Prêtre aujourd'hui, 1 novembre 1959, novembre
Vol.IX No 9 sommaire Novembre 1959 Prêtre, AUJOURD'HUI HORIZON Réponses pastorales aux problèmes urbains .F.M.Motte, o.f.m.PASTORALE Enfants de choeurs .Claude Lefebvre, es.Une expérience d'équipe sacerdotale .Jacques Grand'Maison.ptre .382 392 398 Sociologie 408 412 Conditions physiques de travail et de loisirs chez les jeunes travailleurs .Roger Poirier, ptre, o.m.i.Prédication Une mission paroissiale .Jacques Aimé Lambert, c.ss.r.Pour une éducation .Jacques Grand'Maison, ptre VOIX DE L'EGLISE Le prêtre est avant tout un homme de prière .S.S.Jean XXIII .417 Devoirs des parents dans l'organisation des loisirs .S.E.Mgr G.-M.Coderre .420 VIE DES MOUVEMENTS L.O.C.Semaine de la Famille.424 J.O.C.La J.O.C.on marche .427 CHRONIQUE Orientation actuelles de l'Action Catholique chilienne S.E.Mgr Manuel Larrain .430 "Prêtre, aujourd'hui" est sous la responsabilité des Aumôniers nationaux et diocésains d'Action Catholique Ouvrière.Rédaction et Administration: 1651 est, Boulevard St-Joseph, Montréal 34, P.O.Canada Directeur et Rédacteur: R.P.Roger Poirier, o.m.i.Avec autorisation de l'Ordinaire — Abonnement régulier: $3.00 381 F.M.MOTTE, o.f.m.REPONSES PASTORALES AUX PROBLEMES URBAINS 382 Dans les deux premiers de cette série d'articles sur le prêtre et la ville, nous avons tenté la description sommaire du phénomène urbain en relation avec une pastale renouvelée.Il s'agit de saisir dans toute son ampleur complexe la ville qui se bâtit sous nos yeux, en obéissant à des lois précises.Mais le prêtre vit dans la certitude de l'espérance surnaturelle et il se sent responsable des âmes, qui vivent en campagne comme de celles que le rythme urbain happe dans son engrenage.N'est-il pas ambitieux d'escompter, comme Folliet l'affirme, qu'une pastorale adaptée saura baptiser une civilisation "qui a odeur de machine" ?L'Eglise n'a-t-elle pas christianisé "les barbaries qui avaient odeur de forêt" ?Avant d'entreprendre l'étude de la série de solutions qui sont aujourd'hui proposées pour adapter la pastorale aux phénomènes urbain en relation avec une pasorale renouvelée.Il s agit de saisir dans retour à la pastorale rurale.Abandonner le mythe de la paroisse rurale.La vie humaine est pleine de contradictions.Il n'est pas rare, en effet, que les curés qui désirent le plus ardemment exercer leur ministère en ville, une fois que leurs voeux sont accomplis, mettent tout en oeuvre pour reconstituer à la ville .une paroisse rurale.Il ne faut pas s'en étonner.La pastorale de l'Eglise a été profondément marquée par la campagne.Les traditions millénaires commandent à leur insu les réflexes des pasteurs.L'urbanisation qui est un phénomène récent, n'a pas encore été vraiment baptisée par l'Eglise.L'Eglise commence seulement à inventer les éléments de l'équipement qui lui permettra d'évangéliser ce monde nouveau qui s'appelle la ville.Mais revenons à notre curé.Dès son arrivée à la ville, il se met généreusement à l'ouvrage en s'efforçant de reconstituer la communauté paroissiale qu'il avait à la campagne.Il n'y parvient pas.Il redouble ses efforts et ses efforts sont vains.Alors il s'acharne, car il sait en bon pasteur que les paroisses ne sont pas que des postes de ravitaillement vers lesquels on revient périodiquement pour approvisionner une vie spirituelle personnelle, mais des communautés.Car la vie chrétienne, en effet, n'est pas seulement un colloque intime avec Dieu, mais une vie de famille où les enfants se regroupent autour du Père.Hélas ! .il épuise ses forces sans résultat.Alors, il conclut avec mélancolie — sans pour autant désirer repartir à la campagne.— Jadis, j'avais de bons paroissiens, maintenant j'ai peut-être de 383 bons chrétiens .mais j'ai des mauvais paroissiens".Pas un seul instant, et je dis ici trois fois hélas !, le digne curé ne songe que ce n'est pas le curé qui a de mauvais paroissiens, mais les paroissiens qui ont un mauvais curé.Non pas, bien sûr, que leur curé ne soit pas un bon prêtre .ni un pasteur zélé .mais leur curé n'a pas su s'adapter.Il n'a pas pris le tournant, il n'est pas, malgré tous les signes extérieurs qu'on peut imaginer, ce qu'on appelle un curé de ville.Est-ce à dire que le curé urbain doit désespérer d'une certaine forme d'esprit paroissial ?L'esprit paroissial peut exister en vilie.Son Eminence le Cardinal Léger, archevêque de Montréal, lors de la consécration de l'église Sainte-Madeleine d'Outremont, exhorta les fidèles à fréquenter leur église paroissiale, à consentir des sacrifices réels pour assurer la communauté spirituelle d'une cellule d'Eglise.Il interprête la pensée traditionnelle, tout en soulignant la ligne de moindre résistance.Cependant, serait-il inexact d'assimiler la paroisse canadienne-française à la paroisse européenne.Surtout dans les petits centres urbains.A Montréal où l'anonymat est le plus accentué et la pratique religieuse passablement entamée, la paroisse, qui possède un clergé uni, travailleur, et dynamique, n'a pas perdu la partie.La tradition, le réseau d'institutions de toutes sortes qui gravitent autour du clocher, font qu'une paroisse de 12,000 âmes dans la métropole diffère sensiblement d'une paroisse européenne de population égale.Il faut prendre au sens large l'expression "famille paroissiale" mais nous n'irons pas à le dépouiller d'une réelle solidarité humaine et spirituelle, variable mais consistante.Un certain esprit paroissial existe — non seulement pour le noyau de paroissiens actifs — mais pour le fidèle moyen qui assiste à la messe, au prône du curé, et qui prend un contact épisodique avec curé ou vicaire.Il va sans dire qu'une marge importante de population mobile et non-pratiquante échappe au contrôle pastoral, puisqu'il est admis qu'il faut de deux à trois ans à un clergé local pour connaître vraiment une paroisse.Ajoutons que les paroisses se touchant, les pastorales respectives sont passées au crible d'une critique facile à s'exprimer, et qui ressortit à une foi plus combattue qu'à la campagne, sinon plus évoluée.Ceci dit sur le compte de la paroisse urbaine chez nous, les affirmations subséquentes gardent leur valeur, le phénomène urbain transcendant les particularismes locaux.384 Se convertir à une pastorale urbaine.La pastorale des villes est profondément différente de la pastorale rurale.Le curé qui arrive à la ville doit se convertir, c'est-à-dire se retourner.Il doit accepter de changer de perspectives, d'habitudes, d'optiques pastorales.Il doit accepter de reconsidérer de fond en comble son règlement de vie sacerdotale.Quand l'administration diocésaine songe à envoyer à la ville un curé de campagne, il serait prudent, avait de signer les lettres de nomination, d'inviter le dit curé à faire une retraite.Si après la retraite, le curé est décidé à changer ses heures de messes, l'organisation de son catéchisme, les structures pastorales qu'il affectionnait jusqu'alors, spécialement les groupements apostoliques et jusqu'à ses heures de repas, alors l'administration diocésaine peut en toute sûreté apposer le sceau du diocèse sur une signature décidée et confiante.Dans le contraire, le curé sauvera peut-être son âme, mais les âmes d'un certain nombre de ses paroissiens seront en péril.Cependant, le drame n'est pas d'abord que le curé qui arrive à la ville ne fasse pas le rétablissement nécessaire.Le drame est que, s'il le faisait.il serait peut-être le seul à l'avoir fait.Car les paroisses de ville, même dirigées par des curés, qui n'ont jamais vu de leurs propres yeux brouter une vache, pour les raisons indiquées précédemment, sont souvent, malgré les apparences, des paroisses de structures rurales.Réponses pastorales aux phénomènes urbains.Les réponses théoriques aux phénomènes urbains sont relativement faciles.Leur mise en oeuvre exige un travail laborieux, méthodique, persévérant et le soutien d'un équipe.Il n'est pas inutile pour orienter l'action d'avoir sous les yeux le panorama des réponses suggérées par l'expérience, l'étude et la réflexion.Rappelons au bénéfice du lecteur les principaux mécanismes du processus d'urbanisation tel que décrit dans le second article : le déracinement, l'atomisation de la vie, la rupture avec la paroisse, la stratification sociale, la sécularisation des institutions, la spécialisation des quartiers et le changement profond dans le rythme de l'existence.Ce processus d'urbanisation universellement décelé prend tout son sens dans le contexte européen.Le phénomène du déracinement, de stratification sociale et de rupture avec la paroisse sont plus accusés à 385 Paris qu'à Montréal.Pierre l'Ermite était curé d'une paroisse de 60,000 âmes .La plus grande paroisse de Montréal ne dépasse pas 20,000.De même pour la sécularisation des institutions.L'Eglise joue un rôle décisif dans maintes institutions, qui en d'autres pays, relèvent d'une juridiction d'Etat.Cependant le devenir urbain canadien de type différent des grandes agglomérations européennes, s'insère substantiellement dans ces lignes de force subséquemment analysées.L'histoire va en ce sens.Une pastorale urbaine doit tenir compte des dimensions nouvelles du groupement social où s'insèrent le message de l'Evangile, la conversion des coeurs et le témoignage de la vie.Comment, en pratique, répondre au défi que posent les phénomènes ci-haut mentionnée ?Réponse pastorale au déracinement Nous avons vu les conséquences très graves du déracinement qui, provoquant une mutation rapide de civilisation, mettent la foi en péril.Deux réponses, celle du pasteur et celle de l'urbanisme, sont ordinairement envisagées.Line thèse récente sur les nombreux passages au protestantisme ou aux sectes constatés chez les fidèles de l'Amérique Latine qui arrivent aux U.S.A.conclut que l'adhésion à l'hérésie n'est pas déterminée par des raisons dogmatiques mais par la nécessité pour l'imigrant de s'enraciner dans une communauté fraternelle.L'émigrant, entrant dans ce monde nouveau pour lui, ressent sa solitude jusqu'à l'angoisse.La grande paroisse catholique lui paraît froide et lointaine.Et voilà que les circonstances l'amènent à rencontrer des frères chrétiens qui l'invitent aimablement dans une communauté chaude et toute proche.Là, il est un inconnu, ici, il est un frère qu'on appelle par son nom.C'en est fait.Il répond à l'appel fraternel qui lui est adressé.Devant l'impossibilité pour l'Eglise de trouver un nombre de prêtres suffisant pour animer des petites communautés, capables de recevoir les transfuges que la civilisation urbaine fabriqué en série, l'auteur terminait son ouvrage par une pressante invitation aux militants chrétiens à créer de telles communautés.La multiplication des paroisses est une réponse partielle à ce besoin.Les petites paroisses systématiquement visitées par leurs prêtres — ils sont de plus en plus rare aujourd'hui à pouvoir le faire — renouent les isolés à un tabernacle paroissial et à un clergé.Cette oeuvre, si nécessaire soit-elle, est insuffisante.L'isolé, dans le 386 monde moderne, ne surnagera pas longtemps s'il ne peut s'agripper qu'à la bouée d'un contact sacerdotal épisodique.Pour tenir, à fortiori pour croître, il doit s'enraciner dans le milieu nourricier d une communauté fraternelle.L'Action Catholique offre de telles communautés, mais celles-ci ne sont-elles pas, en raison même des conditions -exigées pour une action efficace sur les milieux, réservées à une élite.On a dit beaucoup de mal des communautés chrétiennes de quartiers qui risquent parfois de remplacer à bon compte des Mouvements indispensables.Il faut avoir le courage de reconnaître que ces communautés seront presque toujours la seule réponse efficace au déracinement.La réponse de l'urbaniste La gravité du danger du déracinement s'est également imposée aux pouvoirs publics car il signifie automatiquement la recrudescence de la criminalité, de la délinquence infantile, des attentats à la pudeur, etc.Aussi, dans tous les continents les urbanistes se sont efforcés de recréer dans les grandes villes des communautés de base : des îlots d'environ 5,000 habitants dans lesquelles les familles trouvent tout ce dont elles ont besoin pour vivre, se distraire, se cultiver.En quelques mots, dans un îlot bien équipé, — et l'élément privilégié de cet équipement sera toujours une paroisse ou au moins une chapelle — on voit, grâce à la multiplication des rencontres, des personnes du quartier aux mêmes centres locaux d'influences, le tissu social se reconstituer et les désordres moraux, fruits du déracinement, disparaître.Pour créer de tels îlots, un curé seul ne peut rien, mais le collège des curés de la ville peut et doit agir près des personnes compétentes.Leur action pastorale en sera grandement facilitée.Dans combien de petites villes ou de quartiers de grandes villes pour s'en tenir à un aspect, la multiplication de centres de loisirs est paralysée.Une paroisse ne peut à elle seule, assumer le coût d'une pareille construction, alors qu'un groupe de paroisses y parviendraient.Evidemment, que le rôle premier du pasteur n'est pas le ministère des loisirs.Que d'âmes, cependant, se perdent dans les loisirs commercialisés frelatés où l'influence de l'Eglise joue nullement.L'Eglise est partout chez elle où les âmes bâtissent leur éternité.Le clergé éveillé à l'importance de ce problème, et qui s'adjoint la compétence de sociologues et d'urbanistes consciencieux, continue une tradition de suppléance acceptée et bienfaisante.Dans la cité moderne, il faut 387 prévoir pour les âmes comme pour les corps, des échappées de lumière et d'air pur .Réponse à l'atomisation de la vie et la rupture d'avec la paroisse.Déjà une fausse solution a été écartée : celle qui consisterait à invectiver les paroissiens et les mettre en demeure de reconstituer la communauté paroissiale de type rural.L'unique solution, puisque la paroisse se trouve devant un mouvement actuellement irréversible, est d'équilibrer le mouvement centripète toujours nécessaire vers le confessionnal, la chaire de vérité, le ban de communion, etc.par un mouvement centrifuge qui propulse j paroissiens i\ l'usine, au bun:.entres culturels ou de loisirs pour y construire le Royaume de Dieu.L'expression "construire le Royaume de Dieu" doit être bien entendue.Il ne s'agit pas d'édifier une chapelle près de chacun de ces centres d'influence mais laborieusement s'y insérer, d'y faire croître une communauté fraternelle, la communauté de ceux qui voient l'univers dans le Christ, qui espèrent dans le Christ, qui aiment le Christ par dessus tout, et tout dans le Christ.L'ouvrier principal, dans cette oeuvre d'instauration du Royaume de Dieu dans la vie profane, n'est pas le prêtre mais le laïc.Si le laïc est l'auxiliaire du prêtre pour la splendeur de la communauté ecclésiale, le prêtre est l'auxiliaire du laïc pour l'instauration du Royaume de Dieu dans la vie profane.A plusieurs reprises Pie XII a affirmé que là "consecratio mundi" était principalement l'oeuvre du laïcat."Si tous les catholiques vivant en dehors du milieu ecclésial, de leur paroisse, de leur foyer, savaient s'unir en tant que catholiques dans un milieu donné, dans un secteur de vie prévue, dans un champ d'apostolat, comme l'aspect de la Cité changerait totalement".C'est l'espoir formulé par les