Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 janvier 1941, janvier
RECHERCHES HISTORIQUES BULLETIN D’ARCHÉOLOGIE, D’HISTOIRE, DE BIOGRAPHIE, DE BIBLIOGRAPHIE, DE NUMISMATIQUE, ETC., ETS., PUBLIÉ PAR PIERRE-GEORGES ROY VOLUME QUARANTE-SEPTIÈME IÆVIS 1941 LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XLVII LEVIS, JANVIER 1941 No 1 LES JÉSUITES AU DÉBUT DE LA COLONIE Mesdames, Messieurs, Le Père Camille de Rochemonteix raconte dans son admirable ouvrage Les Jésuites et la Nouvelle-France que la reine Anne d’Autriche, “ayant entendu le récit de la captivité et de la délivrance” de saint Isaac Jogues, au pays des Iroquois, dit aux dames de la Cour : “ On fait tous les jours des romans qui ne sont que mensonges.En voici un qui est une vérité et où le merveilleux se trouve joint à l’héroisme le plus admirable.” # / En effet, le récit de la vie des premiers missionnaires Jésuites à l’aube de la Nouvelle-France, l’histoire de leurs randonnées apostoliques à travers l’Amérique du Nord, de leurs activités inlassables, de leurs découvertes, des privations et des souffrances qu’ils ont endurées, est aussi attachante que les chansons de gestes._ On m’a prié de vous entretenir brièvement sur ce sujet: “Les Jésuites au début de la colonie.” Ne faudrait-il pas une voix plus autorisée?.Quoiqu’il en soit, je suis heureux à l’occasion du 4ème centenaire de la Compagnie de Jésus, de dire l’oeuvre immense que les Pères Jésuites ont accomplie, nos raisons de l’aimer et d’en être fiers et de payer à ces héroïques missionnaires pionniers, découvreurs et martyrs de la foi, les droits et dîmes de nos coeurs reconnaissants.* * * Les Pères Jésuites ont joué un rôle considérable dans la Nouvelle-France au 17ème siècle.Ils ont pris une part acti- — 4 — ve à presque tous les événements politiques et religieux de la colonie.Aussi Bancroft, l’historien protestant, a-t-il rendu un hommage d admiration bien mérité à leur dévouement, quand il écrivait: “L’histoire de leurs travaux se rattache à 1 origine de toutes les villes de l’Amérique française.On ne doublait pas un cap, on ne traversait pas une rivière, sans qu’un Jésuite nous montrât le chemin.” .( 1 ) .Dès 1611> les Pères Biard et Massé arrivaient en Acadie.Les Pères Récollets débarqués à Québec en 1615 envoyaient spécialement à Paris, en 1624, le Père Piat et le’Frère Sagard, afin de prier les Jésuites de venir partager ici leurs labeurs apostoliques: et, le 24 avril 1625, s’embarquaient à Dieppe, les Pères Jean de B rébeu f, Charles Lale-mant, Ennemond Massé et deux coadjuteurs François Char-ton et Gilbert Buret.Les Relations nous informent que dès leur arrivée a Québec, les premiers Jésuites recherchent un endroit favorable pour s’y bâtir et cultiver.ru }eijaoût 16,26; le supérieur de la maison, le Père Charles Lalemant, écrivait à son frère: “Nous avons depuis toujours continue, nous cinq, à déraciner les arbres et à bê-cnei la terre tant que la température a permis.” Alors que dans la nouvelle colonie, malgré les protestations de Champlain, bon nombre de nouveaux arrivants ne s intéressent qu au commerce des fourrures, les Pères Tésui tes comprennent la nécessité de donner l’exemple aux colons venus de France afin qu’ils restent fidèles à leur vocation turTeTf H 'T1"'"1601 une'mpulsion vigoureuse à Pagricul-p- ..(1) History of The V.S., T.IV, chap.20. — 6 — charbons au bout d’une longue fourche.Tous partagèrent ce régal, les hôtes du lieu se servant en guise d’essuie-mains de leurs cheveux ou du poil de leurs chiens.” ( 1 ) Quelques jours après le Père Lejeune, pourchassé par un fanatique qui voulait le tuer, était réduit à se coucher sur la terre nue et recouvert simplement d’une feuille d’écorce qu’une charitable indienne avait étendue sur lui : “Bien que mon lit, écrivait-il, n’eut pas été refait depuis la création du monde, il ne fut pas assez dur pour m’empêcher de dormir.” ( 2) Ailleurs, Parkman nous raconte les rigueurs du premier hiver canadien: “Les Pères, assis le soir autour des troncs enflammés qui remplissaient les larges âtres, entendaient au dehors les arbres de la forêt voisine craquant par l’excès du froid, avec un bruit semblable à celui produit par des coups de pistolet.L’encre se glaçait, et les doigts perdaient tout sentiment.Pendant que Lejeune travaillait sans relâche les conjugaisons et le vocabulaire algonquins, ou essayait de traduire le 1 atei dans cet ingrat idiome.Toutes les nuits, l’eau gelait quoique placée dans des vases près du feu, et il fallait le lendemain la briser à coups de hachette; les couvertures se frangeaient de glaçons sous l’haleine des dormeurs, et les petites vitres de leurs cellules disparaissaient sous une épaisse armure glacée.” (3) Mais n’insistons pas.Personne n’attacherait aucune importance aux calomnies de Michelet si quelques historiens canadiens ne s’étaient laissés influencer par des écrits comme ceux que je viens de citer.Avant que les Martyrs Canadiens, les Pères de Bré-beuf, Jogues, Lalemant, Garnier, Chabanel.Daniel, le novice Rene Goupil et le donne Lalande aient eu le privilège insigne de la canonisation, la pureté et l’héroïsme de leurs vies étaient reconnus.Aussi, le jugement de Pie XI sur les Mar- etrnnbind,en-S trax;ersera les siècIes et laissera dans l’ombre et 1 oubli leur impudents détracteurs.(1) Les J t suit es dans /’ Amérique du Nord, p.io.(2) Pnrknmn, pngo 17.(2) I'arkmnn, page 12. 7 — Les Jésuites au nouveau monde se constituèrent historiens et journalistes; et, les Relations où chaque année ils enregistrent les faits quotidiens de leur vie, ont aidé considérablement au développement de la colonie.Ai-je besoin d5expliquer ce qu’étaient les Relations?Le fondateur de l’ordre des Jésuites, saint Ignace de Loyola, “avait enjoint ses premiers compagnons dispersés en Italie de lui écrire une fois la semaine.En 1547, il adressait à toute la compagnie des prescriptions fort minutieuses sur le commerce épistolaire.