Le Théâtre, 1 octobre 1903, lundi 26 octobre 1903
ïi r- Vol.I.—No.3 THE ONLY FRENCH THEATRICAL PAPER IN AMERICA Le numéro, 2 cents.Pfc'K T'% 3 y (HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ) Le seul ; ' du genre au Canada.Organe des Cercles Dramatiques et des Sociétés Littéraires.MONTREAL, LUNDI 26 OCTOBRE 1903 ABONNEMENTS UN AN.$1 00 SIX MOIS.50 GEORGES H.ROBERT, Editeur et Directeur.923, RUE STE-CATHERINE, ANNONCES (Mesure Agate) A UN CURIEUX MECONTENT • ^ Un monsieur qui signe Indiscret, nous écrit pour connaître le nom de l’auteur de l’article U a Protection des Artistes, que nous avons publiés la semaine dernière.Nous ne pouvons, à notre grand regret, dévoiler le nom qui se cache derrière le pseudonyme de Narcisse.En effets, cher monsieur, vous êtes indiscret, trop indiscret même pour un homme de votre âge, car vous devez être vieux, si nous pouvons Vn juger par votre calligraphie du siècle dernier.Sachez donc vieil indiscret que nous ne divul-geons jamais la personnalité des collaborateur qui ne jugent pas à propos de se laisser connaître.Cette règle,qui date de la naissance du journalisme, est aussi sacrée pour nous que pour les autres journaux.D’après la teneur de votre lettre, nous constations que l’article en question a eu le don de vous émoustiller.Nous n’y pouvons mais.Si cela n’est pas de votre goût agissez bravement et avant d’essayer de connaître un membre du personnel de notre journal soyez assez gentil de signer les messives que vous nous ferez l’honneur de nous envoyer.Poussez les choses, c’est votre droit.Si vous croyez que le Theatre vous a attaqué défendez-vous par tous les moy ens possibles.Adressez vous aux tribunaux, ils ont été inventés pour ça.Voulant faciliter vos futures procédures judiciaires,nous avons la gracieuseté de vous dire que nous prenons l’entière responsabilité de l’article intitulé “ La protection des artistes.” Nous attendons avec impatience le moment qu’il vous plaira de nous traduire devant la justice de ce pays.Discret Content.La ligne Réclame o 10 MONTREAL, P.Q.o 20 m k k ûù\ m w m m m m m û< m m w m Mlle CLOTHILDE VARENNES RIDICULE 1- La Patti doit venir nous visiter prochainement.L’autre jour, cà New York, on a vendu •des billets à l’ancan, et les Américains ont pu faire parade de ridicule dans la richesse.Une loge fut payée près de $400.00, un siège au parquet $1000.00.Un seul concert donnera le montant fabuleux de $25.000.00.Au moins, la Patti ne pourra pas dire que les Yankees ont montré de “l’apatie.” N’empêche qu’il est bon d’être riche, même s’il faut en être ridicule.Alexandre Dumas a raison : “ L’argent est un mauvais maître, mais un si excellent serviteur.Mlle Lorgnette.Parisienne, fine,distinguée, la voix chaude et bien timbrée, Melle Varennes semble créée pour les rôles des grandes amoureuses, aussi y a-t-elle trouvé ses plus beaux succès.Elève de Mme Favart et de Joliet, de la Comédie-Française, elle a débuté dans “Cyrano de Bergerac” à la Porte Saint-Martin,avec Coquelin.Puis vinrent les tournées à travers la France.