Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 avril 1934, avril
LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XL LEVIS, AV RI L 1934 No.4 LA FAMILLE PLANTE On trouve le nom de Bernard Planté, chirurgien, âgé de vingt-deux ans, dans le livre des malades de l’Hô-tel-Dieu de Québec pour le mois de juin 1748.Ce Bernard Planté ne peut être autre que Dominique-Bernard Planté, fils de Dominique Planté, chirurgien-major de l’Hôpital royal de Préchac, et de Biaise des Palingues, de Saint-Saturnin, diocèse de Tarbes, province de Bigore.Tl avait dû faire le voyage de France à Québec, au printemps de 1748, dans un vaisseau marchand, en qualité de chirurgien du bord.Planté, à sa sortie de l’Hôtel-Dieu, trouvant le pays de son goût, décida de s’y établir.Il fixa ses pénates dans la paroisse de la Pointe-aux-Trembles, près Québec.Les dossiers de nos vieux tribunaux nous ont conservé le souvenir d’un procès intenté par le chirurgien Planté à un client récalcitrant, Augustin Béland, domestique ou engagé du curé de la Pointe-aux-Trembles.Planté, appelé chez les parents de Béland.pour le guérir d’une maladie subite, l’avait d’abord saigné au bras, le lendemain au pied et, encore le même jour, au bras.Les satanées étaient en grande vogue à cette époque chez nos chirurgiens.Le malade, au lieu de guérir, empira, et crut prudent de demander un autre chirurgien, le sieur Mathon.Celui-ci le remit sur pieds presque aussitôt.Planté, un — 194 — mois plus tard, envoya sa note à son ancien patient.Il réclamait vingt-six livres.Béland, refusa de payer, fut poursuivi et le juge lui donna raison.Le chirurgien Briault, entendu comme expert par la cour, réduisit le compte de son confrère à dix livres.Planté, tout de même.perdit sa cause probablement sur un point de droit.Dominique-Bernard Planté, qui ne faisait pas fortune comme chirurgien, se décida à mettre deux cordes à son arc.Le 8 août 1772, après avoir exercé la médecine pendant près d’un quart de siècle, il se faisait donner une commission de notaire pour le territoire compris entre le Cap-Rouge et les Grondines exclusivement.Il continua à pratiquer comme chirurgien en même temps qu’il exerçait sa charge de notaire.Le chirurgien-notaire Planté décéda à la Pointe-aux-Trembles le 11 septembre 1782.Son acte de sépulture le qualifie de notaire royal, chirurgien et maître-chantre.Il avait donc ajouté une troisième corde à son arc.Dominique-Bernard Planté s’était marié deux fois.Il avait épousé en premières noces Marie-Thérèse Faucher, et, en secondes noces, Marie-Joseph Faucher.Peut-être étaient-elles parentes mais elles n’étaient pas soeurs.Il eut des enfants de ses deux unions.L’aîné des fils du chirurgien Planté, Joseph-Bernard, né à la Pointe-aux-Trembles le 19 décembre 1768, fit de solides études au séminaire de Québec.Admis à la profession de notaire le 11 novembre 1788, sa science légale, son jugement et son honnêteté lui créèrent bientôt une (les études les plus achalandées de Québec.Il fut député de Hampshire de 1796 a 1808 puis de Kent de 1808 à 1809.Nommé, en 1801, inspecteur du Domaine du Roi et greffier du Papier Terrier, M.Planté fut, en 1808, un des fondateurs du Canadien avec Pierre Bédard et Jean-Thomas Taschereau.Le gouverneur Craig, qui n’aimait pas le C anadicn, ne pouvait se venger de M.Planté comme député.Mais il était en même temps que député fonctionnaire civil.La loi permettait alors le cumul des deux charges.Craig destitua donc M.Planté comme inspecteur du Domaine du Roi.Le gouverneur offrit la charge a 1 avocat plus tard juge Perrault.Celui-ci la refusa pour ne pas profiter du malheur de M.Planté.On connaît le touchant épisode raconte par M.de (inspe.Sur les conseils de M.Perrault.M.Planté alla s’expliquer avec sir James Craig, qui lui remit sa charge presque aussitôt.Quant à M.Perrault, il fut, trois mois plus tard, récompensé de sa belle conduite, par la charge de solliciteur général.Après tout, sir fames Craig n était peut-être pas l’ogre qu’on a dit.M.Planté décéda presque subitement à Québec le 13 février 1826.Le juge Pierre Bédard disait de M.Planté, quelques jouis après sa mort: “ Pauvre M.Planté! f ai éprouvé qu’il n’y a personne (pii m’ait été plus cher que lui.Il est un de ceux dont l’éloignement m’a fait trouver ma résidence ici (Trois-Rivières) aussi dure que je l'ai trouvée, et que je me flattais de revoir quand elle serait finie: si jamais elle finit, ma satisfaction ne pourra plus être complète.