment désiré et ce que le dit Seigneur Roi leur accorde volontiers, pour leur témoigner non seulement le zèle qu il a de procurer chez elles l’avancement du Christianisme l’établissement de la foi, et leur salut en les — 533 — faisant instruire des principes et mystères de notre religion.Mais la bonté et charité qui porte Sa Majesté à leur donner les secours temporels qui leur sont si nécessaires ou si utiles contre les maladies leurs ennemis domestiques et contre l'attaque des étrangers.50 Que puisque les quatre nations Iroquoises reconnaissent les avantages qu’elles ont reçus de l'union des Français et de la communication qu’ils avaient avec elles tandis qu’elles les ont eus dans leurs habitations et que les espérant pareils elles demandent que le dit Seigneur Roi fasse passer à Onnontagué Goyoguan et Yonnontzun des familles françaises pour s'habituer dans leur pays, offrant d’aider a leur établissement et de les appuyer de leurs forces contre les Nations qui voudraient s’y opposer, ou les retarder.Sa Majesté s’engage d’v envoyer au printems prochain avec les Ambassadeurs qui doivent apporter la ratification du présent traité de la part des quatre habitations, à condition que dans chacune d’icelles il sera donné des champs propres a former des cabanes pour y mettre les dites familles a couvert et nourrir du blé d’Inde qui sera fourni pour semence en échanges d’autres denrées, qui seront à cet effet portées de la part des Français qui en fourniront aux nations Iroquoises, que la chasse et la pêche seront communes aux familles Françaises qui d’ailleurs devront attendre des familles Iroquoises tous les secours et les assistances favorables que de véritables frères doivent s’entendre les uns aux autres.60 Que pour rendre l’union désirée des nations Iroquoises avec la nation Française plus forte et plus solide, la paix plus ferme et perdurable et la correspondance plus aisée, il sera envoyé de chacune des quatres nations supérieures à Montréal, aux Trois-Rivieres et à Québec deux des principales familles Iroquoises, auxquels il sera donne des champs et du blé d’Inde et Français outre le bénéfice de la chasse et de la pêche commune qui leur sera accordé, et ce pour nourrir et fomenter d’autant plus que cette paix souvent faite et si souvent rompue et engager mieux le dit Seigneur Roi à continuer sa protection à toute la nation en général à laquelle ce moyen est offert pour seconder les bonnes intentions qu’elle a de ne tenir pas les Français seule- 534 — ment par l’extrémité de la rebe et par la frange seulement mais les embrasser fortement par le milieu du corps.70 Que sur l’assurance donnée au nom des quatre nations qu’il ne sera fait par elles aucun acte d’hostilité sur les Français, Algonquins et Hurons, la hache des dits Français, Algonquins et Hurons demeurera respectivement suspendue à l’égard des dites nations Iroquoises, jusques au retour des Ambassadeurs avec la ratification du présent traité.Bien entendu que comme il y a des Agueronnons en partie de chasse et de guerre, si qu’a Dieu ne plaise ils attaquaient ou par hazard ou par malice les Français, Algonquins et Hurons, il sera permis à ceux-ci de repousser la force par la force, et d’avoir recours aux armes pour mettre leurs vies en sûreté, sans que pour la mort ou défaite des dites parties on puisse imputer leur juste résistance à infraction du présent traité.¦So Que comme on ne peut excuser les Aguenonnons de n avoir pas su l’arrivée des Français les forts par eux construits et avancées sur la rivière de Richelieu et dans le voi-sinabe de l’habitation des dits Aguenonnons leur ayant du suffisamment apprendre, on 11e peut ainsi les excuser de n’avoir pas envoyé des Ambassadeurs pour demander la paix de même que les autres Nations supérieures qu’ainsi cette nation seule sera exclue de ce traité pour le présent ?Le Seigneur Roi se reservant de l’y comprendre s'il juge cà propos, lorsqu elle enverra de sa part lui demander la paix et sa protection.90 Que pour que le présent traité de paix demeure sûr, ferme et inviolable, et qu’il soit accompli en tous les points et articles y contenus, traités, accordés et stipulés entre Mr Alexandre de Prouville en présence et assisté comme dessus et les six ambassadeurs Iroquois ci-devant nommés il sera respectivement signé de part et d autres pour demeurer authentique et y avoir recours en cas de besoin après que lectine en aura été laite en langue Iroquoise et que dans quatre Lunes la ratification en sera apportée de la part des quatre nations supérieures par le retour des mêmes ambassadeurs (pii ne pouvant signer se sont volontairement obliégs de mettre la marque distinctive de leurs familles “L’ours”, le Lou-pct, la Tortue”, en présence de François Lemercier, Reli- 535 — gieux Prêtre et Supérieur de la Compagnie de Jésus à Québec, de Joseph Marie Chaumonot, aussi Prêtre et religieux de la même Compagnie, et de Charles Lemoyne, habitant de Montréal, tous Interprètes des langues Iroquoises et Huron-nes, lesquels ont signé comme témoins.Fait à Québec, le 13 Xbre 1665 (1).LETTRE DU PERE JOGUES A SA MERE Madame et très honorée mère, ce serait manquer au plus essentiel devoir d'un bon fils à l’égard d’une bonne mère si, étant près de m'embarquer, je ne vous disais un dernier adieu.Nous serions déjà en pleine mer, si étant sorti du port dans la semaine sainte (du 17 au 24 mars) les vents ne nous avaient pas été contraires.J’espère cependant que Dieu nous donnera un bon et heureux voyage, tant parce que nous allons bon nombre de vaisseaux ensemble, que parce que beaucoup de personnes fort agréables à Dieu prient pour nous.Tâchez aussi, s’il vous plaît, de contribuer en quelque chose par vos prières au bon succès de notre voyage et surtout par une g,néreuse résignation de votre volonté a la volonté divine, accommodant vos désirs à ceux de la volonté du Père Céleste qui ne peuvent être que très saints et honorables pour nous.J’espère, comme je vous 1 ai déjà dit plusieurs fois, cpie si vous prenez cette petite affliction comme il faut la prendre, vous ferez une oeuvre agréable a Dieu pour 1 amour duquel non seulement il faudrait donner un fils, mais tous les autres et même leur vie, s’il était nécessaire.Les hommes pour un petit gain traversent les mers, endurent pour le moins autant que nous, et nous, pour 1 amour de Dieu, nous ne ferions pas ce que tant d’autres font pour de vils intérêts ! Adieu, madame ma mère.Je vous remercie de toute l’affection que vous m’avez toujours témoignée et principalement dans notre dernière entrevue.Dieu nous rassemble tous dans son saint paradis, si nous ne nous revoyons plus sur la terre ! ISAAC JOGUES Diéppe, 6 avril 1636 (2).(1) Archives de la province île Québec.(2j J.-B.