promoteurs lucides de la Grande Mission de Montréal.Réponses pastorales à la stratification sociale.La stratification sociale met l'Eglise dans l'embarras car les oeuvres et les activités de la paroisse sont structurées davantage pour agir sur les lieux, les quartiers, que sur les milieux, les nuances sociales.388 Pour atteindre les paroissiens dans cette nouvelle dimension dont l'importance est prépondérante, la paroisse est acculée à collaborer à la mise en place d'un nouvel équipement apostolique complémentaire de celui qu'elle a déjà.Cet équipement apostolique nouveau s'appelle l'Action Catholique Spécialisée.Dans notre milieu pratiquant, il est convenable qu'entre la paroisse territoriale et l'Action Catholique générale et spécialisée s'incrive la paroisse sociologique.Elle existe déjà pour répondre aux besoins religieux fondamentaux de certains groupes de fidèles, chauffeurs de taxi, employés de transport, pompiers, policiers.Des religieux de diverses communautés assument ce ministère in ter-paroissial.La paroisse elle-même n'a pas participé immédiatement à cette initiative pastorale approuvée en haut lieu.Tous les milieux sociologiques consistants ne sont pas atteints et ne pourront pas l'être.Aussi l'imagination créatrice et le zèle ingénieux du clergé diocésain s exerceraient avec profit au bénéfice des fidèles influencés davantage par les milieux que par l'inclusion à une paroisse donnée.Car la paroisse a à collaborer pour sa part — part qui est décisive — à la création et à la mise en oeuvre d'un équipement nouveau qu'elle ne peut pour autant monopoliser.En effet, les milieux sociaux traversent les frontières des paroisses et l'équipement apostolique spécialisé des milieux sociaux pour être fidèle au réel se doit d'être inter-paroissial.Une fois de plus, nous retrouvons ici non pas le curé isolé mais le collège des curés de la ville qui, ensemble, avec l'aide du coordinateur diocésain, auront à susciter et à porter cet équipement.Réponses à la sécularisation progressive des institutions.La réponse à la sécularisation progressive des institutions qui met en péril la Foi de ceux qui n'ont pas une personnalité chrétienne suffisamment solide — et même, dans les institutions qui sont devenues hostiles — qui risque d'avoir raison des chrétiens les plus énergiques, cette réponse est double : éducation d'un foi personnelle et animation des institutions.Education de la foi personnelle.L'éducation d'une foi personnelle sera d'autant plus efficace qu'elle s'appuiera sur un renouveau généralisé de la pastorale.Le renouveau liturgique, le renouveau de la catéchèse des enfants et des adultes, le renouveau de l'apostolat collaborent à des titres divers à une authentique éducation de la foi.389 L'Eglise, au Canada français, pour éduquer la foi du fidèle, dispose de moyens très puissants.Le clergé a accèi à l'enseignement à tous les degrés.L'anticléricalisme scolaire, s'il réussit à se formuler dans des milieux avancés, n'a pas su passer à l'action.La pratique religieuse est totale ou nettement majoritaire.Il apparaît aux esprits éclairés que le zèle sacerdotal à espérer d'un clergé suffisamment nombreux et encadré, joint à une obéissance intégrale aux directives pontificales en matière de prédication biblique et de renouveau liturgique, préviendrait chez nos fidèles le décrochage de la pratique-caractéristique du catholicisme européen.A condition de ne pas sous-évaluer le rôle des structures.Animation des structures.Par animation des structures on entend d'ordinaire les diverses activités par lesquelles les chrétiens présents dans les institutions ouvrent celles-ci à l'Esprit du Christ.Les institutions exercent toujours une influence sur les personnes tant par les attitudes qu'elles suscitent que par l'esprit qu'elles sécrètent.Par ailleurs, une même institution peut être interprétée et mise en oeuvre dans les sens favorables ou défavorables à la vie de la foi.Les chrétiens présents dans les institutions se doivent de corriger les institutions hostiles, et d'améliorer les institutions neutres.Là, comme en beaucoup d'autres domaines, la bonne voloté est nécessaire mais ne suffit pas.Ces chrétiens demanderont à l'Action Catholique de former leur conscience et à l'Action Sociale chrétienne de leur apporter l'enseignement spécialisé — celui de la doctrine sociale de l'Eglise — dont ils ont un urgent besoin.Sans une action lucide, persévérante, concertée des chrétiens, ces institutions risquent fort de se refermer sur elles-mêmes et de compromettre — peut-être d'anéantir — la vie théologale.Réponses pastorales au changement de rythme de vie.La réponse au changement de rythme de vie est simple : elle consiste à regarder les gens vivre, en se rappelant l'adage: "sacramenta-propter homines" .et à organiser le culte, le bureau paroissial, les oeuvres et les mouvements en fonction des possibilités de nos paroissiens, spécialement des plus pauvres.Un curé d'une paroisse minière se plaignait de ne pouvoir jamais 390 rencontrer ses paroissiens.Les chefs de famille, la plupart mineurs de fond, faisaient les trois huit, c'est-à-dire qu'ils travaillent 8 heures continues soit à partir de 5 heures, soit à partir de 13 heures, soit à partir de 21 heures; les jeunes filles, ouvrières textiles, faisaient double équipe, c'est-à-dire qu'elles quittaient leur foyer soit à 4 heures du matin, soit à 14 heures; les enfants allaient en classe aux heures normales.Un ami lui suggéra de faire le tableau complet des heures de travail de ses paroissiens et d'organiser son ministère en fonction de leurs présences chez eux.Dans certains centres urbains, les pasteurs gagneraient certainement à avoir sous les yeux les horaires de travail de leurs ouailles.Réponses à la spécialisation des quartiers.Des quartiers différents appellent une pastorale différente.Le centre ville, les quartiers résidentiels, les quartiers industriels, les quartiers des emigrants ne peuvent être traités de la même manière.Dans le cadre des Grandes Missions de Saint-Jérôme et de Montréal, s'élabore une connaissance judicieuse et un zonage exact des paroisses ouvrières, de classe moyenne ou bourgeoise.Un magnifique travail d'équipe s'amorce et qui donne l'espoir d'une pastorale pensée en commun par un groupe restreint de prêtres et de laïques.Ambition concevable pour une équipe paroissiale isolée mais combien plus exigeante en ville où la paroisse doit se dépouiller d'une autonomie chatouilleuse et stérile pour accéder au rendement apostolique maximum d'un secteur homogène.Cette evangelisation spécialisée n'est pas facile à déterminer et elle sera peu efficace si toutes les paroisses ne l'adoptent pas.Là, encore, il est vain de chercher une solution en dehors d'une collaboration étroite entre tous les prêtres d'un même secteur homogène."Que nul ne doute du bonheur profond qu'est le partage du prêtre fervent appelé par le Sauveur Jésus à collaborer à la Îilus sainte des oeuvres, celle de la rédemption des âmes et de a croissance du Corps Mystique.Familles chrétiennes, pesez vos responsabilités et donnez vos fils avec joie et gratitude pour le service de l'Eglise." Jean XXlll.397 totale Expérience d'un camp de formation Claude Lefebvre, f.c.Enfants de choeurs Au temps où j'étais moi-même servant de messe, j'ai connu une période où les deux mêmes enfants de Choeur assuraient le service des trois messes quotidiennes, une semaine durant.Etait-ce par pure piété 392 que nous accumulions de la sorte dix-huit messes par semaine ?Si vous en doutez .vous avez bien raison.Le samedi, il y avait la paye ! A la paroisse où je me trouve aujourd'hui, on a voulu purifier le service de l'autel de toute recherche utilitariste.Depuis plusieurs années, les enfants de choeur ne sont pas payés.A ce que je sache, ils n'ont jamais fait la grève pour autant.Chacun .sert 1, 2 ou 3 fois la semaine selon l'engagement qu'il a pris.Ces jeunes, il est bien normal cependant de les récompenser.Don d'un livre, promenades, etc.La récompense majeure accordée celte année aux plus âgés et aux plus fidèles d'entr'eux a pris la forme d'un camp de trois jours et demi à St-Benoit-du-Lac.La direction de "Prêtre Aujourd'hui" a pensé que cette expérience d'un camp de formation pour servants de messe pouvait intéresser ses lecteurs, ceux en particulier qui ont la charge de jeunes servants et qui voient là un milieu des plus favorables à réclusion de vocations sacerdotales.Nous voulions un camp de formation.Nous voulions inculquer à nos jeunes un esprit, "la mystique du servant".Deux facteurs allaient rendre nos désirs réalisables, du moins dans la mesure où cela dépendait de nous : une équipe adéquate de responsables, et un cadre propice.Nous étions quatre adultes au service de quatorze jeunes : — l'aumônier, vicaire à la paroisse, — le chef de camp, un séminariste, — un responsable du chant, un professeur laïc, — le dessinateur, un séminariste.Pour imprégner les gars d'un esprit, il fallait les faire vivre dans un contexte évocateur; nous avons pu jouir de l'ambiance d'un monastère.Ce qui nous semblait fondamental pour nos servants, (et consé-quemment, pour la beauté et la dignité de nos offices paroissiaux), c'était l'acquisition du sens de Dieu, ce respect amoureux devant la majesté divine.Cela relève évidemment du Seigneur, c'est affaire dé grâce.Nous avons fait ce que nous avons cru en notre pouvoir; pour le reste, nous comptions sur le Seigneur.et sur l'intercession du Curé d'Ars.Nous avons beaucoup parlé en effet du Curé d'Ars à nos gars, en cette année centenaire de sa mort, nous avons placé notre camp sous son patronage.La façon la plus simple de vous faire part, plus en détail, de cette expérience, serait sans doute de reproduire ici le programme d'une journée et d'y joindre quelques explications.Nos commentaires porteront sur — le climat que nous avons cherché à développer.— le thème des instructions et les méthodes pédagogiques utilisées, — le système d'équipes.393 PROGRAMME-HORAIRE 8h.Lever Silence jusqu'au déjeuner On s'habille au son d'une musique religieuse.Prière et préparation de la messe.On chante un cantique en relation avec la messe du jour.9h.Tierce et messe conventuelle.1 Oh.15 Déjeuner.10h.4ô Instruction et moment libre.12h.Diner et récréation.2h.Activités libres dirigées.Les responsables se répartissent les activités suivantes : prêt de 'livres v.g.vies de saints illustrées.audition de musique religieuse, le dessin, enregistrement d'un cantique sur ruban sonore.3h.30 Instruction 4h.30 Bain et jeux de plage.6h.Souper 7h.Complies avec les moines; chapelet à l'extérieur, en équipe.7h.45 Concours oral par équipe sur la technique du servant, ou sur l'enseignement donné aux instructions ou sur la vie du Curé d'Ars.9h.Séance de projections sur l'Histoire Sainte.9h.45 Prière du servant.Coucher au son de la musique.Révision de la journée par les chefs d'équipes assistés par responsables.Nous avons essayé de nous ajuster le mieux possible au milieu dans lequel nous avions le bonheur de recevoir l'hospitalité.Nos incursions dans la vie monastique furent assez nombreuses: messe conventuelle, complies, visite du monastère.De plus, à deux occasions, un moine vint nous rendre visite et répondre aux questions des gare.Enfin, à chaque repas, une de nos équipes était reçue à la table des hôtes.Un jeune à qui l'on demandait ses impressions sur le camp, répondit que ce qui l'avait le plus frappé, c'était le repas avec les moines : "C'est comme une prière".Nous avions fixé dans nos journées des périodes assez longues de silence ou de demi-silence, des îlots de tranquilité.Ainsi durant les activités libres, il ne devait y avoir aucune excitation.Nous espérions faire goûter à nos jeunes le silence, nécessaire à l'esprit de prière.La tâche s'est avérée ardue ! Mais les résultats nous ont cependant encouragés.394 Nous avions choisi comme objet d'enseignement, la Messe.Cela allait de soi ! Première journée : la place du sacrifice du Christ dans l'histoire de l'humanité.Deuxième jour : la messe et la croix.Enfin : l'Eucharistie et d'Eglise.Voici, aussi brièvement que possible, comment cet enseignement mettait en valeur la grandeur (nous disions la "transcendance") de Dieu, et appelait en réponse la "crainte de Dieu", au sens complet du terme.1.Notre série d'instructions s'ouvrait sur un rappel de la Création.Nous sommes les créatures de Dieu — l'oeuvre de ses mains — et c'est pour Dieu que nous avons été faits.Dieu est donc notre Maître et Seigneur.Mais l'homme n'a pas voulu reconnaître cet ordre auquel il ne pouvait cependant rien changer.L'homme a tenté en vain de s'ériger en maître : c'est le péché.Dans la façon dont Dieu va offrir à nouveau son amitié à l'homme pécheur, apparaissent clairement sa Sainteté (qui exige comme réparation de la faute le sacrifie*.d'un homme-Dieu), et la profondeur insoupçonnée de son Amour (qui donne son propre Fils comme prix du rachat de l'homme) Le Christ, en sacrifiant sa vie et en "passant" à son Père, réparait la faute de l'homme.* * * 2.Le péché est une réalité quotidienne, et le salut, une nécessité de tous les jours.Aussi le Christ a-t-i'l voulu que sans cesse "jusqu'à son retour", son sacrifice soit rendu présent à l'humanité pécheresse.A cette fin, il a inventé la messe.C'est par la messe, principalement, que Jésus attire à Lui les hommes, et se les unit pour les faire passer "avec Lui, par Lui, en Lui", de ce monde à Dieu, à qui sont rendues par ce fait, "tout honneur et toute gloire".3.Enfin, c'est tout un peuple (une communauté, une église), que le Christ ramène à Dieu.Non pas des individus indépendants les uns des autres, mais un peuple organisé — comme les membres d'un seul corps — son Corps mystique.Ce qui rassemble ce peuple en marche vers Dieu et le soutient, ce qui réalise l'unité de ce Corps et le vivifie, c'est principalement l'Eucharistie.Les responsables s'étaient partagé les différentes instructions, mais ils s'étaient mis d'accord pour adopter dans chacune d'elles le processus suivant : — Un exposé de vingt minutes environ, qui dans l'ensemble doit ressembler davantage à un dialogue qu'à une conférence.395 — Les jeunes suggèrent au dessinateur une illustration de la doctrine enseignée.—■ Lorsque l'idée du dessinateur est fixée, on se retire, et le responsable du chant fait apprendre un cantique qui exprime, lui aussi, l'enseignement en cours.