La Vérité, 1 avril 1896, samedi 18 avril 1896
f N UMtonguny 1er miv M Arthalmakavilw Meme AINEE Quebec .samedi 18 Avril 18V8 Ne 3e LA VÉRITÉ abonnements AVIS ÜIIIIHdR «I Eimwl'uâ».$8.00 $1.00 Toute demande de changement d’adremee doit être accompagnée de l’ancienne adrceae tin au Six mol» Klrimger (Union fostalk.i JOURNAL HEBDOMADAIRE " VERITAS LIBERAS IT VOS-LA VÊR1TE VOUS XJŒDBA IJBtLES.I.13.50 du « h Telephone : 2927 j, p.Tardivel, Directeur-Proprietaire Bureaux : lltemu Sainte-Foye pres Quebec et d’action quo nous proposons aux piys du monde : Associés de l’Apostolat.En face des tudes écrivains impies ou licencieux, empoisonnent les âmes, nous Ions organiser QUEBEC SAMEDI 18 AVRIL 1806 Puisque les habi-, notone vérité, si uniforme, si enserrée •s universellement répandues de entre les excès de droite et de gau-qui nos jours ont fait du journalisme une cee, et qui ne pose le pied qu’en tâ-vou- sorte de nécessité, l-s écrivains ca- tonnant une armée de corn- tholiqucs doivent bat, capable d’attaquer l'ennemi sur .toutes leurs forces, travailler, de Quant à l’écrivain catholique, il à faire servir à la doit toujours se souvenir que ses | guérison de la société et à la défense lecteurs attendent de lui, sur les presse, de 1 Eglise le moyen dont les enne- questions majeures doit comprendre deux corps: les écri j mis se sont emparés pour la perte de vains catholiques, les lecteurs catho- l’une et de l’autre.” Dans sa livraison d’avril, le Mes ta- son propre terrain.de Jésus, de Toulouse,, Cette soger «« crcMr public une remarquable “ Intention o-énérale, approuvée et bénie par Notre Saint-Père le Pape.” Cette intention, c'est la bonne presse.Noue tiques, devoir reproduire cette page armée de la bonne , non point “ son propre jugement, mais le jugement de l’Eglise (2).Il ne peut se permettre aucune défaillance audace irréfléchie.,}., ^oici donc\q journaliste.cet homme , BlCln é-parées.D’après la première réduction, c’était le lieutenant gouverneur en conseil qui devait faire cette nomination.Quoi qu'en ait dit sir Charles Tupper, qui a accepté cet “amendement”, ce n’est pas la meme chose.Le lieutenant gouverneur en conseil offre une certaine garantie aux catholiques, tandis que les ministres seuls ne leur en offrent aucune.Mais les amendements importent pou maintenant,et il est à peu près inutile de lo< discuter, car le projet actuel ne saura devenir la loi du pays.* * * Lundi après-midi la Chambre a recommencé la procédure inutile de la semaine dernière : elle siège sans interruption, mais ne fait à peu près rien.Mercredi matin on était rendu à l'article 15.On prétend que la dissolution du parlement aura lieu eut te semaine.Mgr Langevin a télégraphié, de Montréal, au premier ministre et à sir Charles Tapper, demandant à la Chambre de voter le bill tel qu’il est.vrai soulagement pour la conscience publique.Mais les autorités provinciales ne doivent pas s’arrêter en aussi bon chemin.Il leur reste un autre devoir à accomplir: poursuivre les personnes bien qui ont partagé les 875,000.Puisque M.Pacaud est légalement obligé de rembourser au trésor main et se jeter dans la mêlée.sa (A suivre) connues M PARLEMENT FEDERAL provincial les $100,000 qu’il a reçus de M.Armstrong, c’est qne M.Armstrong n’avait pas le droit de lui verser 80 Comme nous l’avions fait piévoir, la Chambre des communes a sie-'é toute la semaine dernière, depuis lundi après-midi à trois heures jusqu’à minuit, samedi, sans interruption, sauf deux heures, chaque soir, de six à huit.Mais cette suspension réglementaire ne mettait pas tin à la séance.A ce propos le Monde dit : “ Une séance qui dure une semaine complète, jour et nuit, >ans interruption, voilà qui n'est pas banal.Il e.-t douteux que Von trouve un tel précédent même dans les annales de l'obstruction.“Siéger en permanence pendant 119 heures, cela paraît tout d’abord possibilité matérielle.Mais quand oz rend compte de la manière dont on abuser du règlement qui régit la chambre, on voit qu’après tout.il n'y a rien dan» cet exploit de particulièrement homérique.“ Partager scs forces en se relèvent à des heures à ne inutiles, voilà tout ce qui un nombre même restreint de membres bien déterminés pour retarder indéfiniment le vote d’une loi quelconque.” De sou côté, la Fresse s’exprime comme cette Et M.Armstrong n’avait pas somme, le droit de lui verser cette somme au trésor parce quelle appartenait piovincial.Car si M .avait été réellement le propriétaire légi time des $100,000 il aurait eu le droit légal de les transmettre à M.Pacaud.Il n’aurait, en remettant cette somme à M.Pacaud, commis aucune injustice à 1 gard du trésor public, puisqu’il n’aurait fait que disposer de son propre et la province n’aurait eu aucun recours en droit contre M.Pacaud.Le tribunal, en décrétant que M.P caud doit remettre au trésor la de $100,000 reçue de M.Armstrong, déclare que cette somme u appartenait pas au donateur, mais à la province.(1) Or il ne faut pas oublier que M.Armstrong a reçu du trésor provincial la somme de $175,000.C’est pour avoir $75,000 qu’il a donné $100, 000 à M.Pacaud.Mais si les $109,000 dont M.Armstrong a fait cadeau à M.Pacaud ne lui appartenait pas, les $75, 000 — le reste de la somme soutirée au trésor — ne lui appartenaient pas davantage.Cela est clair comme l’eau de roche.Nous comptons doue que le gouvernement Paillon, maintenant qu'il a obtenu un jugement contre M.Pacaud, jugement qui établit le droit de la Province à l'argent soutiré au trésor par la collusion Armstrong-Pacaud ; nous comptons, et le public, nous en sommes certain, compte que le gouvernement Taillon s’appliquera sérieusement à faire rentrer dans la caisse provinciale la balance de la somme payée sans droit à M.Armstrong.Les ministres savent à merveille où cette somme de $75,000 est allée.La fameuse enquête de 1891 l’a établi claire- .meut.Qu’ils accomplissent donc tout leur devoir en instituant, sans rctar I, une action contre ceux qui ont partagé avec M.Armstrong la balance des $175,000.Ils auront d’autant plus de mérite à faire tout leur devoir que ceux qui ont touché les $75,000 sont des conservateurs, des amis politiques du cabinet provincial actuel.Si, par impossible, le gouvernement Taillon ne poursuivait pas le recouvre- Amistrotm o puissants, marchons hardiment à l’assaut du bill et étouffons le.M.Laurier et les libéraux suivi ont donc une large part de sabilité dans cette grave circonstance.Toutefois, c'est le gouvernement qu’il faut surtout blâmer, car, s'il l'avait voulu, il aurait pu éviter l'échec formidable qui lui arrive, à lui et à la législation dial; ice.La gouvernement n’a pas le droit de se mettre à la merci de l’opposition, surtout quand il sait que dans cette opposition il y a un élément absolument irréconciliable, sectaire, qui mettra tout en œuvre pour faire avorter la politique rielle.Au mois de juillet dernier, l’honorable M.Angers, expliquant au sénat ha sortie du cabinet, disait : qui Vont » » fi- res pon- argent ; une irn-i se peut remé- il * somme escouades qui fixes de manière pas laisser tarir le flux de paroles e.-t nécessaire à ministé- suit : “ Décidément, notre Chambre prive de rien et se croit tout permis : non contente de s’assembler pour ne rien faire, de parler pour ne rien dire et do tout promettre pour no rien tenir, voilà maintenant qu'elle se rabaisse au niveau d'un estaminet.Les injures que les députés se lancent réciproquement à la face, ne suffisent plus ; on en est rendu aux coups de poing.On se croirait dans le Kentucky.” En effet, il s'est passé à la Chambre des scènes vraiment honteuses, propres à nous dégoûter à tout jamais du régime parlementaire.Heureusement, pour nous, Canadien,-français, ce sont les députés anglais, à peu prèà exclusivement, qui, pendant cette mémorable séance, ont foulé aux pied, le» lois du décorum et du savoir-vivre.Il est à propos de faire remarquer que c’est le gouvernement qui a insisté pour que le comité général siégeât ainsi tans interruption, tous prétexte que si le comité avait levé sa séance, les obstructionnistes, conduits par IL McCarthy, ne l’auraient plus permis de se reformer.Le gouvernement aurait mieux fait, ce non» semble, d’accepter la proposition de M Laurier qui voulait que le comité siégeât chaque jour de trois heures de l’après-midi à deux ou trois heures du matin.L'obstruction aurait pu difficilement être plus désastreuse qu’elle no Ta été, puisque, malgré cette séance non interrompue d’une semaine, le comité n’a pu adopter que 12 articles du malheureux bill qui en a 112 ! Et des séances normales de douze heures, interrompue par un ajournement régulier, n’auraient