Le couac, 1 novembre 2011, novembre
tH Cod novembre 2011 | Vol.i$-n°02 | 4, Je pense, donc je nu Les étudiant-e-s font s'embraser le Chili p.4 S FESSE ouac Grands médiocres p.8 postes canada canada ^iïr post Port payé Postage oaW Po«M Publication* i Publierions Mail 0024866 « OCCUPONS TOUT NE REVENDIQUONS RIEN » EMILIE «RABAT-JOIE» JOLY est par un matin pluvieux, alors que la météo s'alliait au capital, que les premières tentes ont été érigées à l'ombre de la Tour de la Bourse.Montréal aussi allait avoir son mouvement « Occupy ».D'emblée, l'ambiance était festive.Comme un Woodstock en Beauce version crise financière.Avec un espace bien organisé, une cuisine populaire et un coin pour les enfants.On y retrouvait un impressionnant mélange bigarré de participants et d'organisations.Des Milices Patriotiques Québécoises faisant vire-volter leurs drapeaux des patriotes, aux communistes libertaires dénonçant le système capitaliste.Des trotskistes distribuant The Militant, aux joueurs de tam-tams.Du contingent «Décolonisons Montréal» dénonçant l'occupation des territoires autochtones de l'île de la Tortue, aux hippies arborant leur pancarte «Free Hugs».En après-midi, le Square Victoria se donnait des airs de manif familiale alors qu'on y comptait nombre de familles et d'enfants.L'activité arborait indéniablement une aura intergénérationnelle louable, alors que jeunes et vieux partageaient la scène sans - pour une fois - en rester aux éternels débats sur le coût vs l'apport des baby-boomers.En effet, très peu de mouvements auront, comme « Occupy Montréal», réussi à réunir une telle diversité d'« occupants », tant francophones qu'an- mmmmm glophones.Pour plusieurs, il s'agissait indéniablement d'une de leurs premières expériences d'organisation collective, alors que d'autres venaient afficher leurs galons, parsemant au vent leurs anecdotes de la Grève étudiante de 1996 et du Sommet de 2001.Et il s'agit là d'une force certaine de l'occupation du Square-Victoria/Place des peuples que de semer un terreau fertile pour le côtoiement de tendances idéologiques variées et pour un processus formateur quant à la démocratie directe.Un genre de cours intensif «Mobilisation 101» misant sur l'importance de la collectivité rassemblée en un pôle unitaire symbolique.WW £ OCCUPONS TOUT NE REVENDIQUONS Rï s'assurent de relayer l'ambiance festive de l'occupation, montrant fièrement des photos de participants d'assemblée générale votant au poing levé, oubliant toutefois de mentionner la cacophonie ambiante, les procédures déficientes et l'ironie incroyable de se retrouver à essayer de voter - à majorité?- sur la prise de décisions à majorité ou par consensus.L'unité, mais à quel prix?Le mot d'ordre d'«Occupy Montréal» - s'il en est un - est l'unité.Rassembler le plus de monde, d'un peu partout, aux idées diverses - ou sans celles-ci -pour démontrer la présence active d'une masse prête à déclarer « On est tannés ! ».Mais cette quête d'unité revendiquée dans le slogan omniprésent «Nous sommes les 99 %.We are the 99%.» laisse planer un danger, tout aussi omniprésent.Que l'absence de revendications - l'absence de message - transforme l'action en simple spectacle.L'unité fait en effet de très belles images, reprises par les médias - officiels comme alternatifs - qui Mais cette quête d'unité revendiquée dans le slogan omniprésent «Nous sommes les 99 %.We are the 99 %.» laisse planer un danger, tout aussi omniprésent.Parce que si, d'emblée, on en appelle à ce que tout le monde puisse participer, «de droite, comme de gauche», on se retrouve rapidement avec un participant arborant une pancarte «Ron Pau! Next Président» et des participants qui confondent allègrement les concepts de libertarien et libertaire.Les policiers, nos amis?On se retrouve également, au nom de l'unité, à piler sur des acquis militants chèrement établis, tel le respect de la diversité des tactiques.D'une assemblée sous-peuplée tenue bien avant le début de l'occupation, Occupy Montréal se décrète «contre quelconque violence, incluant la violence verbale» - n'avons-nous donc même plus le droit de sacrer?- et considère les forces de l'ordre/de police «comme des alliés potentiels au mouvement, et non comme des adversaires», ceux-ci étant ultimement «redevables au peuple ».Bien qu'elle soit calquée sur celle d'Occupy Philly, on aurait plutôt dit que la charte des principes d'Occupy Montréal sortait tout droit d'un wet dream de Philippe Duhamel.Quand le slogan devient le message Le Square Victoria n'est pas Wall Street.« Occupy Wall Street» n'est pas qu'un slogan.Il s'agit là, en son sein même, d'un message.D'une revendication.D'une lutte.« Occupy Wall Street », c'est dénoncer la gestion politique de la crise financière, c'est dénoncer le bailout des spéculateurs déficitaires, c'est dénoncer les politiciens qui rampent aux pieds des banquiers.Occuper Wall Street, c'est, de facto, dénoncer le système capitaliste.Parallèlement, s'indigner en Espagne, en Grèce, en Italie ou au Portugal et manifester devant les bureaux nationaux de l'Union Européenne pour dénoncer les ajustements structurels forcés du FMI, c'est un message en soi, pas seulement une manif.Mais occuper Montréal, ça veut dire quoi?Le mouvement « Occupy Montréal » canalise la frustration et l'écœurement de la classe moyenne endettée, des étudiants menacés par une nouvelle hausse des frais de scolarité, des citoyens exaspérés de la corruption et de la collusion.Mais il est dangereux de penser qu'on puisse se contenter d'un simple échappatoire ou espace de canalisation.Un espace où crier publiquement.Un espace où brandir sa pancarte.Il faut que l'exaspération se traduise en action.En action locale.Il faut se réapproprier son tronçon de la mouvance globale d'Occupy ou des Indignés pour lui donner sens, ancré dans la réalité locale.Car les bonnes initiatives partent trop facilement en déroute.Rappelons-nous l'exaspération face à la classe politique traditionnelle en 2007.Le mécontentement était à son comble.On exigeait du changement! Ce qui se traduisit alors par l'élection massive de l'ADQ.L'exaspération doit être accompagnée par une prise de conscience politique et idéologique.Allons, entonnons tous ensemble : «AU we are saying, is give class war a chance».Bye bye Jobs En échange d'un legs au montant non divulgué, les éditeurs américains de la Bible vont remplacer le titre « The Book of Job » par « Jobs'E-Book » et ajouter le cancer aux sept plaies d'Egypte.Bye bye Jobs (bis) À lire tous ces tweets «Je n'en reviens pas d'avoir appris la mort de Steve Jobs par un de ses produits », on imagine ce que ça a dû être à la mort d'Alexander Graham Bell.CONTRE L'EXPLOITATION Le gouvernement du Québec a l'intention de s'attaquer aux usines à chiots.Les usines à pauvres quant à elles devraient pouvoir continuer tranquillement leurs activités.musironie Démission du rédacteur de discours de Jean Charest Patrice Servant déclare ne jamais avoir été doué pour écrire de la fiction, musironie Démission du rédacteur de discours cltEï J cl* 1*1.Cw« ï^3LX*GiStI Le photocopieur avoue qu'il n'en pouvait plus.musironie Quelques retlexions venues de i au-deia sur l actualité MESSAGES FANTÔMES «Quand Simon Durivage se sent "pris en otage" par des radicaux de l'UQAM, il ne sait vraiment pas de quoi il parle.» - pierre laporte «Quand on dit d'Obama qu'il est "communiste", je me rends compte de l'ampleur de la défaite historique du socialisme.» - Lénine «On dirait que le spectable est de plus en plus ennuyant, non?» -guydeboro «Ha! Ha! Drôle.Le "terrorisme" d'Amir Khadir et du PAJU.Mais que dirait-il de moi, votre Duhaime de mes deux?» -carlos «Vous allez faire quoi pour contrer Charest?Une pétition en ligne?Une marche autour du parlement ?Hee !» - m.chartrand «La liberté n'est pas une marque de yogourt, ça voulait aussi dire qu'elle était pas un réseau de marde » - pierre falardeau «Ha! Il y en a encore pour dire que j'exagérais quand je parlais de classe mondiale et de marchandisation du monde?» -k.marx «Je trouve que le RLQfait du bon travail.Un peu trop démocrate, mais bon, en temps de crise, ils seront du bon bord.» - Pinochet «J'avoue que j'aurais aimé avoir autant de moyens que Nike ou Fido, mais c'est surtout Fox News qui m'impressionne.» - Staline « Le caractère ou le nom de la bête, ou le nombre de son nom, ça ne vous dit rien ?Je vous avais prévenu.»