Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1942-12, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XLVIII LÉVIS, DÉCEMBRE 1942 No 12 LES HORSE-BOATS ENTRE QUÉBEC ET LÉVIS Les horsc-boats Ceux que le progrès menace de tuer s’efforcent, on le comprend, de mettre des entraves à sa marche.La plupart des canotiers de Lévis vivotaient, mais quelques-uns, plus habiles, plus clairvoyants, plus économes, mettaient de l’argent de côté pour leurs vieux jours.Ce sont ceux-là qui inaugurèrent l’ère des bateaux à manège ou horsc-boats pour essayer de garder la clientèle que le Lauson leur enlevait.La tradition veut, rapporte J.-Edmond Roy, que Charles Poiré, cultivateur et canotier, de Lévis, visitant le moulin seigneurial de Beauport, imagina d’adopter à un bateau ou à une barge le mécanisme qu’il avait admiré au moulin du seigneur Duchesnay.Et, dans l’été de 1828, Poiré commença à faire la traversée du fleuve avec un bateau à manège ou horsc-boat.La tradition ne fait-elle pas fausse route ici?Les horse-boats, plutôt connus là-bas sous le nom de team-boats, existaient dans la Nouvelle-Ecosse dès avant 1816.En effet, nous savons que le 30 septembre 1816 un team-boat ou horsc-boat commençait à faire la traversée entre Halifax et Dartmouth.Les relations entre Halifax et Lévis étaient alors assez fréquentes.Poiré n’aurait-il pas pris le bateau traversier d’PIalifax à Dartmouth comme modèle plutôt que le mécanisme du moulin de Beauport?D’autre part, des bateaux à manège existaient en France et aux Etats-Unis dès les premières années du dix-neuvième siècle. — 354 — ¦Qu’était le horse-boat?Le horsc-boat émerveilla nos ancêtres comme la lampe à l’huile les avait enthousiasmés quand elle avait remplacé la chandelle de suif.C’était, pourtant, un bateau bien primitif.Le horsc-boat était une barge ordinaire avec une roue à aube de chaque côté.Ces deux roues étaient mises en marche par une espèce d’arbre de couche qui, lui-même, tournait par le moyen d’une autre roue d’engrenage placée dans les flancs de la barge et qui était mue par deux, trois et même quatre chevaux.Les pauvres bêtes fournissaient tout l’effort qu’elles pouvaient donner, mais dans les mauvais temps et les forts courants, le bateau n’avançait guère.Les passagers, impatients d’arriver à leur destination, aidaient alors aux chevaux.Les horse-boats n’avaient pas l’avantage comme les bateaux à vapeur de traverser le fleuve en ligne directe.Ils devaient suivre le courant, et la traversée durait parfois une heure, deux heures, et même plus.Que de.fois aussi le horse-boats, entraîné par le vent d’ouest, dérivait jusqu’à l’ile d’Orléans au lieu de se rendre à Québec.Le horsc-boat devait alors attendre la marée suivante pour revenir à Québec ou à Lévis, ce qui signifiait une perte de temps considérable pour les malheureux passagers.Quand disparurent les horse-boats?Il est certain que les générations actuelles n’ont pas vu le horsc-boat.Les bateaux à vapeur les remplacèrent si vite dans le port de Québec qu’on ne peut même dire en quelle année le horsc-boat fit ses dernières traversées entre la capitale et l’autre rive du Saint-Laurent.En 1837, les horse-boats étaient encore employés dans le port de Québec.Les journaux du temps nous apprennent que le 27 mai 1837 un horsc-boat conduisit au brick Cerès le fameux bandit Charles Chambers et ses trente-sept compagnons condamnés à la déportation à la Nouvelle Galles du Sud.C’est peu après, peut-être en 1841 ou 1842, que les horse-boats disparurent du port de Québec.Il ne faudrait pas croire toutefois que les horse-boats cessèrent d’exister dans tout le pays.A Laprai- — 355 — rie, par exemple, le horse-boat qui tenait une ligne régulière entre cette paroisse et Montreal ne cessa pas ses voyages avant 1890 ou 1895.Le horse-boat qui voyageait entre la Pointe-Gatineau et Ottawa n eut peut-être pas une existence aussi longue mais il existait encore en 1872 ou 1875.L’aménagement des horse-boats?., Les bateaux traversiez d’aujourd’hui peuvent être considérés comme des palais si on les compare aux horse-boats de nos pères.Peut-on parler de l’aménagement des horse-boats f Il n’est pas facile de décrire ce qui n’existe pas.En fait d’aménagement, le horse-boat possédait une petite salle qui pouvait contenir tout au plus quinze ou vingt passagers.C est ce qu on appelait dans le langage du temps le salon des dames.Aucune autre pièce n’était aménagée sur le vaisseau.Le capitaine lui-même conduisait son navire du pont ordinaire, au milieu des passagers et des animaux, car les horse-boats, surtout dans les derniers joitrs de la semaine, transportaient des boeufs, des vaches, des moutons et même des cochons aux marchés de Québec.Les quelques matelots essayaient bien de garder les animaux sur le devant du navire mais comme les passagers étaient admis dans toutes les pai ties du pont, ils se trouvaient le plus souvent mêlés à ces interessants mais peu propres hôtes.Si le trajet n’avait duré que six ou sept minutes comme aujourd’hui, la traversée aurait été jusqu’à un certain point supportable.Mais quand elle durait deux ou trois heures, on peut se figurer que les voyageurs qui s’étaient tenus debout tout le temps du voyage débarquaient du horse-boat harassés et, très souvent, les vêtements plus ou moins propres.Une traversée en horse-boat J.-Norbert Duquet a publié quelque part le récit de sa première traversée en horse-boat.C’était en 1835.Duquet, encore enfant, venait pour la première fois à Québec.Il n’avait jamais vu d autres cours d’eau que les ruisseaux de sa paroisse natale, Saint-Charles de Bellechasse.Il se peut donc qu’il exagère quelque peu les dangers qu’il courut dans sa 356 — traversée à bord du horse-boat.En tout cas, d apres son récit, la mer était tellement grosse que les chevaux refusaient tout service.Le horse-boat, entraîné par le courant, se rendit jusqu’aux grèves de Beauport.L'es passagers, assez nombreux.