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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1938-08, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES RECHERCHES HlSTOHlüUES VOL.XLIV LÉVIS, AOUT 1938 No 8 CASTORLAND L’existence d 'une médaille, d ’une pièce de monnaie, d ’un simple jeton dans un cabinet de numismatique suffit parfois à rappeler le souvenir d’événements historiques dont la mémoire est perdue depuis longtemps.C’est ainsi que je recevais du directeur de la monnaie de Paris, il y a quelques semaines, une pièce curieuse, gravée par Duvivicr, représentant à l’avers la tête de Cybèle, ceinte de lauriers et d ’une couronne murale avec l inscription « Frano-Americanu Colonia » et en exergue « Castorland, 1796 » ; au revers Cérès tenant une corne d’abondance au bras droit et un vilebrequin dans la main gauche, debout près d'un érable dont la sève coule dans un bassin posé d’un côté avec une gerbe de blé à scs pieds et un castor couché en exergue, l’inscription rappelant ce vers des Georgiques : «Suive magna parais jrugum ».Mon distingué correspondant me demandait en même temps si je connaissais l’origine de cette médaille et me proposait d’organiser en commum avec son administration et deux grands journaux, l’un canadien l'autre américain, un concours pour en retracer l’histoire qu'il croyait se rattacher peut-être à la Louisiane.Observons tout d’abord que les emblèmes de cette pièce symbolisent l’agriculture et l’industrie sucrière, bien que l’artiste, peu au courant du débit de la sève d’érable ait cru prudent d’y mettre une chantepleure pour en arrêter le gaspillage ; notons ensuite que ces symboles ne peuvent se rapporter à la Louisiane car l’érable et le castor ne s’identifient 226 qu'avec le Canada et les états septentrionaux de la république voisine.L'histoire qui s'y rattache est peu connue, mais tort intéressante car elle se relie à des événements qui nous justifient de la mettre en lumière.En voici l’origine : Lorsque s’annoncèrent les jours sanglants de la Révolution française, un groupe de citoyens voulut se préparer un asile en fondant un établissement à l'étranger.La nouvelle république des États-Unis semblait offrir un refuge idéal à cette fin et, le 31 août 1792, Pierre Chassanis, citoyen français, achetait dans ce but de William Constable, citoyen américain, une étendue de 630,000 acres de terrain dans la partie nord-ouest de l’état de New-York, entre la rivière Noire (BLeck River) et le 44 degré de latitude, dans la région où sont aujourd hui situées les villes de Grcig, Brantingham, Lovvville, Castorland, Carthage, Great Beiid, Black Riverj et Watertown, comtés de Lewis et Jefferson.Cette vente fut faite au prix de 52,000 louis sterling, par acte passé devant Maître René Lambot, notaire à Paris, et le prix devait en être remis au vendeur sur présentation d’un certificat de validité de titre de la part du consul de France à Philadelphie.Dès le mois d'octobre suivant, un prospectus offrait à ceux qui voudraient s’y intéresesr 600,000 acres de ce terrain répartis en 6000 lots de 100 acres chacun payables à raison de 800 livres françaises ($152.28) par lot dont 50 acres attribuables immédiatement et 50 autres à 1 expiration de sept ans.Les autres 30,000 acres étaient réservés pour y fonder deux villes, pour l’ouverture de chemins, la construction de* ponts et 1 établissement d’artisans indigents qui ne seraient appelés à payer que douze sous par acre après le délai de sept ans.La souscription ayant atteint près d’un tiers du capital ollert, une réunion de 41 souscripteurs titulaires de 1808 parts, eut lieu au domicile de Chassanis, No 20, rue de Jus-sienne,à Paris, le 28 juin 1793, et la constitution cle la société fut adoptée sous le nom de «Compagnie de New-York » avec un sceau représentant un érable rongé par un castor et le mot « Castorland » en exergue.Il est déclaré par cette constitution que 200,000 acres de terre acquis par Pierre Chassanis dans l’Etat de New-York sut les bords du lac Ontario et de la rivière Noire sont détenus par lui pour le compte de la compagnie ainsi formée dont a durée est lixée, à 21 ans du 1er juillet 1793- La direction en 227 - est confiée à Chassanis pour la totalité du terme et à quatre commissaires résidant à Paris et éligibles tous les trois ans, tandis que l'administration sur les lieux est attribuée à deux autres commissaires nommés