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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1936-07, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XLII LEVIS.JUILLET 1936 LA PREMIÈRE POUDRIÈRE OU MAGASIN A POUDRE A QUÉBEC Le 1er août 1685, le marquis de Denonville, nommégouverneur de la Nouvelle-I' rance en remplacement de M.de la Barre, arrivait à Québec avec sa femme, Catherine Courtin de 1 anqueux, et ses deux enfants, Bénigne, âgée de quatorze ans, et Catherine-Louise-Marie, âgée de deux ans.Dès son arrivée a Québec, M.de Denonville constata nu on gardait une partie de la poudre de la garnison et des habitants de Québec dans le château Saint-Louis qui servait de résidence au gouverneur.On comprend qu’un pareil voisinage n’était guère agréable à M.de Denonville et encore moins à sa femme et â ses enfants.Ta* château Saint-Louis tombait en ruines et pouvait être détruit par le feu d’un instant à l’autre.Aussi, dès le 20 août 1685, M.de Denonville écrivait au ministre : Toutes nos poudres sont dans une maison toute seule au delà de celle de M.de Meulles, dans le milieu d’un champ, à la mercy du premier garnement qui y voudra mettre le feu.Il y en a une petite partie dans ce château mal nommé, où le feu peut v prendre très aisément.Je ne comprans pas comme on a pu aincv demeurer tranquil en cet estât."" J’ay ordonné une garde à cette maison où il faut que nous v metions encor les poudres que vous avez donné cette année, avec celles que nous avons et celles des bourgeois qui ne pourraient demeurer dans leurs maisons sans un péril manifeste. — 386 — Je vous demande pardon, Monseigneur, de ce que je fais iaiie un magasin suivant le modèle que je vous envoyé avant que de vous en avoir écrit et d’avoir reçu vostre consentement ; ce qui ne m’arrivera jamais à moins d’un péril aussy manifeste que celuy-là.Il ne coustera au Roy pas beaucoup audelà de douze cents écus.M.l’intendant en a fait faire le marché au rabais, suivant le devis que Villeneufve, l'ingénieur que vous m’avez donné, en a fait; on tiendra la main a ce que la massonnerie soit bonne.Je croy que vous approuverez sa situation, que couvre en cet endroit le fort qui ne \nut rien du tout.Je 1 aurais fait mettre volontiers dans le fort pour épargner l’argent du Roy si il y avait eu de la place suffisamment." Vous voirés, Monseigneur, que je fais une séparation at ni que les bourgeois puicent y mettre leurs poudres sans avoir aucune communication avec celles du Roy.hn 1 état où sont nos poudres, comme on (en) a peu, elles demeures dans le château en l’état où il est.Il v a cinq ans et plus qu il n a fermé; il y a des portes qui ne se ferment pas, et plus pesantes que les gens et murailles ne les peuvent porter.I! n’v a pas une guéritte nv un lieu d’où on puisse ti-rei.Xostre magasin pas achevé, il y a encore un endroit où a\tc un bouchon de paille on peut mettre le feu au corps de logis.Il v faudra une muraille et condamner la petite porte.Je feray faire un petit devis de ce qui sera nécessaire et vous l’envoverai par le dernier vaisseau.( )n a fait beaucoup de dépense au logement qui fait peur par les alarmes que l’on doit avoir du feu qui s’v peut mettre aisément, ce bastiment étant tout de bois qui est comme des allumettes.Je vairay ce qu'il y faudrait d’ardoise et vous rendray compte de la dépense qu’il faudrait pour en couvrir la maison” (1 ).Nous avons eu la bonne fortune de mettre la main sur le marché qui fut passé, le 12 août 1685, entre l’intendant de Meulles et le sieur Jean LeRouge, maître maçon, pour la construction du magasin a poudre dont parlait le gouverneur de Denonville dans sa lettre au ministre du 20 août 1685.Ce (1) Archives de la province de Québec. — 387 — marché nous fait pour ainsi dire voir le magasin à poudre connue si nous en avions le plan sous les yeux.Tout y est: dimensions, matériaux, aménagements, etc., etc.Citons: “ Pardevant François Genaple notaire garde notes du Roy en la prévosté de Québec en la Nouvelle-France soubzné fut put.Jean LeRouge m.maçon demt.en cette haute ville de Québec, lequel promet et s'oblige à Messire Jacques de Meus-les chier seigneur de hi Source conseiller du Roy en ses Conels.et son intendant de Justice, police et finances et en ce pays faire, parfaire bien et deument comme il convient les ouvrages de maçonnerie cy-après mentionnés pour la construction d’un magazin pour les poudres de Sa Majesté près le chasteau de cette dite ville et conformément au plan qui en a esté présentement mis ez mains du dit notaire: c'est à sça-voir que le dit magazin sera entièrement de maçonnerie, voûté.et la d.voûte d’iceluv consistera de pierre de lîeauport en forme de thuile; aura neuf toises de longueur sur cinq de largeur et quinze pieds de hauteur depuis le retz de chaussée jusqu’au dessous de la clef de la d.voûte; ladite maçonnerie posée sur le roc et faite de pierres qu’il aura liberté de prendre partout aux environs du lieu où doist estre construit le dit magazin et où il en poura trouver de propres à cet effet, lesquelles pierres seront posées en bonne et suffisante liaison les unes sur et entre les autres, tant aux paremens des murs que hors d’iceux; que la chaux (pli sera employée à la dite maçonnerie sera bonne et bien conditionnée et de la meilleure qui se pourra trouver; le sable pris à la Pointe aux lièvres, le mortier sera tressé, sçavoir une partve chaux sur deux de sable et pour ce faire le dit entrepreneur rendra la place nette et fournira de tous matériaux, outils, peines d’ouvriers et de touttes autres choses quelconq.nécessaires pour l’entier achèvement du dit magazin, en sorte qu’il soit fait et parfait dans la fin du mois d’octobre prochain venant: le tout au dire du sieur de Villeneuve, ingénieur préposé par Sa Majesté qui en fera les toisés et réceptions, et conformément au dit plan, quy est demeuré attaché à la présente minute après qu’il a esté signé au dos d’iceluv par mon dit seigneur l’intendant le d.Le Rouge et notaire, dont coppie a esté mise ez mains du dit Le Rouge entrepreneur pour faire les dits ouvrages.Ce marché fait moyennant la somme de vingt et une livres pour chaque