Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 avril 1948, avril
Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe VoL 54 LEVIS — AVRIL 1948 No 4 LE BULLETIN Recherches Historiques ORGANE DU BUREAU DES ARCHIVES de la PROVINCE DE QUÉBEC O notre Histoire, écrin de perles ignorées Je baise avec amour tes pages vénérées DIS -JH.DIRECTEUR PIERRE-GEORGES ROY i • - ¦ • -xV* ! '¦T i f.f HÜ y u *' i?1 V» « V .v •„ » .r • .': ‘ i • •: r'b~.-• V."< ' ?¦ y’i LE BULLETIN DES .RECHERCHES HISTORIQUES Vol.54 LEVIS — AVRIL 1948 No 4 % LA FAMILLE CARTIER DE SOREL Des sept ou huit Français de ce nom qui firent souches au Canada, il semble que deux seulement y aient laissé de la postérité: ce sont Guillaume et Jacques Cartier.Le premier, venant des environs de Nantes, en Haute-Bretagne, marié à la Pointe-aux-Tremhles de Québec, en 1685, est 1 ancêtre de la plupart des Cartier au Canada et aux Etats-Unis; c’est une branche de sa nombreuse postérité, qui fit souche, il y a près de deux cents ans, en terre soreloise, qui fera le sujet de la présente étude.Quant au second.Jacques Cartier, qu’on surnomma Langevin parce qu’il venait de l’Anjou, il se maria en 174-1.a Beauport, dans la banlieue de Québec.Menuisier de son métier, il se lança dans le commerce à Québec, et.sur les quatorze enfants qu il eut de Marguerite Mongeon, son épouse, son seul garçon.Jacques, vint s’établir à Saint-Antoine sur Richelieu ou il fit fortune dans le commerce du grain.Tl fut aussi député du comté de Verchères qui portait alors le nom de Surrey.Son fils.Jacques, marié en 1798 à Marguerite Paradis, sut dissiper la fortune de son père, mais, en retour, il donna au Canada, dans la personne de son fils, Georges-Etienne Cartier, l’un de ses hommes d’Etat les plus illustres.Existe-t-il quelque parenté entre ces deux familles’ Rien au Canada ne nous l’indique.Guillaume arrive ici sur la fin du XVilenie siècle tandis que Jacques n’y immigre que trois-quarts de siècle plus tard, et aucune alliance ne se- — 100 — tablit entre ces deux familles.Il se peut toutefois que certains liens de parenté existassent en France, vu que l’Anjou et la Bretagne se touchent et qu’entre Drain, et Prulier, d’où nous vinrent respectivement ces deux colons, il peut y avoir une cinquantaine de milles.Seules des recherches sur les lieux pourraient nous renseigner à ce sujet./ Guillaume Cartier Celui, dont nous dressons ci-après le rameau vigoureux de son arbre généalogique, était le fils de Julien Cartier et de Françoise Bourdain.11 venait du bourg de Drain, diocèse de Nantes, en Bretagne.Il est meunier de profession.Le 18 janvier 1685, il épousait à la Pointe-aux-Trembles de Québec ou Neuville une jeune fille de dix-huit ans: lui en avait trente-deux.Récemment émigré de France, Guillaume Cartier devait être à l’emploi comme meunier du seigneur de l’endroit, Nicolas Dupont de Neuville, conseiller du roi au Conseil souverain, qui agit comme témoin du marié au contrat de mariage passé devant Gilles Rageot, notaire royal.La famille de la marié, Etiennette Garnier, habitant la seigneurie de Neuville, à quelque vingt milles en amont de Québec, semble être bien vue de la haute société de Québec, puisqu’on y rencontre, en l’étude de Gilles Rageot, lors de la passation du contrat de mariage, des notabilités comme Jean-Baptiste Legardeur, grand ami du gouverneur, M.de Frontenac, et Guillaume Roger, premier huissier au Conseil souverain.Voici en quels termes furent stipulées les conventions matrimoniales de Guillaume Cartier et Etiennette Garnier: "Pardevant Gilles Rageot Notaire Gardenostes du Roy Nôtres Sire en la Prevosté de Quebec en la Nouvelle France furent