“ Je nie suis rappelé tout ce qu’a fait M.Planté dans la Chambre; son courage et sa constance ont toujours été plus loin (pie la force de sa constitution n’aurait dû lui permettre.Les soucis et les inquiétudes qu’il a pris dans les affaires et dont j’ai été témoin ont contribué, je crois, à affaiblir sa force physique.C’était une belle âme dans un corps faible.” Joseph-Bernard Planté avait épousé à Québec, le 20 mai 1794, Marie-Louise Berthelot, fille de Charles Berthelet, marchand, et de Thérèse Roussel.Madame Planté décéda à Québec le 9 juin 1826.De leur mariage étaient nés neuf enfants: 1 Joseph-Antoine Planté, né à Québec le 3 mars 1795.Il causa bien des peines à son père et à sa mère.Celle-ci fut obligée de le faire interdire pour prodigalités quelques jours après la mort de son père, le 20 février 1826.2 Marie-Louise Planté, née à Québec le 1er octobre 1796.Décédée en bas âge.3 Marie-Geneviève Planté, née à Québec le 11 mars 1/98.Décédée au même endroit le 6 juin 1798.4" Charles-Denis Planté, né à Québec le 16 février 1799.11 fut admis à la profession de notaire le 9 octobre 1824.11 s’occupa aussi de milice et fut aide-major de la quatrième division de la milice de la ville et banlieue de Québec. — 196 Marié à Québec, le 30 mai 1826, à Catherine-Sophie Amyot, veuve de Charles-Stanislas Schultz, le notaire Planté décéda le 11 mai 1836.Sa veuve lui survécut jusqu’au 14 mai 1873.Elle décéda à l’âge de 82 ans.5° Marie-Julie Planté, née à Québec le 3 mai 1800, devint, le 10 juin 1821, l’épouse de Georges-Barthélemi Faribault, le célèbre archéologue et bibliophile.Elle décéda à Paris le 18 mars 1752, au cours d’un voyage entrepris avec son mari.Quatre ans plus tard, M.Faribault ramenait les restes de sa digne compagne au pays natal pour les déposer au cimetière de Sainte-Foy.6° Pierre-Philippe Planté, né à Québec le 2 juin 1801.Décédé en bas âge.7° Rosalie-Josephte Planté, née à Québec le 11 mai 1802.Décédée en bas âge.8° Eléonore Planté, née à Québec le 30 janvier 1804.Décédée à Sainte-Foy le 16 octobre 1804.9° Bernard-Ambroise Planté né à Québec le 18 janvier 1806, fut lui aussi notaire et reçut sa commission le 23 février 1829.Il décéda à Saint-Ambroise de la Jeune-Lorette le 20 novembre 1830.La famille Planté n'existe plus au Canada (1).P.-G.R.QUESTION Dans la Revue canadienne, livraisons des mois de novembre et de décembre 1883, puis de janvier et de février 1884, le regretté sénateur Pascal Poirier avait commencé une intéressante étude sur l’historique abbé de Queylus (Gabriel Thubière de Lévy de Quélus), mais elle s’arrête soudain en février 1884, aux mots “ à continuer L’auteur a-t-il publié cette biographie ailleurs?Numis.(t) A consulter sur Joseph-Bernard Planté une étude historique et biographique de M.F.-J.Audet dans les Mémoires de la Société Royale du Canada année 1933. — 197 — JOURNAL TENU PENDANT LE SIEGE DU FORT SAINT-JEAN, EN 1775, PAR FEU M.FOUCHER, ANCIEN NOTAIRE DE MONTREAL (Suite et fin) Octobre, 13.L’ennemi après nous avoir tiré deux coups de canon à l’heure de la Diane comme de coutume, a gardé le silence le reste du jour où il a venté un gros vent de nord ; son silence a été occasionnée par le travail d’une batterie qu’ils dressent vis à vis de notre fort avancé du côté du sud, pour y mettre deux mortiers et deux canons ; on leur a envoyé 13 bombes de nos forts et tiré plusieurs coups de canon, auxquels ils n’ont daigné répondre.Octobre, 14.A notre réveil nous avons vu dans notre fort avancé deux déserteurs venus de l’ennemi à trois heures et demi qui rapportent qu’il nous vient mille hommes de renfort; qu’ils avaient perdus deux hommes tués de nos bombes hier, que la maladie et la misère étaient dans leurs camps, que toute l’armée bostonnaise était composée de trois mille hommes que Mr Montgomery avait reçu hier des boeufs des habitants de Chambly qui lui jurèrent que c’étaient les derniers qu’ils lui amèneraient, premièrement par ce qu’il ne voulait pas les leur payer à leur prix, et demande, secondement parce qu’ils risquaient de perdre leurs terres en le secourant, enfin parce qu’ils savaient qu’il nous venait du secours.Mr Montgomery au rapport de ces déserteurs a fait courir le bruit dans son camp qu’on pendait au nôtre ses déserteurs et ce pour les retenir.Ces déserteurs disent encore que Mr Montgomery n'avait ordre du Congrès que de nous attaquer s’il voyait jour à réussir, sinon de revenir promptement, cette manoeuvre n'étant que pour contenter le peuple, qu’il ne saurait enfin nous attaquer d’assault.Ils disent encore qu’un Canadien ayant voulu se signaler à.leur batterie du Sud eut le malheur d’en sortir avec la qualité d’un demi homme, un raisin de notre canon ayant causé ce malheur.Depuis midi et demi jusqu’à la fin du jour, le feu de l'ennemi a été tel que nous ne l’avons encore vu.Un boulet parti du sud a passé par une fenêtre de la maison de M.Christie autrement de notre premier fort, a brisé deux cloisons, un buffet, et sortant par ricochets dans la cour a frappé dans le dos de Mr Freeman, Lieutenant du 7me Régiment, l’a étendu mort au milieu de la cour et a été mourir dans le pied d’un parapet ayant passé