-jean « Non, je ne reviendrai plus.Et si vous ne comprenez pas pourquoi, c'est pas mon maudit problème.»-jesus «J'ai eu peur un moment, mais bon, les gens de Québec font du très bon travail pour assurer la relève : chapeau ! » - duplessis «Je constate avec joie que mes romans ont eu un succès fou auprès de votre classe politique.» - le marouis de sade 072527470387602 Le Couac | novembre 2011 PLOGUES BP EM Enfin www.enfinlesvacances.i > premier ¦ tCTcroman web anarchiste paurttrole Sa lamit ni o ni En novembre à l'UPop.Parlons cerveau, mardi à 19I130 donné par Bruno Dubuc au café Le Placard, 212g, avenue du Mont-Royal Est La difficile mais nécessaire multidisciplinarité Les grands paradigmes des sciences cognitives Les fondements de la civilisation chinoise : Le « Taoïsme », mardi à 19I1 donné par Charles De Mestral à la galerie l'Espace Contemporain.5175, avenue Papineau La découverte de l'esprit (Zhuang Zi) Pratiques taoïstes Les philosophes contre-attaquent, lundi à 19I1 donné par Frédéric Legns et Alexandre Comeau au Théâtre aux Écuries, 7285, rue Chabot La retraite du citoyen : Protagoras La dévastation planétaire : Heidegger Révolution féministe : De la chambre à coucher à l'économie de marché, mercredi à îgh donné par Barbara Legault au Bar Populaire, 6584 boul.St-Lau rent Diversité des tactiques et action féministe Guerre économique : droite et austérité On nous fait la guerre : l'antiféminisme Non-mixité : stratégie ou tactique?Confrontation féconde au sein du mouvement La théorie de l'évolution : une théorie qui évolue, jeudi à I9h donné par Daniel Baril au Centre humaniste de Montréal, 1225.boulevard St-Joseph Est Le cerveau a-t-il évolué pour croire en Dieu ?Les Manga : pour en finir avec les robots géants, lundi à îgh donné par Maxime Beaulieu au Salon Manga-thé, 2011 Saint-Denis Kesséça manga?Horreur ou espoir : le manga et le futur Pauline Marois annule son voyage à Paris Elle annule aussi toutes ses activités à l'extérieur de la province, de peur que le Parti Québécois ne change la serrure durant son absence.musironie LA FAIM DIMINUE Selon la Croix Rouge, le monde compte plus d'obèses que de sous-alimentés, parce que les États-Munis s'offrent de plus en plus d'Africains en entrée.CABARET DES SORCIERES AVEC MISE EN DEMEURE T'es féministe ou proféministe, anarchiste, antiraciste, anticapitaliste et t'apprécies les moments de solidarité, la poésie engagée, la musique contestataire et les jeux questionnaires ?T'es étudiantE et t'es tannéE d'entendre des commentaires sexistes ?T'as tout simplement besoin de te défouler après la manif contre la hausse des frais de scolarité ?Cette soirée est pour toi ! Viens prendre un verre tout en rencontrant d'autres féministes et proféministes qui en ont ras-le-pompon de cette société patriarcale, capitaliste, raciste et hétérosexiste! De l'agrément toute la soirée avec rien de moins que des jeux tels que «Mime-moi un gros porc» ! Des prestations musicales mettant en vedette Son Un Poco Politicas, Chrysalide et ses slam, Ana et sa guitare et Mise en demeure ! On vous attend en grand nombre ! Et gênez-vous pas pour faire circuler largement ! Contribution volontaire suggérée de 5 $ mm : 4>u, Lettre aux dominants sans scrupules Diane Crégoire, 51 ans, disparue le 31 janvier 2008.On fouille actuellement une porcherie à St-Valérien de Milton.Ça vous rappelle quelque chose ?Karine Faubert, 21 ans, tuée par balle le 12 août 2011.Son ex-copain, accusé de meurtre, lui devait une importante somme d'argent.Valérie Leblanc, 18 ans, battue à mort, torturée, son corps incendié le 23 août 2011.Chers tueurs, Vous voudrez bien excuser mon ton un peu rude -si jamais vous lisez cette lettre bien sûr.Si je vous tenais, sachez seulement que ce que je vous ferais comporterait des tenailles, des rongeurs et du gros sel.Et je suis pourtant pacifique et humaniste.Même si je ne suis pas psychologue, je suis une femme et connais votre psychologie, faite de merde et d'argent.Vous vous croyez tout permis.Vous haïssez une femme et un bon jour vous déci- dez de la tuer, plus ou moins habilement, et vous continuez vos petites affaires, refusant le test du polygraphe par exemple, s'il risque de nuire à votre «mâle assurance», comme dit ma chum Benoîte (Groult).Cependant ne vous inquiétez pas, il y en a plein de trousd'culs comme vous au Québec - http://qr.net/ feic.Ça m'inquiète, m'angoisse même.Diane Crégoire avait mon âge au moment de sa disparition.Même si je ne peux le prouver (et j'espère de tout cœur que ça se fera), je suis certaine, comme beaucoup de monde, que c'est vous qui lui avez fait la peau.Et vous allez vous faire coincer.Comme l'autre, l'autre troud'cul accusé du meurtre de Karine Faubert.Ça prendra ce que ça prendra pour révéler votre véritable nature, votre préméditation, votre misogynie qui va jusque là.Est-ce utopique de rêver d'un au-delà de cette violence ?Je me le demande.Il y en a qui affirment que c'est se battre contre des instincts primaires qui ont fait qu'au travers les âges, l'être humain a pu survivre et reproduire son espèce jusqu'à aujourd'hui, un combat titanesque quoi.Il y a des mâles qui préfèrent tuer «leur» femelle plutôt que de perdre la face, l'honneur, le Le Couac 6940, rue Jogues, Montréal (Québec) h4e 2ws 514.596.1017 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau co-rédacteurs en chef Bruno Dubuc, Simon Tremblay-Pepin.collaborateurs Dominique Boisvert, Gabrielle Brassard, Eve-Lyne Couturier, Marc-André Cyr, Jean-René David, Anne-Marie Dufresne, Martin Dufresne, Emilie Joly, Eric Martin, Ludvic Moquin-Beaudry, Maxime Morasse, David Murray, Yvon D.Ranger, Marcel Sévigny, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Ramon Vitesse, Yeun.illustrations et photos Boris, Serge Ferrand, Factotumm, Luc Giard, Ramon Vitesse.correction Martin Dufresne mise en page Coopérative Molotov - molotov.ca imprimé par Hebdo-Litho distribué par LMPI Abonnement et publicité : 514.596.1017 ISSN 1480-2074 • N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec ¦ v • droit de continuer à la dominer.Mais avez-vous vraiment toujours été comme ça ?Tous ?En tout cas, quand la torture des femmes devient monnaie courante sur Internet, est-ce surprenant que des hommes trouvent normal de se débarrasser de leur femme ou d'une blonde pour du cash ou pour leur idée de leur «honneur» ?