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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1952-10, Collections de BAnQ.

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Vol.58 LÉVIS — OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1952 No 4 No 680 LE BULLETIN DES Recherches Historiques REVUE D’ARCHEOLOGIE, D’HISTOIRE, DE BIOGRAPHIE, DE BIBLIOGRAPHIE, DE NUMISMATIQUE, ETÜ, ETC.I l DIRECTEUR ?ANTOINE ROY Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe Ministère des Postes, Ottowo. LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Prix d« l'abonnement: $3.00 par année.DIRECTION ET ADMINISTRATION 2050, Saint-Cyrille, QUÉBEC.i— SOMMAIRE Octobre - Novembre - Décembre 19 5 2 Scripta Manent, Verba Valant.— Antoine Roy.171 FERNAND LEFEBVRE.— Note sur la sorcellerie en Nouvelle- France .172 JEAN-JACQUES LEFEBVRE.— Manoir Pinsoneault ou Maison Raymond?.173 PRESIDENTS de l’Association des Architectes de la Province de Québec.1890-1952 .175 LOUIS RICHARD.— Ovide Leblanc.1801-1870.177 PRESIDENTS de l’Association des Bibliothèque du Québec.1932-1952 .182 ROBERT-LIONEL SEGUIN.— La dépouille de Chénier fut-elle outragée?.183 CLAL1DE de BONNAULT.— Généalogie de la famille de Saint-Ours.(Suite) .189 LES DISPARUS.— Sir J.-M.Tellier (1861-1952), p.213; Colonel Tancrède Rinfret (1869-1952), p.214; Docteur Ovide-Edmond Perron (1856-1952), p.215 ; Général Thomas- L.Tremblay (1886-1951) p.216.Colonel G.-E.Marquis PRESIDENTS de la Chambre de Commerce de Montréal.(18871952) .219 TABLE DES MATIERES du 58ème volume du Bulletin des Recherches Historiques .219 BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Vol.58 LÉVIS — OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1952 Nol VERBA VOLANT, SCRIPTA MANENT Cinquante-neuf années, — c’est peu pour les archéologues, c’est beaucoup pour une revue — une revue canadienne, publiée au Canada, dans la Province de Québec — une revue qui ne s’intéresse qu’à l’histoire — la petite histoire — comme disent nos grands professeurs, presque avec mépris — et pourtant.comment pourraient-ils faire leurs ouvrages sans les revues, sans la nôtre .en particulier.A tout événement, peu nous importe ce que disent de nous ces messieurs, ils utilisent — et — ne le disent pas, toujours — ce que nous publions — donc, même pour eux, nous faisons œuvre utile — c’est pourquoi nous vous reviendrons en janvier prochain avec quelques pages de plus.Nous annonçons même la parution très prochaine d’un index général (1895-1952) du BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES.ANTOINE ROY NOTE SUR LA SORCELLERIE EN LA NOUVELLE-FRANCE Bien que très restreinte, l’histoire de la sorcellerie, aux origines canadiennes, n’en est pas moins encore à écrire.Rares sont les travaux sur la question.(1) Quoi qu’il en soit, pour nous en tenir à un seul cas-type, celui bien connu de Marie Pontonnier, il est possible d’en découvrir la cause explicative de laquelle découlent les autres faits analogues.Les aventures matrimoniales de Marie Pontonnier relèvent, à l’évidence, de la superstition, de la pseudo-sorcellerie, avec toutes les illusions maladives qui s’y rattachent.Pierre Gadois, son premier mari, est un homme sans confiance en lui-même, ce qui le mène à l’impuissance.Ambroise Paré l’avait noté : “Il y en a qui usent de tels privilèges qui empêchent l’homme et la femme de consommer le mariage.” (2) Mais c’est à la psychiatrie, science moderne, que revient le louable mérite d’avoir reconnu, sous le prétendu ensorcellement d’autrefois, les plus évidents symptômes psychopatiques.Et puis, en province française, la sorcellerie connut plus d’un de ces cas, au point que le concile de Reims de 1585 excommunia les sorciers “qui empêchent les relations sexuelles”.(3) Marie Pontonnier est une simple importation, chez-nous.des maléfices ruraux français.Quelque peu à retardement toutefois, car on croyait encore en la Nouvelle-France, au dix-septième siècle, même chez le clergé, au pouvoir de la sorcellerie alors qu’en Europe le mythe commençait à décliner.(4) Notre folklore s’en ressent (chasse-galerie, loup-garou) et pour René Besnard dit Bourjoli, le premier prétendant éconduit de Marie Pontonnier, on pensa au bûcher advenant sa déclaration de culpabilité comme sorcier.Il joua à la comédie, mais c’est le cas de dire qu’il joua avec le feu ! .‘ FERNAND LEFEBVRE h) On peut lire : Les mariages de Marie Pontonnier par J.-Alfred Perreault, Mémoires de la Société généalogique canadienne-française, Vol.1, no 5.(2) Ambroise Paré, médecin légiste, par A.Robert, Paris.1929, p.147.(3) Histoire de la magie en France par J.Garinet, Paris, 1818.(4) La deuxième édition du Journal des Jésuites, parue sous les soins des abbés Laverdière et Casgrain, Montréal, 1893, p.289, rapporte ce qui suit, se passant après la Noël de 1660: “En ce moys fut amenés de Beauport Barbe Halé, infestée d’un demon folet depuis 5.ou 6.moys, mais à diverses reprises; elle fut mise au commencement dans une chambre du vieux hospital, où elle passoit la nuit avec compagnie d’une garde de son sexe, & quelques prestre & serviteurs.— Note .qui nous fut complaisamment fournie par notre très érudit confrere M.RobertiLionel Séguin.172 MANOIR PINSONEAULT OU MAISON RAYMOND ?La belle édition VIEUX MANOIRS, VIEILLES MAISONS, publiée en 1927 par la Commission des monuments historiques de Québec, contient, p.128, la reproduction de la jolie aquarelle de Henry Carter, d’un manoir du comté de Laprairie, où pendant près d’un siècle se tint peut-être la vie la plus fastueuse du comté et de la rive sud de Montréal.Une note de l’article de J.-B.Raymond, le député .publié dans la livraison d’avril-juin 1952, du Bulletin des Recherches .(p.63), sur l’origine de cette maison a soulevé plus d’une interrogation.Une source formelle éclairera cette petite question d’archéologie.Alfred Pinsoneault (1812-1874) avocat de Montréal, et dont il est question dans l’article de E.-Z.Massicotte au Bulletin d’avril 1928, avait été un moment (1839) seigneur de Léry (Napierville), mais à la suite d’un long procès, il perdit ses droits en cette seigneurie (1).M.Massicotte.en sou article précité, ne connut pas ce détail, non plus que M.P.