— Après quoi, on remémore les premières idées à l'aide du dessin, terminé, et l'on entreprend une deuxième période construite sur le même schéma.Durant ce camp nous avons tenté d'exploiter le dessin et le chant comme instruments pédagogiques.Ils entraient, comme vous l'avez vu, dans le cadre même des instructions.Mais c'est surtout durant les périodes "d'activités libres dirigées" que nous comptions les mettre au service de la formation religieuse.Les jeunes demandaient conseil au dessinateur et exprimaient ensuite à leur façon la doctrine exposée.Presque tous s'adonnèrent à ce travail et quelques-unes de leurs réalisations furent affichées au mur avec celles de leur maître.D'autre part on enregistrait sur ruban sonore la voix de ceux qui, en petits groupes, voulaient chanter un cantique.Nous avions trouvé dans la collection des "cantiques sur fiches" une source presqu'inépuisable de chants religieux, d'inspiration biblique et liturgique, pour la plupart riches en doctrine et dépourvus de toute mièvrerie.Notre intention, en faisant appel à ces méthodes actives, n'était pas .simplement de "mettre du piquant dans l'affaire", ou de rendre le camp plus intéressant pour les jeunes.Nous nous rappelions les paroles de M.Coudreau à ce propos: "Je veux que l'enfant manifeste, de quelque façon, extérieurement, son expérience intérieure parce qu'en la manifestant, il l'approfondit, et quelque fois, il la fait naître .Dans la catéchèse, il faut tenir compte de cette relation entre le corps et l'âme: l'expression extérieure amène quelquefois une expression intérieure" ! "Je dirai qu'il n'y a qu'une activité importante au catéchisme vers laquelle toutes les autres doivent converger: c'est l'activité de la foi.La norme pour apprécier les procédés actifs, c'est l'activité spirituelle qui est déclenchée." Nous étions résolus à miser à fond sur la formule de l'équipe.Nous avions la conviction que pour la formation des jeunes, en quelque domaine que ce soit, l'équipe est un médium aussi profitable qu'il est naturel.L'équipe, en créant des responsabilités révèle et forme des chefs; elle développe le sens communautaire; elle invite à une charité agissante, parce qu'elle accroît la solidarité et la manifeste.L'équipe enfin permet une émulation saine.Notre intérêt pour le système d'équipe n'était pas sans relation avec la "mystique du servant" que nous désirions communiquer à nos jeunes.La messe est le sacrifice du Christ et de l'Egglise.Or, le sens commu- 396 nautaire se présente comme un conditionnement naturel à la pleine vie dans l'Eglise.On ne peut compter amener les fidèles à la participation liturgique intégrale, ni à un catholicisme militant si le sens communautaire leur fait complètement défaut.On peut être charitable et individualiste; mais le plein épanouissement de la vie de charité dans l'Eglise n'exige-t-il pas le sens communautaire?Au cours de nos rencontres du soir avec les chefs d'équipes, pour la revision de la journée, nous abordions tous nos petits problèmes de vie de camp: "Yvon s'est acheté des cigarettes et il en passe aux autres." — "Pierre s'est ramassé un plein sac de pommes dans le verger des Pères." — "Il y a des gars qui ont fait les fous avant de s'endormir".Nous discutions très librement ces faits avec nos chefs d'équipe, et nous pouvions alors faire naître des sentiments et des convictions que jamais peut-être nous n'aurions pu leur inculquer par voie d'autorité.Je terminerai en vous citant un fait.Lors de notre dernière revision, Claude, chef d'équipe, rapporte que Pierre n'est pas entré dans l'esprit du camp et qu'il en entraîne un autre.Real lui suggère de leur confier une responsabilité pour les intéresser davantage.Nous encourageons Claude à s'occuper particulièrement de ces deux gars-là, à gagner leur confiance et leur sympathie, pour pouvoir les aider.— Au départ, à la remise des récompenses, l'équipe de Claude reçoit deux volumes, à distribuer à la discrétion du chef.Avec l'assentissement de son second (et à notre surprise) celui-ci remit aussitôt les livres à ses deux équipiers-problèmes (les moins méritants) et trouva même un bon prétexte pour justifier extérieurement son geste.Avec les jeunes — comme avec les adultes d'ailleurs — il est peu sage de s'en tenir aux considérations, si élevées soient-elles.Avant de nous séparer, à la fin du camp, il fallait prendre des résolutions concrètes qui traduisent dans notre façon d'agir la doctrine à laquelle nous avions adhéré.Il fut décidé que désormais, les servants, avant de revêtir l'aube ou la soutane, feraient un "stop" de quelques minutes devant le Si-Sacrement pour demander au Seigneur de les disposer à bien Le servir.Tous s'engagèrent également à venir Le retrouver après la messe, pour une action de grâces de quelques instants .1—■ F.Coudreau, p.s.s."Pour un catéchisme spirituel" p.111, conférences publiées par l'Office Catéchistique diocésain de Ste-Anne-de-la-Pocatière, 1955.2— Ibid p.105.397 u Jacques Grand'Maison, ptre ne experience (pi d.êauipe Sacerdotale On parle de plus en plus du travail d'équipe dans tous les secteurs de la vie profane.Le monde de l'industrie, de la finance, de la recherche scientifique, s'organise en petits groupes dont les membres sont étroitement liés les uns aux autres par un travail d'ensemble avec des objectifs précis et limités.C'est une des meilleures réponses qu'on ait pu trouver devant la complexité des problèmes sociaux ou économiques.En Action Catholique on accorde une importance capitale au travail d'équipe.L'expérience a prouvé qu'un milieu habituellement ne peut être transformé sans l'action concertée d'un petit groupe pénétré du même message et tendu vers les mêmes objectifs.On multiplie les équipes chez les laïcs et voici que maintenant ces mêmes laïcs nous reprochent avec raison de travailler seuls."Quand on note d'une part la ferveur de tant d'entreprises où personne ne s'arrête, personne ne ralentit le pas, personne ne s'épargne et qu'on doit reconnaître d'autre part la faiblesse des résultats obtenus par rapport à ce que feraient prévoir un si grand emploi d'énergies et tant d'abnégation, on en vient à se demander si peut-être l'on ne combat pas trop seuls, trop isolés, et désunis." Cette attitude individualiste contredit tout à fait l'esprit du Christ qui précisément a fait de son collège apostolique une équipe sacerdotale dont la charte est le nessage d'unité de la dernière Cène.Serons-nous les derniers à suivre les indications claires et précises du Maître.Présentement un peu partout naissent des expériences d'équipes sacerdotales, équipes d'entr'aide, équipes d'amitié, équipes de pastorale.Il serait à souhaiter que des échanges se fassent entre ces différentes cellules.Comme premier jalon, je voudrais vous présenter une expérience modeste avec ses tâtonnements, ses reprises et sa structure quasi définitive.398 "On ne comprend bien que ce qu'on a vu naître" dit Aristote.U'est ce qui m'incite à vous faire connaître la genèse de notre équipe.Le premier noyau de cinq membres s'est constitué à l'occasion d'une retraite sacerdotale; l'un avait dix ans de sacerdoce, le 2e, huit ans, le 3e, 5 ans et les deux derniers, deux ans.Tous étaient vicaires, sauf un.Jadis nous avions appartenu à différentes équipes sacerdotales constituées au grand Séminaire et tombées après un an de ministère.C'était des équipes d'amitié, de spiritualité, d'entr'aide qui nous avaient donné beaucoup durant notre temps de formation .D'abord une ouverture plus large, plus profonde, plus sincère sur les autres.Ensuite nous avons appris à prier ensemble, à mettre en commun nos problèmes, à vibrer au même idéal sacerdotal.Pour plusieurs, l'équipe à ce moment là fut une véritable ascèse; ils étaient tellement habitués à "s'occuper de leurs petites affaires." Il leur a fallu briser l'épais cloisonnement de l'individualisme et du respect humain, que la mentalité de collège avait façonné pendant des années.Il serait assez long d'étudier ici les phases de notre évolution au sein de ces équipes d'entr'aide.Elles peuvent se résumer par ces étapes : Découverte de l'amitié sacerdotale; Crise d'adaptation accompagnée du déracinement de l'individualisme; Recherche d'une unité plus profonde, celle d'une communauté d'âme et de coeur dans la préparation au Sacerdoce; Redécouverte plus réaliste des autres membres; Sensibilisation plus grande aux problèmes de chacun, et enfin Structuration d'un véritable esprit d'équipe.Nous étions décidés à continuer coûte que coûte après le grand Séminaire.Une fois plongés dans le ministère nous sommes demeurés fidèles aux premières réunions.Nous avions tant de choses à nous dire, tant de nouvelles expériences à nous communiquer.Nous sentions le besoin de retrouver les amis de toujours, de nous épauler les uns, les autres, de prier ensemble.Mais bientôt les liens commencèrent à se desserrer.Les uns étaient au collège, d'autres dans les oeuvres, quelques-uns dans le ministère.Le dénominateur commun se situait sur le plan de l'amitié et de la spiritualité.N'était-ce pas suffisant ?Dans le cas de nos différentes équipes les faits ont prouvé le contraire.C'était devenu de plus en plus difficile de s'arracher du milieu naturel et des préoccu- 399 pations pastorales immédiates pour participer aux réunions.Forcément plus étrangers les uns aux autres, nos rencontres prirent un caractère artificiel, commandé, moins spontané.Sans amertume ni rancoeurs, nous avons simplement tout laissé tomber, sauf certaines rencontres * * * occasionnelles de quelques membres plus proches par les préoccupations pastorales et par l'unité.L'expérience avait porté ses fruits quand même : nous étions rompus à l'esprit communautaire, à la mise en commun simple et fraternelle, à l'entr'aide sacerdotale sur tous les plans avec cette différence que nous voulions désormais faire équipe avec des confrères du même milieu sacerdotal.Nous avions goûté à l'équipe et nous en étions convaincus.A l'occasion d'une retraite sacerdotale la Providence a permis cette rencontre d'anciens équipiers .Notre discussion s'était engagée sur les problèmes des jeunes au travail.Les uns avaient la charge d'aumônier jociste, les autres désiraient fonder la J.O.C.dans leur paroisse.Une tâche commune se présentait.Pourquoi ne pas faire équipe ?La décision est prise.Nous allons tabler sur une même préoccupation pastorale.Sans doute l'amitié viendra .les échanges surnaturels aussi.Au mois d'août: Nous décidons de passer une semaine de vacances ensemble pour mieux nous connaître et solidifier le premier noyau de cinq membres.L'expérience fut très heureuse.Ce fut la phase de l'amitié.En septembre nous menons une enquête sur la pratique religieuse des garçons et des filles au travail.Le travail en commun nous fait connaître sous un autre jour.Chacun fait part des difficultés rencontrées, des tentatives ébauchées.Au presbytère, le curé est bien gentil mais quand même il est si différent d'âge et de mentalité.A l'équipe on peut se confier, on peut se dire des choses qui seraient malvenues au presbytère, on peut se vider, se corriger, se stimuler, se forcer les uns les autres à faire équipe au presbytère même.Ce qui nous a unis le plus les uns aux autres, c'est la communion dans les mêmes soucis de pastorale.C'est à travers nos gars et nos filles, à travers nos apôtres laïcs que nous nous sommes rapprochés les uns les autres, nous sentant de plus en plus solidaires, responsables et engagés dans la même mission.400 Bientôt trois nouveaux membres viennent grandir la famille.— "J'étais en train de me décourager et vous m'avez relevé.Je reviens au presbytère avec plus de pep".— "Je n'ai pas à me forcer pour venir à la réunion d'équipe comme autrefois, c'est épanouissant, c'est enrichissant, c'est pratique.Notre prière d'équipe est autrement plus vraie, nos échanges sont plus simples et plus profonds." En octobre nous organisons deux jours de session de pastorale sur la préparation au mariage.Quatre autres membres s'ajoutent.Nous sommes désormais douze et nous couvrons tous les coins du diocèse.Nous prenons conscience que nous pensons de plus en plus en fonction du diocèse.Chacune des expériences a des répercussions dans tous les coins.Le monde des jeunes travailleurs ne repose plus sur les épaules d'un homme, mais sur une équipe sacerdotale.Pour éduquer des apôtres laïcs surtout dans ce milieu paganisé et dur des jeunes travailleurs, il a fallu réfléchir, multiplier échanges et recherches en commun.Pourquoi tel échec avec ce militant prometteur ?Chacun se penchait sur la situation un peu comme les apôtres qui discutaient ensemble avec le Seigneur et cherchaient à y découvrir le dessein de Dieu à travers les personnes et les circonstances.Ce climat évangélique a créé une véritable communauté de charité plus consciente du même Sacerdoce partagé et vécu dans le Christ Total.Plan de Pastorale A l'occasion de la Grande Mission de notre diocèse nous avons fait un grand effort pour intégrer l'équipe dans le plan de Pastorale d'ensemble.Nous avons tenu compte des zones sociologiques structurées à la suite des enquêtes.Le plan d'expansion fut conçu en fonction du zonage sociologique.Nous étions bien placés pour le faire puisque l'équipe compte des membres dans les principaux centres du diocèse.Il a été question d'une pastorale de continuité à partir de l'école jusqu'à la communauté adulte - J.E.C.- S.D.- J.O.C.- S.P.M.-Jeunes Foyers - A.C.adulte.L'expérience a d'abord été réalisée dans une paroisse pilote et par le truchement de l'équipe elle est en train de s'étendre dans les différents coins du diocèse.Depuis deux ans beaucoup de chemin a été fait grâce à cette équipe fonctionnelle.D'ailleurs des années d'expérience en Action Catholique nous ont prouvé que la façon la plus efficace d'unir des laïcs en équipe, c'était de partir d'une tâche commune qui ralliait tous les membres.L'action avec un objectif voulu et précis est un médium des meilleurs pour bâtir une équipe et cela à tous les niveaux, même à celui du sacerdoce.L'équipe actuelle vue par l'intérieur.407 L'équipe actuelle vue par l'intérieur Nous arrivons le matin à dix heures et nous commençons par une revision de vie.Celle-ci peut porter sur tous les aspects de notre vie sacerdotale, sauf la chasteté.Exercices spirituels, équilibre entre vie intérieure et action, programme de vie, examens de nos attitudes sacerdotales avec les laïcs, etc.A onze heures l'équipe se divise en fonction des zones sociologiques et l'on procède à la revision de l'action pastorale dans les différentes sections.Et puis, c'est le dîner suivi d'une détente au bowling.A deux heures nous étudions avec un invité tel ou tel aspect de la pastorale d'Action Catholique.Un travail habituellement est envoyé avant la réunion à chacun des membres pour une étude attentive .documents sur la revision de vie, la formation apostolique des militants, l'influence du milieu, etc.La dernière heure de session porte sur un aspect ou l'autre de la pastorale générale.Catéchisme, prédication, liturgie.Jusqu'ici nous avons consacré cette heure à la Grande Mission.Cette année il a été suggéré de nous diviser la lecture de certains volumes de base et le dépouillement d'articles de revues d'intérêt commun.A quatre heures chacun se rend à la chapelle pour la prière communautaire.Personnellement j'ai remarqué comment les méditations vocales de chacun de nous avaient pris progressivement un fort accent communautaire.L'Oeuvre de l'Esprit-Saint En jetant un regard de Foi sur cette expérience, nous pouvons discerner l'action évidente de l'Esprit Saint.C'est Lui qui a été le grand Architecte, l'Inspirateur initial, le Lien de notre Amitié Sacerdotale.Nous étions si différents les uns des autres autant par la mentalité que par l'âge et par l'expérience.L'Esprit d'LlNITE a su nous souder les uns aux autres.Et il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir dans l'évolution de chacun l'action transformante et unifiante de Son Amour.Un à un II a attiré les confrères des principaux centres.Il leur a fait goûter la joie d'une mise en commun franche et simple d'un sacerdoce unanime plus conscient.Avec quelle délicatesse Il a respecté la liberté et les lenteurs de chacun.Nous étions si peu habitués à travailler en équipe, à penser en équipe à faire passer notre petite personne au second plan.En un mot, Il nous a fait sentir qu'il y tenait à ''équipe.Et à la réflexion, n'est-ce pas la seule chose que le Seigneur ait mise sur pied avant de partir .cette équipe sacerdotale des premiers apôtres.402 Pa A to ta le SECTION ~J>ocioloaie Roger Poirier, ptre o.m.i.CONDITIONS PHYSIQUES de travail et de loisirs chez les jeunes travailleurs A l'occasion de sa semaine nationale, la J.O.C.a rendu public les résultats de ses enquêtes sur les conditions physiques de travail et de loisirs des jeunes travailleurs.La connaissance de cette situation est primordiale pour notre tâche pastorale d'évangélisation du monde des jeunes.voici donc quelque* commentaires sur cette enquête que la J.O.C.a menée durant l'année à l'occasion de son programme d'action sur le corps humain.I — La situation a) au travail L'enquête faite auprès de 200 gars révèle que 22% d'entre eux doivent faire un travail marginal pour réussir à se faire un meilleur salaire.Auprès de 229 filles on constatait : —- que 29.2% d'entre elles accomplissent des tâches qui sont aussi remplies par des hommes.