Le nationaliste, 27 octobre 1918, dimanche 27 octobre 1918
[" ^Ji Vil-AW OBRE 1918 MONTREAL, DIMANCHE 27 O VOL.XV.No.37 t ' ¥ü Rédaction et administration s! 43, RUE SAINT-VINCENT r (Abonnements par la poste : i MONTREAL 1 \u2022 *.\u2022 \u2022 CANADA .ETATS-UNIS .UNION POSTALE .$3.00 .$3.00 .$3.50 'V.< TÉLÉPHONE : REDACTION : Main 7460.ADMINISTRATION : Main 7461.L T' '¦< DIMANCHE JOURNAL iLE NUMERO .5 sous DU .\u2022i **, e.% L\u2019ORGANE DES JEUNES REDIGE EN COLLABORATION DROIT AU BUT LES TCHECOSLOVAQUES LES PROFITEURS ET LEURS VICTIMES LA PRUSSE ROSSANTE, L\u2019AUTRICHE ROSSEE UN ÉTAT LIBRE NÉ DU CHAOS RU SSE i Petite leçon d\u2019histoire a l\u2019usage des aventureux \u2022 \u2022 i Comment un petit peuple a acquis le droit de sc Un miracle dê l\u2019histoire \u2014 La Les Tchè-L\u2019Autriche - Un hymne qui n\u2019est pas exclusive- La reddition du 28ième Vers Les étranges obstacles que sus- faire entendre désertion, source de la libération ques à l\u2019ouverture de la guerre -sabotée ment bohémien régiment; la vengeance des Autrichiens la délivrance \u201cUn état qui cosse de prendre et qui commence à rendre est fini comme grande puissance/\u2019.(et aphorisme d\u2019un Bismark, l\u2019Allemagne le connaît Bien et Vavertissement qu i! contient, ou ; peut en être sûr.n'est pas sans influer sur la direction qu\u2019elle entend donner aux événements.Condamnée par son second échec de la Marne à abandonner l\u2019espoir de vaincre par les armes, j mise dans l\u2019obligation de rendre, elle se retourne vers son passé et.éclairée par les enseignements qu\u2019elle y trouve, elle voit dans les conditions qui lui faut accepter, le moyen de prendre ailleurs et autrement de nouvelles forces.Les rapprochements historiques n\u2019ont rien d impérieux, écrivait récemment M.Jacques Bain ville en marquant l'ascension ininterrompue de la Prusse eet te âme de l\u2019Allemagne moderne - j en dépit des défaites et des désastres; pourtant, ajoutait-il.il n\u2019y 1 a qu'eux pour nous éclairer.Voyons I histoire; elle est éloquente.; Pendant la guerre de Trente ans, la Prusse est ruinée dévastée, réduite à la misère au point de manger de la chair humaine.mais elle a résisté et les traités de W estphalie (1048) lui assurent des agrandissements territoriaux en consacrant I*irrémédiable défaite de l\u2019Autriche, comme la chose semble être sur le point de se répéter.La guerre de Sept ans qui voit Frédéric, allié à la ( Grande-Bretagne, faire face à la coalition de l\u2019Autriche, de la France et de la Russie, conduit la Prusse à deux pas de perte.Deux fois Berlin est pris.La Prusse est sur le point de I succomber quand survient en 1702 (précédent qui devait se | répéter en 1910 avec des conséquences dont on ne peut pas encore j apprécier toute l\u2019étendue) la défection russe qui change une ratas-j Irophe imminente en un triomphe pour Frédéric.Cette fois ! encore VAutriche est battue et la paix de Paris (1703) où la FranceI est dépouillée de son empire colonial, y compris le ( \u2019anada, agrandit derechef les domaines prussiens.La politique de Frédéric-1 Guillaume conduit, il est vrai, la Prusse à \\ almy (1792) mais elle ne tarde pas ( 1792» et 1795), puisque étrv qutmv\tfor-1\tcoi.i\tsto, ces.de toutes tes institutions ou se dans les spheres ou s exerce I a« - ! Le remords les ronge, et ils sont n,alité.\tpm\u201e u» compaKide mi pour d\u2019autres compa- développe l'intelligence «les peu-\tbon «tu capital.Les campagnes qui\ttrop lâches\tpour prendre la respon-\t\u201cLt\tsurtout (me personne ne vote i tudrs\tou\t«les\tindividus,\ttuutrs\tsortis\tx,\trendr I'\"nl:,v\tprose ws>,.\tmême,.,, sou.\"\t\"ris l'urne i,.,leux mai,,s; je\t«u- I oi iginahte de 1 aine canadienne-, 1 exereu i de leurs forces: c est une .\t.\tn.ir\tcommençai a extraire t«*s bulletins; nmc ou toutrs ocs nciimsition» L-onntr tout française, ses diversités profondes, j excellente raison pour ne le pas *\t,\t,\t' *\t\u2022 1\t, ' , Fdgar Mover faisait l'«>iiicc de gnd- .i \\o:\\\tj,.spécialités d« gros et détail, d\u2019cpiccrit.tional.Incapable de ré nu merer\tfés les uns des autres.\tI Hartmann.1 voix | s i tu ni edi a tenu* n t au troisième tour (ic niblc» d« i«* compagnie eu !\u2022\u2022 manière nui Ire mùrr-patrie.\ti)es Etats-Unis vl\tlent cpii ne l'ont pas renié, qui se\t?n, voit quelques ombres se faufiler !\t^\tI scrutin, .l\u2019allai cl,ciel,er\t,le nouvel - i ^00!.»\"™''!\"\t* \u201d\",re ,mr d'outre-mvr\témigrent\tles\tcapitalis- i\tsont dévoués magnifiquement pour\th>ng (tes murs et disparaître mys- par Max.et Alex.Fisher \"X\t\u2018\u2018*s rames\tdo papier, tes.Il faut bien admettre aussi qu\u2019il lui.qui, avec sympathie, ont voulu térieusement.\t: v\tht surtout ,\u2014 mon blic si restreint.Les productions\tîléc?rô* fJ}V ,t objet.\tlai suivie.\tinc demandais avec anxiété où je Il note d abord qu il a été inculpe Et le général Crémer ne m\u2019en prendrai les moyens pour leur asile\tchantage,\t«le\t«-ommerce\tavec\tvoudra pas de rappeler ici son té-\tsurer assez de place dans nos égli- 1 ennein1\tet\t«le\tcorruption, avant\tmoignage émouvant au procès de\tses et nos écoles.A Arendal, par de\t1 etre\td intelligences\tavec\t1\ten-\tjqqs :\texemple, qui doit à la générosité Il est probable que si M.le!\tfrançaise sa petite église et sa salle colonel Stoffel.onheur et le.lustre de sa robe.Nous avons dit que le sel à très hautes doses est un violent poison.N\u2019est-il que cela?.Vous me (lirez; ce serait assez.Pourtant, si vous êtes chercheur, parcourez Bretagne, Normandie, Maine, et demandez aux autochtones les raisons de la pullulation du cancer en ces régions?Le paysan n\u2019est point un savant, c'est entendu; mais, il observe, et contrairement aux savants m'affirme que le résultat de son observation et de celle de ses ancêtres; le paysan ne se paye point de mots.Or, les vieillards vous affirmeront sans sourciller que le sel apparition du cancer; devant l'observation \u2022 i SAINT-YVES.( La Libre Parole).en six Haut-de-formc à la mode possible un village de Les fameux lions de Nelson, les statues qui peuplent le square seront camouflées en églises en chaumières bombardées, de gaz eux-mêmes nuire front.De VOpinion : On a revu, ces jours-ci.des chapeaux hauts-de-forme dans les rues de Paris ! Mais ce n\u2019était que les conscrits de la classe 2D qui s\u2019en amusaient comme d\u2019un couvre-chef grotesque qu\u2019ils mettaient par dérision.Pauvre chapeau haut-de-forme ! H méritait mieux que l\u2019oubli, quand ce ne serait qu\u2019en souvenir de celui qui l'introduisit en France, et qui n'elait autre qu\u2019un Américain.Ce fut.en effet.Franklin, qui arriva à Paris le 11 avril 1790 coiffé d\u2019un chapeau haut-de-formc à larges bords.Immédiatement les chapeliers parisiens fabriquèrent \u2022 les chapeaux semblables à ceux «lu grand homme et.Américain représentoit ce furent les révolutionnaires adoptèrent, les premiers, le chef.Et comme les révolutionnaires l avaient adopté, les gouvernements demands le prohiberont jusqu\u2019en \u201c-7.Ainsi l\u2019histoire du ruines, en Les becs représenteront des arbres décapités par la mitraille.Tranchées et boyaux serpenteront parmi le paysage ravage.Un panorama représentant le no man land servira «le toile «le fond ;* tableau désolé, braqués contre visiteurs devront boyaux souse riplions \u2022 « i ce Des canons seront Londres.Enfin les 1 cheminer par les afin d'aller verser leurs aux bureaux installé* dans «les cagnas parmi les De la Liber lé : Un petit village sera demain célèbre quand il sera possible de le nommer : là, en effet, sc décide le sort du monde ; là, le maréchal Foc h a installé son poste de commandement ; la, il a comblé cette magnifique manoeuvre stratégique dont on voit aujourd\u2019hui les heureux résultats.Le maréchal Foc h y mène une vie toute de travail : il n'a avec lui qu\u2019un petit état-major, «le 28 officiers, tous triés sur le volet?Il travaille continuellement avec son élève favori, le général Weygand.C\u2019est ce dernier qui est chargé de transmettre aux armées les