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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1934-01, Collections de BAnQ.

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F IOGRAPI RECHERCIIES HISTORIQUES BULLETIN D’ARCHEOLOGIE, BIOGRAPHIE, DE BIB NUMISMATIQUE, ETC., ETC., PUBLIÉ PAR PIERRE-GEORGES ROY VOLUME QUARANTIEME J^VES N4/y£ LEVIS QlJt BEC 10:54 £ LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XL LEVIS, JANVIER 1934 No.1 LA FAMILLE DUPONT DE NEUVILLE Nicolas Dupont de Neuville Fils de Jean Dupont, président du grenier à sel de \ er-\ ins, en Picardie, Nicolas Dupont de Neuville passa fort jeune dans la Nouvelle-France.Connue la plupart de ceux qui, à cette époque, vinrent s’établir dans la colonie, le jeune homme n’avait pas de fortune, mais il était énergique, plein d’ambition et d’un esprit d’entreprise peu ordinaire.Dès son arrivée à Québec, M.Dupont de Neuville s’occupa de commerce et il ne tarda pas à faire sa marque puisqu’on 1655, nous le voyons déjà marguillier de l’oeuvre et fabrique de Notre-Dame de Québec.Le 30 avril 1669, Louis XIV, par ses lettres signées à Saint-Germain-en-Laye, anoblissait M.Dupont de Neuville.“Les rois, nos prédécesseurs, disent ces lettres, ayant toujours reconnu que l’honneur était le plus puissant motif pour porter leurs sujets aux belles et grandes actions, ont continuellement pris soin de reconnaître par des marques de leur estime ceux qu’une vertu extraordinaire en avait rendu dignes, nous nous sommes dans les occasions conformés à un exemple si juste et si nécessaire, et voulant le continuer en la personne de notre aimé et féal le sieur de Neuville qui par la fermeté d’un courage extraordinaire a bien voulu renoncer aux douceurs et avantages de sa patrie pour dans le hasard des voyages de long cours établir dans le pays de la — 4 — Nouvelle-France autrement dit Canada des colonies du nom français et en répandre par toute la terre la réputation et la gloire; à ces causes et autres considérations à ce nous mouvants de 1 avis de notre conseil et de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons annobli et par ces présentes signées de notre main annoblissons et décorons du titre et qualité de noble le dit Dupont, sieur de Neuville, ensemble sa femme, enfants postérité et lignée tant mâles que femelles nés et à naitre descendus de lui en loyal mariage, voulons et nous plait qu’en tous actes, lui, sa postérité et lignée soit censée et réputée pour noble portant qualité d’écuyer.” (1).Moins d un an plus tard, le 13 janvier 1670, le gouver-neui de Courcelles nommait M.Dupont de Neuville membre du Conseil Souverain de la Nouvelle-France.Il fut installé le jour même de sa nomination.Il fut continué en charge le 12 janvieiMO/l, le 28 mars 1672, le 16 janvier 1673, le 15 janvier 1674 et le 7 janvier 1675.Par sa déclaration du 5 juin 1675, le roi assimila le Conseil Souverain aux cours souveraines du royaume, et il se réserva le droit de nommer lui-même pour la vie ceux qui seraient appelés à en faire partie.M.Dupont de Neuville avait été nommé membre à vie du Conseil le 27 avril 1675 1 ai ai îêt du roi du 10 mai 1678, le gouverneur de Frontenac avait reçu ordre d assembler vingt des principaux et plus anciens habitants de la Nouvelle-France afin de connaître leur avis sur la traite de l’eau-de-vie.Cette assemblée eut lieu le _0 octobre 1678, et chacun donna son avis.On sait que la plupart des citoyens convoqués se prononcèrent en faveur de la traite de l'eau-de-vie.Le 7 novembre 16/8, MM.Dupont de Neuville et Jean-Baptiste de Peiras partaient pour la France.Ils traversaient la nier pour leurs propres affaires, mais M.de Frontenac les d.troupes