-G.Roy en son Inventaire des concessions en fief et seigneurie (2).Le testament olographe d’Alfred Pinsoneault, daté du 13 janvier 1853, et vérifié à la Cour de Montréal, le 4 août 1874, est suivi d’un premier codicile rédigé le 14 janvier 1861, au lendemain de la mort de sa femme.Récitons l’article XVI de ce long document : “XVI — Je désire que tous mes biens soient divisés également entre tous mes enfants d’après les lois en force dans ce pays.J’excepte cependant de cette disposition générale mes terres de la Tortue, situées dans les paroisses de St-Phi-lippe et de St-Constant.Je lègue ces terres à mon fils ainé Charles-Alfred.Mon grand-père materneil y a commencé sa carrière, ma mère y est née, mon père y a vécu et y est mort, j’y suis né moi-même et c’est là que j’ai passé le plus heureux temps de ma vie; quelle puissante raison donc de conserevr maison qui subsiste encore a abrité quatre générations de la dans ma famille ces lieux si chers à tant de titres.La vieille (1) Lower Canada Jurist, XXII (1878), 58-67.(2) Vol.IV, 262.173 174 même famille ; mon fils devra donc faire tous ses efforts pour conserver cette propriété, améliorer les différentes terres qu’elle renferme et les transmettre plus tard à ses enfans.S’il n’avait pas d’enfans je lui conseille de léguer cette propriété à un des enfants mâles de ses frères Adolphe ou Bernard.Si ces derniers n’avaient pas d’enfans mâles, il choisirait alors parmi les enfans de ses soeurs un garçon qu’il institurait son héritier à la condition que ce dernier prenne le nom de Pinso-neault, qu’il lui suffise dans le choix qu’il fera d’un héritier, de bien remplir mes intentions qui sont de conserver pour toujours intacte dans la famille cette propriété à laquelle je suis si attaché pour les raisons ci dessus déclinées.ALFRED PINSONEAULT” Et encore, à un deuxième codicile, daté douze années plus tard, .le 28 novembre 1872, il prenait soin de confirmer : “Il sera loisible à mon fils aîné, Alfred-Charles, de transmettre mon domaine de La Tortue ci-dessus mentionné à celui de ses enfants qu’il jugera le plus digne.” Dans un autre ordre, et seulement pour indiquer à quoi Pinsoneault estimait alors sa fortune, rapportons la seconde stipulation de ce codicile de 1872.“ .• Par suite du mariage de ma fille ainée avec (le comte) Mr.Charles Domnay de Casteau, elle ne prtagera pas dans ma succession, mais mes héritiers seront tenus de lui payer la somme de trente mille dollars dont j’ai grèvé ma propriété, le St.James Hotel sur la place Victoria, et sur lequel je lui paye un intérêt de cinq pour cent .” Il peut être utile de rappeler que le “grand père maternel” de Pinsoneault ci-haut désigné est J.-B.Raymond, le député précité.Malgré les sentiments formulés par Alfred Pinsoneault, et qui l’honorent sa famille et ses héritiers, victimes comme tant d’autres, de la dépression économique qui étrangla le continent après 1872, jusqu’à la fin du siècle, ne purent faire honneur à ses intentions.A 1 inventaire de la succession d’Alfred Pinsoneauh (3L le passif apparaît pour plus de cent vingt mille dollars.Une (3) Acte de T.Doucet, notaire, du 6 octobre 1874.A.J.M. 175 loi de Quebec du 30 mars 1883 autorisa les exécuteurs testamentaires d Alfred Pinsoneault à vendre le domaine de La lortue, et par acte du 9 août suivant (4), reçu par Charles Bedard nomn-c de Saint-Rémi de Napierville, ils cédèrent cette belle propriété, moyennant trente-trois mille dollars, à David Monet (1821-1899), agriculteur, de Saint-Philippe de Laprairie, qui fut maire de son village une douzaine d’an-nees, et candidat aux élections législatives de la Province dans Laprairie en 1878 contre Alfred Charlebois (1842-1887).JEAN-JACQUES LEFEBVRE PRESIDENTS DE L’ASSOCIATION DES ARCHITECTES DE LA PROVINCE DE QUEBEC.1890-1952.(5) John William François-Xavier Victor James Charles Alexander Cowper Sir Andrew Thomas Joseph-Ferdinand Alphonse S H Georges-Emile Joseph William Edward Joseph-Pierre John-Smith Alcide René-Pamphile David-Robertson Jean Zéphirin Thomas John Rawson Joseph Pierre-Edmond William Sutherland Joseph Edward-Black Hugh Georges-Alphonse Joseph-Honorius Donald Norman Joseph-Emile Eugène Lorenzo Antoine HOPKINS, BERL1NGUET, ROY, NELSON, BAILLARGE, HUTCHISON, R.C.A., TAYLOR, R.C.A., PEACHY, RAZA, CAPPER, TANGUAY, VENNE, DORAN, OUELLET, ARCHIBALD, CHAUSSE, LEMAY, BROWN, RESTHER, RAYMOND, GARDINER, VENNE, DUSSAULT, MAXWELL, PERRAULT, STAVELEY, VALLANCE, MONETTE, LeBON, MACVICAR, VANIER, PAYETTE, AUGER, Montréal Québec Montréal Montréal Québec Montréal Québec Montréal Montréal Québec Montréal Montréal Québec Montréal Montréal Québec Montréal Montréal Québec Montréal Montréal Québec Montréal Montréal Québec Montréal Montréal Québec Montréal Montréal Montréal Québec 1890-189 r 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898: 1899 1900: 1901 1902 1903 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 1922 1923 (4) Note de M.Gaston Derome.(5) Compilation du Secrétariat de l’Association.Notes de Mlle Marguerite Mercier et de M.Roger Lortie Additions quant aux prénoms et communication de Jean-Jacques Lefebvre 176 Perey-Erskins NOBBS, R.C.A., Montréal 1924 Georges-Alphonse MONETTE, Montréal 1925 James-Cecil McDougall, Montréal 1926 Jean-Omer MARCHAND, Montréal 1927 George-Taylor HYDE, Montréal 1928 Ernest CORMIER, Montréal 1929 Wilfrid LACROIX, Québec 1930 Ernest Isbell BAROTT, Montréal 1931 Irénée VAUTRIN, Montréal 1932 Philip-John TURNER, Montréal 1933 Louis-Auguste AMOS, Montréal 1934 Gordon McLeod PITTS, Montréal 1935 Ludger VENNE, Montréal 1936 Harold-Lea FETHERSTONHAUGH, Montréal 1937 Joseph-Simeon BERGERON, Québec 1938 Robert-Henry MACDONALD, Montréal 1939 Jean-Julien PERRAULT, Montréal 1940 John-Roxburgli SMITH, Montréal 1941 Charles DAVID, Montréal 1942 Robert-Ernest BOSTROM, Montréal 1943 Eugène LAROSE, Montréal 1944 Harold LAWSON, Montréal 1945 Oscar BEAULE, Québec 1946 Arthur James Carman PAINE, Montréal 1947 Louis-Napoléon AUDET, Sherbrooke 1948 James-Curzey MEADOWCROFT, Montréal 1949 Pierre-Charles AMOS, Montréal 1950 Henry Ross WIGGS, Montréal 1951 Maurice PAYETTE, Montréal 1952 Déposez régulièrement, le succès est «u bout Solide comme le rocher de Québec S LE FOYER DE