-P.Forest, Vie du Père Isaac Jonties. ANTOINE-THEODORE BRAUN OU LEBRUN Après la Conquête, duoze prêtres de Saint-Sulpice quittèrent le Canada pour retourner en France.Ce départ affaiblissait singulièrement les effectifs du Séminaire et l’on pouvait se demander si ses oeuvres pourraient se maintenir, car l’Angleterre interdisait tout recrutement français.Le Supérieur crut tourner la difficulté en invitant à venir à Montréal des prêtres savoyards.Mais le gomernement s’y opposa.C’est que les nouveaux maîtres du pays étaient protestants et comptaient bien protestantiser leurs nouveaux sujets.Comme ils ne pouvaient songer à convertir les Canadiens en se servant d’une langue que ceux-ci ne connaissaient pas, ils eurent l’idée de leur envoyer des étrangers parlant français et pratiquant l'hérésie.C’est ainsi que plusieurs de ces émissaires nous vinrent de Suisse.Ce nom est resté, chez nos gens, synonyme de protestant français.Parmi ces missionnaires était un nommé Braun, du diocèse de Trêves.Ancien religieux prémontré et apostat, il s’était réfugié en Angleterre.On crut qu il ferait merveille au Canada.Mais arrivé ici, il retrouva la foi, ht à M.Montgolfier le récit de ses aventures, après un temps d’épreuve abjura le protestantisme, fut relevé clés censures qu’il avait encourues, relevé aussi de ses voeux monastiques, et exerça son ministère comme prêtre auxiliaire.De Braun, il devint Lebrun, Antoine-Théodore.Parlant le français et l’allemand couramment et l’anglais assez bien, fort instruit, éloquent prédicateur, bon chantre, musicien, sculpteur, habile mécanicien, et avec cela doué de beaucoup de qualités morales, on le considérait à Montréal comme un vrai trésor.Le Supérieur de la Mission insista tellement pour qu’on le lui envoyât, que M.Lebrun se rendit au Lac en 1780.Il apprit aussitôt l’iroquois et le posséda si bien qu il laissa des écrits en cette langue.Il acquit de plus sur l’esprit des Sauvages un si grand empire que tout le temps qu’il demeura missionnaire des Iroquois, ceux d’entre eux qui s’étaient soulevés contre le Séminaire, n’osaient plus remuer.Des 143 personnes que Mgr Hubert confirma en juillet 1787, la plupart avaient M.Lebrun pour confesseur.Or, dans les premiers jours de septembre, M.Lebrun quitta la Mission — 537 — pour retourner clans son pays.Et l’on ne sait ce qu’il devint.! Du moins n avait-il fait que du bien chez nous, et les protestants n’avaient rien gagné à nous l’envoyer.Quelques années plus tard, en 1794, onze sulpiciens, chassés de France par la Révolution, et cette fois bien accueillis par le gouvernement, arrivèrent à Montréal et assurèrent la survivance du Séminaire et de ses oeuvres (L’abbé Olivier Maurault, Oka, les vicissitudes d'une mission sauvage, p.19).lettre du ministre au gouverneur de YAUDREUIL Monsieur, Monsieur levesque de Québec m’a écrit que vous avés prétendu en qualité de sindic temporel des recolets pouvoir contraindre le Commissr même le nom bizarre de Dover South.C est la misère extrême de nos ancêtres qui a donné le jour a ce nom de Pain Court, mais il ne fut reconnu officiellement qu’en 1911, au mois de mars.Au temps de l’établissement des premières famille' dans cette partie du pays, le prêtre missionnaire de Sandwich, qui venait visiter ses ouailles deux fois par année, semblait toujours arriver dans un temps de disette; on avait iamais de pain pour le recevoir.Pour s excuser de leur pauvreté, les chefs de famille disaient au missionnaire: “ Nous n'avons pas de pain, le blé a péri, ou nous avons tout mangé”.D'autres fois, ils conservaient pieusement un peu de farine pour en faire un petit pain au missionnaire lorsqu il viendrait les visiter, et lui disaient : “Notre pain est court , c’est-à-dre, tout petit, mais nous vous le donnons de bon coeur.L’histoire se répétait souvent et quand le missionnaire partait de Sandwich pour sa mission de la rivière la 1 ranche, il disait: “ Je m’en vais dans la région du pain court .Et pour ménager les mots aussi bien que la nourriture, il disait tout simplement: “ Je m’en vais à “ pain court ”, Le nom prit bien dans tout le pays, car il était expressif, il faisait comprendre la grande disette ou misère chez nos pères.Comme la paroisse n’avait pas encore de nom officiel on s’habitua tranquillement à appeler cette paroisse: “Paint Court ” et ce nom prit racine pour toujours; ce nom se répandit dans tous les pays voisins et quand on voulait parler d’un pays de misère noire on donnait Pain Court comme exemple-La marche du temps a bien changé la face des choses (Extrait de Y Histoire de la paroisse de Pain-Court), 54' PRISE DE POSSESSION DE LA CURE DE REPEN-TIGNY PAR M.CHAIGNEAU (14 JUILLET 1707).L an Mil Sept Cent Sept le quatorzième Jour de juillet avant Midy pardevant moy notaire royal de l'Isle et Judiric-tion royalle de Montreal en la Nouvelle France resident a \ illemarie soubsigné et en la Presence des témoins Sous nommez Est Comparu Mre Leonnard Chaigneau l'un de Messieurs les Ecclésiastiques du Séminaire de St Sulpice de Paris et du Séminaire duel Yillemarie pourvu de la Cure de la paroisse de lassomption de la Bienheureuse Vierge Marie en la Seigneurie de Repentigny Lequel s’est adressé à Mre pierre Rodolphe guibert de la Saudraye pretre Curé de la parroisse et Seigneurie de Boucherville Sestant trouvé au-jourd’huy alad.Costë de Repentigny et suivant la Commission portée par le^ lettres de provisions delad.Cure a luy accordées et Expédies par Messire francois \’achon de Belmont au nom Et Comme \ icaire general de Mgr l'Illustrissime et reverendissime Eveque tie Quebec, Sur la resignation de Maitre Pierre \ niant cy devant et dernier titulaire et paisible possesseur d'icelle cure au profict dud.Mre Leonnard Chaigneau En datte du treizième de ce put mois Signées francois \ achon de Belmont pt a requis et Sommé led.S.De la Saudraye de se transporter présentement dans l’Eglise parroissialle dud.Repentigny avec Moy Notaire Et témoins, et le mettre en possession réelle actuelle Et Corporelle de-lad.Cure, fruict proficts, revenus et Emolumens en dépen-dans suivant et Comformément a lad.Commission ce que led.Sr de la Soudraye aiant Entendu et ayant Eté faite lecture desd.provisions auroit receu et accepté lad.Commission et offert de l’Exécuter Et a l’Instant Nous Etans transporté tous Ensemble dans l’Eglise parroissiale delad.Cure de L’assomption de la bienheureuse Vierge marie dans lad.Seigneurie de repentigny qui nous a Eté Ouverte par les Mar-guilliers d’icelle et led.Sr de la Saudraye pretre Et Commissaire Susdit aiant pris par la main led.Maitre Leonard chaigneau L’auroit mis et Installé en personne en la possession réelle Et actuelle et Corporelle de lad.Cure de l’assomption de la Bienheureuse Vierge marie, fruicts, profits, revenus et Emolumens d’icelle Et autres Droicts generalement quelconques y attribues tels qu’en a joui ou du Jouir led.Sr \ o-lant precedent possesseur, tant par 1 Entrée de lad.Eglise, en y faisant prenant Et aspergeant de l'eau bénite faisant les prières a genoux devant le Maître autel, Et touchant Et Bai-san, ouvrant Et fermant le livre Missel Etant Sur ledit autel, prenant place Et Seance au lieu affecté dudit Curé en lad.Eglise, ostention desd.Lettres et provisions de lad.Cure qui ont été leues hautement et Expliquées en Notre Langue françoise devant tous les assistans par led.Sr De la Sau-draye : Son de la cloche et autres Ceremonies Accoutumées bien et deuement observés que par la Sortie de lad.Eglise Sans Contradiction ny opposition quelconque, ce faisant led.Sr de la Soudraye Commissaire Susdit a fait Inhibition et deffence a tous quil apartiendra de troubler ny inquiéter led.Maitre Leonnard de Chaigneau en la possession et Jouissance de lad.Cure de l’ass .' Notre Dame Sur les peines Et Censures Ecclésiastiques Et Ensuite Seroient sortis de lad.Eglise et au Meme Instant lesd.Provisions ont Eté remises es mains dudit Sr Chaigneau qui de tout ce que dessus a requis acte audt Sr Commissaire qui luy a Octroyé Ce present pour Servir et \ aloir ce que de Raison audt Sr Chaigneau le tout fait en presence des Sieurs Jean Magneron et Pierre Maurisseau premier et Second Marguilliers de ladt parroisse Jacques Richaume Capitaine de la Coste J.Baptiste le Riche de la Sonde chirurgien J.Baptiste touin, et Charles goulet habitant de lad.Seigneurie, et Jean Prudhomme et Michel Sequié habitant de St Sulpice qui ont signé avec led.Sr Commissaire lesd pierre Maurisseau Sr Jean baptiste le Riche et Moy Notaire Royal Susdit de ce requis soussigné, lesd.Magneron, Richaume, Goulet et Touin ont déclaré Ne Savoir Signer de ce Interpellé apres Lecture faitte suivant Lordce.R.De la Soudraye — pierre morissau — Jean Baptiste Le Riche — Prudhomme — Michel Se Lier (?) — P.Raim-bault ( 1 ) .