“La Dame aux Camélias”, “Yvette”, “Frou Frou”, “La Souris”, “Ruy Bias”, “Hernani”, “L’A- venturiere”, la font tour à tour applaudir, à mesure qu’elle se révèle à un public dont elle devient rapidement la favorite.Elle fit ensuite partie de la tournée Abel, du Vaudeville, à Buenos-Ayres et à.Rio de-Janeiro, ou elle joue le répertoire de Dumas fils et d’Augier.C est pendant la tournée de “La Veine”(rôle de Charlotte Lasnier), que M.Heurion, frappé de son talent incontestable, lui offre de venir à Montréal ; Montcharmont, le grand impressario parisien, lui permet de résilier à l’amiable Sur les auditoires, Mlle.Varennes, exerce un charme enveloppeur, et prenant.D’une beauté incontestable, les yeux d’un bleu profond comme une goutte de mer cristalisée,elle s’impose dès son entrée en scène et, s'il est permis d’employer ici un célèbre mot anglais :“What we have, we hold”, ce qu’elle prend, elle le garde, et le garde bien.Nous ne pouvons que féliciter la direction des Nouveautés de s’être attaché une artiste de cette valeur et souhaiter qu’elle dise aussi: Ce que nous prenons, nous ne le lâchons plus.m 1/ 8 2 LE THEATRE, LUNDI 26 OCTOBRE 1903 Nouvelles Diverses Richard Mansfield vient d’être admis membre du Royal Channel Yacth Club,de 1 ondres.—Le “ Médecin malgré lui” a été représenté, en français à la salle Steinway, de Chicago.__“Plus que Reine”sera joué prochainement au National.—Madame Paul Blouet la femme de Max O’Rell doit, prochainement, retourner sur la | scène.Avant son mariage,elle était connue sous le nom de Beatrice Gresham —Grace George vient d'acheter pour $65.00 un programme annonçant une représentation de Richard III en 1834 par John Wilkes Booth au Boston Museum.__Alexandre Salvini doit dit on retourner au théâtre qu’il a quitté il y a six ans.—M.W.A.Tremayne, de Montréal, et M.Irving L.Hall,les auteurs de The Light of Other Days, qui a été créé par Mantell, sont à New-York pour conclure des arrangements concernant une nouvelle pièce qui sera représenté prochainement.—“On peut mettre mon nom le dernier sur l’affiche, disait Frédérick-Lemaître, Je public saura bien me retrouver.—Le 2 novembre, la Troupe Daoust jouera à Chicoutimi Le Triomphe de la Croix.-——Un concert aura lieu le 5 novembre prochain à la Salle Karn parles élèves de MM Oc-cellier et d’Aulnaîs.____On sait que les Américains ne se gênent jamais pour s’emparer des œuvres française, sans se soucier autrement des intérêts des auteurs.C’est ainsi qu’un critique musical, M.W.J.Henderson, vient tirer de ‘‘Cyrano de Berge-rac”un livret d’opéra qui sera joué sur un théâtre de New-York lorsque la musique en aura été écrite par M.Walter Damrosch, le chef d’orchestre bien connu.—On nous annonce que M.Gaston Mayer a l’intention dé fonder une rfevue imprimée en Anglais et en Français qui aura pour but de mettre ses lecteurs au courant des nouvelles théâtrales de France, Angleterre, Etats Unis, Allemagne, Belgique, Italie, Espagne, Hollande, et l’Amérique du Sud.M.Mayer a beaucoup d’expérience en matière de théâtre; c’est de plus un excellent chroniqueur Parisien.“The International Theatre” sera le titre de cette publication.POUR RIRE .' Dans V Entr3 acte Au théâtre Français.Après le second acte, entre journalistes : —Moi, je m’en vais.J’ai fini de pleurer —Moi, je reste.Je n’ai pas encore commencé.Au foyer des artiste, au National.On parle de l’actrice X., de St Henri, qui a conservé d’extraordinaires “prétentions.” ___Vous aurez beau dire, hasarde un artiste, elle a encore de belles, lignes.