Prêtre aujourd'hui, 1 mars 1958, mars
Vol.VIII H^M^tftffl m No 3 ^^^ Mars 1958 f AUJOURD'HUI HORIZON Le devoir spécifique.92 PASTORALE Sociologie religieuse La grande mission.98 Prédication La prière .F.X.Brouillette, o.m.i.111 Les 3 tentations .Aurélien Brault, ptre 114 Liturgie Une expérience.Emilien Carrier, o.m.i.118 VOIX DE L'EGLISE Un cri .Son Exe.Mgr Maurice Roy 122 Il faut .Son Exe.Mgr Joseph Papineau 124 Campagne .Son Exe.Mgr Coderre 124 Lourdes.Pie XII 125 VIE DES MOUVEMENTS L.O.C.De la réalité .Jean Biais 127 J.O.C.Les Jeunes .Paul-Emile Pelletier, o.m.i.129 "Prêtre, aujourd'hui" est sous la responsabilité des Aumôniers nationaux et diocésains d'Action Catholique Ouvrière.Rédaction et Administration: 1001, rue St-Denis, Montréal 18, P.O.Canada Directeur: R.P.Clément Rousseau, o.m.i.Avec autorisation de l'Ordinaire — Abonnement régulier: $3.00 89 editorial Villi II!'/" VU 11 S «Nous tournons notre esprit et notre coeur vers Lourdes» (Pie XII, Encyclique du 2 juillet 1957).A contempler le mystère de Marie et à scruter son message à Lourdes, les chrétiens comprendront l'urgence d'un renouveau spirituel dans le monde.Renou-a veau individuel sans doute, consistant dans 3VOir un .«retour à une pratique assidue des sacrements, le respect de la morale chrétienne dans toute la vie, Vengagement enfin dans les rangs de l'ACTION CATHOLIQUE et de diverses oeuvres recommandées par l'Eglise.» Mais le Saint Père espère davantage.En effet, «pour nécessaire qu'elle soit, la conversion individuelle ne saurait suffire.» Les tentations du matérialisme menacent toutes les sphères de la vie, Pour s'en défendre un «effort collectif» s'impose à la société.Dans cette lutte pour le triomphe des grandes vérités du salut, les prêtres ont un la bonté de venir 90 rôle primordial.«Il n'est de renouveau durable, en effet, que fondé sur les principes infrangibles de la foi et il appartient aux prêtres de former la conscience du peuple chrétien.» Les chrétiens ainsi formés seront en mesure de remplir leur mission propre: «Les fidèles se doivent de collaborer à cet effort de renouveau.Là où la Providence l'a placé, qui donc ne peut faire davantage encore pour la cause de Dieu ?» Pie XII ensuite rappelle le rôle important des âmes consacrées mais il souligne plus longuement l'irremplaçable mission de la famille et l'immense champ d'action ouvert aux groupemetits professionnels et civiques.«Ils chercheront, chrétiens de toutes classes et de toutes races, à se rencontrer dans la vérité de la charité, à bannir les incompréhensions et les suspicions.» Le Souverain Pontife nous convie donc à aller à Marie parce qu'elle-même nous invite.«Voulez-vous avoir la bonté de venir.disait la Sainte Vierge à Bernadette.» «Cette invitation discrète, qui ne contraint pas, qui s'adresse au coeur et sollicite avec délicatesse une réponse libre et généreuse, la mère de Dieu la propose de nouveau à ses fils.» A l'école de Marie, «Ils apprendront à ne vivre que pour donner le Christ au monde.» 97 otiion 3 ROBERT FORTIN, S.S.S.missionnaire - prédicateur et titulaire du cours sur la direction spirituelle des laïques, à l'Institut de Pastorale de la faculté de théologie de l'Université d'Ottawa.les âmes.Convaincus, je suppose de la nécessité de la formation apostolique de nos dirigeants et militants laïques par la direction vraiment ont besoin de vérité et de vie véritable spirituelle, il nous reste à réfléchir un peu sur le style, la manière ou les manières, la technique, la méthode à employer en ce ministère sacerdotal important et si délicat à la fois.LE DEVOIR SPECIFIQUE d'un DIRECTEUR.DIRIGER! " "• 1 — SYMPATHISER Avant toute autre chose, il nous paraît qu'il faut avoir le don de sympathie dont parle merveilleusement Newman au sujet de l'Apôtre saint Paul.Sympathiser, c'est-à-dire pâtir, subir, ressentir avec, comme quelqu'un.Donc le comprendre en sa totalité individuelle et personnelle.Le connaître.Un tel ou une telle.Avec son tempérament, ses défauts et qualités.Les possibilités et grâces surtout.En tel milieu et état de vie.En telles circonstances particulières, tel cas spécial et précis.L'aimer naturellement et surnaturellement surtout, en cette totalité même.Sans cette pitié qui blesse car elle est une espèce de jugement et de condamnation, de quasi mépris parfois — vouloir le mieux, être de cette âme, de tout cet être que la Providence nous envoie ou auquel Elle nous unit.Vouloir peu à peu diminuer ses misères de toutes sortes, augmenter, intensifier ses richesses humaines, ses ressources chrétiennes.En collaborant avec cette âme, cet être.En coopérant avec Dieu, l'Esprit et Jésus qui travaillent en elle, en son meilleur fond de nature et de grâces.sans gêne, Mais il faut aussi que cette âme sym- scms peur, pathise avec la nôtre de pasteur, guide et avec sincérité père.Qu'elle se sente suffisamment à l'aise pour s'ouvrir en toute sincérité surtout d'elle-même.Sans peur.Sans gêne.Car si elle est gelée, étouffée, quasi muette .Quelles que soient la science et sainteté du directeur, non seulement le résultat sera négatif, mais nuisible souvent.Donc sympathie d'abord.Et mutuelle.2 —SE PENCHER Alors, sans en avoir l'air, le père spirituel authentique saura se pencher, se faire "tout à tous", selon l'expression de l'Apôtre encore; et comme une mère aimante s'incliner jusqu'à cet "enfant" spirituellement parlant qui se traîne plus ou moins par terre.Qui tombe et retombe souvent.Qui a tout à apprendre; en tout cas beaucoup, au début et tout au long de la vie spirituelle.Tout comme la maman enseigne à son petit à balbutier, à manger, à s'habiller, à marcher tout seul.Et c'est long.Et ça demande une patience ! Et ça ne se fait pas tant par des conférences que par quelques mots dits à point et beaucoup d'actes répétés.qu'est-ce Et ça requiert toute une psychologie que s'adapter ?naturelle, intuitive, divinatrice, qu'on doit du reste cultiver par l'étude, l'expérience, la réflexion.C'est cela s'adapter vraiment.Or tout cela requiert beaucoup de temps qu'il faut savoir prendre et don- 93 ner.Car il n'est pas perdu.Il est "semé".Et comme toute semence, ce temps donné rapporte normalement une moisson abondante.Une âme vraiment formée, transformée en formera et transformera à son tour beaucoup d'autres.L'Action Catholique sera toujours l'efficience vitale d'un Etre Catholique.Ou elle ne sera rien.On ne dirige pas les âmes en regardant l'heure.On ne conduit pas les âmes comme des "trains" de chemin de fer, selon un horaire fixé d'avance.Ce qui n'empêche pas d'avoir un plan, celui même de Dieu, tel qu'il nous l'a révélé et, qu'avec sa grâce, on apprend aux âmes à réaliser graduellement.3 — CAR IL FAUT LES ELEVER Dans le sens le plus fort du mot.Les prendre où elles sont.Par terre si cela est nécessaire.Se pencher donc .Mais pas pour rester là avec elles.Couché, étendu près d'elle .Non ! Non ! Mais au contraire pour les tirer de là, les arracher aux abîmes, aux niveaux de vie inférieure animale ou seulement humaine, plus ou moins païenne.Les éduquer, e-ducere.Puis de palier en palier les faire monter."A petits pas d'amour", comme parle un Père de l'Eglise, les conduire vers le Père.Leur faire expérimenter leur besoin absolu de Dieu en tout.Afin qu'elles finissent par croire, par prier: «Notre Père qui êtes aux deux».En levant les yeux, le coeur et l'esprit, tout leur être vers Lui; dans la foi, l'espérance et la charité.Et qu'ainsi remplies de Lui, elles Le déversent en d'autres âmes de leur entourage et milieu d'existence: famille, rue, lieux de travail et de loisirs.Partout, toujours, en tout.Pour que ces rencontres et contacts fournis et imposés par les circonstances providentielles de la vie quotidienne leur fassent réaliser également par un espèce de choc en retour, leur besoin toujours plus grand d'avoir davantage la Vie, pour continuer à la donner plus et mieux.En allant la puiser aux sources vives des Sacrements: l'Eucharistie surtout, du Christ même, en corps, âme et divinité.désiré, recherché, trouvé et accueilli par un organisme spirituel "en forme".A la place des cercles vicieux, ce sont alors les cercles vertueux, la circulation de la Vie chrétienne, surnaturelle, divine qui s'inaugure, s'intensifie des âmes aux âmes, par le Christ et dans le Christ.mais on ne Avec l'Apôtre Paul, on confie, on cla- donne que ce me alors: «Ce n'est plus moi qui vis, mais que l'on a le Christ qui vit en moi.» Et aussi: «La charité du Christ nous brûle» .«je me dépenserai de plus en plus pour Lui».Et avec le Christ Lui-même, uni à Lui comme la branche à l'arbre, le membre au 94 - ■ corps et à la tête, l'on peut dire: «Je suis venu apporter le feu sur la terre et quel est mon désir, sinon qu'il s'embrasse».