étaient tous à genoux, implorant la Providence de les saliver.Enfin, la tempête se calma, et le horse-boat put enfin débarquer ses passagers à Québec.Ceux-ci se rendirent alors à l’église Notre-Dame-des-Victoires, qui était assez rapprochée de l’endroit de débarquement, pour remercier la Vierge de les avoir protégés.Une remarque de M.Duquet M J.-N.Duquet terminait le récit de sa traversée en horse-boat de Lévis à Québec par les lignes suivantes: “Pour mieux faire comprendre à la génération qui n a pas connu les horsc-boats, il est bon de dire ici que de pareilles traversées étaient assez fréquentes, et qu’il en coûtait alors beaucoup plus pour un grand nombre de gens de traverser d une rive à l’autre en horse-boat qu’il en coûte aujourd’hui aux voyageurs de traverser l’Atlantique à bord de nos somptueux steamers.Malgré l’immense développement qui s est opéré dans la nagivation, par le monde entier, depuis environ un demi-siècle, la science, l’électricité, est loin d’avoir dit son dernier mot.Que de choses merveilleuses s’accompliront encore!” M.Duquet avait accompli son voyage en horse-boat et il écrivait ces lignes cinquante ans plus tard.Beaucoup d’améliorations merveilleuses avaient été réalisées pendant ce demi-siècle et M.Duquet avait raison de s’extasier devant les progrès accomplis.S’il avait vécu jusqu à nos jours il aurait été vraiment ébahi par tout ce qui a été inventé depuis.La traverse entre Québec et Lévis, a, elle aussi, progressé.Les bateaux d’aujourd’hui sont dix fois supérieurs à ceux qui faisaient la traversée entre les deux rives il y a un siècle.Le horse-boat Britannia James McKenzie, propriétaire de l’hôtel Lauzon, à Lévis, avait déjà un bateau à vapeur, le New-Lauson, qui fai- — 357 — sait la traversée entre Québec et Lévis.Mais les horsc-boats faisaient une grosse concurrence au New-Eauzon.Leurs prix étaient beaucoup moins élevés et les habitants de la campagne, pour sauver quelques sous traversaient plutôt par les horsc-boats que par le Ncw-Lauzon.McKenzie n’était pas homme à négliger les petits profits.Comme il ne voulait pas baisser les prix du passage du Nezv-Lauzon, il se décida à bâtir un horsc-boat.Il était assuré de cette façon de garder sa clientèle riche pour son bateau à vapeur et de prendre une partie de la clientèle qui voulait traverser à bon marché.Le horse-boat Britannia construit par M.McKenzie fut mis sur la ligne Québec-Lévis en septembre 1830.Dans son annonce publiée dans le Quebec Mercury du 10 septembre 1830, McKenzie affirme que le Britannia faisait la traversée entre les deux rives en neuf minutes.Le Britanna fut en service une dizaine d’années.l Le horsc-boat Elzcar Dans le Qusbcc Mercury du 13 juin 1837, nous trouvons l’avis ou l’annonce suivante, sous le titre Horsc-Boat Elzcar, of a bright red color: The subscriber informs the public that he has lately launched a horse-boat, with which he will daily, from Mr McKenzie Wharf, from sunrise until sun-down, on moderate terms.The Boat will cross on sundays between the hours of Divine Service.Cette annonce était signée Jean Moreau.Il faut croire que M.McKenzie qui, lui-même, faisait voyager un horse-boat de Québec à Lévis, n’avait pas peur de la concurrence puisqu’il permettait à M.Moreau de se servir de son propre quai pour embarquer et débarquer ses passagers.Le horsc-boat Elzcar n’eut pas une longue vie.Quelques années à peine.M.Moreau qui tenait une auberge reprit son ancien métier après la disparition de son horsc-boat.P.-G.R. 358 — QUELQUES MONTRÉALAIS AU XVIIe SIÈCLE Entre les filles du Roi venues en la Nouvelle-France au XVIIe siècle afin de trouver mari et foyer, il n’en est guère dont la vie soit plus accidentée que celle de Judith Rigaud, originaire de Saint-Jean d’Angelv.Mariée, le 6 mai 1654, aux Trois-Rivières à François Le Maistre dit le Picard, elle lui donne huit enfants.Sept sont nés et baptisés aux Trois-Rivières, mais le huitième, Charles, vit le jour outre-mer, voici pourquoi.Vers le mois de juin 1665, madame Le Maistre partit pour France.Hantée du rêve de faire commerce, elle voulait établir des relations d’affaires avec des financiers et des négociants de La Rochelle.Et ce fut pendant son séjour en cette ville que naquit l’enfant Charles, porté au baptême “le 15 avril 1666” (1).Ce rejeton venait au monde trois mois après la mort du père resté au Canada et qui, ayant été trouvé blessé et inconscient, avait trépassé sans avoir recouvré la parole.L’acte de sépulture aux Trois-Rivières, en date du 14 janvier 1666, dit que le défunt était âgé de 35 ans, et que “miserabiliter trucidatus est; sine ulla voce interiit” (2).Judith Rigaud était donc sans mari lorsqu’elle revint au pays.La nécessité l’obligea à ne pas faire durer la viduité plus qu’un an et, le 26 janvier 1667, elle convolait avec Jean Terrien dit Duhemme à qui elle donna trois fils._ Ainsi que nous l’avons dit, le voyage de la femme Le Maistre en France avait pour but d’obtenir des marchandises sans doute pour faire la traite, au nom de son mari, car (1) Note du I’.Archange.