Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 juillet 1953, juillet
Vol.59 Lévis — Juillet-Août-Septembre 1953 No 3 No 683 LE BULLETIN DES Recherches Historiques REVUE D’ARCHEOLOGIE, D’HISTOIRE, DE BIOGRAPHIE, DE BIBLIOGRAPHIE, DE NUMISMATIQUE, ETC., ETC.DIRECTEUR ANTOINE ROY Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe Ministère des Postes, Ottawa. LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Prix d« l'abonnement: $3.00 par année.DIRECTION ET ADMINISTRATION 2050, Saint-Cyrille, QUÉBEC.SOMMAIRE Juillet - Août - Septembre 19 5 3 UN DOCUMENT CURIEUX.L’EPITAPHE DU PERE RASLE.131 MARCEL TRUDEL.— Les trois curés Parent, sous le régime militaire .137 JEAN-JACQUES LEFEBVRE.— François Levêque (17321787), membre des Conseils législatif et exécutif.143 ARTHUR BELIVEAU.— Le fief Robineau aux Trois-Rivières 147 FERNAND LEFEBVRE.— Recueil de prénoms bizarres.149 GASTON DEROME.— Patriotes de St.Edouard de Napierville 151 HON.E.FABRE-SURVEYER.— Pierre-Stanislas Bédard (1734-1814) et sa famille.153 FERNAND OUELLET.— Un problème économique et social.157 REV.E.C.ROYLE.— La famille DeLesDerniers.162 GERARD MARTIN.— La Chronique du bibliothécaire.167 TESTAMENT DE JEAN VALOIS (1734).170 LETTRE DE M.BIGOT DE LAMOTHE (1729).174 UNE TRAGEDIE A L’ASSOMPTION EN MAI 1762.176 QUESTIONS .177 REPONSES.181 BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Vol.59 Lévis — Juillet-Août-Septembre 1953 No 3 Un document curieux L’épitaphe du Père Rasle Le document qui suit est amusant et nous n’hésitons pas à le publier, bien que du point de vue strictement historique il n’ajoute rien à ce que l’on connaît déjà de la vie et de la mort du Père Rasle.C’est, comme on le verra, une bien curieuse pièce en vers, dont nous n’avons pu, malheureusement, identifier l’auteur.Les faits et gestes du Père Rasle et les circonstances entourant son martyre y sont relatés dans un style pseudo-épique.Les comparaisons les plus inattendues, les figures de style les plus baroques en font une véritable curiosité.Les vertus de ce brave missionnaire et les sentiments qui animaient ses ennemis sont souvent décrits d’une façon invraisemblable et quelque peu enfantine.La Direction Epitaphe du R.Père Sebastien Rasle de la Comp.de J.Massacre par les anglais dans le village de Norentsouac le 24 d’aaust 1724 Ici fut Enterré a la haste Et avec Crainte Un second SEBASTIEN.Comme Le Premier il ne prit pas naissance dans Narbone, Mais Dans La franche Comté: Du reste il fut le digne imitateur de Ses Vertus .Les anglois Et Les sauvages Leurs alliéz, 131 132 S’estant saisis de sa personne, Lui firent Endurer tous les tourments, que peut inspirer La fougueuse heresie.Déjà depuis Longtemps ces hommes iniques et sanguinaires avoient mis a prix La teste du zélé Missionnaire ; Et Dans Boston L’on promettoit une bourse de deux cent sterlins a celui qui apporterait sa chevelure.Si vous demandez quel estoit son crime; Le VOICI : C’estoit un prestre de la Communion Romaine, Zélé pour Le maintien et L’avancement de la religion catholique; C’est pour sa defense et pour celle De cette Colonie QU il a tant souffert, Et qu’il a Versé son sang.Il est mort cet autre Sebastien : Non pas percé de fléchés, mais d’une gresle de balles ; Non point transpercé d’un coup d’Epée, mais piquoté par cent petits coups de dague ou de bayonette: Ce ne fut point le coutelas, qui trencha Une si belle vie; mais le St.Missionnaire fut assommé d’un coup de hache, Qui Lui cassa La Teste.Les Loups et les Iroquois Agniéz Secondant la Passion La haine et la fureur de L’Anglois, Lui arrachèrent Les ongles selon Leur coutume.Lui Coupèrent Les deux pouces avec Les Index: Ces doigts saints et bénis; avec Lesquels II portoit le corps de nre adorable Sauveur, avec Lesquels il donnoit L’onction sainte aux moribonds Et aux Enfans qu’il batisoit ; Ces doigts sacrez, avec Lesquels il monstroit les heretiques, Et refutoit scavamment Leurs Erreurs.Ce fut au jour de St Barthelemi ; ce couragoux Apôtre, Qui fut Ecorché tout vif, 133 Que Le Nouveau Sebastien Proscrit, non point par un Dioclétien, coe Le Premier ; Mais par L’anglois plus crüel que Les tyrans; Condamné a mort; non par des payens Ennemis de La foy, Mais par des hérétiques plus furieux qu’eux; après voir esté rassassié d’opprobres, Endura La mort en haine de La Religion catholique, heureuse société, qui avez formé ce genereux martir, félicitez vous de son bonheur et de ve gloire ! Et vous, Anglois, Rougissez, si vous Le pouvez Encore; D’avoir assouvi vre haine Inveterée, Et d’avoir satisfait ce désir presque Insatiable, que vous avez de sévir l’Eglise Romaine, Et contre une société qui Lui est entièrement dévouée : Eglise, mere Et maîtresse de tous Les Peuples, à qui Vous estes redevables du bonheur ; que vous avez d’estre chrestiens; Eglise, dont vous avez fait autrefois un des plus beaux ornemens quand La Consolerez vous par votre heureux retour ?.Au reste Le vertüeux Missionnaire S’estoit préparé de Loin à ce genre De Martire; par Le Soin qu’il prit dans Le college De Lyon De gouverner une nombreuse Congregation : • En cultivant Dans La Loüisiane Et dans Le Canada, Les Illinois, Les Outaoüacs, Les Hurons, et Les abenaquis de Be-cancour et de Norentsoüac Eglise De Becancour Vous estes Louvrage de ses mains: Et vous Lui coustates cher; Puisqu’estant tombé de votre clocher, il se casse Une cuisse, 134 J4 se rompit La jambe du costé opposé, a peine futil guéri de Sa double fracture, qu’aussitost il s’enfonça Dans Les forests de L’Acadie, ou il fit construire une autre Eg 'Se Iour ses Renaquis.En La Considérant on estoit surpris de ver au Boi, Toufta Unc Eglise tout£ riante> Service se faisoit fort decemment.C est Dans ce Lieu solitaire ; que L’ouvrier Evangélique a Mené U"' VK 51 * mortifiée.e, si cachée en jL Chris, v0isin^r!q" “S Sa“V,8“ estoicm “ 8“'™ »cc Anglois, leurs Ne tirant plus alors aucun secours de Leurs villes; il passoit des vers en îers ne viavnt que de Gland, que defaines, Et de coquillages déXr„rV'ereS “,0it "°'.