Le couac, 1 juin 2011, juin
Je pense, donc je nuis Grand Prix de Montréal p.5 Anarchistes Anonymes p.8 postes canada canada %gf post Port payé Postage oa«J Post* Publication* 4 Publication* Mail 0024866 LA DROITE CALIMERO AMBROISE GALLETTONI D e tous les héros de dessins animés, le plus haïssable est certainement Caliméro.Poussin mièvre et plaintif qui arpente les rues d'une bourgade ennuyeuse coiffé de sa coquille, il nous casse sans cesse les oreilles avec un larmoyant «C'est vraiment trop injuste!».Le décor pastel, les intrigues prévisibles et un personnage principal aux antipodes de l'énergie de la jeunesse font de ce fatras d'images sirupeuses une œuvre télévisuelle bien pitoyable.Cette médiocre série a pourtant eu une influence déterminante sur la «nouvelle droite» québécoise.En effet, il semblerait que toute une génération s'est trouvée inspirée par la posture de Caliméro, adoptant sa stratégie de la geignardise et des larmes de crocodile.À la télé, dans les journaux, et sur presque toutes les ondes radio, on les voit pleurnicher sur leur état de persécutés de droite.Le premier représentant de cette droite Caliméro a été Mathieu Bock-Coté, même s'il s'est d'abord fait connaître en 1998, à 17 .„.««mu mi ans, avec une lettre publiée dans La Presse, où il accusait sa génération de se plaindre sans arrêt ! Quelques mois plus tard, les coquilles étant tombées de ses yeux, il récidivait, au Devoir cette fois, dans un texte où il exigeait «le droit de respirer à droite».Alors que le gouvernement Bouchard venait d'entreprendre un virage à droite majeur (le déficit zéro), se déclarer de droite signifiait, pour Mathieu Bock-Côté, rejoindre la «race des pestiférés», rien de moins.Bock-Côté fut longtemps le jeune premier du cali-mérisme de droite.Il a depuis peu abandonné cette posture, se rendant peut-être compte que de se plaindre sur toutes les tribunes que l'on n'a pas de tribunes est vaguement indécent.Mais qu'à cela ne tienne, d'autres Caliméros se bousculaient déjà au portillon.On pense immanquablement à Eric Duhaime et Joanne Marcotte, le dynamique duo du Réseau Liberté Québec (RLQ).Dès l'apparition du RLQ, sa plainte retentissait haut et fort : la droite devait sortir de l'ombre, être enfin entendue, cesser d'avoir honte d'elle-même.Enfin, cette pauvre droite isolée trouvait un porte-voix! L'IEDM, le Conseil du patronat, le Parti libéral, l'ADQ, le CIRANO, la FCEI, les Chambres de commerce, Alain Dubuc, ^7fl Claude Piché et tous ' ?leurs ami-e-s n'étaient pas assez nombreux et n'avaient pas assez souvent le micro : il fallait impérativement qu'un groupe de libertarien-ne-s se lève pour mettre fin au monopole socialiste qui accaparait la presse et les ondes.Que font donc les deux porte-parole du RLQ pendant les premiers mois de l'existence de leur groupe ?Ils se présentent dans tous les médias du Québec pour se plaindre que personne ne parle d'eux.Ils tentent d'organiser un 5 à 7 à Montréal en mars dernier, et finissent par l'annuler en prétextant que c'est par peu d'une .agression de la gauche Se plaindre sur toutes les tribunes que l'on n'a pas de tribunes est vaguement indécent.(une simple notice Facebook appelant à aller confronter les idées du RLQ à leur événement et ayant suscité l'intérêt de 45 personnes!).Lorsqu'ils organisent leur congrès et que des manifestations s'annoncent, ils accusent encore la gauche de vouloir les bâillonner.Des petits Caliméros prolifèrent ailleurs à droite.Les radios poubelles de Québec en sont pleines.Par exemple, leurs animateurs les plus célèbres ont participé à un vidéo-clip édifiant intitulé «Y sont toutes folles», composé et interprété par Bob Bissonnette et mis en ligne sur YouTube, délicate attention, le 8 mars 2011.Dans ce vidéo, on voit une série de mâles blancs se plaindre qu'ils se font contrôler par les femmes.Extraits choisis : «Y ont rendu toutes [sic] les hommes mous, Pis moi y vont me rendre fou», «Fais ci, fais ca.Amène-moi des fleurs mais pas c'te sorte là.Y font leur boss des bécosses, y nous tienne [sic] par les gosses.»x Là encore, une complainte lancinante contre un ennemi à la puissance fantasmée, qui justifie en fait un machisme bien réel et assumé.Dans le même esprit, les masculinistes font dans le calimérisme exponentiel.Du « Papa t'aime » clamé sur le pont Jacques-Cartier, jusqu'à des divagations paranoides à propos d'organisations féministes toutes-puissantes, le gros des écrits masculinistes consiste à geindre du peu de crédit qu'on accorde à leurs sornettes et de la trop grande place que prendraient les femmes dans notre société.Des propos encore une fois en parfaite contradiction avec la réalité effective et maintes fois démontrée des inégalités de genre, mais en contradiction aussi avec la place étonnante que leur accordent les médias malgré l'ineptie de leurs caquètements.Tout ceci nous confronte au contraste fondamental entre ce que cette droite prétend être et ce qu'elle est en fait.Alors qu'elle affirme représenter la solidité des traditions séculaires, l'individualisme dynamique et créateur ou la puissance de la virilité masculine, la droite calimériste se révèle être une triste volière d'égoïstes aigris, frustrés et revanchards qui accaparent un précieux temps d'antenne à réclamer toujours plus d'attention en persécutant avec notre tolérance leurs tortionnaires imaginaires.Pauvres petits canards ! 1 http://www.bobbissonnette.com/ysonttoutesfolles.html Déception au paradis 19 des 72 vierges qui attendaient Ben Laden depuis dix ans avaient finalement perdu leur virginité.musironie La glaciale rationalité de l'Institut Fraser MARC-ANDRÉ CYR Toujours radicalement fidèle à l'idéologie égoïste néolibérale qui l'excite et la finance, la «nouvelle» étude de l'Institut Fraser sur l'immigration est d'une insensibilité telle qu'elle devrait - nous avons bien dit : devrait -en faire frémir plus d'un.Or, il semble que ce soit tout le contraire qui se produise.Coiffée d'un titre à tout le moins obscène - «Nos immigrants coûtent trop cher» -, la nouvelle a même fait la manchette du quotidien le plus lu au Québec.Cette étude, soit disant «explosive», reprend essentiellement les arguments tirés d'une autre étude publiée par le même institut en novembre 20101.Dans son habituel style comptable, le généreux Institut fait pour nous le portrait du problème, qui est au fond bien simple : les immigrants ne sont pas rentables.Ils ont de moins bons salaires, paient moins d'impôts et ont pourtant droit aux mêmes «privilèges» que les vrais Canadiens.Beaucoup d'immigrants sont d'ailleurs «sous performants», ce qui occasionne, comme on s'en doute, des «coûts croissants» pour le Canada.Même leurs enfants (actuels ou futurs) sont déjà considérés comme un fardeau.Normal : ils ne seront «pas en mesure de rembourser le coût monétaire de ce que leurs parents ont imposé aux Canadiens ».Face à cette problématique quantifiable et mathématique, l'Institut ne revendique pas de meilleures politiques d'intégration, d'embauché et d'emploi, ni de mesures condamnant la xénophobie de certains employeurs (qui trouveront d'ailleurs dans cette étude de quoi alimenter leurs préjugés).Bien entendu, ce sont les immigrants eux-mêmes qui sont responsables de leur malheur.Le fait que ce soit eux qui aient à subir les nombreux caprices du marché et l'incompétence de l'État n'y change rien : la responsabilité de l'injustice, selon cette logique, incombe directement à celui ou à celle qui la subit.L'objectif, la finalité de l'immigration, bien sûr, est de favoriser davantage l'accumulation de profits - on voit mal quels autres objectifs idéalistes elle pourrait bien servir! -, il nous faut donc des immigrants mieux adaptés, vous l'aviez deviné, aux «besoins des employeurs ».L'Institut réclame donc du gouvernement des mesures afin de serrer davantage la vis aux nouveaux arrivants.Si les esprits de notre élite n'étaient pas contaminés par cette froide rationalité calculatrice, elle serait en mesure de voir toute l'horreur qui se trouve derrière ces propositions.Combien de déportations derrière ce «visa de travail» sans ^iaailHl^l^l^a^l^IBHII lequel, après trois mois de chômage, il faudrait «quitter le pays»?Combien de femmes et d'hommes expulsés puisqu'ils n'ont pas trouvé «un emploi dont le salaire atteint au moins la moyenne canadienne» ?Combien de familles brisées faute de ce «cautionnement couvrant les paiements pour les soins de santé et autres avantages sociaux»?Autrement dit : combien de malheurs et de violence devront subir les immigrants afin de contenter l'Institut et la classe économique dont elle est la porte-parole assermentée?Selon cette logique, la raison n'est pas au service de la vérité ou du bien commun, c'est plutôt la vérité et le bien commun qui sont au service de la raison marchande.Elle considère ces hommes et ces femmes qui tentent de trouver ici refuge comme des équivalences sans qualité.En ce sens, la vie de l'immigrant n'a de valeur que dans la mesure où elle est monnayable, quantifiable et, finalement, rentable.1 Le coût des étrangers, Le Couac, novembre 2010.Combien de malheurs et de violence devront subir les immigrants afin de contenter l'Institut et la classe économique dont elle est la porte-parole assermentée ?Invasions barbares Les Polonais ont célébré la béatification de Jean-Paul II en se laissant envahir par la fierté plutôt que par l'Allemagne ou la Russie.musironie Le créationnisme contredit Des paléontologues canadiens ont découvert des fossiles datant de plus de 6000 ans au sein du caucus Conserviteur.musironie SALISSAGE Sun TV News révèle que Jack Layton aurait déjà joué avec ses excréments, vers 1952, alors qu'il avait environ deux ans.musironie zen -O irr- ite 077176670387909 Le Couac | juin 2011 PLOGUES www.enfinlesvacances.org Enfin les vacances ! *NL, il * Le premier tclêroman web anarchiste pour toute la famille ni r-i o En juin à PUPop.Théâtre et société : persona, skêné, drama, jeudi à 17I130 donné par Jean-François Côté au Théâtre aux Écuries, 7285, rue Chabot Théâtre et société* Le théâtre Aux Écuries offrira gracieusement, aux 30 premières personnes qui se présenteront à la séance de l'UPop, un billet pour la représentation théâtrale qui suivra le soir même, soit pour la pièce Valses.Site Web du Théâtre : www.auxecuries.com UN BATEAU POUR GAZA Une soirée de fête pour célébrer notre solidarit avec la population de Gaza P ' mon Op www.upopmontr Oui ça, gros ?André Arthur poursuit le journaliste Vincent Marissal pour l'avoir traité de gros cave, et réplique qu'il n'est pas si gros que ça.PLAN NORD Vendredi 3 JUIN de 19h à minuit KARAOKÉ & DANSE Amir Khadir, Nancy Neamtan, Raymond Gravel et d'autres invitéEs! Plusieurs membres de la délégation québécoise du bateau canadien pour Gaza Animation : Manon Massé Au Comité Social Centre-Sud mo.rue Seaudry ( Métro Beaudry) Prix 20$ (10$ personnel à faible revenu) Pour acheter des billets : • naraobe@boteaugaza.qc.ca • www.tahrir.ca/fr/haraobe-beneiica • 3720, ave du Parc bureau 300 C'est en grande pompe que Jean Charest a annoncé l'embauche des 19 mineurs chiliens.musironie Tous les fonds vont au Bateau canadien pour Gaza www.bateaugaza.qc.ca SPORTS Pour la première fois de son histoire, la traversée internationale du lac Memphrémagog débutera cette année à St-Jean-sur-le-Richelieu.musironie Vague orange au Québec Selon nos sources, même Cilles Duceppe aurait voté pour Hélène Laverdière.musironie Vague orange Vague orange au au Québec (bis) Québec (bis bis) En plus d'avoir perdu son emploi, Muguette Paillé a maintenant perdu ses élections.musironie Cérald Larose s'excuse d'avoir traité les politiciens fédéraux de "crosseurs professionels", et constate