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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1961-07, Collections de BAnQ.

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Vol.67 Lévis — Juiilet-Août-Septembre 1961 No 3 No 715 LE BULLETIN DES Recherches Historiques ORGANE DU BUREAU DES ARCHIVES DE LA PROVINCE DE QUÉBEC DIRECTEUR ANTOINE ROY LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Prix de l'abonnement: $5.00 par année DIRECTION ET ADMINISTRATION 2050, Saint-Cyrille Ouest, QUÉBEC SOMMAIRE Juillet-Août-Septembre 1 96 1 Pages JEAN-JACQUES LEFEBVRE.— Le capitaine J.-B.Roussel (1737-1784) 91 ROBERT-LIONEL SEGUIN.— La grange octogonale.93 FERNAND LEFEBVRE.— La fabrication du pain au Canada.99 JACQUES ROUSSEAU et D.B.QU1NN.— Hakluyt Et Le Mot “Esquimau ’ JEAN-ERIC LABIGNETTE.— Les drapeaux de l’infanterie française en Nouvelle France pendant la guerre de Sept Ans_______________________ 109 F wb BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Son beau-père, J.-B.Roussel, né à Québec en 1737, fils de François R., marchand, et de Madeleine Gauvreau, et petit-fils du chirurgien Timothée Roussel, dont le docteur Joseph Ahern, dans ses Notes pour servir à l’histoire de la médecine.a relaté les innombrables procès, était venu épouser, à Longueuil, en février 1765, Catherine Briquet-Lefebvre, née en 1746, fille de Louis Briquet-Lefebvre, l’un des suppôts de Bigot aux dernières années de la Nouvelle-France.Sa première femme, Catherine Briquet, décédée en 1772, fut inhumée dans la crypte de l’église de Longueuil.Il en avait eu un fils, Joseph, marié à Longueuil en 1794, à Louise Truchon-Léveillé, et qui vivait encore lors du mariage de son propre fils, Etienne, célébré à Notre-Dame de Montréal, en 1822, avec Mary Gibson.A ce premier mariage [1765], J.-B.Roussel était négociant à Berthier.Il avait transporté son négoce à Longueuil lors de son convoi, à Varennes, en 1773, avec Marie-Anne Soumande L II y fut également l’un des premiers capitaines de milice, commissionné à ce titre pendant les événements de 1774-1776.Il est décédé en lieux présentement inconnus entre 1784 et 1794.Sa deuxième femme, M.-A.Soumande, fut également inhumée (1783) dans la crypte de l’église de Longueuil.Quant au député élu dans Effingham en 1827, il avait bel et bien alors 62 ans, et non 18.Son oncle, le grand Papineau, dans l’une de ses lettres, récemment recueillies dans le RAPPORT DE L’ARCHIVISTE, fait allusion à son âge avancé.Vol.67 Lévis — Juillet-Août-Septembre 1961 No 3 Le capitaine J.-B.Roussel (fl.17371784) 91 92 Il avait 67 ans quand il s’éteignit (du choléra?), à Saint-Martin, le 22 juin 1832.Il fut inhumé dans l’église de la paroisse comme, 60 ans plus tard, devait l’être son fils, le notaire 2.Consignons que c est a Montréal, en 1843, que le mariage de ce dernier, André-Benjamin, avait été célébré.Sa femme, Eugénie Pro-vencher, décédée [1854] prématurément dans la trentaine, trouva sa sépulture dans la crypte de l’église de Saint-Martin.t l'giée masculine d’André Papineau, le député de 1827, et d André-Benjamin Papineau, notaire pendant près de soixante-ans à l’Ile-Jésus, s’est éteinte avec le fils de ce dernier, l’abbé Adrien Papineau (1845-1880), décédé jeune, comme sa mère, alors qu’il était professeur au Séminaire de Québec.La descendance d’André Papineau et de Marie-Anne Roussel s’est continuée par les femmes et Aegidius Fauteux l’a partiellement suivie en sa biographie du docteur Thomas Boutillier, dans PATRIOTES précité, p.138.Ajoutons du côté Prévost que du mariage de sa fille, Fleury-Louise apineau, et de Narcisse Prévost naquirent, à Saint-Martin, entre autres: Sarcisse (1833-1849) ; Antoine (1837-1865), engagé dans la cavalerie américaine pendant la guerre de Sécession et mort à la guerre ; 3/artui, ne en 1842; hence, né en 1844, et Urgèle, né en 1847, qui s établirent dans l’Ouest américain, et une fille, Eugénie (1849-1914) a Sa"lt'Mrartin’ décédée à Québec, mariée à Saint-Martin, a) en 18/_, a Noi-Eusèbe Pratte (1847-1876), médecin, de Saint-Martin; b; a Gabriel-Alphonse Benoit (1842-1910) né et décédé à Québec