ordres du maréchal.Le généralissime jouit d'une bon ne santé, mange avec appétit et fume la pipe.Il y a pris goût depuis que le maréchal sir Douglas Hnig lui en a fait cadeau d\u2019une et, aujourd\u2019hui, il n\u2019en possède pas moins de 28.ruines.L\u2019industrie politicienne comme l'illustre la liberté, De Lysis, dans Xoiinolle : Notre plus grand mal est l\u2019industrie politicienne.est antidémocratique, qu\u2019en recréant dans le pays classe de privilégiés parasites à qui tout est permis, elle viole les sentiments «le justice et d\u2019égalité chers aux Français.Elle la Démocratie qui couvre- Klle puis-ii ne 4 ri 1810.chapeau haut-de-forme est un peu Thistoirc du dix-neuvième siècle.LES BEAUTÉS DU VRAI SOCIALISME L'hypothèse est fausse : on se aa été Tins-Non ! D\u2019où vient ce soupçon ?Un procès verbal dressé par le général Denvignes prête au roi d\u2019Espagne un souvenir \u2014 erroné \u2014 de T audience qu\u2019il me donna.J'aurais fait \u201c l'apologie de Caillaux \", C'est faux.Il est possible qu'au cours de cette audience, interrogé par le Roi eur cet homme politique, oomme »ur d'au- iw, n y pot ne demande si je n\u2019aurai* pne < trument de M.Caillaux.ni de lui, ni de personne.est ant i nationale, chassant de l\u2019Etat toute compétence, «les divisions, du l'indiscipline, en arrêtant l\u2019activité, l\u2019initiative, pays A sa perle.Elle est antisociale, puisqu\u2019on trompant le peuple, en le circonvenant per de fausses promesses, ce qu\u2019elle prépare bout d\u2019un temps plus long, ( \u2019cat son asservissement, s«* misère.puisqu\u2019on toute autorité, en s\u2019alimentant relâchement, de partoift elle mène lo Un coin du front.à Londres est cause de Ta je m'incline l bien faite, d\u2019où quelle vienne.Retenons encore un point de physio-loÿe bien acquis: l\u2019hypercnlorhy-drio stomacale précède toujours l'apparition de la tumeur d'estomac.Que contient normalement le gastrique?Ceci: 4 pour 100 de ères solides dont les substan- De nouvelles obligation* de guerre vont être lancées en Angleterre.Or, le public étant un enfant, il faut, pour l\u2019attirer, l\u2019amuser.Donc, raconte le Figaro, pendant la campagne qui va s\u2019ouvrir à Londres pour le second million de livres d\u2019obligations de guerre, Trafalgar Square offrira un spectacle aussi original qu\u2019imprévu.Il figurera aussi exactement r.V BOLCHEVIK EMANCIPE SE TAILLE DES SOULIERS DANS UN1 RRMBRAXDT.Naturellement, c\u2019est en Bokhe-vie que cela se voit.L\u2019histoire est vraie, parait-il.L'Intransigeant assure qu\u2019elle vient de bonne source: .On sait que lorsque les,partisan inévitablement au nu moins.suc 1 mot! .ces organiques albuminoïdes (pep- Unc n probable our chacun de scs officiers, ement ?i I que 5 LE NATIONALISTE, MONTREAL, DIMANCHE 27 OCTOBRE 1918 VOL.XV.\u2014 No 37 une demi-douzaine de sardines fumées, lorsque Halgouët l\u2019arrêta en lui représentant qu\u2019on trouverait des vivres en route.Syria, qui était un véritable chien de matelot, se régala des six sardines.Toutes ses dispositions ainsi arrêtées, le patron de la Momie réunit ses hommes dans un confortable repas, visita une dernière lois son cher bateau, qu\u2019il recommanda à Land rot, et, escorté de ses deux compagnons, reprit le chemin que trois jours auparavant il avait suivi avec Poulpiquet, sans se douter qu\u2019il fût lui-même aussi près de faire \u201c cette folie de courir le monde quand on pouvait vivre tranquille au pays Le mercredi soir, ponctuellement, à minuit, Halgouët, Sésostris et Syria se promenaient sur le quai de la gare maritime de Calais, attendant le départ du bateau V Empress-Victoria.Le temps était épouvantable.Le vent soufflait en tempête.La mer était si mauvaise, qu\u2019on se demanda un instant si le steamer, qui, portant les dépêches, a 1 \u2019 habitude de partir par tous les temps, ne retarderait pas sa sortie.Beaucoup de passagers, pris de peur, restèrent à Calais.Les plus hardis, une fois à bord, s\u2019enfermèrent dans les cabines ou se réfugièrent hâtivement dans les salons.Halgouët exigea que Sésostris y descendit; quant à lui, il resta, avec Syria, sur le pont entièrement désert.Le voyage de Calais à Douvres est court; mais, par les gros temps, ce passage de l\u2019étroit boyau de la Manche, où il semble que les eaux de la mer du Nord viennent heurter les flots de 1 \u2019Atlantique.est une des plus désagréables traversées qui existent.Halgouët, sans soüci des embruns qui lui fouettaient la figure, sa coiffure enfoncée jusqu\u2019aux oreilles, son grand caoutchouc l\u2019enveloppant, s\u2019appuyait au plat-bord et fumait sa pipe, tout en regardant, avec un vrai plaisir de marin.les énormes houles qui par moments prenaient le steamer en flanc et l'élevaient de telle sorte sur leur dos que les aubes battaient l\u2019air à vide et se replongeaient ensuite, à la retombée, dans l\u2019eau qu\u2019elles faisaient jaillir, avec un bruit de tonnerre, en gigantesques jets d\u2019écume.A un moment donné, comme, arc-bouté sur ses jambes, il cherchait un abri pour rallumer sa fameuse pipe, il s\u2019aperçut avec étonnement qu'il n\u2019était plus seul, et que deux passagers, encapuchonnés des pieds à la tête, étaient venus à quelques pas de lui s\u2019accrocher aux haubans.Les deux hommes, au milieu de la rafale, semblaient causer très tranquillement en échangeant de courtes phrases dans l\u2019oreille l\u2019un de l\u2019autre, la main placée en porte-voix devant la bouche.\u201c Eh bien ! se dit-il, voilà des gaillards qui n\u2019ont pas froid aux yeux.Ces gens-là ne doivent pas être des terriens.\u201d Il arriva près de la machine, passa son bras autour d\u2019une des colonnettes de la galerie, et se mit en devoir de battre le briquet.A ce moment il se trouvait complètement éclairé par une lampe électrique.Tout à coup un son frappa son oreille.\u201c Tiens, dit-il, c\u2019est singulier, je jurerais que je viens d\u2019entendre mon nom.C\u2019est drôle ce que le vent, soufflant dans les cordages, produit des illusions.Je me rappelle qu\u2019un jour, à plus de trois cents milles au large, j\u2019ai parié que j\u2019entendais le son des cloches.\u201d Mais un nouvel appel retentit.Cette fois, il n\u2019y avait pas à s\u2019y tromper, on avait bien appelé Halgouët, et l\u2019on avait même ajouté, après son nom, son sobriquet de Quosé.Halgouët lâcha la colonne et se dirigea à grand peine vers les deux personnages qu\u2019il avait remarqués.Il dut se cramponner au cabestan dans un énorme coup de tangage.Puis il reprit son aplomb, et.entre deux oscillations de roulis, vint saisir tout juste à temps un hauban de fer à côté des deux passagers.\u201c Eh ! oui, c\u2019est lui ! s\u2019écria l\u2019un.\u2014 Parbleu ! c\u2019est bien lui ! dit l\u2019au- \u201c Voilà qui est curieux, se dit Halgouët.Il paraît que Poulpiquet et moi nous ne sommes pas destinés à faire de vieux os au pays.\u201d Nous constaterons que le brave garçon ni\u2019envisagea pas un instant la possibilité de se dérober à l\u2019invitation de sir Owen.Le souvenir de l\u2019extraordinaire aventure à laquelle ils avaient été mêlés l\u2019un et l\u2019autre, la certitude de se retrouver avec ses compagnons de lutte, certitude affirmée par le nous souligné dans la lettre de sir Owen, tout lui faisait, à son idée, un impérieux devoir de se rendre à cet appel.Il regrettait seulement que son correspondant n\u2019eût pas été plus explicite et ne lui eût pas donné des renseignements moins laconiques sur la nature et surtout sur la durée du voyage; car il ne doutait pas qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un voya- Les deux hommes échangèrent une vigoureuse étreinte, et Poulpiquet partit, en faisant* avec son béret, à travers ia portière, de longs signaux d\u2019adieu à son compagnon, qui, en proie à quelque sombre pressentiment, le suivait tristement des yeux.MiiiiMHiiiimiiiniiiHKNiumiiiniiiiimiiiimmuniiiimmiiiuiimiiuiniuiiiiuimimiiiiHiniimiiuniiiiiHiiiM ±±±± FEUILLETON Les par CHASSEURS D\u2019ÉPAVES Georges DU PRICE M NATIONALISTE IV 5*5?