(1) Archives Judiciaires de Montréal.Communiquée par M.E.-Z.Massicotte.0592 — 543 — UNE LETTRE DU CONSTRUCTEUR WOOD Dumbarton NovL 1, 1836.My Lord, In what 1 have to propose and beg most respectfully to call \ our Lordship s attention to 1 do not imagine that it can be new to His Majesty’s government, quite the reverse, but I had a peculiar opportunity of observing what 1 bear witness to.1 was a considerable time in Canada building the two large Rafts or Timber Ships, the Laron of Renfrew and Columbus, which your Lordship has noticed, 1 dare saw I passed most of my time in the Island of Orleans among the French Habitans.They were the most unsophisticated Moral people male and female 1 ever was among, and very much disposed to be contented, quite sensible of their great advantages over the Inhabitants of the United States; they need never 1 think, separate from the United Kingdom, but ’ will endeavour to be brief.1 he brench should be most delicately attended to, the liritish are too apt to treat them as if thev were actually black.' Such Mighty talkers as Mr.William Walker (but tyrannical in the extreme ) are but too Common, and not less dangerous than M.Papineau and the other French Lawyers, but these last have done much injury, when they were exciting discontent against the energetic paternal Government of Lord Dalhousie, the most decidedly barefaced falsehoods were circulated by them.For example Register officers are much wanted (no property can be bought at all with safety, but against the interest of the Lawyers, and the were made unpopular by these Lawyers’ Misrepresentations.Out of 5000 Inhabitants not perhaps more than a dozen speak the English language although within 3j/> miles of Quebec.Every French Man, Woman, and Child should be taught to read and write English, not a smattering of it only, but perfectly.Many a time they have called out to me for it.There is no fear of their loyalty, or their ever getting attached to the United States that need be entertained. — 544 — They would not then be liable to be held down by the Saucy English, nor decoyed by the Cunning- French.The Measure Education is what I write for but I cannot omit saving, that 1 venture to think now that passages are short and certain by steam, that Canada should be united to Great Britain and have Peers and Members of the British Parliament, I have thought very deeply on this.I sincerely beg to be excused for using the freedom of thus intruding on Your Lordship and I have the honour to remain.My Lord Your Lordship’s Very Humble Servant To the R*.Honble.C.Wood Lord (ilenelg Secretary to the Colonies London (1) LES DISPARUS R.P.Pierre-Théophile Gonthier — Né à Saint-Gervais, comté de 1 iellechasse, le 22 septembre 1853, du mariage de Magloire Gonthier et de Catherine Mitron-Jolivet, il entra chez les Dominicains à Abbeville, en France, en 1874, et fut ordonné prêtre à Langres le 7 juin 1879.11 fut missionnaire à Saint-Hyacintre, à Ottawa, aux Etats-Unis, à Québec et encore à Saint-Hyacinthe où il décéda le 1(> juin 1917.Le Père Gonthier avait ^ ' "é, en 1896, sous le pseudonyme P.Bernard deux volumes l'n manifeste libéral: il/.L.-O.David et le clergé canadien et l rn manifeste libéral : deuxième partie, la question des écoles du Manitoba, qui eurent du retentissement.11 avait, en outre, collaboré à YOpinion Publique sous le pseudonyme A.de Saint-Réal, à la Nouvelle-France sous celui de Raphaël Gervais, et au Rosaire sous le nom de plume Fra Dominico.On peut lire une étude sur le Père Gonthier dans A l’ombre des Erables de Mgr Camille Roy, p.120.(1) Archives publiques du Cnnndn.5 r- 545 LETTRES DE JOSEPH QUKSNEL A PIERRE-LOUIS PANET Montreal, 1er octobre 1783.Vous m’avez prévenu, Monsieur et Ami, et je nie proposais de vous écrire et de vous remercier de votre souvenir lorsque Mr Konaventure m’a remis votre lettre.Je vois que vous avés trouvé M,le heureusement accouchée à votre arrivée, dont je vous fais mon compliment.]e ne doute point que vous ne soiés déjà installé dans votre emploi.11 faut qu'il vous soit bien avantageux s il veut que je lui pardonne de nous avoir privés de vous.La bonne M‘le Orillat se porte assez bien, mais elle parait triste d'avoir tout à coup perdu toute la jolie société.Elle me fait des reproches sur ce (pie je ne la vais pas voir souvent: J irai, et nous nous entretiendrons de nous et de votre jolie compagne car vous êtes un couple heureux que nous aimons et regrettons.Je serai bien aize de recevoir de vos nouvelles et je profitterai des occazions qui se présenteront de vous écrire sans frais car mes lettres ne valient pas la peine de vous en causer : Quant à vous que ce ne soit pas une raison qui me prive den recevoir de vous, mais ne vous arretés point de repondre aux grandes lettres quil me pourrait prendre fantaisie de vous écrire, votre tems vous est cher et vous avés peu de loisir quoique vous en peussiés dire: que ce soit donc peu et souvent._ _ Vous nie parlés de comédie: cet amusent' me plaît, mais un voiage que je me proposes de faire a Philadelphie cet hiver, pourrait bien me priver de vous voir d ici a longtems.Je sens (pie votre absence nous laisse un grand vuide que je ne sais encore avec quoi remplir.\ otre maison est toujours à vendre, à ce qu’on dit, car pour moi je boude tout a fait avec elle et je ne la regarde plus.Adieu, Monsieur Panet, je vais avec votre permission causer un peu avec Madame.Bonjour, Madame, comment vous portez-vous depuis votre jolie maladie ?J’espère que vous êtes bientôt entièrement rétablie ; (pie vous avés repris des couleurs Et qu’enfin vous donnés et mangés bien.Si vous ne jouissies pas encore — 546 — de t.us ees avantages du moins nous vous les souhaitons tous.Quant a nous ce que nous désirerions beaucoup serait de vous voir revenir.Nous accourerions avec bien de la joie à votre ancienne demeure, si nous apprenions que vous fussiés de retour.Mon Dieu, que cette maison est triste aujourd’huy.Je crois qu on ne passe plus par là.Ces fenêtres fermées, ce jardin désolé, où languit cette aimable violette que vous cultiviés ; tout cela a un air de deiiil qui me serrerait le coeur si j’avais la témérité de passer par là.Je paitage la joie que vous avés d’avoir un fils encore ; Ah que je désirerais bien de vous accompagner à Ste-Foi lorsque \ ou s 1 irez voir ! Mais ce n est plus pour nous qu'est fait ce plaisir.Nous nous flattons du moins que vous ne nous oublicrés point, pour vous Madame, vous n’avés rien a craindre de loubli, de la part de ceux qui ont eu l’avantage de vous connaitre.Manon et moi vous saluons derechef, et ie suis avec la plus parfaite considération Madame Votre très humble et obeiss1 Serviteur .Quesnel J «il vu de loin ce pauvre chat auquel vous aviés si gene-reusent' accordé 1 hospitalité; le pauvre petit me paraît triste et m a l’air de regretter beaucoup la perte de sa bonne maîtresse.A Monsieur Monsieur Panet fils, Avocat, Québec.Montreal 12e 8bre 1783.Monsieur et ami, J ai îeçu la vôtre par laquelle vous me chargés de faire passer vos lettres a Mr Ceré, je suis flatté que vous ayés quelque confiance à ma ponctuabilité.Votre lettre est incluse dans un paquet adressé au Detroit par Mr Blondeau à son beaufrère M' V Martin Adhemard pour de la être envoié aux Illinois; le paquet est parti ou doit partir incessamment Je desire de trouver quelque occasion de vous être utile ici, c’est le seul plaisir qui me pourra dédommager de la perte d’un de mes bons amis.Et vous, Madame, lorsque vous auré quelque at 1 