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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1936-02, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XLII LEVIS, FEVRIER 1936 No 2 LA FAMILLE BAZIRE La famille Bazire était de la paroisse de Saint-Vin cent, ville et évêché de Rouen.Mgr Tanguay laisse entendre dans son Dictionnaire généalogique que Jean Bazire marié à Jeanne Leborgne fut le premier Bazire à s’établir dans la Nouvelle-France.On ne trouve aucune trace de Jean Bazire ni de Jeanne Leborgne ici.Mgr Tanguay a été trompé, croyons-nous, par un procès intenté, en 1678, par Jean Bazire, devant la Prévôté de Québec, mais Bazire était représenté en cette occasion par un procureur.Charles Bazire et Marie Bazire, fils et fille de Jean Bazire et de Jeanne Leborgne, vinrent seuls dans la Nouvelle-France vers 1660.Marie Bazire devint la femme, à Québec, le 22 novembre 1672, de Philippe Gaultier de Comporté, grand prévôt de la Maréchaussée, qui décéda le 22 novembre 1687.Sa femme le suivit dans la tombe à un mois d’intervalle, le 19 décembre 1687.Ils laissèrent plusieurs enfants.Charles Bazire, passé ici en qualité de receveur général des Droits et Domaines du Roi, avait des dispositions plus qu’ordinaires pour le commerce et les entreprises.Le recensement de 1667 nous donne la liste de ceux qui logeaient sous son toit, à Québec.Outre M.Bazire et sa femme on y comptait quatorze personnes : Michel Lestoupin, charpentier de navire ; Michel Dumaine, aide charpentier ; Noël Forestier, matelot et perceur de navi- re ; Antoine Fouel, maître tonnelier ; Jean Medon Delorme, cuisinier ; Nicolas Gausse, maître de barque ; Jacques Cachelièvre ; le nommé Lajeunesse, matelot • Pierre lurpot; Olivier Gidet, matelot ; Georges Berthe; Guillaume Malortie, matelot ; le nommé Maraudais, matelot.ious ces gens étaient employés par M.Bazire dans ses différentes entreprises.Ami de Charles Aubert de la Chesnaye, le plus riche négociant de la Nouvelle-France, M.Bazire s’associa avec lui et ils contrôlèrent bientôt le commerce du pays.Le 29 juillet 1672, 1 intendant Talon concédait à Charles Bazire, Pierre Denys de la Ronde et Charles Aubert de la Chesnaye une seigneurie d’une lieue de front sur autant de profondeur à prendre sur la terre ferme, en lace de 1 île Percée.Les associés, sûrement, n avaient pas 1 intention de coloniser ce domaine Ils voulaient y établir l’industrie de la pèche.Leurs comptoirs furent placés, l’un à la Petite-Rivière, à l’entrée du Barachois, aujourd’hui Saint-Pierre de la Malbaie à deux lieues de Percé, vers la baie de Gaspé, et l’autre à Perce meme.C est Pierre Denys qui s’occupa pour les associes de gérer cette vaste entreprise.M.Bazire fut également l’associé de M.Aubert de la Chesnaye dans l’exploitation du bois des seigneuries de la Rivière-du-Loup (en bas) et de Madawaska.C’est meme M.Bazire qui dirigeait personnellement cette importante entreprise.Le 25 septembre 1676, M.Bazire rendait foi et hommage tant comme associé que comme procureur de M.Aubert de la Chesnaye pour la seigneurie de la Rivière-du-Loup.Le 21 avril 1677, Mgr de Laval concédait à MM Aubert de la Chesnaye et Charles Bazire l’étendue dé terre qui se trouvait entre le Sault Montmorency et la terre de Jean Clément dit Lapointe sur une lieue'et demie de profondeur, en tous droits de fief, moyenne et basse justice.Ce fief, d’après l’acte de concession, deVait Porter ^ nom de Charlesville.C’est un hommage que Mgi de Laval rendait par là à ses amis qui portaient — 67 — tous les deux le prénom de Charles.Par son testament fait le 14 décembre 1677, M.Bazire donna ce fief à son beau-frère Charles Macart, mais il revint à Mgr de Laval qui le concéda de nouveau, le 9 mars 1694, mais cette fois à M.Aubert de la Chesnaye seul.Le 28 août 1677, M.Bazire se rendait acquéreur du fief Saint-Jean, près Québec, qui appartenait à Jean-François Bourdon de Dombourg.Mais il n’agissait en cette occasion que comme prête-nom ou représentant de son ami, M.Aubert de la Chesnaye.M.Bazire avait outre sa charge de receveur général du Roi celle de commis de Messieurs de la Compagnie des Indes Occidentales.On peut dire que MM.Aubert de la Chesnaye et Bazire avaient la haute main sur le commerce et l’industrie de la colonie.M.Bazire décéda à Québec le 15 décembre 1677, au moment où ses entreprises étaient en pleine prospérité.M.Bazire avait épousé, à Québec, le 11 janvier 1666, Geneviève Macard, fille de feu Nicolas Macard et de Marguerite Couillard.Charles Bazire était à sa mort probablement le plus riche habitant de la Nouvelle-France.Charles Aubert de la Chesnaye avait beaucoup plus de propriétés