Le front ouvrier, 1 décembre 1950, samedi 2 décembre 1950
r— ;6 "I» cmhm H «'«if H' nn qua U« époux éprouvant éa gravai élffl-cultét è obtorvor parfait amant las commandamanti da Diau at l'kanné-taté conjugal#, A coûta do la aa fofar at do la il font évidammont, on «ai cat, aab-vonir da la maillaura façon pattibla A loan nécanitét." PIE XI (Coati Connubil) FRONT Y c le numéro Rédaction at administration i 1019, Saint-Denis, Montréal Publié é Ottawa.Vol.7, No 1 "POUR UN MONDE OUVRIER PLUS CHRETIEN 2 DECEMBRE 1950 LA BUREAUCRATIE PARALYSE LE LOGEMENT À MONTRÉAL A la veille des élections municipales, il est bon que les électeurs sachent comment on bloque la construction de maisons familiales à Montréal-On n'accorde pas les permis de construire parce qu'il n'y a pas d'égouts et on ne veut pas accorder les égouts quand les permis de construire ne sont pas levés."Pourquoi construire dans les broussailles?" dit un échevin."J'en ai assez de la fumée", répond un autre.- Deux poids, deux mesures.On sait combien grave est la crise du logement à Montréal: des dizaines de milliers de familles vivent dans des logis étroits et malsains; d’autres familles sont obligées de se loger chez des parents ou des amis ou de partager leur logis avec des étrangers; d’autres enfin vivent dans des réduits où l’on ne permettrait pas à des animaux de séjourner.Alors que d’autres municipalités qui n’ont pas l’importance de Montréal, telles les villes de Toronto, de Vancouver et nombre de petites villes de notre province coopèrent avec les gouvernements fédéral et provinciaux afin de construire des logements & bon marché, voyons un peu ce que fait la ville de Montréal pour régler le problème du logement.LE RÈGLEMENT 1881 La ville de Montréal a adopté le règlement 1881 pour “REMEDIER A LA CRISE DU LOGEMENT”.Par ce règlement, la ville de Montréal cède, en certains endroits, des terrains pour la somme de $300.00; si les maisons sont construites dans un délai de 8 mois à partir de la date de l’achat du terrain, la ville rembourse au propriétaire la somme de $299.00: la ville vend donc, pour toutes fins pratiques, des terrains A $1.00.A part cela, la ville accorde une diminution de 50% pour les taxes pendant une période de 15 ans.LA se limite l’aide qu’apporte la ville A ceux qui veulent se construire.LES BUREAUCRATES FREINENT • Mais que l’on n’aille pas croire que tout marche sur les roulettes, car il faut compter avec le freinage puissant des bureaucrates qui remplissent des fonctions d’éteignoirs dans divers départements de l’administration municipale.Voici un exemple concrçt: En 1948, des ouvriers de Vllle-Emard, qui n’étalent pas riches décident de se grouper en une coopérative d’habitation: la coopérative Des Ormeaux.Au début de 1949, la coopérative fait des démarches pour faire cadastrer une bande de terrain, entre Clifford et Raudot, sur la rue Hadley.La cadastratlon faite, la ville refuse de vendre les terrains A la coopérative, ce qui oblige chaque membre de la coopérative d’acheter son terrain directement de la ville.Le 4 mal 1949, on demande le creusage des égouts et la pose des conduites d’eau; le 6 mal, les Services Publics demandent A chaque propriétaire de se procurer le terrain nécessaire'au raccordement du drain; le 13 mai, la Division technique avise les coopérateurs que la cadastratlon du lot n’est pas encore approuvée par le service du cadastre.Le 8 juin, ,1e Conseiller Israël Morin est prié par les membres de la Coopérative de les aider A accélérer l’obtention des égouts; le 22 juin les propriétaires sont avisés de se procurer leur permis de se construire s’ils veulent obtenir la construction des égouts.Or pendant ce temps, les compagnies de finances refusent de prêter tant que la ville n’a pas formellement promis les égouts.ON COMMENCE TOUT DE MÊME Noos voici en mars 1959: les prêts sont obtenus en dépit du manque d’égouts, mais maintenant que les travaux vont débuter, les camions de déchets, (même ceux de la ville) viennent déposer des ordures de toutes sortes sur les rues Hadley et Raudot, de sorte que l’endroit est devenu un dépotoir public.De mars A juin 1950, impossible de