> ““ Baptiste, ce^ Qu.l menast une Vie si austere, et inconnüe a la morale sevère: pha^tndant 11 CSt0it t0Uj°UrS gUay’ t0uj°UrS COntent- et touJ'°«r« triom- Bien qu’il fust sujet a beaucoup d’infirmitez corporelles Néanmoins >1 estoit toujours actif et vigilant; toujours occupé du soin, De faire fleurir La Religion, et de conserver sa Petite Peuplade “! inStrUiSOk U * village, qui l’aimoit comme J cC!r “ ,iSiter in,irn,eS' * a a relever Le courage de ses guerriers, quelquefois abbatu par Les Mauvais succès, par La cominüelle venation des anglais, qui tachaient depuis tag- De leur oster La Priere Et Leur terre.avaries S°n trou^«.Lui a souvent attiré des tadu^EtaucS tt ';Cl,rS C,’n'miS Jur“' ils «»• village, a la fave, des gLTa Zde T, ^ °” Ws » giaces, a tin de 1 Enlever ou de le tüer. 135 Ils ont pillé plusieurs fois sa Maison, Emportant jusqua ses livres, ses papiers, et ses minces provisions, Cent fois Ils ont sollicité ses Abenaquis, de se donner a Eux; de Congédier Leur missionnaire, de prendre un ministre a sa place Toutes Leurs Sollicitations furent Inutiles, par L’attachement des Lorentsouacs a La Y raye Foy de Leurs peres; par Le courage Invincible du Missionnaire; Qui, comme un autre Mathathias, s’opposoit a Leurs pernicieux desseins ; Exhortant sans cesse ses enfans, de ne point obéir a L’impie antiochus, a garder La Loy du Vrai Dieu, Les saints Usages et coutumes de LEglise ; a donner volontiers Leur vie pour une si juste cause L homme apostolique, comme puissant en Oeuvres et en Paroles, avoit un rare talent, pour les gouverner pour les porter au bien: Il avoit 1 art de sen faire aimer et craindre tout a La fois: personne ne senten-doit mieux que Lui a les animer a La defense de leur sainte Religion Lt de Leur Patrie.A ses moments de Loisirs, Il s’occupoit a composer des controverses, qu’il addressoit aux ministres, de Boston, d’orange et de La Manatte.( N°us en connoissons; qui n’ayant pû y repondre, ont perdu L Etime des anglois, et Les chaires de pestilence qu’ils occupoient.Ce sont ces ministres Confus ou dégradez, qui ont particulièrement animé L Anglois contre Le Missionnaire Ce genereux Samson, après avoir Evité bien des Piégés a Ef1 à la fin tombé entre les mains des Philistins, Non pas, qu’il eûst rien Perdu de son ancienne force et vigueur: ou que quelque Perfide Dalila lait livré aux Incirconcis; Mais il a esté trahi par Les Sauvages Iroquois et Loups: Loups, qui sont toujours d’accord avec Les Leopards; quand il s’agist de devorer le troupeau de J.christ ! Surpris donc en son village tout ouvert et sans defense; on le Vit point prendre la fuite en Pasteur mercenaire.qui laisse ses ouailles a la mercy des Loups; Mais en pasteur fidele et courageux, au milieu de son troupeau, Il versa genereusement son sang et donna sa vie.O VOUS, que le hazard fera passer par ce triste hameau; ou tout a esté mis a feu et a sang ; au cas que ce ne soit pas faire injure a un martir que de prier pour luy: 136 Souvenez vous devant Dieu d’un homme apostolique; qui, pour ne pas Laisser ses chers n#ophites a l’abandon, a souffert une mort aussi cruelle, qu’elle est glorieuse; Tandis qu’il a vescu dans Le village, Il y a toujours maintenu La foy, La piété, le bon ordre, et La religion.Les Abenaquis, forcez de se defendre contre des usurpateurs, soutenus de ses conseils, par son courage et ses exhortations; Sont presque toujours revenus Victorieux de leurs expéditions militaires.Présentement qu’il n’est plu, Il y a tout Lieu de craindre, Que La religion n’en souffre, que La victoire ne change de parti ; que L’anglois ayant franchi cette barrière, Et s’avançant toujours par ses conquestes vers le fleuve St Laurent, Ne vienne quelque jour Insulter La colonie.Rome, vous avez sujet de craindre; car annibal avec son armée, s’approche de vos murs .Mais, evittons une si triste Pensée, et vengeons nous en chrétiens; puisque Le sang des martirs a la vertu de produire quantité de fidelles ; Que ces cendres de Celuicy il sorte quelque noble Vangeur; quelque ouvrier Evangélique, qui declare a Langlois une guerre sainte; qui confonde sa secte, qui combatte sa doctrine, qui détruise son schisme, qui le Reconcilie avec La S.Eglise Catholique; qui L’attache derechef a La chaire de Pierre; AFIN que d’eux et de nous II ne s’en fasse qu'un seul troupeau, qui soit conduit par Le mesme Pasteur. Les trois curés Parent, sous le régime militaire Professeur d’Histoire du Canada Par MARCEL TRUDEL à l’Université Laval Il y avait, sous le régime militaire, trois curés qui portaient le nom de Parent: on les a souvent confondus et nous voulons ici dans cette brève étude les identifier.Il importe d’autant plus de le faire que l’un d’eux a dû quitter sa cure pour cause d’activité militaire et qu’un autre a causé du scandale.Ces trois curés sont Jean-Louis-Laurent Parent, Joseph-Basile Parent et Pierre-Clément Parent, assez pauvrement apparentés ou pas du tout '.Jean-Louis-Laurent Parent, que l’on a confondu avec Pierre-Clément 1 2 3, était curé de Sainte-Anne-de-Beaupré (alors appelée Sainte-Anne-du-Nord) depuis 1758.Tanguay, qui le fait naitre en 1723, lui donne les trois prénoms Jean-Louis-Laurent 9, mais le curé de Sainte-Anne ne devait porter que les deux derniers, puisqu’il signe souvent L L parent, quand il ne signe pas parent tout court4 * *.Au contraire de ses deux homonynes, il ne fait presque pas parler de lui sous le régime militaire: on note sa présence à Québec, le 10 septembre 1759, où il assiste deux hommes qu’on mène pendre *.Son église avait survécu à la tourmente, comme d’ailleurs presque toutes les églises de la campagne a, mais son presbytère fut certainement incendié avec les maisons de Sainte-Anne : en octobre 1759, le grand-vicaire Briand autorise le curé Parent à prendre de l’argent dans le coffre de la fabrique pour commencer la reconstruction7.Malgré Tanguay qui lui fait quitter 1 Joseph-Basile et Pierre-Clément descendent du même arrière-grand-père, mais Louis-Laurent ne semble avoir avec eux aucun lien de parenté : voir Tanguay, Dictionnaire, I: 461s.; VI: 229ss., 2 p.