— que 49.4% font plus que 40 heures de travail par semaine et près de 15% font 50 heures et plus.— que 16% doivent faire plus d'une heure de voyage chaque jour pour l'aller-retour du travail.— que 23.5% ont l/2 heure et moins pour dîner.403 — Dans une usine de textile, on doit malmener les employés pour produire autant que les concurrents.Le symbole des conditions spéciales faites aux jeunes c'est le brancard accroché au mur parce que les jeunes filles perdent régulièrement connaissance.Dans d'autres usines, on remet des pilules aux jeunes filles pour prévoir leurs faiblesses.— Dans une usine de textile, les jeunes travailleuses n'ont que vingt minutes pour le dîner et elles doivent le faire en surveillant leurs machines.Ces jeunes travailleuses sont de 9 heures a.m.à 6 hres p.m.debout près de leur machine.— Un dirigeant de la J.O.C.travaille dans une fonderie et les jeunes n'ont pas de masque pour se protéger des gaz qui se dégagent du métal en ebullition.Ils ont demandé des masques et n'en ont pas encore obtenus.Souvent le soir, aux assemblées, ce jeune travailleur a des faiblesses.b) aux loisirs Si leurs conditions de travail sont dures et difficiles nous pourrions espérer que des loisirs sains viennent rétablir l'équilibre.Malheureusement, il n'en est pas ainsi.Une trop grande partie de leur temps libre est consacrée à des loisirs passifs au détriment de leur équilibre physique, psychologique et moral.Un sondage auprès de 570 jeunes travailleurs nous révèle : — qu'ils ne consacrent que 5.30 hres chaque semaine à des loisirs actifs physiques alors qu'ils donnent 27 heures à des loisirs passifs.Regardons comment sont réparties ces 27 heures et 20 minutes de loisirs passifs : — restaurant : 5 hres et 12 minutes — cinéma : 3 hres — T.V.: 9 hres 25 minutes —■ Salle de pool : 1 hre y^ — Club-grill-taverne : 2 hres — Salon : 3 hres % — Lecture de journaux, de revues et de livres près de 4 hres.— Une heure est aussi allouée à d'autres loisirs du genre.Ce qui est encore plus grave, c'est ce qu'on trouve dans la bouche de tant de gars et de filles de nos villes."C'est dull ! On ne sait pas quoi faire ! Il n'y a rien pour les jeunes chez-nous ! etc ." Dans plusieurs cas, on manque d'initiative comme le démontrent les quelques faits qui suivent : — Jean, 15 ans, vient de laisser l'école pour entrer au textile.A l'école il participait aux équipes de hockey et de balle.Mais à l'usine, les quelques clubs organisés groupent les meilleurs joueurs et "Jean, disent-ils, n'est pas de taille".Et Jean a laissé tous les sports actifs : il mange du pop corn et des peanuts en regardant la lutte à la T.V., ou en assistant au hockey et au baseball.__ Mario et Jeanne sont fiancés.Pour leurs sorties ensemble, ils n'ont 404 pas su trouver autre chose que trois soirées de cinéma par semaine.Certes les jeunes ont leur part de responsabilité dans cette situation qu'ils acceptent ou s'imposent.Mais il est bon de penser que ce monde du travail et de loisirs commercialisés dans lequel ils évoluent, c'est la société adulte qui l'a bâti.Ils le prennent tel quel sans avoir la chance de dire leur mot ou de réagir.Trop souvent le monde du travail est organisé en vue de la production sans tenir compte du travailleur.C'est le primat de la machine sur la personnalité et le bien être de l'ouvrier."Ici, c'est comme ça que ça se passe" disent les adultes aux jeunes qui veulent réagir.Alors le jeune se soumet, entre dans le jeu à son tour sans trop se douter des conséquences qu'un tel déséquilibre peut entraîner.Il — Conséquences 1.Déséquilibre physique : On ne peut se surprendre de trouver chez les jeunes des santés physiques largement hypothéquées.Avec les années les travailleurs deviennent aptes à contracter ce qu'on appelle des maladies industrielles : affaiblissement des yeux, surdité, etc.Qu'on pense aussi aux dépressions nerveuses de plus en plus nombreuses.Ces conséquences sont encore plus graves chez la femme appelée de par sa mission première à transmettre la vie et ensuite à mettre toutes ses capacités intellectuelles et morales au service de l'éducation de ses enfants.Des jeunes travailleuses ne peuvent plus envisager la maternité ou encore auront des maternités difficiles à cause de conditions de travail trop dures qu'elles subissent.Dans une usine où il y a des moteurs puissants, le plancher est continuellement en vibration.A date, 3 jeunes sur 5 qui se sont mariées, n'ont pu garder leur enfant.Le médecin attribue la cause à leur condition de travail préalable.La jeune travailleuse qui se marie ne pourra donner à ses enfants qu'une santé débile ou encore ce sera elle qui y perdra toutes ses capacités physiques.2.Conséquences psychologiques et culturelles.La vie trépidante de l'usine, l'organisation des loisirs commercialisés produisent des jeunes passifs, incapables de réfléchir, de méditer, de faire un effort soutenu.3.Conséquences sociales Cet ensemble de situations contribue à diminuer les forces de réactions des jeunes travailleurs devant un problème, à les rendre moins prêts à s'organiser et à prendre des responsabilités dans les organismes susceptibles de les aider.4.Conséquences sur leur vie morale Cette incapacité de réfléchir et de prendre des responsabilités devant 405 la vie ne manque pas d'influencer leurs conceptions sur l'amour, la femme, Dieu, la religion, leur dignité ouvrière et chrétienne.On assiste à un véritable déséquilibre sexuel qu'un sociologue américain a appelé "sex revolution" : Toute leur vie morale est centrée sur le sensualisme.A ce moment là leurs pratiques religieuses n'arrivent plus comme une réponse aux problèmes de vie.En mai dern-ier, la J.O.C.de Ville Jacques-Cartier entreprenait une enquête chez les jeunes de 19 à 23 ans.Un commentateur trouvait "troublants" les résultats de cette enquête.Par exemple à la question : "Que pensez-vous du Christ ?" 8% ne voyait en lui qu'un personnage de l'antiquité, alors que 23% seulement croyaient qu'il est le Fils de Dieu fait homme; chez les autres, l'opinion était floue : il est un frère qui nous aime, le chef de l'Eglise, un homme mort pour nous.Il n'était donc pas étonnant de découvrir que 29% d'entre eux n'allaient même pas à la messe.Pourquoi s'astreindre à rendre un culte à un personnage qui n'a pas plus d'importance.Bon nombre de jeunes travailleuses oublient le rôle sublime que Dieu a donné spécialement à la femme de collaborer intimement à l'oeuvre de la création; elles ne vivent que de ce principe : au travail, leurs corps est une machine; aux loisirs, un instrument de plaisir.La religion devient un geste routinier qu'elles posent comme celui par lequel elles font avancer la machine.Elles ont de la difficulté à transmettre à leur fiancé d'abord, puis à leurs enfants ensuite, ces principes religieux qui passent si peu dans la vie de chaque jour.Ill — Plan de travail de la J.O.C.La J.O.C.n'est pas seulement un corps représentatif.Elle est aussi une école et un service pour les jeunes travailleurs.A l'occasion de sa semaine nationale elle a fait appel à la société qui doit elle aussi collaborer pour solutionner les problèmes des jeunes.Elle a fait appel aussi aux jeunes pour qu'ils se groupent et réagissent et leur proposer des lignes d'actions aptes à favoriser leur promotion humaine et chrétienne.La J.O.C.veut donc intensifier son travail par l'organisation de deux sortes d'équipes qu'elle a commencé d'expérimenter au cours de l'année.1 — Les équipes d'action au travail.Il existe déjà un certain nombre d'équipes de jeunes d'un même milieu de travail qui cherchent ensemble à améliorer leurs conditions de travail.La J.O.C.veut les multiplier dans tous les milieux où il lui sera possible.Le travail de ces équipes pourra toucher les points suivants : a) S'occuper des nouveaux dans l'usine ou le milieu de travail en question; voir à ce qu'ils n'aient pas trop de difficultés à s'adapter au travail.b) Etudier les différentes conditions physiques de travail faites aux jeunes, le nombre d'heures de travail, les causes de fatigue excessive, le temps alloué aux repas, l'organisation de cafétérias, etc.406 c) Voir à l'orientation professionnelle de certains d'entre eux qui n'ont pas un travail correspondant à leurs aptitudes.Susciter s'il le faut l'organisation de cours du soir pour ceux qui auraient besoin de compléter des études pour obtenir un emploi qui leur convienne davantage.d) Faire les représentations nécessaires auprès de l'union ou des patrons (s'il n'y a pas d'union) pour leur présenter les problèmes des jeunes.e) Organiser une initiation syndicale qui permettra aux jeunes de connaître l'union et d'y faire valoir leur point de vue.f) Mettre sur pied ou susciter, si cela devient nécessaire, certaines initiatives qui peuvent rendre service aux jeunes tels que : loisirs, caisse d'épargne, soirées, etc.2 — Les équipes de sport et d'éducation physique La J.O.C.veut développer et multiplier les équipes de sport et d'éducation physique.Ce qu'elle désire, c'est de mettre sur pied les services d'éducation physique où les jeunes auront la conviction d'avoir de véritables responsabilités.Elle les incitera en même temps à placer dans leur vie une part de loisirs, suffisante à leur équilibre.Le travail de ces équipes comportera : — L'organisation de studios de culture physique adaptés aux besoins des jeunes travailleurs.—■ L'organisation de diverses équipes sportives telles que bowling, hockey, basket ball, badmington, ping pong, etc.— Des assemblées populaires où les jeunes viendront discuter des moyens qu'ils ont d'organiser leurs temps libres et de la part nécessaire qu'ils doivent accorder aux loisirs physiques actifs.IV — Conclusions La J.O.C.est bien consciente que la culture physique n'est pas un but.Si elle s'en préoccupe, c'est qu'elle constate que c'est une condition essentielle au développement de leurs facultés spirituelles.Mais en même temps elle a expérimenté depuis longtemps et en particulier au cours de l'année que ces équipes de sport et d'éducation physique penvent être des occasions d'amitié, de réflexion et de formation authentique.Chaque semaine, ces équipes se réunissent pour reviser l'activité qui leur est propre, les comportements de ses membres, les causes immédiates ou plus profondes de ces attitudes et des moyens à prendre pour améliorer le rendement de l'équipe.En plus, une réunion spéciale des chefs permet une mise en commun des problèmes de chaque équipe, une réflexion plus sérieuse sur des problèmes et une formation plus profonde.Tous ces services et ces activités sont pour les jeunes travailleurs une 407 occasion de développer leurs facultés intellectuelles et de les aider à jouer leur rôle véritable dans la société.Le dernier jeune travailleur a une mission, une double vocation chrétienne et ouvrière à réaliser.Il a droit aux conditions essentielles pour y arriver.Le travail que la J.O.C.accomplit auprès de ces jeunes prouve qu'ils ont du talent et du coeur et qu'ils sont prêts à faire leur part très généreusement.PaAtcrale SECTION l^réaication IM MISSION PAROISSIALE Jacques-Aimé Lambert, c.ss.r.Rien de neuf sous le soleil ?Peut-être ! A Labelle, petite ville pittoresque des Laurentides, on a tenté, en mai dernier, de créer du neuf ou de rafistoler du vieux.Une mission de 13 jours ! Le projet était hardi.Bouleverser les habitudes de 700 adultes pendant une semaine : passe ! mais pendant 13 jours ?Prière: Pour secouer la terre, il faut ébranler les puissances du ciel.Dès septembre 1958, une campagne de prières était lancée dans la paroisse, avec l'annonce joyeuse de la grande mission.Line petite image de Notre-Dame du Perpétuel-Secours pénétrait dans tous les foyers, les écoles, invitant à la "Prière pour le succès de la Mission".Chaque dimanche, au prône, cette même prière rappelait aux fidèles, la venue prochaine du Seigneur dans la paroisse.Pendant la mission, des heures et des heures durant, la 408 Supplique en l'honneur de Notre-Dame du Perpétuel-Secours, bien connue des auditoires de Rédemptoristes, a soutenu la ferveur des paroissiens.Chaque matin, pendant la mission, après deux messes, l'une matinale et l'autre tardive, le prédicateur de la ville faisait une méditation avec les fidèles.A genoux, dans la chaire, il priait avec l'assistance, prenant comme thème, le sermon donné le soir précédent.Le quatrième jour de la mission, jeûne général et volontaire ! Il fut observé comme un austère \endredi-saint du temps passé.Le milieu: Il fallait connaître le milieu.Un curé pense connaître sa paroisse.Le curé de Labelle, Mgr Villeneuve, très ouvert aux problèmes de sociologie, avouait après la mission : "Maintenant, je connais beaucoup mieux ma paroisse." Un questionnaire de 14 pages, scrupuleusement rempli par le curé, huit mois avant la mission, des recherches faites par des paroissiens sur les loisirs, les lectures, les salaires, les conditions de travail, le comportement religieux à l'église, au foyer, des conversations entre les paroissiens et le cher de l'Eglise Missionnaire, la visite de tous les foyers par les missionnaires, avant la mission, permettaient de connaître, dès l'ouverture de la mission, le terrain qu'il fallait ensemencer.Organisation: Les trois dimanches qui précédaient la mission, le chef d'équipe prêchait à Labelle, sur l'apostolat.Il voulait susciter, au cours de la mission, l'esprit d'entr'aide, de dévouement, pour la garde des enfants, le transport qu'il organisait dans chaque famille, avant la mission.La même prédication étant donnée l'après-midi et le soir, personne ne pouvait involontairement manquer un seul sermon.Mais il fallait connaître avant la mission, ceux et celles qui assisteraient à la prédication de l'après-midi ou vice-versa.Les familles rurales à Labelle sont éloignées de l'église.La desserte du Lac Labelle, comprenant 20 familles, devait aussi suivre la mission.Or, des familles demeuraient à 5, 10, 12 milles.Le transport fut organisé pour tous, gratuitement, lors de la visite des missionnaires.Après les sermons sur le