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Titre :
Prêtre aujourd'hui
Revue de l'Action catholique ouvrière qui offre réflexion et support aux prêtres en vue de la stimulation de l'action pastorale populaire.
Éditeur :
  • Montréal :Aumôniers nationaux et diocésains de la J.O.C. et de la L.O.C,1958-1966
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Action catholique ouvrière
  • Successeur :
  • Prêtres et laics
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Prêtre aujourd'hui, 1960-10, Collections de BAnQ.

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VUE D'ACTION CATHOLIQU Octobre 1960 Vol.X No 8 et limited F.M.Motte, o.f.m.• Le renouveau liturgique Germain Hudon, o.m.i.• La paroisse a besoin de chefs laïcs professionnels Jacques Lazure, o.m.i.Rédaction et Administration 1651, Boul.St-Joseph Est, Montréal 34, Que. DOCTEUR JEAN M.TREMBLAY OPTOMÉTRISTE EXAMEN DE LA VUE AL.BENOIT-BENOIT PBOTECTAL Inc.1617.RUE ST-DENIS — VI.2-4904 Collet Frères Limitée Ingénieurs, constructeurs et entrepreneurs Ottawa — Montréal — Québec Bureau Chef: 1978 Parthenais, Montréal Tél.: LA 6-4407 VÊTEMENTS Disponibles aux Rayons de vêtements ecclésiastiques fV?/exMAjj/^ùuj/i 281, Est STE-CATHERINE MONTRÉAL II DESGAGNE & COTE Architectes 582 est, Boul.Lamarche Chicoutimi PRODUITS SHELL OIL COMPANY PRODUITS GOODYEAR TIRE & RUBBER COMPANY La Compagnie Distributrice du St-Laurent, Ltée Entrepôt: RIMOUSKI-EST Tél.4273 Bureau: RIMOUSKI Tél.4838 Caôabant Jfrèreô ILimittt St-Hyacinthe, Que.Facteurs d'orgues Cette Maison fondée en 1880 est aujourd'hui l'une des plus importantes au monde, dans ce genre d'industrie LABORATOIRE CHOISY LTÉE "La Chimie au Service de l'Hygiène" YVON G.TRUDEAU, B.A., B.Sc, M.C.I.C.président et chimiste en charge Rés.: CApital 8-2695 Bur.: CApital 8-4383 LOUISEVUXE, Que.JACQUES-J.GRAVEL Club de courses sous harnais de Québec Inc.241 me DE LA SALLE, Québec Tél.: LA.5-6179 Compagnie C H I N I C Hardware Co.en gros Quincaillerie générale — Matériaux de construction, etc.55, rue St-Pierre Tél.: LA.9-5351 QUEBEC 257, St.Germain Tél.: RA.3-6535 RIMOUSKI LINOLEUM TUILES TAPIS i 5 5 O Est.St-Vallie r Ce st toujours payant de transiger avec de véritables spécialistes! E m i 1 i e n R o c h e t t e et Fils Ltée QUEBEC — m — Hommages RIMOUSKI TRANSPORT, LTÉE RIMOUSKI, QUE."Votre Service Préféré" Laboratoire DU-VAR Inc.Manufacturier de Cosmétiques et de parfumerie 9100, Lajeunesse Montréal Tél.: DUpont 8-8602 LES PRODUITS ALIMENTAIRES DE LA MAURICIE INC.DISTRIBUTEURS DE VIANDES EN GROS 630 POISSON Trois-Rivières Tél.: FR.4-8424 PAUL DROLET Ing.P Ingénieur Conseil 4671, Parc de Lotbinière MONTRÉAL CL.9-8708 R.CARTIER, prop.Téléphone: RI.3-5766 PAVILLON TRACY Repas complets et légers à toute heure Sur la route no 3 à un mille de Sorel — Cordiale réception au Clergé — 1681 blvd Marie-Victorin Ville de Tracy, Que.CIE CANADIENNE DE CARRELAGES LTÉE 37 Jean-Talon, ouest MONTRÉAL CR.9-7288 — IV — Volume X No 8 Octobre 1960 Prêtre, AUJOURD'HUI HORIZON Possibilités et limites de la paroisse urbaine .F.M.Motte, o.f.m.310 PASTORALE Le journal d'un jociste missionnaire .Un jociste missionnaire 315 SOCIOLOGIE La paroisse a besoin de chefs laïcs professionnels .Jacques Lazure, o.m.i.325 LITURGIE Le renouveau liturgique .Germain Hudon, o.m.i.333 VOIX DE L'EGLISE La communion fréquente des enfants .S.Exe.Mgr G.-M.Coderre 346 VIE DES MOUVEMENTS 349 "Prêtre, aujourd'hui" est sous la responsabilité des Aumôniers nationaux et diocésains d'Action Catholique Ouvrière.Rédaction et Administration: 1651 est, Bo ilevard St-Joseph, Montréal 34, P.Q.Canada Directeur et Rédacteur: R.P.Roger Poirier 1 o.m.i.Avec autorisation de l'Ordinaire — Abonnement régulier: $3.00 M^aO 2 La paroisse urbaine F.M.MOTTE, o.f.m.Dès que l'on réfléchit au rôle de la paroisse urbaine dans l'évangé-lisation de la ville, on est sollicité par deux positions apparemment contradictoires: la paroisse urbaine n'est pas l'unité d'action apostolique de la ville; aucun apostolat ne peut être entrepris sans la paroisse.1.- LA PAROISSE URBAINE N'EST PAS L'UNITÉ D'ACTION APOSTOLIQUE Pour saisir que la paroisse n'est pas l'unité d'action apostolique de la ville, il est nécessaire d'avoir une notion exacte de la mission du chrétien dans le monde d'aujourd'hui.Dernièrement, des leaders africains chrétiens reprochaient aux missionnaires de leur avoir indiqué le chemin du ciel mais de ne pas leur avoir appris à vivre sur la terre.Bien qu'il ne soit pas prouvé que l'on puisse effectivement montrer le chemin du ciel sans apprendre à vivre sur la terre, il existe une conception abstraite de la vie chrétienne qui faisant fi des réalités humaines concrètes dans lesquelles les hommes sont engagés, croit qu'il suffit d'offrir les richesses du culte, d'enseigner les grands schè- 310 mes de la Révélation et d'inculquer les principes de la morale pour que les paroissiens deviennent des chrétiens achevés.Pour ceux — très nombreux hélas! — qui parviennent à imaginer une vie chrétienne aussi indépendante des conditions particulières des civilisations qui se succèdent, nul doute que la paroisse urbaine actuelle et la pastorale traditionnelle suffisent à tout et que toute réforme, dans cette optique, doive se limiter à une rénovation, à une remise à neuf, de l'ancien.En réalité, la vie chrétienne n'existe pas en soi, à l'état pur, même pas dans les cloîtres "hors du temps" qui dépendent plus qu'on ne le pense d'ordinaire du temps.de leur fondation.La vie chrétienne, dirait La Palisse, c'est la vie.chrétienne; la vie de tous les jours, dans toutes ses dimensions personnelles, familiales, sociales, culturelles, professionnelles, civiques et internationales, la vie des personnes, des groupes et des collectivités.C'est cette vie là, dans ses profondeurs.CHRETIENNES, c'est-à-dire éclairée par le Christ, mue par le Christ, transformée, vivifiée, rachetée par le Christ.La vie chrétienne ainsi comprise échappe à la paroisse.Sans doute, la paroisse est à pied d'oeuvre pour certains aspects de la vie chrétienne: la vie culturelle, la vie sacramentaire, la vie familiale, la vie de voisinage (pour les catégories sociales pour lesquelles le voisinage a encore une signification).Pour d'autres aspects fondamentaux — les plus déterminants pour le citadin — vie sociale élargie, vie culturelle, vie professionnelle, etc.la paroisse est mal placée, elle n'a pas d'instruments adaptés, elle ne peut avoir la compétence universelle requise.Quand on a compris que la vie chrétienne n'était pas un décor, un placage mais une assomption par la grâce pascale de toutes les réalités humaines dans leur complexité, dans leurs dimensions, il devient évident que l'unité d'apostolat ne peut être qu'une unité capable de voir cet ensemble, de le comprendre et de l'assumer.Surtout, que l'on ne considère pas ces réalités supra-paroissiales comme secondaires, comme n'ayant que des retentissements lointains sur la vie religieuse.Ces réalités, pour l'homme de la ville notamment, sont de plus en plus denses et contraignantes.Elles asphyxient lentement, si elles sont contraires, la vie religieuse et finissent par l'étouffer.On peut, au plan paroissial, multiplier les efforts, nous arriverons peut-être à sauver une partie de la personne par le phénomène bien connu du double secteur (vie familiale et personnelle saine, vie sociale et professionnelle matérialisée); en mettant les choses au mieux nous parviendrons avec les âmes d'élite à leur faire prendre conscience que leur vie professionnelle 311 est matériellement coupable et à maintenir en elle le regret de cette situation ( un professionnel engagé dans des pratiques de métier irrecevables, est souvent placé dans l'alternative d'accepter "matériellement" ces pratiques ou quitter son métier.Cette acceptation matérielle est à recommander quand elle permet une présence active, méthodique, capable avec le secours d'autres présences, de changer progressivement la mentalité puis les coutumes et les institutions qui la consacrent).Nous ne parviendrons pas à former des chrétiens complets.Une perspective missionnaire, une volonté arrêtée de christianiser tout l'humain conduisent nécessairement à dépasser la paroisse.2.- AUCUN APOSTOLAT NE PEUT ÊTRE ENTREPRIS SANS LA PAROISSE Cette evangelisation de la vie humaine dans toutes ses profondeurs ne peut être entreprise que par des hommes qui habitent sur la paroisse, qui chaque semaine vont participer dans une paroisse au sacrifice du Christ et entendent la parole de Dieu, qui de loin en loin entrent dans le confessionnal d'une paroisse et entendent les conseils personnels qui les aident à s'intégrer à l'Eglise.Ces hommes, dont nous avons besoin pour évangéliser le monde moderne, sont profondément dépendants de la vie paroissiale, du climat de nos assemblées, de l'esprit de toutes les institutions chrétiennes.On a beaucoup trop dit que l'évangélisation des milieux de vie — nous pourrions ajouter la christianisation de tous les phénomènes collectifs qui influencent la vie de nos cités — n'était pas du ressort de la paroisse.Sans doute, la paroisse n'est pas "située" pour organiser, diriger cet apostolat qui la dépasse de toutes parts et exige une certaine spécialisation que l'on ne peut pas demander à tous les prêtres de la ville.Mais, sans l'engagement de toute la paroisse dans une perspective missionnaire, nous chercherons vainement les ouvriers de cette oeuvre, et nous nous épuiserons vainement à les soutenir.Le repérage des personnes capables d'agir sur les phénomènes urbains, leur éveil à ces réalités supra-paroissiales et à leurs responsabilités apostoliques à leur égard, le soutien de ces chrétiens qui s'engagent, par la prédication, le confessionnal, le climat des assemblées chrétiennes, etc.toutes ces tâches qui conditionnent très étroitement le succès de tout effort missionnaire appartiennent en propre à la paroisse.En certaines circonstances, la paroisse, consciente de son rôle irremplaçable dans l'évangélisation de l'agglomération, devra pousser la générosité jusqu'à se priver de ses meilleurs ouvriers pour les orienter vers le "large", vers les engage- 312 ments apostoliques dans les milieux ou dans la communauté humaine globale.3.- RÔLE PRÉCIS DE LA PAROISSE URBAINE Il n'est pas aisé de déterminer avec précision le rôle de la paroisse urbaine car celui-ci dépend des secteurs de la vie de l'Eglise considérés.Ainsi, il est évident que la paroisse est l'unité par excellence de la vie liturgique alors qu'elle n'est plus, qu'elle ne peut plus être l'unité complète d'action apostolique.Nous allons successivement noter ce qui apparaît de la compétence certaine de la paroisse et ce qui, aujourd'hui, relève de la compétence d'une unité supérieure.Compétence de la paroisse urbaine La paroisse urbaine est le lieu normal de la vie liturgique et de la vie sacramentaire.On ne peut que se féliciter de voir les messes de groupes qui ont été un temps des petits laboratoires de la réforme liturgique, rejoindre la paroisse, lieu naturel et nécessaire de la rencontre du Seigneur et de son peuple.La paroisse urbaine est le lieu privilégié de la proclamation de la parole de Dieu et de l'enseignement.Nul doute, que le renouveau biblique ne donne à la prédication paroissiale un nouvel essor et de nouvelles possibilités.La paroisse ne peut cependant prétendre suffire à tout en ce domaine.Elle aura à se préoccuper avec les autres paroisses et les autres formes de présence de l'Eglise (les aumôniers et les religieux par exemple) de susciter des centres d'enseignement plus spécialisés et de les épauler.La paroisse est à pied d'oeuvre pour l'apostolat de voisinage.Pour certains milieux sociaux (Monde Ouvri«t et Classe Moyenne) et pour certaines catégories de personnes (femmes au foyer et enfants) le voisinage est une réalité particulièrement active.La paroisse est le centre naturel de l'organisation de l'apostolat de quartier.La paroisse par le climat engendré par la communauté chrétienne soit rassemblée à l'église, soit dispersée dans la vie, par son esprit, par ses usages, par l'équilibre de ses institutions et les priorités pratiques qu'elle donne à quelques-unes d'entre elles, exerce une influence plus profonde qu'on ne pourrait le soupçonner avant un examen attentif.Certaines paroisses sont des "terroirs" de militants, d'autres sont presque stériles "malgré leurs nombreux enfants", elles ont plus de feuilles que de fruits.Cette influence globale de la paroisse qui dépend d'un grand nombre de facteurs et exige pour être développée, autant de lucidité que de courage et de persévérance, joue un rôle considérable.313 La paroisse urbaine est en définitive le lieu où doit normalement aboutir l'effort de tous les mouvements d'évangélisation.Ces derniers n'ont pas rempli toute leur tâche quand ils n'ont pas amené les personnes qu'ils évangélisent au tabernacle paroissial.En retour, la paroisse urbaine doit sans cesse se renouveler pour être de plus en plus accueillante aux prodigues qui ont