pour l’Amérique et qui doivent donner un cautionnement de 40,000 livres pour la fidélité de l’exercice de leur charge.Les quatre commissaires adjoints au directeur à Paris furent les citoyens Guyot, Maillot, Guinot et La Chaume et les deux délégués à la colonie furent Pierre Pharoux et Simon Desjardins ; les premiers n'avaient droit à aucun salaire mais devaient recevoir deux jetons de présence « du poids de 4 à 5 gros d’argent » (environ 50 cents) pour chaque assemblée à laquelle ils assisteraient tandis que ceux d'Amérique avaient droit à une indemnité annuelle de $600.00 pour leurs frais de déplacement et d'installation, outre une commission sur les profits si leurs travaux donnaient satisfaction.M.M.Pharoux et Desjardins s’embarquèrent au Havre le 8 juillet suivant, à bord du vaisseau américain « Liberty » de 180 tonneaux, capable d’accommoder douze passagers mais ils se trouvaient quarante dont la plupart se rendaient aux Antilles par voie de New-York ; plusieurs d'entre eux formaient des ménages assez pittoresques.Après plusieurs visites de la garde nationale au moment du départ, la rencontre de corsaires à la hauteur de Bordeaux, des Bermudes et même dans la baie de New-York, la tentative de suicide d une dame du Palais-Royal qui était au nombre des passagers avec son « ami » et maints autres incidents relatés avec humour par Desjardins dans son journal, on mit pied à terre le 7 septembre 1793 • Les commissaires partirent aussitôt pour leur destination par voie des rivières Hudson et Mohawk sans savoir au juste où ils trouveraient le territoire qui leur était destiné.quelque part entre la rivière Noire et le 44* degré, mais ils eurent la bonne fortune de rencontrer à Albany, un de leurs compatriotes, Marc-Isambart Brunei, ingénieur de renom (et pour le moment exilé politique) qui se joignit à eux avec empressement et qui leur fut très utile.Ayant engagé quatre « coureurs de bois », dont un canadien du nom de Baptiste, ils partirent d'Albany le 27 septembre en chaloupe, sous la conduite d’un Allemand nommé Simon, avec un chargement de tentes, de provisions, d’ar- 228 mes et d’instruments d'arpentage, remontèrent la rivière Mohawk jusqu'au fort Stanwix, descendirent à la rivière d’Oswégo par W ood Creek et Fish Creek, puis à la rivière Onondaga, à la rivière de l'Assomption (Stony River), à la baie de Nivernois (Hungry bay) et atteignirent l’embouchure de la rivière Noire le 20 octobre.Comme la saison était avancée, ils ne voulurent pas courir le risque d’hiverner sous la tente à cet endroit et décidèrent de revenir à Albany après avoir noté la situation géographique, la topographie et la géologie de leur territoire.Ayant traversé le lac Onéida ils arrivèrent à New-Rotterdam où M.Van der Kemp les régala d’un festin à la viande d ours, qu'ils trouvèrent « délicieuse bien qu’un peu fade », et le colonel Wisher les reçut à dîner à Schoharie tout en s'excusant de garder son chapeau à table « attendu qu'il avait été scalpé par les Indiens ».Il importait cependant de se mettre d'abord en règle au sujet du titre de propriété.Aussi M.M.Pharoux et Brunei se rendirent-ils aussitôt à Philadelphie dans ce but, tandis que M.Desjardins restait à Albany.Ils furent reçus sans enthousiasme par le secrétaire de la Trésorerie et avec moins de courtoisie encore par le secrétaire d’État : « M.Jefferson, dit le journal, ne nous offrit même pas de sièges et quand nous lui eûmes dit que plusieurs milliers de nos compatriotes se proposaient de chercher refuge en ce pays, il lit une grimace fort significative.» De retour à Albany, M.M.Des jardins et Pharoux demandèrent à la législature de l’état de New-York de reconnaître le titre de Pierre Chassanis, directeur de leur société et titulaire des 200,000 acres de ses terres, vu le fait que la situation politique actuelle l’empêchait de venir en personne s’établir en ce pays et ils demandaient le même privilège pour eux qui avaient l’intention d’y demeurer en permanence.Cette autorisation fut accordée aux requérants par acte du 27 mars 1794 mais refusée à leur mandant parce qu’il était étranger.On reprit la route de Castorland le 13 mai, passant par 1 établissement du baron Stenben qui reçut très cordialement ses hôtes, et, dès le 13 juin on commençait la construction d une résidence en bois rond (log house) et divers autres travaux d établissement.Mais la question des titres de propriété n