aire ici dont vous voudrés charger quelqu’un, ne me — 547 — faites pas je vous prie l'injure d’oublier celui qui s’en chargera avec la plus grande satisfaction.Mr Panet me marque que vous n’étiés pas entièrement rétablie, mais j’espère que depuis ce tems vous l’êtes enfin.Vous allés donc reprendre le cours de vos visites d’arrivée que votre maladie avait interrompues.apropos, savés vous que M'le DeLaignier est mécontente de vous ?vous ne déviés point partir sans accoucher auparavant et vous lui avés fait une injustice de lui ravir cette jolie aubaine.Je reviens à vous, Mr Panet et vous prie si le hazard vous faisait rencontrer M1' Fleury Dechambaut dele prier de vous remettre un Livre d’arriettes que je lui prêtai two years ago, qui appartient à Mr Foretier et quil me redemande depuis 8 mois.Mrs Les députés vont incessamment partir pour Quebec pour s'embarquer, je profiterai de leur occasion pour vous écrire.Je ne sais rien d intéressant.La pluie ne discontinue point et la récolté de plusieurs habitans est perdue.11 n'est question ici (pie d’inoculation : je ne sais d'ou est venue cette terreur panique qui détermine tant de gens a se faire inoculer, ce mot est si nouveau encore parmi le peuple quils le mettent à toute sauce et le prononcent de cent manières différentes excepté comme il faudrait.Ils entrent chez .M1 Jobert, Monsieur je vous prie de vouloir bien ceussonner ma fille un autre savait faire acculer et un autre pis encore, enfin cest une chose risible que la manière dont ils estropient ce pauvre mot.La dernière lettre que vous mavés écrit était si courte que j’infère de là que vous navés pas trop de tems a emploier à la lecture des miennes.Je vous souhaite donc le bonjour Ft suis très sincèrement Monsieur et ami Votre très humble serviteur Quesnel Receves les Compilments de Mr M,le Blondeau et de Manon, ils disent bien des choses à Madame.Monsieur Monsieur Panet Fils, Avocat, Québec. Mr Panet, greffier etc, à Québec Montreal, janver Ier 1784 Mimsietir et ami, Je m’étais toujours proposé de ne vous écrire que par 1 occasion de personnes qui vous eussent fait parvenir mes lettres sans frais.Mr Bonaventure m'avait procuré plusieurs fois 1 occasion de le faire, mais n’en appercevant aucune à viie de pays pour le présent je vous enverrai celle-cy par le courrier et vais emploier avons écrire ce jour, le tems qu’avec plus de plaisir j’eusse passé à vous rendre visite.Depuis celle dont vous m’honorâtes par Mr de Lisle à laquelle je n avais point encore répondu, nous avons eu le sen-•dble chagrin de perdre notre pauvre petite Lucie et de lavoir expirer pleine de vie, si jose m’exprimer ainsi, à une inoculation trois fois réitérées sans aucune apparence d’effet succéda enfin une petite vérole naturelle ou inoculée, d’une espèce dangereuse et compliquée de rougeole.A tout ceci elle avait résisté, mais 1 humeur entrant subitement et se fixant sur ses poumons par 1 ignorance ou négligence du médecin nous nous ''mes lavis en quelques heures — l’objet chéri de quinze mois de soins et de sollicitudes.Manon a remplacé cette perte avec une autre petite fille encore qui je crois a actuellement la petite vérole mais avec des symptômes moins dangereux.La mort de notre petite a terminé le ravage que cette ciuelle maladie a causé en cette maison.Le petit panis de Mr blondcau a été la première victime; brançoise, la domestique, ja seconde, et Lucie la troisième.Ainsi quelque peu d’humanité qu il reste encore aux assassins qui les premiers ont lait venir le germe de cette maladie ils doivent avoir à se reprocher la mort de près de 500 en fans des environs, depuis environ trois mois.Je sors de chez Mde Grillât cpii m’a dit avoir reçu la veille une lettre de Aide Panet.Elle m’a appris que votre fils après avoir passé par toutes ces dangereuses épreuves était bien rétabli, commençait à marcher et balbutiait déjà les noms de papa et maman; je partage sa joie et la vôtre.Nous sommes extrêmement sensibles aux marques flatteuses de — 549 souvenir que nous donne Mr Panet qui dans vos lettres a la bonté de ne nous point oublier.Peut-être n’est-ce qu'à sa politesse que nous les devons, niais quant à moi qui crois à la sincérité de votre aimable moitié autant qu’en Dieu je les prends du très bon cote et je l'en remercie.Lorsque j’ai commencé ma lettre j avais intention de débuter par les coinplimens d’uzage et voilà que j'en ai attrappé la moitié, sans en avoir fait mention encore peut-être m’arriverat-il même de l’oublier tout à fait, en quel cas je vous prie de croire que malgré cette omission, nous vous désirons sincèrement tout ce qui peut contribuer à augmenter votre félicité à tous deux.Si de votre coté vous voulus me souhaiter quelque chose de très flatteur ce sera que Dieu vous mette au coeur l’envie de revenir prendre votre place parmi nos citoyens et rendre à notre société l'agrément dont 1 absence de Mde Panet nous prive.X allés pas prendre ceci pour un compliment du premier jour de 1 an je vous le donne pour un sentiment vrai et qui a lieu pendant tout le cours de 1 année.je vais finir, car je craindrais (pie cette longue lettre ne vous tombât entre les mains dans un tems où vos occupations vous appelleraient ailleurs, mais alors, donnés-la a Madame qui aura la bonté de la lire et de vous informer quelle ne contient rien d’intéressant.Les nouvelles de cette ville ne le sont réellement pas beaucoup; tout consiste en quelques marriages et quelques enterrements.Le petit Poretier fut enterré dernièrement et Mde Laignier vient de mourir, voila de ce dernier article ce qui se présente à ma mémoire.Quant aux mariages, il est question de Mr Jean Iïouthillier et M(ll,> Raimbault, de Mr La Forme et Melle iïervieux — je ne sais positivement s’ils auront lieu —, mais on en parle.Lu autre plus certain quoiqu'on en ait moins parlé est celui de Mr Côté et MeIle Angélique Blondeau mariés depuis huit jours dans ma chambre devant deux témoins sans que 1 affaire ait encore transpiré, quand je dis dans ma chambre je veux parler du contrat qui s’y passa ils reçurent la bénédiction du Révd Pre Recollet à îo heures du soir.Tout ceci s’est fait mystérieusement pour prévenir un charivari dont on l’avait menacé en cas qu’il se mariât avant la fin de l’année de deuil; j’es- — 550 — père que vous ne lui en ferés point, et voilà pourquoi je vous le dis.Je ni apperçois que j’ai sauté un feuillet, mais je n’ai pas le teins de copier ma lettre et vous la recevrés telle quelle est.Il me reste bien peu de place, mais assés pour vous réitérer que je suis très sincèrement, Monsieur et ami, \ otre très humble et obéissant serviteur, Jit.Quesnel Nous assurances de respects, S.Y.i\, à Madame Panet, a Monsieur Panet Fils, Greffe &c, Québec.Montréal, 9 février 1784 Monsieur et ami, J ai li en lisant votre lettre, de 1 histoire du pauvre damné dhcretique qui fut contraint de céder le haut du pavé; nous ne voions point ici de elles disputes car le ministre De-li.de luit jusqu a 1 ombre de notre clergé.Vous demandés que je nous instiuise des nouvelles de cette ville, je ne manquerai cei tainement point a le taire lorsque l'occasion s'en présente-ta ou plutôt la matière.lout va ici comme de coutume; le bal et quelques repas sont à peu près les seules passetems dont on jouit.Nous allons au bal tous deux, mais quant aux festins ce n’est point là mon goût.La comédie serait pour moi comme elle est pour vous le plus agréable amusement, mais pour voir rétablir ici notre theatre, nous attendons votre retour.Nous avons eu pourtant une espece de farce jouée dernièrement dans les rues à six heures du soir.Des Anglais qui en étaient les acteurs en avaient vêtu un de paille, habit comme vous voiés très com-nistible.Deux diables paraissaient le trainer, armés chacun dune torche allumée prêts à lui mettre le feu au derrière.Le patient s écriait douloureusement: Et Messieurs les Diables' pardon, non, je ne le ferai plus, laissés-moi aller je vous prie a quoi ceux-ci ne répondaient qu’en continuant de le trainer' Les passans ne savaient ce que cela signifiait, mais l’auteur a\.ut ait habilement venir d’autres acteurs qui jouaient les roles de survenant et demandaient au damné ce qu’il avait lait.Rien, Messieurs, j’ai seulement battu ma femme.