(1) Après la mort de saint Ignace, la congrégation générale décréta que les Provinciaux seraient tenus d’envoyer à Rome, une fois l’an, “le récit des faits mémorables accomplis dans les limites de leur juridiction”.Les rapports reçus de leurs provinces étaient confiés à un Père distingué par son talent qui devait les analyser et en faire des extraits.Ces extraits reliés en volume constituaient l’histoire annuelle de la société.Voulez-vous me permettre, mesdames et messieurs, de vous conseiller la lecture d’un magnifique volume publié le mois dernier à Montréal, par le Rév.Père Léon Pouliot et intitulé: “Etudes sur les relations des Jésuites de la Nouvelle-France.” Vous trouverez là l’histoire des relations des Jésuites, l’analyse de ce qu’elles contiennent, aussi bien que des lumières précieuses sur la nature de l’influence qu’elles ont exercée.Saint François-Xavier avait indiqué le but des Relations: “Faire connaître en Europe les progrès de l’Evangile, les travaux des missionnaires, les obstacles que rencontre leur apostolat et ensuite, édifier ceux qui les liront.” Ces récits des Pères Jésuites publiés en Europe chaque année étaient lus avec une extrême avidité par la jeunesse des collèges des Jésuites de France, par toutes les âmes pieuses et même par les courtisans de la Cour du grand roi.C’est la lecture des Relations qui a inspiré les vocations magnifiques de la Révérende Mère Marie de l’Incarnation, la fondatrice des Ursulines et de la Révérende Mère Catherine de St-Augustin, de l’Hôtel-Dieu de Québec.C’est encore la Relation de 1647 qui dirige monsieur de la Dauversière au su- (1) Etude sur les Relation* des Jésuites, H.P.Léon Pouliot, p.‘i. — 8 jet de la fondation de Montréal, “vers M.de Maisonneuve et ses compagnons.” C’est la Relation de 1639 qui a exercé une influence décisive sur la vocation de Jeanne Mance.Plusieurs vocations de missionnaires ont été inspirées par la lecture des Relations comme celles de saint François Régis, les Pères Claude Allouez et Gabriel Druillettes, etc.Ces Relations qu’on a pu précieusement conserver, mémorial héroïque de la vie, des travaux apostoliques des Pères Jésuites, constituent une source prodigieuse de renseignements pour ceux qu’intéresse l’histoire de notre pays.Les Relations, qui ont exercé une influence considérable sur les missions, ont largement contribué au peuplement de la colonie aussi bien qu’à son développement économique.La Relation de 1632 vante la fertilité du sol.On y mentionne les arbres fruitiers qui y croissent, on y rapporte comme possible la culture de la vigne.On y décrit le St-Laurent “roi des fleuves”.“Ici, ajoute-t-on, pas de pratique pour les avocats, pas de chicaneries, des lois, mais en petit nombre, qui sont bienfaisantes, respectées et aimées.” Quand, pendant près de trente ans, les incursions des Iroquois mettent en péril la colonie naissante, les Relations ne cessent de demander à la Cour de France d’envoyer les secours nécessaires.La Relation de 1661 s’ouvre par une Epitre touchante au Roi, que signe le Père Lejeune et dont je me permets de citer un extrait: “Voici votre Nouvelle-France aux pieds de V.M.Une troupe de barbares, comme vous fera voir ce petit livret, l’a réduite aux abois.Ecoutez, Sire, si vous l’avez pour agréable, sa voix languissante et ses dernières paroles: Sauvez-moi, s’écrie-t-elle, je vais perdre la religion catholique; on me va ravir les Fleurs de Lys; je ne serai plus française, on me dérobe ce beau nom dont j’ai été honorée si longtemps; je tomberai entre les mains des étrangers, quand les Iroquois auront tiré le reste de mon sang qui ne coule quasi plus; je serai bientôt consommée dans leurs feux; et le démon va enlever un grand nombre de nations qui attendaient le salut de votre piété, de votre puissance et de votre générosité.Sire, voilà les soupirs et les sanglots de cette pauvre affligée.” .Louis XIV ne devait pas rester sourd à cet émouvant appel. — 9 — Bientôt arriveront Courcelles, le marquis de Tracy et le régiment de Carignan.Puis-je parler des Pères Jésuites cornue historiens sans évoquer la grande figure de l’historien de la Nouvelle-France, le Père Charlevoix.Professeur à Louis le Grand.Charlevoix, qui avait déjà plusieurs ouvrages à son crédit, “est chargé spécialement par le régent en 1719 de l’informer sur place des vraies limites de l’Acadie et des découvertes à faire dans l’extrême ouest.” Il vient à Québec, parcourt toute l’Amérique française de Québec à la Louisiane, se rend jusqu’à la Havane et dans les Antilles françaises, et publie en 1721 son remarquable ouvrage: “Histoire et description générale de la Nouvelle-France, et le Journal Historique du voyage fait par ordre du roi dans l’Amérique Septentrionale.” * * * Les Pères Jésuites qui avaient voué leur vie à l’évangélisation des tribus indiennes, voulurent, dès leur arrivée en Amérique, consacrer leur talents et leurs ressources à l’éducation des jeunes Canadiens aussi bien que des jeunes sauvages.Aussi, s’empressent-ils à construire à Québec un collège.Dès 1626, alors que cette ville ne comptait qu’une soixantaine de Français, le fils du marquis de Gamache avait offert et fait donner plus tard par son père 16,000 écus d’or avec une rente annuelle de 3,000 livres.La prise de Québec par les frères Kirk retarde le projet.Après le départ des Anglais, le père Lejeune pose les fondements du collège, sur un terrain concédé à cette fin par la compagnie des Cent Associés.En 1665, on y enseigne les humanités, la rhétorique, la philosophie, la théologie.En 1695, “on y enseigne avec éclat les mathématiques et l’hydrographie”, cette partie de la géographie physique d’un pays qui comprend spécialement l’étude des cours d’eau, lacs, etc., aussi bien que l’étude de la configuration exacte des côtes, des profondeurs de la mer et des mouvements de la marée.( 1 ) Ce cours est inauguré en 1671, à la demande de Talon.