creuser les caves car le niveau du dépotoir qui se trouve plus élevé que celui des terrains, recouvre d’eau ces derniers.LES DÉLAIS SONT ÉCOULÉS Les 8 mois de délai pour construire sont écoulés; les propriétaires des terrains, pour ne pas perdre la prime, se prévalent du privilège de demander un délai, parce que si les maisons ne sont pas terminées, ce n’est sûrement pas leur faute.Le délai est accordé, et A la fin de juin, la ville fait nettoyer et niveler la rue Hadley; mais 11 ne reste plus que deux mois pour construire dans les délais légaux.PAS D'EAU, PAS D'ÉLECTRICITÉ L’eau n’étant pas installé, ni les égouts, ni l’électricité, comment voulez-vous que l’on réussisse A construire une dizaine de maisons en deux mois?Comment préparer du ciment, du plAtre, poser la brique quand 11 n’y a pas d’eau?Grâce A l’obligeance de voisins sur une autre rue, on réussit A avoir de l’eau au moyen de boyaux d’arrosage.Mais que de délais, de temps perdu! Les sociétaires entretiennent sur les chantiers des gens de métier qui ne peuvent pas donner la moitié de leur rendement.Et parce que l’électricité n’est pas installée, Impossible de travailler le soir, ce qui retarde d’autant les travaux.UN COUP DE MASSUE Malgré tout, malgré les bâtons dans les roues, malgré toutes les lenteurs de la ville, au début de septembre, neuf maisons sont debout, dont trois sont presque terminées.Mais elles ne peuvent être habitées parce que ni l’eau, ni les égouts, ni l’électricité ne sont installés.Le 14 septembre, la Ville de Montréal adresse aux propriétaires l’avis suivant: “Malgré votre bonne foi, et les contretemps auxquels vous avez eu A faire face, nous ne pouvons qu’observer rigoureusement les règlements.” Ce )ul signifie que les sociétaires perdent la prime de $299.(Suite à la page $> .v< & - mmm s ' y ërf ' Photo prise ou début du mois d'octobre 1950 alors que depuis le 4 mai 1949, les propriétaires demandaient le creusage des égouts et la pose des conduites d eau.Au mois d'octobre 1950, un propriétaire faisait visiter à notre reporter, la cave de sa maison remplie d'une eau nauséabonde.(Photo Léo Surprenant) DEUX POIDS, DEUX MESURES.— Il v a quelques années, la Cité de Montréal vendait à la Wartime Housing une centaine de terrains, à $1.00, dans le même quartier, à proximité de la coopérative d'habitation Des Ormeaux.Pour la Wartime Housina, il ne fut pas question de temps déterminé pour cor*iruire, il ne fut pas non plus question de respecter les règlements municipaux quant è l'urbanisme et aux normes de construction.Même que tous les terrassements ont été faits par la Ville ou coût de $180 par terrain.Pourquoi refuser la prime de $299 à de braves ouvriers qui n'ont pu terminer la construction de leur maison à temps, à cause t des lenteurs de l'administration municipale elle-même ?‘•vsm Au mois d'octobre 1950, plusieurs maisons étaient debout, dont trois presque terminées; mois les services d'aqueduc, d'égouts, d'électricité ne sont pas encore ins-tollés après- 14 mois de démarches entreprises par les propriétaires./ (Photo Léo Surprenont) ) fy '“u :nr* LE FRONT OUVRIER- DECEMBRE T 950 Les employés de trois Cabano exprime sa coopératives se _ en syndical Le Conseil régional Saguenay Lac-Saint-Jean des Syndicats nationaux, tenait son assemblée régulière dimanche dernier.Les délégués ont appris avec plaisir que M.Roch Tremblay, secrétaire-général des Syndicats nationaux de Saint-Joseph d'Alma, venait d'organiser trois syndicats des employés des coopératives du Lac Saint-Jean.Ces trois syndicats viennent de recevoir leur certificat de reconnaissance syndi cale.Ces syndicats pourront donc commencer bientôt les négocia tions avec les employeurs.Les délégués au Conseil régional, à tour de rôle, ont fait des intéressants rapports sur les activités de leur syndicat respectif.C'était une habitude qui semblait avoir été négligée depuis quelque temps, mais qui a vivement inté ressé tous les délégués présents.A ce sujet, M.l’abbé Bergeron, aumônier du Conseil régional, a fait remarquer que ces rapports des délégués avaient rendu l'assemblée plus vivante et plus intéressante qu'autrefois.M.Philippe