que plusieurs d'entre eux sont maintenant assez amateurs.musironie 3* N'en point parler relève de Taveuglement et de la cupidité (Bilan de campagne) Cette campagne n'a pas abordé les brûlantes questions militaires.Et c'est sans doute à cause de la complicité non avouée des partis canadiens et québécois aspirant, sans vouloir le reconnaître aux yeux de la population, à s'attirer les faveurs des complexes militaro-industriels.La militarisation des rapports Nord-Sud sera la tragédie du XXI ième siècle si elle n'est pas endiguée.Elle fait d'ors et déjà des milliers de morts innocents et sert à consolider une hiérarchie mondiale des nations riches contre celle des travailleurs pauvres.On parle beaucoup des «pays émergents».Reste qu'une vaste majorité de l'humanité, tout en vivant dans la pauvreté, subvient par son travail, et dans des conditions bien plus précaires que les nôtres, à notre enrichissement comme pays développés.Encore que l'insécurité du travail au Sud nous affecte lourdement à cause de la compétition qu'elle instaure entre nous comme salariés et elle finit par nous rattraper.Imaginez simplement une «grève» du Sud, du type de celle de l'OPEP en 1973, dans l'acheminement de ses riches matières premières vers nos pays gavés ! Il y a eu un certain mépris des partis politiques pour le reste de la planète, et pas seulement chez les Conservateurs, dans le silence complice avec lequel ils ont balayé sous le tapis nos relations de plus en plus militarisées avec le Sud.Pourtant, plusieurs conviennent que ces problèmes posent les défis du XXI iéme siècle avec une ampleur inégalée dans l'histoire humaine.Par exemple, plus personne n'ose aborder en face la question du libre-échange.Tout cela continue de se passer à l'abri d'une nécessaire information dont bien des journalistes cachent les enjeux véritables.Comme du temps du Sommet des Amériques.Et les questions nationales (la québécoise comme celle des autochtones ou autres) qui taraudent le Canada depuis la Confédération ne sont que le résumé de cette question néocoloniale qui risque de se transformer en embrasement du monde dont les incendies ont commencé en Irak, en Afghanistan, en Le Couac 6940, rue Jogues, Montréal (Québec) H4E 2W8 514.596.1017 Vous voulez collaborer au Couac ?Envoyez-nous vos textes (maximum 700 mots), dessins, photomontages par courriel au info@lecouac.org.www.lecouac.org Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau co-rédacteurs en chef Guillaume Beaulac, Bruno Dubuc, Simon Tremblay-Pepin.collaborateurs Santiago Bertolino, François Cavaillès, Eve-Lyne Couturier, Marc-André Cyr, Dror, Martin Dufresne, Ambroise Callettoni, Bruno Massé, Francois Munyabagisha, David Murray, Yvon D.Ranger, Sébastien Robert , Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Ramon Vitesse, Yeun.illustrations et photos Boris, Serge Ferrand, Luc Giard, Rémy, Ramon Vitesse.correction Emilie E.Joly mise en page Coopérative Molotov - molotov.ca imprimé par Hebdo-Litho distribué par LMPI Abonnement et publicité : 514.596.1017 ISSN 1480-2074 • N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Lybie.et dans les autres points chauds du globe.L'aveuglement avec lequel l'Occident égocentri-que et enrichi aborde ces questions est inquiétant.Et je ne parle pas de «nous», mais bien «d'eux», en interpellant nos propres fortunés.Qu'une campagne électorale au Canada et au Québec n'ait aucunement touché ces problèmes me semble révéler le cul-de-sac dans lequel s'enferment les débats dans les régimes démocratiques qui ont pourtant de plus en plus la prétention d'être une solution à imposer militairement au reste du monde.GUY ROY POUR S'ABONNER Six mois : 17,71 $ + taxes = ao $ Un an : 31,01 $ + taxes = 35 $ Deux ans : 53,15 $ + taxes = 60 $ Abonnement institutionnel et de soutien : 53,15 $ + taxes = 60 $ Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 230,34 $ + taxes ¦ 260 $ Abonnement d'un an à l'étranger : 44,30 $ + taxes = 50 $ nom _ adresse code postal téléphone courriel par téléphone 5i4.596.lOl7 par la poste Le Couac, 6940, rue Jogues Montréal (Québec) H4E 2W8 Adressez votre chèque à : Le Couac Le Couac | juin 2011 3 LA POUBELLE DU DEVOIR Article d'opinion que la vénérable institution de la rue Bleury n'a pas daigné publier La rhétorique péquiste contre les idéaux progressistes SÉBASTIEN ROBERT Dans une lettre ouverte publiée dans le Devoir le 20 mai dernier, Raymond Archambault, président de l'exécutif du PQ, se lançait dans une attaque à fond le train contre Amir Khadir parce que celui-ci, comme 43 % des électeurs québécois, a appuyé la vague orange.Au Québec, les services publics de santé et d'éducation sont en danger.Les droits des travailleurs reculent.La pauvreté prend de plus en plus de place.Notre démocratie s'effrite au profit de la corruption et de la collusion.Notre environnement est souillé par des industriels sans scrupule.Face à ces constats, dont le PQest en parti responsable, le Bloc Québécois a toujours été impuissant.Le Bloc n'étant pas une solution à ces problèmes, les Québécois ont cherché ailleurs.Le NPD leur donnait une chance de changer les choses alors que le Bloc nous promettait, au mieux, le statu quo.Pour cacher leur incapacité à défaire les conservateurs, le Bloc a demandé aux québécois de voter pour eux au nom de la souveraineté.Le Bloc étant incapable de faire la souveraineté, tout le monde a compris que ce n'était qu'un leurre.Les Québécois ont des raisons d'être fiers de la vague orange.D'abord, le NPD a vaincu 6 conservateurs (incluant André Arthur) et 7 libéraux fédéraux, réduisant leur nombre de sièges respectifs à 5 et à 7.Ensuite, le Québec a permis au NPD de créer une opposition particulièrement unie face aux conservateurs.Les Québécois ne pouvaient pas empêcher les conservateurs d'être majoritaire, ça c'est décidé dans le reste du Canada.Par contre, cette opposition unie pourra remplacer les conservateurs plus rapidement que si elle avait été morcelée comme le Bloc et le PQ disent la souhaiter.Je suis déçu de voir que le PQ utilise encore leur vieille rhétorique en appelant les progressistes à voter pour eux pour ne pas diviser l'appui à la souveraineté.D'abord, le PQne s'est pas gêné à plusieurs reprises à trahir les progressistes qui ont voté pour eux.On peut penser aux coupures importantes de 1996 dans les services publics.Si le PQ veut l'appui des progressistes, qu'il défende activement les services publics, l'environnement, la lutte à la pauvreté et les droits des travailleurs.Ensuite, le PQ utilise la division du vote alors que, depuis 1969, son programme contient l'appui à un mode de scrutin proportionnel.Le PQn'a jamais mis en œuvre ce projet, cher à René Lévesque, justement pour pouvoir garder captifs les souverainistes progressistes qui votent PQbeaucoup plus par crainte de diviser le vote que par conviction.Par chance, les souverainistes progressistes ont une option qui les représente, Québec solidaire.Un parti résolument progressiste et souverainiste, comme le démontre sa campagne paysdeprojets.org.J'invite donc les progressistes québécois à reprendre le contrôle de leur avenir et à appuyer un parti, Québec solidaire, qui lutte pour approcher la société québécoise de leurs idéaux, plutôt qu'un parti, le PQ, qui n'a pas empêché la société québécoise de s'en éloigner.Extrémissss Expulsé il y a trois ans du Canada, l'imam Said Jaziri s'excuse publiquement, et affirme que s'il peut revenir au Québec un jour, il prêchera un islam modéré pour contrer le discours radical du Bloc et du PO.musironie Radicalisation du PO Le Hamas et le Hezbollah coupent tous liens avec la formation politique.Souveraineté Le PQ donnera des conseils à l'Ecosse sur les meilleures méthodes pour perdre un référendum.musironie ANALYSE ÉLECTORALE Personne n'avait prédit la déconfiture du parti marxiste-léniniste dans Jeanne-Leber, qui est passé de 63 votes en 2008 à 24 lors des dernières élections.musironie Après les foulards.la cagoule La Che du Parti Québécois, la sous-commandante Marois, continue son action radicale, et débute le recrutement en vue d'une guérilla au Québec.musironie Logique Réflexe conditionné Le médium de Rencontre Paranormale confie avoir voté pour un candidat fantôme du NPD.musironie L'ancien président Bush n'a pas «sauté de joie» en apprenant la mort de Ben Laden selon la chaîne américaine ABC, mais a plutôt passé vingt minutes à feuilleter un livre pour enfants à l'envers.musironie Chaque chose en son temps Le président américain Barack Obama refuse toujours de publier les photos de la dépouille de Ben Laden, mais se dit maintenant prêt à montrer celles d'Elvis.musironie Choc de la mort de Ben laden FRANCOIS MUNYABAGISHA Ben Laden est mort.L'annonce faite par le président Obama réveille les foules qui envahissent la place publique en délire.Les médias et les leaders de notre univers se relayent en boucle pour entonner le chant victorieux.Je ne suis pas un «ladeneux», loin de là.Mais jamais je ne me réjouirais de sa mort.Son sort ne me préoccupe pas non plus, plutôt la manière qu'il nous fait réagir.Se réjouir de la mort, c'est un non-sens et un aveux de bassesse plus que de faiblesse.On ne fête pas la mort, encore moins avoir donné la mort quand on a le choix de neutraliser l'ennemi.Nobles, nos forces se doivent d'observer religieusement des égards envers la vie, et le deuil envers la mort, peu importe de qui.C'est ça être évolué.Ben Laden mort, et l'on sabre le champagne! Une victoire contre le terrorisme, qui des dires d'un aveugle chroniqueur de Radio-Canada, entre autres, se trouve orpheline et sans guide spirituel.Légère déduction.Je me souviens déjà vingt et un an plus tôt, au Rwanda le pays fêtait la mort de Fred Rwigema, leader de la rébellion FPR, avant de sombrer trois ans plus tard dans le génocide.En 90, j'étais ici au Canada, et je me suis indigné.Au Rwanda, je l'aurais payé trop cher, de vouloir freiner les ardeurs de la folie.Nul n'est digne ni lucide de fêter la mort.Il y a 2 mille ans, le guide spirituel des chrétiens périssait sur une croix de bois.Les populations ont célébré la fin de sa cause, au point de relaxer des criminels impénitents.Aujourd'hui son idéologie résiste encore contre vents et marées.La mort de Ben Laden ne peut pas signifier celle du terrorisme.Il convient plutôt de cibler les causes et les nutriments de cette folie.Qu'on en parle et qu'on se parle, il y a bien des motifs qui expliquent l'impensable.A date, tout semble indiquer que le terrorisme est une arme plus qu'une idéologie.A qui sert-il, réellement?Interdit d'y voir clair.Ainsi l'on ne voudra pas examiner ouvertement ses tenants et ses aboutissants.En admettant que Ben Laden n'est plus une menace, le président Obama pourrait-il fermer le grand chapitre de la guerre au terrorisme?Je ne suis pas naïf pour m'imaginer que tel serait un souhait des grands de ce monde.LENDEMAIN DE VEILLE EVE-LYNE COUTURIER Laissons donc la poussière redescendre et prenons le temps de respirer par le nez avant de conclure au désastre ou à une panacée politique.Vous rappelez-vous de 1984?D'un seul député, le parti progressiste-conservateur de Mulroney réussit à faire entrer 57 nouveaux élu-e-s à la Chambre des communes, au Québec seulement.En 1958, après un court gouvernement minoritaire, les conservateurs (encore eux) passent de 8 à 50 députés dans la Belle province.Au niveau provincial, de tels raz-de-marée ont également eu lieu.On pense évidemment aux élections de 2007 qui a transformé l'ADQ en opposition officielle le temps d'un gouvernement minoritaire, mais aussi à l'Union nationale qui n'avait aucun élu en 1931, 26 en 1935 et 76 (!) en 1936 et bien sûr, au Parti québécois qui s'impose en 1976 en élisant 65 personnes de plus qu'eni973.