(2) M*r Tanguay, dans A travers les registres, p.52, parle (le cet nete de sepulture, mais en rapportant les mots latins ci-dessus, il fait erreur.D’après un abbé latiniste et le protonotaire Provencher des T.U.il faut lire “Sine ulla voce”, non pus “sine vela voce”. — 359 — c est elle qui paraît être la plus intéréessée au négoce.Malheureusement, à son retour, elle aperçut que, par suite de son absence et de la mort de son époux, le passif dépassait l’actif.Il lui fallut vendre à perte pour payer partie des dettes, puis demander un délai de six ans pour s’acquitter.A cela, les créanciers répondirent qu’elle avait un mobilier et une garbe-robe de prix; en plus, qu’elle devait cacher des pelleteries.Finalement, elle obtint un délai de trois ans au cours desquels, elle ne pouvait aliéner les biens immeubles de la première communauté.Après son mariage avec Therrien, elle alla s’établir à la rivière Manereuille (Rivière-du-Loup), probablement, pour l’utilité de son commerce.Elle acquit là deux habitations et en retira les revenus.Mais son deuxième mari étant décédé, la veuve reconvole aux Trois-Rivières, le 6 octobre 1675, avec Jean de la Planche, chirurgien.Ici.se présente un nouveau personnage, Jacques Pas-sard de la Bretonnière, trafiqueur agissant, qui épousa, vers le 22 janvier 1676 (date du contrat de mariage), Marie Lé Maistre, âgée de 19 ans, issue du premier mariage de sa mère Judith.Encore une fois, les affaires ne donnant pas le résultat espéré, le gendre se lasse d’attendre et Jacques Passard, commandant à la rivière Manereuille, exige, le 21 janvier 1676, de sa belle-mère qu’elle lui paie 255 livres pour deux habitations, chacune de deux arpents de front, aussi, de lui rendre compte des revenus qu’elle en a obtenus depuis quatre ans.Pour éviter un procès et “obvier aux frais”, Judith abandonne les deux immeubles et le sieur de la Bretonnière la tient quitte. 360 M.et Mme de la Planche vont ensuite tenter fortune sur Pile de Montréal.Bientôt le mari ne semble pas s’accorder avec son épouse qui s’empêtre en de nouvelles aventures immobilières et il retourne entrance au mois de juin 1678.Pour le remplacer, la fière Judith fait choix de Pierre Cavelier, comme intendant.Au XVIIe siècle, vivait à Montréal, l’abbé Jean Cavelier, frère du célèbre Robert Cavelier de la Salle.La carrière de cet ecclésiastique est assez connue et Mgr Olivier Maurault a indiqué le rang qui lui convient dans l’histoire, à côté de son frère puîné, en sorte que nous n’avons a parler ici que des ennuis qu’il éprouva lorsqu’il s’attaqua à un colon de même patronyme que le sien, mais qui n’était probablement pas son parent.Le sieur abbé n’avait pas à lutter contre un seul adversaire.A côté de celui dont il voulait changer l’orientation de vie, il v avait une femme et quelle femme?Il n’en est peut-être pas qui ont montré plus de masculisme que Tudith Ri-gaud.Et ce fut surtout envers l’abbé Jean Cavelier ou ses représentants qu’elle étala la plénitude de son aplomb.Lorsqu’on voulut la déloger de sa ferme, elle reçut l’huissier et ses aides à la pointe d’une fourche et ils durent rebrousser chemin.Pierre Cavelier ayant été emprisonné, il faullut céder.Constatant la partie perdue, la pauvre Judith disparut.Néanmoins, le 14 avril 1679, le juge Migeon de Brans-sat la “condamne” par contumace à “dix années consécutives de bannissement de l’île de Montréal, avec défense de violer son ban sous peine de punition corporelle”.Que devint-elle ensuite?Nous perdons sa trace, mais non celle de son gendre, Passard de la Bretonnière.Ce militaire breton avait été en 1670 l’un de ceux qui figurèrent comme témoin dans une affaire d’assassinat d’un coureur — 361 — de bois.Le chirurgien La Planche en était également en qualité professionnelle.En 1681, quand il habitait la Rivière-du-Loup, Jacques Passard fut arrêté avec des compagnons pour avoir été traiter avec les sauvages éloignés “au préjudice du roi”.Tous avouèrent; deux d’entre eux, Passard et Gerbaut, furenl condamnés à 200 livres d’amende.En plus, l’on confisqua leurs fusils, pistolets, ustensiles et canots et on les vendit.Le revenu de la vente fut précompté sur l’amende.En 1689, Passard venu demeurer à Montréal loua de Pierre Gadois, maître armurier, un logement au prix élevé de 250 livres par an.En 1691, l’ancien juge Migeon de Branssat, accepta le néo-montréalais comme locataire d’une belle maison, rue Saint-Paul.Ce fut là que le rusé breton entendit des gens rôder autour de sa demeure, le soir.Voulant mettre fin à ce maraudage, une nuit, il tira au hasard dans la direction des pas.Il avait visé juste.Un cri s’éleva, on se rendit voir.Un vagabond gisait, blessé à mort.Passard se livra à la justice.Pour justification, il raconta que quelque temps auparavant, pendant son absence, des voleurs étaient entrés en sa maison et, le pistolet au poing, s’étaient emparés de près de 500 livres en argent ainsi que du linge, etc.Acquitté, Passard vécut à Montréal jusqu’en 1703.De cette date, il est au loin.Ce colon ne prit jamais le titre d’écuyer, il n’était donc point de la noblesse, mais sa façon de déployer, dans les documents, son nom territorial DE LA BRETONNIÈRE sur une étendue de six pouces et demi, indique bien qu’il avait conscience de sa valeur en tout.Plus modeste, sa femme signait en aussi peu d’espace que possible.Où cette famille alla-t-elle après avoir quitté Montréal?E.-Z.Massicottf. — 362 — UNE VIEILLE MAISON DE QUÉBEC, LE COMMISSARIAT L’ancien Commissariat, rue Saint-Louis, à Québec, c’est cette vieille et solide maison qui gît entre le château Frontenac et le Kent House.Elle appartient à la Compagnie propriétaire du Château Frontenac qui l’a achetée, il y a quelques années, afin d’agrandir encore le grand hôtel.Que de fois nous avons entendu des touristes, arrêtés devant la vieille maison, s’ébahir sur la solidité des constructions du régime français.Il faut avouer que grand nombre de Québécois sont sous l’impression que l’ancien Commissariat de la rue Saint-Louis remonte aux années du régime français.En réalité, le Commissariat n’a pas encore atteint son siècle et quart d’existence.Il fut construit entre 1815 et 1820.Il n’en a pas moins une histoire fort intéressante.Sir James M.Lemoine écrit quelque part qu’au commencement du siècle dernier Peter Bréhaut, riche marchand et député du comté de Québec, avait sa princière résidence sur le site actuel du Commissariat.Le vieil historien ajoute même que Bréhaut entretenait sur sa vaste propriété des jardins qui faisaient l’admiration de tous.Erreur.Bréhaut n’habita jamais la rue Saint-Louis et il ne fut propriétaire de l’emplacement où fut bâti le