et du Sr.de Verneuil trésorier desd.troupes lesquels ont signé avec l’époux et l’épouse suivant l’ordce.De desmeloises F.Th.Dupont Dupont Provost R.L.Chartier de Lotbinières Le Gardeur de Tilly De Troyes Vallerenne La Pérelles Des bergères Claveau De Verneuil IL de Bernières Acte de sépulture de Françoise-Thérèse Dupont, épouse de François-Marie Renaud des Méloizcs (Québec, 3 décembre 1698) Le treiziesme jour du mois de décembre de l’an mil six cent quatre vingt dix huict a esté inhumée par moy prestre curé de Québec dans cette église dame Françoise-Thérèse Dupont, femme de Monsieur De Demeloise, capitaine d’une compagnie de détachement de la marine, après avoir reçu les sacrements de pénitence viatique et extrême-onction, en présence de Jean du Breuil, Jacques Michelon et autres témoins.François Dupré Acte de sépulture de François-Marie Renaud des Méloizcs ( Québec, 22 avril- 1699) .Le vingt deuxième jour du mois d’avril de l’an mil six cent quatre vingt dix neuf a esté inhumé par moy prestre curé de Québec dans l’église paroissiale de nre.dame de cette ville françois marie Renaud d’aveine de demeloise capitaine d’une compagnie du détachement de la marine .âgé de quarante quatre ans ou environ après avoir reçu les sacrements de pénitence viatique et extrême onction en présence de Jean estienne du breuil et Jacques michelon témoins.François Dupré — 16 Acte de naissance de Marie-Madeleine Dupont (Québec, 4 juin 1672) Le quatrième iour du mois de juin de l’année mil six cens soixante et douze par tnov Henry de Bernières prestre curé de cette Eglise paroissiale de Nre Darne de Québec a esté baptisée Marie Madelene.fille du Sr Nicolas Dupont et DamN Marie Madelene Gaudais sa femme, née d’aujour-d’huy.Les parain et maraine ont esté le Sr Pierre Cesar August ¦ ¦ Marie Madelene Dupont femme du Sr.Noël Pinguet.H.De Bernières Acte de rear : de Pce' l.entoyne de Mari court et de Marie- MrMeireee Dur e: i Québec, 29 octobre 1691) L-v vi-.gt-neufvic': .; ur du mois d’octobre de l'an mil six cent quatre vingt onze après les fiançailles et la publica-ti< n l’un ' tn k tn tri tge faite le vingt huictiesme jour du présent mois et an que dessus ayant obtenu dispense des deux autres, d'entre paul le moyne escuver sieur de mari-court et autres lieux fils de deffunt charles le moine vivant escuver seigneur de longueil et de chasteauguay et de dame Catherine primot ses père et mère de la paroisse de Notre-Dame de ville marie en l'isle de montréal de cet évesché d’une part et de damoiselle marie magdelaine dupont de neuville fille de nr >nsr maistre nicolas Dupont escuver seigneur de Neuville conseiller du Roy en soi: conseil souverain de ce pa\ ' et de dame Jeanne Gaudav sa femme de cette paroisse et évesché d autre part et ne s’estant découvert aucun em-peschement jay françois Dupre curé de Québec les av mariés e* leur ay donné la bénédiction nuptiale en présence de Mr.Dhyberville oncle et frère de Mr.Charon, de Mr.desmus- seaux.de monsieur dupont le père de l’épouse, de MonsL t rançois marie demeloise capitaine et de Mr.du Lino lesquels ont signé avec l'époux et l’épouse.Paul le Moyne Marie Mg.Dupont Le Ber Dupont Le Movne !) Iberville Jeanne Gaudais Delino F.Dupont Chateaugué Lemovne Dupont De Desmeloises Charon Demusseaux Migeon de Branssac françois Dupré — 17 Acte de sépulture de Paul Lemoync de Maricourt (Montréal, 21 wars 1704) Le vingt unième jour de mars de l'année mil sept cent quatre a été inhumé dans l’Eglise de cette paroisse le corps de Paul Le Moyne Ecuyer Sieur de Maricour Capitaine d’une Compagnie du détachement de la marine après avoir reçu les sacremens de pénitence et d’extrême onction n’ayant pu recevoir le