Ça nous promet un bel avenir, à l'âge où les gars se branchent sur ce genre de porno.La violence protège encore votre pouvoir de l'égalité, de la négociation.Mais pensez-vous vraiment que ça marchera toujours ?POUR S'ABONNER Un an : 40 $ (taxes incluses) Deux ans : 65 $(taxes incluses) Abonnement institutionnel et de soutien : 70 $ (taxes incluses) Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 300 $ (taxes incluses) Abonnement d'un an à l'étranger : 55 $ (taxes incluses) Abonnement « spécial 5 numéros » : 20 $ (taxes incluses) (une bonne façon de nous découvrir.) nom adresse code postal téléphone courriel par téléphone 5i4.596.lOi7 par la poste Le Couac, 6940, rue Jogues Montréal (Québec) H4E 2W8 Le Couac recrute Vous êtes un journaliste ambitieux et désirez faire valoir un point de vue objectif sur l'état du monde?Allez vous faire voir.Pour les autres, ceux et celles qui veulent écrire afin de dénoncer la bêtise humaine, la stupidité de notre élite, les privilèges des riches et des puissants, Le Couac attend avec fébrilité votre prochaine contribution.Contactez-nous! C'est peut-être votre dernière opportunité de devenir une nuisance sociale! Écrivez-nous : info@lecouac.org Adressez votre chèque à : Le Couac Le Couac | novembre 2011 3 Aurore, la droite martyre MARC-ANDRÉ CYR La manifestation du 24 septembre dernier a, semble-t-il, donné une occasion de plus à la droite de nous faire la démonstration de sa légendaire sensibilité.La droite radicale - celle qui, par la volonté de Québécor, est revenue au salon prendre le thé avec M.Péladeau - se pose une question à la hauteur de ses capacités : « pourquoi n'avons-nous pas été invités à manifester contre la corruption?».Le simple fait qu'elle se pose la question démontre bien toute la pathétique suffisance de sa rhétorique, lourde des bourrelets caractéristiques de la paresseuse idéologie dominante.Elle a même, fidèle à ses habitudes, développé une rhétorique victimaire on ne peut plus démagogique.Comme si les organisateurs étaient a priori obligés de les inviter - la droite décomplexée n'a manifestement pas de complexe1 - elle affirme, le sanglot dans la gorge et la voix fêlée2, qu'elle aurait été « exclue » de cette manifestation « noyautée » parles syndicats.Des preuves d'exclusion, de censure?Absolument aucune.À moins bien entendu qu'elle ne se trouve dans l'agenda caché d'Amir Khadir : à l'heure où l'on confisque les pinces à sourcils pour éviter les détournements d'avion, rien n'est à négliger, tous en conviendront.Mais puisque nous sommes de gauche, et donc naturellement généreux, tentons de répondre à cette droite martyre, histoire qu'elle cesse, ne serait-ce que quelques secondes, ce pitoyable et larmoyant spectacle -voyez comme il est vrai que nous sommes pleins de naïfs espoirs.Pourquoi, ainsi donc, ne pas inviter la droite à manifester contre la corruption ?Parce que la droite contemporaine - et elle en fait la preuve quotidiennement - est elle-même - historiquement ! naturellement! essentiellement! - corrompue.Elle pervertit le langage et les esprits.Elle soudoie les mots en leur soutirant le sens qu'ils possèdent afin de les rendre utiles à sa volonté de puissance.Elle les enferme dans des formules incantatoires et propagandistes et les utilise comme des pistons travaillant les esprits.C'est cette droite qui fait de la « social-démocratie » un stalinisme ; c'est elle qui fait de «l'État» un socialisme ; c'est elle qui fait du marché et du colonialisme des synonymes de «démocratie»; c'est elle qui utilise la «science» pour nier le réchauffement de la planète ; c'est elle qui transforme les « lock-out » en excès syndicaux ; c'est elle qui transforme le «pacifisme» en «provocation gauchiste»; c'est elle qui prétend que les «services universels» favorisent les riches ; c'est elle qui tente de faire d'Accurso un brillant homme d'affaires ; c'est elle qui rend la «liberté» égoïste et indécente ; c'est elle qui utilise «le Musulman» pour semer la haine et le « féminisme » pour restreindre la liberté des femmes ; c'est elle qui fait de la «liberté» une marque de commerce, une abstraction mensongère utile à la servitude et à exploitation ; c'est elle qui fait de l'art, de l'amour et de la beauté des valeurs d'échange, des marchandises sans qualité ; c'est elle qui fait de l'anecdote une norme et de la norme une anecdote ; et c'est encore elle qui affirme sur toutes les tribunes de la province qu'elle n'est pas entendue.Autrement dit, elle fait du riche une victime et du pauvre un profiteur.Elle pervertit le langage et les esprits.Elle soudoie les mots en leur soutirant le sens qu'ils possèdent afin de les rendre utiles à sa volonté de puissance.Elle renverse le réel de telle façon qu'on croit que sa défense des corporations et des profiteurs est celle de la «liberté».Et elle voudrait en plus - si on a le courage d'entrer dans les profondeurs de la bêtise pour suivre sa «pensée» - être invitée à participer aux manifestations de la gauche?Elle veut peut-être un droit de parole lors des congrès de la CSN ?Un droit de veto au comité exécutif de l'ASSÉ ?Pourquoi pas un droit de réplique dans les instances de la FFQ?Et Armand Vaillancourt, qui a parlé lors de la manif, il devrait leur soumettre son prochain projet de sculpture, j'imagine ?Le résultat serait sans doute «plus rassembleur», non?Non seulement la droite ne combat pas la corruption, elle est en le reflet idéologique.Elle le démontre, encore une fois, lorsqu'elle se dit exclue par ceux qu'elle combat depuis toujours.Si ce sophisme ne peut convaincre que les esprits - malheureusement nombreux - des plus distraits, il est pourtant représentatif de la volonté totalisante de cette droite radicale, qui revendique désormais jusqu'à son inclusion dans les rangs de ceux qui la combattent.1 Vous n'avez pas, comme moi, parfois cette impression que c'est le doc Mailloux qui a décomplexé cette droite fascisante?2 Ça vous dit quelque chose ?ON A LES VIEUX QU'ON PEUT EVE-LYNE COUTURIER Chercheure à 1*1 RIS, www.iris-recherche.qc.ca Liberté 55.On travaille toute sa vie puis, quand on devient vieux (mais pas trop), on peut enfin profiter de la vie, découvrir le monde à bord d'un voilier, s'acheter un chalet sur le bord d'un lac tranquille, prendre des cours de tango, avoir 20 ans de nouveau, mais sans le stress de l'incertitude qui accompagne la jeunesse.Telle était la promesse qu'on a faite à plus d'une génération qui a voulu y croire.Le discours a changé depuis quelques années.Plutôt que de promettre une liberté renouvelée une fois à la retraite, on parle maintenant du tsunami gris qui déferlera sur nos sociétés, détruisant toutes les structures publiques sur son passage.Jeunes d'aujourd'hui, votre avenir a été hypothéqué par les vieux de demain qui ont rêvé d'une société peut-être plus juste, mais bien trop coûteuse, finalement.L'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS), flairant l'exagération, a organisé un colloque à la mi-octobre dernier pour aller au-delà du fatalisme sur le vieillissement de la population et confronter les statistiques à la réalité pour comprendre ce qui se passe.Plusieurs conférenciers et conférencières se sont succédé, chiffres à l'appui, pour donner un éclairage différent sur la croissance démographique, la prétendue explosion des coûts de santé à prévoir et l'apport des personnes âgées à la société.Le portrait final était fort différent de ce qu'on peut entendre de la part de certains experts alarmistes.Vieux, pauvres et endettés En parallèle au colloque, l'IRIS a également publié une note socio-économique sur la situation financière des aîné-e-s1.Puisqu'il est souvent question de réformes du système de retraite (REER obligatoire, hausse des cotisations au RRQ, report de l'âge de retraite, etc.), nous voulions voir dans quelles conditions économiques vivaient les personnes âgées d'aujourd'hui pour identifier les meilleures pistes de solution.