À cette liste de «surprises» électorales, il faudra maintenant ajouter 2011.Le NPD, jusqu'alors absent de la scène politique fédérale au Québec, obtient 59 sièges dans l'étonnement général de l'ensemble de la province.Tant les commentateurs chevronnés que les militants se sont lancés en conjecture : changement de l'axe politique ?Désaffection de la question nationale ?Écœurement du statu quo ?Pouvoir de séduction de la moustache ?Plusieurs poussent l'incompréhension un cran plus loin, accusant le NPD de ne pas prendre au sérieux le Québec, de manquer de respect à cette province qui se voudrait nation en présentant des personnes avec peu d'expérience ou ne maîtrisant pas le français parfaitement.La vérité, c'est que personne ne sait exactement.Pire encore, il est impossible de prédire les conséquences de ce geste collectif aujourd'hui.L'histoire nous enseigne que les raz-de-marée surprises, qui ont mené au pouvoir des équipes parfois enthousiastes, souvent mal préparées, ont permis à la fois des succès et des échecs.Alors que les conservateurs de Mulroney se sont faits élire pour un second mandat avec encore plus de sièges que la première fois, les adéquistes ont vu les députés dans leurs rangs passer de 41 à 7 (et quelques démissions ensuite).André Boisclair, élu pour la première fois au tendre âge de 23 ans, avec comme seuls bagages de la militance étudiante et «jeunesse», a fini sa carrière politique comme chef du PQ.Plusieurs autres ont commencé et terminé leur carrière après leur victoire surprise, bien content-e de retourner à leur première carrière.Qu'en sera-t-il pour Ruth Ellen Brosseau?Pour Roméo Saganash ?Pour Hélène Laverdière ?Seul l'avenir pourra le dire.Bien entendu, la «gueule de bois» électorale explique en grande partie les discours un peu frustrés et beaucoup incrédules qui ont eu cours sur les réseaux sociaux.Même les militant-e-s oranges se voyaient dépassé-e-s par les événements.Il faut dire que la surprise était totale, même pour le NPD.Au lendemain des élections, ce dernier a cherché à rassembler ses troupes autour d'un message cohérent avant que les journalistes ne puissent s'emparer des petits nouveaux.Et ici entre la langue de bois avant que le vent de fraîcheur permette un renouveau politique.Au milieu de la cohue - du NPD désorganisé par la victoire, du Bloc désorganisé par la défaite, des médias désorganisés par la recherche du scoop - l'information spectacle prend la part de lion et laisse, une fois de plus, les citoyen-ne-s à eux-mêmes pour se battre contre le cynisme ambiant.L'analyse-hockey n'est jamais plus heureuse que lors des élections.Cette fois, elle se voit gâtée avec un repêchage comme la politique québécoise en a rarement vu.Les statistiques des nouveaux joueurs ont été passées au peigne fin : nouveau record de jeunesse ici, décompte du nombre de poignées de main électorales là, vérification de diplômes un peu plus loin et quelques images pour nous présenter les nouveaux venus les plus photogéniques ou les plus loufoques.Pendant que ce sport d'initié-e-s se fait envahir par des amateur-e-s, le journaliste politique moyen trépigne à l'idée de topo sur les changements de plans de celui-ci ou les défis personnels de celle-là.Le grand oublié est le système lui-même.Pendant toute la campagne électorale, le Bloc et le Parti libéral ne cessaient de nous avertir qu'un vote pour X était en fait un vote pour les Conservateurs.Il n'y a que le NPD qui a pris acte de la véritable signification d'un tel discours : nous avons besoin d'une réforme du mode de scrutin au Canada (et au Québec).Seules des élections avec une composante proportionnelle peuvent réduire à néant l'argument du transfert de vote accidentel.De plus, la dynamique actuelle nous force à choisir entre voter pour un candidat, un parti ou un chef.L'importance mise sur l'action même de voter, le vote pour le vote obscurcit également le déficit de culture politique, l'absence de débats citoyens et le manque d'écoute de nos politiciens qui nous préfèrent en spectateurs qu'en acteurs.Laissons donc la poussière redescendre et prenons le temps de respirer par le nez avant de conclure au désastre ou à une panacée politique.Mais surtout, ne soyons pas dupe des analyses hâtives qui cherchent à retirer le politique de la Chambre des communes, qui cherchent à nous réduire à de simples spectateurs des sessions parlementaires.Qu'on le veuille ou non, ces personnes qui ont été élues le 2 mai doivent nous représenter pour les quatre prochaines années.Toutefois, la vraie démocratie, ce n'est pas d'aller voter.Ne nous laissons pas faire.C'est maintenant à notre tour. Le Couac | juin 2011 Un bateau canadien vers Gaza Pl.« PAPA S'EN VA EN CROISIERE » SANTIAGO BERTOLINO Dans ce journal, il y a un an et demi déjà, (le temps passe vite) j'avais écris un article intitulé « Papa s'en va en Palestine marcher pour la libération» afin d'y relater ma participation à la Marche pour la libération de Gaza à la fin décembre 2009.J'y expliquai, entre autres choses, comment, avant mon départ, j'avais conditionné mon fils à dire aux gens que j'étais parti en voyage pour libérer la Palestine.Une action empreinte d'insouciance j'en conviens; - Brainwasher son fils de 3 ans ça se peut-tu.Effectivement, ce geste aura des répercussions, je m'en rends compte aujourd'hui.Lorsque je suis revenu de ce séjour de solidarité, j'étais devenu verbomoteur.Trop de mots ont dû percuter son imaginaire.Des mots clefs pris à la volée : Palestine - guerre - manif - militaire - mort - danger.Même si l'on ne s'adresse pas à lui, tel un agent du SCRS, un enfant écoute tout, assimile en secret et construit des liens.J'en suis persuadé, mathématicien à 4 ans, mon fils a su bâtir l'équation suivante : Palestine = Guerre [et] Guerre = Mort [ainsi] Palestine = Mort, donc papa peut mourir.Je le teste, «- Papa repart peut-être en Palestine bientôt!?» Mon fils réplique avec un brin d'angoisse «- Non papa, je veux pas tu ailles en Palestine encore !» - Pourquoi ?- Parce que tu vas mourir ! Je reste muet! Une larme percute ma joue.Moi qui ne pleure jamais! Je m'y suis résolu, je vais mentir à mon fils, du moins arranger la réalité.- Papa s'en va en croisière sur la Méditerranée pour filmer, je te ramènerai une étoile de mer ok! l'étoile de la liberté, (ça fera changement d'un foulard palestinien, il en a déjà trois).Mais dans les faits, le 23 juin, je ferai parti de la Flotille de la liberté 2, un convoi humanitaire international composé d'une dizaine d'embarcations, qui pour la deuxième année consécutive, tentera de briser le blocus qui sévit toujours à Gaza.Je serai à bord du Tahrir (liberté en arabe), le bateau de la délégation canadienne qui transportera plus d'une cinquantaine de représentants de la société civile ; des gens de tout âge et de toutes origines confondues, des artistes, des journalistes, des militants, des professeurs, des médecins, des mères et des pères de famille.La compréhension des choses change avec l'âge, s'il avait eu 10 ans, mon fils m'aurait plutôt demandé - Papa,pourquoi tu vas là-bas?À 15 ans il aurait enquêté sur internet - Hey p'pa t'es pas malade?J'ai checké pis l'année dernière un commando israélien a attaqué la première flottille pis tué 9 personnes, c'est pas un peu freake ton affaire !?« - Ouais un peu ! Mais maintenant va te coucher on en reparle demain.» Puis, pendant la nuit, je lui aurai écrit une lettre : «Ce n'est pas de l'héroïsme, ni même de l'inconscience, juste le désir de participer à une cause que je trouve juste.Ton grand-père m'a appris à prendre des risques calculés.Les Israéliens n'oseront pas commettre la même erreur.Ils peuvent arraisonner notre bateau, nous menotter, nous juger dans un tribunal militaire, nous emprisonner.mais pas abattre à nouveau des pacifistes internationaux.Non je ne pars pas à l'abattoir ! Ton père qui t'aime.» Gaza a été bombardée par l'armée israélienne à la fin décembre 2008, près de 1400 civils ont perdu la vie, les infrastructures de la ville ont été complètement détruites.Deux ans après l'Opération plomb durci, rien n'a été reconstruit.Le matériel de construction n'entre pas, 1.6 million de personnes restent confiné, emmuré à l'intérieur d'un territoire étanche de 360 km2.Le pays dépend de l'aide humanitaire, le commerce est réduit à son minimum, il n'y a plus d'eau potable, l'électricité est intermittente, les hôpitaux manquent de médicaments, son aéroport a été détruit, son port y est interdit d'accès.Il y a 50 % de chômage, les jeunes n'ont plus de perspective d'avenir.Comme le dit Cil Courtemanche, une des personnalités québécoises qui appuie le projet, «La liberté n'a pas seulement besoin de paroles, elle a aussi besoin de travail, d'une société qui fonctionne, d'une économie, et le blocus empêche ça.Alors [cette mission] est une tentative de créer une brèche dans ce blocus, ne serait-ce que psychologiquement».Si la flottille arrive à bon port, en plus du matériel humanitaire que transportent les bateaux, c'est plus de 1000 passagers de 100 nationalités différentes qui fouleront de leurs pieds le sol de Gaza et apporteront un peu d'espoir, l'espoir qu'on ne les oublie pas.Papa s'en va en croisière?Ouais, ouais! se dit-il en secret.J'en suis sûr, mon fils n'est pas dupe, il se doute de quelques choses.Il y a quelques jours, dans ma cour c'était la fête.Incognito dans le chaos ambiant, mon p'tit gars avait su grimper jusqu'à la dernière marche d'un escabeau.Perché là-haut, à la surprise générale, celui-ci cria - VIVE LA PALESTINE«-» L-I-B-R-E «répliquèrent les fêtards en choeur.À cet instant le tonnerre gronda.Logique comptable Le gouvernement du Québec s'engage à aider les Petits Frères des Pauvres, en doublant le nombre de pauvres d'ici trois ans.musironie Logique comptable (bis) Après avoir demandé des comptes à Hydro-Québec, l'opposition a reçu un autre relevé et un avis de retard de paiement.musironie ¦V/i s MUSIRONIE : L'ÉMISSION DE RADIO QUI DÉCAPE L'ACTUALITE! I FI ^^^^ Montréal - CIBL.101.5 FM - Vendredi, 18h00 Québec - CKRL, 89.1 FM - Dimanche, 1 hOO am I E EN TOUT TEMPS SUR LE WEB AU WWW.MUSIRONIE.COM LE HORS-CHAMP PALESTINIEN DROR Vous avez entendu parler des commémorations de la Nakba, la catastrophe de mai 1948 où Israël crée un Etat sur des terres palestiniennes et où près d'un million de Palestiniens sont expulsés ou forcés au départ pour que le jeune État juif soit le plus ethniquement pur possible.Il en reste encore 1.5 millions en Israël aujourd'hui, près de 4.5 millions dans des territoires occupés militairement et 6 millions de plus éparpillés dans le monde entier, mais en particulier près des frontières avec leur ancien et futur territoire.Cette année, pour commémorer cette catastrophe, des Palestiniens de Gaza, du Liban et de Syrie ont organisé des manifestations vers les frontières qu'ils n'ont pas le droit de franchir, pour mettre en lumière cette situation.Spectacle insupportable pour l'armée israélienne, comme pour toutes les dictatures de cette région, que de voir des populations civiles manifester.Alors ils tirent.Un mort à Jérusalem, un autre à la frontière de Caza, quatre en Syrie et six au Liban, tous tués par l'armée israélienne, et accompagnés de centaines de blessés.Vous avez sans doute entendu parler de ces tristes événements.Ce que vous n'avez peut-être pas vu, c'est le film de moins de 10 minutes qui précède le massacre : quelques centaines de Palestiniens du plateau du Golan syrien qui décident, en famille, en chantant et avec leurs drapeaux, de rentrer chez eux, du côté occupé par Israël.Ils doivent pour cela traverser un champ probablement infesté