Girard, organisateur de la C.T.C.C., assistait à l'assemblée et il a profité de son passage au Conseil régional, pour remercier tous ceux qui l'ont aidé dans l'organisation faite à Arvida.M.Girard a fait remarquer que les syndiqués de la région Saguenay Lac-Saint-Jean sont aussi bien organisés que n’importe où ailleurs dans la province.Chauffeurs d'autobus du Saguenay Les conciliateurs, MM.Cliche et Bérubé, sont venus étudier la plainte soumise par le Syndicat au sujet du changement des conditions de travail.Les conciliateurs ont rencontré les représentants du syndicat et ceux de la compagnie, ont longuement discuté avec eux, et môme M.Léonce Cliche est resté sur les lieux jusqu'à vendredi après-midi.Après avoir entendu les versions des employés et des employeurs, M.Cliche fera une enquête complète puis fera son rapport sur le sujet Pour »c- impiyuionj, voyPJ reconnaissance MONTREAL — “Aucune organ! sation de secours n’a apporté à la population éprouvée de Cabano une aide aussi efficace que celle de la Fédération du Travail du Qué bec, et je le dirai au monde entier." C’est au début d’octobre dernier que la Fédération a commencé à distribuer parmi les sinistrés de Rimouski et Cabano le fonds de $30]t)00.recueilli parmi les unions internationales qui lui sont affi-1 liées.Dans la plupart des cas, les si nistrés ont été secourus grâce à | un arrangement entre un grand magasin à rayons et la Fédération Dans le cas de Cabano, la Fédéra tion avait décidé d’envoyer sur place une équipe de charpentiers-menuisiers qui aideraient à la re construction.Cette équipe, formée de onze hommes de la fraternité) (F.A.T.hommes, membres de la fraternité des charpentiers-menuisiers ( F.A.T.), et dirigée par M.J M Perreault, en est à sa cinquième semaine d’un séjour qui durera six semaines.Les ouvriers travaillent 80 heures par semaine, soit 14 heu res par jour pendant six jours.Ils ont ainsi terminé une quarantaine de maisons pour les familles les moins fortunés de Cabano, et ac compli un bon nombre de travaux de charpenterie et de menuiserie dans un certain nombre d'autres maisons.Au dire des citoyens de Cabano.cette initiative tombait à point | Bon nombre de familles étaient à bout de ressources, et se trouvaient dans l’impossibilité de terminer leurs maisons pour l’hiver.Certaines étaient encore forcées d'habiter des camps d’été, des roulottes, ou des maisons insuffisamment protégées contre le froid.Le conseil de ville de Cabano a adressé à la Fédération un vote de remerciements et de félicita tions.LAURENI HERVIEUX V P k V i U » 499Î Celui qui construit la charpente d'une maison ?e* Celui qui fait las plans d'une maison ?3.COMMENT S’APPELLE LA PRESIDENTE DES ECRIVAINS POUR LA JEUNESSE ?Est-ce: Morcelle Gauvreau, Gabrielle Carrière, Suzanne Valiquette, Béatrice Clément ou Jeanne Daigle ?.Gabrielle e Carrière Nous publierons la semaine prochaine une courte mais intéressante biographie de Mademoiselle Gabrielle Carrière.Nous y ajouterons sa photo.Notre auteur du mois veut bien donner six volumes en prix.Nous lui ferons connaître les six gagnants désignés par le sort.Elle adressera elle-mtme ses livres aux chanceux.AUX CONCURRENTS Il est très important que vos réponses nous parviennent pour le 12 décembre.Nous ne pouvons pas tenir compte des réponses qui nous arrivent oprès cette date.Nous répétons à chacun et à chacune de bien indiquer : a ) Leur nom, b) Leur âge, .7 c) Leur adresse, d) Le nom de leur école, -4 a) L'année de leur cours.Toutes vos réponses seront-elles arrivées dès le 12?Roman du Front Ouvrier MADAME SOUS-CHEF -par COLETTE VVER - No 14 11 hésita, il se sentait commettre une erreur en extériorisant cette bouffée d'humeur qui montait en lui aujourd’hui, par hasard, dans le tintamarre de ces mangeurs avides et le tourbillon des garçons soutenant de trois doigts en l’air l'équilibre d’un plat; dans les fumets emmêles des civets, de la friture, de l'échalote des hors-d’oeuvre et celui des abricots épluchés.Il voyait, clair comme le jour, qu’il allait blesser Geneviève.Mais il est dur de se ren tier en gorge les propos d'une mauvaise humeur qui vous étouffe, surtout quand on