Commissariat que l’espace d’une couple de mois.Les quelques notes qui suivent prouveront amplement que Bréhaut ne fut que le propriétaire par occasion du site du Commissariat de la rue Saint-Louis.Le 11 août 1815, Peter Bréhaut, par acte du notaire Félix Têtu, vendait à William Henry Robinson, commissaire de Sa Majesté pour l’Amérique du Nord: — 363 — 1” Un emplacement, rue Saint-Louis, de quarante pieds (le front sur cent vingt-trois pieds de profondeur.2 Un autre emplacement, également- sur la rue Saint-Louis, de soixante-dix pieds de front sur la profondeur qui se trouve entre la dite rue et la rue Mont-Carmel, avec la maison, batiments, etc., dessus construits.3 Un troisième emplacement, encore sur la rue Saint-Louis, de dix-neuf pieds de front sur cent soixante et cinq pieds de profondeur., ^ans ce m®me acte du notaire Têtu (11 août 1815), Bréhaut déclare qu’il avait fait l’acquisition des trois emplacements en question de l’honorable John Haie, député-paie-maître général des forces de Sa Majesté en Amérique, le 3 juin 1815, c’est-à-dire deux mois auparavant.Ceci demande explication.Nous avons là un exemple des abus commis par les hauts officiels anglais qui devaient amener, un quart de siècle plus tard, la révolte de 1837-1838.Les trois emplacements vendus le 11 août 1815 appartenaient en réalité à l’honorable John Haie.Celui-ci faisait partie de l’armée et ne pouvait^ décemment vendre à Sa Majesté des propriétés destinées à l’armée.Bréhaut servit tout simplement de prête-nom à Haie dans cette transaction du 11 août 1815.L’honorable M.Haie n’était pas homme à négliger les petits profits et la vente de ses trois emplacements lui en rapporta de fort jolis.* * * Voyons maintenant quels furent les propriétaires antérieurs des trois emplacements vendus à Sa Majesté le 11 août 1815.Haie avait acheté la plus grande partie de ces terrains du docteur John Mervin Nooth (par acte du notaire Stewart du 3 juillet 1799). — 364 — Nooth était propriétaire en vertu d’une vente par le shérif du 7 avril 1780 et d’un acte de vente de Antoine-J.Du-chesnay du 16 avril 1790 reçu par le notaire Deschenaux.Quant à la partie de terrain vendue par M.Antoine-J.Duchesnay elle avait appartenue sous le régime français à Marie-Anne Des Goutins, veuve de Augustin Bailly de Messein (acte de Duvernay, 7 avril 1787).* * * Les constructions élevées sur les trois emplacements achetés par le gouvernement de Sa Majesté furent démolies en 1815 et en 1816 et on commença aussitôt le vaste édifice du Commissariat.Il fut occupé dès avant 1820.L’étage inférieur servit aux bureaux du Commissariat et l’étage supérieur fut destiné au logement du député-assistant-commissaire général.Il en fut ainsi jusqu’au départ des troupes impériales, en 1871.Le gouvernement canadien devint alors propriétaire de la maison du Commissariat.Il la mit à la disposition du député-adjudant général du T district militaire.Le premier commandant du 7e district militaire à avoir ses bureaux dans le Commissariat fut le lieutenant-colonel Louis-Adolphe Casault.11 décéda à Québec le 2 juillet 1876.Puis vinrent le lieutenant-colonel Henri-Théodore Juchereau Duchesnay, qui prit sa retraite le 15 juillet 1897.Il eut pour successeur le lieutenant-colonel Oscar Pelletier qui fut, lui-même, remplacé par le lieutenant-colonel Alexandre Roy, etc., etc.P.-G.R.QUESTION Vers la fin du 18e siècle, dans les régistres de Vaudreuil, apparaissent les familles de Vincent Labre et de son fils Jean-Baptiste Labre.Je ne vois pas ce nom dans le dictionnaire de Mgr Tanguay.S’agit-il d’un colon venu au pays sous le régime anglais?Hay Zcddcni — 365 POTHIER — PLACES AUX FRANÇAIS (From Mss.in Municipal Library, Montreal) 1.Te iatontarie.Quebec.(P.347, No.43, karii, sub.fin.te iatontarii, 2 rivières jointes l’une à l’autre.In his list Potier changes the final i to e local._ Bruyas, p.90 under karigon—joindre ensemble gives le giatontarigon, kebec, deux rivières qui se réunissent.Cuoq.Etudes philologiques, p.93 gives Tekiatontarikon, deux montagnes qui se joignent (Québec.) Morgan, League of the Ho-dé-no-sau-nee, p.474 gives Ke-a-donc-da-a-gà.“Two forts contiguous”.Sagard, dictionnaire, p.82 gives ATNw-Atontarague.) 2.hkScntondic.Les 3 rivières.(P.No 26, p.409 gives okSentondia, petit poisson die ahScndintaha.ok8entondie les 3 riv.(ville aux petits poissons).The derivation is cti, local; ahSenta, petit poisson; ondia, petit.) 3.Teotiai.Montréal.(P.p.264 sub kS-atiai, se rompre en deux, writes, unde te otiai, Montréal.Morgan op.cit.gives Do-te-a-ga, Montréal, almost broken.Cuoq, Lexique de, la langue iroquoise, p.43 gives “ Teiontiakon a canal — c’est un ancien nom de Montréal. — 366 Par abréviation on dit maintenant : Tiotiake, voy.Tekon-tiaks.” Sagard gives Kyokiayc, Le Saguenay, Province du Saguenay.This is evidently the same word; compare other examples in Sagard of the radical aiai similarly spelled, and note that k and t are frequently interchanged.Bruyas sub kagont, p.50, te hotiagi, à Montréal.) 4.OngdiataraSaront.Chambles.i (Cuoq, p.104, gives Ioniatarakwarontc, Bassin de Chambly, lut.lac bossu — iokwarontc, bosse, p.6.The Huron name seems to be a combination of ongdia, a point; onto) a, a lake, oSarSta, a boil.Note the appearance of the landscape as depicted in Bartlett’s picture of Chambly.) 5.Te iatongdiarii.Pointe à la chevelure ou fort St-Fredcric.(P.p.347 sub karii explains this name as meaning 2 pointes de terre qui semblent être jointes sur un lac ou une rimer e.) 6.Atarok8i.catarakSi (fort Frontenac) (Cuoq, op.cit.p.139 sub otara (mud) gives ‘‘Kata-rokivcn don Catarocui maintenant Kingston.1’ In Huron from atara, mud; o in the water; K8i local or causal end-mg.lhe soft nmddy bottom of the Cataraqui river recommended the place to Frontenac in 1673.) 7.Sngdiara.Niagara.Sngdiarae.