À la lumière des chiffres de Statistique Canada, on peut voir que les vieux d'aujourd'hui sont plus pauvres et plus endettés qu'avant.Alors qu'en 1993, seulement le quart des personnes âgées avaient des dettes, cette proportion s'est accrue dramatiquement pour se situer à 60 % en 2010.Bien qu'il soit vrai qu'avoir des dettes n'équivaut pas à de la difficulté à les gérer, on voit également une augmentation importante du nombre de personnes de plus de 55 ans qui déclarent faillite.En 2010, elles ont essuyé 30 % de toutes les faillites.Le nombre de ménages sous la mesure de faible revenu est également en hausse.Entre 1996 et 2008, leur pourcentage a presque triplé au Canada (passant de 4,6 à 12,3 %) et plus que doublé au Québec (9,5 à 20,5 %).C'est donc dire que plus d'une personne âgée sur cinq a des revenus inférieurs à la mesure de faible revenu.Les chiffres sont encore plus dramatiques pour les ménages ayant une femme comme principal soutien, où, en 2008, cette proportion dépasse le tiers (36 %)! Ces données sont malheureusement loin d'être surprenantes.La situation des personnes âgées reflète une tendance généralisée observable dans l'ensemble de la population.Depuis les trente dernières années, les salaires stagnent, laissant peu de marge pour l'épargne.La pression à l'endettement est grande, et de plus en plus de ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ ?i-H N- [ES FOLLOW F 611 JtfcTfkJ Ti^ m & go SHOPPine IMrS t\Jrr ï V BELIEFS t ne rrii «\ms TFtEAff! BïEDIA DO HOT t LOOH HAP H1HH PV FOR VOURSELF : nu 1.t lUnll: now REPE i Â.ÎÏI f™ F3! EE SE JhtiI™.:: at a FTEF mE [Obéissez.Allez travailler.Payez vos taxes.Suivez la mode et allez magasiner.Regardez la TV.Croyez les grands médias.Ne pensez pas par vous-mêmes.Ayez l'air heureux.Agissez normalement.Maintenant, répétez après moi : je suis libre.] Évidemment, avec ce régime quotidien, pas étonnant qu'on en arrive à des situations où : [Il y en a un qui meurt et des millions pleurent.Des millions meurent et il n'y en a pas un qui pleure.] Parlant de Steve Jobs, sa disparition nous rappelle que : "10 years ago we had Steve Jobs, Bob Hope Now we have no Jobs, no Hope and no Cash." [Il y a dix ans, on avait Steve Jobs, Bob Hope et Johnny Cash.Aujourd'hui, on n'a pas de jobs, pas d'espoir et pas de cash.] Ça fait qu'on descend dans la rue pour occuper les places symboliques responsables de cette misère (alors que le gouvernement israélien, toujours aussi original, lui occupe tout en créant de la misère) : [Occupez Wall Street, PAS la Palestine.Liberté pour les prisonniers politiques palestiniens.] On ne sait pas où mèneront ces occupations, mais ne serait-ce que parce qu'elle rendent déjà nerveux ce 1 % de damnés du pouvoir, alors il faut l'encourager.US Congressman Peiër King hao this 1 about ihi=#Occui>vWallSi movement, "[Wle have to be careful not to You heard him! Don't quit! [Peter King, du Congrès américain, a ceci à dire à propos du mouvement Occupy Wall Street : « Nous devons faire attention de ne pas permettre à ce mouvement de devenir légitime», avertit-il.«Je prends ça au sérieux parce que je suis assez vieux pour me souvenir de ce qui est arrivé dans les années '60 quand la gauche a pris la rue et que les médias ont fini par la glorifier, de sorte que ça a fini par déterminer l'agenda politique», dit-il.«On ne peut permettre que ça se reproduise.» Vous l'entendez ?N'abandonnez pas !] VALENTIN TARDI RAMON VITESSE LE PLUS MAUVAIS GROUPE DU MONDE, Episodes 3 et 4 (Cambourakis) de José Carlos Fernandes Ce deuxième livre, après Le kiosque de l'utopie / Le Musée national de l'accessoire et de l'insignifiant, regroupe un lot d'histoires sur deux pages qui, inéluctablement, viennent parfaire nos connaissances en paraphrasant l'expert, le scientifique ou tout simplement l'intelligence pure et dure.Le plus mauvais groupe du monde là-dedans ?! Ils persistent et signent dans leur quête du néant musical et apparaissent ça et là dans cette BD au charme suranné ; celui des années 50.Les personnages sont élégants comme des pingouins (costumes et chapeaux) et l'usage de la bichromie ajoute au style rétro.Le propos sérieux et démonstratif fait de cette BD un chef-d'œuvre de didactique.Quelques titres pour le confirmer : L'aspiration à l'ubiquité, la procrastination séquentielle, L'École des hautes études en sophistique et dilettantisme.Un coup de cœur assuré ! LES PRINCESSES AUSSI VONT AU PETIT COIN (Vents d'Ouest) de Chabouté BLAST, 2.L'Apocalypse selon Saint Jacky (Dargaud) de Manu Larcenet Voici deux auteurs complets et totaux dans l'art du noir et blanc - parmi les plus bouleversants parce qu'ils ménagent des silences et qu'ils font surgir des images autrement enfouies dans l'ombre.Dans les deux bouquins, nous sommes confrontés aux confins de la folie, de l'incroyable.Chabouté fait du noir et du blanc strict et, ici, on a droit a un huis-clos dans une camionnette.Trois personnages : un couple qui n'en pouvait plus de la marche du monde et qui a décidé de partir sur la route, et un autostoppeur apparemment mythomane qui les pointe avec un pistolet en les obligeant à fuir le cartel du tabac qui ourdit, selon lui, son élimination - il en saurait trop sur un produit addictif.Et si c'était vrai?Pour Larcenet, il s'agit de l'interrogatoire de l'assassin présumé d'une jeune femme qui se transforme en hallucinant flashback.Il faut dire que ce mastodonte abject revient d'un vagabondage extrême dans lequel il découvrira le blast lié à l'usage d'une drogue fournie par Jacky ; un dealer pas ordinaire.et même meurtrier.L'art séquentiel, l'histoire en image et l'image en histoire - mais également leurs fugues respectives, autant que le dessin de Larcenet sont de l'ordre du chef d'œuvre.BERNADETTE, L'amour est un fusil (Disques Présence) Une arme redoutable que l'amour selon ce quintette qui signe ici son deuxième album.Ces chants, même ceux que la musique de très beaux rocks rend entraînants, sont saignants et ont une certaine parenté avec la douleur d'un Monsieur Mono (Éric Coulet) qui est passé au tordeur de la séparation.Il y a bien sûr de nombreuses nuances, toute une gamme d'émotions controversées, à travers lesquelles on se sentira sans voile, ou pire, sans gouvernail aucun.Les guitares acoustiques et électriques, l'accordéon et le piano autant que des voix appelant à transcender la douleur - « le mal est fait, on change de place / Trouver le vrai silence» ou «Descendez-vous jusqu'en enfer / Reviendrez-vous à vous quand même».Un disque avec tout plein d'aléas, de divers instruments et d'une lumière chancelante mais bien présente.Cette énergie de vivre à en «Renaître tout les jours», c'est bien du Bernadette! THE LAST ASSASSINS, S/T (Roi Ponpon / Dare to Care Records) Espoir, amour et horizon.Il en est question dans les remerciements à la toute fin de ce disque qui se veut un collectif entre deux poètes anglophones, Virginia Tangvald et Mathieu Leclerc, et Jean Leloup.Ce dernier avait déjà collaboré avec eux pour la musique d'un film et, ensemble, ils ont trouvé que ça tenait suffisamment la route pour en faire un disque -même que Leloup est producteur avec son label Roi Ponpon.Sur le disque, on prend bien le soin d'indiquer la présence de Jean Leloup ; par contre, les textes ne lui ressemblent guère.