L’EPARGNE s Fondée en 1848 Siège social: 21, rue St-Jean La Banque d’Economie de Quebec • M'-l 12 succursales à Québec et 2 à Lévis OVIDE LEBLANC (1801-1870) Député de Beauharnois, 1851-1854 Le notaire Ovide Leblanc, député du comté de Beauharnois au Parlement de 1851 à 1854, naquit à Champlain, près de Trois-Rivieres, le 4 février 1801, fils du marchand Etienne Leblanc et de Marie Josephte Drouet de Richerville.D’origine acadienne, la famille Leblanc était établie à Champlain depuis l’arrivée en cette paroisse de l’acadien Jean-Jacques Leblanc et de son épouse Marie Héon, grands-parents d Ovide Leblanc.Monseigneur Louis Richard, ancien supérieur du Séminaire de Trois-Rivières et généalogiste averti dit que ce Jean-Jacques Leblanc doit être considéré comme faisant partie d’un groupe d’acadiens venus principalemnt de Beaubassin ayant échappé à la déportation en fuyant dans les bois et en s’y tenant longtemps cachés.disparition d’une partie des vieux régistres de 1 Acadie et en particulier de la paroisse de Beaubassin, l’acte du mariage de Jean-Jacques Leblanc à Marie Héon n’a pu être retrouvé et 1 ascendance acadienne de ce couple reste donc inconnue.On sait, cependant, qu’un Jean-Jacques Leblanc, fils de Jacques Leblanc et de Cécile Dupuis, naquit à Grand-Pré, le 22 janvier 1723, mais, outre la similitude de noms, il n’y a aucune indication qu’il s’agisse là de l’époux de Marie Héon.Jean Jacques Leblanc et Marie Héon font baptiser un enfant à Québec en 1757 puis on ne les retrouve qu’en 1767 à Champlain où ils dû mourir tous les deux, l'époux avant 1796.Leur fils Etienne Leblanc, père d’Ovide, naquit vers 1760, vraisemblablement quelque part dans la province de Québec, iî s’établit marchand à Champlain et, le 10 mai 17%, il épousait, à 1 église paroissiale de l’endroit, Marie-Josephte Drouet de Richerville, née vers 1779, fille de Jean Drouet, sieur de Ri-cherville, seigneur de Dutort, et de Marguerite Martel de Brouage, cette dernière la nièce de Mgr Mariauchau d’Esgly, 8ème évêque de Québec.Etienne Leblanc quitta Champlain vers 1799 et transporta son commerce à Trois-Rivières, où il continua de prospérer 177 178 et il devint un des citoyens en vue de cette ville.Il devint magistrat, puis, en 1814, fut élu député au parlement pour le comté de Saint-Maurice qu’il représenta du 13 mai 1814 au 29 février 1816.Monsieur F.J.Audet se méprend sur l’identité de ce député du Saint-Maurice dans sa biographie d’Etienne Leblanc, publiée dans “Pages Trifluviennes, Série A — No 12, Trois-Rivières, 1934”, alors qu’il en fait le fils d’Augustin Leblanc et de Françoise Hébert, et l’époux de Marie Tessier.M.Audet s’étonne, en plus, qu’on le qualifie de seigneur et ne peut trouver de quelle seigneurie il est propriétaire.C’est d’abord par son épouse, héritière du fief Dutort, et aussi en vertu d’un acte de vente du 10 octobre 1800, par lequel il acquiert les droits de Marie-Charles Jarrret de Verchères, veuve de Daniel Jean Drouet de Richerville, dans la seigneurie Dutort, qu’Etienne Leblanc est qualifié “çi-devant seigneur de Bécancour et autres lieux”, à son décès, survenu à Trois-Rivières, le 11 juillet 1831, à l’âge de 71 ans, 7 mois.L’acte de sa sépulture dit bien qu’il fut magistrat et membre du parlement, et qu’il était l’époux de Marie-Josephte Drouet de Richerville, ce qui établit incontestablement l’identité de ce député.Ovide Leblanc, leur troisième enfant, fut ainsi élevé à Trois-Rivières.Il fit sa cléricature des cinq années réglementaires sous le notaire Jean Béflanger, de Québec.Il reçut sa commission de notaire le 14 février 1822 à Trois-Rivières, et semble avoir pratiqué en cette ville pendant quelque temps.Le 27 janvier 1823, c’est lui qui examine Antoine Zéphirin Leblanc pour son brevet de notaire lequel lui fut accordé le même jour à Trois-Rivières.Le degré de parenté, s’il y en eut, entre ces deux notaires Leblanc, n’a pu être établi.Il ne tarda pas cependant à s’établir au nouveau village de Beauharnois où il devint un personnage local considérable.Le révérend Père Augustin Leduc, O.P., dit dans son histoire de Beauharnois, qu’Ovide Leblanc fut constamment le rival et l’adversaire, en cet endroit, du notaire Louis Sarault, un des pionniers. 179 C est Ovide Leblanc qui rédigeait, le 26 juillet 1826, la requete des habitants de Beauharnois, demandant à Monseigneur Bernard-Claude Panet l’érection d’une paroisse canonique a bt-Uement, et il fut aussi un des signataires d’une lettre subséquente à l’évêque par laquelle on s’objectait à ce qu’une partie du territoire de la paroisse proposée soit adjointe a Sainte-Martine plutôt qu’à Saint-Clément.En 1831, il est un des syndics pour l’école numéro 1 de Beauharnois.Ln 1832, il se fit le porte-parole des paroissiens pour demander a Monseigneur Lartigue, alors vicaire général de Ouebec, un vicaire au curé de la paroissse de Saint-Clément vu la croissance rapide de celle-ci.La même année, il fut nommé juge de paix à Beauharnois fonction qu’il exerçait encore en 1841.En 1837, il fut marguillier de Saint-Clément.Comme beaucoup de notables de Beauharnois, il faisait pnrtie du deuxième bataillon de Beauharnois, dont il fut lieutenant en 1832, étant promu au grade de capitaine en 1835.On ne sait, cependant, quel rôle il joua lors des troubles de 1838 à Beauharnois.Il paraît avoir quitté cette ville vers 1842 ou 1843 pour aller pratiquer sa profession à Montréal.Son greffe aux Archives Judiciaires du District de Beauharnois, au Palais de Justice de Valley field, ne couvre que la période de 1822 à Le 11 décembre 1843, Ovide Leblanc annonce dans un journal de Montréal, qu’il a maintenant son étude en cette ville, en la maison de monsieur Easton, avocat, au coin nord-est de la Place d’Armes, petite rue Saint-Jacques, “vis-à-vis le pignon de la maison du docteur Arnoldi”.Il pratiqua aussi, par la suite, avec le notaire de Bellefeuille, à Montréal.Le 28 mai 1845, à l’église Notre-Dame, de Montréal, il épousait Sophie Lindsay, née le 25 mai 1800, à Québec, fille de William Lindsay et de Mary Ann Melvin, et veuve en premières noces de Daniel-Hypolite Saint-Georges Dupré, député au premier parlement de 1792.Ils ne fûrent mariés que sept 180 ans, Sophie