entre les deux jambes d’un factionnaire a qui il n’a fait d’autre mal que de lui étonner une jambe dont il a boité pendant quelques jours.Une bombe a tombé dans cette maison après avoir percé la couverture et le plancher de deux chambres, a resté sur le plancher de la poudrière sans autre dommage que de briser les planchers et cloisons de cet appartement, avec blessure légèrement à trois soldats.Pendant ce feu notre gros obusier envoyant des bombes de volée sur la batterie du Sud, un reste de boure étant encore en l’air a tombé dans un barril où il y avait encore neuf livres de poudre, au moment qu’un canonnier en approchait pour recharger de nouveau, le feu a pris au barril, lui a brûlé entièrement le visage lui a dépouillé les deux bras, brillé légèrement le visage du Sergent Guay et brûlé les jambes et mis le feu aux hardes d’un soldat qui les servait, lequel on éteignit à l’instant en le dépouillant par pièce et morceaux.La nuit froide a été tranquille.Octobre, 15.Le feu de l'ennemi a recommencé à l'heure de la Diane.I n nommé Pierre Cotté, soldat émigrant, cuisinier des Volontaires, officiers du parti de Mr de Longueuil, revenant du bord de lean, la chaudière à la main, a eu les deux cuisses emportées d un boulet de canon hors du fort, il est mort un moment après.Ln soldat hors du fort faisant la cuisine pour les officiers a reçu un coup de mousquet dans la cuisse dont il est tombé sans connaissance, on l’a apporté au premier fort, on lui a tiré la balle de dedans la vessie, le feu a modéré par intervalles et a repris vivement depuis une heure et demie jusqu’à la nuit._ Vos Canoniers estiment que l’ennemi a brûlé aujourd’hui cinq cents livres de poudre.Deux de ses boulets du camp du sud ont frappe dans la maison de notre fort, l’un a percé la couverture de travers en travers et a été mourir dans le bois.F n autre à coté et au-dessus de la porte a frappé dans la bri- — 199 que et est tombé au pied de la muraille.Un troisième a trappe un pieu du fort dont l’éclat a blessé un homme à la jambe et une femme à la tête mais légèrement.Sur les cinq heures un détachement de Bostonnais nous a fait une fusillade de dedans le bois, une de leurs balles est venue au pied de la porte de l’appenti de Mr Belêtre.La nuit a été tranquille jusqu’à minuit et demi où on nous a envoyé du camp d’en haut deux bombes et un coup de canon, et du camp du Sud trois coups de canon, auxquels on a fait aucune réponse, nous contentant de les observer.Nous avons vu toute la nuit des feux à leurs barques et à la maison de Mr Hazen, nous augurons que ce sont quelques signaux de leur part.Notre Goelette et le Rogalet sont échoués près de terre, criblés du canon de l’ennemi.La barque ayant son étambotte brisée et le grand mat fracassé.Octobre, 16.L’ennemi nous a fait feu de ses deux camps, un nomme Cazelais, menuisier travaillant à faire des guérittes près le premier fort, vient d’avoir un bras emporté d’un coup de canon, nonobstant que le feu de l’ennemi n’a point cessé de la journée, et a redoublé depuis 4 heures jusqu’à cinq.Quatre boulets ont frappé la maison de notre fort avancé et deux boulets ont donné dans le toit de notre appenti, au dessus de la porte, dont les éclats chassés par le premier ont blessé légèrement aux jambes et aux bras Messieurs La Marque, au pied, Desruisseaux au bras, Chenad au pied et Lajoie à la jambe, ces deux derniers étaient assis jouant au piquet, les autres les regardaient.Pendant ce feu Mr Belêtre et moi étions sur les chevaux de frise en dehors des parapets de notre fort avancé, occupé à lire mon journal, à la faveur des coups de fusil qui nous venaient de dessus le bois sur nos deux forts, n'y ayant aucune place où l’on fut à l’abri du canon, de la bombe ou du fusil.Mr Monin qui était alors dans la Cour du premier fort, a reçu dans son chapeau une balle qui s’est éteinte dans la forme, entre la coeffe sans le blesser aucunement.L’un des quatre boulets qui ont donné dans notre fort et dans la maison a mis la redingotte de Mr Vincennes par — 200 éguillettes, sur le lit de camp où il couchait, heureusement il n’y avait personne dans cet appartement.Un autre boulet qui a percé le mur d’un travers à l’autre a couvert de morceaux de brique un soldat dans la boulangerie qui en était pleine et n’a blessé que lui encore légèrement.La nuit a été tranquille et un peu froide.Nous avons entendu dans la journée un grand bruit de canon venant de Chambly.Octobre, 17.Ce matin le canon et la mousqueterie de Chambly son^ venus jusqu’à nos oreilles avec beaucoup de bruit.L’ennemi nous a tiré deux coups de canon il a repris par intervalle depuis huit heures.Un boulet vient de blesser deux soldats dans le premier fort, l’un a la giberne emportée et l’autre le côté endommagé.Deux autres boulets viennent de frapper dans la