___Oui, sur le front.de superbes, fait une artiste.Le Canard dit Théâtre.TOUTE personne eh dehors de Montréal qui nous enverra $1.00, recevra Le Théâtre pendant un an et une prime de 50 cartes de visite pour monsieur, ou 50 cartes de visite pour Dame.Pour éviter toute erreur, prière d’écrire le nom et l’adresse très lisiblement.A QUEBEC Nous lisons dans le Soleil : M.A.J.Small, le locataire de l’Auditorium, comprend parfaitement que Québec, ville en grande majorité française, demande du théâtre français.Son propre intérêt est de plaire au public.Aussi avait il entamé des négociations avec M.Paul Cazeneuve, du Théâtre National, à Montréal.Malheureusement, celui-ci n’a pu encore compléter ses arrangements.D’autre part, il n’existe pas en Amérique de troupe française, régulière en dehors de Montréal.L’opéra français de la Nouvelle-Orléans à cessé d’exister.Mais ce n’est, m’assure-t-on,que partie remise, et durant l’hiver, nous aurons à l’Auditorium quatre ou cinq semaines consécutives de théâtre en notre langue.Réflexions Générales sur l’Art du Comédien Voltaire dit que l’art du comédien est le plus plus beau et le plus difficile de tous les talents.—M.Lemazuiier, jadis secrétaire du comité de la Comédie-Française, prétend, dans sa “Galerie historique des acteurs français’ que l’art du comédien n’est pas le plus difficile de tous les arts.Louis Kiccoboni dit que cet art.qui enchaîne tous nos sens, est un art presque divin.Au résumé, l’art du comédien demande à la fois tous les talents extérieur d’un grand orateur et tous ceux d’un grand peintre; mais malheureusement on choisit trop souvent l’ét?t de comédien sans exmen, on le suit sans travail, et l’on y persévère par habitude ou par nécessité.Le comédien d’imitation fait tout passablement; il n’y a rien à reprendre ni a louer dans son jeu, le comédien de rature, l’acteur de génie est quelque fois détestable, quelques fois excellent.De Malign y.ANECDOTES Messieurs, dit un jour un régisseur de Hull, en annonçant le spectacle du lendemain, nous aurons l’honneur de vous donner le Philosophe sans le savoir.Halte là ! dit un spectateur,en se levant de son siège: Messieurs, voilà déjà assez longtemps que vous nous jouez des pièces sans le savoir, je ne permets pas celle ci.Dans le Siège de Paris, d’Arlincourt, joué aux Français en 1826, un personnage entrait en s’écriant: Seigneurs, le roi s’avance avec vingt mille f*ralies ! Il est plus riche que moi s’écria un spectateur qui était cependant au paradis (pitt).Kt le succès de la pièce fut gravement compromis par l’hilarité qui gagna toute 1 assemblée.A la seconde représentation, les vingt mille francs avaient disparu.Machiniste.J.A.ELLEMENT Magasin Général Seul Manufacturier de Nattes en Toile Cirée en Canada .Nous vendons cette toile à la livre, à raison de 3 Cents la livre.Deux livres font une natte d'une verge.PRIX TOUT FAIT—25 Cents pour une natte d’une verge.40 cents pour une natte d’une verge et demie.50 cents pour une natte de deux verges.à29a, Rue Ste-Catherine, MONTREAL.Il y a trois théâtres hébreux à New.-York: le Thalia, le People et le Windsor.