“On espérait avec raison, dit le Père de Rochemonteix, que ce cours plus pratique que (1) Larousse Illustri'. — 10 — scientifique que monsieur Talon appelle pompeusement cours de sciences, serait une pépinière de navigateurs et de decou- VrCU'vous vovez, mesdames, messieurs, que les politiciens d’aujourd’hui' n’ont pas inventé l’idée de l’éducation pra iq^ puisqu’on la donnait au Canada il v a plus de deux siècles Le collège des jésuites, première institution d enseignemei -conclure en Amérique du Nord, a rendu des services conside-r-ihlf's à la race canadienne-française.1 On connaît les vicissitudes par lesquelles cette admira i e institution a passé.Fermée lors de la conquête, °1 e T" transformée en caserne par le general Murray en 176V devait tomber sous la pioche des démolisseurs en 18/7 pour faire place à l’hôtel de ville actuel., .A cette occasion.Faucher de St-Maunce écrivait une nage admirable que je suis heureux de citer .' “ C’est là dit-il.que se sont formes des interprètes, des diplomates, mieux que cela, des otages, qui plus d’une fois ont préservé la Nouvelle-France des plus affreux dangers, le P.Bigot, qui réussit à retenir les Acadiens in îtes le • Bruvas, qui avait tant d’empire sur les Iroquois; le T .t.ravier qui dominait les Hurons par son éloquence; le l .Lnjdi-ran, qui en faisait autant des Outaouais et des A gonquins.le Père de Lamberville.que le gouverneur de Calheres reconnaît dans une de ses dépêches comme étant le sauveur du Canada.Sous ce toit, les PP.Lejeune, Jérome Lalemant, Enemond Massé, Chaumonot, Labrosse, de Brebeuf.Vincent Bigot, de Crépieul, de Carheil, ont su devenir des hn-cuiistes distingués.Après leurs périlleux voyages, venaient prier et méditer ici le P.Allouez, qui avait fait plus de deux mille lieues dans une de ses courses évangéliques et pousse fort loin dans le nord ; le P.Albanel, le découvreur de la Bave d’Hudson.Dans le silence de ces cellules, le P.de Bonécamp préparait ses travaux d’hydrographie et ses études sur les voyages scientifiques; le P.Bressani faisait d importantes observations astronomiques; le P.Laure levait sa carte depuis le Saguenay jusqu’au lac des Mistassins: le R.Aubery esquissait celle du pays situe au midi du St-Laurent, le T .Lafitau mettait ses herbiers en ordre et découvrait le ginseng ; les Pères Charles Lalemant, Lejeune, Barthélemy Vi- — 11 — mont, Jérôme Lalemant, Ragueneau, d’Ablon, Brébeuf et de Quen rédigeaient les Relations des Jésuites, ce monument impérissable de leurs travaux et de leur dévouement; le 1 • Charlevoix commençait à accumuler les travaux de sa magnifique Histoire et description générale de la Nouvelle-France.Ici.les Pères Ménard et de Noué sont venus demander à Dieu la force de mourir isolés, pour la plus grande gloire de son nom.l’un au fond des bois.— martyrem in umbra — l’autre sur les glaces du lac Saint-Pierre.Là aussi ont vécu, travaillé et prié Jogues, Gabriel Lalemant, Garnier, Daniel, René Goupil.Garreau, Buteux, Rasle, Chabanel, Anneau, tous ces généreux apôtres qui ont souffert pour la foi et confessé le Christ dans leur sang.“ A côté de ces noms que nous a transmis 1 histoire, continue M.Faucher de Saint-Maurice, d’autres personnes ont vécu sous ce toit béni, dans les joies et les tristesses de 1 apostolat, dans l’oubli des honneurs, dans la paix de Dieu.Les unes sont mortes de maladies pestilentielles, contractées au service des soldats et de la population ; d’autres ont mené une vie de retraite et d’abnégation ; d’autres en sont parties et ont disparu dans leurs missions, sans qu’on ait jamais entendu parler d’eux.Chaque membre de la compagnie de Jésus qui venait au Canada, prenait sa croix Québec, et, quelque lourde qu’elle pût être, il la portait sans sourciller — comme le Maître — se faisant barbare pour ainsi dire avec les barbares pour les rendre tous enfants de Dieu.” Mesdames et messieurs, ceux qui aiment les Jésuites et qui ont pour eux la reconnaissance que tout Canadien bien né doit ressentir, se sont réjouis quand l’Eglise de Québec a permis à la compagnie de Tésus, de ressusciter sur les hauteurs de Ste-Foy, le collège des Jésuites qui, suivant le mot du Père de Rochemonteix, fut, pendant 133 ans, “ le berceau de la religion, de la science et des arts.” Le nouveau collège _ St-Charles Garnier qui s’élève au lieu où le chevalier de Lévis, en 1760, prenait la revanche glorieuse de la première bataille des Plaines d’Abraham, sera, j’en suis sûr, comme l’ancien, une pépinière de savants, de patriotes, de bons serviteurs de la religion et de la natrie canadienne.' * * * Historiens, journalistes, éducateurs, les Jésuites pren- — 12 — nent une large part au développement economique et poli i-que du pays Nous avons dit tout à l’heure 1 attention particulière qu’ils ont donné au développement de 1 agriculture M.Pierre-Georges Roy rapporte que le premier moulin à farine portatif dont on se serait servi au Canada, y aurait été apporté par les Pères Jésuites., On leur attribue la premiere decouverte d une mine de cuivre aux bords du lac Supérieur.Historiens, les Jésuites se font géographes et cartographes Plusieurs des cartes géographiques qu’ils ont tracées existent encore.Elles ont même été utilisées dans les négociations des traités., Si les Pères Jésuites avaient dans la colonie des adversaires irréductibles, le peuple les aimait.J’en vois une preuve dans le récit que fait le savant suédois Kalm de son \o\a ge en Nouvelle-France durant l’été de 1749.Son volume traduit en allemand, en hollandais, en français et en anglais rapporte un dicton qu’il prétend avoir recueilli en Nouve le-France: ‘‘ Pour faire un Récollet, disait-on, il faut une hachette, pour un prêtre un ciseau, mais pour un Jésuite il faut un pinceau ”., Je regrette que l’heure brève ne me permette pas de préciser davantage l’importance du rôle politique joué par les Pères Jésuites au Canada.Vous vous rappelez leurs découvertes auxquelles Faucher