— Et enfin «Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance».Voilà la formation que les Pères spirituels doivent assurer, la vie qu'ils doivent transmettre eux les premiers, aux membres du Corps Mystique.Et donc la posséder aussi les premiers.On ne donne que ce que l'on a.Les effets ne sont jamais plus grands que les causes.Dans les ruisseaux coule ce qui vient des fontaines .4 —DIRIGER! Se pencher, après avoir sympathisé.Puis élever.Et diriger vraiment.Ce qui est rare.Pas être des dictateurs spirituels.Ne pas exercer une sorte de paternalisme spirituel.Mais être des pasteurs.Des pères qui engendrent et élèvent.Donc mettent en garde, avertissent, instruisent et donnent l'exemple.Parce que, en tant que prêtres, nous ne pouvons pas dans la "guidance" spirituelle traiter nos dirigés (ou dirigées) d'égal à égal.La plupart du reste ne désirent pas cela; surtout chez nous.De même les mots direction et directeur, dans la majorité des cas, ne font pas peur, n'agacent pas et ne font pas "songer", je ne sais à quelle emprise même sur les âmes.Une preuve c'est qu'on se plaint d'en trouver difficilement.Il nous semble par ailleurs, que l'expression "Père Spirituel" évite toute équivoque et tout malentendu.A la suite du Maître, Jean le disciple bien-aimé, ne craignait pas d'appeler les fidèles, jeunes ou anciens, "Mes petits enfants".Et le viril saint Paul n'avait aucune hésitation à s'écrier: «Mes petits enfants que j'engendre encore dans la douleur, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous» (Galat.IV.19) réservent en même temps, en une formule sympathique, claire et pleine tout ce que doit être la direction et formation spirituelle des chrétiens.diriger, Le devoir spécifique d'un directeur, devoir spécifique dirait Lapalice, est donc de diriger.C'est- à-dire, pour le répéter encore: éclairer et instruire, stimuler et pousser aux actes sans les imposer.Aider, habituer l'âme dirigée à vouloir, à se mettre en branle, à agir.A avoir et prendre des initiatives personnelles et sociales.A réaliser ses responsabilités concrètes en son milieu.A les réaliser non seulement par la pensée et la réflexion en sa tête, mais dans la pratique quotidienne de l'existence en tel milieu familial et social de travail, de loisirs etc.le directeur doit faire faire.Pour s'encourager à ce rôle et ministère, l'un des plus sacerdotaux qui soient: 95 former des âmes de chefs .en un temps de démocratisme niveleuse de toute hiérarchie et valeur, il se souviendra de ce que l'Evêque qui le consacrait lui dit au matin de son ordination: «Opportet sacerdotem praesse».Plus encore, il voudra obtempérer aux ordres et impératifs très catégoriques du Maître, juste avant de repartir à la droite du Père: «Allez enseigner toutes les nations .enseignez l'Evangile (pas n'importe quoi !) .Apprenez-leur à observer (pas seulement à savoir mais aussi à faire) tout ce que je vous ai enseigné».Ce sont les derniers versets de saint Mathieu.Ils sont assez limpides et énergiques.Et nous avons la grâce d'état, la grâce sacramentelle spéciale de l'Ordre pour cela.Evidemment, en cet apostolat fondamental de la direction spirituelle, il faut beaucoup de tact.La prudence est la vertu spécifique du directeur.Il se doit de la cultiver.De la demander par la prière.De la développer par l'expérience.Mais elle n'est pas principalement humaine et naturelle.Plus qu'une diplomatie, fut-elle de meilleur aloi.Beaucoup plus, et mieux aussi qu'une orientation morale sur le plan de la raison droite, à l'aide des acquisitions de la psychologie moderne, même la plus sûre.Tout cela peut et doit servir, à sa place, qui n'est pas la première ici.vers le Père C'est à la lumière de l'Evangile et des enseignements de l'Eglise; de la "philoso-phia perennis", connu de la théologie, dogmatique et morale, la plus sûre qu'il faut diriger les âmes vers le Dieu Tri-nitaire par le Fils Incarné .tel que la Révélation me les fait connaître.C'est ainsi et ainsi uniquement que l'on formera uniquement des chefs véritables, qui à leur tour en formeront d'autres, dirigeront leurs compagnons et compagnes de vie, sur tous les plans, par dessus tous les moyens plus ou moins contingents d'ici-bas, vers leur destin éternel unique.Qu'on se rappelle encore, que l'on médite longuement à fond les paroles de l'Apôtre et du Maître, citées plus haut.Qu'on se souvienne aussi et qu'on regarde, en une contemplation silencieuse et prolongée, leurs exemples de direction publique ou privée.En leurs discours à des groupes ou à des foules.En leurs conseils plus personnels à tel ou telle.Et pour ter.niner, cette fois pensons à la rencontre du Seigneur, dans le secret d'ane nuit, avec Nicodème (Saint Jean III).Et surtout dans le même Evangile (chap.IV) relisons lentement le dialogue avec la Samaritaine qui restera le modèle par excellence de ce que pourrait et devrait être toute direction donnée et reçue.L'initiative et la disponibilité entières qui se complètent merveilleusement pour assurer un résultat parfait. La jeune femme de Samarie vient au puits de Jacob, son urne sur la tête, selon la pittoresque manière orientale.Jésus qui a envoyé ses apôtres à la ville voisine acheter le dîner, fatigué du chemin, dit: — «Femme, donne-moi à boire».— «.Comment toi, un juif qui me demande à boire.Les Juifs n'ont pas l'habitude de traiter ainsi les gens de Samarie .» — «Femme, si tu savais le don de Dieu, et quel est celui qui te parle, c'est toi qui me demanderais de l'eau.et moi je te donnerais une eau vive .qui jaillit jusqu'à la vie éternelle .» De l'eau qui apaise la soif corporelle, Jésus d'un coup fait passer à celle des soifs supérieures.La femme ne comprend pas encore.Il lui dit sa vie non rassasiée par les amours humains.Elle reconnaît en Lui un prophète.Il se révèle comme le Messie.Elle court à la ville, devenue apôtre, et en toute humilité: «Venez voir quelqu'un qui m'a dit tout ce que j'ai fait.C'est peut-être lui l'Envoyé de Dieu».Les gens viennent et sont conquis par le Sauveur qui reste deux jours avec eux.un besoin Les âmes ont besoin de vérité et de de vérité vie véritables, peut-être encore plus aujour- et de vie d'hui qu'en ce temps-là.Elles cherchent avec frénésie le bonheur.Beaucoup, comme la Samaritaine, sont disponibles, en puissance d'accueil aux appels du Seigneur par ses prêtres.Comme Lui, il faut parler, redire ses paroles.Avec la même force et douceur à la fois.La même vigueur et chaleur.Ou plutôt, il faut le laisser parler en nous par nous.«Ne craignez pas, je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles» .(Dernier « verset de saint Mathieu) Mais pour en arriver là, il faut s'identifier avec Lui, par une vie intérieure authentique, intense, avec tous les sacrifices que cela exige.Sans négliger les études spéciales qui s'imposent.Voilà ce qui nous resterait encore à expliquer: les conditions nécessaires pour qu'il y ait véritable direction spirituelle, tant du côté du directeur que de celui des dirigés, en particulier pour les laïques, spécialement, si non exclusivement, en milieu ouvrier.97 PaôtotaLe SECTION S^ocioloaie La GRANDE MISSION de St-Jérôme La paroisse ne peut apporter une solution efficace aux nombreux problèmes que pose le monde actuel.L'evangelisation de tous les secteurs de vie exige un effort concerté.Nous avons trouvé aw diocèse de St-Jérôme un projet de mission régionale en pleine voie de réalisation.Nous empruntons les paroles même de S.E.Mgr Emilien Frenette, évêque de St-Jérôme pour présenter à nos lecteurs la GRANDE MISSION. Ce qu'elle est : «Mobilisation et coordination de toutes les forces spirituelles du diocèse pour sanctifier toutes les âmes et tous leurs milieux de vie, en les pénétrant plus profondément de l'esprit et de la vie du Christ par l'action d'une Eglise bien unie et bien vivante.Ce qui la rend nécessaire : Transformation brusque et rapide des conditions de vie et donc aussi de sanctification: déracinement psychologique et social, industrialisation, entassement urbain, emprise démesurée des techniques de production et surtout de diffusion, déshumanisation du travail et des loisirs, dépérissement de la famille, laïcisation des idées et des moeurs, bref, pression massive de tout un univers rétréci et solidaire où Dieu est absent de la vie courante, remplacé par les valeurs matérielles de l'argent et du plaisir.Ce qu'elle attend de chacun de nous : D'abord l'incessante prière non seulement individuelle mais communautaire.Puis un effort constant et collectif de solide formation chrétienne et apostolique et de tenace ascension dans la vérité et la grâce.Et, en même temps, l'action bien coordonnée, mais aussi bien organisée, qui sache d'abord voir et juger pour agir plus efficacement, qui étudie et connaisse les milieux de vie pour mieux y intégrer les structures religieuses et surtout le ferment de la vérité et de la vie chrétienne.' Ce qu'elle peut nous donner : Une Eglise diocésaine encore plus unie, plus fervente et plus sanctifiante, avec des institutions renouvelées, des familles encore plus chrétiennes, des paroisses encore plus vivantes et rayonnantes, et finalement des âmes plus saintes et plus heureuses, comme aussi des vocations sacerdotales, religieuses et des apôtres laies vraiment préoccupés de leur irremplaçable mission dans l'Eglise où ils doivent prendre en charge leurs divers milieux de vie.» 99 SUR CE TERRITOIRE VIVENT 107,650 CHRETIENS 107,650 CHRETIENS QUI FORMENT UNE COMMUNAUTE QUE L'ON APPELLE L'EGLISE DIOCESAINE Tous ces chrétiens ne se comportent pas de la même façon.Le chrétien de Lachute n'a pas le même genre de vie que le chrétien de Ste-Adèle.Le chrétien de Ste-Thérèse n'affronte pas les mêmes problèmes que celui d'Huberdeau.Le chrétien-ouvrier de St-Jérôme ne rencontre pas le Christ sur le même chemin que le chrétien-cultivateur de St-Hermas.Pourquoi?1- LE MILIEU DE VIE influence donc profondément nos chrétiens.