à Niagara, (From and(g)8ara or anda8ara, a rapid P.n.450 Hennepin seems to have been the first to alter this word by a metathesis into Niagara.)* ^ 367 — 8.Karontaen.Le détroit.(P.I.gives Le détroit ou le ruisseau des hurons; p.II, Rivières, Pointes dre.item No.26 gives Riv.Rouge; item No.30 le détroit.The meaning is “The trees”, aronta & acn.) 9.Taochiarontion.La côte du détroit.(Belmont, Histoire du Canada, p.19 writes, “Toncha-rontio qui communique du Lac Brié au Lac Huron.” The meaning is “ The Big Opening.” Derivation ti local; achia, mouth; aarent or aaront, y avoir une ouverture — P.p.238; io, être beau.bon.grand.P.p.396.Lake Erie in early maps and documents is sometimes called Toncharontio and at other times Oswego.Since Oswego means “ closed opening or mouth ”, in contrast to Toncharontio, at the western and Oswego alludes to the impassable rapids and falls of Niagara at the eastern end.There are many spellings of Toncharontio; the original form is scarcely to be recognized in Governor Pownall’s Tieuck-souchrondtie.) 10.Taontoorai.Michili-makina.(Meaning — “where two lakes .join”.Derivation, tc dualitatis; ontara, a lake; icrai, se joigner, p.227.) 11.Tc osknochiac .Sault Stc-Maric.(Derivation, askonchia, dent, chute d’eau, P.p.453 & e local.) 12.Ondcchiatiri.Toronto.(Derivation, ondechra, land or andechia, sand, & atiri.to support, p.191, No.96.Compare onnondSratiri, grève de 368 la Pelée.The name refers either to Scarborough Heights or the Toronto Island.This is Potier’s only reference to the name Toronto, which he does not explain.) 13.Taontarocn.fort du qucsne.(Derivation te-ontara-oen; see ti-oen, p.405; “between two lakes.) 14.Ohonreende.La presqu’île.(Another spelling is Onhonreendeen.This name seems identical with Ononoront, which appears on the Galinée II map opposite the mouth of the Number River.The derivation is onuona, a reed or rush, & arccndi No.27, p.340; or aaront or aarent, No.74, p.238.It will be remembered that Simcoe found Toronto Bay clogged with reeds; probably there was a similar growth at Presquile.) 15.A8cn-atsi.La galette.A8eatsi (The word a8cn, water does not enter into composition, hence the hyphen.The meaning is “ black water ”.This coincides with Oswcgotchic, which according to DeLéry means “rivière noire” — A.de Q.1926-7, p.327.) P.J.Robinson QUESTION Guiton de Monrepos fut-il un des accusés au procès du Châtelet en 1763?XXX — 369 L’IGNORANCE DE NOS ANCÊTRES?Quelques écrivains canadiens se sont apitoyés sur l’ignorance de nos ancêtres.N’ont-ils pas conclu trop vite, en jugeant du particulier au général?J.-Edmond Roy.dans son Histoire de la seigneurie de Lançon, et Mgr Amédée Gosselin, dans son livre vengeur L’instruction publique sous le régime français, ont prouvé que nos ancêtres n’étaient pas aussi ignorants qu’on l’a prétendu.Il est certain que le colon qui, du lever au coucher du soleil, s’acharne au dur travail du défricheur, ne peut avoir le goût de la lecture une fois rentré au fover.Ses membres endoloris ont besoin de se reposer et il se couche de bonne heure.Et, le dimanche, ses devoirs religieux accomplis, l’habitant prend un repos qu’il a bien gagné.La lecture jusqu’à un certain point est un travail.une fatigue, et il est trop las pour se l’imposer.Les anciens Canadiens se désintéressaient-ils totalement de l’instruction?Nous croyons le contraire.La très grande majorité des prêtres, des religieux et des religieuses du régime français venaient de la campagne.Quels sont ceux qui avaient fait les sacrifices nécessaires pour faire instruire cette pléiade de jeunes gens et de jeunes filles, sinon les pauvres habitants qui avaient déjà tant de peine à faire vivre leurs familles.Non, les habitants ne méprisaient pas l’instruction.Bien au contraire.Il est vrai que certains documents publics semblent prouver la thèse contraire.Ces pièces publiées sans explications, sans commentaires, ne disent pas toujours la vérité.L’histoire de Beaumont nous fournit maints exemples de la fragilité de l’argument tiré des pièces officielles ou des actes notariés qui, à tout instant, répètent la formule désormais fameuse “et a déclaré ne savoir signer”.Ce cliché, très souvent, est absolument faux. — 370 — Citons-en une couple de preuves tirées des commencements de l’existence de la vieille paroisse de Beaumont que des personnes mal renseignées ont classée parmi les centres ruraux réfractaires à l’instrution.Ainsi, le 2 décembre 1693, quand Louis Marchand comparaît devant le notaire Chambalon pour y faire don à la fabrique de Beaumont d’un terrain où on construira une église et un presbytère, le donateur déclare, au dire du notaire, qu’il ne sait lire ni écrire.Or le greffe du même notaire Chambalon contient cinq ou six autres actes où Marchand signe d’une écriture plus que passable “Louis Marchand”.Les actes de Chambalon existe encore.Ils sont en parfait état de conservation.Que les incrédules, ceux qui ont besoin de voir pour croire, prennent la peine de les examiner, de les scruter.Nous avons sous les yeux l’enquête faite en 1721 par le procureur général Collet et son greffier, le sieur Boucault, sur le district des paroisses.Pour ce qui regarde Beaumont, Collet y assembla les habitants le 16 mars 1721.Une vingtai- .ne s’étaient rendus à son appel.A la fin de son procès-verbal.Collet fait écrire à son greffier “ .et ont les dits sieurs Chasle (curé) et de Beaumont (seigneur) et le dit Zacharie Turgeon signé avec noms, les autres ci-devant nommés ayant déclaré ne savoir écrire ni signer .” Donc, sur vingt habitants de Beaumont présents à cette réunion, un seul savait signer son nom, Zacharie Turgeon.Voilà ce que déclare un document officiel.La vérité est que si on consulte les livres de comptes des marguilliers de Beaumont et les actes de nos anciens notaires on y trouvera les signatures pas trop mal tournés de neuf, peut-être de dix de ces habitants de Beaumont.Le colon est plus habile à tenir les manchons de sa charnue, le manche de sa hache, que de manoeuvrer une plume.Sa signature, qu il ne donne pas souvent, est indécise, mal formée.Il a tort, mais il en a honte, et quand on lui demande de signer un document quelconque, il préfère déclarer — 371 — qu il ne sait pas lire ni écrire.Il ignore qu’en agissant ainsi i tou mit des arguments contre lui à des esprits mal intentionnés.Ce que nous venons oe dire de l’habitant de la campagne se reproduisait et se reproduit encore chez l’ouvrier des villes.Curés et notaires des villes et des campagnes savent avec quel répugnance bon nombre d’habitants et d’ouvriers apposent leui s noms a un acte de l’état civil ou à un acte notarié.Une fausse honte leur fait croire qu’on va se moquer de leur signature rudimentaire! P.