de Saint-Maurice fait allusion dans -.a citation que je lui ai empruntée.Parkman parlait des Pères Dablon, Allouez et Marquette comme d’un illustre triumvirat et il raconte avec émotion la façon dont les Illinois accueillirent le Père Marquette et Louis Jolliet, les illustres découvreurs du Mississipi : “Que le soleil est beau, Français, disait le chef illinois, quand tu nous viens visiter ”._ Quand vers 1645, le gouverneur monsieur de Montma-gny veut conclure un traité de paix avec les Iroquois, il leur envoie les Pères Jogues et Jean Bourdon, célèbre ingénieur, arpenteur, légiste et soldat et qui traça la première carte du Canada français.Vers le même temps, les Anglais au nombre de 40,000 avaient créé dans le Massachusett les quatre colonies de Boston, Plymouth, Connecticut et New-Heaven et formé une — 13 — confédération sous le nom de “ Colonie de la Nouvelle-Angleterre Une assemblée, dite cour des commissaires et qui se réunissait “pour discuter de la paix, de la guerre et des alliances En 1647, la cour des commissaires de Boston avait manifesté le désir de nouer, avec les Français du Canada, des relations commerciales.Le conseil de Québec vit là une occasion favorable pour tenter d’effectuer une alliance avec les Anglais pour faire la guerre aux Iroquois.Le gouverneur charge le Révérend Père Druillettes de se rendre conférer avec les plénipotentiaires de Boston.En 1653, le Père Lemoyne est envoyé par le gouverneur Lauzon en qualité d’ambassadeur au pays des Onontagués.Le Père Aubéry immortalisé par Chateaubriand dans Atala et qui est avec le Père Rasle, 1 apôtre des Abénaquis “ releva la carte de l’Acadie et indiqua d’une manière précise, la ligne de délimitation qui, d’après le traité d’Utrech devait séparer au midi du St-Laurent, les possessions françaises des possessions anglaises.” Les historiens regrettent que la Cour de France n’ait pas écouté ses recommandations et Carneau écrit: “ L’humble prédicateur avait prevu les préten tions de Londres vingt-six (26) ans avant quelles fussent mises à jour.” Quand, en 1671, Talon délègue le capitaine de St-Lus-son, pour prendre possession des pays d en haut, dans une assemblée plénière, le Père Allouez l’accompagne.Ce grand linguiste qui parle six dialectes indiens harangue la multitude et assure le succès de l’expédition.Chateaubriand a bien compris dans le Génie du Christianisme la grandeur du rôle politique joué par les Pères Jésui-Jésuites en Amérique du Nord.>( “ Si la France, dit le célèbre écrivain, vit son empire s e-tendre en Amérique par de là des rives du Meschacebé ; si elle conserva si longtemps le Canada contre les Iroquois et les Anglais unis, elle dut presque tous ces succès aux Jésuites.Ce furent eux qui sauvèrent la colonie au berceau, en plaçant pour boulevard, devant elle, un village de Hurons et d’Iro-quois chrétiens, en prévenant des coalitions générales, d indiens, en négociant des traités de paix, en allant seuls s’exposer à la fureur des Iroquois, pour traverser les desseins des Anglais.Les gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre ne ces- — 14 — sent dans leurs dépêches, de peindre nos missionnaires comme leurs plus dangereux ennemis.“ Ils déconcertent, disen ns les projets de la puissance britannique; ils découvrent (Ses secrets et lui enlèvent le coeur et les armes des Sauvages .- • \ son tour, le Père de Rochemonteix rapporte un témoignage véridique rendu par la Revue des Deux Mondes en 187S- (1) “ Si la Providence, dit-il.dont la volonté est plus forte que celle des hommes, ne leur permet pas de réaliser complètement le rêve de leur nouvelle ambition, ils contribuent du moins pour la meilleure part à l’extension des colonies de France; ils firent communiquer véritablement les possessions du St-Laurent avec celles du Mississipi, le Canada avec la Louisiane.Ils ont ainsi donné sans coup férir à leur pays un des plus beaux domaines d’outre-mer que jamais nation ait eus mais que la France n’a pas su conserver.Mesdames, messieurs, à l’occasion du 4ème centenaire de la fondation de la compagnie, nous avons le devoir d’assurer l’ordre des Jésuites de notre reconnaissance la plus profonde aussi bien que de notre sincère affection.Onésime Gagnon QUESTIONS Kalm écrit que pendant son séjour dans la Nouvelle-France, un curé, avec la permission de l’évêque, se démit de sa cure pour entrer dans la Compagnie de Jésus.Connaissez-vous ce prêtre ?S.J.Dans nos bonnes familles canadiennes, quand un violent orage éclate avec accompagnement de tonnerre, on fait le signe de la croix.Même, souvent, on allume un cierge bénit pendant tout le temps que le tonnerre gronde.Cette pieuse coutume nous vient-elle de la vieille France ?Cur.(1) Revue des Deiu'-Monries, t.0, p.553. — 15 — LA FAMLLE BABY CHENEVILLE ET LES COMMANDANTS DU FORT NIAGARA Aux lecteurs qui aiment émender leur bon vieux dictionnaire TaiiRuay.si utile, malgré ses omissions et ses mepnses, n°U" Bkn'des1 Canadiens et des Français vécurent momentanément dans l'Ouest autrefois, ils s’y marièrent e d X' SS «MS Si elle avait été partagée par d’autres, aurait fait le boni,eu.des généalogistes, même des historiens.En l’an 1742, Joseph Baby Cheneville, fils 'P f'E'V It icien^efï eaire g^éral.lui ayant accordé dispense de T’officiant fut le P.Récollet ].-B.Lajus.Presents a a de Villeray, Milon et de Cannes, tous officiers le la garni son Aussi, demoiselles Lebert-Laforce et Le Palbeur.Quelques jours plus tard, ( le 1- Bun)> c pen_ faire copie de l’acte de son mariage par le R.1 • Lajus et i en ‘ v.lit à Montréal où on annexa le document au registre de Notre-Dame Hélas! quand Mgr Tanguay établit son volumineux dictionnaire, un des scribes qui l’aidaient lui donna U date du 10 mai pour celle de la ceremonie et il omit de nf le grand compilateur que cet acte de fnarngp,netaa qu’annexé au registre de Montreal et que ce n était qu un c.trait du registre de Niagara.