toise de maçonnerie en superficie que mon dit seigneur 1 intendant promet en payer ou faire payer des deniers de Sa Majesté au dit entrepreneur en argent monnoyé à fur et à mesure que les travaux s’avanceront et en faveur du dit marché a esté un demy louis d’or de pot de vin au dit entrepreneur présent.Promettant etc fait et passé au dit Québec en 1 hostel cle Monseigneur 1 intendant avant midy le douzies-me jour d’aoust MviC quatre vingt cinq presence du sieur François Provost major du d.chasteau et ville de Québec et du sieur de la 1 ourette témoins qui ont avec mon dit seigr 1 intendant, le d.sr de \ illeneuve, le d.entrepreneur et notaire signé ces pntes.de Meulle Villeneuve Provost J.Le Rouge La Tourette Genaple ( 1 ) ” Le magasin à poudre construit par LeRouge se trouvait en dehors des fortifications du fort Saint-Louis.Lorsque, en 1693, le gouverneur de Frontenac fit agrandir le fort Saint-Louis il eut la précaution de placer les nouveaux murs d’enceinte au delà du magasin à poudre, ce qui lui donna une nouvelle sûreté contre les incendies où une attaque possible de vaisseaux de guerre ancrés dans la rade.En 1698, l’ingénieur Levasseur de Néré présentait au ministre un plan des ouvrages qu’il jugeait très nécessaires de faire a Québec, et dont il y en avait qui étaient d’une indispensable nécessité.Il mettait en premier lieu la construction d un magasin aux poudres dans un autre endroit que celui où il était.Le gouverneur de h rontenac approuva les suggestions de M.Levasseur de Néré mais ce n’est qu’en 1701 que les plans de l'ingénieur furent acceptés.Il devait être dépensé pour cet objet 20,000 livres par année.Le 14 octobre 1716, MM.de Vaudreuil et Bégon écrivaient au ministre: (1) Archives Judiciaires de Québec, greffe de Genaple. 389 — “On ne peut prendre aucune résolution sur le choix des deux endroits où doivent être situés les deux magasins à poudre qu’auparavant le projet de la fortification n’ait été approuvé, ces magasins devant être dans la gorge des bastions, cependant nous ferons travailler l’année prochaine aux réparations indispensables du magasin à poudre qui sert actuellement ” (1 ).Le 20 octobre 1717, MM.de Vaudreuil et Bégon écrivaient au ministre: “ Nous ferons travailler le printemps prochain aux réparations du magasin à poudre et il n’y sera fait que celles qui y seront indispensables, attendu la nécessité qu’il y a de le changer étant situé entre le corps de garde du château, une boulangerie et dans un bastion près du château” (2).Toutefois, le nouveau magasin aux poudres ne fut pas construit tout de suite.Le 14 octobre 1723, MM.de Vaudreuil et Bégon se plaignaient que le magasin aux poudres était dans la cour du Château.Le 3 juin 1724, le ministre leur répondait qu’il convenait d’en construire un ailleurs.Le 20 octobre 1726, MM.de Beauharnois et Dupuy écrivaient au ministre: “ A l’égard du magasin à poudre dont MM.de Vaudreuil et Bégon avaient eu l’honneur de vous parler et de vous envoyer l’état estimatif du sr de Lery, ingénieur, joint au plan de ce magasin projeté à l’endroit des nouvelles fortifications, nous pouvons dire, Monseigneur, que s’il y a quelque dépense instante et nécessaire ici c’est celle-là.Le lieu où la poudrière est placée est aussi dangereux pour les poudres qu’il l’est pour le château et pour la ville, n’étant qu’à neuf toises de la boulangerie et à sept tout au plus d’un corps de garde d’un seul étage de dix pieds de hauteur seulement et dont par conséquent les cheminées sont si basses que les étincelles en sortent toujours dans leur éclat.Le feu y prit ces jours passés et la conséquence d’un pareil accident est si grande que s’il eut duré personne n’eut voulu le secourir et ( 1 ) Archives de la province de Québec.(2) Idem. — 390 — que si la poudrière venait à sauter, il ne resterait rien du chateau qui, étant à pic sur le rocher, accablerait la basse-ville et les vaisseaux qui seraient dans la rade.Dans cette situation périlleuse et dans ces circonstances aussi fâcheuses que celle où l’on s’est vu en dernier lieu, puisque depuis le jour de notre arrivée à Québec, le feu y a pris jusqu a sept fois nous avions songé à placer les poudres a quelqu auti e endroit qui n engageât pas à une forte dépense.La citadelle qui est sur la pointe à pic du cap aux Diamants et en dedans de la fortification nous paraissait l’endroit le plus propre à mettre ces poudres en sûreté ayant deux beaux cerceaux de cave â demi enterrés et assez secs; tuais on y a trouvé deux inconvénients, l’un que la couverture n’est que bardeau d’un cèdre fort léger, qui est la matière la plus pernicieuse pour couvrir les maisons et la plus en dan-SD pi endre feu a la moindre bourre du fusil qui tomberait dessus, le second, c’est que cette citadelle étant sur un lieu aussi escar pé sans aucun endroit qui l’accompagne propre â retirer quelques soldats, il serait impossible dans le temps des neiges d’y poser une sentinelle et de l’aller relever, joint que dans un cas de défense ce lieu se trouvant au plus grand écart de s fortifications, ne suffirait pas pour la communication et la distribution des poudres nécessaires” (1).Le 13 mai 1/27, le ministre leur répondait que la proximité du chateau Saint-Louis rendait la poudrière dangereuse mais que l’état des finances ne permettait pas la dépense d’une nouvelle poudrière.f .^2 octobre 1/2/, dans son rapport au ministre, l’in- génieur Chaussegros de Lery écrivait: .“J’ai remis, Monseigneur, â M.le marquis de Beauhar-nois et à M.Dupuy un nouveau plan de Québec avec le projet pour y construire une citadelle qui est ce qui convient le mieux.J ai fait remarquer à M.le marquis de Beauharnois et a M.Dupuy les deux poternes de l’ancienne fortification situées sut le Cap au Diamant; elles seront très propres pour y mettre les poudres quand elles seront couvertes et accommo- (1) Archives de la province de Québec. — 391 — dées dedans.L’ancien magasin à poudre, quand il sera vidé, je le ferai accommoder pour servir de magasin d’artillerie” (1).Trois jours plus tard, le 20 octobre 1727, MM.de Beau-harnois et Dupuy écrivaient à leur tour au ministre: “Nous avons eu l’honneur, en réponse au mémoire du Roi, de vous proposer un expédient pour changer la poudrière et pour tirer les poudres de l’endroit où elles sont, qui est autant dangereux pour leur conservation qu'elles sont périlleuses pour la proximité du château St-Louis, qui périrait avec elles et une partie de la basse-ville.