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Titre :
Prêtre aujourd'hui
Revue de l'Action catholique ouvrière qui offre réflexion et support aux prêtres en vue de la stimulation de l'action pastorale populaire.
Éditeur :
  • Montréal :Aumôniers nationaux et diocésains de la J.O.C. et de la L.O.C,1958-1966
Contenu spécifique :
Juin - Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Action catholique ouvrière
  • Successeur :
  • Prêtres et laics
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Prêtre aujourd'hui, 1961-06, Collections de BAnQ.

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VUE D'ACTION CATHOLIQUE E Juin-juillet 1961 Vol.XI No 6 e 1 en version el prédication — n Père Serge, capucin • Un congrès de foyers à Chicoutimi — II • Le vicaire fait le catéchisme Gaston Morissette, o.m.i.Rédaction et Administration 6901, rue St-Denis, Montréal -10, Que. Collet Frères Limitée Ingénieurs, constructeurs et entrepreneurs Ottawa — Montréal — Québec Bureau Chef: 1978 Parthenais, Montréal Tél.: LA 6-4407 Tél.: VI.5-6258 Toujours à votre Service Maurice, André, Jean-Louis, Pierre, Claude Courtiers agréés BERNARDIN FRÈRES ASSURANCES Edifice ALDRED 507 PLACE D'ARMES MONTREAL —n— JACQUES-J.GRAVEL Club de courses sous harnais de Québec Inc.241 rue DE LA SALLE, Québec Tél.: LA.5-6179 F.BAILLARGEON LTÉE Pionniers de l'industrie de la chandelle au Canada SAINT-CONSTANT, Victor MONTREAL Co.Laprairie, Que.2-9467 51, Notre-Dame O.Laboratoire DU-VAR Inc.Manufacturier de Cosmétiques et de parfumerie 9100, Lajeunesse Montréal Tél.: DUpont 8-8602 56 ans d'expérience à votre service GERMAIN & FRERE LTEE Chauffage, plomberie, couverture et ventilation Agents pour les brûleurs à l'huile TIMKEN & IRON FIREMAN 237, rue St-Antoine TROIS-RTVIÈRES Tél.: FR.6-2555 PAUL DROLET Ing.P.Ingénieur Conseil 4671 Parc de Lotbinière, MONTREAL CL.9-8707 P.L TURCOTTE Marchand de Fourrures Confection et Réparation 464 De La Chapelle QUEBEC Tél.: LA.4-1030 _m — J.P.MORIN Ltée ENTREPRENEURS GÉNÉRAUX Spécialité : Edifices publics — Construction en Béton Estimés fournis sur demande 79, rue Latreille CAP-DE-LA-MADELEINE, P.Q.Tél.: FR.5-4866 303, Ave Kendall Eastview, Ont.SH.6-4651 Acier de CHARPENTE Acier d'ARMATURE Jean-Pierre Bastien, Ing.P.Président ROSEMONT STEEL CO LTD 5370-13e Avenue Montréal RA.7-2866 Département spécial pour vous servir Produits Garantis — Marchandise Expédiée Promptement EASTERN FARM PRODUCTS INC.Une maison entièrement canadienne-française M.ED.BEAUCHAMP, Président Toute commande doit être adressée à: M.J.M.OUIMET Gérant du Département des Communautés Religieuses Tél.: UN.1-4783 - Local 27 367-75, ST-PAUL EST Le soir: AV.8-8084 ou DU.9-9432 MONTREAL MANGEZ CE QU'IL Y A DE MEILLEUR ! "CROQUETTE" BISCUITS GATEAUX TARTES Choisissez un Stuart.il est plus succulent ! — IV — 4!0> Volume XI No 6 Juin-Juillet 1961 Prêtre, AUJOURD'HUI HORIZON Le vicaire fait le catéchisme.Gaston Morissette, o.m.i.220 PREDICATION Conversion et prédication — II .Père Serge, capucin 235 SOCIOLOGIE Un congrès de foyers à Chicoutimi — II .249 VOIX DE L'EGLISE Le Cardinal parle aux employés de la Commission de Transport de Montréal.260 CHRONIQUE .,.'.263 "Prêtre, aujourd'hui" est sous la responsabilité des Aumôniers nationaux et diocésains d'Action Catholique Ouvrière Rédaction et administration: 6901 rue St-Denis, Montréal 10, P.O.Canada Directeur et Rédacteur: R.P.Roger Poirier, o.m.i.Avec autorisation de l'Ordinaire — Abonnement régulier: $3.00 \M'M^ 2 Gaston MORISSETTE, o.m.i.Dans les paroisses assez populeuses pour jouir des services d'un ou de plusieurs vicaires, le catéchisme aux écoles primaires leur semble réservé, sans que pour autant le curé perde la juridiction dans ce secteur important de sa charge pastorale.Les prêtres enseignent le catéchisme.J'énonce cette affirmation en gros.Seule une enquête sérieuse sinon scientifique empêcherait de verser dans un optimisme béat ou un pessimisme desséchant.L'impression reste favorable ou pénible selon les presbytères visités.Ici, les vicaires se font un devoir de consacrer une couple d'avant-midi par semaine à catéchiser les écoliers, classe par classe ou par groupe de classes; ailleurs, curés de campagne ou vicaires apparaissent aux écoles lors des cérémonies officielles: séances, distribution des prix, fête du Directeur ou de la Directrice, etc.Cela fait penser aux évêques de l'Ancien Régime visitant à la course leur diocèse et bénissant les fidèles agenouillés le long des routes.Etablissons les faits.N'hésitons pas à faire la lumière à ce sujet.Car avant de parler de l'enseignement de la religion dans les écoles par les prêtres, une question s'impose: l'ensei-gnent-ils?Une inquiétude analogue talonne le prédicateur de retraites sacerdotales qui s'apprête à parler de l'oraison.Les prêtres font-ils oraison?Passons plus avant.Avant l'existence, la possibilité d'exister, en l'occurrence, le droit que possèdent nos prêtres de visiter les écoles.220 UNE CHANCE INOUÏE Apprécions-nous à sa pleine valeur que les prêtres catholiques soient les visiteurs ordinaires des écoles publiques.Notre système scolaire québécois possède des écoles confessionnelles en ce sens que l'enseignement de la religion constitue une matière obligatoire.Le cas se pose — et il se posera de plus en plus — où des parents ne voudront pas la classe de religion pour leurs enfants.On pense aux Témoins de Jéhovah qui ont gagné leur point devant les plus hautes cours du pays.Le P.G.Hébert, S.J., dans son livre: "Les Témoins de Jéhovah" à l'occasion de l'affaire Chabot a ces mots: "L'école publique doit recevoir les enfants, et à cause du principe fondamental de la liberté religieuse, on ne peut leur imposer la participation aux prières et à l'enseignement religieux".Qui ne voit le problème des écoliers qui ne seraient chez eux ni dans Técole catholique ni dans l'école protestante?Actuellement la grande majorité des catholiques négligents ou non pratiquants consentent à ce que leurs enfants apprennent la religion à l'école.En sera-t-il de même des contribuables agnostiques ou sectaires qui pousseront la logique jusqu'à exiger l'érection d'écoles qui respectent l'incroyance tranquille ou militante qu'ils entendent transmettre à leurs enfants?Une minorité des nôtres, plus bruyante que nombreuse, a perdu la foi au Christ et à son Eglise, et ne veut plus être confondue avec le type traditionnel canadien-français.Par ailleurs, ne faut-il pas des écoles pour les protestants de langue française et pour les Juifs de langue française — ces derniers seraient cinq mille — qui pour des raisons différentes et valables ne veulent pas d'une école de langue anglaise, confessionnelle ou non?Problème inéluctable à cause du pluralisme religieux en train de faire sa trouée dans notre contexte hier si homogène.Si pour rendre justice à des minorités nouvelle vague, quelques écoles non-confessionnelles s'imposent, point n'est besoin de chambarder tout notre système scolaire.L'immense majorité possède tout de même le droit de traduire dans les faits sa croyance traditionnelle.UN DROIT DISCUTÉ SINON MENACÉ On la désirerait cette majorité de catholiques, plus consciente et de ses droits et de ses devoirs dans un monde où les positions les plus solides et les plus traditionnelles sont remises en question par des esprits souvent plus remuants qu'éclairés.L'Etat obligé de respecter le droit des 221 parents en éducation, en certaines circonstances, se désolidarise d'une confession religieuse particulière.Une saine laïcité de l'Etat ne devrait pas servir de tremplin à un laïcisme de mentalité et de structure.Lorsque l'Etat, ouvertement anticlérical ou manoeuvré par des factions laïcisantes, jette dans la balance le poids de son influence et de ses subsides en faveur d'un système scolaire neutre, l'école confessionnelle prend figure de parent pauvre et d'institution attardée.D'autre part, les partisans de l'école neutre qui préconisent l'établissement de leur système scolaire parallèlement au système d'écoles confessionnelles, garderont-ils la neutralité à l'endroit de la liberté des familles catholiques?Leur idéal n'est-il pas de généraliser l'école non-confessionnelle?Dans ce contexte, nombre de catholiques qui tiennent encore à l'enseignement de la religion à l'école, psychologiquement doivent fortement réagir pour ne pas se rejeter dans la défensive.Depuis l'Eden perdu, les hommes n'aiment pas spontanément se soumettre à une obligation, surtout lorsque des voisins obligeamment les plaignent de n'être pas libres."Attaché" dit le loup.Je ne m'éloigne pas de mon sujet, car la présence légalement admise des prêtres dans les écoles, est liée à un système scolaire en pleine évolution, spécialement dans le complexe métropolitain.Dans sa lettre sur le laïcisme, Son Eminence le Cardinal Paul-Emile Léger, Archevêque de Montréal, notait avec raison que ses avertissements prenaient toute leur portée dans son archidiocèse.Montréal n'est pas Québec, encore moins Nicolet et Joliette, surtout Saint-Boniface et Moncton.Les Canadiens français de l'Ouest et des Maritimes encore si soudés à leur clergé, se surprennent douloureusement de l'anticléricalisme spontané et même militant de nos intellectuels affranchis.Avec raison, ils soutiennent que clercs et laïques devraient être assez intelligents et souples pour s'adapter à des situations nouvelles sans remettre en question la juste influence de l'Eglise dans les domaines mixtes.En tenant compte que Satan aime pêcher en eau trouble et que l'anticléricalisme est une plante française qui s'est acclimatée au sol canadien — l'époque de Monseigneur Bourget en fait foi — ne pas désespérer des principes chrétiens clairs appliqués à la solution d'un problème majeur d'une chrétienté qui évolue.Revenons au fait consolant que le prêtre a ses entrées libres dans nos écoles primaires de Montréal à Senneterre et de Hauterive à Chapeau.Combien de pays envient notre système scolaire?Le laïcisme scolaire français et sud-américain — sans parler de l'Eglise du silence — écartent le prêtre de l'école publique.Aux Etats-Unis, le clergé n'est pleinement chez lui que dans les écoles généralement construites par les fidèles astreints à la double 222 taxation.Chez nous, l'instituteur public enseigne la religion et le prêtre a accès aux écoles.Cette situation qui apparaît privilégiée à des millions de catholiques engagés dans des luttes scolaires au Canada et ailleurs, ne semblent malheureusement pas être estimée à sa valeur inappréciable par nos gens, j'oserais dire, par une certaine partie de notre clergé."C'est normal", disent-ils.Rien de plus menacé que ce qui est normal, à commencer par la santé.Quoi de plus admis que notre standard de vie?Quoi de plus normal que notre prospérité souvent gaspilleuse et insolente?N'est-elle pas menacée par 60% de la population mondiale qui ne mange pas à sa faim?L'école au Québec pourrait perdre quelques plumes confessionnelles.Des esprits soutiennent qu'elle l'est trop, que la mainmise cléricale sent le moyen âge à plein nez.Je brûlerais de recueillir une anthologie de textes explosifs ou nuancés qui prouveraient à tous les prêtres insuffisamment éveillés à l'urgence de ce problème que leur influence possible à l'école est passionnément remise en question.La con-fessionnalité des écoles primaires ne semble pas immédiatement menacée; elle n'en reste pas moins de plus en plus discutée.Si un jour, un gouvernement sectaire empêche le prêtre d'aller dans les écoles, cette législation ne fera qu'entériner un regrettable état de fait.Dans combien de paroisses, sous les prétextes les plus divers, les prêtres ne faisaient pas régulièrement le catéchisme?Curés et vicaires théoriquement chez eux dans "leurs écoles", voire sur la place publique, restreindront leurs évolutions du presbytère à la sacristie.J'oubliais les longues stations devant le tabernacle.L'ACCUEIL FAIT AU PRÊTRE CATÉCHISTE Ayant tiré notre révérence à Sa Majesté Elisabeth II qui nous autorise à visiter les écoles et à y enseigner la religion, demandons-nous quel accueil le personnel enseignant fait aux prêtres-catéchistes.Indépendamment de motifs secondaires que seraient, par exemple, un encouragement officiel et un appui opportun à l'autorité des instituteurs, une présence sacerdotale auprès des jeunes possède une évidente valeur en soi.Instituteurs et élèves s'attendent à ce que le prêtre vienne leur parler.Il entre dans le paysage.Il lui revient de jouer sur la scène un rôle de premier plan ou celui d'un figurant épisodique.Dans un examen de conscience sacerdotale rajeuni, un mois sans catéchisme compte autant que l'oraison omise et le bréviaire expédié.Suivons maintenant le vicaire zélé qui s'arrache à la lecture du Devoir et de Paris Match pour entrer lundi matin dans la fournaise des écoles.Au début de son ministère, c'était les prémices de son sacerdoce en fleur, le charme de la nou- 223 veauté, la subite traduction des thèses théologiques dans un langage de tous les jours.Très vite notre vicaire, analysant ce que l'Imitation appelle "les divers mouvements de la nature et de la grâce", discernera un mouvement qui, paradoxalement, le porte au repos, à celui du presbytère tiède et tranquille, loin du brouhaha scolaire, de la discipline à maintenir, et faut-il l'avouer, des légitimes exigences du personnel enseignant.Car le prêtre n'est pas totalement chez lui dans les écoles.Il ne peut arriver à n'importe quelle heure et rester le temps qu'il lui plaît.Il doit s'entendre avec le personnel enseignant sur l'heure des visites, la longueur des classes, afin de ne pas chambarder l'horaire surchargé des cours.Le catéchiste hebdomadaire tiendra un certain compte de la matière en