quitté la Maison paternelle comme aux étrangers qui n'y sont jamais entrés.L'accueil des prodigues et des étrangers fait de la paroisse un partenaire indispensable de l'apostolat missionnaire.La paroisse est enfin la plus petite unité qui donne le témoignage de la catholicité de l'Eglise.Déjà l'A.C.O.en assurant le regroupement des chrétiens diversement engagés dans la cité donne un témoignage d'unité.Ce témoignage, si nécessaire soit-il, n'est pas plénier.Il est un jalon vers le témoignage vraiment catholique donné par une paroisse dans laquelle des chrétiens de tous les milieux fraternisent réellement.Aujourd'hui, où le monde est travaillé par l'ardent désir d'une communauté universelle, seule garante de la paix, ce témoignage de catholicité a une portée exceptionnellement efficace.Sans lui, il est vain d'imaginer une evangelisation féconde: "qu'ils soient Un o Père, afin que le monde croie que tu m'as envoyé" a dit Jésus.Incompétence de la paroisse urbaine Après avoir affirmé l'apport considérable de la paroisse pour l'évan-gélisation tant des milieux de vie que de la communauté humaine globale, et précisé les formes complémentaires de cet apport, il faut dire avec la même force que la paroisse ne suffit pas; qu'elle appelle des échelons supérieurs pour diriger et poursuivre l'oeuvre qu'elle a commencée et qu'elle continue, à sa place de soutenir.A part l'apostolat de voisinage, les autres apostolats organisés, par leur développement même sur un territoire plus vaste, demandent d'être orientés par des organismes inter-paroissiaux.Ces organismes seront parfois, souvent même, dirigés par un prêtre du clergé paroissial mais ce prêtre agira en vertu d'un mandat particulier donné par l'autorité supérieure compétente et c'est à cette autorité qu'il aura à rendre compte de son mandat.L'évangélisation des milieux sociaux, la prise en charge des centres culturels, l'apostolat des centres d'influence urbains, etc.toutes ces activités ne peuvent être convenablement orientés que par des responsables situés, ou des équipes regroupées, au lieu qui permette une vue d'ensemble du phénomène.314 s X Pakorale Le journal d'un jociste missionnaire Un jociste missionnaire 23 novembre.Arrivée La journée de mon arrivée n'était pas très accueillante, journée pluvieuse et ennuyante.Sur le perron je vis disparaître l'automobile de mon aumônier venu me reconduire.A ce moment la solitude s'est emparée de moi, et durant une heure je me suis promené en pensant à bien des choses auxquelles je ne trouvais pas de réponse.Où habiter?Où travailler?Par où commencer mon apostolat?Comment me faire des amis?A toutes ces questions il fallait pourtant une réponse.Comment en sortir?Pour le moment j'ai jugé bon de tout remettre dans les mains de la Providence.Travail Le lundi suivant la date de mon arrivée, j'étais engagé comme manoeuvre briqueteur.Alors le premier matin, je me suis levé à 6 hres moins un quart.Il faisait un froid de loup.J'étais fier d'avoir frappé de l'ouvrage.Je me rends à 7 hres.Mais malheureusement, personne n'a- (1) Voici quelques extraits du journal d'un jociste missionnaire.Par discrétion nous avons voulu garder l'anonymat de l'auteur et celui de ses compagnons.Leurs noms véritables ont été remplacés par des noms fictifs.N.D.L.R.315 voit entendu parler de moi.Alors je m'en suis revenu un peu découragé parce qu'il faut dire que j'avais fait 1 mille à pieds et qu'il me fallait revenir bredouille.Après quelques appels téléphoniques, le midi je commençais à travailler au pic et à la pelle.Ce n'était pas drôle, il faisait 20° degrés sous zéro, mais quand même je remerciais le ciel de pouvoir travailler pour gagner mon pain.Etude du milieu Ici les gars roulent dans l'argent, ils sont très indépendants, en un mot c'est la mentalité de ville: "my business, your business".A la ville voisine: esprit de gang assez évolué, esprit paroissial, c'est bien.Problèmes Comme partout ailleurs les problèmes sont les mêmes: boisson, mauvaises fréquentations, mauvais langage, manque d'amitié, indépendance, etc.Ici je dois avouer, qu'avant de partir de chez moi, je n'avais pas connu l'ennui, mais aujourd'hui dans la solitude, c'est terrible.Comme je pense à ceux que j'ai laissés chez nous, et surtout à Lisette, mon amie.Oui je m'étais habitué à sa présence et une séparation comme celle-ci, ça fait un peu mal en dedans.Mais il ne faut pas se laisser abattre par ces difficultés il faut vaincre à tout prix, même s'il faut laisser sa peau.Le soir après ma journée, avec un peu de fatigue, je vais au restaurant pour discuter avec les gars de leurs problèmes.Yvon est venu me rejoindre pour m'aider dans la fondation de la J.O.C.C'est un gars formidable dans la force du mot.Dans l'espace d'un rien de temps, il se fait l'ami de tous.J'aimerais posséder cette qualité, mais pour moi c'est plus dur de me faire accepter.J'ai l'air trop sévère, un peu dictateur, tempérament trop bouillant.J'espère améliorer ces imperfections.Connaissance de Bernard Un soir au théâtre, je faisais la connaissance de Bernard, un gars de 6'3", plein de générosité, très intelligent, caractère de chef.Dès le premier jour j'ai senti que ça deviendrait un pilier pour la J.O.C, les pages qui suivront diront si je me suis trompé.A partir de ce moment je rencontre régulièrement Bernard.Nous échangeons nos idées, mais avec lui il faut y aller avec doigté parce qu'il tient à ses idées, et il n'est pas facile à manier.Bernard pensionne dans la Ville.Sur le côté financier, rien à lui reprocher, mais plusieurs autres problèmes le tracassent.Après avoir discuté avec lui, il décide de changer de pension parce qu'il n'avait rien de bon à tirer à ce dernier endroit.15 janvier.Lancement des activités du Système D.Après quelques réunions, nous décidons de lancer le SD qui aurait pour but de renseigner les jeunes travailleurs sur leurs problèmes, 316 de les étudier plus adéquatement et d'y apporter une solution concrète.Le SD intéresse les gars.Après avoir distribué les cours à des gars différents pour partager les responsabilités, on se met en marche.Cercle d'étude Le cercle d'étude se fait régulièrement le lundi soir.La discussion est bonne, malgré qu'il manque un peu de discipline.Les gars arrivent en retard ou partent avant la fin de la réunion, d'autres ne viennent pas.Mais durant tout ceci, il faut rester très patient et ne pas s'en faire.Les gars se trouvent très occupés et ne trouvent pas le temps nécessaire pour préparer l'action.Il faut dire qu'il ne faut pas trop parler de la mystique de la J.O.C., ils ont très peur de cela.Même quelques-uns veulent marcher contre l'évêque et les aumôniers.Les gars sont très orgueilleux, donc il ne faut pas trop les presser parce qu'on va les perdre.Echec Les gars ne s'engagent pas facilement, plusieurs ont des caractères difficiles.Il faut être très prudent avec eux, et les endurer songeant qu'un jour ils changeront.La réunion du SD est un échec total.9 gars étaient présents, alors nous avons été obligés de canceller le cours et le remettre à l'autre semaine.29 avril Beau soleil, ça met un peu de joie au coeur.Quelques difficultés avec mon propriétaire au sujet de ma chambre qui me coûte $50.00 par mois.Alors ça me coûte $116.00 pour vivre.Bernard va très bien, il est "peppé" depuis qu'il a rencontré l'Abbé; espérons qu'il restera plein de vigueur.Nous parlons de fonder la caisse des jeunes travailleurs, ça l'air de prendre auprès des gars.Nous allons l'étudier à fond avant de la lancer.Aujourd'hui je retire $22.00 d'assurance-chômage.Il était temps parce que a commençait à faire dur mais maintenant me voilà riche!!! 29 avril Soir Solitude La solitude pour un gars de 24 ans, c'est terrible.Pour ce qui me regarde j'en fais beaucoup, pas parce que j'aime ça mais pour moi c'est nécessaire pour réfléchir, méditer, prier, penser à tous mes gars, en particulier, et les recommander à Dieu pour qu'il les engage à son service et fasse d'eux des apôtres.Ce soir après avoir lu 1 Vi hre dans la bible, j'ai médité sur ce que j'avais lu, ensuite je suis allé me promener dehors pour faire une méditation sur ma mission ici.Pourquoi Dieu m'a-vait-ll choisi à la place d'un autre, ça ne je ne le sais pas et probable- 317 ment que je ne le saurai jamais.Je le remercie de tout mon coeur pour cette grande grâce.Prier et encore prier Pour la réussite de ma mission j'ai une très grande confiance en Dieu, pour arriver à changer ou à provoquer une transformation chez les gars, ce n'est sûrement pas moi, avec mes petites possibilités qui peut arriver à bonne fin.Je suis assuré que tout le travail c'est le Christ qui l'accomplit en nous, nous ne sommes que des instruments bien inutiles.Alors pour ne pas manquer mon coup, sans cesse je me réfère à Dieu par la prière en lui demandant d'augmenter en moi l'Amour que je ressens pour Lui, pour que de jour en jour, je mène une vie plus intensément chrétienne.De cette manière mes efforts et mes actes auront certainement plus de répercussion et de portée vis-à-vis les jeunes travailleurs et tous ceux qui m'entourent.Ce que je demande à Dieu en terminant c'est d'influencer chaque acte de ma vie.Est-ce que ma méthode est bonne?Pour moi, oui.6 Mai Une discussion sur l'épargne devait intéresser tous les gars, mais malheureusement il n'y avait que 11 gars qui assistaient.Que devions-nous faire?canceller le cours ou être déterminé à le rendre jusqu'au bout.Pour ceux qui me connaissent vous pouvez imaginer ce qu'on a fait.Avant le cours, pour que les gars ne s'impatientent pas nous avons joué au ballon volant % hre.Ensuite on a divisé le groupe en 2 pour discuter les questions.Ça bien été.M.Guy Paré, gérant de la Banque de Montréal, tira les conclusions.Il fut très intéressant.Difficulté La semaine passée Yvon, en compagnie de quelques jocistes, disait: "Vous devriez lâcher tout parce qu'il fait trop beau, les gars ne viendront pas".Alors vous comprenez que les gars ne demandaient pas mieux, ils ont sauté sur cette suggestion.Or vous pouvez imaginer que je n'étais pas du tout d'accord.Pourquoi?Parce que pour la première chose qu'on organisait, il fallait aller jusqu'au bout.Si nous avions coupé, les gars se seraient dit, j'imagine: "si tout ce qu'il organise tourne comme ceci, ça ne vaut pas cher".Et quelle difficulté aurions-nous rencontrée pour organiser d'autres activités?Jacques me disait: nous autres ça ferait longtemps que nous aurions lâché tout ça.Et là, j'ai hâte d'être rendu à la fin, pas pour que ce soit fini, mais pour dire, nous avons tenu le coup, nous sommes fiers du travail accompli.Quand on veut, on peut, et nous l'avons prouvé.Amour Pour moi, ce fut un des plus gros efforts, que j'ai dû passer, que de laisser celle que j'aime.A vrai dire je n'avais pas connu l'ennui 318 jusqu'à ce jour, mais aujourd'hui ça y est.Je tâche de me contrôler.Il faut faire quelque chose, je crois qu'il faut tout oublier pour ces deux ans pour ne penser qu'à la J.O.C.Comme le Père Roy, je devrai faire de l'extrémisme.C'est alors que j'ai décidé, bien attendu avec Lisette, de cesser de s'écrire et de téléphoner.De cette manière elle souffrirait moins, et moi de mon côté puisque j'ai beaucoup reçu, il me sera beaucoup demandé.9 Mai Ce soir avait lieu le cercle d'étude comme à l'habitude, le lundi soir.Je crois que ce fut le plus emballant.La discussion fut très chaude, et les gars évoluent bien.Nous avons parlé de la caisse de prévoyance, de ses buts.Les gars sont vraiment très intéressés à ce genre d'activité et sont unanimes à dire que c'est une nécessité pour répondre au problème de l'épargne en ce quf concerne les jeunes travailleurs.Activités Les gars que nous avons jusqu'ici sont vraiment très occupés par le Jeune commerce.Pour bien faire il leur faudrait lâcher cette organisation pour se consacrer plus entièrement à à J.O.C.A mon avis ça leur serait beaucoup plus profitable mais c'est difficile à faire admettre.Avec le temps ça viendra, il faut être patient.Ce soir une petite discussion sur ce sujet: à mon avis, quelques-uns commencent à comprendre que la J.O.C.va leur rapporter plus parce que la méthode est plus parfaite, et que ce sont nos propres problèmes que nous essayons de résoudre avec la méthode bien connue "Entre eux, Par eux, Pour eux".La J.O.C.en plus d'avoir tout ce que le Jeune Commerce possède, elle vise plus haut, c'est dans toute la personne humaine qu'elle veut que se répercute son activité.L'engagement personnel et apostolique de chacun de ses membres du premier au dernier.Elle veut créer une transformation intérieure basée sur la double vocation humaine et divine du jeune travailleur.Nous avons parlé d'une récollection prochaine, c'est-à-dire le 14 mai au soir, un samedi.Les gars ont bien réagi; il reste à attendre les résultats avec confiance et remettre le succès entre les mains de Marie notre mère pour qu'Elle nous obtienne la grâce pour ces jeunes travailleurs.7 Mai Pour pouvoir développer l'amitié entre les gars et moi, il faut leur rendre service; alors je ne