maison de notre fort l’un a passé à travers la chambre de Mr Williams qui nous a envoyé sur notre toit plusieurs briques et a détaché une corne d’orignal qui m’a blessé légèrement la cheville du pied et a aussi répandu beaucoup de briques sur le toit de Mr Belètre.Mr Williams ayant changé de chambre aujourd’hui vient d’y recevoir un boulet de l’ennemi sans dommage qu’à sa musique.Une bombe vient de tomber au pied de la porte de notre appenti, un soldat passant s’est venu planté entre elle et moi que Mr Lamarque tenait par la main pour m’avertir de la bombe, ce soldat fut si interdit qu’il resta debout au même endroit, la bombe ayant éclatté à ses côtés a répandu ses éclats de tous côtés et ne lui a fait d’autre mal que de lui envoyer des mottes de terre sur le corps dont une lui a seulement déchiré la joue.Un boulet vient de passer par une fenêtre dans la boulangerie et s’est éteint dans un mur de refente; le boulet qui a brisé la chambre de Mr Williams a été tombé entre les deux jambes d’un factionnaire le long des parapets sans lui faire autre mal que de lui étonner une jambe.Durant ce feu qui a duré deux heures, l’ennemi nous a envoyé que 12 bombes, mais nos deux maisons sont méconnaissables par la quantité de boulets de canon de ses deux batteries.La journée et la nuit ont été belles et tranquilles. — 201 Messrs Robertson, Rainville et Antoine Dupré sont partis cette nuit pour porter des lettres à Mr le Général.Octobre, 18.Le canonier brûlé de la poudre le 14 vient de mourir rendant le sang par le nez et un des deux blessés d’hier à côté du canon.Le soldat blessé dans les parties le 15 vient de mourir.Deux boulets venant de la batterie du sud viennent de frapper dans la maison de notre fort sans blesser personne.Un troisième vient de frapper dans le côté d’un canonier monté au grenier pour fouiller dans son sac et l’a étendu mort dans la place.On vient de poser les mouches à M.de la Corne dangereusement malade.Nous venons encore de recevoir deux boulets dans la maison sans blesser personne.Le feu a cessé et la nuit belle est venue sans qu’on nous ait tiré aucune bombe.A neuf heures l’ennemi nous a fait trois décharges de fusil dedans le bois, nous avons couru aux armes sans nous en servir, cependant il nous ont enlevé tous les choux des jardins sans qu’on s’en soit apperçu.Octobre, 19.Dès le matin jusqu’à neuf heures la canonade de l’ennemi n’a cessé, cinq de ses boulets ont frappé dans la maison de notre fort, tout le reste du jour, nous avons eu le même feu sans blessure qu’une femme blessée légèrement d’un bois chassé par le boulet.La nuit a été belle jusqu’à minuit où la pluie a repris.J’ai veillé cette nuit Mr De la Corne que j’ai quitté à l’extrémité.Octobre, 20.L’ennemi nous a envoyé un officier en ambassade accompagné d’un tambour.C’était le tambour Major de Chambly rendu à l’ennemi le 18 du présent après un jour et demi de siège.Le premier jour avec un canon et la seconde demi journée, avec deux canons.Ils ont fait présent à l’arrivée de 13,300 livres de poudre, 150 quarts de farine, etc., et leurs drapeaux, sans morts ni blessés que ce tambour qui avait une égratignure à la cuisse, d’une roche d’une courtine où il y avait un trou large comme un demi nùnot, un autre à passer la tête et un troisième à la tête de la cheminée.Le commandant de ce fort prisonnier priait Mr notre Commandant de laisser passer devant ses forts dix bateaux — 202 venant du camp d'en haut de Mr Montgomery, pour le transport de leurs bagages femmes et enfants prisonniers de Chambly ce qui lui fut accordé aux conditions que ces bateaux cotoyeraicut la côte du Sud pour ne pas voir de près le dommage fait à nos forts par leurs canons: deux heures après nous avons vu passer et repasser ces bateaux chargés des prisonniers de Chambly.Mr De la Corne vient de mourir à 4 heures et demi et a rendu par la bouche à différentes fois (depuis 4 heures du matin) l’abçès qu’il avait dans le corps.Depuis l’arrivée de l’embuscade nos forts non plus que l’ennemi n’ont fait aucun feu.Il y avait dans le fort de Chambly lorsqu’il s’est rendu 10 pierriers, 5 mortiers, 2 canons de 4, 300 bombes, 13,300 livres de poudre comme j’ai déjà dit autre part, 150 quarts de farine et leurs drapeaux, perdus, dit-on, pour la troisième fois, ce Régiment qu’on nomme le 7ème se rend méprisable par cette prise.Mr de Rigaudville de Québec qui venait, dit-on, au secours de ce fort avec 300 hommes a été tait prisonnier à Verchères.On nous a retranché nos rations aujourd’hui et réduit à une demi livre de pain et un quarteron de lard.Octobre, 21.A dix heures un ambassade est arrivée du camp d’en haut, de chez Mr Montgomery, en bateau, avec un tambour, on a été le recevoir à quelque distance de notre fort avancé, 11 a entré comme le premier les yeux bandés, il a amené