cours.Bref, une question de tact, de dévouement et de pédagogie innée ou acquise.Le prêtre s'offre en spectacle aux écoliers et au personnel enseignant et n'échappe au jugement ni des uns ni des autres.La contribution du clergé à l'enseignement de la religion et à la formation chrétienne des enfants s'avérera positive à condition d'être égale sinon supérieure, à la conscience professionnelle qu'apporte le personnel enseignant à préparer les cours de religion.On ne va pas dire "de bonnes paroles" à des élèves de 8ème année.Le prêtre-catéchiste n'est peut-être pas astreint à un programme précis; rien qui lui permette l'improvisation habituelle.J'entends une objection explicitement formulée par beaucoup de prêtres: "Le programme de l'enseignement religieux est tellement changé que nous sommes dépassés".Cette objection vaudrait pour le prêtre incapable de lire quelques volumes de pédagogie catéchistique à tête reposée.Tout de même, quatre années de théologie, des milliers de lectures spirituelles joints à l'expérience du ministère ne préparent-elles pas à parler tout simplement du Christ à des écoliers chrétiens?"Caritas Christi urget nos" disait l'Apôtre.Et ce grand amour du Christ qui envahit une âme sacerdotale donne à ses paroles persuasion et autorité.Il s'agit toujours du pasteur diligent et non du mercenaire désoeuvré.LE PRÊTRE FACE AU PROBLÈME COMPLEXE DE L'ENSEIGNEMENT RELIGIEUX Le catéchisme à l'école primaire est tout d'abord censé communiquer les notions suffisantes sur la religion selon l'âge, les capacités intellectuelles de l'enfant.L'esprit en formation franchit plus ou moins allègrement la distance entre une réalité de foi et une définition à mémoriser.Les centres d'intérêt, à l'intérieur du grand cadre-synthèse, habituent l'intelligence à dominer un certain secteur de l'enseignement religieux, 224 disons les sacrements.La septième année, on le sait, est consacrée à donner à l'élève une vue globale de la religion.Conjointement avec cet enseignement, s'opère un essai de conversion de tout l'être à cette réalité ineffable qu'est Dieu.L'amour ne se termine-t-il pas à la personne?La vie sacramentelle trouve ici sa place.A cela, ajouter l'éducation de la foi qui est l'apprentissage jamais terminé de la vie chrétienne, s'integrant aux diverses périodes de l'existence sentimentale et active: l'école, l'adolescence, l'entrée au travail, les fréquentations, la préparation au mariage, etc.L'expression forte "moeurs divines" désigne une foi vécue, traduite dans les faits.L'adolescent de treize ans "en train de découvrir le genre humain" possède des notions intellectuelles sur la chasteté et l'impureté.Au moment de la tentation, d'une rupture possible avec le Christ, quel degré d'attachement manifestera-t-il au Maître?Comment lintègrera-t-il les valeurs de la foi dans ce phénomène de l'adolescence?C'est dire toute la complexité de l'enseignement religieux pratiquement 'assimilé à une matière de classe et qui coïncide avec le tout de la vie.La 'religion se vit avant d'être enseignée.Le milieu familial antérieur au milieu scolaire et plus enveloppant que lui, contredit ou renforce l'enseignement religieux.L'enfant regarde vivre au-delà du foyer pour y saisir le témoignage d'un christianisme incarné ou la contre-indication d'un matérialisme de comportement.On sait que dans notre milieu scolaire, l'adolescent a posé depuis son entrée en classe une foule de gestes religieux avec une régularité mathématique: prières quotidiennes, chapelet, confession, communion, retraites, etc.Le tout complété par des mouvements de piété et d'apostolat.C'est la structure d'encadrement classique dans les écoles confessionnelles à l'image d'une chrétienté à grande majorité pratiquante.Une inévitable routine s'installe, décelée et combattue par les vrais éducateurs toujours soucieux de rendre réfléchi et authentique le geste religieux pratiquement imposé.Fasse le Ciel que le Seigneur y trouve l'élan d'une foi jeune plutôt qu'une démarche précoce de conformisme religieux.Songeons qu'à cet âge de sincérité totale, la logique instinctive des adolescents subit une grave entorse lorsqu'on exige un geste en contradiction avec la vie ou à côté d'elle.Car, par définition, l'adolescent multiplie ses centres d'intérêts en dehors du monde scolaire, il scrute les mobiles profonds qui font agir les adultes à ses yeux de plus en plus découronnés de leur prestige d'antan: sincérité, hypocrisie, désintéressement, ambition, égoïsme, matérialisme grossier ou raffiné."Il n'y a plus d'enfants".Cela veut dire que dans le vaste monde ouvert à l'envahissante publicité, les édifiantes ou scandaleuses vedettes de l'actualité 225 deviennent des types de référence vitale auxquels d'instinct l'adolescent s'ajuste.Au christianisme de se faire valoir, en dehors des églises, "par des chrétiens de plein air" qui ne désertent pas la vie et qui invitent au dépassement évangélique dans une joie authentique.Le Père Pierre Babin, O.M.I., dans son beau livre: "Les jeunes et la foi" se demande si les adolescents ont les signes de la foi qui manifesteraient la présence de l'Eglise dans les zones importantes de vie humaine.L'absence ou la présence de ces signes de foi constituent des facteurs décisifs dans l'évolution religieuse des jeunes écoliers, de la pré-adolescence à la jeunesse.Le prêtre-catéchiste est certes le plus qualifié pour embrasser le problème de l'enseignement religieux dans toute sa complexité.Il sera mieux à même de jouer pleinement son rôle spécifique.UN RÔLE D'INFORMATEUR RELIGIEUX Théoriquement, le prêtre est un docteur en Israël, un maître en sciences divines.Instituteurs et élèves recourent spontanément à ses lumières pour tout ce qui a trait au vaste monde religieux.On lui demandera des conseils pour enseigner la scène de l'Annonciation à des fillettes.Etant donné que depuis quelques années la religion change., ses lumières seront requises pour élucider de graves problèmes exégétiques, le fruit défendu au paradis, la côte d'Adam, la baleine engloutissant Jonas récalcitrant.Les adolescents iront de leurs questions classiques sur la prédestination, la différence entre amour et amitié, l'âge des fréquentations.Le vicaire inévitablement se fera amener sur le terrain brûlant des baisers prolongés entre adolescents qui s'aiment déjà, veulent se le prouver sensiblement sans vouloir faire le mal.La leçon de catéchisme qui tourne au dialogue, le forum, la réponse aux questions déposées dans la boîte traditionnelle, constituent une vaste tribune d'information religieuse qui déploie son éventail à la mesure même de la curiosité insatiable des écoliers s'ouvrant à la vie.Tout y passe: Bible et liturgie, casuistique et spiritualité, apologétique et morale, questions actuelles sur le Concile, les prêtres ouvriers, le célibat ecclésiastique de l'inévitable Frère Untel.Il faut espérer que notre vicaire dominera de sa science et de son érudition tout ce petit monde scolaire.Le genre est périlleux pour un catéchiste qui manque de discipline et de réparties faciles.En tout auditoire d'écoliers, quelques fauves sommeillent toujours prêts à dévorer le dompteur novice, à désarçonner le maître par des questions impertinentes et sottes lancées à la seule fin de susciter l'hilarité.Supposons qu'il se tire avec honneur de cette épreuve de prestige et de science.Est-ce vraiment là son 226 rôle spécifique?Je ne le crois pas.Le prêtre est appelé à rendre un service plus eminent et plus difficile.Il diffusera de la lumière synthétique.UN DIFFUSEUR DE LUMIÈRE SYNTHÉTIQUE Mettons-nous à la place de l'instituteur chargé de la classe quotidienne de religion.Le programme d'étude des écoles élémentaires est formel: il doit transmettre le message de l'Eglise, développer la vie de foi de l'enfant et susciter un engagement chrétien.A parler strict, les notes scolaires révèlent un certain degré de connaissance religieuse.Elles ne disent qu'une partie de la vérité dont se satisfait le monde officiel.Les Commissions scolaires ne tolèrent pas l'instituteur notoirement scandaleux; elles n'octroient aucun boni à l'institutrice qui enseigne la religion avec conviction chaleureuse et onction pénétrante.Le catéchisme transmet un message qui apparaît tout d'abord à l'enfant comme une série de connaissances disparates à mémoriser.Progressivement, la méthodologie du maître répondra au besoin de synthèse instinctivement manifesté par toute intelligence qui se développe.On connaît le rôle joué par le cadre-synthèse et les centres d'intérêt clans le nouveau programme des écoles élémentaires en vigueur depuis 1948.L'instituteur pédagogue manie l'analyse et la synthèse; il possède l'art de faire assimiler les notions caté-chistiques tout en les rattachant logiquement à d'autres notions dans un ensemble cohérent.Il évitera surtout l'enseignement religieux trop magistral et trop compartimenté qui établit des cloisons étanches entre l'Ecriture Sainte, le catéchisme, les prières, la liturgie et la formation morale.Le prêtre catéchiste qui vient toutes les semaines parler vingt minutes ou une demi-heure aux élèves connaît le programme à couvrir et les centres d'intérêt à dégager.Son rôle irremplaçable consiste à montrer que toutes les connaissances religieuses se tiennent, s'ordonnent les unes aux autres, s'agencent dans un tout harmonieux.Il ne doublera pas le travail de l'instituteur.Ce dernier, prisonnier du programme officiel, obligé au contrôle des leçons, serait quelquefois porté à négliger la difficile synthèse.Les arbres n'empêchent-ils pas de voir la forêt?L'objectif immédiat, les numéros de catéchisme à voir masquent l'objectif premier.D'autre part, le personnel enseignant étant composé d'une bonne moitié d'institutrices, il n'est pas mauvais que les écoliers reçoivent la marque d'une tournure d'esprit masculine.Je ne suis pas prêt à endosser le jugement du psychologue misogyne qui affirmait que le cerveau féminin était le tombeau de la logique.Cependant n'excelle-t-il pas surtout dans l'analyse des faits singuliers, étant moins séduit que l'esprit masculin par les rapports ob- 227 jectifs des êtres entre eux?L'homme se plaît aux vastes ensembles logiques.A l'âge où l'enfant accède aux intérêts objectifs et intellectuels, un prêtre pédagogue ajoute à la formation reçue des instituteurs un appoint non négligeable.Le Père Babin, O.M.Ï., le souligne avec beaucoup de raison: "Avec cet âge plus objectif, plus réaliste, plus pratique et actif, plus "social" aussi (moins subjectif et introverti) l'enfant s'ouvre à une catéchèse plus vaste et plus systématique où la compréhension objective et la mémoire ont davantage de place".Dans notre milieu "l'enfance adulte" coïncide avec la profession de foi, une date dans la vie des écoliers à laquelle le prêtre zélé s'intéresse grandement.En effet, l'habitus théologique prépare éminemment le prêtre à manier la synthèse, à aborder un sujet particulier sous des angles neufs.11 ouvre des horizons, élargit les perspectives.Un exemple: "Vous étudiez de ce temps-ci le sacrement de l'Extrême-Onction.C'est le Christ qui vit et agit dans son Eglise et qui vient aider un chrétien à une heure décisice de son existence.Vous connaissez la matière et la forme de ce sacrement ainsi que les conditions pour sa réception valide et licite (ici brève repasse des notions scolaires).Le sacrement d'Extrême-Onction va de pair avec celui de Pénitence afin de préparer l'âme à recevoir l'Eucharistie auquel tous les sacrements sont ordonnés et qui constitue pour nous le ciel possédé dans la foi".Ainsi le prêtre sort facilement des numéros de catéchisme strictement consacrés au sacrement d'Extrême-Onction.Il lie ensemble les notions; il domine le sujet.Et comme il fait du ministère, il n'a qu'à raconter un fait pour accrocher et maintenir l'attention.Les écoliers lancés en pleine vie réelle et en pleine vie d'Eglise, s'intéressent vivement à cette matière de classe qui dépasse la classe.Eventuellement, le prêtre s'attaque à un point précis, disons l'explication du sacramental afin de bien le distinguer du sacrement.Il fera de l'analyse.A notre sens sa contribution à l'enseignement du catéchisme est plutôt d'ordre synthétique.L'HOMME DE LA FOI La pédagogie nouvelle.essaie de créer une atmosphère de foi pour la classe de catéchisme.Le programme des études explique avec beaucoup de raison: "On ne passe pas, en effet, de la géographie au catéchisme comme on passe de l'histoire à la grammaire.Au contraire, c'est un peu comme lorsqu'on passe de la rue à l'église: on se recueille par respect pour les choses saintes".Le prêtre n'est-il pas tout désigné pour faire apprécier à son infinie valeur notre promotion en Dieu par le Christ?La foi s'appuie sur la raison comme s'ajuste à l'oeil un télescope géant qui fouille 228 les secrets du ciel.A mesure que l'enfant est capable de généralisation et d'abstraction, multiplions les leçons de catéchisme qui exposent les deux ordres de connaissance: celle de la raison et de la foi.L'enfant qui dit la vérité, aime et respecte ses parents, respecte la propriété d'autrui; l'homme fidèle à son épouse et citoyen honnête se conduit selon les dictées de la raison.Une neuvaine à la sainte Vierge constitue un acte de foi en un être historique maintenant assumé dans la gloire béatifique, avec lequel mon âme invisible entretient des rapports mystérieux.Vers la sixième ou septième année, l'écolier saisit suffisamment l'originalité foncière du christianisme, religion révélée, pour la distinguer de la religion naturelle.Dieu a fait irruption dans l'histoire humaine comme la foi ajoute sa lumière à notre raison.L'enfant apprend à se mouvoir à l'aise sur le double plan naturel et surnaturel et à se conduire selon