— Qu'est-ce que veut la "GRANDE MISSION" ?Elle veut connaître ces milieux de vie pour savoir si L'EGLISE est plantée partout.700 D'où trois questions importantes: I ) L'EGLISE est-elle présente: 2) L'EGLISE, si elle est présente, est-elle présente d'une manière adaptée ?3) L'EGLISE, si elle est présente et adaptée, est-elle effectivement aux prises avec les problèmes essentiels qui influent sur le comportement religieux de ses membres ?En 1920, L'EGLISE était présente chez le cultivateur du rang X.Est-elle aussi présente en 1957, chez ce même cultivateur qui, le jour, porte sur sa chemise la badge de la Canadair ?En 1920, L'EGLISE était présente dans la famille-colon des pays d'en-haut.En 1957, est-elle aussi présente dans cette même famille devenue famille-servante du tourisme ?De l'an I jusqu'à l'an 1940, PARTIR EN MISSION signifiait ALLER PLANTER L'EGLISE en pays étranger.Aujourd'hui, on parle de MISSION chez nous, dans notre diocèse.Alors, serions-nous des païens ?Non.Nous allons à la messe le dimanche.Nous faisons encore maigre le vendredi.Peut-être même jeûnons-nous encore.Nous sommes des chrétiens, quoi ! Des chrétiens à l'église.Oui .Mais en politique .en affaires .au travail.en vacances .?Le CHRIST veut être là .partout .dans toutes nos activités, dans tous les milieux de vie .707 2- LE DIOCESE DE ST-JEROME a) Un milieu qui CHANGE ÎOPuiAîlON De 1931 à 1951, dans l'espace de vingt-cinq ans, la population du diocèse est passée de 57,612 habitants à 101,603 habitants.En 1931, la population rurale représentait 37.5% de la population totale.En 1951, la population rurale représentait 17.6% de la population totale.702 rtu illi ii«J ns» iiik b) Des milieux qui CHANGENT Dans la Zone VII: Depuis quinze ans, les hommes ont une double occupation, urbaine et rurale.A Sîo-Anne-des-PIaines, 13% des cultivateurs vivent exclusivement de leur terre.A Sfre-Monique, 8% vivent exclusivement de leur terre.•'* »*CJ lut fia Dans la Zone II: En 1931, 30% de la population vivait sur une ferme.En 1951, il n'en reste que 15%.Le silo cède la place à la cheminée d'usine.703 Légende de la carte géographique DIOCESE J.ST JEROML sn ha^guerits/ srndoLPHE M How eu ci faoMl ,5T SAJlïtUll ; r coiurtsau' ircnw"!* UN DIOCESE .ONZE ZONES .ONZE MILIEUX SOCIAUX Pourquoi avoir divisé le diocèse en onze régions, en onze zones ?Parce que chacune de ces zones possède une note bien caractéristique, représente un milieu social particulier.Zone I — Municipalités: Arundel, Barkmere, Huberdeau, Montcalm, Lac-des-Seize-lles, Harrington, Wentworth, Grenvill-et-Augmentation, Srenville, Calumet.Zone II — Municipalités: Lachute, Ayersville, Brownsburg, Carillon, Chatham, St-Jérusalem, St-André-d'Argenteuil, St-Philippe.Zone III — Municipalités: Ste-Marguerite, Val-Morin, Ste-Adèle, Mont-Rolland, Morin-Heights, St-Sau-veur, Piedmont, Ste-Anne-des-Lacs, St-Adolphe.Zone IV — Municipalités: St-Canut, St-Colomban, Mille-Iles, Gore.Zone V—Municipalités: St-Hippolyte, Ste-Sophie, New-Glasgow, Lesage, Shawbridge, Prévost.Zone VI — Municipalités: St-Jérôme (ville), St-Jérôme (Rivière-du-Nord), St-Antoine-des-Laurentides.Zone VII — Municipalités: Ste-Anne-des-Plaines, St-Janvier, Ste-Monique.Zone VIII — Municipalités: St-Hermas, Ste-Scholastique, St-Benoit, St-Placide, St-Augustin.Zone IX — Municipalités: Ste-Thérèse (ville), Ste-Thérèse-de-Blainville, Ste-Thérèse-Ouest.Zone X—Municipalités: Rosemère, Bois-des-Filion, Terrebonne, Lachenaie.Zoze XI — Municipalités: St-Eustache, St-Eustache-sur-le-Lac, St-Joseph-du-Lac, Pointe-Calumet, Oka. o gMlWxy?''/' ffoSetni»^ Dans ta Zone X: Quelques "quartiers de Montréal".Depuis cinq ans surtout, cette Zone devient banlieue résidentielle de Montréal.On vient chercher à Rosemère et à Bois-des-Filion, un "home" plus paisible et un petit milieu plus humain qu'un quartier de Montréal. Dans la Zone XI: L'influence de Montréal est écrasante depuis quinze ans.60% de la population masculine active est engagé dans des occupations de type industriel.Deux blocs se dessinent dans la population ouvrière: 800 ouvriers travaillent à l'extérieur.1,434 ouvriers travaillent àSte-Thérèse.4 ouvriers sur 7 cherchent leur travail en-dehors de la Zone.3- ON DECIDE LA GRANDE MISSION a) Les commissions de travail 1 —DES COMMISSIONS SPECIALISEES Ces commissions sont composées de prêtres, religieux, religieuses, et laïcs.1 — En prédication Que penser de la prédication dans nos paroisses et que faire pour l'améliorer ?Une équipe y travaille: président: M.l'abbé Paul Labelle, curé, secrétaire: M.l'abbé Roger Dupré.107 2 — En liturgie — Etude sur la Pastorale des Sacrements et de la Messe Dominicale.Une équipe y travaille: président: M.l'abbé Armand Sabourin, curé, secrétaire: M.l'abbé Jean-Paul Giroux.3 — En apostolat laïc — Quelle est la valeur et l'efficacité de nos mouvements d'Action Catholique ?— Quelles en sont les difficultés ?Une équipe y travaille: président: Mgr Laurent Pressault, P.D., V.G., secrétaire: M.l'abbé Jacques Grand'Maison.4 — En action sociale — Un inventaire des problèmes sociaux (bien-être social, loisirs, éducation sociale, associations professionnelles) Une équipe y travaille: président: M.l'abbé Charles-Edouard Léveillé, curé, secrétaire: M.l'abbé Jacques Gince.5 — En éducation — Les problèmes scolaires du diocèse (enseignement religieux, orientation, fréquentation scolaire) Une équipe y travaille: président: Mgr Pierre Décary, P.D., secrétaire: M.l'abbé Pierre Bergevin.2 —DES COMMISSIONS REGIONALES DE PRETRES Les prêtres de chacune des zones du diocèse se réunissent pour étudier les problèmes humains et religieux de leur région.3 —DES COMITES DE SOCIOLOGIE La Grande Mission est essentiellement paroissiale.Impossible de faire quelque chose de solide, s'il n'y a pas de paroisses vivantes à la base.708 Chaque paroisse se penche sur ses problèmes de "milieux de vie".Un comité, dans chaque paroisse, groupe les responsables de mouvements paroissiaux et les représentants des principaux milieux de vie.Ce comité étudie à la loupe les résultats de l'enquête globale des sociologues, découvre les problèmes humains et religieux de la paroisse, et recherche les solutions les meilleures pour l'avenir spirituel des paroissiens.Et les MALADES et les ENFANTS vont-ils avoir leur rôle dans la MISSION ?Oui, le rôle le plus important: la PRIERE .b) Les grandes lignes de la mission Février 1957 - Mars 1958 .ON REGARDE Avant de construire une maison, on fait un plan.Avant même de faire un plan, on regarde le terrain.Avant d'ensemencer un champ, on s'informe de la qualité du sol.L'enquête globale que des sociologues ont menée a pour but de renseigner (autant qu'il est possible) sur la situation humaine des différentes régions de notre diocèse, dans la mesure où elle influe sur la vie religieuse.Tous les prêtres et environ 1,000 laïcs ont constitué des équipes de travail, des "commissions régionales" pour étudier les problèmes particuliers de chaque région; des "commissions spécialisées" pour voir ce qu'il y a et ce qui devrait être dans la Prédication, la Liturgie, l'Action catholique, l'Action sociale, l'Education du diocèse.Mars 1958 - Mai 1959 .ON REFLECHIT ENSEMBLE Dans le corps humain, il y a l'oeil, les poumons, les pieds, le coeur, etc.Chacun de ces organes a son rôle à remplir.Il le remplit en étant au service de tous les autres.Si tous les organes fonctionnent bien, c'est