manque pas l'occasion de le faire.Samedi le 7 mai de 10 hres le matin à 9 hres le soir, je vais aider à Bernard à défaire son char.Il fallait changer le "fram".Bernard Ces jours-ci Bernard rencontre une fille qui a l'air de lui plaire.Alors ça prend un peu ses pensées.Il me téléphone et me dit que ça ne 319 lui tente plus de faire de la J.O.C.Au premier abord, je prenais ça pour une farce parce que les gars savent que je mords vite et quelques fois ils font exprès pour me faire jaser.Cette fois-ci c'était pour vrai, îl m'a rappelé une seconde fois pour me dire la même chose.Alors j'ai commencé à le croire.A ma première rencontre avec lui, je prends bien garde de lui en parler.Je vais au théâtre avec lui.Malgré mon inquiétude je ne fais voir de rien.Il faut qu'il vienne à la récollection du 14 mai.Je crois que ce sera ma porte de sortie et de ce fait qu'il se laisse toucher par l'appel que la jeunesse travailleuse lui fait.Je compte beaucoup sur lui parce que c'est un type formidable.14 Mai Tout d'abord, avant de donner le résultat de la récollection, je dois dire que ça n'a pas été facile de recruter les gars.A 4 hres de l'après-midi quelques-uns étaient décidés à venir, les autres ne marchaient pas.Alors je me suis dit: il ne faut pas se décourager, c'est le Christ qui travaille en nous, donc c'est Lui qui décide avec notre collaboration.Après avoir appelé tous les gars et essayé de les décider, je remets le tout dans les mains du Maître et attends patiemment.Résultat A 8 hres à l'Elan, petit camp à 18 milles de la ville, le nombre de gars qui devaient venir à la récollection était complet: 17 gars étaient rendus, dont les chefs d'équipe.Nous avons divisé le groupe en deux pour la discussion.Cela fut formidable: les gars étaient très peppés, et tous s'en sont retournés, très satisfaits.Je recueillerai quelques impressions des gars que je prendrai soin de noter à la suite.Bernard Après lui avoir téléphoné 4 fois, il avait toujours l'idée de ne pas venir.Alors je lui ai dit: Emile va passer te prendre et si tu décides de ne pas venir, tu n'auras qu'à lui dire que tu es malade.Tu es libre de faire ce que tu veux.Quelques quarts d'heure plus tard, je ressentais une joie particulière lorsque je vis Emile accompagné de Bernard qui nous suivaient.Nouveaux jocistes On pourrait appeler les 14 nouveaux jocistes, les pionniers de la région.En effet, nous ne sommes plus 2, mais 16 à porter la responsabilité de la fondation.Encore une fois nous remercions le Christ ouvrier de seconder nos efforts pour permettre à la J.O.C.de s'étendre dans le monde.Notre confiance ne fart qu'augmenter, et je suis encore plus convaincu de notre réussite auprès des gars.25 Mai.Fondation de la caisse Ce soir, on se réunissait pour fonder officiellement la caisse des jeunes travailleurs.La rencontre a débuté à 7Vi hres à la caisse popu- 320 laire.10 gars étaient présents, ceux-ci sont devenus les premiers sociétaires de la caisse.L'équfpe de la caisse était en charge de la rencontre.Pierre chef d'équipe était très encouragé.Réjean prenait pour la première fois sa charge de trésorier.Lui aussi était fier.Déjà Pierre a 4 equipiers et chacun a sa responsabilité particulière.Le premier dépôt était de $32.70.Tous les gars savent comment marche la caisse; ainsi on évitera des difficultés plus tard.Pas franchi Un autre pas sérieux vient de se faire dans la fondation.L'argent n'est pas le but, mais la formation à travers cette activité.Formation personnelle par l'économie.Education de la volonté, sage utilisation de l'argent, une plus grande sécurité face au mariage.Apprendre l'économie par la petite épargne.Si on remarque tout cela, on a vite fait de s'apercevoir que ce n'est pas un but matériel sur le plan monétaire, mais bien de la formation, de l'éducation du sociétaire.Tout ce plan prépare bien un vaste champ qui favorise une revision de vie intéressante, revision de vie personnelle, chrétienne.Equipe Depuis le début, les responsabilités ont été accomplies par les mêmes gars, ce qui veut dire que l'équipe est stable, et que je peux dans l'avenir compter sur elle.Je crois que c'est nécessaire de bien choisir les premiers gars contactés parce que ce sont eux qui ont à fonder et non moi seul.Il faut avoir beaucoup de patience et ne pas se décourager, freiner à chaque jour l'action partie pour permettre aux gars d'évoluer avec cette dernière, sans ça ils embarquent inconsciemment et ça devient dangereux pour les activités déjà lancées.Alors, allons à pas sûrs et non à l'épouvante.Cercle d'étude.30 mai 60.Nous commençons à travailler l'équipe qui est le noyau de la J.O.C.Au fur et à mesure que les équipes se forment on étudie comment procéder.1ère équipe: cercle d'étude.On s'est efforcé de développer l'amitié et un esprit d'équipe nécessaire pour la stabilité du groupe.2ème équipe: caisse d'établissement.Pierre chef.Réjean trésorier.Ils ont ontacté 2 equipiers jusqu'ici et cette équipe est en belle voie de formation.3ème équipe: J.O.Jacques, pour le moment.Il est seul car il croit pouvoir faire ce travail seul.Bernard lui a expliqué qu'il fallait que ce sort un travail en équipe pour aider la bonne marche de cette dernière activité, et pour suivre la méthode de la J.O.C.qui a donné jusqu'aujourd'hui de si beau résultats.4ème équipe: camping.Gaston.Nous allons avoir un peu de difficulté avec lui mais l'on compte bien réussir.321 5ème équipe: fichier.Jean-Guy.Il tire la patte; il va falloir lui donner un chef d'équipe parce qu'il n'a pas assez d'initiative.Avant de choisir un chef, il faut bien se renseigner pour voir s'il a vraiment des qualités de chef, de meneur d'hommes.Autrement ça cause un problème et ça retarde l'évolution de plusieurs gars.6ème équipe: scrap-book.Gérard, celui qui était en charge, est tombé malade.Il faut le remplacer.Nous allons trouver un gars capable de prendre la charge qui correspondra à ses aptitudes et Gérard deviendra son équipier.Pour les sports, nous formerons des équipes prochainement pour assurer une bonne organisation des loisirs actifs.Revision de vie ouvrière Les gars commencent à comprendre l'importance de la revision de vie ouvrière et la place qu'elle doit prendre.Elle est nécessaire d'abord pour nous coller aux problèmes de vie et ensuite pour pouvoir étudier les problèmes et apporter des solutions concrètes.Sans ça, la J.O.C.n'atteindrait pas son but.Sans faits de vie, pas de J.O.C.Bernard Il continue à évoluer.Toujours le gars très sérieux.Il prend à coeur sa responsabilité, il commence à méditer à haute voix et parle du Bon Dieu comme si c'était déjà naturel pour lui.On s'aperçoit que ça le gêne un peu mais c'est bon de le voir évoluer.Session intensive Bernard et Denis, les deux nouveaux présidents, acceptent de venir à la session intensive du 23 au 27 juin à St-Jean.Encore un beau geste de leur part parce qu'ils doivent prendre une semaine de vacances.Je suis toujours plus confiant et demande au Christ de continuer à seconder mes efforts parce que, sans Lui, on n'y peut rien.Travail Depuis samedi le 27 mai on travaille à l'Elan comme bûcherons.Ça fait du bien de reprendre une vie normale après 1 Vi mois de chômage.Franchement il était temps, parce que j'étais en train de moisir.Nous en avons pour quelques semaines 9 juin.Fédé Le 9 juin avait lieu le premier comité fédéral.Nous étions 3.Les deux missionnaires et l'aumônier.La fédération est définitivement fondée.Un autre pas important vient de se faire.Ceci permettra de mettre en commun nos expériences qui seront certainement un bon moyen pour améliorer chacune de nos sections.Et en plus c'est plus facile d'échanger entre 2 gars et faire les remarques.Autrement c'est difficile de se comprendre.322 Bernard De ce temps-ci Bernard me donne du fil à retordre.Il vient de s'acheter un bateau, et ça le préoccupe beaucoup.Samedi il m'a laissé entendre qu'il ne pouvait pas venir à la session parce qu'il devait prendre une semaine de vacances par cause de fatigue mais je ne crois pas que ce soit la raison.De plus il m'a fait le reproche de ne pas le voir assez souvent.J'ai donc accepté le reproche et lui ai dit que je m'efforcerai d'être plus présent.15 juin Avec Bernard, je vais à la section de mon compagnon pour expliquer la caisse des jeunes travailleurs.Il était très emballé.Je crois que nous viendrons à l'embarquer.Il m'a dit que la responsabilité du présFdent était rendue trop forte pour lui et qu'il avait un gars dans le CE.qui pourrait le remplacer et que lui il lâcherait tout.Je lui ai répondu: "Si tu crois que tu n'as rien à apprendre, tu peux lâcher.Et aussi si tu crois que les autres n'ont pas besoin de toi.Réfléchis sur ces deux points et tu m'en reparleras." Le 4 juillet Me voici de retour encore une fois, après une absence d'une dizaine de jours.Je suis très fatigué.Ici, rien pour me remettre d'aplomb.Cette semaine il n'y a pas eu de cercle d'étude.Bernard avait décidé ça.Je n'ai pas besoin de dire que ça m'a donné un coup dans le coeur.Quelques heures plus tard j'apprends par mon compagnon missionnaire que Bernard avait démissionné.Comme réaction subite, je n'ai rien fait mais tout l'après-midi et le soir dans une solitude accablante, je pensais au point de me fendre la tête.Il m'était impossible d'oublfer, ne fusse que pour un instant, la J.O.C.pour me reposer.Dans ma constitution, lorsqu'un problème n'est pas réglé, je ne dors pas, je cherche une solution tant qu'elle n'est pas venue.Ma première action a été d'offrir au Christ ouvrier ce qui arrivait et de tout mettre dans les mains de la Sainte Vierge qui comprend si bien ses enfants.Réflexions par-dessus réflexions.Il fallait rencontrer Bernard et discuter avec luf.Je lui ai dit: "Je suis d'accord, tu es trop occupé, mais tes occupations ne te serviront pas pour plus tard ni à toi ni aux autres." C'est qu'il possède 3 chars, 2 bateaux, fait un gros salaire et chez lui est servi comme un roi.Je lui ai demandé s'il voulait que je luf dise ce que je pensais de tout ça.Il a dit oui.Alors je lui dis: "Tu es égoïste comme j'en ai jamais vu, et c'est naturel, je serais probablement comme toi." Ça l'a sûrement piqué un peu mais je ne peux me permettre de jouer au bébé avec lui."Depuis 6 mois, tu semblés t'amuser, et en même temps agir comme un homme.Embarque ou débarque, je n'ai pas de temps à perdre".323 Dans mon voyage j'ai coupé toute relation entre moi et Lisette.Depuis IVi ans que je la fréquentais, pas besoin de dire que j'étais très attaché, j'avais même l'intention de la marier un jour.Mais la J.O.C.m'a aidé à découvrir que nous avions difficilement le même idéal, chose indispensable pour assurer le bonheur du foyer.J'ai eu toutes les misères du monde pour me convaincre de ça mais j'ai réussi avec l'aide de Dieu.Aujourd'hui tout est fini entre elle et moi.Ce qui reste s'éteindra avec le temps.Bernard Il évolue progressivement.En revenant d'une rencontre avec l'aumônier, il propose de faire une prière devant le terrain auquel nous tenons .C'est tout de même formidable, comme un gars peut changer dans si peu de temps.Il me disait il y a quelques jours, qu'il avait une grande confiance dans la prière.Si jamais notre projet est mis à exécution, ce sera un recrutement sans précédent parce qu'il sera réalisé entièrement par les jeunes travailleurs à partir des plans jusqu'aux derniers clous plantés.Faire d'eux des chefs capables de penser le mouvement, d'assurer la relève des chefs.Il faut qu'ils deviennent des apôtres convaincus, capables d'affronter n'importe quelle difficulté qu'ils auront à rencontrer.PASTORALE EN MARCHE Gaston Morissette, o.m.i.Un volume de 200 pages En vente: Editions Rayonnement PRIX $Z.uU 2575 rue Létourneox — Montréal (Plus 10% pour frais de poste) 324 Jacques LAZURE, o mi.La paroisse a besoin de chefs laïcs professionnels Sans crainte de se tromper lourdement, on peut affirmer qu'en général, l'apostolat des chefs laïcs, dans les cadres et au service de la paroisse, ne manifeste pas chez nous une vitalité exubérante.On attend encore, il est vrai, des études d'ensemble qui nous révéleraient crûment la situation exacte dans ce domaine.Il reste, cependant, qu'une observation de première main des faits qui nous entourent, plus quelques coups de sonde jetés ici ou là de manière systématique, nous forcent déjà à concéder qu'un sérieux examen de conscience s'impose dans ce champ de la pastorale et qu'une revision de notre comportement là-dessus s'avérerait probablement d'une grande utilité pour le bien de la religion.Faiblesse du "leadership" laïc En tout cas, plusieurs des nôtres connaissent un bon nombre de paroisses où les groupements de tout acabit pullulent, mais sans atteindre et vivifier une portion notable des fidèles.Car, trop souvent, c'est la même poignée de membres et de chefs que l'on retrouve invariablement, d'un mouvement paroissial à l'autre! Tout juste si les mêmes âmes pieuses inscrites Enfants de Marie ne portent pas aussi la bannière des Dames de Sainte-Anne!.Sans compter que, dans une bonne mesure, les