les dictées de la droite raison éclairée par la lumière surnaturelle.Faisons-le réfléchir sur les attitudes que la foi inspire et qui ne sont pas déraisonnables quoique se situant au-delà de la raison.Illustrons cette vérité par l'exemple d'Abraham, de Moïse, de la Vierge à Nazareth, de Maria Goretti devant le mal, du prêtre à l'autel, du chrétien confiant qui quitte les siens en parlant de son Père des cieux qu'il a hâte de rejoindre et de contempler.En un mot, l'affronter au clair-obscur de la foi dans lequel il cheminera toute sa vie.Avant que l'apologétique vienne éclairer le délicat problème des relations entre raison et foi, et que surtout, le péché pleinement volontaire ternisse "la simplicité du premier regard" les éducateurs chrétiens — le prêtre à un titre spécial — établissent l'enfant d'emblée dans l'héritage merveilleux de sa filiation adoptive.Tel le Petit Prince à l'aise avec les nuages et les fleurs.Serait-ce trop d'une année pour donner intellectuellement au moins, une certaine vision chrétienne du monde?Et dire que les jeunes prêtres s'imaginent pouvoir préparer une leçon de catéchisme en se rendant du presbytère à l'école.ENSEIGNER CE QU'EST LE CHRIST Incessamment faire la synthèse des connaissances catéchétiques, dégager les vérités de foi de celles perçues par la seule raison, voilà un double objectif que se fixe le prêtre éducateur.Il ne risque pas de faire double emploi avec le rôle de l'instituteur, son enseignement étant occasionnel, et partant, plus dégagé de la tyrannie des programmes, des leçons à contrôler et des devoirs à corriger.Il couronnera son oeuvre en enseignant ce qu'est le Christ.Qu'on nous permette ici une expérience personnelle très fréquemment renouvelée auprès des élèves de sixième an- 229 née et au-delà.Des centaines de fois, avons-nous posé aux petits chrétiens la question suivante: "Que fait le Christ au ciel?'' Les réponses fusaient de tous côtés: "Il nous envoie des grâces, nous pardonne, juge les morts, etc." Bref, toute la gamme de l'activité bienfaisante de l'humanité sainte du Christ au bénélice des hommes.à l'exception du mouvement de l'Homme-Dieu ad Patrem.Les quatre fins du sacrifice qui perdure au ciel dans le culte que le Christ en tant que créature et Chef du Corps Mystique rend à son Père, échappent totalement à la compréhension spontanée des chrétiens qui font du catéchisme depuis 7 ou 8 ans.Incroyable ignorance d'une conséquence éternelle de l'Incarnation: le Christ en montant au ciel reste un homme.Pour l'élève moyen, l'Ascension signifie que le Christ est monté au ciel avec son corps seulement.Et son âme humaine créée?En a-t-il une?Si oui, pourquoi?Il n'en a pas besoin, il est Dieu".Les élèves confondent âme humaine du Christ et sa divinité.On ne leur demande pas de comprendre le mystère mais d'en saisir les données qui établissent le rôle actuel du Christ ressuscité, sa double médiation de religion et de rédemption.Ecoutons Romano Guarding "Le dogme fait entrer la raison au service de la foi et la charge, elle de déterminer exactement et définir clairement le sens de son contenu".Voilà pourquoi une exacte compréhension de l'Incarnation dans son dynamisme actuel est absolument requise pour comprendre "les vérités utilitaires" qu'on appelle état de grâce, mérite et messe.La grâce sanctifiante est une qualité créée qui m'unit immédiatement à l'humanité sainte du Christ, et par Lui, à la Trinité.Ainsi greffé vitalement sur le Christ et déjà sauvé par Lui, je participe par anticipation à la grandiose liturgie céleste, lorsqu'avec mes frères autour de l'autel, j'entre dans le mystère de son sacrifice sacramentellement renouvelé.Une fois que les élèves saisissent dans la foi que le Christ au ciel reste un être qui pense avec un cerveau humain et dont le Coeur sacré bat d'un réel amour pour les hommes ses frères et qu'il entraîne avec Lui dans sa remontée incessante vers le Père, ces chrétiens arrivent au seuil d'une conception globale de la religion.Le Christ n'est-il pas la voie qui mène au Père, le Pontife qui jette un pont vivant entre Dieu et l'homme, le médiateur actif situé au carrefour de tous les échanges humano-divins?Depuis l'Incarnation, un homme entièrement possédé par Dieu, constitué juridiquement chef d'une humanité rachetée, s'emploie à sauver individuellement les membres dispersés de la grande famille de Dieu.D'auprès du Père, le Christ envoie l'Esprit Saint; Il rend présent par la messe l'efficacité de son sacrifice sanglant perpétuant ainsi le culte en esprit et en vérité et la 230 suralimentation eucharistique des âmes.Bref l'écolier de septième année doit savoir ce que le Christ ajoute à Dieu, et pour parler d'une façon plus théologique, la relation singulière entre le Fils de Dieu et un homme dont la destinée s'inscrit dans l'histoire humaine et la dépasse infiniment.Par le baptême chrétien, un Homme-Dieu est entré dans ma vie pour en jamais sortir.Nous voilà bien loin des définitions catéchistiques qui jalonnent l'enseignement de la religion! Nous semblons nous en éloigner; c'est pour mieux les expliquer et les dominer comme un touriste pressé gagne les hauteurs du Mont-Royal pour mieux saisir d'un coup d'oeil la Métropole.Le Christ demeure le centre d'intérêt permanent dans l'enseignement de la religion.L'instituteur pédagogue et le prêtre s'y réfèrent constamment.Tel un chirurgien en exercice qui surveille la noble vitalité du coeur.LES JEUNES ET LE MYSTÈRE PASCAL Le lecteur trouvera peut-être que nous versons dans l'hérésie intellectualiste en faisant tout d'abord porter notre effort sur des notions assimilables par des cerveaux d'adolescents sur l'ineffable mystère du Christ.Les jeunes, dit-on, aspirent à la vérité vécue; il leur importe peu de connaître l'activité actuelle de cet illustre Disparu, le Christ céleste.Grave erreur.Les jeunes écoliers de huitième et de neuvième année sont happés par une joie toute nouvelle de vivre.Emportés par le flot incessant des images, des sensations et des événements, ils cherchent cependant avec une ardeur incohérente les raisons de vivre.Dans notre contexte nord-américain une minorité de durs choisissent la violence tapageuse.L'adolescent moyen discerne chez le monde adulte la logique d'une foi vécue ou le conformisme du geste religieux en contradiction avec la vie.L'éducateur chrétien, sans nier l'influence du milieu où évolue l'écolier, dégage l'essentiel du message.Il cherche à insérer le mystère pascal dans la psychologie des jeunes.Dans tout programme scolaire, les adolescents buttent sur des matières pour lesquelles ils n'éprouvent aucun intérêt spontané.Ils fournissent alors le strict minimum d'effort intellectuel en vue de l'examen.Or, il ne faut pas que l'ineffable mystère du Christ entre dans ce triste predicament des réalités inactuelles, qu'il se réduise à des notions catéchétiques, elles-mêmes, décalgue malhabile de thèses théologiques.L'éducateur saura mettre de la vie en parlant du Vivant par excellence.Jésus-Ressuscité se donne en plénitude dans une Eglise habitée par l'Esprit.De haute lutte en obéissant jusqu'à la mort de la croix, s'est-Il mérité la suprême réussite pascale.Libéré des contraintes 231 charnelles d'une humanité pourtant sans péché, le Christ devenu Esprit vivifiant, s'offre aux jeunes comme un Héros, le Pèlerin de l'Absolu impeccable et fraternel.Un spécialiste de l'adolescence, le Père Babin, O.M.I., résume ainsi notre pensée: "C'est dans la totalité du Mystère Pascal compris et vécu que tous les jeunes saisiront le véritable sens de leur vie, de leur élan d'avenir de leur appétit de réussite et de conquête".En eux, le Christ actualise sa vie, sa passion et sa mort en vue d'une résurrection intérieure véritable qui est la vie divine possédée dans le clair-obscur de la foi.Jésus de Nazareth au milieu des docteurs "les écoutant et les interrogeant" n'est-ce pas l'adolescent dépendant des adultes mais les forçant à s'arrêter devant la nouveauté d'une pensée qui s'affirme?Ce n'est pas parce que Jésus manque de personnalité qu'il s'enfonce dans le mystère de sa vie cachée, sous les lambris dénudés de Nazareth.Il a voulu avoir besoin de l'obéissance obscure pour mûrir son grand dessein de rédemption.Le Christ garde le silence pour parler plus tard avec une autorité sans égale.La fidélité aux petites choses, la banalité des humbles tâches qui définissent la vie de tout écolier, le préparaient aux grandes options douloureuses de sa vie publique.Hitler voulait ne retenir du Christ que le geste foudroyant du Galiléen chassant les vendeurs du Temple.Et sa vie cachée, humiliée, obéissante?Le Christ est à prendre dans l'intégrité de ses attitudes historiques et la totalité de ses mystères de salut.Une croix se dressera au terme de l'existence terrestre de Jésus, une croix qui symbolise tous les anéantissements de l'échec apparent et spectaculaire d'une carrière brisée.La croix du Christ n'est jamais populaire, spécialement auprès des jeunes.Ils sont tellement avides de mordre au fruit juteux de la vie.Ils obéissent à l'appel du bonheur.Dans l'ensemble du mystère chrétien, la croix — toutes les contraintes libres ou subies — joue un rôle de premier plan.Jésus n'a pas inventé la souffrance, mais II lui a donné un sens.Une catéchèse des jeunes situe la croix dans une perspective pascale.Elle en dégage le sens rédempteur sans lui enlever ses nécessaires aspérités.Il ne faut pas se le cacher.Il existe ce que j'appellerais l'illusion pascale, une fausse sécurité dans le Christ laissé seul à souffrir le Vendredi Saint et subitement rejoint, au matin de Pâques, par une foule de profiteurs.L'exubérance vitale, la confiance frémissante ne sont pas à confondre avec la victoire du Christ en nous sur le péché et l'égoïsme.Même replacée clans le contexte pascal, la croix demeure ce qu'elle est.Saint Paul mettait déjà les Galates en garde contre un naturalisme familier saupoudré de christianisme facile: "Vous, en effet, mes frères, vous avez été appelés à la liberté, 232 seulement que cette liberté ne tourne pas en prétexte pour la chair; mais par la charité, mettez-vous au service des uns des autres".La charité doin parle l'Apôtre suppose un chrétien initié au mystère de renoncement et de la croix vécue.Sous prétexte d'essayer de comprendre les jeunes d'aujourd'hui — substantiellement identiques aux jeunes d'hier et de toujours — que d'éducateurs consciemment ou non, laissent entendre que les nécessaires prudences, les contraintes secourables, l'obéissance dans la foi ne conviennent pas à des ressuscites.Les vertus dites passives n'ont pas bonne presse.Monseigneur Fulton Sheen n'avouait-il pas que la grande faiblesse du catholicisme nord-américain était l'absence pratique de la mortification chrétienne?Un christianisme sans croix.L'exubérance d'élan vital s'insurgera, par exemple, devant la sagesse de l'Eglise et des parents relativement aux fréquentations prématurées et assidues entre adolescents.Le prêtre-catéchiste expliquera qu'il ne s'agit ni d'un jansénisme latent ni d'une universelle conspiration de ceux qui ne comprennent pas les jeunes parce qu'ils n'ont plus 20 ans, encore moins 16 ans.Une abondante littérature très accessible aux jeunes ne cesse de dire aux impatients de vivre que le coeur se flétrit dans des flirts troublants et des amourettes passagères, que le grand amour se prépare et se mérite par une charité dilatante doublée d'une laborieuse chasteté.Je ne suis pas prêt à endosser le jugement du Père Emile Legault, c.s.c: "Ce que les jeunes retiennent de leurs leçons de catéchisme, c'est une condamnation-massue de l'impureté".De plus en plus, les éducateurs présentent le problème de la pureté d'une faim globale et positive.Ils ne sauraient transfuser aux adolescents l'irremplaçable énergie, la force de caractère qui manque toujours plus que la pénétration de l'intelligence.Après avoir déversé des tonnes d'évidence et de compréhension sur ce problème-type des jeunes de notre temps, il restera tout simplement à fuir les occasions prochaines de péché, à croire aux suites du péché originel.Les détours passionnants à travers la psychologie de surface et des profondeurs conduisent à une réponse de catéchisme.Les jeunes répugnent à se sentir faibles; ils admettent difficilement qu'à certaines heures, les vainqueurs soient les fuyards.Il suffit d'un sourire narquois s'apitoyant sur leur "liberté enchaînée" pour qu'ils aient honte de paraître vertueux.La configuration obligatoire au Christ crucifié s'opère par une prudence que le monde méprise et dont l'apprenti-chrétien reconnaît humblement la nécessité.La victoire pascale de notre foi sur le monde n'est jamais tapageuse.L'adolescent pur, pieux et obéissant attire moins l'attention que l'affranchi précocement initié à toutes les ivresses d'une liberté débridée.233 C'est pourtant lui qui triomphe.Et l'Esprit Saint qui rend témoignage à notre esprit saura bien le lui dire.LE BIENFAIT D'UNE PRÉSENCE SACERDOTALE Le prêtre-catéchiste, disions-nous diffuse la lumière synthétique.Pour autant que l'intelligence des élèves s'y prête, son enseignement occasionnel cherche à ramener l'enseignement rationnel de la religion à quelques principes de base, et progressivement, à une réflexion sur l'histoire de Dieu et le mystère pascal qui se déroulent actuellement et dans lesquels nous sommes vitalement impliqués.En ce faisant, il seconde à sa façon la tâche de l'instituteur.La formation théologique du prêtre, son expérience pastorale doublée de la grâce d'état — et il faut l'espérer — une compétence pédagogique moyenne, le préparent à jouer le rôle que l'Eglise attend de lui et que jusqu'à présent, l'Etat a autorisé.Avant tout, curés et vicaires, éventuellement des