Lindsay décédant à Montréal, le 4 septembre 1852.On ne leur connaît pas d’enfants.Le 20 février 1848, Ovide Leblanc avait subi un autre deuil par la mort de sa mère, Mme Etienne Leblanc, née Marie-Josephte Drouet de Richerville, décédée à 69 ans, à Beauhar-nois, où elle demeurait chez un autre de ses fils, Etienne-lubin Leblanc, qui fut député-shérif de l’endroit.Le notaire Ovide Leblanc fut candidat à l’élection générale de 1844, sous l’Union, dans le comté de Beauharnois, mais il fut défait par Eden Colvlle, alors nouvel agent de la seigneurie de Beauharnois pour la famille Ellice.Le 7 juillet 1849, il était nommé membre de la commission qui fut chargée par le parlement d’enquêter, dans le Bas-Canada, sur les réclamations pour dommages matériels subis durant la rébellion de 1837-1838, conformément à l’Acte 12 Vict.ch.58.Cette commission était présidée par l’honorable Philip Henry Moore, conseiller législatif, et les autres membres furent Jacques Viger, de Montréal John Simpson, l’ancien député du comté de Vaudreuil, et le lieutenant-colonel William Crosbie Hanson, de Nicolet.Leur rapport fut déposé en 1852 et la dissidence du notaire Leblanc sur un grand nombre de questions discutées prouve qu’il agit en cette circonstance avec un grand dévouement et d’une manière très consciencieuse.A l’élection générale de 1851, il se porta de nouveau candidat dans le comté de Beauharnois et fut élu par une majorité de 167 voix sur son plus proche concurrent, Henry Edmond Parsons, et de 203 voix sur Jacob De Witt, le député sortant de charge.Dans un manifeste électoral publié durant la campagne de 1851, LeBlanc se déclarait membre du parti libéral et assurait qu’il se ferait un devoir de soutenir ou proposer toute mesure qui tendrait à faciliter davantage l’établissement des terres incultes de la Couronne dans les townships et qu’il désirait réformer les abus de la tenure seigneuriale.Il représenta le comté de Beauharnois au Parlement du 13 décembre 1851 au 23 juin 1854, c’est-à-dire jusqu’à l’élection générale del854, alors qu’il fut défait par Charles Daoust.Durant le cours de son mandat comme député de Beauharnois il eut à revendiquer les droits des citoyens du comté qui réclamaient des dommages à la suite de l’inondation de leurs propriétés par le changement du niveau des eaux lors de la 181 construction du canal de Beauharnois.Il fit plusieurs démarches auprès du ministère pour obtenir satisfaction et le redressement des torts envers ses électeurs, mais ne fit qu’obtenir des promesses.Irrité de ces procédés, il fit publier, en mai 1854 par 1 imprimerie de Louis Perrault, une lettre ouverte et publique a 1 adresse de l’honorable Jean Chabot, commissaire en chef des 1 ravaux Publics, dans laquelle il reproche au gouvernement son inertie au sujet de cette question.Il fut membre du bureau de la Chambre des Notaires pourletnennat de 1853-1856.Il pratiquait encore à Montréal en 1855 mais paraît avoir quitté cette ville peu de temps après pour se fixer à Portage-du-Fort, dans le comté actuel de Pontiac, sur la rivière Ottawa.On sait que son greffe pour la dernière partie de sa vie fut ein dépôt au bureau du pronotaire à Hull mis il fut complètement détruit dans le grand incendie de la ville de Hull en 1900.__ Le notaire Leblanc serait décédé à Portage-du-Fort en 1870, d’après je révérend Père Leduc, mais l’acte de sa sépul-tui e n apparaît pas au régistre de cette paroisse._ L fut le frère du notaire Joseph-Eusèbe Leblanc qui pratiqua à Beauharnois et à St-Charles-sur-Richelieu.LOUIS RICHARD “ AU VESTEMENT DU LIVRE ENR.” 159, Giroux - LORETTEVILLE Spécialités : Reliure • dorure • tout genre» de boites en carton pour bibliothèques.Propriitairts: René SAVARD, B.L.S., Gérant de* ventes et de* achat», Bernard DORÉ, Gérant de production. PRESIDENTS DE L’ASSOCIATION DES BIBLIOTHEQUES DU QUEBEC (1932-1952) (1) Gerhard-Richard LOMER 1932-33 Laura YOUNG 1933-34 Violet Mac EWE N 1934-35 Hélène GRENIER 1935-36 Kathleen JENKINS 1936-37 Alberte CHENE 1937-38 Plelen HAULTAIN 1938-39 Gertrude JARVIS 1939-40 Joseph BRUNET 1940-41 ; 44-45 ; 46 Margaret HIBBARD 1941-42 Laurette TOUPIN 1942-43 Vernon ROSS 1943-44 Helen FALCONER 1946-47 Jean-Jacques LEFEBVRE 1947-48 Grace CROOKS 1948-49 Cécile SAINT-JORRE 1949-50 Grace HAMLYN 1950-51 Joseph LEDUC 1951-52 Margaret GOOD 1952-53 (1) Compilation du secrétariat de l'Association.182 LA DEPOUILLE DE CHENIER FUT-ELLE OUTRAGEE ?Nous connaissons la fin tragique du Dr Chénier lors de 1 historique bataille de Saint-Eustache, le jeudi 14 décembre 183/.On retrouve le corps du chef patriote vers les six heures du soir, dans le cimetière, à côté d’un groupe de victimes.Les volontaires le reconnaissent aussitôt et l’état-major le fait transporter à l’auberge Addison, l’une des rares constructions épargnées par l’incendie allumé par les troupiers de Colborne.La dépouille de Chénier étendue sur le compto11- du bar reçoit une première visite du Dr McCulloch de Montreal, qui opte pour l’autopsie.Bientôt s’amènent ses confreres, Flarnden et McGregor qui abondent danis le même sens.C’est dernier chirurgien au 83 ème régiment de .Majesté qu échoit cette tâche.Il pratique alors une lame incision dans la poitrine du défunt pour lui extraire le coeur quon depose ensuite dans un plateau sur le comptoir de hotel.