de mines, pour atteindre la frontière où les attendent, de l'autre coté, amis et cousins, palestiniens et druzes, qui filment la scène.C'est la «colline des cris» où en général les familles séparées communiquent à distance.Plus ils s'approchent, et plus leurs amis les mettent en garde : «ne vous approchez pas, reculez, attention aux mines.» Mais non, ils continuent en chantant de plus belle, finissant même par escalader les deux clôtures, passer la frontière et se tomber dans les bras ! Quelques dizaines d'individus à peine, mais ce sont les images de ces héros ordinaires, fiers et heureux, de ces retrouvailles extrêmement émouvantes dans ce village de Majdal Shams qui donnent espoir : c'est à ça que ressemblera la libération prochaine.http://www.youtube.com/watch 7v = ekgkuAaTjPçj post scriptum La libération ne sera pas pour tout de suite puisque, quelques minutes après que ces images sont tournées, l'armée israélienne entre dans ce village.D'après les communiqués officiels, elle tire en l'air.Il y aura quand même quatre morts (probablement des Palestiniens volants), des dizaines de blessés et des arrestations.retour à la dure réalité quotidienne, après quelques minutes de rêve.Un petit rappel historique si jamais vous entendez que les frappes de l'OTAN en Lybie ont occasionné des dommages collatéraux, à savoir des pertes civiles.Lors des 78 jours que durèrent les bombardements de l'OTAN au Kosovo en 1999, lorsque survenait une bavure les stratèges de l'Alliance atlantique avaient une technique assez simple pour en atténuer la portée médiatique.Comme l'avoua à l'époque un général de l'OTAN : « Pour les bavures, nous avions une tactique assez efficace.Le plus souvent, nous connaissions les causes et les conséquences exactes de ces erreurs.Mais afin d'anesthésier les opinions, nous disions que nous menions une enquête et nous révélions la vérité quinze jours plus tard, quand elle n'intéressait plus personne.L'opinion, ça se travaille comme le reste » (LeNouvel observateur, ier juillet 1999).Rappelez-vous que la conduite de la guerre en 2011 n'est pas fondamentalement différente de ce qu'elle était en 1999. Le Couac | juin 2011 Le Yes Lab fait des victimes ! YVON D.RANGER Le Grand Prix de Fi L'un des nombreux modèles d'Inhalateur cool pour les enfants à l'effigie de Justin Bieber (les Harry Potter n'étaient déjà plus disponibles.).Depuis que les Yes Men ont mis sur pied leur Yes Lab destiné à faciliter le transfert de leur expertise dans la «correction d'identité » (voir au http://theyesmen.org).les faux communiqués d'entreprise pleuvent littéralement! Et c'était évidemment le but de cette initiative : permettre aux nombreux organismes environnementaux ou des droits de la personne de bénéficier des bons conseils de Andy Bichlbaum et Mike Bonanno.Et surtout, de leur redoutable «méthode» qui force les grands de ce monde à dire tout haut ce qu'ils passent leur temps à vouloir taire.C'est ainsi que, seulement de la mi-mars à la mimai, le Yes Lab a réussi à faire dire à : m General Motors qu'elle n'allait PAS rendre les 3,2 milliards de $ illégitimes (mais légaux) reçus en remboursement d'impôt (voir le Couac du mois dernier, p.5); ¦ au leader mondial du transport pétrolier Enbridge qu'il n'allait PAS utiliser des cheveux humains pour éponger les fuites inévitables de son projet de pipeline à travers la plus belle nature de Colombie-Britannique ; ¦ à la compagnie Midwest Generation qu'elle n'allait PAS construire une nouvelle centrale énergétique au charbon avec un toit vert dans un quartier de Chicago ; ¦ et à la plus grosse compagnie de charbon américaine, Peabody Coal, qu'elle n'allait PAS offrir de sympathiques inhalateurs pour l'asthme aux enfants qui souffrent des émissions de gaz toxiques de cette industrie.Et la beauté de la chose, c'est que les compagnies flouées n'intentent pratiquement jamais de poursuites.Qui veut en effet que les médias s'emparent de la nouvelle et répercutent au centuple leur position moralement inacceptable ?Et quand ça arrive, il semble que nos voisins du sud aient le SLAPP moins facile qu'ici (qu'on pense à Écosociété poursuivi par Barrick Cold ou à Ugo Lapointe par Petrolia).Un juge a en effet déclaré invalides les poursuites qu'avait intentées Koch Industries en décembre dernier à l'endroit des responsables d'un joli petit canular.Les frangins Koch avaient en effet eu la surprise de découvrir un bon matin un site web en tout point semblable à celui de leur compagnie où ils s'excusaient publiquement de subventionner des groupes de pressions cherchant à miner les travaux scientifiques sur le réchauffement climatique.Oups.Don't ask don't tell La CIA refuse de nommer le marine qui a tué Oussama Ben Laden, à cause de son orientation sexuelle.musironie Symbole mortifère d'une société en crise ou quand la peinture verte ne suffit plus DAVID MURRAY Le week-end des 11 et 12 juin marque la venue en ville du grand cirque de la Fi.Suite aux pressions de politiciens et gens d'affaires, la métropole est revenue l'an dernier dans les bonnes grâces du patron de la Fi, Bernie Ecclestone.En l'absence du Grand Prix, nous disait-on, des millions de dollars étaient en jeu, sans compter la perte de prestige sur l'échiquier mondial de notre cité.Mais quel est le prix de cette soi-disant manne?On peut en effet se demander en quoi le rayonnement de Montréal devrait obligatoirement passer par la présentation d'une course de Fi.Un événement qui voue un culte à la toute puissance des gros moteurs et qui se vautre dans le clinquant d'une frange de la population, vivant dans le faste et l'opulence, triste reflet d'une civilisation qui surconsomme nettement plus qu'il n'en faut.Un événement qui a aussi à sa tête un personnage qui accumule les inepties verbales.On se souviendra entre autres d'une entrevue accordée au Times de Londres, dans laquelle il exposait ses vues sur la démocratie, un système qui «n'a pas fait beaucoup de bien à beaucoup de pays »>.Il y témoignait du même souffle de sa préférence pour les «leadersforts» comme Hitler, qu'il considère avoir été un dictateur «efficace».Voilà qu'il se fait maintenant apprenti sorcier.Cherchant des façons «d'améliorer» le spectacle de la Fi, il proposait en début d'année de se substituer à Mère Nature en voulant créer de la pluie artificielle pour rendre les courses plus excitantes.De même, pourquoi, notre ville devrait-elle se faire l'hôte d'un événement si polluant?Puisque on peut s'en douter, une course de Fi, ça pollue.Pierre Ozer de l'Université de Liège a fait l'estimation de cette pollution pour le Grand Prix de Spa-Francorchamps, en Belgique, en 2007.L'étude a calculé les quantités importantes de gaz à effet de serre qui en découlent.Mais une des constatations intéressantes qui est relevée est que ce n'est pas nécessairement la course comme telle qui génère le plus de carbone, mais tout ce qui entoure l'événement.En effet, selon la ventilation établie par l'étude, les voitures et le déplacement des écuries ne représentent que 6,6 % des émissions alors que le déplacement des journalistes représente 7,5 %, le déplacement des spectateurs, 83 %, et les autres postes comme la sécurité et les déchets, 2,9 %.Des pourcentages semblables à ceux qui avaient été observés à l'occasion de la Coupe du monde de rugby en 2007, en France, alors que la compétition ne représentait que 8 % des émissions contre 84 % pour le déplacement des personnes.Une pollution probablement plus marquée encore pour Montréal, puisque l'essentiel des écuries et nombre de spectateurs viennent de l'extérieur du continent.Pour atténuer les effets délétères de la Fi, certains gouvernements et organisateurs entendent donc «verdir» la course automobile.Entreprise louable ou simple tentative de greenwashing ?Nous vous laissons en juger.En attendant, on en appelle aux technologies dites vertes pour redorer le blason de la Fi.On peut en témoigner par cette volonté des constructeurs de rendre les voitures plus efficaces sur le plan énergétique.Le parlement européen a d'ailleurs publié un rapport demandant aux acteurs de la Fi de montrer l'exemple et de modifier leurs règlements afin d'accorder une plus grande place aux technologies plus respectueuses de l'environnement.On parle entre autres d'intégrer les agrocarburants, dont les bienfaits sont plutôt contestables d'un point de vue environnemental, ou d'améliorer le rendement énergétique des moteurs.Si certaines initiatives sont certes louables et peuvent contribuer aux recherches sur l'efficacité énergétique, on peut cependant se demander, comme on le constate généralement via l'effet rebond, si ces innovations ne font pas que déplacer le problème ?Pendant ce temps, chez les acteurs de la Fi on espère qu'avec ces mesures les supporters pourront assister aux courses sans sentiment de culpabilité! On parle aussi de la réalisation de circuits verts dont la conception s'insérerait dans une démarche de développement durable.C'est le genre de discussion qui anime, entre autres, les pourparlers visant à sélectionner le futur site de compétition pour le Crand Prix de France.Mais plusieurs opposants à ces projets ne sont pas dupes et refusent de se laisser endormir par ces promesses de circuits «verts».C'est notamment le cas de l'Association Court Circuit Val d'Europe (CCVDE), qui qualifiait d'aberration écologique le projet de construire un tel circuit sur l'ïle-de-France.Appelé à défendre le projet de circuit d'Euro-disney (abandonné depuis), l'ex-pilote Alain Prost affirmait que le maintien du Grand Prix de Fi en France était une question d'intérêt national et que cela dépassait le cadre de la Formule 1 puisque « l'automobile est -~~~.-~rTiaimimmmB .aujourd'hui un secteur en grand danger qu'il faut défendre en prenant le virage des technologies nouvelles et en réaffirmant notre culture automobile».Notre culture automobile, voilà probablement le nœud du problème de la Fi en ce qui nous concerne.Plusieurs excuseront l'épreuve reine des cour-ses automobiles en rétorquant que d'autres Un événement qui voue un culte à la toute puissance des gros moteurs et qui se vautre dans le clinquant d'une frange de la population, vivant dans le faste et l'opulence, triste reflet d'une civilisation qui surconsomme nettement plus qu'il n'en faut.événements de nature sportive, comme les Olympiques, sont tout aussi polluants sinon plus.Sur le fond, ils ont raison, ces activités étant aussi polluantes.En fait, tout événement de grande envergure recèle un coût environnemental important.Par contre, là où la Fi se distingue, c'est par le symbole qu'elle représente en tant que manifestation de la démesure du monde moderne et de sa dépendance au pétrole.Cela explique probablement pourquoi elle fut prioritairement ciblée par les objecteurs de croissance en France, à l'occasion de la grande marche pour la décroissance organisée en 2005.****** C'est dans le même esprit que le Mouvement québécois pour une décroissance conviviale (MODC) dénonce cette grand'messe de la course automobile, qui alimente le mythe du bonheur associé à la puissance, à la vitesse, au tape-à-l'oeil et à l'arrogance, et lance un appel à la population pour une action symbolique visant à «dessouffler la balloune du Grand-Prix».Le rassemblement aura lieu le dimanche 12 juin, à nh30, au Parc Lafontaine devant la statue de Félix Leclerc.Y participeront entre autres Serge Mongeau, membre fondateur du MODC, et Amir Khadir, porte-parole de Québec solidaire et député de Mercier.