Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 octobre 1956, octobre
Vol.62 Lévis — Octobre-Novembre-Décembre 1956 N* 696 No 4 LE BULLETIN DES Recherches Historiques O notre Histoire, écrin de perles ignorées Je baise avec amour tes pages vénérées DIRECTEUR ANTOINE ROY Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe Ministère des Postes, Ottawa. LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Prix de l'abonnement: $3.00 par année.DIRECTION ET ADMINISTRATION 2050, Saint-Cyrille Ouest, QUÉBEC.SOMMAIRE Octobre-Novembre-Décembre 1956 Payes R.P.AXT.CHAMPAGNE.— Documents Et Renseignements Inédits Sur La Verendrye Et Sa Famille .171 JEAN-JACQUES LEFEBVRE.— Le Notaire Joseph-Narcisse Cardinal (1808-1838), député de Laprairie en 1834; victime de l'échafaud en 1838 19S R P.LEON POULIOT, s.j.— Deux Entretiens De Mgr Bourget Avec Thomson Sur Le Projet d’Union (1840).209 JEAN-RODOLPHE BORDUAS.— Rectification Au .Sujet De Charles Vidal .215 SERAPHIN OUIMET.— Le Nom de Rivière I.airet.217 TABLE DES MATIERES DU VOLUME 62.219 BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Vol.62 Lévis — Or tnhre-Novembre-Décembre 1956 Nn 4 Documents et renseignements inédits sur La Vérendrye et sa famille Par le K.P.ANT.CHAMPAGNE Samt-Bonifact (Deuxième article) Jacques Gaultier de La Itlaneliardière * 11 COMME nous avons vu, Jacques, l’ainé, porta le titre de sieur de La Blanchardière, que nous lui voyons dès le 7 janvier 1600.On lui trouve aussi, en une occasion au moins, celui de sieur de Longlée, que portera régulièrement son frère cadet (Pièce No 15).On le dit en différents documents: “Conseiller du Roi, _________ Contrôleur général des Traites et Impositions foraines d’Anjou, — Maire et capitaine de la \ ille d Angers Ce sont des fonctions importantes, qui étaient souvent plus considérées que les titres de noblesse eux-mêmes.11 On voudra bien corriger dans le 1er article: B.R.H., avril-mai-juin 1956, pages 59 et suivantes: —Les 2 lignes en italique, au bas de la page 59.sont un premier sous-titre, qui porte sur le reste de l’article et tout l’article 2.—PP- 59, 61, 63, 67, 72.Au lieu de: \ érandrie, Vérenderie, lire: Véranderie.—pp.63, 74.Au lieu de: Johanne, lire: Jehannc.—pp.63, 75.Au lieu de Espineron, lire: Espiraceau.—p.63.Au lieu de: Oesbron-Lavau, lire: Cesbron-Lavau.—p.65.Au lieu de: dessin, lire: cession.—p.67.Au lieu de: japiéca, lire: japieça, 171 172 —p.69.Au lieu de: Mastard, lire: Bastard.—p.75.Au lieu de: l’Inglanderie, lire: Ylngranderie.Né vers 1550, du premier mariage de René Gaultier avec Johanne Guespin, c’est de celle-ci qu’il reçut la terre et le titre de “La Blanchar-dière”, qui appartenaient à cette famille.Dès 1557, en effet, les documents nous montrent un François Guespin portant le titre de sieur de La Blanchardière.Cette propriété est aujourd’hui un tout petit lopin de terre, un logis avec jardin , situe à Angers, un peu à l’extérieur des remparts.Jacques Gaultier vendit la propriété aux Minimes, qui y construisirent leur couvent.Celui-ci disparut à la Révolution (12).Jacques épousa en premières noces Jeanne de Saint-Denis, et en deuxièmes noces, par contrat Lesayeux, notaire à Beaufort, le 14 décembre 1601, Renée Pavien, fille de défunt Laurent Pavien, sieur du Chillon, et d’Yvonne Lepage, qui lui apportait “le lieu et la métairie du Chillon, dans la paroisse de Varennes, et la métairie du Bois, près de Beaufort” (Pièce No 1).Les textes suivants nous renseigneront davantage sur ce personnage: Pièce No 13a et 13b a) — (Bibliothèque Municipale d’Angers, — Manuscrit 1120 (ancien 919), p.249 verso).— « 1er mai 1601.— (Est maire de la ville d’Angers) noble homme Jacques jaultier, sieur de la Blanchardière, Conseiller du Roy et receveur général des traites foraines d Anjou, receveur des décimes et consignations.« Il tomba malade la première année de son élection au mairat (à la mairie), ce qui occasionna qu'il s’en démit.« l'ils de René Gaultier, greffier de la Sénéchaussée et siège présidial de cette ville.«(Epoux de) lo Jeanne de Saint-Denis, sans hoirs; 2o Renée Pavien, du Chillon.« Porte : D azur, a la fasce d'or, accompagnée en chef d’un lambel de trois Pend"» d argent, alaisée, et en pointe d’une croix pâtée d’argent aussi alaisée.» b) — (Ibid., Manuscrit 1215 bis, fol.148 — 5 verso).— «Du 22 mai 1601.Devant Jean Beauldry, notaire royal à Angers, testament de noble homme Me Jacques Gaultier, conseiller contrôleur général des traites et impositions foraines d’Anjou, maire et capitaine général de la ville d’Angers ; t- La .- -«HUMviia uc j-a i_>iai renscignements’ nous ont été Garnis par location des terres ou maisons de La Blanchardière, Longlée et La s autrr- - • - d’Angers. 173 «par lequel il demande être ensépulturé en l’église de Saint-Michel-du-Ter-tre, au lieu où ont été inhumés ses prédécesseurs, qui est en la chapelle ou chantent ordinairement les prêtres; « et élit pour ses exécuteurs testamentaires noble homme Jean Saymond, chanoine de l'église d'Angers, et noble homme François Gaultier, sieur de I.onglée, son frère, conseiller au siège présidial de cette ville, — et Me René Jarry, sieur de la Roche, avocat au dit siège présidial.« Par le dit testament, on voit que : Damoiselle.Gaultier de Langlée était sa soeur ; le sieur.Gaultier de la Véranderie, son frère; et feue Damoiselle Jeanne de Saint-Denis, sa première femme, décédée sans hoirs.» Nous ferons remarquer que ces deux pièces ne sont pas des originaux, mais des notes anciennes recueillies sur des personnages importants d’Anjou.Jacques Gaultier fut enseveli à Angers le 28 novembre 1614, laissant deux enfants, dont une seule fille, Renée, issue du deuxième mariage, survivait au 24 août 1627.Elle était alors mariée à Pierre Chariot de la Botelarière (Pièces 1.2 et 3).René Gaultier, sieur de Boumois.— Terre, château et titre de Bouiuois (13).René, né du même mariage que Jacques vers 1560, fut de beaucoup le personnage le plus marquant et le caractère le plus pittoresque de cette famille Gaultier en France.11 est le seul qui semble vs’etre taillé une place dans l’histoire.Il fut aussi le seul à posséder un véritable château, après qu’il eut acquis la “terre et châtellenie de Bou-mois”, par contrats du 3 novembre 1613 et du 16 janvier 1615 (Pièces 5 et 6).Il porta désormais ce titre et légua le tout à son fils Louis (Pièces 1, 10, etc.).D’abord soldat, comme on le voit à ses lettres de 13 En dehors des divers dépôts d’archives de Paris et d’Angers et des registres d’état-civil, nos principales sources de renseignements sur les hommes et les choses d'Anjou sont les manuscrits de J.Audouys et le Dictionnaire de Célestin Port.— Relevés de M.l’abbé Cesbron-Lavau, d'Angers, et de M.de la Ville-biot, du château de la Cartrie, à Bécon.— Nous nous sommes également servi des cartes d'état-major et d’autres cartes détaillées de la région.Joseph Audouys, archiviste, né en 1727, mort en 1802, consacra une grande partie de sa vie à rechercher et à collectionner des documents sur les personnes et sur les choses d'Anjou.Il n’a laissé aucune publication, mais on a de lui un grand nombre de manuscrits, que se partagent les Archives de Maine-et-Loire et la Bibliothèque Municipale d’Angers.Ils comprennent plusieurs séries, parmi lesquelles nous mentionnerons: “Recherches généalogiques sur les familles d’Anjou”, — “Projet d'Armorial pour l’Anjou", — “Notes sur l'Anjou”, etc.Il reste le grand spécialiste de ces sujets.Célestin Port, archiviste de Maine-et-Loire de 1854 à sa mort en 1901, publia, de 1868 à 1878, plusieurs ouvrages sur l'Anjou, entre autres son “Dictionnaire Historique, Géographique et Biographique de Maine-et-Loire”, Paris, Dumoulin, éditeur. 174 vétéran de 1613, il avait été nommé, dès l’année 1595, alors qu’il pouvait avoir 35 ans, Avocat Général au Grand Conseil.Il fut aussi •‘Conseiller du Roy en ses Conseils d’Etat et Privé".Certains documents nous le donnent, sur la fin de sa vie, comme Intendant de Justice à Nancy.Il était dans cette ville en 1636, mais des renseignements reçus de l’archiviste de Meurthe-et-Moselle sembleraient indiquer qu’il ne remplit pas la fonction.Le ton presque familier qu’il emploie dans une lettre personnelle écrite de Turin en 1608 au roi Henri IV, sur la mort du Rév.Père Ange de Joyeuse, capucin, ancien maréchal de France, laisse deviner les relations étroites qui existaient entre René Gaultier et le souverain.Mais nous avons, de la confiance du roi en René Gaultier, une preuve plus tangible.Quand il fut question d’établir en France les filles nouvellement réformées de sainte Thérèse d'Avila, ce fut lui qui, en qualité de représentant du roi de France et porteur de ses lettres au roi d'Espagne, fut chargé d’accompagner le sieur de Brétigny, prêtre, et le cardinal de Ilérulle, ainsi que quelques dames envoyées pour servir les religieuses durant le voyage.René Gaultier agit en cette occasion comme un véritable ambassadeur extraordinaire du roi et c’est lui qui eut la principale responsabilité de l’expédition (14).Or, on sait que c’était une difficile question, qui traînait depuis près de 20 ans.René Gaultier, comme d’ailleurs tous les autres, s’acquittèrent fidèlement de leur mission, qui fut couronnée de succès, et les premières carmélites, formées par sainte Thérèse elle-même, arrivèrent à Paris en octobre 1604, d’où elles essaimèrent bientôt à travers toute la France.De retour en Anjou, il fut retenu par l’abbesse de Fontevrault pour gérer les affaires de la célèbre et originale abbaye de ce nom, qui groupait sous une abbesse des couvents d’hommes et de femmes et qui eut de nombreux monastères avant la Révolution.Il remplit cette mission jusqu’après son mariage en 1613.En 1612, il avait fait cons- 14 Pour un récit détaillé de l’expédition de René Gaultier et de ses compagnons en Espagne et de l’établissement des Carmélites en France, voir : “Histoire littéraire du sentiment religieux en France, depuis la fin des Guerres de religion jusqu’à nos jours”, par l’abbé Henri Brémond, Paris, Bloud et Gay, 2e volume, 1916, pp.26.1 a 322.— Voir aussi le Dictionnaire des Ordres religieux, collection Migne, et autres auteurs.L’abbé Brémond, dans son récit, malmène quelque peu René Gaultier, au sujet d’un incident particulier du voyage, mais celui-ci, dans l’édition française de la Vie de la Vénérable Anne de Jésus, une des fondatrices du Carmel de France en 1604, donne une explication toute simple et naturelle de sa façon d’agir, explication que Brémond ne semble pas avoir connue. 