( 1 ) Jusqu ici les divers témoignages s’accordent sur la véracité de ces faits, mais il y a désaccord sur l’épineuse question à savoir de quelle manière est traitée la dépouille du chef insurgé.Deuà opinions se sont formés à ce sujet et chacune demeure bien catégorique dans ses avancés.Certains Prétendent que le corps de Chénier fut entouré de la plus grande décence ; d autres soutiennent au contraire qu’il a été un objet de dérision et de scènes disgracieuses de la part de la soldatesque anglaise.Tâchons de mettre un peu de lumière sur ce délicat épisode de 1837.Malgré, notre désir d’impartialité, plusieurs constatations.nous invitent a donner raison aux défenseurs de la dernière thèse.Même si certains le soutiennent, il n’est cependant pas catégoriquement ni historiquement prouvé que les réguliers de la jeune reine Victoria aient poussé l’ignominie jusqu’à promener le coeur de Chénier au bout d’une baïonnette par les rues de Saint-Eustache, mais chose certaine c’est qu’ils ne l’ont pas entouré de tout le respect qu’on a trop longtemps voulu nous le faire croire.Cette naïveté n’est plus de mise et la vérité doit être exposée franchement.Les “attentions particulières” apportées par le Dr (1) Abbé Emile Dubois, — Le Feu de la Rivière du Chêne, p.171 183 184 McGregor à l’égard du corps de Chénier sont confirmées par les autorités anglaises elles-mêmes.Mais elles prennent bien soin vitement de nous rassurer en nous disant que cette mesure est dans l’unique but de s’assurer de la cause du décès.Solution facile pour la circonstance, mais depuis quand incise-t-on les cadavres des soldats morts à la bataille pour savoir la cause du décès ?D’autant plus que plusieurs patriotes gisaient autour de Chénier, pourquoi choisir de préférence ce dernier ?Même raison invoquée par le témoin oculaire du Journal Historique (ce serait le curé Paquin, chouayen notoire) qui s’exprime ainsi : “les docteurs l’ouvrirent (le corps de Chénier) pour s’assurer de la cause de sa mort, mais il est faux qu’on lui ait arraché le coeur, et qu’on en ait fait un objet de curiosité”.(2) Ce témoignage est soutenu par William Greer, un des loyaux de l’époque qui dit que les restes du médecin patriote “were carried in Addison’s Hotel where they were exposed with decency and kept with respect”.(3) L’antithèse de ces affirmations est naturellement toute différente.Autre version bien contradictoire de la part de Mlle Berthelot qui circule dans le village ravagé le lendemain du combat, à la recherche de parents captifs.Sur la question de Chénier elle écrit : “Le corps du Dr Chénier fut exposé sur le comptoir de la barre.Le chirurgien l’ouvrit et déposa son coeur dans un plat.L’un et l’autre furent ensuite exposés par la fenêtre.Chacun entrait et l’examinait, faisant des reflexions suivant ses sentiments”.(4) De son côté un journaliste renchérit : “Nous avons été dimanche dernier à Saint-Eustache (17 décembre).Nous avons trouvé les morts encore sur place; Chénier au comptoir horriblement mutilé, fendu en quatre, le coeur sorti : c’était un spectacle horrible et répugnant à voir”.(S) Autre témoignage.Le vendredi 15 décembre, Colborne fait le sac de Saint-Benoît.Alfred Dumouchel se trouve dans la maison de son oncle Girouard lorsqu arrivent le marchand Brown, de Saint-Andrée et un officier des Réguliers qui exhibe “des favoris qu’il avait coupés (2) Journal Historique des Evénements arrivés à St-Eustache pendant la Rébellion du Comté du Lac des Deux-Montagnes, par un témoin oculaire.(Montréal, 1938) p.XXXVIII.(3) Déposition de William Greer, signée à St-Eustache, le 26 décembre 1877.Reproduite par Globenski.(4) Déposition de Mlle Berthelot.Reproduite par l’abbé Dubois.(5) Le Canadien, de Québec — 21 décembre 1837. 185 de la figure du docteur Chénier, faciles à reconnaître à cause de leur couleur rousse”.(6) Et le militaire de montrer fièrement ses pieces” à qui veut les voir comme on le rare collection.5 tr°P * PKrre °U d“ sP&imens dW L’effervescence du moment passée, la tragédie de Ché-mer devient du domaine de l’oubli.Mais le 14 février 1878 un hebdomadaire de Montréal reproduit une déposition dé l-elix rayriard dit Bourguignon, patriote présent à la bataille de baint-Eustache.L’ancien insurgé rapporte particulièrement que le soir de la bataille, il défile dans St-Eustache avec un groupe de prisonniers.C’est alors que par une fenêtre de 1 auberge Addison, il aperçoit le cadavre de Chénier qui était couvert de ses vêtements, sa poitrine seulement était decouverte et elle était fendue en forme de croix, et le coeur pendait en dehors.Des volontaires étaient là en grand nombre yuancl un patriote arrivait ou passait là, ils lui criaient • Viens donc voir ton Chénier, comme il avait le coeur pour- On comprend qu’un tel récit fasse derechef rebondir le débat sur la question Chénier.Il incrimine fortement les volontaires de Saint-Eustache et vise particulièrement leur chef devenu le lieutenant-colonel Globenski.Le fils de ce dernier se charge de nier les affirmations de Payriard.Il visite tous les anciens miliciens de 'son père qui font chorus pour assermenter des dépositions à l’effet de prouver la ‘fausseté” de la déclaration parue dans l’Opinion Publique.Les documents ne sont pas signés puisque les déposants sont nllettres.Malheureusement, les dires des vieux choayens ne paraissent pas à leur tour des monuments de vérité.En tout cas, ils renferment des récits qui se contredisent constamment.C est pourquoi nous restons sceptiques devant ces pages toutes analogues et rédigées par le même auteur.A tout événements en voici des passages les plus typiques.Jean-Baptiste Proulx dit Clément, un volontaire de ’37 concède volontiers que la poitrine de Chénier a été ouverte par les chirurgiens de l’armée, mais “comme le dit M.le Curé Paquin, dans son ouvrage historique, c’était pour constater la cause de la mort, et aussitôt après l’autopsie, les dépouilles „ a->(6) £U letT.^s ?«herchcs Historiques, Vol.XXXV.No 1.janvier 1929 P' 42;_—Notes d Alfred pumouchel, sur la Rébellion de 1837-1838 à Saint-Benoît’ (7) L Opinion Publique, Vol IX, No 7 — Jeudi, 14 février 1878 page 75' 186 du défunt furent recouvertes et tenues avec la plus grande décence”.(8) Un autre compagnon d’armes de Proulx, Basile Sauvé dit Laplante, corrobore la même opinion : “les restes du Dr Chénier se trouvaient non seulement cachés à la vue des passants, mais ils étaient renfermés dans une chambre close et nul ne pouvait les voir, sans un permis des autorités militaires, et sans l’assistance du tourne-clef ou de la sentinelle, qui toujours était en faction devant la dite bar-room”.(9) Pauvre geôlier improvisé, il a dû être bien occupé ce jour-là, car deux paragraphes plus bas, le même Sauvé nous avoue le plus candidement du monde qu’il a “montré le corps du Dr Chénier à au-delà de cinquante personnes.la poitrine était fendue en forme de croix”.(10) Mais le loyal sujet de Sa Majesté prend bien soin de souligner que tous ces “visiteurs” sont munis d’une permission émanée de l’autorité militaire, à l’exception, bien entendu, de son commandant, le capitaine Globensky, qui vient nombre de fois montrer le corps de Chénier “à plusieurs messieurs”.