-G.Roy écrit que Pierre-Clément fut curé de Ste-Anne avant d etre cure de Beaumont : Pierre-Clément ne fut jamais curé de Ste-Anne ; on retrouve la même méprise dans l’index de BRH (BRH, Index, 1895-1925, III: 112; Roy, A travers l’histoire de Beaumont, 157.) 3 Tanguay, Répertoire, 123.4APJ-Q, registres de Ste-Anne-de-Beaupré, de 1759 à 1765.8 Journal de Récher, dans BRH, IX (1903) : 138.C’est ici que 1 index de BRH fait erreur en référant à Pierre-Clément quand il s’agit du curé de Ste-Anne : Pierre-Clément servait alors de vicaire à St-Vallier (voir plus bas).8 L’église de Châteauguay mise à part (parce que son cas est très obscur), seulement trois églises de campagne ont été brûlées pendant la conquête : celles de St-Joachim, de Ste-Foy et de la mission abénaquise de St-François-du-Lac.Voir notre inventaire dans Les églises ont-elles souffert de la guerref (à paraître bientôt).7 Briand à Parent, octobre 1759, AAQ, Copies de lettres, III: 25.137 138 Sainte-Anne en octobre 1761, le curé Jean-Louis-Laurent Parent reste bre 1765eUX: ’’ **** ^ ** Sainte'Anne j^qu’au 27 décem- Joseph-Basile Parent se trouvait curé de l’Ange-Gardien au mo- donc ou T'0" Cn 1759' Né à BeaUp0rt en 1724’ « n’avait ne que 35 ans: ,1 se laissa emporter par son ardeur, malgré les Sél7%Prî T' ?U’aVait “S Mgr de P°ntbriandB.Au cours de lete 1 59 les Anglais mettent la main sur une lettre du gouverneur Vaudreuil a Parent, lettre datée du 25 juillet, dans laquelle le Gouverneur lui mandait entre autres choses, de lui faire part de tout ce qu’il POU"0!1 apprendre d’extérieur, c’est-à-dire de lui servir d’espion”-pu>s les Anglais se plaignent de ce curé “s’est trouvé avec une bandé de paysans, sous un nommé boucherville, à fusiller dans les bois sur AnglLsUPcmeTe8 -Sp: ^ U" prisonnier canadien déclare aux Boucherville T ^ ^ 'C parti commandait j 11 était pas défendu à Parent d’accompagner des Ptas1”;;’ '"r 7™ da7£Wer- * 1-AnXrdS P !S- 11 he rend auPres du gouverneur Vaudreuil et lui fait des mande àLéSUria C°miX)sition d’un détachement et Vaudreuil recom-ande a Levis de suivre ces suggestions Peu après, le curé Parent condomm^'! SCCne;.11 arnVe aUX quartiers-généraux de Montcalm, Lsilladï’L o ”me C,U1, et01t ChCZ ,CS enneillis” l0rs de ’a "grande • On comprend que les Anglais, au courant de ces allées et venues, se soient fâchés; selon Montcalm, Wolfe avait int eÏ une tare compromettante de Vaudreuil à Parent et alors le géuéà Woïfe ajoute Montcalm, “eu a fai.une au di, curé d'un style reMf 7™ caractère bouillant et emporté” *-i An , - 7 elftd a son à s’emnarer d„ n, u , ' .AnSlais auraient meme songé j ., .1 e' ' 1 ais Ie curé Parent ne fut pas arrêté Cepen- dant, une fois la région de Québec passée sous la domination anglaise s'éioisner: à ^ ^— Gouvernement de - r- .anitls,ka’ la Paroisse la plus occidentale du du pays "ï ne m I T m ^ ^ après Ia ««quête complète d’Yamaska jmqu’en^ ' C3nS * ^ 'eS registres blés’' sï rennemrd1lcéXtTndsé C CUrés de faiT.“toutes >« Politesses possi- irriterle.AngW.fŒÆ.^œ»*- etdéviter t0Ut ce Parait \trtre Cfr'tC, te la t’arl des Anglois, Coll Lévis IV- 97a 97a S - i3 /„?, j a,HVISl 31 JullIet 1759, ibid., VI- 70o Journal de Montcalm, 12 août 1759 ibid VII- «a ”aw'so7177 Mr, îzA"è‘°“- S»»™; m‘- ¦ J borel, St.Michel dYamaska, 1759 à 1775 (registres). 139 Les historiens ont eu de la difficulté a suivre ce Parent au moment de la conquête.Casgrain écrit que Parent reste curé de l’Ange-Gardien jusqu’en octobre 1760 et sert ensuite de vicaire quelque part18 ; Allaire va plus loin : selon lui, Parent reste vicaire à l’Ange-Gardien jusqu’en 1763 et s’en éloigne ensuite à cause de démêlés avec les autorités militaires 17 ; le Canada ecclésiastique le fait arriver à Yamaska seulement en 1763 lrt.Une simple consultation des registres aurait pu éviter ces méprises, les registres en ce cas ne peuvent tromper quand il s’agit de localiser les curés.En somme, Joseph-Basile Parent, curé de l’Ange-Gardien, est obligé d’abandonner sa cure à l’automne de 1759 pour s être compromis auprès des Anglais; il se réfugie à Yamaska où il signe les registres à partir du 2 novembre de la même année et sans interruption jusqu’en 1767.Le troisième Parent, cousin éloigné du précédent, est un cas lamentable et, dans le clergé séculier du temps, il semble bien constituer la très rare exception.Pierre-Clément Parent, ou plus simplement Pierre I arent suivant sa signature 10, est un tout jeune prêtre né à Beau port en 1733 et ordonné en 17 57 20 : il n'a donc au moment de l’invasion anglaise que 26 ans d’âge et 2 ans de prêtrise.Nous le trouvons d abord vicaire à Saint-Vallier où il vient en aide à un curé septuagénaire, Pierre Leclair21.La conquête ne le distrait pas de la chicane: en pleine campagne de 1760, nous le voyons occupé à poursuivre un habitant pour exiger une réparation d’honneur, il gagne son procès le 2 septembre 1760 22 ; en octobre suivant, il gagne un procès qu il a intenté au marguiller à propos de vin 23.Mais voici que, trois mois après, il est accusé d’ivrognerie; un curé du voisinage écrit à Briand au sujet de Pierre Parent: “amat vinum, Sape manducat Cum victoribus et Senyvre.Le presbitère est Comme un Cabaret”; le pauvre curé Leclair, qui n’y peut rien, en éprouve beaucoup de chagrin-l.Le curé Leclair vient à mourir25.Le grand-vicaire Briand, qui était au courant de la conduite de Parent, ne pouvait pas le laisser 16 Casgrain, L’Ange-Gardien, 137s.17 Allaire, Dictionnaire, IV: 10s.18 Le Canada ecclésiastique, éd.1913, 134.rroI^J7M°ntmaBny' St Val,ier’ 1722-UM (registres) ; Beaumont, copies, (registres).Il signe habituellement Parent, plus rarement P.Parent.