trois femmes de soldats qui étaient dans nos forts.On a demandé à Mr le commandant s'il en voulait encore recevoir quelques-unes, à quoi répondu non, nos provisions de vivres étaient trop courtes pour les donner à des femmes inutiles dans nos forts.A quatre heures et demie nous avons donné la sépulture à Mr Laconic, à six pieds du coin d’en haut d’un Bastion de l’ancien fort, à quatorze pas d’un arbre faisant la première couverture d’une cassematte de Messieurs Moquin, Delorme.Hervieux, etc., et en ligne droite de la communication prenant au bord des fossés de notre fort avancé. A cinq heures nous avons reçu six coups de canon de l'ennemi, on lui en a tiré trois d’un canon de 24 à 19 bombes sans accidents chez nous: toute la nuit il a mouillé.Octobre, 22.C e matin on nous a tiré six coups de canon le 5ème a frappé au haut de la porte de la maison de notre fort, a entré dans la chambre de Mr le commandant, tandis qu’il prenait du thé avec ses messieurs, a couvert la table de mortier et une brique a déchiré la jambe du captne Strong.A quatre heures et demie le feu a recommencé, l’ennemi nuis a tiré cinq coups de canon dont deux boulets ont entré, l’un dans le grenier et l’autre dans la chambre du commandant, a couvert de poussière et a blessé légèrement quatre officiers par des briques et du mortier, notre fort lui a envoyé 15 bombes.La nuit a été belle et tranquille.Octobre, 28.Vous avons aujourd’hui dressé un acte authentique de la sépulture donnée à ceux qui sont morts et ont été enterrés à St-Jean, savoir aux catholiques seulement.Le canon a tiré chez l’ennemi comme de coutume, le premier coup a traversé le grenier de la maison, le second a tombé dans la boulangerie, a blessé le premier boulanger à l’oeil par du mortier.A onze heures un boulet a frappé la porte de la maison, a encore entré dans la chambre de Air le commandant, a brisé plusieurs pistolets.Lin autre coup dans la boulangerie a brisé trois fusils et a blessé dangereusement un sergent au front d’une brique ou roche.Depuis trois heures jusqu’à six heures il y a eu un grand feu, notre fort a envoyé 24 bombes et tiré six coups de canon ,1" 24 et notre premier fort a envoyé 3 volées de quatre mortiers, il n'y a eu aucun accident de ce feu sinon un de nos soldats qui a reçu à la main un éclat chassé par le boulet.Octobre, 24.L'ennemi nous a tiré un coup de canon à l’heure de la Diane, il v a eu silence de part et d’autre jusqu’à quatre heures.le feu a recommencé et notre fort a encore envoyé sept mbes.à 8 heures nous avons entendu six coups de canon dans le bois.Octobre.25. — 204 On nous a tiré depuis le matin jusqua midi quelques coups de canon, l’un d’eux a percé la cheminée de la maison, le boulet a tombé dans la chambre des officiers et répandu quantité de mortier sur notre toit.Mr de Belêtre pour lors en cette chambre a été blessé légèrement à la cheville du pied, du boulet qui roulait encore: on vient d’entendre dix coups de canon de la ville.Le feu a continué toute l’après-midi.Deux boulets ont frappé la maison, l’un dans la boulangerie et l’autre dans la chambre des officiers sans blesser personne.Notre premier fort a reçu quelques coups de fusil dans la nuit qui a été froide, ayant gelé à glace.L'habit du capitaine Strong a été coupé en plusieurs mroceaux d’un coup de canon.Octobre, 26.Le canon de l’ennemi nous a chauffé pendant une heure, nos deux forts lui ont répondu vivement de leurs bombes et canon.LTn boulet a traversé le toit de notre maison, le feu a cessé le reste du jour de part et d’autre.Quelques-uns de nos messieurs soutiennent avoir vu après Ir jour couché le feu de quelques bombes sur Montréal (1) jusqu’à dix heures.Toutes ces nouvelles ainsi que le bruit du canon et de la mousquet-cric que nous entendons différentes fois, partir comme de la ville nous jettent dans des perplexités continuelles, pour deux ou trois heures d’espérance et de joie qu’elles nous donnent quelques fois pensant qu'il nous vient du secours de la ville, nous sommes ensuite des 4 ou 5 jours dans des inquiétudes accablantes pensant réellement qu’on tentait de nous secourir et qu’à chaque fois nos amis et nos frères auraient été battus et repoussés, n’entendant nlus le même bruit et n’apprenant aucune nouvelle de la ville, on ne peut imaginer une position plus souffrante quelqu’étude que nous fissions chacun à part, pour nous rassurer contre de telles alarmes.La nuit a été belle mais froide, avant gelé à glace.Octobre, 27.