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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1932-04, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES ft K CHERCHES II 1ST OU II) U K S VOL.XXXVIII LEVIS, AVRIL 1932 No.4 LA FAMILLE ROBERGE 11 y a eu au moins trois souches de Roberge dans la région de Québec sous le régime français.1 Denis Roberge, l'homme de confiance de Mgr de Laval, était fils de Jacques Roberge et d’Andrée Marchand, de Bayeux.11 épousa, au Château-Richer, le 3 juillet 1667, Geneviève Aubert, Idle de Claude Aubert et de Jacqueline Lucas.11 décéda à Ouébec le 20 septembre 1709.2° Pierre Roberge dit Lacroix, originaire de Saint-Germain le Vallon, évêché de Bayeux.épousa, a la Sainte-Famille de file d’Orléans, le 22 octobre 1672, Antoinette de Beaurenom, et, en secondes noces, au même endroit, le 3 juillet 1679, Françoise Loignon.3° Pierre Roberge, dont Tanguay ne donne pas le lieu d’origine, épousa, au Château-Richer, le 10 avril 1684, Marie Lefrançois, fille de Charles Lefrançois et de Madeleine Triot.Pour l’instant, nous nous occupons de la descendance de Pierre Roberge dit Lacroix marié en secondes noces à Françoise Loignon.Un des treize enfants nés de ce mariage, Joseph Roberge, né à Saint-Pierre de file d’Orléans le 2 février 1690, apprit le métier de tanneur.Il s’établit dans la seigneurie de Lauzon, dans la partie aujourd’hui connue sous le nom de Saint-Romuald d’Et-chemin. — 194 — Roberge épousa, à Québec, le 16 janvier 1716, Geneviève Leduc, veuve de Pierre Métayer, et fille de René Leduc et de Anne Gentreau.Roberge se maria en secondes noces, encore a Québec, le 8 janvier 1748, avec Madeleine Girard.D’après Tanguay, de son premier mariage avec Geneviève Leduc, Joseph Roberge n’eut qu'un enfant, Joseph, qui se maria a Beauport, le 17 octobre 1740, avec Marie-Cécile Lefebvre et fut le père de dix enfants dont huit garçons et deux filles.Les huit tils de Joseph Roberge s’établirent dans la seigneurie de Lauzon.Le second mariage de Joseph Roberge avec Madeleine Girard lui donna un fils et deux filles.Le fils de la seconde union de Joseph Roberge, qui portait aussi le prénom de Joseph, épousa, à Beaumont, Elisabeth Couture.Ce Joseph Roberge eut à son tour onze enfants dont cinq fils.Ceux-ci s’établirent aussi dans la seigneurie de Lauzon.Si nous ne faisons erreur, toutes ou à peu près toutes les familles Roberge de Lévis, Lauzon, Saint-Romuald, Saint-Nicolas et les autres paroisses de l'ancienne seigneurie de Lauzon ont pour ancêtre commun Joseph Roberge marié a Geneviève Leduc.Comme nous venons de le voir, lui-même était le fils de Pierre Roberge dit Lacroix.originaire de Saint-Germain le Vallon, évêché de Bayeux.QUESTIONS La proclamation de l’ambassadeur Adet adressée aux C anadiens en 1795 dans laquelle il leur disait que la République t rançaise allait délivrer le Canada de l’Angleterre a-t-elle été publiée ?Où ?C.F.Je vois qu il y avait en 1840 une ville du nom de Dorchester dans le comte de C hambly.Existe-t-elle encore ^ A.X. — 195 LES MINUTES DU NOTAIRE PETRIMOULX, 17981849 Plusieurs fois, on a demandé pourquoi les actes du notaire François-Médard Pétrimoulx étaient déposés au palais de justice de Saint-Jean d’Iberville et non pas à celui de Montréal, alors que le Tableau général et officiel des notaires disait que le susdit “ professionnel ” avait exercé en dernier lieu à Saint-Philippe de LaPrairie.Cette question ayant intéressé M.Jean-Jacques Lefebvre, des archives de Montréal, il a pu nous obtenir par le P.de Grandpré, c.s.v., un mémoire de l’abbé Aubert Hamelin.du collège de Saint-Jean, qui donne tort au Tableau général.Ce travail présente une telle importance pour les annalistes et les généalogistes que nous croyons devoir le reproduire en le résumant.Mémoire four aider à connaître les différait s endroits où le notaire T.-M.Pétrimoulx a rédigé ses actes.Ce tabellion a exercé du 2 décembre 1798 au 12 mars 1849.Le nombre total de ses actes est de 7809; il se divise comme suit; a) Du 2 décembre 1798 au 28 décembre 1824.5472 b) Du 1 janvier 1825 au 12 mars 1849.2221 c) Actes seigneuriaux (hors listes).IP» N.B.Dans les deux derniers cas (b.et c.) le nombre pourrait bien ne pas être exact, car il n’y a pas de répertoire et le numérotage est incomplet ici et là.Détail far années — No 1 (2 décembre 1798) à l’Assomption.N.B.Acte de vente par Joseph Blanchard de Turenne et son épouse à Amable Panneton, d’une terre sise en la seigneurie de l’honorable James Cuthbert, au nord de la rivière la Chaloupe.— Nos 2 à 54 — A l’Assomption, comté de Leinster.N.B.Le no 53 porte la date du 9 novembre 1799.C’est un acte de vente d’un lopin de terre, au nord de la rivière l’Assomption, en la seigneurie de Saint-Sulpice, appartenant — 196 à François Pétrinioulx père.Celui-ci en avait hérité de son frère, l’abbé Médard Pétrinioulx.L’acheteur est le notaire J.-E.Faribault.Tout laisse croire que le notaire Pétrinioulx demeurait chez son père et que les deux émigrèrent alors à Verchères (comté de Surrey) puisque les actes: — Nos 55 ( 12 janvier 1800) à 217 (/avril 1801 ) sont dressés à Verchères.N.I’>.A partir de cette date on le trouve simultanément à deux endroits, savoir à la Pointe-Olivier, plus tard Saint-Mathias, et à Rivière Richelieu ( probablement le village Richelieu actuel).-Nos 219 (16 avril 1801) à 628 (année 1802).Datés de Pointe Olivier et Rivière Richelieu.— Nos (>29 (4 janvier 1803) à 2483 (25 septembre 1810), tous datés à Rivière Richelieu.- Nos 2484 à 4422, septembre 1810 à septembre 1819, tous datés de Saint-Mathias, sauf une fois.— Nos 4423 (7 octobre 1819) à 4543 (mars 1820), tous datés à Saint-Hilaire.N.P.11 est certain que pendant la période ci-dessus, le notaire a son étude à Saint-Hilaire.Peut-être réside-t-il au manoir de Rouville car la plupart fies actes sont déclarés être signés au manoir Saint-Hilaire.— Nos 4544 ( 10 mars 1820) à 5336 (année 1823), tous datés à Saint-Mathias.N.P>.\ ers la fin de cette dernière année on trouve un certain nombre de contrats de vente au moulin du fief Peau-lac.a Saint-Mathias, par Charles de Salaberrv propriétaire d’une partie de la seigneurie de Chambly et domicilié à Saint-Joseph de Chambly ( Bassin).Nos 5337 à 5472, année 1824, à Saint-Mathias.N.P.A partir de 1825 la classification des actes est irrégulière et il n'y a pas de répertoire.— 140 actes, à peu près, année 1825, à Saint-Mathias.N.P.Avec 1 année 1K2P commence un nouveau numérotage.— Nos 1 à 123, années 1826-1827. — 197 — N.B.En février 1826 apparaissent des concessions faites par Sir John Johnson, seigneur de Monnoir et autres lieux, et résidant à Mont-Johnson.Ces actes sont datés de Saint-Mathias.M.Pétrimoulx quitte cette localité après le 12 mai 1826 pour Saint-Athanase (aujourd’hui Iberville).Ensuite, il émigre à Saint-Jean, François Régis dit Côte Saint-Philippe, comté de Huntingdon.1827, X.B.