dirigeants de nos groupes paroissiaux ne font pas montre d'un savoir-faire et d'un sens du gouvernement qui seraient au diapason de leur bonne volonté, en même temps qu'appropriés aux exigences plénières des objectifs de leur mouvement et aux besoins pressants de la communauté paroissiale.Le problème se pose d'une manière plus aiguë encore, dans les centres urbains.Il n'est pas question, ici, de dresser un vigoureux réquisitoire contre nos confrères, les curés et vicaires.Ces pauvres pasteurs d'âmes, ce Sociologie 325 qu'on leur tape dessus, de ce temps-ci! Ils sont devenus les boucs émissaires sur qui retombent impitoyablement les fautes de la chrétienté et les défectuosités de la pastorale! Pourtant, ce ne sont pas eux, les responsables du vaste et rapide chambardement des conditions sociales qui s'opère dans notre monde et qui, à lui seul déjà, remet en question des méthodes courantes d'apostolat et appelle des solutions pastorales toutes neuves.Un des problèmes les plus cruciaux, à l'heure actuelle, touche le travail de direction et de commande des laïcs — ce que les Américains appellent d'un terme difficilement traduisible: le "leadership" —, dans le secteur de l'apostolat paroissial.Pour le sociologue qui, en tant que tel, évolue au palier des réalités sociales de ce monde, il n'est pas du tout surprenant que le "leadership" laïc, dans nos paroisses, présente des traits aussi pâles et anémiés.Les structures et normes sociales dans lesquelles s'encadre ce "leadership", de même que les conditions réelles de son fonctionnement, impliquent, au point de vue sociologique, un ensemble de caractères prohibitifs.Présentement, les chefs laïcs de nos paroisses peuvent difficilement exercer une influence étendue et profonde sur leur communauté paroissiale, à cause d'un certain nombre de caractéristiques sociales qui affectent, en général, leur apostolat de leaders.Caractéristiques de l'apostolat des chefs laïcs 1 — L'apostolat paroissial ne permet pas l'emploi à plein temps des journées de travail et des énergies des chefs laïcs.Les tâches auxquelles ils se consacrent, dans les différents mouvements paroissiaux, n'occupent que leur temps de loisirs ou de repos.C'est du travail supplémentaire qu'ils accomplissent, en sus de leur besogne régulière au magasin, au bureau, à l'atelier ou à la manufacture.2 — Dès lors, l'apostolat des chefs laïcs n'offre pas le caractère de stabilité et d'engagement définitif que tout emploi régulier, à plein temps, comporte, de manière générale, même dans les positions les plus exposées au chômage.Un membre de la société Saint-Vincent de Paul, par exemple, n'accepte pas, d'ordinaire, la présidence de son groupe avec le dessein d'y consumer, si possible, toutes les années de sa vie de labeur.Le chef laïc des mouvements paroissiaux est essentiellement un apôtre de passage! 3 — En outre, c'est un apôtre bénévole! Dans la plupart des cas, il n'est pas rémunéré financièrement.Dans le contexte d'une civilisation où l'argent s'est taillé une place de choix, d'une économie boursouflée et 326 haletante, sans cesse en quête d'un standard plus élevé, alors que le coût de la vie lui-même monte en flèche, un tel apostolat gratuit n'est vraiment pas de nature à susciter de nombreux dévouements et assurer, surtout chez le sexe masculin et les pères de famille, l'élan et la continuité des efforts apostoliques.4 — Dans ces conditions, l'apostolat des chefs laïcs ne forme pas la trame quotidienne de leur vie de travail, il ne constitue pas un emploi ou une profession, au sens strict du terme.5 — En conséquence, il ne revêt pas, aux yeux des leaders laïcs, l'importance primordiale que toute profession occupe dans la vie d'un adulte et qui en fait le centre même de son existence et de ses intérêts.Dans la psychologie des chefs laïcs, leur travail apostolique reste bien souvent une activité subsidiaire, para-professionnelle, qui évolue à la périphérie de leurs préoccupations maîtresses.6 — De plus, l'apostolat paroissial des chefs laïcs ne reconnaît pas de normes ou règles au moyen desquelles sa valeur et son efficacité puissent être estimées et récompensées moralement.Sans un système d'appréciation des mérites et de promotion sociale, il devient malaisé au commun des mortels, fussent-ils apôtres du Seigneur, de maintenir leur enthousiasme au travail et de persévérer dans leurs saines ambitions.L'Eglise elle-même, dans la structure de son Droit canonique, a reconnu pour ses clercs la valeur stimulatrice d'un tel système de sanctions.7 — L'apostolat des chefs laïcs doit encore, bien souvent, s'inscrire et s'exercer à l'intérieur de cadres plutôt rigides.Les normes et procédures des groupements paroissiaux, parfois préétablies depuis longtemps par un seul homme, font trop peu de cas des attitudes, sentiments et réflexes de nos laïcs, formés de plus en plus, au niveau de la vie sociale et politique, à l'esprit démocratique, à la discussion libre et à l'auto-déter-mination.Manque de prestige professionnel Bref, le "leadership" laïc de nos paroisses ne baigne pas dans une atmosphère et n'est pas soumis à des conditions sociales aptes à lui garantir un degré convenable de prestige professionnel et d'efficacité apostolique.11 n'est pas haut coté dans l'échelle des activités humaines et chrétiennes.Au point de vue social, il n'a pas, "de facto", grand'chose de séduisant et d'honorable; il offre peu de chances de succès et d'achèvement 327 de la personnalité.Malgré toute sa valeur surnaturelle "de jure", son pouvoir d'attraction des élites demeure étonnamment faible.On s'explique alors pourquoi les fonctions de leader laïc, dans nos paroisses, sont si peu convoitées, pourquoi elles n'exercent aucun magnétisme puissant sur les fidèles en général, encore moins sur les adultes compétents et experts, sur les personnalités d'envergure dans quelque domaine que ce soit.Indolence pour les oeuvres paroissiales A cet égard, les enquêtes de la Grande Mission de Montréal, tenue en 1960, ont mis à nu, chez les fidèles, des attitudes d'apathie paroissiale presque effarantes, en tout cas sûrement révélatrices d'un problème critique.A la question: "à quoi préférez-vous consacrer une notable partie de vos temps libres", seulement 4.6% de l'échantillon canadien-français du diocèse ont répondu: "aux oeuvres diocésaines ou paroissiales".Ainsi, la préférence à regarder la T.V.(88.4%), à pratiquer un sport (9.8%), à regarder les joutes sportives (9.0%), à se rendre au cinéma (7.1%), a nettement supplanté le désir d'employer une notable partie de son temps libre aux oeuvres diocésaines ou paroissiales.Ce dernier désir s'est classé au bas de l'échelle, en compagnie (assez peu respectable, l'on en conviendra!) de celui de faire des "parties" (2.2%), d'aller à la taverne (0.9%) et dans les grills (0.3%).Une telle échelle de valeurs, que l'on retrouve à peu près identique, dans certaines études américaines de sociologie religieuse, a de quoi jeter l'inquiétude dans les coeurs et poser un énorme point d'interrogation au sujet du rendement apostolique de nos oeuvres paroissiales.Dans le jugement à porter sur les causes de cet état déplorable, on peut trop facilement s'en prendre à la baisse de la foi et de l'esprit religieux chez les nôtres, à l'ambiance d'hédonisme et de matérialisme qui enveloppe notre société, au manque de dévouement et d'esprit social de nos fidèles.Ces facteurs, à coup sûr, peuvent rendre compte, en partie, de l'indifférence des gens vis-à-vis des oeuvres paroissiales.Mais on exagérerait décidément leur portée, si l'on s'en servait à toutes les sauces! A mon avis, une des grandes raisons, peut-être la principale, de cette désaffection des chrétiens à l'endroit des oeuvres paroissiales réside précisément dans le fait que le "leadership" laïc ne forme pas une véritable profession, au sens technique et rigoureux du terme.S'il en était une authentique, avec la stabilité, la sécurité et le prestige socio-économique qu'on reconnaît normalement à toute profession, il me semble qu'il pour- 328 rait exercer un attrait irrésistible sur plusieurs laïcs compétents, exploiter des talents précieux en mal d'action apostolique et stimuler des coeurs généreux assoupis.La profession vit en dehors de la paroisse Plusieurs études de sociologie religieuse ont déjà souligné le rôle réduit, presque insignifiant, joué par la paroisse urbaine dans la vie économique et sociale de ses membres.Elle y commande une influence bien restreinte; son pouvoir de cohésion et d'intégration sociale est vraiment débile.Or, aux yeux de qui examine attentivement la situation, il apparaît que la réalité de la profession, entendue au sens technique de cet ensemble d'activités socio-économiques par quoi chacun exerce un métier, gagne sa vie et fait carrière, cette réalité-là, dis-je, n'a pratiquement pas été incorporée et intégrée, chez nous, à la paroisse des villes industrielles et commerciales.Elle n'a pas été subsumée par la paroisse comme telle et utilisée à ses fins religieuses et dans ses cadres de cellule ecclésiale.Il n'y a pas de professions qui se sont constituées et qui continuent de se pratiquer, surtout dans les villes, à l'intérieur même de la vie apostolique de la paroisse et sous son impulsion dynamique.En définitive, la profession et la paroisse, surtout urbaine, se sont côtoyées jusqu'ici, peut-être coudoyées, mais elles ne se sont jamais unies intimement.C'est là, je crois, une des causes prédominantes du manque de cohésion sociale des paroisses urbaines.Il n'est pas besoin d'adhérer au marxisme pour soutenir que la profession implique un faisceau de valeurs socio-économiques qui la situent au centre même de la pensée et des actions de la grande majorité des gens.Pour eux, la profession, c'est le nerf de leur vie; c'est l'ossature même de leur existence! Or, encore une fois, ces valeurs de la profession comme telle, non seulement la paroisse moderne ne les a pas engendrées, mais elle ne les a même pas recueillies du dehors pour se les approprier et les assimiler, "ad incrementum suum".Il est grand temps qu'elle le fasse! Autrement, les fidèles vont se désintéresser de plus en plus des oeuvres paroissiales.On pourra, encore moins que par le passé, recruter de vrais chefs laïcs intelligents, compétents et pleinement consacrés à leur tâche apostolique.On ne saura rallier, comme c'est trop souvent le cas à l'heure actuelle, qu'une brassée de "bonnes volontés" au zèle peut-être ardent mais à l'esprit inculte et borné! 329 Création de professions paroissiales Voilà pourquoi il me semble urgent que la paroisse crée au plus tôt un certain nombre de professions strictement paroissiales, à remplir par des chefs laïcs; qu'elle "institutionnalise", en vue de son service, certains emplois ou fonctions qui jouiraient de tous les caractères propres à une profession enviable.Tantôt, j'affirmais que la paroisse n'avait pas donné naissance aux professions.Si! Il s'en trouve une: celle de bedeau! Mais elle est à peine une exception.Car, tout d'abord, elle n'a, comme carrière sociale, rien d'alléchant et de prestigieux! Pour diverses raisons qu'il serait malséant de dévoiler ici, tout le monde sait très bien que cette profession ne peut s'honorer de compter dans ses rangs bien des gens d'élitel(l) Et puis, le sacristain est, avant tout, préposé au culte et aux biens matériels de la paroisse; son travail ne regarde pas directement la paroisse comme groupement social.La nécessité subsiste donc de former et d'instituer de véritables professions paroissiales à caractère social, qui constitueraient des emplois à plein temps, rémunérés au moins selon les lois du marché des professions courantes et possédant des cadres assez flexibles et des normes assez souples pour permettre aux chefs laïcs, sous la direction de leurs prêtres, de déployer toutes grandes leurs ailes et d'actualiser toutes leurs énergies potentielles.De la sorte, la paroisse aurait chance d'attirer les talents les plus riches et les plus prometteurs.La profession, désormais intégrée à la structure religieuse de la paroisse, se valoriserait et se christianiserait davantage aux yeux des fidèles.Elle assurerait aux chefs laïcs professionnels une participation plus intelligente et plus dynamique à l'apostolat de la hiérarchie.La paroisse pousserait alors des racines plus fortes et plus creuses dans le sol socio-économique de ses membres et pourrait, par le fait même, opérer parmi eux une union plus étroite.Quelques exemples de professions paroissiales A titre de suggestions encore imparfaites, voici quelques professions paroissiales que l'on pourrait instituer.Un maître de chapelle, par exemple, diplômé d'une Ecole supérieure de musique sacrée et de liturgie, (1) Il serait passionnant de mener une étude sociologique des sacristains* de chez nous, de leur quotient intellectuel et de leur éducation, de leur rang social, leur comportement extérieur, leur salaire, etc.Les conclusions risqueraient d'être suggestives!.330 aurait de quoi occuper tout son temps et ses capacités au dressage d'un choeur paroissial de bon goût et d'un certain raffinement.