175 truire à ses frais au couvent des Capucins de Saumur une chapelle dédiée à saint Charles.Cest dans cette église (jue sa femme sera enterrée.Entre temps, René Gaultier occupait ses loisirs à traduire en français, de l’espagnol ou du latin, des livres d’ascétisme ou de dévotion.On a ainsi de lui une trentaine d’opuscules (15).I ne fois en possession de Boumois, René s’y retira dans la solitude et la prière, se livrant aux pratiques d’une piété plus ou moins exaltée et maladive (Audouys, Mss.994, p./9).Le seigneur de Boumois y jouissait de certains privilèges.On voit qu’en 1630 le château avait son chapelain privé, nommé par le seigneur et confirmé par l’évêque, comme le prouve le document suivant : Piece No 14.(Archives de Maine-et-Loire, ex Mss Grille.E.2593).— Requête de René (iaultier de Boumois à Monseigneur l'Evêque d’Angers, (29 janvier 1630).Monseigneur le Révérendissime Evêque d’Angers.Comme la chapelle Sainte-Anne, desservie en notre château de Bomaye, paroisse Saint-Martin-de-la-Place, dont la nomination nous appartient de plein droit quand le cas y échet, vaque à présent par le décès de messire Jacques des Loges, dernier titulaire d’icelle ; A ces causes, sur le rapport qui nous a été fait par des gens dignes de foi, de la probité et bonnes moeurs de messire Jehan Depeigne, vicaire de Tresves; nous, Kené Gaultier, Conseiller du Roy en ses Conseils d'Etat et Privé, seigneur de la terre et châtellenie de Bomaye, nommons et présentons ledit messire Jehan Depeigne pour être par vous, Monseigneur, collateur ordinaire, pourvu en titre de ladite chapelle Sainte-Anne, sur notre nomination.Donné à Bomaye, sous le seing et sceau de nos armes, le 29e jour de janvier 1630.(sceau> René GAULTIER.Par contrat du 3 septembre 1613 (Pièce Xo 9), René avait épousé Péronne Laurent, qui lui donna de nombreux enfants, parmi lesquels Louis et Gabriel (Pièces 9, 10 et 11), et Marie, “fille posthume”, baptisée le 10 août 1640.Puisqu’il s’agit d’un enfant posthume, l'acte de baptême nous donne, à quelques mois près, la date de la mort de René • 1639-1640.'"Voici quelques-unes de ces traductions, d'après Célestin Port: 1) L'Echelle de Saint Jean Climacus, 1603; — 2) L’Imitation de Jésus-Christ, 1604; — 3) La Eleur des Saints, de Ribadeneira, 1606; — 4) Les exercices spirituels-De l'excellence, profit et nécessité de l’oraison mentale, de Molina, 1618; — 5) Les oeuvres de piété de Saint Jean de la Croix, 1621 ; — 6) Les oeuvres de Thomas a Kempis, 1623 ; — 7) Histoire de la Vie, vertus et miracles de la Vénérable Mère Anne de Jésus, par le Rév.Père Ange Maurique, traduite en français par "Messire René Gaultier, Conseiller d'Etat”, Paris, Taupinart, 1633 et 1636.— Préface de René Gaultier datée de Nancy, 26 juin 1636. 176 Péronne Laurent dut être la digne épouse de cet homme peu ordinaire.Sur un des ébrasements de la porte publique du château se lit encore, gravée, l’inscription suivante d’un admirateur: “Vive Madame de Boumois, miroir de perfection! 1646”.Elle fut ensevelie le 31 janvier 1656, dans l’église des Capucins de Saumur, dont son mari était le bienfaiteur.Louis, l’aîné, succéda à son père comme seigneur de Boumois, et nous le voyons avec ce titre en 1648.Des fils de René Gaultier, il ne restait en 1666 que ce Louis et son frère Gabriel, car, en qualité d’aîné, Louis reconnaît celui-ci “et non d autres”, comme ayant droit au titre de noble et d’écuyer.La pièce No 7 nous donne la fin de l'histoire des Gaultier à Boumois: la terre et le château sont saisis pour dettes en 1671 et passent en d autres mains.Le titre “Gaultier de Boumois” disparaît en France après avoir été porté pendant 58 ans.Nous n avons plus de traces de Gabriel.Quant â Louis, qui a perdu terre, château et titre, c'est lui, selon toute apparence, que nous retrouvons dans l’armée dès l’année suivante, 1672, et qui porte en 1683 et 1684, le nom de “Louis Gaultier de Varennes”.Nous trouvons à son sujet â la Bibliothèque Nationale de Paris, plusieurs documents, que nous résumons en quelques mots (16).l'.ntré dans l'artillerie en 1672, — c’est l’année de la déclaration de guerre de Louis XI\ à la Hollande, — il suit d’abord les armées dans ce pays, ensuite en Allemagne et dans les Flandres, puis se bat dans la Roussillon, puis de nouveau dans les Flandres, et finalement dans le Luxembourg.Blessé grièvement d’une balle de mousquet en août 1684, au siège de Luxembourg, il traînera, comme tant d’autres militaires, une vie misérable, avec une petite pension de la Cour.La balle lui avait fracassé une épaule et avait pénétré dans la langue, qui était restée à moitié paralysée.Louis Gaultier de Boumois avait épousé Alphonsine Le Charron, qui fut ensevelie à Saint-Martin-de-la-Place le 9 septembre 1662.Nous ne savons rien des enfants qu’ils ont pu avoir.La terre de Boumois, dans la paroisse et commune de Saint-Martin de-la-Place, est connue dans les documents depuis le commencement du 12e siècle.Bomeia, Bomaye, Boumez, Bommois, Boumois, sont diffé- lfl Bibliothèque Nationale, Paris, documents datés de 1683 et 1684.— — Dossiers Bleus, vol.307, dossier 7793: Envoi de M.Laroque de Roquebrune.4 177 rentes formes du même nom.Elle est située près de la Loire, le long de la route de Saumur à Angers, à 7 kilomètres environ au nord-ouest de la première de ces villes et à 35 de la seconde.1) importants seigneurs, plusieurs châteaux, de nombreuses familles s’y succédèrent depuis cette époque.L’une d’elles, la famille Du-petit-Thouars, eut une grande célébrité au 19e siècle, par ses hommes militaires et ses savants.Le château actuel, bien conservé malgré des modifications importantes, fut construit par René de Thory, ancêtre de Charles, mentionné précédemment, et fut terminé en 1645.C’est une belle construction, bien qu’elle ne puisse rivaliser avec la série connue des grands châteaux de la Loire.L’intérieur a été profondément modifié, mais, à l’extérieur, les Gaultier l’ont connu à peu près tel qu’il nous apparaît aujourd’hui, avec ses deux tours circulaires, ses hauts murs à mâchicoulis et sa grande entrée du 17e siècle.La terre a aujourd’hui une superficie de 45 hectares ou 115 acres environ.Dans la famille des Gaultier, le titre de Boumois fut porté en France, comme nous avons vu, par René, l’acquéreur de 1613, et par Son fils I^niis, qui le perdit en 1671.Il fut porté au Canada par Pierre, le Découvreur, avant la mort de son frère Louis, survenue en 1706-1707, et quelquefois ensuite par son fils Pierre, qui décéda le 13 septembre 1755.Boumois était bien le titre officiel de celui-ci, mais il signait plutôt: “Laverendrye, l’aîné”.Le titre apparaît pour la première fois au Canada le 18 juin 1702, à Varennes, au baptême de Charlotte Hébert, petite-cousine de La Yérendrye.Celui-ci, âgé alors de 17 ans, est parrain et est appelé: “Pierre Gaultier, écuyer, sieur de Boumois”.Il signe: “Boumois”.Ce titre fut donc porté au Canada pendant 52 ans.Mais ce ne fut qu’un titre souvenir, rappelant une terre et un château qui avaient appartenu à des parents de France.Nos Gaultier n’avaient aucun droit réel à ce titre.François Gaultier de Longlée.Il était né du deuxième mariage de René Gaultier avec Perrine Kroger.11 était donc demi-frère de Jacques Gaultier de la Blanchardière et de René Gaultier de Boumois. 178 De François et de son titre, nous connaissons peu de chose.Né vers 1569 ou un |>eu après, nous le voyons assister, le 23 août 1597, à une donation de Perrine Froger à Pierre Gaultier de la Véranderie, son fils.Le 22 niai 1601, il est nommé dans le testament de son frère Jacques pour être un de ses exécuteurs testamentaires, puis, le 14 décembre de la même année, il assiste au mariage de celui-ci.On l’y nomme “noble-homme François Gaultier, Conseiller du Roy au siège présidial d’Angers”.Il épousa en 1590 Catherine Mabile, dont il eut plusieurs enfants, et décéda avant le 24 août 1627, puisque, antérieurement à cette date, Pierre Gaultier de la \ éranderie avait payé une somme de 1200 livres aux enfants et héritiers de François Gaultier, sieur de Longlée, et de Catherine Mabile (Pièces 1 et 3 ).De leurs enfants, un fils, Gabriel, sieur de Longlée, maria Louise Espinaceau, par contrat de mariage du 23 août 1622.Ceux-ci, à leur tour, eurent trois enfants: Nicolas, Gabriel et Catherine, nés avant le 2 août 1630.Comme Et Blanchardière, Longlée semble avoir été le nom d’une simple propriété que possédait la famille.Il ne reste plus qu’une ferme de ce nom, au sud de la ville d’Angers, dans la direction de Sainte-Gemmes.Les constructions actuelles n’ont aucun caractère ancien.Pierre (lantlicr de la I éranderie.Frère de père et de mère de François Gaultier de Longlée, il fut, comme nous avons dit, le père d Adam-Pierre et le grand-père de René Gaultier de Varennes, et par conséquent 1 arrière-grand-père du Découvreur.Mais, comme pour François, nos renseignements sur lui sont très maigres et il en est de même de son titre de La \ éranderie.Après son acte de baptême, qui eut lieu dans la paroisse de Saint-Michel-du-1 ertre, a Angers, le 22 février 1576, nous le voyons mentionné i>our la première fois dans un document du 27 août 1597, insinué le 6 septembre suivant.\ oici le texte de cette insinuation : Pièce \To 15.(Archives de Maine-et-I.oire, I.B.35.— 6 septembre 1597).«25 août 1597.Devant Julien Deillé, notaire royal à Angers, — Donation faite par honorable femme Perrine Froger, veuve de défunt honorable homme Me Rene Gaultier, eu son vivant greffier civil au dit Angers, et y demeurant, paroi sse Saint-Michel-du-Tcrtre ; «à pierre Gaultier, sieur de la Véramlerye, fils du dit défunt et d’elle, en avancement de droit successif et en attendant partage, — de sa part par indivis du domaine du greffe civil, sénéchaussée d’Anjou et siège présidial d’Angers, acquis par le dit défunt et par elle. 179 « Présents au contrat : noble homme Claude Frubert de la Source, — Me Jacques du Fay, sieur de la Brébonnière, aussi greffier civil, — nobles hommes Jacques Gaultier, sieur de Longlée, conseiller du Roi au siège présidial d'Angers, — René Gaultier, avocat du Roi en son Grand Conseil, — et Jean Bouju, écuyer, sieur de la Chaussée, — tous proches parents des parties, « — Contrat insinué au Présidial d’Angers le 6 septembre 1597 s.Comme nous avons vu dans la pièce \'o 1, Pierre Gaultier assiste au contrat de mariage de son frère Jacques, le 14 décembre 1601, avec le titre de “noble homme Pierre Gaultier, greffier civil au siège présidial d’Angers”.Le 28 juillet 1603, “Maître Pierre Gaultier, sieur de la Yéranderie (est) reçu Monnayer (de la Monnaye d’Angers), à cause de Perrine Froger, sa mère, tailleresse en cette Monnaye, fille de Claude Froger, ouvrier et prévôt des ouvriers de cette dite Monnaye, et femme de feu Maître René Gaultier, son père”.