—Au début de cette année, je vois, dit l'abbé Hantelin, _ .es actes qui ont été signés en une des salles du presbytère.Certains concernent le curé François Pigeon.Ce dernier loue un moulin, engage un instituteur "pour apprendre à lire et à compter ”, D’autres affaires avec des tierces personnes sont traitées “en une des salles du presbytère ”.Pour la première fois le 12 mai 1827, M.Pétrimoulx est en son étude à Saint-Philippe.— Nos 124 à 915, années 1828 à 1830, à Saint-Philippe.X.B.On remarque en 1830, plusieurs concessions en la seigneurie de St-James et Twaite, propriété de John Boston, avocat.— Nos 915 à 1944, années 1831 à 1834.à Saint Philip pe- , .N.B.A partir de cette année, il est presque impossible de fournir les numéros.De 1835 à décembre 1840.le notaire est certainement à Saint-Philippe.Cependant, en mai et en juin 1834, il dresse une série de ventes et concessions au manoir Easalle.En 1841, M.Pétrimoulx semble résider à Saint-Cesaire et avoir une seconde étude à Saint-Jean-Baptiste rie Rouville.1841-1842, — En plus, il est présent à Saint-Charles en 1841 et 1842.De janvier 1842 à février 1843.M.Pétrimoulx rédige des actes concernant la seigneurie LaSalle, et signés au manoir à Saint-Philippe.1843-1845.— De 1843 à 1845, il est à Saint-Césaire ; de 1845 à 1846 à Saint-Jean-Baptiste; en 1846 et 1847, il est à Saint-Césaire.Après,' il semble domicilié à Saint- \thana se d’Iberville.Son avant-dernier acte est de cet endroit en date du 29 juillet 1847 et le suivant, 12 mars 1849 est passé en une école du Grand-Bernier (un rang) de la paroisse de Saint-Jean P Evangéliste.* * * A2D 198 11 est donc évident que ceux qui ont attribué le greffe du notaire Pétrinioulx aux archives judiciaires du district d’Iberville, lors du démembrement du grand district de Montréal, ont eu raison.Après avoir parcouru le mémoire, même résumé, de l'abbé Hamelin, on en aperçoit l'utilité.De semblables tableaux des greffes des notaires qui ont été plus ou moins nomades seraient appréciés.Quelle épargne de temps cela ne représenterait-il pas .à ceux qui n’ont ici et là.que quelques heures à disposer pour rassembler les matériaux dont ils ont besoin.Mais comment atteindre ce but, si l’on considère rénorme volume des archives notariales de la province de Québec?Xe faudrait-il pas s'en rapporter à la bonne volonté des chercheurs.dont le nombre augmente, et les inviter à transmettre a qui de droit le résultat de leurs investigations?E.-Z.Massicotte UN ACTE DES REGISTRES DE SAINT-JOSEPH-DE- CH.AMBLY Aujotird hui le quatre juin mil huit cent vingt huit, par Xom soussigné, Evêque de ITlmesse, a été baptisé dans l’Eglise de cette paroisse Louis Lévi Marchand, natif d’Amsterdam en 1 Iollande & âgé de vingt huit ans, issu du légitime manage de Salomon Marchand, jouaillier du dit Amsterdam & de Judith Duits, Le Parrain a été Eustache Soupras, & la mai ruine Louise Prévost, lesquels ainsi que le Néophyte ont signé avec Nous.(Signé) Louis Marchand Marie Louise prevost Eustache Soupras T J.J.Evêque de Telmesse (1) (1) Communiqué par M.Raoul Raymond. — 199 — JEAN-VINCENT PHILIPPE DU HAUTMESNIL ET SA DESCENDANCE Je prends occasion de Particulet publié dans le Bulletin de janvier dernier par M.Massicotte sur deux fils de M.du Hautmesnil pour apporter quelques renseignements que je crois nouveaux sur la carrière de cet intéressant personnage et particulièrement sur sa descendance.Jean-Vincent Philippe du Hautmesnil, nous a déjà appris M.Massicotte dans son étude développée de février 1916 (B.R.//.XXII, 40), était à Montréal dès 1665.Le 26 novembre de cette année il apparaît comme témoin au mariage du Sieur Migeon de Branssat et de Catherine Gauchet de Belleville.Nous savons par ses lettres de noblesse qu'il était le fils de Pierre Philippe, sieur de Marigny.Quant à sa mère, elle devait être une Soitart, puisque lui-même est connu comme un neveu du sulpicien de ce nom, premier curé de \ ille-Ma-rie.M.Massicotte, s’autorisant du fait qu’en 1665 et 1666 il prit part aux expéditions de M.de Courcelles et de M.de Tracy, s’est demandé s'il n’était pas du régiment de Cari-gnan.Si M.du Hautmesnil fit partie des expéditions susdites, ce fut à titre particulier.Nous en avons le témoignage d’un témoin oculaire, M.Dollier de Casson, qui écrit ce qui suit dans son Histoire du Montreal: “ M.Lemoine eut l’honneur pareillement d’être capitaine des habitants en cette occasion et M.de Bellestre celui d'en être lieutenant.Outre cette belle compagnie, nous avions encore trois autres Mont-réalistes, trois qui étaient près de M.de Courcelles ou de certains capitaines lesquels étaient leurs amis particuliers; ces trois étaient M.d’Ailleboust, M.Duhomeny et M.de Saint-André.Quant à M.d’Ailleboust, il ne vint pas jusqu’au pays pour une morsure d’ours qui l’empêcha.Quant à M.de Homeny, il vint non seulement à ce voyage, mais encore en celui de l’hiver fait par M.de Courcelles, où il pensa périr, et aussi en celui de M.de Sorel.” S’il est vrai que M.du Hautmesnil n’avait qu’environ trente ans en 1674, comme il est dit à l’occasion de son té- 200 moignage dans l’affaire Fénelon-Frontenac (1), il a dû naître vers 1644 et il n’avait, lors de son arrivée en 1662, que dix-huit ou tout au plus vingt ans.11 est possible qu’après un premier voyage en 1662, il soit retourné en France pour n’en revenir qu’un peu avant 1665 car, dans la confirmation de ses lettres de noblesse qui est du 16 mars 1671, on spécifie que cette faveur lui est accordée en considération “ des services qu’il a rendus depuis cinq ans et qu’il continue encore de rendre dans la Nouvelle-France où il a donné des preuves de son courage en toutes les occasions qui se sont présentées contre les Iroquois.” C’est en novembre 1670 que M.du Hautmesnil repassa en France afin d'y contracter mariage, n’avant pas trouvé en ce pays de parti qui lui convint.A cette occasion, l’intendant Talon fit des instances particulières auprès de Colbert pour que la confirmation de lettres de noblesse qu’il avait sollicitée pût lui être délivrée à temps pour son mariage (2).Le jeune époux obtint la confirmation désirée le 16 mars 1671, mais à la condition expressément spécifiée dans l’acte qu’il retournerait au Canada afin d’v demeurer avec sa famille.Il v retourna effectivement, après avoir épousé en France dans U' cours de 1671 Marie-Catherine Lambert de Fausse car.dès février 1672, nous voyons qu’il fait baptiser à Montréal son premier enfant, Marie-Gabrielle.Cependant, en dépit des faveurs multiples qu’il obtint par l’entremise de son oncle, AT.Souart, dont on connaît le zèle empressé en faveur de ses nombreux parents, M.du TTautmesnil paraît avoir souffert d’être obligé de demeurer en Canada et, en attendant qu’il réussit enfin à s’en échapper.de longues années plus tard, il tempéra son exil par d’assez fréquents voyages en France.11 v fut certainement en 1678, ainsi qu i! appert à la lettre inédite suivante écrite par AT.Tronson à AI.Souart le 23 avril de cette année : Depuis son départ pour la Rochelle, j’ai appris eue AT.du TTautmesnil se plaignait fortement de moi.Tl m’avait don- 0> l’apport de VArchirhte do Qnébee, 1921-22.