Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 octobre 1966, octobre
LE BULLETIN des Recherches " .Lévis — Octobre-Novembre-Décembre 1966 No 4 Une lettre de Mgr Briand à M.Pierre Denaut, curé de Soulanges (1783) LES CIRCONSTANCES Le 11 octobre 1783, Mgr Briand chargeait M.Pierre Denaut, curé de Soulanges (Les Cèdres), d’une visite à la mission iroquoise de Saint-Régis et de lui en faire rapport.Le 11 novembre, le curé de Soulanges adressait a 1 évêque de Québec le résultat de ses observations : les Iroquois ont été touchés d’apprendre que leur Père pensait à eux; l'église, faite de poteaux et de planches, menace ruine.M.Denaut a demande aux Iroquois de reparer le moulin, source la plus importante de revenus pour la mission.A cause de l’ivrognerie et du libertinage qui régnent au Sault-Saint-Louis, plusieurs familles iroquoises songent à s établir a Saint-Régis.Les Indiens de cette dernière mission se sont cotises pour construire une belle église et une résidence pour le missionnaire; ils attendent la permission de l’évêque pour aller de l’avant.M.Denaut est d’avis qu’il y a lieu de maintenir un prêtre résident à Saint-Régis L LA LETTRE DE MGR BRIAND: La réponse de Mgr Briand est du S décembre-.Elle nous révèle l’âme sereine, pacifique et pacifiante de l’évêque de Québec, sa tendre affection pour M.Denaut, son amour pour les Iroquois, “une portion du troupeau que Dieu ma confié , la joie profonde qu’il éprouve devant 1 empressement qu ils manifestent pour la construction d’une église et d’une résidence pour le missionnaire.11 n’a qu’un regret, celui “d’être réduit à emprunter une main étrangère pour vous dire que je vous aime”.Celte main étrangère nous est connue.Il s’agit du jeune acolyte Joseph-Octave Llessis, entré depuis peu au secrétariat de l’évêché de 1 Arch, de l'évêché de Valleyfield, Saint-Régis, Dossier I - Ibid.171 969923 172 Québec.La lettre n’a pas été inscrite au registre ; elle se trouve aujourd’hui aux archives de l'évêché de Valleyfield.Grâce à une copie photographique, M.l’abbé Armand Gagné, archiviste de l’archevêché de Québec a pu en attribuer l’écriture à M.Joseph-Octave Plessis3 4.Ainsi ce court document nous met en présence de trois prélats qui ont occupé le siège de Québec: l'auteur, Mgr Jean-Olivier Briand (1766-1784) ; le destinataire, Mgr Pierre Denaut (1797-1806) ; le scribe, Mgr Joseph-Octave Plessis (1806-1825).Ajoutons que, secrétaire et disciple de Mgr Briand, le jeune Plessis était à bonne école.Léon Pouliot, SJ.MGR BRIAND A M.PIERRE DENAUT, CURE DE SOU LANGES Québec, 8 décembre 1783.A qui pourrais-je mieux m’adresser, mon cher Denaut, pour I execution de vos projets sur la mission de St-Régis?Chaque ligne, chaque mat de votre lettre reveille ma tendresse pour vous et pour ces chers enfants dont vous me parles:.Je vois avec plaisir leur empressement à élever à Dieu un temple digne de Sa Majesté.Ils ont leur place dans mon coeur comme le reste de mes diocésains.C’est une portion de troupeau que Dieu m’a confie, portion chérie et dont la barbarie ne ralentit pas mon amour.Or, puisque la divine Providence veut que vous partagiez avec nous le soin de leurs âmes, faites, nous vous le permettons, ce que vous jugerez selon Dieu plus expédient pour leurs intérêts spirituels et temporels.Elevez, détruisez, plantez, comme il vous sem-l’hia bon.Eue ego constitua te ut cvellas et (edifices et plantes”.Sur toutes choses ne négligez pas la gloire de Dieu; qu’elle soit le mobile de toutes vos entreprises.Pom moi, mon cher fils, je touche à la fin de ma carrière.Chaque joui me fait descendre d’un degré vers le tombeau et je suis réduit à implanter une main étrangère pour vous dire que je vous aime.Aussi ne pouvant sans trop de fatigue entrer dans le détail des affaires dont vous me parlez, je vous conseille de recourir à Mr Montgolfier1'', s’il si.it m ont) c quelques difficultés à l’exécution de vos entreprises.Je suis bien tendrement en Notre-Seigneitr.Quebec, S décembre 1783.3 Lettre a l'auteur, 20 juin 1960.4 Etienne de Montgolfier (1712-1791) Grand Vicaire de l’évêque de Québec Supérieur du Séminaire de Montréal et Jacques Cartier-Langevin (fî.1720-1770).L'ancêtre de Sir Georges Une brève étude sur la FAMILLE DE SIR GEORGES-L IIENNE CAR 11ER a paru dans les Mémoires de la société Royale de 1965.La question y était posée de l’endroit exact de la naissance du pionnier.M.Raoul Raymond, chercheur bien connu de Montréal, est d’avis que Jacques Cartier était bien originaire de Pruillé (Maine-et-Loire).Sur la foi d’un renseignement officiel, l’étude contient l’assertion qu il n y eut pas de tutelle a ses mineurs et d’inventaire à sa succession.Hélas, faute d’un clou, Martin perdit son âne .Or 1 Inventaire des Testaments, Donations et Inventaires du Régime français .aux Archives judiciaires de Québec, de M.P.