la santé.L'Eglise est un organisme vivant.Elle est semblable à un corps humain (le Corps mystique du Christ).La grande mission doit assurer un meilleur fonctionnement des diverses activités de l'Eglise, dans chaque région du diocèse.Elle doit ausculter les divers organes et préparer les paroisses à mieux répondre aux nécessités de l'heure présente.L'Eglise colle-t-elle ou ne colle-t-elle pas aux milieux étudiés durant la première étape ?109 Mai 1959 .LA PRE-MISSION C'est le temps d'agir .Comment et quoi faire pour assurer un meilleur fonctionnement, une plus grande efficacité à toute notre organisation apostolique dans le diocèse ?On n?peut se contenter d'assurer la pratique religieuse ! Pour arriver à un diocèse chrétiennement solide, il faut une religion chrétiennement solide, c'est-à-dire qui pénètre tous les secteurs de la vie humaine, familiale, professionnelle, civique, politique.La paroisse, avant de convertir les autres, doit se convertir.Pour cela, le missionnaire expose le "Plan de Dieu" sur le monde.Triduum de Prédication dans chaque paroisse.Octobre - Novembre 1959 .LA GRANDE MISSION Elle s'adresse à tous.Grande Retraite paroissiale prêchée partout à peu près en même temps dans tout le diocèse, par une équipe de Missionnaires déjà choisis et qui auront suivi notre travail depuis deux ans et demi.et dont le but sera DEVANGELISER LES MILIEUX DE VIE le saviez-vous?— Un vicaire de la banlieue, de Montréal, organise chaque année cinq réunions pour les mamans des premiers communiants.Rien ne saurait être négligé pour la préparation de ce grand événement.— Le Centre Catholique de l'Université d'Ottawa prépare un "Guide" pour les messes dominicales afin de les rendre plus communautaires.— Un Curé, enthousiaste de "Prêtre Aujourd'hui", a abonné tous ses vicaires.Un geste à imiter MM.les Curés ?— Son Eminence déclarait que ceux qui favorisent l'immoralité publique devraient être considérés comme des pécheurs publics.Et "Relations" précisait que d'après le Droit Canon, cela veut dire: refus de l'absolution et de la sépulture ecclésiastique ! — Les Titres du Pape: vicaire de Jésus-Chnst sur terre; successeur de saint Pier- re, prince des Apôtres; évêque de Rome; archevêque et métropolitain de la Province Romaine; primat d'Italie; patriarche d'Orient; pontife suprême de l'Eglise universelle; souverain de l'Etat de la Cité du Vatican.— Le Saint-Père, dans un récent discours, a exprimé une "inquiétude profonde au sujet de la dépopulation des campagnes et du déclin du pouvoir d'achat chez, les paysans du monde entier." — L'Ecole des Parents de Shawinigan a invité trois jeunes filles et trois garçons à donner leurs opinions lors d'une réunion dont le thème général était: "L'Ecole des Parents affronte le problème scolaire".— "Bien des gens ont recours aux calmants parce qu'ils ne savent pas se tourner vers Dieu" déclare Son Exe.Mgr Richard Cushing, archevêque de Boston.770 .■■ ■ Le R.P.F.-X.Brouillette, o.m.i., missionnaire-prédicateur, nous livre quelques pensées pouvant servir de méditation, ou de récollection en marge de l'étude religieuse des mouvements paroissiaux.La PRIERE 1 — La consigne du maître: "Priez, priez sans cesse, ne vous lassez jamais de prier !" Respiration de l'âme: De grands saints, parlant de la prière, l'appellent : "La respiration de l'âme".Or qu'est-ce que la inspiration ?On peut dire que la respiration est un double mouvement de nos poumons qui se remplissent d'air pur et qui se vident de l'air utilisé devenu vicié.Ainsi de la prière.Dans la prière l'âme se vide en quelque sorte dans le bon Dieu : dans la prière, on dit au bon Dieu tout ce qu'on pense PERPETUELLE 111 PaMotale SECTION J^réaica lion de Lui : on lui dit qu'on l'aime, qu'on l'adore ; on le remercie, on lui demande pardon et on implore des grâces selon ses besoins.Deuxième mouvement de la prière : en retour, le bon Dieu remplit l'âme de ses grâces et de ses bienfaits.La prière est donc un échange perpétuel entre Dieu et l'âme.Danger d'asphyxie: Or si la prière est la respiration de l'âme, elle doit être continuelle comme la respiration du corps.Si le corps cesse de respirer, ce sera bientôt l'asphyxie qui suspend tous les phénomènes vitaux et la mort surviendra plus ou moins rapidement.Ainsi, si l'âme cesse de prier, (de se vider en Dieu pour recevoir en retour ses secours absolument nécessaires) ce sera bientôt l'asphyxie morale ; l'âme se laisse intoxiquer presque inconsciemment par les fausses maximes, les demi-vérités, les slogans du monde contraires à ceux de l'Evangile, les caricatures de vérités soufflées par le démon et ses agents.L'âme ne peut plus vivre de la vie divine, de la vie d'enfant de Dieu ; elle meurt surnaturellement.Elle perd ses convictions, elle n'a plus la force de résister aux appels des passions et du monde.Epanchement du coeur: Or la respiration du corps continue 24 heures par jour même si je n'y pense que très rarement.Il n'est pas nécessaire de penser à respirer pour que cette fonction continue de se produire.Je penserai à ma respiration quelquefois si pour cause elle devient irrégulière, difficile ou saccadée.Ainsi, il n'est pas nécessaire d'y penser continuellement pour prier sans cesse.Il faudra donc prier tout le temps par le désir et par l'intention.C'est ce que voulait dire saint Paul: "Soit que vous mangiez, soit que vous buviez." La prière deviendra une effusion, un epanchement naturel du coeur vers Dieu comme la respiration est fonction naturelle pour le corps ; elle se produit sans qu'on y porte une attention perpétuelle.2 — La réponse du disciple: L'offrande matutinale: Au premier éveil de la conscience, je tournerai le bouton de mon coeur pour fixer l'antenne de mon esprit sur le poste céleste : c'est un peu de prière 772 voulue et réfléchie au réveil: l'offrande de la journée et la fixation de ses intentions, le renouvellement du désir de faire tout pour plaire à Dieu, pour sa plus grande gloire .Ainsi, on reste en ondes sur le poste céleste même en s'occupant à bien d'autres choses; c'est comme ceux qui ouvrent la radio au réveil ; il n'est pas nécessaire de tenir le bouton en main pour que l'appareil continue à jouer; ça joue toute la journée dans certaines maisons pendant qu'on accomplit toutes sortes de besognes.La radio reste en ondes.Interférence: Cependant, je comparerai volontiers le coeur humain à ces vieux machins de radio bien peu perfectionnés qui se désaxent en quelques minutes : On capte un poste et au bout de dix minutes un autre poste commence à s'interférer; deux postes en même temps, ça ne vaut rien.Ainsi le coeur humain est bien instable et fragile ; après avoir capté le poste céleste, il arrive bientôt que d'autres postes cherchent à rentrer dans mon coeur : le poste des passions, le poste de la gourmandise, le poste de la colère, celui de la paresse, etc.tous les postes des passions, du monde et du démon.Refixer l'antenne: Alors on revient à la radio; on tourne de nouveau le bouton pour le "refixer" bien exactement sur le poste unique que l'on désire.Ainsi, chaque fois que l'on a cédé plus ou moins, que l'on a fauté, que l'on a prêté l'oreille du coeur à d'autres postes que celui du ciel, il faut tourner de nouveau le bouton de notre coeur pour "refixer".l'antenne de notre esprit sur le poste céleste, le seul poste qu'il nous faut capter; cela veut dire: refaire nos intentions droites, nos bons désirs, nous unir plus fortement à Dieu .Alors à quoi bon la prière du matin, celle du soir, les prières avant et après les repas, le chapelet quotidien, la messe du dimanche même ?Justement ce sont autant de rappels pour nous mettre en ondes avec le poste céleste, pour nous rebrancher sur le seul bon poste, pour refixer l'antenne de notre esprit sur le poste du ciel.C'est un minimum pour nous empêcher d'oublier le "Priez, priez sans cesse, ne ." C'est ainsi que la prière, respiration de l'âme, doit et peut être continuelle.C'est ainsi que par l'intention (virtuelle) elle affecte toutes nos actions; elle les bonifie et les rend méritoires en en faisant une prière perpétuelle.Elle permet d'acquérir des trésors de mérites pour l'au-delà, des trésors comme ceux dont parle le Christ Jésus dans l'Evangile, "des trésors que les voleurs ne peuvent pas dérober et que la rouille et les vers ne peuvent pas ronger." 113 Nos préoccupations pour former des militants nous invitent à penser au triple esc'avage de la nature humaine: la chair, l'orgueil et la cupidité.Les 3 tentations Donnez des faits sur ces trois concupiscences démontrant le: difficultés que rencontrent les jeunes.Les biens matériels.