**** LE BATEAU DE DOUVRES Halgouët fut mélancolique toute la journée.Tout en rendant justice au sentiment de fierté auquel avait obéi son vieux camarade, il trouvait absurde de s\u2019en aller courir le monde, quand on avait la vie assurée et un modeste avenir en perspective rien qu\u2019en restant auprès d\u2019un ami dévoué.Pour couper court à ses réflexions moroses, il décida qu\u2019il prendrait la mer le lendemain.En attendant, il s'occupa de tenir la promesse qu\u2019il avait faite à Poulpiquet, et fit une visite à la maisonnette qu\u2019habitait le père Queinec, avec sa fille Anne-Marie et les deux petits frères de celle-ci.Le père Queinec avait été matelot; mais, dans une dernière campagne, il était tombé à la mer par une nuit glaciale, et, s\u2019étant accroché à une bouée, avait attendu pendant près de six heures que la lumière du soleil permît de le retrouver et de le repêcher.Ce bain prolongé dans l\u2019eau très froide lui avait laissé des douleurs, qui peu à peu en vinrent à le rendre absolument perclus desjambes.Le pauvre Queinec lutta de son mieux.Très adroit, il trouvait le moyen, malgré son infirmité, de gagner quelque argent comme voilier.Quand il manquait d\u2019ouvrage, ce qui arrivait souvent en raison du petit nombre de barques attachées à l\u2019humble port, il fabriquait des modèles de navires, que lui achetait un marchand de Nantes.Anne-Marie était couturière.Les deux garçons, avant ou après les heures d\u2019écoles, pêchaient des crabes, des moules, des palourdes et des crevettes roses.Ces industries, malgré leur diversité, étaient peu lucratives; et, en dépit de toute l\u2019activité d\u2019Anne-Marie, la misère, dignement supportée, faisait souvent son entrée dans le logis de Queinec.Très fier, l\u2019ancien matelot aurait refusé tout ce qui eût pu ressembler à une aumône.Aussi, en allant le visiter, Jean Halgouët se mit-il l'esprit à la.torture pour imaginer un moyen de lui venir en aide.Il ne trouva rien de définitif et se borna à demander à Queinec de lui faire, pour orner sa maison, un beau modèle de son bateau la Momie, que le vieux marin pouvait voir de sa fenêtre.Le soir, pour se distraire, il s\u2019en alla dîner avec quelques camarades dans une auberge de Muzillac.Puis il rentra chez lui de bonne heure.On devait appareiller à 2 heures du matin.Or.en entrant dans sa chambre, la première chose qu\u2019il vit fut une lettre, que la vieille Jeanne avait placée bien en évidence sur sa table.Comme il n\u2019attendait aucune correspondance, il tourna et retourna la missive entre ses doigts et remarqua qu\u2019elle était timbrée de Londres.\u201c Ah ! par exemple, grommela-t-il, voilà qui est fort.Est-ce que le capitaine Soriano me ferait, à moi aussi, des propositions?Dans ce cas, du diable si je me dérange ! J\u2019aime mieux ma Momie.\u201d Mais, quand il eut pris connaissance de la lettre, l\u2019expression de sa figure changea, et il relut à trois reprises les lignes suivantes : (Suite) \u2014 Alors tu vas me quitter ?\u2014 Dame, que veux-tu ! an seulement, c\u2019est là une occasion inespérée.Pense donc, trois cents francs par mois, cela représente trois mille six cents francs pour l\u2019année.Mettons deux cents francs de gratifications, autant de part dans les bénéfices, c\u2019est à peu près quatre mille francs en tout.Comme je suis décidé à devenir encore plus avare, comme tu dis, je ne dépenserai guère plus, pour mon entretien et les menus frais absolument nécessaires, qu\u2019un billet de mille francs.Je puis donc revenir dans douze mois avec un petit magot suffisant pour m\u2019associer avec toi sans que tu en pâtisses \u2014 Evidemment, répondit Halgouët.Tu as raison; mais je t\u2019avoue que je suis un peu étonné que ce capitaine, qui a un nom espagnol et qui t\u2019écrit d\u2019Angleterre, soit venu chercher un matelot français dans un coin de Bretagne.Pour un Et alors nous nous levons les uns après les autres, comme pour nous dégourdir les jambes; nous nous rapprochons de la porte, mine de rien, et tout d\u2019un coup, mes amis, tout d\u2019un sautons dehors, nous fer- clavons les coup nous mons vivement, et nous fantassins dans le violon ; oui.nous RC- Il prit dès le lendemain matin ses dispositions pour une longue absence.Sa première idée fut de désarmer la Momie, de la haler à terre, de l\u2019habiller de prélarts, et de la laisser au repos en attendant son retour.Puis il réfléchit quelle pourrait ne pas être à l\u2019abri des hautes marées, et qu\u2019il ne serait pas là pour veiller à sa sûreté.Et puis il ne pouvait supporter l\u2019idée de congédier du jour au lendemain son petit équipage, qui allait se trouver bien embarrassé pour gagner sa vie.Alors, comme il avait parmi ses hommes un jeune matelot intelligent et travailleur nommé Landrot, qui préparait, tout en pêchant, son examen de capitaine au cabotage, il se décida à lui laisser la Momie, en se réservant une part sur le produit de la pêche.En même temps il assura l\u2019existence de Queinec, qu\u2019il chargea de percevoir sa part, et qu\u2019il institua en quelque sorte le trésorier de l\u2019entreprise, ce qui lui permettait de réserver au vieux marin un salaire fixe.Satisfait de cet arrangement, il rentra chez lui, et, avec ses habitudes d\u2019ordre d\u2019ancien matelot, il se mit à ranger et à empaqueter, étendant des serviettes sur les piles de linge des armoires, couvrant soigneusement, avec des vieux journaux, les bibelots rap portés de ses voyages, objets disparates, venus de tous les coins du monde et dont chacun lui rappelait un sou-Pendant qu\u2019il se livrait à cette les davons ! \u2014 C\u2019est sûr ([uc nous les avons cla-vés, les mâtins ! \u201d affirma Penguern.Là-dessus tous les assistants partirent d\u2019un immense éclat de rire, en se représentant l\u2019ahurissement des malheureux fantassins claves dans le violon.Les uns riaient avec exubérance, martelant les cuisses de coups de poing; les autres riaient silencicu- serrant dans leurs mâchoires en se semen l, en contractées les tuyaux de leurs courtes Les autres souriaient senten-les paupières plissées.la des yeux en patte d\u2019oie, pipes, cieusement, commissure en dilettanti qui croient ou ne croient pas.mais qui trouvent la chose amu-Et le plus curieux, c\u2019est que, les autres, entendaient \u2014 Moi aussi.Mais qu\u2019est-ce que ça prouve ?\u2014 Rien, évidemment.Seulement je voudrais bien connaître la nature de cette entreprise pour laquelle on offre de si beaux appointements à un scaphandrier.\u2014 Le capitaine a prévu ta question, puisqu\u2019il a soin d\u2019y répondre d'avance en affirmant, comme tu l'as lu, que l\u2019entreprise est honorable.\u2014 C\u2019est bien cela qui m\u2019inquiète.Crois-tu qu\u2019un brave capitaine français, désireux de t\u2019embaucher, aurait jugé à propos de faire dans sa lettre une telle profession de foi ?Il ne lui serait même pas entré dans l\u2019idée que tu pusses douter de son honorabilité.Mais enfin tu es assez grand garçon pour ne t'embarquer qu\u2019en connaissance de cause.santé.les uns comme cette véridique histoire au moins pour la vingt-septième fois, et toujours avec un nouveau plaisir.Cette douce tolérance permettait, en effet, à chacun de replacer un souvenir que les autres avaient également écouté vingt-sept fois avec les mêmes marques de gaieté X N ou d\u2019approbation.Au moment où le narrateur^ terminait son récit.Poulpiquet fit son entrée.\u201c Ah ! te voilà, mon vieux ! dit Halgouët.A la bonne heure ! Nous allons boire une bonne bouteille de vallet, et nous allons causer.\u2014 Mon cher Poulpiquet.si boirons la bouteille sans cloute, pour pas te désobliger.Et puis après nous rentrerons chez toi.parce que te parler très sérieusement.\" en disant ces mots, le matelot avait un air particulièrement grave.\u201c Diable ! fit Halgouët.Tu as donc du nouveau ?\u2014 Tu verras.\u201d On expédia rapidement la bouteille, et.un quart d\u2019heure plus tard, les deux amis, la pipe aux dents, s\u2019asseyaient seul à seul dans le modeste mais confortable logis du patron pêcheur.