probablement pas dégénéré en scandale parlementaire.Quelle sorte de besogne voulez-vous que fasse une chambre qui siège en permanence pendant six jours ?Nous trouvons donc que le gouvernement est fort blâmable d’avoir insisté sur une pareille séance qui ne pouvait être utile en rien et qui devait nécessairement être scandaleuse.A PROPOS D’UN RECENT PROCES ne se “ Je pense que le premier ministre du Canada est animé du même esprit, mais, par malheur, je crains que l’oppo-itiun faite pour empêcher l’exécution du mandat de la Heine ne soit plus grande et plus forte que son intention.L’honorable leader tient dans sa main le présent ; peut-être aucun homme au Canada peut plus efficacement que lui présenter à cette sion une législation favorable à la minorité ; mais si l’honorable premier tient le présent dans sa main, il ne peut pas on dire autant do l’avenir.” La cour supérieure de Québec, présidée par M.le juge Andrews, vient de condamner M.Ernest Pacaud à rembourser au gouvernement provincial la somme de$100,000 que le propriétaire de Y Electeur a reçue de M.Armstrong dans la mémorable circonstance que l’on sait.M.Pacaud est aussi condamné à payer l'intérêt sur cette somme, ainsi que les frais du procès.Le tout se $120,000, parait.il.M.Pacaud annonce qu'il y pel de ce jugement.La sentence de la cour supérieure nous paraît parfaitement juste.Personne n'a oublié le gigantesque scandale du chemin de fer de la Baie des Chaleurs, cause première de la chute de M.Mercier.Le gouvernement provincial, au printemps de 1891, payait à M.Armstrong la somme de $175,000 en règlement d’une réclamation contre l’ancienne compagnie, réclamation qui n’avait certainement aucune valeur legale.Pour faire accepter cette réclamation, M.Armstrong promit de verser à M.Pacaud, tout-puissant auprès du gouvernement provincial d’alors, l’énorme somme de $100,000, soit les quatre septièmes de sa réclamation.Et effectivement il lui versa cette somme, tôt l’affaire bâclée.Le chiffre ridiculement élevé de cette commission est *a meilleure preuve que la r c amation Armstrong no valu t rien en droit et en équité.Il y a donc ou collusion entre MM.Pacaud et Armstrong pour soutirer au 808- A l’appui de -es craintes, liionorab.c M.Angers citait un article du Spectator, journal tory de Hamilton, où il était dit que la même influence qui avait empêché qu’un projet de loi fut présenté à la session de juillej,existerait encore, lors do la session de janvier, “ plus ardente que jamais." monte a aura ap- “ Voilà, disait l'honorable M, Angers, ce que jo redoute.Selon moi, la législation remédiatrice, à cause do l'inaction du gouvernement, a été mise danger que la minorité peut ne jamais l’obtenir et, conséquemment, je no puis accepter la re-ponaabililéd’un tel risque." on si grand Comme on le voit, l’honorable M.Angers a parfaitement prévu, dès le mois de-juillet dernier, ce qui arrive aujourd’hui.Le gouvernement n'a rien voulu écouter.Il a fait à sa tête.(I a obstinément la législation remédiutrico janvier.C'est donc justice de le tenir pensable de l'échec actuel.Faut-il accu-ci- re in is au mois do ros- ies ministres d'aveuglement ou de duplicité ?Ont-ils remis la législation promise à la présente dans le but caché de la faire avorter ; ou sont ils sincères dans leurs efforts (!) Voici le* parole* mfmos (lu jugo Andrews : '* Now this noems to mo to enable us to put the true nature of tho transaction into a very few words, thus Uy joining tholr forces, Thom, Armstrong and Paciiud contrived to got and did get, from tho Provincial Treasury, tho following accounts, vie: Armstrong $75,000, Pacaud $100,000 and Thom for himself and his associate, all the surplus profit that this Order-inCouncil of the 21st April, 1891, might bo capable of being made to yield.In return for this Armstrong gave a mythical claim, of no real value, Pacaud gave absolutely nothing and Thom gave a prom so to do •ertain work on tl# railway." session aussi- apparents en favour da bill ?Probablement il y avait aveuglement chez les uns, duplicité chez les autres ; mais, au fond, il importe peu de savoir à quel mobile le gouvernement a obéi.Ce qui cet manifeste c est que, soit de propos délibéré, soit par imprévoyance, il a rendu impossible l’a- LA ViatlTE 3 „ .ment de toute la somme payée sans droit à M.Armstrong, le public dira que l’ac-intentée contre M.Pacaud a été inspirée, non par le dévouement des minis-intérôts de la Province, mais le désir do ruiner un adversaire po- que les catholiques de cette localité acceptent le curé que leur évêque leur a donné, ou bien qu’ils s’adressent au tribunal supérieur de Rome.Il n’y a pas à sortir de là.bien nous donner quelque explication | " là-dessus.Les dictionnaires définissent • bien, etc ainsi le mot rancune : 11 Ressentiment Un cheval regarde bien — a horse qu’on garde d'une offense ! La Minerve koks well — est un anglicisme à vingt-veut-elle nous dire de quelle offense M.quatre carats.Routhier s’est rendu coupable à l’é- personne ne prétend que latyue gard du directeur de la Vérité ?Le Réveil, de Montréal, devient de soit synonyme do valet ou d esclave.*** | plus en plus férocement anticlérical et Mais il devrait savoir aussi que dans La Presse est très mécontente de notre annonce une recrudescendence d’atta- I l’Eglise il y a le corps enseignant |arUcl(1 de h 8maine dernière : A qui ictor que M.lion- proche degré, doivent être absous, n 1 c thicr connaît si bien — comment grâce à la perfection de style que, A propos de cet incomparable imi- j>;lcjne a vo^ Virgile : débarrassés du souci de l'invention, tateur, laissez moi vous citer ce que ° ils ont imprimée à leurs œuvres.Sainte-Beuve dit dans ses Nouveaux „ “ ,C’est des mains de Virgile que Imiter ainsi, c’est créer encore., .Racine a pris Audromaque ; c est de vn ts ' cette plage de l’Epire qu’il l’a enle- vée, comme une statue grecque, légèrement amollie, de la belle époque Adrienne, pour la polir encore, la nuancer et la foudre; lui insinuer, comme d’un tendre souille, la sensibilité chrétienne et l’âme de son temps, faire d'elle enfin une prin cesse française revêtue d’idéal antique.Et d'abord, avec un art infini, il l’a purifiée de toutes les souillures de la captivité et de l'esclavage.Audromaque n'est plus la concubine de Pyrrhus, mais une reine détrônée, à laquelle il offre une nouvelle couronne.me bornerai à reproduire qu'Alexaudre Dumas fils dit à de Goethe, qui s'empara d’une pièce jouée sur un théâtre do marionnettes pour faire sou chef-d'œuvre : NOS IMMORTELS ICI ce propos “ Maintenant, puisque la représentation de ce chef-d’œuvre serait donnée chez nous pour tâcher d’inculquer à nos contemporains la bonne idée de tenter des chefs-d’ vre à leur tour, expliquons préalablement de notre mieux comment ou fait un chef-d’œuvre, facile en vérité.Voici le Rien de plus moyen : " Vous prenez une vieille légende usée et rabattue, comme le sont chez nous celles du Juif errant et de Polichinelle, au point qu'elles ne servent plus qu’aux théâtres do marionnettes ; vous prenez ensuite dans la Gazette des Tribunaux un des crimes les plus fréquemment appelés devant les assises, celui d’une fille qui a tué sou enfant après que son séducteur l’a abandonnée ; vous utilisez pour cette partie-là vos propres souvenirs de jeunesse, vous mêlez le tout et vous faites un chef-d'œuvre.Ce n’est pas plus difficile que ça.