Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1932-06, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE BULLETIN DES Recherches Uistoriqies VOL.XXXVIII LEVIS JUIN \'X':2 So.ti C,EN*LA LOCI F, DE SI K WILFRID LAURIER Première . les Relations de 1638, de 1640, ce ne sont point des colons, ce sont des religieuses, c’est de l’argent.Aux personnes “de mérite et de condition”, on indiquait le plus judicieux emploi qu'elles pussent faire de leurs aumônes : favoriser des ma- riages entre Sauvages convertis en dotant les filles, les aider à se construire des maisons ( 1 ).Xe nous prononçons pas trop vite.Il ne faudrait pas méconnaître ce qu’il entrait de générosité, de noblesse, voire de bon sens et de connaissance des hommes dans une telle conduite.Pour le Jésuites, cet isolement des Sauvages n'était peut-être qu'une mesure provisoire, momentanée, une époque de transition destinée à leur faire franchir sans encombre un passage toujours dangereux pour des peuples arriérés, une étape qui leur éviterait les périls d’une accession trop brusque à la civilisation.Certainement, ils ont voulu les élever à tous points de-vue, les rapprocher d'eux.Ils avaient des égards pour leurs Sauvages, ils leur témoignaient du res|>ect; souvent ils les traitaient en égaux (2).La Charte des Cent Associés, en K>27, avait stipulé que tout indigène converti serait réputé Français.XI.de Gand, leur commis, déclarait, en 1636, aux Sauvages des Trois-Rivières : Si vos filles se mariaient aux Français "nous ne serions plus qu'un mesme peuple” (3).( "est ce que Champlain et du Plessis-liochart avaient dit, l’année précédente, aux Mitrons (4).Textes, discours que les Jésuites, semble-t-il.ont eu à coeur de garder en leur mémoire pour en faire des réalités.Ils les répétèrent aux Indiens.Ceux-ci en furent vite persuadés.l'n capitaine montagnais, en G>41.fait tenir toute une harangue dans une seule phrase : “je suis françois"."Il vouloit dire qu’il estoit chrestien et françois tout ensemble” (5).De loin, les missions des Jésuites apparaissaient comme une terre promise.Hélas ! ce n'était qu’une illusion.Le (1) Relation» di’ nos.|>.7n : de n.km tin.i>.,'.-7, îo, i or,.206.Cf.la filiation de 1036, p.17.(2) V.notamment In Itrhitiou de IMS.p.12.72.(3) Itelation (le 1636.p.30V*.(4) Relation de 1636 (Itelation dm Huron»), p.ni.(7.) Relation de 1646 et 1641, p.177., Cf.Relation de 16311.p.817.-216 — 334 — réveil fut brusque.L’offensive iroquoise déconcerta les Jésuites.( "est sous son aspect le plus doux qu’ils avaient révélé le christianisme aux J lurons.Les vertus qu ils avaient développées en eux étaient surtout des vertus passives, résignation, piété.A leur école, ces néophytes étaient devenus chastes.dévots, scrupuleux.Leurs élans de ferveur ravissaient les missionnaires.Ils avaient toutes les qualités, sauf celles qui leur auraient été le plus nécessaires.Ces bons Hurons n'avaient plus rien de militaire.Ils ne purent tenir contre leurs terribles frères, les Iroquois restés païens.Dès le premier assaut donné contre eux, il fut visible que la fortune avait prononcé.C’était un peuple voué à l’extermination (1).Les Jésuites appelèrent à l’aide.Pouvait-on s’appuyer sur la petite colonie de (Juébec ?Mais 2 à 300 âmes, qu’était-ce pour les Iroquois ?Il s’en est manqué de bien peu qu’ils ne rayassent la Nouvelle-France du nombre des nations.Cette insignifiante population blanche avait besoin d’être renforcée.Depuis que les Cent Associés avaient repris possession du Canada, il s’avérait qu’ils ne tiendraient pas leurs promesses.Ils devaient coloniser, ils ne pouvaient pas le faire, ils ne le feraient pas.En 1634, en 1635, Robert Gif fard, à qui ils avaient concédé la seigneurie de Beauport, y avait amené quelques émigrants.Un autre essai de colonisation féodale fut tenté, en 1636, sur une plus vaste échelle, avec des capitaux autrement importants.Les vastes seigneuries de Beaupré et de File d Orléans furent alors octroyées à une association de huit bourgeois et magistrats français dont Jean de Lauzon et François bouquet, tous deux conseillers d’Etat (2).Le véritable chef de la compagnie n’aurait-il pas été Fouquet ?File était riche, intelligente, intrigante, cette famille Fouquet.Ses liens avec la Compagnie du Saint Sacrement sont connus.Depuis 1634, Marie de Maupeou, femme de François et mère du surintendant, est une bienfaitrice éminente de saint Yin- (1) V.ii ce sujet les réflexions de M.Georges Hardy, Histoire de la colonisait ion française.Paris, 192s, p.43, (2) P.