— Et pourquoi ?parce (pie je suis un vilain jaloux — Et de qui?— de M.Comment vous appelés-vous?Tavler.— Quel est votre beaupère?— Mr Reek, &c — c’est ainsi que nous avons étés instruits de ce mistère d'iniquité.Cette farce néanmoins a tellement opéré sur notre homme qu’on prétend que depuis ce tems là il ne lui a pas seulement donné le plus petit coup de pied au derrière.Je suppose que vous saviés le mariage de Mr Tayler et une des Dlles Reek.Je m’étais proposé d’aller faire un tour à Philadelphie, mais deux raisons n’en empêcheront je crois.La dépense premièrement qui irait bien à 50 louis et de plus la difficulté (lavoir des permis du général.Cette raison retient* ici une quantité de personnes qui se proposaient aussi de faire ce voiage.11 semble que les Canadiens trouvent pour cela plus d’obstacles que les Anglais.Nous avons pourtant eu le tils de M.Mezière qui obtint permission et partit il y a environ trois ou quatre mois avec M.Alex.Henry, &c, mais nous avons été surpris de le voir revenir deux mois après tout nu.et sans un sol.11 s’alla se réfugier en arrivant au verger de son père sur la Cote à Râ-ron, et delà, il écrivit une lettre de doléance à ses parens par laquelle il disait avoir été maltraitté par les Américains à son arrivée chez eux par la raison qu’il avait servi contre eux et jusqu’au point d’être mis en prison, dépouillé, et prêt d’être fessé publiquement s’il ne se fut échappé au plus vite.Tout ceci était un compte forgé par lui en revenant.Le fait est qu’aiant perdu au jeu et dissipé par d’autres voies l’argent qu’il avait, ses créanciers l’ont dépouillé et il a été très heureux d’avoir rattrappé son pays avec tous ses membres.Après quelques jours de séjour au verger, le Père Théodore lui a donné un auspice au couvent où il est depuis près d’un mois.Son père ne le veut point voir encore, mais par l’effet des lettres édifiantes que lui écrit cet enfant prodigue on présume que sa fermeté ne tiendra pas longtems contre la tendresse paternelle et que ce bon père enfin fera bientôt tuer pour lui le veau gras.En effet sa conduite est exemplaire; vous le verriés en lisant des livres saints, couchant sur la dure, vivant en vrai anachorette, ne buvant que de l’eau et cherchant, dit-il, à se reconcilier avec Dieu.11 ne soupire qu’après la bénédiction de son itère dont un bon fils doit se munir tous les mois ; il a raison s’il est sincère, mais je crains que ce ne soit un rôle — 552 qu’il n’ait juj^é nécessaire de jouer pour faire oublier sa dernière incartade.Enfin jusqu’à son loisir a quelque chose de relatif à la religion, il a un moule où il fond de petites croix d’étain dont on dit qu’il fait ou doit faire un commerce considérable.Au reste s’il vend de petites croix il en a gratuitement donné de très grandes à ses parens.Je fais une réflection en écrivant ceci qui est que cette lettre un peu méchante quoique vraie pourrait bien me faire taxer de médisance par Mde Panet dont je connais l'aversion pour ce vice.Elle pourrait bien avoir raison mais comme mon intention est pure et que je satisfais à l’envie que vous témoignés d’apprendre ce qui se passe ici je me crois très excusable persuadé comme je le suis que cette lettre est entre nous seulement.Pu événement bien plus funeste est la mort de M.de Montigny l’ainé qui plein de vie il y a quelques jours a eu le malheur de se noier dans un trou de glaise aux environs de Lachine.Il sortait de Montréal ayant pris les clevans sur Mr (lonnefrod, curé de la pointe C laire (avec lequel il devait retourner) sous prétexte que son cheval allait moins bien que le sien.Le curé le rattrapa bientôt ou plutôt son cheval et sa cariole car pour lui il était tombé on ne sait comment dans un trou profond de quatre pieds seulement, d’où on le tira peut-être une ou deux heures après pour le faire enterrer à La Chine.( ette lettre commence a devenir longue.\ « >i 1 à comme on remplit le papier avec rien.Passe encore lorsqu’on peut le lire mais je ne suis pas lisible quelquefois.\ ous saurés pourtant que je viens de taire emplette de plumes, a quoi je n’aurais peut-être pas pensé si je n eusse eu a vous écrire.\ ous voiés ciaii cment la dépense que vous me causés, ainsi pour mon intention je vous engage encore à revenir tous deux, si vous y aves égard vous le ferés certainement, car je vous assure que j aurai bien plus de plaisir a vous aller voir que je n’en ai à vous écrire.Je vous prie de présenter nos respects à Madame Panet Et suis toujours avec sincérité Monsieur et ami, \ otre très humble serviteur, J h.Quesntél février 15 — 553 — Cette lettre a été oubliée et par conséquent retardée de H jours.J’ai appris depuis que le corps de Mr Montigny n'avait été retrouvé que le lendemain, Lou Mézière est entré en grâce chez son père, que Mde Orillat est seule chez elle.Mde Sauvage l’ayant quittée pour un différend causé par Mde Permis.A Monsieur Monsieur Panet tils, avocat, greffier &c, Québec.Février 28e 1785 Monsieur et ami.Monsieur Blondeau dont vous recevrés les complimens m’a prié de vous écrire pour vous engager à lui envoier par moi une copie d'une lettre originale intitulée : Lettre d’une tête de boule à son frère René.Si toutefois vous pouvés vous la procurer ce qui vous sera facile par Mr de Rocheblave qui en a une copie lui-même.Mr Blondeau qui est travaillé très-fort actuellement par cette maladie que j’appelle la Politicomanie serait très flatté d’ajouter cette nouvelle pièce à la collection de Rapsodies dont il a enrichi un des tiroirs de son bureau.Ainsi si vous pouvés nous procurer une copie de cette lettre, vous m’obligerés beaucoup et lui-même davantage.Manon est rétablie de ses couches.Son petit garçon se porte bien.Portés-vous bien aussi, présentés nos complimens à Mde Panet et me croiés sincèrement Votre serviteur et ami, A Monsieur Jh.Quesnel Monsieur P.L.Panet, greffier, Québec (1).QUESTION Louis Jaquet, neveu de Mgr Dosquet, a-t-il vécu plusieurs années dans la Nouvelle-France?M.l’abbé Auguste Gosselin prétend qu’il vécut ici à même la mense épiscopale.Cur (1) lUbliotlièque Saint-Sulplce, fl Montréal. — 554 — LES DIFFERENTS NOMS DES ESQUIMAUX Le premier auteur qui ait produit le nom d’Esquimaux est le jésuite Charlevoix, dans son Histoire de la Nouvelle-France, où il nous apprend que les Abénakis, indiens de la famille algonquine qui habitent le golfe Saint-Laurent, appellent ce peuple Eskimantik, c’est-à-dire mangeurs de chair crue.De nos jours encore, les Cris ou Cristinaux (i) du lac Athabaskaw, les Algonquins les plus septentrionaux de l’Amérique.les nomment Wiyas-Kimowok, c’est-à-dire ceux qui agissent en secret.On voit par là quelle confiance mérite l’explication que donne du mot Esquimau sir John Richardson.Il le fait dériver "du français, ceux qui miaux (lisez qui miaulent), phrase qui exprime, dit-il, les clameurs teymo ! que ce peuple profère lorsqu’il entourait un navire.” (Arct.Search.Exped., VI, chap.IX ).Or ce même mot tayma, qu’il écrit teymo et qui signifie assez, Hearne le traduit par : Com- ment vous portez-vous ?Le nom composé par le R.P.Charlevoix a été accepté par toutes les nations.Bien que les Anglais emploient quelquefois le mot Hoskvs pour désigner les Esquimaux, et qu’un de leurs voyageurs prétende que ce soit un refrain kamstcha-dale, je lui soupçonne fort la même origine que les mots Eskimo, Sukémo, par lesquels ce peuple est connu des Anglais et des Orcadiens; c’est-à-dire d’être une corruption de l'Eski-mau de Charlevoix, qui n’est lui-même qu'un mot algonquin dénaturé.Les Russes appellent également les Samoïèdes mangeurs de chair crue.Les Esquimaux se donnent eux-mêmes le nom général d’Innoït, hommes (Innok au singulier).En cela, ils partagent complètement l’idée des Chinois, de tous les Peaux-Rouges d’Amérique, des Polynésiens, et probablement aussi de tous les peuples à leur origine; tous ayant une si haute idée (1) Os mots proviennent (le la corruption de l’épithète Knistinu.wok donnée aux E.vintwok, nlgompilns de l'ouest, par leurs voisins du sud-est.Il ne faut pas confondre les ('ris (en anglais Créés) avec les Cricks rm Creeks des Etats-I'nis, (pii sont des Têtes-I’lates comme les Cllérokis, les Katawbas, les Chtcasaw.