\u201cTiens, dit Poulpiquet.voici ce que j'ai trouvé en rentrant dans ma cambuse.\u2019\u2019 Et il tendait une lettre à son compagnon, qui en lut tout haut le contenu.I lalgouël.répondit tu le veux bien, nous venir.occupation, deux êtres tournaient autour de lui avec une égale inquiétude : c\u2019étaient Sésostris et Syria, le jeune mousse et la chienne danoise.Les yeux bleus du petit Breton se fixaient sur les siens avec la même anxiété que les yeux vérons du grand chien gris, et sous ce double regard Halgouët se troublait et se demandait ce qu\u2019il adviendrait.lui parti, de la bête fidèle et de l\u2019enfant tout seul \u2014 Naturellement.Remarque bien que je n\u2019accepterai définitivement qu'une fois à Londres, et là je saurai à quoi m\u2019en tenir.\u2014 Quand pars-tu ?\u2014 Dès demain matin, par le train de fi heures.Je m\u2019arrêterai à Vannes pour toucher le chèque, et je reprendrai le chemin de fer pour me rendre à Dieppe, où je trouverai le bateau de New-Haven.\u2014 Eh bien ! mon vieux, buvons un dernier verre à la réussite de ton voyage, et rentre chez toi.si tu veux dormir quelques heures.Pour prendre le train de Questembert à fi heures, il faut partir d\u2019ici à 4 heures et demie.T'es-tu précautionné d\u2019une carriole ?\u2014 Pas encore.ne J \u201c Ah çà ! dit-il avec brusquerie, qu\u2019est-ce que tu as à me regarder comme cela, moussaillon ?Je m\u2019en vais.Eh bien ! après?Tu resteras ici, tu continueras à loger dans la soupente, et tu as toujours La place à bord de la Momie.Eh bien ! alors ?.\u2014 Ah ! patron Halgouët, je sais bien que vous axez assuré mon sort; mais ça ne fait rien, vous ne serez plus là.Et moi, je n\u2019ai que vous, comme cette pauvre bête.Si vous vouliez nous deux Syrta \u201d ?Je m'en charge, ne t\u2019inquiète de Il va sans dire que je te ferai un Londres, le 30 ax-ril 1803.rien.bout de conduite.\u201d Le lendemain matin, les deux amis attendaient sur le quai de la station de Questembert.Ils ne parlaient pas.Poulpiquet était assis, mélancolique, sur sa petite malle, et Halgouët fumait tristement sa pipe.On entendit le sifflet du train.\u201c Allons, dit Halgouët, voilà le moment.C'est égal, je croyais bien que nous travaillerions toujours ensemble ! \u2014 Une année ! balbutiait Poulpiquet, ce n\u2019est pas bien long.\u2014 Dans tous les cas, tu sais que, quoi qu\u2019il arrive, tu auras toujours la meilleure place sur la Momie.-Oui, je le sais, mon bon Jean.Maintenant j\u2019ai encore une dernière chose à te demander.\u2014Je la connais, et tu n\u2019as besoin de me rien dire.Pendant que tu ne seras pas là, je veillerai sur la famille de ta fiancée, et je m\u2019arrangerai pour qu\u2019ils aient toujours tout le nécessaire.\u2014Merci, tu me porteras cela en compte.\u2014 C\u2019est bon.Surtout donne-moi des nouvelles.\u201cSi le matelot scaphandrier Yves Poulpiquet est actuellement libre d\u2019engagement, le capitaine Soriano lui en offre un aux conditions suivantes : contrat d\u2019un an.à trois cents francs par mois ; gratifications pour les descentes exceptionnelles; part dans les bénéfices.L\u2019entreprise est parfaitement honorable.\u201c M.Poulpiquet trouvera sous ce pli un chèque de deux cents francs sur la succursale de la Société générale à Vannes.S\u2019il accepte en principe la proposition qui lui est faite, il en touchera le montant et viendra immédiatement à Londres, pour s\u2019entendre définitivement avec le capitaine Soria-En cas d\u2019impossibilité ou de refus, il voudra bien en informer ledit capi-1F' tainc en lui retournant le chèque inclus.nous emmener.On a toujours besoin d\u2019un mousse partout, et un bon chien, ça sert aussi quelquefois.\u2014 Au fait, murmura Halgouët.c\u2019est vrai qu'on a toujours besoin d'un mousse à bord.Pourquoi pas lui ?Quant à Syria, c'est bien le diable si sir Owen ne me la laisse pas embarquer, quand cela ne serait qu\u2019à cause de son nom.\u201d Notre ami prenait, en général, assez rapidement scs résolutions.\u201c Allons, fais tes malles.Sésostris, je t\u2019emmène.\u201d Cette expression : \u201c Fais tes malles, \u201d était une pure métaphore.En deux minutes, Sésostris, sautant de joie, avait noué dans un immense foulard une vareuse, un pantalon, un suroit, deux chemises de laine, quatre mouchoirs, un vieux biniou dont il jouait au temps où il courait les routes, cinq lignes à pêcher, trois navettes à faire du filet, un paroissien, trois paires de chaussettes, un béret, un bâton de réglisse et une chromolithographie représentant l\u2019amiral Courbet, toute sa fortune.Il s'apprêtait à y joindre \u201c Mon cher Halgouët, \u201cVos vieux amis ont besoin de vous pour une œuvre utile, à laquelle ils se sont consacrés.Si vous êtes libre, prenez mercredi prochain, à minuit, le bateau de Calais à Douvres, et venez me retrouver à Londres, jeudi matin à midi.Je vous expliquerai ce dont il s\u2019agit.Nous serons heureux de vous avoir avec nous.Bien que je sache que je n\u2019ai pas besoin d\u2019aborder avec vous cette question, j\u2019ajoute que vos intérêts n\u2019en souffriront pas.\" Votre dévoué, no.\u201c Signe : Julio Soriano.*' 122, Strand, W.D.London.\u201d > \u201c Owen Townsend.\u201c Voilà le chèque, ajouta Poulpiquet en tournant dans ses doigts la petite feuille de papier oblonguc.teintée de rose.trc.\u2014 Commandant ! docteur ! c\u2019est N\u2019aie pas peur.Au revoir, ami.Au revoir, frère.\u201d vous ! répondit Halgouët suffoqué.Ah !\t> que je suis-hêureux de vous retrouver ! 1 \"94, Kensington Road, W.E.'\t\" London.\u201d t 8948534848235348535348485323485353485323234853485353534823534823235348535348232323232348 6 LE NATIONALISTE, MONTREAL, DIMANCHE 27 OCTOBRE 1918 VOL.XV.\u2014 No 3\u2019.-*\u2022< ¦ P A vrai dire, je m\u2019v attendais bien un peu, mais pas si tôt.Aussi je me di* sais, en vous voyant tranquillement installés sur le pont par ce satané temps : Voilà des pai tlculiers qui doivent avoir une fière habitude de la mer.Cette malice ! c\u2019étaient le commandant de Malhcr et le docteur Sergeant ! La moitié de cette belle tirade s\u2019était perdue dans le bruit du vent.La conversation devenait difficile.Le commandant émit l\u2019idée de descendre au salon, et ses compagnons le suivirent.à peu près cinq jours sur sept, je n\u2019ai pas beaucoup le temps de lire.\u2014 Eh bien ! s\u2019il en est ainsi, nous vous expliquerons ce dont il s\u2019agit.Seulement, comme c\u2019est un peu long et qu\u2019on est assez mal ici pour causer, nous remettrons l'explication jusqu\u2019au moment où nous serons en chemin de fer, d\u2019autant plus que nous sommes arrivés, si je ne me trompe.Oui.mon brave Halgouët, nous allons encore naviguer, et naviguer ensemble.\u2014 C\u2019est un voyage intéressant?\u2014 Extraordinairement.Mais, tenez, voilà que nous entrons dans les eaux calmes.Nous sommes à Douvres.Montons vite.Avez-vous des bagages ?\u2014 Une valise.Mais j\u2019ai autre chose.\u2014 Quoi donc ?\u2014 Un galopin, qui se sert précisément de ma valise comme d'un oreiller.Attendez que je le réveille.Allons, hop ! Sésostris !.\u2014 Sésostris ?\u2014 Oui.tuant une sorte de récif mouvant soit à la surface, soit entre deux eaux, lors qu\u2019en un mot c'est une épave, triste débris d\u2019un autre naufrage, qui vient sournoisement, sans que rien annonce son approche si elle flotte à quelque profondeur, sans qu\u2019on puisse l\u2019apercevoir à temps par la brume si elle surnage, qui menace la route des navires marchant à une allure de seize nœuds, et exposés à les heurter par conséquent avec une vitesse de huit à neuf mètres à la seconde.Il y a là pour la navigation un danger permanent, dont tous les hommes de mer se sont occupés.francs), ce qui a déjà fait une brèche considérable à sa fortune personnelle.Sa Majesté la reine Victoria a souscrit personnellement pour cinq mille livres (125 000 francs).Le président de la République française a envoyé cinquante mille francs.Le branle une fois donné, les dons ont afflué, venant des chambres de commerce des villes maritimes, des amirautés des différents pays, des armateurs, des compagnies d\u2019assurances maritimes; et aujourd\u2019hui le capital nécessaire est, à peu de chose près, entièrement souscrit.