< Tr n ot Voilà pourquoi on lit dans le Dictionnaire, vol.IL p.93, — 16 — que la cérémonie eut lieu à Montreal et le 10 mai.Double erreur.Au vol.IV, p.491, et au vol.VII, p.227', clans le même ouvrage, on lit que M.Hérault de St-Michel, sieur de Cour-ville était à Montréal, le 6 juin 1742.Autre assertion erron-née, basée sur le même document et qu’il faut également corriger.L’officier ne pouvait être le même jour à Montréal et à Niagara.Le sieur Baby Cheneville a laissé autre chose sur sa famille.Lorsqu’il quitta le fort Niagara pour venir demeurer à Montréal, il se fit donner des extraits baptistaires des enfants dont il avait été père là-bas, puis, rendu à Montréal, il les remit au notaire Adhémar, avec ordre de les conserver dans ses minutes, afin que copies pussent en être obtenues au besoin.Comme ces actes ne sont pas dans le Dictionnaire Tanguay nous en donnons le résumé.1743, 19 mars — B.de Marie-J ose plie, fille de Joseph Baby Cheneville, garde magasin pour le roi audit poste et de demoiselle Angélique Robert Satscn (1) son épouse.Par-ram: M.de St-Michel, sieur de Gourville, commandant.Marraine : Josèphe La Force dame Rouer de Villeray.1744, 28 mars — B.de François-Charles, enfant des mêmes.Parrain : Charles de Raymond, commandant.Marraine : Josèphe Baby Cheneville.1746, 7 septembre — B.de Marguerite-Catherine, fille des mêmes.Parrain: M.Duplessis Faber, capitaine et commandant.Marraine: Catherine Peltier, dame Duplessis Faber.1748, 20 février — B.de Pierre-Marie, fils des mêmes.Parrain : M.de Contrecoeur, lieutenant, commandant audit poste.Marraine: Marie Joncaire.Tanguay, vol.II, p.93, nomme les deux enfants qui naissent ensuite à Montréal.Remarquons cependant qu’il se trompe au sujet d’une Catherine, qu’il dit née en 1747, il ne sait où.Cette fille avait été baptisée dans l’Ouest le 7 septembre 1746.Elle épousa Christophe Sanguinet, à Montréal le 14 février 1763.(1) Voir l’explication fi la fin de l'article. — 17 — Quant à l’aînée des demoiselles Baby Cheneville, Marie-Josephe, nous croyons que c’est elle qui épousa le 7 janvier 1766, Louis Chaboillez, bien qu’elle soit alors prénommée Angélique et dite âgée de 20 ans.En réalité elle aurait eu 22 ans et quelques mois.XXX Outre les corrections signalées, les actes ci-dessus nous procurent les noms de quatre officiers qui commandèrent à Niagara de 1742 à 1748 et si nous recourons au contrat de mariage dressé à Niagara, par le R.P.Lajus, le 22 juin 1754 (2) nous aurons un cinquième commandant.Plaçons ces noms dans l’ordre chronologique.1742-1743 — François Hérault de Saint-Michel, sieur de Gourville, veuf de Perinne Lefebre Duplessis Faber.Il décéda à Montréal, en 1748.1744 — Charles de Raymond, Ce peut être ce chevalier de Raymond dont parle M.Régis Roy, dans le B.R.H.de 1916, p.351.Cet officier était major intérimaire à Montréal en avril 1756.1746 — François Lefebvre Duplessis Faber, chevalier de Saint-Louis.On a dit qu’il avait eu la charge de commandant jusqu’en 1756, mais registres et documents limitent la durée de ses fonctions à une couple d’années, pour cette fois.1748 — Claude-Pierre Pécaudy de Contrecoeur est bien spécifié commandant en cette année.D’après le dictionnaire du R.P.Lejeune, il y commandait encore quand il fut transféré ailleurs, en 1753.1754 — 22 juin — François-Clément Boucher de la Pé-rière, époux de Charlotte Pécaudy de Contrecoeur.A la date ci-dessus, il était commandant.Ne le fut-il que temporairement et M.Duplessis Faber aurait-il repris ce poste jusqu’en 1756?(1) Autres menus faits : Un lecteur a demandé dans le Bulletin de 1907, p.256, si les registres de l’état civil de Niagara étaient conservés quel- (1) M.I’iorre-Georges Koy « déjà établi une liste à peu prés complète des commandants dudit fort, entre 1(>N7 et 1756, mais pour la période de 1742 à 1754, nous avons des noms qu’il n'a pas et il en a que nous n’avons pas.Il y aurait donc à reprendre le sujet. — 18 — que part?Nous n’avons pu savoir si l’on avait répondu à cette question.Mgr Tanguay a placé Joseph Robert Watson avec les Robert ( 1 ).Pourtant dans les documents, son vrai patronyme est ordinairement mentionné.Comme on ignorait le W anglais on le remplaçait par un 8 et on écrivait souvent 8atson (ou sen) parfois Houatsennc.Enfin, c’est à la mémoire de la famille Baby Cheneville que Montréal a une rue Chenneville, mais on orthographie ce nom Chenneville, de nos jours.Pourquoi?E.-Z.Massicotte NOTE SUR EDMUND BAILEY O’CALLAGHAN (1797-1880) A la page 288, note 38, de l’Etude sur les Relations des Jésuites de la Nouvelle-France (Montréal 1940), on lit les lignes suivantes: “ Le docteur Edward Bailey O’Callaghan naquit à Mallow, en Irlande, le 27 février 1797, et mourut à New-York le 29 mai 1880.En 1830, il s’établit à Montréal et s’occupe activement de politique.En 1834, il commence la publication du Vindicator, tout dévoué à la cause des Patriotes; en 1836, il est élu député de Yamaska.Après 1837, il se réfugie aux Etats-Unis, revient à la pratique de la médecine et se donne avec passion à l’histoire.Son oeuvre écrite est considérable.” Cf.Catholic Encyclopedia, XI, 194-195.Dans la réimpression de Y Etude qui se fait actuellement, cette note 38 est ainsi corrigée, d’après Y Encyclopedia of Canada, V, 38: " Edmund Bailey O’Callaghan, né à Mallow, en Irlande, le 27 février 1797, meurt à New-York le 27 mai 1880.Arrivé a Québec en 1823, il étudie la médecine et devient médecin en 1827.En 1833, il est, cà Montréal, directeur du l indicator, journal tout dévoué à la cause des Patriotes; il est député de Yamaska de 1834 à 1837.Après 1837, il se réfugié aux Etats-Unis et se donne avec passion à l’étude de l’histoire.Son oeuvre écrite est considérable.” (1) Tanguay, vol.VI, p.595.