(Bibliothèque Municipale d'Angers, Manuscrit 1120 (ancien 919), p.436).I a- document No 2, du 24 août 1627, nous apprend que, le 14 janvier 1616, (probablement eu sa qualité de greffier civil), il avait fait nommer son frère René Gaultier de Bouniois curateur des enfants mineurs de Jacques Gaultier; et le même René, en novembre 1619, est dit “curateur des enfants de noble homme Pierre Gaultier, sieur de la Véranderie, receveur des consignations”.Il était donc mort à cette date.Mais il vivait encore le 4 février de cette même année, au mariage de sa fille Catherine, Greffier civil, receveur des consignations, ce sont des emplois plutôt modestes à côté de ceux des deux ainés.En eut-il d’autres?Tout ce que nous savons, c'est que le Découvreur écrit dans une lettre au Ministre, datée du fort Saint-Charles le 11 mai 1733, et dont nous donnerons plus tard le texte : “J’ai l’honneur de représenter très humblement 70, ou au moins en 1671, à la mort de Jacques, frère d’Adam-1 ierre et abbé de Pontron, dont 1 abbaye possédait les Tremblays et leurs dépendances, car on ne l’y retrouve plus après cette date.Nous avons vu dans quelles conditions ces deux terres furent acquises en 1522.Ce nest donc qu'environ un siècle et demi plus tard qu Adam-Pierre s y établit, et pour une dizaine d'années seulement, cependant que René partait pour le Canada.Quelle position y occupait Adam-Pierre?htait-il locataire?ou simplement résident?ou gérant peut-être des terres que l’abbaye possédait dans cette région, chose tout-à-fait vraisemblable?Ce qui semble certain, c’est qu’il n’était pas pi opriétaire, puisque 1 abbaye conserva ces terres longtemps encore, comme nous allons voir.II est nécessaire de donner ici quelques mots d’explications sur les noms des localités que nous venons de rencontrer. 187 Rccoii est un village situé à 18 kilomètres environ au sud-ouest d’Angers, sur la route qui conduit de cette ville à Rennes.L’église actuelle est du 19e siècle, mais, dans les documents, on suit l’histoire de la paroisse depuis le milieu du 1 le.De la seigneurie, qualifiée de châtellenie, puis devenue baronnie au 16e siècle, dépendaient un grand nombre de villages et de territoires environnants.C’est un seigneur de Bécon qui, au 12e siècle, avait fondé et richement doté l’abbaye de Pontron, dont dépendaient de vastes terrains.Parmi ceux-ci se trouvaient “les Tremblays”, qui appartenaient à la puissante abbaye tant quelle dura, c’est-à-dire jusqu’à la Révolution.I erres et constructions furent liquidées par les révolutionnaires en 1791.Pontron est situé à 12 kilomètres environ à vol d’oiseau à l'ouest de Bécon.Les Tremblays se trouvent entre les deux, à à ou 4 kilomètres de Bécon et à 8 ou 9 de Pontron.De l’ancienne abbaye, il ne reste aujourd’hui que s constructions en ruine.La-Chapelle-Saint-Saiivcur est à 5 kilomètres au sud-ouest de Pontron et à une douzaine de kilomètres de Bécon, dans la même direction.Les Tremblays sont deux métairies ou fermes contiguës, dont l’une, api>elée “Le Tremblay”, tout court, et l’autre “La Cour du Tremblay".Cette dernière qui fut habitée par Adam-Pierre Gaultier de la Véranderie et sa famille, de 1661 environ à 1670 ou 1671.La maison actuelle de “La Cour du Tremblay”, bien que portant le nom de château, est une maison moderne sans style.Celle qui fut habitée par les Gaultier n’existe plus.Mais le Tremblay contigu possède une maison de ferme qui semble dater de Louis XIII et qu’ils ont dû voir et fréquenter bien des fois.Les noms subsistent encore tels quels.Les Tremblays furent vendus à des particuliers par les révolutionnaires le 3 mars 1791, en même temps que fut liquidée l’abbaye.(D'après Audouys, C.Port, etc.).Comme la Cour du Tremblay était habitée par sa famille en 1665, on conçoit que notre René, qui en partit pour le Canada en juillet de cette année, ait tenu à en perpétuer le souvenir dans son pays d’adoption et ait nommé une de ses seigneuries en 1772 “Le Tremblay”.Mais ce n’était qu’un souvenir puisque la terre continuait d’appartenir à l’abbaye de Pontron.René Gaultier de Varennes et son fils Pierre, le Découvreur, furent seigneurs du Tremblay au Canada, mais François, fils de ce der- 94 188 nier, est le seul que l’on voit régulièrement qualifié de “sieur du Tremblay’’ dans les documents.— Jean-Baptiste, plus tard prêtre et vicaire général de Québec, est nommé avec ce titre en 1688, quand il n’avait que 11 ans, mais ensuite on le voit toujours avec le nom de “de Varen-nes”.— Madeleine, épouse Le Milliers, et Marie-Marguerite, épouse Puigibault, eurent des droits sur des parties de ce fief.François renonça à tous ses biens immobiliers contre une rente viagère, une première fois le 13 juin 1756, en faveur de son frère, le chevalier Louis-Joseph ; puis, la mort de celui-ci au naufrage de L Auguste , le 15 novembre 1761, l’ayant mis en possession de l’héritage familial, il y renonça une seconde fois le 9 novembre 1769 de la même façon en faveur de Louise-Antoinette de Mézières de l’Eper-vanche, veuve du “Chevalier”.Ces renonciations lui enlevaient sans doute le droit de porter le titre de “seigneur du Tremblay”.D après ce que nous avons dit, le nom ne fut pas porté en France.l'our résumer cette étude, nous pouvons conclure que le nom de lu l cranderie et non celui de I ore nues est le seul vrai nom de toute cette branche de la famille (luulticr, celle qui intéresse les Canadiens, et cela depuis 1597 ou avant.— A partir de Pierre, ép.de Renée Jarrv, ce fut aussi le nom de l’ainé, sauf circonstances exceptionnelles.— Bou-mois est le titre d oncles ou de cousins plus ou moins éloignés.— Va-rennes est un titre passe-partout, de date récente, que l’on donne aux cadets ou quand l’on est à court de titres.Quant au Tremblay, ni la terre, ni le nom n’appartient à la famille en France.j lu C onada cependant, ces differents titres prirent un sens nouveau et acquirent des bases réelles par le fait de l’alliance Gaultier-Boucher en 1667, et la concession 'en fief noble" des seigneuries de Varennes et du Tremblay et du Sault de La Véranderie ou La Gabelle.Entrés dans la noblesse, nos Gaultier pouvaient choisir les noms et titres qu’ils jugeaient à propos.Armoiries.- Il ne nous reste plus à traiter, pour clore cette partie de notre présente étude, que la question des armoiries.Joseph Audouys, dans son manuscrit intitulé: “Projet d’Armorial pour 1 Anjou , Mss.994, p.79, donne aux Gaultier les armoiries sui-\antes.Gaultier de Boumois, La \ arenne (sic), La Véranderie: I ) azur, au chevron ., accompagné en chef de deux étoiles d’or et en pointe d’une rose de gueules”. Armoiries des Gaultier de Boumois, Varennes, La Vérendrye 190 11 existe d’autre part, à la Bibliothèque Municipale d’Angers, une magnifique gravure sur cuivre, de René Gaultier de Boumois, exécutée avant 1652 pour l’ouvrage de Claude Ménard intitulé “Peplus”, probablement sur un portrait d’après nature d’avant 1640.Au bas se trouve un médaillon contenant en un dessin très net, mais sans les hachures conventionnelles, les armoiries décrites par Audouys.On se prend à regretter que la description ci-dessus ne nous dise pas quel est l’émail du chevron.Mais il semble qu’on peut y suppléer avec une probabilité raisonnable par les armoiries des Boucher, qui paraissent avoir copié en partie celles des Gaultier.blason officiel de Pierre Boucher, qui lui fut donné par Charles-René d’Hozier le 26 avril 1708, et (pii fait suite aux nouvelles lettres de noblesse octroyées par le roi le 17 juin 1707, se lit comme suit: Un ecu d'azur, à un chevron d’argent, sommé à la pointe d’un lys au naturel, accosté en chef de deux étoiles d'or, et accompagné en pointe d’un rocher de même, sommé d'une croix d’or” (22).Celui des Boucher de La Broquerie se décrit ainsi: “Ecartelé.—¦ Au premier .etc.— Au quatrième, un chevron d’argent, accosté en elicj de deux étoiles d'or et en pointe d’un besant du même” (23).Sauf la rose rouge, ces deux blasons renferment au complet la description d’Audouys, et tous deux portent comme pièce principale “un chevron d'argent".Cela ne nous paraît pas l’effet du hasard.Il semble bien (pie les Boucher ont fait copier pour leur famille le blason des Gaultier, auxquels ils étaient rattachés depuis 1667, tout en ayant soin de “briser” les armoiries, c’est-à-dire de modifier une ou plusieurs pièces, selon les lois régissant le blason.L'abbé François Daniel, p.s.s., dans son volume intitulé: “Histoire des grandes familles françaises du Canada”, E.Sénécal, Montréal, 1867, p.415, donne à une famille “de Varennes” les armoiries suivantes: “De gueules, à la croix d’or”.Son texte, plus qu’ambigu, insinue ou affirme qu’il s'agit des Gaultier de Varennes, alors qu’il est question d’une famille de Picardie, qui n’a jamais porté d’autre nom que celui de “de JJ Voir : Inventaires des l.ettres de Noblesse., par P.-G.Roy, vol.I, p.158.— I.es premières lettres de noblesse, datées de 1661, avaient été accordées à Pierre Boucher par M.de Feuquières, vice-roi d'Amérique, et pouvaient être plus facilement révoqués ou contestées.Pierre Bouclier, en 1704, en demanda de nouvelles de "Sa Majesté' (Archives Nationales, Paris, M.204, Dossier 4, pièce No 9, fol.5: Vaudreuil et Beauharnois au Ministre Pont-chartrin : Lettre commune, 1704).— Ces lettres définitives lui furent octroyées le 17 juin 1707.-•'Voir: “Vie de Mgr Taché, par Dom Paul Benoît, c.r.i.c., Beauchemin, Montréal, 1904, vol.I, p.216, et plusieurs autres ouvrages. 191 Varennes” et qui n’a rien de commun avec nos Gaultier (24).Pourtant, l’auteur a soin de nous avertir, dans le supplément de son ouvrage, qu’il faut être prudent dans l’attribution d’armoiries à des familles dont les noms se ressemblent.Lui-même a oublié ce sage conseil et plusieurs auteurs, trompés par son texte, ont attribué aux Gaultier de Varennes ces armoiries, qui ne sont pas les leurs (25).MM.E.-Z.Massicotte et Régis Roy, dans leur “Armorial du Canada français”, vol.I, p.78, après avoir donné à nos Gaultier les prétendues armoiries décrites par Fr.Daniel, écrivent en note: “Le sceau de ce dernier (La Vérendrye), différent de celui de M.de Varennes, est au Palais de Justice de Montréal, mais nous n’avons pu encore déterminer quels sont les émaux et les métaux du champ et des pièces”.Malheureusement, ils ne nous ont même pas donné le peu qu’ils ont vu, non plus que la référence, et nous n’avons pu retrouver ce sceau, qu’il aurait été si intéressant de comparer avec la description d’Audouys (26).De ce (pii précède, nous pouvons tirer la conclusion que nous possédons, à part le détail incertain de l’émail du chevron, les armoiries authentiques de nos Gaultier de la Véranderie et qu’elles sont les mêmes que celles des Gaultier de Boumois.Mais il reste à faire une constatation quelque peu extraordinaire: comment se fait-il que le blason de Jacques Gaultier de la Blanchardière, décrit dans la pièce Xo 13, n’a rien de commun avec celui des précédents?Nous n’avons pas le droit, en l’absence de documents authentiques, d’affirmer quoi que ce soit.24 Cette famille, qui portait en effet les armes "de gueules à la croix d'or", est surtout connue en Picardie aux 13e et 14e siècles et fut alliée aux familles les plus illustres, bien qu’elle-même ne paraisse pas dans les nobiliaires de cette province.Il existe dans cette région une commune et un ancien fief qui portent le nom de Varennes, tous deux dans l’arrondissement d’Amiens.