-U.Roy.Inventaire ties confessions en fief et Seiyneurie t.I, p.51-53, 07-7(1. — 335 — cent de Paul et de ses amis.François, frère du surintendant, évêque de Bayonne, puis d’Agde et enfin archevêque de Narbonne, sera tenu par ses confrères du Saint Sacrement pour un de leurs “principaux” ( 1 ).Dès 1636, la Compagnie recourait à lui comme à un de ses membres ou de ses amis les plus influents.En revanche, M.de Lauzon passera constamment pour un "bon ami” des Jésuites.Là encore, comme toujours, il n y a pas dualisme, mais interdépendance, compénétration.Nous avons le droit de conjecturer que l’influence de Bouquet et indirectement celle du Saint Sacrement avait prédominé dans la constitution de la société de Beaupré et de Elle d Orleans.Plus tard, Nicolas bouquet, dont le cerveau nourrissait plus d’une ambition, pensera à se faire une grande situation au Canada; et, en 1660, il passera un traité avec le marquis de Feuquières pour lui acheter (2) la vice-royauté d’Amérique.Tentative qui n’eut pas de suite.En 1636, ce qu'il fallait, c’était des colons.La société de Beaupré s’v employa.M.Salotie n’hésitait pas à lui attribuer le remarquable accroissement de population que signale la Relation de cette année.Le ban d’émigration qui apporta au Canada les Le Gardeur, les Le Neuf, en tout quarante-cinq personnes, se serait donc ébranlé à l’instigation des seigneurs de Beaupré et de FIle d’Orléans ( 3).C’était beaucoup.Ce n'était pas assez.Renty le comprit; avec deux de ses confrères du Saint Sacrement, MM.de la Dauversière et Olier, il fonda, en 1639.la Société de Notre-Dame de Montréal (4).Cette entreprise providentielle ne fut pas faite en dehors des Jésuites ; ils ne lui ont pas été hostiles.C’est une Relation de la Nouvelle-France, tombée sous les yeux de M.de la Dauversière, qui tourne ses pensées du côté du Canada et lui inspire un passionné désir d’y affermir le règne de Dieu.(1) V.Rebelliau, op.cités.(2) Cte Rent- de Yover dWrpenxnn, Annules île In Compagnie du Saint Sacrement, p.et ann.par le lî.1‘.Horn.II.Beauchet-Filleau.Marseille, 1900, p.07.(3) Salone, La colonisai ion de la X auvcIlc-Frnncc.p.57-58, 130.(4) Bessières, l'atlmlicisnir social et Action catholique cité, p.31.art. — Mb — Du reste.La Dauversière avait un directeur jésuite et un Jésuite, le 1'.Charles Calcinant, interviendra pour arrachera M.de Lauzon la cession de l'île de Montréal (IMG) (1 ), l\t dans la Relation de 1040, le 1’.\ imont écrit : "Nous avons receu du contentement à la \ eue de AIM.de Montréal, pour ce que leur dessein est entièrement à la gloire de Nostre Seigneur, s'il réussit " ( 2).Il réussit, il iallait qu'il réussisse.Sous la pression des Iroquois, la Nouvelle-France menace de taire naufrage.11 était temps d'arriver à la rescousse.Mais, en 1(42.Montréal si irt de terre.La chimère — au regard des gens du monde était-ce au tre chose ?— la chimère, enfantée par la religieuse exaltation d'un receveur des tailles de La Flèche — tel était l’emploi de M.de la Dauversière — avait pris corps.Alors que la pc tite ville et le fort de Québec tremblaient pour leur sécurité, un boulevard avait été lancé hardiment, à soixante lieues plus haut, en pleine sauvagerie, boulevard de la chrétienté et de la civilisation.La digue résista.Ft la chrétienté et la civilisation furent sauvées.! ne nuit qu il faisait oraison, Renty avait eu la révéla lion que Dieu lui réservait "un grand employ pour la Nouvelle-h rance .Ft son biographe et confesseur ajoute que cette prediction s'est réalisée "principalement en la fondation de l'église dans Lisle de Montréal", (d) La Société de Montréal est bien la tille de la C ompagnie du Saint Sacrement, tille très cherc de son coeur, de son es-piit.née du meilleur de son être, l’lus tard, elle aura pour directeur \entadour lui-même (4).I oui que leui oeuvre tut un succès, les .Associés n avaient rien épargné.Ils avaient dépensé sans compter.Des sommes énormes avaient été jetées par eux, en pur don.dans celte folie: 25,(XX), peut-être même 50,000 écus en 1(41,40.000 livres en 1042.Ft le plus beau, c'est qu'ils continuer! nit.( 1 ) Snlone, op.cil.p.74-îil.(3) Itrlutiim île 11140.p.202.(•'!) Sn i ni -.lu re.lé .cit., p.86.(2) Paillon, 0/t.ri/., t.Il, p.29.(3) H.Oliérot, IhiUrlin il'liixtnirr dans les Elude*, 1900, vol.2, p.302-:i9:t.