-G.R.RÉPONSE Où est mort le gouverneur de Beauharnois (XXXIV-384)—J’avais donné en 1907 ÜB.R.H., VII — 307) le 12 juin 1749”.En cherchant quelque renseignement dans le Bulletin des Recherches, voilà qu’au numéro de septembre 1928, je m’arrête sur une note de notre regretté ami Aeg.Fauteux, rapportant un détail trouvé dans Mazas, Histoire de l’Ordre de Saint-Louis (11-118), fixant le décès en cause au “12 juillet 1749” et rue Thé-venot, à Paris.M.Fauteux a cru que j’avais fait ma cueillette dans le Nohdaire Universel de Saint-Allais.J’avais oublié de préciser.Qu’on me pardonne cet oubli.Mon auteur, c’était d’Hozier, Armorial Général, v.75 à 93, où toute la généalogie de la famille est donnée.Régis Roy — 372 — CE QU’ÉTAIT UN MARCHAND FORAIN A plusieurs reprises dans les jugements et délibérations du Conseil Souverain et dans les documents officiels du régime français, on rencontre l'expression “marchand forain”.Qu’était un marchand forain ?Les vieux dictionnaires français entr’autres celui de Trévoux, qu’on prend rarement en défaut, définissent le marchand forain: “Le marchand forain est non seulement celui qui fréquente les foires et les marchés, mais encore tout marchand étranger qui vient apporter dans les villes ses marchandises, pour les vendre aux maîtres qui tiennent boutiques”.I révoux ajoute qu’autrefois à Paris et dans les autres grandes villes de France, les marchands forains de bas, de cuirs, de gants et autres choses semblables, devaient apporter leurs marchandises dans un bureau public, pour être lor-ties entre les maîtres.Ce règlement de police avait pour objet d’empêcher le monopole des plus riches.Québec eut la visite de marchands forains dès la seconde moitié du dix-septième siècle.Ici, ils étaient soumis aux mêmes règlements que dans la vieille France mais comme les conditions du commerce n’étaient pas les mêmes que dans la mère patrie, les gouverneurs et les intendants laissèrent d abord toute liberté aux marchands forains d’écouler leurs mai chandises.Les abus ne tardèrent pas à naître et les compagnies de commerce et les négociants réguliers se plaignirent.t i \^72, Charles Ilazire, commis de la Compagnie des Indes Occidentales, faisait savoir a l’intendant Talon que les mai chands forains achetaient les pelletries des habitants pour les expédier en France et esquivaient les droits de sor- 373 — tie sur ces marchandises en les chargeant sur des navires ancrés en dehors du port de Québec.Talon, par son ordonnance du 8 octobre 1672, mit fin à cette fraude, du moins pour un temps.“Avons ordonné, disait-il, que les marchands forains feront la déclaration exacte et précise de toutes les pelleteries; permis au sieur Bazire, commis de la Compagnie des Indes Occidentales, de vérifier ou faire vérifier par visite les déclarations qui lui seront faites pour ensuite les dites pelleteries être portées aux bureaux de la dite compagnie pour y acquitter les droits accoutumés.” En même temps, Talon imposait une amende de 150 livres à tout marchand forain qui recevrait des pelleteries dont les droits n’auraient pas été payés.Mais les marchands forains, ancêtres des marchands exotiques que Montréal et Québec connaissent bien, avaient bien des tours dans leur sac.Battus sur un front, ils se reprenaient sur un autre.Le 14 juin 1674, le gouverneur Frontenac s’occupait à son tour des marchands forains.Ceux-ci achetaient les pelleteries directement des Sauvages et les payaient en marchandises.Le Roi avait accordé aux habitants du pays le privilège exclusif de la traite avec les Sauvages.Les marchands forains, tous étrangers à la colonie, violaient donc le privilège accordé aux Canadiens.Frontenac, défendit aux marchands forains de faire la traite avec les Sauvages et imposa une forte amende pour chaque contravention.Deux ans plus tard, le 11 mai 1676, le Conseil Souverain, par un règlement, défendait aux marchands forains de débiter aucune boisson en détail, ni du tabac au-dessus d’une livre fesant, sous peine de cinq cents livres d’amende et de .confiscation des marchandises. 374 — Toutes ces restrictions n’empêchaient pas les marchands forains de continuer leur commerce frauduleux.Les marchands du pays, ruinés par cette concurrence déloyale, se plaignit eut au Conseil Souverain qui se décida à frapper un grand coup.Le 21 février 1682, le Conseil Souverain décidât qu’a l’avenir les marchands forains ne pourraient vendre en détail que du 1er août au dernier jour d’octobre.En dehors de ces mois d’été, ils ne pourraient vendre qu’en gros.Défense leur était faite de vendre des chemises, capotes, couvertes, tapabords et justaucorps.On leur défendait également de monter aux Trois-Rivières entre le 1er juin et le dernier jour d’octobre pour y vendre leurs marchandises aux rançais ou aux Sauvages.^Ious arrêtons ici cette énumération des Jugements ou Oi donnances rendus contre les marchands forains.Ceux-ci continuèrent tout le cours du régime français à éluder les lois, et les gouverneurs et intendants essayèrent tour à tour de les mater sans y réussir complètement.Ajoutons que bon nombre de marchands forains, après un séjour de quelques années à Québec, se faisaient donner fies lettres de naturalité et s’assuraient ainsi les droits et privileges des autres habitants de la colonie.P.