tut un enfant gâté • • —Si nous avions eu un ménage normal et que tu fusses restée à la maison pour surveiller les repas, c’eût été un jeu pour moi de sauter dans un autobus et de ga gner notre quartier lointain.Et je ne t’aurais quittée qu’au bout d'une heure, le temps de savourer notre déjeuner en tête à tête, de le célébrer comme un rite antique, symbole de l’intimité et de l'union, — ainsi qu'est déjà notre repas du soir.Seul je me serais débrouillé.Mais je ne peux t’imposer cette gymnastique, ce tour de force.Alors, tant que tu seras fonctionnaire comme moi .Geneviève avait pâli.On revoyait en elle à ce moment la “grande Braspartz” du bureau, celle qui, à certains jours, d'un seul regard, courbait toutes les dactylos sur leur machine.La douceur de ses yeux s’était éteinte.Ils deverfaient de glace.—Bref, tu m'aurais mieux aimée cuisinière que rédacteur, n’est-ce pas, Denis?Et il comprit qu'il l'avait horriblement blessée.Saisi d'inquiétude, il surmonta sur-le-champ son humeur égoïste.C'était la pre mière fois que sa femme dardait sur lui ce regard sans amour.Une pensée se formula en lui: “Je man gérais toute ma vie de la semelle de soulier plutôt que de lui faire la moindre peine!’’ Et opérant un soudain rétablissement: —Geneviève, je t'en prie, ne prends pas au sérieux un propos de mon mauvais caractère.Je sais bien que les femmes adorent le restaurant.—Et pour cause.Elles y voient l’exemption de toutes les besognes abrutissantes: l’homme, des soins anonymes qui n ont pas été pris pour lui spécialement, pour sa chère gourmandise.Mais je sens bien en toi une sourde rancune à cause de mon refus d’abandonner ma carrière; ton regret d’avoir en moi une compagne et non pas une servante comme tu l’avais rêvé.Tu es injuste et, par surcroit, peu clairvoyant, car nous menons une vie d’union assez rare chez les époux.Songe à nos retours du soir par les bords de la Seine, face au soleil couchant, ou bien sous les arbres de la rue Michel-Ange, lorsque nous avons le caprice d’aller i pied .* Il n’en fallut pas plus que ces mots de mélancolie, cette évocation de l’heure incomparable où ils rentraient chez eux serrés l’un contre l’autre, pour mettre le comble à la confusion du coupable.Il ne savait comment calmer cette épouse offensée.Toutes les con cessions lui furent bonnes.Il loua le fromage, trouva un goût exquis à l’entremets.Pour le café, il n’en avait jamais bu de meilleur.Mais Geneviève demeurait sévère.Dans la rue, il prit timidement son bras; mais aucun signe tendre ne répondit à son repentir.Rien n’est plus embarrassant pour un jeune mari que le courroux d une femme susceptible.Jusqu’au Mi nistère, ils n’échangèrent pas deux paroles.Il en était à se demander: “Que doit-on faire en pareil cas?” Mais les circonstances vinrent à son secours.Comme dans le même après-midi il compulsait un dossier avant de rédiger une réponse pour une affaire en litige, un de ses collègues lui dit à l’oreille au passage: * —Il va y avoir un mouvement administratif dans le bureau.On dit que le chef passe à la qua trième Direction.C’est encore tout à fait nouveau.Ne le répétez pas.Ça va créer ici un appel d’air.Moi je suis au tableau depuis dix-huit mois déjà.—Moi pas encore, avoua Russe lière avec simplicité.Mais ma femme y est inscrite depuis un an.—Ah! dit le collègue, c’est une haute valeur que vous avez épou sée, mon cher! —Ma foi, répliqua le jeune mari, avec toute sa charmante modestie, j’avoue que tous les jours je suis davantage de votre avis.—Cette Braspartz, comme nous disions autrefois, reprit l'autre, elle nous dépassera tous, vous verrez.Une telle louange de celle qu'il aimait était au mari comme une coupe de champagne.Pour lui même, aucune ambition.Bureaucrate par nécessité, ponctuel par conscience, de l’avancement il n'avait cure.Mais ce fils de poète cachait dans son pupitre des feuilles volantes à l’en tête administra tif, où l’on aurait pu déchiffrer quelques jolis vers griffonnés.Pour les succès de carrière, il saurait se contenter de ceux de sa femme.Et il regarda l’heure au cadran qui régissait et asservissait les onze-’personnes tapant où écrivant dans la grande