Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 janvier 1946, janvier
Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe Vol 52e LEVIS — JANVIER 1946 No 1 LE BULLETIN DES Recherches Historiques ORGANE DU BUREAU DES ARCHIVES de la PROVINCE DE QUÉBEC O notre Histoire, écrin de perles ignorées Je baise avec amour tes pages vénérées DIKKOTEUE PIERRE-GEORGES ROY RECHERCHES HISTORIQUES BULLETIN D’ARCHÉOLOGIE, D’HISTOIRE, DE BIOGRAPHIE, DE BIBLIOGRAPHIE, DE NUMISMATIQUE, ETC., ETC.PUBLIÉ PAR PIERRE-GEORGES ROI VOLUME CINQUANTE-DEUXIÈME LEVIS LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Vol.52e LEVIS — JANVIER 1946 No 1 LE MANIFESTE DU COMTE D’ESTAING Dans un des chapitres qu’il a consacrés à la guerre de l’Indépendance américaine, notre historien national Carneau parle incidemment du manifeste adressé par le comte d’Estaing aux Canadiens français pour les engager à se soulever contre l’Angleterre.“Le désir bien décidé de la masse des Canadiens, dit-il, était de garder la neutralité dans la lutte entre l’Angleterre et ses anciennes colonies.En vain, le Congrès les pressa de se joindre aux Etats-Unis, en vain Washington lui-mêtne ajouta le poids de sa parole à ces sollicitations, ils restèrent sourds à tous leurs appels.Le comte d’Estaing, chargé du commandement de la flotte française, qui croisait dans les parages de l’Amérique en 1778, leur adressa une lettre dans laquelle il leur rappelait les liens naturels qui unissaient les Canadiens aux Français, ses paroles, parties de l’Océan, n’eurent aucun écho dans les chaumières canadiennes, où les souvenirs du passé après le premier tressaillement causé par l’insurrection des colonies, avaient depuis longtemps confirmé les habitants dans leur résolution de laisser la métropole et les colons de race anglaise régler leurs différents ensemble car ils ne voyaient dans les Américains que d’anciens ennemis’’.Quelques-uns de nos auteurs ont cité cet appel du comte d’Estaing aux Canadiens français mais d’une façon fort — 6 — inexacte.Evidemment, aucun d’eux n’avait vu le texte original de ce curieux document.N’est-il pas temps de faire connaître la lettre ou, si l’on aime mieux, l’appel du comte a Estaing aux “anciens Français de l’Amérique Septentrionale”?.disons d’abord que le comte amiral d’Estaing avait été mis par le gouvernement du roi de France à la tête d’une imposante flotte dont la mission était d’aider les Etats-Unis à conquérir leur liberté.C’est en arrivant en rade dé Boston, le 28 octobre 1778, que le comte d’Estaing signa son manifeste.On avait installé une petite imprimerie à bord du vaisseau amiral le Languedoc, et le manifeste fut imprimé à plu-sruiis milliers de copies.Combien de ces manifestes ont été conservés?Nous 1 ignorons.En tout cas, un des manifestes fut remis au chef micmac Joseph Claude, de Ristigouche.et ut consci vé dans sa famille pendant plus d’un siècle et demi.Tl est aujourd hui la propriété des Pères Capucins de Ristigouche et c’est grâce à la bienveillance du Père Placide que nous pouvons en donner le texte intégral.Déclaration adressée au nom du Roi à tous les anciens Français de l’Amérique Septentrionale.Le soussigné autorise par Sa Majesté et revêtu par là du plus beau des titres, de celui qui efface tous les autres: chargé au nom du Père de la patrie et du protecteur bienfaisant de ses sujets, d’offrir un appui à ceux qui étaient nés pour goûter les douceurs de son gouvernement, à tous ses compatriotes de l’Amérique Septentrionale.Vous êtes nés Français, vous n’avez pu cesser de l’être, une guerre ne nous avait été annoncée que par l’enlèvement de pr esque tous, nos matelots, et dont nos ennemis communs nont du les principaux succès qu’au courage, au talent, et au nombre de braves Américains qui les combattent aujour-d hui,, nous a arraché ce qui est le plus