que son ami Bazire mais il avait tant de fers au feu que ses obligations dépassaient déjà son avoir.La chose fut d'ailleurs amplement prouvée quelques années plus tard.La veille même de sa mort, M.Bazire avait fait son testament devant le notaire Romain Becquet et donné de grosses sommes à plusieurs communautés de Québec.Citons quelques uns de ces dons : 8000 livres à l’Oeuvre et fabrique de l’église paroissiale de Québec.Là-dessus on devait prendre la somme nécessaire pour payer ses service et inhumation ; le reste devait être employé pour “ faire prier Dieu pour le repos de son âme et le faire participer aux prières et bonnes oeuvres qui se faisaient dans la dite église.” — 68 3000 livres aux religieux de la Compagnie de Jésus du collège de Québec pour “ participer aux prières qui se font au dit collège.” 1000 livres à la chapelle de la congrégation de Notre-Dame érigée au collège des Jésuites “ pour participer aux prières et bonnes oeuvres qui s’y font.” ( 2000 livres aux Dames Religieuses et pauvres de PHôtel-Dieu de Québec, “ aussi pour participer aux prières et bonnes oeuvres qui se font au dit Hôtel-Dieu.” 2000 livres aux Dames Religieuses Ursulines de Québec “ pour être participant aux prières et bonnes oeuvres qui se font en leur monastère.” 8000 livres à Jean Bazire, bourgeois, de la ville de Rouen, son père, “ priant très humblement son dit père d’avoir le présent don pour agréable”.20,000 livres à Charles Macard, son beau-frère, pour le récompenser des bons et agréables services qu’il lui a rendus depuis plusieurs années.” Il lui léguait, en outre, son important arrière-fief de Charlesville.3000 livres aux RR.PP.Récollets “ pour être participant à leurs prières et bonnes oeuvres.” Les Récollets devaient toutefois employer ces 3000 livres à la bâtisse de l’église de leur monastère de Notre-Dame des An-es.1000 livres au R.P.Claude Chastelain, S.J., “ pour etre employées ainsi qu’il le jugera à propos.” ' 1000 livres à Pierre Bécard de Grandville.1000 livres à Nicolas Bazire, son cousin.Une fois tous ces dons payés, l’exécuteur testamentaire de M.Bazire, Jean Juchereau de la Ferté, devait remettre le résidu de ses biens à sa soeur Anne Bazire, femme de Philippe Gaultier de Comporté, qu’il instituait sa légataire universelle.Le testament de M.Bazire ne dit pas un mot de sa femme, Geneviève Macard.Ils vivaient en excellents termes et si elle n’est pas mentionnée au testament de son riche époux Lest qu’ils étaient mariés en communauté et qu’ainsi la moitié de ses biens devaient lui revenir.P.-G.R. — 69 — Testament de Charles Bazire Par devant Romain Recquet Notaire Royal fut pn'^ en sa personne Noble homme Mr Charles Razire Receveur Gnal des droicts et domaine du Roy en ce pais demeurant en cette ville de Quebecq, Gisant au lict malade, sain touttes fois d’esprit mémoire et entendement, ayant bon et ferme propos ain-sy qu’il est aparu auxd.notaires et tesmoins par l’inspection de sa personne, parolles gestes & maintient & autres siennes actions extérieures, accompagnées de Raisons & bon jugement, Lequel considérant en luy que toutte la nature humaine est sujette à la mort, qu’en ce monde il n y a rien de plus incertain que l’heure dicelle, ne voulant en estre prévenu avant que d’avoir pourveu au salut de son ame, et disposé de ses affaires temporelles, a ces Causes Le dit sieur Razire a faict dicté et nommé de mot a mot aud.nore & tesm3 soubsignés son testament et ordonnance de derniere volonté.Au nom du pere, du fils, et du saint Esprit, comme II ensuit, Premièrement led.sieur testateur a déclaré qu’il veut vuivre et mourir en la relligion catholicque, apostolique &.Romaine, puis apres s’estre muny du signe de la Croix, a Recommandé & Recommande son âme a dieu le Createui, Le supliant très humblement par les Mérités Infinis de la passion de nostre Sauveur & Rédempteur Jesus Christ son fils unique, de luy pardonner ses offenses et peschez Iceux ensevelir dans son précieux sang, Le secourir et aider en sa présente indisposition et maladie, Luy donner Confort, & patience de la suporter, Et quand son plaisir sera de 1 apeller de ce monde mortel, le vouloir colloquer avec les bienheui eux dans son Royaume de paradis, Invoquant a ces fins les pi ivres & intercessions de la glorieuse et Sacrée vierge marie sa digne Mere, de Monsieur St Michel ange, archange, de Monsieur St-Charles Borommée, son patron, et de tous les saints & saintes de paradis ; Aussy led.sieur testateur prie tous ceux qu’il a offensés de luy pardonner comme II pardonne de bon coeur a tous ceux qui l’ont offencé Veut, et entend led.sieur lestateur ses deb-tes estre payées, et que