(1) Kaillon, )>.rit., t.II, p.29-U0. A partir de 1646, Renty est conseiller d’Ktat.Son intervention dans les affaires du Canada devient continuelle, constante.Le 17 septembre 1 (>47.il remet à M.de Repentigny, toujours député des habitants de la Nouvelle-France, une nouvelle somme de 30,000 livres.Ces deniers proviennent encore de la Reine.Ce prêt, elle le fait à la colonie “pour employer à la levée des gens de guerre destinez par sa Majesté pour s’opposer aux incursions des Hiroquois" ( 1 ).Député des habitants du Canada — ainsi se désignait Pierre Le Gardeur de Repentignv — muni de leurs pouvoirs.Et, à l’appui de son dire, il exhibait des procurations du 12 septembre 1644, du 12 septembre 1646.Agissements qui iu-diquent, de la part des Canadiens d'alors, un certain apprentissage de la liberté.L’autonomie, ou si l’on trouve le mot trop fort, une très large indépendance, ils l’avaient depuis, qu’en 1645, la Compagnie des Cent Associés leur avait cédé le privilège de la traite.F.n effet, ils s’administraient eux-mêmes.Et cet état de choses était reconnu par le gouvernement.En mars 1647, un acte, inspiré par Renty lui-même, 1 avait confirmé.Cet acte, un arrêt du Conseil, établissait un Conseil à Québec qui devait pourvoir “généralement à tout ce qui était nécessaire pour la traite et le bien du pays .L élection d’officiers municipaux était organisée dans les trois villes de Québec, des Trois Rivières et de Montréal.Cet arrêt avait été-rendu sur le rapport de MM.de Morangis et de Mesmes, conseillers d’Etat’’ et commissaires députés par Sa Majesté pour les affaires de la Nouvelle France dite Canada (2).I mis deux étaient confrères du Saint Sacrement, associés de la Compagnie de Montréal.Un autre arrêt de mars 1648 modifia la composition du Conseil.Deux membres élus, choisis parmi les habitants, furent adjoints aux autres conseillers qui étaient le gouverneur, l’ancien gouverneur et le supérieur des Jésuites.C’était une façon de république qu’on avait instaurée aux bords du Saint Laurent.République rien moins que déntocra (1) Pièce inédite analysée par le 1*.rtessieres, ilaxtoa tic Itcntji et Henri/ Un ch.p.2!M>-2!I7.(2) A-Léo Leymarie, (Ji/cU/uca a.ixocù'x île la l’tmpauniv tin Montrial (Xttra Francia, vu].I, 1,.l2.'>-!92('>, p.1 la). — 344 — tique.Quelques familles — cinq ou six — avaient accaparé toute l'autorité.Cette situation avait-elle été voulue par la Compagnie?Répondait-elle à une pensée bien arrêtée de ses chefs ?Tout aristocrates qu'ils fussent, les confrères du Saint Sacrement ont peut-être voulu et tenté sincèrement un rapprochement entre les diverses classes de la société.Renty, qui pendant les plus belles années de la Compagnie, fut son âme.son moteur secret, leur donnait l’exemple.Quel exemple et combien édiliant ! De toutes ses forces, il a cherché à intro-' (luire dans la pratique de la vie un peu plus d’union, de concorde, d'harmonie.Le dogme de la fraternité, était-il donc impossible d’en faire une réalité?Empêcher les hommes de se haïr, de se mépriser, leur donner le moyen de se comprendre, de se respecter mutuellement, atténuer la distance que les inégalités légales, mondaines, les différences de fortune et de condition mettaient entre les chrétiens : noble but.11 paraît avoir été celui de Rentv.X'avait-il pas fait du cordonnier Henry Buch son ami.son confident, son conseiller ?Pour servir son idéal, il avait su vaincre toutes les répugnances de sa nature.11 n'avait reculé devant aucun sacrifice — si cruel fût-il.Certes, il dut en coûter a son coeur de prendre la condition roturière.En renonçant a la vocation des armes, Renty avait considéré qu’il se démettait de sa noblesse.Aux yeux de certains gentilshommes d alors — nobles de race ou d’extraction — la seule noblesse qui comptât en France était la noblesse d’épée.Et cette opinion était reçue même dans d’autres milieux.Donc, un gentilhomme qui ne portait pas l’épée, ou ne s’en servait point, n’était plus un vrai gentilhomme.Du reste, on pouvait discuter sur les cas de dérogeance, délibérer si telle ou telle profession faisait perdre la noblesse.Sur un point, il ne pouvait y avoir hésitation: tout métier mécanique, c est-à-dire manuel, était incompatible avec l’exercice de la noblesse.En s’obligeant à travailler de ses mains, en s initiant aux métiers des plus humbles artisans, en se faisant tour à tour terrassier, maçon, vannier, le baron de Renty mettait le comble à son humiliation volontaire (1).(1) Saint Jure, np.rit., p.26-27, 59-60, 75.Bessières, up.cit., p.91, 107. 