cher à tous les hommes, jusqu’au nom de votre patrie, vous forcer à porter malgré vous des mains parricides contre elle, serait le comble — 7 — des malheurs, vous en êtes menacés: une nouvelle guerre doit faire redouter qu’on ne vous oblige à subir cette loi, la plus révoltante de l’esclavage: cette guerre a commencé comme la précédente par les déprédations de la partie la plus intéressante de notre commerce.Les prisons de 1 Amérique contiennent depuis trop longtemps un grand nombre de Français importunés; vous entendez leurs gémissements.Cette îïuerre a été déclarée par le message du mois de mars dernier, par l’acte le plus authentique de la souveraineté anglaise, annonçant à tous les ordres de 1 F,tat, que commercer sans cependant interdire le même droit à personne, c était l’offenser, que de le lui dire avec franchise, c’était Je braver, qu’il s’en vengerait, et qu’elle se réservait de le faire, quand elle le pourrait à son avantage; et de surprendre alors plus légalement que dans la dernière guerre; qu’elle déclarait en avoir le droit, la volonté, le pouvoir, et en demandait les moyens.“Le fléau de la guerre actuelle ainsi proclamée a été restreint et retardé, autant qu’il a été possible,, par un monarque dont les vues pacifiques et désintéressées, ne réclament des marques de votre ancien attachement que pour votre bonheur, contraint de repousser la force par la force, et des hostilités multipliées par des représailles, qu’il a enfin ordonnées; si la nécessité porte ses armes ou celles de ses alliés dans un pays qui lui est toujours cher, vous n aurez point à craindre les embrasements ni les dévastations et si la reconnaissance, si la vue d’un pavillon toujours révéré pai ceux qui l’ont suivi rappellent sous les drapeaux de la France ou des Etats-Unis des Indiens qui nous aimaient et qui étaient comblés des présents de celui qu’ils appelaient aussi leur père; jamais, non jamais, ils employèrent contre vous leurs trop cruelles coutumes de faire la guerre, ils y renonceront ou cesseront d’être nos amis.“Ce ne sera point par les menaces faites à nos compatriotes que nous tâcherons d’éviter de les combattie.ce ne sera point non plus par des injures proférées contre une — 8 — grande et brave nation que nous savons respecter et que nous espérons de vaincre, que cette déclaration sera affaiblie.“Je ne dirai point en qualité de gentilhomme français à ceux d’entre vous qu'ils sont nés comme moi, qu’il n’est qu’une auguste maison dans l’univers, sous laquelle le Français puisse être heureux et servir avec délices parce que son chef et ceux qui lui tiennent de plus près par les liens du sang, se sont plu depuis une longue suite de monarques dans tous les temps, et se plaisent plus que jamais aujourd’hui à porter le même titre que Henri IV regardait comme le premier des siens.Je ne ferai point regretter ces qualifications, ces marques, ces décorations, trésors précieux à une façon de penser commune à nous tous, et actuellement fermés par notre malheur pour des Français Américains qui savaient si bien s’en rendre dignes.Leur zèle j’ose l’espérer, les fera reprendre bientôt sur eux: ils le mériteront lorsqu’ils oseront devenir les amis de nos alliés.Je ne demanderai point aux compagnons d’armes de M.le marquis de Lévis, à ceux qui ont partagé sa gloire, qui ont admiré ses talents, son tact militaire, qui ont chéri sa cordialité, et sa franchise, caractère principal de notre noblesse, s’il est d’autres noms chez d’autres peuples auprès desquels ils aiment mieux vojr placer les leurs, les Canadiens qui ont vu tomber pour leur défense le brave M.de Montcalm pourraient-ils être les ennemis de ses neveux, combattre contre leurs anciens chefs et s’armer contre leurs parents?A leurs noms seuls, les armes leur tomberaient des mains ! “Je n’observerai point aux