presents en leurs personnes François Garnier habitant demeurant en la Seigneurie de Neufville stipulant poulet au nom de Marie Estiennette Garnier sa fille et de Marie Jacqueline Freslon ses pere et mere de la parr.de Sainct François de Salles Erigée en lad Seigrl,‘ dioceze de Quebec lad Marie Estiennette Garnier a ce pnte et de son consentement d une part Et Guillaume Cartier, meunier demeurant — 101 en lad Seigneurie, tils de deffunct Jullien Cartier et de Françoise Bourdain ses pere et mere de la parr.de Nostre Dame du bourg de Dren diocèse de Nantes d’autre part, lesquelles parties de leur bon gré et volonté en presence et du consentement de leurs parents et amys pour ce assemblez de part et dautre cest asçavoir Led.Garnier en la presence et de lad-vis d Joseph Garnier Françoise Garnier ses frere et soeur de Jean Baptiste Legardeur Escuyer Sieur de LaMothe Me Guillaume Roger premier huissier au CoïC Souverain de ce Pays, de Jean Dubucq, Jean Hayot et André DuMats, amys communs des partyes et de la part dud Cartier en la presence de Monsieur Me Nicolas Dupont Escuyer Seigneur de Neufville Conseiller du Roy au Conseil Souverain de ce Pays — Ont reconnu et confessé avoir fait les traitté et promesse de Mariage qui ensuivent C’est asçavoir Led Garnier avoir promis et promets par ces pntes donner en nom de Mariage Lad Marie Estiennette au dit Cartier qui la pronies prendre pour sa femme et legitime espouse comme aussy Lad Marie Estiennette le prornes prendre pour son marv et legitime espoux Ycelluv Mariage faire et solemniser en face de Nostre Mere Ste-Esglise Catholique Apostolique et Romaine Le plustost que taire ce pourra et q1 sera advisé et desli-berer entreux leursd parents et amys sv Dieu et N,r‘‘ ditte Mere Saincte Esglise v consentent et accordent pour estre uns et communs en tous biens Meubles et conquests immeubles du jour de leurs espousailles suivant la Coustume de la prevosté et Vicomté de Paris suivie en ce pays Se prenant les futurs espoux avec tous leurs droits noms raisons et actions presents et advenir q.ont de put et qui leurs eschoiront à ladvenir tant par succession donnation quatrement Apor-tant lad future espouse la somme de Cent cinquante livres q.lui ont esté donnez par François Avril son parain et que Led Garnier son pere a dit avoir entre les mains q1 leur promet* rendre et fournir dans trois ans pour tenir et sortir Nature de propre a la ditte future espouse, sobligeant aussy Led Garnier pere fournir et donner en faveur dud Mariage a sa fille Un habit de nopces selon sa condition ou la soe.de quarante livres a leur vollonté, Ainsy que une vache de la val-leur de dix escus à leur vollonté, Sera douée la future es- — 102 — pouse du douaire coustumier ou de deux cent livres de douaire prefix a son choiz, Le preciput seta esgal et réciproque de la somme de deux cent livres a prendre par le survivant sur la communauté.Car ainsi &ca promettant &ca, obligeant &ca chacun en droist sov &ca.Faict et passé aud Quebecq, estude dud Notaire, après-midy, le onziesme jour de Janvier M VT quatre vingt cinq, es présence de Me Charles Le Mar quis et Nicolas Metru Her et Guillaume Barué, tesmoîns qui ont avec Mond Sieur Dupont, Lamothe, Roger et Notaire signés, et lesd Garnier, père et fils futurs époux déclaré ne scavoir escrire ny signer, de ce interpellé suivant LOrdon-nance.