* — 19 — L’annonce suivante, parue pour la première fois dans Le Canadien du 31 août 1832.nous apprend le rôle important que jouait O’Callaghan dans la communauté irlandaise de Québec : Eglise de Saint Patrick Le public est respectueusement informé que le comité de régie de l’Eglise St.Patrick a autorisé M.Mat-thiew Ejnright de collecter les souscriptions pour l’érection de cet édifice, et de solliciter le support de ceux qui n’ont pas encore souscrits (sic).E.B.O’Callaghan, Secrétaire.C.R.(1) Le Canadien du 17 mai 1833 salue avec joie l’entrée du Dr O’Callaghan clans le journalisme: “Nous voyons avec plaisir que le Dr O’Callaghan, ci-devant de cette ville, où il est très avantageusement connu sous tous les rapports, a pris la conduite du Vindicator, journal destiné principalement à éclairer l’immigration sur ses vrais intérêts en arrivant dans le pays.Le Dr O’Callaghan a eu occasion pendant son séjour de plusieurs années en ce pays de connaître parfaitement les hommes et les mesures, de sorte qu’on peut le regarder comme l’interprète fidèle des sentiments des deux populations.Le Dr O’Callaghan s’était assuré en cette ville une existence honorable, et ce n’est ni le besoin ni l’amour du lucre qui l’a fait embarquer dans la carrière épineuse du journalisme, mais le seul désir d’être utile à sa patrie adoptive.La conduite politique de ce monsieur a été marquée jusqu’ici de la plus parfaite libéralité.Nous attendons beaucoup de sa coopération dans la cause populaire.” Madame O’Callaghan (Charlotte Augustina Crampe), originaire elle aussi de la malheureuse Irlande, n’était pas moins attachée que son mari à la cause canadienne-française.On lit dans sa notice nécrologique.Le Canadien, 24 juillet 1835: “Depuis longtemps Mad.O'C.était minée par une affection pulmonique, lorsque la naissance précoce d’un premier enfant précipita le terme de ses jours.Le nouveau-né ne res- (1) C.11.signifie Comité de Ilégle. — 20 — pira cine quelques heures et la mère ne survécut que peu de temps à cet accident.Ses dernières paroles furent pour sa patrie d’adoption.Quelques instants avant de rendre le dernier soupir, elle s’informa si son enfant avait reçu le bapteme et si on avait eu soin de l’appeler Jean-Baptiste._ C’est à Sherbrooke qu’avait eu lieu, en 1830, le mariage O’Callaghan-Crampe.Madame O’Callaghan était dans sa trente-cinquième année quand elle décéda à Montréal, le 17 juillet 1835.Léon Pouliot, s.j.lettre DU CHEVALIER DE LORIMIER AU BARON DE FRATELIN (15 février 1839) De mon cachot, Prison de Montréal, 15 Février 1839 — 4l/2 heures du matin.Mon cher Baron, _ Puisqu’il me faut mourir, je ne veux le faire sans vous présenter une petite note qui communiquera mon amitié et mes adieux.Je ne pus vous connaître qu’un moment dans la vie, mais l’impression favorable que votre caractère m’a faite, est telle que je regretterois de mourir aujourd’hui pour vous posséder plus longtemps si d’autres raisons ne m’attachoient encore à la vie d’une manière forte :— à 34 ans il est triste & cruel de mourir sur un gibet! mais que dis-je?Que pense-je?Oubliois-je de réfléchir que je meurs pour mon pays, pour sa liberté — Je pardonne à mes assassins qui me sacrifient à leur politique de sang — Plut à Dieu que ma patrie n’eut que mon sang à leur reprocher, que ma mort put faire tomber ses chaînes et que ces Cannibales n’eussent plus le pouvoir de faire le mal.Il est 4% heures A.M.Neuf heures de ce matin est le terme de mon existence — Je ne puis vous en écrire long.Mais je vous prie de penser quelquefois à moi, de croire à la haute considération avec laquelle je suis votre ami sincère Mon cher Baron, Chevalier de Lorimier Au Baron de Fratelin, Prisonnier politique présent.(1) (1) Archives rte la province de Québec. 21 — LES MAITRES D’ÉCOLES DE L’INSTITUTION ROYALE DE 1801 A 1834 La présente liste des maîtres d’écoles de l’Instruction Royale a été tirée des Rapports de la Chambre d’assemblée du Bas-Canada.Malgré tout le zèle cjue mit le gouvernement d’alors pour faire un succès de sa loi de 1801, ils ne furent jamais nombreux : ce qui surprend c’est de constater le nombre de Canadiens installés comme professeurs de l’Institution Royale dans les paroisses rurales de langue française.La loi des écoles de fabrique passée en 1824, permit aux curés d’ouvrir quelques écoles mais pas en assez grand nombre pour supplanter celles de l’Instruction Royale.Ce fut la loi des écoles de syndics de 1829, qui leur porta le coup mortel.Sous l’empire de cette loi, on pouvait, en effet, organiser en chaque paroisse seigneurie, ou canton, une commission de syndics, et ces syndics, devenaient les administrateurs exclusifs des écoles, cela, aussi bien chez les catholiques que chez les protestants.Le gouvernement s’engageait à payer aux maîtres et maîtresses un salaire annuel de 20 louis.Ainsi favorisées, les écoles de syndics ne tardèrent pas à s’établir dans toutes les parties de la province, écoles de canton ou d’arrondissement chez les protestants écoles de paroisse chez les catholiques.Les écoles de l’Institution Royale n’étaient pas supprimées, mais leur soutien devenait de plus en plus difficile : à partir de 1829, on les voit diminuer graduellement.En 1835, il n’existait plus qu’une seule école de l’Instruction Royale dans la province: celle des Trois-Rivières.Ivanhoë Caron, ptre.Québec James Tanswell — de 1795 au 25 avril 1819.John Fraser — de 1801 au 13 février 1804.H.Shadgett — 10 octobre 1819.H.C.Fleming — au 25 avril 1822.James Little — au 30 juillet 1823.Thos.Marsden — du 11 juillet 1823.Mary Ellis — maîtresse — du 26 août 1822.James Thom — 1831 à 1834.266 élèves en 1831. __ 22 — Montreal Finlay Fisher — 1795 an 14 janvier 1819.Alexander Bethune — du 25 février 1819.William G.Holmes — du 30 septembre 1819 à 1834.259 élèves en 1831.T rois-Rivières Alexander Clifford — 1805.James Cook — 11 août 1811 au 30 mars 1815.Selby Burns — 1er juin 1815 à 1835.Le dernier maître de l’Institution Royale dans la Province — 35 élèves en 1831.A scott (Compton ) Lorenzo D.Hyatt — 1827-1831.44 élèves en 1831.5 professeurs des syndics.Baie Soint-Paul W.M.H.Christie — 1824-1831.Barnston (Canton) J.Cook — 1824-27.Leonard Fetch — 1827-30.Moses Lee (Sutton’s district) — 1831 — 63 élèves.Moses Field (Bellow’s district) — 1831 — 37 élèves.Charles Merriman (Doolittle dist.) — 1831—55 élèves.Richard Hoit (Central district) — 1831 — 46 élèves.11 professeurs des écoles de syndics en 1831.Beancc (Sainte-Marie) Joseph Philippon — 1815-1830.7 professeurs des syndics en 1831.Bedford (Canton) R.Conn — 1831-32.Bcrthicr (en haut) Augustus Wolff — 1810 à 1825.Plus de professeur après 1825.Bolton (canton), Outlet (lac Mcmphrémagog) Moses Copp — 1831-33.D.B.Wyatt — 1826.36 élèves en 1831.6 professeurs des syndics.Brompton Richard Moore — 1823-1832. — 23 - M.E.Ellis — 1832-1834.47 élèves en 1831.7 professeurs des écoles de syndics.Cap-Santé J.P.de Salin — 1817.Charles Harper — 1818.Charles Desroches — 1825.L.