saint viatique ont été présens à ses obsèques Mrs Anthoine forget et jaque Boesson Clercs du Séminaire de cette ville et plusieurs parens et amys du dit deffunt.J.Boesson Forget Priât ptre Acte de sépulture de Marie-Madeleine Dupont, épouse de Paul Lemoync de Maricourt (Montréal, 14 avril 1703) Le quatorzième jour du mois d’avril mil sept cent trois a été inhumé le corps de Dame Marie-Magdeleine Dupont épouze de Paul Le Moyne écuier sr De Maricour capitaine d’une compagnie du détachement de la marine morte le treize desd.mois et an âgée d’environ trente et un ans.lad.sepulture a été faite en présence de Mre Jacques Boesson et Antoine Forget clercs du Séminaire de cette ville oui ont signés avec moy prêtre soussigné vicaire de cette paroisse.R.C.De Breslay T.Roesson Forget vicaire Acte de naissance de Marie-Catherine Dupont (Québec, 31 juillet 1673) Le trente unième jour du mois de juillet de 1 an mil six cent soixante et treize par moy Louis Ango prestre cure, de cette paroisse a esté baptisée Marie-Catherine, fille de Nicolas Dupont, et de Jeanne Gaudes sa femme, nee le jour precedent.Ses parain et maraine ont esté Philippe Varnier et Oenneviefve Macar, femme de Mr.Bazyre.Louis Ango — 18 — Acte de sépulture de Maric-Cathcrinc Dupont (Québec, 18 août 1674) Le dix-huictième jour du mois d’aoust de l’an mil six cent soixante et quatorze Marie Catherine, âgée d’environ treize mois, fille du Sr.Nicolas Dupont et de Damle.Jeanne Gaudais demeurant à la haute ville de Québec a esté inhumée dans le cimetière de cette paroisse.H.De Bernières Acte de naissance de Jacques-Nicolas Dupont (Québec, 16 octobre 1675) he seizième jour du mois d’octobre de l’an mil six cent soixante quinze par moy Henry de Bernières prestre curé de cette paroisse a esté baptisé Jacques Nicolas, fils du Sr.Nicolas Dupont conser, et de Damle.Jeanne Gaudais sa femme, ne du jour d’hyer.Les parain et maraine ont esté Messire Jacques du Chesneau Intendant pour Sa Majesté en ce pais e* I )am e.Anne du Saucay fille du Sr.Jacques de Saucay.H.De Benières Acte de sépulture de Jacques-Nicolas Dupont (Québec 5 septembre 1686 ) Le cinquième jour du mois de septembre de l’an mil six cent quatre vingt six a esté inhumé en cette Eglise Jacques- Viiu I T Xir"hs 1— Sieur Jde Ncu- , .Z ,V .:,u co".sc'1 souverain de ce pays et de • J it de Chambly pour 1 excellente raison qu’il n’appartenait pa> a M.de Chambly.Il était la propriété du roi.M.de — 53 — Chambly vendait sa seigneurie, c’est-à-dire six lieues de terre de front sur une lieue de profondeur, “avec le moulin, granges et autres bâtiments, etc., etc., trois paires de boeufs, deux vaches, un taureau et deux génisses, trois grands porcs et deux petits.M.de Leau Lamothe lit quelques concessions dans sa seigneurie.M.E.-Z.Massicotte en a relevé deux faites le 24 novembre 1674.M.de Leau Lamotte était encore a C hambly en 1677 II eut cette année un procès assez important aux Trois-Rivières, au sujet de sa seigneurie, nous dit M.Suite.Il dût remettre sa seigneurie à M.de Chambly en 1678 puisque, le 11 mars 1679, celui-ci, par acte de Delange, notaire au Châtelet de Paris, donnait son fief à damoiselle Marie-Françoise de Thavenet.C’est celle-ci qui fit passer la seigneurie de Chambly à la famille Hertel.Louis de La Rue, chevalier de La Motlie Louis de La Rue, chevalier de La Mothe, dût passer dans la Nouvelle-France en même temps que le gouverneur de Denonville en 1685.Il dut obtenir un congé pour aller en 1 Tance puisque, le 30 mars 1687, le roi donnait ordre “au chevalier de La Mothe, lieutenant d’une compagnie d’infanterie entretenue au Canada, de retourner au dit pays.” En 1688, le chevalier de La Mothe servait à