(2) Il pourrait aussi entraîner graduellement différents sous-groupes de fidèles, de manière à hâter l'application effective des nouvelles lois liturgiques sur la participation plus active de la paroisse à la messe dominicale.Dans un autre domaine, un directeur athlétique paroissial, jouissant de la formation supérieure d'un Institut universitaire d'éducation physique, pourrait se faire une carrière dans l'organisation de la vie récréative des jeunes et servir ainsi de contrepoids aux exploiteurs professionnels des jeux commercialisés.De concert avec la Commission scolaire, la paroisse pourrait fort bien aussi embaucher un orienteur professionnel, qui se mettrait au service des élèves et des parents, afin de faciliter aux jeunes le choix de leurs études et de leur carrière.Un bibliothécaire de profession saurait mettre sur pied une bibliothèque abondante, ouverte à tous les paroissiens, et qui serait de nature à neutraliser les exhalaisons délétères de la littérature jaune.Un publiciste attitré aurait du pain sur la planche rien qu'à diffuser au dehors, avec tact et sens de la propagande, les nouvelles de la vie chrétienne de la paroisse, ou y faire pénétrer tous les courants de pensée salutaires venant de l'extérieur.A ce propos, le R.P.Martin, c.s.c, des éditions Fides, vient tout juste d'émettre une suggestion du genre: que les paroisses se hâtent de former des commissions de presse, comme il en existe plusieurs en France.La paroisse pourrait encore engager un travailleur social de carrière, qui veillerait à dépister les misères des foyers, susciter des aumônes et d'autres oeuvres de charité et d'aide sociale, et coordonner toutes ces activités dans un effort commun de générosité chrétienne.Par ses recherches, un sociologue diplômé ausculterait continuellement le milieu social, éducatif, économique et politique de la paroisse et en communiquerait au pasteur les mouvements de vie, leurs orientations et leurs déviations, etc., etc., etc.En somme, les possibilités de travail professionnel paroissial seraient presque innombrables, pour qui se donnerait la peine de mettre un peu d'esprit créateur au service du Royaume et de la Bonne Nouvelle! On objectera, sans doute, que plusieurs des fonctions énumérées plus haut s'exercent déjà au sein de la paroisse.Sauf cas très rares, ou bien elles se déploient sur le territoire de la paroisse, mais pas au nom de la (2) Entre parenthèse, il n'est pas du tout de droit divin que le choeur paroissial se compose ou de mignons garçonnets (notre culte nord-américain, en général, a déjà trop de propension à la mignardise!) ou de "sénilisants" à la voix chevrotante! On monterait plutôt avec grand profit un choeur de jeunes gens de 16 à 25 ans, ou d'hommes d'âge pas trop mûr, de 25 à 40 ans.331 paroisse comme telle et pour elle, ou bien les chefs qui les remplissent n'en font pas une profession, au sens rigoureux du terme.Or, le but de cet article est justement de montrer que la structure et la vie de nos paroisses, surtout urbaines, réclament impérieusement une "professionnalisation" de certaines fonctions sociales par la paroisse, pour la paroisse et sous son inspiration.De la sorte, bien des énergies et des talents de chefs laïcs pourraient être exploités avec fruit.Les chefs, à leur tour, par leur profession strictement paroissiale, pourraient galvaniser leur propre milieu et assembler, sous leur direction, bien des forces latentes qui ne demandent que l'intelligence d'un guide et l'impulsion d'un moteur pour se mettre immédiatement en branle.Difficultés de réalisation Evidemment, il ne saurait être question d'instituer, du jour au lendemain et dans chaque paroisse, toutes les professions ci-devant suggérées, "et quaedam alia".Mais on pourrait au moins tenter loyalement l'expérience et commencer par une ou deux, appropriées aux besoins spécifiques de la paroisse concernée.Je soupçonne fortement, toutefois, que l'objection majeure surgira de l'aspect financier de l'affaire.Comment arriver à payer des laïcs professionnels qui besogneraient au compte de la paroisse, alors qu'on a déjà, en bien des endroits, toutes les misères du monde à boucler les cordons de la bourse paroissiale, quand on ne va pas jusqu'à tirer le diable par la queue?Le côté monétaire du problème est complexe, en effet, mais je ne crois pas qu'il soit insoluble et qu'il rende par là ces idées irréalisables.Il sera, d'ailleurs, le sujet d'un prochain article.Qu'il me suffise de noter, pour le moment, que ce n'est pas toujours en capitulant devant les problèmes pastoraux ou en les esquivant qu'on fait preuve du plus grand réalisme et de la prudence la plus consommée! L'autruche ne fait pas mieux, dans son désert de sablel En terre de pastorale et de sociologie religieuse, il est des valeurs spirituelles et des réalités supérieures qui commandent l'attention au-dessus de tous les autres problèmes et en faveur desquelles tous les sacrifices, même pécuniaires, doivent être consentis.Le Royaume de Dieu et de Son Christ n'en exige pas moins!.* » » L'efficacité du programme et de la méthode de l'Action catholique dépend naturellement de la préparation adéquate de ses assistants.Jean XXIII 332 Germain HUDON, o.m.i.Le renouveau liturgique Avant que l'autorité ecclésiastique ne prenne si fermement l'initiative du renouveau liturgique, la question que pose ici le sujet de mon travail a reçu chez plusieurs une réponse défavorable, surtout dans les milieux fortement traditionnalistes.D'autant plus, du reste, que bien des innovations audacieuses, non inspirées par un véritable sens de la Liturgie, jetèrent parfois un certain discrédit sur le mouvement lui-même.Rendus sensibles à une pratique dominicale routinière et formaliste, à une apathie évidente de l'assemblée chrétienne encore fidèle au précepte, et désireux de ranimer une piété vraiment communautaire et paroissiale autour de l'autel, certains pasteurs, n'obéissant qu'à un zèle sincère mais peu éclairé en ce domaine, se livrèrent parfois à des expériences passablement hasardeuses et fantaisistes, sinon toujours révolutionnaires.C'est bien l'impression que me donna un jour la messe d'une paroisse urbaine, qui avait pourtant la réputation de se trouver à la fine pointe du mouvement liturgique.Face au peuple, la messe se déroula avec l'assistance du diacre, du sous-diacre et de nombreux ministres en aube.On fit usage de l'encens; on proclama l'Epître et l'Evangile recto tono dans la langue du peuple; on chanta des psaumes et des hymnes, ici en latin, là en français; on procéda à une très solennelle procession d'offertoire avec dons en espèces et en nature.Absolument perdu, je me demandais: "La Préface sera-t-elle chantée, ou récitée?" Elle fut récitée à haute voix, avec tout le Canon d'ailleurs, qui se fit entendre distinctement par le micro dans tous les coins de l'église.Après la cérémonie, à laquelle, je dois dire, le peuple avait participé activement d'une manière admirable, je posai ingénument ma question au vicaire: "Dites-moi, s'agissait-il d'une grand'messe ou d'une messe basse?" — "Ni de l'une ni de l'autre, me répondit-il, mais d'une messe communautaire solennisée." C'est ainsi que je fis la connaissance d'un genre nouveau de célébration qu'ignoraient les vieilles rubriques.Tout ce qui s'appelle mouvement, courant de pensée, charrie nécessairement avec lui certains déchets qui flottent à sa périphérie.Ceux-ci ont une valeur réelle de signe; ils indiquent précisément l'existence cer- Citurgie 333 taine du mouvement qui les supporte.L'erreur serait de les identifier avec le mouvement lui-même.Tel fut le cas du renouveau liturgique de l'Eglise contemporaine, qu'on a parfois confondu avec ses plus mauvais sous-produits, le taxant de caprice ou fantaisie pastorale de mode beaucoup plus imaginatif que vraiment traditionnel.Un autre facteur a souvent contribué aussi à faire juger sévèrement notre renouveau liturgique.Celui-là est d'ordre surtout psychologique, et voici comment il a joué dans l'esprit de plusieurs.Notre peuple, sinon peut-être son élite intellectuelle, avait instinctivement identifié la fixité de la Liturgie à l'invariabilité de la vérité éternelle.La stabilité des rites, des lois du jeûne et de l'abstinence, à laquelle sa sensibilité religieuse s'était depuis si longtemps habituée, reflétait obscurément à ses yeux l'unité infrangible de la vérité chrétienne et catholique."L'an dernier, me disait quelqu'un, c'était péché mortel, et passible de damnation éternelle, de boire une seule gorgée d'eau avant la communion.Pourquoi, cette année, est-ce devenu tout à coup permis?" Et un bon chrétien me demandait dernièrement, après le mandement de Mgr l'Archevêque sur l'allégement radical du jeûne quadragesimal: "Croyez-vous, mon Père, que c'est là vraiment une bonne affaire?Et puis, ajouta-t-il avec un mouvement d'humeur, cette manie qui vous prend de nous faire prier tout fort à la messe!" En tant que prêtres, ou simplement chrétiens, il nous est bon d'envisager avec réalisme ces réactions inévitables que crée le renouveau liturgique contemporain.Notre catéchèse, ou notre Action catholique, si elle sait y mettre de la patience, de la compréhension et de la sympathie, pourra jouer un rôle efficace pour mettre d'accord l'ensemble de nos gens avec les intentions maintenant très nettes de l'Eglise.Car, depuis une dizaine d'années surtout, c'est bien l'Eglise hiérarchique qui oriente maintenant le renouveau de la Liturgie, y découvrant l'action évidente de l'Es-prit-Saint: "Le mouvement liturgique, affirmait Pie XTÏ après le Congrès international d'Assise, est apparu comme un signe des dispositions providentielles de Dieu sur le temps présent, comme un passage du Saint-Esprit dans son Eglise, pour rapprocher davantage les hommes des mystères de la foi et des richesses de la grâce qui découlent de la participation active des fidèles à la vie liturgique." (La Maison-Dieu, no 47-48, p.330).Nous nous proposons de montrer ici comment le renouveau liturgique apparaît bien, à la lumière de la théologie et de l'histoire, non pas, comme le caprice éphémère de quelques novateurs, comme un phénomène de vitalité chrétienne, comme l'aspiration profonde de l'Eglise vivante.334 L'Eglise vivante Il est étrange que certaines gens, du reste bien intentionnées, ne boudent le progrès qu'en matière religieuse.On trouve normal que, tout en restant fidèle à elle-même, la société humaine évolue, qu'elle adapte ses institutions aux conditions changeantes, qu'elle perfectionne ou renouvelle ses techniques, en vue d'assurer à chacun de ses membres une part équitable des biens terrestres.On vante ses réussites, on se réjouit bruyamment de ses exploits, on exalte sa vigueur et son sens d'adaptation.Mais quand il s'agit de l'Eglise, on exigerait que sa fidélité à elle-même consistât dans la fixité, l'immobilisme, comme si, tout en étant divine, elle n'était pas avec le Christ son Chef, en même temps humaine."Lui, en effet, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu.Mais il s'anéantit lui-même, prenant la condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes.S'étant comporté comme un homme, il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix." (Phil., 2, 6-8) L'Eglise, qui est son Corps, et qui le rend présent et agissant à toutes les époques de l'histoire humaine, pourrait-elle se refuser à la loi de l'Incarnation?Pourrait-elle se figer sur terre dans un hiératisme divin, et laisser l'humanité, qu'elle a mission d'unir vitale-ment à son Chef, évoluer vers une destinée purement terrestre, sans faire effort pour la rejoindre, pour s'engager avec elle, et l'ouvrir plus efficacement ainsi à l'appel miséricordieux du Père céleste?C'est bien de cette façon que le Seigneur lui-même a commencé l'oeuvre que l'Eglise poursuit aujourd'hui.Il s'est fait juif avec les juifs, consentant à se situer dans la lignée de David, à l'aboutissement d'un long processus historique qui lui imposait, pour ainsi dire, les attitudes et les traits principaux de sa personnalité.Il a accepté d'être, ainsi que l'attendait la longue tradition d'Israël, non seulement le Fils de Dieu, mais aussi le Fils de l'Homme, le Fils de David, le Serviteur de Jawhé, le Nouvel Adam, l'Agneau pascal, le Grand Prêtre, le Sauveur et Seigneur, s'incar-nant ainsi non seulement dans une chair juive, mais dans la pensée et la culture de sa race.Et quand vint le moment de laisser au monde le mémorial efficace de son oeuvre de Salut, c'est au sein du repas pascal annuel de la Liturgie juive qu'il l'institua, allant même jusqu'à situer exactement son immolation du Calvaire dans le prolongement de l'Exode israélite: "Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang, le Sang de la nouvelle et éternelle Alliance pour la rémission des péchés." Est-il surprenant que l'Eglise de la Pentecôte, animée du même Esprit qui avait fait du Seigneur un Juif parmi les