était pas réglée et M.Desjardins se voyait dans l’obli- 229- gation de revenir hâtivement à New-York à ce sujet.Pendant son absence, la petite colonie fut décimée par une maligne épidémie qui la força de prendre aussi le chemin de retour à Albany où elle parvint après avoir enduré les plus grandes fatigues.L’énergie des colonisateurs était pourtant au-dessus des souffrances.Dès le l'r juin 1795, ils retournaient à Castor-land qu’ils atteignaient le 20 du même mois et ils y établissaient un moulin, une forge, un canal et autres travaux au cours de l’été, mais une épreuve plus grande encore que les autres, devait bientôt fondre sur eux.M.Pharoux traversait la rivière avec sept compagnons pour faire de l’arpentage le 21 septembre lorsque le radeau sur lequel ils se trouvaient fut entraîné dans les chutes (Lo»g falls) et il se nova avec deux autres hommes, en même temps que leurs instruments géodésiques, leurs habits et leurs provisions sombraient dans l’abîme.La maladie se mettant de nouveau dans le campement et la neige commençant à tomber le 17 octobre en même temps que les provisions s’épuisaient, M.Desjardins décida de retournera Albany avec ses ouvriers en laissant l’établissement aux soins de M.Robinson et d’une famille canadienne pour la saison d’hiver.Au printemps suivant (1796) Desjardins reprit la route de Castorland avec une caravane de colons mais il constata qu’une bonne partie de ses bestiaux étaient morts de faim pendant l’hiver tandis que d’autres s’étaient perdus dans la forêt ; ces revers ne purent cependant abattre son courage : « habitué aux contretemps dans tout ce que nous entreprenons, dit-il, je ne m’occupai que du remède ».Pour comble d’infortune, un étranger qu’il avait engagé temporairement vola le trésor de la compagnie dans la nuit du 28 juin, s’enfuyant avec le canot et six cents dollars en argent et billets de banque outre des papiers importants contenus dans une petite malle.On se mit à la poursuite du voleur, on l’atteignit, on le fit arrêter, mais au sortir de l'audience, Desjardins fut l ’homme le plus surpris du monde de voir son accusé entrer dans une taverne avec le constable qui l’avait en garde et s’attabler familièrement avec le magistrat qui devait rendre sa sentence.L’été fut consacré, entre autres travaux, à la préparation d’une carte du territoire de l’établissement qui fut envoy-voyée au siège social en France.Sans se rendre compte des 230 accidents du terrain, M.M.les commissaires de Paris établirent des lots et des routes qui passaient parfois à travers des marais ou au-dessus de précipices infranchissables, et, comme les instructions étaient péremptoires, il fallait s’y conformer.7 Mais ce ne fut pas tout.A la fin de septembre, un nouveau commissaire du nom de Rodolphe T.11 lier « membre du Conseil Souverain de Berne » arriva sur les lieux porteur de pouvoirs de la compagnie « en remplacement de M Desjardins depuis le 1" juillet 1796») au salaire de $600 par année, et une commission sur la vente des lots avec droit de passer les quatre mois d'hiver à New-York pour ses affaires personnelles.C était un intrigant qui avait réussi à se faire imposer par un groupe de financiers suisses à raison des prêts d’argent qu ils avaient consentis à la compagnie sur hypothèque de ses immeubles, et le directeur Chassanis, découragé des mauvais résultats de 1 entreprise, s’était raccroché à lui comme sauveteur.Il apportait vraisemblablement les médailles de Castorland dont nous avons parlé au début de cet article et qu il projetait de distribuer à l'inauguration de son avènement.Navré de chagrin, Des jardins remit à son successeur les papiers et autres biens d’un établissement auquel il avait consacré le meilleur de sa vie et, le 2 novembre, il quittait Castorland « avec un pressentiment, dit-il, que |e n y reviendrais plus ».Tillier, qui comptait accomplir monts et merveilles ne fut pas plus heureux que ses devanciers.Il chercha sans plus v e succès, a obtenir la ratification des titres de Chassanis par la legislature de New-York ; il fit établir au prix de fortes dépenses en instruments d’agriculture, outils, animaux et approvisionnements, une vingtaine de familles parisiennes sur les bords de la rivière au Castor où elles connurent toutes les privations et les souffrances des pionniers dans une foret vierge, entreprise destinée à un échec inévitable.Bien plus 1 intégrité de son