avocat, officier au Ministère de la Milice, Ottawa, et lieutenant-colonel d Etat major dont, entre autres, une fille, Alma (1869-1936) mariée a sir Georges Garneau, de Québec, et un fils, Paul-Sou,nande Benoit, ne a Ottawa en 1884, officier de génie, qui fut commandant du district militaire de Quebec et pris sa retraite avec la qualité de major général3.Le troisième Jour d’avril mil six cent quatre vingt seize, ont Eté .nterrez cluatre Iroquois de la Nation des onnontaguez dans le Cimetiere de cette paroisse Lesq’ls avant qu’on les fit brûler avoient receû Le ot.baptesme, au moins trois.Le quatrième qui avoit Eté baptisé En son pais se confessa tesmoins presque toute la Ville qui accourut pour les veoir brûler.Signé M.CAILLE faisant Les fonctions curiales 3 Jean-Jacques LEFEBVRE * La grange octogonale L’architecture des bâtiments ruraux est des plus variée à travers tout le pays de Québec.Certains types sont purement régionaux, telles les bâtisses à encorbellement du comté de Charlevoix.Si l’influence française est nettement prépondérante aux XVIIe et XVIIIe siècles, les charpentiers et les habitants du XIX e siècle s’inspirent souvent, par contre, des techniques et modes américains.Cet apport se fait particulièrement sentir dans le secteur québécois, avec la grande-étable à deux planchers et la grange octogonale.Cette dernière est remarquable, tant par son originalité que par ses principes architecturaux.Le cheptel loge au rez-de-chaussée; les bêtes â cornes occupent le centre, alors que les chevaux et les oiseaux de basse-cour sont gardés à chaque extrémité.Le fenil, l’aire ou “batterie” et les “tasseries” (où sont pareillement engrangées les gerbes et la paille) sont à l’étage supérieur, auquel on accède par un ponceau de madriers et une rampe de terre et de pierres.D’où vient ce genre de bâtiment?Vers 1830, l’agriculture américaine est en pleine période de transformation.Les fermiers de l’Est, désireux d’y apporter des innovations de toutes sortes, décident d’ériger des granges circulaires ou plutôt octogonales, prétextant qu’il en coûte moins pour élever les murs de celles-ci que pour ceux de constructions rectangulaires.On allègue, qu’à même périmètre, une circonférence enclôt une plus grande surface qu’un quadrilatère.Eric Sloane écrit, à ce propos :1 “What the barn lost by way of carpentry in its trip westward, it make up off in simplicity and size.As delightful as the eastern barn is by being a part of the landscape, the western barn is impressive by breaking away from the flatness.Sudden, massive, like a ship at sea, the western barn is distinctive.The flat country became a proving ground for many new ideas in barn-building.In the middle of the nineteenth centuray, the rich farmers of the East were inspired by the American’s gift for invention ; the West was new so why not move westward go whole hog, and try one’s hand at new barn designing?One of the more radical ideas to come out of that age was the round barn which is still being tried out today.The famed octogon house of 1850 was precided by the octogon and circular barn of 1830.Designed at a time when the farmer had risen his fastest in the national scene, many things were being done to modernize the farm and make farming easier.Planned on the theory 1 Eric Sloane, American Barns & Covered Bridges (New York, 1954), 76-77.93 94 that a circle encloses the maximum amount of floorspace with a minimum of wall, the idea was good but the proof was poor.Hay storage required complicated devices for loading, and the pie-shaped stalls wood have been best only for a pie-shaped barns and the risk of endangering the whole structure by one weak bit of engineering made of the round barns experiments that failed.The idea caught on, however, as a new way of building houses and around 1848, Orson S.Fowler presented the octogon house as a solution for all those who wanted to get away from the conventional rectangular form.It made a better house than it did a barn because it gave more windows space for each room and its provided a thousand pieshaped closets and spaces for water tanks and