345 — Après s’être ainsi détaché de ses propres goûts et abaissé jusqne-là, tout lui devenait aisé.Ce n'est pas toujours ce que l'on voit.Les gens les plus durs pour eux-mêmes sont parfois durs aussi pour autrui.Bien différent était Rente.On ne peut pousser plus loin que lui l’esprit social, l’amour de l'entraide, la passion de la solidarité, la charité chrétienne en un mot.“Quand il allait à la campagne et qu'il était arrivé à l'hôtellerie, il entrait dans la cuisine pour manger, s'il pouvait, avec les valets ” Chez-lui, à Paris, il recevait deux pauvres, à table, deux fois par semaine, et les servait de ses mainsf 1).Son élève en piété, la baronne de Xeuvillette, après avoir réduit son train de maison à quatre domestiques, une demoiselle.une femme de chambre, une cuisinière et un laquais, se décide à vivre avec eux, non comme une maîtresse, mais comme une autre servante.Dessein dans lequel elle persévérera jusqu’à sa mort.Pendant six ans, elle les fera manger tous les quatre à sa table.Elle "vouloit qu'ils parlassent et s’entretinssent durant le repas, elle demeurant en silence" (2).Pour charitables qu’ils fussent et désireux d’amener leurs contemporains à s'aimer un peu plus, les confrères du Saint-Sacrement n’étaient point des rêveurs.Ils se réformaient eux-mêmes, ils n’espéraient point réformer brusquement les autres.La société dans laquelle ils vivaient, ils la prenaient telle qu’elle était.Ils ne voulaient point la bouleverser.C'est par la persuasion, l’exemple, l'influence de la parole qu’ils pensaient arriver à leurs fins.Les inégalités qu’ils ne pouvaient supprimer, ils les acceptaient, en essayant d’en tirer parti.Les grands de leur époque, nobles d’épée, seigneurs, magistrats, ne pouvaient-on les pénétrer de l’idée qu’ils avaient des devoirs particuliers?Ils croyaient qu’en s’adressant à leur honneur, en éveillant chez eux le sentiment de leur responsabilité, on pouvait beaucoup obtenir pour l'amélioration de la société.(1) Bessiêres, op.cil., p.88.(2) Ihiilcm, p.107.(:t) Le li.1’.Cyprien «le la Nativité, Recueil îles rcrlun et tien deril-i île Madame lu baronne de Xcncilctle Paris, 1060, p.29, 134.Ouvrage indiqué par le I!.I’.Beasières. — 346 — Des classes privilégiées, ils ont tenté de faire des classes dirigeantes.Ce n’est pas leur faute si la noblesse française a toujours manqué d’esprit politique.Renty entendait que les seigneurs haut justiciers, pour sauver les âmes de leurs vassaux, exerçassent leurs droits dans toute leur plénitude, \pplication rigoureuse qui, ainsi comprise, tournait d’ailleurs à la parfaite inquisition (1).Kn 11>48.il prend l’initiative d’instituer des “compagnies de gentilshommes ruraux” liées aux compagnies du Saint-Sacrement !d).\ ers 1(>45, M.Olier avait créé la compagnie dite de la Passion, filiale de celle du Saint-Sacrement, mais encore plus exclusive, encore plus fermée: il la composa d’environ cent gentilshommes de la première qualité (3 ).Il n’y avait donc pas de raison pour qu’une constitution aristocratique fût jugée, à la Compagnie du Saint-Sacrement, une mauvaise constitution.Chose curieuse, René Robineau, dont nous relèverons plus bas les accointances avec les confrères, ne faisait point partie tout d’abord du petit syndicat qui détenait l’autorité.Peu de mois après son arrivée à Québec, en janvier 1646, une mutinerie éclata parmi les “menus habitants”.M.Robineau prit fait et cause pour les mécontents.Mais, ainsi qu’il est arrivé quelquefois, la foule ne tarda nas à s’apercevoir qu’elle avait surtout travaillé pour son chef.Quelques coupables dûment punis, tout rentra dans l’ordre.René Robineau fut admis au nombre des gouvernants.lui 1637, Pierre d Argenson fut nommé gouverneur du Canada.Il fit son entrée à Québec l'année suivante.Son nom évoquait des liens très étroits avec la Compagnie du Saint-Sacrement.Pc Conseiller d Etat, frère du nouveau gouverneur, avait été un des premiers confrères.De 165/ a 1658, en attendant qu’Argenson arrivât, c’est M.d Aillebout qui avait exercé, par interim, le gouvernement de la colonie.I.ouis d Aillebout était associé de la Cornpa°nie de Montréal.(1) RnssiÎTi's, Iij>.cil., p.127-131.(2) Ibidem, p.202-203.