Êtes-vous une « slut » ?MARTIN DUFRESNE Après le coq chauvin de la Marche française des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans («LOC vs COQ.», le COUAC, mai 2011, p.6), voici que fait surface la 'slut' canadienne.Un nouveau niveau d'exigence pour la politique du spectacle?Avec la «Slutwalk», les pages Web et les blogues féministes chauffent au rouge ces jours-ci avec des essais et des commentaires aiguisés au sujet de défilés organisés un peu partout en Occident pour défendre le droit des femmes à ne pas être blâmées pour les viols masculins.Enjeu : Défiler ou non en tant que « salopes »?Il y a déjà 35 ans que des femmes manifestent chaque année contre le viol pour Reprendre la nuit, au nom de leur droit à leur intégrité et à la justice.Cette année, dans un coup d'éclat plus inspiré de la culture porno des Girls Cone Wild, des étudiantes de l'Université de Toronto ont décidé de prendre à rebours les propos d'un policier-éducateur qui leur avait servi comme recommandation anti-viol celle d'« éviter de s'habiller comme des salopes (sluts) ».Défilant en tenues stéréotypées pour des médias sexistes qui n'en demandaient pas autant, elles ont proposé une «appropriation du mot 'salope' comme désignant toute personne choisissant des rapports sexuels consensuels».La Slutwalk était née, et ses images de jeunes femmes blanches et privilégiées jouant à la pute ont immédiatement fait le tour du monde.L'organisation montréalaise Stella, qui rate rarement une occasion de miser sur cette pose éthique, a immédiatement annoncé l'organisation d'une «Marche des salopes «/événement-bénéfice fin mai à Montréal! Échec au patriarcat.ou concession?L'enthousiasme avec lequel les internautes masculins ont accueilli ce discours («J'ADOOOORE les salopes!») mettait déjà la puce à l'oreille.Plusieurs biogueuses ont fait remarquer que le manifeste de la Slutwalk de Toronto évitait comme la peste le mot « féministe» pour se rallier plutôt à ce que Harsha Walia, de Vancouver, appelle sur le site rabble.ca «des enjeux libéraux de choix individuel, un féminisme acceptable du 'je peux porter ce que je veux', délibérément dépourvu d'une analyse de la dynamique du pouvoir en cause» (http://bit.ly/mrYGzr).D'autres femmes ont déploré ailleurs l'opportunisme médiatique de cet événement.Des femmes racisées et pauvres ont insisté sur le peu d'inclusivité des premiers défilés, dans une désap-propriation classiste et raciste des femmes les plus souvent ciblées par le stigma de «salope».Une femme sortie de la prostitution a détaillé sur son blogue un refus de s'identifier à une insulte qui l'avait tant fait souffrir, même dans un but soi-disant politique.Des femmes racisées ont fait valoir leur malaise dans des défilés plus blancs que neige de femmes pour qui s'habiller en «salope» équivalait à s'encanailler pour quelques heu res, avant de retourner à leurs privilèges.Et on a déploré que les hommes demeurent une fois de plus exempts des démarches de pré- vention et des préjugés culpabilisants, alors que les jeunes filles étaient amenées à voir le statut de « salope » comme une identité cool.Processus Le débat se poursuit sur les blogues et pages Facebook - dont le portail Sisyphe - depuis maintenant deux mois, à mesure que d'autres défilés anti-viol sont organisés, annulés ou reconfigurés dans le monde, et que des arguments sont validés et des voix jusque là tenues à l'écart, entendues.À Vancouver, par exemple, on a demandé aux manifestantes de venir dans leurs tenues de tous les jours, ce qui a minimisé la dérive médiatique.Les femmes refusant de s'identifier comme «salopes» ont été invitées à défiler en tant qu'«alliées».Les orga- nisatrices de Toronto qui se contentaient au début de qualifier leurs critiques de « haters », acceptent de plus en plus le dialogue.Des critiques comme Walia participent tout de même au défilé de leur ville, fût-ce, comme la journaliste Julie Bindel à Londres, avec un placard disant « Woman are never sluts ».Cette dynamique est assez extraordinaire, la première fois peut-être que les nouveaux médias permettent un débat planétaire en direct sur de tels enjeux et une évolution de l'action politique.Et je constate qu'au moment où un des violeurs les plus puissants de la planète se retrouve en prison à cause de la parole d'une femme, personne ne demande (encore) ce que portait celle-ci au moment de l'agression.C'est bon signe! 6 Le Couac 1 juin 2011 Festival de Cannes UNE PIZZA DEGARNIE «Très sérieusement, je ne vois absolument aucun espoir au monde, avec cette espèce humaine.» (Aki Kaurismàki après la première mondiale de son dernier film, «Le Havre ») FRANÇOIS CAVAILLÉS En conférence de presse comme dans son cinéma, le Finlandais Aki Kaurismàki a encore fait à Cannes, le mois dernier, un beau tabac à force d'humour noir, de désinvolture et de mise en scène admirable.Ciselé, précis, lumineux, son art de filmer des gestes du quotidien (comme un couple à table ou un client au bar), dans la veine d'un Tati, brille dans un film tourné cette fois en France et en français, «Le Havre».Les dialogues s'allongent alors, surprise, et contiennent même quelques excellentes répliques.Les critiques cannois (c'est-à-dire parisiens) ont donc d'autant plus adoré.Reste, dans une France rétro, mais encore actuelle avec ses petits vieux et ses camps d'immigrés, l'amour de la liberté (de nuire à qui on veut), de la fraternité de faire du tort même en pensant aider (ou l'inverse), et de l'égalité (.non, l'auteur n'y croit pas !).Autre message important du Festival : «Travailler fatigue»! Ce premier long métrage brésilien (des jeunes Juliana Rojas et Marco Dutra) exclame les durs aléas du chômage ou de la création d'entreprise aujourd'hui.Des problèmes graves, de tous les jours, trouvent leurs justes proportions grâce à un très bon script, une interprétation réussie et une histoire très prenante aussi, avec une touche de mystique et une jolie satire de la compétition poussée à l'extrême.A voir un jeune couple se débattre dans l'injustice de plus en plus normale de nos jours, le devenir d'une supérette devient super captivant.Enfin, le dernier ingrédient savoureux sur la pizza cannoise tout de même bien dégarnie cette année se nomme «Michel Petrucciani».Ce documentaire de Michael Radford («Le Facteur», 1994) a pour sujet le célèbre pianiste de jazz atteint d'une grave maladie des os et de nanisme, qui s'est éteint en 1999 à l'âge de 36 ans.Portrait documentaire modèle, le film retrace l'ascension prodigieuse du musicien, prodigieux interprète, bouleversant compositeur et finalement grande star internationale.En une heure et 42 minutes, pas une seule voix off, mais une remarquable composition de points de vue sur l'homme et sur l'artiste, de 35 sources différentes.Le résultat est très stimulant, en suivant le génie et la bête de travail qu'était apparemment Petrucciani, mais aussi émouvant, comme sa musique, évidemment.Le reflet semble honnête, direct, à partir de divers angles.Même si la question de fond de savoir quelle personne a été Michel Petrucciani paraît un peu évitée, Michael Radford parvient au sublime d'un destin individuel, comme il a illuminé la vie fictive d'un facteur de Pablo Neruda.Et la croûte?Le goût se perd, mais il y a au moins la grandiloquence du «Tree of Life» de Terrence Malick, peut-être le meilleur film américain de ses dix dernières années, de facture si séduisante _ mais aussi une belle baudruche.S'ajoute à la pâte trop gonflée le malaise propre à Bruno Dumont, cinéaste philosophe français reconnu et audacieux («L'Humanité» en 1999, «Flandres» en 2006) notamment dans sa représentation de l'amour, et qui dans le lent, mal sain mais pertinent «Hors Satan», laisse pousser le mal dans le champ (à la différence de la plantation de Malick).Sur le bord de l'assiette, il doit rester pour toujours le rance de «Polisse», fiction parisienne dans l'intimité d'une brigade de police anti-pédophiles, un film à base de bribes d'enquête, qui dévoile peu, mais surtout qui rabaisse beaucoup de monde, dans un fond d'incapacité, de mal tout-puissant et de système du pire.D'un sujet grave, un traitement cinématographique lamentable, que ce soit par l'intrigue, la morale ou la typologie.Finalement aux amateurs de cinéma asiatique (et ils sont nombreux, ne serait-ce que le milliard chinois!), il faut signaler le dernier film de Naomi Kawase, «Hanezu», superbe de sérénité, tout en gros plans sur la force d'un triangle amoureux dans la région d'Asuka, au Japon.«Wu Xia», de Peter Ho-Sun Chan, est quant à lui un film de sabre chinois souvent époustouflant, à l'exécution parfois hallucinante et au scénario plutôt drôle, sur un léger élan bouddhiste.«Arirang», du vénéré Coréen Kim Ki-Duk («Printemps, Eté, Automne, Hiver.Et Printemps» en 2003, «Locataires» en 2004), déçoit beaucoup pour sa part, en assumant même quasiment la faillite personnelle du cinéaste, ce qui a eu pour étrange effet de déchaîner les applaudissements conquis de Cannes.Preuve de soutien, marque de confiance ou curieux chèque en blanc du Festival pour une prochaine fournée de Kim Ki-Duk?.Pourvu en tout cas que l'inspiration puisse encore remplacer la provocation.Se servir de lui jusqu'au bout Pour que sa tombe ne devienne pas un lieu de pèlerinage, les Américains ont immergé la dépouille de Ben Laden au même endroit que le pétrole du Golfe du Mexique.mu s ironie Disque d'or assuré Pour souligner le décès d'Oussama Ben Laden, Al Quaïda lance une compilation de ses meilleurs vidéos de menaces contre l'occident.musironie Premières rumeurs Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Khan, a été arrêté à l'aéroport JFK de New-York.Il sera formellement accusé d'agression sexuelle pour avoir tenté d'enculer l'Ethiopie.musironie Sports Le score est maintenant de 1 à 1 dans le match opposant les États-Unis à Al Quaïda.La guerre contre le terrorisme ira donc en prolongation.musironie Mission possible Stephen Harper ne réussira jamais à détruire le Parti libéral affirme Michael Ignatieff, puisque le PLC s'auto-détruira dans 5.4.3.2.1.musironie N'ajustez pas votre bureau Tout s'explique! Ayant de la buée dans les lunettes, le directeur général du FMI aurait confondu la travailleuse de son hôtel avec un pays du Tiers-Monde .musironie VALENTIN TARD! SIMON TREMBLAY-PEPIN Soyons clair, on ne va pas voir The Adjustment Bureau, comme on s'installe devant un Bergman.Malgré les pubs qui prétendent à un scénario bien ficelé et complexe, personne n'est dupe.On sait que l'équation des producteur n'est pas : «intelligence scéna-ristique + accomplissement technique = œuvre d'art de qualité», mais bien : «Matt Damon + effets spéciaux = $».Néanmoins, on peut penser qu'on sera diverti, médiocrement, mais diverti.Si au moins.Hollywood commence à avoir de sérieux problèmes côtés scénario.La sauce est tellement mince, surannée et réchauffée qu'on ne voit plus rien d'autre que les incessantes répétitions des mêmes thèmes idiots d'un film à l'autre.Le divertissement, pourtant apanage central d'Hollywood, est compromis par cette répétition.Recensons deux sujets abordés dans The Adjustment Bureau et 48 000 autres films précédents que même une dissertation d'étudiant de cégep en philo aurait traité avec dix fois plus d'intelligence.Libre arbitre et déterminisme Il était une fois Matt Damon qui voulait être gouverneur de son État.Non c'était plutôt Jim Carey qui était filmé à son insu dans un reality-show aux proportions gigantesques.Non, c'était en fait Keanu Reeves qui hésitait entre une pilule bleue et une pilule rouge.Le cinéma étatsunien est gros de la question du déterminisme, non pas parce que ce soit une question philosophique de grande importance, mais simplement parce qu'il s'agit d'un aspect fondamental de la vulgate libéral qui domine la pensée commune.Selon cette vulgate on peut comprendre le monde de deux façons, soit nous sommes entièrement déterminés, soit nous avons le choix de faire ce que nous voulons.Le déterminisme est systématiquement présenté comme le conformisme.Dans The Adjustment Bureau, c'est de vivre sa vie comme elle a été conçue, sans se poser de questions.Rejouant l'anti-conformisme des années soixante contre lui-même, Hollywood nous dit que tant qu'on ne trouve pas en soi la véritable chose qui nous pousse à agir, notre vie morose s'étiole.Le retournement individualiste est clair : cherche en toi-même le sens de ta vie.Si pour Matt Damon ça veut dire se battre contre des pseudo-anges à chapeau et ouvrir des portes-vor-tex pour pouvoir vivre l'Amoooouuur, pour le reste de la planète ça signifie se faire plaisir et s'acheter enfin ce petit gadget à crédit parce qu'on le mérite bien même si on pas l'argent pour l'acheter.