dévouement, les propriétaires d'automobiles ne se faisaient pas prier.Dès le début de mai, les vitrines des magasins, les garages, les grills, les tavernes, l'usine étaient décorés de pancartes attirantes.Photos et textes oscillaient entre le religieux, le profane, le sérieux, le comique.Travail considérable, direz-vous, mais qui a gagné la sympathie des gens, avant même que les missionnaires montent en chaire.D'autres diront : "Si vous donnez autant de temps à l'organisation d'une grande mission, il ne vous restera plus de temps pour prêcher des retraites paroissiales ordinaires." Faut-il faire beaucoup ou faire bien ?409 Et quels sont ceux qui suivent les retraites paroissiales ordinaires, dans les villes surtout ?Toujours les mêmes, souvent ceux qui en ont le moins besoin ! Les prédicateurs de retraites paroissiales, les curés, songent-ils parfois dans le silence de leur cellule ou de leur chambre de presbytère, qu'ils sont menacés d'arythmie du coeur, pour avoir trop crié contre les péchés des absents ?Est-ce perdre son temps que de travailler à rendre présents, des absents ?Nous sommes les témoins de la parole de Dieu, mais nous sommes aussi les témoins de la charité.A Labelle, avant que commence la mission, un bon vieux a traduit la pensée de plusieurs dans son langage pittoresque : "On ne sait pas si les Pères prêchent bien, on ne les a pas encore entendus, mais en tous cas, ils se démènent." L'enquête sur les lectures avait révélé une extrême pauvreté intellectuelle.La Maison Fides de Montréal fut donc invitée à faire une exposition de livres et de revues.Ils ne doivent pas regretter leur séjour de trois jours au cours de la Mission.Réveiller la foi: Les quatre missionnaires, souvent réunis dans une petite salle de communauté, ou réfléchissant dans leur cellule entre deux tournées de prédication, avaient fixé comme objectifs de la Mission : réveiller la foi, organiser la vie liturgique.Réveiller la foi ! Il fallait mettre les dogmes à la portée du peuple.Il fallait parler de Dieu bien plus que de l'homme.En retraite, nos gens sont avides d'entendre parler de leurs problèmes.Disons plutôt qu'ils sont avides d'entendre parler des problèmes des autres.Ils aiment entendre condamner des abus qu'ils jettent aisément sur le dos des autres, ce qui les dispense de changer eux-mêmes.Contre les goûts populaires, les missionnaires entreprirent de parler de Dieu, pendant 13 jours, Bible à la main, à un auditoire gâté par une prédication facile et moralisante.Les thèmes de sermons, étudiés depuis 15 ans par le Centre de Pastorale Missionnaire de France, ont servi de base à la prédication de l'équipe canadienne.Malgré quelques hésittations propres à des débuts, nos auditoires canadiens acceptent d'entendre parler de Dieu.Les desseins de Dieu sur l'homme, l'amour du Christ pour les hommes, la rédemption actuelle de l'homme du 20 ième siècle par l'Eglise et ses sacrements, sont des merveilles qui peuvent intéresser l'homme le plus charnel.L'histoire de Jésus, son Epouse, est la plus belle histoire d'amour.Parler de Jésus amène nécessairement à parler de l'homme.La réponse de l'homme à l'amour de Jésus permet au prédicateur de quitter quelques instants l'abstraction, pour entrer dans le réalisme de la vie.Réveiller la foi afin que Dieu inspire toutes les actions de la vie quotidienne du chrétien ! Qu'on n'aille pas croire que la morale a été complètement ignorée ! Pendant la Mission dix sujets moraux ont été traités dans des gloses : itnégrité de la confession, ferme propos et contrition, ivrognerie, blasphème, injustice sociale, impuretté, péchés de la langue.De plus, après l'office 470 du soir, deux conférences ont été données, à la salle paroissiale : l'une sur la morale conjugale aux gens mariés, l'autre sur la préparatiton au mariage pour les jeunes.Après un office d'une heure dans l'église, les auditeurs ont été nombreux à la salle pour écouter le conféfencier et discuter avec lui.Organiser la vie liturgique: La pré-mission de trois dimanches était à la recherche d'apôtres laïcs.Mais elle visait aussi à organiser la messe communautaire : messe lue et dialoguée avec la foule et non plus bredouillée par un enfant de choeur distrait, messe chantée par tous les fidèles.Pendant trois dimanches, le prône et le sermon étant plus brefs, on prenait quelques minutes pour répéter avec l'assemblée, les chants latins et français qui seraient exécutés au cours de la Mission.On sera intéressé de savoir que le peuple aimait chanter les antiennes des psaumes de Gélineau et les cantiques substantiel du recueil de l'abbé Gadbois.Les vieux cantiques français qui ont une valeur artistique et théologique ont été conservés.Au cours d'un seul sermon, deux ou trois cantiques ou psaumes étaient chantés par la foule.Au répertoire de la Messe des Anges, on a ajouté la dixième messe en l'honneur de la Vierge.Après treize jours de Mission, avec messes communautaires chaque jour, il était beau d'entendre les 700 fidèles dire leur messe avec le prêtre, le soir de la fête du Sacré-Coeur, à la clôture de la Mission.A l'offertoire de cette messe, on fit la consécration de la paroisse, non en paroles mais en gestes, dans une cérémonie d'offrande dont les gens de Labelle garderont un souvenir ému.Comme les premiers chrétiens, les fidèles d'aujourd'hui doivent chanter en allant communier.Un paroissien de Labelle disait : "Depuis qu'on chante en allant communier, j'ai l'impression que la communion est une fête de famille où l'on apprend à être un peu plus charitable." La vie liturgique se continue à Labelle.Les missels, les "Prie avec l'Eglise" ont pris la place des chapelets, au grand étonnement des anciens, et ont rempli des mains vides et des coeurs distraits.Confessions: Quatre missionnaires pendant treize jours ! On avait donc le temps de confesser lentement et de donner au confessionnal, les directives nécessaires.Un missionnaire rencontra et confessa, durant trois jours, à l'usine même, les 115 ouvriers et ouvrières de l'industrie locale.Plusieurs cas de conscience et problèmes familiaux furent discutés à domicile.Les non-pratiquants et les négligents reçurent deux ou trois visites particulières des missionnaires.On peut compter sur deux mains, ceux qui n'ont pas communié.Le coeur a des raisons que la raison ne comprend pas.411 Les enfants: Tous les étudiants de 8 ième à 11 ième année suivirent la Grande Mission avec les adultes.Les plus jeunes écoutèrent, pendant trois jours, une prédication spécialisée mais ils prirent part à toute la vie liturgique de la paroisse et assistèrent régulièrement aux Suppliques en l'honneur de Notre-Dame du Perpétuel-Secours.Les finances: Messieurs les curés et les économes s'inquiéteront des finances.Durant les treize jours, on fit trois quêtes.Seule la première fut annoncée et sans insistance.Les gens disaient : "Les Pères ne sont pas quêteux".Pourtant les quêtes et les profits du magasin d'objets de piété ont couvert toutes les dépenses d'organisation, une grasse pension et les salaires.Les curés inquiets des quêtes descendantes des retraites de carême, feraient bien de songer aux Grandes Missions.Résultats: Les fruits de cette Grande Mission tombent dans le panier des impondérables.Dieu seul tonnait le fond des coeurs et la sincérité des retours.Mais il est certain que l'expérience devait être tentée.Comme l'a écrit quelqu'un, dans cette revue, il y a quelques mois, la formule mise à l'essai à Labelle, pourrait bien être la formule de demain pour les missions paroissiales.POUR UNE EDUCATION SELON L'EVANGILE Jacques Grand'Maison, pfre "TON CORPS, TU LE TRAÎNES OU TU L'ENTRAÎNES".C'est :ette formule populaire que la J.O.C.lance dans le public à la suite de ses enquêtes sur les conditions physiques de travail et de loisirs.472 Chez les jeunes présentement, l'on constate bien des façons de traîner son corps.Il y a ceux qui ont UN RÉGIME DE VIE DÉSIQUI-LIBRÉ par un travail abrutissant et par des loisirs plus ou moins sains.Il y a des centaines d'adolescents de 13 ans, 14 ans, 16 ans qui sont déjà entrés dans le monde du travail sans les forces physiques et morales nécessaires.On a repéré à Saint-Jérôme dans les milieux de travail, 235 adolescentes de 14 ans a 15 ans en moyenne, avec des problèmes que je n'oserais mentionner ici.Il y a aussi ces jeunes filles qui doivent accomplir un travail d'homme et qui arrivent au mariage avec une SANTÉ DÉLABRÉE.Sur 229 filles interrogées, 33% d'entre elles sont dans cette situation.Enfin, il y a des centaines de jeunes gens qui traînent leurs corps comme de véritables ESCLAVES tyrannisés par leurs passions, traînant une vie désoeuvrée, incapables de faire face aux problèmes de la vie.Je voudrais m'arrêter avec vous sur une des conséquences des faits mentionnée.OBSESSION SEXUELLE COLLECTIVE Ce n'est un secret, pour personne, nous faisons face actuellement à une obsession sexuelle collective.Le cinéma, la publicité, les revues, les modes, la chansonnette, les loisirs commercialisés, les conversations, toute notre vie moderne baigne dans ce climat de sexualité maladif et déséquilibré.Comme le disait un sociologue américain, les aspects de notre culture populaire sont marqués de l'obsession sexuelle.Le style des fréquentations s'identifie de plus en plus à l'intimité conjugale.L'homosexualité prend des proportions insoupçonnées.L'autre jour une jeune fille disait: "J'ai déjà rêvé de devenir une fille-mère".On l'avait tellement mise en évidence dans certains films.Pas très loin d'ici l'on a dû fermer une classe de neuvième année parce qu'il y avait trop de filles-mères.Je connais tel restaurant où les serveuses doivent s'habiller de façon provoquante parce que c'est LE RÈGLEMENT ! PIRE QUE LA POLIO! On est en train de tuer tout ce qu'il y a de beau et de grand chez nos jeunes : l'amour vrai, la vie, la paternité, la maternité .jusqu'à leur volonté libre.On ravale au niveau de l'instinct leur condition de personnes humaines et de fils de Dieu.C'est pire que la Polio ! Et nous allons nous taire ?Et nous n'allons rien faire, renvoyant les responsabilités sur tout le monde, sauf sur nous-mêmes ?NOUS SOMMES TOUS RESPONSABLES ! Si nous ne rétablissons pas un climat de santé morale chez nos jeunes, nous préparons pour demain une génération de désoeuvrés, un peuple formé de foyers désunis et d'enfants dans la rue ! 413 FAISONS UN EXAMEN DE CONSCIENCE Soyons assez sincères pour faire notre examen de conscience en face du Seigneur, à la lumière de l'Evangile.Au lendemain de la crise économique, ce fut la guerre avec une prospérité soudaine qui nous a gâtés.Mais les jeunes n'ont pas connu la crise, ils sont nés dans cette atmosphère de facilité.Et nous avons bâti une génération d'enfants gâtés, incapables d'affronter la vie et ses exigences de lutte, de sacrifices, Je pense à ces centaines de jeunes qui ne veulent pas retourner à l'école et qui traînent.Je pense à tous ces fiancés qui arrivent au mariage sans le sou.Multiplions les lois et les sociétés de réhabilitation ! Bâtissons institutions sur institutions ! Exigeons l'école obligatoire jusqu'à seize ans ! ET NOUS NE RÉGLERONS AUCUN PROBLÈME, si nous présentons à ces institutions des jeunes sans volonté, sans force morale, démolis par une éducation ouatée, où l'on a fait du petit une idole à qui on a tout donné, tout laissé faire.IDOLE OU MONSTRE?Donnons-lui un nom fictif .Le petit Pierre a trois ans.Le père et la mère ne s'entendent pas.Quand l'un refuse, c'est l'autre qui accepte.Bientôt, il devient roi et maître à la maison.Malgré tout on en vient à bout, parce que c'est encore un enfant.Et Pierre grandit, privé d'aucun plaisir, cajolé, adulé, tamponné.Arrive l'adolescence.Les petites crises se multiplient.Quatorze ans, et il voit déjà sa petite amie cinq soirs sur semaine, et en plus, la fin-de-semaine.Vogue la galère pour les devoirs et les leçons ! Pierre a seize ans.Il a laissé l'école.Le voilà qui mène une vie d'enfer du lundi au dimanche soir.C'est la querelle à la maison.La maman s'est chargée de son éducation depuis toujours.Le père lui, s'est contenté d'intervenir de temps en temps pour assurer la tranquilité.UN PERE-EPOUVANTAIL Mais, maintenant, IL FAUT qu'il s'occupe de son garçon.Menaces, gâteries, punitions, rien n'y fait."Le Bon Dieu va te punir, mon garçon !" Ces arguments n'ont pas de prise sur Pierre, surtout venant d'un père qui n'en mène pas large dans le domaine religieux.Dix-huit ans et il est déjà question de MARIAGE ! Pas un sou dans les poches, sans position sûre, raisonnant comme un enfant, découragé devant la moindre difficulté et avec un idéal de jouissances et de plaisirs égoïtes.474 Oui, il était fin le petit Pierre.Et maintenant, on s'acharne sur lui, on le traite de sans-coeur.En un mot, on achève de tuer l'homme en lui.REVENONS A L'EVANGILE! "Vous êtes pessimistes" me direz-vous .Je vis au milieu des jeunes, du matin jusqu'à minuit le soir.Huit fois sur dix, dans les cas-problèmes, j'arrive à la petite parabole que je viens de vous conter.Pourtant, si je prends mon Evangile, j'entends le Seigneur qui ne cesse de répéter : "Si quelqu'un veut être mon disciple, qu'il se renonce, QU'IL PRENNE SA CROIX".Plus que jamais, il nous faut revenir à UNE ÉDUCATION SELON L'ÉVANGILE ! Le Royaume des deux souffre violence.Les ivrognes, les impurs, les aduittères n'y entreront point.Pas d'éducation sans effort, sans sacrifices, sans lutte.Impossible d'y arriver sans UNE COLLABORATION ÉTROITE DU PÈRE ET DE LA MÈRE.Or on constate actuellement que les deux choses les plus importantes au foyer sont DANS LES MAINS DE LA MÈRE : L'ÉDUCATION ET LA RELIGION.AUX PERES DE FAMILLES! Et je m'adresse à vous, PÈRES DE FAMILLES ! Si nous avons tant de problèmes avec nos garçons actuellement, c'est très souvent qu'ils n'ont pas reçu cette éducation chrétienne virile que SEUL UN PÈRE peut donner.Pour former un homme, il faut un homme.Pour former un homme chrétien, il faut un homme chrétien.Chez nos garçons, la religion, c'est une affaire d'enfants et de femmes.Si nos jeunes ne voient jamais leur père se mettre à genoux, s'ils ne le voient jamais communier, leur père a démissionné lâchement devant ses obligations de chrétien et d'éducateur.C'EST ',E PÈRE qui va apprendre à son gars comment agir avec sa tête et sa volonté, c'est lui qui va lui donner une foi plus réfléchie, plus virile, plus forte devant l'épreuve.Comment de grands jeunes gens peuvent-ils résister devant l'exploitation actuelle, s'ils ne respirent pas au foyer une atmosphère de respect, de santé morale, de foi en la grâce du Seigneur ?LE VRAI CAPITAL L'abbé Pierre disait récemment : "Le plus précieux capital de l'humanité ne repose pas sur la conquête de la lune, sur les forces nucléaires, mais sur la qualité DE SA JEUNESSE".On ne se repentira jamais d'être revenu à une ÉDUCATION SELON L'ÉVANGILE.Seule, elle peut produire des chrétiens convaincus, des pères et mères éducateurs, des hommes "^sponsables, des hommes adultes.475 NOTRE GRANDE ESPERANCE Notre grande espérance repose actuellement sur UNE ÉLITE DE JEUNES qui prennent à coeur le salut de leur génération et la préparation aux grandes tâches de demain.Cette élite d'apôtres accepte de grands sacrifices, multiplie ses champs d'action.Je pense à ces JOCISTES de plus en