-G.Roy (1941) mentionne formellement que l’inventaire de la succession de Jacques Cartier fut dressé par le notaire Saillant, le 14 septembre 1771.A cet acte, il appert que la tutelle était de la veille, le 13 septembre, et qu’il y avait sept enfants mineurs.A l’acte de douze pages, dressé en présence du beau-frère de la veuve, Marguerite Mongeon (f 1801), Louis Vallée, les estimateurs étaient les voisins du défunt, Louis-Alexandre Rousseau et Joseph Duvalj “écrivain”, tous deux de la rue Saint-Jean, de Québec.L’évaluation des meubles, y compris quelques livres de classe, estimé a 40#, s établit à moins de 200 livres.11 n’y a pas d’argent monnayé, pas de créances [dettes actives] mais le passif y est près de 10.000 livres, dont 6.000 au frère de la veuve, Alexis Mongeon, navigateur.Les immeubles consistent en un emplacement de 40p.par 50, rue Saint-Jean, acquis par sentence d’adjudication en 1750, avec maison de pierre, de deux étages, de 40p.par 36, porche, boulangerie dans la cour, hangar, et deux terres, d’une superficie totale de cent arpents, à Deschambault, acquises en 1751.Resterait savoir où Jacques Cartier-Langevin alla mourir, en ou vers 1771.Son acte de sépulture ne semble pas nous être parvenu.J.-J.LEFEBVRE 173 174 Le Séminaire de Québec DOCUMENTS et BIOGRAPHIES Une introduction — 180 documents majeurs de l’histoire du Séminaire de Québec, reproduits fidèlement au texte, avec notes marginales —• puis, 184 brèves biographies de tous les prêtres agrégés du Séminaire, décédés avant 1964, soit pour les trois premiers siècles d’existence de l’Institution.Les documents sont d’un intérêt qui déborde largement l’histoire du Séminaire proprement dite; dans les biographies pareillement se rencontrent maints personnages qui ont joué un rôle de premier plan dans les sphères scientifiques, littéraires ou patriotiques.Fort volume tranché, de XVIII-544 pp.Prix spécial de $5.00 payable comptant Port et emballage compris en vente chez l’auteur L’abbé Honorius PROVOST, archiviste Archives du Séminaire de Québec C.P.460, Quebec 4, Québec, Canada Le BULLE L IN publiera un compte rendu, aussi complet que possible, de tout ouvrage canadien ou sur le Canada, en Anglais ou en français, dont un exemplaire aura été adressé à la Direction.2050 Ouest, Saint-Cyrille.— QUEBEC Louis-Michel Viger, prisonnier politique Par Henri MASSON Louis-Michel Viger est le petit-fils de Jacques Viger, de Varennes, et de Marie-Louise Ridday Beauceron.Il est le fils de Louis Viger1' et de Marie-Agnès 2 Papineau.Au moment de la conquête, le père de Louis-Michel habite Montréal ou il exerce le métier de forgeron.On voit dans les registres de l’époque qu il est le créancier du gouvernement pour une somme de 357 livres, avancées en vue de subvenir aux dépenses de la guerre.Un quart de siecle plus tard, il habite encore la ville et son épouse donne naissance le 28 septembre, 1785, à un fils, le sujet de cette étude.Louis-Michel Viger étudie dans sa ville natale et opte finalement Pour la profession légale.11 commence à pratiquer le droit à vingt-deux ans.Il consacre une partie de son temps à la milice: d’abord enseigne dans le second bataillon de Montréal, il est promu lieutenant, en 1812, et deux ans plus tard il obtient une commission de capitaine.Il fait du service durant toute la guerre3.11 épouse le 19 juillet, 1824, Marie-Hermine Turgeon qui lui donne quatre enfants: Marie-Angélique, Marie-Marguerite Perrine, Denis-Benjamin et Louis-Michel-Joseph.Veuf le 9 juin, 1839, il se remarie le 19 septembre, 1843, à Marie-Aurélie Faribault4.A l’âge de 45 ans, il se lance dans la politique, suivant en cela 1 exemple de trois de ses oncles, Denis, Jacques et Joseph qui, en 1796 se trouvaient à représenter les comtés de Montréal-Est, Kent et Leinster’ Son cousin, Louis-Joseph Papineau, dont il semble approuver la conduite, l’entraine probablement aussi dans cette voie.Il se rend compte assez vite que la tribune publique rend captifs ceux qui s’y installent et peu après son élection comme député de Chambly il doit abandonner la pratique du droit.Ses électeurs apprécient sa 1 Né en 1745, mort le 2 juin, 1820.2 |e!°nhli’ip.C„r;Pli0n rr' 'e n;°nu.mcnt
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