\u2014 Ce que ne dit pas le commandant, interrompit le docteur Sergeant, qui jusque-là avait écouté en silence, c\u2019est que lui-même a vendu quelques fermes pour contribuer au succès de l\u2019entre- cas, c\u2019est la cargaison elle-même qui, sous l\u2019impulsion des gaz dégagés sous l\u2019action de l\u2019eau de mer, fait l\u2019office de flotteur, les bulles de ces gaz s\u2019emprisonnant entre les matières que l\u2019eau gonfle jusqu\u2019à créer dans la masse une infinité de cellules presque étanches.Ce qui est certain, c\u2019est que beaucoup de ces épaves flottent, et nous serons certainement amenés, au cours de notre campagne, à trouver l\u2019explication de ce singulier phénomène.\u201c Mais ce qui est extraordinaire, c\u2019est que les nations intéressées n\u2019aient pu arriver encore à se mettre d\u2019accord pour une action commune en vue de débarrasser de ces obstacles la navigation de l'Atlantique.Les capitaines des compagnies privées, toujours préoccupés d\u2019accomplir leur trajet dans le plus court espace de temps possible, se contentent de dévier légèrement de leur route pour éviter l\u2019épave.Quant aux vaisseaux de la marine militaire, c\u2019est très rarement que, si le temps est beau et s\u2019ils sont en avance, ils se risquent à mettre une embarcation à la mer pour aller planter une cartouche de dynamite au flanc d\u2019une carène qui flotte la quille en l\u2019air.Neuf fois sur dix, d\u2019ailleurs, l\u2019effet de l\u2019explosif est à peu près nul dans ces bois devenus pâteux, qui crèvent à peine à la détonation et continuent quand même à surnager.Un jour, le Washington.grand croiseur cuirassé des Etats-Unis, se lança à toute vapeur contre le Jean-et-Amélie, qu\u2019il avait essayé deux fois sans succès de faire sauter.L\u2019éperon s\u2019enfonça de trois mètres dans les bordages pourris; l\u2019épave ne coula pas; mais, en revanche, toute la verrerie et la vaisselle du bord fut endommagée par le choc, des cloisons se disjoignirent ; les machines, ce qui était plus grave, furent avariées, et le commandant du croiseur ne jugea pas à propos de renouveler l\u2019expérien- M L\u2019aspect du salon était lamentable.Les passagers étaient affalés sur les banquettes comme des paquets.De temps à autre, une voix geignarde implorait le steward et réclamait du soda-water.Sous les couvertures, on voyait apparaître, à demi enfouies, des figures décomposées, des têtes hérissées, des moustaches piteuses, des mains qui se convulsaient à chaque fonçure du navire.Des femmes, ayant à peine la force de se plaindre, laissaient échapper des miaulements plaintifs et s\u2019essuyaient le front avec les rubans de leurs chapeaux.Un gros gentleman était allongé sur le dos.le bras pendant.Syria.qui, contre tous les règlements, avait suivi son maître, jugea à propos d\u2019aller flairer le malheureux.Et alors ce fut pitié de voir cet honnête voyageur balancer sa main, comme pour chasser une mouche, en disant, en murmurant, sur une seule note en mineur : \u2014 Mais, demanda Halgouët, ces épaves sont-elles donc en si grand nombre.qu'elles constituent, dans l\u2019immensité des mers, un péril aussi menaçant ?/ prise.\u2014 Naturellement; je ne pouvais pas laisser mon oncle marcher tout seul; mais cela importe peu.On a donc mis immédiatement sur chantier un bâtiment spécial, dont sir Owen et moi.assistés d\u2019un des plus éminents ingénieurs de la marine française, avons établi les plans.Ce navire, qui a été mis à l\u2019eau il y a un mois et complète en ce moment son armement, s\u2019appelle le Scavenger.Vous le verrez dans quarante-huit heures à Liverpool, et vous jugerez, vous qui êtes un matelot expérimenté, de ses aptitudes à remplir la mission qui lui est assignée.Dès qu\u2019on aura procédé aux essais, nous prendrons la mer.et nous vaquerons à notre besogne de \u201c nettoyeurs \" de la mer; besogne dont l\u2019humilité apparente est singulièrement relevée, à y mon sens, par les dangers à courir et yr par la grandiose utilité du but proposé.^ Et maintenant, ajouta l\u2019officier, voyez, mon cher Halgouët.si vous voulez être des nôtres.\u2014 Moi, commandant ?mais, sur un signe de vous, j\u2019irais au bout du monde.C\u2019est-à-dire même, ajouta-t-il en se grattant la tête, que je voudrais bien.parce que.vous savez.Le pauvre garçon s\u2019arrêta, très embarrassé, dans sa phrase entortillée.\u201cQuoi donc, Halgouët ?demanda Georges de Malher.\u2014 Voilà, reprit le patron de la Momie en s\u2019enhardissant : j\u2019ai encore de côté deux billets de mille francs, que je dois un peu à sir Owen, puisqu\u2019ils proviennent de ma fameuse récolte chez l\u2019orfèvre égyptien de Syrta.Je voudrais bien souscrire aussi moi.si sir Owen x Non.si vous considérez, comme vous le dites, l\u2019immensité des mers; oui.si vous vous occupez des routes, aujourd\u2019hui nettement définies et délimitées, en raison des progrès de la science, que suivent les navires à travers les océans.La rigidité des lignes de parcours adoptées est telle, que l\u2019on peut, à l\u2019heure présente, assimiler les navires à des voitures suivant un chemin de grande communication.Or voyez ce qui se passerait sur nos routes départementales si des véhicules sans maître erraient, nuit et jour, dans l\u2019obscurité ou dans les brouillards, traînés par des chevaux sans guides.Toutes proportions gardées, cette comparaison est rigoureusement juste.\u201c A plusieurs reprises des collisions ont eu lieu, notamment sur la ligne du Havre à New-York, entre les transatlantiques et des épaves.Il n\u2019est pas de bateau qui fasse une traversée sans en apercevoir quelques-unes.Les rapports des capitaines sont pleins de ces funestes et sinistres apparitions.Certains, parmi ces revenants de la mer, ont une histoire et sont à peu près retrouvés par tous les navires.C\u2019est ainsi que.dans une douzaine de rapports de navigateurs appartenant à toutes les nationalités, on relève le nom de Y Amsterdam, grand quatre-mâts hollandais coulé voici tantôt trois ans dans les parages de Terre-Neuve par le Kœnig-David, de Brême, qui put recueillir l\u2019équipage.Il en est de même du Cervantes, voilier du port de Santander, abandonné à la suite d\u2019une énorme voie d\u2019eau; du trois-mâts anglais le Fox, incendié jusqu\u2019à la flottaison.et dont la carène noircie a été aperçue plus de vingt fois; du trois-mâts-barque Rainbow, également anglais.démâté par un cyclone et à moitié éventré par les coups de mer; du brick français Jean-et-Amélie, de Saint-Nazaire.qui, également démâté, rasé comme un ponton, privé de gouvernail, erra pendant quarante jours et fut rencontré par un baleinier à hauteur du cap Charles, alors que les matelots qui le montaient n\u2019avaient plus ni eau ni vivres depuis trois jours; le baleinier essaya de le remorquer, mais les amarres se rompirent, et l\u2019infortuné brick erre à la dérive.Je pourrais citer encore le trois-mâts norvégien Scandinavia, sabordé par son propre équipage à la suite d\u2019une révolte; le steamer argentin Constiiucion.dont les bor-dages pourris de vétusté s\u2019ouvrirent dans une tempête ; le baleinier Sainte-Lucie.de Dunkerque ; le navire-citerne américain Liberty, qui transportait des pétroles, et une infinité d\u2019autres dont le nom m\u2019échappe, mais qui tous ont été vus souvent d\u2019assez près pour qu\u2019on pût distinguer les noms à demi effacés inscrits sur leurs couronnements.Et je ne parle pas des innombrables épaves anonymes, de toutes dimensions, dont on ignore l\u2019état civil.Je laisse de côté toutes celles qui se maintiennent à de petites profondeurs et ne décèlent leur présence que par le choc dangereux de leur masse contre les œuvres vives des bateaux en cours de route.Mais comment ces épaves ne coulent-elles pas à fond ?demanda Halgouët.On y va pourtant, au fond.Nous en avons fait l\u2019expérience à bord du Sirius, commandant.