—Luigi Arditi, qui vient de mourir, était un compositeur de grand mérite.U Baccia ” (Le Baiser), qu’il avait composé spécialement pour Madame Piccolomini, a rapporté $75,000 de profit à l’éditeur.Les Clichés de notre Photographe mmm Instantané de Miss X., d’un théâtre anglais de cette ville, pris au moment de son réveil, à onze heures du matin.MUSIQUE FRANÇAISE LA CHANSON DE COLIN MELODIES DE THEODORE DUBOIS Pour Soprano ou Ténor, 4 pages de musique grand format (chant et accompagnement).A VENDRE 50c.Ce morceau est marqué à5 francs (Ji.oo).Envoyez le montant de suite à 923, Rue Sfe-Gatherine - - MONTREAL.Ouvrages Populaires Eu vente à la Librairie G.A.DUMONT, 1826 Rue Ste-Oatherine.L’AMI DES SALONS, par Mlle Nitouche, roc; LE PATER.ioc : L’EPAVE, ioc ; LE NAUFRAGE, toc; LA VEILLÉE, 1 oc ; LES LETTRES I)’UN ETUDIANT , par L.Audet, 10c ; LES LOISIRS D'UN HOMME DU PEUPLE, par G.A.Dumont, ioc ; UN DISPARU, par le même, ioc ; LA PETITE, par E.Cadol, ioc.TEL.BELL EST 1672.TEL.MARCH.333 J.A.R1VEST, Entrepreneur Electricien Fixtures à Electricité .Lampes, Cloches, Etc.Installations de toutes sortes à très bas prix.—Ouvrage garanti .1274a.Ste-Gattierine, Montreal. 3 LE THEATRE, LUNDI 26 OCTOBRE 1903 Aux Cercles Dramatiques C’est à vous, jeunes gens, espoir de l’art dramatique en Canada, c’est à vous, membres des cercles dramatiques et sociétés d’amusements, qne nous nous adressons.Notre journal a l’intention de faire une large place à l’amateur.Les “faiseurs de soirées” méritent une attention toute particulière, et la plus grande faute commise par 110s trois prédécesseurs, a été de négliger les jeunes.Nous croyons qu’il est de notre devoir de nous occuper d’eux.En retour, nous espérons que les quelques cent-vingt cercles qu’il y a dans la province encourageront notre journal—leur organe.Amateur.LES CHANSONS DU PAYS PAPILLON VOLAGE fi Pa - pii - luii, tu es vo-la - ge! Tu rts - semble’à mon a- mant.L’amonr est un ba - di - na - ge, L’amour est un pas - se - £ 1 1 temps ; Quand j’ai mon a-mant, j’ai le cœur con - tent.ASSEOIS-TOI DONC Monologue de O.Pradels Créé par Vaunel, à V Eldorado.C’était un Lundi d’là Pent’côte Sur la rouf de Cayen à Baveux, A l’auberge de la Grand’côte, Dînait un gros fermier joyeux.Tout à coup un grand gas s’avance, Et s’écrie en l’voyant : “ Patron, “ Ah ! j’vous trouvons enfin !.que chance ! “ C’est toi, Joseph !.Asseois-toi donc.” Son bonnet d’coton sur la tête, L’gas pouvait à pein’ respirer.Le fermier lui dit : Qu’t’as l’air bête?” Voyons ! quoiqu’f as d’neuf à m’narrer ?“ On dirait, vrai, qu’tu vas rendr’ l’âme.“ Allons, raconf moi, mon garçon, “ Comment vont Nanette et ma femme?.“ Reste pas d’bout.Asseois toi donc ?” Voyons ! as-tu vu Véronique ! “ C’est-t-y grav’ ?quoi qu’en dit l’med’cin, “ Et la Nanetf .ma pauv’ bourique.“ C’ment l’as-tu trouvée, à c’matin ?“ A-t-on app’lé l’vétérinaire, “ C’t’i là qui d’meur’ ru’ Saint-Simon.“ Enfin dis-moi c’qui-z-ontdit d’faire.“ Tu 11’réponds point ?.Asseois-toi donc.L’gas tout tremblant reprit haleine : “ Not’ maitre, ah c’est un grand malheur! On l’a saignée à la gross’ veine, Ça n’a point calmé sa douleur.Pendant tout l’temps de sa souffrance! Ses yeux me r’gardaient tout au fond Et semblaient m’dir’ : plus d’espérance! “ “ Après ! après!.Asseois-toi donc.4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 “ Après?dam,faut ben tout vous dire Mais ça m’coûte, allez! c’est certain: C’te nuit je l’entends qui soupire Et pis, à cinq heur’s du matin “ Elle a rendu l’âm’!.” — “ Nof bourrique ?” “ Morte’ Seigneur, Ah ! que guignon! “ — “ Mais non.c’est vof femm’ Véronique.’ — “ C’est!.qu’j’ons eu peur ! [ioyeux) [Asseois-toi donc.” DEOM FRERES LIBRAIRES Spécialité : Livres de Science et de Médecine.1877, RueSte-Catherine.Tel.Est 2551.Romans de 10 cents à 90 cents.Toutes les publications françaises sont en vente à cette librairie.—Croyez-vous, mademoiseli Q * je viens ici pour vous ?J ai d’autre*, à ma demande, Q d sont plus belles que vous.Croyez moi, mam’zelle, Je me ris de vous.—Monsieur, pour d’iugraiitude, Votre cœur n’en manque pas.Vous avez souvent 1 h bitude, Bien souvent changer d’appas.Cr< yez moi, monsieur, N’y revtnez pas.U LUNE A MOINS D’UN METRE Monologue Créé par Bourges aux Ambassadeurs.J’avais lu l'autre jour dans un journal du soir Qu’à l’exposition future on pourrit voir Dans un endroit la lune à distance d’un mètre.Ça m’avait tellement bouleversé mon être Que j’en rêvai pendant presque toute la nuit.La lune de mon rêve était devant mon lit; Ronde et resplendissante à vous donner envie De passer sur ses bords le reste de sa vie.Par malheur, elle était close de toute parts, Pas moyen d’y entrer, même avec des égards.Lorsque au milieu je vis un habitant lunaire, Je l’appelai bien vite et je lui dis ; “ Pardon De vous importuner, mais indiquez-moi donc De quel côté l’on peut pénétrer dans la lune?” Me désignant alors une porte commune Dans le sud du croissant, il me dit : “ Frappez là Je frappe sur-le-champ au coin de la planète Personne 11e répond.ma foi, rien 11e m’arrête, Je frappe un coup plus fort, puis deux, puis trois, [puis vingt, Quand soudain, m’arrachant de mon rêve divin, Ma femme me cria d’une voix en colère : ‘‘T’as pas bientôt fini d’taper sur mon derrière !” DELORMEL.PHOTOGRAPHE M.Richard est le Photographe des Artistes À Montréal.1618, Rue Ste=Catherine, 1618, Coin St-Hubert.—Cr yez vüuh, inacu moisel.c, Qqp je pets’ d^ revenu ?J’eetim’ mieux vid r bouteille Av- c un de n e,- ami?.Adieu mt s amours ! Adieu mes plaisirs ! Si l’amour avait de- aîles Comme toi, beau papillon, Il irait de vi le en ville Pour rejoindre mon amant, Lui faire assavoir De med compilai nts.—Encore Mascagni.Le célèbre compositeur italien vient d’écrire une comédie en trois actes, qui verra les feux de la rampe à Rome, en octobre.—On a dépensé $75,000 pour monter “The Runaways,” au Casino de New-York.C IN VIT £ BIENVENU Drame réaliste en un acte.VOTRE CREDIT EST BON CHEZ H.GAUTHIER Marchand de Meubles 1042, Rue Ste-Catherine, MONTREAL.« Juenes gens, qui avez l’intention de vous marier, si vous n’avez pas assez d’argent pour acheter au comptant, allez chez H.Gauthier, où vous serez bien servis.A LA LIBRAIRIE ST-LOUIS 1712, Rue Ste-Cmtherine, L’on trouve toutes les dernières nouveautés en fait de Romans, Modes Françaises, Publications Arisiques, Ec.Volumes à louer.Commandes par la malle exécutées promptement. LE THEATRE, LUNDI 26 OCTOBRE 1903 4 GUÏGNOL DIALOGUE Le théâtre de Guignol a pris naissance à Lyon.— Actuellement encore, il s'y joue des pièces véritables, pleines d'esprit.Le déménagement est, entr’autres, un chef-d’œuvre en son genre.Il ne s’y donne pas de coups de bâton ; mais que de verve ! La couleur locale y a les tons francs et carrés de la pochade.Le comique y a la spontanéité du coup de pied au derrière, ce vis comica de la farce au gros sel.On y rit àgueule bée, comme disaient nos ancêtres, et Guignol y est goguenard et facétieux tout son soûl.Ecoutez ce dialogue entre Guignol et M.Canezou, son propriétaire.M.Canezou.