gadgets”.A quelle époque a-t-on “importé” la grange octogonale sur les bords du Saint-Laurent?Vers 1880, E.W.Stewart, du comté d’Erié, à New York, publie de nouveaux plans de bâtiment circulaire dans le Rural .Iffairs-.L’initiative intéresse plusieurs fermiers d’outre frontière, qui communiquent avec Stewart pour obtenir des renseignements supplémentaires.Ce dernier semble fort satisfait de ces sortes de granges.De trente à quarante d’entre elles auraient même été construites à travers les Etats-Unis.C’est ainsi qu’on en compterait cinq en Pennsylvanie, trois dans l'Indiana, quatre ou cinq aux Illinois, deux au Minnisota et plusieurs autres dans le Kentucky 2 3.Il n’en faut pas davantage pour éveiller la curiosité des canadiens-français.En février 1885, une publication agricole de Montréal propose la construction de bâtiments octogonaux aux cultivateurs québécois4.Cette architecture nouvelle serait avantageuse à plusieurs points de vue.Citons une économie dans la construction des divisions intérieures et des murs extérieurs, ainsi que l’absence de pannes5.Par ailleurs, la charpente est plus solide, bien que n’ayant pas de liens.Enfin, il n’y aurait aucune obstruction au-dessus des grandes poutres, de sorte qu’on peut y faire passer une fourche a cheval en tous sens0.Le prototype alors suggéré mesure quatre-vingts pieds de diamètre.Cette surface équivau- 2 Le Journal d'Agriculture illustre, Montréal, février 1885, Vol.VIII, no 2, 26.3 Loc.cit.4 Loc.cit.° Pièce de l>ois de six, ou sept pouces en quarré, entre deux fermes, ou jam-bos de force, & entre le faîte & l’entablement, sur laquelle posent les deux bouts de chevrons qui ne pourroient pas être assez forts pour soutenir les lattes.Les pannes sont de même grosseur que les faîtes & soufaîtes de sept pouces, & sont peuplées de chevrons espacez de quatre à la latte brandis, & chevillez sur la panne' (Cf.Antoine Furetière, Dictionnaire/ universel,/ Contenant généralement tous les/ mots f rançois/ tant vieux que modernes, & les 7 ernies des/ sciences et des arts./ etc.,(3 vol., A La Haye et a Rotterdam, 1701), III.«Cette opinion est contredite, en 1961, par monsieur Oscar Plante, de Saint-Pierre, ile d’Orléans. 95 drait à celle d’une grange oblongue de 108 pieds de longueur par 50 pieds de largeur.En adoptant la forme octogonale, on sauve quelque cinquante pieds de murs extérieursT.Mais l'habitant canadien, d’esprit traditionaliste, s’en tient généralement à l’architecture conventionnelle.Néanmoins, la grange octogonale a des adeptes.Bin juin 1887, l’un d’eux demande ainsi conseil à Edouard-A.Barnard, le grand apôtre du terroir : 7 8 9 “Je voudrais, dit-il, placer une vingtaine de bêtes à cornes de tous les âges.J’aimerais à avoir les carrés à grain et à foin de chaque côté de la “batterie".A la place de l’écurie, je voudrais mettre une remise à voiture et au-dessus ce serait un carré pour l’avoine battue.J’ai déjà parlé à un ouvrier de la grange octogone.Il m’a dit que ce plan était plutôt pour les grandes fermes, et qu’il pensait qu’il faudrait une charpente très compliquée au dedans, ce qui n’est pas probable par la description que vous en donnez sur le Journal.Pour sa part, le destinataire de la lettre ne s’oppose pas à ce type de batiment.En tout cas, il en expose franchement les avantages et les désavantages.A son avis, cette grange offre : 1) une plus grande solidité et une meilleure résistance au vent; 2) une réduction de la surface des murs extérieurs ; 3) plus de facilité pour engranger les fourrages, sans avoir à déplacer la fourche à cheval ; 4) le battage des grains peut se faire au centre ; 5) l’ouverture du haut en bas, pratiquée au centre, sert à descendre et monter les fourrages, ainsi qu’à la ventilation.Il y a également des inconvénients.Le principal consiste dans la perte de bois lors du découpage des pièces de construction, surtout pour la couverture et les planchers.Enfin, on peut difficilement utiliser certains coins de la grange circulaire, notamment dans les étables.Par ailleurs, le toit du modèle américain est souvent creuvé de lucarnes.Barnard voudrait les éliminer, prétendant qu'elles sont "inutiles et de pur ornement" °.