-C.-A.de Saint-George?— 1831.William Colgan — 1834.23 élèves en 1831.12 professeurs des syndics en 1831.Cap Saint-Ignace Michel Perrault — 1806 à 1831.4 professeurs des écoles de syndics en 1831.Cham bly D.Behan, en 1830.John Adams, en 1831.35 élèves en 1831.Plus de professeur après 1831.Chatham (canton) 1ère école: John Dewar — 1806 à 1831.Plus de professeur après 1831.33 élèves en 1831.2ème école: Richard Bradford — 1826.John MacDonald en 1831.John McBlonchin — 1834.4 professeurs des écoles de syndics en 1831.Compton .A.Plumby — 1824-1827.Jos.Pennoyer — 1827-1830.Hugh Kennedy (Deeper’s district) — 1831-33.49 élèves en 1831.W.H.Deeper (Deeper’s district) — 1834.49 élèves en 1831.Alfred Field (Bowens district) — 1831-33 — 37 élèves.L.J.Curtis (Bowens district) — 1834 — 37 élèves.H.Bill (Carr’s district) — 1831-33.Edward Dow (Carr’s district) — 1833 — 35 élèves.F.Smith (Carr's district) — 1834.^ T.Cheney (Steven’s district) — 1831-33 — 44 élèves. — 24 — Compton (suite) Jos.S.McConnell (Steven’s district) — 1839.C.Pennoyer (Ball’s Mill) — 1831-32 — 33 élèves.Sam.H.Pickard (Ball’s Mill) — 1833.P.Woodward Ball’s Mill — 1834.Ruben Dearborn (Central district) — 1830-34 — 40 23 élèves en 1831.Crete de Coq (Maskinongé) James Little — 1823-1825.Edward Kelly — 1825-1831.William Banks — 1831.Plus de professeur après 1831.Douglastown Jeremiah Shea — 1817.Alexander McNeil — 1818.A.Howell — 1831.Plus de professeur après 1831.Un professeur des syndics.Drummondville Benjamin Greene — 1817.William Power — 1818.Daniel Eddleston — 1830.George Health — 1834.31 élèves en 1831.Dundie (Beauharnois) John Gardiner — 1831-32.Dunham (canton) Jos.Sawyer — 1825.Lilas England — Central district — 1824 à 1834.65 élèves.Paul Whitney — District nord — 1830 à 1834.64 élèves.Calvin Mellington — District nord — 1831 à 1834.élèves.Côte Saint-Charles John Benson — 1824 à 1831.Coteau du Lac Donald McDermid — 1815-1825.J.W.Bruce William Irvine } 1825 à 1831. 25 — 64 élèves.William Smith — District ouest — 1831 à 1834.54 élèves.Simon Stevens — District ouest — 1827 à 1831.54 élèves.10 professeurs des syndics en 1831.Durham (canton) William Baker — 1813.A.Barney — 1826.J.Sayers — 1830.Plus de professeur après 1831.Un professeur des syndics.Eaton (canton) Robert Chambers — 1811-1823.T.K.Ougtred — 1823-1834.62 élèves en 1831.3 professeurs des écoles des syndics en 1831.Frampton John Childe — 1832.Magnus Sevanson, en 1830.4 professeurs des syndics en 1830.William Smith et Eliza Smith — Institution Royale en 1834.Freligsbiirg Samuel More — 1827.A.Knapp — 1830.Leonard Whitney — 1831 à 1833.Thomas Keegon — 1834.65 élèves en 1831.Gaspc Hopetown — James Wiseman.South-West Arm — John Eden — 1830 — 38 élèves.Cape Cove — William Telley.Hopetown — Barnabas McGee — 40 élèves.Cape Cove — William Telly — 1831 — 24 élèves.Anse aux Beaufils — J.S.Tuzo — discontinué.Anse aux Cousins — C.Davies.Cape Cove — William Telly — 1833-34.Granby S.Goodridge — 1824-1833.John S.McConnell — 1834. — 26 — Grantham (canton) Caroline Root en 1834.2 professeurs des syndics en 1831.Grenville J.B.White — 1830.Archibald McCallum — 1831.Andrew McCallum — 1834 — 54 élèves en 1834.2 écoles de syndics en 1831.Hatley (canton) Joseph Pennoyer — 1823-26.Lucius Doolittle — 1826.Appletoer Plumby — 1827.C.Pennoye — 1830.S.Steel (Kezar’s dist.) — 1825-30.L.Huntingdon (Kezar’s dist.u — 1830 — 52 élèves en 1831.W.E.Dunbar (Kezar’s dist.) 1831.Samuel M.Mills (Charleston) 1830.M.Lawrence (Charleston) — 1831.31 élèves.C.D.Page (old Church dist.) — 1831 — 60 élèves.Louis Perkins \ Simon Kezar ' 8 professeurs des syndics en 1831.Hull (canton) Robert Chambers — 1807 à .William Dodd — district de l’ouest — 1830 à 1834.55 élèves en 1831.Huntingdon Georges Davies — 1827.Joseph Davies — 1830.Pas payé après 1830.Isle-aux-Noix Tohn Adams — 1827.Plus de professeurs après 1831.Kamouraska Thomas Costin — 1806-1818.J.Perrault — 1818-1819.Daniel Salmon — 1819-1820.A.Si warn S.Hall en 1834. — 27 — Thos.Ansbrow— 1821-1830.John Vallerand — 1831.11 professeurs des syndics en 1831.Kildare (canton) C.Puncelle — 1830.William Eawlor — 1831-1834 (23 élèves).Kingsey (canton) W.Prenholme— 1825 à 1831.3 professeurs des syndics en 1831.Lachine John Skimming — 1810 à 1822.David Thomas Jones — 1822 à 1831.Rev.M.Gale — 1831 à 1834.48 élèves en 1831.La Chute (Terrebonne) John Cougdon — 1823._ Duncan Calder — Chemin de la Chute — 1827-1834.George Bradford — Haut de la Chute — 1827-1831.Georges Gray — Haut de la Chute — 1831-1834.61 élèves en 1831 — Chemin de la Chute.48 élèves en 1831 — Plaut de la Chute.Lac Maskinongé J.Woods — 1823-1824.Morgan Byron — 1824-1828.P.M.McNickle — 1828 à 1830.William Morisson — 1830 à 1834.36 élèves en 1831.La Malbaie (Saguenay ) Peter Leggart — 1824-1830.George Hall — 1834.Malbaie de Gaspé J.S.Tuzo — 1824-1831.George Hall — 1831-1833.George Keath — 1834.41 élèves.L’Islet ._ Edmond V.baron de Koenig — 1810 à 1831.8 professeurs des syndics en 1831.Melbourne (canton) Daniel Thomas — 1816-1834. — 28 73 élèves en 1831.2 professeurs des écoles de syndics.Williams town Monnoir (Sainte-Marie de ).Normand McLeod— 