(3 ) Kaillmi, Pic .cil., p.no. LES MONTAGNA RDS SONT LA! En pouvant reporter de 1885 à 1801, la f ’ ' d'une chorale montréalaise, appelée Les Montagnards, (B.R.IL, 1932, p.148), nous croyions avoir trouvé quel était le groupe qui popularisa, parmi nous, le fameux chant LIaltc-là (ter) etc.11 en est autrement.Mgr Choquette, dans sa récente et agréable Histoire de la tille de Saint-Hyacinthe, (p.217), nous apprend (pie les amateurs canadiens eurent des prédécesseurs venus d’outre-mer.Lisons cette page intéressante: “ En août 185û, une troupe de chanteurs étrangers, attirés sans doute par la réputation artistique de notre ville (St-Hyacinthe), venaient faire entendre sur nos théâtres des airs qui vibrent encore dans les mémoires.C'étaient les fameux Montagnards basques et il suffit de mentionner, entre plusieurs autres, leurs chants: La chasse aux isards et Halte-là, les Montagnards sont là, pour éveiller les plus délicieux souvenirs et donner la mesure de l'enthousiasme soulevé sous les pas des estimables visiteurs.Québec, Montréal les applaudirent des semaines durant.Ici, le Séminaire les reçut dans l’unique grande salle de la ville, la salle de récréation des élèves.Hommes et femmes, conviés à la fête, y vinrent si nombreux que la salle fut comble aussitôt ouverte.Eue deuxième audition, une troisième eut le même succès de scène et vit les mêmes auditeurs, les oreilles et le coeur totalement conquis.Les Montagnards laissèrent ici des imitateurs, des émules, dirais-je, qui, eux-mêmes et leurs successeurs se taillèrent une belle renommée dans la répétition des mêmes chants pyrénéens.” * * * Est-ce que la question est close?N* a-t-il plus à dire?Oui.Et nous donnerons bientôt la parole à Benjamin Suite.E.-Z.Massicottf.3539 354 — BENJAMIN PRICE Benjamin Price vint de bonne heure s’établir à Québec coniine marchand.Dès le 4 octobre 1762, il demandait à Murray la concession d’un terrain à Québec.Je ne sais quel fut le résultat de cette requête, mais il dut être négatif vu que le pays n’était pas encore définitivement cédé par traité.Murray nomma Price membre de son Conseil et juge de paix, le 4 octobre 1764.11 prêta le serment d’office le 31 de ce mois.I )e nouveau nommé par Carleton, le 28 novembre 1766, il siégea au Conseil jusqu’au mois de mai 1775.lors de l’établissement du nouveau Conseil législatif.Ee 10 mai 1764, Price faisait trois déclarations de papier monnaie, une pour lui.une pour lîenjamin Price & Co.et une troisième pour Benjamin Price N Sons.Ee 27 novembre suivant, Benjamin Price et autres bons Angl ais de Québec proposaient de prélever, au moyen d'une loterie, un fonds pour la réparation de la cathédrale de Québec incendiée durant le siège, puis de faire servir cette église à l’usage des protestants.Il ne s’agissait pas de dépouiller les Canadiens de leur bien, oh! non, mais de les convertira tà cette fin des sermons en français seraient donnés tous les dimanches! E’on aurait imprimé 10,000 billets dont 1685 auraient gagné des prix variant de £1000 à £5.Ces billets devaient être vendus quarante shillings chacun.La vente aurait produit la somme de £20,000 de laquelle on aurait retenu ÎOC pour l’oeuvre et remis £18,000 en prix.La proposition soumise au Conseil fut quelque peu amendée: au lieu de 1685 billets gagnants on en mit 2051 afin de mieux attirer les clients.Ee Conseil décida d’envoyer quatre copies du projet en Angleterre afin de demander l’approbation des Lords of Trade, de l'archevêque de Cantorbéry, de l'évêque de Londres et de la Société pour la propagation de l’Evangile.Mais, grace à Carleton, le projet échoua et l’on laissa les Canadiens reconstruire leur église.Le 15 juillet 176.-’.Price et ses associés John Hay et Samuel Jacobs demandaient à Murrav de leur concéder un terrain et un bâtiment en ruines qu’ils avaient restoré au coût de £1500 afin d’v établir une brasserie et une distillerie.Cette propriété était située dans le quartier du Palais.Le gou- verneur accéda a ccttc demande et leur loua la propriété pour une période de 99 ans, à condition de payer 1*5 de rentes annuelles.Adam Mabane et Benjamin Price furent envoyés à Montréal lors de l’incendie qui dévasta cette ville le 18 mai 1765, afin de faire une enquête et d'organiser les secours.Price se rendit ensuite en Angleterre pour solliciter l’aide des marchands et autres personnes charitables de ce pays.11 fut dix mois absent ; il était de retour à Québec en juin 1766 et se remettait a son commerce, be 28 janvier 1768, Benjamin Price annonçait dans la Gazette de Québec qu’on avait dévalisé MM.James Clark et William Minot et il offrait une récompense de cinq louis à celui qui ferait connaître les voleurs.Décédé en octobre 1768.Krancis-J.Audet LES DISPARUS Roy, L'hon.Ernest — Né à Saint-Yallier, comté de Bel-lechasse, le 3 octobre 