à l'école du Christ Le Christ veut mettre en échec ces tendances de notre nature et II fait choc.Voyons dans son évangile les conseils ëvan-géliques qu'il propose: Voeux de chasteté, d'obéissance et de pauvreté.Aurélien Brault, ptre.Recollection on marge (lu programme social des mouvements d'A.C (\\[/r prédication ^jjfrjfe*/ 7 74 ATTITUDES DU CHR/JST : Le militant voulant imiter le divin modèle devra lutter pour rester chaste; soumettre sa volonté à l'autorité pour combattre l'orgueil; se détacher des biens matériels et être pauvre même s'il possède des biens.La triple tentation dont Jésus fut l'objet au désert démontre bien ses attitudes en face des biens matériels.Décrire ici les trois tentations et les circonstances environnantes: Matt.4, 1-12, Luc 4, 1-13.PREMIERE TENTATION — «Il jeûna pendant quarante jours et quarante nuits, puis il eut faim».Donc Jésus manquait même du nécessaire.Il devait se dire: «Si au moins j'avais du pain».Il n'avait que des cailloux.alors Satan Lui proposa : «Change ces cailloux en pain».Qu'est-ce qu'il y avait de mal à ça ?.C'est que Jésus s'était retiré au désert pour penser à Sa mission et à Son Père.Allait-il flancher et penser à Lui-même ?Non, l'homme ne vit pas seulement de biens matériels, Dieu lui donne ce qu'il faut: La Parole, La Volonté de Dieu.Il me demande pour le moment telle ou telle privation pour que le monde dans lequel je vis soit plus heureux.Jésus en refusant la proposition de Satan remet à leur place les biens matériels.S'il les avait pris à ce moment II aurait nui à sa Mission.Application — Les biens matériels même les plus personnels et les plus nécessaires il faut, parfois, les mettre de côté pour accomplir notre mission.DEUXIEME TENTATION — Jésus transporté sur le pinacle du Temple.Le Diable fait voir les gens qui passent en bas.Il y a foule, c'est fête.Qu'est-ce que les gens ont en tête ?.Un événement.Jésus était homme.II venait pour gagner les hommes.Alors quelle popularité ne gagnerait-il pas à faire un coup d'état ?«Jette-toi en bas, lui dit Satan, et si tu es le Fils de Dieu, Il t'enverra ses Anges.Tu n'as pas à hésiter.Le succès t'attend, il est immédiat, il paraît certain».L'heure de la louange publique quand elle sera arrivée Jésus l'acceptera (Jour des Rameaux).Mais pour le moment, non.Ce serait orgueil.Là n'est pas sa mission.Si Jésus écoutait le diable, Il chercherait sa gloire à Lui, non celle de son Père.Application — C'est tentant pour le militant de faire valoir indûment ce qu'il a, ce qu'il possède sous prétexte d'apostolat.Parfois ça peut être par orgueil, par ostentation.Le char, la maison, l'habit, l'argent servent parfois d'écran et retardent le témoignage de ce qu'on est.On est alors un acteur, non pas un apôtre.775 TROISIEME TENTATION — Jésus du haut de la montagne où 1 'amène Satan aperçoit tous les royaumes du monde avec leur gloire.Décrire les richesses de la ville et du temple.Satan possède ces hommes attachés aux biens terrestres.«Les veux-tu ?» dit-il à Jésus, «je te les donnerai, à toi qui es venu pour les sauver, si.si tu veux seulement reconnaître que j'en suis le maître.Pensez-y ?.» Jésus est venu pour sauver ces pauvres âmes rivées à la terre.Arracher des villes à l'emprise de Satan, mais à quelle condition ?.Impossible.Le maître de tout c'est Dieu, c'est Lui seul que je veu:: servir.Les hommes je les aurai, je les sauverai en souffrant pour eux.Arrière Satan .Application — Ne suis-je pas tenté de me laisser prendre par les biens matériels, de les utiliser pour moi seul mime au détriment des autres ?Pourtant les autres y ont droit et ils s'attendent qu'ils auront leur part même une part de moi-même qui me coûtera des souffrances.PENSEE DU CHRIST: QUI A LA PRIMAUTE ?— «Que servirait à un homme de gagner le monde entier, s'il vient à gâcher sa vie ?Ou que me donnerait un homme en échange de son âme ?.» Matt.16-26.Le Christ veut exprimer par là la primauté de l'esprit sur les biens matériels.L'âme doit maîtriser le corps.On ne doit pas se détourner de la parole de Jésus qui ne passe pas pour courir après des biens matériels qui périssent.Application — C?que nous sommes vaut plus que ce que nous avons.Porter attention à nos jugements de valeur, nous nous laissons facilement éblouir: «C'est quelqu'un, il a ceci, cela .» Est-il en bon terme avec Dieu ?.L'unique nécessaire .DANGERS DE LA RICHESSE — «U y avait un homme riche.Il se dit: «Mon âme, tu as de grands biens en réserve.repose-toi, mange, bois.» Dieu lui dit: «Insensé cette nuit même on te redemandera ton âme, ce que tu as ramassé pour qui cela sera-t-il ?.» Luc 12, 16 ss.Ainsi en est-il de l'homme qui amasse des trésors pour lui-même et qui n'est pas riche pour Dieu.Application — La richesse peut nous faire oublier la vie éternelle, notre âme, Dieu.Même si les biens viennent de Dieu ils peuvent nous en détourner au lieu de nous aider; nous river à la terre au lieu de nous élever vers le Ciel.LE RISQUE DE LA PAUVRETE— Le jeune homme riche qui nous est présenté dans saint Luc 18, 18 ss.avait pratiqué tous les commandements depuis son enfance .il n'a pas eu la force cependant de se rendre à l'invitation de Jésus.il s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.776 Si.ce jeune homme n'avait pas résisté, s'il avait pris le risque de la pauvreté, quel apôtre n'aurait-il pas été au contact du Christ ?Au lieu d'être un apôtre, il se contenta d'être un propriétaire.Application — Les richesses peuvent nous enchaîner et nous empêcher d'cire disponibles aux appels de la grâce.Quand nous disons richesses ce n'est pas nécessairement des grosses sommes d'argent ça peut être de petites sommes, du confort, une amie, etc.Attaché par un câble ou un fil.Pourtant on sera bon pratiquant, on ira à la messe, mais on ne prendra pas de risque, on restera imperméable à la grâce, incapable do répondre aux invitations de Dieu.LA PLACE DU PAUVRE — Saint Jacques dans son épître (2, 1-18) nous met en garde contre les richesses.Application — Les apparences opulentes nous impressionnent.Nous sommes enclins à porter une grande attention à ceux qui roulent une riche voiture, habitent les quartiers riches, portent des manteaux de fourrure, dirigent de grosses compagnies.Dieu n'a-t-il pas choisi les pauvres selon le monde pour qu'ils soient riches en foi et héritiers du royaume ?L'exploitation du pauvre, y sommes-nous pour rien ?.Que faisons-nous en considération de son rang dans le Corps mystique du Christ ?.CONCLUSION Ces attitudes et ces pensées du Christ en face des biens matériels doivent nous inspirer.Le regard de foi que nous devons porter sur les biens matériels nous fera découvrir dans le concret de notre vie que "les pauvres remplissent cette fonction royale de remplacer le Christ trop lointain, auprès des distraits que nous sommes".(E.Legault, c.s.c.Les Béatitudes p.26) Le Christ nous rappelle constamment la valeur primordiale de la personne humaine.Elle ne tient pas sa valeur de l'abondance ou de l'absence des biens matériels, la vraie valeur est intérieure qui sauvegarde la liberté et permet d'être des administrateurs des biens qui appartiennent à Dieu seul.T77 Pa À tctale SECTION oLlturqie EMILIEN CARRIER, O.M.I.SECTION Une expérience: MESSE D I N I C L E Paroisse Saint-Alphonse d'Youville 118 La paroisse Saint-Alphonse d'Youville, dirigée par les RR.PP.Ré-demptoristes, fait bonne figure sur le plan des initiatives concernant le renouveau liturgique.Située dans le nord de la ville de Montréal, elle compte près de 50 années d'existence.Sa population globale se chiffre par 13,402 âmes réparties dans 3,616 familles.De ce nombre, 3,396 familles canadiennes-françaises ou 12,598 âmes forment la presque totalité de la population catholique.Présences à fa messe : Cette paroisse bénéficie d'un service religieux des plus avantageux.Le dimanche, on y célèbre 9 messes, dont une l'après-midi à 5 heures, depuis la permission accordée par Son Eminence le Cardinal Léger, Archevêque de Montréal.Au mois de novembre dernier, un relevé occasionnel fournissait les statistiques suivantes: 7,250 personnes avaient assisté à la messe dominicale.Si on compare ce chiffre avec le nombre de communiants, 11,061, on constate une différence marquée.Le P.Rondeau, curé, explique le fait de la façon suivante: sur les limites de la paroisse, plusieurs préfèrent se rendre à l'église la plus près.De même, si on exclut ceux qui ne peuvent fréquenter l'église que rarement, malades ou autres, ainsi que les paroissiens à l'étranger, tels les étudiants par exemple, ou encore ceux qui continuent de se rendre à leur chalet-chauffé en fin de semaine à Sainte-Rose, Laval, etc., le nombre de ceux qui doivent, ordinairement, assister à la messe dominicale à l'église paroissiale est d'environ 9,000.Participation à la messe : Une première initiative, tentée il y a quelques années, consistait à faire chanter les gens à la grand'messe dominicale.Le propre de la messe était assuré par la chorale.La foule, pour sa part, répondait au prêtre et chantait les parties communes.Cette façon de participer fut abandonnée pour deux raisons principales: en premier lieu, il fallait assurer un directeur compétent, capable d'entraîner la foule et suffisamment libre pour être assidu; ce ne fut pas chose facile.Puis, la chorale, manifestant le désir d'exécuter du chant polyphonique à certaines occasions, admettait difficilement une méthode de participation continue.On remplaça donc cette pratique liturgique par la messe dialoguée.Pour le moment, une fois par mois, à l'exception de la messe de 6 heures et de la grand'messe, toutes les autres sont dialoguées.Il en va de même à la messe du soir, le premier vendredi de chaque mois.C'est un laïc qui dirige les prières des fidèles.Le manuel utilisé est celui du P.Henri Gélinas, c.ss.r.: "La Messe Dialoguée, suivie de cantiques." 