À défaut de merveilleux, défions le conformisme dans la consommation satisfaisante, on s'y retrouve toujours si bien.Tyrannie et droit individuel C'est l'histoire de Dieu, gracieusement appelé the chairman, qui contrôle le monde pour son propre bien.Non, c'est l'histoire d'un roi qui fait subir à toute l'Angleterre la tyranie de ses envies personnelles de conquête.Non c'est l'histoire des communistes qui ne respectent pas les droits individuels au nom des droits collectifs.Ici encore, même manichéisme.Soit on opte pour les droits individuels, soit on opte pour la tyrannie.Sans cesse, à grand coup de hauts-parleurs high-tech et de son 3D le cinéma état-suniens nous prévient : «ATTENTION, ATTENTION : CEUX QUI PRÉTENDENT VOULOIR VOTRE BIEN POURRAIENT BIEN VOUS PRÉPARER UN ENFER COLLECTIVISTE».Oui, ça va, on avait compris en 1950.Cependant, il est bien possible que le «paradis individualiste» de ceux qui prétendent nous donner toutes les libertés pour finalement n'en offrir aucune soit vide de sens et rempli de souffrance.Mais, ça, si votre vie n'a pas de sens dans la société étatsunienne, c'est bien votre faute, vous n'avez pas fait les efforts nécessaires.Too bad.La preuve?D'autres s'amusent (ou prétendent le faire).Comme si personne ne s'amusait (ou prétendait le faire) dans l'URSS de Staline.La stupidité des questions mène à la stupidité béate des réponses.Mieux vaut le libre arbitre total à la détermination totale ! Mieux vaut faire ce qu'on veut qu'être tyranisé ! Mieux vaut courir dans des champs de marguerites plutôt que de se faire entrer un vieux clou rouillé dans la jambe en écoutant la discographie complète de Céline Dion ! Bref, mieux vaut du cinéma avec plein d'effets spéciaux qui dit la même chose que d'habitude qu'un film plate de Sofia Coppola qui montre que même la vie des gens au sommet de la pyramide sociale est vide de sens.Au moins, même si on ne croit plus vraiment au premier, il a l'avantage de faire passer le temps, et au fond c'est tout ce qui compte.The Adjustment Bureau, Georges Nolfi, Universal Pictures, 2011.BULLES^ BEN, 6.Danse toujours! (Les 400 /^ScXPLOSIVES Coups) de Daniel Shelton On regrette qu'aucun quotidien québécois, depuis la décision bassement pingre de La Presse de cesser la parution du comic strip intergénération-nel québécois, n'ait repris le flambeau.Bien que bon enfant, on est devant un de nos meilleurs dessinateurs du genre et le propos pour tous, la famille dans tous ses états au jour le jour et à travers les générations, ne manque pas de pertinence.Par exemple, plusieurs strips parlent du grand-père qui persiste à vouloir éliminer les pissenlits de sa pelouse.Sa fille réagira en refusant que ses enfants aillent chez eux à cause des pesticides.Finalement le bonhomme réfléchira et comprendra.MOTEL GALACTIC (Pow Pow) de Francis Desharnais et Pierre Bouchard APNÉE (Pow Pow) de Zviane Voici deux des tous premiers titres d'un nouveau micro-éditeur BD québécois - Luc Bossé qui scénarise Yves !e roi de la cruise primé à l'Expozine 2010.Le ton est donné, ces romans graphiques affichent de la BD d'auteur de qualité ; déjà, les couvertures sont sérigraphiées sur du beau carton recyclé! Le livre en tandem aborde, avec un sourire fendu jusqu'aux oreilles, la question du clonage sur le mode SF bidon.Le côté décalé de tous ces clones improbables entraîne une réflexion bienvenue : «Y'a personne qui a dit que l'avenir ça devait être plus intelligent.».Touffu sur le plan de l'écriture, le dessin décomplexé et libre de case ainsi que l'usage judicieux de la bichromie s'additionnent pour un album qui déménage.Le livre de Zviane, même si elle dénie qu'il soit autobiographique, vrille dans la dépression d'une musicienne classique, tout comme elle, en plein questionnement.Une œuvre dépouillée qui parvient à rendre cette apnée crédible en maximisant des silences, des hiatus et une mise en page des plus inventives.ÉTAT DE VEILLE (Casterman) de Davide Reviati Morti di sonno - le titre original de cette BD italienne signifie effectivement «état de veille» mais, sonno signifie «sommeil».D'où, peut-être, cette bande d'enfants qui caracolent incrédules à l'instar des adultes de cette cité gangrenée par la mort lente crachée de l'usine pétrochimique voisine.Tous choisissent l'auto aveuglement quant aux effets délétères pourtant évidents.Ce renoncement face au tribu à payer pour la modernité ressemble, par exemple, aux mensonges étatiques et industriels envers les gaz de schistes.Ce pavé de 350 pages au dessin surréaliste préserve la force de l'esquisse et hantera bien des nuits de doute.Justement, on doutera de la sagesse des adultes qui finissent par se ranger, par accepter l'inacceptable ; pire, à le reproduire.PAIN D'ALOUETTE, Deuxième époque (Futuropolis) de Christian Lax Lax est de ces trop rares artistes qui osent se renouveler, sortir de leur zone de confort.Une constante toutefois : un trait réaliste coupant tellement il est aiguisé à toujours se retrouver dans les marges et du côté de ceux et celles qui combattent pour exister -citons Soleil Cou Coupé ou la série Le Choucas (les deux chez Dupuis), l'un sur des travestis en train de devenir femmes et, l'autre comme vibrant hommage à la Série Noire, au polar social.Ici encore, avec des aquarelles mémorables, ce bonhomme, toujours vert à 60 ans, rend hommage aux plus humbles - mineurs et cyclistes anonymes de jadis.Il y a aussi cette jeune orpheline qui, grandira et se battra contre la suprématie mâle ; au guidon et au crayon comme journaliste ! Le Couac | juin 2011 7 Vague alarme MARTIN DUFRESNE Remous, ressacs et dérivations autour de la troisième vague féministe Commençons par ce qui m'enthousiasme le plus dans ce nouvel ouvrage collectif publié au printemps par les Éditions du remue-ménage.De nouvelles voix y confrontent les blocages hétérosexistes et cherchent des pistes originales de subjectivité et d'activisme dans une foule de directions, dont des coalitions ponctuelles, au gré de l'actualité.Par exemple.En 2008, le caucus parlementaire anti-choix - qui regroupe à Ottawa des députés Conservateurs et Libéraux ligués contre le droit des femmes au contrôle de leur utérus - forçait l'adoption en deuxième lecture d'un projet de loi privé qui accordait par la bande un statut de personne au foetus.pendant que M.et Mme Stéphane Dion servaient pour le 8 mars des muffins roses aux journalistes! Une mob détonante Des jeunes féministes montréalaises ont alors décidé d'alerter les femmes de leur groupe d'âge à la catastrophe qui leur pendait au nez si les anti-choix arrivaient à transformer, avec ce bill C-484, tout avortement en meurtre.Leur collectif improvisé aurait pu se contenter d'une conférence de presse (que les mass média auraient boudée) ou d'une pieuse lettre ouverte indignée au très pieux Devoir.Après s'être soigneusement documenté auprès des organisations féministes travaillant à ce dossier, elles ont plutôt choisi de créer une campagne de publicité sauvage, aux images particulièrement trash, qu'elles ont affichée illégalement, avec une centaine d'alliées, dans les toilettes d'une foule de bars de la ville.L'initiative et la menace qui pesait sur les femmes ont été répercutées par les mass média électroniques, notamment à Radio-Canada (avant la purge des «Madames»).Julie Depelteau et Stéphanie Mayer rendent compte de cette mobilisation dans «En théorie c'est de la pratique - À nos rires, colères et contradictions», l'article que j'ai trouvé le plus intéressant de Remous, ressacs et dérivations autour de la troisième vague féministe.Ce texte, qui vaut amplement le prix du livre, est un modèle exceptionnel de réflexion, d'autocritique, et de transmission à d'autres activistes des priorités et des choix qui ont présidé à cette victoire, puisque la mobilisation subséquente, surtout vigoureuse au Québec, a forcé le rejet de C-484.Par ailleurs, cette anthologie a les défauts de ses qualités : si elle a le mérite de faire réfléchir, j'avoue que certains des douze textes réunis m'ont fait « pomper ».Portrait très diversifié des thèmes qui retiennent l'attention des jeunes féministes de l'UQAM - et de leur enseignante, dont la même citation revient à trois reprises! -, Remous et ressacs se révèle aussi stimulante - et parfois décevante - qu'une belle pile de travaux de fin de session.Un féminisme «people»?J'ai notamment été laissé sur ma faim par l'enthousiasme acritique de quelques signataires pour des vedettes du postmodernisme d'il y a 30 ou 20 ans comme Donna Haraway et ses Cyborgs, ou Virginie Despentes (King Kong Théorie), elle-même séduite par l'idéologie de Camille Paglia pour qui le viol est simplement « un risque à prendre, inhérent à notre condition de femmes ».WTF?Verra-t-on l'une ou l'autre témoigner au procès de Dominique Strauss-Kahn?Quant au positionnement de ces textes, je vois bien que l'on désigne indistinctement comme « troisième vague » les préoccupations féministes contemporaines - même s'il y a déjà vingt-cinq ans que s'affirme cette posture et que sa définition est crès contestée.Mais faut-il pour cela calomnier comme « antisexe » les féministes de la « deuxième vague », celles qui continuent à s'en prendre au viol et à l'assimilation patriarcale du sexe au pouvoir sur l'autre, dans la pornographie et la prostitution?Cela suggère une vision bien trad de la sexualité, que rejettent notamment les organisations de femmes racisées, opposées au néo-libéralisme des supporters de l'industrie du sexe.Le nouveau féminisme serait-il plus prompt à vanter l'intersectionnalité des luttes qu'à faire place à ces voix des femmes doublement marginalisées?C'est une des questions que posent ces jours-ci les critiques d'une « Marche des salopes » perçue comme bourgeoise et blanche comme neige (http://sisyphe.org/spip.php?article3877).Dans l'alcôve J'ai particulièrement aimé le texte final du recueil, un long dialogue attentif entre les féministes queer radicales Véro Leduc et Coco Riot, « Dans l'alcôve : tête à tête queer sur les défis de la troisième vague féministe ».Tout en détaillant son vécu de trans, comme plus tôt, Alexandre Baril, Riot contredit quelques clichés, sur par exemple la prétendue absence des lesbiennes et de femmes racisées dans le féminisme des années 1960-1990.Il faut sans doute un travail continu d'historienne comme celui que continue à mener le Remue-ménage pour faire émerger l'histoire de toutes les femmes de ce qu'en retiennent les médias et certaines tours d'ivoire universitaires.Au moment, par exemple, où les luttes les plus cruciales à l'avenir des femmes sont menées en milieux de travail par des syndicats comme la Fédération interprofessionnelle de la santé et la CSN, il y a de quoi s'inquiéter de l'absence quasi-totale de cette dimension dans ce qui se présente comme la vague de l'avenir.Mercedes Baillargeon aborde cette question du sociopolitique dans une intelligente préface au recueil.Remous, ressacs et dérivations autour de la troisième vague féministe, dir.de pub.Mercedes Baillargeon et le collectif Les Déferlantes, Montréal, Éditions du remue-minage, 2011.Descendre bien bas Dénonçant les pratiques de la fourrière le Berger Blanc, l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec se dit choqué qu'on traite des animaux comme s'ils étaient des immigrants tamouls.Loi À sa neuvième ascension de l'Everest, l'alpiniste britannique Kenton Cool est devenu le premier homme à tweeter depuis le toit du monde, un exploit qui lui a permis de repousser le sommet de la bêtise.musironie RAMON VITESSE VOLITIONS (WtTÇSfiC 2jU CITR POP ALLIANCE COMPILATION, Volume 2 (CiTR/ Mint Records) COWANSKATE CULT, Démo Compilation (Disques Sapristi!