— (Communication de l’archiviste départemental de la Somme).25 Signalons parmi ceux-ci: MM.E.-Z.Massicotte et Régis Roy, dans "Ar- morial du Canada français”, — Rumilly, dans son "La Vérendrye, découvreur canadien", — Constantin-Weyer, dans son “La Vérendrye”, — F.-J.Audct, dans sa plaquette intitulée "Varennes”, — Mme Ferland-Angers, dans sa vie de "Mère d’Youville”.28 Nous doutons cependant de l’existence d’un sceau réel, que nous devrions retrouver, nous semble-t-il, sur la plupart des documents officiels de La Véren-tlrye, comme ses correspondances avec le gouverneur et avec la Cour de France.Car pourquoi avoir un sceau si on ne s’en sert pas sur ces sortes de documents?Or, nous ne retrouvons ce sceau ni au Canada, ni à Paris.Ne s’agirait-il pas plutôt d’un cachet portant une ou deux initiales, comme on en employait couramment pour cacheter les lettres et qu’il fallait briser pour lire celles-ci?Nous avons vu les restes indéchiffrables d’un cachet de ce genre au dos d’une lettre originale de La Vérendrye du 23 février 1735, adressée à soit partenaire Louis Hamelin. 192 Nous nous contenterons de suggérer comme possible l’explication suivante.C'est que les Gaultier n’eurent pas d’armoiries de famille jusqu’à l'époque des quatre frères nommés au commencement de cette étude, c'est-à-dire jusque vers 1600.Les deux aînés, Jacques et René, parvenus à des charges importantes et à des postes de confiance, crurent lion d’imiter tant d’autres personnages, même de moindre importance, et se choisirent des armoiries, chacun de son côté.Pierre Gaultier de la Véranderie, le plus jeune des quatre frères, aurait ensuite fait siennes celles de son deuxième frère, René Gaultier de Boumois.Nous laissons le lecteur juger de la valeur de cette supposition.Terminons cette partie par quelques remarques au sujet d'autres familles portant les noms de Gaultier ou de Varennes.Nous avons pu vérifier ce qui est affirmer ou insinué dans les livres ou revues au sujet de plusieurs de ces familles qui seraient ou pourraient être, disait-on, apparentées à nos Gaultier.L’abbé Fr.Daniel, dans l’article cité précédemment, mentionne en particulier un M.Gaultier de la Richerie, de Cherbourg, devenu gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, et une famille de Varennes du Lyonnais, comme étant ou pouvant être des Gaultier de Varennes.Or, Louis-Eugène Gaultier de la Richerie, capitaine de frégate à Cherbourg, puis gouverneur de la Nouvelle-Calédonie en 1870 et après, était originaire de la Normandie et était né en 1820 à la Martinique, où ses ancêtres avaient émigré à la Révolution en 1789 (27).Les De Varennes du Lyonnais n’étaient pas des Gaultier, mais des Burignot de Varenne, que l’on trouve aujourd’hui dans les départements de l'Ain et de la Charente, et qui semblent avoir habité Saint-Chamond, dans le Lyonnais, vers 1690-1710 (28).Les premiers ne sont pas des de Varennes, les seconds ne sont pas des Gaultier.Le gouverneur de Landrecies de 1690-1696, gentilhomme d’Anjou, plusieurs fois mentionne dans le Bulletin des Recherches Historiques et dans des documents que possèdent les Archives de Maine-et-Loire, est h rançois de Goddes de Varennes.Il mourut à l’âge de 60 ans environ et fut enseveli a Avrillé, à quelques kilomètres d’Angers, le 18 -' Renseignements et documents communiqués par M.le Sous-Préfet de Cher-tiourg.28 Correspondance échangée avec des amis de la famille, et documents provenant des Archives du Ministère de la Guerre, Vincennes, France. 193 mai 1701.Il est nommé, dans l'acte de transfert de son corps et dans son acte de sépulture: “Messire !• rançois de Goddes de Varennes, gouverneur de Landrecies, en FlandreSon fils, d’après les Mémoires du marquis de Smirches, était à Malplaquet en 1709.Comme nous avons vu, un M.de Varennes du Lyonnais appartenait aussi au régiment de Bretagne à cette époque.11 y avait donc en même temps à Malplaquet, en comptant La Vérandrye, trois officiers différents portant le nom de “de Varennes”.Un officier du nom de “M.de Varennes”, mentionné dans la Relation de Pénicaut comme faisant du commerce en Louisiane en février 1714 ¦¦', pourrait être un des deux derniers mentionnés.De toute façon, ce n’était pas un Gaultier de Varennes du Canada, vu que Jacques-René, le seul alors de ce nom, était à Montréal, signant un acte devant le notaire Antoine Adhémar, le 18 janvier de cette année.1) après les notes d’A.Fauteux, se basant sur Monmerqué, l'éditeur du marquis de Smirches, les marquis de Varennes, qui jouèrent sous Louis XIV un rôle important dans le gouvernement et dans l'armée, portaient le nom patronymique de Nagu et étaient du Limousin.Ces quelques remarques suffisent à nous instruire sur les confusions que l’on peut faire à rapprocher des noms qui se ressemblent, et nous n’avons pas continué plus loin nos investigations.Les Gaultier de Brulon, dont un membre, l’abbé Jean Gaultier de Brûlon, fut ordonné prêtre à Québec en 1675, retourna en France en 1693 ou 1694 et fut inhumé à Saint-Pierre d’Angers le 20 mars 1726, —• leurs cousins, les Gaultier de Launay et de Fontaine-Guérin, — les Gaultier de la Jubaudière, — et plusieurs autres que nous avons répérés dans l’Anjou ou la Touraine aux 17e et 18e siècle, avaient peut-être une parenté avec nos Gaultier, mais il est certain que, dans ce cas, il faudrait remonter plus haut que René, l’époux de Jehanne Guespin et de Perrine Kroger.(A suivre) Ant.CHAMPAGNE, c.m.i.c.29 Voir: Pierre Margry: “Découvertes et Etablissements des Français dans l’Ouest et dans le Sud de l’Amérique Septentrionale", volume Y, pp.513-517. 194 UN BON MOYEN Dans votre budget personnel ou familial, faites la part de l’épargne aussi large que possible Dès que vous touchez quelque orgent, commencez par prélever tout ce que vous pouvez mettre de côté.Déposez-le tout de suite à votre compte en banque.C'est le meilleur moyen d’éviter les dépenses inutiles.CANADIENNE NATIONALE ACTIF, plus de $600,000,000 585 bureaux au Canada 15 succursales à Québec 5 Le notaire Joseph-Narcisse Cardinal (1808-1838) député de Laprairie en 1834; victime de l’échafaud en 1838 E Bulletin des Recherches d'avril 1952 et de septembre 1954 contient les biographies de deux des premiers représentants en parlement de Huntingdon-Laprairie, les Raymond, père et fils, le premier, élu avec le siècle (1800), issu de famille seigneuriale, riche bourgeois, le second, premier enfant du comté qui y ait été élu député Aujourd’hui, des précisions seront apportées sur le collègue de ce dernier.Joseph-Narcisse Cardinal, dont le nom sera immortellement cher à tous les coeurs français, tant que, dans la vallée du Saint-Laurent il y aura une voix pour réclamer les libertés populaires.Certes, on ne doit remuer "le linceul de pourpre où dorment les dieux morts” qu’avec un infini respect.Si le nom sacré de Joseph-Narcisse Cardinal est évoqué encore une fois, ce n'est pas qu’il soit peu connu après la relation de son procès aux State trials.traduite et publiée en français dès 18391, la page célèbre de L.-O.David dans ses Patriotes (1871) enfin, le portrait qu’en a dressé Aegidius Fauteux dans Patriotes (1950).Sans vouloir reconstituer au long sa carrière, l’objet aujourd’hui est de le placer dans son cadre social, ses “entours familiaux”, comme disait Henri d’Arles, et de prolonger, si faire se peut, dans ce conservatoire de nos traditions les plus chères qu’est le Bulletin, le rayon de sa brève et tragique existence, de préciser des linéaments restés flous de sa physionomie.L.-O.David le dit, non sans un petit air de condescendance, “né d’une honnête famille de cultivateurs”.Cliché obligé de journaliste pressé — les Patriotes parurent d’abord dans l’Opinion publique avant de former un livre.Trop de plumitifs ne peuvent référer à un habitant des campagnes sans lui accoler l’épithète de “brave” ou “honnête”, du ton protecteur de gens qui n’y sont pas allés voir.Les paysans de Provence sont des princes, aimait à proclamer Léon Daudet, lui-même petit-fils de paysans, comme les plus raffinés de ses contemporains, Anatole France, Jules Lemaître, Rodin et tant d’autres.On verra peut- 1 P.Gagnon, Essai de Bibliographie.Québec, 1895, p.91.Archiviste, Palais Par JEAN-JACQUES LEFEBVRE de justice, Montréal.(1824).195 196 être ici une fois de plus, qu’au siècle dernier, comme souvent encore de nos jours, les représentants de notre élite sont les aboutissants d’une excellente bourgeoisie rurale.SIMON CARDINAL (1619-1679) Marié vers 1655 à Michelle Garnier (1638-1720), dont la sœur aînée, Marguerite (1625-1701), était déjà mariée au pionnier Olivier Charbonneau (1611-1687), et la cadette, Louise (1631-1712) à Pierre Goguet — devenu Goyette—(1629-1684), Simon Cardinal2, arrivé au pays en 1659 avec sa femme et deux enfants, fut l’un des premiers concessionnaires de terres à Lachine, près Montréal, où il mourut (1679) après vingt années d habitation au Canada.Sa veuve, remariée en 1680 au cordier, Jean Chevalier, lui survécut quarante ans.LE CAPITAINE FRANÇOIS CARDINAL (1717-1789) Leur arrière-petit-fils, François Cardinal 2, né à Lachine en 1717, marié à Laprairie, en 1746, à Marguerite Ferras (1724-1784), pionnier de Saint-Constant de Laprairie, y fut l'un des plus anciens capitaines de la milice (1778).Mort en 1789, il y fut inhumé dans l’église.Sa fille, Marguerite (1752-1783), mariée à Saint-Constant en 1770 a René Dupuis (1749-1799), ]>etit-fils du capitaine René Dupuis (16711739), fut la mère, entre autres, du capitaine J.-B.Dupuis (1778-1834), aussi de Saint-Constant.^ Le capitaine François Cardinal est par deux fois le bisaïeul du I atriote Joseph-Narcisse Cardinal, qui était issu de cousins germains.LE CAPITAINE JOSEPH CARDINAL (1748-1806) AÏEUL PATERNEL DU PATRIOTE.Le fils aîné du capitaine François Cardinal, Joseph, né à Laprairie en 1748, épousa à Saint-Constant.en 1770 Elisabeth Dupuis3.Capitaine dans la milice à la succession de son père (1789), il mourut à Saint-Constant en 1806.Son fils, Pierre, marié à Châteauguay en 1795 à Louise Bourdon (1777-1811) puis, à Laprairie, en 1812, à Isabelle Dupuis, fut, en février 1808, le parrain de son neveu, le Patriote.Sa fille, Marguerite (1781-1863) épousa à Laprairie en 1804 J.-B.Leber, marchand, de Montréal, petit-fils de François Leber (17061767), premier capitaine des milices de Laprairie.Une autre, Elisabeth (1783-1866), épousa en 1806 Louis Lanc-tot, fils de Joseph Lanctôt (1745-1812) longtemps premier capitaine 2 C.Tanguay, Dictionnaire.I, 102; II, 543.544.languay, Dictionnaire.III, 561. 