plus nombreux chez nous qui se penchent sur les problèmes profonds des jeunes au travail et essaient d'y apporter des solutions réalistes.Les jocistes ont dès à présent mis sur pied des équipes de loisirs actifs d'éducation physique, de caisse d'épargne, de cours postscolaires, d'initiation syndicale, d'éducation populaire.Nous devons leur apporter notre appui et notre confiance.Ces apôtres sont à peu près LES SEULS à prendre en charge ce monde des jeunes entre l'école et la vie adulte.ILS ONT FAIT LEURS PREUVES! Pie XII le déclarait devant TRENTE-MILLE JOCISTES venant de QUATRE-VINGT-UN pays, la J.O.C.est riche de son expérience en matière d'éducation de la jeunesse ouvrière.Elle possède une méthode qui a FAIT SES PREUVES et qui sait s'adapter aux circonstances.Elle est donc capable d'exercer partout une action large et durable sur l'éducation populaire en collaboration avec les autres organismes officiels et privés qui poursuivent le même objectif.MES CHERS JOCISTES, continuez votre magnifique travail.Vous avez en main la dernière carte, la phase décisive de l'éducation qui se situe entre 15 et 25 ans.Vous avez compris que c'est très souvent L'ENJEU DÉFINITIF pour un jeune.Vous avez compris qu'il existe un fossé immense entre l'école et le monde adulte, que six mois de travail suffisent souvent pour détruire des années d'éducation familiale et scolaire.Devant la détresse actuelle, vous n'avez pas à passer tout droit comme tant d'autres.Mais à la façon du Samaritain, vous payez de votre temps, de vos sacrifices, de votre argent, le relèvement de vos frères.Au nom de la communauté chrétienne assemblée autour du Christ sur l'autel, je vous assure de NOTRE APPUI FRATERNEL.Aujourd'hui les chrétiens fervents attendent beaucoup du prêtre.Ils veulent voir en lui, dans un monde où triomphent souvent la puissance de l'argent, la séduction des setts, le prestige de la technique, un témoin du Dieu invisible, un homme de foi, oublieux de lui-même et plein de charité.Jean XXIll.476 otx de C£9lîie LE PRETRE est avant tout UN HOMME DE PRIERE Le prêtre Nous voudrions, vénérables frères, que tous les homme d'oraison prêtres de vos diocèses se laissent convaincre, par le témoignage du saint Curé d'Ars, de la nécessité d'être 417 C'est un devoir et une obligation Pour tenir dignement sa place Le principal apostolat du prêtre, la messe des hommes d'oraison et de la possibilité de l'être, quelle que soit la surcharge parfois extrême des travaux de leur ministère.Mais il y faut une foi vive, comme celle qui animait Jean-Marie Vianney et lui faisait accomplir des merveilles."Quelle foi ! s'exclamait un de ses confrères.Il y aurait de quoi enrichir tout un diocèse !" Cette fidélité à la prière est d'ailleurs pour le prêtre un devoir de piété personnelle, dont la sagesse de l'Eglise a précisé plusieurs points importants, comme l'oraison mentale quotidienne, la visite au Saint Sacrement, le chapelet et l'examen de conscience.C'est même une stricte obligation contractée envers l'Eglise, quand il s'agit de la récitation journalière de l'office divin.Peut-être est-ce pour avoir négligé telles de ces prescriptions que certains membres du clergé se sont vus peu à peu livrés à l'instabilité etérieure, à l'appauvrissement intérieur, et exposés un jour sans défense aux tentations de l'existence.Au contraire, "en travaillant incessamment au bien des âmes, M.Vianney ne négligeait pas la sienne.Il se sanctifiait lui-même pour être plus apte à sanctifier les autres." Avec saint Pie X "considérons donc comme certain et bien établi que le prêtre, pour tenir dignement sa place et remplir son devoir, doit se consacrer avant tout à la prière .Plus que tout autre, il doit obéir au précepte du Christ : il faut toujours persévérer dans la prière, avec vigilance et dans l'action de grâces .Priez sans cesse." Et volontiers Nous reprendrions Nous-même, en terminant ce point, le mot d'ordre que Notre prédécesseur immédiat donnait aux prêtres, dès le début de son pontificat : "Priez, priez toujours davantage et avec plus de ferveur ." Qu'est-il donc l'apostolat du prêtre, considéré dans son action essentielle, si ce n'est de réaliser, partout où vit l'Eglise, le rassemblement autour de l'autel d'un peuple uni dans la foi, régénéré et purifié ?C'est alors que le prêtre, par les pouvoirs qu'il a seul reçus, offre le divin Sacrifice où Jésus lui-même renouvelle l'immolation unique accomplie sur le calvaire pour la rédemption du monde et la glorification de son Père.C'est là que les chrétiens réunis offrent au Père céleste la divine Victime par le moyen du prêtre et qu'ils apprennent à s'immoler eux-mêmes en "hosties vivantes, saintes, agréables à Dieu".C'est là que le peuple de Dieu, éclairé par la prédication de la foi, nourri du corps du Christ, trouve sa vie, sa croissance et, s'il en a besoin, renforce son unité; c'est là en un mot que, de générations en générations, sur toutes 478 A l'exemple du Curé d'Ars se consacrer aux fâches essentielles Son sens aigu des responsabilités pastorales La croix, le grand moyen surnaturel les plages du monde, se construit dans la charité le Corps mystique du Christ, qui est l'Eglise.A cet égard, le saint Curé d'Ars, fut chaque jour davantage exclusivement engagé dans l'enseignement de la foi et dans la purification des consciences; tous les actes de son ministère convergeaient vers l'autel, et une telle existence doit justement être dite éminemment sacerdotale et pastorale.Sans doute, à Ars, les pécheurs affluaient-ils d'eux-mêmes à l'église, attirés par le renom de sainteté du pasteur, alors que tant de prières doivent consacrer de longs et laborieux efforts à ressembler leur peuple; sans doute d'autres, à la tâche plus missionnaire, en sont-ils encore à la première annonce de la bonne Nouvelle du Sauveur : mais ces travaux apostoliques si nécessaires et parfois si difficiles ne peuvent faire oublier aux apôtres la fin qu'ils doivent poursuivre et qu'atteignait le Curé d'Ars quand, dans son humble église de campagne, il se consacrait aux tâches essentielles de l'action pastorale.Ce qui frappe tout d'abord, c'est le sens aigu qu'il avait de ses responsabilités pastorales.Son humilité et la connaissance surnaturelle qu'il avait du prix des âmes lui firent porter avec crainte sa charge de curé."Mon ami, confiait-il à un confrère, vous ne savez pas ce que c'est que de passer d'une cure au tribunal de Dieu." Et l'on sait le désir qui le tourmenta longtemps de fuir en quelque lieu de retraite pour y "pleurer sa pauvre vie" et comment l'obéissance et le zèle des âmes le ramenèrent chaque fois à son poste.Mais si, à certaines heures, il fut ainsi accablé par sa charge devenue exceptionnellement écrasante, c'est que précisément il avait de son devoir et de ses responsabilités de pasteur une conception héroïque."Mon Dieu, priait-il en ses premières années, accordez-moi la conversion de ma paroisse; je consens à souffrir ce que vous voudrez tout le temps de ma vie !" Il obtint du ciel cette conversion.Mais il avouait plus tard : "Quand je suis venu à Ars, si j'avais prévu les souffrances qui m'y attendaient, je serais mort d'appréhension sur le coup." A l'exemple des apôtres de tous les temps, il voyait dans la croix le grand moyen surnaturel de coopérer au salut des âmes qui lui étaient confiées.Pour elles, il souffrit sans se plaindre les calomnies, les incompréhensions, les contradictions; pour elles, il accepta le véritable martyre physique et moral d'une présence presque ininterrompue au confessionnal chaque jour durant trente années; pour elles, il lutta en athlète du Seigneur contre les puissances infernales; pour elles, il mortifia son corps.419 Et l'on connaît sa réponse à ce confrère qui se plaignait du peu d'efficacité de son ministère : "Vous avez prié, vous avez pleuré, vous avez gémi, vous avez soupiré.Mais avez-vous jeûné, avez-vous veillé, avez-vous couché sur la dure, vous êtes-vous donné la discipline ?Tant que vous n'en serez pas venu là, ne croyez pas avoir tout fait." S'interroger sur Nous Nous tournons vers tous les prêtres qui ont notre charïfé charge d'âmes et Nous les conjurons d'entendre ces véhé- mentes paroles ! Que chacun, selon la prudence surnaturelle qui doit toujours régler nos actions, apprécie sa propre conduite vis-à-vis du peuple confié à sa sollicitude pastorale.Sans jamais douter de la miséricorde divine qui vient en aide à notre faiblesse qu'il considère à la lumière des exemples de saint Jean-Marie Vianney sa propre responsabilité."Ce qui est un grand malheur pour nous autres curés, déplorait le saint, c'est que l'âme s'engourdit" : et il entendait par là une dangereuse accoutumance du pasteur à l'état de péché dans lequel vivent tant de ses ouailles.Ou encore, pour mieux se mettre à l'école du Curé d'Ars, qui "était convaincu que pour faire du bien aux hommes, il fallait les aimer", que chacun s'interroge sur la charité qui l'anime à l'égard de ceux dont il a devant Dieu la charge et pour qui le Christ est mort ! Le sort des âmes Certes, la liberté des hommes ou certains événements est lié à notre indépendants de leur volonté peuvent parfois s'opposer zèle aux efforts des plus grands saints.Le prêtre n'en garde pas moins le devoir de se rappeler que, selon les insondables desseins de la divine Providence, le sort de beaucoup d'âmes est lié à son zèle pastoral et à l'exemple de sa vie.Cette pensée n'est-elle pas de nature à provoquer chez les tièdes une salutaire inquiétude et à stimuler les plus fervents ?DEVOIRS DES PARENTS DANS L ORGANISATION DES LOISIRS "Je suis venu remercier les jeunes de la J.O.C.qui cherchent à rehausser la vie morale des jeunes travailleurs, et qui, surtout cette année, voudrait amener les jeunes à s'adonner à des loisirs épanouissants pour le corps.___Ht 420 C'est aux adultes que je m'adresserai surtout, et c'est à eux que j'émettrai un voeu.Par conséquence, je sais que si tous les adultes acceptaient de se grouper ensemble, il n'y a pas une ville dans notre province qui n'aurait pas tous les loisirs propices et favorables à l'épanouissement des jeunes.Mais pour cela il faut présenter un front commun.Et il arrive qu'aujourd'hui beaucoup affirment qu'il ne faut pas dépenser tant d'argent pour les fédérations de terrains de jeux, et pour les loisirs organisés mais non commercialisés.Ils invoquent le prétexte qu'ils manquent d'argent et qu'autrefois ils vivaient bien sans de telles organisations : "C'est aux parents à s'occuper de leurs enfants." Et pourtant beaucoup de gens qui jugent ainsi, allaient autrefois à pied, ou en voiture à traction animale et aujourd'hui s'accommodent très bien de l'automobile.Il n'y avait pas de télévision dans leur salon, et, aujourd'hui, elle a sa place d'honneur.A d'autres temps il faut donc d'autres moyens.C'est pourquoi, aujourd'hui dans toutes les villes, les parents doivent s'unir ensemble pour organiser les loisirs de leurs enfants.Car aussi longtemps que les parents ne prendront pas cette résolution et n'accepteront pas d'aller même à l'Hôtel de ville, quand c'est nécessaire, pour défendre le bien de leurs enfants, des jeunes gens et des jeunes filles continueront à s'engouffrer dans les grills et dans les tavernes.La meilleure manière de fermer ces endroits c'est d'en organiser d'autres, où les jeunes peuvent se récréer honnêtement.Un jour je causais avec le maire d'une ville qui me disait que, dans sa ville, il n'y avait presque pas besoin de policiers.Et pour cause : dans cette ville on avait organisé les loisirs des jeunes.Au lieu de n'avoir à penser qu'à mal faire, les jeunes pouvaient dépenser leurs énergies dans des lieux de loisirs sains.Et si toutes les villes agissaient ainsi, la jeunesse changerait en peu de temps.Il faut que les adultes s'occupent des jeunes, autrement nous continuerons à voir ces gars et ces filles traîner au fond des restaurants comme on nous l'a montré il y a un instant sur la scène.Je suis sûr que pas un père ou une mère digne de ce nom ne voudrait voir leur garçon ou leur fille dans de telles situations.Et bien le seul moyen de détruire ces occasions de loisirs néfastes, c'est d'en bâtir d'autres.La jeunesse a besoin d'agir Jamais nous ne pourrons empêcher les jeunes de vouloir accomplir quelque chose.La jeunesse a besoin d'agir.Quand ils ont achevé leur journée de travail, les jeunes ont besoin de se reposer et de se récréer.Et à mesure que nous avancerons dans ce siècle d'industrialisation, les heures de récréations augmenteront alors que les heures de travail diminueront.De plus le travail, aujourd'hui, est beaucoup plus fatiguant qu'autrefois, parce qu'il s'accomplit dans le bruit et sous de fortes tensions nerveuses qui épuisent plus rapidement la résistance de l'homme.Il faudra donc des loisirs.Quand même il en coûterait à une ville plusieurs milliers 427 de dollars pour en arriver là, c'est son devoir.J'ai vu dans des statistiques qu'un homme au Canada est évalué à $30,000.Mais qu'est-ce que l'argent comparé à la valeur d'un homme formé et accompli.Un tel homme grandit la nation et la ville où il vit ! L'homme indiscipliné qui traîne dans les restaurants et les grills rabaisse son pays et sa ville.Ce n'est pas une économie pour une nation de permettre à ces jeunes de se tenir dans les grills et les restaurants.Jamais je ne crierai assez fort pour défendre la jeunesse contre les exploiteurs des mauvais loisirs.Je me battrai jusqu'au dernier souffle de vie pour cette fin.J'ai connu les jeunes autrefois quand j'étais aumônier de la J.O.C.Je sais qu'ils ont du coeur et quand parfois j'entends de vieilles personnes dire : "Dans mon temps ce n'était pas de même." Je suis peiné car j'ai eu vingt ans moi aussi, et dans ce temps comme aujourd'hui, certains jeunes se conduisaient mal.Mais les jeunes sont ce que nous les faisons, les enfants sont ce que les pères les font, les jeunes des villes sont ce que les chefs des villes les font.Parents, groupez-vous Alors vous voudrez accepter, parents, qui avez des garçons, des filles, de vous unir pour les défendre.Quand même il vous en coûterait quelques sous de plus pour ça en taxes.Qu'est-ce que l'argent comparé à une âme de jeune perdue pour toujours.Certains parents, pourraient en raconter long sur les aventures désastreuses de leurs fils ou de leurs filles.Ils savent comment il leur en a coûté pour réparer les dégâts.Et ces malheurs sont causés en grande partie par des hommes sans conscience qui tiennent des restaurants ou des grills et dont le seul but est de faire de l'argent.Pensez-vous que ces bandits qui tiennent ces sortes de restaurants ont le droit de rester là ?Pouvez-vous encourager ces sortes d'établissements et y laisser aller vos enfants ?Non, vous devez protester et faire disparaître ces endroits mal famés.Vous devez aussi susciter des lieux de loisirs où vous savez ce que font vos enfants.Croyez-vous que les parents dont les enfants furent victimes de ces aventures n'auraient pas consenti à payer $5.00 de plus en taxes pour avoir des loisirs organisés, actifs, extérieurs dans leur ville."Sauvez la jeunesse" Bien chers parents vous me comprenez.Vous défendrez les loisirs et quoiqu'il dut en coûter vous travaillerez pour qu'il y en ait.Sauvez vos jeunes pour qu'ils soient grands demain, et