(signé) Dupont, René Gardeur, Jean-Baptiste Legar-deur.Roger, Marquis, Barrue, Metrue, Rageot, Not.” Sept jours après avoir passé ce contrat, les futurs époux célébraient leur mariage en l’église de Neuville, en présence du curé, l’abbé Pinguet qui rédigea ainsi leur acte de mariage : "Le dix-huitième de Janvier de l’année mil six cent quatre-vingt-cinq, après la publication de trois bans de mariage, faite aux messes paroissiales de la paroisse de Saint-François de Sales, à Neuville, le sixième, le septième et le quatorzième du même mois, entre Guillaume Quartier, fil- de leu Julien Quartier et Françoise Bourdin, ses père et mère, de la paroisse de I )ren, Lvêche de Nantes, âgé de trente-deux ans, d'une part, et Marie Etiennette Garnier, fille de btançois Garnier et Jacqueline Freslon, ses père et mère, de la paroisse de Saint-François de Sales, à Neuville, Evêché de Québec, âgée de dix-huit ans et demi, d’autre part: ne s étant trouvé aucun empêchement légitime, ie soussigné, pietie, faisant les fonctions curiales à la dite paroisse, ay piis leur mutuel consentement de mariage par parole de présent, et leur ay donné la bénédiction nuptiale, selon la forme pi escrite de notre Mère la Sainte Eglise, en présence de François Garniér, père de la dite épouse, et de Pierre Péro, Jean Bradv et Jean de Bucv et Jean Lauriot, témoins, lesquels ont declare ne savoir écrire ni signer de ce interpellés, suivant l’ordonnance, (signé) J.Pinguet, ptre.” Désireux, un jour, de localiser sur la carte de France, — 103 — ce bourg- de Dren” dont il est fait mention aux actes ci-dessus comme étant la petite patrie de mon ancêtre je ne trouvai aux environs de Nantes aucune localité de ce nom.Pour en avoir le coeur net.j’écrivis au maire de Nantes, et voici la réponse que je reçus du bibliothécaire de cette ville: “Bibliothèque municipale de Nantes, rue Gambetta.Nantes, le 31 août 1924.Monsieur, La demande que vous aviez adressée, en juin dernier à la Mairie de Nantes, au sujet d’un de vos ascendants Guillaume Cartier, né à "Dren’’, m'a été transmise.Il n’y a pas, dans le département de Loire-Inférieure, de commune de ce nom, et je renonçais à vous satisfaire, lorsqu un hasard a fixé mon attention sur la commune de Drain , dans le département voisin de Maine-&-Loire.Jusqu à la Révolution, la paroisse releva du diocèse de Nantes.Il est donc probable que.c’est dans cette -localité que naquit Guillaume Cartier; le nom d'ailleurs v est toujours représenté: dans le Dictionnaire de Maine-&-Loire de Célestin ort, je vois qu en ls48, le maire de Drain s’appelait Pierre Cartier.t Vous, pourrez sans doute retrouver dans les régistres d’Etat civil de la commune les actes concernant votre famille.Agréez, Monsieur, mes salutations distinguées.(Signé) Giraud-Mangin, Conservateur de la Bibliothèque de Nantes et Archiviste municipal.Monsieur A.-O.Cartier, secrétaire municipal, Sorel, Qué.Canada.” Il faut avouer qu’alors on était pas très fort en orthographe: pour écrire Quartier au lieu de Cartier, il fallait n’avoir'aucune notion de la découverte du Canada. 104 — Après son mariage, Guillaume Cartier vécut encore trois ans à Neuville où il fait baptiser en 1686 un garçon, et en 1688, une fille.En 1690, il paraît être à Québec où il fait baptiser une autre fille.De cette date à 1702, son domicile nous échappe; on ne retrace pas le baptême des enfants qu’il a durant cette période, mais il est plus que probable qu’il était à Saint-François-du-Lac dont les régistres d’Etat-civil sont interrompus de 1693 à 1698.En 1702, il fait baptiser à St-François-du-Lac son dernier enfant et il apparaît au terrier comme propriétaire d’une terre sur la rive droite de la rivière St-François, faisant aujourd’hui partie de la paroisse de Notre-Dame de Pierre-ville.Un acte cependant de 1708, retrouvé dans les régistres de l’Ue-du-Pas, laisserait entendre que Guillaume Cartier vécut quelque temps à Sorel.Voici cet acte: “L’an mil sept cent huit, le seizième de septembre, a été inhumée Marie-Josepte, âgée de 14 ans, dans le cimetière de Saurel, par mov missionnaire soussigné, fille de Guillaume Cartier, meunier au dit Saurel, et de Marie Garnier, sa mère; cela en présence de Pierre Enau et plusieurs autres habitants.