pièce.Encore trois heures et il rejoindrait Geneviève.Il savait maintenant ce qu'il lui dirait.Et l’heure sonnée, en effet, dès qu’il eut repris dans la rue le bras de sa femme, il ne put tenir sa langue: —Tu ne sais pas, chérie?On m’a annoncé une bonne nouvelle.Notre chef de bureau change de Direction.Il passe, dit-on, à la quatrième.Le sous-chef va peut-être prendre son fauteuil.C’est un vieux qui attend son avancement depuis douze ans! Il l’a bien mérité.Qui sait si tu ne le remplaceras pas à ton tour?Geneviève rougit de plaisir, sou rit à son mari dont elle oubliait du coup l’effense, balbutia, un peu troublée: —Comment! Comment! Mais mon chéri, ce n’est pas possible! Pense à tous ceux qui ont plus d’ancienneté que moi! Un an de tableau à côté de pauvres types qui attendent depuis des années! Véritablement — et tu me sais sincère — je trouve que ce ne serait pas juste.—C’est toujours juste, reprit le mari un peu courtisan, dès lors qu'une valeur est rcqampensée.Geneviève buvait le compliment comme un lait mêlé de miel et d’essence capiteuse.L’avancement qu’elle désirait si fort, car son zèle s'appuyait sur une solide pointe d'orgueil, comptait peu à côté de l'estima et de l'admiration de son jeune mari.Et c’était justement ce qu'elle lui avait un peu reproché jusqu’ici, de ne pas reconnaître assez ouvertement sa valeur pro fessionnelle, ses qualités adminis tratives.Ah! ah! enfin! il semblait y venir aujourd’hui.Ce n’était pas trop tôt.Quel charmant mari elle avait là! Comme elle lui pardonnait son humeur du déjeuner! et ses plaintes contre le restaurant, et sa rancune exprimée un peu cruellement contre le travail de sa femme! —Il y a parmi les rédacteurs, reprit-elle, deux ou trois hommes de valeur qui me dépassent .—Moi, répondit le mari enivré en se pressant contre ce bras si plein de force et d’énergie, je sais bien que tu es la plus fine, la plu6 subtile, l’esprit le plus direct, le plus lumineux! Leur repas, ce soir-là, dans la salle à manger baignée des rayons pourpres du soleil qui s’abaissait derrière les coteaux de Meudon, fut une ineffable fête.Le jeune mari avait pris le parti bien déterminé de n’étre plus orgueilleux désormais que des succès de sa femme.A quelque temps de là.comme ils se hâtaient, certain soir, de rentrer chez eux, car on sentait déjà dans l’atmosphère la touche de l'automne, le crépuscule venait et ils pensaient aux clartés des fortes ampoules électriques dans leur appartement rose et orangé, Denis demanda avec le candide prosaïsme des hommes: — Qu’avons-nous ce soir à diner?.— Des croquettes de veau, monsieur.répondit Genevière, qui se sentait toute joyeuse ce soir, puis des légumes à la crème et une macédoine de fruits.Etes-vous content?— Je suis toujours content, chérie, puisque je me sais si privilégié d’être le mari d’une femme comme toi.Je t’admire de tenir ton rôle au bureau avec tant de perfection que les vieux sous-chefs de notre direction déclarent: “Cette Braspartz, elle nous dépassera tous’’ et, dans le même temps, de gouverner ton intérieur de loin comme si tu y étais présente.Vraiment les femmes sont extraordinaires! Jamais un homme.— Il n’est que de penser à tout sans se laisser dissiper, interrompit Genevière triomphante: d’être bien à la maison quand on est à la maison et bien à son bureau dès qu’on y a mis le pied.Je savais qu'il m’était possible de mener de front les deux fonctions, chez nous et au Ministère.Je te l’avais dit.Avoue que.— Oui, dit Denis en lui souriant, j'avoue que.(à suivre) LE FRONT OUVRIER RAGE 11 2 DECEMBRE 1950 Je suit bien content, Pétunia m'a Invité à prendre un bon dîner à la malaon .ça adonne bien, mon eatomac rrle, lamine.K Ile a acheté une belle dinde! Mea tincèrea salutations Pétunia) Quand mangeons nous ?Entrai ! Tout eal presque prêt ! sa ' e Qu'est-ce qui peut bien la retarder?Ça lui prend bien du temps à dépecer A la dinde! ) Le dîner .v ^ / est prêt! C'est le meilleur repas que j’ai Jamais préparé ! Et c'rat la plus grosse dinde que J’ai jamais vue !.Je suis affamé ! Dépêche toi de me servir cette belle cuisse.J’ai une faim de loup!
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