Niagara sous les ordres de M.des Bergères.Il signe, avec les autres officiers l’“état dans lequel a été laissé le fort de Niagara, le 15 septembre 1688.” Nous lisons dans la “Relation de ce qui s’est passé de plus remarquable en Canada, depuis le départ des vaisseaux, au mois de novembre 1689, jusqu’au mois de novembre 1690”: “Le 22 septembre 1690, comme un valet du sieur Crevier, seigneur de Saint-François, dans le lac Saint-Pierre, allait au travail, il découvrit quelques ennemis et vint tout en courant le dire au fort.M.le chevalier de la Motte, capitaine reformé, qui avait son détachement près de là, y arriva sur les deux heures de l’après-midi.11 voulut d’abord aller aux ennemis et partit en effet peu de temps après, avec le sieur de Murat, lieutenant du sieur de Galliffet, qui commandait au fort.Ils avaient avec eux trente-quatre hommes.Ils découvrirent les ennemis dans leurs — 54 — cabanes qui ne > attendaient pas à leur venue.La première charge fut vigoureuse et les mit en déroute, mais comme les fuvards s'allèrent joindre à deux autres cabanes que l’on n’avait point attaquées, revenant tous ensemble en grand nombre, ils trouvèrent nos gens épars et il ne leur fut pas difficile de le> faire plier à leur tour.Il ne s’en sauva que la moitié; le sieur de la Motte y a été tué et on ne sait de quoi est devenu le sieur de Murat.” Emmanuel Auguste de Cahideue, comte de La Motte Xé à Rennes en 1683, il entra dans la marine en 1698.Il était contre-amiral lorsqu'il reçut en 1757 le commandement d'une escadre de neuf vaisseaux et de deux frégates pour aller défendre Louisbourg.D'autres vaisseaux devaient le rejoindre à Louisbourg.En août 1757, le comte de La Motte rencontrait la flotte anglaise commandée par l’amiral Holburne, par le travers du Cap-Noir.Un brouillard fort épais empêcha les deux flottes de se battre.Holburne retourna à Halifax avec ses vaisseaux.Le comte de La Motte retourna à Louisbourg et mit la place en état de défense.Ses instructions lui disaient seulement de défendre Louisbourg, il ne voulut donc pas attaquer la flotte anglaise qui était dans les environs.De retour en France, M.de La Motte reçut le grade de vice-amiral et une pension de 12,000 livres.11 décéda en 1764, fort désappointé de n’avoir pas reçu le baton de maréchal de France qu’il croyait avoir mérité.M.de La Motte avait plusieurs fois Conduit des vaisseaux du Roi à Québec.En 1755, il avait même transporté quelques régiments à Québec.Ces régiments étaient destinés à renforcer la petite armée canadienne.QUESTION Le 12 septembre 1671, M.Talon le jeune est parrain à Québec.La marraine est Madeleine La Guide, épouse de M.Perrot, gouverneur de Montréal.Quel est ce l’alon le jeune qui vivait à Québec en 1671 ?A.G.B. — 55 — ARPENTEURS DU BAS-CANADA Nous devons la liste des arpenteurs publiée clans la livraison de décembre 1933 du Bulletin à M.Lucien Brault, do Ai chives du Canada, a Ottawa.Cet utile travail aurait du porter sa signature.JEAN DIGE, PREMIER DEPUTE DE CORNWALLIS Le 14 mai 1791, 1 Acte du Canada, qui avait été introduit au parlement anglais le 7 mars précédent, était définitivement adopté.Tl inaugurait pour la province de Québec le système parlementaire dont avait déjà été dotée la Nouvelle-Ecosse en 1758.Lord Dorchester était alors gouverneur du pays, mais p.uti en congé le 18 août 1/91, ce fut le lieutenant-gouverneur, sir Alured Clarke, qui fut chargé de le mettre en exécution.Le 18 août, un ordre en conseil divisait le Québec en le liant et le Bas Canada, et le 18 novembre, Clarke fixait par proclamation l’entrée en vigueur de l’acte au 26 décembre suivant.L Acte pourvovait à la création d’un conseil exécutif nomme par la