À Pop Montréal, certaines chansons en français de Leloup ont certainement aidé à fédérer le public.On se prend à regretter que certains de ses titres n'apparaissent pas ici sous l'éclairage du trio.En somme, directement du garage, presqu'en direct, il s'agit d'un riff rock très basique traversé de voix capturées aux confins de la nuit.ROULER L'HIVER, L'ABC ALDËMAR BÉCANE Le vélo l'hiver; ça va presque de soi.Bien sûr il faut s'éloigner du vrai danger - les chars (l'idéal serait des rues désignées spécifiquement pour le vélo et le ski).Il y a de rares pistes cyclables déneigées, mais les rues plus tranquilles sont notre lot.On exagère de beaucoup la difficulté du cyclisme hivernal, qui correspond pas mal au ski de fond en termes d'équilibre et d'habillement puisque, dans les deux cas, l'effort physique exige un habillement multi-couches.Allons-y avec la base : le vélo.Ça ne prend pas, en dépit des idées préconçues et des réclames de l'industrie cycliste, un vélo coûteux et des pneus à clous.Au contraire, le vélo idéal serait le plus simple : un vulgaire vélo une seule vitesse avec frein à rétropédalage.Du jamais égalé tant pour l'efficacité que pour les réglages réduits à zéro! Un simple pneu hybride avec un peu de motifs fera largement l'affaire.Les garde-boue sont un élément essentiel contre les intempéries.Le porte-bagage, quant à lui, dégage le dos du poids d'un sac qui ferait autrement suer.Si un vieux vélo de style dix vitesses est choisi, vaut mieux prédéterminer une vitesse mitoyenne en considérant que, possiblement, le dérailleur bloquera.Pour ce type de vélo, le freinage est risqué, surtout si les jantes sont en acier; c'est même kamikaze.Il faudra nettoyer et graisser la chaîne de temps à autre en évitant de lui faire subir des décalages de température pour se prémunir de la rouille.Parmi les solutions vélo appropriées, il y a bien les 3, 5 ou 7 vitesses contenues dans un moyeu interne et les freins à disques mais là, le mieux est encore d'utiliser un vélo usagé car l'hiver est rude sur la bête.Si ces vélos sont attirants, on ne répétera jamais assez que fiabilité rime avec simplicité - celle des vélos de nos grands-mères.À cet égard, baisser un tantinet la selle ou utiliser un cadre avec une barre surbaissée n'est que plus sécuritaire.Il ne faut pas oublier d'être visible car il fait sombre rapidement par ici - du ruban réfléchissant additionnel sur le cadre et les vêtements, de même qu'une lampe clignotante, sont aussi pertinents qu'un casque.Pour pratiquer, une patinoire extérieure permet de mieux comprendre son centre de gravité (on peut l'abaisser.) et on apprend à rouler plus lentement, à anticiper, à tourner sans braquer et, bien sûr, à doser le freinage.Les endroits les plus glissants sont les montées de trottoir et les coins de rues, où les autos, en freinant, créent de fameuses plaques de glace (souvent «noire»).Pour l'habillement, les parties les plus délicates sont les extrémités (incluant la tête) et l'abdomen (glisser un papier journal - Le Couac, ou encore mettre une veste de laine, sans manche inversé sont de vieux trucs).Aussi, on peut penser aux redoux en prévoyant un poncho et des couvre-chaussures zippés qu'on trouvera dans les comptoirs de linge usagé.Le plus important, dans la pratique du vélo l'hiver, reste de commencer, ou plutôt de continuer, à l'arrivée de l'automne.L'hiver, la température nous paraîtra plus douce et, souvent, dans les faits, moins humide.Que dire surtout de ce sentiment de bonheur et de plénitude lorsqu'on se prend des ciels bleus et ensoleillés alors que tant de gens sont captifs de leur bagnole.En prime, c'est du trans-sport!!! Corruption dans la construction Jacques Duchesneau affirme qu'il ne faut pas baisser les bras, mais plutôt les lever bien haut et vider ses poches.musironie Le Couac | novembre 2011 Sorcière à Babylone ! ANNE-MARIE DUFRESNE Cet été, je me suis permis une lecture un peu en dehors de mon choix habituel.Alors que je préfère le genre «thriller» américain, je me suis laissée tenter par un livre écrit par une Canadienne, D.J.Mcintosh.J'aime l'histoire en amatrice, en simple lectrice : la combinaison du genre suspense et histoire m'intriguait.Au début du roman, il est difficile d'apprécier les personnages les uns par rapport aux autres, car les courts dialogues sont entrecoupés de longues descriptions.Mais au fur et à mesure, on prend le rythme de l'histoire et les éléments s'imbriquent bien ensemble.On découvre ainsi graduellement une écriture d'actualité, tout en couleurs.La description des personnages et des lieux (la Mésopotamie !) installe l'atmosphère du récit.Même si des explications historiques nous font à l'occasion perdre le fil de l'intrigue, celle-ci est suffisamment bien articulée, finalement, pour nous tenir en haleine tout au long du roman, The Witch of Babylon.Le personnage principal, John, à l'abord un peu ordinaire, finit par nous être attachant : on craint pour lui et on suit ses pérégrinations tant aux États-Unis qu'en Irak, avec craintes ou plaisirs selon qu'elles soient malheureuses ou heureuses.Certaines situations semblent un peu irréalistes mais, pour un premier roman de fiction, il a des qualités indéniables.Un peu de travail d'édition pour resserrer les passages trop fastidieux sur l'histoire et s'assurer du réalisme de certains dialogues, et nous aurons une auteure de plus, dont j'attends avec impatience les prochaines œuvres.The Witch of Babylon, D.J.Mcintosh, Penguin, 2011.Telle fille tel père Le père d'Amy Winehouse a décidé de reprendre le flambeau, et s'est mis à boire comme un trou.MUSIR0N1E PARLONS CUL SIMON TREMBLAY-PEPIN Jaser fesse est chose complexe, on ne le dira jamais assez.On nous abreuve sans cesse d'une littérature mielleuse sur les plaisirs du popotin, mais rarement on palabre sur la joyeuse activité avec brio.En fait, le sexe, souvent on le montre, parfois on l'analyse, mais rare-ment on nous le fait vivre simplement et crûment.La pub excelle dans ce détournement du touche-pipi, mais le cinéma et la littérature ne sont pas en reste.En 2006, l'excellent Shorfbus de John Cameron Mitchell avait réussi un tour de force en matière d'exposé sexuel.On y présentait les ébats dans la franche dureté de leur réalité.On nous y présentait les baises décomplexées de gens complexes au lieu de la romance compliquée de personnages simplistes qu'on nous sert habituellement.Nous avons au Québec des artistes qui savent aborder la baise intelligemment et dont on parle très peu.André Forcier, paria autoproclamé et auto-réa-lisé du cinéma québécois, est de ceux-là.J'ai une thèse loufoque à son endroit : je crois qu'il a développé un lien fort dans ses films entre le cul et l'origine de classe.J'ai l'impression persistante que dans ces films les personnages de classes populaires vivent une sexualité abondante, simple et amusante.Enfants, adultes, vieillards, qu'importe l'âge, on aime beaucoup les galipettes dans l'univers Forcier.Un sexe qui est d'ailleurs au-delà de la morale tant péjorative que meliorative.On veut fourrer, pas pour faire le bien ou le mal, mais simplement pour fourrer.Le sexe n'est pas un moment important et crucial présenté en siru peuse langueur, mais bien un épisode normal du quotidien.Un penchant naturel assumé.Câropne Allârd Le sexe n'est pas un moment important et crucial présenté en sirupeuse langueur, mais bien un épisode normal du quotidien.Un penchant naturel assumé.Prenez son dernier, Coteau Rouge.On y fait zizi-pan-pan de la façon la plus naturelle qui soit.Des corps dont on voit les imperfections, le banal.Des éclairages crus où on évite la doucereuse pénombre de laquelle Hollywood enveloppe généralement les corps dénudés.Forcier le souligne : copuler, ce n'est pas beau, c'est l'fun.C'est organique, chaud et bizarre ; comme un quinquagénaire qui boit à contrecœur des pleines gorgées de lait à même la mamelle de sa femme qui porte l'enfant de sa fille.C'est aussi simple et évident qu'une jeune fille qui trouvant la réplique