“ Seulement, il y a une condition essentielle et indispensable : il faut être un homme de génie C’est là que la difficulté commence.” Oui, ce n'est que là, seulement 1 que la difficulté commence, et si M.Ronthier avait pu mettre du génie dans ce qu'il a subtilisé à ses auteurs de prédilection, il aurait toujours été parfaitement à l'abri des coups téraires a.des justiciers rait pas été exposé moqueries qui ont accueilli phrases du Pro Domo : il n au- lit aux crue lies ces deux “ Ceux qui me connaissent savent bien que je n'ai pas l'habitude de parler pour ne rien dire.Puisque je me défends, c’est que j'ai des moyens péremptoires de défense à offrir." Oui, faute d'un grain de génie a mettre dans ce qu'il prenait à des quasi - compatriotes, M .Ronthier passe à présent pour un homme qui parle pour ne rien dire, et dont les moyens de défense ne sont pas du tout péremptoires.Faute d'un grain de génie, tout le monde admet qu'il n’a fait toute sa vie que plagier (A suivre) On le voit, imiter comme l'ont fait Corneille, Racine, Molière, Boileau, Fénelon et Lafontaine, ce n’est certainement pas pirater.Et puis, à supposer que quelqu’unes de leurs imitations ne fussent pas absolument licites, ces écrivains n'out ils pas fait oublier leurs emprunts par la beauté, la perfection et la richesse de leur style.Assurément, ils ont fait briller dans leurs œuvres tous les prestiges éblouissants de la forme, et, s’ils n’avaient pas su y mettre la prodigalité artistique que l’on sait, ils n’auraient pas eu plus de mérite que M.Ronthier copiant Paul de Saint-Victor.Alexandre Dumas fils et Alfred Mézières.Non, les imitateurs du dix-septième siècle n’auraient certainement pas survécu à leurs Ira vaux, s’ils n’avaient immensément embelli par la belle expression les belles pensées de leurs prédécesseurs.A ce sujet, Victor Hugo dit dans Littérature et philosophie mêlées : “ L’avenir, qu’on y pense bien, n’appartient qu’aux hommes de style.Sans parler ici des admirables livres de l’antiquité, et pour nous renfermer dans nos lettres nationales, essayez d oter à la pensée de nos grands écrivains l’expression qui lui est propre ; ôtez à Molière son vers si vif, si chaud, si franc, si amusant, si bien fait, si bien tourné, si bien peint ; ôtez à La Fontaine la perfection naïve et gauloise du détail ; ôtez à la phrase de Corneille ces muscles vigoureux, ces larges attaches, ces belles formes de vigueur exagérée qui feraient du vieux poète, demi • romain, demi • espagnol, le *¦ Quand ou parle de création à propos du Cid, il faut bien s’entendre.Création, dans le sens de faire quelque chose de rien et de tout tirer de soi, il u’en saurait être question ici, puisque toute l’étoffe est fournie d’ailleurs : la création de Corneille est et ne saurait être que dans le ménagement habile, dans le travail complexe qu'il a su faire avec une décision hardie et une aisance supérieure.La Jeunesse du Cid, de Guillem de Castro, pièce eu trois journées, était sa matière première : quel fut au juste le profit qu’il en tiraï quelle sorte de reduction et d’appropriation toute française (en y laissant une couleur très-.- uffisamment espagnole) lui a-t-il fait subir, quel compromis a-t-il su trouver quant au lieu, au temps, quant au nombre et aux sentiments des personnages, à leur ton et à leur façon de parler ou d’agir ?Il est facile à chacun de s'en rendre compte, aujourd'hui qu’on a toutes les pièces du procès sous les yeux.Ce qui est certain et qu’on peut affirmer sans crainte, c'est que Corneille n’a pas copié et qu'il n’a imité qu’en transformant ; il a ramassé, réduit, construit ; et avec ce qui n’était que matière éparse,—une riche matière, — il a fait œuvre d’art, et d'art français.Toute œuvre étrangère en passant par la France, par la forme et par l’expression française, •e clarifie a la fois et se solidifie, de même qu’en philosophie une pensée n’est sûre d’avoir atteint toute sa netteté et sa lumière, que lorsqu’elle a été exprimée en français.Corneille, en resserrant le Cid.en a fait saillir plus nettement quelques unes des beautés un peu contraintes et les a lancées en gerbe an soleil comme par un jet d'eau nerveux et rapide.” W.Chxpma.v L’ENNEMI L'Anti-Maçon, dans son numéro du 1er mars mars, public un chaleureux article que vient d'écrire M.l’abbé Mustel, bien connu par ses luttes contre la Franc-Maçonnerie.Voici ce magnifique écrit qui devrait réveiller les catholiques endormis au Canada aussi bien qu’eu France : Les catholiques sont-ils enfin convaincus que tous les maux dont souffre l’Eglise, chez tous les peuples jadis chrétiens, toutes les lois d’oppression, toutes les injustices, toutes les vexations, tous les ostracismes auxquels ils sont eu butte, tous les dangers qui les menacent, toutes les haines et toutes les calomnies qui les atteignent ou les poursuivent, viennent, sans exception, et uniquement Voient-ils clairement, admettent-ils comme un fait certain, incontestable, éclatant, que, si l’on écarte les masses neutres et inertes, le caput mor-(uum qui subit des inflences et exerce pas, qui reçoit des impulsions et s’y laisse entraîner sans résister ni “ Ce ne sont pas là sans doute do ces grands cris de nature, tels qu’en pousse l'Audromaque d’Homère et d’Euripide, mais celle de Racine est une princesse du dix septième siècle, qui porte sur la scène l’étiquette de la Cour.Son désespoir ne peut franchir l’enceinte de bienséances imposées par les mœurs et par les idées de son temps.Il faut qu’il s'y agite en cadence, sans trop d'éclat, sans trop de bruit.Le miracle de Racine est d'avoir fait jaillir tant de sentiments vrais, de tant de contrainte.Jamais enchanteur ne fit paraître de plus grandes figures, n’opéra de si beaux prodiges dans un cercle si étroit et si limité." Et c'est comme cela que Racine a plagié Virgile.Que M.Ronthier plagie de cette façon, et, non seulement je ne dénoncerai pas ses plagiats, mais j’y applaudirai de tout cœur.Je pourrais multiplier à l’infini les citations des meilleurs écrivains du siècle pour prouver que leurs dévan-jciers n otaient pas des voleurs.Je de la Franc Maçonnerie ?n'en 18 AVRIL 1896 LA VERITE 5 principal système d’erreurs, comme I des constructions accessoires qu’on acocle à un édifice central.Celui-ci renversé, tout le reste croule.Aujourd’hui, — nous ne pouvons trop le répéter,— l'Eglise du Diable, c’est la Franc-Maçonnerie.Et la question qui s’est toujours posée devant l’humanité, si elle obéirait à Dieu ou à Déliai, se formule à notre époque sous cette forme concrète : Qui vaincra, de l’Eglise catholique ou de la Franc-Maconnerie.Quoiqu’on en pense, d'après des ap parences vaines et trompeuses, il n’y a pas de nombreuses questions actuellement posées : il n'y en a ni dix, ni cinq, ni deux.Il n’y en a qu’l ne.Et c’est celle-là.réagir, qui est passif et non actif, l'humanité vivante, influente, militai» te, se partage eu deux camps ; et que sur ces deux camps flottent deux étendards sur chacun desquels il faut inscrire deux noms : sur le premier, Dieu et Eglise Catholique ; le second : Satan et Franc- PANAM DAMA par les chrétiens.La plate*forme qui servait de toiture, suivant Catherine Emmerich, a disparu, mais on voit sur les murs de la deuxième pièce, la trace de la voûte dont parle la voyante.On remarque, au fond de cette même pièce, une demi circonférence formant saillie au dehors et pouvant, à l'intérieur, contenir un autel.Ce devait être l’oratoire de la Sainte Vierge, indiqué par Catherine Emmerich.Celle-ci dit que la seconde pièce était plus obscur que la première ; en effet, les murailles ne sont percées de fenêtres étroites qu’à une hauteur de 2m.50 au-dessus du sol, et la seconde pièce n’a qu’une seule fenêtre au fond, à plus de 3 mètres de hauteur.A droite de cette pièce, dit Catherine Emmerich, se trouve la chambre à coucher de la Sainte Vierge.Cette chambre est en ruines, maison distingue la porte qui a été murée, la saillie du mur qui semble avoir été disposée pour soutenir un lit, l'oratoire voisin du lit.Tout, en un mot, répond exactement à la description qu’en a faite Anne-Catherine Emmerich.Près de la maison on voit des rochers de 40 à 50 mètres de hauteur, dont il est fait mention dans les révélations.Quant au chateau fort qui existait, d’après la voyante, au temps où la Sainte Vierge se retira à Ephèse, les ruines existent non loin de là.Le petit bois a disparu en partie ; néanmoins il reste encore des bouquets d’arbres qui eu indiquent la place.Il n’y a plus de torrent, mais, d'après le témoignage des voyageurs, ou sait qu'il y en eut un à cet endroit.Dès que le bruit de cette découverte se fût répandu, de nombreux pèlerins accoururent à Panaghia Ca-pouli ; l’archevêque de Smyrne, Mgr Timoni, s’v rendit à plusieurs reprises,notamment le jeudi 1er décembre 1392, où il fit dresser un procès-verbal de ses constatations.Le E.P.Eschbach, supérieur du séminaire Français à Rome, ne manqua pas de faire son pèlerinage à Panaghia Capouli, lors du voyage qu'il accomplit eu Orient.C'est par lui que le Saint-Père et les cardinaux ont été mis au courant de cette découverte, à laquelle Sa Sainteté apporte le plus grand intérêt.Les fidèles qui, a cette époque de l’auuée, aiment à relire les récits de Catherine Emmerich sur la Passion de Notre-Seigueur, seront heureux de la confirmation apportée par ces faits aux révélations de la voyante.S'il n’eu faut pas tirer un argument trop rigoureux eu faveur de l’exactitude de certaines indications, qui sont contraires à la tradition universellement reçue dans l’Eglise, ils ajoutent certainement une autorité nouvelle aux descriptions de lieux et de personnes, si minutieuses et si précises, dans les tableaux de la Pas (Delà Vérité, de Paris) On se préoccupe, depuis quelque temps, à Rome, d’une découverte importante, dont les résultats! intéressent tienne.Il — sur au plus haut degré la piété