Couronne et d’une Chambre d’assemblée élue par le peuple.Tl restait encore à former les divisions électorales pour Eélection des députés à la Chambre Législative, ce qui tut fait par une nouvelle proclamation de sir Alured Clarke, le 7 mai, 1792.Le nombre des députés fut fixé à 50 et celui des comtes à 25, dont 4 comtés urbains et 21 comtés ruraux.Dans la division des comtés, on tint compte surtout, pour obéir au désir de la loi, du chiffre de la population plutôt que de l’étendue du territoire.La population de la province était alors d’environ cent soixante mille âmes, dont dix-huit mille à Montréal et quatorze mille à Québec.Ces deux villes reçurent en conséquence le droit d’élire chacun quatre députés.Des deux autres comtes urbains, Trois-Rivières en élisait deux et William 56 — Henry (nom que porta pendant quelques années la ville naissante de Sorel), un.Pour les comtés ruraux, le nombre des députés fut fixé à deux par comté, sauf pour les comtés de Gaspé, de Bedford et d’Orléans qui n’avaient droit qu’à un député chacun.Sept comtés seulement reçurent des noms français: Québec, Montréal.Trois-Rivières.Saint-Maurice, Richelieu Orléans et Gaspé.Tous les autres furent affublés de noms anglais qui devaient paraître assez étranges à une population presque totalement d’origine française.Ce furent Bedford, Buckinghamshire, Cornwallis, Hampshire, Hartford, Hunting!'n.Dorchester.Kffingham.Kent, Leinster, Warwick, York.etc.Ce ne fut qu’à la redistribution de 1830 que la plupart reçurent les noms français qu’ils ont gardé depuis lors.Le territoire des comtés actuels de 1 émiscouata et de Kamouraska était alors compris dans le comté de Cornwallis qui s’étendait depuis Ste-Anne de la Pocatière jusqu au comté de Gaspé, et les deux premiers représentants, élus le 10 juillet 1702.en furent Messieurs Pierre-Louis Panet et Jean Digé.Pierre-Louis Panet résidait à Québec.Il a joué dans la politLue du pars un rôle assez important qu’on a souligné à plusieurs reprises, et nous n’avons pas l’intention d’v revenir.Ce qui nous intéresse plus particulièrement pour le mo-r 'tit.c’est la personnalité de son collègue, Jean Digé, oui lui, était du comté et dont le nom, qui a dû être une révélation p.air la plupart de nos lecteurs, n’est plus aujourd’hui conservé que dans nos archives.Ce fut, si l’on veut, comme on disait jadis, un député des “ Abouts ”, puisqu’il demeurait à l’extrémité ouest du comté à Ste-Anne de la Pocatière.Mais comme le patronage politique a dû prendre naissance en même temps nue le parlementarisme, il est permis de nous imaginer que ce dût être à lui qu’incomba surtout la tâche de recevoir les solliciteurs.Pour avoir été ainsi appelé à l’honneur d’être le premier député du comté, il est à présumer (pic Digé avait dû remplir dans sa paroisse un rôle assez important pour que sa renommée en dépassât les limites.Il serait bien difficile aujourd’hui — 57 do donner des précisions sur sa carrière, mais nous avons pensé que ce serait au moins lui rendre justice que de le situer quelque peu dans notre petite histoire.Remarquons tout d’abord qu’il est le seul de ce nom de famille qui soit émigré de France au Canada.Et comme il n'a pas laissé de descendance mâle, cela explique comment ce nom de Digé soit aujourd’hui inconnu dans notre province.Le Dictionnaire Généaloc/iquc de Mgr Tanguay mentionne le nom de Charles Digé mais il s’agit bien du même personnage.Tl avait aussi reçu au baptême le nom de Charles, mais Jean est le nom sons lequel il s’est généralement désigné dans tous les actes, publics ou privés, auxquels il a été partie.Jean Digé était né en 1736.