“Une grange de 60’ de diamètre, poursuit-il, aurait à peu près 25’ de côté” 10.Ce dernier s’en remet cependant à l’avis d’un expert.Le 7 juin de la même année, Barnard consulte Joseph Dérôme, ingénieur au département de l’Agriculture.Celui-ci, lui-même cultivateur et architecte, ne 7 Le Journal d'Agriculture illustré, op.cit., 26.8 Ibid., Vol.X, no 6, Montréal, juin 1887, 92, 9 Loc.cit.10 Loc.cit. 96 prise guère cette forme nouvelle de construction.Ecoutons-le préciser, à ce sujet:11 “Je dois vous dire, qu’une construction octogone est plus coûteuse qu’une carrée.Un bâtiment carré donne plus de superficie que toute autre forme, et cette forme est la moins coûteuse.Dans une construction octogone, il y a beaucoup de perte de bois, et les toitures sont plus coûteuses et plus difficiles à entretenir étanches, par suite des arrêtes.La charpente peut se faire de différentes manières pour votre bâtiment octogone.Si les planchers servent à lier les pans entre eux, les fermes peuvent être faites de manières à se passer de poteaux au centre, mais pour cela il faut des tirants pour éviter l’écartement des pans.Il est toujours avantageux de lier les pans par le plancher”.A vrai dire, la grange octogonale n’a jamais connu une grande popularité au Québec.On en a construit quelques-unes, de 1890 à 1910 12.Mais ce genre de bâtiment est graduellement abandonné après 1900.Plus récemment, un auteur a tenté de justifier ainsi ce mode d’architecture : “pour augmenter la capacité de la grange, précise-t-il, on a utilisé parfois une forme octogonale qu’on trouve assez abondante autour de Sainte-Anne-de-la-Pocatière” 13.Précisons que les quelques cultivateurs, qui possèdent encore un bâtiment du genre, ne favorisent pas ce mode de construction.“C’est mon père ou mon grand’père, ont-ils coutume de dire, qui a érigé cette grange, et si j’avais à la reconstruire, je ne la ferai plus ainsi.Ce n’est pas pratique”.Si on leur demande le lieu d’origine de cette architecture, ils reprennent, presque invariablement: “Cela vient du sud”.Voilà qui corrobore la tradition voulant que ce type de bâtisse soit d’apport américain.Certaines opinions de Barnard sont contredites par d’actuels propriétaires de granges circulaires.En septembre 1961, monsieur Oscar Plante, de Saint-Pierre, île d’Orléans, prétend que l’on peut difficilement employer une “grande fourche” 14 dans une bâtisse du genre.D’autre part, les pertes d’espaces seraient nombreuses.Enfin, la forme circulaire s’adapte mal à la garde des animaux.Les insulaires ne paraissent pas trop priser le bâtiment octogonal, car celui de monsieur Plante est présentement le seul sur l’ïle.Il a été construit vers 1900, par Pierre Plante, le père de notre informateur, qui se serait inspiré des constructions rurales de Montmagny 15.11 Loc.cit.12 La grange octogonale de monsieur Albert Deschênes, à Saint-Roch-des-Aulnaies, a été érigée en 1904.13 Pierre Deffontaincs, L’homme et l’hiver au Canada (Paris, 1957), 66.14 II s’agit d’une fourche, glissant sur une lisse, accrochée au faite de la grange, et actionnée par un cable tiré par un cheval ou un tracteur.15 Communication de monsieur Oscar Plante, Saint-Pierre, ile d’Orléans. 97 Cette architecture aurait pareillement tenté quelques cultivateurs de l’Estrie.Vers 1930, selon monsieur G.-E.Lecompte, il se trouvait quelques modèles du genre à Dunham (Missisquoi) et à Knowlton (Brome) ie.Il y en aurait un autre, vers le même temps, aux environs de Chambly 17.A tout événement, il ne reste qu’une douzaine de granges octogonales au Québec.La plupart d’entre elles se dressent sur le littoral du fleuve, de Saint-Antoine-de-Tilly à Kamouraska.Au nord, cette zone s’étend jusqu’à l’île d’Orléans.Endroits Saint-Antoine-de-Tilly Saint-Charles (Bellechasse) Saint-Michel (Bellechasse) Saint-Michel (Bellechasse) Saint-Nicolas (Lévis) Saint-Pierre (île d’Orléans) Saint-Roch-des-Aulnaies Saint-Vallier (Bellechasse) Proprietaires (inconnu) (inconnu) Patrice Côté Patrice Ranch Lucien Aubin Oscar Plante Albert Deschênes (inconnus) Bâtiments 1 1 1 1 1 1 1 2 Ce mode d’architecture rurale est en voie de complète disparition au Québec.Des mesures devraient être prises pour conserver un ou deux bâtiments du genre, même s’ils ne sont pas d’inspiration strictement canadienne.Robert-Lionel SEGUIN.16 Communication de monsieur G.