-G.R.QUESTION Peut-on identifier le sieur Dumas qui, en 1759, était cornons du munitionnaire Cadet au poste de Miramichi?En ’ , ™as rend,t témoignage devant le Châtelet dans l’Affaire du Canada.Alex D. 375 LES NOMS DES NAVIRES SOUS LE RÉGIME FRANÇAIS De nos jours, il semble qu’on choisit les noms les plus baroques que renferme le dictionnaire pour baptiser les navires qui prennent la mer.Nos ancêtres étaient plus simples, plus terre à terre que nous.Ils ne se mettaient pas martel en tête pour donner des noms aux navires.Ils choisissaient parmi les choses qu’ils voyaient le plus souvent, parmi les dévotions ou les saints qu’ils affectionnaient davantage.Ce qui suit n’est qu’une liste à vrai dire bien incomplète de navires qui fréquentaient le Saint-Laurent sous le régime français niais quelle énumération intéressante et en même temps bien sentie de leurs sentiments religieux dans la plupart des cas: h' Africain, Y Aimable, YAimaiblc Aime, Y Aimable Ca.therine, Y Aimable Marguerite, Y Achille, Y Algonquin, YAbê-naquisc, Y Ambitieux, L'Aimable Rose, Y Angélique, la Riche, la Belle Brune, la Belle Louise, le Braire, le Canada, le Caribou, la Caméléon, le Castor, le Cerf, le Catherine, le Chameau, le Cheval Marin, la Charmante Victoire, le Château Vert, la Comète, la Concorde, le Content, le Confiant, le Dauphin, la Déesse, les Deux cousins, la Diane, les Deux Cousins, le Diane, les Deux Frères; Y Elisabeth.Y Entreprenant, YEspérancc, la Généreuse, la Gaillarde, le Grand Cyrus, le Héros, Y Heureux, L’Heureux Moine, Y Heureux Retour, YHirondclle, Y Industrie, le Joseph, le Joseph-Marie, Y Infortuné, le Jésus-Marie-Joseph, le Lion, la Légère, le Lys, la Louise, le Marchand de Barbadc, la Mutine, la Madeleine, la Marguerite, la Marie-Charlotte, la Marie-Jeanne, la Marie-Louise, la Marie-Marguerite, la Minerve, le Montréal, le Notre-Dame de la Victoire, la Notre-Dame de Bon-secours, la Naiadc, YOrignal, la Palinc, la Pomme d’Or, la Prospérité, la Providence, la Patience, le Pavillon, la Pria- — 376 — cesse de Miscou, la Pupille, la Québec, la Reine des Anges, le Rubis, la Renommée, la Résistance, le Saint-Antoine, le Saint-François, le Saint-Joseph, le Saint-Laurent, le Saint-Louis, le Saint-Michel, le Saint-Nicolas, le Saint-Pierre, la Santc-Croix, la Sainte-Ursule, la Sultane, la Suzanne de Québec, la Suzon, le Saint Nom de Jésus, le Soleil d’Afrique, le Solide, la Thérèse, la Trinité, le Triomphant, le Trompeur, l’Union, le Vénus, le Victoire, la Vierge de Grâce, la Ville-Marie, la Vierge de la Garde, le Vigilant, le Vive le Roi, le Zéphin, etc., etc.LES MOULINS A VENT La Coutume de Paris défend expressément aux seigneurs de se servir de moulins à vent comme moulins banaux.La Coutume de Paris a été observée tout le temps du régime français au Canada.Pourtant, il est certain que bon nombre de moulins banaux étaient mus par le vent.Je pourrais citer ceux de l’île d'Orléans, de la seigneurie Vincelotte, de Repentigny, etc., etc.Les seigneurs de la Nouvelle-Fran- , ce avaient-ils reçu du Roi la permission d’employer des moulins à vent comme moulins banaux?Quelle date porte cette ordonnance royale?Où se trouve le texte de cette ordonnance ?Cens QUESTION Quel est ce sieur Dambourgès que l’intendant Bigot fit emprisonner pour avoir fait passer des farines aux Iles malgré la défense des ordonnances?Ce Dambourgès ne serait-il pas Pierre Dambourgès, négociant à St-Thomas de Montma-gny, père de François Dambourgès, dont l’abbé L.-E.Bois a écrit la vie?St.T. — 377 — LA BIBLIOTHÈQUE DU CONSEILLER LAFONTAINE DE BELCOUR Jacques de Lafontaine de Belcour occupa diverses charges judiciaires sous le régime français.Il fut même conseiller au Conseil Supérieur.M.de Lafontaine de Belcour décéda à Québec le 18 juin 1765.Ses descendants sont encore nombreux dans la région de Québec où ils sont connus sous les noms de Fontaine et de Lafontaine.Il a été longuement question de M.de Lafontaine de Belcour dans notre ouvrage Le sieur de Vincennes, fondateur de l’Indiana.La bibliothèque du conseiller Lafontaine de Belcour n’était pas très fournie.C’est le notaire Lemaitre La Morille qui, à la mort de M.Lafontaine de Belcour, fut chargé de dresser l’inventaire de ses propriétés mobilières et immobilières.M.Lemaitre La Morille, très minutieux, énumère les chemises, les bas, les vêtements même les plus usagés du défunt etc., etc.On a raison de croire qu’il n’oublia rien.Nous constatons par son inventaire du 11 juillet 1765 que M.Lafontaine de Belcour ne possédât que cinq livres.Pratique civile et criminelle, par M.Lange.Philosophie morale, par Louis Delanclache.Dictionnaire français-latin.Oeuvres de Virgile.Instructions generales sur la juridiction consulaire.P.-G.R. 378 — UN AUTRE REFRAIN NORMAND Il y a quelques années, précisons: dans le B.R.H.de 1936, pp.29 et suivantes, nous avons démontré que la chanson si canadienne d’allure et de pensée : “Mon père aussi ma mère n’avait que moi d’enfant” avec le bizarre refrain “La destinée, la rose au bois” ne pouvait avoir pris naissance sur les rives du Saint-Laurent, mais nous venait de Normandie.Seulement, ici, nous avions modifié la prononciation et nous avions ajouté des couplets qui enracinaient le chant davantage, en cette Normandie du Nouveau Monde, qui est le Canada.Aujourd’hui, nous apercevons qu’un petit refrain bachique dont la vogue fut grande au temps où les gens faisaient ripaille et bombance, ne nous appartient que par héritage._ Ainsi, au temps des noces et surtout des fêtes, lorsqu’on était invité a prendre un “dernier verre”, il était coutume de chanter : Les Canadiens sont pas des fous Partirons pas sans prendre un coup., Fh bien, avec tout le respect que nous devons aux anciens, il faut avouer que cette fois encore, nos pères n’ont tait que modifier une “finale” conçue outre-mer.En voici la preuve.Au banquet de 1 Association générale des Normands qui eut heu à Paris, en mars 1934, il se fit plusieurs discours.1/un deux fut piononcé par Arthur Marye, directeur d’une — 379 — revue normande.Et ce journaliste termina par le chant suivant : A boire! A boire! A boire! Nos quitterons nos sans boire?