“ Si vous l’approuvez, Monseigneur, la dépense n’en sera pas grande, les deux poternes où on les pourrait mettre étant voûtées et étant fort sèches par des tranchées tout autour” (1).Le 24 mai 1728, le ministre écrivait à M.Chaussegros de Lery de ne pas placer la nouvelle poudrière sur le Cap au Diamant à cause de l’humidité.Le 1er octobre 1728, MM.de Beauharnois et Daigre-mont écrivaient au ministre: Le sieur de Beauharnois a été faire la visite des deux poternes avec le sieur de Lery pour examiner s’il n’v aurait point d’inconvénient d’y placer les poudres par rapport à l’humidité, ces deux bâtiments étant situés dans l’endroit le plus élevé du cap au Diamant et étant bien voûtés; de plus ces poternes se trouvent placées en dedans de la nouvelle fortification dans l’endroit convenable pour faire deux magasins à poudre, ce qui épargnera au Roi la dépense qu’il aurait fallu faire indispensablement de ces deux magasins qui coûteraient au moins trente mille livres les deux.“ Nous avons l’honneur de vous envoyer le plan d’une de ces poternes que le sieur de Lery nous a remis avec le profil et plan du petit corps de garde et l’état estimatif de la dépense à faire pour mettre ces poternes en état de recevoir les poudres” (2).Le 25 octobre 1729, MM.de Beauharnois et Hocquart écrivaient au ministre: (1) Archives de la province de Québec. — 392 — Nous avons reçu la lettre que vous nous avez fait l’honneur de nous écrire le 2 niai dernier, à laquelle était joint l’état des dépenses du Canada de la présente année, montant à la somme de trois cent six mille quatre vingt dix huit livres treize sous quatre deniers, y compris 5043£ pour les ouvrages a taire pour mettre les poternes de l’ancienne fortification en état de servir de poudrières, et pour accommoder l’ancien magasin à poudre, pour servir de magasin d’artillerie suivant 1 état estimatif qui vous fut envoyé l’année dernière.’ Nous nous conformerons autant qu’il nous sera possible aux intentions de Sa Majesté pour régler les dépenses avec une telle économie quelles n’excèdent point celles nui sont contenues dans l’état” (1).Le 12 mars 1730, avait lieu la publication à la mode du temps pour I adjudication des ouvrages à faire pour le rétablissement des deux poternes qui doivent servir de magasin à poudre et d un corps de garde sur la hauteur du Cap au Diamant.a Quebec, d’après les devis de M.de Lery (2).Quant au magasin à poudre construit sous M.de De-nonville, il ne fut pas détruit.^ ¦)IU printemps de 1892, lorsqu’on jeta par terre le château Haldimand pour élever le château Frontenac, le maga-sm a poudre de 1685 fut découvert.Il avait conservé toute sa solidité et on dut se servir d’explosifs assez puissants pour le démantibuler (3).P.-G.R.QUESTION Je vois qu’en 1841 F.-A.Schmeltz était professeur de dessin linéaire au collège de Saint-Hyacinthe.Il donnait aussi des leçons chez lui ou â domicile dans la ville de Saint-Hva-cinthe.Qui était ce F.-A.Schmeltz?H.A.T.U) (2) • (A suiter 1’ Archives de la province de Québec.Ordonnances des Intendants, vol.II, p.52.Sur la destruction du magasin à poudre, en 1892, ouvrage de M.Ernest Gagnon, Le fort et le château on peut, con-tiaint-Louis. — 393 — COFFRES, PORTEMANTEAUX, SACS, ET VALISES D’AUTREFOIS Ln auteur américain qui prépare l'historique des malles, valises, portemanteaux et cotitres, jadis en usage au Canada et aux Etats-Unis, demande si nous avons des notes sur le sujet.Sans être pris au dépourvu, nous ne pouvons offrir qu'une documentation fragmentaire.Notre cueillette n’a pas été faite systématiquement, mais plutôt au hasard de la lecture des inventaires et autres documents, au cours de nos travaux de classification; enfin nous n'avons analysé que des actes datés de 1651 à 1756, et voici notre liste en abrégé: _ Coffres — Ils apparaissent dans les écrits, à partir de 1651 (date du premier inventaire).Alors et par la suite les tabellions écrivent: coffre de bois, coffre de sa l'in, coffre de pin.Une fois, en 1700, il est fait mention d’un coffre de noyer, estimé à 25 livres ou francs, valeur considérable à cette époque.Une autre fois, une malheureuse demoiselle, Madeleine Fabrecque, venue à Montréal pour se marier, mourut en arrivant, en 1659: elle avait une appréciable garde robe, partie enfermée dans un coffre bahut, estimé à 17 livres ou francs.D’après d’anciennes gravures, le bahut était une grosse malle à couvercle bombé.La plupart des coffres avaient des serrures, d’autres, serrures et ferrures.Le coffre resta le meuble “par excellence” jusqu’à des temps rapprochés.11 servait non seulement au transport des objets, en voyage; mais aussi, à la maison, d’armoire ou de siège.Qui ne sait, par exemple, ces couplets de la populaire chanson: “ La destinée, la rose au bois” qui peint la scène inoubliable “ des garçons en visite, assis sur le coffre, comme c’est bien la façon, pour jouer de la musique (à bouche) aussi du violon ”, Les mots “malle” et “chapelière” ne se rencontrent pas dans les documents examinés par nous, et c’est le vocable “coffre” qui les remplace. — 394 — Porte] cuilles — En 1734, Mlle de Linctot se plaint au procureur du roi, à Montréal, que la femme d’un tambour de la garnison lui a subtilisé son portefeuille, contenant de la monnaie et des billets, alors qu'elle passait au marché.La victime de 1 escamotage n’avait rien perçu, mais un complaisant témoin 1 avait renseigné.C’est le premier et un rare cas de vol à la tire consigné dans nos anciennes archives judiciaires.Les pickpockets professionnels” apparurent beaucoup plus tard.Le portefeuille de la susdite noble dame était “couvert d’une étoffe cannelle et attaché d’un ruban rouge”.En 17?(), dans 1 inventaire d’un magasin, on mentionne des portefeuilles en cuir et d’autres “ façon de maroquin en serviettes ”.Portemanteaux— Au mois de mai 1725, le juge Bottât pt son greffier se rendent au quai pour faire la visite du canot du marchand J.