ministres des autels que leurs efforts évangéliques auront besoin d’une protection particulière de la Providence, pour que l’exemple ne diminue point la croyance; pour que l’intérêt temporel ne l’emporte pas; pour que les ménagements politiques des souverains que la force leur a donnés ne s’affaiblissent point à proportion de ce qu’ils auront moins à craindre, qu’il est nécessaire pour la — 9 — religion que ceux qui la prêchent forment un corps clans l’Etat et qu’il n’y aurait point de corps plus considéré ni qui eut plus de pouvoir de faire le bien que celui des prêtres du Canada prenant part au gouvernement parce que leur conduite respectable leur a mérité la confiance du peuple, à tous mes compatriotes en général qu’une vaste monarchie ayant la même religion, les mêmes moeurs, la même langue, où l’on trouve des parents, des amis, et des richesses pas faciles à acquérir par une réunion avec des voisins puissants et plus sûrs qu’avec des étrangers d’un autre hémisphère chez qui tout est dissemblable, qui tôt ou tard, souverains jaloux et despotes, les traiteraient comme des vaincus et plus mal sans doute que leurs ci-devant compatriotes qui les avaient fait vaincre.Je ne ferai point sentir à tout un peuple car tout un peuple quand il acquiert le droit de penser et d’agir connaît son intérêt; que se lier avec les Etats-Unis c’est s’assurer son bonheur: mais je déclarerai comme je le déclare solennellement au nom de Sa Majesté qui m’y a autorisé et qui m’a ordonné de le faire, que tous ses anciens sujets de l’Amérique Septentrionale qui ne reconnaîtront plus la suprématie de l’Angleterre peuvent compter sur sa protection et sur son appui.“Fait à bord du vaisseau de Sa Majesté le Languedoc, en rade de Boston, ce vingt-huit octobre mil sept cent soixante dix-huit.Bstaing I “Bigret de Grandclos, secrétaire nommé par le Roi à la suite de l’escadre commandé par M.le comte d’Estaing — A bord du Languedoc, de l’imprimerie F.-P.Denauge, imprimeur du Roi et de l’escadre.” Dans une de ses lettres au ministre de la marine, le comte d’Estaing laisse entendre que son manifeste avait été préparé dès avant son départ de France par les officiels du gouvernement du Roi. 10 — Il écrivait: “J’ai l’honneur de vous rendre compte, que j’ai choisi pour publier la déclaration énoncée dans mes instructions le temps le plus rapproché de celui du départ de l’escadre du Roi et le moment où quelques Sauvages sont venus de très loin pour s’assurer par eux-mêmes et pour savoir à bord si nous étions bien réellement des Français; pour demander à voir le pavillon blanc dont l’aspect les fait toujours danser, entendre la messe dont ils étaient privés depuis dix-sept ans, à recevoir l’accolade du Révérend Père Récollet qui est notre aumônier, sans parler de quelques fusils, de la poudre, des balles et de l’eau-de-vie dont ils ne se sont occupés qu’avec modération, mais qu’ils ont acceptés avec grand plaisir”.Ajoutons que le manifeste du comte, s’il fut abondamment distribué dans la province de Québec, n’eut pas une grande influence sur la population.Ceux qui avaient rédigé cette singulière pièce ne connaissaient pas évidemment les conditions qui existaient ici.Il est vrai que les habitants des campagnes ne se dérangèrent guère pour aider l’Angleterre à repousser l’invasion américaine, mais ils n’aimaient pas plus les Américains que les Anglais.Ceux qui marchèrent avec le Congrès n’agissaient que parce qu’ils étaient bien payés pour les provisions qu’ils vendaient ou les services qu’ils rendaient aux troupes d’invasion.Quelques agents français réussirent à passer nos frontières mais ces gens agirent de façon si inconsidérée que nulle part la population se souleva de façon appréciable pour venir en aide au Congrès.Le texte de l’appel du comte d’Kstaing que nous citons ici a été emprunté