les torts qui se trouveront vstie pai — 70 — luy faicts, qu’ils soient entièrement Reparez et amendez par son exécuteur du present testament.Item laict son testament de cinq sols pour estre distribuez en la maniéré accoustumée.Item veut son corps mort, estre Inhumé et enterré dans I Eglise de nostre dame de cette ville de Quebecq pour Le Regard des services, prières, pompes et Ceremonies funèbres Led.sieur testateur s’en raportant pour cet effet a l’exécuteur de son present testament Par lequel exécuteur sera pris la somme de huit mil livres sur les biens dud.sieur testateur pour estre une partie dicelle employée a Lenterrement, prières.services, luminaire & autres pompes funèbres dud.sieur testateur, ainsy et en la maniéré que led exécuteur le jugera a propos comme dit est, Et le surplus de lad.somme de huit mil livres remise par led.exécuteur ez mains des marguil-liers de l’oeuvre et fabricque de l’Eglise parroissialle de nostre dame de Quebecq, a laquelle fabricque Led.sieur Testateur en faict don par les pntes tant pour estre prié dieu pour e repos de son ame, que participer aux prières qui se font en lad.esglise; Item donne & légué aux Reverend peres Relligieux de la compagnie de Jesus du College de cetted.ville, La somme de 1 rois nul livres pour participer aux prières & bonnes oeuvres qui se font aud.College.Item, donne a la chapelle de la Congregation de nostre dame engee aud.collège, La somme de mil livres, pour participer aux prières & bonnes oeuvres qui sy font; Item, aux Dames Relligieuses et pauvres de L’hotel Dieu de la miséricorde de Jésus de cette ditte ville, moitié par moitié La somme de deux mil livres, aussy pour participer aux pnerres & bonnes oeuvres qui se font aud.hotel dieu Item donne & légué aux dames Relligieuses Ursulines du monastère de cetted.ville pareille somme de deux mil livres pour estre participant aux prier res et bonnes oeuvres Qui se font aud.monastère.Item donne & légué au sieur Jean Bazire Bourgeois de la ville de Rouen son pere La somme de huict mil livres Led sieur Testateur priant très humblement led.sieur Bazire son pere d avoir le present don pour agréable & d’accepter icelluy — 71 — Item donne et Légué au sieur Charles macart son beau frere pour Le Récompenser des bons et agréables service Qui luy a Rendus depuis plusieurs années, La somme de vingt mil Livres, outre et avec la d.somme de vingt mil livres lcd.sieur testateur donne & légué aud.sieur macart Le fief & terre de charleville avec les Cens Rentes droicts 6c Revenus y compris La mettairie en dependant de laquelle est a present fermier Jacques Marette avec les Circonstances & des-pendances du Tout sans aucune chose en Reserver ny retenir, Led.fief scitué dans la seigneurie de beaupré.Item donne & légué aux Reverends peres Recollects de nostre dame des anges En Quebecq la somme de 1 rois Mil livres pour estre aussy participant aux prières & bonnes oeuvres qui se font au couvent desd.peres Recollects, laquelle somme de trois mil livres sera par lesd.Rds.pere Recollects employées a la bâtisse de leur esglise.Item donne et légué au Rd.Pere Claude ( hastelain Religieux dud.college de Quebecq la somme de mil livres pour estre par luy employée ainsy qu’il le jugera a propos.Item donne et légué a pierre de Boquart escuyer S.de grandville La somme de mil livres.Item donne & legate au sieur Nicolas Bazire son cousin pareille somme de mil livres.Et pour le surplus de tous & chacuns ses au’* biens tant meubles que immeubles led.sieur testateur establit & cons-titut pour son héritière et leguataire Universelle, damoisclle aune Bazire, femme de Messire Bhle.Gaultier escuyer sieur de Comporté Con1 r du Roy prevost des mareschaux en la Nouvelle france, sa soeur, Laquelle led.sieur testateui veut estre saisie par led.sieur exécuteur du present son testament, le plustost que faire se pourra led.present testament preala-blem* exécuté.Et pour executter et accomplir led.pnt testament lcd.sieur testateur a nomme & esleu No' homme Jean Juche; eau sieur de la ferté con1'1 & eschevin de cette ville, auquel 11 donne pouvoir de le faire, Iceluy augmenter & non diminuer, ez mains duquel 11 s’est demis & clesaisy de tous sesd.biens meub.et immeub.Revocquant tous autres testamens 6: codi- — 72 — elles qu’il peut avoir faict & passés auparavant Celuy auquel seul 11 s arreste comme estant son Intention & derniere volonté.C e fut faict dicté & nommé par led.Sr.testateur aud.n°re & tesmgs.en fin només et a luy leu & Releu led.pnt.testament mot à mot et mot apres autre quil a dit avoir bien entendu & entendre, et estre son Intention, voulant qu’il soit execute selon sa forme et