(Note de l'auteur). — 555 — de leur propre excellence qu ils ne croient pits pouvoir mieux faire que de résumer l’humanité entière dans leur seule nationalité, à l’exclusion de toutes les autres.I n orientaliste a dit que le nom propre du peuple de 1 empire du Milieu, 1 hsing-jen, que les Malais prononcent tching, et dont nous avons fait les mots china, puis chinois et chinaman, ne signifie pas autre chose que “hommes proprement (lits .Les Bornésiens se nomment aussi Idaan, c est-à-dire hommes, et les lagals ont aussi pour nom propre le titre d’hommes, tano.Notre nom de Francs n’aurait-il pas la même origine, et n’est-ce pas une idée toute semblable (pii porta les Germains à s’appeler Allemands, c’est-à-dire tous les hommes (Ail men) ?Indépendamment du nom collectif et générique Binon tpii sert à désigner aussi tout homme, à quelque nation qu il appartienne, les Esquimaux se donnent d’autres noms (pii servent à désigner, les uns les grandes tribus, les autres les petites peuplades.Ainsi les Esquimaux dont il est ici question, et qui, au nombre d’environ deux mille âmes, habitent les bords de la mer Glaciale arctique, entre le cap Bat h in st et la rivière Colville, se donnent le nom spécifique de îchiglit, au singulier Tchigleok; ceux de la baie d’Hudson (pii fréquentent le poste de Churchill se nomment eux-mêmes Akut ou Agut, pluriel Agutit; les Aléoutiens Tagut, les 1 chukatchis, les Kamstchadales-Tuski Tchuktehit, les Gro-ènlandais Kapalit, etc.Tous ces noms sont les équivalents de vir, viri (hommes), comme les noms de innok innoit signifient homo, homines.Les Loucheux et les Peaux-de-Lièvre nomment les Esquimaux du fleuve Anderson Tchizapéni; mais ce nom, «pii est une corruption de la locution adverbiale çikdjapni (sur le rivage), est purement arbitraire et n’est pm'nt reconnu par les Esquimaux.Les autres noms caractéristiques des peuplades expriment une idée locale ou emblématique.Ils varient naturellement avec la tribu (pii les a donnés à ses voisins.Voici ceux des tribus esquimaudes connues des Tchiglit du Mackenzie.La marche que j’adopte est de l’ouest à l’est, c’est-à-dire du Yamstchatka à l’embouchure de la rivière du Cuivre : — 556 — IO Piktopmcut (les habitants de la neige poudrante), tribu située au delà du détroit de Behring, soit en Kamstchat-ka, soit sur la côte occidentale de l’Amérique.La localité qu'ils habitent se nomme Picktopk (la poudredie) ; _>o Natuepvalinèt (les habitants de Natépovik), probablement ceux de la baie Norton.Natépovik m’ayant été dépeint comme un poste russe de commerce, il ne peut être que l’ancienne redoute Mikaëlowski; 30 Tuvopmiyat, où les habitafints du détroit de Behring.Leur contrée a nom Tchikpènèpelépk ; 40 Apkwaméut (les gens enfermés, sédentaires).Probablement les Tchukatchis sédentaires de Kotzebue Sound.C'est d’eux qu’est venue aux Tchiglit la connaissance d'une sorte de bottes à larges plis, nommées pour cette raison apkwaméoptok.Nos Esquimaux ne cherchent qu’à imiter leurs compatriotes de l’ouest.Ils ne parlent de ceux de l’est et du nord que comme de purs sauvages.Les Apkwaméut vivent au lieu nommé Kpanik (la neige étoilée) : 50 Nuna-tag-méut, ou ceux qui habitent à Nunatag-nnm, vers le détroit.On nomme aussi ces parages Tchik-pevnépk kagvipaptchinepk (le soleil montre le bout du nez); t)o Nwung-méut (les habitants du cap).Ils occupent les environs du cap Lisbonne; 70 Akillinepméut (les habitants d’Akillinepk), entre le cap Lisbonne et le cap des Glaces; (So Tapèop-méut (les habitants de le mer).On les trouve depuis File Herschell jusqu’à la baie Liverpool exclusivement.et dans les bouches du Mackenzie; 90 Kpamalit, ou Esquimaux du fleuve Anderson; 100 Kpagmalivéït, ou habitants du cap Bathurst; 110 Kpavanaptat (habitants de l’est).Ici le nom devient vague et désigne tous les Esquimaux compris entre la baie Franklin et probablement la rivière du Cuivre ou même la presqu’île Melville; 120 Anénépit ou Innoït du grand-est.Mot encore plus générique qui convient à tous ceux de la baie d’Hudson, du Labrador et du Groenland ; 130 Enfin Kpikeptalopméut (les habitants des iles).Sous ce nom sont compris tous les Esquimaux des grandes terres de la mer polaire., Voici d autres noms, cités un peu différemment par Richardson, de tribus esquimaudes centrales, c’est-à-dire comprises entre le Mackenzie et la baie d’Hudson.La marche est toujours de 1 ouest à 1 est, mais les noms appartiennent à la tribu de la baie Liverpool et sont inconnus des Tchiglit du Mackenzie : 140 Kpotevlopéut fies habitants de la montagne des Rennes), à l’est des bouches du Mackenzie; 150 Naggiuktop-méut (les habitants de la Corne), à l’embouchure de la rivière du Cuivre; 160 KaNep-méut (les habitants parmi les Perdrix blanches, à l’est du cap Alexandre) : 170 Utkutçiki-alin-méut (les gens qui se servent de chaudrons de pierre), sur les rivages du golfe de Booth; 180 Enfin, Ahaknanèlet (les femmelettes), ils habitent dans les environs de la baie Répuise ( 1).Les Dènè et les Dindjié ont conçu une grande haine et une terreur encore plus grande à l’égard des Esquimaux, qui leur ont massacré des hameaux entiers.Aussi les désignent-ils sous les épithètes injurieuses de Pieds-ennemis ( Enna-k’è, anakpen) et d’ennemis du pays découvert (üt'el-nna).Les Peux-de-Lièvre les nomment aussi dérisoirement Tètes-pelées (Kfwi-dékèri), faisant allusion à leur large tonsure qui les fait ressembler à des bonzes.Les Innoït, de leur côté, rendent à ces Indiens par le plus profond mépris la monnaie de leur haine.Indignés de s’entendre appeler anakpen, mot qu’ils interprètent faussement par anakpoe, qui dans leur langue signifie excrément, ils prodiguent aux Peaux-Rouges les épithètes sanglantes de itkpéléit, c’est-à-dire lentes de vermine, taoptjoït et optcho-todjo-eytut, mots qui correspondent au nom que les Romains donnaient dérisoirement aux Juifs : Apellae.Ils nomment les Européens et en général tous les blancs Kpablunèt couronnés), au singulier Kpablunapk.Ces mots dérivent de Kpablut, sourcils, et de Kpablunapk, os frontal ou coronal, ce qui semblerait indiquer (pie ce qui les surprit le (1) On peut voir dans le baron Wrangell les noms de plusieurs tribus kuskutchéeak ou innoït de lu mer de Behring, lis sont en tout semblables ft ceux que je viens de donner, quant ft lu finale, et parfaitement compréhensibles dans le dialecte Teliiglepk quant au sens des mots. — 558 plus dans les Européens fut leur coiffure.Un chapeau devait être, en effet, un objet de forme très-curieuse pour eux, par ce qu'ils lui voyaient couvrir Je front jusqu’aux sourcils, tandis qu’eux vont toujours la tète nue ou à peine couverte d’un petit capuchon.Ils distinguent les métis d’origine canadienne sous le nom de Kpoléàpkutçin.