-u languay, Répertoire, 133._ 21 ^*e.rre Leclair, âgé de 72 ans, signe assez rarement les registres: 9 fois en ” V A tlnelln!^' “ L*'s en 1761; c’est Parent qui tient habituellement la plume.- APQ, Plumitif des audiances de la juridiction de la costc du Sud, 17.25s.23 Ibid., 31s., 35-37.I 24 Mais°nbasse à Briand, 31 janvier 1761, AAQ, (Montmagny St-Thomas), 28 Le 26 novembre 1761 ; sa dernière signature, dans les registres, est du 27 jum précédent. 140 plus longtemps à Saint-Vallier : il lui ordonne de se transporter à Beaumont pour y remplir les fonctions curiales **, mais Parent se trouvait vraiment trop bien à Saint-Vallier où il avait des amis : il ne bouge pas; les registres, qu’il continue de signer, l’attestent.Nouvel ordre du grand-vicaire: Parent ne bouge pas davantage.Briand s’adresse alors au gouverneur Murray et au major James Abercrombie pour que Parent sorte de Saint-Vallier 27.Cette fois, Parent s’exécute, il signe son dernier registre le 2 janvier 1762, il vide le presbytère, mais au lieu de suivre l’ordre du grand-vicaire, il déménage chez un habitant de Saint-Vallier28; or c’était précisément dans la maison où demeurait une demoiselle à laquelle il s’était attaché 29.Le major Abercrombie se fâche: si Parent ne sort immédiatement de la paroisse, il le fera conduire à Québec par un détachement80.Parent juge préférable d’accepter la cure de Beaumont, mais le grand-vicaire Briand veut d’abord le faire réfléchir et lui impose une retraite à la Pointe-Lévy, auprès du curé d'Youville-Dufrost ; Briand s’offre même à payer la pension 31.Parent fait sa retraite et de “belles promesses”, le grand-vicaire l’envoie à Beaumont82 où il signe son premier acte le 24 février 1762 8S.Mais Parent retourne bientôt à ses habitudes, il fait de continuels voyages à Saint-Vallier et se procure de l’eau-de-vie**.Puis en juin 1762 le grand-vicaire écrit qu’il n’entend plus parler de Parent, “Confié a la vigilance de ces voisins dufrost Et Sarrault Excellens prêtres” «.Et Parent continue son ministère à Beaumont où il signe les registres jusqu au 15 janvier 1765.Il quitte ensuite sa cure et nous le perdons de vue ; en 1769, nous le retrouvons à St-Thomas-de-Montmagny, chez le curé Maisonbasse ; l’évêque écrit à ce dernier de ne pas laisser Parent faire du ministère86.Enfin, Parent se fait missionnaire de la Côte nord: en 1782, l’évêque s’en dit satisfait et lui confie la mission de 20 Briand â Parent, 28 novembre 1761, AAQ, Copies de lettres, III: 61.-7 Briand à Murray, sans date, AAQ, Evêques de Québec, I, 191, 2: ls.; le meme a Abercrombie, sans date, ibid., I, 192, 1.Ces deux lettres sont certainement de janvier 1762.28 Blondeau à Briand, 25 janvier 1762, AAQ, St-Vallier, I 14: 1.1:0 Briand à Parent, 5 février 1762, AAQ, Copies de lettres, III : 84; You- Vl e;In otr0Sî a B.nand- 31 mai 1762' AAQ.St-Joseph-de-Lévis, I, 14: 1.30 Blondeau a Briand, lettre citée.3.Ô nr!antj a YouviUe-Dufrost, 6 février 1762, AAQ, Copies de lettres, III: 87.si ?pfî.12 mars 1762, AAQ, St-Joseph-de-Lévis, I, 0.uin 1762« AAQ, Evêques de n uif,,’1’ 9,8; 2- Sara.u.ltc(cost alnsi 9U il signe) était curé de St-Charles-de-B Xa!ors aPPel° St-Charles-de-la-Rivière-Boyer).Mgr Briand a Maisonbasse, lettre de 1769, AAQ, Copies de lettres, III.41S. 141 Tadottssac 8T.Parent meurt à Nataskouan en 1784 *8, à l’âge de seulement 51 ans, ayant peut-être racheté par un ministère difficile et épuisant les débuts de sa carrière sacerdotale.En somme, il y a bien de la différence d’un Parent à l’autre et il convenait de les bien identifier.Louis-Laurent Parent est, sous le régime militaire, curé de Sainte-Anne-de-Beaupré et il y signe les actes jusqu’au 27 décembre 1765; son rôle reste celui du curé de campagne, occupé à desservir ses paroissiens et à réparer les ruines de la conquête.Joseph-Basile Parent est ce curé de l’Ange-Gardien qui prend part aux opérations de la guerre, correspondant avec le gouverneur Vaudreuil, se rendant aux quartiers-généraux pour y faire des suggestions toutes militaires: après la capitulation de Québec, il quitte la région, parce qu’il s’est compromis aux yeux des nouveaux maîtres; à partir du 2 novembre 1759 et jusqu’en 1767, il remplit les fonctions curiales à Yamaska.Quant à Pierre-Clément Parent, il fait tristement parler de lui : vicaire à Saint-Vallier, il reçoit à la mort du curé, l’ordre de se rendre à Beaumont ; il n’évacue le presbytère qu’en janvier 1762 pour éviter de s’en faire expulser par les soldats d’Abercrombie ; Briand lui impose une retraite qu’il termine vers la mi-février et devient curé de Beaumont où il demeure jusqu’en 1765.Si le curé de Sainte-Anne savait qu’on l’a confondu avec ce malheureux, il en serait fort humilié.Marcel Trudel 87 Mgr Briand à Parent, lettre de 1782, ibid., V : 125.38 Tanguay, Répertoire, 133. Nous avons des raisons d’être fiers du passé de notre pays VOUS SEREZ FIERS DE VOS TRAVAUX D’IMPRIMERIE EXÉCUTÉS CHEZ limit*.T';' ü -I Ui t U IJI * IMPRIM e urs LITHOGRAPHES • ÉDITEURS • Studio d’Art 8125 St-Laurent MONTRÉAL 14 DUpont • 5787 142 François Levêque (1732-1787), membre des Conseils législatif et exécutif Par JEAN-JACQUES LEFEBVRE Conservateur des Archives Judiciaires de Montréal Le Bulletin a déjà publié, rectifications ou additions au Conseil Législatif de Québec .de Gustave Turcotte, les biographies de William Grant1 de P.