teneur, en la basse ville dud.Que-becq en une chambre haute ayant veue sur la cour de la maison ou est detenu malade led.Sr testateur, Lan MYIC soixante & dix sept avant midy le quatorze jour de décembre, ez pneede messire françois provost eser major du chasteau & de M.Jean de mesny Chirurgien demeurant aud.Quebecq a pel lés pour tesms.qui ont signé avec lesd.Srs Bazire et notaire suivant Lordonnance.Provost Bazire Demesny Becquet, N.R.CONNAITRE L’HISTOIRE DE SON PAYS C ’est un devoir de connaître l’histoire de son pays.Il taut rendre ce juste hommage aux aïeux qui l’ont arrosé de leurs sueurs et de leur sang; il faut prendre possession de leur antique gloire, héritage commun du riche et du pauvre; il faut enfin s’instruire pour l’avenir, et apprendre par quelles vertus une nation subsiste et grandit.Que l’indifférent foule d un pied ingrat la tombe d’un grand homme, le seuil d’une cathédrale, et qu’il aille sans regrets chercher loin du pays nata 1.une vie plus aisée.L’homme de coeur sait qu’autour de lui est le fruit du travail et du courage.Sa vie est laborieuse; mais plus dure a été la vie de ses ancêtres.Humble ouvrier, il apporte sa pierre à leurs oeuvres séculaires, et, dans ses loisirs, c’est aux récits du passé qu’il retrempe sa vertu.La maison de ses pères, son église, son village, la patrie tout entière s’embellit alors pour lui de souvenirs, de nobles pensées, et a comme une âme qui parle à la sienne.Emile Keller — 73 — LE MARIAGE DE BENIGNE BASSET Plusieurs, au sujet de Bénigne Basset, ont fourni des dates et des assertions qui sont controuvées, parce que les recherches de jadis se faisaient en de difficiles conditions.Avant 1911, les anciens actes notariés de Montréal n’étaient pas strictement classifiés et tous n’étaient pas répertoriés; les documents judiciaires n’avaient pas été analysés; enfin les registres de l’état civil n’étaient pas tous indexés.Il y a cinquante ans, l’érudit qui me paraît s’être le plus occupé de Bénigne Basset fut le notaire William McLennan.Mais, pour les raisons ci-dessus données, dans la notice intéressante qu’il publia dans le Canada français (vol.III, liv.de juillet 1890), M.McLennan n’a pu éviter diverses erreurs.Ainsi, il assure que le premier tabellion de Ville-Marie fut Nicolas Gastineau.D’autres avaient dit que c’était Lambert Closse (depuis il a été prouvé que ce titre revient à Jean de Saint-Père) (1); il prétend que Basset était à Montréal en 1654 (il arriva certainement en 1657, avec les Sulpiciens dont il était le protégé); il déclare que de son mariage Basset n’eut que sept enfants, cependant nous avons relevé huit actes de naissances; ensuite, il y a autre chose.Qui voudra démêler pourquoi l’existence du pauvre Basset présente une succession de rayons suivis d’ombres persistantes?Il ne sera pas question d’ombres dans notre article, nous ne voulons ici que signaler un fait jusqu’alors sans exemple et qui semble avoir pris les proportions d’une fête publique.Bénigne Basset, fils d’un joueur de luth, pour les pages du roi, eut le malheur de perdre son père alors qu’il était adolescent.Sa mère, sans ressource ou malade, le confia aux Sulpiciens qui venaient s’établir à Montréal, en 1657.Agé de 18 ans, Basset avait dû aller à l’école, mais il ne connaissait guère l’épellation des mots.Ainsi, il écrivait : Quapots pour capots; ckessc pour chaise, etc.Sous la direction de ses protecteurs, il poursuivit ses études, améliora son ortographe et sa “calligraphie”.Celle-ci prit bientôt un caractère particulier et devint agréable à l’oeil, plus que celle de la plupart de ses contemporains.(1) B.K.IL, 1915, p.112. 74 — L assassinat par les sauvages de l’infortuné Jean de Saint-Père, (1657) procura au petit scribe une situation inespérée: on le nomma commis au bailliage, puis, dans sa 21ième année d’âge, il était promu greffier de justice et notaire seigneurial.La même année (1659), une demoiselle, arrivant de Paris, acceptait d’épouser le jeune tabellion.Pour ce, un grand seigneur dote la future, puis le clergé, la noblesse, les fonctionnaires militaires et civils, les bourgeois, les colons notoires, enfin la meilleure société de Montréal, au X\ lie siècle, assistent au contrat de mariage.11 importe donc d’en tenir compte et de le transmettre à la postérité intégralement, encore que l’ortographe en soit bizarre et que les plus beaux noms y soient parfois estropiés.Rappelons en outre que ces conventions matrimoniales sont rédigées par le négociant Bourduceau, nommé notaire pour 1 occasion, vu que le tabellion Basset, seul de son espèce a Ville-Marie, se trouvait obligatoirement “hors fonctions” lorsqu il s agissait d’arrêter les termes d’un contrat dont il était l’une des parties.A remarquer enfin, (pie nous avons souligné le passage concernant la dot.Celle-ci consiste en meubles et vêtements d’une valeur de 300 livres, somme très rondelette et bien au-dessus de celle que la plupart des filles à marier, venues de France, pouvaient déposer dans une corbeille de noce.