d'un gar-^^^^^^^^mm çon satisfaisante décide de le frencher séance tenante.La lecture de l'amusante BD Pour en finir avec le sexe signée Caroline Allard et Iris nous porte dans la même direction.On y retrouve les questions simples des magazines féminins mais retournées comme des gants et présentées dans la nudité de leurs a priori.On est confronté-e-s aussi aux vrais problèmes stu-pides de la sexualité quotidienne.Au lieu de dix trucs pour être une femme multi-orgasmes, on se demande quels sont les détails du corps de l'autre qui peuvent nous empêcher de jouir.Pour remplacer le palmarès des dix hommes les plus sexy du Québec, on invite à signer une pétition contre la position du « 6g » considérée comme immanquablement moins satisfaisante que le sexe oral unidirectionnel.On y trouve aussi une série de petite affichettes à poser en haut de son lit en guise d'avertissement, comme celle-ci : «Un doigt dans mon anus, cinq dans le tien».On trouve aussi une foule de réponses pratiques à des affirmations insalubres : « Si on vous dit : "Je rencontre une inconnue et, après un seul regard, on se retrouve dans la ruelle en train de baiser, ça ce serait cool." Répondez : "C'est dur, hein, séduire une fille?Ça prend de l'énergie, du temps, de l'intelligence.pis t'es pas sûr d'en avoir.Je te comprends.Et je te méprise." » Montrer et parler du sexe comme il se vit a quelque chose de libéré et donc de libérateur.En douce, la question de la libération sexuelle est portée à l'avant-scène par ce genre d'approche et ça ne fait pas de tort.Il est peut-être temps de la prendre par un autre bout, cette émancipation oubliée.Des gestes, des attitudes qui mélangeraient une certaine audace vers l'autre, une sortie de la sex-shopisation de nos lits et la fin d'une obsession du sexe qui mène plus souvent qu'autrement à la privation.Comment diable.MARTIN DUFRESNE (AVEC YEUN) En suis-je venu à écrire sur la virilitéMC?Ce n'est pas dépassé, ce truc-là?Eh non, semble-t-il Tout a sans doute commencé quand j'ai trouvé par hasard en bibliothèque, un vieux roman de jeunesse de Francis Dupuis-Déri, à côté des écrits de Jacques Ferron, dont je ne me lasse pas.C'est un faux polar porno appelé Love and Rage (Leméac, 1995) et, malgré des personnages féminins vraiment caricaturaux (Yeun m'apprend que Francis l'a reconnu depuis dans « Les proféministes : compagnons de route ou faux amis?» - http://qr.net/fb8m), j'y ai trouvé un antihéros révélateur d'une certaine obsession d'être masculin.Obnubilé par sa bite et ses rationalisations, le narrateur est le contre-type du bolé macho de Prochain Épisode, roman mythique d'il y a 45 ans.Ça me semble un déboulonnage utile du mythe du Révolutionnaire (fier de son petit revolver), qu'on invite ces jours-ci le Québécois à redevenir pour bouter la Sorcière hors du PQ.Mais je m'égare : gardons le cap sur la queue ! Love a-Rage m'a rappelé que je m'étais promis d'enfin lire cet été l'ouvrage d'un autre proféministe, Léo Thiers-Vidal.Son pavé au titre ronflant mais au texte éveilleur, De«L'EnnemiPrincipal » aux principaux ennemis - Position vécue, subjectivité et conscience masculines de domination (L'Harmattan, 2010) me faisait de l'œil depuis plus d'un an au rayon de mes Urgences à Lire.J'ai passé le weekend de l'Action de grâces à m'en délecter au grand soleil, au bord d'un lac, avec des pommes craquantes et du chocolat noir (équitable), rendant grâce à la bonne déesse pour l'acharné travail anti-viriliste de l'ami Léo.Un beau défi Reconnaissant ses modèles intellectuelles - contrairement à Bourdieu dans La domination masculine (Seuil, 1998) - Thiers-Vidal présente d'abord de façon aussi claire que lisible les bases du féminisme radical matérialiste, soit ce que disent des classes de sexe Christine Delphy, Colette Cuillaumin, Nicole-Claude Mathieu et Paola Tabet.C'est d'ailleurs Delphy, sa directrice de thèse, qui présente le bouquin et, même si vous ne dévorez que cette préface, vous flotterez déjà sur un nuage, garanti! (Téléphonez-moi si votre libraire est en manque, je vous la lirai au téléphone ! 596-0923) Tout l'intérêt de cette approche matérialiste est de balayer le caphar-naùm individualiste et psychologisant de pseudo-théories sur «Le Masculin», qui viennent occulter - voire justifier sous prétexte de l'expliquer « scientifiquement» - ce qu'on doit enfin reconnaître comme la domination masculine.Pendant de la « féminité »MC Chacune à sa façon, ces féministes reconnaissent et documentent une dynamique d'oppression de classes -ou plus précisément de castes puisque c'est de naissance que sont réparties droit au pouvoir et effets de sexage.Cette lecture de la virilité change du «Spécial Hommes» de Châtelaine.Matérialistes, Cuillaumin, Delphy, Mathieu et Tabet repèrent les pratiques et structures qui définissant la virilité comme une position politique plutôt qu'un destin biologique ou un simple conditionnement.Elle apparaît comme rentable, choisie, et activement protégée par les hommes, individuellement et collectivement, contre l'exigence des femmes - individuelles et en mouvement - en matière d'égalité et de justice.Ça vous dépeigne une idéologie libérale, toujours prête à plaindre les pauvres ti-pits Réponses masculines Léo regarde ensuite comment des sociologues masculins de gauche (Stoltenberg, Welzer-Lang, Connell et Bourdieu) ont ou non pris à cœur le défi féministe lancé aux hommes solidaires d'arracher leur discours à une fausse objectivité.L'enjeu : prendre en compte ou non une expertise personnelle du masculin, une position vécue d'oppresseur.Il démontre comment ses répondants, répartis sur quatre attitudes (masculinisme explicite ou implicite, anti-masculinisme désincarné ou incarné), font preuve d'une conscience d'exercer une position et une stratégie de domination, par exemple lorsqu'ils parlent de la «non-chance» des femmes, mais persistent dans leur propre investissement viril.Il y a chez nous, explique Léo, un déni délibéré et intéressé de notre propre position d'oppresseur - et ce même chez la plupart des proféministes.Proféminisme?Pas si simple On lira à ce sujet ce qu'écrit Patrie Jean, auteur du film La domination masculine (2009), enfin disponible en vidéo, dans sa postface d'un autre ouvrage récent, L'homme féministe : un mâle à part ?, d'Emmanuelle Barbaras et Marie Devers (Éditions Les points sur les i).Jean relativise un proféminisme dont bien des hommes se vantent en reconnaissant, exemples à l'appui, le confort et le lustre d'une position proféministe qui ne s'accompagne encore d'aucune perte de privilèges.Le pouvoir est toujours sous la main.Comme disait La Boëtie des riches : «Leur problème, ce n'est pas qu'ils soient mauvais, c'est qu'ils soient tous en capacité de l'être.» Pour revenir à De «L'Ennemi Principal»., même si Léo me perd avec certaines références erudites, son injonction à nous grouiller le cul passe à fond la caisse pour qui prend au sérieux la révolution en cours et l'appel des femmes.Je le recommande à certains mâles d'assos étudiantes qui, tout en se prétendant «ouverts», refusent encore de féminiser leur discours.C'est ce que déplorent des représentantes de TASSÉ Femmes et de La Solidaire insurgée dans un clip de la vidéaste Katerine Martineau, Manifestations étuàiantLS (http://vimeo.com/24366843), qui en a aussi consacré deux au ressac masculiniste (Y avez-vous cru?).Virilité = Vérité?Alors même que je me roulais d'aise dans l'herbe à lire ces démantèlements des tactiques patriarcales - qui m'épargnaient des années d'études barbantes auprès de profs engagés pour prétendre le contraire - vla-t'y pas que surgit sur mon écran la nouvelle de la parution aux Éditions du Seuil, en trois volumes rien de moins, de La Virilité (avec un grand vit), «un idéal forgé à l'aube de l'histoire occidentale».Fini les revol- vers, on sort l'artillerie lourde.L'auteur, Georges Vigarello - portrait craché de Hugh Hefner avec 15 ans de moins, interviewé chez une Madame Figaro emballée - préfère parler d'« ascendance » virile que de domination.Il cherche clairement à restaurer le blason du Premier Sexe, mis à mal depuis que Simone de Beauvoir a documenté une embarrassante hiérarchie.J'apprends que la «crise de la virilité» dont nous bassine la droite depuis 35 ans (Ex.: «The End of Men», http:// bit.ly/aSwqKx), était déjà un cliché au temps de la Grèce antique.Quoi de mieux que les vieilles stratégies pour fouetter le moral des troupes.L'homophobie, apprentissage du mâle-être?Une fois passé recueil du Seuil, je plonge dans une autre nouveauté, La virilité en jeu (Le Septentrion, 2011), exploration par Janik Charlebois-Bastien, de ce que pensent les ados masculins de 15 et 16 ans au sujet des gais et, partant, de ce que serait un «vrai homme».Elle parcourt depuis plus de dix ans les écoles du Québec dans son travail de sensibilisation au Croupe de recherche et intervention sociale gais et lesbiennes.Je me demande d'ailleurs ce que lui disent les filles, plus nombreuses que les gars à ces échanges mais tenues hors-champ dans La virilité en jeu, parce que moins homophobes, justement.Plutôt qu'un discours convenu sur un mépris des gais qui serait inévitable chez nos p'tits gars bourrés-de-testostérone-alors-c'est-bien-normal, Janik met en valeur plusieurs élans positifs et variantes d'attitudes chez ses répondants.C'est une autre façon de faire apparaître que la course à la virilité n'est pas aussi biologique ou obligatoire que ne le prétendent les hypothèses pseudo-scientifiques répandues, dont elle fait un tour d'horizon dévastateur.Attentive à la pression des pairs mais aussi aux résistances des jeunes à ces clichés, sa synthèse rassérénera celles qui tentent d'élever des garçons en êtres humains, les soutenant à peu près seules contre les cruelles railleries conçues pour recruter de nouveaux ennemis des non-hommes.Avec ou sans petits revolvers. Le Couac I novembre 2011 ?r-H DU GRAND JOURNALISME FLOU À RADIO-CANADA JEAN-RENÉ DAVID Le défi : écrire un billet de six cent mots composé uniquement de fait avérés; à la fin, le lecteur doit être tellement fourré qu'il ne saurait même pas quelle question poser si on lui en donnait l'occasion.C'est un exercice délicat que Jean-Michel Leprince de Radio-Canada exécute de main de maître dans sa chronique du n octobre sur la Colombie.Le thème : la sempiternelle violence qui fait rage dans ce pays.Première technique, énumérez des faits mais ne les reliez surtout pas entre eux.Des points bonis sont accordés si vous les mélangez dans le temps.Par exemple : en 1985 l'armée prend d'assaut le palais de justice de Bogota, dans les années 60 les FARC «harcèlent les autorités colombiennes», de 1947 à 1954 la guerre civile fait 300 000 morts.» Deuxième technique, gardez-vous toujours une réserve de flou.Par exemple, ce bijou : «Devant l'impuissance de l'armée, de grands propriétaires terriens ont formé des milices paramilitaires pour lutter contre les guérillas.Leur cause a dégénéré en massacres.» Qui sont ces propriétaires et d'où tiennent-ils les compétences pour former des milices?Mystère.Mystère aussi sur les victimes et le motif des massacres.Troisième technique, entourez le tout d'un aura de mystère : la Colombie est victime d'une «malédiction».La preuve, même les volcans se mettent de la partie.Le Nevado del Ruiz entre en éruption en 1985 et engloutit le village d'Armero, nous dit-on.Si les volcans s'y mettent, que voulez-vous y faire?WHÊHRÊÊHÊÊÊHHHHKSBBBÈÊHHHBÊÊHÊÊÊÊKill Enfin, il y a des choses qu'il vaut mieux ne pas dire.Si par exemple vous voulez que votre billet finisse sur une note optimiste du genre « maintenant nous sommes un pays différent», vous pouvez mentionner que, depuis dix ans, les milices paramilitaires ont été démantelées dans une grande démobilisation initiée par l'ancien président Alvaro Uribe.Mais gardez-vous de mentionner le rapport de Human Rights Watch qui exprime de vives critiques sur le sérieux de cette démobilisation.D'anciens paramilitaires y sont cités traitant toute l'opération de «farce».Omettez-aussi un autre rapport de Human Rights Watch qui décrit la nouvelle génération d'organisations paramilitaires apparue depuis la démobilisation.La situation en Colombie est complexe.Elle s'est effectivement améliorée dans les dix dernières années, mais on n'aide personne à comprendre si on se contente de faire un collage de faits divers ramassés dans le Reader's Digest.À bien y penser, si on veut obtenir une entrevue prestigieuse avec le président colombien, c'est probablement la meilleure chose à faire.On n'aide personne à comprendre si on se contente de faire un collage de faits divers ramassés dans le Reader's Digest.J'aime moins le journalisme qu'avant GABRIELLE BRASSARD J% aime moins le journalisme qu'avant, parce que je trouve qu'il est complaisant, qu'il tourne en rond et qu'il se dénature.Parce que les animateurs n'ont pas d'écoute, qu'ils s'accrochent à leurs questions insipides (préparées par leurs recherchistes), ne voulant pas vraiment avoir de réponses, mais plutôt conforter leur position déjà campée.Parce que des modèles comme Judith Jasmin ou Louis Martin sont bien difficiles à trouver aujourd'hui.Parce que tout le monde s'improvise journaliste, et que ce n'est pas vrai que tout le monde peut (et surtout, devrait) l'être.Parce qu'il succombe au capitalisme, devenant une marchandise menée par les publicitaires, et que les journalistes ne servent souvent plus qu'à remplir les trous blancs.Parce que ce sont toujours les mêmes, partout, sur tous les sujets.Parce que la loi de proximité, qui insinue que l'on doit seulement parler de ce qui se passe dans notre cour pour être digne d'intérêt, c'est n'importe quoi.C'est un choix totalement éditorial et pas nécessairement légitime, et ce n'est pas une raison pour ne pas s'intéresser à ce qui se passe ailleurs dans le monde, dont on pourrait grandement s'inspirer pour certaines actions civiles et pour un éveil collectif nécessaire.Parce qu'il faut toujours aller de plus en plus vite, même si on n'est pas sûr de l'information, et que l'on doit être des hommes/femmes-orchestres, même si on ne maîtrise pas grand-chose, et que ça Parce que ce sont toujours les mêmes, partout, sur tous les sujets.donne une qualité moyenne à tous les niveaux.Parce que ce sont des empires convergents et superficiels, dont le journalisme est le moindre de leurs soucis, qui dirigent et orientent les médias, en poussant certains dans la rue, en en créant d'autres pour mieux écraser les concurrents et en se foutant pas mal du contenu qui en ressort, pourvu d'être le plus fort.Parce que je pense, naïvement, que le journalisme est un autre moyen de faire la révolution.Parce que je crois que le journalisme est nécessaire, mais que les institutions qui le pratiquent l'emprisonnent, et l'empêchent d'être réellement investi.Parce que de belles initiatives naissent, des projets intéressants jaillissent, mais qu'ils sont noyés dans l'absence de filtre qui distingue l'information pertinente du nombre infini d'absurdités qui circulent.Parce que si l'on veut vraiment faire du journalisme, il peut rarement nous faire vivre.Parce que le journalisme, c'est plus que 140 caractères.C'est plus qu'une photo prise d'un téléphone cellulaire.C'est plus qu'un commentaire à un autre article.C'est plus qu'un lien partagé.C'est plus qu'un spectacle de variétés télévisuel où on se donne des tapes dans le dos.Parce qu'un spectacle de variétés télévisuel ne devrait pas être une source journalistique.J'aime moins le journalisme qu'avant, parce qu'avant, un certain Albert Londres disait qu'il avait voulu «descendre dans les fosses où la société se débarrasse de ce qui la menace ou de ce qu'elle ne peut nourrir.Regarder de que personne ne veut plus regarder.Juger la chose jugée.Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie».Des plaies, il n'en manque pas.Mais on préfère les panser d'une épaisse couche de faits divers, de données plus ou moins vérifiées, d'affirmations et d'opinions aberrantes.J'aime moins le journalisme qu'avant.Ferai-je celui d'après ?SEPT QUESTIONS POURTANT OBJECTIVES QUE VOUS NE LIREZ PAS DANS LES GRANDS MÉDIOCRES 1.Est-ce qu'on peut dire que le SPO-Libre a un problème de dépendance affective ?2.Mathieu Bock-Côté serait-il la preuve que les curés n'aiment pas que les p'tits gars?3.Vous ne trouvez pas que Québec solidaire est un peu trop à droite?4.Vous ne trouvez pas que Denise Bombardier ressemble à Mathieu Bock-Côté.juste un peu ?5.Pourquoi Jeff'Fillion ne se trouve-t-il pas une bonne job dans un Couche-Tard?6.Si on dit de la gauche qu'elle pellette des nuages, peut-on dire que la droite pellette du fumier?7.Est-ce c'est pire d'être une «grosse», d'être une «crisse» ou simplement d'être adéquiste ?À quand une presse économique critique ?DAVID MURRAY En page A2 de La Presse du 17 septembre dernier, dans le cadre d'une présentation des « innovations » automnales du quotidien de la rue St-Jacques, un encart annonçait l'embauche du journaliste économique Jean-Philippe Décarie.On pouvait y lire, concernant la section Affaires du journal : «l'entrepreneuriat sera au cœur de notre section, cet automne : portraits d'entreprises, grandes entrevues, stratégies de gestion et innovation ; nous voulons aider les chefs d'entreprise à prendre les meilleurs décisions (c'est nous qui soulignons)».Voilà qui a le mérite d'être clair! Les pages économiques de nos quotidiens et le journalisme économique tel qu'il se pratique en général ne visent qu'à contribuer à la croissance de l'entreprise privée et, en définitive, à défendre un système économique, le capitalisme.Ce n'est donc pas pour rien que l'on constate qu'au-delà des escroqueries des Vincent Lacroix et autres Earl Jones, auxquelles il apparaît moralement difficile d'apporter sa caution en regard de l'opinion publique, on assiste généralement à une grande complaisance de la part des journalistes économiques envers leurs sujets.Une pratique du métier dans laquelle n'est tolérée aucune critique ou remise en question ne serait-ce que minimale.f & VA»5 Vëvrn&fzpfg ?Ain&£,Mou GàfâcA ¦2 Cl, Je me rappelle pourtant, lors de la sortie de l'excellent documentaire Inside Job, de tous ces journalistes louangeant le travail du réalisateur Charles Ferguson et expliquant à quel point son film était éclairant et rendait compte de la cupidité de nos élites économiques.Rappelons que, sans être ouvertement anti-capitaliste, le propos de Ferguson n'en demeurait pas moins une charge en règle du capitalisme financier.Mais cet instant de lucidité ne fut bel et bien que ça, une fugace prise de conscience.Dès la chronique suivante ou les bulletins de nouvelles subséquents, retour aux bonnes vieilles pratiques visant à défendre le système et incorporer le vocabulaire de la pensée économique dominante.Les cours de la Bourse ont monté, le chômage baisse, le PIB croît, autant de soi-disant bonnes nouvelles.Les marchés sont volatils, les finances publiques se précarisent, il vous faudra vous serrer la ceinture.Puisqu'on vous le dit.Il ne saurait être question ici de décrypter le discours économique et d'en exposer les contradictions.Vaut mieux vous balancer ad nauseam des chiffres supposés se suffire à eux-mêmes, sans jamais en expliquer les conséquences sous-jacentes.Mais il ne faut pas trop leur en vouloir, c'est la façon dont se pratique le métier qui veut qu'il en soit ainsi.Pierre Sormany, dans son ouvrage de référence le métier de journaliste (1), le reconnaît d'ailleurs lorsqu'il aborde le statut de journaliste économique, lui qui n'hésite pas à dire que la presse écono-"""*% mique demeure dans l'en-"¦ ) semble complaisante à ^ l'égard du monde des affaires.C'est qu'afin d'avoir accès à ces champions de l'économie et à tous ces chiffres il faut savoir montrer patte blanche, semble-t-il.Comme l'explique Sormany, « les sources privilégiées des journalistes économiques au sein des milieux d'affaires les amènent à couvrir les dossiers d'actualité avec le point de vue des entrepreneurs ou des financiers» (p.378.).Mais il ne faudrait pas non plus sous-esti-mer le filtre qui opère dans les salles de presse lorsque vient le temps d'embaucher un journaliste économique.On ne se surprendra donc pas lorsque Pierre Sormany affirme : «je ne connais pas de journaliste économique qui ne soit convaincu que la croissance de l'entreprise privée est essentielle au développement économique» (p.376).Alors on s'en tient aux mêmes intervenants qui continuent à propager la vulgate néolibérale malgré son échec patent.Pourtant, ce ne sont pas les économistes qui critiquent le système ou les financiers repentis qui manquent.Malheureusement, tant que le journalisme se pratiquera dans un contexte de pressions économiques, il y a peu de chances que les choses changent.Tant que l'information ne s'extirpera pas du giron d'une industrie médiatique en phase avec ce système et ne deviendra pas véritablement un service public, nous risquons de rester sur notre faim.Certaines salles de rédaction réussissent parfois à se négocier une certaine indépendance, mais au niveau du journalisme économique, force est d'admettre que le «préjugé favorable» s'accommode très mal de la critique.1 Paru chez Boréal et dont la troisième édition vient d'arriver en librairie.Ironiquement, le respecté Pierre Sormany, directeur des émissions d'affaires publiques de la télévision française de Radio-Canada, vient d'annoncer sa «retraite anticipée », à la suite de propos qu'il a tenus sur les médias sociaux concernant Jean Lapierre.OUF! NOUS AVONS FAILLI MAL DORMIR Le 26 septembre dernier, une «bombe» était lancée sur les ondes de la BBC.Son auteur, Alessio Rastani, présenté comme un «trader londonien indépendant», devait apporter le point de vue des spéculateurs en pleine crise financière, comme le font chaque jour ses pairs pour susciter la confiance du citoyen lambda envers le marché.Mais au lieu de faire comme tous les autres et nous rassurer à l'effet que tout rentrera dans l'ordre si on laisse les «experts» de l'économie faire leur travail, M.Rastani a plutôt décidé de jouer franc jeu et expliqué en quelques minutes que le but des spéculateurs était «de faire de l'argent» dans «des marchés dirigés par la peur», qu'il «rêvait de cette recession depuis trois ans» et que les véritables dirigeants de la planète ne sont pas «les gouvernements, mais Goldman Sachs».Consternation chez les bien-pensants! Heureusement, la bombe lut rapidement désamorcée.On a vite affirmé que M.Rastani n'était pas un «vrai» trader, mais un simple boursicoteur.Rassurez-vous, les «vrais» financiers ne rêvent pas de récession et ne feraient jamais d'argent avec un krach boursier.Que nenni! Circulez, il n'y a rien à voir.
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