-Euclide Roy, de Louis et de Pierre-Urgel Archambault h Des renseignements nouveaux permettent aujourd’hui de compléter la biographie dressée par Gustave Turcotte 2 à François Levêque (ou Lévesque), membre du premier Conseil législatif de Québec en 1775.Les notes ici utilisées proviennent pour la plus grande part du manuscrit de Mlle Aimée Faribault (1889-1948), et ont été communiquées par sa nièce, madame Marthe Faribault-Beauregard, épouse de Me Philippe Beauregard, avocat, de Montréal.D’origine huguenote, issu d’une famille de tisserands de Bolbec, François Lévêque, fils de François Lévêque et de Marie Pouchet' naquit à Rouyn le 29 juin 1732., 0,1 le trouve à Québec en 1763.Il avait alors 31 ans.Etait-il d’abord venu en Nouvelle-France pendant la guerre de Sept ans?Un Jacques Lévesque, tisserand, originaire d’Alençon, s’était marié à Québec en 1748 à Madeleine Gosselin.Y avait-il relations entre ces deux familles?François Lévêque avait un neveu, Pierre Guérout (1751-1830) aussi d’origine huguenote, marchand à Saint-Denis-sur-Richelieu et qui fut député de Richelieu au premier Parlement, en 1792 3.Lévêque fit à Québec un important commerce de céréales.Il se livra également à la traite des fourrures entre Makinac, Montréal et Quebec.Dix années après son arrivée au Canada, il aurait eu sa propre flotte pour le transport de ses marchandises en Europe.Membre du premier Conseil legislatif en 1775, il fut nommé au Conseil exécutif de la Province en 1784.î, he £“detin.janvier-mars 1952, janvier-mars 1953.-C.Turcotte, op.cit., p.28.C.Tanguay, Dictionnaire généalogique.V, 403 Montrïal,i"4,Appdet Ct E"F- SUrVeyer’ ,CS DépU‘éS aU Premicr I, 143 144 Au mois d’août 1769, après contrat de mariage devant Jean-Claude Panet, de Québec, il épousa à l’église anglicane de Québec, Catherine Trottiers-Desauniers-Beaubien, alors âgée de 20 ans.Née à Québec, elle était fille4 d’Etienne Trottier-Beaubien, marchand, et de Louise Damours de Plaines (1724-1760).François Lévêque mourut à 55 ans à Québec, le 14 janvier 1787.La tradition veut que sa femme l’ait converti sur la fin de sa vie, et qu’il soit mort dans le giron de l’Eglise catholique, mais son acte de sépulture est aux registres de l'église anglicane de Québec.Sa femme, Catherine Desauniers-Beaubien, lui survécut vingt ans.Après avoir séjourné, un temps (1802), à Saint-Antoine-sur-Richelieu, elle mourut à Saint-Denis en 1807, probablement chez sa fille, ou chez le neveu de son mari, M.Guérout.Etaient nés de leur mariage: Une fille, Catherine (1777-1809), qui épousa, en novembre 1807, Pierre Grisé, marchand, de Saint-Denis-sur-Richelieu, plus tard lieutenant-colonel de milice; et trois fils: François (1772-1823), né à Québec, mort à Montréal, avocat en 1796, marié à Montréal, la même année (1796) à Cécile Robert (1762-1822), veuve de Normand McLeod, il fut codéputé de Surrey (Verchères) avec Philippe et Rocheblave et Alexis Garon, aussi avocat de 1800 à 1804; et [Marc-Antoine] Louis Lévesque (1782-1833), né à Québec, mort à Berthier, avocat en 1804, protonotaire de Montréal (1813-1828), capitaine au 5e bataillon de la milice d’élite en 1812, sous-adjudant général de la milice en 1813, et plus tard lieutenant-colonel du 8e bataillon de Montréal; et Pierre (1774-1784).Les deux frères Lévesque, François et Louis, avocats de Montréal, orthographiaient leur patronyme Lévesque.Par son mariage célébré à Montréal en 1814 à Mélanie Panet (1794-1872), fille du juge Pierre-Louis Panet et cohéritière du fief d Ailleboust 5 * * 8, aujourd’hui paroisse de Sainte-Mélanie-de-Joliette, Louis Lévesque fut le père de quatre fils ", tous nés à Montréal : 4C.Tanguay, Dictionnaire généalogique.VII, 358.n D\y.Notes sur sa sœur Amélie, mariée à W.Berczy par E.-Z.Massicotte, T„al 1941 et mal 1943‘ V- aussi Vieux Manoirs, Vieilles maisons, Québec, 19^7, p.60.8 Tutelle à ses mineurs, 1er juin 1833.Archives judiciaires de Montréal. 145 Charles Lévesque (1817-1853), avocat en 1840, marié à Berthier en 1843 à Jessie Morrison (d.1844), dont une fille unique, Jessie (1844-1906) mariée en 1865 à Alfred Dumont-La violette (d.1903), de Saint-Jérôme de Terrebonne; Guillaume Lévesque (1819-1854), avocat en 1838, combattant avec les Insurgés à Napierville en 1838; l’un des 98 condamnés à mort par la Cour martiale, puis gracié; attaché aux Affaires étrangères de France à Paris; réadmis au Barreau de Québec en 1844; traducteur et directeur de ce Service au Parlement du Canada en 1844 à sa mort; Louis Lévesque (1822-1878), notaire (1842) à Sainte-Mélanie-de-Joliette; célibataire; et enfin Pierre [Thomas] (1824-1906), né et décédé à Montréal, arpenteur, marié trois fois d’abord en 1850 à Fanny Cuthbert ; remarié à l’Assomption en 1856 à Eveline Beaupré (1836-1876), fille unique de Benjamin Beaupré (1780-1842), ancien député (1816-1820) de l’Assomption (Leinster), et de sa deuxième femme, Charlotte Robillard (1808-1888) ; puis, à Montréal en 1789, avec Louise Panet (1830-19102), veuve d’Arthur Lamothe (1820-1864) avocat.Du mariage LEVESQUE et BEAUPRE naquirent six filles: Louise (1858-1940), mariée à l’Assomption en 1880 à Richemont Le Moyne de Martigny (1853-1934), avocat; Melanie (1859-1930), mariée à l’Assomption en 1881 à Louis-Napoléon Dupuis (1855-1933), des grands magasins Dupuis Frères, de Montréal ; Laetitia (1860-1930), mariée à l’Assomption en 1878 à Joseph-Edouard Faribault (1855-1952), avocat, de l’Assomption7; Estelle (1862-1946), mariée à Montréal en 1888 à Auguste Rocher (d.1900), avocat; Anne [ette] (1869-1946), mariée à Montréal en 1892 à Zotique Telmosse (1868-1898), marchand; et enfin, Berthe Lévesque (1872-1925), mariée à Montréal en 1897 à Alexandre Dupuis (neveu de L.-N.-D., précité).Avec Pierre Lévesque (1824-1900), arpenteur, et dernier seigneur d’Ailleboust ou Sainte-Mélanie-de-Joliette, s’est éteinte la descendance en ligne masculine, au Canada, de François Lévesque, Normand de Rouen, établi au Cap Diamant l’année que la Nouvelle-France perdait son nom pour devenir la Province de Québec.