—Monsieur Guignol ! monsieur Guignol ! » GuiGNOL“de l’intérieur”—Je n’y suis pas.M.Canezou.—Comment ! vous n’y êtes pas et vous me répondez ! Guignol.—Je ne peux pas sortir; je mets une pièce à mon pantalon, qui est déchiré au coude ! M.Canezou.—J’ai à vous parler, voulez-vous descendre?Guignol “ à la fenêtre”.—Si je veux des cendres?.J’en ai pas besoin, j’en ai mon plein poêle.M.Canezou.—Le drôle ne viendra pas tant qu’il saura qu’il a affaire à moi.Il faut que je déguise ma voix et que je lui fasse croire que le facteur lui apporte une lettre.“Il frappe neuf coups avec roulement.” CuiGNOL“de l’intérieur”.—Qué que c’est?M.CANEZOU“contrtfait sa voix”.—C’est le facteur.Je vous apporte une lettre, une lettre chargée ; il y a de l’argent dedans ! Guignol.—De l’argent! Je dégringole.“ On l’entend descendre les neuf étages Oh ! nom d’un rat ! le propriétaire !.Je suis pincé!, .“A Canezou”.On n’a pas besoin de vous, mon brave homme ! On a ramoné les cheminées il y a huit jours.M.Canezou.—Sapristi, je ne suis pas le ra moneur, je suis votre propriétaire.et je viens.-.Guignol.—Oh ! C’est vous, M’sieu Canezou; je vous remettais pas, je vous demande pardon, Comment ça va-t’y ?M.Canezou.—Ça ne va pas trop mal.Je viens savoir, Monsieur Guignol.Guignol.—Ah ! y a fait un bien grand vent l’autre jour.Je me suis laissé dire qu’y avait un homme que le vent lui avait emporté son chapeau, ses bas et tous les boutons de son pantalon ; ça le gênait pour marcher.Ça serait pas vous par hasard?M.Canezou.—Il est vrai que le vent a été très fort.mais il ne s’agit pas dece’a.Je viens savoir quand nous en finirons pour notre compte Guignol.—Notre compte !.Oh ! si vous me devez quelque chose, ne vous gênez pas : je suis pas pressé.M.Canezou.—Mais je le suis, moi ! C’est de mon loyer ?Guignol.—Vous voulez payer votre loyer ?Oh ! vous avez bien raison,.faut jamais rien devoir.Canezou fait cesser le quiproquo,et il faut que Guignol avouequ’il n’a pas d’argent pour payer son loyer M.Canezou.—Vous n’avez pas d’argent?Je vous en feiai bien trouver.Guignol.—Vous me rendrez service, par exemple.M.Canezou.—Vous avez un mobilier ?Guignol.—Oui, oui, un mobilier de luxe.On m’en donnerait bien trente sous au mont-de-piété ! M.Canezou.—Vous avez une commode ?Guignol.—Je ne l’ai plus : elle m’était devenue incommode.Les logements sont si petits, aujourd’hui ! M.RICHARD Monsieur Richard n’est âgé que de 24 ans, étant né en 1879, et déjà il s’est crée une posi tion très enviable parmis ses concitoyens.Il aime sa profession à la folie, ce n’est pas un vulgaire “tireur de portraits” mais un artiste qui croit que la photographie est un art véritable.Il y a un vieux dicton qui dit que c’est en forgeant qu’on devient forgeron, mais pour M Richard, c’est en naissant qu’il devint photographe, puisque dès sa plus tendre enfance nous le voyons à l’école s’amusant a dessiner, sur ses bulletins, de bonne < onduites, des binettes qui ressemblaient assez a ses camarades de classe.v A sa sortie du c< -liège de Longueuil, ou il fit de brillantes études, il entra dans l’un des meil leurs ateliers de Montréal et après quelques an nées il connaissait les secrets de l’art du cliché, de l’épreuve et au posage.Mais cela ne suffisait pas à son ambition, il voulait tout savoir, tout connaître et pour apprendre ce que le Canada ne pouvait lui enseigner, il alla aux Etats-Unis puiser dans les célèbres studios américaines l’expérience qu’il a aujourd’hui.Maintenant il est installé au Ko.1618 rue Ste-Catherine à la tête d’un établissement moderne qui est achanlandé par tous la société se lect et fashionable de Montréal et des artistes dramatiques.Nous trouvons dans son atelier toutes Rs dernière nouveautés en photographie.C’est l’artiste du Théâtre, M.Canezou.