-E.Lecompte, Bibliothèque Saint-Sulpice, Montréal._ 17 Communication de monsieur Ovide Voghel, ancien cultivateur de Saint-Marc-sur-Richelieu. 98 “TEMOIGNAGES D’HIER” par Jean BRUCHÉSI Jean Bruchési Nous ne sommes pas un peuple sans histoire, comme le prétendent les dignes successeurs de Durham ! La virulente agressivité des adversaires acharnés de nos valeurs historiques les plus sûres suffirait d’ailleurs à témoigner en faveur d’un passé glorieux.Un livre comme celui de Son Excellence Jean Bruchési, que vient de publier Fides, constitue toutefois un document d un singulier à-propos.L’auteur ne dit-il pas dans son ouvrage que « le parfait historien est peut-être celui qui cherche dans le temps, des réponses aux questions de son temps » ?A quel travail de moine s’est astreint l’historien-écri-vain pour faire revivre un moment, au bénéfice de ses lecteurs, les nobles personnages dont il a choisi d’analyser la vie et les œuvres ! Un petit détail de rien du tout ajoute quelquefois beaucoup à la gloire d’un homme et l’on devine qu’il a fallu souvent de longues et patientes recherches de la part de l’auteur, pour découvrir ce simple mais précieux détail.Mgr Bruchési — et cela se comprend — constitue la figure dominante de ces études de personnages laissés dans l’ombre par la grande histoire.On le voit évoluer au milieu d’une pléiade de nos gloires nationales, toujours fidèle à lui-même, du début de son sacerdoce a la fin de sa longue et belle vie: simple, enjoué, gardien vigilant de sa petite patrie spirituelle.« Témoignages d’hier » trouvera d’attentifs lecteurs en la personne des étudiants, des professeurs, de ceux qui, par un besoin facilement justifié de nos jp,urs> veulent retrouver l’état de grâce patriotique — si je puis m’exprimer ainsi — en s’intéressant à la grande et à la petite histoire."Témoignages d'hier" de Jean Bruchési, ouvrage de 305 pages est en vente dans toute librairie La fabrication du pain au Canada Le pain, sous toutes les latitudes, occupe une telle place dans la vie de l'homme et dans son histoire qu’il n’est pas hors de propos de rappeler.en quelques lignes, les plus lointaines origines de sa popularité universelle.La cuisson du pain évolua de pair avec le dégagement des peuples de la barbarie.Dès que l'homme récolta le blé.il est probable qu’il consomma cet aliment d’abord bouilli dans l’eau, à la façon du riz.Plus tard, le faisant sécher au feu, il le broya pour en confectionner une pâte a cuire sur la braise, dans des assiettes de métal.La cuisson du pain devint un art seulement après la découverte de la fermentation et l’invention du four.Déjà au temps d’Abraham, les Hébreux consommaient le pain azyme; mais sous Moïse, ils le cuisaient avec ou sans levain.Quant aux Grecs, ils attribuaient à Pan ou à Cérès 1 introduction de l’art de cuire le pain.Suidas, lexicographe grec du Xe siecie, croit qu’un certain Aunus, égyptien, fut le premier à utiliser le four à pain.C est aux femmes d’abord que les Romains confièrent la panification.\ ers 174 avant J.-C, la charge passa aux mains d’artisans spécialisés: les boulangers.La coutume prévalut si bien qu’au début de l’ère chrétienne, la Ville éternelle en comptait trois cents, groupés en une puissante corporation, œuvrant dans des boutiques bien équipées 1 et produisant plusieurs variétés de pains: pain de blé, ou de blé additionné de beurre, de lait ou d’œufs; mais le pain raffiné se préparait avec le jus de raisins secs.Le pain semble avoir pénétré en Gaule avec les colons phocéens qui fondèrent Marseille, et de là, sa consommation se serait étendue vers le nord de l’Europe.Selon Pline, l'idée de se servir de la levure dans la pâte serait d’abord venue aux Gaulois.Toujours selon l’auteur de 1 "Histoire naturelle”, le mélange le plus populaire de l’époque se com-P°sait de farines de fève, de