(1) Non! Les gâs normands n’ sont pas si fous, De s’ quitter sans boire un coup! Le copieux compte-rendu de cette ‘‘manifestation normande” a paru dans la livraison de mai 1934 du Bulletin mensuel des Normands de Paris.Le couplet que nous rappelons ci-dessus, doit être maintenant à peu près oublié ainsi que nombre d’autres, car le repertoire des anciens n’intéresse plus guère qu’une minorité, ce pourquoi, quantité de chants du terroir ne se trouvent plus, aujoud’hui, que dans les bibliothèques: c’est leur cimetière.E.-Z.Massicotte QUESTION Les inventaires de M.Massicotte publiées dans les Rapports de V'Archiviste de la province de Québec indiquent que deux Couillard, Joseph et Pierre, obtinrent plusieurs congés pour aller h Michillimakinac, au Détroit, à la Baie, etc., etc.Qui pourrait donner des renseignements sur ce Joseph Couillard et ce Pierre Couillard?Ces congés s’échelonnent entre 1735 et 1753.A.B.C.(t) En Normandie, le peuple dit.couramment nos pour nous. — 380 — TABLE DES MATIÈRES DU QUARANTE-HUITIÈME VOLUME DU BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Ahantsic, Le néophyte .120 Allard, Les quatre frères .95 Ameublement ft Montréal au XVIIIe siècle, L’ .33, 75 Amherst parlait-il le français?.147 Augoville .352 Apprentissage autrefois, L’ .287 Arc de Triomphe, Sur r .284 Athlète de la Liberté .12 Badelard, Le docteur 241 Barbier et chirurgien .285 Baron père et fils .334 Bauve, écrivain du Roi, Nicolas .240 Bégin, La femme .327 Blanchet, Un long voyage de Mgr .04 Caldwell, Les canots du seigneur .322 Canotiers entre Québec et T,évis, Les.2S0, 321 Chouinard, La famille .00 Cimetière du Gros l’in de Charlesbourg .28 Conventions et congrès canadiens au Canada et aux Etats-Unis 54 Castel souterrain ft Montréal, Un .137 Cavelier de LaSalle, La fiancée de .279 Cliinic, La famille .244 Chirurgien et barbier .288 Cloutier, Jean-Baptiste .139 Conseil Supérieur, Un refus mesquin du .253 Costume des voyageurs et coureurs de bois, Le .235 Course ft pled, La .20 Crémazie, Le recorder .33g — 381 — Crevier, La famille .309 Diel, Le pays d’origine de Charles .34") Donohue, L’école anglaise de John .127 Durham, La suite de lord.318 “Engagements” pour l'Ouest, Les .307 Famille Turcotte .42 Famille Gillouet d’Orvllllers 55 Famille Cliouinard.00 Famille Legendre.60 Famille Uobitaille .65 Famille Allard .05 Famille Chinic.244 Famille Crevier .309 Fauteux, L’acte de naissance d’Aégidius .314 Fête Saint-Jean-Baptiste il Paris, U» première .32 1 Formulettes, Himettes et .20 Francoeur, L’acte de naissance de Louis .314 Gagnon, Ernest .86 Garneau, L’Histoire du Canada de .255 Gasnier, Pierre et Louis .27 Greffiers de Québec, Les deux premiers .145 Gros Pin (Clinrlesbourg), Le cimetière du .28 Guénard, Le pilote .265 Henderson, William .267 Histoire, La petite .338 Horse-boats, Les .353 Houdlni, Le magicien .12 Iles de la Madeleine, Les premiers habitants des.128 Institut.Canadien de Montréal, L’immeuble .01 Jassemin ou Jasmin, Le nommé .319 Jaquet, Louis de .251 Jasmin ou Jassemin, Le nommé .240 Jones, I/» projet de .272 Jourdain, Le plan de M.268 — 382 — Juges canadiens-français d’Ontario, Les .Juneau, Félix-Emmanuel .Keefer, Une opinion de M.Kroupa, L’artiste .Laçasse, Napoléon .Lacombe, La loi .Lambert, Le plan de Pierre.Langlois, Noël .Lanoullier, Nicolas .La Ville, Le sieur de .Le Breton, Le capitaine .LeFrançois de St-Michol .Livre publié il Montréal, Le premier.Lorimler, Louis de .Louve, Le canot la .Macdonald et le pont de glace, Sir John A Macdonald, Sir John A.Magnétisme, Les séances (le .Marchand, Le coureur Oondé MeLoughlin, fondateur de l’Orégrmn, John Montréal il Vancouver, De Montréal, La pension Morand il .Montréal, Un castel souterrain il .Montréal, L’immeuble de l'Institut Canadien de Montréal au XVIIIe siècle, L'ameublement il Montréal, La première chapelle Sainte-Anne ft Montréal, Le premier livre publié il Montréalais au XVIIe siècle Morand il Montréal, La pension Morisset, Deux Pierre Myrand, L'aventure de Pierre Navires il voiles.Au temps des Nicolas, Le greffier .Noyon, Détails sur la carrière de Jacques de 90 44 269 125 15 31 273 140- 229 145 203 352 31 126 332 273 63 317 20 250 256 339 137 91 33, 7551 31 358 339 36 274 288 145 121 — 383 — Ontario, Les juges canadiens-français d’ .95 Orégon, fondation canadienne, L’église de 1’ .24 Orvilllers, Les Gillouet d’ .55 Phipps, Le pavillon du vaisseau amiral de .286 Plessis et son premier maître d'école, Mgr .281 Pont de glace, Le premier .231 Pont de glace, La clef .233 Pont de glace devant Québec .237 Puits de Wolfe A Québec, Le .3 Québec, La traversée du fleuve entre Lévis et .226 Québec, Le puits de Wolfe A .3 Québec, L’école anglnise de John Donohue A .127 Québec, Les deux premiers greffiers de .145 Québec, Une vieille maison de .302 Références biographiques canadiennes 97, 149 Rimettes et formulettes .20 lïivlôre-Ouelle, Les gloires de la .310 Robitaille, La famille .05 Saint-Jean-Raptiste A Paris, La première fête.32 Saint-Vallier, Lettre du roi A Mgr de .01 Sainte-Anne A Montréal, La première chapelle 51 Savard, A propos d'un .320 Traverse entre Québec et Lévis, La .289 Trois-Rivières, Les premiers trottoirs des .254 Turcotte, La famille .42 Vaccin, La première loi en faveur du 252 Vide-Poche, Le nom .351 Voyageurs, Le costume des 235 Wolfe A Québec, Le puits de .3 Yelle, La famille 345
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.