—Et votre miroir antique ?Guignol.—Je l’ai vendu cet été pour boire à la glace.M.Ganezou.—Vous aviez une garde-robe?Guignol.—Elle était un peu cassée.Je l’ai donnée à un ébéniste de la rue Raisin pour l’arranger : on a tout démoli dans cette rue, et ma garde robe aussi.M.Ganezou.—Ta ta ta .Et votre table en noyer a-t-elle été démolie aussi ?Guignol.—Non, mais un jour on a mis la marmite dessus.La marmite fuyait ; ça a fait un trou et la table s’est tout éclopée.M.Canezou.—Vous me faites des contes à dormir debout.Guignol.—Vous avez bien raison.Allons nous coucher.AU NATIONAL FRANÇAIS M.Louis Guyon, auteur de “ Denis le Pa triote,” vient de terminer un drame historique qui est représenté cette semaine au National.M.Guyon a choisi pour sujet les exploits romanesques d’un héros canadien.Joe Montferrand restera dans l’histoire comme le type de ces anciens Canadiens à l’écorce rude, à l’esprit droit, au cœur bon, toujours prêts à rendre service à ceux qui en étaient dignes, mais impitoyables poui les lâches et les traîtres.M.Guyon a recueilli tous ces faits, et en a tiré un drame intéressant au plus haut point.La pièce de M.Guyon est représentée dans un cadre digne d’elle, l es interprètes seront MM.Paul Caseneuve dans le rôle 1e Joe Mont-ferrant ; Jean Guiraud, J.P.Filion, Petit jean, Palmiéri.Harmant, Soulier, Leurs, Godeau, Hamel, Villeraie, Tougas, St George, Savart; Mmes Jane Benin, Marguerite Audiot, de la Saisonnière, Verteuil, Nozière, etc.ACHETEZ LES Célèbres Pianos Haydn Chez Villeneuve Frères, 1814, Ste.Catherine.Les Serbes éprouvent une véritable passion pour le théâtre.Le théâtre National de Belgrade, organisé en 1879, à la suite de la guerre de l’indépendance, a donné en vingt-quatre ans 3,327 représentations, à raions de quatre en moyenne par semaine, la saison durant neuf mois et demi, du 1er septembre au 15 juin, i a troupe se compose d’une trentaine d’artistes,dont le métier ne laisse pas d’être fatigant, car il n’est pas d’usage de représenter deux jours de suite le même ouvrage,et le répertoire doit être toujours varié.On met en scène < haque mois au moins deux comédies nouvelles, soit originales, soit traduites.Les appointements varient de $240 à $720.Les actrices reçoivent en outre $8.00 par semaine, avec lesquels elles doivent pourvoir aux frais de leur garde-robe.1 Figurant.N’OUBLIEZ pas que LE PIANO HAYDN Est de Qualité Supérieure.TEL.BELL EST 1736.TEL.MARCH.S20.Théâtre National 1440, RUE STE-DÂTHERINE Semaine du 26 octobre 1903.Première fois à Montréal.Joe MONTFERRAND Voyez : L’assassinat du père Bordier.—La rue des Allemands.—La partie de Boxe.—Le Château MuTavish.—Le chantier et le .saut.Prix : Matinées, io, 15, 20, 25 et 30c “ Soirées, 10, 25, 35, 40 et 50c Matinées tous les jours.M.RICHARD LE THEATRE EN SERBIE
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