Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 juin 1948, juin
Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe LE BULLETIN Recherches Historiques ORGANE DU BUREAU DES ARCHIVES de la PROVINCE DE QUÉBEC O notre Histoire, écrin de perles ignorées Je baise avec amour tes pages vénérées VoL 54 LEVIS — JUIN 194S No 6 DES DIRECTEUR PIERRE-GEORGES ROY LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Vol.54 LEVIS — JUIN 1948 No 6 LES COMMANDANTS DU FORT NIAGARA (Suite) Nicolas Biaise des Bergères de Rigauville Fils de Raymond Biaise des Bergères, qui avait été commandant du fort de Niagara après la mort du chevalier de Troye, M.des Bergères de Rigauville était né en France mais il passa dans la Nouvelle-France à l’âge de quatre ou cinq ans.Sa mère avait péri en venant rejoindre son mari dans la colonie.Le jeune homme suivit son père dans les différentes garnisons où il fut assigné et, à l’âge de quinze ans, entrait dans les troupes de la marine.Les promotions de M.des Bergères de Rigauville furent assez lentes.En 1714, deux lieutenances étaient vacantes dans les troupes.Le jeune officier en demanda une, mais elle ne lui fut pas accordée, probablement à cause de l’apostille du gouverneur à la liste des candidats.Elle portait : “Ce n'est pas un bon sujet’’.En 1721.nouvelle demande de M.Bergères de Rigauville pour une promotion et nouveau refus.Cette fois, madame de La Forest, mère de sa femme, s’en prit au gouverneur de Vaudreuil et à l’intendant Rau-dot, surtout au premier qui, disait-elle dans sa lettre au Conseil de la Marine, en voulait à toute sa famille.Le ministre qui connaissait le caractère difficile de la veuve de La Forest, se contenta d’écrire en marge de sa lettre au Conseil de Marine: “Rien à répondre sur cet article”. — 164 Ce n’est que cinq années plus tard, en 1726, que M.des Eer-qèi es de Rigauville obtint la lieutenance qu’il postulait depuis douze ans.C est en 1730 que M.des Bergères de Rigauville fut en\o\e au fort de Niagara pour remplacer temporairement - .Chahcit de Joncaire, chargé d’une importante mission.I oui une raison ou une autre, peut-être par suite des fréquentes absences de M.Chabert de Joncaire, la discipline s était relâchée parmi les soldats de la garnison de Niagara.Le commandant intérimaire résolut de mettre fin aux f esmdies.Les soldats, pour se venger des dures punitions de M des Bergères de Rigauville.firent un complot pour se debarrasser de lui.C’est le 26 juillet 1730 que la révolte devait éclater.Le commandant en fut informé à temps et il ui\()\a un expiés a Montréal pour obtenir du secours.Le gouverneur de Beauharnois dépêcha aussitôt MM.de la auc leticre et de Celoron avec vingt soldats à Niagara avec ordre de ramener les mutins à Montréal pour les faire passer en cour martiale.L’auteur de la sédition était un Panis.an u scs pi incipaux complices subirent leur procès et fu-î eut condamnes à être pendus.L intendant Hocquart s’intéressait au sort de M.des •ci gérés de Rigauville et écrivit plusieurs fois au ministre en sa Laveur.Le 21 octobre 1733.notamment, il écrivait: avans encore pris la liberté de vous écrire en faveur de v- Rigauville, lieutenant, qui commande actuellement à ntS‘U a’ !•/'T n a.p0,nt en ï™rt a la Promotion.C’est' un n i 1actlt.' fort intelligent, aimant et entendant le service, rendant bon compte et qui a des services.M.le général gouvuneui ) doit vous avoir rendu les mêmes témoignages, flatté r'v ,!0,nl actue,îement de compagnie vacante; il serait dus n f'"0 CX,)1CC\art,vf ‘ ^fa,ffré les bons témoignages renie connin’?1'' C 6 dcS Rer^rcs de Rigauville, il n’obtint en 1736 eniCnt ( Une comPa£nie que trois ans plus tard.semhûPnnS S°n c;°rni'llanTdemcnt au fort de Niagara, il ne à remnlir !p|U c ' CS Rei^res de Rigauville ait été appelé se 1-et ror i trCS P°Stes de fluelrlue importance.Il finit par ciÆï où 11 dé- — 165 — Par son mariage avec Marie-Françoise Vianney-Pa-chot, petite-fille du sieur Alexandre Berthier, li était devenu seigneur de Berthier-en-haut et de Berthier-en-bas, mais ces deux seigneuries ne rapportaient pas alors de gros revenus, puisque Mgr de Pontbriand fut obligé de demander au ministre d’accorder une petite pension à la veuve de M.des Bergères de Rigauville ( 1 ).Charles, chevalier de Raymond Charles, chevalier de Raymond, appartenait à une famille assez importante de la Saintonge.11 passa dans la Nouvelle-France en 1722 avec une commission d’enseigne en second.Enseigne en pied en 1731, il fut fait lieutenant dans les troupes de la marine en 1738.C’est précisément en 1738 que le chevalier de Ravmond se vit confier le poste de commandant du fort de Niagara par le gouverneur de Beauharnois.Il semble qu’il garda ce commandement jusqu’en 1746, tout en s’absentant des périodes plus ou moins longues pendant lesquelles il était remplacé par des commandants intérimaires.En 