religieux, vont dans les écoles parce qu'ils sont prêtres.Officiellement dans la paroisse, qu'ils le veuillent ou non, ils représentent le modèle achevé de la perfection chrétienne.Or le messager de la Parole et l'homme de Dieu intéressent davantage les enfants que le message lui-même.Les écoliers sont plus curieux de voir vivre quelqu'un que de l'entendre parler.Très rapidement, ils s'aperçoivent que le prêtre parle du Christ avec la sincérité du témoin ou l'habileté du semeur de paroles.La définition de l'apôtre ne change pas; il est celui qui a vu le Christ dans l'éclat de sa résurrection et dont le regard reste ébloui et la voix frémissante.Les enfants du catéchisme déchiffrent la personnalité du vicaire comme un document vivant.Quel magnifique trésor pour un prêtre de s'être gardé une âme vivante et vibrante.Le professeur de religion n'enseigne pas une matière inanimée ou une langue morte.Il parle de Celui qui nous a aimés le premier et qui aura avec nous le dernier mot.Le catéchiste convaincu et apôtre fait aimer la classe de religion et tourne les coeurs vers Dieu.A ce moment, spontanément, les âmes des grands élèves s'ouvriront au bienfait de la direction spirituelle.Les petits chrétiens que le Christ appelle au sacerdoce et à la vie religieuse verront évoluer un chrétien adulte à qui le Christ a demandé davantage et qui a répondu dans la joie d'un don total.C'est peut-être un des bienfaits les plus appréciables d'une présence sacerdotale dans les écoles.234 Père Serge, capucin Conversion et Prédication - n Il - PRÉDICATION FACE À LA CONVERSION DE FOI Quel sera le moyen par excellence, le moyen le plus efficace pour susciter chez nos chrétiens d'aujourd'hui cette "foi-conversion", pour employer une expression du P.Liégé?C'est la prédication de l'Evangile.Le ministère qui a comme fonction primordiale la foi vive, la conversion, c'est la Parole de Dieu.PUISSANCE ET SUBLIMITÉ DE LA PRÉDICATION La parole est appelée dans l'Ecriture Parole de Salut, (Act.13, 26) Parole de Grâce (act.14,3 20,32) Casque du Salut (Eph.6, 17) Parole de Vie (phil.2, 16) Parole de réconciliation (2 cor.5, 19) donc de conversion."Le Christ nous a confié le ministère de la réconciliation (2 cor.5, 18) mettant sur nos lèvres la parole de réconciliation" (2 cor.5, 19).Cette parole a toujours eu et aura toujours "la force de sauver les âmes" (Jac.1, 21).Parce que notre prédication n'est pas l'annonce d'une parole humaine, mais de la Parole de Dieu: "c'est Dieu lui-même qui exhorte par nous" (2 cor.520), va jusqu'à dire St.Paul, cette parole devient une "démonstration de puissance, de puissance de Dieu" (1 Cor.24).Elle est si puissante qu'elle engendre la foi.(Rom.10, 17).La foi naît de la Prédication (Rom.10, 17).St Paul l'appelle "la parole de la foi." (Rom.10, 8) "La cause efficiente et directe de la foi, fait remarquer le P.Hitz, est la Révélation, dans le coeur de l'homme, de Dieu lui-même dans le Christ par l'Esprit-Saint — Je crois, parce que le Dieu vivant me parle en J.C.par l'Esprit Saint pour mon salut éternel.La cause dispositive — instrumentale de cette rencontre de l'homme avec Dieu est la prédication ecclésiale qui met l'homme en présence de la Parole de Dieu.(p.188 Annonce missionnaire de l'Evangile)."Car c'est moi, qui par l'Evangile, vous ai engendrés clans le Christ-Jésus" (1 Co.4,15).Prédication 235 CONVICTION DE SAINT PAUL Si les douze Apôtres sont persuadés que la Parole est le ministère premier et au-dessus de tous les autres, jusqu'au point île juger inadmissible de "délaisser la Parole de Dieu pour le service des tables" (Ac.6, 2), saint Paul, lui, poussera encore plus loin sa conviction.Il n'hésitera pas à dire: "Le Christ ne m'a pas envoyé pour baptiser mais pour annoncer l'Evangile" (1 Co.1, 17).Il est si convaincu que c'est capital de prêcher que c'est un impératif.qu'il s'écrira "malheur à moi si je n'évangélise pas" (1 Cor.9, 16).C'est tellement pour lui le ministère des ministères qu'il écrira à Timothée avec des accents enflammés et pathétiques: "Je t'adjure devant Dieu et devant le Christ qui doit juger les vivants et les morts, au nom de son apparition et de son Règne: proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, refute, menace, exhorte avec une patience inlassable (2 Tim.4, 1 à 3).Ce ministère en outre lui apparaissait si divin et si sublime qu'il faisait à Timothée la recommandation suivante: "Acquitte-toi à la perfection de ton ministère".Paul affirmait ensuite qu'il n'était pas de ceux qui trafiquent de la parole de Dieu; non, c'est en homme sincère, c'est en envoyé de Dieu que devant Dieu nous parlons dans le Christ." Nous connaissons les fruits de cette prédication apostolique.Elle a fait surgir un peuple de croyants au sens fort du mot, un peuple de convertis qui chantaient des cantiques, fréquentaient le temple et ne faisaient entre eux qu'un seul coeur, racontent les Actes (2, 42 à 47).LE PROBLÈME DE L'INFANTILISME RELIGIEUX METTRAIT-IL EN DOUTE L'EFFICACITÉ DE NOTRE PRÉDICATION?Nous ne sommes plus au temps de la primitive Eglise, époque privilégiée de grâces et de miracles, mais nous pouvons nous demander sérieusement nous qui sommes "apôtres par vocation", "mis à part pour annoncer l'Evangile de Dieu" (Rom.1, 1), nous qui sommes les serviteurs de la Parole et par conséquent les serviteurs de la foi, nous pouvons nous demander comment se fait-il que l'Evangile que nous prêchons et qui est censé être "force de Dieu pour le salut de tout croyant" (Rom.1, 16) ne semble pas créer un peuple de vrais croyants, d'authentiques convertis.PRISE DE CONSCIENCE DE L'IMMATURITÉ DE LA FOI Nous pouvons affirmer, sans sombrer dans le pessimisme, qu'il y a bien peu de chrétiens qui soient parvenus au stage d'une foi adulte.Avouons avec lucidité que la conversion de jeunesse, cette phase de chocs, de découvertes, de remises en question et de prises de position, n'a même 236 pas été amorcée dans le coeur de nos chrétiens parvenus au midi de l'âge et même chez ceux qui s'en vont vers le déclin de la vie.RELIGION QUI N'EST PAS INITIATIVE DIVINE Les richesses du baptême, du Royaume de Dieu, de leur religion n'ont pas été découvertes dans la joie, comme l'unique trésor et la "perle précieuse".En conséquence, leur vie chrétienne est pesante et triste.Leur religion ce n'est pas d'abord les étonnantes choses que le Seigneur a faites pour eux (Evely).— Le Seigneur fit pour moi des merveilles — mais une série d'affaires à faire et surtout des affaires à ne pas faire pour éviter l'Enfer et gagner le Ciel.On dirait que ce n'est pas Dieu qui a commencé.Nos chrétiens ne se sentent pas portés par un amour qui les dépasse, les enveloppe et les soulève dans la rigueur de l'observance des commandements.La religion n'est pas initiative divine.PHARISAÏSME Quand la religion n'est pas d'abord ce que Dieu a fait et continue de faire pour nous, mais surtout ce que nous, nous faisons pour Dieu, on a déjà fait le pas dans le pharisaïsme, considéré par Jésus comme le plus grand obstacle à la conversion.Quand tout ce que nous accomplissons dans notre vie chrétienne cesse d'être tout simplement une réponse mesquine à l'amour jaloux de Dieu, il suffit alors d'observer un certain minimum de pratiques.Et après on s'asseoit, parce que l'on croit que c'est assez et que ça suffit.On a son ciel clans ses poches, on l'a payé avec la monnaie de ses neuf premiers vendredis du mois, avec ses trois Ave Maria et sa médaille miraculeuse, dont on a entendu prêcher l'"ex opère opera-to".Nos chrétiens ont-ils vraiment l'impression que lorsqu'ils vont communier, par exemple, ce ne sont pas eux qui font un cadeau au bon Dieu, mais que c'est Dieu qui leur fait cadeau de son salut gratuit, purement gratuit.Le Père Hitz dénonce le pélagianisme comme une hérésie moderne.Il faut affirmer plus que jamais la gratuité absolue du Salut en J.C.Nos chrétiens ne sont plus suffisamment les fils de la béatitude des inassouvis et des tourmentés de justice, perpétuellement en quête d'eau vive et de pain substantiel.FOI IMPERSONNELLE ET DIVORCE ENTRE RELIGION ET VIE La foi de nos catholiques n'est pas autonome.Nous les savons ballottés par tout vent de doctrines, fascinés par des prestiges du monde et façonnés par ses maximes.Leur vie religieuse n'imprègne pas leur vie profane.Il y a deux existences.Il y a d'un côté la religion faite de pratiques plus ou moins routinières et de l'autre côté la vie de tous les jours, 237 la lutte pour la vie et l'organisation de son bonheur qui exploite le plus riche des énergies.Il y a le confort, il y a l'amour où l'on peut se permettre de tricher, l'amour qui n'est qu'un jeu — il y a les affaires qui sont les affaires, il y a les loisirs, il y a la politique.C'est le divorce entre les deux sphères d'existence.La religion ressemble à un plaqué de mauvais goût sur la vie quotidienne.PRATIQUANTS NON CROYANTS Pour tout dire, nous avons une foule de pratiquants qui n'ont pas encore commencé d'être des croyants.Au début de l'Eglise les disciples du Christ se distinguaient entre eux par le terme de "croyants'' et non celui de "pratiquants" fait remarquer le P.Liégé (Maison-Dieu No 39, p.31).Notre prédication de retraite qui est essentiellement une prédication de conversion de foi ne peut pas se contenter d'une conversion de pratique.Si occasionnellement Dieu peut se saisir d'une démarche sacramentelle routinière ou de tout geste religieux superficiel comme amorce d'une conversion profonde, il ne reste pas moins vrai que la conversion de foi doit être "antérieure à la pratique" (P.Hitz).Elle conduira forcément à la pratique, mais à une pratique renouvelée, vivifiée et transformante.Les sacrements deviendront alors des rencontres personnelles avec le Dieu vivant et non des porte-bonheur ou des trucs magiques pour gagner le ciel.L'approche des sacrements suppose la Conversion de foi puisque les sacrements sont appelés les signes de la foi.A leur tour les sacrements viennent au secours de la foi pour la protéger, la raffermir et la faire croître.SENS DU PÉCHÉ Le sens du péché condition d'une foi adulte ne semble pas très affiné.Le péché n'est pas, pour l'ensemble de nos chrétiens le mal qui, selon Jérémie, est immense comme la mer.SENS DE L'APOSTOLAT Ont-ils plus le sens de l'apostolat.Comprennent-ils que l'apostolat fait partie intégrante du programme de vie des enfants de Dieu, qu'un chrétien c'est un homme à qui Dieu a confié tous les hommes (Abbé Go-din).Beaucoup restent repliés sur eux-mêmes et se contentent d'un salut purement individualiste.ÉVANGÉLISER POUR CONVERTIR Il y a actuellement urgence d'une prédication toute centrée sur le renouvellement intérieur de la foi, dont l'objectif premier est toujours 238 la décision de choisir le Christ comme point de départ absolu de l'existence.L'insistance sur la situation actuelle de la vie religieuse pose d'inquiétants problèmes à nous les gardiens de la foi.— La foi n'est plus à la mesure de la vie.Cette foi que nous appelons trop volontiers et avec un certain accent de sympathie, pour ne pas dire d'admiration, la foi simple de nos bonnes gens, cette foi se révèle de plus en plus faible et sans défense devant les duretés et les appels frénétiques de notre monde matérialiste et paganisé, ce monde qui, comme le disait Claudel, "ronfle le sommeil épais de la bestialité païenne".Il faut à nos chrétiens une foi éclairée, profonde, endurcie tout en étant joyeuse et enthousiaste.Autrement, elle ne pourra pas résister à la fascination des idoles.Il revient à nous pour une grande part, puisque nous sommes établis officiellement serviteurs de la foi, de faire aboutir par la force et l'intégrité du message de l'Evangile la nécessaire et la combien pressante conversion.PRÉDICATION DE LA RELIGION DU DEVOIR Le Père Liégé fait remarquer que les prédicateurs ont trop vite supposé que des pratiquants étaient évangélisés, et qu'ils sont passés avec impatience à l'exposé didactique de la foi.Nous pourrions peut-être ajouter qu'ils sont passés trop tôt sous prétexte d'être pratiques à l'exposé des devoirs de l'homme envers Dieu.D'où les anciennes retraites qui reproduisaient le schéma des anciens manuels de Catéchisme.Dieu, mais comme bien à atteindre, ou plus précisément l'Enfer à éviter et mon âme à sauver, le Ciel à gagner.En conséquence 1) ce que je dois croire (Dogme); 2) ce que je dois faire (morale); 3) les moyens à pratiquer (grâce, sacrements, prières).Religion antropocentrique où la face du Christ est estompée et où le dynamisme de l'amour n'est pas mis en lumière.Rappelons-nous les cinq divisions de la retraite de St Léonard: 1) Ce qu'il faut craindre, 2) ce qu'il faut éviter, 3) ce qu'il faut faire, 4) ce qu'il faut croire, 5) ce qu'il faut espérer.Joseph Folliet faisait remarquer: "L'Evangile n'est pas un code de morale.Les Béatitudes, qui en sont le sommet, ne proclament pas "vous avez le devoir d'être pauvres", ou "vous avez le devoir d'être doux", mais "bienheureux les pauvres", "bienheureux les doux".Non pas: "vous avez le devoir de vous préparer à l'esprit de sacrifice", mais: "que celui qui m'aime porte ma croix et me suive".Ce sont des invitations au bonheur, à l'héroïsme, des invitations à l'amour.