197 de Saint-Constant, et 1 un des exécuteurs testamentaires de Simon San-guinet *.LE CAPITAINE CONSTANT CARDINAL (//.1754-1814) AÏEUL MATERNEL DU PATRIOTE Le plus jeune des trois fils du capitaine François Cardinal, Constant Cardinal, né a Saint-Constant en 1754, épousa d’abord à Saint-Philippe en 1776, Françoise Gagné (1760-1787) 5, et convola, à Saint-Constant en 1789, avec Catherine Caillé (1767-1824).De son second mariage naquit Jovite C., qui épousa en 1811 J.-B.Sainte-Marie, capitaine de milice en 1831 6.Son fils (issu de Françoise Gagné), Constant, épousa d’abord en 1799 Catherine Gagné, et convola, en 1822, avec Agnès Lefebvre, veuve de C.Boyer.Du premier mariage de Constant C., et de Catherine Gagné naquirent : Pierre C., marié en 1830 à Zoé Lériger de la Plante; Marguerite (1802-1886), mariée en 1823 à Joseph Lériger de la Plante, et Scholastique, (1811-1896>) mariée en 1832 à Joseph Longtin, un Patriote, qui fut incarcéré en décembre 1838.LE CAPITAINE J.-B.THOMAS CARDINAL (1782-1865) ONCLE MATERNEL DU PATRIOTE.Le fils aîné de Constant C., et de Françoise Gagné, J.-B.Thomas Cardinal, marié à Saint-Constant en 1803 à Marguerite Beaudin (17881866), capitaine de milice à l’époque des Troubles, ne semble pas avoir été de ceux qui renvoyèrent alors leur commission d’officier.Il garda toujours sa qualité, lors des terribles événements de 1838.LE PERE DU PATRIOTE, JOSEPH CARDINAL (1777-1832) D’abord agriculteur à Saint-Constant, Joseph Cardinal, (fils de Joseph C., et de Elisabeth Dupuis) avait vingt-neuf ans quand il épousa en sa paroisse, le 17 février 1806, sa cousine, et sa cadette de dix ans, Marguerite Cardinal (1787-1832), fille de Constant et de Françoise Gagné.Marguerite Cardinal avait reçu plus que l’instruction moyenne de l’époque, comme le révèle sa signature.•* Les Sanyninet tir La Salle, MEMOIRES, SOCIETE GENEALOGIQUE.janvier 1946, 26-29.8 Bulletin no 10, Association des familles Canné et Bcllarancc.Ouébec, mai 1953.B oct.-déc.1951, 179-184. 198 Joseph Cardinal était aubergiste à Saint-Constant, en 1811, lors de la naissance de sa fille, Clémence-Olive.Un moment, commerçant à Montréal, de 1817 à 1819, il était nouveau agriculteur, mais à Châteauguay, quand lui naquit en août 1831, après vingt-cinq ans d’union, un dernier fils, Maurice-Isaie, dont son gendre, F.-M.Le Pallieur et n.r., furent les parrains.Les parents du Patriote, Joseph Cardinal et Marguerite Cardinal, furent emportés par l’épidémie de choléra, en juin 1832, à Montréal, où ils étaient sans doute de passage.Joseph Cardinal mourut le 17 juin, âgé de 55 ans, et sa femme a l’âge de 45 ans, le 18, avec leur fils, Cé-saire, âgé de 10 ans.Selon la pratique de ces jours de deuil et de ter-teur, ils furent inhumés, à Montréal, le jour même du décès.Douze mois auparavant, en mai 1831, ils avaient assisté en la nouvelle église de la Paroisse de Montréal, qui, à la place d’Arines, dominait de son imposant vaisseau, toute la ville, au mariage de leur fils, promis a tant d’ignominie et.de gloire posthume.Nous connaissons à Joseph et Narcisse Cardinal: Domitilde (1806-1856), née à Saint-Constant, décédée à Montréal; mariée à Châteauguay en 1829 a François-Maurice Le Pallieur, le Patriote7 ; Joseph-Narcisse, né à Saint-Constant en 1808, le Patriote; Clémence-Olive (1811-1881), mariée, vers 1836, à François Ca-myré, le Patriote 8 ; Mathilde-Elmire, née à Montréal en 1817; Herménégilde, née à Montréal en 1819; Césaire, 1821-1832, précité; Marguerite-Eugénie, née en 1822, décédée à Châteauguay, 1834; enfin, Maurice-Isaie, né à Châteauguay, 1831.LE PATRIOTE JOSEPH-NARCISSE CARDINAL (1808-1838) Né à Saint-Constant, le 8 février 1808, Joseph-Narcisse Cardinal, inscrit en 1819 au Collège de Montréal, y fit ses humanités.Il y eut pour condisciple, Luc Aubry, natif de Saint-Laurent près Montréal, qui, ordonné en 1830, était curé de Saint-Pascal de Kamouraska pendant les Troubles de 1837, et fut plus de quarante ans (1840-1883), curé de Saint-Léon de Maskinongé ; Joseph Baby, notaire en 1835, agent des seigneurs de La Salle, les Selby, et qui rendit un témoignage si réservé à l’endroit des Patriotes de Saint-Philippe et de Saint-Constant lors du procès devant la Cour martiale du capitaine Joseph Robert et al.; 7 Aegidius Fauteux.Patriotes de 1837, Montréal, 1950 298 "A.Fauteux, of.cit., 152. 199 Joseph C.Belin, probablement un frère du docteur Belin qui épousa à Laprairie en 1833 Adélaïde Raymond, veuve de Tonnancour; Pascal Persillier-Lachapelle, du Sault-au-Récollet, plus tard meunier et propriétaire du pont dit Lachapelle, et père de notre éminent contemporain, le docteur Emmanuel Persillier-Lachapelle (1845-1918), qui fut doyen de la Faculté de Médecine de l’Université Laval de Montréal, et président de l’American Medical Association (1894) ; Remi Godin de La Poterie, de Varennes, commissionné notaire, comme Cardinal, en 1829, et qui fut emporté |à Montréal] par l’épidémie de 1832 ; Jean [Hyacinthe] Richelieu, plus tard médecin; Eugène Talham, fils d’un médecin de Chambly ; enfin, Andrew et William Wilcocke, peut-être les fils de Samuel Hall Wilcocke, ce pamphlétaire, ou écrivain stipendié, à qui nous devons la plupart des gros livres qui nous sont parvenus sur les dissensions alors fameuses (1816-1820) des compagnies du Nord-Ouest et de la Baie d’Hudson et qui, après avoir fait à Montréal de la prison pour dettes, se réfugia à Plattsburg d’où il criblait dans le Scribbler les autorités canadiennes du temps.Ayant commencé sa cléricature en février 1823", Joseph-Narcisse Cardinal fut commissionné notaire le 29 juin 1829.Sa signature aparait pour la première fois — il avait treize ans — en janvier 1819 au registre de Notre-Dame de Montréal, à l’acte de baptême de sa soeur, Herménégilde.11 était encore présent à Chàteauguay, le 1er juin 1829, au mariage de sa soeur aînée à François-Maurice Le Pallieur, le fils de son patron.FRANÇOIS-GEORGES LE PALLIEUR ((1779-1833) LE PATRON DE J.-N.CARDINAL.François-Georges Le Pallieur, que L.-O.David désigne sous le seul prénom de Georges, fils de Charles Le Pallieur (1720-1793) greffier des Cours de justice de Montréal et de Louise Roy (1742-1791), notaire en 1805, s’établit d’abord à Varennes.Il épousa à Boucherville en 1810 Julie de Lorimier (1789-1817).Remarié à Montréal en 1818 à Marie-Josephte Dagneau, il y exerçait alors sa profession.Fixé plus tard à Chàteauguay, il pouvait avoir plus d'une raison pour accueillir le jeune Cardinal comme clerc.Sa mère, Louise Roy, avait d’abord épousé à Saint-Constant, en janvier 1760, Charles Hamelin (1714-1760), voyageur au Nord-Ouest, décédé en mai suivant à Mont" Brevet de cléricature, Louis Deniers, notaire, 15 février 1823 (Protonotaire de Beauliarnois). 200 real10.Son grand-père 11 François Roy (1691-1778), marchand voyageur aux Pays d’En-Haut, était un grand propriétaire terrien à la Tortue de Saint-Constant.F.-G.Le Pallieur reçut en mai 1831 le contrat de mariage de son ancien clerc, J.-N.Cardinal.Son fils Alfred-Narcisse Le Pallieur (1828-1920), né à Châteauguay, décédé à Lachine, marié à Philomène Dalton (1840-1916), fut 67 ans notaire.Commissionné notaire en 1829, Joseph-Narcisse Cardinal s’établit aussitôt à Châteauguay.Il avait, en 1837, pour associé, son coparoissien de Saint-Constant, Abraham Desmarais 12.Ils avaient leur étude, nous apprend Robert Sellar 13 dans la maison de madame Bou-drias.MADAME BOUDRIAS (1798-1859) Lu moment j’ai cru que Madame Boudrias, non identifiée autrement par R.Sellar, était née Marguerite-Amable Giasson, fille d’Ignace G., et de Louise de Sacquespée (1770-1827) et petite-fille d’Angélique d'Aillebout des Musseaux ( 1748-1807) 14.Mariée au Sault-Saint-Louis, le 18 février 1824 â J.-B.Boudrias, elle mourut à Sainte-Philo-mène de Chateauguay en octobre 1859.Comme sa mère et son aïeul, elle fut inhumée dans l’église du Sault-Saint-Louis.Son fils, Charles-Rodolphe Boudrias, épousa à Saint-Remi de Xapierville en 1860, Philomène Oligny, belle-soeur du Patriote, le docteur Adolphe Dugas15, et convola au Sault-Saint-Louis en 1873 avec Clorinthe Meunier.Mais les.State Trials.(p.64) sont formels.Madame Boudrias était née Elisabeth Saint-Denis.C’est â Montréal, en 1802, quelle avait épousé J.-B.Boudrias, pour lors de I.achine.Encore mineure à son mariage, elle était fille de J.-B.Saint-Denis15 et d’Elisabeth Abra-ham-Courville.Sa soeur, Geneviève, née en 1796, par son mariage |1823| a Louis Maréchal, fut la mère, entre autres, de Louis Maréchal, vicaire-général de Montréal en 1872.L-O.David dit que J.-N.Cardinal fut élu à l’élection générale de 1834 par acclamation, député de Laprairie, dont le codéputé était J.-M, Raymond.Or.une note précise indique qu’il avait défait le vieux routier Austin Cuvillier 1", qui penchait, dès lors, pour la modération.10 C.Tanguay Dictionnaire.IV, 454.C.Hamelin avait déjà contracté mariage deux fois a Mackinac, en 1738 et en 1748.contacte ma “C.Tanguay, Dictionnaire.VII, 80.'- A.Fauteux, op.cit., 209.u a' Fa"?!;,,7¦ ¦ Huntingdon, 188& .1 autiux, La Famille d AiUcbout.Montréal 1917 145-147 1,1 A.Fauteux, Patriotes.229.’ l:,“ P.R.11., janvier 1951. 201 Joseph-Narcisse Cardinal avait été le parrain à Châteauguay, le 14 mars 1838, de son neveu, Joseph-Alfred Le l’allieur (fils de F.-M.L., et de Domitilde C.,) et à Saint-Isidore de Laprairie, le 1er mai 1835, de Joseph-Napoléon Héroux, cjui, premier curé de Victoriaville en 1867, fut aussi le curé de sir Wilfrid Laurier à Arthabaska pendant sept ans (1878-1885) 17 et mourut curé de Baie-du-Febvre (1897).L’abbé Héroux était fils du major Pierre Héroux (1795-1844) plus tard lieutenant-colonel de son bataillon18 et dont la maison, sise à la fourche de la route de Saint-Remi et Saint-Isidore10, tient encore debout.Le mariage de J.-Narcisse Cardinal et de Eugénie Saint-Germain (1811-1880) fut célébré avec pompes à l’église Notre-Dame de Montréal le 31 mai 1831.Le père du marié lui servit de témoin avec ses amis Pierre Héroux, Narcisse Mallet, son “patron” et associé, F.-G.Le Pallieur, Jacob Wurtele et Stephen McKay, fils, notaire.LES LEMAIRE SAINT-GERMAIN.Sa femme Eugénie Saint-Germain (1811-1880), encore mineure, était fille de Bernard Lemaire-Saint-Germain, interprète au Département des Sauvages, et de -Charlotte Desautels20.Petite-fille d’Ignace Lemaire 21 et de Louise Gastonguay, elle était la nièce de Marguerite Lemaire (1769-1839) pour lors supérieure générale des Soeurs de la Charité dites Soeurs Grises, de Montréal, et seigneuresses de Châteauguay.• Le cousin germain de la mariée de 1831, Félix-Hyacinthe Lemaire, notaire en 1836, conseiller législatif en 1867, fut président de la Chambre Haute de Québec en 1874 22.Il épousa d’ailleurs (1837) Luce Barcelo, la soeur des deux futurs gendres de Cardinal.LES ENFANTS DU PATRIOTE CARDINAL De l’union de Joseph-Narcisse Cardinal et de Marguerite Saint-Germain devaient naître: il F.-J.Audet, B.R.H., fév.1927, 108-120., N.B.118.17 J.