froment et de millet.Les Anciens connaissaient le secret, perdu aujourd’hui, pour faire un pain d’orge sustentateur dont les Romains nourrissaient les gladia- 'Les fouilles de Pompéi ont permis l’exhumation de boulangeries entières intacts Ta A de farT c“y, P™* pétrifiés furent retrouvés TT Ji , Tles de plcrrf Pres desquelles se dissimulait la cassette servant de caisse, contenant encore quelques pieces d'argent.Voir : C.W Ceram “Des Dieux, des tombeaux, des savants”, Paris, Plon.99 100 tears à cause de sa valeur nutritive et de ses qualités rafraîchissantes.Hippocrate, dit-on, écrivait même un livre pour en vanter les propriétés médicinales.De nos jours pourtant, l’orge est surtout utilisée dans la nourriture pour animaux et par les brasseurs.Le pain demeure toujours l’aliment de base de la plus grande partie du monde civilisé.Hérodote relève une préférence des Egyptiens pour la farine de millet, et c'est d'eux que les Hébreux apprirent à faire le pain levé, a peu près tel que nous le connaissons.La recette passa en Asie, d'où les Romains l'importèrent; les Grecs la reçurent ensuite, enfin, les Gaulois.Bien que les Européens ne furent pas les premiers à cuire le pain, ils ont été, depuis les Romains, les plus grands propagandistes du pain blanc.11 ne saurait être question de raconter ici les innombrables incidences historiques engendrées par l’abondance du pain, ou, plus encore peut-être, par sa rareté.1 ransformations sociales provoquées par les repus, ou révoltes des affamés ; expansion des échanges commerciaux entre nations ou blocus des vivres comme tactique militaire ou politique; implications diététiques ou conséquences médicales, l’histoire du pain s’écrirait en de nombreux tomes.Les origines canadiennes Les premiers colons préparaient et cuisaient leur propre pain, le noyau réduit de la population ne facilitant pas une grande division du travail.Les citadins, toutefois, furent obligés de bonne heure de s’approvisionner chez le boulanger.Pierre Joly, de Québec, est le seul boulanger qui se voit décerner une mention spéciale dans l’industrie canadienne du pain 2.Ces artisans servirent, semble-t-il, à leur clientèle plus de mécomptes que de miches bien pesées et dodues puisque l’intendant Duchesneau, le 11 mai 1676, enjoint aux boulangers de Québec d’avoir à garder en boutique un stock de pains blancs et bruns suffisant pour répondre a la demande.Ce qui dénote un signe d’abondance, pour l’époque, de la précieuse denrée.Lescarbot le confirmerait: Mais nous avons eu quelquefois demie douzaine d’Eturgeons tout a coup que les Sauvages nous ont apportez, desquels nous prenions une partie en payant, et le reste on le leur permettoit vendre publiquement et troquer contre du pain, dont nôtre peuple abondoit 3.2 Jugements et Délibérations du Conseil Souverain, T.VI, p.113.3 Marc Lescarbot, "Histoire de la Nouvelle-France", Paris, Tross, 1866, p.15S. 101 Et Lafitau, parlant du pain de cassave, écrit : Le pain de Cassave est un bon aliment, & d’un goût trés-savou-reux ; quelques-uns le préfèrent au pain de froment ; mais pour le manger bon, il faut le manger frais d’un jour ou deux; il se conserve néanmoins très-longtemps, sur-tout quand on l’a fait sécher pendant quelque temps au Soleil.On lui donne aussi une telle préparation, qu’il devient comme une espèce de biscuit, dont les Européens qui trafiquent dans ces quartiers, font leurs provisions pour leurs voyages de long cours.Le pain commun est de l’épaisseur d’un demi-doigt ; on en fait de plus mince, qui a encore plus de délicatesse.4 Plus loin, il note encore: Plusieurs Nations Sauvages font du pain de purs fruits séchés & réduits en farine.Ce pain est fort dur, mais assez savoureux.Celles du Nord qui vivent la plus grande partie du temps de leur pêche, & qui ne sèment point, font aussi du pain de poisson séché, *n: .~Tr.T—^-.,,, ; H1).; MSgpW mm» WW;» “Vi * UHUI tk'M ¦ml m J^ClyoK'iumyku^ grjBür liai nas Is&œsa WtWfB r R -Li LE QUOTIDIEN, Limitée IMPRIMEURS Adrien DÉGIN, directeur-gerant Tel.: 837-5881 43, avenue Bégin, LÉVIS, P.Q.
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