à la copie imprimée qui fut remise par le contre-amiral lui-même aux Micmacs de Ristigvuiche qui avaient été le rencontrer dans la rade de Boston.Cet appel conservé pendant tant d’années parmi les descendants du chef micmac Claude est aujourd’hui la propriété des Pères Capucins de Ristigouche.Nous en devons la communication au Révérend Père Placide, Capucin, de Ristigouche. — 11 — LEUR DERNIER SUCCÈS Parce qu’il était rapidement devenu à la mode, le Parc Sohmer fut souvent le rendez-vous de sociétés de secours mutuels, de sociétés patriotiques, ou d institutions marquantes.Par exemple, on se rappelle qu’il y eut là, en 1890, une kermesse qui attira les classes patriciennes, puis une volumineuse réunion de la Société Saint-Jean-Baptiste.En 1895, cette même société choisissait le même endroit pour une célébration artistique et.littéraire qui dura de 2 hres de l’après-midi à 11 hres du soir.Et il y en eut bien d’autres._ ^ peut-être a 1 une de ces fêtes solennelles que deux artistes, montréalais de naissance, arrivés à la grande noto-i icté, consentirent a figurer au programme.Leur succès dépassa 1 attente et ils furent les héros d’une inoubliable soirée.Le premier de ces artistes était Ernest Lavigne, l’admiré chef de la musique du parc et le meilleur virtuose cor-nettiste canadien, mais qui ne se faisait plus entendre pour cause de santé.Le second était Alfred De Sève.D’abord élève, à Montréal, des distingués violonistes Oscar Martel et Jehin Pru-me, De Sève était allé poursuivre ses études à Paris et à Bruxelles.Là-bas, il eut trois professeurs renommés, surtout le célèbre Henri Vieuxtemps.A son retour au pays, De Sève avait donné des concerts à Montréal et à Ottawa.' En cette dernière ville il fut patronné par le marquis de Lome et la princesse Louise.Ensuite, il se rendit aux Etats-Unis et devint professeur au conservatoire de Boston.Revenu demeurer à Montréal, il se livra exclusivement à l’enseignement.Le soir en question, De Sève joua divers morceaux et termina par une ravissante harmonisation d’un air populaire canadien. — ta- il fut suivi par Ernest Lavigne qui démontra, une fois de plus, qu’il était bien l’émule de Liberati alors dans toute sa gloire.Ces deux étoiles affolèrent la foule.L’enthousiasme fut spontané.On applaudissait, on rappelait, on ne savait trop comment témoigner l’admiration que l’on ressentait.Ce fut bien la seule fois que ces deux remarquables solistes enregistrèrent ensemble un extraordinaire triomphe.Le cornet fatiguait Lavigne et lui causait de pénibles malaises.Quant à De Sève, il avait cessé de jouer du violon pour jouer à la bourse, disait-on, mais peut-être avec moins de bonheur.A cinquante ans de distance, des assistants ont conservé le souvenir précis du jeu brillant des deux solistes, mais ne leur demandez pas quel était le reste du programme, en cette soirée.Ce reste est obnubilé, suivant l’expression d’un facétieux pédagogue.E.-Z.Massicotte PAR TERRE OU PAR MER?Au printemps de 1760, la petite armée que le chevalier de Lévis avait formée à Montréal pour venir reprendre Québec aux Anglais se rendit-elle de la métropole à Québec pat-terre ou par le fleuve Saint-Laurent?Les mémorialistes contemporains ne sont pas très explicites sur ce point.Les uns laissent soupçonner que l’armée descendit par le fleuve; les autres se contentent de parler des difficultés des chemins que le dégel rendait presque impraticables, ce qui laisse entendre que les soldats de Lévis firent le trajet de Montréal à Québec par terre.Il ne peut y avoir de doute là-dessus quand on consulte les relations officielles.Au mois d’avril, il aurait été prés- — 13 — que impossible de faire descendre de Montréal à Québec 10,000 à 12,000 hommes par terre.Aussi, le chevalier de Lévis qui avait déjà passé quatre hivers au Canada ne songea pas à cette