|>.137.t 121 l.ottro (le I alnn a Colbert, novembre 1070, dans Rapport de VAr-chirinlc de Québec, 1930-31.p.12S. 201 né un placet qu’il s'imaginait, sur les offres de service que je lui avais faites, que je présenterais à M.Colbert; et comme j'ai été près de deux mois à garder la chambre dont il y a bien eu trois semaines que je n’ai pas même pu parler à nos Messieurs, il s’est persuadé d’avoir sujet de se plaindre parce qu’il est venu durant ce temps-là plusieurs fois sans qu’ii ait pu me parler, et parce que, ensuite, quand j'ai su qu'il s’attendait que je présenterais ce placet, je lui ai fait réponse que je ne le pouvais pas.Vous verrez assez que ce n’est pas pour ne vouloir point le servir quand vous saurez la manière dont j’en use à l’égard de la famille de M.de Colbert.Quand j’aurai ouverture pour le recommander et parler avantageusement de lui, je le ferai de très bon coeur, mais je suis sur un pied que je ne peux prévenir pour ce qui regarde le temporel.F,t l’on croit cette conduite si conforme à l’esprit de la maison dans les conjonctures où je me trouve qu’il faut tous les jours que je refuse sur cela des personnes auxquelles nous avons ici les dernières obligations.Ceux qui sont raisonnables ordinairement se contentent quand ils savent mes engagements.Je ne sais s’il les a sus, mais, quoi qu’il en soit, ce qu’il vous est me fera toujours embrasser les occasions de le servir autant que cela pourra s’accommoder avec nos règles.Je ne vous dis point cela pour blâmer sa conduite, ni pour me plaindre, mais je le dis seulement pour vous bien faire connaître que nous aurons plus d’égards qu’il ne pense à ceux qui nous seront recommandés par des personnes qui nous seront aussi chères que vous.” Quel pouvait être ce placet que M.du Hautmesnil tenait si fort à faire présenter à Colbert?C’était sans doute la sollicitation de quelque faveur nouvelle.Voici ce qu’écrivait encore M.Tronson à l’oncle Souart, le 11 avril 1680: “ Je ne sais point encore ce que je pourrai faire pour M.du Hautmesnil, votre neveu; car on n’a pas encore travaillé beaucoup pour les affaires du Canada.Une personne qui a du crédit fit demander il y a quelque temps la charge de maître des eaux et forêts et on lui dit pour toute réponse qu’il y avait assez de charges en Canada.Peut-être aura-t-on depuis cela — 202 — pris d’autres vues; nous en pourrons savoir des nouvelles dans peu de jours.” Ht dans une autre lettre à M.Dollier de Casson qui n’est datée que de 1680, mais qui doit être à peu près du même temps que la précédente, M.Tronson ajoute: “Je ne doute point que, s’il s’employait pour demander la charge de grand maître des eaux et forêts, M.du Hautmesnil ne l’obtint aisément.à moins que l’on eut déjà pris d’autres vues et d’autres mesures à la Cour.Vous ne me mandez point si on lui en a écrit et si on a fait quelques avances pour l’engager à en faire la demande.” M.du Hautmesnil devait penser à cette charge de maître des eaux et forêts ou à une autre charge quelconque car.au moment même où M.Tronson écrivait ce qui précède, il passait en France, sans aucun doute pour y pousser ses intérêts.C’est par une lettre inédite de M.Sauvaget, négociant de la Rochelle, à Al.de Lavaltrie, que nous connaissons ce deuxième voyage du colon canadien en France.AI.Sauvaget, qtti écrit en juillet 1680, informe AT.de Lavaltrie qu’il confie sa lettre à Al.du Hautmesnil, de Montréal.AT.du Hautmesnil n’obtint pas la charge de maître des eaux et forêts, mais, de retour au pays, il paraît s’en être dédommagé au moyen de la traite.Nous voyons en effet que, le 2d janvier 1682, il obtient de AT.de Frontenac un congé pour la traite des Outaouais et qu’il envoie à cette fin un canot équipé de trois hommes ( 1 ).lîien plus, s’il faut en croire un mémoire anonyme adressé en 1681 à Colbert sur la cause du désordre des coureurs des bois, — mémoire fort entaché de parti pris, il est vrai, — il prêtait sa maison de Montréal pour servir de magasin à l’intendant Duchesneau pour les marchandises de traite (2).AI.du Hautmesnil paraît avoir été un de ceux qui se sont le plus activement entremis pour faire destituer AL Perrot, le fameux gouverneur de ATontréal.En 1682, AT.Tronson écrit à AT.Souart qu’il a été informé de la manière dont AT.et Aille du Hautmesnil ont été traités et il l’assure que la conduite de AT.Perrot à cet égard fera un bon article du mé- (1) Rapport de TA reh iriste de Québec, 1921-22, p 190 (2) Rapport de l'Archiviste de Québec, 1926-27, p.120. — 203 moire qui doit être présenté à la Cour.Et de 1682 à 1685, c’est-à-dire pendant les trois ans où les adversaires et les victimes de Perrot furent ballottés entre l’espérance de le voir définitivement rappelé et la crainte de le voir reparaître, M.Tronson adresse à M.du Hautmesnil lui-même plusieurs lettres où il cherche à le rassurer sur l’issue finale de l'affaire et lui promet que Perrot ne sera plus en mesure de lui causer d’ennuis.Entre temps, M.du Hautmesnil continuait à servir utilement la colonie et, à l’occasion, il ne refusait même pas de faire le coup de feu.M.Massicotte, après avoir raconté la part qu’il prit aux expéditions de MM.de Courcelles et de Tracy en 1665-1666, ajoute que sa carrière militaire paraît s’être arrêtée là.Le fait n’est pas exact.En 1687, M.du Hautmesnil faisait encore partie de l’expédition du marquis de Denonville contre les Iroquois.C’est le chevalier de Beau-gy qui nous l’apprend dans son Journal (p.85), M.Duomes-nil, comme il l’appelle, commandait l’une des six compagnies d’habitants qui formaient dans le contingent de la milice le bataillon de Longueuil.Lorsqu’il pense que M.du Hautmesnil a quitté le pays en 1693, M.Massicotte semble bien être dans le vrai.Il s’appuie pour cela sur le fait que, le 13 septembre de cette même année, le sieur du Hautmesnil nommait Gilles Papin, négociant, pour gérer ses affaires en ce pays.En effet, nous voyons qu’en décembre 1693 Gilles Papin intente, comme procureur de M.et Mlle de Hautmesnil, une action contre le sieur Arnaud qui est, de fait, condamné à payer le billet en litige.A noter que dans ce procès M.Charles Juchereau de Saint-Denys, lieutenant général civil et criminel, offrit de se récuser comme parent du demandeur, mais fut galamment invité par les deux parties à entendre la cause quand même.Le sieur Juchereau de Saint-Denys avait épousé Denise Mi-geon dont la mère, Catherine Gauchet de Belleville, était cousine de l’abbé Souart, comme le sieur Philippe du Hautmesnil en était le neveu.Mais si notre noble colon a quitté le pays en 1693, est-il bien sûr qu’il n’y est pas revenu plus tard?Une autre pièce judiciaire nous autorise à le croire. 