(H.P.Petitot, Monographie des Esquimaux Tchiglit du MacKcn.zic et de l'Anderson).LES HONNEURS AUX GOUVERNEURS AUTREFOIS Pendant le séjour que fit le gouverneur Yaudreuil à Montréal, en 1717, chaque fois qu’il allait à la grand’messe, à l'église paroissiale, le goupillon lui était présenté par le prêtre officiant, de manière qu’il prenait l’eau bénite avec le doigt.De retour à Québec, M.de Yaudreuil demanda à Mgr de Saint-Vallier que l’eau bénite lui fut donnée dans la cathédrale de la même manière qu’elle lui était donnée à Montréal.L'évêque refusa de se rendre à sa demande, tout en laissant liberté aux prêtres de Montréal la liberté de continuer de faire comme ils avaient commencé.La marquise de Yaudreuil qui était alors à la cour fit connaître cet incident au ministre et celui-ci donna raison au gouverneur.Le pouvoir civil saisissait toutes les occasions d’obtenir le plus possible d’honneurs dans les églises ! LA FAMILLE DU PERE GABRIEL LALEMANT Le Père Gabriel Lalemant appartenait à une famille vraiment privilégiée.Neveu des Pères Charles et Jérôme Lalemant, l’aîné de ses frères entra dans l'Ordre de saint Bruno, et trois de ses soeurs se donnèrent à l’Ordre de Sainte-Thérèse.La Mère du Père Lalemant, une fois ses fils et ses filles religieux et religieuses, se consacra elle-même à Dieu.Son mari, qui occupait une situation importante au Parlement de Paris, mourut jeune.Devenue veuve, elle entra chez les religieuses récollettes et y mourut. — 559 — “UNE EPOPEE CANADIENNE”, PAR CHARLES DE LA RONCIERE On ne commit bien que ce que l’on aime.M.de la Roncière a toujours aimé le Canada et les Canadiens.S’il en était besoin, son nouveau livre suffirait à le prouver.11 parle des Canadiens avec une visible sympathie; et il en parle si bien ! Mais aussi quel beau sujet il a choisi ! Entre toutes les grandes et héroïques familles de la Nouvelle-France, la plus grande à coup sûr et la plus héroïque est celle des Le Movne.Ce Charles Le Moyne et ses tils ont tout pour eux de ce qui peut attirer et retenir les yeux de la postérité : l’éclat des services, l’importance des événements dont ils ont été les artisans, le prestige et l’immensité des théâtres sur lesquels s’est déroulée leur action.Cette histoire fait partie du patrimoine national des Canadiens.En France, tous ou presque tous l’ignoraient.Les Français l’apprendront avec M.de la Roncière.Les Canadiens auront plaisir et profit à la réapprendre avec lui.Historien doublé d’un érudit, M.de la Roncière ne néglige jamais le détail.On trouvera chez lui maints de ces petits faits caractéristiques, comme en découvrent toujours ceux qui remontent aux sources.Les démêlés d’Iberville avec M.de Rey Gaillard (p.109), la cacagyère du même Iberville à Saint-Domingue (p.1X5), le Châteauguay devenu cacique des Caraïbes de Saint Vincent (p.245), autant de nouveautés, autant de révélations.De telles dispositions intellectuelles permettaient à M.de la Roncière mieux qu'à personne d’apprécier les travaux de M.Roy; de fait, il s'eti est beaucoup servi et.il s’est plu à reconnaître ce qu’il lui avait emprunté.Du milieu du XVIle s.au début du siècle suivant, pendant plus de cinquante ans, les meilleurs agents de la politique iroquoise du Canada ont été Charles Le Moyne et ses fils.Cela, on le savait, mais on le savait mal.Les mérites des Le Moyne à cet égard, M.de la Roncière les a mis en lumière mieux qu’on ne l’avait encore fait.Désormais, grâce à lui.justice pleine et entière devra leur être rendue.Si, à diverses reprises, la paix pût être rétablie entre nous et nos féro- ces ennemis, ils y contribuèrent dans une large mesure.Ces trêves salutaires auraient-elles pu se conclure si entre les deux camps ne s’étaient interposés, père et fils, ces Canadiens, (pie sans doute à cause de leur bravoure les Iroquois avaient naturalisés chez eux, adoptés pour leurs enfants?M.de la Roncière a eu l’intuition de la part considérable prise par Charles Le Moyne à la conclusion de la paix de i6(>b.Cette paix qui en ménageant à la colonie dix huit ans de tranquillité, sauva le Canada et du même coup assura les destinées de la race française en Amérique.M.de la Roncière avait deviné que le premier des Le Moyne canadiens avait “de son esprit" bien servi sa patrie en la circonstance : ainsi que le portent du reste ses lettres de noblesse.Un document, dont il n’a eu connaissance qu’après la publication de son ouvrage, confirme sa pensée de la façon la plus formelle.Il nous a demandé d’en faire état.La pièce dont nous voulons parler, c’est le traité de paix passé cà Québec le 13 décembre 1666, avec quatre ou cinq des cantons iroquois.On y lit en toutes lettres que les dites nations iroquoises ont montré le “respect” et “la forte considération qu’elles avoient pour le nom françois en la personne du nommé Le Moyne, habitant du Montreal” et interprète, qu’après avoir fait prisonnier elles ont ramené jusque dans son propre foyer.L’insertion de ce fait dans le texte même de la convention est significatif.Charles Le Moyne apparaît bien comme ayant été avec les P.P.Le Mercier et Chaumonot un des négociateurs de la paix : tous trois l’ont signée.Du pôle à l’équateur, sur tous les points de l’Amérique du Nord, où il y avait à se battre, les Le Moyne se sont dépensés; soldats, vaillants soldats, tels ils ont été, tels on les suit au Canada même, dans la Nouvelle-Angleterre, à la Baie d’Hudson, en Acadie, à Terre-Neuve, en Louisiane, aux Antilles.En Louisiane, ils n’ont pas fait seulement figure de conquérants.Ils y ont fait oeuvre de constructeurs.Ils y ont fondé une colonie, une colonie vaste comme un empire.Ecrire la vie de Bienville c’était refaire l’histoire de la Louisiane.Cette partie du livre de M.de la Roncière se lit avec un intérêt tout spécial. — 561 11 y rencontrait Chateaubriand.Tout le monde sait la place que tient dans les Natchez le massacre du fort Rosalie (1729).Chateaubriand avait beaucoup étudié 1 histoire de la Louisiane et des Indiens d’Amérique, car ce fut toujours son habitude de dévorer des bibliothèques.Mais c'était un poète.Il a interprété la réalité.Avec des détails souvent exacts, il a composé une action personnelle des événements.Il a fait une épopée.M.de la Ronciere en a fait une autie, mais la sienne est véridique.M.de la Roncière n’a pas eu l'intention d’exalter les Le Moyne au-dessus de tous leurs contemporains.Les préventions en faveur de leurs héros dont les biographes ont tant de peine à se défendre, ne l’ont pas abusé.Ces Canadiens sans peur ne furent certainement pas des Canadiens sans reproche.Mais à quoi bon insister sur des traits de caractère qui, pom partie, leur furent communs avec les hommes de leur temps, et pour le reste, avec les hommes de tous les temps .Ce qui les distingue de leurs contemporains, ce sont leurs vertus militaires et.on peut bien dire le mot, leur génie.Au prix de tels mérites, qu’importent quelques faiblesses .' Charlevoix n’en jugeait pas autrement, lui qui a écrit ceci : beu M.d’Iberville qui avoit toutes les bonnes qualités de sa nation sans en avoir les défauts, les auroit menés (les Canadiens) au bout du monde ( 1 ).Avons-nous le droit, au point de vue moral, de nous montrer plus exigeants que le R.de Charle- r-s 1 1 > voix ?C.de R.LES DISPARUS L’abbé Jcan-Baptiste-Charlcs Bédard — Né à Charles-bourg le 5 novembre 1766, du mariage de Pierre-Stanislas Rédard et de Marie-Louise Thibault.Ordonné prêtre le 19 décembre 1789, il entra dans la Compagnie de Saint-Sulpice trois ans plus tard, en 1792.Il fut maître des cérémonies puis procureur du séminaire de Montréal.AL Rédarcl décéda a Montréal le 2 juillet 1825.On doit à M.Bédard une Vie de l’abbc Claude Poncin, prêtre de Saint-Sulpice, qui n’a pas été publiée.