juifs, se soit fidèle- 335 ment incarnée dans les civilisations et les cultures successives de la longue histoire humaine?Elle s'est faite tour à tour, ou même simultanément, judéo-chrétienne avec les juifs convertis, grecque avec les grecs, latine avec les latins, gauloise avec les gaulois; et voici qu'elle s'affronte aujourd'hui à une civilisation nouvelle, de caractère plus international, plus collectif, plus scientifique et technique.Les efforts que nous la voyons s'imposer de notre temps ne sont-ils pas des signes réjouissants de son éternelle jeunesse, de son dynamisme, de sa vitalité à la fois divine et humaine, de sa puissance de ré-incarnation dans un monde qui change si radicalement sa face et sa mentalité?Soumise comme le Christ son Chef aux lois du temps et de la durée, elle peut nous donner l'impression de délais trop prolongés, et même de tâtonnements timides, parfois d'échecs plus ou moins retentissants.Saint Paul nous la fait mieux comprendre par ces paroles qui s'applique à lui-même: "Le Seigneur m'a déclaré: Ma grâce te suffit: car ma puissance se déploie dans la faiblesse.C'est donc de grand coeur que je me vanterai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ.Oui je me complais dans mes faiblesses, dans les outrages, les détresses, les persécutions, les angoisses endurées pour le Christ; car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort." (2 Cor., 12,9-10) La Liturgie vivante Illuminée et vivifiée par l'Esprit du Christ, l'Eglise, selon des voies qui semblent parfois assez obscures à notre sagesse humaine, continue donc d'être présente à notre civilisation contemporaine, qu'elle veut assumer en toute sa largeur et sa profondeur pour l'orienter vers sa destinée éternelle.Citée divine incarnée dans la citée humaine, elle a reçu pour mission d'être le levain dans la pâte, le sel de la terre et la lumière du monde.Son activité pastorale, prolongement actuel du propre pastorat du Christ son Chef, s'exerce en trois fonctions fondamentales: la prédication, la liturgie et le témoignage apostolique de la charité, la liturgie finalisant d'une certaine manière les deux autres et prenant sur celles-ci conséquemment une prééminence incontestable.Pourquoi prêche-t-on, en effet, sinon pour constituer ou raffermir l'assemblée chrétienne dominicale, et lui permettre de puiser à la source eucharistique de la Vie éternelle.Pourquoi s'en-gage-t-on dans la conquête apostolique et dans les oeuvres de toutes sortes, sinon pour grouper autour de l'autel du sacrifice un peuple de plus en plus nombreux et convaincu, qui puisse avoir accès au Père dans la charité du Christ immolé?Organe de l'Esprit-Saint qui nous unit à la charité du Christ pour 336 le Père, et pour tous ceux que le Père a miséricordieusement aimés en son Fils, la Liturgie est donc beaucoup plus qu'un code de politesse du sanctuaire, une étiquette du culte, ou même un ensemble de lois qui régit les cérémonies de l'Eglise.Elle est, en réalité, comme la définit admirablement l'encyclique Mediator Dei, "le culte public que notre Rédempteur rend au Père comme Chef de l'Eglise.le culte intégral du Corps mystique de Jésus-Christ, c'est-à-dire du Chef et de ses membres".(Ed.E.S.P., p.9) C'est donc principalement par la Liturgie que l'Eglise conduit l'homme vers son Dieu, qu'elle l'entraîne à la contemplation, à l'adoration et à la charité, et par là opère son Salut dans le sacerdoce du Christ-Prêtre (Ibid., p.4).Fonction essentielle de l'Eglise dans un monde à conquérir au Christ, la Liturgie ne peut relever que de l'action même du Saint-Esprit, continuellement à l'oeuvre dans le déroulement de l'histoire.Dans cette perspective, est-il concevable qu'un renouveau liturgique aussi universel que le nôtre n'ait été suscité que par quelques archéologues attardés ou par quelques pasteurs révolutionnaires?Non.Parce que l'Eglise est vivante et qu'elle s'incarne clans toutes les civilisations qui se succèdent, sa fonction liturgique, organe principal de son dynamisme divin, suit nécessairement la même loi d'incarnation et d'adaptation aux diverses cultures.Il est impensable que la Liturgie puisse être, dans l'Eglise vivante, une chose immobile, atrophiée, fixée en des formes absolument immuables qui deviendraient étrangères aux mentalités changeantes de l'humanité.Le mouvement liturgique, comme le mouvement biblique du reste, est vraiment un phénomène de vitalité chrétienne qui peut nous remplir d'optimisme devant l'avenir.Quelle que soit l'impression que nous puissions en avoir, il se situe dans une trame pratiquement ininterrompue de variations des formes liturgiques, qui remonte aussi loin que la primitive Eglise.En dehors des actes cultuels essentiels, dont l'institution est l'oeuvre du Christ lui-même, les formes liturgiques qu'adopte l'Eglise apostolique sont celles de la culture ambiante, intelligibles aux hommes de son temps.Ainsi, à la tradition juive et biblique, précisément à l'office matinal du sabbat, elle emprunte la structure de sa Liturgie de la Parole, avec ses alternances de Lectures et de chants de méditation, suivies de l'homélie du président; aux repas sacrés, surtout au repas pascal, elle emprunte la grande prière de bénédiction consécratoire, qui devient l'ancêtre de notre Canon actuel et dont la Préface est l'héritier direct.C'est également à la liturgie juive que nous devons cette division toujours vivante de la journée chrétienne en Laudes, Tierce, Sexte, None et Vêpres.Le monde grec bientôt évangé- 337 lise prêtera lui aussi son langage au culte chrétien; les formes de ses religions à mystères, pénétrées d'un certain hermétisme qui plaisait tellement à la sensibilité religieuse de l'époque, seront transposées dans le rituel de l'Eglise, et imprimeront longtemps au Baptême et à l'Eucharistie un caractère occulte, sanctionné assez rigidement par la fameuse loi de l'arcane.C'est du monde grec, également, que viendra l'idée, par exemple, de baptiser pendant la nuit pascale, de soumettre la parole liturgique aux lois de la rhétorique antique, et d'en faire ainsi une prose symétrique et rythmée.Plusieurs prières ont enfin une origine grecque certaine: la litanie des saints et les prières qui lui ressemblent, les acclamations Kyrie eleison, Dignum et justum est, et bien d'autres.(T.KLAUSER, Petite histoire de la Liturgie occidentale, Paris, Cerf, 1956, p.19).S'établissant avec solidité ensuite dans l'Empire romain, sous Constantin et Théodose principalement, l'Eglise adoptera pour sa Liturgie occidentale, non seulement la langue du peuple, le latin, mais de nombreux usages nouveaux, plus intelligibles à cette culture et plus aptes ainsi à exprimer le mystère chrétien.Avec l'alliance de 313 entre l'Eglise et l'Etat romain, celui-ci dut reconnaître aux évêques, aux prêtres et aux diacres un rang défini dans sa hiérarchie propre, et leur accorder les insignes et les marques d'honneur dues à leur rang.Les évêques, par exemple, assimilés aux plus hauts dignitaires de l'Empire, se virent attribuer les honneurs du trône, des luminaires, de l'encens, du manipule.L'évêque de Rome, pour sa part, surtout depuis l'offensive barbare, prenait le rang de sa majesté impériale: on lui accorda donc l'usage de l'anneau; on le salua par une génuflexion et on lui baisa les pieds; ses armoiries, comme l'effigie impériale dans les lieux publics, furent exposées dans toutes les églises de sa juridiction.Or un bon nombre de ces usages rehaussèrent bientôt la liturgie romaine, et firent mieux saisir aux hommes de cette époque, non seulement la grandeur du sacerdoce du Christ incarné dans ses ministres, mais aussi le caractère sacré des mystères qu'ils célébraient.Et voici qu'à la fin du Ville siècle, la liturgie romaine pénètre le nouvel empire germano-franc.Sa concision, sa sobriété, sa solennité un peu froide et hiératique, se concilie mal avec le tempérament bouillant, avec l'imagination inventive, avec la vitalité créatrice et exhubérante de ces peuples encore frustres.La liturgie, avec l'Eglise elle-même, se fera donc gauloise avec les gaulois.Nous devrons à ceux-ci de nombreux rites, riches de symbolisme et de valeur dramatique, comme les onctions solennelles du sacrement de l'Ordre, le magnifique rituel de la consécration des églises, la liturgie du dimanche de la Passion et de la Semaine Sainte.338 Refluant ensuite vers Rome qui l'adopta, cette liturgie romaine gallicanisée se fixa peu à peu dans les formules et les rites que nous connaissons aujourd'hui, et devint le trésor commun de presque toute l'Eglise occidentale.Dans une chrétienté unifiée, comme au Moyen Age surtout, elle exprima suffisamment bien les aspirations spirituelles et refléta assez adéquatement la mentalité religieuse de l'ensemble des fidèles pour qu'elle puisse se fixer peu à peu, et parvenir même à une certaine stabilité tout à fait légitime.Assoupissement et réveil liturgique Cette revue rétrospective de l'évolution historique des formes liturgiques, que nous avons faite sous l'éclairage théologique, suffit sans doute à nous faire comprendre que la Liturgie, par sa loi inhérante d'incarnation aux diverses civilisations et cultures, répugne essentiellement à une fixité absolue et définitive.Son évolution, au contraire, correspond bien aux aspirations de l'Eglise vivante, rendue soucieuse, par l'inspiration même de l'Esprit-Saint, de fournir aux hommes un mode de communication avec Dieu qui leur soit cohérent et intelligible.D'où vient alors à plusieurs de nos contemporains non engagés dans le renouveau liturgique l'impression que la Liturgie doive être un bloc monolyte et intouchable?Il faut en trouver l'explication dans cette fixité relativement prolongée que dût subir la Liturgie depuis la Réforme protestante, et à laquelle fixités nous nous étions habitués depuis longtemps.Les Réformateurs attaquèrent de front, non seulement l'usage du latin dans l'expression liturgique, mais aussi, ce qui est infiniment plus grave, la pensée romaine traditionnelle sur la valeur du sacrifice de la messe, sur l'efficacité objective des sacrements et sur la fonction ministérielle du sacerdoce.Par un instinct de conservation bien explicable, le Concile de Trente, en plus de définir clairement la pensée théologique de l'Eglise sur la Liturgie, imposa de toute son autorité l'usage culturel du latin, et décida que la liturgie romaine, dont les livres seraient officiellement publiés par le Pape, devrait être adoptée définitivement par tout l'occident chrétien.Successivement, apparurent le Bréviaire, en 1568, le Missel, en 1570, et le Rituel, en 1614.Ces livres, diffusés bientôt dans toutes les églises, fixèrent la liturgie occidentale en des formes immuables, dont l'intégrité était assurée par l'autorité suprême du Pontife romain.Cette réaction, rendue nécessaire surtout par les attaques protestantes, devait contribuer à figer la Liturgie, à lui donner l'apparence d'un rituel de plus en plus hermétique et sans vie, à mesure surtout que se poseraient des problèmes nouveaux de pastorale et de mentalité.D'autant 339 plus, du reste, que la Sacrée Congrégation des Rites, créée en 1588 pour veiller à l'uniformité de la Liturgie, évolua assez tôt, provoquée par l'âpre-té des attaques protestantes, vers un rubricisme conservateur, apparemment beaucoup plus soucieux d'exactitude rituelle que de renouvellement pastoral.Dans les esprits de l'époque, la Liturgie s'identifia facilement ainsi à la science rubricale, systématisée au XVIIe siècle par Gavanti-Me-rati et Durand, au XVIIIe, par Catalani.L'apologétique antiprotestante devait avoir pourtant une contrepartie heureuse, qui préparerait de loin le réveil actuel du mouvement liturgique.Il fallait prouver aux Réformateurs la valeur traditionnelle des rites conservés.Des savants se mirent résolument à la tâche.Dès la fin du XVIe siècle, paraissent les travaux historiques de Hittorp; aux XVIIe et XVIIIe, — les antiques sacramentaires de la liturgie romaine, — les travaux, encore utilisés par les chercheurs, de Renaudot, Assemani, Mabil-lon, Martène, Tommasi et Bona.Mais il fallut attendre le XIXe siècle, avec Dom Guéranger, pour que ce réveil fût complet et laissât vraiment prévoir le renouveau que nous connaissons aujourd'hui.Son monastère de Solesmes en France, devint un foyer rayonnant de piété liturgique, pratiquement fermé aux problèmes de la pastorale sans doute, et attirant surtout l'élite intellectuelle et aristocratique, mais animé d'un dynamisme spirituel qui se communiqua à la France d'abord, et qui atteignit largement jusqu'à l'Allemagne et la Belgique.C'est dans son ouvrage intitulé L'Année liturgique que le grand moine de Solesmes mit le meilleur de lui-même, et qu'il révéla à d'innombrables chrétiens de son époque les richesses de la piété de l'Eglise.Le monde universitaire français entra dans le courant, et y apporta l'appui de sérieuses études sur la liturgie.Rappelons des noms connus et brillants, et des titres d'ouvrages qu'on consulte encore aujourd'hui: Mgr Duchesne: Liber