\ ille-Marie — 14 novembre 1659 “I’ardevant Medericq Bourduceau habitant en ce lieu substitué par Monsieur le gouverneur de Montréal pour l’ef-fect qui ensuict, C’est a scavoir que Mariage a esté araisté lequel Dieu aydant sera sollempnisé en fasse de Nostre Mere Saincte Esglize dans le plus bref temps que faire se pourra advisé et dellibéré Entre Me.Bénigne Basset, commis au greffe & tabellionnage dud* lieu, fils de deffunt honorable homme Jean Basset Vivant Me Joueur de lut des pages de la chambre du Roy et de Catherine Coudreau ses père et mère, demeurans en la Ville de Paris, rue Neufve St.Honoré, Et Jeanne Vauvilliers, fille de Honorable homme Jean Vauvil-liers, et de Claude Charles, demeurans audit Paris faubourg Sainct Victor, assisté, scavoir de la part dudit futur Espoux, de Messire Gabriel Souart, prêtre faisant fonction de Curé — 75 — en ce lieu de Montréal, Messire Louis Dailboust (sic), es-cuier, Seigneur de Coullonges, cy-devant lieutenant général & gouverneur pour le Roy en la Nouvelle-France, Messire Paul de Chomedy, chevallier Seigneur de Maisonneufve, gouverneur de lad.Isle, noble homme Lambert Closse, escuyer, Sergent major en la garnison de ced.lieu, damoiselle Elizabeth Moyen son espouze, noble homme Charles Dailleboust, escuyer, Sieur Des Musseaux, Damoiselle Catherine Le Gar-deur son Espouse, Zaccarie Dupuis, escuyer.Sieur dud lieu, ayde Major en ladite garnison, Me Estienne Bouchard, chirurgien, damoiselle Genevièfe Butin, espouze dudit Bourdu-ceau, Pierre Picotté, escuyer.Sieur de Bellehaistre, damoi-sclle Perrine Picotté de Bellehaistre, sa soeur, Me Jean Ger-vise (sic) receveur des dons et amandes de la paroisse dudit lieu, honorable Claude Robutel, Sieur de St.André, Louis Chartier, chirurgien et Jean François Pouterel, Sieur des Coulombiers, tous amys dud futur espoux; Et de la part de ladicte future espouze, Dame Barbe de Boullongne femme du diet Seigneur Dailleboust, Damoiselle Jeanne Mansse, admi-nistratrisse de lhostel Dieu dudit Montréal, Jacques LeBert & Charle le Moyne, marchands, tous amis de ladite future espouze, Lesquelles partyes de ladvis et consentem’t de leurs d.amis, ont faict et accordé les promesses et accords de mariage qui ensuivent: de la part dudit futur espoux, a promis prendre sa femme et légitime espouze ladite Jeanne Vauvil-liers, comme aussy a, ladite future espouze avoir promis prendre ledit Basset, à son mary & légitime espoux, suivant les Sérémonies accoutumées, Aux biens & droits à chacun deulx appartenais suivais et au désir de la coutume de la Ville, prévosté, et vicomté de Paris, observée et gardée en ce pays suivant les esditz du Roy.Serons, lesdits futurs Espouz uns & communs en tous biens meubles acquez & conquez immeubles, Sera doué; la dicte future Espouze, par ledit futur Espouz, de la somme de Cinq cens livres de douaire préfix, à les avoir et prendre sur les biens du diet futur Espouz, cy mieulx n’ayme ladite future Espouze, se tenire au douaire coutumier; Ont et pourront lesdits futurs espoux, n’ayans aucuns enfans, Isseus et procrées dudit futur mariage, se faire donnation mutuelle au — 76 — dernier survivant, En faveur duquel Mariage lesd.Seigneur & Dame Dailleboust, en Considération de l’amitié quils portent à lad.future espouse, luy ont faict don de la somme dé.trois cens livres quils leur ont promis payer ausdits futurs Espoux, au jour des espouzailles, et ce, en meubles, hardes, qui sortiront nature de propre à lad future espouse, Car ain-sy a esté convenu et accordé entre lesd.partyes, Promettant, Obligeant & Renonçant.Faict et passé à Ville Ville (sic) Marye, en ladite lsle, en la maison et fort du diet lieu, l’an mil six cens cinquante-neuf, le quatorzime jour de Novembre, après midv, en présence des Sieurs Jean Aubuchon, Et Guillaume Jeandron ha-bitans audit lieu, tesmoins à ce requis & soubzsignez, avec les dits futurs Espoux et tous les diets amys.G.Souart D.Galinier Dailleboust Jeanne Mance Z.Dupuis Dupuis J.F.Pouterel Perrine Picoté de Jeanne LeMoyne C.Primot Jean Obuchon B.De Boullongne Des Muceaux De Belestre Bouchard Jean Gervaise Belestre C.Robutel Marie Moyen G.Gendron Basset Jeanne Vauvilliers Paul de Chomedey L.Closse Catherine LeGardeur Geneviefve Butin LeBer C.Le Moyne Susanne de Gabriel Chartier Bourduceau Dix jours après la passation du contrat qui fit événement, on célébrait le mariage du couple parisien dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu, servant alors d’église paroissiale.Lancé dans la vie sous de favorables auspices, le jeune Basset aurait dû atteindre une large aisance, sinon la richesse que de bien moins doués surent acquérir à ses côtés, mais le sens des affaires lui manqua.A trente-cinq ans, en pleine virilité, son étoile pâlit et, jusqu’à la fin, sa carrière présente des vicissitudes que M.McLennan a écarté gentiment, car il voulait mettre en beau jour une figure montréalaise pour laquelle il éprouvait de la sympathie.E.