qu'ils puissent accomplir de grandes choses.Je compte sur vous surtout, les adultes, les grands jeunes gens et les grandes jeunes filles, pour défendre une organisation de loisirs belle, chrétienne, active, extérieure quoiqu'il dut en coûter.Aujourd'hui à côté de la municipalité civile et de la Commission scolaire, il devrait y avoir, et les lois devraient amener cette corporation à exister comme de droit commun, une corporation de loisirs organisée par des parents comme les commissions scolaires.Car de nos jours il est aussi 422 nécessaire d'avoir des loisirs sains que d'avoir une école chrétienne dans une ville.Quand quelqu'un ose affirmer, que ce n'est pas selon la loi, on doit répondre que les législateurs doivent faire les lois nécessaires au bien commun.Et quand les lois sont rendues telles qu'elles ne protègent plus le bien de la communauté, de la collectivité, on doit les modifier ou les améliorer, afin qu'elles puissent servir.Aujourd'hui il est nécessaire que les législateurs comprennent que dans chaque ville il doit y avoir un corps organisé et reconnu par la loi pour conduire les loisirs.Les parents pourront alors confier l'organisation des loisirs à des responsables qualifiés et non pas la laisser à ceux qui veulent uniquement faire de l'argent.Voilà mon message.Je vous le laisse du meilleur de mon coeur.Sachez que si j'ai parlé sur ce ton c'est parce que je crois qu'il est absolument nécessaire dans un diocèse comme le nôtre, d'avoir des loisirs extérieurs et actifs organisés par les parents grâce à des corporations reconnues et financées par tous.Autrement, je ne vous garantis pas que le diocèse que le Bon Dieu m'a confié sera chrétien demain"."Ce qui nous empêche d'être saints, nous autres prêtres, c'est le manque de réflexion.On ne rentre pas en soi-même; on ne sait pas ce que l'on fait.C'est la réflexion, l'oraison, l'union à Dieu qu'il nous faut." Le saint Curé d'Ars.Le prêtre doit toujours être prêt à répoudre aux besoins des âmes.Alou ami, tous ne savez pas ce que c'est que de passer d'une cure au tribunal de Dieu.Le saint Curé d'Ars."La mortification a un baume et des saveurs dont on ne peut plus se passer quand on les a une fois connus .Dans cette voie, il n'y a que le premier pas qui coûte." Le saint Curé d'Ars."Si vous voulez que les fidèles prient avec dévotion, donnez-leur vous-même d'abord l'exemple, à l'église, faisant oraison en leur présence.Un prêtre agenouillé devant le tabernacle, dans une pose digne, dans un profond recueillement, est un avertissement, une invitation à l'émulation dans la prière." Pie XII.423 VIE DES MOUVEMENTS LA SEMAINE DE LA FAMILLE A l'occasion de la semaine de la famille, du 4 au 11 octobre dernier, la L.O.C.a attiré l'attention du public sur les loisirs comme moyens d'équilibre humain.On trouvera dans le texte qui suit l'orientation que la L.O.C.a voulu préconiser pour contrebalancer les ravages des loisirs commercialisés par des loisirs sains et équilibrés."Loisirs: moyens d'équilibre humain" Nous vivons actuellement une période exlraordinaire.Jamais dans l'histoire de l'humanité les hommes n'ont enregistré des progrès aussi nombreux en un temps aussi court.Pendant plus de 4000 ans, les hommes ont voyagé sur mer, en galères, et en bateaux à voiles ou par terre, à cheval.Depuis l'invention du bateau à vapeur, il y a 150 ans, les hommes ont fabriqué des navires et des paquebots transatlantiques, des sous-marins, des avions, etc.Les savants, les chercheurs, les techniciens, travaillent sans répit pour améliorer notre confort, notre bien-être.La lutte de l'homme pour dompter la nature se poursuit sur tous les fronts.Tandis que les uns font des expériences pour utiliser les fusées dans le transport de la malle, en mai, n'a-t-on pas vu le cône d'une fusée porter deux lettres à 5000 milles en 33 minutes, c'est dire qu'elle a parcouru cinq fois la distance qui relie le golfe St-Laurent à Montréal en un peu plus d'une demi-heure, d'autres cherchent des remèdes pour lutter contre le cancer, la polio, etc.424 - ■ militaires.Ces découvertes, ces progrès scientifiques affectent chacun de Le monde, ce chantier immense, ne travaille pas uniquement à des fins nous dans sa vis personnelle.Grâce à la machine, on a pu réduire les heures de travail, produire mieux et plus, offrir à tous un régime de vie inépuisable, avant la guerre de 1914-1918.A cette époque, peu de gens pouvaient posséder leur automobile, maintenir les enfants à l'école, recevoir les soins médicaux nécessaires pendant la grossesse.Le cinéma commençait, la radio et la télévision n'existaient pas.En plus d'accroître le bien-être, ces découvertes ont abrégé, réduit les heures de travail.On a plus d'heures de loisirs aujourd'hui.Le savant français A.Carel, mort pendant la dernière guerre, estimait que les employés d'aujourd'hui disposent chaque jour de quatre heures de plus que leurs prédécesseurs.Cethe opinion a été formulée avant le début de l'automation.Dans son livre "Réflexions sur la conduite de la v\e".t.A.Carel propose à notre réflexion cette idée, cet idéal."Ces heures précieuses, si elles étaient bien employées, permettraient à chacun de s'instruire, de développer son corps et son esprit, d'acquérir une personnalité d'accomplir son destin d'homme." A cet idéal comparons la réalité.Ces heures de loisirs plus nombreuses :ontribuent-elles vraiment au développement de notre corps et de notre esprit?A première vue, nous sommes tentés de répondre que ces heures ne servent pas à ce développemnt; au contraire, elles présentent souvent des moments où l'en s'abrutit.D'ailleurs, selon notre mentalité, quand on dit loisirs, on dit repos, flâner, perdre du temps.M.X.dira qu'il n'a pas pris de vacances, parce qu'il a dû peinturer sa maison pendant ses deux semaines.En réalité, la peinture l'a distrait de son travail, il s'est reposé, mais il ne croit pas avoir des vacances, parce qu'il n'a pas flâné, fait un voyage, vécu au chalet.Loisirs veut dire temps libre, divertissements, etc.Si nous examinons un peu notre milieu, il faut avouer qu'il est difficile pour un adulte de bien utiliser ce temps libre.A part les loisirs commercialisés peu de possibilités lui sont offertes.On note des progrès dans plusieurs régions, mais il resre beaucoup à faire.Il y a, par exemple, beaucoup plus de téléspectateurs adultes pour les joutes du Canadien, qu'il y a de personnes adultes qui chausseront leurs patins une ou deux fois pendant l'hiver.On fait sourire les adultes quand on leur suggère de faire quelques mouvements de gymnastique.C'est bon pour les sportifs ou pour ceux qui veulent maigrir.Les loisirs commercialisés présentent une image du corps, de la vie, de l'amour.Mais avant de toucher ce point, permettez-moi de vous raconter une anecdote.Un chansonnier français décide d'écrire une chanson sur avril au Portugal."Avril au Portugal, à deux c'est idéal." etc., etc.Cette chanson remporte un grand succès.Nombre de fiancés décident de faire leur voyage de noces au Portugal, en avril.Or quel fut leur désappointement.Avril au Portugal, surtout dans le nord du pays, n'est pas 425 très beau, ce n'est pas le plus beau mois de l'année.Ce chansonnier ne connaissait pas le pays, il s'est trompé et, involontairement, il en a trompé d'autres.L'imaga de la vie, de l'amour, du corps humain que nous présentent ies loisirs commercialisés est souvent comme le mois d'avril de la chanson.La réalité est différente.Qu'un chanteur nous dise "On n'a pas tous les jours vingt ans", tout le monde est d'accord.Mais on peut douter de son jugement sur la façon, la manière de vivre ses 20 ans.Entendre à la journée longue: "bois pas fSchée," "Jérémie, voici l'heure," "Jackie," "Lison," "Pourquoi es-tu partie?", "Mamie," "Le jour où la pluie viendra," etc., etc.ne peut pas faire autdement que changer notre façon de vivre.Ces chansons, comme un grand nombre de films présentent l'amour sous un angle romantique, égoïste, où l'attrait sexuel est dominant.Cette façon de concevoir l'amour est dangereuse, car elle est une source profonde de déception pour ceux qui la partage.L'amour est d'abord don de soi, alors qu'on nous !e représente comme i'union de deux égoïsmes.L'amour veut être permanent, et un progrès; on le réduit à ce qui est passager, temporaire, on n'a pas toujours vingt ans, on le nie lui-même.Le regarder sous cet angle, c'est couper de l'humain, c'est l'abaisser.L'amour est l'union de deux personnes, chacune étant composée d'un corps et d'une âme, qui veulent procurer à l'autre, la personne aimée, un bien total, non pas seulement un bonheur matériel et temporaire.L'attention extraordinaire que l'on accorde aux vêtements, être à la dernière mode, au confort, à la maladie, aux soins de beauté.Une proportion imposante de la publicité est consacrée à ces domaines.Ces sujets occupent également une large place dans nos conversations; les parents consacrent beaucoup plus d'effort à apprendre à l'enfant à demeurer propre qu'à découvrir avec l'enfant sa vocation.Le corps occupe une place importante dans notre vie, mais pas la bonne.On le connaît beaucoup mieux qu'autrefois, mais il a pris la position du maître.De serviteur qu'il devrait être, il est devenu celui qui décide.Un grand nombre d'hommes ont abaissé leur vie à ce niveau: il néglige l'intelligence, l'esprit pour se consacrer davantage au corps.Ils ont rompu l'équilibre.Ils ont perdu leur liberté en acceptant un nouvel esclavage.426 LA J.O.C.EN MARCHE Un nouveau souffle missionnaire En 1956, lors de la session intentive de St-Jérôme, un mot d'ordre avait sté donné pour une J.O.C.toujours de plus en plus missionnaire.Le Congrès Mondial de 1957 avait réaffirmer d'une façon encore plus vive cette exigence missionnaire.La consigne de Pie XI enjoignant les jocistes d'être, par définition, les missionnaires de l'intérieur, fut proclamée avec plus de force que jamais.Mais le Pape Pie XII, dans son discours au Congrès Mondial, mettait l'accent sur les possibilités pour les jocistes de devenir des missionnaires de l'extérieur."Vous vous montrerez vrais fils de l'Eglise, en portant aux autres comme "missionnaires jocistes".par l'exercice plénier de votre responsabilité de jeunes ouvriers chrétiens, le salut qui vous a été annoncé." La J.O.C.canadienne ne pouvait rester insensible à cet appel.Aussi /oyons-nous se préciser des vocations missionnaires jocistes.Guy Harvey au Brésil Ce sera le premier missionnaire jociste à quitter son pays pour aider à la fondation de la J.O.C.dans une région tout particulièrement dépourvue tant sur le plan matériel que spirituel.Il partira en novembre prochain avec M.l'abbé Manuel Soares, un prêtre du diocèse de Sao Luiz qui, après avoir terminé ses études théologiques au séminaire de Nicolet, vient d'être nommé aumônier diocésain de la J.O.C.de Sao Luiz.427 Guy Harvey est un ancien président jociste de St-Pierre-Apôtre de Montréal.En 1957 il devenait permanent à Drummondville pour la fédération de Nicole!, poste qu'il occupe jusqu'au premier septembre dernier.Guy a contribué largement à donner un nouvel élan à la J.O.C.des garçons de Nicolet Bertrand Beaulieu à Mont-Laurier Le deuxième jociste missionnaire à l'ordre du jour est Bertrand Beaulieu.Après avoir fait de la J.O.C.à Rivière du Loup pendant plusieurs année», après avoir occupé tous les postes jusqu'à celui de président fédéral, il venait s'offrir au comité national comme missionnaire jociste.C'est à Dorion, comté de Vaudreuil, qu'il exerça d'abord son apostolat.Il y a bâti une section masculine très intéressante et cela en dépit de difficultés multiples.Au cours de septembre, il quittait Dorion pour se rendre à Mont-Laurier où il devient organisateur des loisirs tout en travaillant à y implanter le mouvement jociste.Fleurette Jean à Rouyn Le diocèse de Timmins, par la voix de son Evéque, Son Excellence Mgr Maxime Tessier, a souvent manifesté le désir de voir la J.O.C.se réorganiser dans les villes du Nord du Ouébec et de l'Ontario.Après quelques années d'attente et de réflexion, le projet d'une expédition missionnaire devient possible grâce a la générosité d'une dirigeante fédérale du Lac St-Jean, diocèse de Chicoutimi.Mlle Fleurette Jean possède une expérience de plusieurs années dans le mouvement.Elle vient de se rendre à Rouyn au début d'octobre.Sa soeur cadette l'accompagne.L'équipe travaillera avec le R.P.Roma Payant, o.m.i.de la paroisse de l'Immaculée Conception de Rouyn.Nos meilleurs voeux les accompagnent.Baie Comeau Un autre diocèse qui réclame le mouvement jociste, c'est Baie Comeau.Or voici que deux dirigeantes jocistes de la fédération de Joliette se sont offerts pour organiser la fondation.Il s'agit de Roch Desrosiers, président fédéral et Maurice Lajoie, président local de Crabtree-Mills.Les derniers arrangements sont à se faire avec les autorités religieuses.et les deux nouveaux missionnaires devraient partir en novembre pour leur nouveau champ de mission.La semaine internationale La semaine internationale de la J.O.C.vient d'avoir lieu du 25 au 31 octobre.Le but de cette semaine est de faire connaître les problèmes des jeunes travailleurs des autres pays et le travail que la J.O.C.y fait.Il en résulte une plus grande solidarité entre toutes les J.O.C.du Monde.4Z8 Le thème de la semaine 59 était la faim.Une journée à été choisie pour être la journée de la faim.Le vendredi 30 octobre, tous les travailleurs étaient invités à se priver de liqueurs, de cigarettes, de chocolat, etc.pour en remettre le prix à un fonds de solidarité jociste.Au cours du mois d'octobre, la J.O.C.canadienne recevait la visite de plusieurs membres du Comité exécutif international.René Salanne, le secrétaire de la J.O.C.internationale, nous arrivait le Il octobre pour une tournée qui dura jusqu'au 21.Quelques jours plus tard, c'était la visite de Maria Meersman, la vice-présidente de la J.O.C.internationale, Bernard Akakpo, un noir de l'Afrique Orientale française également membre du Comité exécutif, ainsi que M.'abbé Uylenbroeck récemment nommé aumônier international adjoint.En décembre prochain, la J.O.C.aura le grand honneur d'accueillir de nouveau Mgr Cardijn et le président international M.Roméo Maione.Un nouvel aumônier à Shawinigan M.l'abbé Jean- Noël Trudel vient d'être nommé assistant aumônier diocésain de Trois-Rivières peur la fédération des garçons de Shawinigan.Depuis plusieurs années M.l'abbé Trudel est aumônier de L.O.C., de J.A.C.et de J.O.C.F.Ses qualités et son expérience le préparent très bien à la nouvelle tâche qu'il assume.Nous remercions M.l'abbé Gérard Brunelle et nous formulons les meilleurs voeux à M.l'abbé Trudel.429 ORIENTATIONS ACTUELLES DE L'ACTION CATHOLIQUE CHILIENNE Comme renseignement utile, nous reproduisons avec les autorisations voulues, le texte (traduit de l'espagnol) d'une lettre officielle adressée au début de l'année en cours au président national de l'A.C.chilienne, M.Santiago Bruron, par S.E.Mgr Manuel Larrain, Evêque de Talca, qui est à la fois l'aumônier national et le président de la Commission Episcopale de l'A.C.chilienne.Cette lettre nous rappelle les principes de base de l'Action Catholique, qu'il est bon de rappeler à l'occasion.On notera toutefois qu'au Chili, on a voulu unir l'A.C.du milieu indépendant à l'A.C.générale et n'en faire qu'une seule organisation obéissant à la technique de l'A.C.spécialisée.La Rédaction Le début des travaux de la nouvelle Junte nationale est une occasion propice pour rappeler certains points fondamentaux sur l'Action Catholique qui doivent inspirer notre labeur.L'Action Catholique, au cours des années de son existence, a expérimenté les changements de tout organisme en développement.C'est là une preuve de sa vitalité.Mais, de pair avec ce développement, il est nécessaire que les idées fondamentales qui inspirent l'Action Catholique soient celles qui donnent à ce même développement sa solidité et sa stabilité.C'est à cela qu'obéit la présente lettre, dans laquelle j'ai voulu souligner les lignes maîtresses de notre mouvement.La Junte nationale saura certainement s'en inspirer et faire qu'elle serve de guide sûr aux organisations qui forment parties de notre Action Catholique.1.L'apostolat des laïcs est, dans sa substance, aussi ancien que l'Eglise.