-B.Daguilhe lequel allait en la Nouvelle-\mdeterre après en avoir eu le permis du gouverneur géné-r.'ff Dans le canot, il y avait deux cassettes et un “ portemanteau contenant les hardes et linges du sieur Daguilhe e< r,°r- autres passagers ”.u mois d avril 1733, J.-B.LaBrèche, qui part en cane ,o’ir la Nouvelle-Angleterre, exhibe un passeport l’auto-n-ant a emporter divers articles, dont un portemanteau dan?lequel il y a 60 aunes d’un tissu, puis des chemises, des bas, souliers, culottes et une cassette.Les portemanteaux d’alors devaient être de plus grande dimension.que les “carpet bags” dont la vogue fut grande au .\IX siècle.ones et poches — Au cours des voyages sur les voies fluides, il fallait souvent, pour éviter des rapides et des chutes, quitter les canots et parcourir à pied un mille et plus sur la grève, ©’était le “ portage ”, On utilisait alors le plus possible des sacs de grosse toile fie peuple disait “poche petite, ou grande”, rarement sac).Les bourgeois et les officiers avaient des sacs de cuir, tel l’officier Sarrobert.mort en 1756.Les coureurs de bois, les nautonniers, les bûcherons portaient les sacs au dos, horizontalement ; ils les maintenaient en position au moyen d’une courroie dont le centre, large de trois doigts, reposait sur le front du porteur. — 395 Valises — C’est le chef des héros du Long-Sault, Adam Dollard des Ormeaux, qui le premier (dans nos notes) a une valise de cuir.11 en est question dans l’inventaire de ses effets, dressé le 13 novembre 1660.L’officier Sarrobert, au mois de janvier 1756, laissait une petite valise sans grande valeur et une autre plus grande “couverte de peau de loup marin” estimée, quoique usagée, à 17 livres ou francs.La liste ci-dessus, quoique brève, laisse néanmoins apercevoir quels meubles avaient les anciens montréalais pour emporter leur garde-robe lorsqu’ils se déplaçaient.E.-Z.Massicotte QUESTION Je résume ce qui suit d’un ouvrage de droit.En 1833.M.de Maisonneuve, officier à bord du vaisseau le Superbe, étant en rade de Smyrne, fait la connaissance d’une jeune fille, Sarah Cathernoula.11 l’épouse devant un prêtre orthodoxe.Comme il est défendu d’embarquer des femmes sur les vaisseaux de guerre, M.de Maisonneuve fait revêtir à sa femme le costume d’aspirant de marine, et il l’amène en France sur le Superbe.La famille de M.de Maisonneuve refuse de recevoir sa femme.Finalement, l’affaire vient devant les tribunaux.Le mariage est certainement nul d’après la loi française du temps.Avant que le jugement soit rendu, la jeune femme consent à retourner à Smyrne moyennant 4,000 francs.Ce cpie je veux savoir, c’est ceci.Ce M.de Maisonneuve était-il de la même famille que le fondateur de Montréal?Mont.QUESTION Quel est ce La Tourette dont je vois la signature au bas d’un acte notarié reçu par le notaire Genaple, à Québec, le 12 août 1685?Quête — 396 — LA DATE DE LA FONDATION DE MONTREAL (Suite et tin) M.Dollier de Casson écrivit son Histoire du Montréal en 1(>72, et, parmi les témoins oculaires de la fondation qui vivaient encore à cette époque se trouvaient M.de Maisonneuve, retourné en France il est vrai, mais qui ne mourut qu’en 1676, Madame de la Peltrie, décédée à Québec en 1671, et surtout Mademoiselle Mance qui vécut jusqu’en 1673 et dont M.Dollier était directeur spirituel à l’Hôtel-Dieu de Montréal.Il a dû converser, ou du moins correspondre, avec les deux premiers pour obtenir des renseignements de première source sur l’histoire qu’il était à préparer, et il est raisonnable de croire qu’habitant alors au château érigé par Maisonneuve sur la rue Saint-Paul pour sa résidence et celle des MM.de Saint-Sulpice, il a dû avoir accès à quantité de notes et mémoires du fondateur qui sont disparus par la suite, mais qui lui ont fourni de précieux renseignements sur les origines de la colonie.Il n’était pas d’ailleurs homme à affirmer un fait sans l’avoir vérifié et nous n’avons aucune raison de mettre en doute l’exactitude de ses affirmations.Quant à Jeanne Mance, qui était âgée de 59 ans lors de 1 arrivée de M.Dollier à Montréal et qui vécut encore sept ans, il est indiscutable qu’elle lui a fourni des renseignements précis sur les événements qui ont tenu une place si importante dans sa vie et que l'homme intègre qu’était ce premier historien de \ ille-Marie n’a pas manqué de les noter soigneusement.Il en fut ainsi des survivants de ces cinquante-trois colons qui prirent part à la fondation de Montréal, qui continuèrent a y habiter et qui étaient en rapports journaliers avec les MM.de Saint-Sulpice dans l’exercice de leur ministère; en particulier la veuve de Nicolas Godé (le menuisier-charpentier de l’autel du Père Vimont), Françoise Gadois qui vécut jusqu’à l’âge de 103 ans, et Adrienne Duvivier, veuve d’Augustin Hébert, (pii était alors remariée à l’armurier Robert Cavelier.Ces deux femmes étaient au nombre de celles qui prirent part à la fondation de Montréal. — 397 — La Relation de M.Dollicr de Casson Nous voici donc en présence d’un véritable historien, le premier à Montréal dont les oeuvres nous soient parvenues, possesseur de renseignements indiscutables obtenus des témoins oculaires de la fondation de cette ville, et beaucoup plus préoccupé que le Père \ imont, simple épistolier de narrations édifiantes, d’en établir la précision historique.Voyons ce qu’il en dit dans son Histoire du Montréal (1) : "M.de Maisonneuve partit de Fiscaux le 8 niai avec deux barques, une belle pinasse et une gabarre, partie desquels bâtiments avait été faite à Ste-Foy; M.le chevalier de Montinagny, étant un véritable homme de coeur et qui n’avait d'autres intérêts que ceux de son Roy et du pays où il avait l'honneur de commander, sachant que tout était disposé, voulut participer à ce premier établissement en l honorant de sa présence; c’est pourquoi il monta dans une barque et conduisit lui-même toute cette flotte à Montréal où on mouilla l’ancre le 18 mai de la présente année; ce même jour, comme ou arriva de grand matin (2), ou célébra la première messe qui ait jamais été dite en cette isle (3), ce qui se fit dans le lieu où depuis on a fait le château (4).Afin de faire la chose plus célèbre, on donna le loisir à Made de la Pclletrie et (1) Cette Histoire lie fut publiée qu’après le retour au Canada de l'Honorable Louis Joseph l'apineau qui en avait copier le manuscrit à Paris sur autorisation de l'Assemblée Législative du Canada en 1845.La Société Historique de Montréal en fit son quatrième mémoire en I860 avec des notes qu’y avaient, mises Pierre Marge;v et Jacques Viger, et la Société Littéraire et Historique de Québec la publia il son tour dans sa troisième série de Documents IIistoriques, en 1871.