Pontificalis (1877) — Les origines du culte chrétien (1888), et Mgr Battiffol: Histoire du bréviaire romain (1893) et Leçons sur la messe.A notre avis, cependant, la pensée ecclésiologique allemande du même siècle a probablement contribué davantage encore au renouveau liturgique que nous connaissons aujourd'hui.Pour que l'Eglise, en effet, retrouve le sens du mystère liturgique en toute sa profondeur doctrinale et spirituelle, pour qu'elle réintègre les laïcs dans une participation active aux fonctions sacrées exigée par leur baptême, il fallait renouveler la théologie de l'Eglise elle-même et du sacerdoce des fidèles.Aux attaques protestantes contre les structures hiérarchiques et institutionnelles, les milieux catholiques avaient opposé une vision trop exclusivement apo- 340 logétique et juridique de l'Eglise, en laissant dans l'ombre le mystère de l'Eglise invisible, Corps mystique du Christ, si cher à la pensée de saint Paul et des Pères.C'est dans cette optique traditionnelle que travaillèrent Sailer (1751-1832), à Munster et Landshut, Hirscher, Drey et Moehler, surtout, à la fameuse faculté de théologie de Tubingen.Les ouvrages de ces érudits ont certainement préparé de loin les encycliques Mystici corporis et Mediator Dei, qui ont joué à notre époque un rôle déterminant dans l'expansion du grand mouvement liturgique; ils ont, en tout cas, d'une façon plus immédiate encore, déterminé ce renouveau en Allemagne même, particulièrement aux abbayes de Maria Laach, foyer toujours rayonnant de théologie sacramentaire et liturgique, de Beuron, lieu spirituel comparable au Solesmes français, de Klosterneuburg en Autriche, centre de pastorale liturgique identifié au nom de Pius Parsch.Au début de notre siècle, avec saint Pie X, le Siège apostolique lui-même prit l'initiative du mouvement liturgique.Vicaire et curé, avant d'accéder au Souverain Pontificat, ce grand Pape de la Liturgie, qui avait fait son expérience en paroisse populaire, résolut d'imprimer au mouvement liturgique une préoccupation plus pastorale encore: "C'est notre plus intime désir, déclare-t-il dans son Motu Proprio de 1903, que l'esprit vraiment chrétien revive puissamment chez tous les fidèles et y demeure florissant.Aussi tenons-nous pour nécessaire de veiller avant toute autre chose à la dignité et à la sainteté de la maison de Dieu.Car c'est là que se réunit le peuple chrétien pour puiser la vie chrétienne à la première et indispensable source du véritable esprit chrétien: la participation active aux mystères sacrosaints et aux autres fonctions liturgiques officielles de l'Eglise".(Motu Proprio: Inter pastoralis officii, 22nov.1903) Et Pie XI affirmait à son tour en 1928: "Il est absolument nécessaire que les fidèles ne se comportent pas en étrangers ou en spectateurs muets; mais saisis par la beauté de la Liturgie, ils doivent prendre part aux cérémonies sacrées, mêlant alternativement leurs voix, selon les règles tracées, aux voix du prêtre et de la schola." (Const, apost.Divini cultus, 20 déc.1928) La pastorale liturgique était bien lancée.Un Dom Beauduin en Belgique, un Pius Parsch en Autriche en furent les animateurs puissants.L'Action catholique, le scoutisme, les nouveaux mouvements de jeunesse, inspirés comme on le sait par la doctrine du Corps mystique, eurent tôt fait de découvrir la Liturgie et de s'en faire les apôtres.Inutile de mentionner ici les multiples interventions de Rome qui firent peu à peu du 341 renouveau liturgique une préoccupation majeure de l'autorité ecclésiastique, et qui aboutirent au document du 3 septembre 1958 sur la participation active des fidèles, en attendant les directives plus précises encore du prochain Concile oecuménique.De l'assoupissement de la contre-réforme, l'Eglise est bien passée à un réveil liturgique prometteur, qui devrait réaliser les plus hautes ambitions du grand pasteur que fut saint Pie X.Quelques "nouveautés" qui nous surprennent Le renouveau liturgique est-il livré au caprice, ou correspond-il aux aspirations de l'Eglise vivante?nous demandions-nous au début.Jusqu'ici, notre réflexion théologique sur l'Eglise vivante et sa Liturgie a voulu démontrer qu'incarnées dans un monde changeant, sans cesse en évolution, elles se devaient, tout en restant fidèles à elles-mêmes, de changer et d'évoluer avec lui pour le conduire plus efficacement vers le Christ-Sauveur.Et justement, nous avons vu la Liturgie se faire grecque avec les grecs, latine avec les latins, gauloise avec les gaulois, largement occidentale avec l'Occident christianisé et unifié.Sans doute, par instinct de conservation, elle s'est ensuite repliée sur elle-même et considérablement figée devant les attaques protestantes; mais pour connaître ensuite un regain de vitalité et de force conquérante, dont notre siècle est le témoin privilégié, et que nous avons convenu d'appeler: renouveau liturgique, ou mouvement liturgique.A la lumière de la théologie et de l'histoire, ce renouveau n'apparaît aucunement comme une mode capricieuse et éphémère, mais comme l'exigence, plutôt, d'un retour au normal, comme la reprise d'une évolution que commande l'incarnation même de l'Eglise.Il serait utile, cependant, de s'arrêter à quelques-uns de ces changements qui ont eu l'heur, sinon toujours de scandaliser, au moins de surprendre certains.Que dire d'abord de cette participation active des fidèles à la messe et aux autres sacrements?Correspond-elle vraiment aux aspirations actuelles de l'Eglise vivante, face à la mentalité nouvelle de nos contemporains?Il est certain que nous vivons à l'âge du collectif et du communautaire: jamais peut-être ces mots n'ont eu autant de vogue, et nous croyons qu'ils expriment une réalité indéniable, assez caractéristique de la mentalité nouvelle.Dans tous les secteurs de l'activité humaine s'exprime le désir de la vie en commun, de l'union des forces d'exécution, de l'égalité dans la fraternité, que ce soit au delà, ou en deçà du rideau de fer.Nous vivons à l'ère des larges communautés politiques, des revendications nationalistes, de la promotion ouvrière, des coopératives, des congrès.L'abolition des distances physiques a rompu l'isolement moral relatif d'au- 342 trefois.On peut dire que l'humanité prend une conscience aiguë de l'interdépendance de ses membres, de leur commune destinée, et de leur nécessaire communauté d'action.L'Eglise, pour sa part, a providentiellement pressenti cet état de chose, et s'est préparée efficacement depuis un siècle à s'offrir aujourd'hui comme la communauté humaine par excellence, seule capable d'assurer, avec le respect des personnes, l'unité véritable dans la foi au Christ et dans la charité.Nous signalions le renouveau ecclésiologique allemand; il faut mentionner aussi les travaux français, plus récents, de Clérissac, De Lubac, Congar et Montcheuil, qui ont tous retourné aux sources de la pensée chrétienne sur le mystère de l'Eglise, jusqu'à la vision de saint Paul sur le Corps mystique du Christ, doctrine d'ailleurs proclamée officiellement dans la célèbre encyclique Corporis mystici.Et dans cette unité de l'Eglise, Corps mystique du Christ, l'homme contemporain constate de plus en plus qu'il y a non seulement communauté d'apostolat par une Action catholique de mieux en mieux organisée et dynamique, mais aussi communauté réelle de prière, Liturgie active et vivante, unanimité des coeurs et des esprits sensiblement exprimée.Autour de l'autel, dans cette participation active à la louange et à l'adoration que le Christ-Prêtre rend au Père, le laïc, aussi bien que le clerc, découvre expérimentalement, pour ainsi dire, son insertion dans un organisme vivant, son appartenance au Peuple nouveau de Dieu, sa solidarité surnaturelle avec tous ses frères dans la foi.Depuis le début de notre siècle, l'histoire de la Liturgie et de ses différents rites a considérablement contribué à retrouver ce sens de l'authentique Liturgie chrétienne, qui n'est pas un spectacle offert par les prêtres aux fidèles, mais l'oeuvre commune des uns et des autres, chacun agissant selon son rang et ses pouvoirs sous la présidence invisible du Christ ressuscité, Grand-Prêtre de nos célébrations.C'est grâce à des travaux de ce genre, ceux par exemple du Père Jungmann sur la messe et du Père Schmidt sur la Semaine Sainte, que la Sacrée Congrégation des Rites, conseillée désormais par une commission historique, a pu donner des directives précises sur la participation des fidèles, et permettre ainsi aux pasteurs de nos paroisses d'accomplir une intelligente et efficace rénovation.Que dire aussi de cette apparente nouveauté qu'est l'usage de la langue du peuple dans nos célébrations liturgiques?N'est-on pas témoin à la messe et dans l'administration des sacrements, que la langue vivante gagne de plus en plus du terrain sur le latin traditionnel?Certains se 343 demandent même, les uns avec effarement, les autres avec optimisme, si sa victoire ne sera pas un jour complète.S'agit-il vraiment d'une innovation révolutionnaire?Des travaux historiques, comme ceux de Korolewski, ont nettement démontré que l'Eglise n'a jamais sacralisé définitivement un certain nombre de langues, à l'exclusion des autres, pour exprimer le mystère de sa Liturgie.A Rome, le grec a même été la langue liturgique jusqu'au milieu du IVe siècle; et si le changement s'y est fait en faveur du latin, c'est que le peuple du Bas-Empire ne comprenait plus la langue d'Homère et qu'il s'était définitivement latinisé.Mais pourquoi, alors, le latin a-t-il régné si longtemps, et chez de nombreux peuples qui l'avaient abandonné comme langue de communication?Contentons-nous de dire qu'au Moyen-Age les langues romanes ou germaniques n'étaient pas encore parvenues à un degré suffisant de perfection pour exprimer le mystère liturgique avec la précision et la sécurité doctrinale nécessaire, avec la dignité littéraire convenable.Le latin, compris par l'ensemble de l'élite, leur fut préféré, et avec raison.Au XVIe siècle, enfin, les Réformateurs protestants, au nom d'un sacramentalisme hérétique, s'attaquèrent violemment à sa suprématie liturgique.La réaction bien légitime de l'Eglise fut de consolider encore le régime préférentiel du latin, qui demeura fermement jusqu'à nos jours la seule langue officielle de la Liturgie occidentale.Or notre époque connaît évidemment des conditions assez différentes: l'attitude défensive antiprotestante a perdu de son acuité; nos grandes langues modernes sont parvenues à un degré eminent de précision et de dignité, qui leur permet mieux que jamais de traduire non seulement la Bible, mais la Liturgie elle-même.On voit donc l'Eglise mitiger peu à peu sa préférance exclusive pour le latin; d'autant plus, du reste, que favorisant une participation active des fidèles à la Liturgie, elle ne veut pas qu'une langue inintelligible pour la plupart constitue un obstacle à leur entrée consciente et profonde dans les mystères célébrés.Jusqu'où ira-t-elle sur cette voie?C'est son secret, et il serait bien difficile de formuler des hypothèses sérieuses sur ses intentions.L'innovation liturgique, pourtant, qui a semblé la plus révolutionnaire à bon nombre, ce fut certainement l'emploi d'un commentateur, ce personnage qui peut être, selon qu'il connaît, ou pas, son art extrêmement délicat, un animateur précieux de l'assemblée chrétienne, ou un obstacle inconscient à une authentique piété.Les travaux de Wilmart, dans la Revue des sciences religieuses (1923), ceux, plus récents, du Chanoine Mar-timort dans La Maison Dieu, ont bien démontré le caractère absolument 344 traditionnel de cette fonction, autrefois remplie par le diacre et même par le prêtre.Encore là, ce sont des travaux historiques de ce genre qui ont donné à la pastorale de notre temps l'idée de réintroduire ce personnage dans nos célébrations.A la suite de nombreuses expériences, dans les paroisses d'Allemagne et de France particulièrement, il a semblé à la majorité des pasteurs que la rénovation de cette fonction monitrice pouvait, si elle est remplie avec tact et sobriété, contribuer efficacement à faire entrer les fidèles dans une intelligence savoureuse des rites, à mieux synchroniser leurs paroles et leurs gestes, et à relever ainsi le niveau spirituel de nos assemblées chrétiennes.De nombreux directoires diocésains ont entériné ensuite cet usage; Rome, à son tour, dans le document de septembre 1958, a parlé pour la première fois du commentateur et a défini exactement son rôle.Conclusion Et voici qu'il nous faut conclure.Notre intention était de démontrer, que le grand mouvement liturgique de notre époque est vraiment un phénomène de vitalité chrétienne correspondant à une aspiration profonde de l'Eglise vivante.A notre avis, ce retour à une Liturgie, vécue en profondeur et participée activement par tout le peuple chrétien, obéit à une logique interne du propre mystère de l'Eglise, Corps mystique du Christ, communauté non seulement agissante mais priante.Cette rénovation était certainement appelée et préparée par