-Z.Masstcotte — 77 — UN DOCUMENT SUR LES DIFFICULTES RELIGIEUSES DE MONTREAL EN 1828 Sur l’auteur du document que nous publions aujourd’hui, M.l’abbé Martial, nous sommes fort peu renseigné.En sa qualité de Vicaire-Général de la Louisiane, le 13 et le 24 novembre 1822.il annonce à Mgr Plessis, l’arrivée à la Nouvelle-Orléans des sept Ursulines que conduisait M.Janvier ( 1).Il meurt dans cette dernière ville, victime du choléra, en 1832 (2).En 1828, M.Martial se trouvait à Montréal en des circonstances intéressantes et que nous devons rappeler brièvement.Au printemps de 1826, M.Roux, Supérieur du Séminaire, entreprenait le voyage de Rome, avec l’intention, semble-t-il, de protester contre la juridiction de Mgr Jean-Jacques Lartigue, Vicaire-Général, Auxiliaire et Suffragant de l’évêque de Québec pour le district de Montréal.Il s’arrêta à Londres, demanda au Ministre des Colonies, Lord Bathurst, la permission pour Saint-Sulpice de se recruter en France et se dirigea vers la Ville Eternelle.Il y était arrivé depuis peu quand il reçut de Londres la plus désolante des lettres.A son désir de voir le Séminaire de Montréal s’agréger des sujets de France, on répondait en posant, une fois de plus, l’éternelle question des Biens de St-Sulpice.Ce problème, inattendu, mais vital, réclamera désormais presque toutes les énergies de M.Roux.Comment le régler?Rome décide d’intéresser à l’affaire son Nonce de Paris, Mgr Lambruschini.Le futur Secrétaire d’Etat de Grégoire XVI se met à l’oeuvre avec une conscience et un zèle dignes de tout éloge.Tl étudie la question, en voit toute l’importance; il intervient auprès du Ministre des Affaires Etrangères de Paris qui intervient, à son tour, auprès de l’ambassadeur de France à Londres.Comme le Nonce ne voit d’autre issue au problème que l’aliénation des Biens de St-Sulpi- (1) Kapp.de l'Arch.de la Prov.de Québec, 1932-33, 193-194.(2) Shea, History of the Catholic Church in the United States, 180815 to 1843, 671. 78 — ce, contre une pension annuelle payable aux Messieurs du Séminaire, il en obtient l’autorisation de Rome (1).Tant et si bien qu’à l’automne de 1827.M.Roux se rend à Londres.Aux termes de l’accord qu’il conclut avec le gouvernement anglais, le Séminaire cède ses droits seigneuriaux; en retour, on lui promet, avec une pension annuelle équitable, une charte reconnaissant son existence légale et lui permettant de posséder des biens en main-morte.A Paris, comme à Rome, on regarde cette entente comme la solution favorable d’une question épineuse, un triomphe.Au Canada, il n’en va pas de même, quand on connait le projet, c’est-à-dire quand il est, de part et d’autre, accepté; car les pourparlers de Londres se sont continués dans le plus strict secret.A la demande de Mgr Panet, Mgr Lartigue rédige une adresse au Roi que deux membres du clergé seulement refuseront de signer et qui s’oppose nettement à la transaction.Les esprits sont agités; on voit d’un fort mauvais oeil le gouvernement anglais s’emparer des Biens de Saint-Sulpice.Tel est l’état des choses quand M.Martial écrit sa lettre à Mgr Lambruschini.M.Roux, qui introduit au Canada — présage de la bonne volonté du gouvernement anglais envers le Séminaire — quelques Sulpiciens français arrivera bientôt (2).Il voudra, sans doute, faire approuver par ses confrères l’arrangement de Londres.Devant l’opposition du clergé et du peuple, est-il prudent, est-il possible d’aller ainsi de l’avant?Ce qu’il fallait plutôt, c’était de ruiner l’influence des adversaires à Rome même.Et tel nous paraît être le but de la lettre de M.Martial.Tl nous importe peu de savoir si elle avait été désirée ou demandée par le Séminaire.Et quand (1) Dans ses Mémoires, dont le 1’.Pirri, S.J., a publié récemment les principaux chapitres, le cardinal Lambruschini raconte, avec quelque complaisance, le rôle qu'il a joué dans le sujet qui nous intéresse ici.Cf La mia nunziatura di Francia, ch.IX, 83-89, “Seniinario di Montreal nel Basso-Canada”.