(i) Son fondement doctrinal se trouve dans les sacrements de baptême et de confirmation qui font du chrétien un membre vivant du corps mystique du Christ et un soldat qui doit travailler à l'extension et à la croissance du règne de Dieu.2.L'Action Catholique, en tant qu'elle est l'apostolat des laïcs organisés et investis d'un mandat hiérarchique, est non seulement un désir des Pontifes romains et des Evêques, mais un ordre quant à son existence et à son fonctionnement.Il est contraire aux directives claires et précises du Saint-Siège et des Evêques d'affirmer, comme la chose s'est faite parfois, que l'Action Catholique ne répond plus iux nécessités actuelies et doit céder le pas à d'autres formes d'organisation apostolique du laïcat."L'Action Catholique, vient de dire S.S.Jean XXIII, est une nécessité vitale et un moyen providentiel pour l'Eglise d'aujourd'hui." (-) 3.L'Action Catholique possède comme finalités précises : a) Former des apôtres laïcs qui travailleront sous leur responsabilité propre à la rechristianisation de leurs milieux de vie.b) Réaliser ce travail en intime union avec la hiérarchie, de laquelle ils reçoivent le mandat apostolique et à l'apostolat de laquelle ils collaborent.c) Etre des éléments actifs dans la paroisse, participant apostoliquement à la vie paroissiale et l'aidant ainsi à 430 être ce que Pie XII appelait "une • 'ommunauté vivante et opérante".d) Orienter son action dans un haut sens missionnaire, c.a.d.un sens d'expansion et de pénétration.Il ne faut pas s'enfermer dans un milieu factice, mais s'attacher à la réalité de la vie sociale pour la conquérir au Christ.e) Les chrétiens doivent être présents dans le monde moderne pour le comprendre, l'aimer surnaturelle-ment et le servir pour son bien.Par leur action temporelle, ils doivent travailler à l'édifier et par leur action apostolique travailler à le sauver.L'Action Catholique doit enseigner le sens divin du temporel et réaliser sa sanctification à travers sa vocation terrestre.4.L'Action Catholique est "l'apostolat principal" de l'apostolat actuel.(3) Sa primauté ne consiste pas dans le fait "d'exercer sur les autres associations apostoliques comme la fonction d'une autorité patronale".(*) Pour les autres organisations, l'Action Catholique est : — Une école de formation apostolique; — Une réserve d'énergies et d'hommes; ■— Un signe d'unité et d'entente entre les organisations et leurs membres; — Un lieu où convergent et s'organisent les catholiques d'action.(5) 5.L'action Catholique chilienne, tout en demeurant une dans sa direction, une dans sa finalité, une dans ses méthodes et son esprit, s'oriente vers trois milieux précis, permanents et réels de vie : — Un milieu ouvrier : l'Action Catholique Ouvrière.— Un milieu rural : l'Action Catholique rurale.— Un milieu indépendant (la classe moyenne et haute) : l'Action Catholique générale.Ce ne sont pas là trois associations catholiques, mais une Action Catholique agissant en trois milieux différents.Son orientation vers les mi-rents.Son orientation vers les milieux de vie, comme on le dira plus loin, loin de s'opposer à l'action paroissiale, rend possible à la paroisse d'atteindre sa véritable mission hu- maine.L'A.C.spécialisée est un apostolat organisé du lajcat en coopération avec la mission apostolique de l'Eglise et de la hiérarchie, non seulement par l'animation chrétienne du temporel (action indirecte), mais aussi par l'évangélisation de ces mêmes milieux de vie (action directe).1.Les catholiques, s'ils vivent au-thentiquement dans l'Eglise, sont apôtres par leur vie même.Le chrétien, par le fait d'appartenir à une Eglise en croissance, doit être apôtre.L,'Apostolat n'est pas quelque chose qui s'ajoute à la vie mais qui appartient à l'essence même de notre condition de catholiques.(«) 2.En fonction de cette vocation, les laïcs développent en même temps un double apostolat : a) Un apostolat indirect dans leur tâche quotidienne de promouvoir une civilisation humaine qui n'étouffe pas les libertés et les droits essentiels et qui permette à tous de répondre à l'appel surnaturel de Dieu.b) Un apostolat direct par le moyen d'une influence chrétienne dans le temporel.C'est ce que Pie XII, dans une magnifique définition, appelait : "consecration mundi", la consécration du monde temporel à Dieu.3.Ce qui fait la valeur du christianisme n'est pas seulement d'élever, corriger ou signifier la vie humaine, mais de la conduire à Dieu.Il est nécessaire d'éviter un double excès : a) un apostolat direct (religieux) exclusif.négligeant les conditions temporelles; b) un apostolat indirect ( temporel ) exclusif, oubliant sa finalité ultime : la Rédemption.Pie XII a condamné l'affirmation : "d'abord civiliser et ensuite christianiser", rappelant "qu'on civilise en christianisant".Le même Pape condense cette idée en disant : "Il faut transformer tout un monde : de primitif en humain, d'humain en divin." 4.L'Action Catholique spécialisée est avant tout l'irradiation chrétienne organisée dans un milieu déterminé.Partout où existe un milieu bien précis, l'Action Catholique organise une influence chrétienne.C'est là une de ses notes caractéristiques.5.L'Action Catholique spécialisée est indispensable dans les temps actuels.Elle constitue un véritable séminaire !* 437 de militants.La paroisse bien conçue, non seulement comme bureau du spiritue' mais comme communauté vivante, sera la première en en avoir des bienfaits.Comme Pie XII, l'a rappelé si souvent, les problèmes des milieux de vie, pour être des problèmes de quartiers, de villes ou de nations, excèdent fréquemment les limites de la paroisse et demandent une action interpaioissiale.La paroisse, cependant, sera le centre naturel de gravitation des problèmes pasto-îaux.L'Evêque est le centre et la source de tout apostolat dans le diocèse : "Le champ de l'apostolat appartient intégralement à l'Evêuqe" (7).Le laïc, dans son milieu, est apôtre, c'est-à-dire qu'il est l'envoyé que l'Evêque destine à un milieu ou à un lieu déterminé.Les aumôniers diocésains de chaque mouvement sont les représentants officiels des Evêques auprès de l'action des laïcs de l'Action Catholique, tant dans la paroisse que dans les divers milieux sociaux.Les aumôniers diocésains reçoivent de l'Evêque un mandat pour leur travail apostolique spécifique.6.Le militant dans son action sur le milieu doit toujours tenir en vue : a) d'être un élément positif dans la promotion de la communauté humaine â laquelle il appartient par volonté providentielle (apostolat indirect), étant en elle un élément utile et actif; b) de servir la communauté appartenant au milieu.L'A.C.ne croît pas pour croître, mais dans la mesure où elle sert le milieu; c) d'avoir conscience que cette présence dans la communauté humaine ne se fait pas en son nom propre, mais par un mandat apostolique de la hiérarchie de l'Eglise.Le laïc doit se rappeler qu'il est membre vivant du corps mystique du Christ, l'Eglise.Il doit coopérer au développement de cette communauté en croissance qu'est l'Eglise.Il doit demeurer intimement lié aux activités et aux problèmes du monde dans lequel il vit.Il doit se rappeler que la paroisse est le milieu officiel par lequel il entre en contact avec la communauté ecclésiale.A — Le Champ Apostolique 1.Pour raison d'efficacité apostoli- que, l'Action Catholique reconnaît trois milieux de vie entre lesquels se répartissent plus ou moins un million de familles chiliennes : ouvrier, paysan, général (indépendant).2.Les limites de ces trois milieux ne sont pas précises.En cas de doute, le mieux est de laisser chacun se placer là où il croit appartenir, dans le milieu où il se sent le plus à l'aise.3.Non plus, chacun de ces milieux est homogène.On peut le décrire plus facilement que le définir.On peut calculer que le milieu générai ou indépendant couvre de 15 à 20% du total de la population, c'est-à-dire qu'il comprend 150 à 200.00 familles, soit un million de population.Les groupes les plus importants dans le milieu sont les enfants de préparatoire, les collégiens et les lycéens, les universitaires, les employés, les professionnels, les grands propriétaires terriens, les industriels, les commerçants et les groupes féminins correspondants.On doit insister sur la découverte et la formation du militant.Son activité apostolique ne se limite pas à une étape de sa vie, ni à une activité déterminée, ni à un horaire hebdomadaire, ni à un aspect de son existence; elle est permanente et universelle.Le militant exerce une influence dans son milieu.Cette influence se fait sentir de préférence sur certaines personnes qui constituent son 'équipe d'influence".Ceci l'aide en plus à découvrir et à former de nouveaux militants, qui constituent son "équipe de futurs militants" à laquelle il consacre une attention spéciale.Les militants se réunissent en des "Centres", qui ne sont pas des "cercles d'études" de tendance intellectuelle, ni des associations de caractère institutionnel, même s'ils ont un peu de cela : ce sont des groupes apostoliques tournés vers le milieu.On doit distinguer entre les "centres" composés de militants et les services destinés aux sympathisants, lesquels sont ouverts à tous selon les besoins rencontrés.Le "centre" autant que le militant travaillent selon la méthode dite active, qui consiste tout d'abord à VOIR la réalité, soit par une observation spontanée, soit par une enquête méthodique; à JUGER ensuite en com- 432 ■ - parant la réalité observée avec l'idéal contenu dans la doctrine du Christ et de l'Eglise; à AGIR enfin d'une façon individuelle ou collective, spontanée ou planifiée, mais toujours d'accord avec le VU et le JUGE.Partie essentielle est la "Revision de Vie".Chaque militant rend compte de ce qu'il voit, de ce qui arrive, de ce qu'il fait et le tout est commenté entre nous.Il parle aussi de ce qu'il projette de faire.On peut organiser cette réunion en un schéma de trois parties : Dieu et moi; les autres et moi; le monde et moi.B — L'Action Apostolique iUn ce qui regarde l'activité apostolique des militants en dehors des réunions, elle peut être "un individuelle" si chacun agit pour son compte, ou Elle peut être "spontanée" comme une réponse chrétienne à une circonstance imprévue, ou "planifiée", alors qu'elle répond à une enquête réalisée antérieurement à l'échelle d'une paroisse, d'un diocèse ou d'une nation.Si elle s'accomplit avec les moyens coutumiers d'influence et pour un temps déterminé, elle devient une "collective" si elle se fait en commun, campagne.Si pour la réaliser, on doit créer une institution "ad hoc" dotée d'une certaine stabilité, elle devient un service.Les campagnes et les services et en général les activités planifiées et collectives ne doivent pas prévaloir systématiquement sur l'action apostolique individuelle et spontanée que réalise chaque militant, à toute heure et partout, dans le mi- lieu où il lui revient de vivre et d'agir.D'où l'importance que chaque militant soit bien mêlé au milieu naturel où il vit.Le "centre" comme tel est orienté vers les milieux.Le milieu inclut évidemment le quartier ou la paroisse où il vit.Mais quand il est paroissial, c'est-à-dire quand il se réunit dans la paroisse sous l'aumônerie du curé ou du vicaire, il prêtera sa coopération à la paroisse sous la direction du comité paroissial ou du curé lui-même.Quand le "centre" n'est pas paroissial, on persuadera chaque militant de coopérer individuellement avec son curé ou le comité paroissial dans la poui-suite des objectifs paroissiaux.En dehors de son orientattion apostolique, le "centre" prendra, en autant que la chose est possible, le caractère d'une "communauté" de vie spirituelle, sans séparer l'aspect spirituel de l'apostolique : explication et méditation de l'Evangile, prière en commun, retraites spirituelles, enseignement communautaire.La revision de vie couvrira aussi cet aspect de la vie du "centre".Voilà, mon cher président et ami, les points sur lesquels j'ai cru, comme aumônier national devoir guider l'activité de votre Action Catholique chilienne.Que le Seigneur bénisse vos efforts et ceux de vos collaborateurs dans cette oeuvre de l'Action Catholique que la hiérarchie, aujourd'hui comme hier, "regarde comme la pupille de ses yeux".(1) Pie XI au Cardinal Segura, 6 novembre 1929 (2) Message à l'A.C.du Portugal, avril 1959 (3) Le Cardinal Roncalli, 27 octobre 1957 (4) Pie XII, 3 mai 1951 (5) Pie XII, 3 octobre 1951 (6) Pie XII, 20 janvier 1948 (7) Pie XII, Bis Seaculari 433 Vous êtes priés de noter que les bureaux de L'ADMINISTRATION.DE LA DIRECTION dans l'ensemble POUR TOUT ce qui concerne la revue y compris le RENOUVELLEMENT des ABONNEMENTS sont maintenant à l'adresse suivante 7657 est Boulevard St-Joseph Montréal 34, Tél.: LA.7-2787 QUEBEC READY MIX INC.BÉTON PRÉPARÉ GO GOUPIL - QUÉBEC - LA.9-4153 LABORATOIRE DU-VAR INC.Manufacturier de Cosmétiques et de parfumerie 9100, Lajeunesse Montréal Tel: DUpont 8-8602 DAUPHINAIS & BELANGER Ingénieurs — Conseils 582, Boul.Lamarche est CHICOUTIMI Tél.LI.3-2070 DESGAGNE & COTE Architectes 582 est, Boul.Lamarche Chleoutimi TU.: MM 4M Laf on tain* ROMEO OUELLET Enr.Marchand on çro» SUCCURSALES : Bivière-dn-Loup Station Les Escoumaina, Go.Sapuenay ^».^^^^—^— —^^—.i m ■ i ii i 11.—^—^— —^^_^^_^^^M^^_^^^TB—r_1__ LABORATOIRES CHOISY LTEE "La Chimie au Service de l'Hygiène" Yvon G.TRUDEAU, B.A., B.Sc, M.C.I.C.président et chimiste en charge Bur.: CApital 8-4888 LOUISEVILLE, Que.Rés.: CApital 8-2695 V COMPLIMENTS DE IRVING OIL INC.GASOLINE HUILE À MOTEUR HUILE À CHAUFFAGE 1450 CITY COUNCILLORS MONTRÉAL PRODUITS CAILLETTE INC.Tél.FB.26 Maskinongé, Que.Compagnie d'assurance sur la vie Ha iàauuesarbe Siège Social — Montréal L.O.Trottier & Fils, Limitée Filiale de "La Cie Construction Laviolette, Ltéé" (fondée en 1919) ENTREPRENEURS GENERAUX Case Postale 1237 — Trois-Rivières — Tél.5-4721 et 5-4722 Département spécial pour vous servir Produits Garantis — Marchandise Expédiée Promptement EASTERN FARM PRODUCTS INC.Une maison entièrement Canadienne-Française.M.ED.BEAUOHAMP, Président.Toute commande doit être adressée à: M.J.M.OUIMET Gérant du Département des Communautés Religieuses.Tel.UN.1-4783 - Local 27 367-75, ST-PAUL EST Le soir: AV.8-8084 ou DU.9-9432 MONTREAL VI
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