\u2014 Les unes sont en bois et surnagent en vertu de la densité du bois, après que, dans les multiples évolutions imprimées au navire autour de son axe par les flots, la cargaison alourdissante s\u2019est séparée de lui.Dans d\u2019autres je l'ai appelé comme cela en souvenir de notre petite excursion dans la vieille Egypte.\u2014 Et qu'est-ce que vous allez faire de ce gamin-là ?\u2014 Ma foi, c\u2019est de la graine de fin matelot.Il était embarqué comme mousse à bord de la Momie, vous savez, ma belle barque que je viens de quitter.Ça n'a ni père ni mère, ça n\u2019a que Jean Halgouët.Alors, comme j\u2019allais partir.il m\u2019a fait remarquer qu\u2019on a toujours besoin d\u2019un mousse.J\u2019ai pensé que.puisque je serais avec vous, il pourrait venir.Et vous avez eu raison.Hal- No do do-o-o-ogs ! \u201d Près de l\u2019entrée, un grand monsieur très correct s\u2019efforçait de faire bonne contenance.Il tenait d\u2019une main un petit flacon de sels et de l\u2019autre une petite fiole de rhum.Il ne délaissait les sels que pour faire appel au rhum, et réciproquement.A côté de lui se trouvait un jeune homme très brun, qui résistait mieux, bien qu'assez pâle.Ah ! monsieur Novellarès, disait le monsieur correct, ah ! je suis bien malade, bien malade ! \u2014 Mon pauvre monsieur Siftadaux.répondait le jeune homme, comme je suis fâché î Dire que c\u2019est pour nous ! Respirez des sels, monsieur Siffadaux.respirez-en bien.\u2014 J\u2019en respire, j\u2019en respire beaucoup; mais ça ne m\u2019empêche pas d\u2019être malade, bien malade ! \u2014 Buvez un peu de rhum, mon bon monsieur Siftadaux.Xo dogs ! 4 4 % « gouet.Le mousse dormait à poings fermés.Le mouvement du navire n'avait eu d\u2019autre effet sur lui que de le faire ronfler comme un tuyau d\u2019orgues.\u201cOù sommes-nous?demanda l\u2019enfant en se frottant les yeux.\u2014 Pour le moment en Angleterre, et après ça où il plaira à ces messieurs 1 Ça ne peut être que sur une bonne route, et tu peux te vanter d\u2019en avoir une chance ! ce.4 4 \u201c Et les épaves continuent toujours à menacer les marins.Par les gros temps, elles surgissent subitement dans l\u2019obscurité de la nuit, enlevées par les larges houles, avant qu\u2019on puisse les éviter ; elles s\u2019abattent, comme de gigantesques béliers, sur les parois des navires, brisant les embarcations, les aplatissant contre les préceintes sous leurs porte-manteaux, défonçant les bordages.arrachant les porte-haubans, lorsqu\u2019elles prennent le navire de flanc ; émoussant les étraves, éven-tranl les bossoirs, fracassant les beauprés, lorsqu\u2019elles l'abordent par l\u2019avant ; faussant les hélices, emportant les gouvernails, lorsqu\u2019elles l'assaillent par I\t\u2019 arrière.\u201c Or, ce que les nations civilisées n\u2019ont pas fait, sir Owen, lui.a résolu de le faire.De meme qu'on entretient les routes de terre, il veut assurer la liberté du passage sur les grandes voies de l\u2019Océan, et, comme il nous l\u2019a dit lorsque, pour la première fois, il nous a exposé son projet, il veut devenir ce qu\u2019il appelle modestement un cantonnier sur l\u2019Océan.\u2014 Cela ne m\u2019étonne pas de la part de sir Owen, qui est bien l\u2019un des hommes les plus généreux que je connaisse ; mais comment s\u2019y prendra-t-il pour mener à bien cette difficile entreprise ?II\tlui faudra un navire spécial, pourvu d\u2019engins particuliers, aménagé suivant des principes nouveaux.Il lui faudra un équipage de choix, relativement nombreux, et la croisière de ce navire sera en outre forcément longue.Or, pour réaliser un tel programme, il faut beaucoup d\u2019argent.Je sais bien que sir Owen est fort riche ; mais encore.\u2014 Sir Owen a une assez belle fortune, en effet, répondit Georges, mais pas aussi considérable qu\u2019on le dit.On l\u2019a cru très riche, parce qu\u2019il possédait un très beau yacht, V Investigator, que nous ne connaissons que trop.Mais cette belle et coûteuse fantaisie scientifique absorbait le plus clair de son revenu, et son train, à terre, est relativement modeste.Aussi n\u2019aurait-il pu, avec ses ressources personnelles, pourvoir seul aux besoins de l\u2019expédition, qui sont évalues à environ trois millions.C\u2019est pourquoi il a fait annoncer son projet par la voie de la presse, dans tous les pays du monde, en organisant une souscription, en tête de laquelle il s\u2019est inscrit lui-même pour trente mille livres sterling (750 000 « » * y y LES REVENANTS DE L\u2019OCÉAN Nos amis se réconfortèrent solidement au buffet de Douvres, avec ce robuste appétit qui est le privilège des gens de mer.Après vingt minutes consacrées au déchargement des bagages.ils se retrouvèrent tous confortablement installés dans un compartiment de première classe.Le hasard plaça à côté d'eux le monsieur correct qui avait été si sérieusement éprouvé par le mal de mer et son jeune compagnon.c'est-à-dire l'estimable Rémy Siftadaux et le fils du général Novel-larès.Ce voisinage gêna d\u2019abord un peu nos voyageurs.Mais Georges de Mal-her réfléchit qu après tout, ce qu\u2019il avait à dire à Halgouët n'avait rien de secret, puisque le projet qui les amenait tous trois en Angleterre avait été exposé dans presque tous les journaux.Il mit donc son ancien matelot au courant de l\u2019entreprise, et lui développa en même temps le but proposé et les moyens à employer pour l\u2019atteindre.Vous savez, dit-il, que sir Owen Townsend a gardé une profonde impression de la catastrophe dans laquelle nous avons failli périr.Depuis cette époque, l\u2019attention de cet homme, si passionnément épris de toutes les choses de la mer, s\u2019est portée avec persistance sur la question des abordages.Ce problème, malheureusement, est toujours d\u2019actualité.Récemment encore, l\u2019épouvantable naufrage d\u2019un transatlantique allemand, Y Elbe, coulé à la suite d'un abordage avec le steamer anglais The Gratine, et dans lequel trois cent quatre-vingts personnes ont péri sur les quatre cents qui montaient le navire, a causé dans le monde entier une indescriptible émotion.\u201c Or les abordages sont déjà à redouter lorsqu\u2019il s\u2019agit de deux navires en bon état, montés par un équipage d\u2019hommes valides et dirigés par des officiers expérimentés, qui suivent scrupuleusement les règlements internationaux ; mais combien ne le sont-ils pas davantage lorsque l\u2019un des deux navires flotte au hasard sur l\u2019Océan, sans direction et sans signaux, consti- eonsentait à accepter ma modeste obole.\u2014 Mon ami.répondit le commandant, gardez cette somme, vous l\u2019avez bien gagnée ; ce sera assez de vous Il va sans dire que nous vous \u2022\u2014J\u2019en bois, je ne fais que ça ! Jamais je n\u2019ai bu autant de rhum ! Si mes élèves me voyaient, monsieur No-vellarès !.Et encore, mes élèves, ce ne serait rien; mais leurs parents ! Si leurs parents me voyaient boire tout ce rhum ! Et dire que malgré ce rhum je suis malade, bien malade ! Ah ça ! on n\u2019arrivera donc jamais ?.Quel bateau ! quel sabot ! il ne marche pas .Il y a au moins trois heures que nous sommes partis ! \u2014 Un peu de patience, répondait le jeune homme, qui lui-même n\u2019était pas très fier, à l\u2019infortuné Siftadaux; un peu de patience, il n\u2019v en a plus que pour vingt minutes.\u2014 Vingt minutes !.\u201d Et Siftadaux, navré, porta en même temps à sa figure les sels et le rhum, ce qui fit qu\u2019il respira du tafia et avala de l\u2019acide acétique.Halgouët les considéra avec une douce pitié.Il s\u2019assit près de la table, sur un des fauteuils tournants, après le commandant et le docteur.Les capuchons s\u2019étaient abaissés, et l\u2019on voyait en pleine lumière la belle et énergique figure du lieutenant de vaisseau Georges de Malher et la physionomie fine et vivante du médecin de marine Lucien Sergeant.\u201c Ainsi, dit l\u2019officier.Halgouët, vous allez être des nôtres ?\u2014 Ma foi, commandant, j\u2019ai reçu une lettre de sir Owen, dans laquelle il voulait bien me dire qu\u2019il avait besoin de moi.Dans cette lettre il y avait un certain nous qui m\u2019a fait penser que je vous retrouverais tous les deux, et alors je suis parti, bien que je ne sache pas un traître mot de ce \u2022que je vais faire.