-B.-A.Allaire.Dictionnaire biographique du Clergé.I, 268.18 F.L.-Desaulniers, Les ideilles Familles d'Yamachiche, III, Montréal 1900, 42.Nonobstant l’assertion de Desaulniers, le mariage du colonel Héroux et de Marie-Anne Hébert (1810-1863) n’a pas été célébré à Saint-Isidore de Laprairie, ni dans le comté.A Saint-Grégoire de Nicolet?Les premiers registres de Saint-Isidore datent de 1833.1(1 Centenaire de Saint-Isidore de Laprairie [1934], 20 Le mariage B.Lemaire-Saint-Germain et C.Desautcls fut célébré à Notre-Dame de Montréal en janvier 1805.21 C.Tanguay, Dictionnaire.V, 309.22 G.Turcotte, Le Conseil législatif de Québec, Beauceville, 1933, 242. 202 Marguerite, née à Châteauguay le 16 novembre 1832; P.Bernard Saint-Germain, aïeul paternel, M.Domitilde Cardinal.Elle épousa à Montréal le 9 octobre 1849, Joseph-Jules MARION, médecin, de Saint-Hernias (Deux-Montagnes), originaire de Saint-Roch l’Achigan; La Faculté — ou un docteur Cabanès — rechercherait peut-être dans sa longévité un indice de la fibre constitutionnelle de ses parents; elle avait près de 96 ans quand elle mourut à Beloeil, le 10 juin 1928 (elle fut inhumée à la Côte-des-Neiges de Montréal) ; Charlotte, née à Châteauguay, à la Noël 1833; P.F.-M.Le Fallieur, M.Charlotte Desautels.Décédée à Montréal le lendemain du jour de l’An 1841 ; Delphine, née à Châteauguay le 18 août 1835; P.Pierre Héroux, M.Félicité Robert.Mariée à Montréal, le 21 février 1859 à Joseph-Edouard BARCE-LO (1832-1918) »>; Décédée à Montréal le 12 août 1913 (inh.à la Côte-des-Neiges) ; Henriette, née à Châteauguay le 3 juillet 1837; P.J.-B.Sainte-Marie, major de milice.M.Olive Cardinal [CamyréJ Mariée a Montréal le 20 octobre 1860 à Hyacinthe-Maurice BAR-CELO, M.D.2I, de Saint-Constant; Décédée à Montréal le 16 mars 1879.(Le docteur H.-M.Barcelo (1836-1893) convola à Montréal en 1882 avec Sophie McKenna) ; Et enfin, Joseph-Narcisse (posthume) né à mars?1839.Sur les causes de l’arrestation du Patriote J.-N.Cardinal, A Fau-teux, en ses Patriotes, ou son scoliaste, Me Félix Leclerc, n’ont pas tenu compte des troublantes lettres de J.-N.Cardinal, exhumées et publiées par 1 abbé Elie Auclair, dans la Revue Canadienne en 1901 ( ?) je cite de mémoire.Ajoutons que Georges de Lorinûer (1805-1863) qui tendit un guet-apens à Cardinal et à sa malheureuse troupe, était le fils de Guillaume de Lorimier, premier député de Laprairie en 179 2 24.Son dernier fils a été notre contemporain, le juge Albert de Lorimier (18591 Am)) de la Cour supérieure.Le meilleur récit, peut-être, de la prise des Patriotes de Château-guay et de leur marche forcée, encadrés par les troupes et les miliciens A.Fauteux, Patriotes.96.24 F.-Z.Massicotte, B.R.H., janv.-fév.1915, 203 volontaires jusqu’aux geôles de Montréal, récit apparemment puisé dans les périodiques de langue anglaise du temps, se retrouvent dans 1’History of Montreal, including the Streets of Montreal de J.-D.Borthwick 25.Pour éclairer la physionomie du temps, citons encore le témoignage circonspect rendu au procès par le curé de Cardinal, Messire La-belle : "J ai toujours considéré Cardinal comme un homme paisible et respectable jusqu’au moment des Troubles” (les soulignés sont rapportés).Au portrait idyllique que L.-O.David trace de Cardinal: “aimé pour sa bonté, estimé pour son talent.pas.enthousiaste.calme, réfléchi”, opposons celui de Robert Sellar, peu connu.[Cardinal] “was a slow and somewhat a heavy man regarded by many as soft and stupid, and by a few, as cunning and ambitious : he was certainly callous and ungrateful.” He “had his office in Madame Boudrias’ house” (Châteauguay).“Even Cardinal’s brother-in-law had made a deposition criminating him”28.Qui est ce beau-frère?Le dernier acte notarié de Cardinal est daté du 3 novembre 1838, veille même de la fatale journée du soulèvement.C’est une vente de Pierre Billet à Frs Mclean.Cardinal ne numérotait pas ses minutes.Son greffe est au Bureau du Protonotaire de Yalleyfield.A.Fauteux dans Patriotes, conclut sa notice en rapportant que Cardinal était, d’après le North American, l'organe des Patriotes réfugiés, “un homme de taille moyenne, plutôt frêle, aux yeux noirs et au teint brun”.En décembre 1838, ses parents étaient décédés depuis six ans.Il laissait encore dans le deuil, outre sa femme et ses enfants en bas âge, entre autres,ses soeurs, Domitilde, madame Le Pallieur, Olive, madame Camyré, et encore, le frère de sa mère, le capitaine J.-B.Thomas Cardinal, de Saint-Constant.LE FILS DU PATRIOTE ET SA DESCENDANCE JOSEPH-NARCISSE CARDINAL (1839-1919) Où l’épouse du Patriote se réfugia-t-elle après les terribles événements de décembre 1839?L’acte de naissance de leur fils posthume n’a pas encore été retracé.Il n’est ni à Châteauguay, ni à Montréal, ni à Saint-Constant.T.e 9 juillet 1839, la requête d’Eugénie Saint-Germain-Cardinal 2> Montréal, 1897, 80-86.2,1 R.Sellar, op.cit. 204 était présentée à la Cour de Montréal “attendu la mort de son mari”.(euphémisme juridique.) par l’étude d’avocats Drummond (Lewis-Thomas) et La Fontaine (Louis-Hippolyte) pour obtenir tutelle à ses mineurs, Marguerite, 7 ans, Charlotte, 6 ans, Delphine, 4 ans, Henriette, 2 ans, Louis-Joseph-Narcisse 4 mois.Le conseil de famille était formé de Bernard L.-Saint-Germain aïeul maternel, interprète au Département des Sauvages, Théodore Désautels, oncle maternel, Pierre L.-Saint-Germain, grand-oncle maternel, J.-B.Dubuc, oncle maternel par alliance, et al.La mère fut nommée tutrice à ses enfants et T.-B.Dubuc, subrogé-tuteur.Le 13 mars 1840, alors domiciliée chez son père, à Montréal, faubourg Saint-Laurent, Eugénie Saint-Germain est autorisée à renoncer pour ses enfants à la succession de son mari “le passif excédant de beaucoup l'actif", et les quelques “créances qui restent étant douteuses”.et à s’en tenir au douaire prévu à son contrat de mariage.Le jugement d’autorisation est du juge Jean-Roch Roland.On sait qu’kugénie Saint-Germain, veuve Cardinal, se remaria à Montréal le 3 août 1856 avec son beau-frère F.-M.Le Pallieur.Elle s’éteignit à Montréal le 12 janvier 1880.Joseph-Narcisse Cardinal (1839-1919) fils posthume du Patriote, signa aux registres de Notre-Dame de Montréal en février 1859 et octobre 1860 au mariage de ses soeurs Delphine et Henriette, et sa signature ressemble singulièrement à celle de son père.but-il admis au Barreau?L’Almanach des adresses de la ville (Lovell) lui donne la qualité d’avocat en 1889.Il apparaît domicilié a Montréal en 1877 alors que lui nait une fille, Marguerite, dont sa mère et son beau-père, Le Pallieur, sont parrains.Il fut fonctionnaire, d’abord à la Cour de Magistrat, puis à la Cour de Circuit de Montréal, de 1890 à 1915.Il avait épousé, vers 1867, Caroline Godin (1846-1927).H habitait rue Berri quand il mourut à Montréal le 30 mai 1919.On lui connaît deux fils: Henri-Arthur et Achille.Achille (18 — ), marié aurait eu deux filles, l’une, religieuse des T.S.N.J.M., l’autre, fonctionnaire a la Poste; Henri-Arthur (1869-1954) marié à Montréal en 1895 à Joséphine J fuet-Dulude, était employé, alors que je le vis, vers 1940, à la Cour du Coroner de Montréal, de même que son fils, Arthur .Celui-ci a contracte mariage à Montréal en 1934 avec Paule-Anne Aubertin27.Par ailleurs, du mariage d’Edouard Barcelo et de Delphine Car-dmal précités, naquit Edouard Barcelo (1869-1950), qui fit une longue ¦7 Notes de M.Gaston Derome. 205 carrière dans l’administration de la Poste28 et devint adjoint du directeur au district postal de Montréal.De haute et forte stature, on le voyait encore rue Saint-Jacques à la fin de la dernière guerre (1945).Marié à Montréal en 1892 à Anne-Virginie Panneton, son fils aîné, Jean, est ingénieur civil.Son cadet, Me Joseph, avocat, conseil de la reine, conseiller au Barreau de Montréal en 1950, connaisseur d’art réputé était le voisin à Saint-Hilaire, du peintre Osias Leduc, qui vient de s’éteindre nonagénaire.J-THEODULE CARDINAL (1864-1904) AVOCAT Du fils du capitaine J.-B.Thomas Cardinal et de Marguerite Beaudin précités, Narcisse-Raphaël, marié à Saint-Constant en 1841 à Eulalie Tourneur, établi à Saint-Remi de Napierville, est issu, entre autres, Joseph-Théodule Cardinal, né à Saint-Remi en 1864.Admis au Barreau en 1889, il épousa à Montréal en 1890 Suzanne Duverger (186-1946), fille de Louis-Norbert D., (1831-1873), marchand, et petite-fille de J.-Gaspard Laviolette (1812-1903), lieutenant-colonel de milice et membre du Conseil législatif de la province.Contemporain, “pays”, associé et émule du futur juge Siméon Beaudin “l’une des plus belles organisations intellectuelles de sa génération” (dixit Aegidius Fauteux), J.-Théodule Cardinal était également tenu en haute estime par ses contemporains pour la sûreté de son sens juridique et la sagacité de son jugement.11 n’eut pas le temps de donner sa mesure.11 mourut à quarante ans, à Montréal, le 28 novembre 1904.Sauf erreur, il laissait, à.tout le moins, deux filles, luliette, et Marguerite Cardinal, cette dernière, mariée à Montréal en 1924 à Octave Baillargeon.LES CARDINAL A SAINT-CONSTANT DE NOS JOURS La mère du Patriote, Marguerite Cardinal, outre son frère germain, J.-B.-Thomas, précité, eut encore un frère consanguin, Pierre Cardinal (1790-1868) (issu du capitaine Constant Cardinal et de Catherine Caillé), marié à I^aprairie en 1814 à Marie-Anne Sainte-Marie, soeur du major J.-B.Sainte-Marie.La fille de Pierre, Oliz'e, épousa, en 1847, Isaac Lefebvre, Son fils, Soliwe (1815-1897) épousa à Saint-Isidore de Laprairie en 1842 Marguerite Supernon-Lafontaine (//.1820-1873).Riche agricul- 28 Biographies canadiennes-françaises, eel.par J.-A.Fortier, 1920, 262. 206 teur.Soli me Cardinal, comme plus tard son fils homonyme, fut maire de sa paroisse.Sa fille, Lia épousa en 1865 Simeon Letourneau 2!), mai-ie de Saint-Constant en 1893, LE MAIRE ET PREFET, SOLI ME CARDINAL (1844-1913) Solimc Cardinal (1844-1913), fils de Solitne, épousa à Saint-Remi de Napierville, d’abord en 1868, Marie Trudeau et convola, en 1882, avec Adeline Véronneau.Maire de Saint-Constant (1900-1904), il fut aussi préfet du comté de Laprairie.Issu de son premier mariage, Victor Cardinal épousa en 1898 Ré-hecca Létourneau, soeur, entre autres, du juge en chef de la province, Séveriti Létourneau De son second mariage, Solime Cardinal eut deux fils, Oswald (1885-1920), marié d’abord à Saint-Constant en 1909 à Bernadette Brisson ( 1888-1912):t0, soeur, entre autres, de Me Julien Brisson, c.r., de Laprairie et Montréal, puis, en 1915, à Eva Boyer (1884-1944), soeur de l’hon.Auguste Boyer, juge en chef adjoint de la Cour de Magistrat de la province au district de Montréal ; et Arthur Cardinal, (1884-1956), marié à Saint-Constant, en 1909, à Laure Robert, dont, à tout le moins, un fils, Denis, et plusieurs filles.LE DOCTEUR J.