chré-s’agit des ruines, encore assez bien conservées, de la maison qu'habita la Sainte Vierge, après la mort de Votre Seigneur, et où elle mourut Maçonnerie ?L’Eglise Catholique est la société des fidèles dont Jésus-Christ, —Dieu est le chef.avec nous, —> La Erauc-Maçouncrie est la société des rebelles, des insurgés contre Dieu dont Satan est le chef.Il ne faut pas se laisser tromper de faciles mais frivoles objec- Cette maison n’est pas située à Jérusalem.ainsi qu’on le’croyait communément, mais à trois lieues et demie d’Ephèse, à l’endroit^mème indiqué dans les révélations d'Anne-Catherine Emmerich.Voici par lions.Le mal est de tous les temps, et les passions de l’homme déchu], l'éloignent de Dieu, l’egarent dans l’er-le corrompent et le pervertis-Cela est certain.Le rationalis- ez: quelques mots, l’histoire de cette découverte : Quand cette vérité sera bien comprise ; quand les catholiques et les honnêtes gens sauront, verront, avec rcur Le R.P.Paulin, supérieur de la résidence des lazaristes à Smyrne, ayant parcouru la Vie de la Sainte Vierge, d’après les révélations d’Anne Catherine Emmerich, dans des dispositions tout opposées à la crédulité, remarqua le passage où la voyante décrit, dans les moindres détails, la maison que la Sainte Vierge habita, avec l’apôtre saint Jean, d’après Catherine Emmerich, mourut.La distance est si vite franchie chemin de fer, de Smyrne à Ephèse ; il était si facile, des détails, de contrôler]l’exactitude des renseignements {topographiques donnés par la voyante, que le R.P.Paulin résolut aussitôt d’aller constater s'il était possible d’accorder quelque créance àgces révélations.L'emplacement de la maison est désigné par Aune-Catherine Emme rich avec assez de précision pour que les recherches soient faciles.Elle est, dit la voyante : “ à environ trois lieues ou trois lieues et demie d’E-phèse, à gauche de la route lorsqu'on vient de Jérusalem,(sur une montagne à laquelle ou arrive par d'étroits sentiers au sud d'Ephèse, et du sommet de laquelle oujvoit Ephèse d’un côté, la mer de l'autre, et plus rapprochée qu’elle n’est d’Ephèse Les explorateurs,[partis à pied d’Ephèse, arrivèrent après trois heures de marche à une montagne située à gauche de la route venant de Jérusalem et du sommetjde laquelle on voyait Ephèse et la mer.Lis la parcoururent pendant plusieurs jours sans rien découvrirent ; [enfin moment où ils allaient renoncer à leurs recherches ils se trouvèrent présence des ruines d’une maison.Des paysans qui travaillaient aux environs leur apprirent qu’on l’appelait Panaghia Capouli, c’est-à-dire : Porte de la Vierge.Examinant alors do plus près les ruines,Jils constatèrent l’exactitude parfaite de la description contenue dans les révélations d'Anne Catherine Emmerich.Ainsi que le dit la voyante : “ la maison est eu pierres et se compose de deux pièces, une antérieure et une postérieure.” Les deux pièces sont aujourd'hui précédées d’un vestibule, mais cette construction a été) visiblement ajoutée après coup,{bien qu’à une époque déjà très reculée ; sans doute, lors-qu’après la mort de la Sainte Vierge, la maison fut transformée eu église sent.me se contente de cette explication et ne cherche points d’autre cause à la division des hommes en bons et en méchants, si ce n’est que les uns suivent de nobles et pures aspira- cette évidence qui ne permet ni l’illusion ni le doute, qui secoue les plus indifférents, qui frappe les plus inattentifs, fulgurante comme 1 clair, terrifiante comme V t ' e- onragan, — quand tous verront ainsi où est l’ennemi et ce qu’il est ; quand, d’un bout à l’autre de l'Europe, les peuples, à la fois consternés, indignés et révoltés, imploreront le secours du Ciel et s'armeront pour briser la domination maçonnique, comme an neuvième et an deuxième siècles les tandis que les autres[cèdent à lions, leurs mauvais penchants.Pour quiconque réfléchit, l’explication est manifestement insuffisante.et où, elle Elle lie rend pas compte, par exemple, du zèle qu’un nombre considérable d’apôtres de l’erreur et du vice déploient pour abolir la religion et détruire .jusqu’à l'idee de Dieu.Ni l'intérêt, ni l’envie, ni l'orgueil ne suffisent à expliquer cette haine, à laquelle ou voit des hommes doués de facultés puissantes sacrifier leur repos, leur fortune, leurs relations, leur honneur et leur vie.eu grâce à la précision populations s'armaient pour résister aux pirates dauois[et norvégiens ; Quand aux litanies des saints la foi des masses, dans un élan spontané d’horreur, d’épouvante et de supplication, ajoutera une invocation nouvelle ; — non plus celle d’alors ; De la fureur des Normands ; — mais celle-ci, bien actuelle : De\la perfidie et de la t y raine des francs-maçons, délivrez nous Seigneur; Alors l’heure du salut sonnera.Alors les catholiques ne seront plus opprimés, outragés, traités en ilotes Alors la France se relèvera pour redevenir la fille aînée de l'Eglise et le soldat de Dieu.La liberté de l’homme n'est pas l’indépendance.Tout homme relève d’une puissance supérieure a lui-même, à laquelle il s’est lié par un contrat explicite ou implicite.Sa liberté consiste à choisir, à élire le chef auquel il se donne, l'esprit sous l'empire duquel il se met et veut se mouvoir.C’est l’Esprit-Saint ou le Malin Esprit ; c’est Jésus-Christ, Y Ange du Grand Conseil de la rédemption et du salut, ou Y Adversaire, Prince de ce monde, Père du mensonge, et, par dessus tout, Homicide, par lequel la mort est entré dans ce monde, et la seconde mort fera sa proie éternelle de tous ceux qui auront repoussé la renaissance à la grâce et la vie éternelle.Dieu sauve les âmes et les nations par l’Eglise.Satan perd les âmes et les nations par la Franc-Maçonnerie.A toute époque, le Diable a organisé sur la terre, sous des formes qui ont varié, mais à travers lesquelles le même foud de séductions i atoll fuel les et morales transparaît, des sociétés destinées à répandre et à épaissir les ténèbres et les miasmes qui sortent, comme une fumée empestée, du puits de l’ablme.Toujours aussi, pour mieux tromper et faire plus de dupes, il a groupé autour de sa synagogue principale d’autres sec tes qui en différaient plus ou moins, mais qui,généralement, eu recevaient “ l'inspiration et le mouvement.” Ainsi son règne s’étendait et s'affermissait.Cependant tout s’appuyait sur le Nous voudrions faire entrer dans tous les esprits la claire perception que nous avons de ce mal vraiment unique, de cet unique danger dont les autres ne sont que les conséquences logiques et les fruits naturels.On s’attaque à beaucoup de plaies sociales : nous ne disons pas qu’on a tort.Mais on imite le médecin qui, au lieu de combattre une maladie grave dont sou client est atteint, n’eu combattrait que les symptômes et les accidents.Ce ne sont plus les pustules éruptives qu’il faut guérir ; c’est le mal interne ; et alors les pustules sécheront d’elles-mêmes et disparaîtront.L’ennemi, c’est le franc-maçon.Le mal dont nous périssons, c’est la haine maçonnique, identique à la haine diabolique, dont elle émane, contre Dieu, l'Eglise, la Religion, les âmes et l’humanité.Aussi le mot d’ordre qui doit présider à tous nos actes, inspirer nos résolutions, notre mot d’ordre social, politique et religieux, doit être celui: Plus de francs-maçons.au en ve- ston.Rien n’est beau, assurément, comme le simple récit de l’Evangile et c’est là que nous devons trouver, avant tout, l’aliment de notre piété; il n’est pas interdit cependant de chercher dans les écrits des saints ou des Ames favorisées des lumières d’En-Haut, le commentaire du texte sacré.L -M.Mustel.Martel. 6 LA VERITE ment cédé son royaume à Gonerille et à ! Régane, en l'an du monde 3105.Nul doute qu’un esprit fait autrement que Stmkespe&re, un esprit tel que Sophocle, par exemple, aurait fait de Cor-délia le vrai couronnement du poème ; au moment du retour de Cordélia avec Essai de critiqie mence par lui en retirer cinquante, homme, je croie que cette dame et Gouerille l'insulte.Lear en colère l'a- fille Cordélia.* *** bandonue et demande refuge à Eégane.— Oui, je le suis, je le suis Il envoie devant lui un serviteur, qui se — Vos yeux sont ils humides ?querelle avec celui de Gouerille.Ils est pleurez pas.Si vous avez du d ‘ ° mis dans les liens.Lear survient : pour moi, j'en prendrai.Vos sœurs *** “ Qui a pu se tromper à ce point sur m'en souviens, m'ont maltraité.C'étaf ton état pour te mettre eu ce lieu d'i- sans raison, mais il en est autreme M gnomiuie î e — C’est lui et elle.Ta fille Itéganu et sou époux.— Non.— Oui.— Je dis non.— Je dis oui.