779 Les parties de la messe sont nettement déterminées.Quant aux prières, ce sont celles mêmes de la messe.Comme on prévoyait pouvoir difficilement suivre le prêtre, étant donné le mouvement relativement lent d'une foule, le texte ne conserve que les passages principaux des prières de la messe.Les résultats semblent très encourageants et permettent d'envisager des réalisations plus définitives.Quelques plaintes ont été formulées de la part de ceux qui peuvent, avec facilité, suivre la messe à l'aide d'un missel.Il ne fait pas de doute que leur intention soit droite car ce sont ordinairement de bons chrétiens.Mais, une habitude ancrée et qui ne dépend pas d'eux seuls, leur a fait développer une piété individuelle qui demeure, d'une façon relative cependant, un obstacle à une participation collective plus efficace.Commentaires : A l'occasion de Journées Liturgiques, tenues sous les auspices de la Commission Diocésaine de Liturgie et d'Art Sacré à Chicoutimi-Naudville les 22 et 23 octobre derniers, plusieurs travaux intéressants furent présentés.Nous en extrayons quelques textes, se rapportant à la question étudiée.Traitant de l'aspect communautaire de la messe, M.l'Abbé Jean-Camille Bélanger, professeur au Grand Séminaire diocésain, concluait par ces mots: "A un congrès liturgique sacerdotal belge, une déclaration s'est faite .de nature à nous faire réfléchir: «La génération qui vient actuellement à l'Eglise, uniquement pour satisfaire un précepte, sans savoir pourquoi et sans rien comprendre à ce qu'elle fa_t est la dernière de cette sorte.Leurs enfants ne viendront plus.» Et M.le chanoine Hodin de continuer: «A vous donc de faire tout ce que vous pouvez pour la messe, car dans 30 ans la situation ne sera certainement plus celle d.'aujourd'hui.Vous avez le choix, disait-il entre ceci: être les derniers d'une génération ou les premiers de la nouvelle.»» Il ne fait pas de doute que la situation est passablement la même chez nous.A en juger par ceux qui n'assistent à la messe dominicale que par habitude ou crainte du péché, il est à se demander si la prochaine génération subira saluta'rement l'emprise de nos traditions les plus sacrées ou conservera vitalement cette sainte horreur du péché pour daigner se conformer fidèlement au précepte.Depuis longtemps déjà le cri d'alarme est jeté.L'inquiétude, loin d'engendrer le désarroi, a provoqué de fructueuses réactions.Les formules les plus diverses sont à l'c".sai.Reste à préciser l'adaptation locale.Telle semble être la pensée du Saint-Père dans "Mediator Dei": «Un bon nombre de chrétiens, en effet, ne peuvent se servir du Missel romain, même s'il est écrit en langue vulgaire; et tous ne sont pas aptes à comprendre correctement, comme il convient, les rites et les formules liturgiques.Le tempérament, le caractère et l'esprit des hommes sont si variés et si différents que tous ne peuvent pas être dirigés et conduits de la même manière par des 720 prières, des cantiques et des actes communs.En outre, les besoins des âmes et leurs goûts ne sont pas les mêmes chez tous, et ne demeurent pas toujours les mêmes en chacun.Qui osera donc dire sur la foi d'un tel préjugé, que tant de chrétiens ne peuvent participer au Sacrifice eucharistique et jouir de ses bienfaits ?.»* Cette participation active des fidèles à la messe doit cependant, pour être pleinement efficace, reposer sur un enseignement dogmatique propre à les éclairer sur le sens profond du mystère.C'est ce que déclarait Mgr O.-D.Simard, P.D., curé de Saint-Joseph d'Alma, lors des "Journées Liturgiques" rapportées plus haut: «Les méthodes les meilleures ! Je suis convaincu qu'aucune ne sera vraiment bonne si elle ne s'appuie pas sur un solide enseignement dogmatique de la doctrine de la messe.On pourra peut-être réussir une prière extérieure qui ne se présente pas mal.Mais jusqu'à quel point les âmes communient-elles au mystère que la messe renouvelle ?.» Les réalisations de Saint-Alphonse d'Youville, comme de nombreuses autres paroisses, dénotent bien le souci d'être "les premiers d'une généra-nouvelle." L'éducation de notre peuple le rend de plus en plus avide de connaître.Sa foi, dans l'ensemble, ne repose peut-être pas sur de solides convictions, mais elle est sincère.Saurons-nous en profiter ?1 Editions de l'Ecole Sociale Populaire, No 106.Ce que Von en pense., — "J'ai lu votre revue d'un bout à l'au-tre avec un grand intérêt.Je vous en fé-licite bien sincèrement." Chanoine R.Potvin, Métabetchouan, Que.— "En voyant tout ce que l'on trouvera dans "Prêtre Aujourd'hui", je suis heureux de venir vous dire mes félicitations et voeux de longue vie." Ernest Forest, Prés, de l'A.C.C.—"Je souhaite à PRETRE AUJOURD'HUI le plus grand rayonnement auprès des prêtres et des membres de l'A.C." G.Constantin, s.s.s Sherbrooke.—"J'ai lu entièrement votre Revue .Je la lirai encore .Ci-inclus mon abonnement.Bruno Charbonneau, o.m.i., Cap-de-la-Madeleine.—"Je vous félicite pour la nouvelle présentation de votre revue et vous remercie pour les grands services que vous nous rendes." Léon Vinet, ptre, Montréal.—"Félicitations pour "Prêtre aujourd'hui".Contenu et présentation très bien.Souhaite large diffusion." L.Labelle, ptre, Centre National de Cinéma, de la radio et de la télévision.727 de lUdiae UIV CRI D'ALARME tlettcifCHJ ta pla publique Mgr Maurice Roy, Arch, de Québec. collaboration nécessaire par une charité rayonnante pour lutter contre les moeurs païennes Un vieux proverbe dit: Si chacun balayait devant sa porte, toute la rue serait propre.C'est déjà affirmer le devoir qu'a chaque citoyen de ne pas limiter son travail à l'intérieur de son foyer, mais de prendre aussi sa part des charges communes à tous.Cela était relativement simple quand la plupart des gens travaillaient chez eux et pouvaient borner leur souci de la propreté municipale au bout du trottoir qui se trouvait devant leur maison.Au sein d'une organisation sociale beaucoup plus complexe, qui enchevêtre dans tous les sens les relations humaines, ce vieux proverbe garde son sens.Mais on ne peut plus se contenter de balayer devant sa porte: une large part de nos activités se déroule maintenant sur la place publique, et c'est là que tous doivent collaborer pour assurer l'ordre et la santé morale de la société.Ils y sont nécessairement comme citoyens: ils doivent y être tout autant comme chrétiens.Quand l'Eglise prêche l'humilité, la douceur, la patience, la charité sous toutes ses formes, ce n'est pas pour inviter ses enfants à se cacher timidement et à vivre à l'écart.Elle veut au contraire que leur charité rayonne au dehors, qu'elle anime les ardentes vertus de tempérance, de prudence, de justice, de force, qu'elle donne a toute la cité un visage chrétien.Les fidèles de la primitive Eglise ont dû parfois se cacher pour prier dans les cimetières souterrains de Rome, mais ils ont su également en sortir pour professer publiquement leur foi et accepter le martyre.Trop de chrétiens aujourd'hui semblent vouloir s'installer à demeure dans ces retraites obscures.Mais ce n'est pas là que se livrent les grands combats pour lesquels l'Eglise doit conscrire tous ses enfants.H est donc temps de sortir des catacombes pour que la cité du mal ne vienne pas s'établir sur les ruines de la cité du bien.Le fléau ancien et toujours reconnaissant de l'intempérance; la multiplication effarante de publications obscènes; l'acceptation trop facile et trop générale de moeurs païennes que l'on ne rencontrait guère autrefois en dehors des bas-fonds de la société; tout cela est un mal très grave qui exige une