(11) Et par soucis de la précision, Sauvé termine sur ce ton : “c’est moi qui la découvrais (la poitrine de Chénier), en ouvrant le devant de sa chemise, pour la montrer aux visiteurs munis d’une passe”.(12) On imagine d’ici la scène.L’endroit devait être plus achalandé que le kiosque de la “femme à barbe” de nos cirques forains.De l’aveu même du déposant, il aurait à lui seul introduit plus d’une cinquantaine de personnes dans la chambre mortuaire.Globenski de même.Devant ces faits, nous ne pouvons croire que les lieutenants de Colborne aient pris le temps de donner un sauf-conduit à chacun.Non, il est clair que n’importe qui pouvait toucher à la dépouille du chef patriote.Encore plus curieux est le témoignage de Jean-Baptiste Bélanger.Ce dernier nous apprend qu’il a été fait prisonnier par les troupes à Saint-Eustache.Avec lui se trouve un nommé François Guérin.Ce compagnon d’infortune aurait vu “le lendemain ou le surlendemain” (13) de la bataille, le corps de C hénier exposé dans l’hôtel Addison.Toujours d’après (8) Déclaration de Jean-Bte Proulx faite en 1878.Reproduite par Globenski, p.235.(9) Déclaration de Basile Sauvé, en date du 27 décembre 1879.Reproduite par Globenski, p.242.(10) Ibid., ( 11) Ibid., (12) Ibid., (13) Déposition assermentée de Jean-Baptiste Bélanger.(1878).Reproduite par Globenski. 187 Guérin, il est faux que le coeur du chef insurgé ait été sorti de la poitrine, “parce qu’il (Guérin ) s’était assuré lui-même du contraire en visitant les dépouilles du défunt”.(14) La foi ce tient d une imagination peu créatrice.En effet, nous savons que tous les patriotes sont entassés dans le hangar du magasin Feré et que dès le lendemain, ils sont dirigés enchaînes a Montréal.Comment expliquer qu’un obscur captif insurgé puisse ballader à son aise dans le village occupé de Samt-Eustache, aller même à l’autorité militaire pour obtenir la permission spéciale’’ et une fois muni du précieux document se présenter aux sentinelles de l’auberge Addison et visiter à volonté les restes de Chénier ?Pendant qu’on y es, pourquoi ne pas dire que Guérin a été invité à trinquer avec les officiers en tunique rouge du Vieux-Brulot.Comment concilier ces racontars avec la déposition de Guillaume Brayer dit Saint-Pierre, volontaire de 1837, qui declare sous serment avoir été de garde devant les restes du Dr Chénier.Le témoignage de cette sentinelle diffère beaucoup de celui de Guérin.Ainsi s’exprime Brayer : ‘‘J’affirme aussi que les insurgés qui furent faits prisonniers ne s’arrêtèrent point dans le village et qu’ils furent aussitôt incarcérés.Et j affirme de plus que aucun insurgé, après la bataille, n’eût voulu commettre la folie de venir au village car il eut été arrêté à l’instant”.(15) On ne peut être plus catégorique.Une autre déposition vraiment intéressante est bien celle d Alexandre Poirier.Ce dernier commence par nous informer qu’il appartenait au clan patriote en 1837.(16) Fait prisonnier lors de l’engagement de Saint-Eustache, il est incarcéré avec ses compagnons dans le hangar de pierre de Fé-ré.Le vendredi matin, 15 décembre, ils reçoivent la visite du capitaine Globensky à qui ils demandent quelques aliments.Le bon militaire ne se contente pas de leur ouvrir son coeur; il leur ouvre bien grandes les portes de leur prison.A un moment où la sentinelle est appelée ailleurs, Globensky leur dit subitement: “Sauvez-vous, allez vous cacher, ne vous montrez nulle part, parce que si vous êtes repris vous serez tous (14) Ibid., • déposition assermentée de Guillaume Brayer dit St-Pierre, le 29 janvier 1880.(Reproduite par Globenski).1 (16) Déposition assermentée d’Alexandre Poirier, le 3 mars 1880.(Reproduite par Globenski).F 188 pendus”.(17) Poirier ne décline pas l’invitation et nous ne pouvons l’en blâmer, mais comme le lépreux du récit évangélique, il veut remercier son sauveur.Ce dernier le cueille par la nuque et le pousse dehors en disant: “Sauve-toi donc, et laisse moi tranquille avec tes remerciements”.(18) Devant tant d’insistance, le déposant ne peut qu’achever sa singulière évasion.Poursuivons la lecture du document et quatre lignes plus loin Poirier s’indigne contre ceux qui croient à la mutilation du corps de Chénier.Voici ce qu’il en pense: “Il est faux de dire que son coeur (celui de Chénier) a été promené dans le village au bout d’ne baïonnette, et c’est un conte imaginaire ou mensonger”.(19) Pour un conte, il vient de nous en réciter un vrai qui mérite sa place aux archives de notre folklore.Disons d’abord que l’épisode de la fuite est du domaine de la pure fiction.Personne ne s’échappe du hangar Féré et tous les prisonniers répondent à l’appel lorsque le lendemain matin, ils prennent rang entre deux files de réguliers pour regagner Montréal.Ensuite en supposant que Poirier aurait réussit à tromper la vigilance de ses gardiens grâce à la complicité de Globenski, aurait-il assez naïf pour continuer de rôder au nez des sentinelles anglaises et d’arpenter à sa guise le village de Saint-Eustache ?Non, et c’est lui-même qui l’affirme en disant qu’il a disparu sans tambour ni trompette.Alors, s’il n’est pas à Saint-Eustache •comment sait-il le traitement fait à la dépouille de Chénier ?Et j’en passe.L’analyse des pièces fournies par les partisans de Globenski nous laisse sceptique.Elles n’offrent pas une documentation sérieuse.Ce n’est pas toujours par pur hasard qu’elles se contredisent.En tout cas, elles ne sont pas une source d’information sérieuse pour l’érudit.Jusqu’ici le jugement suivant peut-être tiré de ce malheureux épisode.Le corps de Chénier a été outragé après la bataille du jeudi 14 décembre, sans doute pas autant que l’ont volulu certains contemporains du drame, mais il le fut quand même et cette constatation n’honore pas les réguliers et les volontaires de la jeune reine Victoria.ROBERT-LIONEL SEGUIN (17) Déposition assermentée d’Alexandre Poirier, le 3 mars 1880.(Reproduite par Globenski).