(1) Si l’auteur entend parler de la veille ees bombes pouvaient x Eymard, était déjà eu honneur au Canada dès le milieu du XVIIIè siècle.1^ troisième dimanche de chaque mois l'on fera dans l’église de la paroisse, immédiatement après les vêpres, la procession du Très-Saint-Sacrement, à laquelle assisteront tous les associés; l’on choisira douze hommes qui, représentant toute la Confrérie, suivront le Saint-Sacrement, avant à la main un cierge allumé.l,c Jeudi-Saint de chaque année, tous les Associés assisteront à la grand messe de la paroisse et a la procession du Saint-Sacrement, qui se fait ensuite; ils feront tous ensemble leur communion paschale à la même messe, autant que cela se pourra.” Le Reglement continue a énumérer d autres pratiques nui donnent une juste idée de la ferveur qui régnait au sein • K cette édifiante Confrérie.Nous relevons les suivantes! " Chaque année, le samedi dans l’Octave du Saint-Sacrement tous les associés renouvelleront la consécration qu’ils ont faite à Notre-Seigneur dans le Saint-Sacrement, au jour de leur réception: cette cérémonie se fera devant le Saint-Sacrement exposé.” " Si l’on porte le saint viatique au malade, les deux administrateurs de la confrérie, ou s’ils ne peuvent s’y trouver, quelques autres des confrères, y assisteront, chacun un flambeau à la main, et suivront le Saint-Sacrement immédiatement après le dais, les autres associés tâcheront aussi de s’y trouver.L’on avertira par quelques coups de la petite cloche que c’est un confrère tà qui on le porte.Si le malade tombe 242 dans l'agonie, l’on sonnera quelques coups de la grosse cloche, pour avertir les associés, (pii se rendront dans la chapelle de la bonne mort, pour y faire les prières des agonisants, ou quelques autres à leur dévotion pour le moribond; ceux qui ne pourront pas venir à l’église, feront chez eux les mêmes prières, ou diront du moins cinq Pater et Ave.Quand il mourra quelqu’un des associés, tous les autres assisteront à son enterrement, ils feront pour lui une communion, et offriront à Dieu pour le repos de son âme, toutes les prières et bonnes oeuvres qu’ils feront pendant huit jours; quatre députés de l’Association porteront les coins du drap, chacun un cierge à la main.L’on fera un petit service, et l'on dira trois messes basses, pour chaque associé décédé, autant que la Confrérie sera en état de le faire.” Enfin les pages treize à quarante renferment le formulaire des prières récitées en commun lors des réunions mensuelles, litanies, amendes honorables, consécrations au Sacré-Coeur, actes d’acceptation de la mort, etc.Si l’on s’étonne d’v trouver les litanies de saint Amable, on en aura l’explication dans le fait que la Confrérie tenait ses réunions dans une chapelle de l’église paroissiale, chapelle dédiée à saint Amable.Il ressort de la lecture de ce petit volume, devenu précieux et par sa rareté et par les détails historiques dont il abonde, que la dévotion au divin sacrement de nos autels était en grand honneur chez nos pères, et cela malgré la vague de jansénisme qui déferlait a cette époque sur tous les pavs catholiques.On peut donc affirmer que la présence réelle de Jésus dans 1 hostie provoquait un véritable courant des imes vers 1 autel où elles venaient rendre des hommages assidus au Dieu caché et s unir à Lui par la sainte communion.Un tel exemple ne doit pas nous laisser indifférents.Il doit prendre a nos veux la valeur d’une entraînante prédication.Avons donc a coeur, sur ce terrain de la vie surnaturelle plus que sur tout autre, de réaliser pleinement le vieil adage: Bon sang ne saurait mentir! Lko Boismenu, S.S.S.( Rczme Eucharistique) — 243 — LA FAMILLE LAJUS Nay est une petite ville de l'ancien évêché de Lesca, en Béarn.Elle fait aujourd'hui partie du département des Basses-Pyrénées.C’est à Nay, en 1672, que naquit Jourdain Lajus, du mariage de Jean Lajus et de Anne Vigneau.Lajus étudia la médecine et vint s'établir à Québec vers la fin du dix-septième siècle.Il devait avoir certaines capacités puisque le 2 mars 1/09, Georges Maréchal, conseiller, premier chirurgien du Roi, chef de la chirurgie et barberie du royaume, etc., etc., lui accordait des lettres de lieutenant des chirurgiens de la ville de Québec.Lajus exerça son art plus de quarante ans à Québec.A partir de 1717, il était plutôt désigné sous le titre de major des chirurgiens de Québec.Preuve qu’il était monté en grade.Jourdain Lajus décéda à Québec le 12 mars 1742, et fut inhumé dans l’église des Pères Récollets dont il était, depuis plusieurs années, le médecin et le syndic.Jourdain avait 70 ans à sa mort.Il avait épousé, à Québec, le 21 novembre 1697, Marie-Louise Roger, fille de Guillaume Roger, premier huissier du Conseil Souverain, et de Ursule Levasseur.Elle décéda à Québec le 11 janvier 1716.Jourdain Lajus se remaria, à Québec, E ^ septembre 1717.