204 — Voici la pièce telle qu’elle se trouve dans les Archives judiciaires de Montréal: “ 26 mars 1695 — Yen le procez-verbal de rébellion fait aux sergents Lory et Quesneville par la damoiselle de Hau-mesny de ce jour, la sommation faite au sieur Jean Arnaud, marchand, par le sergent Pruneau à la requête de Jean-Vincent Philippe Kscuyer, sieur de Haumesny, par laquelle il interpelle le dit sieur Arnaud de nommer un arbitre de sa part pour goûter une barrique de vin qu’il est obligé de bailler au dit sieur Arnaud et luv déclare qu’il nomme Pierre Lamou-reux, sieur de Saint-Germain; “ Ouy le dit sieur Arnaud qui a nommé pour son arbitre sieur Isaac Xaf réchoux: " Nous avons ordonné que la dite barrique de vin sera goûtée par les dits sieurs de Saint-Germain et Nafréchoux, experts nommés par les parties, serment préalable par eux fait devant nous de la manière accoutumée, à deux heures de relevée, et ensuite en feront leur rapport par devant nous en la manière accoutumée pour être fait droit ainsy que de raison.( signé ) D esc i r a m ba u i,t Adhémar Il est à remarquer qu’il n’est plus ici question de procureur comme dans le cas de décembre 1693.Ne sommes-nous pas autorisés a penser que M.et Mme du Hautmesnil étaient, à ce moment de 1695, présents à Montréal?Dans tous les cas ce serait, jusqu'à nouvel ordre du moins, 1 extrême limite du séjour de M.du Hautmesnil à Montréal, car il disparaît de nouveau après 1695 et nous ne retrouvons plus sa trace.De son mariage avec Marie-Catherine Lambert de Raussy, Jean-Vincent Philippe du Hautmesnil eut les enfants suivants : lo — Marie-Gabrielle, baptisée à Montréal le 19 février 1672 et inhumée au même endroit le 6 décembre 1673.2o —Joseph-Louis, baptisé à Montréal le 4 avril 1673.Nous en reparlerons plus loin.3o — Marie-Gabrielle, baptisée à Montréal le 14 mai 1674, mariée au même endroit, le 19 février 1691, à Charles- Joseph Amyot de Vincelotte et inhumée à Saint-Thomas de Montmagny le 19 avril 1749, à l’âge de 75 ans.Quelques-uns des enfants issus de ce mariage ont porté des surnoms empruntés à la famille de leur mère, comme Pierre Amyot de Vincelotte, prêtre, qui était dit sieur de Mandeville, et Gabriel Amyot, capitaine de navire, qui était dit sieur de Haut-mesny.4o— Catherine-Chrétienne, baptisée à Montréal le 20 novembre 1675.Religieuse de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal avant 1701, sous le nom de Soeur de la Visitation, elle mourut à Montréal, à l’âge de 70 ans, le 1er avril 1746.5o — Gabriel, baptisé à Montréal le 5 septembre 1677.Nous en reparlerons plus loin.6o — Catherine, baptisée à Montréal le 4 avril 1681 et inhumée au même endroit le 31 janvier 1682.7o — François, baptisé à Montréal le 10 octobre 1682.Nous en reparlerons plus loin.8o — Charles-Jacques, baptisé à Montréal le 4 novembre 1683 et inhumé au même endroit le 8 mai 1684.9o — Jean-François, baptisé à Montréal le 21 juin 1685.lOo — Anne-Angélique, baptisée à Montréal le 3 janvier 1687 et inhumée au même endroit le 23 mai suivant.11 o — Hélène, baptisée à Montréal le 20 mai 1688.12o — Louis-Alexandre, baptisé à Montréal le 3 septembre 1690.13o — Louise, baptisée à Montréal le 10 août 1692.Parmi les cinq garçons susnommés qui peuvent avoir survécu, il v en a au moins trois dont nous pouvons à peu près suivre la carrière; Joseph-Louis, né en 1673; Gabriel, né en 1677; et François, né en 1682.I — Joseph-Louis Philippe de Marigny de Langueznlle Parlant des gardes-marine envoyés du Canada en France, dans leur lettre conjointe au ministre du 6 novembre 1689, MM.de Denonville et de Champigny écrivent: “ Nous n’en avons que trois qui passent cette année, le chevalier de Tilly, Denys de la Ronde et de Hautmesny.” 206 — Il n’y a pas à douter qu’il s’agit ici en troisième lieu d’un fils de Jean-Vincent Philippe, sieur du Hautmesnil.Or, parmi ses enfants en âge d’être garde-marine en 1689, il n’y avait que Joseph-Louis, alors âgé de 16 ans, celui de ses frères qui le suivait de plus près, Gabriel, n’ayant encore que 12 ans.D’autre part, nous savons par un placet qu’il présente au ministre entre 1706» et 1710 que François Philippe de Mari-gny de Mandeville avait à cette époque un frère, Marigny de Longueville, qui était lieutenant de vaisseau.Seul, Joseph-Louis, l’ainé, pouvait être déjà lieutenant de vaisseau en 1706 ou environ.Dans une liste manuscrite que je possède des officiers de marine sous Louis XIV et Louis XV, je rencontre précisément un Marigny de Longueville qui a été fait lieutenant de vaisseau en 1705 et qui est mort en 1718.C’est tout ce que j'ai pu savoir de la carrière de marin du fils aîné de notre sieur du 1 lautmesnil.Ajoutons que Joseph-Louis de Marigny de Longueville est évidemment Y officier bleu que Bénard de la Harpe appelle M.de Mandeville et qu’il dit être le frère de Gabriel Philippe de Saint-Lambert, dans une entrée de son Journal ayant trait à l’arrivée de ce dernier à la Mobile en 1705.(E.B.French.Historical Collections of Louisiana, III, 32).Il — Gabriel Philippe de Saint-Lambert Ce deuxième fils de Jean-Vincent Philippe, né en 1677, a évidemment tiré ce surnom de Saint-Lambert du nom patronymique de sa mère qui était, on l’a déjà vu, une Lambert de Baussy.Nous le rencontrons pour la première fois le 14 juillet 1701, à l’occasion du dépôt qu’il fait au greffe d’Adhémar à Montréal d une quittance des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame pour la dot de sa soeur, Chrétienne du Hautmesnil.Adhémar l’appelle, dans cet acte de dépôt, Gabriel Philippe, sieur de Saint-Lambert.Le 13 mai 1702, comme nous l’a révélé M.Massicotte par sa précieuse liste d’engagements de voyageurs, il s’enga- — 207 — geait.avec son cadet Mandeville, à Charles Juchereau de Saint-Denys pour l’expédition du Mississipi.On sait comment le sieur Juchereau mourut en 1703, à la rivière Ouabache, victime d’une épidémie qui enleva en même temps plusieurs de ses compagnons.Saint-Lambert, ses aînés étant morts, se trouva commandeur à Ouabache à la place de Juchereau et ce fut lui qui ramena à la Mobile en janvier 1705 les restes de l’expédition.Voici ce que nous lisons à ce propos dans la Relation de Pénicaut: “Dans ce même temps (1704), M.de Bienville reçut une lettre de M.de Saint-Lambert qui lui apprenait la mort de M.Juchereau à Ouabache où il avait dressé un fort et une tannerie.Par cette lettre il le priait de lui faire savoir ce qu’il souhaitait que l’on fit du fort et des marchandises que M.Juchereau avait amassées.M.de Bienville lui envoya sa réponse par un canot où il y avait six ouvriers pour lui construire des canots et faire descendre toutes les pelleteries* et les 35 personnes qui étaient avec lui.Nos six hom- mes arrivèrent quelque temps après à Ouabache.Ils rendirent à M.de Saint-Lambert la lettre de M.de Bienville et, après qu’ils eurent fini les canots, il les chargèrent de plus de 12,000 peaux de boeufs qu’ils amenèrent à l’établissement de M.de Saint-Denys.M.de Saint-Lambert descendit ensuite à la Mobile avec 30 hommes, ayant laissé les autres au fort où était M.de Saint-Denys ” ( 1 ).Bénard de la Harpe, parlant dans son Journal (2) de la rencontre de Louis Juchereau de Saint-Denys avec le voyageur canadien dans l’occasion précitée, appelle ce dernier M.de Lambert et le dit capitaine d’une compagnie du Canada.Gabriel Philippe de Saint-Lambert, que Bénard de la Llar-pe n’a d’ailleurs pas connu, n’étant arrivé lui-même en Louisiane qu’en 1720, ne fut jamais capitaine en Canada.Peut-être y fut-il enseigne, mais son nom n’apparaît pas sur les listes d’ofificiers canadiens avant 1702, l’année de son départ; on ne le rencontre pas par exemple dans la liste préparée par M.de Callières en 1701.