((18) Ibid., (19) Ibid., GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE DE SAINT-OURS DAUPHINÉ ET CANADA (suite) IV BRANCHES CADETTES 1° BRANCHE DE COURNOYER , ,1 * * * * * * * * * XI' Pler[et d* Saint-Ours (fils d’autre Pierre de Saint-Ours et de Marie Mullois).Co-seigneur de Saint-Ours et de Saint-Jean Deschaillons.C’est sous le nom de chevalier de Saint-Ours qu il fit toute sa carrière.Né en 1673 (la), il entrait au service en 1690.Fait ensei-le 2 janvier 1694, il était confirmé dans ce grade le 16 avril 16J5 (2).Un ordre du Roi, daté du 16 avril 1695, enjoignait aii gouverneur du Canada de faire servir le chevalier de Saint-Ours en qualité d’enseigne au Canada, à la place d’un sieur ciu Menv qui ne s était pas rendu au Canada où ledit emploi lui avait été accordé par ordre du 15 avril 1694.(3) Une place de garde-marine avait été demandée pour lui en 1693 (4), elle fut redemandée en 1697 (5).Il en obtint une en 1703.(6) Sur une liste d’officiers de 1696, le chevalier de Saint-Ours meiitait cette apostille: C’est un garçon, jeune, bien fait, qui apprendia son metier .(7) A cette date, il n’avait donc pas encore fait parler de lui.Une autre liste, de 1736, se rapporte évidemment à des épisodes de sa jeunesse: “A donné matière à la médisance sur ses moeurs”.(8) Même dans ce Canada, si peu porté à se scandaliser, les aventures du chevalier de Saint-Ours avaient fait du bruit.A deux reprises, les pouvoirs publics avaient dû s’occuper de lui.Il fut accusé et même convaincu, en 1705, d’avoir séduit deux jeunes filles de bonne famille, deux soeurs (ou demi- (1) Voir B.R.H.Vol.55, 1049, pip.27-43; 97-110; 159-190; 228-°44 Vol.65, 1960, pp.17-32; 100-111.(la) A.Fauteux, Les Chevaliers de Saint-Louis, p.132.(2) Arch, des Colonies, D2 C.222 (Alphabet La)ilard).D autres dates sont fournies pour sa nomination comme enseigne: 1692 (d'après une liste d'officiers de 1736.Arch, des Colonies, D2 C 47) 1693 (d’après un ordre du Roi sieur d’Ouville, officier dans les troupes, et de defunte Marie Lamy.(34) Cette même année 1736, il fut envoyé par M.de Beauharnais gouverneur général, commander le poste de la Pointe à la Chevelure - appelée aussi Saint-Frédéric, et depuis Crown Point.(35) r M.de Saint-Ours avait soixante-trois ans.Il laissait croire qu il n en avait que soixante.Homme d esprit, aimé des troupes , il était bien noté.(36) Mais il cessa vite de se plaire dans son lointain gouvernement, — où pourtant sa femme l’avait accompagne.Le 5 octobre 173 r, M.de Beauharnais faisait savoir au ministre que le chevalier de Saint-Ours avait “envie d’être relevé”.Il ne jugeait pas urgent de le satisfaire, car il ajoutait: Je lay engage à y rester.Je ne le relèveray point qu’il ne le demande.” (37) M.de Saint-Ours étant commandant de Saint-Frédéric, son neveu, Léry, y éleva un nouveau fort et construisit des redoutes.(38) Entre autres officiers, le chevalier avait sous ses (30) Ibidem, p.225.(31) Ibidem, p.237.P.-G.Roy, Les officiers 'Abraham, mais dans un rang plus élevé, puisflu’il y commandait en second la brigade de Québec.M.de La Pause on ne «ait pourquoi, a fait de M.de Saint-Ours un capitaine du régiment de Béarn.(Etat de la perte, du 13 septembre 1759 dans 'es Papiers I.a Pause.R.A.Q.pour 1931-1932, p.99).Mme de Saint-Ours — en France — a toujours passé pour veuve de capitaine.(114) Abbé A.Ceuillard-Dnsprés, Op.cit.t.I, p.126-126.(113) E.-Z.Marcotte, Les Chahoilles dans le B.R.H., 1922.p.187. *207 qui de ce chef lui revenaient dans la seigneurie de Saint-Ours.On les évalua à 1000 livres que M.de Courteinanche s’engagea à payer à 1 Hôtel-Dieu de Montréal.Elle représentait, cette somme, la part que François de Saint-Ours aurait dù verser pour la dot de sa soeur, et qu’il n’avait jamais payée.En définitive Mme de Saint-Ours ne toucha donc rien.(116) Dans un mémoire, probablement de janvier 1771, elle expose au duc de Praslin, ministre de la Marine, sa situation, après quelques années, de France.Elle y avait amené les seuls enfants qui lui restaient: deux fils et une fille.(117) Ses ressources consistaient en 4400 livres qu elle avait converties en papier du Canada.Lorsqu elle arriva en France, cette “modique fortune se trouva réduite à moitié par la perte de ces effets et la dernière déclaration du Roy concernant la réduction des papiers l’a encore diminuée de moitié”.De ce côté, elle ne pouvait compter que sur 50 livres de rente.Aussi disait-elle n’avoir “pour tout bien qu’une pension de 300 livres”, qui lui avait été accordée en 1760, sur le Trésor Royal, “mais qui jusque?à présent ne l’a guère secourue, ne la recevant pas”.Elle suppliait le ministre de “placer” ses fils.Pendant une vingtaine d’années, on la voit errer sur les routes de France, toujours misérable, toujours en quête d’un gîte, au gré des liens d’amitié ou de parenté qui l’attirent de ville en ville.On peut la suivre de Paris (1770), à Blois (17731776), à Versailles (1776), à Sarlat (1776), à Saintes (17771781), et finalement à Angers.A Blois, toute la ville s’émeut en sa faveur.L’évêque, M.de Thémines, la recommande au ministre.M.Péan, l’ancien aide-major de Québec, expose à ce ministre, M.de Sartine, que Mme de Saint-Ours “a été obligée de s’endetter, d’où s’en est suivie la saisie du peu de meubles qui lui restent, en ayant vendu la plus grande partie par parcelles pour vivre; enfin, le boulanger et le boucher ne voulant plus avancer, Mme Péan a été obligée de la prendre chez elle et des parents ont reçu les enfants.Mme Péan qui a beaucoup d’autres parents à secourir, veut bien se charger de nourrir la mère, mais ne peut l’entretenir avec ses enfants”.(116) Abbé A.Couillard-Després, Op.cit.t.I, p.125.(117) Un acte de notoriété, reçu par Panet, notaire à Montréal, le 20 Août 1762, établit que François-Xavier de Saint-Ours n’a laissé pour héritiers que: Marie-Louise, âgée d’environ huit an®, François-Xavier, âgé de sript ans et Jacques-Philiippe, âgé de quatre ar.s, tous, s*:s enfants! (Titres des Saint-Ours Coumoyer).Cf, Abbé A.Couillard-Després, Op.cit.t.I, p.121. 208 “On connaît, Monsieur, à Blois, vos bontés pour moi, écrit à son tour, le comte de Chevemy, Jean-Nicolas Dufort.Les plus honnêtes gens de la ville de Blois se réunissent pour me prier de vous porter leurs voeux pour votre humeur bienfaisante en faveur de Mme de Saint-Ours qui vous remettra cette lettre”.(19 avril 1776).