(Prêtre, ministre de la Parole, p.34).239 PROCLAMATION DE L'AMOUR PREMIER DE DIEU COMME PRINCIPAL MOTIF DE CONVERSION Si nos retraites ne mettent pas en lumière l'Amour premier et gratuit de Dieu, par une proclamation animée et pénétrante dans chacun de nos sermons, en réservant une partie importante du sermon à cette annonce de ce que Dieu fait pour nous, nous ne pourrons pas alors motiver suffisamment nos fidèles à la conversion de foi.De plus nous mutilerons l'Evangile.Notre parole ne sera plus au sens strict la "Bonne Nouvelle", elle ne sera plus la "force de Dieu pour le salut de tout croyant", elle ne sera plus "démonstration de la puissance de Dieu", qu'elle ne puisse par conséquent bouleverser le centre du coeur, il n'y a pas à nous surprendre.L'Evangile n'est pas d'abord révélation de ce que l'homme doit faire pour Dieu; mais révélation de ce que Dieu a fait pour l'homme et révélation de ce qu'il continue de faire en J.C.par l'Esprit Saint.C'est d'abord Dieu qui se révèle à l'homme avec son Amour tragique et dévorant.A cet amour, l'homme est invité de répondre.L'Evangile sera donc aussi la révélation de la nouvelle qualité de la réponse d'amour de l'homme.Cette réponse, c'est la morale.Bien sûr que nous prêcherons la morale dans toute sa rigueur évangélique et ses exigences d'héroïsme, mais une morale baignée dans l'amour, allégée par l'Amour et qui deviendra fardeau léger et joug suave.Nous sommes arrivés ici au point culminant de notre travail: le Motif de la Conversion.Ce motif de conversion apparaît si riche et multiple d'aspects qu'il est bien difficile de le cerner par une définition quelconque.Il échappe à toute formule qui se voudrait rigide.LA MÉTHODE HISTORIQUE Les théologiens de la prédication, Arnold, Liégé, Hitz, Rétif etc., font remarquer qu'il faudra raconter les faits divins comme un tout organique et selon un ordre chronologique mettant dans une lumière plus grande les vérités de plus large envergure de sorte que nos fidèles retracent l'Unité et l'Ordre d'importance dans les dogmes de leur foi.que St Antoine n'apparaisse pas au-dessus de la Ste Vierge et celle-ci au-dessus du Christ.Cette méthode est appelée "la méthode historique".C'est celle même des Apôtres.Elle n'est pas une invention moderne.Voici comment elle pourrait se résumer: Dieu le Père nous a aimés jusqu'à nous envoyer son Fils.Le Fils nous a sauvés par sa mort et sa résurrection.Il a fondé sur la terre le Royaume du Père devant rassembler 240 tous les enfants de Dieu.Ce Royaume, en tant que visible, c'est l'Eglise, qui est animée par l'Esprit Saint.C'est ce Royaume qui "veut et doit venir à nous, comme source de paix et de sanctification et de béatitude" (Fx.Arnold-Serviteur de la foi.p.78).Voilà la grande histoire d'amour dont la vision organique, présentée dans un style joyeux et pénétrant, doit s'imposer comme le motif le plus puissant de conversion sérieuse.LES APÔTRES ET LA MÉTHODE HISTORIQUE Cette méthode historique, la seule que les Apôtres connaissaient, s'avérait puissante en conversion.Les premiers chrétiens, qui nous révèlent que les Apôtres racontaient simplement les faits divins, — "nous les entendions publier dans notre langue les merveilles de Dieu" — étaient tous dans l'admiration."Tous étaient stupéfaits", disent les Actes 2, II.ANNONCE DE J.C.COMME AXE DE CONVERSION Parmi ces "magnalia Dei" proclamées par les Apôtres, le Mystère du Christ était le centre même de la Bonne Nouvelle.Puisque la conversion est d'abord et avant tout, nous l'avons assez affirmé, une reconnaissance du Christ comme l'axe de sa vie, il nous faudra donc révéler J.C.comme le grand fait de l'histoire humaine; celui qui est venu retourner nos existences dans l'amour pour les projeter ensuite dans la gloire du Père, J.C.mort et ressuscité; l'événement des événements, le Christ "heri et hodie", Alpha et Omega à qui toutes ses réalités se rattachent et retrouvent leur sens.PAUL ET L'ANNONCE DE LA PAQUE DU CHRIST COMME MOTIF DE CONVERSION Pour saint Paul, Jésus mort et ressuscité, voilà la preuve éclatante de l'Amour qu'il invoque sans cesse comme motif suprême de conversion.C'est émouvant de l'entendre raconter l'Amour: "A peine en effet voudrait-on mourir pour un homme juste; pour un homme de bien, ou peut-être osera-t-on mourir, mais la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous.Si étant ennemis nous fûmes réconciliés à Dieu par la mort de son Fils, combien plus une fois réconciliés serons-nous sauvés par sa Vie." (Rom.5,7-11).Il disait encore toujours à ses chrétiens de Rome: "Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?" C'est comme s'il disait: "Mais c'est bien sûr qu'il est pour nous, en voule/.-vous la preuve.C'est qu'il n'a pas épargné son propre Fils, mais l'a livré pour nous".MOTIF DE CONVERSION DANS LES ACTES Dans les Actes des Apôtres on retrace au moins une dizaine de sermons de conversion.(Il y en a en tout dix-neuf, plusieurs sont à peine 241 ébauchés).Ces sermons sont de facture identique et rappellent les grandes lignes de l'histoire du salut: Cet homme de Nazareth, livré au monde par un dessein d'amour du Père, les hommes l'ont mis à mort et Dieu l'a ressuscité.Et c'est par la foi en lui que nous pouvons tous être sauvés.Il est opportun de remarquer que pas un de ces discours bâtis exprès pour convertir ne mentionne comme motif de retour à Dieu la Crainte de l'Enfer.Ces annonces de Salut demeureraient-elles sans retentissement dans les coeurs de nos chrétiens d'aujourd'hui?UN MOTIF DE CONVERSION CHEZ LES ÉVANGÉLISTES 1) Saint Marc Dans l'Evangile de St Marc, Jésus suscite la conversion en annonçant la présence du Royaume de Dieu.Voici, le Royaume est arrivé.Il est pour aujourd'hui.C'est un "hodie".La qualité du bonheur cju'il propose c'est pour tout de suite.C'est déjà commencé.C'est une joie d'aujourd'hui et non de demain.La différence c'est que demain elle ne sera plus mêlée de souffrance.Les ombres auront disparu.Notre joie aura la transparence et l'éclat de celle de Dieu.Et Jésus fait comprendre que ce mystérieux Royaume, c'est Lui, c'est sa personne, c'est son amitié."Il promène en lui le Royaume".En le suivant, en pénétrant à l'intérieur de son amour, on se trouve introduit dans l'Univers de Dieu: le Royaume.2) Saint Matthieu St Matthieu fait remarquer que la découverte des merveilles du Royaume fait jaillir une conversion dans la joie.C'est la conversion elle-même qui devient joyeuse.L'Homme qui a trouvé le trésor, c'est-à-dire qui a trouvé Jésus, le Royaume, s'en va ravi de joie et vend tout, c'est-à-dire se convertit radicalement, ne garde absolument rien de son ancienne existence d'orgueil et de plaisir.Et ce pénible dénichement du monde de ses fantaisies s'accomplit dans la joie.Notre prédication, — si elle se veut prédication d'évangile — doit déployer dans un langage attrayant, les promesses de la joie splendide du nouveau Royaume, afin que leur conversion s'accomplisse dans l'allégresse du coeur.La joie de la conversion est un des éléments qui en garantisse la durée.3) Saint Luc St Luc, l'évangéliste de la miséricorde fait ressortir, comme motif de conversion dans l'enseignement de Jésus, la tendresse de la miséricorde du Sauveur et du Père des cieux, tendresse si attirante pour le pécheur.242 Le pécheur, sait que c'est la joie du Père de faire miséricorde et aussi la joie du Sauveur de manifester le pardon de Dieu.Le pécheur n'aura plus de gêne et de crainte à revenir.Il sait qu'à son retour, comme le disait Péguy "c'est le Père qui pleurera le plus".4) Saint Jean Il nous faut réserver à St Jean une part exclusive de mérites.Plus que les autres évangélistes, il a le don de mettre en relief et comme dans une lumière fulgurante la divinité du Christ.C'est la personne de Jésus-Christ elle-même, en tant que Fils de Dieu qui s'impose alors comme le motif le plus immédiat et le plus direct de conversion.Jésus se déclare lui-même seul et vrai pain, seule et vraie route, unique vérité, unique source de vie et seul pasteur.Tout ce qui ne surgit pas de Lui n'est que fanfreluche, mensonge, duperie, illusion.Il faut en face de lui, décider de sa vie ou de sa mort."Sans moi vous ne pouvez rien faire".Ceux qui refusent de le suivre, ce sont alors les ténèbres qui s'emparent d'eux: une vie inutile et absurde débouchant dans la catastrophe.Jésus affirme par le dévoilement de toutes les richesses qui jaillissent de la divinité de sa personne qu'il est le seul être existant sur la planète capable de satisfaire d'emblée tous les besoins essentiels et vitaux de l'homme.Le pauvre pécheur tournant en rond dans son petit monde de joies caduques et volatiles, et toujours lanciné par la nostalgie du paradis perdu, sera attiré à se convertir s'il pressent pouvoir goûter la plénitude de la joie.En résumé, c'est tout le Nouveau Testament qui atteste que la conversion est le fruit de la joyeuse annonce de l'Amour premier et gratuit de Dieu en J.C., des magnalia Dei, du bonheur tout nouveau et des joies ineffables du Royaume de Dieu.PRÉDICATION DE LA CRAINTE DE L'ENFER ET CONVERSION En aucun endroit du Nouveau Testament il est apparu que la crainte de l'enfer était invoquée comme motif, je ne dis pas principal, mais important de conversion.Le Christ rappelle tout simplement à maintes reprises, avec netteté, rapidité et violence d'expression l'existence de l'enfer comme un absolu terrible sur lequel on ne pose pas de questions.Le Royaume est offert, il est là.Les auditeurs sont dans une alternative cruciale.La conversion ou le châtiment.C'est que le Règne de Dieu est irrésistible et son amour victorieux.Son Evangile destiné tout entier au salut, une fois refusé par l'homme, devient alors pour celui-ci colère de Dieu, et jugement de condamnation.Dieu intervient en Jésus- 243 Christ avec une violence si imperative que finalement c'est elle qui emporte tout."Je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous" (Luc, 13,3) "Je suis le Chemin.Celui qui ne me suit pas marche dans les ténèbres"."Celui qui ne demeure pas en moi.on le coupe et on le jette au feu".C'est à prendre ou à laisser.La menace de la peine marque l'urgence de la conversion.Pour certains pécheurs cette vision d'un avenir de tourments comme conséquence de l'endurcissement peut se transformer en ce que j'appellerais un motif d'approche de conversion, mais jamais un motif suffisant de sérieuse et durable conversion qui est le fruit de l'amour.C'est pourquoi d'ailleurs Jésus et les Apôtres n'ont jamais fait d'exposés sur l'enfer.Ils se sont pourtant étendus longuement sur des sujets comme ceux du Royaume, du Corps Mystique et de la nouvelle justice des enfants de Dieu.L'enfer c'est un thème sur lequel Jésus n'aime pas à broder.Toujours il se contente d'en affirmer sèchement et brutalement la réalité par des expressions laconiques, farouches et lapidaires.PRËCHERONS-NOUS L'ENFER?Entendu que nous parlerons de l'enfer, mais à la manière de Jésus, après avoir exposé le Royaume et ses promesses de vie."Voici mes frères.Dieu nous offre gratuitement de partager son avenir de bonheur et de gloire.A nous d'y entrer par la conversion.Si nous refusons parce que nous préférons enfermer notre existence terrestre dans les plaisirs, nous acceptons par le fait même, comme conséquence, d'enfermer notre éternité dans l'enfer".Il nous suffira de montrer que ce n'est pas un mythe, mais le châtiment réel d'une éternité de larmes et de grincements de dents.En rapportant les paroles bien frappées, mordantes et incisives de Jésus, sans luxe de détails et sans encombrement de descriptions, sans arabesques sentimentales, nous mettrons nos chrétiens en face d'une grave vérité de notre foi et leur ferons sentir vivement l'urgence de la conversion.Prêché ainsi, l'enfer restera situé à sa place dans le plan du salut et gardera son allure imposante de dogme sérieux, de certitude absolue et éternelle.Cette réalité de l'enfer s'imposera d'elle-même, leur tombera d'aplomb dans le fond de l'âme forçant nos chrétiens à évacuer l'à-peu-près et le clair-obscur dans leur existence par la prise de conscience du tragique de la vie et de la nécessité de l'option.La prédication de l'enfer ne sera donc plus un épouvantail pour les âmes timorées.Il me semble qu'il n'y aurait pas infidélité à l'Evangile à ne pas s'étendre plus longuement sur l'enfer que Jésus ne l'a lui-même fait.244 Il conviendra donc de menacer, peut-être même souvent, mais brièvement.St Paul ne dit-il pas à son disciple Timothée: "Refute, menace, exhorte".La prédication a le droit d'exploiter toute la gamme des sentiments humains.C'est tout l'homme avec sa chair et son esprit qui doit être remué.Cependant notre parole veillera à garder à tout prix sa tonalité de bonne nouvelle.Si elle devenait mauvaise nouvelle, elle cesserait d'être tout simplement Evangile.Notre peuple a déjà les reins cassés, comme le dit si bien le Frère Untel.11 ne faudrait pas qu'il sorte de l'Eglise après le sermon plus rompu que jamais, sans espérance et sans joie, dans le fond du coeur.Quant à la sentence "Timor Domini initium sapientiae", on l'a impitoyablement torturée.On la retrouve à trois endroits dans les livres sapientiaux.Dans l'Ecclésiastique 1,14, dans les Proverbes 1,7 et dans le psaume 110, 10.On s'est tout simplement permis de galvauder le sens de ce passage de l'Ecriture.On l'a interprété comme s'il s'agissait, non de la "Timor Domini", mais de la "Timor inferni".D'après la Bible de Jérusalem, la Crainte du Seigneur dans les livres sapientiaux désigne la religion, la piété.On n'a qu'à lire les versets qui précèdent immédiatement le verset 14 de l'Ecclésiastique pour trouver la confirmation de son interprétation moderne.La crainte du Seigneur est appelée gaîté, couronne d'allégresse, joie et longue vie.Comme il y a loin de cet épanouissement à la peur morbide de l'enfer.N'y aurait-il pas lieu de distinguer ici entre crainte et peur de Dieu?Tout le monde sait que dans tout véritable amour il y a la crainte révérentielle, en regard de la majesté de Dieu le Père, mais que la peur est l'élément le plus néfaste de l'amour authentique.Elle provoque l'éloignement et non le rapprochement de l'être envers qui elle se manifeste.MOTIF DE CONVERSION ET ANCIEN TESTAMENT Faire appel à la Crainte de l'enfer comme motif principal de conversion, ce serait même sortir du contexte non seulement du Nouveau Testament, mais de l'Ancien Testament où la conversion est motivée principalement par cette vérité fulgurante: l'Amour de Dieu est fidèle, fidèle comme le rocher.C'est cette opiniâtreté d'amour poursuivant le pécheur jusque dans les derniers repaires de ses crimes qui finit par lui être accablante et le réduit à capituler.Par les prophètes qui dans des excès de colère brandissent des anathèmes et vomissent des catastrophes, c'est 245 Dieu qui se montre aux prises avec le tourment de l'Amour tragique et renié.Les menaces de calamités que crachent les prophètes et qui sont comme une exaspération de l'Amour de Dieu devant la lenteur des nuques raides à se convertir, ont évidemment comme effet direct de marquer l'urgence de la conversion."Quand Dieu parle, il faut se hâter de lui répondre sinon il sera trop tard".