à Forillon, diocèse d’Avran-ches, en Normandie.Tl était le fils de Jacques Digé, navigateur, et de Jeanne Augé.Il suivit évidemment la carrière paternelle qui l’amena, quelque bon jour, en Nouvelle-France.Nous ne connaissons pas la date de son arrivée au pavs, mais ce dut être apparemment avant la conquête.Mgr Tanguay donne la date de 1763 comme l’année de son arrivée à Ste-Anne, mais nous avons découvert qu’il v était déjà établi en 1762 et v avait déjà amassé quelques biens.Le 16 mai 1762 en effet, Digé, qui était encore célibataire et partait de nouveau en vovage, prend la précaution de disposer de ses biens par acte de donation à cause de mort avant son départ.Nous donnons ci-dessous les principales dispositions de cet acte passé devant le notaire Toseph Dionne, de Ste-Anne : “ Jean Digé, navigateur, demeurant en la paroisse de Ste-Anne, étant prêt de faire un long vovage pour la pêche à la “ moine ”, et, en cas de mort, voulant disposer de ses biens, a donné “à cause de mort”, au sieur François Levesque, habitant, de Ste-Anne, et ce pour l’amitié et l’affection qu’il a toujours portée au dit Sr Lévesque, à ce présent et acceptant ; “ Tout le peu de biens que le dit Sr Digé peut avoir dans la paroisse de Ste-Anne et autres lieux de ce pavs, tant mobiliers que immobiliers; 58 — " Une chaloupe avec ses “ aurais et apareau ”, avec laquelle il va faire la pêche à la morue, qui sera remise au dit Lévesque par Gilles Lemarchand, son maître de chaloupe, ainsi que tout le provenu de la pêche.“ Une somme de 2,000 livres, en monnaie d’ordonnance que le dit Lévesque a actuellement chez lui.“ A charge par le dit Sr François Lévesque de lui faire dire 400 messes de requiem pour le repos de son âme, un service à la huitaine de la réception de son décès ; “ De donner à Marie-Angélique Lancoignard, dite San-terre.sa filleule, la somme de 300 livres en ordonnance et 150 livres en espèces.“ Et après toutes les peines du dit Sr Lévesque payées légitimement, s’il reste des deniers de sa dite pêche et reconnus de ses biens, il l’emploiera à faire dire des prières pour le repos de l’âme du dit donateur.” On s’expliquera facilement l’affection et l’amitié que manifestait Digé â l’égard de François Lévesque, quand on saura que ce dernier avait une fille.Marie-Véronique, qui devait prier anxieusement pour l’heureux retour de l’ntrépide voyageur.Toujours est-il que le voyage fut des plus fructueux, et que le 26 janvier 1763, le notaire Jos.Dionne recevait le contrat de mariage de Jean-Charles Digé, navigateur, demeurant en l’ancienne France, paroisse de Forillon, évêché d’A-vranche, en la basse Normandie, et de Dame Jeanne Augé, avec Marie-Véronique Lévesque, fille de François Lévesque, habitant, de Ste-Anne, et de Marie-Angélique Bérubé.Les parties stipulent communauté de biens entre eux et le futur époux désigne comme suit les biens qu’il apporte: " Une terre de l1-, arpent de front sur 42 arpents de profondeur, à partir du fleuve St-Laurent, située en la paroisse de Sainte-A une et bornée, d’un côté à la terre d’Isidore Bérubé et de l’autre à celle de Jean Boucher; “Une autre terre de 3J4 arpents de front sur la profondeur qu’il peut y avoir, située sur les coteaux de la Riviè-re-Ouelle, entre la terre de Joseph Boucher et celle de Joseph Malboeuf dit Beausoleil; — 59 — l ne somme de 2950 livres, 10 sols, en monnaie d’ordonnance ci-devant ayant cours en ce pays; ht 330 livres en espèces que le futur époux a comptées sur la table devant le notaire et les témoins; " Un cheval tout attelé, avec sa carriole, et une charrue garnie ; " Une chaloupe de pêche.La future épouse, de son côté, apportait: Huit perches de terre de front sur 42 (arpents?) de profondeur, faisant partie de la terre que ses parents