1871, de Nazaire Roy et de Rose Thé-rien.Admis au barreau le 12 juillet 1898.Député de Mont-magny à l’Assemblée législative de Québec de 1900 à 1906.Député de Dorchester à la Chambre des Communes du Canada de 1908 à 1911.11 fut aussi échevin de Québec de 1914 à 1916.Nommé juge de la Cour Supérieure en 1923.Décédé à Saint-Michel-de-Bellechasse le 17 août 1928.QUESTION Dans un compte des dépenses occasionnées par les funérailles d'une de mes arrière grand’tantes à Saint-Eustache, vers 1788, je trouve l’item suivant : Ouverture de fausse sonnerie, tant de livres.Un lecteur du Bulletin mieux au courant des habitudes des bedeaux d’autrefois pourrait-il m’apprendre ce qu’il faut entendre par là ?Aeg.F. 356 — LETTRES DE L’A H BE J.-B.CURATTEAU A SON FRERE Les habitants du Canada qui professent une véritable religion du passé ne resteront pas insensibles, assurément, au souvenir qui sera évoqué ici d’un homme de mérite et de dévouement devenu le fondateur d’un établissement qui, à Montréal, contribue, depuis bientôt deux siècles, à former une élite sociale.Jean-Baptiste Curatteau naquit à Nantes, paroisse Saint-Nicolas, le 12 juin 1726.Nous ne possédons aucun renseignement particulier sur ses jeunes années et les dispositions de son caractère à cette époque.Ses parents avaient des biens à Saint-Sébastien, tout proche de Nantes.Il était encore entant, lorsqu'eut lieu, dans cette paroisse, en 1740, une mission importante, sous la direction de “messire Priât, recteur du Canada” (1 ).Peut-être, convient-il de faire un rapprochement entre la vocation future de Jean-B.Curatteau et le séjour de ce prêtre canadien à St-Sébastien.Si non, on trouvera, dans les relations fréquentes de la région nantaise avec 1 Acadie et la Nouvelle France, des motifs suffisants pour expliquer comment le jeune clerc, pénétré d’apostolat, franchit les mers sur les traces d’un grand nombre d’ecclésiastiques et de religieux bretons attirés sur les terres nouvelles par la conversion des infidèles.Jean-I).( matteau quitta Nantes comme clerc tonsuré, le o juin 1754, et mit le pied sur la terre canadienne au montent où éclatait, les armes à la main, la rivalité des deux nations voisines, la France et l’Angleterre.L’attaque de Ju-monville, sur l’Ohio, par Washington et sa mort venaient de jeter la colonie dans une émotion profonde.Cette mort et la \ictoii (.vengeresse de Louis de \ illiers sur le futur conquérant des libertés américaines devaient constituer le premier acte du drame au cours duquel les deur nations rivales subi-i ent de si graves echecs dans le nouveau continent.Durant ces années terribles, le jeune nantais eut à endurer toutes les souffrances de l’éloignement de la mère patrie.a subir toutes les humiliations et les duretés de l’invasion.Avec les héroïques habitants de la colonie, il opposa à l’adversaire toute l'énergie morale d’une défense désespérée et sans doute fut-il le témoin immédiat de la retraite de Lévis sur Montréal qui abrita les débris de l’armée française et dut, faute de vivres, capituler le 8 septembre 1760.Les Anglais entrèrent dans la ville le jour même et le traité de 1763 lia, d’une manière irrévocable, la destinée du Canada à celle de la Grande-Bretagne.Les troupes françaises, les officiers de l’administration civile et militaire s’embarquèrent à Québec, suivis, peu après, par les habitants des villes les plus marquants.Dans les campagnes la population resta plus attachée au sol.Le libre exercice de la religion catholique fut garanti; les séminaires et les communautés de femmes furent maintenus dans la possession de leurs biens et privilèges; mais, par contre, certains ordres réguliers, parmi les plus actifs depuis la conquête, comme les Jésuites et les Récollets, furent interdits.Les Sulpiciens ne parvinrent à se maintenir qu’en se séparant civilement de la maison de Paris et en constituant une société indépendante.Jean-B.Curatteau avait été ordonné le 27 octobre 1757 à Québec, par Monseigneur de Pontbriand.Au lendemain de son ordination, il exerça les tonctions de maître d'école à Montréal jusqu’en 1764, date à laquelle il fut chargé de la mission de Contrecoeur, puis de Longue-Pointe (fin de 1765).A la Longue-Pointe, il se trouvait à la tète d'un immense territoire, mais peu habité.Pour utiliser ses loisirs, il songea à redevenir pédagogue, fit, avec ses propres ressources, agrandir son presbytère, situé à une lieue et demie de Montréal, et y recueillit quelques élèves (pii devinrent le noyau d’une institution rapidement appréciée.