(2) C'est, cela qui u porté l’abbé Paillon i écrire que la colonie campa sur une autre partie de l’île de Montréal, en aval du lieu choisi pour la fondation, le 17 mai au soir et que M.le gouverneur aurait, alors mis M.de Maisonneuve en possession de l’île de Montréal sur laquelle ils avaient atterri.(3) On croit cependant que les l’ères Héeollets Denis Juillet et Joseph LeCaron ont célébré le Saint-Sacrifice de la messe sur le bord de la rivière des Prairies, en se rendant, aux missions huronnes de l’Outaouais le 24 juin 1615.(4) 11 s’agit évidemment du château que Maisonneuve construisit en retrait de la rue Saint-Paul, pour sa résidence en 1650 et non pas du fort de la Pointe, à Callières.Ce château servit également de résidence aux messieurs de Saint-Sulpice de 1659 à 1712. — 398 — à Mademoiselle Mance d'y préparer un autel, ce qu’elles firent avec une joie difficile à exprimer et avec la plus grande propreté possible; tout le jour on tint le saint Sacrement expose, et ça ne fut pas sans raison, car puisque Dieu n avait nui ses serviteurs ci une telle entreprise qu afin de le faire reconnaître dans un lieu où jusqu’alors il n avait reçu aucun hommage, il était bien raisonnable qu il se fit tenir la première journée exposé sur son autel comme sur son trône, afin de remplir ses saintes vues et désirs de scs sénateurs ” (.omparons la précision de tous ces détails avec l’imprécision, j’à-peu-près du récit du Père Vimont et tirons-en nos conclusions.Un détail important ne figure cependant pas dans ce récit : c’est la cérémonie de prise de possession du 17 mai.Jeanne Mance et les colons qui ont fourni leurs renseignements à M.Dollier n’ont sans cloute pas attaché à cet événement 1 importance que le P.\ imont lui donne, surtout s’il eut lieu sur un autre point de Pile où l’on campa ce jour-là, suivant la conclusion adoptée par l’abbé Faillon.Mais continuons le récit de M.Dollier de Casson, car c’est ici que, le premier de tous ceux qui ont écrit sur la fondation de Montréal, il rapporte l’allocution faite au cours de cette messe de fondation, dans laquelle le Père Vimont compare ce modeste établissement a la semence d’un grain de sénevé; VHistoire du Montréal ajoute: 7 outc cette journée s’écoula en dévotions, actions de grâces et himnes de louanges au Créateur; ou n’avait point de lampes ardentes devant le saint Sacrement, mais on y avait certaines mouches luisantes qui y brillaient fort agréablement jour et nuit, étant suspendues par des filets d’une façon admirable et belle, et toute propre à honorer, selon la rusticité de ce pays barbare, le plus adorable de nos mystères.Le lendemain ( 1 ), après toute cette cérémonie finie, on commença d’ordonner de toutes choses à l’égard du poste où on était, chacun d’abord se campa sous des tentes, ainsi que dans l’Europe lorsqu’on est à l’armée, ensuite on coupa des pieux avec (1) C'est-à-dire le lundi 19 mai. — 399 — diligence et on fit d'autres traz'au.x afin de s’environner et de s'assurer contre les surprises et insultes qu’on avait à craindre de la part des Iroquois." Est-il vraiment plausible de croire que toute cette journée consacrée au cube et à l’adoration du Saint Sacrement, ait été le samedi 17 mai et que le lendemain, dimanche 1 af rès neilf jours de navigation.Dans ce moment tonte la trouve fit retentir les airs de cantiques de reconnu,ssance envers Dieu, qui l’avait si heureusement con-dwte a ee terme; et, ce jour-là, M.de Montmaqny comme représentant la Compagnie de la Nouvelle-France, mu de nouveau M.de Maisonneuve en possession de l de pour les Associes de Montréal.Le lendemain ( i j, avant le jour, on fit voile pour le lieu particulier de cette de, où la recrue devait s’établir, et la flottille se mit a longer le rivage en remontant ainsi le fleuve Enfin on arriva au lieu déjà choisi far M.de Maisonneuve et qu occupe encore aujourd’hui, en partie, la ville de Montreal ou Ville-Marie._ /:// mettant pied à terre, M.de Maisonneuve se jeta a genoux pour adorer Dieu et s'offrir à lui, et sa petite troupe ayant unité avec transport cet exemple tous commencèrent à chanter, dans l’excès de leur joie des psaumes et des hymnes de reconnaissance, ainsi qu’ils 1 avaient fait la veille de ce jour.Comme on arrivait de grand matin, on fut ravi, avant de rien entreprendre dans ée heu, de pouvoir célébrer immédiatement le saint ü/,n 'Z' mettre t0UtC 1(1 “tenuité dont on était capable on chargea Mademoiselle Mance et Mada- meje la IWtrie de parer l’autel, qui fut dressé inconti-, : Toutes choses ainsi disposées, et les colons rcums aut dc r ^ /f p VjJnf ‘"Urns C reator qu, fut chanté par toute cette fervente troupe et commença ensuite la Grand’,,,esse, la première aid 2 sv* cC"r s « ** Dam du Saint Sacrifice il adressa aux nouveaux colons ces Îcttir’’ rCmarquablcs Vue t’événement a justifiées à la L’auteur cite ici l’allocution du P.Vimont commnnt cette tondation à la semence d’un petit grain de sénevé telle c ue 1 abbe Dolber de Casson Ta rapportée sur le témoiênarre des assistants, et il continue : € S (1) C'est-à-dire le 18 mai. — 407 — “La sainte Messe étant terminée, on plaça avec honneur le très saint Sacrement sur l’autel, où il demeura exposé tout le long du jour; et nous devons ajouter que cette première journée toute entière fut consacrée avec raison à des exercices de dévotion, d’actions de grâces et de louanges envers la personne adorable du Sauveur résidant corporellement dans la Sainte Eucharistie.Depuis ce jour mémorable, 18 mai 1642, le très