— Nou, ils ne l'auraient pas osé, ils ne peuvent pas, ils ne le voudraient pas.” Ivégaue arrive.Lear lui raconte la manière indigne dont son autre fille l'a traitée : “ Je puis à peine parler.— Je crois difficilement que ma sœur ait pu manquer a son devoir.Si elle a mis une borne aux excès de ceux qui vous accompagnent, c’est avec tant d'à propos qu’il est impossible de l’en blâmer.— Malédiction sur elle.” Régaue en agit à l’égard de Leur comme Gouerille.Lear, troublé de tant d'ingratitude, devient fou.Le troisième acte s’ouvre clans une campagne.La tempête fait rage.Lear VI Nos études d'Eschyle nous ont amené à lire un des ouvrages de Victor Hugo, William Shakespeare.Comment cela, direz vous ?Victor Hugo se plaît parmi les génies primitifs : Eschyle, Shakespeare, Rabelais.Les esprits inférieurs, tels que Sophocle, Racine attirent peu son attention.Victor Hugo donc, ayant fait une préface à la traduction de Shakespeare, y a parlé de la succession des génies.Deux par excellence de ces êtres privilégiés ont illuminé le monde : le représentant de l'antiquité, Eschyle ; le poète du moyen âge, Shakespeare : " Etant donné la dynastie des génies, le roi de France, il nous aurait montré le triomphe de la juste cause, Lear aurait retrouvé la raison au milieu d'un peuple fidèle, et les deux filles ingrates auraient été punies sans faire succomber l’innocence.Mais tel n’est pas Shakespeare, tel n’tst pas le roi Lear.La scène s’ouvre au milieu d'un grand déploiement de pompe et de splendeur.Lear, en présence des grands de sou vous.delëa iraitèrV'' '° ¦*» La guerre continue.Lear et Cordéli sont faits prisonniers.Gonerille empoisonne Iîegano et meurt elle-même d coup do poignard.Le roi Lear ia un reparaît sur la scène, por.tant dans ses bras le cadavre d e L’ordélia.“ Hurlez, hurlez, hurlez, hurl êtÉ‘s des hommes de pierre.Elle est tie à jamais.Je distingue vivant.Elle est insensible terre.Donnez-moi un miroir, si rimleine va royaume, veut, vivant et plein de santé, fiire le partage de ses états entre ses trois filles cz.Vous par.Mais il veut savoir laquelle des trois l'aime le plus, afin de leur donner un mort d l'originalité de chacun étant absolument réservée, le poète de la formation carlo-devant succéder nu poète de un connue la en conséquence.Gouerille répond la première : 14 Sire, je vous aime au-delà de ce que peut exprimer la parole : vous m’êtes plus chère que la lumière, V pace, la liberté." que je void eu ternir la surface." réponse qui semble la critique de la pièce : - Est-ce là !.i f,n qui nous était promise / " Est-cc ainsi qu’aurait dû finir 1, gédie ! Slnkespeare n’aurait-il vmsnenue w la formation jupitérienne et la brume gothique au mystère antique.Shakespeare, c’est Eschyle IL Kent fait une es- “ Reste le droit de la Révolution fran- CORDELiA (à part) “ Que peut faire Cordelia ?Aimer et se taire." Régane parle à son tour : " Ma sœur a exprimé les vrais sentiments de mon cœur, mais elle est restée eu deçi de ce que je pense moi-même.Je suis ennemie de toute autre joie, capable d’euivrer les sens, et je ne trouve de félicité que dans l’amour de votre grandeur qui m’est infiniment chère.Cordelia (à part) " Eh bien, Cordélia, tu ne perses pas de même.Pourtant, j’en suis sûre, mou amour est plus ardent que mes paroles.” Lear s’adresse enfin à Cordélia : “ Maintenant, Cordélia, notre joie, la dernière, mais non la moins aimée, dont le roi de France et le duc de Bourgogne recherche le jeune amour, fais un effort : que peux-tu dire, pour mériter une part plus graude que celle de tes sœurs ?— Rien.— Rien ! — Rien.— Rien ne peut venir Je vous.— Dis autre chose.— Mon bon maître, je vous dois la vie, vous m’avez nourrie, vous m’avez aimée.Que puis-je faire pour vous payer d’un juste retour ?Vous obéir, vous aimer, vous honorer plus que tout autre.Pourquoi mes sœurs prennent-elles des maris, si elles vous aiment par-dessus tout ?Quand je me marierai, le maître à qui j’engagerai ma foi; emportera avec lui la moitié de mon amour, la moitié de mes soucis.Certes, je ne me marierai pas a Ira-pu ouvrir vaise, créatrice du troisième monde, à être représentée dans l’art.L’Art est une immense ouverture, béante à tout le un horizon ensoleillé ?Nous fai à côté des deux sœurs aire voir punies de leur ingratitude, Cordélia triomphante nant sur le trône le roi Lear ?N’aurait-il pu nous faire assister à un acte public de réparation ?Nous montrer le vieux roi, rétabli clans la plénitude de sauce, rendant à sa fille possible.” Etant donnée la dynastie des génies, le poète de la Révolution française, anarchie dans le gouvernement, doit être un poète destructeur de tout bon sens, ennemi de toutes règles ; le culte de la déesse Raison est remplacé par le culte de l'absurde littéraire : il admire tout, comme une brute, c’est Eschyle III, autrement appelé Victor Hugo.Nous imaginons qu’Eschyle I serait peu flatté du compliment.Muller, un critique, a émis une singu.prétention à l’égard d’une pièce de , rame- “ Souffle, tempête, souffle dans ta rage.Cataractes, ouragans, répandez-vous sur la terre, inondez tout.Et vous soufres et feux, exécuteurs de volontés, précurseurs des éclairs qui fendent les chênes, brûlez ma vieille tête, Et toi tonnerre, qui ébranle tout, frappe le globe terrestre.Brillez, feux ; ni la pluie, ni le vent, nerre, ni le feu ne sont mes filles.Eléments, je ne vous accuse pas de cruauté.Je ue vous ai pas donné de royaume, je ne vous ai pas appelé mes enfants.Vous ue me devez rien.Cependant, vous prêtez votre servile ministère à mes deux filles pleines de méchanceté, contre une tête vieille et blanchie comme la mienne.-." Edgar, également exilé, s’est déguisé en pauvre : il feint la folie.Lear Quoi ! A-t-il des filles qui Vont réduit à ce misérable état 1 Ne s’est-il rien réservé 1 Leur a-t-il tout donné ?Kent Il n’a pas de fille.Lear La mort soit sur toi, menteur et traître ! Rien n’aurait pu réduire la nature à cet état de dégradation si ce n’est des filles sans cœur.” Cordélia est complètement oubliée.Lear, dans son égarement, ne se rappelle que l’ingratitude de ses deux autres fants.On ne pense qu’à elles ; elles seules paraissent sur la scène.La pièce se déroule au milieu des pièges do toutes sortes : le fila contre le père, la sœur contre la sœur.Tout à coup, ou apprend l’arrivée du roi de France, à la tête d’une armée.Cordélia l’accompagne.Le pauvre roi Lear, apprenant son retour, a parfois des moments lucides, et il a honte de sa conduite passée.Enfin, il est conduit aux pieds de sa fille, il la voit : “ Ne riez pas de moi.Je suis un pauvre vieillard un peu insensé, et, je crains de n’êtrc pas parfaitement dans mon bon sens.Je devrais vous reconnaître, et pourtant je suis dans le doute.Ne riez pas de moi, car, comme je suis un - sa puis-un hommage public ?Oh ! alors, que Cordélia était une statue qui nait une cathédrale ?Mais on aurait nu dire couron- cette suite de meurtres, de trahisons, d’empoisonnements, de cruautés, du seul personnage qui ait fait aboutir à la mort tombez, pluie ; ni le tou- consta rament preuve de piété filiale et de dévouement / Cordélia, ensevelie dans le froid de la mort, comme 1' Gouerille et la cruelle Iiégane / C’est là un de ces dénon lière Shakespeare l’Ancien (lisez Eschyle) : les Perses n’ont pas pour but de célébrer la victoire de Salamine, mais l’apparition de Darius et l’accomplissement d’antiques oracles.Ceux de nos lecteurs qui ont lu les Perses comprennent ce qu'il y empoisonneuse 6 ru en U cointrou ve dans Shakespeare : le dernier acte est une boucherie, et parfois il reste si peu de personnages vivants, qu’on serait tenté de dire avec l’Evangile : “ Laissez les morts ont» rrer les morts." me on en d’extraordinaire dans cette prétention.Victor Hugo a émis quelque chose de semblable à l’égard d’Eschyle le Xou-dans ses remarques sur le roi Lr-ar.a Non, cette pièce n'est pas faite tout entière pour Cordélia ; ce n’est pas l’occasion de Cordélia.C’est l’occasion d’étaler les scènes les plus bizarres de sublime.Un rôle tout entier de tendresse, de dévouement : être le but unique d’Eschyle le Xouv et le traducteur Victor Hugo, encore une fois qu'un ingénieux paradoxe qui disparaît devant sérieux du roi Lear.Encore, si c’était le seul de l'ouvrage de Victor Hugo : mais il en est rempli.Ce sont partout figures, métaphores, antithèses.Pas de naturel.Des titres grandioses de chapitres qui, débarrassés de leur bagage d’apparat, no contiennent à peu près rien, ou renferment une erreur, une monstruosité littéraire.Parfois, l’excès est poussé si loin que l’on dirait que c’est une gageure.Victor Hugo lui-mème nous le dit : " Ayant eu récemment l’honneur d'être appelé " niais ” par plusieurs écrivains et critiques distingués et même un peu par mon illustre ami M.de Lamartine, je tiens à justifier l’épithète.” Pour une fois dans sa vie "Victor Hug» s’est montré homme do parole.Il atfirmo les théories les plus bizarres avec un sérieux qui tient du prodige.L’absurde n’a pas le don do l'effrayer : il s’y plonge avec délices, et tilclm d’y entraîner le lecteur.veau, Lear, c’est un roi qui préfère les protestations exagérées de deux de ses filles, à l’amour plus vrai, mais moins exalté de , mêlées Cordélia." Lear, c'est l’occasion de Cordélia Il y a de formidables tours de cathédrales, comme par exemple, la giralda de Séville, qui semblent faites tout entières, avec leurs spirales, leurs escaliers, leurs sculptures, leurs caves, leurs cæcums, leurs cellules aériennes, leurs chambres sonores, leurs cloches, leur plainte, et leur masse et leur flèche, et toute leur énormité, pour porter un ange ouvrant sur les cimes ses ailes dorées.Tel ce drame, le Roi Lear.” Victor Hugo est sans pitié pour ses lecteurs : il ne leur épargne ni un nom de fée, ni un nom de chateau, ni un nom de ville, ni un appartement, il fait tout défiler devant nos yeux, semblant dire : “ Quelle érudition ! quelle énumération 1 admirez ! ” Victor Hugo connaît l’année exacte du règne de Lear.— Leir : l'an 3105 du monde, au temps même où Aganippus régnait en France.En doutez-vous ?Lisez Walter Mapes, archidiacre d’Oxford.Et puisqu’il croit à Mulmutuis, à Uinigisil, à Céolulfe, à Uther Pendragon, pourquoi ne pas croire à Lear ?La chose est de toute évidence, et Lear a certaine- ce ne pouvait • • • • eau n’a fait un examen comme mes sœurs pour n aimer que mon père.— Ces sentiments sont-ils les vrais en- sentiments de ton cœur I — Oui, mon bon maître.— Tant de jeunesse, et si peu de tendresse.— Tant de jeunesse et tant de vérité.— C’est bon : que ta vérité soit ton douaire.” Lear déshérite Cordélia.Le roi de France, admirateur de ses qualités, l’accepte pour el'e-méme.Il se retire avec elle au-delà du détroit, et Lear, roi il y a un instant, est devenu sujet de ses propres filles.L’entêtement insensé lequel il a rejeté Cordélia ne l’abandonne pas avec Ja puissance.Comme il arrive presque toujours en pareil cas, il devient insupportable à ses propres enfants.On lui avait laissé cent cavaliers ; avec on com- LA VERITE 7 sonores et | pourrait transcrire Athalie.Pour cela il n’aurait pas môme besoin do connaître l’orthographe 1 A ce point de vue—et c’est uniquement à ce point do vue quo M.Chapman s’est placé, — il est absurde de vouloir établir une comparaison entre la statuaire et la littérature.Sigma aura beau chercher, jamais il ne pourra trouver dans Aristote un précepte qui contredise la prétention do M.Chapman.Cervantes lui-merno qui, nous on sommes convaincu, possède les anciens pour lo moins aussi bien que Sigma, y perdrait son grec.l'Amérique du Nord est pourrie de ma-çonuiame ; la conspiration contre le catholicisme des Canadiens surtout, est formidable." Opérons que dos phrases antithèses hardies ne sauront pas donner à un aventurier de génie l’autolittérature comme ailleurs, Bld dur, par minot.Avoine, par minot.Orge “ “ .Choux, par 100.Oignons, par minot.Beurre, fi ais, la lb.Beurre, said, la lb.Œufs frais, la doz.Patates, le minot.Foin, la tonne.Foin pressé, la tonne Paille, la tonne.Bœuf vif, par lb Porc, abattu, par lb., Cochons, vif, par lb.Mouton, par lb.Veau, abattu, par lb.Veau, vif, par lb.0 40 à 0 43 .0 18 à 0 20 .0 20 à 0 25 ,.1 50 à 2 50 .1 00 à 1 50 .0 10 àO 16 .0 06 à 0 12 .0 10 à 0 12 .0 15 à 0 20 ,.4 00 à 5 00 ,4 00 à 5 00 .3 00 à 4 00 , 0 02 à 0 031 .0 04 à 0 04 0 03 àO 04 .0 03 à 0 04 ,.0 05 àO 06 .0 04 àO 05 des rité qui.en ne devrait appartenir qu'au bon sens.L’EMIGRATION A MANITOBA Cervantes.Uii mot a “ Sigma ” Nous recevons des environs de Montréal la communication suivante : AM.J.-P.Tardivel, Mon cher Monsieur, Je vous passe une liste dos prix du marché à Winnipeg au commencement d’avril 189G.Voyez un peu si ceux qui font miroiter aux yeux do nos Canadiens les avantages qu'offre Manitoba aux cultivateurs sont bien sincères I De doux choses l’une : ou bien ils ignorent complètement la condition dos fermiers dans cette partie du Nord-Ouest, ou bien ils trompent les gens.Voici un journal, le Manitoba, qui a toutes les raisons du monde de faire valoir les avantages do co pays, afin d’y attirer des colons ; et cependant il ii’y a rien de plus propre à décourager que la liste des prix qu’il nous fournit dans son numéro du 8 avril.Si déjà, dans notre province de Québec, nos pauvres cultivateurs se plaignent (et à bon droit) du bas prix des produits de leur forme, s’ils ont toutes les peines du monde à se procurer quelque argent pour les besoins les plus pressants, je vous demande co que doit être la condition des fermiers dans un pays où ces mûmes produits sont vendus à des prix moitié plus bas qu’ici.Cet hiver nous vendons le foin 12 piastres la tonne.A Manitoba il se donne JL.Chapman, qui soulïro actuellement a’uno forte attaque do grippe et do bronchite, nous prie do dire à Sigma, du Courrier du Canada, qu'il pourra citer, à la do Victor Hugo et d'Eugène do place Uirccourt, Louis Vouillot, Edmond Biré, Ernest Dupuis, le Père Félix, Paul do Saint Victor, Ernost Hollo, pour établir sa thèse sur la relation entre l’art et la “ Pour la Patrie ” Annales de la Semaine A l’étranger M.Tardivel a reçu, ces jours-ci, du vénérable M.Charles Périn, le grand économiste catholique que tout lo monde connaît, une lettre d'où nous extrayons le passage suivant : CANADA — Mgr Langevin,archevêque de Saint-Bonifaco, est actuellement dans la province do Québec où Vont appelé des affaires de famille.littérature.Qu’on nous permette, & notre tour, petite observation à Sigma.Le correspondant du Courrier dit : une — h'Evénement, de samedi, publie un assez long compte rendu du jugement rendu par M.le juge R mlhier dans la cause de Taillon vs Pacaud.il.Taillon avait poursuivi VElecteur à cause de deux articles, publiés le 10 et le 14 octobre dernier, accusant l’honorable trésorier d'agir avec partialité dans l’application des lois relatives aux taxes et aux amendes.Le journal prétendait, entre autres choses, nommé Cloutier de Notre-Dame “ Quel vaste champ à parcourir ! Qu’il faut être savant pour prononcer d’une manière absolue sur les comparaisons qui peuvent être faites entre la peinture et les lettres 1 Qu'il est difficile, à moins de posséder un jugement solide comme le roc, do rejeter, sans examen, comme absurde, conclusion tirée de la comparaison de divers arts ! justifier | raisons ! “ L'auteur assimile la statuaire à la “ littérature.Pour comprendre toute “ l'absurdité do cette assimilation.” Pour être cru, il faut d’autres auto ri tés qu Eugène de Mirecourt.Nous croyons que Sigma aurait rendu toute discussion inutile s’il avait mis sous les veux des lecteurs du Courrier toute la y pensée de M.Chapm m.Voici ce que celui-ci a dit : Je veux aussi vous remercier encore une fois de l’envoi de votre ouvrage si attachant et d’uno si grande portée sociale.Je vous en ai déjà parlé après une lecture que la dépression momentanée do mes forces avait rendue très rapide.Ayant la santé meilleure et l'esprit plus libre depuis quelque temps, j'en ai repris la lecture ; il m’a intéressé et vraiment captivé bien plus encore que la première fois.e e • une Qu’il est important pour mroil arrêt, do l’étayer de fortes • V Lorsqu’on dit : qu un do Lévis n’avait été poursuivi pour sa taxe de marchand que parce qu'il est libéral, et qu’au nommé Fontaine, de Saint* Jean Chryeostome, a été épargné parce qu’il est conservateur.Sur le premier point, a dit l’honorable juge, le défendeur a complètement faibli, et M.Pacaud a été condamné à une amende de S100, la moitié de la somme réclamée par M.Taillon.Sur le second point, M.le juge Routhier a donné gain de cause au journal : le nommé Fontaine a été certainement épargné faute de temps pour s’occuper de son cas ! D’après Y Evénement, l’honorable magistrat se serait exprimé comme suit : *4 Ce qu’on éprouve d’abord, c'est de la surprise.Mais bientôt on se rappelle que ce roman est écrit sous l’empire des idées et du mouvement de l'Amériqucdu Nord, bien plus avancée que nous dans le courant des idées modernes.Alors on n’est plus étonné de la hardiesse de vos prévisions et l’on se dit que c’est bien à un tel état social que doit aboutir ce qu’on appelle le progrès humanitaire, l'évolution démocratique de la société actuelle.C’est une leçon saisissante que vous donnez à notre temps qui, hélas ! s’obstine dans scs extravagances et se laisse