occupent actuellement, et dont la future épouse aura la jouissance que lorsqu ils disposeront de leurs biens, et divers articles de ménage.Les dits Sieur et Dame Lévesque promettent en outre de nourrir les futurs époux jusqu'à la Toussaint prochaine et de leur aider à se loger.Comme on peut le voir, la pêche à la morue était lucrative a cette époque, et Jean Digé n’avait pas perdu son temps.A 27 ans, il pouvait se considérer comme l’un des habitants à l’aise de la paroisse de Ste-Anne-de-la-Pocatière.Le mariage fut subséquemment célébré^Je 30 janvier, dans l’église de Ste-Anne.De ce mariage naquirent trois enfants, deux fils et une fille.T,es deux fils moururent jeunes: Team le 19 février 1782, à l’âge de 16 ans, et Isidore, le 12 août 1788, à l’âge de 15 ans.Oeneviève, qui leur survécut, épousa, le 6 novembre 1786, Joseph Pelletier, fils de feu Joseph Pelletier et de défunte Josephte Paradis, de Ste-Anne.C’est de ce mariage que descend l’un des distingués citovens de Rivière-du-Loup, M.Arthur-L.Pelletier, marchand de fer.Dans le contrat de mariage passé devant le notaire Louis Cazes, le 4 novembre 1786, Digé donnait à sa fille une terre de deux arpents et demi de front sur 42 arpents de profondeur, au deuxième rang de Ste-Anne, et une somme de mille francs, pavée comptant.Les biens du futur époux consistaient en une terre de 6 perches et 12 pieds de front, puis 8 perches et 10 pieds de front, au troisième rang de Rivière-Ouellc, avec cheval, voitures, etc. — 60 — Six ans après le mariage de sa fille, le 10 juillet 1792, comme nous l’avons mentionné plus haut, Jean Digé était élu député de Cornwallis à l’Assemblée Législative du Bas-Canada.11 y siégea jusqu’au 31 mai 1796._ Ce dernier parlement comptait 34 membres d’origine française sur les 50 députés qui le composaient.Ce fut le 17 décembre 1792 que s’ouvrit la première session qui se termina le 9 mai 1783._ Rappelons que l’une des premières mesures que le parti anglais proposa fut Xexclusion du français des registres et des actes parlementaires, proposition qui fut repoussée par un vote de 2b voix contre 13.Plusieurs autres projets de loi y furent soumis concernant l’instruction et l’éducation, le droit législatif sur le budget, l’abolition de l’esclavage, la question des districts judiciaires, la déclaration de guerre de la France à l’Angleterre, le droit d’entrée sur les vins, etc.11 serait intéressant de connaître quelle fut la carrière parlementaire de Digé, mais cela nécessiterait des recherches que nous ne sommes pas en position de faire ici.Contentons-nous de constater que, son terme expiré, il continua de conserver la confiance de ses concitoyens, puisqu’en 1797 nous le retrouvons inspecteur des chemins pour la paroisse de Ste-Anne du Sud.Le 25 mai de cette année, en effet, devant Me Augustin Dionne, notaire, il donne quittance en cette qualité, pour diverses sommes formant un total de 550 livres et trois sols, à J.-Bte Pelletier, Louis Morin, Alexandre Gagnon et François Levesque, pour la part de terre que chacun d’eux doit fournir pour faire une route conduisant à la nouvelle église et au nouveau presbytère, suivant le procès-verbal de Gabriel F.lzéar Taschereau, écuier, grand voyer, en date du 26 août 1796 et homologué “ au quartier général de la paix à Québec ”, le 10 janvier 1797, et le procès-verbal des experts du 6 septembre de la même année.Cette fois.Digé, qui dans les actes précédents déclarait ne savoir écrire ni signer, signe la quittance: J.Digé.Le 27 juillet de la même année, devant le même notaire, il signe encore un bail à ferme d’une devanture de terre dans — 61 — de Québec! ^ RWire
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