/ PAF! Disques) Pour certains, les compilations ne sont prétexte qu'à un alignement promotionnel et stratégique sur le marché.Heureusement, il existe toujours des résistants, des amoureux de la découverte et des causes musicales indépendantes.Drôle de hasard, les deux disques sont disponibles en seulement 300 exemplaires - le premier est strictement disponible en vinyle numéroté à la main et le second carrément hors commerce.Mint Records est née dans le giron de la station universitaire CiTR 101,9 FM ce qui explique ce disque bénéfice soit également un parfait prétexte à faire découvrir la pop alternative de Vancouver.Mes coups de cœur sont Shawn Turner Overdrive, Apollo Chosts, Slam Dunk, Watermelon et Kellarisa sur lequel je compte revenir prochainement.Le second disque - lié à un petit happening estival à Cowansville pour et par les jeunes avec la MDJ et votre chroniqueur, regroupe quatre formations indédites - Justice Civile, Second Night, Soul Drivers et Fear Dies Tonight, avec, en prime des groupes émergents qui ont été de cette scène (Pack A.D., Guérilla Poubelle, La Cachette, Damien, Sweetheart Sebastian, etc.).La pochette, un couple explosif, est signée Jeik Dion tandis que Johnny Love était aux manettes ! Nos ancêtres les Martiniquais-es ! « Ce que nous affirmons, c'est que la tare doit être expulsée une fois pour toutes.» - Frantz Fanon YEUN Histoire officielle est souvent l'œuvre des classes dominantes.Elles y écrivent prioritairement leurs seules perceptions, dans la défense, involontaire ou non, de leurs propres intérêts.L'Histoire des popula-f tions opprimées y est généralement filtrée, rétrécie ou occultée.Implicitement, le dernier livre de Gilbert Pago, L'insurrection de Martinique -1870-1871, est une invitation à rompre avec ce schéma.L'universitaire martiniquais a déjà publié plusieurs ouvrages dont : Les femmes et la liquidation du système esclavagiste à la Martinique (éd.Ibis rouge).Ici, il nous convie à découvrir une page de l'histoire largement ignorée.Ignorée particulièrement par une population blanche enlisée dans de faux questionnements concernant la culpabilisation de l'occident autour d'une repentance intolérable.L'INSURRECTION deMARTINIQUE Noircir les pages Dans son dernier ouvrage, C.Pago relate et analyse les jours de révoltes qui ont secoué le territoire antillais sous tutelle française à la fin du XIXème siècle.Comme pour d'autres soulèvements, que Alain Plénel rappelle dans sa préface, c'est un fait divers qui a été le déclencheur de la révolte paysanne : l'injustice coloniale à l'égard d'un noir de 22 ans condamné à la déportation.La colère insurrectionnelle a été la réponse spontanée de la population noire ; solidaire contre l'injustice subie par l'un d'entre eux et solidaire contre les provocations de la caste des béké-es : propriétaires et décideurs blancs, pour certains, nostalgiques de la période esclavagiste.La révolte déferlera à la fin du mois de septembre 1870 pendant 5 jours, incendiant et pillant les maisons des blanc-hes en fuite.Le contre-coup sera cependant tragique : une répression féroce et mortelle s'abattra avec des peines de prisons, des déportations, des peines de morts et une coercition exacerbée pendant plusieurs années.Pour expliciter cette révolte populaire, C.Pago contex-tualise.Il nous dévoile alors les tensions d'une société héritière de l'esclavage (Après un rétablissement en 1802, la France avait aboli à nouveau la traite négrière en 1848).Autant dire que le spectre d'un nouveau rétablissement demeurait une crainte de la population noire de l'île, alimentée par un racisme qui imprégnait toujours l'ensemble des relations entre blanc-hes, mulâtres-ses et noir-es.L'auteur décortique les enjeux politiques de l'époque dans un langage assez clair : l'ensemble des protagonistes et des différents groupes sociaux y sont décrit avec finesse, tout comme la succession des événements.La mise à jour des stratégies de la justice coloniale blanche lors des procès est particulièrement intéressante.Pour appréhender ce qu'on nomme désormais L'insurrection du sud, l'auteur a dépouillé de multiples documents d'archives.Certains sont reproduits en annexe : par exemple la liste nominative des insurgé-es réprimé-es puis condamné-es.De plus, sensibilisé à la critique féministe de l'Histoire, C.Pago n'occulte pas la participation et l'activité des femmes.Il pose alors les bases d'une analyse des rapports sociaux de sexe pour la plupart des faits : insurrection, procès, etc.(On peut certes regretter quelques lignes trop marxisantes.Cependant,.) Ce petit livre est une très bonne entrée en matière pour découvrir l'histoire méconnue des sociétés antillaises.Blanc comme neige ?Dans une certaine mesure, l'ouvrage de Gilbert Pago permet d'une part de constater les continuités historiques, et d'autre part d'expliciter les soulèvements populaires qui suivront dans les colonies française d'outre-mer : comme le mai 67 guadeloupéen, ainsi que le récent LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon).D'ailleurs, suite à cette mobilisation exemplaire de 2009, signalons que les accords signés avec les autorités françaises sont magistralement bafoués : illustration supplémentaire du désormais classique mépris républicain.Pendant des décennies, la France a enseigné à un peuple esclavagisé, déporté et colonisé le célèbre «Nos ancêtres les gaulois» - suscitant ainsi une forme particulière de désintégration sociale pour une pseudo-intégration à la métropole universelle.Ce livre de Cilbert Pago nous dévoile l'autre face du phénomène, il nous montre une autre Histoire.Une Histoire occultée, celle d'un peuple de résistantes, faite de révolte, de solidarité et d'aspiration à l'égalité, réelle.Gilbert Pago : L'insurrection de Martinique -1870-1871, édition Syllepse (2011), 155 pages, 9 euros.Gilbert Pago VIE DE MARTIN DUFRESNE Si vous êtes comme moi accro des bacs de recyclage de livres, une des trouvailles les plus intéressantes à y faire est Le sexisme ordinaire (Éd.du Seuil, 1979), un recueil de chroniques infiniment ironiques publiées dans la revue Les temps modernes dans les années 1970, alors que Simone de Beauvoir avait laissé bride sur le cou à des jeunes féministes pour rire un peu du patriarcat qui se prenait très au sérieux.Cathy Bernheim - depuis devenue romancière - et ses copines y ont fait la pluie et le beau temps quelques années et ça se lit encore très bien.Depuis, les choses ont censé avoir changé, les hommes devenus sensibles et mobilisés sur les tâches domestiques, ouvrant grandes les portes du monde du travail aux femmes devenues les «meufs» (verlan oblige!) Eh bien non! Ce n'est pas du tout ça.Le mythe de l'égalité-déjà-là, éviscéré par l'insolente Catherine Delphy, (L'ennemi principal , Un universalisme si particulier : Féminisme et exception française (Éd.Syllepse, 2009 et 2010) n'arrive pas à cacher un sexisme à peine moins grossier.Celui-là même qu'on a notamment vu à l'œuvre dans le beau mouvement de solidarité masculine dont a bénéficié, aux plus hauts échelons de l'intelligentsia française, Dominique Strauss-Kahn, le grand patron du Fonds monétaire international, après son viol d'une femme de chambre new-yorkaise à la mi-mai.Même quand il n'y a pas agression hyper-médiatisée, les «meufs» récoltent encore au quotidien toutes sortes de commentaires gentiment fielleux pour leur rappeler que les hommes, si évolués qu'ils pensent être, continuent à voir celles-ci comme venant de Vénus et n'ayant pas vraiment de place acquise sur le marché du travail ou des hautes études.Les mots du machisme ordinaire La nouvelle revue Osez le féminisme.', particulièrement active pour tenir tête aux petits amis de DSK avec une manif dimanche dernier à Paris intitulée «Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent», vient de publier un titre-choc, Vie de meuf.OLF y enfile comme les grains d'un chapelet - ou les stations d'un chemin de croix - ce genre de remarques, jambettes plus ou moins subtiles dont les mecs continuent à émailler leurs échanges avec le «sexe faible», histoire de les tenir à leur place.Exemple : Une journaliste raconte l'interview d'un homme politique lors d'une soirée électorale : «Chaque fois que je posais une question, il me regardait, puis se tournait vers mon collègue masculin pour lui répondre.» On peut en trouver bien d'autres exemples parlants sur leur site Web au www.viedemeuf.fr ou sur Facebook au http://on.fb.me/moZmgx .À la différence du Sexisme ordinaire, c'est aujourd'hui n'importe quelle lectrice qui peut, grâce à Internet, envoyer à ce site Web les perles dont on l'a gratifiées.Ne vous en privez pas, même si au Québec, on sait bien que le sexisme ça n'existe absolument plus.Vie de meufs, Osez le féminisme, Paris, mai 2011. Le Couac | juin 2011 n archistes Anonymes Dans le cadre du sixième Festival International de Théâtre Anarchiste de Montréal («le seul festival au monde dédié au théâtre anarchiste»!), une soirée regroupant plusieurs artistes dont Pol Pelletier, une figure importante du théâtre québécois, s'est tenue à la Sala Rossa le 18 mai dernier.Nous reproduisons ici, avec l'autorisation des auteurs, le petit bijou d'ironie du collectif « Les anarchistes anonymes ».BRUNO MASSÉ, AVEC LES ANARCHISTES ANONYMES : PAT, MARCO, YANNIE, VICKY, CATH ET SOFIAN Version abrégée, www.daemonflower.com [YVON] - Debout, vers l'audience.S'il vous plait, s'il vous plait, assoyez-vous, on va commencer.Dites moi, est-ce qu'il y a des beaucoup (hésitation) d'anarchistes ici ce soir?Levez la main, s'il vous plait, soyez pas gênés, vous êtes là pour ça, on est toutes là pour ça.Vous êtes venu chercher de l'aide, c'est bien.Y'a de l'espoir, vous savez.(Rire nerveux) Alors bienvenue, bienvenue à une autre réunion d'Anarchistes Anonymes.Mon nom c'est Yvon, je suis anarchiste.(Applaudissements) Je vois qu'il y a des nouveaux visages ce soir, et même si ça m'attriste de voir que l'anarchie fait toujours des nouvelles victimes, ça me réjouit de voir que vous avez franchi la première étape, fait un premier pas, en quelque sorte, vers une nouvelle vie.Faut pas se faire d'illusions, hein, l'anarchisme, c'est un problème de société, une épidémie qui affecte la vie de millions de personnes.Malheureusement, pour cette maladie là, y a pas de remède, mais il est possible d'apprendre à vivre avec la condition et peut-être, je dis bien peut-être, aspirer à avoir une existence normale.Ensemble, ici, une fois par semaine, on crée un lieu sécurisant où les personnes qui souffrent d'anarchie peuvent briser le silence et s'ouvrir, s'exprimer à l'abri des jugements.On apprend à accepter ce qu'on peut pas changer, et on peut rien changer, faque.(rire nerveux-pathétique) Il y a des beignes pis du café sur la table dans le fond, c'est du bon Van Houtte velouté {prends une gorgée sonore) hmmmm, du bon Van Houtte.Gênez-vous pas, c'est la ville qui paye, (rire nerveux) Alors on va commencer tout de suite, avec.Dany, j'pense que c'était à ton tour.Dany, raconte-nous ton histoire.