\u2014 Comment ! Mais vous ne lisez donc pas les journaux ?\u2014- Les journaux ?A Biliers, les recevons trente-six heures avoir.ferons à bord une situation en rapport avec vos capacités, que je connais, et votre instruction, qui est rare pour un matelot.\u2014 Le fait est.ajouta Sergeant.que vous nous avez été singulièrement utile dans notre excursion souterraine et sous-marine.Vous rappelez-vous la fameuse muraille de granit, par-dessous laquelle vous nous avez fait passer, parce que.seul d\u2019entre nous, vous saviez que les Egyptiens ne faisaient pas de fondations à leurs murailles ?.Là-dessus on aborda le chapitre des souvenirs.Et ces trois hommes, qui ne s\u2019étaient pas revus depuis leur retour en France, à la suite des dramatiques circonstances qu\u2019ils avaient traversées ensemble, éprouvaient un plaisir ému à rappeler les angoisses et les effrayantes péripéties de la lutte de vingt jours qu\u2019ils avaient stoïquement et triomphalement soutenue ensemble contre toutes les forces de la nature.Or, pendant toute la durée de leur conversation, ils n\u2019avaient pas pris garde à l\u2019allure de leurs compagnons de route.Dès les premiers mots qu\u2019ils avaient échangés relativement projet de sir Owen, Novellarès avait poussé du coude le brave Rémy Siffa-daux, qui, accoté contre l\u2019angle du compartiment, s\u2019efforçait de demander à un sommeil réparateur l\u2019oubli des affres de la traversée de Calais > Douvres.» i * t mon brave 4 au nous en ref tard.Et puis, comme je suis en mer .(i suivre)\u2019 1 j 7 LE NATIONALISTE.MONTREAL.DIMANCHE 27 OCTOBRE 1918 VOL.XV.\u2014 No 37 =1 LES SPORTSI Chapeaux CONTE DU DIMANCHE «1RS £ DE PIMPRENELLE VEL° par $ 5.00 HEMR Y DE FORGE Le rapport des opérations de 1917-18, dont nous avons publié les faits principaux, le 2 du courant, lut adopté, consignés officiellement.Voici quel est le nouveau bureau de direction: Président \u2014 Alex.Wright.Vice-presidents \u2014 Geo.Boyle, H.Grenier.Secrétaire - trésorier Amiot.52 rue Couillard, tél.1X81.Ass.-sec.-trés.\u2014 Os.Paquet, de Lévis.6.00 DANS LE MONDE DES QUILLES \u2014Eh! bien, Soli vaux?\u2014Eh ! bien, pays?\u2014Qu\u2019est-ce qu'on m'a chanté, tou! à l\u2019heure, que tu étais de patrouille cette nuit?Sûrement on a voulu se payer ma tête et la tienne.\u2014Nullement, c'est la vérité.Allons donc! Les patrouilles, ce n'est pas du boulot pour un vieux père de famille connue toi et un père tranquille.D'ailleurs, on n'a pris que des volontaires.\u2014Justement, c'est en volontaire 7.00 CE QUE LES JOUEURS DE QUILLES DOIVENT SAVOIR 8.00 R.& A.MASSE, 10.00 12.00 15.00 Edgar 255-est, Ste-Catherine Les séries sont interrompues-Les records et les championnats de VAssociation de Quilles de Montréal-Les règles du jeu Près Suint-Denis \u2022 » que j y vais.\u2014Alors.Ion cerveau est en train de se détraquer.\u2014Laisse - moi donc tranquille, avec ta blague éternelle de Parisien.d'ouvrier d\u2019usine.Et.attention!.Voici une marmite a notre adresse.On n\u2019est pas trop bien, dans cette tranchée pour les recevoir, les marmites.\u2014Trop à gauche.au fait!.c'est peut-être bien toi qu\u2019ils cherchent.Ils auront su qu\u2019il y avait derrière ces créneaux un homme distingué.\u2014Ne charrie pas.1 n grrrand poète.-El puis quoi encore?Et puis.tiens.une autre marmite.Trop à droite.Y a pas à se frapper, du reste.Paraît que ce sont des Poméraniens, depuis la relève d\u2019hier.Très bon gas, j * les Poméraniens! Dis plutôt des Prussiens, capitaine l\u2019a affirmé devant moi.I c'est su par un prisonnier.Le sont même des Prussiens rame- j nés de (ialicie.et un peu nerveux.ENCOURAGEONS L\u2019OEUVRE DE L\u2019ASS.NATIONAL \u2022 # n\u2019ait atteint les quilles.Aucun point ne sera compté pour | une boule hors jeu et toutes les j quilles renversées ou déplacées par cette boule devront immédiatement être remises en place.Une boule hors jeu comptera comme une houle jouée.L\u2019usage des houles chargées est interdite.INSCRIPTION DES JOUEURS 4vanl de commencer à jouer, le capitaine de chaque équipe devra faire inscrire, avec ses initiales, chaque joueur ( il le faisant signer lui-mème dans le registre des parties, et à défaut de l\u2019observation de ce règlement le club délinquant devra payer SI.OU d\u2019amende pour chaque offense.Le capitaine sera tenu responsable de chaque effraction à ce règlement.ROTATION DES JOUEURS.Une fois le jeu commencé aucun changement ne pourra être fait dans la rotation des joueurs inscrits dans une partie (match).NOMBRE I)E JOUEURS.On n\u2019aura droit qu\u2019à six joueurs seulement par équipe par série de trois parties et lorsqu'un nouveau joueur arrive il ne peut faire partie de l\u2019équipe que lorsqu'une partie nouvelle commence.LES PRATIQUES.Les pratiques seront permises que de N heures à N heures IÔ après quoi la partie devra commencer.LE CHOIX DES ALLEES.Les (piiHeurs sont actuellement inactifs à cause de l'épidémie de in grippe espagnole qui sémil actuellement en notre ville et dans tout le Dominion.L'ordre du Bureau dTIygièhe de fermer les salles de quilles cause un lort considérable aux propriétaires de ces salles d'amusements mais ils comprennent l\u2019importance de combattre ce fléau cl ils sv conforment, comme tout hou citoyen doit le faire, à l'ordonnance de nos autorités municipales.L\u2019on peut estimer que plus de huit cents joueurs font partie des clubs régulièrement organisés dans la ville de Montréal et depuis quinze jours ces amateurs d\u2019exercices physiques ne peuvent pratiquer leur sport favori.Dans la métropole le sport des quilles est de plus en plus populaire cl aujourd'hui nous comptons quatorze importantes ligues locales.L\u2018Association de Quilles de Montréal (Montreal Bowling Association ) doit être placée au premier rang car cette ligue compte déjà huit années d\u2019existence et comprend quarante-deux clubs, dont six dans la classe A, quatorze dans la classe B et vingt-deux dans la vinsse C.Cette association a pour officiers les quillcurs suivants : Président : Martin-.!.Kaufman.1er vice-président: Rodrigue La moureux.2e vice-président : Wm.-A.Rry- v.sm: ,«\u2022 » ¦* \u2022 L\u2019homme d\u2019après-guerre s\u2019habituera peu à peu à l\u2019idée que les concurrences internationales lui commandent de ne pas laisser sa propre nationalité fléchir en nombre et en qualité devant les autres et qu\u2019eu même temps les conditions assez ru- Si a la fin du dixième tableau les / OPINIONS DIVERSES \u2022> \u20221 En Allemagne, les ! opinions sont apparemment fort 1 partagées au sujet de la note du président Wilson.D'un côté, les La commission il hygiene s est reu- journaux des conservateurs, des nie de nouveau, samedi midi, pour militaristes ci des junkers clament discuter certaines questions urgcn-|(,lle )e président veut subjuguer et tes.entre autres celle d\u2019une nouvelle annihiler l'Allemagne.D\u2019autre part, proclamation, croyons-nous, qui sera lvs journaux libéraux apprécient publiée dans les journaux de lundi p0fforl (Ille fait },.président pour prochain.\tpacifier le monde.C ette proclamation, quon est ne- Lvs ^lenient:, réactionnaires lut-tucllenient a rédiger, contient de |eri désespérément pour conserver nouveaux conseils cnn sont de nain- |cu|.s ,\u201ei\\ilcues H leurs Inulilions.re, s ils sont suivis 11 enrayer davan- ,\u201e.lis leurs ;i,|Versaircs expriment tnge la marche du fléau.\tp, confiance que les libéraux au Reichstag et le gouvernement sont i suffisamment forts pour les maîtriser.On regarde comme favorable à la cause libérale et à la paix, le vote de confiance donné au Reichstag.26.Renie.»