mener niaisement à l'abimo par le satanisme des loges.Puissiez-vous avoir fait comprendre cola aux catholiques dont, par malheur, l’esprit semble formé aux plus graves avertissements.Que Dieu ait pitié de nous 1 Malgré tout,ne désespérons de rien, ayons toujours confiance en la bonne Providence qui tant do fois a sauvé le monde presque malgré lui.pour 4 piastres ; nous vendons le blé une piastre le minot, à Manitoba il se donne pour 40 cents ; et ainsi du reste.Tenez, je vais vous citer un fait qui prouve autant que la liste du marché.Dans le cours du mois de janvier dernier, un Canadien, revenu do Manitoba depuis trois ans,est allé à Winnipeg pour essayer de recouvrir le payment do la terre et des troupeaux qu’il a vendus, à crédit, avant de revenir dans la province de Québec.Son débiteur passe pour un des fermiers les plus à l’aise d’une paroisse non loin de ' son profit de ces ob-cvvations qui Winnipeg.Eh bien ! co fermier n’a pas P^'dissent d une trè" grande justesse.même été en état do payer les intéiêls de sa dette depuis trois ans.S’il en est ainsi Le fascicule no 9 des Mémoires de des gros fermiers, que doit il en être des Mlle Vaughau nous est arrivé et nous constatons qu’il ne contient pas les révélations promises sur les occultistes canadiens.Chez plusieurs, le désappointement a été vif.Nous sommes bieu convaincu, cependant, que ce n’est qu’affaire remise.Le delai provient sans doute d’un de ces accidents que les personnes du métier connaissent bien, mais que les profanes ignorent entièrement.Souvent on se propose de publier tel article dans le prochain numéro.A la dernière minute,le metteur en pages s’aperçoit qu’il a trop de matière, et il met de côté précisément l’article qui devait paraître sans faute! Quelque chose de semblable a pu fort bien arriver à Mlle Vaughan qui, ne demeurant pas à Paris, ne doit avoir que peu de contrôle sur la partie matérielle de ses Mémoires.On peut aussi expliquer le délai autrement.Quoi qu’il eu soit, nous sommes bieu convaincu que Mlle Vaughau tiendra sa promesse.Dans sou dernier fascicule, elle dit, incidemment, un mot du Canada.Eu réponse t\ un correspondant de l’Illinois, elle écrit ce qui suit : “ Mais détachons une autre perle du Pro Porno : “ Quel est le statuaire contemporain “ qui pourrait se vanter d’avoir créé une “ Vénus V En quoi sa Vénus diffère-t-elle 11 des milliers d’autres qui peuplent les “ musées ?Eu presque rien ; et cependant “ on l’acclame, on l'élève aux nues, s’il a “ réussi à donner à son œuvre un trait de “ beauté particulier.” “ L’auteur des Grands Drames assimile la statuaire à la littérature.Pour comprendre toute l’absurdité de cette assimilation, on n’a qu'à se servir des propres paroles de M.Bouthier à pro pos du chef-d’œuvre de Racine : “ Quel est le poète contemporain qui pourrait se vanter d’avoir créé une Athalie f En quoi son Athalie diffèro-t-cllo des milliers d’A-thalie qui peuplent les bibliothèques ?” “ Encore une fois, il est absurde de prétendre.à propos de plagiat, qu’il y a analogie entre les lettres et les arts.“ On admettra qu’il y a là un abus grave que les adversaires du gouvernement ont le dioit de critiquer et s'il n'y a pas assez d'employés au département du trésor pour s’occuper de ces questions, je crois qu’il serait facile d’en trouver dans les autres départements qui pourraient s’occuper do cela." Il faut espérer que le g mvevnement fera .nous Les révélations de Mlle Vaughan ETATS-UNIS — Il y a actuellement devant la législature du Massachusetts, dit VOpinion petits ?publique, do Worcester, un projet do loi 11 y a eu un temps où Manitoba offrait excluant du droit d’unir les gens dans les réellement des avantages aux cultiva- liens du mariage tout prêtre, ministre ou mais co temps est passé, assuré- autre fonctionnaire incapable de parler et Peut-être reviendra t-il ?C’est d’écrire l’anglais.Le sol garde sa fertilité, mais — On paraît être généralement sous 0d fermiers auront pjmpresMOn, aux Etats-Unis, que l’abbé beau récolter des monceaux de bit et d a- q.j|] cun$ je Granby, est en prison pour yoine, si ces pioduits leur restent sur les avojr vefusé de violer lu secret de la confiras, ou s ils sont forcés de les vendre à fÜSSj0n.Nous avons déjà vu cette affirma-des prix insignifiants, ils ne seront guère t;0ll (|ans un do nos échanges.Voici avancés à la tin do chaque année.On no maintenant que le Freeman's Journal, de mange pas aigcnt, mais, tout do même, Xew York, dans son numéro du 11 avril, il en taut un peu pour tano marcher les déclare positivement " qu’au Canada il y affaires.Nous no sommes plus au temps a actuellement un prêtre en prison pour dos Spartiates pour les échangés.avoir refusé do violer un secret à lui con- A part l’état do gêne dans les affaires fié au confessionnal ”.Nous prions nos commerciales, il y a on co moment bien [ confrères catholiques des Etats-Unis de d’autres questions embarrassantes à Ma-: vouloir bien sc persuader que l’abbé Gill nitoba.Aussi longtemps qu’elles no seront n’est pas en prison, et qu'il y a tout lieu pas réglées, ost-il bien prudent de diriger de croire qu’il ne le sera jamais.Il a bien là nos Canadiens ?Nous no le croyons été condamné à l’emprisonnement, par M.pas.Les droits de la minorité y sont trop le juge Lynch, pour avoir refusé de révé-peu respectés pour que les Canadiens- 1er co qui s’était passé entre lui et un de français aillent risquer dans cette Pro- ses pénitents ; mais il y a eu appel do co vince 1 avenir do leurs familles.Nos jugement et la sentence n’a pas été mise compatriotes n’ont plus que trois repré- à exécution on attendant que la cour d’ap-sontants à la législature, et les Anglais en pel se prononce, ont 35 ou 40.Pour rétablir l’équilibre dans ce gouvernement il nous faudrait réformée, jeter do ce côté lo tiers do la Province do Québec, Nous avons déjà trop de peine à cependant la majorité, pour quo noua al- ^ voulu P™1?™ 110lv° .To?lions nous affaiblir davantage par l’émi- ° Courrier de / Illinois qui.à la a e -% gration à Manitoba.maps> .» alla ot saus la moindre dans la province do Québec où, d'ailleurs, PI0V°call0n do notre pai .nous no manquons-pas do place pour l’établir.XX leurs ment, possible, cela ne suffit pas ; Comme on le voit, M.Chapman n’a pas rejeté comme absurde toute “ comparaison do divers arts *' ; mais la comparaison particulière quo M.Routhier, à propos do plagiat, a voulu établir entre la statuaire et lu littérature, mémo chose.Ce n’est pas du tout la Il n'y a guère besoin d’être savant, co nous semble, théorie pour s’apercevoir que la quo M.Chapman a traitée d'absurde, l'est réellement.En effet si la comparaison do M.ltou-thiorost fondée, alors un pourrait dire que celui qui transcrirait Atha/ic, en y ajoutant un bout do dialogue, quelques vers bien frappés — ! * l autour d’un chef-d'œuvre ! “ presque rien ” —serait Cela est absurde, évidemment, et c'est tout ce que M.Chapman a dit.A propos de plagiat, nous ne voyons pus lu possibilité d’établir la moindre analogie entre la statuaire et la littérature.Celui dont le cUeau serait assez habile Il est moralement certain que la sentence du juge Lynch sera — Nous remercions notre excellent confrère du Review, de Chicago, d'avoir pour reproduire exactement lo Moïse do Michel-Ange serait un sculpteur peu ordinaire.Il n aurait pas besoin d’y ajouter aughan, son frere, dans £resse.Sil invmcible Providence m a ° ., .une relation authentique apparie- prestn et tt giu et, que menu eu naQt ^ notre famille et dontl’origi- ai-ie / Oui.je dois ni humilier en tout., nal a ete depose par mon pere aux * als j al e e raconter ma j archives du Suprême Directoire Dug- vie: car selon les ("mes dunde^ mes meilleurs nouveaux amis ' elle 44 démontre lumineusement que Sa- ^ ce 9ue ^Ille ^ aughan a ra-14 tau n est après tout que l'esclave con^ dans le quatrième fascicule de il de Dieu, ce dont il enrage, et qu eu ses Mémoires." somme tout le mal qu’il se donne 44 n’aboutit qu'au triomphe divin.1 t r mua maillet c II socinienue, fondateur de la Franc-Maçonnerie ; et le Dieu-B quer le Dieu Bon qu’on appelle eu ce se borna pas à donner Triangle “ le Maître de la Maison ", aérienne et fulgurante ; on ne sa signature il parut en il Moallem lad dur.L’opération magi- personne, entouré de liaal Zéboubet que ne peut pas être répétée plus d'Astaroth, et il présida lui-même la d’une fois tous les trois ans.tenue ; et la flèche de fer, se dressant “ Le Dieu-Bon étant invoqué selon toute seule écrivit une nouvelle fois, le rite, sa signature lumineuse se eu mon honueur.Vextraordiuair- hjg.trace dans l’air comme un éclair, eu toire ses cinq traits enchevêtrés et fulgu- " Si, depuis cette époque, quoique rauts ; c’est le signe par lequel il fait franc-maçon palladiste de la Valette savoir à l’assemblée qu’il consent à ou de Città-Vecchia s’est converti animer la flèche de fer par l’esprit Mgr Pace, évêque de Mal te et archevêque de Rhodes, peut le faire interDans le huitième, le dernier qui ." E“ effel',1,s *a«** Elus présents, rager ; il raliiiera de point eu point nous soit parvenu, elle revient sur S” la,.,Mallrcssc Tcml’l",,,c ,0,u c" S1'-'J affirme à ce sujet.