1746, promu au commandement d’une compagnie, le chevalier de Raymond fit la rude campagne de la Nouvelle-Angleterre sous les ordres de M.de Rigaud.En 1748, M.de Raymond fut de nouveau envoyé prendre le commandement du fort de Niagara qu’il garda cette fois un peu plus d’un an.De 1749 à 1751, le chevalier de Raymond commanda au poste lointain des Miamis (situé dans l'état de F Indiana actuel).En 1752, le comte de Raymond, cousin du chevalier de Raymond, devenait gouverneur de File Royale.C’est probablement lui qui attira son parent dans cette île.Il v servit jusqu’à 1753.Le chevalier de Raymond revint ensuite servir dans la Nouvelle-France proprement dite.On note sa présence aux batailles du lac Saint-Sacrement et de Carillon.(1) I'.-G.Roy, La famille des Rcrpfirrs ¦ Riga avilie. 166 Le chevalier de Raymond repassa en France après la Conquête et se retira à Saintes où il décéda en février 1774.11 avait été fait chevalier de Saint-Louis en 1753.On attribue au chevalier de Raymond un Mémoire sur les postes du Canada qui a été longtemps enfoui dans la poussière des archives mais que M.Aégidius Fauteux a retrouvé en France et publié en 1929.M.Fauteux ne se laisse pas éblouir par les considérations du chevalier de Raymond qui n’était pas aussi désintéressé qu'il le laisse voir.“Son Mémoire, dit M.Fauteux, est un véritable plaidoyer pro damo.Il est rempli d’amertume «à l’endroit de ses camarades qui se gavent pendant qu’il jeûne et n’est au fond qu’un continuel soupir envers une place où il pourra lui-même s’enrichir”.Et, pour prouver ses avancés, M.Fauteux cite les lettres du chevalier de Ray-moud au ministre où il ne cesse de demander des postes lucratifs.Entre autres demandes de M.de Raymond, M.Fauteux analyse celle qu’il fait en octobre 1751 du poste de la Baie, qui était considéré comme le plus avantageux de la colonie.Le chevalier de Raymond demandait de lui accorder ce poste pour six années sans autre rémunération que la liberté de l’exploiter.Il faut bien l’avouer: la plupart des officiers de là-bas qui servirent dans la Nouvelle-France ne se sacrifiaient pas pour nous, ils voulaient leur avancement personnel et le moyen de faire fortune rapidement.Leurs demandes adressées au ministre nous renseignent amplement sur ce point fl ).Pierre Boucher de Boucherville L’abbé Daniel, qui a consacré une longue notice à la famille Boucher de Boucherville, et le Père Lalande, dans son Histoire de la seigneurie de Boucherville, ne font que mentionner Pierre Boucher de Boucherville.M.Aégidius Fauteux, dans ses Chevaliers de Suint-Louis, nous donne les dates principales de la vie de ce petit-fils du célèbre Pierre Boucher, gouverneur des Trois-Rivières.Il écrit: "Pierre Boucher de Boucherville, fils de Pier- (1) Aégidius Fauteux, Mémoire sur leu postes du Canada. — 167 — re Boucher de Boucherville et de Charlotte Denys, né à Boucherville le 11 juillet 1689.Enseigne dans les troupes du Canada le 18 mars 1721, il fut promu lieutenant le 20 mars 1736 et capitaine le 1er mai 1749.Il se retira du sei-vice en 1753 et mourut à Boucherville le 12 septembre 1767.Il fut créé chevalier de Saint-Louis en même temps qu’il prenait sa retraite, le 1er janvier 1758”.Nous savons par ailleurs que M.Boucher de Boucherville fut commandant du fort de Niagara de 1740 à 1743.M.Boucher de Boucherville, propriétaire d’une importante seigneurie et père d’une nombreuse famille, ne pouvait la faire subsister avec ses maigres appointements d’officier des troupes.C’est probablement la raison qui l’engagea à s’occuper plus de ses terres que de la gloire militaire.François Hérault de Saint-Miclicl-Gourville L’histoire de M.Hérault de Saint-Michel-Gourville n’est pas longue ni compliquée.Né à Paris, paroisse Saint-Gervais, il était le fils de François Hérault, seigneur de Gourville.Son père avait, il est vrai, une seigneurie mais peu d’écus et il passa dans la Nouvelle-France avec l’espoir de se créer plus facilement un avenir.On signale la présence du jeune officier dans la Nouvelle-France dans les premières années du dix-huitième siècle.Le 15 juin 1716, le ministre ordonnait d’envoyer M.Hérault de Saint-Michel-Gourville au lac Champlain avec dix soldats pour mettre fin à la contrebande sur le castor.L’expédition de M.Hérault de Saint-Michel-Gourville ne dut pas avoir de grands résultats.Il lui aurait fallu quelques centaines d’hommes pour garder la frontière et on lui en donnait dix.En 1721 et en 1722.on mentionne M.Hérault de Saint-Michel-Gourville comme lieutenant de la compagnie de Mon-tigny mais on ne dit pas où il était en garnison.En 1723, M.Hérault de Saint-Michel faisait intervenir une comtesse amie de sa famille auprès du ministre pour 168 lui obtenir une compagnie.Apparemment, il fut fait capitaine l’année suivante.C'est en 1742
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