Saint Sacrement a toujours reposé, sans aucune interruption à Ville-Marie avec la décence convenable." L’historien rapporte ici la tradition du luminaire primitif fourni par des lucioles enfermées dans des fioles de verre fin, puis il ajoute : “Le lendemain de cette cérémonie ( 1 ), on dressa autour de l’autel des tentes ou des pavillons pour se camper, comme le font, en Europe, les troupes à la guerre; et ce fut là d'abord que la petite colonie se logea, pour se mettre à l'abri des intempéries de l'air, et surtout pour se garantir des pluies qui furent très fréquentes et très abondantes cette année.Ensuite on commença d’abattre des arbres, pour former, tout autour du camp, un retranchement de pieux, avec un fossé de défense; et M.de Maisonneuve, toujours le premier partout, voulut abattre lui-même le premier de ces arbres, disant qu’en sa qualité de gouverneur, cet honneur devait lui être réservé.Lorsque ce retranchement eut été achevé, M.de Montmagny, qui avait conduit la recrue, retourna à Québec; tandis que M.de Puiseaux et Madame de la Peltrie demeurèrent à Montréal, à la grande satisfaction des pieux colons; et, en attendant qu’on eût construit une chapelle en menuiserie, on en éleva une en écorce, où l'on plaça le très saint Sacrement".Peut-on concevoir un exposé plus simple et plus lumineux à la fois des événements qui se sont déroulés dans ces trois jours du 17, du 18 et du 19 mai 1642 autour de la fondation de Montréal ?Tous les récits qui nous en sont parvenus de diverses sources se complètent les uns par les autres (1) C’est-à-dire le lundi 19 niai. — 408 — et’ SOUS Ia l)lun,c du 'ofiicien qu’est l’abbé Paillon, ils s’atren-cent et s ex,,l,(|„e„t de façon à former un tout harmonieux.a ra,son ,lc dlrc que le 17 tuai le Gouverneur .(k; Alans(,nneuve en possession rie l’île de Montréal” mais sa relation ne va pas plus loin pour ce jour-là: Jeanne Mance qui nous dit par la plume de Marie Morin, avoir orné 1 autel pour la celebration du Saint Sacrifice, ajojute son té- de Casson * Ceh" des autres coIons dont «’est inspiré Dollier P ( asson pour fixer de façon irréfutable, au dimanche 18 mai la celebration de la messe et l’exposition du Saint Sacrement; enfim, le lundi, 19 mai.on se mit résolument à l’ouvra-pour une installation définitive.Toutes les déductions à faire pour en arriver à cette conclusion ont ete préparées, nesées et finalement établies de ?f,n dfC,ma,tre I>ar V.ahbé Paillon: pouvons-nous réellement !’ prt;,Tr l,neTn,°n ^rmée à la légère, sous l’in, pu Mon dun texte, apres une lecture hâtive des divers écrivains qu, se sont contentés de transcrire, sans les contrôle" 1W fm rén'T'rT7S ^ l'e"C cér6ll™ie?Je ne le crois pas.recueillis chez les auteurs de diverses sources, il a df.établir des Ti,S- faire lcs mêmes raisonne-jents et tirer les memes conclusions que nous avons présentées au cours de cette étude; il peut y avoir divergence d"o pm,on sur 1 endroit où eut lieu la prise de possession et sir «•lu, ou fut célébré le saint Sacrifice; mais cfiesT nTquestion d importance secondaire dans le cas qui nous occupe et c’etf pourquoi nous avons cru devoir citer son texte comme exprès sion concluante de la thèse que nous soutenons.P Conclusion Nous ne sommes donc pas les premiers qui ayons étudié < c iscu e cette question sous ses divers aspects1 nos nrédé Hif i -1“ * Montréal, plus' compé-.1 1 I™ nous le sommes nous-mêmes, l’ont déià résolue en inscrivant la date du 18 mai sur le m,munie ,t qu ils ont enge a ’occasion du deux cent cinquantième ann versa,re de fondation de notre ville, sous la direction de ™b- — 409 bé \ erreau, leur président d'alors, près du site même ou cette cérémonie eut lieu, aujourd hui place d’Youville, à Montréal, ht nous ne serons probablement pas les derniers; d’autres viendront à notre suite qui, après un examen superficiel d’un texte ou d un autre, ressusciteront cette éternelle question, croyant avoir tait une découverte qui aurait échappée à leurs devanciers.Mais s il existe quand même, en dépit de conclusions qui nous paraissent évidentes, des personnes qui restent d’avis qu on doit attribuer au 1/ mai l’anniversaire de la fondation de notre ville, soit parce qu’on devrait plutôt rappeler la prise de possession ou pour toute autre cause, est-ce à dire qu’on doive former deux camps séparés et se buter avec acharnement sur nos positions?Pas le moins du monde! Les événements qui se sont déroulés dans ces deux jours du 17 et du 1K mai 1642 sont assez importants et doivent nous être assez chers pour nous justifier de les rappeler tous.Depuis 191/, un comité permanent de célébration invite les autorités municipales et les citoyens de cette ville à se grouper, le 18 mai, en face du monument de Maisonneuve, sui la I lace d Armes, pour rendre témoignage à la grandeur d ame et à la beauté de l’oeuvre du glorieux fondateur, et depuis seize ans ( 1920) une femme de coeur et d’un patriotisme agissant reunit chaque année les associations féminines de Montréal autour du monument de Jeanne Mance, dans la cour d’honneur de l’Hôtel Dieu, le soir du 17 mai, pour déposer aux pieds de la collaboratrice de Maisonneuve, de celle qu’on peut nommer à bon droit la co-fondatrice de notre ville, l'hommage d’une juste reconnaissance.Est-il opportun de mettre fin à l’une ou l’autre de ces ma nifestations, et devons-nous vraiment mesquiner à ces grandes âmes l’expression de notre gratitude?Quel que soit notre avis sur l’appréciation d’une date historique, pourquoi ne pas nous unir dans la sérénité d’un beau soir rie mai pour acclamer la noble figure de Jeanne Mance en même temps que les généreuses continuatrices de son oeuvre qui, depuis trois siècles, se consacrent au soulagement de nos souffrances, et pour rappeler que, ce jour-là, — 410 — notre domaine national s’est enrichi d’un de ses joyaux les plus précieux.Et pourquoi ne pas nous associer également, le lendemain, pour célébrer à ciel ouvert la naissance de notre métropole canadienne et pour en rendre hommage à Paul de Cho-medey de Maisonneuve, une des gloires les plus pures de notre histoire ?Victor Morin LA VISION DE QUEBEC Une fois qu’un homme a habité Québec et qu’il est obligé de le laisser, il emporte avec lui dans ses yeux la vision de ses grandioses paysages.Cette vision sans cesse le poursuit.Ou qu il soit, le Québécois garde au fond de son coeur la nostalgie du pays natal.Il ne se mêle pas à la vie du nouveau pays où il demeure, il y reste comme en exil, il continue d’habiter en esprit le vieux rocher historique, et il y voudrait retourner (J.