“C’est en ce lieu — dit un bon juge en la matière — qu’est né un des plus célèbres établissements d’éducation de l’Amérique du Nord” (2).Mais comme l’annexe de la maison presbytérale était devenue trop exiguë et que, d’autre part, les marguilliers de Notre-Dame de Montréal désiraient avoir un collège dans la ville même, ils offrirent à M.Curatteau de transférer son institution au Château Yaudreuil, l’ancien hôtel des gouverneurs — 358 français.Celui-ci situé près du centre de Montréal, était alors à vendre.L’abbé Curatteau, pénétré de la nécessité d’un grand et bon collège, destiné, non seulement, à sauvegarder les principes de la religion chez les générations futures, mais encore à servir au recrutement du clergé canadien, accepta les propositions qui lui étaient faites, sous condition qu’il ne rendrait compte de son administration qu’au supérieur sulpicien du grand séminaire et à l’évêque.L’acquisition étant assurée par la fabrique de Notre-Dame et différents particuliers, l'institution fut ouverte en 1774, sous le nom de coUct/e Saint-Raphaël.M.Curatteau nous apprendra lui-même ([lie du Château-Vaudreuil, il reçut les murs nus.Outre 12000 livres de réparations à ses frais, il eut toute la charge de l’installation intérieure et estimait que, tout compte fait, ses droits hypothécaires pouvaient bien monter à 35 ou 40000 livres.Non pas qu’il prétendit un jour revendiquer ces droits, car par testament olographe du 29 janvier 1774, il cédait toute sa fortune à sa chère Maison, mais si la fabrique de Notre-Dame eût voulu enlever au supérieur de St-Sulpice l’autorité sur le collège, il eut pu en faire état.Dès leur arrivée, peut-on dire, au Canada, les divers ordres religieux qui s y établirent, s’étaient préoccupés de l’instruction des enfants.Ils avaient ouvert des petites écoles et avaient jeté les bases d’un enseignement primaire dans les régions de Québec et de Montréal.Cependant les besoins restaient grands.L institution Curatteau fut la première à Montréal où l’on parvint à l'enseignement des sciences et des lettres et 1767 reste une des grandes dates de l'enseignement au Canada.Depuis la cession, et, à l’encontre des concessions de la première heure, la domination anglaise prenait de jour en jour une attitude plus ouvertement hostile au clergé et aux oeuvres catholiques.Un mérite non des moindres du fondateur de la Longue-1’ointe et du Chateau-\ audreuil fut de ne pas se laisser atteindre par les difficultés qui menaçaient le présent et l’avenir de son entreprise. — 359 — Celle-ci sortit victorieuse de l’épreuve du temps et des h< mimes.Sur l’oeuvre de la fondation, nous sommes redevable de la plupart de nos renseignements à M.l'abbé O.Maurault, prêtre de Saint-Sulpice, auteur d’une substantielle monographie sur le petit séminaire de Montréal (3).On trouvera, en outre, retracées, dans cette étude, les vicissitudes par lesquelles passa, dans la suite, l’institution St-Raphaël et la brillante destinée de l’oeuvre de M.Curatteau.Nous n’y reviendrons pas, si ce n’est pour rappeler que le Château-Vaudreuil ayant été incendié en 1803, le collège prit place dans une construction neuve appropriée aux nécessités présentes et au développement de la maison d’éducation.Désormais, celle-ci prit le nom officiel de Petit Séminaire île Montréal, relevant toujours et uniquement du supérieur du séminaire.* * * Jean-B.Curatteau, en s’embarquant pour la Nouvelle France, avait laissé à Nantes, un frère d’une dizaine d’années plus jeune que lui, nommé René, et qui également entra dans les ordres.René Curatteau nous est connu comme prêtre de choeur, exerçant les fonctions de saeriste à l’église St-Denis de Nantes, paroisse aujourd’hui disparue et qui faisait partie du quartier Saint-Pierre (4).Les deux frères restèrent en correspondance épistolaire et c’est, par un hasard que nous ne saurions expliquer, que quelques lettres du Canadien ont été conservées dans le fonds des familles aux Archives départementales de la Loire Inférieure (4 bis).Ces lettres n’embrassent malheureusement qu’une période assez courte, de 1778 à 1789, et ont été écrites à intervalles très espacés.Les difficultés de la correspondance et des communications avec la France étaient, à cette époque, la conséquence du régime despotique, alors en vigueur au Canada.L’administration était celle d’un état qui voulait imposer ses lois et d’autant plus défiante, qu’à l’occasion du soulèvement américain, elle eut à constater combien étaient précaires les assises de son pouvoir. Le général Haldimancl nommé gouverneur en 1778 avait exercé une autorité particulièrement rigoureuse.Durant six années, il fit régner la suspicion, les vexations et même l’in-carcératkm.Le secret des correspondances privées était v iolé.