alternative.C’est par le fleuve Saint-Laurent que dès le principe on décida de se rendre à Québec.Pendant l’hiver de 1759-1760, l’intendant Bigot fit calfeutrer quatre cents bâtiments de six tonneaux chacun.Ces navires devaient transporter les soldats de Montréal à Québec.La frégate du Roi YAtalante, commandée par M.de Vauquelain, et les navires la Pomone, commandés par le sieur Sauvage, et la Pie, commandée par le sieur Villers, devaient transporter de Sorel à Québec les quelques pièces d’artillerie qu’on avait retirées de l’île aux Noix et des forts de Saint-Jean et de Cbambly.Un autre navire, la Marie, sous les ordres de AI.Cornilhau, devait prendre à Montréal tous les ustenciles nécessaires à l’armée.Au premier avril 1760, tout était prêt ou à peu près pour le départ de l’expédition.On attendit toutefois jusqu’au 20 avril parce que le Saint-Laurent n’était pas encore assez libre de glace.Ce jour-là, donc, on lança tous les bateaux à l’eau en les faisant glisser sur les battures.Dès qu’ils eurent atteint le milieu du fleuve, on les mit à la voile.La flottille descendit alors le fleuve en route pour Québec.Le secret des préparatifs du chevalier de Lévis avait été bien gardé et les Anglais renfermés dans Québec étaient si certains qu’on ne préparait rien contre eux qu’ils vendirent, au cours de l'hiver de 1759-1760, une grande quantité d’eau-de-vie à certains émissaires de l’armée française.S'ils avaient su que cette eau-de-vie était destinée à l’année du chevalier de Lévis, ils ne l’auraient pas vendue ni pour or ni pour argent.Mais la guerre alors connue aujourd’hui était une boite à surprises, et c’est un bien petit événement qui dévoila aux Anglais l’approche de l’armée du chevalier de Lévis.Nous laissons la parole aux avocats de Bigot: .“L’armée était donc arrivée à Saint-Augustin, à cinq lieues de Québec.Tous les soirs, elle débarquait sur les glaces, pour gagner terre et coucher sur le rivage.L ennemi 14 — ignorait complètement qu’elle fut en mouvement.Il la croyait encore dans ses quartiers d’hiver, qu’elle était débarquée toute entière et marchait sur Québec.Il était dix heures du soir.Le chevalier de Lévis lui avait fait prendre par le fond des terres pour qu’elle ne fut point apperçue.Le soldat était dans la neige jusqu’aux genoux.La nuit, il survint une grêle it tin verglas qui la fit prodigieusement souffrir.Elle marchait néanmoins malgré tous ces obstacles et elle touchait presque a une garde avancée de quinze cents hommes que rn ,?¥s tcnaicnt au Cap-Rouge, à trois lieues de Québec.LMe allait toucher sur un détachement et elle l’aurait taillé on pieces Mais voici ce qui était arrivé.Un canonnier, en sortant de son bateau, comme les autres, la veille au soir, etau tombé dans l’eau.Tl avait saisi un grand glaçon, sur lequel il était parvenu à monter et à s’asseoir, et sur lequel il était obligé de se laisser aller au gré du flot.En descendant le glaçon rasa la côte de Québec.La sentinelle anglaise était sur le bord de la rivière.Elle vit cet homme prêt à périr.et appela du secours.On vint ô ce malheureux que le courant emportait.On l’atteint.On le trouve sans mouvement, gele, on le croit mort.Son uniforme, qui le fait reconnaître pour un soldat français augmente la curiosité et le désu de le rappeler à la vie.s’il est encore temps, pour savoir de lui son aventure et qu’elle en est l’occasion.On le porte chez le gouverneur.On lui donne des confortatifs qui lui donnent assez de voix pour dire qu’il v a une armée de 10.000 français aux portes de Québec, et il meurt.Aussitôt le gouverneur envoie à toute bride un courrier au Cap-Rouge avec ordre au Commandant de la garde avancée de 1500 hommes de rentrer en toute diligence à Québec.” De son côté, le capitaine Knox, alors à Québec, raconte I incident dans les termes suivants: “27th April 