action concertée de tous les citoyens.Nous l'avons signalé en bien des occasions; tout récemment encore, Son Eminence le Cardinal Léger nous décrivait en des termes saisissants la lèpre qui ronge nos villes et nos villages et appelait les fidèles à l'action.Je ne crains pas de dire, que ce souci est celui de tous les évêques et que, dans cette volonté de réveiller la conscience chrétienne et d'obtenir, à tous les degrés de la société une action concrète et efficace, l'épiscopat est unanime.723 DOUr Ig triornohG Les membres des cercles Richelieu n'ont jamais j ., '• marchandé leur dévouement à l'Eglise et je suis 06 i9 CltG heureux de vous remercier aujourd'hui de tout ce chrGtÎGnnG ^ue vous avez accompli.Nous comptons sur vous pour appuyer et soutenir jusqu'au bout un mouvement auquel doivent participer toutes les associations comme la vôtre et même tous les citoyens.Sortons des catacombes: nettoyons la place publique afin que, dans une cité devenue plus de lui, nous puissions recevoir et garder l'hôte divin de Bethléem.3tfc t â inauiét 9 Mgr Joseph Papineau, Evoque dp Joliotte."N'êtes-vous pas épouvantés de la progression de la criminalité chez les jeunes ?de l'attrait qu'ils éprouvent pour les boissons alcooliques et les danses les moins recommandables ?de la pornographie en vogue qui s'évertue à mettre sous leurs yeux, chaque semaine et même chaque jour, dans les journaux, les revues et les livres, des tableaux d'une laideur, d'une obscénité répugnante ?" Campagne d'éducation Mgr G.-M»rle Coderre, Evêquc de Si-Jean."Quelle donne le vrai sens de l'autorité à tous ceux qui ont reçu sur terre la mission d'éducateur, c'est-à-dire, aux prêtres, aux parents, aux commissaires d'écoles, aux instituteurs et institutrices à tous ceux également qui, indirectement participent à l'éducation et à la formation des âmes, aux vendeurs de journaux, de revues et de magazines qui, par leurs textes et leurs photos, peuvent conduire les âmes vers leur salut et les mener à leur perdition.Que tous les éducateurs se groupent pour arriver à éduquer chrétiennement les enfants et spécialement les adolescents.Que tous se groupent pour enrayer le terrible fléau des revues pornographiques, obscènes et ordurières qui circulent un peu partout et malheureusement dans des foyers catholiques." 724 Puisque la Bienheureuse Vierge Marie, quand elle apparut en la grotte de Lourdes à une enfant toute innocente et candide, l'exhorta, et tout le monde par elle, non seulement à prier avec ferveur, mais aussi à supporter spontanément et volontiers les désagréments qu'implique la pénitence chrétienne.Nous désirons que, durant toute l'année jubilaire, tous les fidèles s'appliquent non seulement à refréner et dominer leurs passions, mais aussi — autant que possible — à supporter volontairement les douleurs et les adversités de la vie.Tous se souviendront d'ailleurs que les premières et nécessaires oeuvres de pénitence à supporter par chacun, sont les peines, les souffrances et ennuis qui ne manquent dans aucune vie humaine.Que les chrétiens portent le poids de ces travaux, de ces difficultés et soucis de telle sorte qu'ils offrent à Dieu comme les hosties d'un sacrifice mystique, toutes ces choses pénibles, gênantes et même douloureuses.En agissant ainsi, non seulement ils rendront justement favorable Celui qui fut offensé par leurs fautes et celles d'autrui, non seulement ils obtiendront de Lui bienfaits et consolations célestes, mais même ce qui les tourmente deviendra plus léger, selon ces très douces paroles du divin Rédempteur: «Venez à moi, vous tous qui peinez et portez un fardeau accablant, et je vous soulagerai.et vous trouverez du repos pour vos âmes» (Matth.XI, 28-29J.Nous accordons volontiers des bienfaits et privilèges particuliers à ceux qui au cours de la prochaine année jubilaire se rendront à la grotte de Lourdes par dévotion et voudront s'y conformer aux conditions que Nous indiquerons ci-dessous.Les voici: de par Notre autorité Apostolique Nous accordons à tous et chacun des fidèles de l'un et l'autre sexe qui, dûment purifiés par le sacrement de Pénitence et ayant communié, auront, — durant l'année qui va du 11 février 1958, jour anniversaire de l'apparition de la Vierge Marie, Mère de Dieu, jusque et y compris le 11 du même mois de l'an 1959 —, visité avec piété la grotte de Massabielle près de Lourdes, en y priant à Nos intentions, de pouvoir gagner une fois seulement, au jour de leur choix, l'Indulgence Plénière du Jubilé.725 Nos intentions sont les suivantes: que du Dieu très miséricordieux l'on implore pour ceux qui se sont séparés de la vérité chrétienne, — laquelle seule peut donner lumière aux esprits et aux coeurs —, qu'ils reviennent le plus tôt possible à cette vérité et veuillent s'y attacher; que les pécheurs chargés de leurs fautes et gisant misérablement sous l'esclavage du démon, se purifient de leurs souillures et rentrent dans la bonne voie; que tous ceux qui sont bons se sanctifient davantage; que la concorde, la paix soit pleinement restaurée parmi les indiindus comme entre les nations et fleurisse au plus haut point; que l'Eglise Catholique enfin, jouisse partout de la liberté réclamée par l'accomplissement de sa mission, afin d'être en mesure de pourvoir, de façon plus convenable et plus prompte, au salut éternel des hommes et d'apporter son concours à l'obtention et au développement d'une véritable prospérité générale. W (Québec) — célébreront le 20e anniversaire '■"' de leur fondation.Il est probable qu'elles dé- 2 sireront souligner d'une façon particulière cet événement.Profitons de cette circonstance pour q noter quelques impressions sur la situation de la L.O.C.et sur l'avenir du mouvement.Historique : La L.O.C.est un mouvement jeune; elle ne compte pas encore vingt ans d'existence.Ces vingt années apparaîtront comme une première étape, aux yeux de ceux qui étudieront son histoire en 1989.On pourrait s'amuser longtemps à imaginer comment nos successeurs réagiront devant notre travail.Il y en aura certainement plusieurs pour affirmer: "En ce temps-là (1958), c'était facile de faire de la L.O.C.Ils avaient l'enthousiasme des fondateurs.Ils avaient de l'audace." Ne réagissons-nous pas de la même façon en écoutant raconter les exploits de la L.O.C.pendant les années '40 ! L'aspect légendaire embellit certaines campagnes parfois jusqu'à nous faire oublier les difficultés rencontrées par le mouvement à cette époque.Cet état d'âme empêche souvent une juste évaluation de la situation actuelle, par ceux qui sont intimement liés au mouvement.Bilan : Après vingt ans, la L.O.C.compte plus de 275 sections, groupant quelque 5,000 militants.Elle existe dans 12 diocèses.Malgré ses effectifs restreints, elle a un bilan d'activités respectable.Dans la liste de ses réalisations, nous devons inclure les grandes campagnes d'habitation, du Service d'Orientation des Foyers, des Cercles Sociaux Féminins, du 127 Budget Familial, la campagne et le service Famille-Ecole, etc.Cette liste est incomplère parce qu'elle passe sous silence un poste essentiel de ce bilan: l'influence de la L.O.C.sur les adultes du milieu ouvrier.Méthode : Par ses différentes enquêtes sociales, par ses programmes religieux, le mouvement a permis à un grand nombre d'ouvriers adultes de décriu/rir leur vocation chrétienne d'époux et de travailleurs.En prenant conscience de leur place dans le "Plan de Dieu", ils ont trouvé là l'obligation de s'engager vraiment au service de leurs frères.Il serait téméraire de risquer un chiffre, une statistique pour préciser ce travail apostolique et éducatif.Il est peur-être exagéré de dire que la L.O.C.est à un tournant; disons simplement qu'elle vit une période importante de son histoire.Le monde industriel se transforme rapidement sous des pressions diverse:: économiques, techniques, sociales.Cette évolution, se conjuguant avec celle de la société politique, le milieu ouvrier ne peut pas ne pas échanger.Engagement : Plusieurs facteurs laissent présumer que le mouvement peut surmonter ces difficultés.Dans les fédérations et les sections, on consacre de plus en plus d'importance à l'enquête sociale et à la revue d'influence ou rev'-iion de vie.Si à cet effort correspond la mise en oeuvre de tous les él'' nents nécessaires à la formation d'un militant chrétien, viril et consci it des réalités nouvelles, nul doute sur l'issue heureuse de cette action.A tous le; échelons se dessine une conscience aiguë des responsabilités.Il faut voir avec quel sérieux certains comités fédéraux accomplissent leur travail, comment ils songent constamment à pénétrer la masse ouvrière et surtout leur persévérance devant des résultats