à Louise-Elisabeth Moreau, fille de Pierre Moreau et de Marie-Madeleine Lemire.De ses deux mariages, il avait eu vingt-quatre enfants : 1° Jean-François Lajus né à Québec le B août 1698.On le désigne généralement sous les prénoms de Jean-Baptiste mais il reçut au baptême ceux de Jean-François.Il entra dans l’Ordre des Récollets et fut ordonné prêtre le 24 août 1727.Il fut missionnaire à Sainte-Croix et à Lotbinière de octobre 1729 à septembre 1730.Tl fut ensuite aumônier du fort Saint-Frédéric de 1732 à 1733.En 1754, il était aumônier du fort Saint-Louis, à Niagara. — 244 — En 1761, il était supérieur des Récollets à Québec.Le Père Lajus décéda le 24 juillet 1767.2° Marie-Anne Lajus née à Québec le 23 octobre 1699, et décédée au même endroit le 2 juin 1716.3° Louise-Geneviève Lajus née à Québec le 9 mars 1701, et décédée au même endroit le 12 mars 1701.4° Joseph-Marie Lajus né à Québec le 20 mars 1702, et décédé au même endroit le 26 mai 1716.5° Louis Lajus né et décédé à Québec le 7 mai 1704.6° Anonyme Lajus né et décédé à Québec le 11 juin 1705.7° Louis Lajus né à Québec le 13 juin 1706.8° Angélique-Louise Lajus née à Québec le 17 octobre 1707, et décédée au même endroit le 24 avril 1716.9° Pierre Lajus né à Québec le 28 octobre 1708, et décédé au même endroit le 16 novembre 1709.10' Marguerite-Ursule Lajus née à Québec le 28 avril 1710, mariée, au même endroit, le 10 mars 1722, à Antoine N'aillant, et, en secondes noces, encore à Québec, le 9 mai 1740, à Noël Noël.Décédée à Québec le 31 décembre 1758.11° Pierre Lajus né à Québec le 24 février 1712, et décédé au même endroit le 5 mars 1712.12° Marie-Louise Lajus née à Québec le 17 mars 1713, et décédée au même endroit le 13 août 1714.13° Marie-Madeleine-Ursule Lajus née à Québec le 13 novembre 1714.14 Anonyme né et décédé à Québec le 14 novembre 1714.15° Louis-Pierre Lajus né à Québec le 17 mai 1718.16° Elisabeth-Simone Lajus née à Québec le 22 avril 1719, mariée, au même endroit, le 16 octobre 1750, à Pierre-Victor Almain, employé dans les bureaux de la Marine, puis, à la Pointe-Lévy, le 26 octobre 1769, à Louis Couillard des Islets, seigneur de la Rivière-du-Sud.Elle décéda à Québec le 29 février 1796.17 François-Michel Lajus né à Québec le 20 juillet 1720.Capitaine de navire.NI.Lajus épousa, à Québec, le 7 janvier 1758, Louise-Michelle Poulin, fille de Pierre — 245 — Poulin et de Louis Le Boulanger, puis à Beauport, le 28 novembre 1761, à Marguerite-Véronique Parent, fille de François Parent et de Marie-Catherine Binet.Nous lui connaissons cinq enfants : François-Michel Lajus né à Québec le 15 mars 1762 et décédé au même endroit le 11 mai 1762 ; Elisabeth Lajus née à Québec le 20 février 1763 et décédée au même endroit le 10 mars 1763 ; Jean-Antoine Lajus né cà Québec le 20 mars 1764 ; Marguerite-Louise Lajus née à Québec le 31 août 1765 ; Michel-Nicolas Lajus né à Québec le 7 novembre 1766.18° Louis-François Lajus, le continuateur de la lignée.19° Ignace-François Lajus né à Québec le 8 août 1724.' 20° Jean Lajus né à Québec le 2 mai 1726 et décédé au même endroit le 6 février 1727.21° Pierre Lajus né à Québec le 6 janvier 1728 et décédé au même endroit le 25 janvier 1728.22° Claude-Louis Lajus né >à Québec le 30 juin 1729 et décédé au même endroit le 3 juin 1730.23° Michel-Antoine Lajus né à Québec le 13 avril 1731.24° Louis Lajus né à Québec le 29 novembre 1734.Louis-François Lajus, qui continua la lignée des Lajus, était né à Québec le 28 août 1721.Il étudia la chirurgie sous son père.11 fut employé comme chirurgien dans les troupes.Le 11 janvier 1745, l’intendant Hocquart lui donnait une commission de chirurgien major pour aller à la suite du détachement commandé par INI.Varin en Acadie.Il retourna plus tard en Acadie : il apporta à Québec la nouvelle de la prise de Louisbourg par les Anglais, en 1758.Pendant le siège de Québec, en 1759, La-jus rendit de grands services.C’est lui (pii, en 1759 et en 1760, prit soin des nombreux blessés transportés à l’Hôpital général.Le docteur Lajus fut un des membres du premier bureau d’examinateurs en médecine à Québec, en 1789.Il décéda à Québec le 7 octobre 1799, à l’âge de 78 ans. — 246 — Comme son père, Louis-François Lajus s'était marié deux fois.Il épousa en premières noces, à Québec, le 14 novembre 1747, Marguerite Audet de Piercot de Bail-leul, fille de Louis Audet de Piercot, sieur de Bailleul et de Marie-Anne Trotier.File décéda à Québec e 19 octobre 1775.F.n secondes noces, il épousa, à Québec, le 11 août 1776, Angélique-Jeanne Hubert, fille de feu Jean-François Hubert et de Marie-Louise Marauda.File était la soeur de l’abbé Hubert.qui devint évêque de Québec.De ses deux mariages, le docteur Lajus eut treize enfants : 1 François Lajus né à Québec le 1er septembre 1749 et décédé au même endroit le 25 juillet 1750.2 Marguerite Lajus née à Québec le 1er septembre 1749 et décédée au même endroit le 3 novembre 1749.3° Anonyme Lajus né et décédé à Québec le 20 septembre 1751.4° Marguerite Lajus née à Québec le 11 janvier 1754 et décédée à la Pointe-de-Lévis le 18 août 1754.5° Pierre-Jean-Baptiste Lajus né à Québec le 24 mars 1755 et décédé au même endroit le 29 mars 1755.6 François Lajus né à Québec le 15 décembre 1757 et décédé au même endroit le 1er juin 1758.7 Anonyme Lajus né et décédé à Québec le 5 février 1759.8 François-Marie-Olivier-Hubert Lajus né à Québec le 17 juillet 1777 et décédé au même endroit le 7 mai 1795.9 Jeanne-Françoise-Louise-Luce Lajus née à Québec le 13 décembre 1778 et mariée au même endroit, le 26 juillet 1796.