(Lumière et Vie No 47, p.19).QUALITÉ DE NOS SERMONS DE RETRAITE FACE À L'URGENCE DE LA CONVERSION Notre prédication de retraite paroissiale doit être traversée d'un bout à l'autre, du premier sermon jusqu'au dernier, et du début de chaque sermon jusqu'à la fin de chaque sermon par une unique ambition, par une passion forte et tenace: Convertir, obliger les auditeurs à abdiquer en face de leur égoïsme, de leur suffisance et devant les prestiges du siècle et opter pour le Christ comme le Seigneur de leur vie.Pourrons-nous en l'espace d'une semaine ramasser comme dans un seul bloc une doctrine si forte et si convaincante qui puisse, je ne dis pas faire aboutir la foi de nos chrétiens jusqu'au sommet de la maturité (ce qui est le travail de toute une vie, et encore.) mais qui puisse au moins débloquer la Conversion, provoquer un choc décisif, éveiller la foi, la dégeler, la déprendre des fanfreluches de l'enfance et l'orienter vers la Conversion progressive mais totale, pour qu'elle puisse atteindre la "stature du Christ".Croire le contraire serait manquer de foi en la parole de Dieu qui au dire de St Paul "n'est pas enchaînée".Ce serait penser que cette parole dans notre bouche de prophète n'est plus le "glaive de l'esprit", qu'elle n'est plus notre "force de Dieu pour le salut de tout croyant".EFFORT DE FIDÉLITÉ Cette parole sera efficace et marquera le joyeux retour au Seigneur dans la mesure de notre fidélité à la transmettre dans toute son ampleur et son intégrité de bonne nouvelle, de nouvelle formidable, sensationnelle, de démonstration de puissance de Dieu."Qu'on nous regarde donc comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu.Or tout ce qu'on demande à des intendants c'est que chacun soit trouvé fidèle".1 Cor.IV, I à 2.La tentation serait forte d'escamoter la proclamation "mirabilia Dei" pour vite glisser dans le domaine combien plus facile de la morale, sous le spécieux prétexte d'être pratique, alors que l'on n'allumerait qu'un feu de paille et qu'à longue échéance on serait loin d'être pratique, c'est-à-dire efficace.246 Les sermons de retraite qui ne sont plus très longs et nombreux doivent regagner en densité et en vigueur tie doctrine ce qu'ils perdent en longueur et en nombre.Chaque sermon sera d'abord révélation de l'Amour de Dieu invitant l'homme à la conversion.Viendra ensuite la morale, c'est-à-dire la réponse de l'Amour agissant de la part de l'homme qui est vitalement concerné par la parole.EXEMPLES D'APPLICATIONS Si je mets comme titre en tête de mon sermon sur le mariage "Les devoirs des époux", au lieu du "Mystère du mariage", par exemple, parce qu'un titre normalement oriente toute la doctrine et le développement du sermon, je risquerai fort de ne pas révéler les splendeurs du mariage dans la Genèse ou dans l'Evangile de Matthieu ou dans l'Epître aux Ephé-siens.Alors je n'exposerai pratiquement que de la morale, une morale qui ne sera pas transfigurée par le dogme et assumée dans la joie par les époux à travers la pesanteur du quotidien.Si je prêche sur l'Education et que mon titre de sermon est celui-ci: "Les devoirs des parents" au lieu, par exemple, d'être "L'éducation, mission divine", je ne leur dévoilerai pas la confiance étonnante que Dieu leur fait en leur confiant la mission de faire grandir jusqu'aux cimes de la sainteté la foi de leurs enfants, en étant pour ceux-ci des révélateurs de Dieu le Père par leur exemple et leurs enseignements.C'est cela d'abord qu'ils ont besoin de savoir pour trouver le courage de mettre en pratique tous les jours les obligations précises et détaillées que dans la suite du sermon nous leur exposerons.Si je traite du sacrement de pénitence et que je m'attarde non pas aux actes du pénitent ( je m'y attarderai) mais aux détails techniques de ceux-ci, comme je n'ai à ma disposition que trente ou au plus quarante minutes, il ne me restera plus de temps pour parler des richesses de la miséricorde.Il se peut que les confessions de mes fidèles soient des chefs-d'oeuvre de virtuosité technique, rien ne manquera du nombre, des espèces morales et théologiques, mais seront-elles des confessions de conversion, des démarches graves et décidées pour rencontrer dans la joie le Dieu vivant?CONCLUSION En conclusion, il n'y a qu'un effort constant et une recherche te-.nace de fidélité à toute épreuve à l'Evangile pour assurer des fruits de conversions de nos retraites paroissiales.247 Je dis bien un effort et une recherche.car qui peut se dire fidèle à proclamer l'annonce de Dieu avec la perfection qui convient et qui n'est pas de ce monde."Il n'y a que Dieu qui parle bien de Dieu", a-ton dit.Le Chanoine Boulard soutient que le phénomène de déchristianisation de la France provient de ce qu'une grosse partie du clergé n'a pas prêché la foi comme il le fallait."La foi n'a pas été prêchée à toute une masse; à des millions d'hommes en France la Bonne Nouvelle n'a pas été annoncée" (Arnold p.173).C'est un avertissement sérieux pour nous, les serviteurs de la foi, devant l'inconsistance progressive de la vie religieuse de nos chrétiens, à renouveler notre fidélité et notre intrépidité à proclamer l'Evangile.A nous tenir debout comme dit St Paul les reins ceints de vérité.le bouclier de la loi en mains.prêts à annoncer l'Evangile de paix.avec hardiesse.(Eph.6, 14-20).Notre volonté lucide de fidélité à la Bonne Nouvelle, sans cesse renouvelée il nous faudra alors croire envers et contre tout que l'Evangile sortant de notre bouche c'est toujours le "glaive de l'Esprit", "une démonstration de puissance de Dieu" et qu'il sera capable encore aujourd'hui de faire surgir comme aux temps apostoliques, une race de vrais croyants, qui bien que toujours traversés de misères et de péchés, auront le courage de recommencer tous les jours et de marcher vers le Seigneur dans la joie et l'Espérance.BIBLIOGRAPHIE Serviteurs de la foi, F.X.Arnold.(Desclée).Foi au Christ et mission: André Rétif, S.J.(Foi vivante).L'Annonce missionnaire de l'Evangile: Hitz (Foi vivante).Le Prêtre ministre de la Parole: Congrès de Montpellier, 1954.(Ed.Fleurus).Aux sources de la prédication: Maison-Dieu, no 39.Adultes dans le Christ: A.Liégé.(Etudes religieuses).Jeune homme LEVE-TOI: A Liégé.(Ed.du Cerf).Foi et engagement temporel: A.de Bovis S.J.N.R.T.Vers la maturité de la foi: A.Liégé o.p.(N.R.T.juillet-août 1958).La foi adulte: A.Brien: Etudes, avril 1957.La conversion: Lumière et Vie.No 47 (avril-mai 1960).Conversion du coeur: Cahiers de vie franciscaine 1957, no 14.C'est toi cet homme: Louis Evely.(Presses universitaires, Belgique).248 Sociologie Un congres de foyers à Chicoutimi ii Relations avec le conjoint "Nous avons besoin d'amour, de la joie ou du plaisir qu'apporte l'objet aimé.Nous avons peur de perdre cet objet d'amour, d'où notre réaction agressive contre l'obstacle qui nous frustre de l'amour, cet obstacle fut-il l'objet de notre amour." (Dr Nodet) Le conjoint 1) Je me querelle avec mon conjoint 2) Il m'est difficile de m'accorder avec mon conjoint 3) Mon conjoint me traite en enfant plutôt qu'en adulte 4) Mon conjoint est une entrave à ma vie sociale 5) Mon conjoint s'oppose au choix de mes amis 6) Mon conjoint ne favorise pas le développement de ma personnalité 7) Mon conjoint me demande de lui obéir à tort ou à raison 8) Mon conjoint pense continuellement au sexe 9) Mon conjoint ne sympathise pas avec moi Epoux Epouses 20% 20% 60% 20% 10% 10% 10% 20% 20% 20% 20% 20% 10% 10% 30% 40% 10% 20% 249 10) Mon conjoint se fâche facilement contre moi 30% 30% 11) Mon conjoint manque d'affection et d'amour pour moi 10% 20% 12) Mon conjoint ne se rend pas compte de ses torts 10% 10% 13) Mon conjoint est facilement irri- table 307o 40% 14) Mon conjoint est très nerveux 50% 50% 15) Mon conjoint n'est pas affectueux ni cordial 10% 10% Situation Dans ses relations avec des personnes individuelles, deux personnes ou plutôt deux personnages prennent une importance dans la vie d'un époux: le conjoint et Dieu.Concernant les relations avec le premier, 15 réponses de notre enquête ont été retenues.Nous avons dû en exclure une trentaine puisque le sujet couvrait presque la moitié des questions de l'enquête.Nous avons groupé les réponses qui donnaient une idée de la situation.Celles qui exprimaient comment ou en quoi les relations étaient bonnes ou mauvaises et d'autres qui expliquaient pourquoi, d'après eux, la situation était ainsi.En fait, disent les deux premières réponses, il y a querelles dans 20% des foyers.20% des femmes trouvent difficile de s'accorder avec leur mari, et 60% des hommes trouvent la même difficulté avec leur femme.En quoi se manifestent surtout les difficultés?Dans l'exercice de l'autorité: "il me traite en enfant": 10% des hommes et des femmes s'en plaignent."Mon conjoint met des entraves à ma vie sociale": 20% chez les femmes et 10% chez les hommes."Il s'oppose au choix de mes amis": 20% chez les deux."Il ne favorise pas le développement de la personnalité": 20% chez les deux.Pourquoi les choses en sont ainsi?Il y a l'importance exagérée faite à l'aspect sexuel de la femme: 40% des femmes, 30% des hommes."Mon conjoint ne sympathise pas": 20% des femmes, 10% des hommes."Il est irritable": 40% et 30%,- "Très nerveux": 50% et 50%.250 Signification Il y a querelles.Mais quelles querelles?Des querelles qui divisent parce qu'on n'écoute pas l'autre?La difficulté de l'accord est plus ressentie par les hommes que par les femmes: 20% contre 60%.La femme est plus présente à son mari, peut y penser plus souvent que lui, qui est plus distrait par sa vie à l'extérieur.On peut penser aussi à l'idée courante que les femmes sont difficiles à comprendre.Mais rien ici ne permet de supposer que de fait l'homme réussisse plus mal qu'elle à la comprendre.Quand il s'agit de répondre à des questions qui précisent en qui se manifestent ces difficultés, en général, les réponses sont assez faibles.Il semble que, de part et d'autre, on ne se soit jamais beaucoup arrêté pour penser la situation.On devient plus loquace quand il s'agit d'expliquer les pourquoi."Il manque de sympathie, il est irritable, il est nerveux, etc." Réflexion Le point le plus frappant clans les relations entre conjoints est qu'on se juge sans s'être expliqués.En effet, la deuxième partie de l'enquête demandait les points précis où se manifestait la difficulté: abus d'autorité, entrave à la vie sociale, choix des amis, entrave au développement de la personnalité, etc.Or, nous n'avons que très peu de faits précis, puisque les réponses varient entre 10 et 20% quand, par ailleurs, les jugements montent jusqu'à 50%.Nous abordons là le problème de l'entente mutuelle dans le vif, nous semble-t-il.Concrètement, chacun des époux se sent jugé par l'autre sans procès, c'est-à-dire, sans avoir pu être entendu.Ce qui repose encore la question: Est-il possible à des époux de s'asseoir, de se parler, de s'expliquer?Relations avec Dieu Les questions sur les relations avec Dieu étaient peu nombreuses.Elles visaient à faire exprimer ce qu'était pour chacun Dieu dans leur vie de relations avec les personnes individuelles.