-ARTHUR CARDINAL (1856-1907) Du mariage de Solime Cardinal et de Marguerite S.-Lafontaine était né à Saint-Constant en 1856, J.-Arthur Cardinal.Médecin, il exerça d'abord sa profession à Sainte-Martine de Châteauguay quelque quinze années.aujourd'hui du Ministère du Travail de Québec.Il épousa à Saint-Remi de Napierville eu septembre 1883 Marie Sainte-Marie, fille de Louis Sainte-Marie, marchand, capitaine dans la milice, député de Napierville à la Chambre des Communes en 1887 et à l’Assemblée législative en 1890, Lt docteur J.-Arthur Cardinal interrompit sa pratique pour aller suivre des cours de perfectionnement deux années durant, à Paris (1895-1897).A son retour, il se fixa à Montréal.Décédé en 1907.il demanda à être inhumé en sa paroisse natale.Feu E.-Z.Massicotte m’a raconté que bel homme, il avait, de même, de jolies filles.janv.-mars 1952, 48.1 Du mariage Cardinal-Brisson est issu un fils unique, Jean-Jacques C., 207 J'ai connu plusieurs membres de cette famille.Je songe ici au continuateur de cette lignée, le voisin et l’ami de mon père, Arthur Cardinal (marié en 1909) précité, d'un aussi "beau sang’’, pour reprendre le mot de Saint-Simon, que son oncle et homonyme le docteur.Sa propriété ancestrale, sise à la jonction du rang double de Saint-Pierre, à un mille au sud du village de Saint-Constant, était contiguë à l’endroit même où, selon une tradition pieusement conservée dans la famille, naquit, un jour d’hiver 1808, le Patriote, Joseph-Narcisse Cardinal.Peut-être la Commission des Monuments historiques de Québec voudra-t-elle quelque jour marquer ce site d’une plaque commémorative, avant que l’industrialisation de la région, qui s'annonce à la faveur de la canalisation toute proche du Saint-Laurent, en fasse disparaître à jamais le souvenir.La sèche et trop dense énumération qui précède pourra avoir servi à illustrer une fois encore que les martyrs de l’échafaud érigé par l'autocratie en l'hiver 1838-39, étaient "ce que notre race a produit de plus pur” 31.31 Rodolphe Lemieux à l'inauguration [1931] du monument de sir I.ouis-Hippolyte La Fontaine, érigé aux jardins La Fontaine, face à la Ribliothèque de la Ville de Montréal.Service : “Photos-Documentaire»” “PHOTOSTAT” Spécialistes en copies de documents Seule maison du genre à Québec Ouvrage confidentiel TREMBLAY A PION.In., 125, Côte d’Abraham, Québec, Qué.Tél.: 2-6427 Avec les hommages de 208 am WÊ WÊÊÊ' ssasiBRt lii; É^sHWH Adrien BÉGIN, directeur-gérant.IMPRIMEURS - RELIEURS - RÉGLEURS Tel.: TE.7-5881 45, AVENUE BÉGIN, LÉVIS, P.Q. Deux entretiens de Mgr Bourget avec Thomson sur le projet d’Union (1840) I ar le R.P.LEON POUI.IOT, s.j.Collège Sainte-Marie, Montréal EX revenant de Toronto, 19 février 1840, le gouverneur-général Poulett Thomson apprend que Mgr Signay, évêque de Québec, a pris nettement position contre l’Union (1) ; et ce geste ne laisse pas de l’inquiéter.Comme il réside à Montréal, il croit bon de demander des explications à l’évêché de Montréal.Kt c’est l’évêque-coadjuteur.Mgr Bourget, qui répond à l’appel.Le jour même, il rend compte à Mgr Signay de son entretien avec le gouverneur : Ce matin, sur une invitation de l’aide-de-camp du Gouverneur.je me suis rendu au Château.La présente est uniquement pour rendre à \ .G.un compte fidèle de ma conversation avec Son Excellence.Le Gouverneur a commencé par me dire qu’il avait appris par les magistrats que Mgr l’Evêque de Québec avait envoyé un Mandat à son clergé pour l’engager à faire signer par le peuple la Requête que l’on fait maintenant circuler contre l’Union; que l’on n'entend plus dans les églises que des discours propres à monter le peuple contre cette mesure ; que l’on emploie le mensonge en lui faisant croire qu’il aura des taxes à payer et que la Religion catholique sera abolie, si l’Union a lieu ; que c’est ainsi que l’on a surtout trompé les Irlandais, qui ne se sont déclarés contre ce projet que parce qu’on les a pris par l’intérêt religieux ; qu’il n’est nullement question dans le Bill projeté d’imposer des taxes ni d’abolir le catholicisme, ni de changer les lois civiles du Bas-Canada; qu’il est dangereux, immédiatement après les crises qui viennent de se faire sentir dans cette Province de remuer le peuple au risque de nuire au bien du Gouvernement, et que l'on a mal représenté les sentiments des H.Canadiens, en prétendant qu’ils voulaient écraser ceux qui étaient d'origine française.Voici, en substance, ce que j’ai cru devoir répondre.J'ai ouï dire que Mgr l’Ev.de Québec avait envoyé au sujet de l’Union, non un Mandement, mais une lettre circulaire.J’ignore 1 Mandements des évêques de Québec, t.3, p.400.Circulaire de Mgr Signay au clergé, 25 janvier 1840; “Je n'hésite pas a vous déclarer qu’on vous verra avec plaisir user prudemment de votre influence auprès de vos paroissiens pour les engager à signer l'adresse qui va leur être présentée, et dont le succès, comme il est à présumer, dépendra du nombre de signatures dont elle sera revêtue”.209 210 si 1 on parle de cette mesure dans l’église, mais je puis assurer qu'il ne se dit pas un mot d'inconstitutionnel par le clergé qui a donné une preuve non équivoque de sa loyauté dans les derniers troubles qui ont agité cette Province.Je crois devoir dire à V.E.avec franchise que le clergé en masse est contre l’Union ; et qu’en 1837, il a présenté Requête à la Reine (2) pour lui demander la conservation de la constitution, parce qu’il ne lui semblait pas juste que, pour la révolte d’une dizaine de mille, qui s’étaient montrés hostiles au Gouvernement, l’on privât 600,000 bons sujets de leurs droits, dont ils s’étaient d’ailleurs rendus dignes par leur attachement a 1 Empire Britannique pendant les guerres de 1775 et de 1812; et que cette démarche avait eu l’approbation de Lord Gosford, alors Gouverneur en Chef.V.E.ne trouvera pas mauvais que je lui dise des choses que d’autres n’auront peut-être Pas le courage de lui faire connaître, parce que je crois parler dans l’intérêt du Gouvernement.Si le Bill d’Union n’accordait aux habitants du H.Canada d’immenses avantages aux dépens du Bas-Canada, ils ne se seraient jamais portés à cette mesure (ce dont S.E.est convenue).La prépondérance qui leur est accordée dans la représentation mettra les Canadiens dans 1 impossibilité de conserver leurs lois civiles que la nouvelle législature fera disparaître par parties, parce que le mélange des lois anglaises et françaises pour gouverner les sujets d’un même gouvernement amènerait un chaos et une confusion extrêmes dans les cours de justice; et qu’il n’est pas a présumer que les Bretons qui, en toute occasion, ont montré une forte opposition a tout ce qui est Canadien, voulussent, lorsqu ils seront les maîtres, laisser subsister ces lois françaises, dont un grand nombre assurent à l’Eglise la protection de l’Etat.Le clergé, en prévoyant que nos lois civiles vont tomber lorsque le Bill en question aura été sanctionné, doit donc s’attendre que les lois ecclésiastiques qui en font partie, auront le même sort.V.E.aime sans doute à connaître les sentiments de la population ; c’est 2 Lettres et mandements du diocèse de Montréal, t.1, no 23-’4 - Reouête à la Rame, décembre 1837: "Vos pétitionnaires ose.n espèce?et en même t«n,»s supplier très humblement Votre Majesté que les heureux habitants de cette colo- èees dmnn uPaS J*"—’ !>',Ur • Cn"U' (lc ‘luelques-uns.des avantages et privileges dont ils ont joui jusqu a present sous l’Empire Britannique” Cette requête fut confiée a Gosford avant son départ pour l’Angleterre Cf Mgr I arti- sïenav G -‘r ’ T - ¦ ?APQ’ 1945'19.46- P- #.- Le 7 février 1838, Mgr fsigtidy invite son cierge a signer une requete au Parlement impérial contre le projet d mur le Bas et le Haut-Canada.Aland, des évêques de Ouébcc t 1 n 374 Le 20 septembre 1838, il remercie Gosford d’avoir présentéla’^réquête^ du de Quebec a la reine et a la chambre des Lords pendant que M.Labouchère faisait le meme geste a la chambre des Communes.RAPQ.1938-1939, p ’74 ' 211 pour cela que je me fais un devoir de lui exposer combien l'on ressent vivement d’être placé si fort au dessous de nos concitoyens Bretons, tandis quen qualité de sujets britanniques, nous devrions être traités comme eux ; et que c’est cette distinction d’origine, qui n’a été que trop suivie jusqu’ici, qui fait en grande partie le malheur de cette Province, etc., etc.S.E.m’a ajouté que n’ayant personne à Québec pour correspondre directement avec V.G., klle m a prié de vous écrire là-dessus, pour vous exprimer ses craintes que le clergé ne se compromit en travaillant ainsi contre l’Union.Je n’ai pas cru devoir me refuser à son désir, d’autant plus que vous avez intérêt de savoir au juste ce que l’on dit et ce que l’on pense au Château.Maintenant, V.G.décidera dans sa sagesse quelles seront les explications quelle pourra avoir avec S.Excellence.Je désire que la présente soit pour vous seul et pour Mgr le Coadjuteur; car le Gouvernement ayant partout ses mouches, je pourrais peut-être être compromis ici inutilement (3).Cette lettre produisit toute une sensation dans le très obséquieux et très loyal évêché de Québec.Mgr Signay annonce immédiatement qu’une lettre d’explications suivra.Et Mgr Turgeon écrit de son côté: Nous allons répondre à Son Exc.par le canal de Y.G.; mais, c’est une grande affaire pour nous que de rédiger une réponse de cette nature.La mienne est toute dressée ; une autre se construit.Heureux si des deux on peut tirer quelque chose de ferme et de significatif (4).Le lendemain, il est découragé, abattu : J’annonçais hier à Votre Grandeur que j’avais un brouillon de dressé en réponse à la fâcherie du Gouverneur et qu’un autre était en chantier ailleurs.Cet autre m’a été montré et j’ai pu juger, sans vanité, que le mien l’emporte; et V.G.jugera elle-même par ce qu’elle va recevoir qu’il faudrait que mon travail fût bien pauvre, s’il n’était pas un peu plus présentable que la pièce qui l’emporte.Je sais pourtant qu’il doit être fait quelques changements au brouillon original, mais j’ai tout lieu de croire que ces changements ne seront pas assez substantiels pour quelle puisse être présentée au Gouverneur.Je dois donc vous prier, pour l’honneur de mon évêque diocé- •* Archevêché de Montréal, Lettres de Mgr Bourget, t.2, p.51.Résumé de cette lettre dans RAPQ.1945-1946, p.216.4 Archevêché de Montréal, cart.Québec 1840. 