- Jean-Jacques Le]ebvre 7 V.Revue du Barreau de la P.de Q., février 1952. LIBRAIRIE DUCHARME, Limitée (Fondée en 1911) LE PLUS GRAND CENTRE DE CANADIANA EN AMERIQUE 300,000 ouvrages anciens et nouveaux, neufs et usagés périodiques, documents publics, etc.histoire, littérature, voyages,’ 'géologie,*’ blograplfie?,' “c^^ètc Achat et vente de bibliothèques privées Hayons de bibliothèques à bas prix Agents et fournisseurs des bibliothèques canadiennes, américaines et européennes, institutions, collèges, couvents, collectionneurs, etc.CATALOGUES FOURNIS SUR DEMANDE Distributeurs des Cahiers des Dix Séries complètes, numéros détachés, 1935-1952 abonnements reçus.Estimateurs pour compagnies d’assurance-feu Rédacteurs d’index pour livres et revues LIBRAIRIE DUCHARME, Limitée 995, boul.Saint-Laurent, Montréal, Canada G.DUCHARME, Fondateur G.MALCHELOSSE, Gérant.LAncaster 1875 146 Le fief Robineau aux Trois-Rivières Par ARTHUR BELIVEAU T rois-Rivières Nous constatons, clans les actes de foi et hommage rendus à la Compagnie des Indes Occidentales en 1688, que le 5 juillet, Jacques Leneuf sieur de la Potterie, comme procureur de Robineau de Bécan-cour, déclare 3 arpents de terre, en roture, donnés au dit sieur de Bécancour par la Compagnie de la Nouvelle-France le 20 février 1657 avec le droit de pêche depuis la première rivière jusqu’au Cap du Hérisson.Ces trois arpents joignaient : “d’un côté (n.e.) au Platon et de l’autre à la Commune (s.o.) d’un bout au fleuve et de l’autre à la Commune”.Pour établir le site du fief, on peut recourir aux concessions suivantes: de Claude de Ramesay, gouverneur des Trois-Rivières, en date du 25 avril 1696 d’un emplacement situé “au nord-est de la rue entre le Platon et les terrains de monsieur de Bécancour”.(Rue du Platon.) “Le 9 mars 1708, devant Grandmenil notaire, Robineau de Bécancour, baron de Portneuf, Conseiller du Roi et grand Voyer en ce pays, voulant faire habiter les terres qui lui appartenaient et qui sont situées au bas du Platon du fort des Trois-Rivières du côté nord-est, et de l’autre, au sud-ouest en montant à la Commune, concède à Jacques Robida dit Manseau, Me.cordonnier un emplacement de 40 pieds de large par 20 pieds de long, borné en front par le chemin entre cet emplacement et le bord du fleuve en arrière, au nord-ouest, à la profondeur jusqu’à 40 pieds au chemin du 6 pieds”.Le 16 juillet 1713 devant Vereson de Grandmenil, notaire, Pierre Petit seigneur de Yamaska vend à François Delpé dit Saint Sernis un emplacement dans la basse ville dans le fief de monsieur de Bécancour de 40 pieds sur 30 au nord-est de la rue (du Platon ) au nord-ouest une petite rue de 6 pieds (Craig).Le 15 juillet 1713 monsieur de Bécancour concède à Gabriel Robida dit Manseau un emplacement qui avait appartenu à un nommé Desmarchais qui l’a abandonné et il fut remis au domaine de monsieur de Bécancour après les formalités voulues.Robida l'a vendu à Pierre Marcheteau le 10 août 1733.C’est par cet acte que nous pouvons connaître l’historique de cet emplacement.Marcheteau l’a vendu à François Bigot pour une rente de 30 Sols payable aux héritiers de monsieur de Bécancour.Bigot l’a vendu à François Rembault devant Leproust le 26 septembre 1748: l’acte nous dit qu’il était situé sur la rue du Platon.147 148 Le 30 juin 1724 devant Petit Guillaume Vacher acquiert un emplacement de 20 x 40 sur la rue du Platon borné au nord-ouest à François Delpé dit Saint Semis au sud-est aux héritiers Benoit.Le 12 avril 1747, devant le notaire Leproust messieurs Charles Le Gardeur de Croisille seigneur de Bécancour, capitaine du détachement de la marine et son épouse Marie-Anne Geneviève Robineau, Mademoiselle Mora comme étant aux droits de Catherine Robineau Desjordy, se disant propriétaire d’un petit fief en la basse ville de Trois-Rivières baillent “à titre de cens” aux nommés Lasande et Allegrain un petit morceau de terre situé dans ce fief, (Robineau) de 6 pieds de front par 49 de large, probablement pour un passage pour l’utilité des propriétés des concessionnaires.Je crois que ce passage est devenu la Rue Craig.Le 21 mars 1754 devant Pillard, Marie-Anne Robineau veuve de Charles Le Gardeaur de Croisille concède au Sieur Rembault, chirurgien de Trois-Rivières, un emplacement sur la rue du Platon, voisin de celui qu il avait acquis de Bigot le 26 septembre 1748, mentionné ci-dessus.Le 25 août 1757 devant Pillard, Louis Allegrain se déclare en possession d'un terrain voisin de Rembault situé dans le fief de madame de Croisille laquelle lui donna un titre nouvel.Le 4 mai 1758 devant Leproust, vente de Pierre Marcheteau Desnoyer à Antoine Boisvert de Ste-Croix, en emplacement sur une rue qui règne le long de la grève dans la censive de madame de Croisille avec une rente d’un demi chapon.Le 16 février 1777 devant Dielle, Jacques Potier vend à Jean-Baptiste Levasseur ses droits dans une maison de pierre sur la nie Notre-Dame dans la censive Portneuf (Robineau) Je crois que ces documents suffisent pour nous convaincre que ce fief existait, et qu’il était situé sur la rue du Platon, entre cette rue et la commune qui longeaient le côté nord-est de la rue St-Antoine actuelle et le chemin de fer de ceinture, qui était alors le bord du fleuve, et la rue Craig.D après les mesures de la ville, ce quadrilataire a une super-licie de 3 arpents.Arthur Béliveau PAUL GODBOUT grains et graines DE SEMENCE 1410 Avenue Oak, SILLERY Recueil de prénoms bizarres Par FERNAND LEFEBVRE Archives Judiciaires de Montréal Ces prénoms sont extraits des registres de l’état civil du district de Montréal pour tout le XIXe siècle et le premier quart du XXe.Nous n’avons retenu que les plus marquants ou ceux qui, de moindre éclat, peuvent cependant prêter à confusion sur le sexe de leur porteur.Aussi avons-nous fait suivre ces derniers de la mention (m.) pour masculin et (f.) pour féminin.Abléga (m.) Acma Adélixa Adgude (m.) Adorée Adrete (f.) Afanadie Agna (m.) Aldénus Alglorice Alibé (m.) Allyre Arkida Armoiza Annonce (f.) Arnisiza Artel (m.) Arva (m.) Arvin Atléna (m.) Aurozina Azor (m.) Barrillène Baurnuf Beca Belle-Ange Brillante Brunisse (f.) Bolia Calyne Carlina Cannon Cauronne Causette Céréas Charline Chiarina Clercer Clophée Corida