— Dieu Epoux Epouses 1) Mes péchés sont impardonnables 20% 20% 2) Je mérite des châtiments sévères 30% 20% 3) Il y a mésentente au sujet de la religion 10% 20% 251 Situation Les ileux premières questions abordaient la situation en fonction du péché.Les répondants avaient à dire le genre de relations avec Dieu dans le péché.20% des femmes et des hommes disent que leurs péchés sont impardonnables.20% des femmes et 30% des hommes qu'ils méritent des châtiments sévères.Sur la façon générale de concevoir et de réaliser ces relations avec Dieu: 20% des femmes ne s'entendent pas avec leur mari et 10% des hommes ne s'entendent pas avec leur épouse.Signification Mes péchés sont impardonnables.Deux significations sont possibles: Mes péchés sont impardonnables mais Dieu les pardonne; ou ils sont impardonnables parce que de fait, je pressens qu'il ne pardonne pas, ou tellement difficilement.Quelle que soit l'idée qu'on s'en est faite, remarquons une proportion assez bouleversante.Sur les châtiments sévères mérités à cause des péchés, on peut se demander encore ici si les répondants ont voulu dire qu'il en était ainsi parce que leur expérience de Dieu les avait amenés à cette conclusion?Quoi qu'il en soit, même un faible pourcentage est important à cause de la signification de la réponse.20% des femmes trouvent qu'il est difficile de faire accepter à leur mari leur façon de voir et de mettre en pratique leurs rapports avec Dieu; 10% des hommes en disent autant.Réflexions: Quand les choses vont mal, dans le péché, on parle de relations avec Dieu comme avec un être loin, plus sévère que juste, plus juste que facile de pardon.Cela existe pour 2 foyers sur 5.Ce peut être maladif ou le fait d'un début de connaissance bien imparfaite de Dieu.Que pensent de Dieu les 3 autres foyers?Ont-ils nécessairement de Lui une idée plus belle?On peut le penser.Une proportion des conjoints ont dû faire de Dieu une expérience plus attachante.Il reste possible qu'une certaine proportion parmi cette dernière catégorie peut n'avoir de Dieu ni peur, ni amour.Il peut être purement absent de leurs préoccupations, soit par manque de réflexion suffisante, ou parce qu'ils ont une vie trop distrayante.Est-ce pauvreté du questionnaire ou pauvreté réelle du sens de Dieu, les réponses manifestent une connaissance tellement faible et mê- 252 me fausse d'un Dieu avec qui on vivrait, qu'une recherche plus élaborée serait nécessaire pour rendre justice à la situation.Relations avec soi-même "Celui que je suis, salue en pieu,nut celui que je pourrais être." (Hebbel; Enfin, le dernier personnage avec qui les relations ne sont pas toujours faciles, c'est soi-même.Comment chacun s'en tire-t-il dans ses relations avec son "autre moi"?Les questions étaient nombreuses sur le sujet.Nous avons donc fait deux groupes: un premier contenant les réponses qui indiquent le contrôle que chacun a sur ses idées, un autre où est exprimée la maîtrise des sentiments.6 — Soi-même Epoux Epouses I) Je n'aime pas demander conseil à d'autres 30% 40% 2) fe comprends mal mon conjoint 10', 20% 3) Je manque de confiance en moi 50% 60% 4) Je m'obstine jusqu'à faire per- dre patience 50% 50% 5) Je préfère me débrouiller seul 40% 50% 6) Je n'avoue pas mes torts 20% 20^c 7) J'ai des mouvements contradic- toires d'amour et de haine 30% 30% 8) Ma vie sexuelle m'a causé des ennuis 20% 20% 9) Je ne suis pas satisfait de ma vie sexuelle 10% 20% 10) Je suis obsédé de pensées sexuelles 10% 10% 11) J'aimerais être délivré de pensées sexuelles 40% 20% 12) Les choses sexuelles me dégoûtent 10% 20% 13) Je suis malheureux du manque d'argent 30% 30% 14) Je suis trop nerveux 50^5 60^ 15) J'ai eu des pratiques sexuelles anormales 40% 40% Situation Au plan des idées d'abord, 40% des femmes et 30% des hommes n'aiment pas demander conseil.20% des femmes et 10% des hommes ne comprennent pas leur conjoint.60% des femmes et 50% des hommes manquent de confiance entre eux.50% des femmes et 50% des hommes s'obstinent jusqu'à faire perdre patience aux autres.50% des femmes et 10% des hommes préfèrent se débrouiller seuls.Enfin, 20% des femmes et 20% des hommes n'avouent pas les torts dont ils se rendent compte cependant.Au plan des sentiments, 30% des femmes et des hommes ressentent des mouvements contradictoires d'amour et de haine.Et sur le sujet de la chose sexuelle, 20% des femmes et 10% des hommes ne sont pas satis-Faits.20% des lemmes et des hommes enregistrent plutôt des ennuis dans ce domaine.40% des femmes et des hommes en ont eu des pratiques anormales.Et poussant plus loin les réflexions, 20% des femmes et 40% des hommes voudraient en être délivrés.Et comme réflexion finale, 20% des femmes et 10% des hommes souhaiteraient être délivrés de ces exigences de l'affectivité.Enfin, 30% des femmes et des hommes sont rendus malheureux par les problèmes d'argent.60% des femmes et 50% des hommes souffrent de nervosité.Signification Dans plus de 30%, des cas, on n'aime pas demander conseil.Est-ce à dire qu'on ne demande pas conseil de fait?On peut ne pas aimer une chose et la faire cependant.Sur la compréhension de l'autre, on avait à répondre si, oui ou non.on comprenait son conjoint.De fait, 10 et 20% ont dit non.On peut interpréter en une accusation de l'autre qui n'est pas "comprena-ble", mais on peut autant croire qu'on ait voulu exprimer: "C'est moi qui ai la tête dure".Sur le manque de confiance en soi, on a dû remarquer le grand nombre des réponses affirmatives: 60 et 50%.Ce manque de confiance peut être manque de maîtrise de ses sentiments: gêne, colère facile, nervosité, santé déficiente, mais ce peut être aussi manque de certitude: "Je ne sais pas quoi penser, je ne suis pas sûr d'avoir raison, je ne sais pas." Quand on réalise qu'on s'obstine jusqu'à faire perdre patience, on peut croire que c'est dû à un manque de contrôle de son affectivité (mauvais caractère).Mais cela peut venir aussi du fait qu'on défend mal 254 une opinion dont on est soi-même mal assuré.Et, ici, encore, on peut penser qu'il s'agit d'un conjoint qui s'accuse.Les personnes qui confessent aimer mieux se débrouiller seules ne veulent pas nécessairement dire que les autres, leur conjoint, ne sont pas nécessaires, mais aussi qu'elles ne savent pas bien leur demander de l'aide et comme elles y réussissent trop mal quand elles tentent de se faire aider, elles se réfugient dans leur solitude.Et elles tâchent alors de se débrouiller seules.Pourquoi n'avouent-elles pas leurs torts?Est-ce la peur de se faire enlever ce qui leur reste de confiance en elles par un conjoint qui pourrait exploiter cette concession?Peut-être.Au plan des sentiments, 30% des femmes et des hommes avouent clairement: "C'est tout mêlé en moi", "c'est la contradiction", "je ne me comprends pas".Et quand on parle de l'affection en terme de sexualité, trois catégories de personnes se présentent: celles que cette vie sexuelle ennuie, celles qui en sont écrasées, et celles qui en sont dégoûtées.Les chiffres disent par eux-mêmes le grand nombre de ceux qui en sont débordés.Le problème de l'argent rend malheureux.Est-ce qu'on en manque vraiment trop, est-ce qu'en possédant suffisamment on l'utilise mal?La nervosité peut être un état physique, mais elle peut vouloir exprimer que les répondants se trouvent trop impulsifs sur le plan de leurs sentiments.Réflexions Une première réflexion peut venir à l'esprit: que ça va mal à l'intérieur de chacun; comme on semble écrasé sous le poids de ses propres difficultés à se maîtriser soi-même.On retrouve ici la réflexion de l'apôtre Saint Paul qui se plaignait de ne pas faire le bien qu'il voulait, à peine capable qu'il était de ne pas faire le mal qu'il ne voulait pas: "Je sens deux hommes en moi." Et aussi on retrouve la plainte du poète allemand Heb-bel: "Celui que je suis salue en pleurant celui que je pourrais être." Cependant, nous pensons que si notre enquête dit imparfaitement la vraie situation de l'ensemble des foyers, c'est dans ce secteur de la responsabilité que chacun se voit, qu'il est le moins vrai.Car alors, non seulement, il n'y aurait pas lieu de s'alarmer de la situation décrite mais il faudrait s'en réjouir.Quand, en effet, dans un problème donné, personne ne voit de responsabilité personnelle, toute solution au problème est impossible.Au contraire, plus chacun des con- 255 joints verrait clairement ses responsabilités propres dans l'incompréhension mutuelle, plus on approcherait d'une entente mutuelle prochaine.Or, l'ensemble de l'enquête prouve le contraire.Nous croyons plutôt à l'explication suivante.Sur l'ensemble, notre recherche est assez vraie, mais parce que nos répondants exprimaient bien une situation qu'ils vivent comme tout leur milieu.Mais sur le sens de la responsabilité, et l'enquête des "spéciaux" le démontre, la formation des répondants manifeste une responsabilité qui leur donne une situation de choix sur le plan des solutions.Ce qui n'est pas vrai pour la majorité des foyers, qui voient encore les solutions, comme les responsabilités, chez tous les autres, mais peu chez eux.CONCLUSIONS Que conclure de l'ensemble de ces données, de leurs significations et de nos réflexions?Avant de présenter quelques essais de conclusions, qui n'auront rien de définitif mais pourront aider à entreprendre une action plus claire et plus ordonnée, un mot d'explications sur deux faits de l'histoire sont nécessaires.Le premier nous vient de la Bible et l'autre des travaux de recherches effectués par les psychologues.I Les explications de la Bible Les Livres saints nous donnent une explication du désordre introduit dans notre nature humaine qu'il faut rappeler.Reportons-nous au Paradis terrestre.Voici Lucifer en face d'Adam et qui lui fait une suggestion: "Vous serez comme des dieux, vous connaîtrez le Bien et le Mal." Lucifer propose de rompre les communications, le Dialogue avec la Raison suprême, la Lumière, le Principe de l'Ordre.Il promet l'indépendance de Dieu: vous vous suffirez à vous-mêmes, vous n'aurez plus d'ordres, de lumières à recevoir de Dieu.La suggestion réussit.Adam, par orgueil, accepte de rejeter, de rompre le lien de dépendance qui l'unit à Dieu.Adam refuse d'être soumis à une puissance qui lui est supérieure.La conséquence Adam, qui a refusé d'être soumis à une puissance supérieure, se verra, en retour, soumis à une autre puissance, la sexualité, qu'il dominait parfaitement avant la chute.Adam se cache parce qu'il est nu, parce qu'il a peur de la puissance de sa chair.Depuis le péché en effet l'homme 256 est loin d'avoir la maîtrise absolue de sa sensibilité, de ses instincts.Or, cela l'humilie, parce que normalement cet ordre inférieur devrait lui être soumis.Et dans un orgueil malsain, il lui arrive souvent de ne pas vouloir admettre sa faiblesse et sa misère.Il ferme les yeux, crâne et fait comme si la chute n'existait pas.Ainsi en est-il de nous tous.II L'autre explication nous est fourni par l'étude de l'âme humaine, la psychologie.Les explications de la psychologie Des travaux effectués depuis la fin du 19e siècle par des psychana-listes ont apporté quelques lumières sur l'évolution de l'affectivité et la sexualité humaine.On va d'abord découvrir l'importance primordiale qu'occupe la sexualité dans le développement affectif de l'enfant.Le terme sexualité Il faut entendre ici que le terme "sexualité" est employé dans un sens très large; il ne veut pas exprimer ce qui ne se rapporte strictement qu'au "génital" mais comprend également toute conduite ou comportement qui procure un certain plaisir, ne fusse que celui de manger ou de dormir.Chez l'enfant Or, chez l'enfant, la raison n'étant à peu près pas le mobile des actes, toute conduite chez lui est strictement affective, en ce sens que l'enfant recherche uniquement la sécurité.Il recherche l'affection, le bien-être, la nourriture, la chaleur, la propreté, le confort, etc.Jusqu'à 10-12 ans L'enfant est incapable de pensée réfléchie.Il est mu exclusivement par les sentiments et les besoins immédiats.Il est naturellement égocen-trique, il rapporte tout à lui.C'est là, en somme, une caractéristique propre à l'enfance d'interpréter tout en termes de rejet ou d'acceptation.Il aime ou déteste.Il est aimé ou détesté.C'est pour cela que ses jugements sont subjectifs.On ne peut donc lui demander de voir et considérer une chose, un être en lui-même.Mais voici l'adolescence Mais voici, qu'à l'adolescence, une force latente, la génitalité, surgit en lui avec une violente impétuosité qui lui fait rechercher "l'autre", 257 "autrui".Ce désir profond de "l'autre" qui répond à un besoin de l'espèce; celui de communiquer la vie, place l'adolescent en face de deux forces qui l'attirent.L'une le fait se rechercher lui-même comme autrefois et l'autre qui le pousse vers "l'autre".11 est pris et comme attiré par deux pôles, deux aimants: une force qui le fait se rechercher lui-même comme autrefois et une autre force qui le porte à s'oublier lui-même pour conquérir "l'autre", "autrui".Le problème se pose alors aigu et violent: Le problème Lui-même ou l'autre?Quand.?dans quelle mesure.?et comment.?Intervention des parents Or, à cette phase-là, les parents et les éducateurs ne s'occupent de donner à l'adolescent qu'une formation exclusivement intellectuelle.Des conventions sociales trop rigides et l'enseignement peu nuancé sur la conduite de la vie font que l'adolescent se sente alors condamné.Au lieu de former sa tendance vers l'autre, de l'orienter, on contribue à faire que son énergie sexuelle soit détournée, refoulée.Or, cela provoque chez lui des conflits angoissants: culpabilité, agressivité, rivalité, persécution, etc.amour et haine, inhibition, etc.Chez l'adulte Il arrive que souvent la vie affective chez l'adulte ne se soit pas développée davantage.Beaucoup d'adultes, en effet, ne sont, affectivement, que des adolescents parce que l'évolution de leur sexualité n'a pas eu lieu, ou s'est arrêtée à un stage antérieur: celui de l'adolescence, sous la menace des interdits sociaux ou moraux.L'éducation sexuelle a manqué.Par contre, le théâtre, les spectacles, la T.V., les romans, les chansons, tous les arts en général et toutes les distractions humaines ont fait une place considérable à la sensibilité amoureuse et à ses conflits.En face de cette situation L'homme et la femme d'aujourd'hui se sentent désaxés.Il n'est pas étonnant de constater que même l'amitié, la sympathie sociale et la tendresse soient si peu vécues, appliquées.Il n'est pas étonnant par contre qu'on voie tant de dégoût, d'agressivité, d'inhibition, de rivalité.Autant de mécanisme de défense, de soupapes par où passe une énergie qu'on a refusé de voir en face et de canaliser.Normalement on aurait dû l'accep- 258 ter et l'utiliser à des fins supérieures comme la conquête des âmes à Dieu, l'accomplissement d'oeuvres sociales.Mais l'orientation n'a pas eu lieu.D'où les drames intérieurs et les conflits que révèlent l'enquête.Remèdes "C'est tout un monde qu'il faut changer." Pie XII.S'il fallait résumer d'un mot les remèdes à la mésentente conjugale, on pourrait dire qu'il faut ENGAGER LE DIALOGUE.Engager le dialogue — avec soi-même.— avec autrui.— avec Dieu.Engager le dialogue avec soi-même — avoir le courage de se regarder.— reconnaître en nous les suites du désordre originel.— accepter que nous soyons faibles en face des impulsions de notre nature déchue.