• .t x- ., , bouveraine, s il s en trouve quel-' ce suiet.Nous extrayons de ce ch a- , , .' .qu une de passage a Malte, évoquent pitre ce qui suit 1rs Phil.lèthe de Thomas Vaughan.(.i *uii're) Beaucoup ont écrit à Mlle Vaughan que sa conversion est un miracle.Elle fait ce commentaire : La Revue Canadienne “ Donc, aucune erreur.1678 est très exactement l’année de la disparition de Thomas Vaughan, et très exactement il avait deux fois trente-trois ans “ Mes éducateurs avaient si bien fait pénétrer en mon esprit — selon leurs propres convictions, d’ailleurs, —l’idée de l’excellence régénératrice et vivicatrice des flammes qui sont le royaume de Lucifer, que songer à cette disparition de mon ancêtre n’était aucunement pour moi un effroi, mais bien au contraire un rêve divin et le.sujet d’un ardent détir du même sort.“ Seul, l'esprit de Philalèthe se manifeste dans la flèche de fer.—Un “ Le miracle, en mon fait, a plus d’étendue encore qu’on l'a pu penser.Il y a, dans mon cas, autre chose que le fait relatif à un individu.Mon entrée dans l’Eglise de Dieu est la fin d’une race diabolique, si j'examine en chrétienne la tradition de ma fa mille, qui est une tradition de la haute-maçonnerie occultiste 11 Eu effet, mon oncle paternel et moi, nous sommes les derniers descendants de l’alchimiste rose-croix, Thomas Vaughan.Mon oncle, l'aîné de mon père, ne laissera, vu son âge, aucun enfant à sa mort ; quant à moi, j'ai arrêté le dessein de me consacrer à Dieu, une fois terminée ma de combat.Sommaire de la lit-raison d'avril Le Christ m’excusera de parler le langage de ! mes cx-Frères : je sais aujourd’hui j que ce ne sont point les âmes des d’après B.Plockhorst ; Etude sur co humains trépassés 'qui agissent eu ! peintre et son œuvre, par Alphonse ces œuvres maudites; c’est le démon, Led a ire ; Les lumières du boulait-lui véritablement.Je donne cette consolateur, gravure ger, par A.de Lêtre ; Le ministère déclaration une bonne fois, afin de n avoir plus à y revenir.Mais on comprendra que,pour présenter l’état dll jjv d’âme des occultistes d’une manière ecclésiastique dans les premiers siècles, par Dom Benoit ; I jos amoureux par A.Leglaneur ; Un pro- re duit inattendu, , • ., , gravure, d'après un intelligible,je dois m exprimer a leur j (Wgju a vencrc (lt, chine du Di point de vue, quoique ne partageant teur dv ja A plus leur erreur.— Et l’esprit de i curnes Philalèthe, eu cettej manifestation.! rec- ivi/e ; La Sibylle de é gravure d'après le Domini- quin ; Education, Instruction, Scion-écrit sur un seul thème : il narre son ce_ Reiigiou et Morale, par F, del is ; en loi créent p»« ic ivieu-Buu, c est- ; n loup-garou, nouvelle illustrée, a-dire sa disparition du 2o mars 1618.T, , r T., T i / el .•, , i Par 1 amphile Leinay ; L u avis, noe- Je le repetegdonc, elj accentue jsio A.]£ M Mm s„r b„d mou deli : M.le contre-amiral Mark- , ,, ., , , » » , tt 4* v , • , -, du ruisseau, gravure d apres V A.kam Aloert-Hastings est vivant ; il ,, , ., _ .° .Bousuereau ; Les sciences, les arts est un des officiers supérieurs les , u ., , , , , 1.et les hommes, par A.Leglaneur ; plus couuus de la marine anglai- , , , , ,, .• , .L Ange delà douleur, gravure (la- se (3), si par contre sa haute situa lion maçonnique est ignorée de la généralité de ses’compatriotes, eh bien ! il ne me -démentira pas : il ne saurait nier que le Parfait Triangle dont il est le grand-maître d’honneur et le Préceptorat Templier dont il est le prieur, possèdent, en leur commun siège, no 27 de la Strada Stretta, à La Valette, lie de Malte, la magique flèche de fer qui, d’elle même et sans encre, écrit en lettres vertes sur le papier la prétendue histoire véritable et sincère de l’enlèvement de mon ancêtre Thomas Vaughan par le prétendu Dieu-Bon an prétendu Ciel Supérieur du Royaume duFeuDivin.“Mon père et mou oncle m’avaient tant parlé de ce prodige que, dans l’année 1880, lorsque je vins en Europe à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris, et lorsque j’allai ensuite visiter l’Italie, à mon départ de Naples où les FF.'.Bovio et Pa-nunzi me présentèrent leurs amis, je me rendis de là à Messine et à Malte.“ Cet enlèvement de Philalèthe par le Dieu-Bon en personne a sa narration écrite par Philalèthe lui-même ; non pas dans ses Mémoires, cela va de soi, puisque ses Mémoires, rédigés d’après des notes prises de temps en temps sur les événements saillants de chaque mois, s’arrêtent à la veille de son dernier jour terrestre.“ Voici ce que ne démentira pas M.le contre-amiral Albert-IIastings Markham, Mage Elu et principal délégué du Directoire Central de Naples pour la marine anglaise de la Méditerranée : A La Valette, ville chef-lieu de File de Malte, existe un Parfait Triangle, dont il est le grand-maître d'honneur, et dont le F.'.Hamilton Sharpe est le grand-maître président effectif.Dans la maçonnerie avouée, M.le contre * amiral Markham appartient au Rite Ecos- ( sais Ancien Accepté, avec le grade de Prince du Royal Secret, auquel il a été élevé dans le courant de la dernière année.Son Triangle nommé II Moalletn tad-dar, a siège et temple secret à la Strada Stretta, no 27.Ce Triangle est souche directement sur le Préceptorat Templier, nommé Milita, dont le contre - amiral est le Prieur et qui a sa réunion régulière le second jeudi de chaque mois, à l’adresse que je viens d’indiquer.mission “ Les écrivains qui ont publié sur moi ont dit que la situation où j'étais dans la haute-maçonnerie se devait comprendre par des qualités personnelles, dont ils faisaient grand éloge.Il y a autre chose, il y a le secret que connaissent seuls les Mages Elus, le secret traditionnel de ma famille.Ce secret je dois le révéler : il est la clef de l’éducation toute spéciale que j’ai près Ch.Landelle; Le Christianisme et les temps présents, par Alphonse Loclaire ; La Vierge Marie et sainte Elisabeth, gravure Cari Muller ; Chronique du mois • e e reçue.,l Le pacte du 25 mars 1645, signé entre Satan et Thomas Vaughan, mon ancêtre, sera détruit le jour de mon entrée en religion ; en attendant, il est entre saintes mains “ Pour s’assurer la pierre philosophale et trente-trois ans de vie dans la science hermétique et le pouvoir de faire de l’or, Philalèthe (1) qui avait obtenu par Cromwell la faveur de décapiter le noble martyr Laud, archevêque de Cantorbéry, et qui avait recueilli de son sang, Philalèthe, le 25 mars 1645, offrit ce sang à Lucifer, en échange du pacte le plus inoui qui ait été souscrit entre le démon et un humain ; le linge, un corporal, qu'il avait trempé dans le sang du martyr, fut brûlé par mon ancêtre en hommage à Satan : que Dieu me permette de vivre encore un peu, afin que je puisse brûler le pacte infernal, en hommage à sa Divinité, et LA CIVI LT A C ATTOL1CA (246, Via Ripetta, Itoma).(Sommairede la livraison du 15 février 181)0).I.— Italianilà - ci v il t à-religi one in Africa ; II.— Settiino : Non rubare, c comment! massonici ; III.— La correuto gesuilica c l’autigesuitica ail’ arrivo dei letterati spagnoli ; IV.—Altre lettere intime di Ausonio Franchi ; V.—Ricordo materno.Rite-r.onlo ; VI.—Ri vista della stampa.1.Kalcndarium maunale utriusque Ecclesiae orientalis et occidentalis, academiis Clericorum accomoda-turn, auspiciis Commissarii apostolic!.auctius alquo emendatius iterum edidit Nicolaus Nilles S.h S.Th.et SS.Can.doctor in Uuiv.oenipontana professor.2.Ada Negri.—Teinpvste.VII.— Scienzo naturali ; VII.— Cranoca couteinporouea.1.Cose ro— 2.Cose italiane.— 3.Cose ( Corrispondenze Egitto, Australia, Armenia.—1 Cose varie.(2J Alibouc, dans son Dictionnaire de la Hltirature anglaise, dit que Thomas Vaughan mourut presque subitement, vu manipulant du mercure dont une parcelle lui étant entré dans le nez, le tua.(3; Note de la.“ VéhitI: " : — Nous avons pu constater imus-tnême, en consultant une liste officielle des officiers supérieurs de la marine anglaise, que le nom d’Albert Hastings Markham s'y trouve réellement.muue strauiere.s/iccinlt).(1) Nom que Thomas Vaughan se donne dans ses écrits sur la magie.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.