(.) Charlevoix Histoire de la Nouvelle-France, 1.III. INVENTAIRE DES REGISTRES DE L’ETAT CIVIL DU DISTRICT DE MONTAI AGN Y CONSERVES AU PALAIS DE JUSTICE DE MONTAI AGN Y Comté de L’Islet St-Aubert, de 1858 à 1929 incl.St-Pamphile, de 1880 à 1929 incl.Ste-Perpétue, de 1869 à 1929 incl.St-Roch-des-Aulnaies, de 1752 à 1929 incl.St-Damase, de 1889 a 1929 incl.St-Jean-Port-Joli, de 1 >7 à 1929 incl.St-Adalbert, de J 911 à 1929 incl.Ste-Louise, de 185»9 à 1928 incl.St-AIarcel, de 1884 à 1929 incl.(manquent, les années j 914.1915, 1916).I.Islet, de 1859 à 1929 incl.St-Cyrille, de 1865 à 1929 incl.St-Clément-de-Tourville, de 1919 à 1929 incl.St-Eugène, de 1874 à 1929 incl.Comte de Montmai/ny Cap-St-Ignace (de U>79 a 179b.copies de registres ), de i 727 à 1929 incl.St-lhonias, (de 1690 a 1780, copies de registres), de 1691 à 1929 incl.(manquent, les années 1751 à 1774 incl.).Notre-Dame-du-Rosaire, de 1889 à 1929 incl.Ste-Apolline, de 1902 à 1929 incl.St-Just-de-Bretonnière, de 1916 à 1929 incl.Lac-Frontière, de 1921 à 1929 incl.St-Fabien-de-Panet, de 1904 à 1929 incl.Ste-Lucie-de-Beauregard, de 1915 à 1929 incl.St-Paul-de-Buton, de 1868 à 1929 incl.Ste-Euphémie, de 1908 à 1929 incl.St-François, (de 1740 à 1799, copies de registres) —- de t 740 à 1929 incl.St-Pierre, (de 174° à 1783, copies de registres) — de 1740 à 1929 incl.Isle-aux-Grues, de 1831 à 1929 incl. — 563 — Berthier, (de 1728 à 1783, copies de registres) — de 1728 à 1928 incl.Grosse-Isle, de 1834 à 1929 incl.(manquent, les années 18O1 à 1871 incl.).Comte de Bellcchasse St-Camille, de 1902 a 1929 incl.St-Philemon, de 1886 à 1929 incl.Armagh, de 1857 à 1929 incl.St-Vallier, (de 1722 à 1783, copies de registres), de 1722 à 1929 incl.St-Raphael, de 1851 à 1928 incl.St-Magloire, de 1872 à 1929 incl.Ste-Sabine, de 1906 à 1929 incl.St-Damien, de 1882 à 1929 incl.St-Damien (Hospice St-Bernard), de 1901 à 1929 incl.St-Nérée, de 1883 à 1929 incl.St-Gabriel-de-la-Durantaye, de 1910 à 1929 incl.St-Gervais, de 1780 à 1929 incl.Honfleur, de 1926:1 1929 incl.St-Lazare, de 1849 à 1929 incl.Notre-Dame-de-Buckland, de 1863 à 1929 incl.Beaumont, (de 1(187 à 1799, copies de registres) — de 1687 à 1872 incl.Les autres à Québec.St-Charles, de 1749 à »9-9 incl.St-Michel, (de 1733 à 1787, copies de registres) — de 1733 à 1929 incl.Mission Catholique Romaine de Saint-Luc, 1896.1922 incl.Protestants Église Presbytérienne, de 1906, 1910, 1907.1908, 1912a 1912.incl., 1916.1922 a 1926 incl., 1928, 1917.1918, 1919, 1921.Eglise Anglicane, 1852, 1853.1854.1855.1843, 1849.1851, 1856 à i860 incl.Eglise Luthérienne, 1862.Eglise Saint-Jean-L’Evangéliste.1894, ,18.96 à 1903 incl., 1913.>914.1916 à 1928 incl., 1920 à — 564 — LETTRE I)E JEAN VIENNE A PIERRE GUY Yarennes 23 8bre 1788.Monsieur, Samedy au soir un peu tard, il est arrivé chés le seigneur de ce lieu incognito et en est parti incontinent un noble émissaire de M.R.le landemain à l’issue de la messe le seigneur a prié secrètement et très respectueusement les capitaines et officiers des milices avec quelques notables habitants de la paroisse de se trouver chés lui, ils y ont été.Le seigneur les a harangués à sa façon et a conclu suivant ce qui m’a été rapporté que les Anglois conjointement avec quelques Canadiens faisoient des représentations au Roi tendantes à imposer la taille sur les terres et autres taxes et qu’il falloit se joindre aux opposants en signant la supplique présente.Que My lord étoit à la tête de la noblesse et exigeoit la signature de touts les zélés partisans du Roy.La majeure partie a refusé de signer alléguant qu’ils vouloient préalablement se consulter et éclaircir l’affaire; alors le seigneur a pris leur nom et il est à présumer qu’il aura signé pour touts quoique certains dans la classe des habitants et qui ont diné chés nous ce même jour étoient mieux en état de le faire pour eux-mêmes que lui.Quelques personnes qui composoient l’assemblée en question, soubçonnant une pareille conduite lui ayant observé depuis que les signatures empruntées n’étoient point légales, il a répondu que lorsque c’étoit fait par un Commissaire de Paix, il n’y avoit rien à dire.Voilà une prérogative que je ne connoissois point attaché à votre emploi.Il a été dit dans l’assemblée que Mr Debonne partoit tout de suite pour Québec et de là pour Londres comme envoyé extraordinaire du peuple canadien pour présenter au Roy la supplique en question.Cela mérite confirmation.Je crois très superflus de vous recommander la discrétion et vous prie de me croire très sincèrement, Monsieur, Votre très humble et très obéiss1 servit.Jn.Vienne (1) (1) Bibliothèque Saint-Sulpice, à Montréal. INFORMATION CONTRE LE SIEUR D’AILLEBOUST D’ARGENTEUIL Information faite par nous François-Marie Bouat, conseiller du Boy, et son lieutenant particiûlier civil et criminel au siège de la prevosté de Montréal, du Roy au d.siège, demandeur et complaignant contre le chevalier Dargcn-teuil, officier dans les trouppes du de t tache ment de la marine, accusé d'avoir tué le d.sr de La Mol-leric, officier dans le d.dettachement, à laquelle information avons procédé ainsy qu'il ensuit.Du dix-septiesme décembre mil sept cent quatorze, deux heures de relevée, en la chambre où nous tenons 1 audience est comparu Estienne-Joseph Martel, aubergiste, de cette ville, v demeurant, âgé de quarante huit ans, lequel après serment de dire véritté et qu’il nous a dit n estre parent, allié, serviteur ny domestique de l'une ny de l'autre des parties et nous a représenté l’exploit d’assignation à luv donné a la reqte du procureur du Roy par l’huissier Lepallieur en datte de ce jour.Depose sur les faits mentionnés en la requeste de plainte à nous faite par le procureur du Roy en nostre siege et laquelle lui avons fait faire lecture par notre greffier que le quinziesme de ce mois le chevalier Dargenteuil fut chez lui qui dépose sur les huit heures et demy du matin lequel aurait demandé à luy qui dépose où estait le sr de La Mollerie, officier dans les d.trouppes de la marine, à quoy le dt.déposant lui répondit qu’il estait après s’habiller dans sa chambre où le dt.sr Dargenteuil entra et après s’estre salué tous deux le dt.sr Dargenteuil dit au dt.deffunt sr de La Mollerie.mon amy, je voudrais bien vous dire un mot en particulier, à quoy répondit le dt.deffunt sieur de La Mollerie : Monsieur, en- tré dans ma chambre, et le dt.sr Dargenteuil lui dit : je ne scay où elle est, et le dt deffunt sr de La Mollerie lui dit qu’il y allait allé avec lui et y estant entré tous deux ils en sortirent dans le moment et sortirent aussy par ensemble de sa maison et un demy cart d’heure après le d.déposant aprit que le d.deffunt sr de La Mollerie avait eu un coup d’épée au travers — 5 66 du corps et qu'on lui dit que c’estait le dt chevalier Dargen-teuil qui lui avait donné le d.coup d’épée, qui est tout ce qu'il a dit sçavoir, lecture à lui faite de sa déposition, a dit icelle contenir véritté, y a persisté et a signé avec nous et notre greffier et n’a requis salaire, Ainsy signé Martel, Bouat et Adhemar greffier avec paraphe.Adheniar, greffier Kst com])aru Dam''11'’ Marie-Anne Xolan, demeurante en cette ville, âgée de dix-sept ans, laquelle après serment par elle faite de dire veritté et qu’elle nous a dit n’estre parente, allié, servante ny domestique de l’une ny de l'autre des parties et nous a représenté l'exploit d’assignation à elle donné par l'huissier Lepailleur en datte d
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