(Serassoie).[DANY] - Se lève.Merci.Bonjour, je m'appelle Dany et j'suis anarchiste.(TOUT LE MONDE] - Bonjour Dany! [YVON] - On accueille Dany tout le monde.[TOUT LE MONDE] - (Entraînant la salle) Bonjour Dany! [DANY] - Ça a commencé y'a cinq ans.Dans ce temps là, j'avais toute, la grosse vie sale.J'écoutais le hockey, je votais PQ_, je travaillais comme assistant plongeur dans un McDo.J'avais toutes les albums des Cowboys Fringants pis de Mes Aieux, pis ostie que je trouvais ça bon.Ouin.J'tais ben en sacra-mant.Pis là, «out of nowhere », ça a dérapé.Un moment donné, ma blonde m'a crissé là - pis anyway j'étais content parce qu'elle aimait même pas mon char - sauf que la même semaine, y'a une bunch de tapons à job qui ont essayé de faire syndiquer la place, pis notre boss a mis la clef dans porte.Ben faite, que je me suis dit.Ouin, mais là j'avais pu de job.Pis là j'ai faite la gaffe du siècle.Stie.Entre deux games de hockey, je me suis mis à lire un livre qui était coincé en dessous d'une patte de ma table de salon.Pis j'y ai comme pris goût.Ouin.Je sais pas ce qui m'a pris.Des p'tits livres au début écrit ben gros ek ben des images, pis après ça des osties de briques, grosses de même, une pis une autre.Je veux dire, c'était cool, je commençais à catcher des affaires pis tout d'un coup j'avais l'impression que je m'était faite fourrer toute ma vie, tsé?Mais là, y'a pu rien qui marchait.Ma vie était toute fucké.J'allais à une entrevue mettons pour être torcheur de marde dans un édifice à bureau, ou crisseux de patente sur une chaîne de montage, pis normalement j'aurais dit 'oui m'sieur non m'sieur', là j'étais pu capable de bullshitter personne parce que je pensais que crosser le monde c'était pas correct, vu que moi j'en avais mangé en ostie pis que ça me tentait pu.Fait que je figeais drette.Je me demandais qu'est-ce qu'il en pensait, le boss, si ça avait du sens de vivre une vie qui te tente pas pan-toute, vu que t'en as rien qu'une ?J'étais à bout.Un moment donné, mon père a ben vu pour voir pis il m'a assis pis il m'a dit (prend une voie paternelle) « mon Dany, t'es aussi ben de ramasser tes clics pis tes claques, te brasser le cabochon pis de te démarder, pis en tabarnac à part de tsa.Trouve toé une job, pis r'tourne à l'église, pis ferme ta yeule, pis fais des p'tits, pis coupe toi les cheveux, pis paye tes taxes, sinon.(pause) ben m'a t'en calisser toute une.» Il m'a sauvé.Avec le temps, j'ai fini pas comprendre, tsé, que les boss pis les proprios c'est du bon monde au fond, pis si 'sont plein de cash c'est parce qu'ils le méritent, pis les fifs, sont fifs parce qu'ils l'ont ben choisis pis c'est de leur faute, pis le bon Dieu décide de toute, pis y veut qu'on vote conservateur, pis une femme c'est faite pour les chaudrons pis pour laver mon char, pis la planète a rien que 6,000 ans pis les fossiles de dinosaures, ben c'est rien que pour tester notre foi.En tout cas, toute ça, faut que je me le répète à toute les jours.À toute les jours.Ouin.Air distant.On dirait que ça rentre pas.Mais je me dis, faut essayer.Pis j'essaie.Silence.[YVON] - As-tu fini, Dany?[DANY] - Non attend un peu.Calisse! Ok, là j'ai fini.Dany se rassoie.Applaudissements.[YVON] - (vers Fred) Veux-tu y aller?[FRED] - Salut, mon nom c'est Fred et j'suis anarchiste.[TOUT LE MONDE] - Bonjour Fred! [FRED] - Moi en fait, je viens juste de sortir du placard.C'est pas facile.Avant, j'étais dans le déni, je voulais pas voir.Moi ça a commencé jeune.Ils disent que ça se transmet plus souvent à la maison.Mes parents, c'était des hippies, des vieux patchulis qui se rasent pas pis qui ont toujours un gros sourire dans face.C'est de leur faute.Quand ils m'ont dit, 'Fred on t'aime, tu peux être ce que tu veux, pis on va toujours te supporter, quoi que ce soit', (fâché) dans le fond, ils me laissaient pas le choix, j'était faite.À sept ans, j'organisais le squat de la cabane abandonnée dans l'arbre du voisin en face.Je mettais mes CIJoes dans le micro-ondes en les traitants de collabo.À garderie, j'ai monté un comité de sou tien pour ceux qui se faisaient envoyer en punition.Une fois majeur, ça s'est juste empiré.Entre la coop d'habitation, la coop de travail, mon groupe d'affinité, mes deux collectifs pis les trois coalitions qu'on était, je faisais neuf réunions par semaine.Neuf! Pis là rajoute mon couple ouvert, mes amies plus pis toutes les prospects, j'avais même pu de temps pour écouter Tout le monde en parle.Pis ça c'est sans parler des émeutes.Fuck, j'ai tellement reçu de lacrimo, je pleurs même pu quand je coupe des oignons.Sauf qui faut dire qu'à marcher trois manifs par semaine pendant quatre ans, ça m'a sculpé des mollets de dieu.À travers toute ça, je me suis fait arrêté quatorze fois, j'ai à peu près 46 conditions à respecter pis la dernière fois que je me suis ramassé devant le juge, c'est là que j'ai tout compris.Le juge m'a traité de.il m'a dit que j'était.(arrête) [YVON] - Vas-y Fred, tu peux y arriver! [FRED] - (en pleurnichant) Un anarchiste ! Fred se rassoie.[YVON] - Merci pour ton courage Fred, c'est très inspirant.Scorpion enlève son masque à gaz et se lève.[SCORPION] - Moi mon nom d'action c'est Scorpion, pis je suis libertaire.Silence.Tous le regardent avec des gros yeux.[SCORPION] - Euh, je veux dire, anarchiste.[TOUT LE MONDE] - Bonjour Scorpion ! [SCORPION] - Je m'excuse, ça passe mieux quand on dit libertaire, (concerné) mais je sais qu'y faut que j'arrête de me mentir.Mon problème à moi, c'est que j'ai toujours voulu fitter dans la crowd.Si je suis devenu anarchiste, c'est parce que je voulais faire comme tout le monde.C'est tellement populaire, on dirait que tout le monde veut l'être tsé?Je veux dire, un coup que t'es anarchiste, tout le monde t'aime, ils parlent de toi à la télé, ils écrivent des livres sur toi, y'a même du monde dans les université qui font rien d'autre que t'étudier pis écrire des mémoires sur ton cas.C'est fou, même la police t'aime tellement que quand ils te voient dans la rue, ils te courent après, pis souvent ils appellent leurs amis pour qu'ils soient toute une gang à te donner de l'attention.Moi, je voulais juste ça, tsé, être dans le camp des opprimés.Pendant des années, j'était convaincu que j'étais une lesbienne autochtone vegan en Palestine.Maintenant, je suis tellement Black Bloc que je suis pas capable de sortir sans mon masque à gaz.Y'a même pas de filtre, mais tsé, ça me fait sentir en confiance, tsé?(sors son cocktail molotov) C'est comme mon cocktail molotov, c'est juste du jus de pomme dedans, mais si je l'ai pas, je me sens tout nu.J'ai même essayé de me faire pousser la barbe comme Bakounin, mais tout ce que j'ai réussi à avoir c'est la barbiche de Lénine.(ému) pis le fait qu'y en aient quelques-uns qui aient compris cette référence là me dit que je suis pas tout seul.Mais ça me fait du bien de venir aux meetings, pis en thérapie, je réussis vraiment à faire du progrès.Par exemple, avant, je portais juste du noir.Tous le regardent étrangement : il est habillé en noir.Scorpion feint d'être gêné et montre son élastique de sous-vêtement rose.Y'a de l'espoir, tsé, y'a de l'espoir, gang, lâchez pas! Pleurs, enlève le chiffon de son cocktail et se mouche dedans.Se rassoie.[YVON] - À toi maintenant Kevin.[KEVIN POITRAS] - (Incertain) Uh, t'es sûr?Je veux dire, faut-tu?[YVON] - Ben, Kevin, t'es nouveau, je suis sûr que ça te ferait du bien de partager avec le groupe.[KEVIN POITRAS] - Uh, ouin, ok.(Hausse les épaules).Moi c'est Kevin Poitras.[TOUT LE MONDE] - Et ?[KEVIN POITRAS] - Et j'suis, uh, anarchiste.[TOUT LE MONDE] - Bonjour Kevin ! [KEVIN POITRAS] - (Lis à partir d'une liste papier sur un ton monotone) Moi je fit vraiment le profil standard, ouin, tout ce qui a de plus typique.J'suis arrivé à l'anarchie à cause d'un lourd passé de déviance et d'actes immoraux.Je me suis mis à consommer la philosophie politique à un jeune âge, puis une autre, toujours des théories plus dures pour aller chercher le «buzz» idéologique.J'avais besoin de ma dose de subversion à tous les jours.Au début, je trippais sur le recyclage, comme toutes les autres ados 'cools' de mon école.Pis là, je lisais sur l'écologie sociale, mais juste la fin de semaine.Sauf qu'un moment donné, ça me suffisait plus, tsé, il me fallait de quoi de plus fort, pis c'est là que je suis rentré dans l'enfer du socialisme : j'suis devenu social-démocrate, pis après communiste, pis finalement, au bout du désespoir, j'ai touché le fond du baril, j'suis devenu, j'suis devenu.[YVON] - Tu peux y arriver, t'es capable! [KEVIN POITRAS] - (en pleurant) ANARCHISTE! Ostie que ça fait du bien de le dire! Dans ta face, Sergeant Bilodeau ! [YVON] - Pardon?Qu'est-ce que tu viens de dire là?[KEVIN POITRAS] - (Excité) Oh, j'peux pu vous mentir.Faut que ça sorte.Sors un micro de ses pantalons.Mon vrai nom, c'est pas Kevin Poitras, c'est Matricule 5692 du poste 33.Je vous ai infiltré dans le cadre de l'opération Caniche Wapiti.[TOUT LE MONDE] - Paniques.Oh ! [MATRICULE 5692] - Mais là, je peux pu continuer, vous m'avez tellement ému avec vos histoires, je peux pu faire semblant.Air solennel.Oui, j'suis anarchiste! Je l'ai toujours su au fond de moi, mais j'avais pas les mots pour le dire, avant de vous rencontrer.J'étais comme un beigne nature, plate et sans goût, mais en m'insérant le tube de vos témoignages, vous m'avez rempli de la crème costarde de la liberté, pour ensuite me rouler dans le sucre en poudre de la solidarité.[SCORPION] - Eille, tu vas pas nous arrêter, toujours?[MATRICULE 5692] - Plus jamais! C'est fini ce temps là! J'ai enfin compris que la liberté, c'est ce qu'on a de plus précieux au monde, pis je veux plus jamais l'enlever à personne.[FRED] - On vas-tu avoir un constat d'infraction ?[MATRICULE 5692] - Non, j'aimerais mieux un constat.d'affection! [DANY] - Mais là, je comprends pas le rapport ! [MATRICULE 5692] - Plus jamais de rapports ! (Emporté, romantique, musical) Oui, à mort la bureaucratie! Devant moi, une toute nouvelle vie! Entre Matricule 7734 de côté.[MATRICULE 7734] - Oh, Matricule 5692, c'est tellement beau de t'entendre de même dans mon headset, ça me fait toute frétiller, comme une truite au fond d'une chaloupe pleine de bière, comme si je m'étais fait électrocuter avec le taser de l'amour.[MATRICULE 5692] - Oh, Matricule 7734, tu me prends en plein déli d'excitation! [MATRICULE 7734] - Tsé, depuis que je t'ai pogné à Fraternité en train de flatter un p'tit chat sur le dash de l'autopatrouille, j'chus pu pareil, je dessine des coeurs sur la cross de mon shotgun, je chante des tounes sur mon CB, même que j'tai écris un poème dans mon pad à tickets.Oh, matricule 5692 Je te suspecte, je te veux Je t'écrirais un procès à l'amiable Avec la matraque de mon désir Laissons faire le profilage racial Et mettons nous au profilage facial Oh, matricule 5692 Refuse-moi d'obtempérer Passe moi les menottes du plaisir Et garoche la clef [MATRICULE5692]-Oui, enfin, on peut laisser tomber nos rôles de machos paramilitaires et s'abandonner à la (accent espagnol) 'passion suave'! Se collent.[MATRICULE 5692] - Oui, viens ici me faire un voie de fait.avec la moustache! S'embrassent passionnément.Pendant ce temps, les autres anarchistes ont une rechute : Yvon se met en position (étale; Dany sort un livre et se met à lire; Scorpion remet son masque à gaz, sort un drapeau noir et se met à le brandir passionnément; Fred enlève et lance son complet, dessous il y a un t-shirt militant.-Fin-
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.