Darquise Délienne Délivrance Dianora Dioscord Doublez (m.) Echo (f.) Elvenise Elzébert Ethellithe Etioza Etoila Etudienne Eudgéria (m.) Eudissi Evé (m.) Evenonce Evrade (m.) Exaurée Existe Ezémaire Ferlin Flocel Frazèle Frédérise Frésildée Fulmina Gériance Godfrine Hélier Hélorie Henrice (m.) Hermogène Héroide (f.) Hinat Hollande Horis Ide (m.) Idoric Justile Landinéa Laurice Lelice Liberta 149 150 Lictorien Lie (f.) Linnéoc Lordais Lowalmine Luciane Lupéria Malière (f).Mally (f.) Malpha Mie-Crysolotique Marinus Massillonne Mimmon Mogel Morger Mulda Nilsémios (m.) Nioma No vat Oftaire Oftavie (m.) Olemée Onosita Orance (m.) Ostivia Parise Phidalem Philippine Pipe Rodias Rome (m.) Ronillia Secours (f.) Séphéda Signos (m.) Sivibert Stiévina Sydnor Thémolas Thélérise Trius Tryphosia Tucide Venise Vénolia Véridienne Wildeau Zophida Fernand LEFEBVRE.UN BON MOYEN Dans votre budget personnel ou familial, faites la part de l'épargne aussi large que possible.Dès que vous touchez quelque argent, commencez par prélever tout ce que vous pouvez mettre de côté.Déposez-le tout de suite à votre compte en banque.Cest le meilleur moyen d'éviter les dépenses inutiles.BANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif, plus de $490,000,000 558 bureaux au Canada 15 succursales à Québec Patriotes de Saint-Edouard-de-Napierville Par GASTON DEROME De la Société Historique de Montréal Aegidus Fauteux dans ses Patriotes de 1837-1838 (Montréal 1950, page 73) dit que sur les cinquante combattants tués à Odelltown près de Napierville, en novembre 1838 “on connaît deux noms: Constant Boyer, de Saint-Edouard, et Jean-Baptiste Lanctôt, de Saint-Philippe.Du reste, le chiffre 50 parait exagéré”.Ajoutons à cette documentation : JEAN-BAPTISTE LANCTOT (1814-1838) Jean-Baptiste Lanctôt, ci-haut mentionné, tué à Odelltown, fut inhumé à Saint-Philippe-de-Laprairie le 20 avril 1839 *, en présence de Jacques Robert et de Joseph Brunei “près du cimetière de cette paroisse”.L’officiant, le curé G.Chabot, spécifie qu’il “fut tué à Odelltown, âgé de 22 ans, époux de Catherine Babeux, de cette paroisse”.L’évêque de Montréal, Mgr I.Bourget, à sa visite paroissiale de Saint-Philippe en 1848, décréta que “la clôture du cimetière soit reculée pour renfermer la fosse (de Jean-Baptiste Lanctôt) dans l’enceinte de la terre sainte et que prières et services puissent être célébrés pour le repos de son âme”.C’est à Saint-Philippe également que Jean-Baptiste Lanctôt avait contracté mariage, le 23 novembre 1835 b Alors mineur, il était fils des défunts Alexis Lanctôt et de Josephte Tremblay.Le 5 décembre 1814 était né à Saint-Philippe Jean-Baptiste Lanctôt, du mariage des précédents (Alexis Lanctôt et Josephte Tremblay).Il n’y a pas trace au registre, du décès en bas âge, de ce dernier-né.S’il s’agit du patriote d’Odelltown, il aurait donc eu 24 ans, et non 22, à sa mort.Un dicton veut qu’il n’y ait pas de veufs inconsolés et de veuves inconsolables.Le 5 août 1845 1 2 Catherine Babeux, veuve du patriote tombé à Odelltown, convolait avec Alexis Aubry!, de Saint-Edouard.CONSTANT BOYER (1803-1838) Constant Boyer, le patriote non identifié par Fauteux, naquit à La Tortue le 15 février 1803 et fut baptisé à Saint-Philippe.Il était 1 Notes de M.Jean-Jacques Lefebvre.2 Voir sur les Aubry, juillet 935.151 152 fils de Jean-Baptiste Boyer et de Marie Sédilot.Il épousa à Saint-Philippe, le 24 novembre 1828, Amable Robert, fille de Pierre Robert et de Marie Quintal.En 1830, Constant Boyer habitait La Tortue, il avait comme voisins, le docteur E.-C.Blyth, le menuisier Alexis Fauteux et l'huissier François Demeule.Lors de la levée d’armes, il demeurait à Saint-Edouard.Tué au combat d’Odelltown le 8 novembre 183S.Sa sépulture le 18 avril 1839, à Saint-Edouard-de-Napierville, porte la mention “tué dans la bataille qui a eu lieu à Odell-town le 8 novembre 1838”.JOSEPH CUSSON ( -1838) Joseph Cusson, journalier, époux de Josephte Deneau.Inhumé le 13 novembre 1838 à Saint-Edouard-de-Napierville, l’acte porte la mention ‘mort dans les troubles à la suite d’une blessure qu’il a reçue étant supposé rebelle”.ALBERT ROBERT (1812-1838) Né à Saint-Philippe le 14 avril 1812, fils de François Robert et O?"'0-’ Ü était marié à Rosalie Giroux- A«ssi inhumé le a'TI 1839 a Saint-Edouard-de-Napierville, l’acte de sépulture, rédigé par le cure Joseph Moll, spécifie qu’il a été “tué dans la bataille qui a eu heu a Odelltown le 8 novembre 1838”.FRANÇOIS-XAVIER BELOUIN-FORTIER ( -1838) Né vers 1820, il était fils de Joseph Belouin-Fortier et d’Anne Laplante.Sepulture le 18 avril 1839 à Saint-Edouard.Le registre < it encore age de 18 ans, tué dans la bataille qui a eu lieu à Odelltown, le 8 novembre 1838”.Et voilà pour les patriotes de Saint-Edouard en 1838, que le seigneur de a paroisse, François Languedoc et quelques autres chouaycns i aient ailes combattre.Nos luttes fratricides ne sont pas d’hier.Gaston DEROME Pierre-Stanislas Bédard (1734-1814) et sa famille Juge de la Cour Supérieure, Par L’HON.E.FABRE-SURVEYER Montréal “Le docteur N.