“Hors d’état de tenir un ménage, dépourvue de toute ressource”, elle est bientôt forcée de quitter Blois et de se réfugier en Périgord.Elle répond à un appel de Sarlat.Elle trouve là “un parent qui m’est assès attaché et qui est pénétré de tous mes malheurs pour se charger d’une mère et de trois enfants”.(24 octobre 1776).Nous savons que ce parent providentiel ne pouvait être qu’un Saint-Ours périgourdin.Et Mme de Saint-Ours, partout où elle est, de continuer à implorer, à quémander, d’assiéger le ministre de lettres quelle fait transcrire, ou qu’elle dicte, se méfiant de son écriture et de son orthographe.Tant d’instances finirent par aboutir.La pension de 300 livres sur le Trésor Royal dont elle était titulaire depuis le 26 avril 1760 lui est confirmée par un brevet du 1er juin 1780.Sur les fonds de l’Amérique Septentrionale, destinés aux habitants de 1 Ile Royale, un secours de 100 livres lui est alloué que diverses décisions portent successivement à 200 livres (1781), à 250 (1783) et en dernier lieu à 300.(118) Sa fille obtient une pension de 250 livres par an.Un de ses fils est officier; en attendant que l’autre le soit, il touchera 200 livres par an.(119).Mme de Saint-Ours finit par se retirer à Angers auprès de son gendre, M.de Cantineau.C’est là qu’elle décéda le 12 juin 1785.Elle fut inhumée le lendemain, en la paroisse de Saint Michel du Tertre (120).Elle était née au Port Dauphin le 23 décembre 1724.Le ménage Saint-Ours-Coumoyer avait eu dix enfants: 1° Marie-Charlotte.Baptisée à Montréal, le 24 juillet 1747; ensevelie le 14 août suivant au Sault au Récollet.(118) Rapport sur les archives canadiennes pour 1905, t.I, 6e (partie, p.436.(119) Arch, de la Marine, C7 295 (dossiers Saint-Ours).(120) Arch.Communales d’Angers, registres de Saint-Michel du Tertre.Ind.par M.le chanoine Uzureau.Sur cet acte Thérèse Hertel de Cournoyer est dite veuve de “mes-sire François-Xavier de Saint-Ours, chevalier, ancien capitaine d’infan-tene”. 209 2° François-Michel.Baptisé à Montréal le 23 novembre 1748; inhumé audit lieu le 1er avril 1749.3 Thérèse.Baptisée a Montréal, elle y fut enterrée (26 octobre 1749 - 10 septembre 1750).4 Marie-Genevieve.Baptisée a Montréal le 16 novembre 1750; morte à Québec, ensevelie à Saint-Laurent le 29 septembre 1751.5 Pierre-Joseph.Baptise le 8 et inhumé le 20 septembre 1753 à Montréal.6 Louise-Catherine.Nee à Montréal le 24, baptisée le 25 août 1754.(121) Elle accompagna sa mère en France.Elle n avait pas de fortune, mais elle avait du charme.M.de Cantineau se laissa seduire par elle; homme d’honneur, il l’épousa.Le mariage fut célébré en l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville, près Paris, le 4 juin 1781.Louis-Dominique, chevalier de Cantineau, ancien sous-lieutenant au régiment du Roi-dragons, était fils de Jean-François de Cantineau, chevalier, seigneur de la Périchère, en Anjou, et de défunte Marie-Laurence Dureau (122).M.et Mme de Cantineau commencèrent par habiter Angers.Ils ne paraissent pas y avoir jamais été très à leur aise.“Notre position est des plus triste , écrivait Mme de Cantineau au ministre le 31 avril 1/87, nos jours, depuis que nous sommes née, ont été marquée au coin du malheur”.Le maréchal de Lévis intercéda en sa faveur.Mme de Cantineau qui jouissait d’une pension de 250 livres, la vit augmentée de 50.(6 mai 1787).Sous 1 Empire, les époux Cantineau et leurs enfants se fixèrent à Blois, demeuré le centre d’une petite colonie canadienne.(123) Ils ne semblent pas y avoir été plus riches.Le 20 juillet 1824, M.de Nogerée écrivant à M.Charles de Saint-Ours, lui disait que Mme de Cantineau et les deux filles qui lui restaient se trouvaient “dans une situation très gênée”.(124) 8 , (121) Acte de notoriété du 16 décembre 1780 (Gueapereau, notaire à Paris) rectifiant l’acte de baptême de Louise-Oatherine de Saint-Ours (Titres des Saints-Ours Cournoyer).(122) Sur la famille de Cantineau, v.notice dans Beauchet-Fiileau Dictionnaire.des Families du Poitou, A.-D.Poitiers, 1893, p.115-117.* Une liasse de titres originaux do la famille de Cantineau nous a été communiquée en 1919 par M.de Pellerin de Latouche.Armes des Cantineau: d’argent à trois molettes d’éperon de sable.(123) Ils y résidaient en 1812.(121) Abbé A.Couillard-Després, Op.cit.t.I, p.153. 210 M.de Cantineau était mort à Blois le 24 mai 1822, des suites de l’opération de la pierre.Sa veuve ne pouvait se consoler de sa perte; en dépit de constants embarras financiers, il “l’avait rendue si heureuse”.( 125 ) Dans une lettre du 12 avril 1824 adressée au chevalier de Saint-Ours, Mme de Cantineau constatait n’avoir rien reçu du Canada depuis octobre 1784.Elle manifestait le désir de vendre sa part de Saint-Ours et s’enquérait de ce quelle pouvait valoir.(126) Dans une lettre du 17 mars 1828 à M.Roch de Saint-Ours, elle lui demandait des nouvelles de ses cousins Bcllefeuille : “Combien sont-ils?” Elle se plaignait de M.de Lavaltric qui ne lui avait rien envoyé des rentes qu’il avait touchées de Cour-noyer.En post-scriptum, elle indiquait ses desiderata: “Envoyé-moi, je vous prie, dans une lettre une bonne empreinte de nos armes.Combien coûterait de quoi me faire une palatine en marthe?” ( 127 ) Mme de Cantineau décéda à Blois le 24 décembre 1834, en sa maison, place Saint Louis.(128) Des six enfants qu avaient eus les époux Cantineau, aucun ne s est marie.Leur fils unique Raoul-Charles, sous lieutenant d infanterie, était mort en 1809, à 19 ans, de blessures reçues à Wagram.( 128 bis ) 7° François-Ange ou François-Xavier.Né à Montréal le 2 décembre 1755.Baptisé le même jour.( 129 ) t 1769-17/0, peut-etre avant, sa mère demandait à ce qu’il fut employé dans les troupes des colonies, où ses trois fieres, MM.de Cournoyer, étaient officiers, un à Saint-Domingue et deux a Cayenne.Il était de mode sous l ancien régime quand on postulait quelques faveurs, d’améliorer le plus possible les titres qu’on pouvait avoir à l’obtenir.Mais Mme de Saint-Ours exagérait vraiment quand elle assurait que son fils ainé avait été cadet à l’aiguillette au Canada en 1753, par ordre du Mis du Quesne.Comment aurait-il pu servir avant d’etre né ?(12,5LnI/et1tre d?, .¥me d
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