1760: About two o’clock this morning the watch on board the actdior.se sloop of war in the dock, hearing a distressful noise on the river, acquainted Captain M’Cartny therewith, who instantly ordered out his boat, which shortly after re- — 15 turned with a man whom they found almost famished on a float of ice; notwithstanding all imaginable care was taken of him, it was above two hours before he was able to give an account of himself ; when the terrors of his mind had subsided, and he could speak, he gave bis deliverer the following intelligence: “That he is a Serjeant of the French artillery, who, with six other men, were put into a floating battery of one eighteen-pounder; that his batteau overset in the great storm above-mentioned, and his companions he supposes are drowned; that he swam and scrambled, alternately, through numberless floats of ice, until he fortunately met with a large one, on which, though with great difficulty, he fixed himself; that he lav on it for several hours; passed the town with the tide of ebb, which carried him near to St.Lawrence’s church on the island of Orleans; and was driving up again with the tide of flood, al the time that our boat happily came to his relief.He added, that the French squadron, consisting of several frigates, armed sloops, and other craft, such as galiotcs, floating batteries, and batteaus innumerable, laden with ammunition, artillery, provisions, intrenching-tools, and stores of all kinds, were coming down to the Foulon, at Sillerv ; where they were to meet the army under M.de Levis and M.Bourlemacque, amounting to twelve thousand men at least, though manv people computed them at fifteen.—That their fleet, particularly the small craft, were separated by the storm, and he believes many of them are lost, by the number of different articles which he saw floating down with him, and several guns he heard, and supposes may be signals of distress from their larger vessels ” He says farther, “that they are made to believe they will be reinforced by a powerful fleet and army from France, before an English ship can enter the river; and they are in daily expectation of a frigate laden with ammunition and stores, that has wintered at Gaspée.” —His story being told, Captain M’Cartney immediately conducted him in a sailor’s hammock up to the Governor, ( 1 ) to whom lie recounted all the foregoing particulars; whereupon his Excellency gave the command in the town to Colonel Fraser, and he, with the Ljeu-tenant-Gouvernor, marched out at the head of the grenadiers 16 - of the army, the five regiments under orders of readiness lor the field, and the picquets for the garrison, to sustain the light infantry and rangers, who are already advanced.J his large detachment, which composed the greatest part of our forces, took ten six-pounders and a proportionable quantity ol ammunition with them.The remainder of the troops were instantly paraded, and marched down to St.John’s (iate.piepared to push out, in case circumstances should require it.” A-t-on conservé le nom de ce canonnier français qui fut la cause indirecte de l’insuccès du chevalier de Lévis?Aucun de nos historiens ne l’a donné.Pour nous, ce canonnier ne pouvait etre autre que Jean-Baptiste Begine dit Bellefleur dont nous trouvons l’acte de sépulture aux registres de Québec, a la date du 1er mai 1760- ' Le premier May nul sept cens soixante a été inhumé Jean-Baptiste Begine dit Belle-fleur, soldat Canonnier, décé-de c "ieme aKe ^’environ cinquante ans, étoient pre-mmUs Augustin Saunier, Joseph Racine et plusieurs autres.— |.b.Recher Cure.this important'T"'0" the nieons trough which ho received rainy Xther ! f .my*: “27th.- Being Sunday, very genre at three’o’rtnolî i/ n '^r ’ °,Wn Hnrd thp NiK,lt liefnr
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.