“Plusieurs fois, le fonctionnaire chargé de la direction générale des Postes trouva les malles d’Europe ouvertes chez le gouverneur et les lettres répandues à terre Des citoyens imprudents étaient jetés en prison, d’autres plus dangereux disparaissaient soudain.Le soupçon de menées avec les rebelles et la désobéissance à la loi servaient de prétexte aux arrestations qui frappaient surtout les canadiens (5).On concevra donc la prudence de l’abbé J.Curatteau quand il s’agira de communiquer avec la France, la modération de ses termes et l’absence de toute appréciation personnelle sur le pouvoir régnant.Celui-ci pensait que pour s'assurer la soumission des Canadiens français, il fallait leur interdire toute communication avec la France; de là des complications sans nombre pour l’échange de lettres entre Montréal et Nantes.Il était indispensable de s’assurer d’une personne "très sûre” qui passât sur le vieux continent et attendre cette occasion parfois fort longtemps.Une lettre de la correspondance dont nous nous occupons, datée de mai 1778, ne parvint à Montréal qu’en 1780.Le destinataire ne put y répondre qu’en juin 1782 ayant seulement.à ce moment, en vue une personne qui devait “tâcher” de passer en France; et l’abbé J.-B.Curatteau ne parvenait Pas à cacher à son frère le dépit de cette situation : “J’espè- îe, disait-il, qu il viendra un temps ou nous pourrons nous donner chaque année de nos nouvelles;” dans certains cas, la correspondance est dirigée par Londres.Quand elle ne met Pas une année entière, il lui faut, pour le moins, plusieurs mois pour franchir les mers.Lien au contraire, les relations étaient très fréquentes entie les Etats-Unis et la hranse.Un neveu de notre Canadien, le commis de la marine royale Curatteau, fait savoir en 1/90, que tous les jours des navires partent de Bordeaux pour Charleston, New ^ ork, ou la Virginie. — 361 — Malgré l’espérance qu’il nourrit et qui ira s’affaiblissant avec l’âge de repasser en France pour y finir ses jours à la communauté des prêtres de St-Clément de Nantes, M.Cu-ratteau se soumet aux volontés de la Providence et reste pro-tondément attaché aux oeuvres qui absorbent, dans sa nouvelle patrie, tous ses instants.Sans cependant se plaindre, les fatigues qu’il éprouve lui font sentir le surmenage et le poids des ans.Mais, comment faire pour ne pas manquer aux devoirs de la vocation apostolique, lorsque les semeurs de la bonne parole et les défenseurs de la Foi font déjà si grandement défaut.Haldimand suspectait même le loyalisme du clergé canadien; a plus forte raison suspectait-il les prêtres étrangers.En 1783, deux ecclésiastiques venus de F'rance durent, sur son ordre, aussitôt se rembarquer.Les Sulpiciens étaient condamnés à ne pouvoir se recruter en France; leur nombre diminua sans cesse, jusqu’à n’être en 1784 que neuf, lorsqu’ils étaient vingt-huit à l’arrivée des Anglais.Les missives de l'abbé J.-H.Curatteau sont un appel continu à 1 aide, pour les prêtres du Canada qui voient leurs rangs s’éclaircir, et au secours de la religion qui s’affaiblit : "que de bien a faire dans ce pays, mais que les ouvriers sont rares ! Le quart des paroisses du diorèse sont vacantes ; il y a des curés chargés de trois ou quatre paroisses.11 viendra peut être un temps où nous aurons des prêtres remplis de zèle et de ferveur qui viendront avec nous partager les travaux de la vigne du Seigneur ’’.Les sollicitations s’adressent d'une façon touchante et réitérée à celui qui garde là-bas ses humaines affections : “Et toi, cher frère, ne serais-tu pas plus agréable à Dieu, en venant ici instruire, prêcher, réconcilier les pécheurs, administrer les mourants, à quoi on ne peut suffire, faute de prêtres.Ne penses-tu pas que tu trouveras plus à procurer la gloire de Dieu dans ce pays qu’en remplissant l’employe de sacriste ?Que d’âmes dans ce pays périssent faute de secours spirituels ! ”, M.Curatteau qui entretenait des relations très courtoises avec les autorités et les représentants les plus marquants du parti canadien dut agir par lui-même en vue d’obtenir l’au- — 362 — t
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.