(2) La première lettre adressée par Mgr Panet à M.Roux après son retour d’Europe est du 20 septembre 1828.Cf Rnpp.de l'Areh.de la Prov.de Québec.1933-34, 403. — 79 — il en serait ainsi, qui oserait blâmer?Quel que soit le jugement que l’on porte aujourd'hui sur l’attitude des Sulpiciens, qui pourra établir qu’ils ne s’étaient pas arrêtés à la solution qui leur paraissait la meilleure?Dès lors, il n’avaient pas le droit de négliger un seul moyen, capable dans leur pensée, d’assurer la survie du Séminaire.Une lettre de M.Martial, missionnaire étranger, et donc, en théorie du moins, impartial, adressée à Mgr Lambruschini, déjà initié aux difficultés religieuses du Canada, c’était un argument ; surtout si le Nonce transmettait le document à la Propagande, comme il était invité à le faire et comme il le fit en effet.Mais autant le désir du Séminaire de se voir soutenu par un missionnaire étranger est en soi inattaquable, autant il faut regretter la façon dont M.Martial s’acquitte de sa tâche.Il se croit capable “de juger sainement de l’état et des espérances de la Religion en ce pays”.En réalité, il se contente de répéter des arguments cent fois rebattus.Ce qui est plus grave, ce (pii étonne ici.et avec raison, c’est de voir un simple voyageur, un touriste, allions-nous dire, étendre son blâme non seulement sur tout le peuple et sur tout le clergé d’un pays, mais encore sur la hiérarchie légitimement établie; c'est de l’entendre prononcer sur l’état actuel des choses sans tenir assez compte des circonstances historiques dans lesquelles l’Eglise du Canada s’est développée, sans tenir compte du devoir qu’avaient les évêques de maintenir la foi d’abord, de former des docteurs ensuite, d’établir, d’encourager aujourd’hui les maisons d’éducation dont le besoin sera demain criant.Par là, sans doute, la formation théologique du clergé sera retardée.Mais les évêques ne sont-ils pas les premiers à en souffrir (1)?Triste con- (1) liapp.de l’Arch.de lu l’rov.de Québec.1927-1928, p.2.15.Mgr Plessis a M.Houx, 17 août 1807 : L’évêque de Québec comprend que c'est une chose désagréable que de forcer les jeunes séminaristes ît nller enseigner îi Nicolet ; mais la nécessité l’exige.M.Houx ne doit pas s’en offenser, car “il est possible que cette école naissante de Nicolet soit, dans les vues impénétrables de la Providence, une ressource ménagée dans l'avenir pour suppléer aux deux autres: le séminaire de Québec et celui de Montréal”. — 80 — dition dans laquelle ils étaient placés malgré eux et contre laquelle ils ne pouvaient rien.C’est dans cet esprit, nous semble-t-il, qu'il faut lire la lettre de M.Martial.Nous nous permettrons de l’annoter çà et là.Son intérêt est réel.Lettre de M.l’abbé B.Martial, mis., à Son Excellence Monseigneur Lambruschini, nonce de Sa Sainteté Léon 12, 6 rue de la Chaise, Paris (1).Montréal, 28 août 1828.Monseigneur, Avant de laisser le Canada, je crois devoir transmettre à Votre Grandeur quelques observations, que j’ai eu lieu de faire dans mes dernières courses et qui m’ont mis dans le cas de juger sainement de l’état et des espérances de la Religion dans ce pays.Son Eminence le Cardinal Capellari (2) ne sera peut-être pas fâché d’en prendre connaissance.Le clergé qui compose le Canada Catholique, quoique en général peu instruit, est cependant très édifiant, son exactitude dans les devoirs du ministère, la régularité de sa conduite, ses bonnes moeurs, la décence du vêtement (soutane) qu il ne quitte jamais, pas même dans les voyages, contribuent puissamment à lui concilier l’estime et la confiance de la part des fidèles.Les Eglises, d’une grande propreté et d’une richesse qu’on ne trouve presque nulle part, dans les campagnes et les villages d’Europe, sont à mes yeux une preuve de l’attachement et de l’intérêt des Ecclésiastiques pour tout ce qui tient à la gloire de Dieu, dans le culte extérieur, et ne contribue pas peu à attirer les Catholiques aux cérémonies de la Religion; aussi le concours est-il général tous les Dimanches matin et soir.Cependant le protestantisme déborde de toute part et les temples de toute secte s’élèvent de tous côtés et les sectaires plus hardis et plus entreprenants dans le commerce que (1) Arch, (le lu Propagande.America Septentrionale, Scritture rife-nte nei Congressi, T.Il, 1792-1830, 617 et ss.