212 sain, de faire en sorte quelle ne soit pas exhibée, si toutefois, vous pouvez vous en défendre (5).Cette lettre de Mgr Signay, adressée à Mgr Bourget, mais rédigée de telle façon qu’elle pouvait être montrée au gouverneur, est du 27 février.Dans son contenu essentiel, elle ne diffère pas du brouillon de Mgr Turgeon ; elle lui emprunte même le meilleur de son argumentation.Mais, comme disait celui-ci, il y a la présentation : le brouillon de Mgr Turgeon couvre une page, la lettre de Mgr Signay en compte cinq.Les formules de déférence et les conditionnels prudents abondent : "Si, dans le peu de temps que Son Excellence a séjourné dans la capitale, j’avais eu l'honneur de converser avec elle, et qu’elle m’eût fait celui de me parler du projet de cette Union, j’aurais cru de mon devoir de lui faire connaître ce que pensaient le clergé et les personnes influentes du pays du résultat de cette mesure, et aussi de lui donner quelques informations dont j ai lieu de croire, et avec peine, qu’elle a peut-être été privée.Dans les circonstances présentes, si j’avais le même honneur, je prendrais la liberté .Décidément, on n’a pas hâte d’arriver au sujet ! Alors qu’un Plessis ou un Lartigue auraient nettement déclaré qti un évêque n a pas a demander de permission au gouverneur pour communiquer avec son clergé ni d’excuses à lui présenter pour l’avoir fait, Mgr Signay insiste sur la pureté de ses intentions et sur la prudence de sa démarche: Je n’ai prescrit à aucun curé d’y parler (à l’église) à l’appui de 1 adresse en question; et il n’existe aucun écrit qui puisse attester que j'aie donné un pareil avis (6).Muni de cette lettre, Mgr Bourget se rend de nouveau chez le gouverneur.Et la discussion reprend, chacun restant sur ses positions et les défendant par des arguments que nous connaissons déjà.Après avoir lu la lettre de Mgr Signay, Thomson se déclare satisfait.Mais il continue a regarder 1 intervention du clergé comme une faute et qui lui sera reprochée à Londres.Je lui répliquai, écrit Mgr Bourget, que le clergé n’avait pas été blâmé en Angleterre pour avoir signé en 1823 une seule et même requête avec tout le pays; et qu’il ne faisait aujourd’hui que ce qu’il fit alors (7).Ibid.« Ibid. 213 Ces entretiens de Mgr Bourget avec Thomson n’eurent aucune influence sur le cours des événements.Londres avait décidé qu’il y aurait Union et Union il y eut.Cependant, il nous a paru utile de les rappeler, parce qu’ils nous permettent de mieux saisir l’opposition radicale des partis en présence et parce qu’ils nous font voir dans la personne de Mgr Bourget la pensée de nos évêques sur l’Union.Léon POULIOT, s.j.7 Lettres de Mgr Bourget, t.2, p.57.Lettre non datée, mais inscrite dans le registre entre une lettre du 6 mars et une autre lettre du 10 mars.Résumé dans RAPQ.1945-1946, p.218.— Mgr Signay et Mgr Turgeon félicitèrent Mgr Bourget de la façon dont il avait défendu leur cause auprès de Thomson.“Aucun des deux évêques de la capitale, écrit Mgr Signay, n’eût traité au Château de Montréal l’affaire de l'adresse signée contre l’Union par le clergé plus convenablement, plus solidement et plus victorieusement que Votre Grandeur ne l’a fait”.Et Mgr Turgeon: “Moins calme que V.G., sans doute parce que je suis moins digne de l’assistance du ciel, je me serais exprimé avec plus d’amertume et probablement par conséquent, moins de convenance”.Au cours de la conversation, Mgr Bourget fit remarquer au gouverneur que Londres n’avait même pas accusé réception des requêtes du clergé de 1837 et de 1838.Thomson en parut humilié.Et dans sa dépêche du 4 avril (No 80), il demanda à Russell d'envoyer au moins un accusé de réception.Rapp.sur les Archives Publiques pour l’année 1942-1943, p.71.Il fut entendu.Ibid.p.74.Russell à Thomson, 28 mai 1840.Déposez régulièrement, le succès est au bout Solide comme le rocher de Québec LE FOYER DE L’ÉPARGNE SERVICES AU PUBLIC • Comptes épargne • Comptes courante • Coffrets de sûreté • Valeurs en garde • Casiers pour dépéta • Prêts avec garanties • Prêts personnels • Prêts hypothécaires • Chèques de voyages • Mandats d’argent CORRESPONDANT EXTÉRIEUR Fondée en 1848 La Banque d’Economie de Québec Siège social: 21, rue St-Jean 16 à Québec SUCCURSALES 2 à Lévis Depuis cinquante-six ans au service du public L’IMPRIMERIE LAFLAMME Limitée 34, rue Garneau, QUÉBEC Téléphones: 2-4711 2-4712 GEORGES LAFLAMME, Président.214 Rectification au sujet de Charles Vidal (1) Par JEAN-RODOLPHE BORDUAS Saint-Hyacinthe LE Rapport de l’Archiviste de la province de Québec, pour les années 1951-1952 et 1952-1953, mentionne, à la page 98, sous le titre, Témoignages de Liberté ait Mariage, un certain François Vital dit Pignati.Je cite textuellement: "François Vital dit l’ignau françois vital dit pignau du reg' de la reine cp"u' desnoes natif de pignan diocese de mont pellier en Languedoc depuis 6 ans au Canada âgé de 24 a obtenu La permission de faire publier ses bans et sur son age et sur le témoignage que mr pressart m’a donné de luy avoir fait faire sa Iere Communion il y a près de 5 ans.Briand Cime Vic.Gl.Admis” Le nom patronymique de ce François n’est pas Vital mais bien Vidal, et le surnom, Pignan, et non Pignau.D’ailleurs, qu’est-ce que Pignau viendrait faire là, puisqu’on dit, dans ce même acte, que ledit Vidal est originaire de Pignan?L’erreur du nom serait imputable au scribe qui a préparé l’écrit, tandis que l’erreur du surnom est sans doute une interprétation défectueuse du linotypiste qui a composé le texte et qui aurait pris le n final de Pignan pour un u -, Si je tiens à rectifier ces erreurs, c’est parce que ce Vidal est un de mes ancêtres directs, comme en fait foi le tableau ci-après: F'rançois Vidal François Vidal Charles Vidal Clérice Vidal Pierre Borduas (mon père) Marie-Charlotte Millet Geneviève Turier Félicité Bissonnette Joseph Perron :Simard Mélisianne Perron :Simard On ne peut rien prouver, surtout en généalogie, sans avoir un document authentique sur lequel s’appuyer.Je me suis donc empressé de communiquer avec la mairie de Pignan afin d’en avoir le cœur net, malgré ma ferme conviction que le nom véritable était Vidal.'Cf.Charles Vidal, patriote maskoutain.Mémoires SGCF, v.Ill, no 4, pp.246-262._ -Et le Jean Bidal, de la page 1.17 (ibid.) serait également un Vidal.On trouve quantité de Vidal : Carcassonne dans nos registres paroissiaux.215 216 Voici ce que m’écrivait M.Louis Maurin, maire de Pignan (au département de l’Hérault) : “J’ai retrouvé facilement la naissance de François Vidal, en 1733.En remontant plus haut, j'ai retrouvé le mariage de son père et de sa mère, en 1725.A ce propos, je vous signale que ce mariage a été très fécond, puisqu’il y a eu une dizaine d’enfants, dont certains sont morts à quelques jours.J ai ensuite retrouvé, en 1700, la naissance de Louis Vidal, père de François, mais à partir de cette date et malgré ma meilleure bonne volonté, il m’a été impossible de remonter plus haut, la mauvaise qualité du papier, de l’encre et de l’écriture m’ayant interdit toute lecture.” Et voici l’extrait de baptême dudit François: “Baptême — François Vidal — 1733 L’an que dessus et le vingt huit (l’Octobre a été batisé François, né le vingt sept du dit mois, fils de Sr Louis Vidal et de I)"1 Françoise Rounier, mariés, hab,s de ce lieu, le parrein a été Sr François Audibert, la marreine Catherine Audibert, fille du Sr Audibert, le père présent a signé avec le parrein.(Suivent les signatures) Copie certifiée conforme.Pignan, le 19-12-1953.Le Maire (signé) L.Maurin” (Sceau de la Mairie) Lacté de mariage de Louis, en 1725, nous apprend qu’il était le fils de Pierre \ idal et de Louise Verdier, tandis que la future épouse, Françoise, était fille d’Estienne Rounier et de Françoise Mainil.Les mariés étaient alors tous deux âgés de vingt-cinq ans.Le témoignage de liberté de François Vidal n’est malheureusement pas date, malgré qu’on puisse supposer qu’il ait été rédigé en 1760, puisque hrançois \ idal s’est marié à l’automne de la même année, à Saint-Augustin de Portneuf 3.L’âge de François est inexact puisque, étant né en 1733, il aurait 3 Malheureusement, les registres de Saint-Augustin écrits volantes a 1 époque, manquent pour plusieurs années, dont 1760.sur des feuilles 217 eu, en 1760, vingt-six ou vingt-sept ans et non pas seulement vingt-quatre ans.Si on a retrouvé ce certificat de liberté de Vidal, comment expliquer que celui de mon ancêtre, François Bourdua, demeure introuvable, malgré des recherches intensives à Québec, Montréal.Trois-Rivières et Varennes?Les renseignements que j’ai l’avantage de vous communiquer en cet article sont évidemment inédits.Je vous les offre pourtant afin de vous montrer ce qu'une simple lettre peut, parfois, apporter de consolant au généalogiste qui ne se contente pas seulement d’étudier superficiellement son sujet mais qui, au contraire, préfère épuiser toutes les sources de renseignements possibles afin de trouver la vérité en quelque endroit qu’elle se cache.La persistance a toujours été un gage assuré du succès, en généalogie comme en toute autre sphère du savoir.L'ancienneté et la prospérité du Bulletin des Recherches Historiques n’en sont-elles pas une preuve frappante?J ean-Rodolphe BORD U AS QUESTIONS ET REPONSES La rubrique "Questions et Réponses" est ouverte à tous.Les "Questions et Réponses" sont insérées dans le but de renseigner les chercheurs et les curieux.Réponses 80 (1956).— LE NOM DE RIVIERE LAIRET.— Dans le Bulletin des Recherches Historiques (No 694, 1956, p.117) le Docteur Dionne dans des ouvrages sur Jacques-Cartier dit qu’il ignore comment il se fait ([lie cette Rivière porte le nom de Lairet.J’en aurais beaucoup à dire à ce sujet, mais j’écris à la hâte quelques réminiscences probablement discutables, pouvant peut-être amener la lumière sur ces choses d’un passé très lointain.En 1906, soit près d’un demi siècle, j'avais été autorisé par un Syndicat à faire l’arpentage de cette partie de territoire appelé Limoi-lou, non encore annexée à Québec; mais que le Maire du temps, M.Le-clair, voulait absolument que Québec s'y annexe ; toutefois, après maintes démarches, il réussi à annexer Québec a Limoilou et à être députe de Québec Est.Le but de l’arpentage était de subdiviser en lot à bâtir les deux terres à l’est du chemin de Charlesbourg en partant de la Rivière St-Charles soit environ 8 arpents de largeur par quarante arpents de Ion- 218 gueur, terres appartenant, disait-on, à une famille Anderson et demeurant en Angleterre ; aussi de subdiviser en lots le territoire à l’ouest du chemin de Charlesbourg comprenant le “Domaine Lairet”, l'arrière du petit village rie Stadacona et la partie incluse entre la Rivière Lairet et le dit chemin de Charlesbourg appelé plus tard : Parc Jacques-Cartier.Le centre surélevé de ce parc était entouré d’une tranchée destinée à etre rempli d’eau pour protéger un fort central.Fut-il construit par Jacques-Cartier ou Champlain, je l’ignore.Comme j’avais comme aide, feu l'architecte Beaugrand Champagne, teru plus tard de la "Petite Histoire”, nous avions l’habitude d’aller manger notre “lunch" sur le bord de la petite rivière Lairet, d’y faire le the jx.ur le réchauffer, sur un petit feu indien avec les branches sèches '
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