-E.Dionne a publié en 1909 un intéressant ouvrage, Pierre Bédard et scs fils.Il y aurait un livre non moins curieux à écrire sur Pierre Bédard et ses frères”.1 2 Ce livre ne serait pas facile à écrire.Les cadets, quels que soient leurs mérites, seraient écrasés par l’aîné.M.Roy, après l’abbé Allaire, donne certaines notes sur les trois qui furent prêtres: nous préparons une biographie de Joseph, l’avocat, pour Les députés au deuxième parlement du Bas-Canada : nous n’avons rien à ajouter sur Xavier.Il reste donc Thomas et ses soeurs.Pierre-Stanislas Bédard, treizième enfant (sur quatorze) de Charles Bédard et d’Elizabeth Huppé, naquit à Beauport le premier juillet 1734.Le 26 octobre 1761, il épousait à Charlesbourg, après contrat de mariage passé la veille devant Geneste, notaire, Marie-Josèphe Thibault, fille de feu Joseph Thibault et de Louise Jean de Charlesbourg et qui était née à Charlesbourg le 8 mai 1739.Nous leur connaissons treize enfants, dont les quatre premiers naquirent à Charlesbourg, et les autres, à Québec.1.L’ainé, Pierre-Stanislas, né le 13 septembre 1762, fit ses études classiques au séminaire de Québec et fut admis au Barreau le 6 novembre 1790.Il représenta les comtés suivants à l’Assemblée législative: Northumberland, du 10 juillet 1797 au 27 avril 1808; la basse-ville de Québec, du 18 juin suivant au 1er mars 1810, et Surrey, du 27 novembre 1809 au 11 décembre 1809.Il quitta l’Assemblée et fut nommé juge aux Trois-Rivières le 11 décembre 1812'-’.Il y mourut le 26 avril 1829.2.Marie-Josèphe (première du nom) née le 1er octobre 1763, morte en bas âge 3.3.Marie-Louise, née le 15 juin 1765, épousa à Saint-Jean-Baptiste de Rouville, le 23 novembre 1803, Joseph Pratte de Saint-Denis-sur-Richelieu.Nous leur connaissons un fils, Joseph, qui entra au collège de Saint-Hyacinthe en 1824, puis se fit recevoir médecin et épousa, à Saint-Denis, le 16 février 1835, Anne-Françoise Bouthillier, fille de Guillaume Bouthillier et de Sophie Bourdages.11 exerça sa profession à Saint-Vincent-de-Paul, Ile Jésus.Leur fille, Sopliie- 1 "Toutes petites choses du régime anglais”, t.2, p.27, 1938 B.R.H., p.65.2 F.-J.Audet et E.Fabre-Surveyer : "Les députés au premier parlement du Bas-Canada” (Montréal, 1946), t.1, p.27.:t Tous nos historiens, y compris les derniers nommés, ont donné cette date comme celle de la naissance de Joseph Bédard, l’avocat.Nous croyons important de rectifier. 154 Philomène, née à Saint-Vincent-de-Paul le 8 septembre 1839, y épousa, le 27 juillet 1864, Adélard Caouette, de Saint-Hyacinthe.Madame Pratte mourut à Saint-Denis le 24 février 1831.Son mari se remaria l’année suivante.Pratte joua un rôle peu enviable dans le meurtre du lieutenant George Weir, qui eut lieu à Saint-Denis le 22 novembre 1837.Il dut s’enfuir aux Etats-Unis, d’où il ne revint qu’après l’armistice *.4.Jean-Charles, né le 5 novembre 1766, ordonné prêtre à Québec, le 19 septembre 1789, entra chez les Sulpiciens à Montréal en 1792 et remplit divers postes à l’église Notre-Dame.Il mourut à Montréal le 2 juillet 1825 s.Entre cette naissance et la suivante, les époux Bédard transportèrent leur domicile à Québec où le mari exerça le métier de boulanger, et où naquirent leurs autres enfants.5.Marie-Josèphe (deuxième du nom), née le 9 mars 1768, morte en bas âge.6.Louis, né le 17 septembre 1770, ordonné prêtre en 1769, fut curé à la Baie-du-Febvre de 1796 à sa mort, arrivée le 6 juin 1806.7.Jean-Baptiste, né le 25 septembre 1772, ordonné prêtre par Mgr Hubert le 11 octobre 1795.Après avoir occupé divers postes, il fut, en 1797, curé-fondateur de St-Jean-Baptiste de Rouville.Curé de Cliambly de 1804 à 1817, il devint, cette année-là, curé à Saint-Denis-sur-Richelieu où il mourut du choléra le 23 août 1834.Il avait été, l’année de son décès, nommé grand vicaire de l’évêque de Québec °.8.Joseph, né à Québec le 26 janvier 1774 (et non pas à Charles-bourg, le 15 octobre 1763) fit des études complètes au Séminaire de Québec de 1785 à 1794.Admis au barreau de Québec le 13 juin 1796, il vint peu après s établir à Monréal où il acquit une grande réputation.Il fut député d’York (Vaudreuil) du 24 juillet 1800 au 13 juin R R i-rAb^iAlia!re’J!,sl0'rcJde Samt-Dems-sur-Richelieu, page 385 à 387; 12 ii.K.H., 313, 314; kingsford, History of Canada, t.10, p.60, 61 (note); Aegi- ! pr^ fC1f’ LCS ¦tatnotcs dc 1837‘38.P^es 41, 356, 457.L’auteur se demande U,nnStltreUr’ f0111'."6 laffirme *’abbé Allaire, ou un simple boulanger, Da-lS 3Cte de seP.ult,ure de sa première femme, aux funérailles de , parait [,las_avolr ass!ste.11 est décrit comme cultivateur.Mais lors de 11.lïï d manage’ c ,7 ~ai 183.2’ 11 est décrit comme boulanger, épousant Marie-tfeUVe dC T0USSamt Pla,,te' aussi boulanger, et il y est dit que les r i» , ne savoir signer ce qui serait remarquable pour un instituteur.inexacts Voir"1 /?'S due abbé AI1aire s’appuie sur des renseignements inexacts.Voir Les Deputes au premier parlement du Bas-Canada, t.1 p 258 et suivantes (biographie de P.Guérout) 1 a q,I’ 1938’ B R H- 172 (Notes du R.P.Léon Pouliot, s.j.) Audet et Surveyor, op.cit., p.35, résument ainsi les notes de l’abbé Allaire, auss: T’/'/ft/mVdu clergé canadien.Ce dernier, qui écrivit à v/hhï THt~Dn,S -SUr §,.e.heheu> consacre une notice de neuf pages mamuablf Cell n J'3" a^-ISt.e Bédar'ant à h ditte re1uesK avo"s établi Riche s H T r“r Vi"age *" » Eglise daus de ST„ err“r fonda“'nlale l'exclut de l'économie du Salut de Dieu, comme corps religieux et social.R- P.PLACIDE o.f.m., cap.cedeeV?nouvell™cPe E n,ERE .RELIGIEUSE DE- V"*lère LES PRODUITS DE L’ÉRABLE "CITADELLE” Sont de nos jours de précieux auxiliaires dans la cuisine moderne.D'une pureté et d'une valeur insurpassables, ils font des desserts délicieux en même temps que nutritifs.LES PRODUCTEURS DU SUCRE D’ERABLE DU QUEBEC Bureau: Edifice Desjardins, Avenue Bégin, Lévis.183 LES PARCS DE LA PROVINCE Le gouvernement de la province a constitué, dons les grondes régions du Québec, des réserves ou parcs destinés à la récréation de notre population.Choisis pour la commodité de leur site, la richesse et la variété de leur végétation, l'abondance de leurs ressources sportives, ces parcs ont conservé une beauté primitive à peine effleurée par la construction de quelques camps rustiques; ils sont devenus des lieux de repos, de détente et de distraction comme il en existe peu ailleurs.Les citoyens de Québec, de mime que les touristes, sont invités à visiter les parcs provinciaux.Le réseau routier de la province, l'un des meilleurs de notre pays, conduit à ces régions.Visiter les porcs provinciaux, c'est refaire ses forces au contact de la science.l’Office provincial de publicité 184
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