\u2022 U * e * Congé- ccs (liés Capa- cité Lits Dé-oev.Noms i Alexandra .Chinois .76 76 II \u2022> 12 4 II il .1 76\t1 711 \u2022* .) \u2022 1 * 63 I 1.) UNE VIVE RIPOSTE pas fail com- LA POUSSÉE VERS LA MEUSE Toute une partie de l\u2019a- 473,615 Près-midi de samedi ont été P lovées aux plaidoiries.Me Dutaud.représentant l'inculpé, a prétendu : (pie la déclaration avait été extor-Pcndant le mois d'août 1918, quée de Goodman.De plus Good-comparé à août 1917.il y a eu pro-] man était de bonne foi, prétend-il.grès à l'exportation de nos produits lorsqu'il est resté un mois sans se (les mines, des pêches et des forêts, rendre aux casernes.11 avait vu son avocat.Me Cressc, MORT DE M.Articles divers.Les chefs républicains répondent à Wilson, à la suite de son appel à l\u2019électorat américain, que la guerre actuelle n\u2019est pas la guerre du président, ni du congrès, ni d\u2019un parti politique.610,986 cm EDGAR CLEMENT De violents combats se livrent de Valenciennes à la Meuse et les Alliés continuent à gagner sensiblement du terrain.*177,366.148\t*103,019.447 Nous avons appris avec regret la mort de M.Edgar Clément survenue au No 528 Ave.Greene, le 24 octobre 1918.pneumonie, à la suite de la grippe espagnole.Edgar Clément était né à Saint- II n succombé à la mais il y a eu déclin aux articles : produits animaux, produits agricoles et objets manufacturés, \u2014 ainsi par le tableau qui lui avait fait obtenir une \u201cpasse\u201d.Dans la suite cette \u201cpasse\u201d a été prolongée mais1 Washington, 26.\u2014 L'appel que le , j.on ne sait pas qui.Le capitaine Vie- président Wilson a adresse au corps lor Béique a aussi fait une longue électoral, recommandant l'élection plaidoirie pour prouver que Good- d'un Congrès démocrate, aux élec-Aoùl 1918 ,min était réellement un déserteur lions de novembre, si on approuve | et devait être considéré comme tel.sa politique, lui a attiré une réponse $ 7.776,231 Le juge avocat, Me Gosselin, a en- ' vigoureuse, sous forme de déc lara-suite fait un résumé succint do tou- lion des chefs républicains à la 2.751,831 *a cause et les membres de la cour Chambre et au Sénat et du présina! délibéré pendant quelque temps.1 dent du comité électoral des répu-L\u2019inculpé rappelé devant le tribunal, I blicains.a déclaré n'avoir rien à dire, et les I La guerre, prétendent les chefs 17,988.859 membres du tribunal se sont immé- républicains, n'est pas la guerre du diatemont assemblés pour fixer la président, celle du Congrès ou celle 10 5X1 398 k(,nlenrc qui sera imposée n l'accusé, d'un parti américain, mais la guer-I Cette sentence sera soumise au mi-1 re du peuple américain, et le parti ni si ère de la milice, à Ottawa, et ne républicain représentant plus de la sera pas connue avant quelques se- moitié des sujets américains, domaines.\tmande la juste part de fardeau et de responsabilité que cela impose.Si le parti républicain obtient la» majorité en Chambre ou au Sénat, | Laurent le 1er décembre 18X1.Il disent ses chefs, il continuera la était le fils de feu Norbert Clément, guerre et hâtera la victoire.\tmaître-cordonnier de Saint-Laurent Le parti républicain croit que la et de Mme Guiilclmino Pigeon.Il question de la reddition doit être épousa en 1907, Mlle Bertha Lapoin-laissée au maréchal Eoch.aux gé- te qui bu survit avec trois enfants: néraux et aux armées en campagne.Raymond, Albert et Jeanne.Quand les généraux annonceront Ce défunt était le frère de M.Er que l'Allemagne a mis bas les ar- nesl Clémeul, comptable-caissier de mes.alors les Etats-Unis el les Al- I» maison W.Champagne; du II.V.liés imposeront leurs conditions.J.-Adolphe Clement, C.S.C., assistant Sera-ce une cause d'abattement recteur de l'Oratoire Saint-Joseph pour nos enhciiigérunts de savoir du Monl-BoyaI: du 11.P.J.-ttaymono que le parti républicain est opposé Clement.C.S.C.missionnaire, pre à des négociations et à des discus- seulement*a Dacca.Bengale; du H.sions par notes diplomatiques Is* A.-Godefroy Clement, CeS.C.doc-adcessées au gouvernement aile- h'ur en théologie, professeur au col m and ?Le parti républicain est en lege de Saint-Laurent : du notaire faveur d'une reddition sans condi- Clément de Montreal cl de M.ijon\tEdouard Clement, typographe mi \"Devoir \".Lui survivent aussi, trois soeurs : Ernestine, épouse de M.Félix Traversa; Elizabeth, épouse de M.H or miscias Laurin et Mlle Yvonne, de Saint-Laurent.Le défunt, était au moment de son décès à l'emploi de la maison .1.-0.-H.Per ras.A la famille en deuil, dont M Edouard Clément, le \"Nationaliste\" offre scs plus sincères sympathies.(Servien «le la Presse Associée) A l'est de la Souche, la nuit a été marquée par de violentes réactions de la part de l'infanterie ennemie.I qu'on en jugeri Des combats plutôt vifs ont eu lieu dessous: Exportation f\t(Serve*» de la ITrsr.n AssociPel Paris, 2ti.veau repris et de violents combats «»e livrent de Valenciennes à la Meuse.Les Allemands se battent bien partout, mais les Alliés continuent i gagner sensiblement du terrain .\u2019ans la poussée vers la Meuse.Bien que les récents combats n aient pas été marqués par des événements sensationnels, ils ont un effet d'ensemble, cl sans compel- le terrain gagné, accroissent l'usure des réserves et du matériel allemands.Depuis 4 jours, l'ennemi i perdu plus de 15,000 prisonniers :l de 299 canons.Ses pertes totales ne peuvent pas être moins de 39.-1)99 hommes.Strictement parlant, trois grandes batailles sont engagées, et toutes Font conduites avec un égal succès pour les Alliés.Ce sont les troisième et quatrième armées anglaises qui livrent la première.Dans leur marche vers Mens, elles ont atteint la voie ferrée double de Valenciennes-! lirson.La deuxième est l'attaque du général Mangin au nord et à l'est de Laon, laquelle a donné un gain de 2 milles sur un front de 8 milles.Le général Mangin a sorti sa ligne des marécages de la région île Sisson ne.La troisième bataille v.st livrée par le général Guillau-niat, sur un front de 17 milles, de Sisson ne à Château-Porc ien, ou la ligne Hunding se joint au système de défense de Kricmhild.Les gains, en moyenne, mesurent un mille, bien qu'à certains points, l'avance ait été plus grande.I.a lutte a de nou- cn particulier dans le voisinage de Petit-Gaumont.En dépit des contre-\tAoût 1917 attaques allemandes, les Français j Produits miniers, ont maintenu leurs positions à l'est\t9 7.121,875 de la rivière.\tProduits de la pèche, La bataille s'est continuée jus-\t2.948,215 qu'à la fin de la journée, entre Sis- Produits forestiers, sonne et Chàteau-Porcion.Les\t4,799,686 Français, brisant la résistance des Produits animaux.Allemands ont enlevé les positions\t19,463,416 organisées en 1917 et que les Aile- Produits agricoles, mands ont continué à renforcer, en-\t69,146.819 Ire Banogne, Hecouvrance et le Objets manufacturés, moulin drHorpy, sur un front de 7\t52,236,233 kilomètres, atteignant une profon- Articles divers, deur de 3 kilomètres à certains mints.Les Français ont avancé ligne jusqu'au chemin allant i de recouvrancc à Condé-lez-Herpy.Plus à droite, les Français ont capturé le moulin d'Hcrpy et plusieurs centres de résistance.Nous avons capturé plusieurs prisonniers et une quantité considérable de matériel.7.512.1 11 < 87.228.211 307,351 312,307 ! I-A f.RIPPR AI X CASERNES La diminution de nos exporta- ment de nus expéditions de b le I.n ,|t, ,roLs semaines, semble être réduction de nos exportations .lob- tenant complètement enrayée.Pour jets manufactures, ou dominent les ]a première fois depuis que le .bus et autres fournitures de Ruer- mencemcnt de l\u2019épidémie, il n\u2019est pas rc, provient de ce que la produe- mort un seul soldat au cours des 24\t.\t.\t.'.°Ho\\ n n me un?c (,auBmcn\u2018t\u2018r da,,s houresde vendredi midi à samedi Déclaration de M.Hauss, le nouveau gouverneur Koyaume-uni.\tmidi.D\u2019un autre coté, le médecin i\t,,\t,\t,\t,\t.\t.c ,,\t, L exportation de nos produits général de Vannée n'a enregistre que\tallemand dC8 uCUX provinces - IV1.OOlt 8 en Æ'Sliâ.'ffKS tora,^?Â5S5\u2018dî Sût\ttient aux conditions posées par M.Wilson.I il surplus de nos denrées ali men- Jean.Quatre soldats ont pu quitter 'aires n.* sera vraisemblablement li-1 l'hôpital dans la pjournéc de vendre-1 «\u201cWssswr\u2014 ._ faits au Reichstag par M.Ricklin.dv- FEU M.AM.RAINVILLE I P\u2019Jté
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.