(1) Margry, Découvertes et Etablissements, V, 438-439.(2) E.B.French, Historical Collections of Louisiana, HI, 32. 208 — D’après M.P.J.Hamilton (3), il aurait été, en Louisiane, enseigne de la compagnie de Châteauguay et il serait mort avant “le mémoire de Bienville de 1711 M.Hamilton n’indique pas autrement la source de son information, mais on doit évidemment augurer qu'il l’a tirée d’un mémoire de 1/11 où Bienville ferait allusion à la mort de Saint-Lambert sans en préciser la date.Dans une pièce qui est aux Archives Nationales de Paris à la date de 1706, mais qui pourrait bien être de quelques années plus tard, même de 1710, Marigny de Mandeville mentionne précisément qu’il a perdu un frère en Louisiane.Ce frère n’est pas le lieutenant de vaisseau qui n’est mort qu’en 1718; il ne peut être que Gabriel de Saint-Lambert qui serait mort par conséquent entre 1706 et 1711.Bénard de la Harpe parle de Saint-Lambert pour la dernière fois a la date du 7 janvier 1706; il note à cet endroit qu’il vient d’apporter la nouvelle que les Chactas ont été attaqués.GI — François Philippe de Marigny de Mandeville C est le troisième tils de Jean-Vincent Philippe du Haut-mesnil.Il est l’auteur de la famille Marigny de la Nouvelle-Orléans, famille qui a tenu pendant plus d’un siècle le tout premier rang parmi la fine fleur de l’aristocratie créole.A la Nouvelle-Orléans, où son souvenir et celui de ses descendants est resté légendaire, on n’a jamais paru soupçonner qu’il était canadien.M.J.\Y.Cruzat, dans ses Biological and Genealogical notes concerning the family of Philippe de Mandeville, sieur de Marigny, et Mlle Grace King, à sa suite, dans ses Creole families of New Orleans, le disent natif de Bayeux, en Normandie.Bayeux était le pays d’origine de son père, mais nous avons déjà vu que lui-même a bel et bien été baptisé à Montréal le 10 octobre 1682.Le 13 mai 1702, n’étant pas encore âgé de vingt ans, François de Mandeville s’engagea avec son frère, Gabriel de Saint-Lambert, pour cette expedition de M.jucbereau dont j ai déjà parlé.Fut-il un des 30 Canadiens avec lesquels (3) P.J.Hamilton, Colonial Mobile, p.,'.28. — 209 — Saint-Lambert, parti de Ouabache en 1704, arriva enfin à la Mobile le 28 janvier 1705?Il n’y a aucune raison d’en douter.Dans la requête déjà citée et qu’il adressait au ministre entre 1706 et 1711, plus probablement vers 1709 ou 1710, il dit lui-même qu’il a servi six ans en Louisiane parmi les Sauvages du Mississipi.Cela concorderait à peu près avec la date de son arrivée à la Mobile, après l’aventure de Ouabache.Laffilard, dans son .dlp/iabct des officiers de la marine, 11e mentionne qu’un seul fils de Jean-Vincent Philippe qu’il appelle Mandeville de Saint-Lambert et il en donne ainsi les états de service : Enseigne Canada 1696 “ Louisiane 1705 Lieutenant U 1710 Capitaine 1714 cassé (i 1721 rétabli “ 1721 major Nouvelle-Orléans 1727 remplacé 1729 11 est évident que Laffilard a ici fait de deux personnages un seul et a confondu François Philippe de Marigny de Mandeville avec son frère plus âgé, Gabriel Philippe de Saint-Lambert.Ce dernier a pu être enseigne en Canada en 1696, quoiqu’il n’en paraisse encore rien dans nos archives, niais François de Mandeville ne l’a certainement pas été.En 1696 il n’avait que 14 ans et ce n’était pas encore l’époque où l’on nommait enseignes des adolescents.Enseigne en Louisiane, François Philippe a pu l’être en 1705, comme le veut Laffilard.Tl l’était certainement en 1709, car nous voyons qu’en cette année un mémoire sur la Louisiane est adressé à la Cour par le sieur Marigny de Mandeville, enseigne de la compagnie de Vaulézar (1).Ce doit être aussi vers ce temps qu’il sollicita l’aide-majorité de la Louisiane.Tl ne l’obtint pas mais, le 2 septembre 1710, il était promu lieutenant.M.P.J.Hamilton dit qu’il fut alors nommé à la lieutenance de son frère Saint-Lambert au- (1) Rapport sur les Archives (lu Canada, 1905, T, 443. 210 paravant décédé, mais il n’est pas prouvé que Saint-Lambert ait été au-delà du grade d’enseigne.Pour en finir avec la carrière militaire de François Philippe de Mandeville, je rappellerai seulement qu’il servit dans les troupes jusqu’à sa mort en 1728, d’abord comme capitaine après 1714, et puis comme major de place après 1727, avec une seule interruption de quelques mois en 1721, alors qu’il fut cassé pour insubordination envers la Compagnie d’Occident qui régentait et même possédait la Louisiane.Fut-il chevalier de Saint-Louis?Mlle Grace King l’affirme avec son assurance habituelle mais je crois qu’elle s’est trompée sur ce point comme sur une infinité d’autres d’ailleurs.Laffilard ne mentionne pas que Mandeville a été fait chevalier et c’est déjà un indice suffisamment significatif.Il ne faut pas oublier que jusqu’à 1728 l’on n’était pas facilement admis dans l’Ordre de Saint-Louis.François Philippe de Marigny de Mandeville épousa, probablement à la Mobile et vers 1720, Madeleine, fille de Pierre Lemaire et de Marguerite Lamothe, native de la paroisse de Saint-Sulpice de Paris.Devenue veuve Madeleine Lemaire se remaria à la Nouvelle-Orléans, en 1729, avec François-Ignace Broutin, capitaine-ingénieur du roi et commandant des Natchez.Du mariage de M.de Mandeville avec Mlle Lemaire on ne connaît qu’un fils, Antoine Philippe de Marigny de Mandeville, né a la Mobile vers 1722 et qui, après être devenu capitaine et chevalier de Saint-Louis et avoir épousé en 1748 Françoise de Lisle Dupart, mourut en 1/79 en laissant postérité.Je n entréprendrai point de poursuivre plus avant la descendance louisianaise de notre colon canadien, Jean-Vincent Philippe du Hautmesnil, quelque intéressante qu’elle soit.L’objet de cet article a été simplement de restituer au Canada, et en particulier à Montréal, trois personnages qui ont fourni une assez belle carrière et que nous avons toujours paru ignorer jusqu’ici.Aegidius Fauteux — 211 LES PREMIERS PUITS DE MONTREAL L’an passé ( 1931 ), au centre de la place d’Armes actuelle, à Montréal, en pratiquant l’excavation où devait s’ériger un chalet, près du monument de M.de Maisonneuve, des journaliers mirent à jour les vestiges d’une large et profonde citerne.Grand émoi dans le public.Etait-ce là un très ancien puits?L’entrée de quelque mystérieux souterrain datant des premiers temps de Ville-Marie?Sans tarder, les chercheurs de nouvelles s’emparèrent de la chose, voulurent obtenir des renseignements immédiats et, n’en trouvant pas, se rabattirent sur des on dit propres à satisfaire les curieux du moment.L’un d’eux produisit même un document établissant qu'on venait de retrouver les restes d’un puits qu’avait fait construire le fondateur de la métropole canadienne, dans la place d’Armes.La petite histoire de la grande ville canadienne est encore peu connue et il en faudra des fouilles dans les documents du passé, avant que l’on puisse répondre instantanément à toutes les questions que les générations nouvelles se posent sur tel ou tel fait d’autrefois.