à Pierre-Stanislas Bédard.avocat, plus tard iuge.Madame Bédard décéda à Québec le 25 février 1831.10° Angélique-Geneviève-Dosithée Lajus née à Québec le 24 février 1780, et décédée à Sainte-Foy le 14 mars 1780.11° Jean-Baptiste-Isidore-Hospice Lajus né à Québec le 21 mai 1781.Ordonné prêtre le 27 mai 1804, il fut vicaire à Boucherville, puis à Saint-Eustache ; il fut ensuite curé de Rimouski, en 1806 ; curé de Rouville.en — 247 1807 ; de Blainville, en 1800 ; curé de Sainte-Marie de Monnoir, en 1814.L’abbé Lajus se retira du ministère en 1820 et décéda aux Trois-Rivières le 5 janvier 1836.12° Louis-Antoine-Thibault Lajus né à Québec le 1er juillet 1783.13° René-Flavien Lajus né à Québec le 24 juin 1785.11 fut ordonné prêtre le 24 septembre 1808.Il fut vicaire a Saint-Eustache, en 1809 ; à Saint-Laurent de Montréal, en 1810 ; à Saint-Pierre du Portage, en 1811 ; à Saint-Hyacinthe, en 1812 ; au Cap-Santé, en 1826.L’abbé Lajus décéda à Saint-Pierre de l'île d'Orléans le 13 février 1839.P.-G.R.ALEXANDRE DUMAS Originaire de Negrapelisse, petite ville de Languedoc, qui forme maintenant partie de Tarnet-Garonne, où il était né vers 1728, Alexandre Dumas vint s’établir à Québec comme négociant un peu avant 1755.Il s’était d’abord occupé de commerce à La Rochelle où il n’avait pas réussi.De religion huguenote, Dumas avait cependant des moeurs peu sévères, et, quelques années jprès son établissement à Québec, il jetait le trouble et le déshonneur sur une famille respectable de la capitale.La chute de Québec fut pour lui très avantageuse.Sa religion le mit en bons termes avec les conquérants.En 1764, il fut du nombre des intelligents jurés qui déclarèrent la religion catholique une “nuisance”.Il devint un des associés des Forges Saint-Maurice puis le seul propriétaire de ces forges.Tl dût cependant abandonner cette entreprise.En 1775, capitaine fie milice, il fut un des défenseurs de Québec.En 1783, il obtint une commission de notaire, puis, en 1784, il devint avocat malgré l'opposition de tous les avocats de Québec qui ne voulaient pas d'un banqueroutier comme confrère.Dumas siégea à la Chambre (l’Assemblée de 1797 à 1800.Il décéda à Québec le 11 juillet 1802.Dumas avait publié en brochure en 1792, un discours prononcé par lui devant le Club Constitutionnel de Québec le 30 mai 1792. — 248 - L’INDUSTRIE PIPI ERE AU CANADA Un lecteur a demandé dans le B.R.H.de 1933, p.553, si l’expression “ pipe de plâtre ” était française et si l’on avait fabriqué de ces pipes en notre pays.Comme la question nous a intéressé et que personne n'a répondu, nous soumettons le peu que nous savons sur le sujet- _ ., “ Pipe en plâtre ” et surtout “ pipe de plâtre ’’ s’emploie encore en France et nous l’avons récemment relevé dans un grand périodique parisien.Toutefois, en l’ancienne mère-patrie on dit pjutôt “ pipe de terre ”.La pipe de plâtre, très en vogue il y a quarante ans et plus, n'avait pour grande rivale que la pipe en écume de mer.On ne parlait guère alors de pipes de bruyère, de merisier ou de cèdre.De nos jours, la pipe française très bien façonnée, parfois coloriée, ne se voit presque plus, car son prix est élevé.Tl ne nous reste que la pipe commune d’Ecosse qui se détaille à 3 sous, ce qui est trois fois plus cher qu’autrefois.Nous n’avons jamais vu de pipe de plâtre canadienne, toutefois Joseph Hatfield, dans An Englishman in America.prétend qu’en 1785.il v avait au-dessous de S.-Anne de la Pérade, une localité qui fournissait une argile “of which Canadians make pipes Etaient-ce des pipes à fumer ou des tubes quelconques?Plus tard, au XI Ne siècle, il est certain qu’il v eut des pipiers à Montréal, au Pied-du-Courant.En 1848, William Henderson, rue Colborne (aujourd’hui de Lorimier ).fabriquait des pipes avec une argile qu’il trouvait tout près.Cet établissement fut acquis ensuite par Henderson & Son, puis par Robert Bannerman.Celui-ci, qui était en même temps épicier, donna beaucoup d’extension à son industrie et on assure qu’il fit florès.* * * Ne croyez pas que la pipe de plâtre fut l’apanage des pauvres.Si vous examinez les gravures relativement anciennes représentant des fumeurs anglo-saxons de la haute, vous les verrez fumant de longues pipes de terre.A Montréal. — 249 — nuns avons connu un vieil anglais distingue, grand joueur
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