qui, parfois, se fon! attendre.Ce souci des responsabilités est particulièrement évident au Conseil National.Par ailleu.",, certains obstacles jettent une ombre sur cette situation.Un sentirent d'instabilité règne.Petit nombre de dirigeants nationaux, nombreuses vacances dans les comités fédéraux et locaux, besoin impérieux d'un plus grand nombre de responsables.Tentation fréquente d'engac 2r le mouvement sur le plan temporel ou de se réfugier dans "l'angélisrie".Renouvellement insuffisant de la pensée, tendance au "déià dit".Autant d'éléments créant un climat d'hésitation ou d'absence d'audace it de fermeté.Il ne fauc'-ait pas grossir cette situation au point de crier à la perte.Les dénigreurs trouveront là des preuves à leurs affirmations.Les autres atténueront cette instabilité dans la mesure où chacun prendra vraiment ses responsabilités et adhérera aux principes fondamentaux de l'Action catholique.Jean Biais.728 JEUNES CHOMEURS La J.O.C.ne pouvait rester indifférente en face de cette vague de chômage qui atteint actuellement un grand nombre de jeunes travailleurs.La campagne s'est d'abord amorcée à Ville Jacques-Cartier et a donné dès le début des résultats intéressants.Aussi les autres fédérations ont-elles décidé de continuer le travail en l'adaptant à chaque région.Le but de cette campagne était de grouper ces chômeurs, de les faire réfléchir sur leur situation, de les amener à faire certaines démarches qui pourraient leur apporter du secours, de les aider en même temps à mieux orienter leurs longues heures de loisirs.Le Plan d'Action Un plan d'action précis fut élaboré.I ) Une première assemblée devait grouper un bon nombre de chômeurs.On en profite pour faire remplir un questionnaire assez élaboré sur la situation de chacun.Nomination d'un comité et de quelques sous-comités v.g.loisirs, placement, propagande, etc.2) Compilation de l'enquête et élaboration d'un mémoire.729 573�75�0570���379�738�300701737330309267��01737�0172731���89731� 3) Deuxième assemblée où l'on adopte le mémoire.On décide un certain nombre de démarches auprès des autorités municipales et scolaires, auprès des unions, des bureaux de placement, des organismes de loisirs, des patrons, etc.Un deuxième questionnaire est rempli où l'on demande aux jeunes à quelle équipe ils désireraient appartenir: bowling, hockey, cours d'anglais, de personnalité, de mécanique etc.4) Mise en oeuvre des services en faisant appel à toutes les collaborations bénévoles.5) Organisation spirituelle de la campagne — Messes spéciales pour le comité d'abord puis ensuite pour les chômeurs.St-Jérôme emboîte le pas Le 20 janvier dernier avait lieu la première réunion des jeunes chômeurs de St-Jérôme.129 jeunes chômeurs sont présents et remplissent le questionnaire proposé.Ils ont 19 ans d'âge moyen.Ils ont commencé à travailler à I 5 V2 ans en moyenne et 47% n'ont pas dépassé la 7e année.Ils sont découragés parce que 60% sont en chômage depuis 3 mois.46% déclarent avoir abandonné leurs études à cause de la situation financière de leurs parents.43.6% de ces chômeurs possèdent un métier.La moitié de ceux-ci ont appris ce métier à leur travail etc.Ce qui es!- de plus très significatif, c'est le fait que la majorité de ces chômeurs saraient désireux d'apprendre un métier, de consulter un orienteur professionnel, de suivre des cours d'anglais, de s'inscrire à des cours qui leur permettraient d'avoir un diplôme de 7e ou de 9e année.Un comité de jeunes chômeurs Dans la première assemblée, on prévoit la nomination d'un comité parmi les jeunes chômeurs eux-mêmes.A St-Jérôme, le président du comité, Jean-Gjy Courcelles ne s'est manifesté qu'à l'occasion de la 1ère assembler.Depuis qu'on l'a choisi, il a manifesté un dévouement et un savoir-fa're merveilleux.C'est lui qui a dirigé la compilation de l'enquête car il avait la formation de base requise.C'est lui qui a travaillé le plus activement à la rédaction du mémoire des jeunes chômeurs avec l'aide de quelques experts dont quelques membres de la J.O.C.C'est lui qui avec les autres membres du comité a mené les diverses représentations qui furent faites auprès des autorités municipales, de la commission scolaire, des bureaux de placement ou de l'Ecole d'Arts et métiers.Le mémoire contenait une série de voeux très précis à l'adresse de ces divers organismes.Le comité a d'ailleurs reçu partout un accueil sympathique et déjà il s'apprête ici et là à réaliser un certain 130 nombre de ces voeux.Tels que cours de formation générale sous la direction de la comission scolaire, cours de métiers sous la direction de l'école d'arts et métiers, orientation professionnelle sous la direction du bureau de placement, utilisation gratuite de l'aréna municipal et du centre diocésain de loisirs pour jeunes chômeurs ayant leur carte de membre.Les services mis sur pied L'Association ne se contente pas d'émettre des voeux.Elle organise des services pour aider les jeunes chômeurs.Au moment où nous écrivons ces lignes, (le 9 février) plusieurs de ces services sont déjà en opération.Cours d'anglais sous la responsabilité de M.Jacques Racine, cours de personnalité sous la responsabilité de M.Pierre St-Denis (dirigeant jocistel, cours de musique sous la responsabilité de M.J.L.Gohier, équipes de bowling et cours de culture physique, équipes de hockey, de ballon-balai etc.Toutes ces organisations sont devenues possibles grâce surtout à l'hospitalité généreuse du centre de loisirs de St-Jérôme.Sympathie de la Presse et de la Radio L'Association des jeunes chômeurs a su gagner la sympathie active des journaux, de la radio et même de la télévision.Les grands journaux Montréalais comme le Devoir et la Presse ont donné d'abondants compte-rendus.M.André Laurendeau, rédacteur en chef du Devoir jugea l'affaire assez importante pour lui consacrer un long editorial intitulé «Le message des jeunes chômeurs».«Il faut remercier les «jeunes chômeurs» de St-Jérôme, dit M.Laurendeau, de rendre présent à nos oreilles un drame trop longtemps silencieux.Il faut souhaiter que dans tous les centres des mouvements semblables voient le jour, dans le même esprit».L'émission de télévision "Kim" du dimanche soir a fait écho à plusieurs reprises aux activités des jeunes chômeurs.Les hebdomadaires de St-Jérôme et le poste local de radio C.K.J.L.n'ont cessé de prêter leur concours à l'organisation en cours.Les autres régions s'ébranlent A la suite de St-Jérôme, ce fut au tour de Québec avec son assemblée de 150 chômeurs à St-Malo, celle de Jacques-Cartier avec une centaine de chômeurs, celle de Loretteville avec un nombre semblable.Un travail analogue à Ville Jacques-Cartier et St-Jérôme se fait avec des modalités différentes selon les besoins et les possibilités de chaque région.A Shawinigan, deux réunions de chômeurs ont eu lieu, l'une à la salle paroissiale du Christ Roi, l'autre à St-Marc.A Joliette également, l'organisation des jeunes chômeurs est déjà en marche.Ainsi qu'au Lac 131 St-Jean, à St-Joseph d'Alma, à Naudville et Roberval.Et les autres régions suivront sûrement et auront fait du chemin lorsque cet article paraîtra.Le travail jociste L'organisation des jeunes chômeurs est partie d'une intention claire de charité jociste en vue de rejoindre un nombre considérable de ces jeunes dont la situation affecte grandement leur vie morale et spirituelle.Ce qui a frappé dès le début, c'est la facilité avec laquelle on a groupé ces jeunes, on les a amenés à remplir le questionnaire et à s'engager dans tous les détails de l'organisation.Très vite, on a discerné des chefs intelligents et généreux à qui on a confié des responsabilités sérieuses.Ils ont su pour la plupart faire honneur à la confiance qu'on a mise en eux.Le comité central de chaque organisme s'est mis à l'oeuvre pour bâtir des équipes selon les diverses activités qui s'imposaient.Tout ce travail multiple a permis une foule de contacts, de revisions de vie, de travail d'équipe.Autant de choses qui ont développé le sens des responsabilités chez plusieurs.On prend conscience de ses capacités, des besoins du groupe, des services a rendre.On prend conscience également des problèmes spirituels et moraux.A peu près partout le comité décide d'aller à la messe pour le succès de l'entreprise.Et sans qu'on parle de J.O.C., on crée un climat favorable au mouvement, on amène les jeunes chômeurs à se poser des points d'interrogation.0uinze jours à peine après le lancement de l'association de St-Jérôme, Jean-Guy Courcelles demandait à un des dirigeants: «Ou'est-ce que c'est la J.O.C.?Ça m'intéresserait d'en faire partie .» Paul-Emile Pelletier, o.m.i.732
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