* * * Nous n’avons pas le loisir de présenter en une seule fois, tout ce qui se peut dire sur les places d’armes successives, dont Montréal fut dotée, ni sur tous les puits ou citernes que les pionniers firent creuser sur leurs emplacements pour s’éviter d’aller chercher de l’eau au fleuve, soit pour les besoins domestiques, soit pour combattre les incendies.Nous allons nous borner à fournir la liste des premiers puits.Nous disons premiers.Le mot n’est que relativement exact, car on ne connaît que les puits qui furent creusés par contrat devant notaire.Nous ne savons rien, ou peu, sur ceux que les colons se creusèrent seuls ou avec l’aide des voisins, ou bien sur ceux qui ne firent l’objet d’aucun marché déposé au greffe.L’abbé Faillon, au vol.II, p.389, de son Histoire, dit avec raison qu’en prévision d’une attaque possible des Tro-quois, M.de Maisonneuve se préparait à repousser l’ennemi — 212 — vigoureusement.“ Jusqu’alors il n’y avait dans le Fort ni puits ni citerne, la proximité du fleuve St-Laurent et celle de la petite rivière (St-Pierre) ayant fait négliger cette précaution.” “ Mais, pensant qu’il pourrait y être assiégé & se trouver dans la nécessité d’éteindre des matières combustibles jetées par les Iroquois dans le Fort même, pour en brider les bâtiments qui étaient de bois & qu’il mettrait en péril la vie de ses hommes en les envoyant puiser de l'eau au dehors; pour prévenir cet inconvénient, il fit creuser et construire un puits en 1658, par Jacques Archambault.” Comme la minute du contrat de creusage de ce puits est aux archives de Montréal, nous pouvons en donner des extraits: Le 11 octobre 1658, par devant Bénigne Basset, Jacques Archambault reconnaît s’être chargé envers Paul de Chomedey de Maisonneuve, de faire un puits clans le fort de Ville-Marie, au milieu de la cour ou Place d’Armes d’icelui.Le puits aura cinq pieds de diamètre, et il sera creusé de façon qu’il y ait toujours au moins deux pieds d’eau stable.et devra être terminé pour le jour de la Sainte-Catherine.Pour ces travaux, le sieur Archambault recevra 300 livres et 10 pots d’eau-de-vie.Suivent les devis puis ce détail qu’il y aura “ un moulinet avec son cordage de longueur convenable.” La besogne se fit rapidement, car le 22 novembre, J.Archambault déclare avoir reçu tout ce qui lui était dû.Il s agit ici du “ premier puits dont les documents écrits fassent mention.” A remarquer qu’il était sis dans la place d’Armes du fort, c’est-cà-dire au sud de la rue des Commissaires et dans un endroit qui est maintenant recouvert par les quais du port.Lu 1659, 1 Hôpital (de Jeanne Mance) ayant été transformé en redoute.les prêtres du séminaire y étant logés, M.l’abbé de Queylus, fit construire dans le jardin un puits semblable à celui du fort par le même Archambault.L°us n avons pas ce contrat, mais nous possédons le suivant : _ Le 17 mai 1660, Jacques Archambault entreprend de faire un puits “ de cinq pieds de diamètre, ” au lieu de la — 213 — Commune.Il le revêtira de pierre, verra à ce qu’il soit assez profond pour qu’il y ait toujours au moins deux pieds d’eau stable, au-dessous du fil de l’eau, etc.Il aura un moulinet, etc.Ce puits est commandé par les sieurs Jacques Le Ber, Charles Le Moyne et Jacques Testard de la Forest, tous trois marchands.Ceux-ci fourniront à l’entrepreneur la pierre, la chaux et le sable pour la maçonne depuis deux pieds au-dessous du rez-de-chaussée jusqu’à quatre pieds au-dessus.Le coût des travaux reste le même: 300 livres tournois et 10 pots d’eau-de-vie (Basset).Il faut croire que les marchands ci-dessus n’avaient pas exigé de reçu de ce qu’ils avaient payé “au creuseur de puits” puisque le 26 novembre 1676, le sieur Archambault fait rédiger un acte attestant que feu le capitaine Jacques Testard de la Forest lui avait bien remis 100 livres et 3 pots d’eau-de-vie, ce qui représentait la part que chacun s’était engagé à verser.Le capitaine Testard était mort en 1663, à peine âgé de 33 ans.Longtemps après, le 11 juillet 1668, Etienne Bauchand, marchand, confie également à J.Archambault la tâche de lui faire un puits semblable aux précédents.Cependant, cette fois, il se contente de 250 livres payables “ au fur et à mesure qu’il en aura besoin.” Voilà tout ce que nous pouvons exhumer sur les plus anciens puits, ceux des premiers vingt-cinq ans de Ville-Marie.La période qui suit, va nous fournir des problèmes difficiles à résoudre.E.-Z.Massicotte LES DISPARUS Godbout, Arthur— Né à Lambton le 13 décembre 1872.Député de Beauce à l’Assemblée législative de Québec puis magistrat de district.Décédé à Saint-Georges-de-Beauce le 12 mars 1932. — 214 — LES JOURNAUX ET REVUES PUBLIES A LEVIS Le Drapeau de Lévis — Premier numéro le 24 novembre ISM.Journal hebdomadaire.Propriétaires: Emile Du-mais et Benjamin Sauvageau.Rédacteur: Louis-Honoré Fréchette.Le Drapeau de Lévis ne fournit que quatre numéros.Le Journal de Lévis— Premier numéro le 13 avril 1865.Journal tri-hebdomadaire.Propriétaire: Odule Bégin.Rédacteurs: d’abord Louis-Honoré Fréchette, puis Joseph-Ghil-laume Barthe et enfin Rodolphe Tanguay.Le Journal de Lévis disparut à la fin de novembre 1866.Le Progrès de Lévis — Premier numéro le 11 novem-vre 1X67.Journal semi-quotidien.Editeur-propriétaire: Joseph-Norbert Duquet.Le Progrès de Lévis parut pour la dernière fois le 23 juillet 1869.La Semaine des Familles— Premier numéro le 18 septembre 1869.Propriétaire et rédacteur: Joseph-Norbert Duquet.Dernier numéro le 17 mars 1870.La Gazette des familles canadiennes— Fondée à Québec en octobre 1X69 par l'abbé N.-A.Leclerc, la Gazette des familles canadiennes fut transportée à Lévis le IX décembre 1869.Elle fut publiée et datée de Lévis pendant une couple de mois.L'Echo de Lévis— Premier numéro le 15 avril 1871.Propriétaires: Lizotte et Poitras.Rédacteur: Isidore-Noël Belleau.Dernier numéro le 12 juillet 1876.Les .lunales de la bonne Sainte-.Innc-dc-Bcaupré—Fondées an Cap-Rouge en avril 1873 par l’abbé N.-A.Leclerc, les Annales de la bonne Sainte-.Innc-dc-Bcaupré devinrent la propriété du collège de Lévis en mars 1X77.Elles furent publiées a Lévis jusqu en mars 1898, date où elles devinrent la propriété des Pères Rédemptoristes de Sainte-Anne-de-Beau-pré.Le Quotidien — Numéro prospectus le 28 juin 1879.Premier numéro régulier le 7 juillet 1X79.Propriétaire: To-seph-Edouard Mercier.Le Quotidien paraît régulièrement depuis 1X79.Il est aujourd’hui la propriété de la Cie de publication de Lévis. — 215 — L'Hebdomadaire — Edition hebdomadaire du Quotidien publié par J.