le rajeunissement progressif que connaît l'Eglise depuis la fin du XIXe siècle, face à un monde laïcisé et matérialisé qu'elle se doit de faire puiser aux sources premières et indispensables du véritable esprit chrétien.Il est inévitable que notre pastorale actuelle rencontre des difficultés dans son effort d'ajustement à ces aspirations de l'Eglise vivante: on ne fait pas en un jour la rééducation de chrétiens routiniers ou habitués à une piété trop étroitement individualiste.Mais elle a, pour la guider et la stimuler, des directives maintenant très précises et venant de l'autorité suprême; elle a, par exemple, ce témoignage encourageant de Pie XII, qui est tout un programme d'action et que nous désirons citer à nouveau: "Le mouvement liturgique est apparu dans l'Eglise de notre temps comme un passage de l'Esprit-Saint pour rapprocher davantage les hommes des mystères de la foi et des richesses de la grâce qui découlent de la participation active des fidèles à la vie liturgique." Si donc le renouveau liturgique est livré au caprice, c'est avant tout à celui de l'Esprit-Saint, qui souffle toujours où il veut! 345 ice Mgr Gérard-Marie Coderre, évêque de St Jean La communion fréquente des enfants" Réflexion faite sur ces cinquante années d'efforts, il nous semble que l'un des buts du décret, la fréquence des communions chez les enfants, n'est encore que très imparfaitement atteint.Et ce, pour de multiples causes que Nous essaierons d'analyser en faisant le partage des responsabilités et en indiquant bien succinctement quelques moyens susceptibles de ranimer la vie eucharistique des enfants.En général, chez nous, les prêtres ont été très fidèles à appliquer le décret Quam Singulari quant à la communion précoce des enfants.Cependant, une fois la première communion reçue, on n'a peut-être pas suffisamment insisté sur la nécessité de la communion fréquente des enfants.Et sur ce chapitre, il y a sûrement matière à un examen de conscience sérieux.Examen de conscience sérieux Cette lacune de notre apostolat eucharistique ne serait-elle pas due au manque de convictions profondes des prêtres sur la nécessité et la possibilité de la communion fréquente et même quotidienne des enfants que nous rappelle la sixième règle du décret.Aussi devrions-nous raviver notre esprit eucharistique par la méditation répétée des paroles de Jésus sur l'obligation pour tout chrétien, adulte ou enfant, de se nourrir régulièrement du pain eucharistique.Car ne l'oublions pas c'est la volonté du Christ et, à sa suite, celle de l'Eglise.Cependant sachons ne pas nous contenter d'une simple conviction spéculative mais effectuons courageusement le passage de l'ordre spéculatif à l'ordre pratique.Il nous faudra beaucoup de lucidité pour admettre que ce passage ne sera réel que lorsqu'il donnera naissance chez nous à des initiatives (1) A l'occasion du cinquantenaire du décret "Quam singulari" de Pie X, S.Exe.Mgr Gérard-Marie Coderre a publié une lettre pastorale dont nous extrayons quelques paragraphes.Son Exceller La responsabilité des prêtres 346 de toutes sortes, visant à promouvoir la communion fréquente et même quotidienne des enfants.Revaloriser la communion familiale Les premières initiatives à prendre seront sans aucun doute celles suggérées par le décret lui-même.En particulier, Pie X demande qu'une ou plusieurs fois par an les curés organisent une communion générale, préparée par quelques instructions pour tous les enfants, les nouveaux communiants comme ceux qui ont déjà fait leur première communion.A cette fin, profitons de la communion des premiers vendredis du mois pour organiser, à l'école s'il le faut, une messe spéciale pour les enfants, à laquelle nous donnerions une courte instruction sur le sacrement de l'Eucharistie.N'y aurait-il pas moyen de revaloriser aussi la communion familiale du dimanche (père, mère, enfants) par une prédication insistant "à temps et à contretemps" sur la nécessité d'une participation réelle et active à la messe par la réception de la Sainte Communion?A cette fin, nous pourrions rappeler aux parents qu'ils n'ont aucune raison de ne pas communier à la messe dominicale, leur apprenant ainsi à se prévaloir des adoucissements apportés au jeûne eucharistique.Soulignons, en passant, que la meilleure façon d'inciter enfants et adultes à la communion fréquente consiste, il Nous semble, dans l'application des récentes instructions de Pie XII, réglant la participation des fidèles à la messe.Nous avons là un merveilleux moyen d'amener nos fidèles à comprendre qu'une participation de plus en plus active suppose nécessairement le couronnement de cette participation c'est-à-dire la réception de la communion.Jean XXIII, lui-même, n'a-t-il pas paru scandalisé du fait que tant de chrétiens n'étaient que de corps à la messe?S'ils y étaient d'âmes, ne communieraient-ils pas?S'interroger sur l'adaptation de nos heures de confession Qui dit communion fréquente, dit nécessairement confession fréquente.Le problème pastoral consiste donc à la rendre possible à tous.N'y aurait-il pas lieu alors de s'interroger sur l'adaptation de nos heures de confession et aussi sur la fréquence de notre présence au confessional?L'importance de ce ministère ne demanderait-il pas aussi une meilleure préparation de nos monitions par l'étude, la méditation et la prière?Si nous désirons vraiment la communion fréquente des enfants, nous devrons peut-être bouleverser certaines habitudes de vie et accepter d'être souvent "dérangés".En particulier, il y aurait sûrement lieu de modifier l'habitude que nous avons de confesser en groupe les enfants une fois le mois en leur donnant la facilité, de concert avec les maîtres, de venir se confesser plus souvent v.g.au sortir des classes, l'avant-midi ou l'après-midi.D'ailleurs le même problème d'adaptation se pose pour la pastorale des adultes.Au fond, c'est notre conception du ministère qui est peut-être en cause.Il faut aujourd'hui organiser nos 347 vies de façon à nous mettre à la disposition des fidèles dans les moments où ils ont la possibilité de venir à nous.Ne conservons-nous pas trop dans nos villes et villages un ministère d'allure rurale?Le saint Curé d'Ars a trouvé moyen de passer sa vie à l'église en utilisant des laïcs pour prolonger son action pastorale dans les autres secteurs où il n'était pas absolument indispensable.Ne pourrions-nous pas en faire autant?Parfaire l'éducation religieuse par le catéchisme et la direction spirituelle Comme le demande le décret, il faut aussi parfaire l'éducatîon religieuse des enfants après la première communion.A cette fin, comme l'ont souvent rappelé les Souverains Pontifes, la présence du prêtre est indispensable à l'école.Cette présence devrait avoir une double fin: l'enseignement religieux et la direction spirituelle.Sur ces points, ne sommes-nous pas un peu en faute.même beaucoup.Car en plusieurs endroits, on déplore l'absence des prêtres aux classes du cours primaire et surtout du cours secondaire.Alors que l'on donne une direction suivie aux adolescents de nos cours classiques, nous négligeons presque complètement la directîon spirituelle et apostolique des adolescents et adolescentes des cours secondaires publics.Nous aurons à rendre compte devant Dieu de la manière dont nous nous sommes acquittés de ces tâches et de nos négligences à enseigner le catéchisme et à diriger les âmes.Enfin un moyen concret de compléter l'éducation eucharistique de beaucoup de garçons serait d'organiser une association de clercs servants où le prêtre leur apprendrait à bien servfr la messe et à communier souvent.Ces clercs servants deviendraient ainsi pour leurs compagnons des exemples vivants de la réception quotidienne de la sainte communion.Il reste donc beaucoup à accomplir si nous voulons être fidèles à l'esprit du décret de saint Pie X.Peut-être le plus grand obstacle à tout cela est-il de vaincre notre inertie.et pourquoi pas le dire franchement, notre paresse?Essai d'une Pastorale d'ensemble (Expérience de St-Jérôme) Un volume de 100 pages Abbé Maurice Matte En vente: prix $1 ?5 Editions Ouvrières rn,A ■>'-'J 1575A St-Denis — Montréal (Plus 10% pour frais de poste) 348 le des mouvements Un artisan de la revue nous quitte Le Révérend Père Paul-Emile Deschênes, o.m.i.vient de recevoir son obédience pour l'apostolat des chantiers de Senneterre.Son départ est une lourde perte pour la revue Prêtre aujourd'hui.En effet, depuis neuf ans il était membre de la maison des aumôniers nationaux de la J.O.C.et L.O.C.Depuis presque les débuts il a été un artisan convaincu de la revue "L'Action catholique ouvrière" et de "Prêtre aujourd'hui".En 1957 il en devenait l'administrateur.Il n'est pas nécessaire d'insister pour souligner les difficultés financières d'une telle oeuvre.Son zèle infatigable a permis à la revue d'être maintenue, améliorée et stabilisée.Si la revue a atteint son standard actuel c'est grâce à son travail inlassable, accompli dans l'ombre, sans que jamais son nom n'apparaisse.Nous voulons profiter de la circonstance pour lui dire notre admiration et notre gratitude.Nous lui souhaitons un ministère très fructueux dans son nouveau champ d'apostolat.Journées d'étude sur l'Action Catholique au diocèse de Hauterive Sur l'invitation expresse de Son Excellence Mgr Gérard Couturier, les aumôniers nationaux de la J.O.C, les RR.Pères Paul-Emile Pelletier et Roger Poirier, ont organisé deux journées d'étude sur l'Action Catholique.Une quinzaine de prêtres y participèrent.Au même moment et au même endroit les jocistes masculins et féminins tenaient leurs premières journées d'étude.Après huit mois de travail missionnaire sous la direction de Roch Desrosiers, Maurice Lajoie et Lorraine Gagné, 16 gars et 12 filles étaient présents.Des équipes de toutes sortes sont sur pied.L'enthousiasme et la générosité de ces jeunes donneront de nombreux fruits apostoliques.Dans son allocution, Son Excellence Mgr l'évêque de Hauterive souligna sa joie de voir enfin la J.O.C.implantée dans son diocèse.Il confia aux prêtres et aux jocistes que ses plus belles expériences pastorales, il les avait vécues alors qu'il était aumônier jociste dans le diocèse de Rimouski."Je vous donne mon diocèse" dit-il en terminant pour souhaiter que l'esprit missionnaire s'empare d'eux et les mène à la conquête de leurs frères et soeurs du travail.m 349 Immense succès des congrès de chefs et des fins de semaine d'étude Des centaines de chefs d'équipe, gars et filles, se sont réunis durant l'été à l'occasion des congrès de chefs pour les gars et des fins de semaine d'étude pour les filles.On remarque que partout les effectifs augmentent en nombre et que les jeunes sont de plus en plus engagés sur le plan apostolique.Valleyfield: Entre autre, soulignons le succès des congrès de chefs de Juliette et de Valleyfield.Ce dernier diocèse après des tâtonnements difficiles connaît un essor formidable.Six sections étaient représentées sous la direction de son comité fédéral.Juliette: A l'issue du congrès de Joliette, André Asselin a donné sa démission comme président fédéral.André est entré au séminaire des vocations tardives en septembre dernier pour ses études en vue du sacerdoce.Président fédéral depuis un an, André a accompli un magnifique travail.Nous le félicitons pour sa décision et avec ses jocistes de Joliette nous le soutiendrons de nos prières.Claude Coutu lui succède à la présidence.Nos félicitations et nos meilleurs voeux.André Dauphin devient le nouveau permanent en remplacement d'Yvon Comtois.La présidente nationale participe au congrès de l'Unesco A la fin d'août l'Unesco tenait à Montréal un congrès mondial sur l'éducation des adultes.Pour la première fois la J.O.C.internationale avait reçu une invitation officielle pour y participer.Mlle Denyse Gauthier, présidente nationale de la J.O.C.F., était déléguée de la J.O.C.internationale.Ces assises importantes ont permis à la J.O.C.internationale de faire connaître le travail d'éducation post-scolaire qu'elle accomplie à travers le mouvement.Journées d'étude des aumôniers de la J.O.C.de langue anglaise Les 5 et 6 septembre dernier, se tenaient à Ottawa les journées d'étude des aumôniers jocistes de langue anglaise (Y.C.W.).Elles étaient sous la direction de M.l'abbé Robert Warden, aumônier national.Plusieurs diocèses de l'est du Canada étaient représentés: London, Toronto, Montréal, Antigonish.Ces journées d'étude coincidaient avec celles des garçons et des filles du mouvement.Une centaine de jeunes y participaient.Les Pères Pelletier et Poirier, de la J.O.C.de langue française et Mlle Denyse Gauthier y assistèrent.Nous souhaitons à la Y.C.W.de continuer son extension à travers le pays et nous les assurons de notre plus fraternelle collaboration.350 56 ans d'expérience a votre service GERMAIN & FRERE LTEE Chauffage, plomberie, couverture et ventilation Agents pour les brûleurs à l'huile TIMKEN & IRON FIREMAN 237, rue St-Antoine TROIS-RIVIÈRES Tél.: 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