administration semble avoir ete mise en doute au point que deux ans à peine après son arrivée, C lassams demandait à Gouverneur Morris, ancien ambassadeur des États-Unis qu’il avait connu à Paris, de Prendre contrôle des affaires de la compagnie, d’examiner les comptes de Tillier et de lui interdire toutes dépenses nouvel- 231 - Devant 1 impossibilité d’obtenir le titre de propriété en son nom, Chassanis s’était tait autoriser par l'assemblée des actionnaires tenue le 14 mai 1798 à en faire le transport à son beau-frère Jacques-Donatien Le Roy de Chaumont, qui était citoyen américain et dont le père avait reçu Benjamin Franklin pendant son séjour à Paris.LeRoy s’entendit aussitôt avec Morris vers qui il dépêcha l'abbé Pierre Joulin, curé de Chaumont, qui avait refusé de prêter le serment constitutionnel à la République Française et qui saisit avec empressement cette occasion d’échapper à la guillotine.Mais Tillier paya d'audace.Par une annonce publiée dans les journaux d’Âlbany, en date du 8 janvier 1800, il invitait le public à « ne pas se lier aux rapports envieux de Gouverneur Morris ou de Pierre Joulin ni de leurs substituts: Richard Cone (nommé à la succession de Tillier), Jacob Brown, (agent des terres), et Patrick Blake (gendre du notaire Lambot), ou autres personnes agissant à l’encontre du signataire au nom de la compagnie de New York ou de Pierre Chassanis ou de Jacques LeRoy » et au mois d’octobre suivant il publiait un pamphlet virulent contre Chassanis auquel celui-ci crut nécessaire de répondre par une justihea-tion écrite qu’il adressa aux actionnaires de la compagnie.Morris intenta une action en reddition de comptes et en réclamation de titres à Tillier qui répondit par une contre-réclamation de $23,493-92 mais il offrit subséquemment de la réduire à $2,000.00 payables en terrain, et il passa finalement en Louisiane.Chassanis mourut à Paris le 28 novembre 1803 et les terrains de la compagnie de New-York, furent peu à peu vendus à des colons américains qui, plus endurcis au genre dévié et au climat du pays, firent prospérer cet établissement.Le souvenir des pionniers subsiste cependant par quelques noms donnés aux localités de cette région, tels que Castor-land, LeRoy, French River, (aujourd'hui Oswegatchee) et Beaver Creek; un poète de l’endroit Caleb Lyon of Lyons-dale a consacré un poème à cette courageuse aventure, il y fait allusion à la médaille commémorative dont nous avons lus haut en disant : n was struck a classic medal by this visionary band : Cybele was on the silver, and beneath was Castorland ; The reverse a tree of maple, yielding forth its precious store, salve magna parens frugum was the legend that it bore.» 232 La compagnie fut dissoute à l’expiration du terme de 21 ans fixé pQur la durée de scs opérations, soit le lor juillet 1S14 Llle devait 561,766 livres à ses créanciers suisses qui se portèrent acquéreurs de ses biens à la vente publique de sa liquidation.LcRoy y prit une part d'intérêts considérable et vint en administrer les affaires sur les lieux, mais il se voyait obligé de déposer son bilan dix ans plus’tard et son tils \ inccnt en reprit la direction avec succès.Ainsi finit une entreprise hasardeuse qui devait pourtant se répéter avec les mêmes résultats dans la colonisation du Champ d Asile dès 1 année suivante.Victor Morin CALINES, CHAPEAUX DE PAILLE ET MARMOTTES Sylva Clapin,dans son Dictionnaire canadien-français, démit ainsi la câline : « sorte de coiffure en forme de coiffe legere, portée surtout dans les campagnes et qui est parmi nous 1 un des derniers vestiges des anciennes coiffures féminines si pittoresques du temps du régime français ».Cette assertion est sujette à revision, mais nous ne pourrons dire pourquoi que plus tard.11 \ a cinquante ans, la câline (1) était fréquemment portée par le beau sexe, lors du travail dans les champs ou es jardins.Faite de toile ou d’indienne, elle se lavait fadement, s empesait et pouvait offrir un air coquet, selon le gout et 1 habileté de la couturière campagnarde qui souvent était une artiste innée.¦ ^.srtn Ct?I1^t*onna également en paille, en la forme des coiffures des dames de 1830 à 1860.Orné de rubans, de linon de velours, cette câline se portait alors au village comme a la ville.Et puisque nous avons parlé de la paille, abordons ce sujet.fication ELCTaaitr«l0r?i-»^r?'”<
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