-K.Mercier.Premier numéro le.février 1882.I,c Glaneur — Première livraison le 1er janvier 1890.Revue des jeunes publiée par Pierre-Georges Roy.Parut pendant un an à Lévis et fut ensuite transportée à Montréal où on lui donna un luxe et une ampleur qui amenèrent sa fin en août 1892.Le Travailleur de Lévis — Premier numéro le 19 février 1890.Propriétaire: Félix Pichette.Journal hebdomadaire.Dernier numéro le 17 août 1892.L’Ouvrier — Premier numéro le 24 mai 1890.Editeur: Alfred de Lasalle dit Sanschagrin.Hebdomadaire.Ne parut que cinq semaines.L’Union Canadienne — Premier numéro le 9 juillet 1891.Propriétaire et rédacteur Alphonse Desjardins.Quotidien.Dernier numéro le 10 octobre 1891.Le Feu-Follet — Premier numéro le 4 avril 1892.Publié par J.-F.Morissette.Imprimé par Félix Pichette.Il ne parut que trois numéros du Feu-Follet.Le Moniteur de Lévis — Premier numéro le 5 mai 1893.Propriétaire et rédacteur: Pierre-Georges Roy.Hebdomadaire.Dernier numéro le 20 juin 1896.Le Bulletin des Recherches Historiques — Première livraison le 1er janvier 1895.Bulletin d’archéologie, d’histoire.de biographie, de bibliographie, de numismatique, etc, etc, fondé et publié par Pierre-Georges Roy.Entré cette année dans sa trente-huitième année d’existence.La Bibliothèque canadienne — Première livraison en janvier 1898.Chaque livraison est un volume séparé.Volumes publiés: Le Frère Louis, par l’abbé Charles Trudelle; Bertrand de La Tour, par P.-J.-O.Chauveau; A la Conquête de la liberté, par A.-D.De Celles: Les Premiers Almanachs canadiens, par Eugène Rouillard; Fêtes et Corvées, par Pamphile Lemay ; etc, etc.La Revue du Notariat — Premier numéro le 15 août 1898.Revue publiée par J.-Edmond Roy, avec le concours des notaires de la province de Québec.Après la mort de J.-Edmond Roy, la publication de la Revue du Notariat fut — 216 continuée par le notaire Joseph Sirois.Elle a été transportée à Québec en 1930.Lii Cravache — Premier numéro le.août 1899.Hebdomadaire.Donne quatre ou cinq numéros.fui Charité — Publiée au profit des pauvres de l’Hôtel-Dieu de Lévis par Pierre-Georges Roy.Mensuel.Premier numéro le 1er mai 1900.Dernier numéro le 1er avril 1903.Sus à l'alcool—Premier numéro le 1er février 1907.Petite revue anti-alcoolique publiée par Pierre-Georges Roy.Le dernier numéro parut le 1er juin 1907.Le Souvenu Lévis— Premier numéro le 23 mars 1907.Rédacteur: Cédras Portier.Dernier numéro le.Le Bulletin Paroissial de Levis— Première livraison le 1er janvier 1910.Dernière livraison le 1er février 1912.Publié par Pierre-Georges Roy, sous la direction de Mgr F.-X.Gosselin, curé de Notre-Dame-de-Lévis.Les Soeurs Missionnaires de N.-D.d'Afrique — Cette petite revue fut publiée à Québec de sa fondation (janvier 1012) à mars 1913.Le numéro de mars 1913 est daté de Lévis.Il en est ainsi de tous les autres jusqu’à date.Le Patronage de J,cris — Première livraison le 19 juillet 1913.Paraît encore.La Lumière — Premier numéro le 17 novembre 1913.Dernier numéro le 1er octobre 1920.Le Réveil de Levis — Premier numéro le 16 juin 1920.Publié par Alexandre Huot.La Chevalerie — Organe officiel des C.de C.(Chevaliers de Colomb) de Québec.Premier numéro en.1920.Dernier numéro en septembre 1920.Cinq numéros en tout, croyons-nous.Alexandre Huot, directeur.Le Levis-Dimanche — Premier numéro le 1er janvier 1921.A notre connaissance, le Lévis-Dunanchc a fourni douze numéros: ceux du 1er janvier 1921, du 9 janvier 1921, 16 janvier 1921, 23 janvier 1921, 29 janvier 1921, 5 février 1921, 13 février 1921, 20 février 1921, 2 mars 1921 9 mars 1921, 11 mars 1921, 12 mars 1921.Du Reforme Municipale — Premier numéro le 1er janvier 1921.Nous connaissons vingt numéros de la Réforme municipale.Ceux du 1er janvier 1921 (qui ne portent pas 217 — de date), du S janvier 1 ‘>21.du 15 janvier 1921, du 22 janvier 1921, du 29 janvier 1921, du 5 février 1921, du 12 février 1921, du 19 février 1921, du 26 février 1921, du 5 mars 1921, du 9 mars 1921, du 12 mars 1921, du 27 mars 1921, du 16 avril 1921, du 18 novembre 1922, du 22 décembre 1 '>22, du 24 février 1923, du 9 mars 1923, du 13 mars 1923.du 24 mars 1923.Le Placement — Premier numéro en mars 1921.Publié par Lucien-A.Thibault, courtier en obligations.Parait pendant quelques mois.Mensuel.La Tempérance — Organe du comité prohibitionniste de Lévis.Donne trois numéros publiés en avril 1921.Le Tempérant — Organe du comité anti-prohibitionnis-te de Lévis.Donne deux numéros, l’un en avril 1921 et l’autre le 12 mai 1921.L’Echo du Collège — Premier numéro le 27 septembre 1921.Mensuel.Parait encore.L’Etendard de Lévis — Unique numéro le 27 janvier 1922.Le Bulletin Paroissial de Notre-Dame de Levis — Premier numéro le 29 novembre 1922.Dernier numéro le 20 juin 1924.La Tempérance — Unique numéro le 9 mai 1923.La Santa Maria — Chronique mensuelle des Chevaliers de Colomb, conseil Lévis.Premier numéro le 15 novembre 1923.Disparaît en juin 1924.Le Tempérant — Unique numéro le 12 mai 1923.Le Lévisicn — Donne deux numéros, l'un le 3 novembre 1924 et l’autre le 22 novembre 1924.La Protection — Unique numéro le 28 octobre 1925.L’Ami des voyageurs — Premier numéro le 1er décembre 1926.La Revue Municipale de Lévis — Donne quatorze numéros.Ceux des 1er mars 1927, 9 mars 1927, 12 mars 1927, 12 août 1927, 16 août 1927, 3 octobre 1927, 21 novembre 1927, 5 janvier 1928, 30 mars 1928, 20 décembre 1928, 15 février 1929, 28 février 1929, 9 mars 1929. — 218 — La Rive Sud — Journal du district de Lévis.Premier numéro le 15 novembre 1928.Second et dernier numéro le 1er décembre 1928.L’Intérêt Général — Unique numéro le 24 juillet 1980.Publié dans l’intérêt de la candidature du docteur Emile Fortin.La Lanterne— Premier numéro le 14 avril 1931.Donne cinq numéros, ceux du 14 avril, 15 avril, 16 avril, 17 avril et du 18 avril 1931.La Victoire — Unique numéro le 18 août 1931.La Revue Municipale de Lévis — Premier numéro le 12 mars 1931.Donne quatre numéro, ceux du 12 mars, du 11 avril, du 18 avril et du 25 avril 1931.L Echo de Lézns — Unique numéro le 30 mai 1931.Le Guide de Noël — Numéro unique le 21 décembre 1931.Oublié par 11.