— avoir conscience de cette force qu'est notre sexualité.— intégrer consciemment cette énergie, en faire un élément qui nous enrichit, une composante des forces vives que constitue le dynamisme de notre personnalité.— s'aimer tel qu'on est et se vouloir tel qu'il faut.Engager le dialogue avec autrui — abandonner l'attitude égocentrique caractéristique à l'enfance.— se défaire des sentiments d'amour-propre infantiles.— se détacher de son enfance, de cet aspect de l'enfance auquel on était attaché parce qu'enfant.Aimer d'une autre façon.Aimer pour l'être aimé, plutôt que pour ce que cela rapporte.— renoncer à soi pour l'autre, l'aimant comme soi.— faire effort pour communier intellectuellement et affectivement à des réalités objectives en dehors de soi, de nous.— pratiquer l'échange, se communiquer, se donner.Engager le dialogue avec DIEU — reconnaître notre réelle dépendance.— se soumettre à sa Volonté.— travailler à l'expansion de son règne.— savoir qu'IL est plus présent en nous que nous ne le sommes à nous-mêmes.259 Le Cardinal parle aux employés de la Commission de Transport de Montréal Mes bien chers Frères, Votre pèlerinage est une manifestation de foi collective et une excellente occasion pour chacun d'entre vous de comparer votre vie à celle de l'humble Charpentier de Nazareth.Vous pouvez engager, en ce moment, un dialogue fructueux avec ce travailleur qui a connu les mêmes difficultés que vous et qui a su remplir sa mission en répondant aux lourdes responsabilités de son devoir.Les lieux de pèlerinage organisés en l'honneur de la Vierge Marie sont nombreux à travers le monde.Saint Joseph a été aussi discret dans sa vie céleste que dans sa vie terrestre.Il est rare, en effet, que nous entendions parler des apparitions de saint Joseph.Or, cette année, on célèbre, dans une toute petite bourgade du Var, en France, le 3e Centenaire de la reconnaissance officielle de l'apparition de saint Joseph à un pâtre nommé Gaspard Ricard.C'est le 7 juin 1660 que se produisit cet événement merveilleux.Ce jour-là, la chaleur était torride.Le berger à qui incombait la charge de surveiller les troupeaux du bourg était épuisé de soif et ne se sentait plus la force d'attendre la fraîcheur du soir.C'est dans la prière, comme les pâtres de LaSalette et comme la bergère, Germaine Cousin, que Gaspard exprimait à Dieu son angoisse.Et voici que brusquement il vit surgir à ses côtés un majestueux vieillard lui montrant une grosse pierre."Je suis Joseph" dit-il, "enlève cette pierre et tu trouveras une source d'eau vive." — Gaspard a hésité car comment pouvait-il soulever cette pierre?L'apparit'on lui réitéra l'ordre.Mû autant par le désir de boire 260 que par celui d'obéir, le berger souleva facilement le bloc pesant et, ô merveille! à la place où cette pierre reposait, il y a un instant, une eau fraîche et limpide jaillissait en bouillonnant.— L'enfant s'agenouilla et but à longs traits, mais quand il se releva pour exprimer sa reconnaissance au vieillard, Joseph avait disparu.Immédiatement, les pèlerins affluèrent à la fontaine de saint Joseph.Le 14 mars 1666, l'autorité religieuse ordonnait la célébration solennelle de saint Joseph et quelques années plus tard, Louis XIV, après s'être concerté avec l'autorité religieuse, portait un décret défendant tout travail le 19 mars.Bien plus, sous la poussée de l'opinion publique, le grand Roi devait consacrer tout son royaume à saint Joseph.Cette apparition de saint Joseph, comme celles de la Vierge Marie, ne sont pas des dogmes de foi, mais le croyant découvre dans ces faits extraordinaires, des leçons qui transforment la grisaille des jours d'exil de la terre en des rayons d'espérance qui soulèvent l'âme jusqu'au Ciel.La vie de saint Joseph fut plutôt terne, surtout durant la période de Nazareth.L'Evangile rappelle bien le rôle eminent qu'il a joué au moment de la naissance du Sauveur et durant l'épisode de la désertion de Jésus au Temple.En dehors de cela, la figure du père adoptif de Jésus est obscure.Nous pensons plutôt à ses mains calleuses de travailleur de bois.Si vous êtes venus ici aujourd'hui, mes chers frères, c'est pour placer vos mains dans les siennes.Vous connaissez les lassitudes du lourd labeur quotidien; vous êtes inquiets lorsque vous songez à votre avenir et à celui de vos enfants.Le spectre du chômage et l'insécurité du lendemain assombrissent vos fronts et développent dans vos coeurs une angoisse qui peut devenir morbide et vous entraîner vers des passions qui sont acceptées, car elles provoquent l'oubli de situations pénibles.Regardez saint Joseph: il est l'un des vôtres, un de vos compagnons.Son âme glorifiée et son coeur dilaté par la charité divine le rendent accueillant, compréhen-sif et prêt à partager vos soucis et vos incertitudes.Le bon peuple chrétien, dans tous les âges et dans tous les pays a des réactions saines.Il a peur de ceux qui parlent un langage trop élevé pour lui.Il craint ces théories hasardeuses, car depuis toujours, il sait qu'il devra payer, dans la souffrance, les dettes provoquées par les remous sociaux de ces aventuriers qui promettent des lendemains pleins de fleurs et de puissance.Comme d'instinct, le bon Peuple sait qui l'aime et il donne sa confiance à celui qui, par sa vie et son travail, est digne de la mériter.261 Votre âme est prête à accueillir le message que vous donne saint Joseph en ce moment.Qu'a-t-il fait durant sa vie?Il a placé sa foi en Dieu; son espérance a été héroïque, et pour manifester son amour envers son épouse et ce Fils que Dieu lui avait confiés, il a travaillé sachant que le véritable amour se traduit par des actes et non par des paroles ou par des gestes passagers que la passion rend d'autant plus fragiles qu'ils sont plus lourds de sensualisme.Saint Joseph nous donne donc l'exemple d'un travailleur qui a essayé de bien accomplir sa besogne, non seulement parce qu'elle lui procurait le pain quotidien de sa famille, mais parce que ce travail bien fait était voulu par Dieu.— Saint Joseph nous révèle toute la beauté d'une famille unie autour de son chef.Nous savons combien l'institution familiale est menacée aujourd'hui.Que d'enfants n'auront jamais connu la douceur de l'amour paternel, la sécurité d'une vie protégée contre tous les précipices par la force des bras d'un père:— Saint Joseph apprend aux époux les exigences de la fidélité dans l'amour.L'homme d'aujourd'hui a des contacts plus fréquents avec des personnes étrangères qu'avec sa propre épouse.Comme il est facile, dans la promiscuité d'un monde qui se meut de tous côtés, de tromper la vigilance de l'autre conjoint et de s'installer définitivement dans l'amour à trois que le roman, le théâtre et le cinéma glorifient chaque jour.Enfin, Joseph nous apprend une grande vérité que le monde d'aujourd'hui oublie, rejette, combat, ridiculise.C'est que Dieu est miséricordieux et juste; qu'il veille sur nous, mais qu'il est aussi un juge et qu'il accordera à nos actions leur récompense dans la mesure où elles auront été conformes à Sa volonté.C'est pourquoi saint Joseph est l'ami des hommes du peuple, des ouvriers, des artisans, des paysans.Ceux qui ont trop d'idées et surtout ceux qui croient en avoir, montrent rarement sur cette montagne pour honorer le Charpentier de Nazareth et pour lui demander d'intervenir dans leur vie en leur accordant sa puissante intercession.Or, vous le savez, mes bien chers Frères, un peuple ne vit pas seulement d'idées même si elles sont généreuses.La société repose sur les actions des membres qui la composent et une société qui ne travaille plus s'en va lentement vers la mort.— Une société qui méprise l'institution familiale peut jouer à l'adulte informé pendant un quart de siècle, mais le jour où il n'y a plus d'enfant, c'est-à-dire l'avenir à côté de l'adulte, on se trouve en face du déclin d'une nation qui peut nous offrir la sagesse de ses vieillards, mais qui a perdu le sourire et l'espérance d'une jeunesse préservée par les institutions familiales et sociales.(suite p.263) 262 Enfin, le monde d'aujourd'hui s'en va vers une mort plus terrible que la mort individuelle et que la mort des civilisations.L'homme moderne accepte la mort de Dieu.Où nous conduira ce sacrilège, nous n'en savons rien.Une intervention du Seigneur peut infléchir le sens de l'Histoire, mais la Sainte Ecriture est là pour nous apprendre que les nations qui avaient renié Dieu venaient d'inscrire leur nom dans le sable mouvant des déserts de l'oubli.Voilà, mes bien chers frères, tout ce que nous apprenons à l'école de saint Joseph.Faisons un effort, comme ce petit Gaspard Ricard.Roulons la lourde pierre qui nous barre le chemin et qui nous empêche d'aller vers Dieu.Obéissons à l'ordre de saint Joseph qui nous supplie de marcher avec lui, en compagnie de Marie, son épouse, et de Jésus, son Fils.Nous serons surpris alors de découvrir sur notre route la source d'eau vive qui étanchera notre soif de bonheur et de paix.Durant cette messe qui termine le temps pascal, approchons-nous de la Table Sainte.C'est là que nous boirons à longs traits, à la source d'eau vive qui jaillira jusqu'à la vie éternelle.Allocution prononcée à l'Oratoire Saint-Joseph à l'occasion du pèlerinage annuel des Employés de la Cotmnission de Transport de Montréal, le 9 avril 1961.CHRONIQUE LES LIVRES VERS LE CONCILE par Georges Huber préface d'Antoine Wenger, rédacteur en chef de "La Croix" Les assises oecuméniques engagent toute l'Eglise.Le Pape a plusieurs fois exprimé le voeu de voir les fidèles connaître les finalités du Concile, s'intéresser à sa préparation et prier pour sa réussite.C'est pour répondre à ce désir que cette brochure a été écrite par Georges HUBER, correspondant de La Croix à Rome.Sous la forme simple et vivante du dialogue, l'auteur passe en revue les questions que l'on se pose au sujet du Concile.Comment la pensée d'un Concile a-t-elle pu germer si rapidement chez le Pape Jean XXIII?Comment faut-il entendre la "réforme" ou la rénovation de l'Eglise qui est le but premier donné au Concile?Comment le renouveau du catholicisme pourra-t-il être une puissante incitation à la réunion de tous les chrétiens dans la seule Eglise du Christ?Quelle est, dans cet immense travail, la part de l'homme et celle de l'Esprit-Saint?Autant de questions pour la solution desquelles Georges Huber recourt tour à tour aux textes nombreux et explicites de Jean XXIII et aux exposés que certaines hautes personnalités ecclésiastiques, comme les Cardinaux Tar-dini, Bea, Montini, Lercaro, Mgrs Jâger et Bortignon ont donnés au sujet du programme possible du futur Concile.Il le fait avec un sens très juste et très délicat des valeurs chrétiennes en cause, aidé en cela, et par sa solide formation théologique et par un amour de l'Eglise entretenu depuis quinze ans au centre même de la catholicité.Un volume de 128 pages.Couverture illustrée.EDITIONS DE LA BONNE PRESSE.— Aux Editions Ouvrières, 1575A St-Denis, Montréal.263 COMPAGNIE D'ASSURANCE SUR LA VIE Ha â>aubegarbe Siège Social — Montréal VÊTEMENTS 3aAn Ion- Liait Disponibles aux Rayons de vêtements ecclésiastiques 281, Est STE-CATHERINE MONTRÉAL HOMMAGES MONGEAU & ROBERT CIE LTÉE Charbons - Huiles combustibles - Appareils de chauffage 1600 est, rue MAREE-ANNE Téléphone: MONTRÉAL LAfontaine 1-2131 La Cie F.-X.DROLET Atelier de mécanique et fonderie Spécialité: ascenseurs 245, rue Du Pont QUÉBEC Tel LA.4-5257 Hommages d'un ami Déménagement Longue Distance TRANSPORT D'ANJOU INC.Service de Fret par camions de Montréal, Québec et St-Jean, N.-B.Aux comtés de Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata, Madawaska, Victoria, Restigouche MONTREAL: 5695 Chambord Tél.CR.6-3711-2-3 QUEBEC: 250, 21ième Rue Tél.LA.2-6446 ST-PASCAL, Kamouraska: rue Blondeau Tél.67 RIVIERE-DU-LOUP: 25 rue Laviolette Tels.UN.2-3444 — UN.2-3234 EDMUNDSTON, N.-B.: 44, 17ième Rue Tél.RE.5-3148 ST-JEAN, N.-B.: 352 Chesley Ave.Tél.OX.218774 A l'enseigne des produits de qualité BEURRE "Avec du beurre c'est toujours meilleur! De cette affirmation on ne peut discuter, Si le beurre employé est du Fédérée, Car toujours vous y trouvez qualité et saveur.Le beurre Fédérée fait partie d'une série de produits de même marque offerte à la ménagère du Québec par la Centrale des Coopératives agricoles de notre province.Les produits "Fédérée" sont toujours appréciés COOPÉRATIVE FÉDÉRÉE DE QUÉBEC Montréal — Québec — Trois-Rivières — Victoriaville Princeville — Rimouski — La Sarre — VI — L'affirmation selon laquelle une déviation religieuse et morale doit toujours être empêchée quand c'est possible, parce que sa tolérance est en elle-même immorale, ne peut valoir d'une façon inconditionnellement absolue.D'autre part, Dieu n'a jamais donné, même pas à l'autorité humaine, un tel précepte absolu et universel, ni dans le domaine de la foi, ni dans le domaine de la morale.Un tel précepte n'est reconnu ni par la conviction commune des hommes, ni par la conscience chrétienne, ni par les sources de la révélation, ni par la pratique de l'Eglise.Sans citer d'autres textes de la Sainte Ecriture qui se rapportent à ce sujet, rappelons que le Christ, dans la parabole de l'ivraie, a donné l'avertissement suivant: Laissez croître dans le champ du monde l'ivraie avec le bon grain à cause du froment (Matt.13, 24-30).Le devoir de réprimer les déviations morales et religieuses ne peut donc pas constituer une norme ultime d'action.On doit le soumettre à des normes plus hautes et plus générales qui, en certaines circonstances, permettent, et même font peut-être apparaître comme le parti le meilleur, le fait de ne pas empêcher l'erreur, afin de promouvoir un plus grand bien.Pie XII, 1953, aux juristes italiens.
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