^ (2)) Préfet de la Propagande, futur Grégoire XVI.C’est Pontificat, en 1836, que sera érigé le diocèse de Montréal.sous son — 81 — les Canadiens, commencent à les dominer.Les Ministres plus habiles à manier la parole, qui est la partie la plus essentielle de leur ministère, l’emportent sur les Prêtres Catholiques, que la timidité et le défaut de connaissances condamnent au silence, en matière de controverse, l’avenir est affligeant, si les Evêques continuent à admettre des sujets d’un médiocre talent et avec une connaissance superficielle de la Théologie.Ce ne fut pas une petite faute chez le défunt Evêque de Québec, Mgr Plessis, de contribuer à affaiblir la Maison des Sulpiciens de Montréal, en ne permettant pas aux sujets du Séminaire (1) d’entrer dans cette Congrégation (2); et de former des petits Séminaires isolés, où les Etudes ne pouvaient être et ne sont encore que superficielles.La division des esprits date de cette époque et le jeune C lergé, un peu suffisant (3), a partagé l’opinion du Prélat.Le Successeur, un peu âgé (4) et qui, d’abord ne partageait pas les idées de son prédécesseur, est cependant tombé dans le piège que lui ont tendu ceux qui l’entourent, surtout depuis que la démarche de Mr Roux, Supr de la Congrégation, a été faite, tant à Rome qu’à Londres sans la participation de l’Evêque et du Clergé de Québec.Des intérêts matériels ou temporels en sont la cause; il fallait sauver des biens et des propriétés que le Gouvernement anglais convoitait et que le clergé aurait cru pouvoir revendiquer au défaut des Sulpiciens dont l’extinction avait été projetée (5).L’homme se retrouve partout et il n’y a pas jusqu’à l’Ecclésiastique qui se (1) Imprécision.Il s'agirait, croyons-nous.«les élèves «lu Collège «le Montréal, se destinant à la prêtrise.(2) Cette affirmation revient assez souvent dans les documents du temps.Jusqu'ici, il nous a été impossible d'en trouver la preuve.(.i) Ne nous étonnons pas: c'est l'éternelle opposition des jeunes et des vieux! (i) Mgr l’ernard-t'laude Panel touchait à sa soixante-treizième année.quand, par la mort de Mgr Plessis, il devint évêque de Québec, au début de décembre 1825.(5) Toutes ces affirmations sont mal fondées.Dans le projet de cession des biens de St-Sulpice nu gouvernement anglais, les évêques du Bas-( unada voyaient un précédent dangereux pour l’avenir de notre patrimoine religieux, et c’est pourquoi ils s’y opposèrent.11 est facile de dire que "l’extinction des Sulpiciens” avait été projetée.Où sont les documents «pii en fourniraient la preuve? — 82 croie bien des choses permises quand il les regarde sous la couleur d’un plu* grand bien.Le ferment qui agite les têtes dans ce moment où la population se croit lésée dans ses droits par les agens du Gouvernement, voudrait se fortifier de 1 opposition du clergé et surtout des Sulpiciens comme plus richesses (sic) possesseurs de la plus belle Seigneurie.Les agitateurs se plaignent amèrement dans les feuilles publiques de ce que les Sulpiciens ont traité séparément avec le Gouvernement et ne balancent pas d’avancer une protestation contre une pareille démarche; malheureusement une forte partie du clergé partage cette opinion et y souscrira ouvertement (1).Je ne sais trop ce qu'il faudra attendre du Ministère Britannique, dès qu’il aura la nouvelle de cette division dans le clergé et dans l’esprit public.Divide et impera fut toujours la doctrine et la conduite de ce cabinet.Malheureusement aussi Mgr de Telmessc (Lartigue) se trouve avoir embrassé, non par sentiment, mais par des liens de famille, le parti démocrate de la Chambre et entraîné dans une opposition de fait (2), quoique lié de Société et d’amitié avec les Sulpiciens.Son Eglise, bâtie dans le voisi- (I) ( «mime nous lavons rappelé plus haul deux prêtres seulement refusèrent de signer la pétition au Moi contre la (session des Biens au gouvernement anglais.Cf llapp.de l’Areh.de la l’rov.«le Québec, 19:1:1-34, 419-420, Mgr l’anet à M.Cadieux, 20 décembre 1S28.(-) -V g 1 Lai figue était, cousin des Viger et drs Papineau, adversaires du gouverneur Dalhousie.Il s’abstint de tout acte politique, mais n’en mérita pas moins la colère du gouverneur.Le 10 juillet 182l>, Mgr Lartigue écrit a Mgr Poynter, Vicaire Apostolique de Londres: “Je vois bien quil n y aura rien a faire avec votre Gouvernement relativement à ce oui concerne les affaires de mon District : parce que notre Gouverneur a transformé cette aflaire particulière en intrigue politique, .l ai deux eou-sins-germa lus dans notre Chambre des Communes, dont l’un est Orateur le *'vr>1,8 Me,"bn'S.Ies *,lus 11,11'Muants; et parce qu’ils sont dans le parti de 1 Opposition, qu ils se sont constamment opposés a tout ce qui tendait a détruire en ce pays le Catholicisme et les bases des lois e il s qui nous ont été garanties par les Traités et par les Actes du Parlement ôu«dnn’!!q"e’t ' r‘“’ ¦!"''° P‘*J'ei' la f,,lle eI,ch«re
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