-A.Carrier.Journal d’annonces.LE FOLKLORE Le mot folklore, aujourd’hui francisé, est une expression anglaise.Folk veut dire gens; lore se traduit par science.Les deux termes réunis signifient : connaissance de la vie du peuple.Le Folklore puise sa raison d être dans la pensée des philosophes anciens : Connais-toi toi-même.En effet, le Folk- loie doit être, avant tout, 1 étude racique d’un pays et d’une époque.Son but est simple.Le folkloriste se préoccupe uniquement d exposer et de conserver ainsi les traditions populaires d un pays; partout ne disparaissent-elles pas ?Jacques-Marie Rougé LES DISPARUS IIuot, Charles -— Né a Québec le 26 mars 1855.Peintre de talent.Etudia et vécut en France et en Allemagne penchant, plusieurs années.Décédé à Sillery, près Québec, le 27 janvier 1930.Cf.Charles Huot, sa vie, sa carrière, etc.par Hormisdas Magnan. — 219 — LA NOUVELLE-FRANCE EN 1665 — UNE LETTRE INEDITE DU PERE RAGUENEAU (1) Voici une lettre du P.Ragueneau, qui nous apporte quelques précieux renseignements sur la Nouvelle-France, en 1665.la grande année qui marque le tournant de notre histoire avec l’arrivée du marquis de Tracy et de Jean Talon.Le P.Ragueneau compte parmi les missionnaires les plus remarquables que nous devons à l’ordre des Jésuites.Arrivé dans la colonie dès 1636, il passa plusieurs années chez les Durons et ce fut lui qui ramena jusqu’à Québec les débris de cette nation.De 1650 à 1653, il eut la direction générale des missions en Canada.Plus tard, en 1657, il entreprit sans grand succès l'évangélisation des Onontagués, toujours hostiles aux Français, mais réussit, l’année suivante, à s'échapper de leur bourgade, au moment où ces Iroquois se préparaient à faire un massacre général de la petite garnison française.Quatre ans plus tard, en 1662, le P.Ragueneau rentrait en France où il était nommé procureur des missions canadiennes.En contact constant avec la colonie laurentien-ne, dont il recevait de toutes mains les dernières nouvelles, c’est en 1665, qu’il écrivit la lettre qui suit.Le 28 novembre 1665 Hier je receu des letres de Canada par deux navires arrivez à la Rochelle le 17 & le 19 de ce mois, qui étoient partis de Québec le 8 d’octobre par lesquels j’ay en outre receu d’autres letres, qu’on a retirées d’un naufrage du navire nommé La Paix, qui estoit party de Québec le 18 septembre, & qui se perdit à 50 lieues en deçà, dans le grand fleuve St-Laurent, en sorte toutefois qu’il n’y a eu qu’un seul homme noyé.J’apprens que le choix qu’a fait sa Majesté de Messieurs de Tracy, de Courcelles, Talon & de Sallières, a esté le plus heureux qu’on eust pu souhaiter pour le bien du Canada un chacun s’acquittant si dignement de son devoir, qu’on ne peut davantage.(1) Archive» du Canada, bibliothèque Nationale, Mélanges Colbert, vol.133, fol.131-4. — 220 — La milice est si réglée, qu’ils ont fait paroistre jusqu à maintenant, toutes les bonnes qualitez d’un soldat, sans le meslange d’aucune mauvaise; sans désordre, sans larçin, sans violence; les Capitaines & officiers y faisant quasi tout leur devoir, à l’envy l’un de l’autre.Mr de Tracy ayant fait faire depuis son arrivée 42 bateaux, propres pour l’expédition aux Iroquois, capables chacun de plus de 20 hommes, & qui se peuvent porter par six; il y avoit desjà dez le 18 septembre, prez de 600 hommes par-tys: Les uns à l’emboucheure de la Rivière de Richelieu, où on restablit l’ancien fort; les autres environ 15 lieues plus haut, au sault de Richelieu, où Mr de Chambley, qui commande les 4 Compagnies qui y ont monté les premières, y a fait bastir un fort, avec une maison au dedans, & tout autour des hutes pour les soldats.Mr de Sallières estait aussi monté avec 400 hommes, pour faire un autre fort plus haut, à l’embouchure du Lac des Iroquois, dit le Lac Champlein: Mais on m’escrit qu’on ne croit pas que ce dessein puisse s’exécuter plustost qu’au printemps, I hyver estant trop proche, & n’y ayant pas assez de bastimens pour, le transport des vivres.Si les soldats fussent partis de france au commencement d avril, aisément toute 1 expédition dans le pais des Iroquois se seroit faite cet esté.Mr de Tracy estoit arrivé à Québec le 30 de juin.20 soldats partys de la Rochelle le 19 d’avril, y étaient arrivez dez le 19 de juin.L’aigle d'or, portant Mr de Sallières, n’arriva que le 19 d’aoust & le St Sebastien, où estaient Mr de Courcelles & Mr Talon, n’arriva que le 12 de septembre.Deux & trois mois de retardement sont un délay notable en une telle affaire.11 y a eu bien des malades dans les navires du Roy.On m escrit qu'il en a esté porté jusqu’à 120 dans l’Iiospital, de fiebvre pourprée & mesme de peste, qui sont secourus très charitablement par les Religieuses Hospitalières, & par Mr Lévesque de Pétrée & Mr de Lau-son de Charny son grand Vicaire, qui y ont esté assidus nuit & jour.Les Prestres du Séminaire & nos Pères y ont une sainte occupation envers les sains & les malades: avec un très grand liuit.tous quasi se sont confessez, & plusieurs géné- — 221 — râlement : & plusieurs hérétiques ont fait heureusement abjuration.Les premiers navires partis de france dans le mois d’avril, n’ont point eu de malades: & tous les navires marchans sont arrivez heureusement sans mortalité nv maladie; mesme le dernier party de Dieppe à la fin de juillet, quoy qu’on crai-gnist beaucoup pour luy, à cause qu’il estait chargé de 82 filles, & de 150 hommes.On y estoit très bien nourry, & avec un grand soin.La récolte a esté très heureuse, & il restait encore quantité de vieux bled, en sorte que l’abondance en est telle en Canada, que Ion ne vend plus que 3 1.le minot, quoyque cy-de-vant il eust vallu 5 & 6 livres.Cinq ou 600 sauvages, venus de 500 lieues au delà de Québec, dans les terres vers l’occident, sont descendus, pour leur négoce, & ont apporté pour 50 mille escus de Castor.Un de nos Pères, qui scait leur langue, est remonté avec eux dans leur pais, pour les instruire, & 3 ou 4 françois avec luy.11 y a peu d’années qu’un autre de nos Pères y estoit allé pour le mesme dessein, qui y mourut de faim, s’y estant esgaré dans les bois.11 y avoit plus de 20 ans qu’il travaillent dans ces Missions, parmy les sauvages.Un autre de nos Pères est allé dans les costes de l’Acadie, pour y instruire les sauvages & les françois, qui y sont abandonnez de tout secours spirituel.Mr de Tracy qui estoit très incommodé de.sa santé aux Isles la entièrement recouvrée à Québec.Quelques personnes assez clairvoyantes m’escrivent, que la chose la plus importante qui puisse estre pour le bien du pais, & mesme nécessaire, seroit que Mr de Tracy y demeurast, jusqu’à ce que l’Iro-quois fust destruit; & que sans luy, très probablement rien ne se fera & que mesme la division seroit à craindre entre les chefs.Il est l’âme de tout, & il est efficace dans la douceur.Monsieur Talon est, m’escrit-on, l’incomparable.Paul Ragueneau (au dos) Le R.P.Ragueneau 28 novembre 1665. ?2 Cette lettre abonde en détails intéressants, mais il suf fini de relever les plus saillants.D’abord, elle nous indique la haute estime que sut se créer Talon auprès des Jésuites, qui plus tard devaient si facilement changer d’opinion, quand il imposa la primauté de la volonté royale dans l'administration de la colonie.En tout cas, en 1665, il était “ l’incomparable.” Un autre paragraphe reporte a 1665 l'organisation régulière, sinon officielle, de la milice canadienne, avec capitaines et officiers.Nous savions bien que' les colons avaient de bonne heure, vers 1636, fait le coup de feu contre les Iroquois et pris part, au bout de quelques années, à de petites expéditions, mais cela se faisait sans ordre ni système, quoiqu'il faille faire une exception pour la milice de la Sainte-\ icige, établie a Montréal, en 1663 ( 1 ).Ce notait qu’une oi ganisation locale.Jusqu ici il semblait que la milice canadienne, d’après la correspondance officielle, n’avait été créée
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