(Signé) Charles de la Gondalie, p.m.” Guillaume Cartier aurait-il alors laissé temporairement sa terre de St-François pour servir de meunier à Madame de Saurel, seigneuresse du lieu, qui seule avait droit de faire moudre du grain?C’est fort probable.Cet acte de sépulture est d’ailleurs le seul acte de Guillaume Cartier aux archives soreloise.De tout ceci on peut conclure qu’en 1700 et même avant, Guillaume Cartier était établi à St-François-du-Lac.“Cette contrée, écrit le Père Charland.o.p., avait d’ailleurs tout ce qu’il fallait pour séduire les nouveaux colons.Elle leur offrait.pour séduire les nouveaux colons.Elle leur offrait, outre les facilités de transport et d’approvisionnement, la beauté de ses grands arbres : chênes, érables, cèdres, pins surtout, la fertilité de son sol, l’abondance du gibier de chasse et de pêche : oies, outardes, canards et poissons de toutes sortes.” Mais il fallait avoir du cran pour s’y aventurer en ce temps-là.En 1700, la Potherie décrivait St-François comme étant — 105 — le centre de tout ce qu’on peut souhaiter de meilleur au Canada.Mais il ajoutait que le repos de ceux qui y demeurent est traversé lorsque nous avons la guerre avec les Iroquois.“Le laboureur, dit-il, qui travaille la terre, quoique armé de pied en cap, tremble à chaque pas que sa charrue avance du côté du bois, par la crainte qu’il a d’être tué par ces barbares, ou, quand ses boeufs retournent pour faire un autre sillon, que l’on ne fonde tout à coup sur lui pour avoir la chevelure de sa tête ou pour l’amener prisonnier chez eux pour y être brillé.” En 1700, St-François-du-Lac comptait 15 ménages, formant une population d’une centaine d’âmes.Guillaume Cartier y trouva les Couturier, les Labonté, les Desmarais, les Pinard, les Despins, les Deschenaux, les Forcier, les Lachapelle, les Joyal, les Parenteau, les Duperron, les Véron-neau, les St-Cernv, les Lauzière, qui, avec les Crevier comme seigneurs, furent les pionniers de cette contrée.A.-O.Cartier (La fin dans la prochaine livraison) QUESTIONS Le problème est peut-être difficile à résoudre mais il en vaut la peine: qui pourrait fixer de façon certaine le site du moulin établi dans la seigneurie de la Malbaie par le sieur Hazeur?Ce dernier avait exploité bien avant M.Price les riches forêts du Saguenay.E.F.Quand a-t-on commencé à tirer le canon midi et soir sur la citadelle de Québec?• Sold Quand a-t-on commencé à creuser le chenal du lac Saint-Pierre?Pilote — 106 — LES HABITANTS DE SAINT-FRANÇOIS.LO.'.EN 1681 Au recensement de 1681, publié dans Y Histoire des Canadiens-français, de M.Benjamin Suite, les habitants de la seigneurie d’Argentenay (Saint-François, I.O.) sont mentionnes dans l’ordre de leurs terres: 1° du côté sud de l’île en partant de la limite de Saint-Jean, jusqu’à l’église, c’est-a-dire de 1 ouest à lest, avec trois interversions; et 2° du cote nord de l’île, en commençant à la pointe d’en bas jus-qua la ligne de separation d’avec la Sainte-Famille, soit de I est a 1 ouest, avec une seule interversion.Nous les mentionnons ci-apres dans l’ordre inverse, c’est-à-dire en partant ' c a , amte-Famille, au nord, en allant jusqu’au bout est de 1 de.puis au sud, en partant de l’église jusqu’à la paroisse de Saint-Jean.Nous avons gardé l’ordre du recensement mais “ordre dS terr~ “ '**** haWtant' ^ ™rreSpon
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