1807-1831.5 professeurs des syndics en 1831.43 élèves de l’Institution Royale en 1831.South-West River (Monnoir) J.Connor — 1830.William Ransford — 1830-1834.36 élèves en 1831.Mount Johnson (Ronville) P.Lindsay — 1830.H.Hogan — 1831.42 élèves en 1831.New-Carlisle Benjamin Hobson — 1795 à 1822.James MeNish — 1822 à 1824.William Leonard — 1824 à 1834.40 élèves en 1831.Ormstown Thomas Taylor — 1830-1831.Plus de professeur après 1831.Paspcbiac François LeBrun — 1824 à 1834.53 élèves en 1831.Philipsburg Alexander Taylor — 1812.Philip Ruiter — 1812 à 1830.J.PI.Ayer.Pointe-Fortune Duncan Calder — 1821 à 1826.William McLellan — 1826 à 1830.Georges Summers — 1830 à 1834.33 élèves en 1831.Pointe-Lâvi François Malherbe — 1806 à 18'20.Pierre Roman — 1820 cà 1823 — 36 élèves en 1831 T.A.L.Hérault — 1823 à 1833.8 professeurs des écoles de syndics en 1831. — 29 — Portneuf Charles Desroches — 1817 à 1831.William Aubry — 1831 à 1834.Daniel Holton — 1834.Pott on (canton) Gardner Bartlet — 1827-1831.William Smith — 1831.8 professeurs des syndics en 1831.Razvdon (canton) William Gordon Holmes — 1826 à 1834.31 élèves.Rivicrc-Ouclle John Johnston — 1803 à 1819.Rivière-Rouge (Argenteuil) C.Bradford — 1825.William Beaten — 1830.Laughlin Taylor — 1834.47 élèves en 1831.Saint-A ndrc d’Argenteuil John Demisly — 1831.Aaron Woods — 1818.James Murray en 1827.George Armstrong de 1827 à 1834.9 professeurs des écoles de syndics en 1831 Saint e-Annc-dc-la-Pocatièrc Robert Dupont — 1813 à 1823.Plus de professeur après 1823.Saint-Antoine-de-Tillv Félix Victor — 1810 à 1831.Saint-Armand Alban Stewart — 1811.James Reed — 1812-1825.Salomon Bingham — 1816-1819.John Linden — 1819-1825.T.H.Ayer — 1825-1830.Horatio Troop — 1830-1834.26 élèves en 1831.16 profeseurs des syndics en 1831.Saint-Charles-dc-la-BclIe-Alliance John O’Neil (28 élèves) — 1831. — 30 — 11 professeurs des syndics en 1831.Saint-Constant Joseph Mathon — 1829-1831.Saint-François-du-Lac Francis Annance — 1803.Saint-Jcan-dc-Dorchcstcr Archibald Campbell — 1811 à 1822.A.et George Miller de 1823 à 1827.James Harrison de 1827 à 1834.32 élèves en 1831.Saint-Nicolas Ignace McDonald — 1816-1817.Saint-Roch-dcs-A ulnaies J.-B.L’Heureux — 1812-1817.Clément Cazeau — 1817-1831.5 professeurs des syndics en 1831.Saint-Thomas Antoine Côté — 1807 à 1834.Philippe Filleul — maître d’anglais — 1813 à 1816.D.Thomas Jones — maître d’anglais — 1816 à 1826.2 professeurs des syndics en 1831.Sherrington (L’Acadie) J.Crocker — 1830-1831.3 professeurs des écoles des syndics en 1831 Sorel William Nelson — 1803-1825.Rev.J.Jackson — 1825-1831.Shipton (canton) William Boyce — 1827-1831.8 professeurs des syndics en 1831.S tan bridge Uriah Laffin — 1818 à 1821.Thomas Russel — 1821 à 1825.James Adames — 1825 à 1831.C R.Vaughan — 1831 à 1834.— Ecole no 5.57 eleves en 1831.13 professeurs des syndics en 1831 Statistcad (canton) Thomas Osgoode — 1817-1819.Isaac Whetcher — 1819-1823. — 31 — D.Hazeltine — 1823.J.Boody — 1826-1827.N.Taylor (Rose’s district) — 1824-1830 — 26 élèves en 1831.Samuel Steele (Rose’s district) 1831.Justin Little (Boynston’s clist.)—1824-1830—30 élèves.J.Shirtliff (Boynston’s dist.) — 1831.B.Rogers (Jones district) — 1831 — 64 élèves.D.Lee (Moulton’s dist.) — 1831 — 38 élèves.S.Mack (Church dist.) — 1831 — 22 élèves.Stephen Holt ) Ez.Boody Anson Beebe — 1834 — Hiran Glines Lucy Curtis 22 professeurs des syndics en 1831.Stukeley (canton) F.Wheeler — 1825-1830.D.Kneeland — 1830-32.Sheffard Parker — 1834.59 élèves en 1831.Terrebonne Paul-J.Gill —1812-1814.Augustin Vervais — 1814-1823.Tames Walker — 1823-1829.F.-X.Valade — 1829-1834.30 élèves en 1831.3 professeurs des syndics.Lac Tomifobi Turner Phelps — 1825.Henrv Sterns — Outlet — 1831-34.27 élèves en 1831.H.Beebe — Inlet — 1831-1833.Charles Oyer — Inlet — 1834.43 élèves.Vale artier William Boyd — 1826 à 1831.3 professeurs des écoles des syndics en 1831.Vaudreuil Christopher Purcell en 1831.1 professeur des écoles des syndics.W at crioo J.Richardson — 1830-31. 32 — N.Dennison — 1831-33.Thomas Wheeler — 1833.L.F.Stevens — 1834.64 élèves en 1831.8 professeurs des syndics en 1831.Yamaska (Montagne d’) Chas.Bradford—nord—1826-1834—30 élèves en 1830.James Jackman —< sud — 1826-1831 — 44 élèves.William Fowles — sud — 1831.A.Pearson en 1834.QUE DEVINT M.DE MONTMAGNY ?L’histoire de M.de Montmagny après son départ de la Nouvelle-France est assez confuse.La plupart des historiens se livrent à des conjectures.Les uns disent qu’il mourut en France, les autres aux Antilles où il avait reçu un commandement.On sait que M.de Montmagny faisait partie de l’Ordre de Malte.Tl semble qu’à son retour en France, il fut nommé receveur du prieuré de ce pavs par le grand maître de l’ordre de Malte.Il est certain qu’en 1650 M.de Montmagny était à Paris puisque le 6 mai de cette année il faisait l’aveu et dénombrement de ses biens dans la Nouvelle-France et fine ce document est daté de Paris.Deux ans plus tard, en 1652, le grand maître Lascaris lui confiait le gouvernement de Saint-Christophe dans les Antilles.C’est là qu’il mourut, d’après le Père Alexis, capucin.Tl écrit: “L’Ordre de Malte, voulant reconnaître les services de Poin-cy, l’éleva au grade de bailli (dans les Antilles).En même temps, pour surveiler cet homme dont le passé était inquiétant, elle lui envoya, en qualité de lieutenant avec future succession, un sien parent dont le nom est célèbre dans l’histoire du Canada, le chevalier de Montmagny, ancien gouverneur de la Nouvelle-France.Mais Montmagny précéda Poin-cv dans la tombe.Il fut enterré dans l’église de Basse-Terre.” Le Père Alexis, malheureusement, ne nous donne pas la date de la mort de M.de Montmagny.Toutefois, nous savons qu’il décéda avant le 10 janvier 1654 puisqu’à cette date son neveu et héritier, vendait la seigneurie de la Riviè-re-du-Sud qui avait appartenu à M.de Montmagny.La Nouvellc-Francc, 1908).
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