-Edmond Roy, La Revue du Notariat, 15 décembre 1911).QUESTION En 1841, 1 e Canada Times publiait une lettre ou une entrevue d’un marin américain qui affirmait avoir vu les prisonniers politiques canadiens exilés à la Nouvelle-Galle travailler sur les chemins une chaîne pesante à la jambe.Un autre capitaine, affirmait le même journal, prétendait que les exilés canadiens étaient très souvent fouettés comme on le faisait alors pour les esclaves.Ces faits honteux sont-ils confirmés?Pat. — 411 — THE CHURCH OF I/ENFANT JESUS, POINTE-AUX-TREM BLES ( 1 ) On Sunday November 18, 1674, the habitants of the lower part of the island of Montreal were summoned to meet together after mass by M.Jean Fremont, the priest who had celebrated it ; they were to deliberate on the most convenient means to build a chapel “ tant désirée par les dits habitans, et si nécessaire pour y offrir le sacrifice de la Ste.Messe plus decemment qu’on n’a pas fait jusqu’à present, et pour y faire plus commodément ses dévotions.” They first agreed to assess themselves with a voluntary tax to be paid in money or fur, in goods or grain, in wood or carts or day’s work, these assessments being set forth in a memorandum which all who could write should sign.Then they proceeded to elect two of their members, skilled and zealous men, who would not only see to it that the voluntary tax was paid, if necessary “ par toutes voyes dues et raisonnables ”, but would also supervise the choosing of the timber, the cutting of it, the squaring of it and finally the carting and the placing of it in position : these two men were François Bau and Laurent Archambaut (2).By the following year a “ prêtre missionnaire ”, M.François Seguenot, had been appointed to the parish and on November 30, 1675, the election of the two marguilliers was confirmed, but little more seems to have been accomplished (3) ; practical support was difficult to obtain, and at a meeting held on August 1, 1677, to consider the best means to finish the building of a church, it was resolved to make a new assessment and to try by all possible methods to enforce it (4).As a result on March 13, 1(>7cS, the church was sufficiently completed to be consecrated under the title of “ l’enfant Jésus à la pointe aux trembles ” (5).(1) The research in the parish records was carried out by Miss Alice M.S.Ligfathall, without whose constant assistance this article cuold never have been written.(2) Lirrv ilrs Délibérations, vol.I.pp.1-2.(:i) Ibid, p.2.(4) Ibid, pp.3-4.(5) Tbid, pp.6-9 — 412 — It was built of wood and is said to have been 36 feet long by 24 feet broad ( 1 ) ; there is no definite evidence as to its position, but it was certainly not on the site occupied by the present church, though probably fairly close to it.Though this was the first church to be built on the island of Montreal outside the limits of the town, we know nothing more about it except that on Nov.12, 1684, the bell that had just been acquired was blessed and given the name of Thérèse by its godparents, the Sieur Perthuis and Mlle Marie-Thérèse Dugué (2); this bell was later transferred to the new church and was finally broken in the collapse of the belfry on Aug.4, 1817 (3).The parish must however have been fairly prosperous for on Sept.10, 1679 they resolved to buy from Jean Raynau dit Planchear a strip of land two arpents broad by twenty deep on which was a house which was to serve as a presbytery, the whole to cost 960 livres to be paid in beaver fur, money or wheat ; on this land, belonging to the Fabrique, the new church and part of the present village have since built (4).The house with occasional additions and repairs served as a presbytery for over two hundred years ; in 1857 the mar-guilliers discussed with some alarm “l’état de vétusté du presbytère et ses dépendances" and a commission consisting of a mason from Sault-au-Récollet and a carpenter from Rivière-des-Prairies was appointed to survey and report upon it.As a result considerable repairs were made in 1858, but it was no doubt felt that a larger and more modern house was desirable and in 1881 the present presbytery was built at a cost of $4300 (5).By 1705 the old church had become too small for the congregation and on June 24 of that year, M.de Belmont, Superior of the Sulpician Seminary in Montreal blessed the foundation stone of the present building.At (1) Annuaire de In Ville-Marie (1867), t.II, p.215.(2) Livre des Délibérations, vol.T, p.26.(.'!) Annuaire de la Ville-Marie (1867), t.II, p.217.(4) Ibid, p.216; Livre des Délibérai ions, vol.I, pp.10-13.(5) Livre des Coni pics, I, pp.373-4; II, pp.17, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 42; Annuaire de la Ville-Marie (1867), t.II, p.225.• — 413 — first only the nave was built ; it was not until 1740 that it was decided to lengthen the church and build the two side chapels and in 1741 the mason La Rose was paid 1018 livres 11 sols for this work ; this payment was partly in money and partly in wheat, wooden beams and general merchandise to be obtained by La Rose from M.Hervieux, merchant of Montreal.In 1743 he was paid a further 346 livres 2 sols again in money, wheat and goods; in the same year Joseph Dufraux, carpenter, and Jean Baptiste Coutourier, joiner, were paid respectively 846 livres and 300 livres in wheat, money and goods for work on the church, particularly on the roof and wooden vaulting.In addition to this the Fabrique had laid out a considerable amount for materials and in 1743 were still indebted to M.Hervieux for the sum of 2269 livres 14 sols and 4 deniers for goods supplied by him for the building operations then in progress (1).Meanwhile additions had been made to the interior of the church.In 1726 a tabernacle for the high altar had been purchased from a member of the Levasseur family of Quebec — probably Noel Levasseur (1680-1740) — at a cost of 549 livres or possibly more, of which 371 livres were paid in wheat i in addition, 38 livres 6 sols were paid for freight in bringing the tabernacle up from Quebec and 34 livres for the boxes in which it was packed.This sum was raised partly by a voluntary subscription among the parishioners which produced 66 minots of wheat — the equivalent of 132 livres at the current price, and partly by selling the old tabernacle for 100 livres to the Fabrique of Longue Pointe.In 1730, 100 livres were paid to the Ursulines of Quebec for gilding the new one (2).In 1729, the joiner du Tramble had received 30 livres 10 sols for making the pews and for work done in the sacristy, in 1729-30, 13 livres were paid to a mason and 55 livres to Petit, a joiner, for constructing a gallery, while Louis Beaudry received 45 livres for the stair- (1) Lit re des Délibérations, vol.T, pp.85-87; TAvre des Comptes, T, inside of front cover; pp.68, 72.77-7!); Annuaire de la Mile-Marie (1807), t.II.pp.221-222.(2) Litre des Comptes, I, pp.3, ", 8, 13, 14, 29, 30, 32. — 414 — case leading up to it, and 18 livres were expended in ee(hng the workmen who were engaged on the job.In >1 ,du I,ramble was Pa»d 41 livres for making a cup-boaid and a wooden cross (1).In addition in 1729, six candlesticks, a cross, a statute of the Virgin Mary all brought over from France, cost 100 livres and 'three years later 60 livres were paid to the Ursulines for sil- forTmr*e canc’es.ticks- In 1731, a lamp was purchased for 100 livres, 66 livres being collected by voluntary contributions ; two years later two holy water stoups were made for the church by the joiner Coutourier (2) mo aoiWaS ^ ^vision of vestments neglected : In 1, ' :, ,mes;bad been sPent upon material for making f r”b,e8' "1 f inrC0Pe Was Purchased from a M.Mont-foit at a cost of 50 livres and 22 livres were spent in 1735 upon white tafetas for an altar postal.Even larger sums had been expended in 1731 when what the accounts foi°l169yHdeSCr,n aSi " la,b^le chasuble” was purchased o U’9 ,lvres’ 13 sols> while M.Hervieux received 105 li- Zn«r * ,t0 hang before “ »e grand tablau ” - h r th a,n { the 0ne OVer the h‘gh aItar ; four years latu other pictures were obtained from a merchant named de Coagne at a cost of 192 livres, 30 livres being M T°Cn7 I0" mak,> frames for them ; and in n , .,Corteulx supplied two pictures and two candlesticks silver plated on copper for 130 livres (3) be hudding of the chapels and the lengthening of uPH1U,(jh 1,1 4°1;V-rurally involved changes in"the u lor decoration.This seems to have been placed verv argely in the hands of Antoine Cirier “ menuisier sculn 740 .a”d an,inhabltant of the parish ; during the years 1740 to 1745 he was paid 1290 livres 13 sols north ,n ™n"akihPhaIf'ofnthWhea!;- and “wh'andisi' for making half of the vaulting, for taking down and re placing the retable, for making the altar rails (4) in the chapels, taking down, putting back and finishing the (2) 22’ 27' 30' 34' IS) Ibid, up, 23, 34, 35.as 47 40 .t1x> p’cture over the li:ffh altnr’in 1773 "*'v curta'n was bought for w — *.* - “ »" 2 ,,, — 415 — cornice round the church and other work.” In addition in 1740 altar steps were made at a cost of 144 livres and 17 pews were installed in the new gallery at 4 livres 5 sols each ( 1 ).The whole story of this building and equipping of the church as revealed to us by the accounts of the Fabrique give an admirable lesson in early church finance in New France : the donation of voluntary labour by the habitants in the early stages, the gradual way in which the church was added to and the necessary ornaments acquired, the use almost entirely of local skill in its decoration, the payments not only in money but also in kind, the raising of voluntary subscriptions or the making of special levies on the habitants to meet emergency expenses, the sale to less ambitious churches of ornaments that had been proudly replaced by more splendid ones — in some degree all this could be duplicated in most of the parishes of New France.But the real activity in decorating the church did not start until 1750.It has been said that this development was the result of the trained skill and enthusiasm of M.Joseph Dargent who was curé of Pointe-aux-Trem-bles from 1739 to 1747.His enthusiasm may well have played its part, but there seems to be no authority for the statements in Tanguay (2) and l’Annuaire de la Ville-Marie (3) that he was a skilled architect and provided the plans not only for the side chapels which were built during his lifetime, but for the retable which was not even commenced until three years after his death.However this may be, during the period 1750 to 1782 the parish spent 20,399 livres 2 sols 7 deniers on the interior decoration of the church (4).As thee accounts do not always specify particular items it is impossible to divide the expenditure up among the various pieces of work that we know were carried out ; but it is fairly certain (1) Livre des Comptes, I, pp.64, 78, 83, 86.(2) Répertoire Général (1868), p.100.(3) Annuaire de Ville-Marie, t.TI, pp.224, 226.(4) Livre des Comptes, I, pp.09, 101, 103, 105, 107, 109, 111, 113, 115, 117, 119, 121, 123, 125, 127, 129, 139, 141, 143, 145, 146, 151, 155, 157, 159, 161, 163, 165. — 416 — bhehinde.hPehih!,0nn8 S'art,ed by erecting * retable behind the high altar, and two smaller ones behind the 17S0iml wn lfldC Chafjels' These were commenced in \ d w.ork,was st,H continuing on them as late as /4.W e also hear of a cornice which was made round e sanctuary and the chapels, of a tabernacle for one of cot^'W ’ Un Cadre d°ré ” in 1782 which a '/ .hvres> °{ window casements, and in 1773 of very extensrve work done in the sacristy.In the accounts for btIe ,s a ^rief note reviewing the work ckme between October 1773 and Whitsun 1774: “ Depuis le com “ITi-fT \m ,a fV'n,eCÔ" '774 l'on a ne" œ trn J^ pe ta m'""e ' e la glan
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